11 Gallica Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie. Tome deuxième, B-Césène. Première partie, B / publ. par le Rme dom Fernand Cabrol,… et le R. P. dom Henri Leclerca ; avec le concours d'un grand nombre de collab.. 1910.
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PUBLIÉ PAR
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ABBÉ DE SAINT-MICHEL DE FARNBOROUGH (ANGLETERRE)
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B-CÉSÈNE
PARIS DÉROUZET ET ANÉ, ÉDITEURS 16bis, Rue des Saints-Pères (VIe) | \ E (1. À ‘ | ri t | | À Le ENS fes) D E LA à Ü R G || E le Kai | | : { | B B. La formule épigraphique BB se lit sur des …_ marbres païens et sur des marbres chrétiens. Nous la croyons d'origine africaine, car bien que les trouvailles constantes qui accroissent chaque année le Corpus inscriptionum latinorum imposent une extrême prudence dans cet ordre d'affirmations, nous pensons que la rencontre de plusieurs exemplaires en Afrique et l'absence …. presque complète de cette formule dans tous les autres pays est suffisamment démonstrative. = BB doit s'interpréter : Bonis) Bene), Ce sigle offre, dans l'épigraphie africaine, quelques variétés. BB : Corpus inscr. latinar., t. vin, n. 157, 2067, 2402, 4920, 5013, 8826, 9011. FE-B :B : = feliciter bonis bene ; Corp. inser. lat., t. vin, n. 4574, B‘B‘ET-MAL-B : — bonis bene et malis bene ; Corp. inser, lat., t. vin, n. 9182. B :B-M :M : = bonis bene malis male ; Corp, inscr. lat. t. var, n. 8739. M.M,. —= malis male ; Corp. inser. lat., t. vin, n. 4320. Le texte païen, Corp. inscr. lat, t. vint, n. 8826, provenant de Sertei, en 1873, est identique à celui qui fut | trouvé, en 1887, à Ouled Agla ; ce dernier date de l'année 247 et porte le texte d'une dédicace à la suite de laquelle on lit la formule développée de la manière suivante : S :S-BB : S(upra) s(criptis) bonis) bene) 1.
Les deux inscriptions chrétiennes d'Afrique portant le signe BB sont intéressantes, La plus anciennement connue avait été éditée par Léon Renier. Elle porte la mention suivante ? :
BB La plus récente a été éditée par M, Audollent ? et M, Poulle +. Elle a été découverte, écrit ce dernier, à Enchir Aïn Safar, à huit kilomètres de Khenchela. R D'après M. Pozri, elle provient d'Enchir-Tifa, au sud- | sud-est d'Aïn Beida. Cette pierre est aujourd'hui déposée au musée du Louvre. Elle se compose d'un cartouche à queues d'aronde mesurant 0,18 en hauteur, sur 0,926 en largeur, Cette plaque était insérée au centre d'une dalle de grandes dimensions d'où on l'a malheureusement détachée. Cette dalle servait de balustrade à l'espace réservé dans une église aux vierges chrétiennes. La hauteur des lettres de l'inscription est de 0M. On y lit ces mots : Virginum cancellus), Bonis) bene) (fig. 1159),
H. LECLERCO.
B M. Nous avons montré que les fidèles avaient éprouvé peu de répugnance à faire usage de formules païennes bien qu'elles parussent impliquer chez ceux qui s'en servaient la croyance aux dieux des gentils, Au nombre des formules qui ont eu longtemps le don de troubler les archéologues, se trouvent les sigles D M et D MS, Diis manibus et Diis manibus sacrumr. Quelques esprits timorés ou plus délicats que la foule s’alarmaient de reposer à l'ombre d'une invocation que, vivants, ils se fussent fait scrupule de prononcer, C'est ainsi que nous connaissons une juive nommée Esther5, née à Jérusalem, affranchie de Claude ou de Néron, presIl —1 1 L) Fe PTT, Sepi |
3 B M. — BET V 4
crivant de veiller à ce qu'on ne grave sur son épitaphe rien de contraire à la Loi :
5 mas/ICVLVS ROGO VOS FAC. prae[TER LEGEM NE QVIS milhi TITVLVM DEICIAT CV ra]M AGATIS « + VIXIT ANNIS XXV Des fidèles ne se sont pas montrés moins scrupuleux,. En étudiant les conditions qui amenèrent les chrétiens à tolérer le sigle D. M., nous disions que les lapicides, comptant l'immense majorité de leur clientèle parmi les païens, avaient pris l'habitude de graver au sommet ou à la base des stèles et des dalles qu'ils mettaient en vente les lettres D M, ce qui abrégeait d'autant le temps nécessaire pour la gravure de l'inscription et la livraison de la commande. Les chrétiens, mal vus, surveillés, menacés avaient jugé inutile de réclamer le martelage des lettres ou bien n'avaient pu toujours se procurer une pierre sans aucun sigle païen. Cependant quelques-uns parmi eux avaient imaginé de substituer la lettre B à la lettre D, sans toucher à la lettre M. Cette pratique semble avoir été connue en dehors des communautés de l'Étrurie, de la Ligurie, comme le voulait Hartolini.
Nous pouvons signaler quelques exemplaires de ce type, principalement parmi les épitaphes du cimetière de Sainte-Mustiola, à Chiusit, où se rencontre cependant le D M2 : Voici l'épitaphe d'une parente de sainte Mustiole 3 :
Le cimetière de Sainte-Catherine, à Chiusi, contient un bien plus grand nombre de tombes chrétiennes que celui de Sainte-Mustiole et on n'y voit pas un seul exemplaire du B M contre quatorze exemplaires du D M.
Muratori avait publié l'inscription suivante, trouvée | à Ticino, en 1715, dans l'église Saint-Gervais : B P Mi, Dans la Gaule Narbonnaise nous rencontrons assez fréquemment le sigle en question, tantôt sous la forme ; B. M5, tantôt : BONAE M5, ou encore : BONE MM ? et BN MM :. Le plus souvent le sigle est au sommet de l'épitaphe, mais parfois aussi il est combiné avec la formule : Requiescit bonæ\ miemoriæ). Dans la Lugdunaise on rencontre la formule principalement à Lyon 10, mais ici le sigle a définitivement glissé dans le texte 11, En Sicile et en Sardaigne nous constatons le même phénomène, le sigle a glissé dans la formule 1 ? ou bien il est écrit en toutes lettres et ouvre cette formule 13, Il est plus intéressant de rencontrer dans le Brutlium, à Tropea, la formule développée DMS em également par les fidèles et modifiée en B. M. SH, tandis que à Cagliari elle est restée intacte et au sommet de l'épitaphe ou du moins à son début 18 : ce qui | ne l'empêche pas de s ‘introduire dans le corps même de la formule funéraire sur un certain nombre de pierres 16, A Tropea, nous voyons le B. M. inséré immédiatement après le monogramme de la manière suivante :
Femr £ems C'est incontestablement dans l'Italie méridionale que nous rencontrons l'emploi le plus intéressant et les combinaisons les plus originales de notre formule ; en voici une statistique.
B :M à Éclane, en 41, Corp. inser. ae L 1x, n. 1365, 1391 BB : M+ — en 454, en 515, Corp. ue. lat., | t.1x, n. 1368, 13892. +B+M+ — en 511, en 529, Corp, inser, lat. * t.1x, n. 1380, 1385, 8m — en 440, en 450, Corp. inser. lat. tx, n. 1967, 1370.
On remarquera que, en regard du b, m. diversement combiné, nous rencontrons dans la même ville d'Éclane et à la même époque le d ; m7. engagé dans des combinaisons identiques, par exemple : en 460, D. M.1#1 ;
H.
LECLERCO.
B ET V. Nous ne nous proposons pas de recueillir à cette place toutes les bizarreries auxquelles la lettre B a donné naissance dans l'épigraphie latine, Le dénombrement serait long et apprendrait peu de chose, Donnons-en un exemple, le premier venu, pris véritablement au hasard : sé” INOFITA BIB GO SVTERES & IN PACE QVIES QVET AXG PERG AG ll Neophyta virgo Soteris in pace quieseit, Periit annorum LILI 22, Bilgo, bibgo pour virge est une de ces fautes grossières qui déroutent parfois le lecteur et dont on trouve des analogies, d'ailleurs peu intéressantes, entre lesquelles il n : 7744, T146, 7167-7710, 1718, 7716, T180, 7782, 7788. 6 Ji, t. x, n. 7747-7749, 7762, 7755, 7766, 7760, 1760, 1162, 7163, 71650 | absolument certain. A Nicopolis, dans la Mésie, nous trouvons Hionæ) M(emoriæ), mais comme épithète et dans le cours d'une formule, Corp. inscr. lat. t, in, n. 7436, — #* A, de Wal, Funde in den Katakomben in den Jahren 1858-1851, dans Hümische Quartalschrift, 1898, t. x1r, ps 399, n. 41. semble arbitraire d'établir une relation philologique. Il n'en est pas de même pour la confusion entre b et v. Ici les exemples sont nombreux et, quoi que nous nous bornions aux limites de l'épigraphie chrétienne, | nous sommes tenus de faire un choix. On a pensé que l'Espagne avait, plus qu'aucune autre province, abusé N du à pour le v et réciproquement. Ce n'est pas tout à fait exact, les documents liturgiques ] ont gardé trace de cette particularité jusqu'à une époque | plus tardive que partout ailleurs. Le Liber ordinunt ou _ Pontifical mozarabe présente un grand nombre de ces lectures, Le distingué éditeur de ce livre liturgique, « D pour u ou v : très commun » ! et il rappelle « un dicton un peu vulgaire, dit-il, et qu'on sera surpris de lire dans un livre de ce genre, mais qui est pourtant bien ici à sa place : O feliæ Iberia ! ubi vivere est bibere » *.
Dans l'épigraphie espagnole nous pouvons noter b pour » à la terminaison du parfait : REQIEBIT , FVNDABIT +, TRANSIBIT , elc. ; ailleurs on rencontre : BACCEI 5, BIVIT 7, BOKATVS #, BREBE #, CAPTIBI 19, CIBITATE 11, DEBORET ! ?, FABIL-
SVBLEBAMINE ?1, VIBERE *2.
En Espagne nous trouvons également, mais moins fréquemment, l'emploi de v pour b : ARVITER ?, DEVITVM 2%, (HAVEBITIS 2, REDIVIT 26, SAVINVS 21, VIS #8.
Si de l'Espagne nous passons dans la Gaule Narbonnaise, qui lui est limitrophe, nous retrouvons l'emploi DICABIT 1, FONDABET %0, et dans quelques mots que nous avons rencontrés déjà en Espagne : BISIT et BIXIT 31, BOTVM #*, CERBASIVM 11, OCTABO 1, Egalement nous trouvons v pour b : NOVELETATE 1 », OVIET, OVIIT #6, SIVI 37, VOCAVETOR 5.
Nous pourrions, sans grande utilité, prodiguer les citations. Les indices du Corpus inscriptionun latinaum des tomes VEN, IX, x, montrent combien fut fréquent, à l'époque chrétienne, l'emploi de b pour v et réciproquement. Il suffit d'avoir signalé ce point ; les documents fourniraient la matière d'un article utile dans un lexique sur la morphologie de la langue latine dans les provinces riveraines de la Méditerranée entre le Ve et le VIe de notre ère,
H. LECLERC.
BAALBEK. Laalbek n'est plus aujourd'hui qu'une bourgade de la Syrie centrale, dans la partie moyenne de la large vallée désignée, depuis la conquête d'Alexandre, sous le nom de Cœle Syria. Elle est située au pied de l'Anti-Liban, non loin des sources de l'Oronte, à 1 170 d'altitude, sur les ruines de l’ancienne Héliopolis. Elle atteignit, après avoir été hellénisée, à une grande prospérité, Sous Auguste elle porta le titre de Colonia Julia Augusta Felix, Antonin y fit quelques embellissements, Siège d'un évêché chrétien, Baalbek fait exact ; cependant il faut remarquer que les documents de M. Férotin, note dans son index philologique :
LAS 13, LABACRVM !#, NOBVS 15, OBES 11, OC- | TABO 17, REDIBIBVS 1%, SEBA 1%, SOLBERAT 1,
de b pour + au passé dans les inscriptions chrétiennes : tomba au pouvoir des Arabes en 636. La décadence s'accéléra dès lors jusqu'à l'époque des croisades, où la position de Baalbek fut souvent disputée ; ce qui, comme on peut le penser, ne contribua pas à l'entretien des édifices antiques, dont la ville était pleine. Durement ébranlés par le tremblement de terre de 1170, ils furent définitivement ruinés par celui de 1750, Baalbek doit sa célébrité à ses ruines. La ville posséda un temple antérieur à l'époque romaine, ainsi qu'en témoigne l’auteur du traité De Dea Syria lequel donne à l’isév égyptien qu'on y révérait l'épithète asyatov 5%, Néanmoins l'importance de premier ordre de Baalbek, ne date que de l'époque romaine, et ce n'est qu'à partir de cette époque que l'archéologie de la ville appartient à nos études. Le nom sémitique survécut et finit par l'emporter #9, D'ailleurs « la splendeur romaine fut ici, ce semble, quelque chose d'étranger, d'implanté du dehors, Aussi la force extérieure qui maintenait cette civilisation artificielle ayant une fois disparu, les splendides monuments de l'époque romaine n'eurent plus de sens pour des populations habituées à la vie nomade ou à une vie sédentaire mesquine. Ils restèrent comme des non-sens, ou plutôt comme des signes attestant qu'une race supérieure avait un jour passé par là » #1, La ville est entourée d'une enceinte de 4 kilomètres de développement, qui comprend trois parties : 1e les assises, formées de blocs dits cyclopéens ; 2° le mur romain ; 3 le mur crénelé et garni de tours, élevé par les Arabes. Les monuments qui faisaient la gloire de Baalbek s'élevaient à l'ouest. Ce qui en a subsisté permet de dire aujourd'hui avec vérité que « ce sont les plus belles ruines peut-être qui existent au monde » #*, Les masses que présentent les murs cyclopéens confondent l'imagination. Des blocs monolithes mesurent jusqu'à vingt-deux mètres de longueur sur plusieurs mètres de largeur et d'épaisseur ; il en est dont la contenance a été évaluée à plus de 900 mètres cubes et le poids à 800 tonnes##. Une pierre restée dans la carrière a 432% mètres cubes et son poids dépasse 1000 tonnes ; un obélisque jugé défectueux et laissé pour compte dans une carrière, mesure plus de 30 mètres de longueur +. On est généralement trop porté à accorder aux ouvrages qui présentent de telles dimensions une antiquité fabuleuse, La dimension des pierres ne prouve rien pour l'antiquité d'un monument #, Le temple de Jupiter à Baalbek, dont l'âge moderne n'est pas contesté, renferme des pierres supérieures en dimensions à toutes les constructions de Gébeil, de Jérusalem. Le rpûubov du grand temple peut être très ancien ; cependant on ne saurait le conclure avec certitude de la taille des matériaux, puis que les pierres les plus grandes que l'on connaisse après celles du 5400 » font partie d'un temple élevé deux cents ans après Jésus-Christ, Le zofubov et le raur qui s'y joint du côté du nord peuvent être antérieurs à l'époque romaine ; on n'en peut dire plus, La science, le talent et le goût de ces édifices aux matériaux gigantesques ne se perdirent pas vers le temps de la plus grande prospérité de Baalbek ; aussi, dans cette ville moins que partout ailleurs en Syrie, l'emploi des grands blocs ne prouve rien pour l'âge plus ou moins reculé des monuments, Les constructions en grands blocs, relevées dans le Haourân par des voyageurs anglais, qui les attribuaient aux contemporains d'Og, roi de Basan, se sont trouvées être toutes de l'époque romaine ou chrétienne, ainsi que l'ont démontré jusqu'à l'évidence MM. Waddington et de Sauley. Il ne serait pas impossible que la date du xpéboy du grand temple dut être abaissée jusqu'à cette époque, car on ne peut s'interdire de remarquer qu'il répond exactement à la largeur du temple du Soleil auquel il sert de base. Quoi qu'il en soit, les substructions qui s'étendent sous le grand temple sont presque certainement contemporaines des constructions romaines, Les deux pierres angulaires du devant du temple de Jupiter, dont la date est certaine, sont d'une dimension égale ou supérieure à tout ce que présentent les constructions qu'à raison de la grandeur des matériaux, on a voulu considérer comme phéniciennes. Il faut en dire autant des pierres de la base et des jambages monolithes de la porte du temple rond, qui est un édifice de pleine décadence, Quoi que l'effort imposé par la mise en œuvre de semblables matériaux ait eu en vue non des édifices chrétiens mais des temples païens, son importance n'en est pas moins considérable à nos yeux. Nous y voyons la persistance, à une époque où l'emploi de la brique renouvelle les méthodes de l'art de bâtir d'une architecture dont le principe était la taille sur place du roc, vrai que ce principe tenait à la nature des pierres. Les Romains, durant leur domination, ont pu subir eux-mêmes ces causes, qui ont maintenu le monolithe en Phénicie et en Palestine bien plus longtemps. Les fouilles exécutées à Baalbek, depuis le mois « OUEN, ont eu pour but de rendre aux débris géants d'archéologie chrétienne, Paris, 1907, ré er En) ss ba chrétienne nn er éentant la cour du Carruuml, au Louvre : de Paca, des carralrurs ; Les cata du mo pete phénomène entiens cran pes set u0 + quel que chose de leur antique majesté, en les débarrassant des décombres, qui, en s'accumulant, menaçaient de tout nivelier. Ces fouilles ont en outre amené des résultats scientifiques positifs. Elles ont fait connaître, sans hésitation possible, les modifications importantes, subies au cours du moyen âge par le sanctuaire de Baalbek. La disposition primitive des propylées a été relevée, les divers portiques, le témenos, l'autel, les piscines adjacentes déblayés, le petit temple ou « temple de Jupiter » dégagé en entier, enfin, et c'est ce qui nous intéresse plus particulièrement, la basilique chrétienne érigée sous le règne de Théodose, mise à jour. Suivant une pratique que nos mœurs modernes s'expliquent à peine, le sanctuaire loin d'être isolé se trouvait enveloppé de toutes parts par des habitations privées qui, à diverses époques, envahissent l'enceinte tout entière 2, Ces constructions parasites n'empêchaient pas de plus vastes entreprises. En 1%13 et 1994, le sultan Bahram Schah élève des tours d'angle au nord et au sud du front ouest, En 1282, Qélaûn y fait des réparations ; en 1954-1861, c'est le tour de Nasir Hassan, En 1394, le sultan Barqouq fait restaurer les fossés. |. Grâce aux fouilles, on est en mesure d'affirmer aujourd'hui que le +pluñov, dont nous avons parlé plus haut est un angle demeuré apparent podium du grand temple. Le fragment isolé, seul connu jusqu'à ces dernières années a pu être relié avec d'autres fragments, au nord et au sud surtout, où les blocs sont plus énormes encore, Les fouilles ont témoigné en outre que les murs cyclopéens sont de moins en moins la spécialité des temps fabuleux +, Non seulement les constructeurs romains, mais les constructeurs arabes s'y sont essayés ; les grands blocs à refend qui murent les trois portes antiques derrière les propylées sont de l'époque arabe (lig. 1160). Le plan permet de suivre sans peine le remaniement introduit dans ce magnifique ensemble, à l'époque chrétienne. Après avoir gravi les degrés, on traversait en se dirigeant vers l'ouest les propylées et une cour hexagonale, à double portique. Cette cour était bordée d'exedræ rectangulaires ou polygonales 5, Trois portes Propylées 1 LE à [1 monuménta les s'ouvraient sur le premier parvis d'une cour immense, carrée, ceinte sur tout son pourtour d'un double péristyle et d'une ceinture de chapelles alternativement rondes et rectangulaires (fig. 1161).1 res que au centre de cette cour s'élevait l'autel des sacrilèges consacré au dieu Hélios, C'était un bloc de maçonnerie, pouvant mesurer 80 à 90 mètres de surface et dominant de 9 mètres environ le sol du parvis. Le degré de cet autel était à l'orient, Au nord et au sud deux bassins servaient de piscines pour les besoins du culte. Au niveau du sol, ils étaient gardés par une élégante balustrade, décorée en haut-relief par une série de panneaux, dont quelques-uns étaient demeurés inachevés, La brute construction offre de frappants rapports avec celui de la basilique de Qalb Louseh, que la mission de Vogüé a fait connaître et qu'elle fait dater du VI siècle #, D'après le Chronicon Pascale, la basilique aurait été construite entre 377 et 980, Il est à remarquer que son orientation est exactement l'inverse de celle devenue plus tard traditionnelle, et il est possible que ce soit la préoccupation de remédier à cette anomalie, qui ait fait construire dans la suite, à l'orient, une abside dont plus rien ne subsiste, mais dont la trace a été relevée avec une entière certitude (Ag. 1162).
« Parmi les résultats historiques acquis, un des plus précieux est d'avoir établi que le monument tout en— L'autel des sacrifi ces du temple de Baalbek, dans la basilique chrétienne. lier forme un seul ensemble et appartient à la même période romaine, Le vieux sanctuaire n'a laissé d'autre trace actuellement saisissable pour nous que la disposition générale du lieu de culte sémitique : une vaste enceinte, des parvis entourés de colonnades, un large autel pour les sacrifices et des réservoirs pour les lustrations, un temple enfin pour abriter le simulacre de la divinité ou sa personne même, À ce point de vue, les découvertes de Baalbek donnent un puissant relief à telle description du temple de Jérusalem. Mais la fable altérante des murs cyclopéens, de l'art préhistorique, des cultes aux origines lointaines et sombres, les colonnes monolithes de granit rose, les chapiteaux et frises sculptés à jour, les grands parvis des chapelles, jusqu'aux profils des moulures, aux plus menus détails de l'ornementation, tout est romain de ce qu'on peut dire ancien à Baalbek 3. » H. LECLERCO.
BABEL (TOUR DE). Un manuscrit grec resté inconnu et publié récemment par M. F. de Mély pour l'Académie des sciences contient la description d'un temple chaldéen qu'Harpocration a visité et mesuré très exactement après en avoir déterminé la position géographique. Son identité avec Birs Nimroud (la Tour de Babel), est hors de doute. Le récit d'Harpocration est le seul document de cette importance que nous possédions sur le monument le plus ancien des civilisations humaines situé à 94 kilomètres de Ctésiphon, au sud de Babylone.
Une inscription contemporaine de Nabuchodonosor nous apprend que l'édifice fut restauré sous le règne de ce prince, six siècle avant Jésus-Christ, On s'imaginait alors que la tour avait été bâtie quarante-deux générations avant ce prince.
Les ruines vues par Harpocration devaient avoir encore grand air. Elles consistaient en un soubassement mesurant 186 mètres de côté et 84 pieds de hauteur. Au centre se dressait une tour carrée formée de six degrés superposés ayant chacun 28 pieds de hauteur au sommet desquels se voyait un petit sanctuaire de 15 pieds de hauteur. La hauteur totale de ces sept étages atteignait donc 67 mètres. Le premier degré avait au niveau de la plate-forme 43 mètres de côté. On accédait au sanctuaire par un escalier extérieur de 365 marches dont 905 étaient d'argent, et 60 étaient d'or. Ce nombre représentait les 365 jours de l'année ; divisés par les sept étages correspondant aux sept jours de la semaine, ils donnaient les cinquante-deux semaines de l'année.
Grâce à Harpocration, nous savons qu'au Ve après Jésus-Christ on y célébrait encore le culte.
H. LEGLERCQ.
BABISKA. Babiska, dans la Syrie centrale, conserve plusieurs édifices d'origine et de destination diverses. Les deux principaux sont une église datée de l'année 401, et une deuxième église, dédiée à saint Serge, datée de l'année 609.
L'église datée de l'année 401, ou église de l'est, ne subsiste plus que dans quelques parties : le mur inférieur de l’abside et le soubassement du mur de l'ouest. Heureusement, les débris sont demeurés sur place et autorisent les conjectures et les restitutions. C'est ainsi que nous pouvons nous faire une idée de la décoration à l'intérieur et à l'extérieur de l'édifice. Ces éléments ne seraient pas toutefois assez décisifs pour déterminer lacription tracée sur un linteau de mur du sud, qui porte la date de la construction : 401. Le plan de la basilique n'offre rien de nouveau, excepté à l’est. La disposition adoptée pour l'abside est intéressante et, étant donnée la date, originale. La partie rectangulaire de l'église, entre le mur ouest et l'amorce de l'abside, mesure en longueur 19,95 mètres, en largeur 14,90 mètres (mesures prises à l'intérieur). La nef centrale occupe 8,40 mètres et les intercolonnements sont égaux au tiers de cette dimension, soit 2,80 mètres. Ces intercolonnements sont au nombre de sept de chaque côté. La portée de la nef centrale se trouve ainsi beaucoup plus large que dans la plupart des églises de cette époque.
Le grand arc de l’abside était orné de moulures traitées avec délicatesse et les pieds droits profonds et rectangulaires sur les deux côtés aux extrémités des arcs étaient couronnés d'une profonde garniture de moulures. Les bases des colonnes reposaient sur des basses plinthes. Le fût mesurait en longueur 3,80 mètres. Une bande étroite d'ornements pointus se fait voir sous l'astragale au sommet du fût. Les chapiteaux affectent deux formes distinctes : ils sont du type corinthien avec des festons sous les volutes des angles, ou bien d'un type arrondi en forme de cloche rappelant un peu le faite des colonnes ioniques. L'abside est rectangulaire et plane.
La décoration à l'extérieur de l'édifice avait été réduite à néant ; toutes deux ruinées aujourd'hui. C’est sur un de ces deux linteaux qu'on a lu la date de la construction et le nom de l'architecte : Markianos Kyris. Ce mur du sud forme le quatrième côté d'un vaste cloître irrégulier. La seule partie qui subsiste s'amorce à une colonnade et à un mur plein qui se dirigent parallèlement vers une tour d'angle de forme carrée, à deux étages, située au sud-ouest. Le troisième côté de la cour est formé par un portique de larges piliers en arrière desquels venaient les habitations du clergé attaché à l'église. L'angle sud-est du cloître était marqué par une autre tour à peu de distance de laquelle s'élevait une construction formant le quatrième côté du cloître. C'était un appartement de grandes dimensions dont il ne reste malheureusement rien qu'une porte dont nous parlerons plus loin. M. H. C. Butler conjecture, en s'appuyant sur ces vastes dimensions, que l'appartement en question a pu servir de baptistère. La proximité du bâtiment rend, en effet, cette conjecture fort acceptable.
Tel qu'il subsiste, cet ensemble est bien loin, malgré ses mutilations, d'être négligeable pour l'histoire de l'art architectural religieux en Syrie. Nous avons indiqué l'intérêt de l'abside flanquée de deux chambres ; notons encore l'absence de toute entrée dans le mur de l'ouest, opposé à l'abside. Cette disposition n'est pas sans exemple en Syrie, elle y est rare néanmoins, et nous ne pouvons en rapprocher que les églises de Bankusa, de Nurveh et de Rheah.
Au point de vue ornemental, le bâtiment, que nous avons signalé comme ayant pu être un baptistère, offre un ensemble du plus curieux intérêt. C'est un portail qu'on a pu désigner à juste titre comme l'un des plus remarquables monuments de cette époque. Ce portail mesure 2,09 mètres sur 2,095 mètres dans l'œuvre. Les montants sont constitués par cinq larges assises que surmonte une énorme architrave longue de 3,90 mètres et haute de 1,94 mètre. Ainsi qu'on peut le voir, ce portail est entièrement couvert de décorations disposées par bandes. L'architrave présente, à sa partie supérieure, une arcade de neuf niches en relief. Les moulures intérieures sont formées de trois bandes étroites séparées le long des jambages par un cordon de pirouettes ; vient ensuite une scotie profonde à l’extérieur de laquelle il y a une lourde moulure chainée avec une petite croix dans le centre au-dessus de l'ouverture. À l'extérieur, on voit un large bandeau central, un rinceau de feuilles d'acanthe, d'un aspect très classique, entre deux profondes scoties et avec un disque d'un type floral conventionnel, sculpté d'une manière compliquée, entre deux branches de palmier au centre au-dessus de la porte. La troisième bande est en ornements nattés. La décoration extérieure consiste dans de profondes cornes avec des pointes émoussées, les espaces entre les cornes étant remplis chacun par une toute petite feuille de forme ornementale riche et d’un bel effet.
L'espace couvert par les neuf niches est un peu plus large que la largeur extrême des moulures. Les ornements nattés sont nouveaux et curieux. Ils ne suggèrent pas le style byzantin, ils ne rappellent rien du grec ou du romain. M. Butler y reconnaît les motifs ornementaux chers à la population araméenne de cette région. Il faut bien accorder toutefois que cet art a subi un développement coratif. L'ornement d'acanthes, les filets et les ornements en pirouettes sont imprégnés d'un sentiment classique. Les moulures des scoties, avec leurs ombres, pourraient à peine être classées dans la sculpture chrétienne primitive ; mais les ornements chainés...
D'où ce type décoratif tire-t-il son origine ? D'après considérations considérables, il s'est assoupli et enrichi surtout ; mais enfin, ramené à ses éléments les plus simples, sa parenté avec le type décoratif des plus anciens édifices semble prouvée. Cette caractéristique est d'autant plus frappante qu'elle est étroitement localisée. L'arc de la porte d'entrée prise dans le mur d'ouest du cloître nous reporte aux vestibules du IVe dans la région du Djebel Riha. Nous y retrouvons les impostes moulurées, les archivoltes profondément creusées dont le centre est marqué d'un disque timbrant la clef de voûte. On y voit la croix à six pointes dans la couronne. Au-dessus de l'arche, les fenêtres quadrangulaires percées sous la corniche.
L'église de Saint-Serge, à Babiska, est non seulement la plus récente de toutes les églises syriennes à date certaine, mais même de tous les édifices datés de ce pays. Elle remonte, nous l'avons dit plus haut, à l'année 609. C'est une petite église située au sud de la ville. Ses mesures prises à l'intérieur sont de 17,70 mètres sur 11,85 mètres.
Babiska possède, en outre, l'édifice le plus vaste de toute la région du Djebel Barisha. La hauteur considérable de ce qui subsiste n'est pas moins remarquable que l'étendue des ruines. Malheureusement la chute des muraillles et des plafonds a tellement obstrué toutes choses et caché le sol qu'il est devenu impossible de dire la destination de l'édifice, On voit seulement qu'un appartement central très vaste était flanqué de chaque côté par trois étages de chambres. Un déblaiement complet et des fouilles pourront seuls apprendre quelque chose de plus précis sur cet ensemble architectural (fig. 1168). La rocédure de construction et du décor en Syrie pourrait être étudiée à Babiska et plus complètement que dans beaucoup d'autres localités, Entre l'église de l'est et l'église Saint-
Les bazars du Ve situés au nord et au sud de la ville sont bâtis dans le même style qu'on retrouvera au siècle suivant à l'hôtellerie de Tourmanin. Ainsi un édifice destiné à l'embellissement de la ville peut devenir représentatif de la classe entière des portiques dans les villes syriennes. Le portique de Babiska porte une inscription en 2 Cr, ja Rnb e panne aux du parapet de “ur. Y lit le nom grec de cette construction et sa date, 596 après Jésus-Christ, Ce portique mesure 933 mètres en longueur et 8 »10 en profondeur. Il est à deux étages de dix-sept piliers chacun et mesure 250 de profondeur. Les piliers mesurent Om50 en carré ; le parapet, Om) en hauteur. La figure 1169 représente l'étage supérieur qui a seul conservé son caractère ; l'étage inférieur est obstrué par les décombres,
L'inscription syriaque de la stoa de Bahiska mérite de nous arrêter quelques instants. Cette inscription est gravée sur deux cartouches tracés sur le parapet du second étage de la colonnade. Les cartouches mesurent en longueur Owf avec les queues d'aronde (028 on Om99 sans les queues d'aronde), et Omff ou Ow145 en en Dieu cinq cent soixante et quatre-vingt-dix MLQ el six Es suivant l'ère d'Antioche. réutré les frères Sargon et Théodore Has et Bakkos D achelérent . les jardins ME + Moi ur Le frère vases Yohannan ss = ils de Zakkai Mai j'ai construit niisæe et mené à terme,
BABISKA — BABOUDA (ÉGLISE DE)
Il s'agit d'un édifice attaché à l'église du lieu pour le logement des pèlerins. Voir au mot HÔTELLERIE.
Babiska possède, en outre, l'édifice le plus vaste de toute la région du Djebel Barisha. La hauteur considérable de ce qui subsiste n'est pas moins remarquable que l'étendue des ruines. Malheureusement la chute des muraillles et des plafonds a tellement obstrué toutes choses et caché le sol qu'il est devenu impossible de dire la destination de l'édifice, On voit seulement qu'un appartement central très vaste était flanqué de chaque côté par trois étages de chambres. Un déblaiement complet et des fouilles pourront seuls apprendre quelque chose de plus précis sur cet ensemble architectural (fig. 1168). La rocédure de construction et du décor en Syrie pourrait être étudiée à Babiska et plus complètement que dans beaucoup d'autres localités, Entre l'église de l'est et l'église Saint-
Les bazars du Ve situés au nord et au sud de la ville sont bâtis dans le même style qu'on retrouvera au siècle suivant à l'hôtellerie de Tourmanin. Ainsi un édifice destiné à l'embellissement de la ville peut devenir représentatif de la classe entière des portiques dans les villes syriennes. Le portique de Babiska porte une inscription en 2 Cr, ja Rnb e panne aux du parapet de “ur. Y lit le nom grec de cette construction et sa date, 596 après Jésus-Christ, Ce portique mesure 933 mètres en longueur et 8« 10 en profondeur. Il est à deux étages de dix-sept piliers chacun et mesure 250 de profondeur. Les piliers mesurent Om50 en carré ; le parapet, Om) en hauteur. La figure 1169 représente l'étage supérieur qui a seul conservé son caractère ; l'étage inférieur est obstrué par les décombres,
L'inscription syriaque de la stoa de Bahiska mérite de nous arrêter quelques instants. Cette inscription est gravée sur deux cartouches tracés sur le parapet du second étage de la colonnade. Les cartouches mesurent en longueur Owf avec les queues d'aronde (028 on Om99 sans les queues d'aronde), et Omff ou Ow145 en en Dieu cinq cent soixante et quatre-vingt-dix MLQ el six Es suivant l'ère d'Antioche. réutré les frères Sargon et Théodore Has et Bakkos D achelérent . les jardins ME + Moi ur Le frère vases Yohannan ss = ils de Zakkai Mai j'ai construit niisæe et mené à terme,
BABISKA — BABOUDA (ÉGLISE DE)
La mission de Vogüé n'a accordé à l'église de Babouda, dans la Syrie centrale, que dix dessins et six lignes de texte. La mission américaine a relevé à Babouda une tombe du n° siècle, elle n'a rien dit de l'église. Malgré ce traitement trop sommaire le petit édifice religieux de Babouda mérite de ne pas être complètement passé sous silence. C'est, écrit M. de Vogüé, un « joli type de petite église de campagne, admirablement conservé, La disposition de la façade avec sa loge à jour ne manque pas d'originalité ;
les profils sont intéressants : en les comparant avec ceux de l'église de Häss, on remarque la déformation progressive de la doucine et sa tendance à se rapprocher du type postérieurement adopté par les constructeurs du moyen âge. Les lettres qui sur notre figure 1173 accompagnent le tracé de chaque profil indiquent sa place sur la facade »
H. LECLERCO.
BACCANO. Baccano est situé au 21e mille de Rome. Cette station très ancienne a successivement porté les noms de Baccanas, ad Baccanas, Vacanas, C'est qu'on l'avait située sur la via Claudia, car celle-ci change de nom vers le 11e mille à partir de Rome et s'appelle alors via Cassia ?, La localité offre quelques
au PERRET CECI f es - a » C dm 7 H à +7. RE ACT i -
Une découverte postérieure à celle dont nous venons de parler est venue confirmer tout ce qui précède. Le martyr saint Alexandre fut jugé par l'empereur Antonin dans une de ses maisons située au 17e mille de la via Claudia-Cassia. En ce lieu nous disent les actes (S #) Antoninus sibi mausoleum fabricabat et præedia electa habebat ; une partie de ces electa prædia portait le nom de prætorium Fusci et de la route qui conduisait à la villa impériale avait nom clivus Parralis. Aucun autre document ne nous apprenait rien au sujet de cette demeure ; or des fouilles exécutées au 17e mille de la via Claudia-Cassia, dans le domaine du comte Gentili ont fait découvrir les restes d'une magnifique villa romaine ornée de mosaïques précieuses. Les conduites de plomb ont permis d'identifier le personnage appelé Antoninus par les actes, La villa a appartenu à un nommé Septimius Géta, qui n'est autre que Caracalla, frère de Géta, fils de Septime-Sévère, lequel s'était fait affilier à la famille Antonine par une adoption fictive. En outre Septime-Sévère, victorieux de son compétiteur Pescennius Niger, avait confisqué les biens du vaincu dont le père s'appelait Annius Fuscius ; là se trouve peut-être l'explication du terme prætorium Fuscis. Baccano a donc possédé dès l'année 921 une église dédiée à son évêque martyr vers les premières années du IIIe. Cette église fut dotée d'une crypte, plus grande que celle du temps de la construction, par la munificence du pape Damase. Les reliques de saint Alexandre y furent transférées et une fête de la translation fut spécialement établie le 26 novembre. Adon qui, nous l'avons vu, donne la notice la plus complète ne fait aucune mention du transfert des reliques de Baccano à Rome ; ce que dit à ce sujet le martyrologe romain moderne manque d'attestation suffisante. L'auteur des actes dit avoir lu l'épitaphe du martyr sur son tombeau et il l'attribue à l'époque même de la sépulture : HIC REQVIESCIT SANCTVS ET VENERABILIS MARTYR ALEXANDER EPISCOPVS CVIVS DEPOSITIO CELEBRATVA XI KAL. OCTOBRES. La formule ne peut guère être ramenée à une date antérieure à la paix de l'Église, à peine pourrait-on.
Outre l'église et la crypte de saint Alexandre avec son area cémétériale contiguë de 400 pieds, les actes mentionnent aux environs de Baccano deux autres cimetières. L'un était creusé dans le tuf volcanique servant de parois au lac de Baccano. Un martyr nommé Héraclianus, contemporain de saint Alexandre, y était enterré ad fontes Crecianos. Un fidèle le déterra de nuit, le déposa enveloppé de deux suaires sur une civière et l'enterra dans un prædium funéraire privé : Surgens ergo veni ad fontes Crecianos et puerum ibi facentem inveni. Levavi in traga (= traha) et usque ad locum perduelli et involui illum in sindones duas, et posui eum in cimilerio meo quod ego excidi in ripaneo lapho die VI kal. Octob. L'autre cimetière était une cryptula modica préparée par le martyr Alexandre, mais utilisée dans la suite par son biographe le prêtre Crescentianus. Les tombes découvertes, dont on a parlé au début de cette dissertation, sont à ciel ouvert et ne paraissent pouvoir être identifiées avec le cœmetertum cmcisume in ripaneo Lopho, ni avec la cryplula modica. Plus probablement elles ont fait partie de l'area cémétériale de 400 pieds dans laquelle saint Alexandre était inhumé.
H. LECLERCO.
BACCHANALES, BACCHUS. Nous avons eu, à plusieurs reprises, l'occasion de montrer avec quelle gaieté appartenaient au cemeterio Vatican ?. Il fut transporté depuis au musée du Vatican.
Un autre sarcophage représentant Bacchus parmi les Saisons, sous les traits de quatre jeunes garçons nus portant leurs attributs respectifs, a été trouvé dans le cimetière Sainte-Agnès où il avait reçu le corps d'une chrétienne. Soit que le couvercle du sarcophage fût perdu, soit qu'il fût inutilisable, on se borna à prendre la cuve à laquelle on adapta un couvercle neuf et d'un style bien différent (fig. 1175). L'inscription rappelant la défunte : Aurelia Agapetilla, nous montre que l'emploi du sarcophage par un fidèle pour sa fille n’est pas plus récent que la deuxième moitié du IVe*. Le couvercle porte, outre l'épitaphe, une double représentation de la morte, la tête voilée, les mains levées dans le geste de la prière. Le sarcophage a été transporté de la voie Nomentane à la villa Carpegna (aujourd'hui villa San Felice).
Boldetti avait imaginé, sans aucune espèce de fondement, pouvoir transformer Bacchus en Venus libitina. On pourrait rapporter aux bacchanales une série d'adaptations des chrétiens qui adaptaient à leur usage des monuments païens d'une destination bien différente. Un des types les plus inattendus dans le symbolisme chrétien est celui de Bacchus et des Bacchanales.
Portion de monuments, principalement des sarcophages, et avec eux quelques mosaïques et fresques dont nous avons parlé ailleurs. Ce sont les représentations de la vendange par les amours, Le plus célébre de ces monuments est le sarcophage de sainte Constance et l'édifice construit par ses ordres et que, jusqu'à nos jours, on donna comme un temple de Bacchus. Ces bacchanales enfantines débarrassées de leur personnel et de leur matériel obligé : satyres, bacchantes, thyrses, léopards, chariots, ne sont plus guère que des puérilités à peu près dénuées de sens et ne conservant qu'un rapport très éloigné avec le mythe antique. Ces amours vendangeurs semblent même parfois complètement étrangers à l'inspiration bachique, si lointaine qu'on la suppose ; c'est, par exemple, lorsqu'ils font pendant à des scènes champêtres de la moisson.
Ce qui pourrait être tenu pour le dernier indice de l'inspiration bachique, c'est lors que les amours vendangeurs se livrent à leurs opérations parmi les animaux, principalement les paons, comme c'est le cas pour un sarcophage trouvé à Rome, à Saint-Laurent-hors-les-murs (fig. 1176).
Un autre sarcophage chrétien, au musée du Capitole, montre le portrait du défunt parmi trois jeunes garçons occupés dans les représentations des bacchanales païennes. Les fresques présentent, au point de vue des bacchanales et des scènes bachiques, des exemples très édulcorés portant des corbeilles de fruits. L'inscription suivante ne laisse aucun doute sur la religion de la défunte :
AURELIA SVSILIA MATER FECIT FILIAE MATERNAE IN PACE.
La décoration d'un arcosolium dont la lunette montre le Christ docteur, ne se ressent que de très loin des bacchanales. De jeunes garçons nus font la vendange et la scène ne représente que la cueillette des raisins. Les catacombes de Saint-Janvier, à Naples, offrent quelques figures d'animaux, panthères et autres, qui semblent être les réminiscences de quelque décoration bachique. Ces peintures peuvent remonter au IIe et peut-être au IIIe.
Sozomène rapporte une anecdote qui doit trouver place ici. Sous l’épiscopat de Théodote de Laodicée, Apollinaire le jeune et son père se trouvèrent assister à une séance dans laquelle le sophiste Épiphane récitait une déclamation à la gloire de Bacchus. L'exorde — comme dans toutes les pièces de ce genre — contenait une sommation à tous les profanes et non-initiés d'avoir à vider les lieux ; mais ni Apollinaire, ni son père, ni aucun des chrétiens qui se trouvaient là n'en tint compte. L'évêque Théodote l'ayant appris s'en montra fort scandalisé. Il pardonna aux fidèles, quant aux deux Apollinaire (le père était prêtre, le fils lecteur), il les excommunia et ne les reçut de nouveau qu'après une sévère pénitence.
H. LECLERCO.
BACULUS. Voir Birox et CROSSE, BAGAOUÂT (EL-). — I. La nécropole. II. Le grand édifice. III. Chapelle des scènes bibliques. IV. Chapelle des figures allégoriques. V. Chapelle des fresques abîmées. VI. Épigraphie. VII. Bibliographie.
I. LA NÉCROPOLE. — La nécropole chrétienne désignée communément sous le nom d'El-Bagaouât est située à cinq kilomètres au nord de la ville d'El-Khargeh, dans la Grande-Oasis. La plupart des voyageurs qui étaient mieux que des touristes ont compris plus ou moins l'intérêt de cet ensemble qu'on a pu récemment appeler une Pompéi chrétienne ; cependant leurs descriptions sont trop souvent vagues, incomplètes et erronées. Le dernier venu de ces voyageurs se trouva être en même temps un archéologue, et le progrès réalisé entre son travail et celui de ses devanciers, quoi que considérable, l'eût été plus encore si la description qu'il nous a laissée n'avait été livrée au public sous le titre d’ « œuvre posthume ». Néanmoins, et malgré les critiques qu'on peut lui adresser, c'est le livre de Wladimir de Bock qui doit, presque seul, nous servir dans cette étude.
plus loin. Au delà vers le nord, s'élèvent les dernières chapelles funéraires de la nécropole (fig. 1177). Le grès. La longueur du nord au sud, de toute nécropole dépasse un kilomètre. La largeur est dix fois moindre. Le nombre total des chapelles funéraires s'élève à 180 ou à environ 200. Lorsqu'on pénètre dans une chapelle, on voit que la porte d'entrée est toujours flanquée de deux piliers inégaux et projetés à angle droit sur le mur antérieur. Le carré des murs est renforcé par des pendentifs qui permettent d'établir la coupole. Ce n'est pas seulement le carré des murs, c'est encore la coupole ; de devant est ainsi surélevé. Les corbeaux des arcs de soutènement adossés aux quatre murs ont une hauteur qui dépend de la hauteur de ces arcs qui sont tantôt surbaissés, tantôt en plein-cintre ou même en ogive. Cette coupole a été pourvue d'un toit dans quelques chapelles, car on a constaté dans les murs surélevés des encastrements pour les poutres sur lesquelles ce plafond était établi. Mais c'étaient là des édifices soignés, d'autres n'avaient ni coupole ni arcs de soutènement, une simple toiture plate jetée sur des poutres suffisait. Exceptionnellement — une fois seulement — on signale une chapelle carrée avec coupole et pourvue d'une abside sur le côté est, ce qui donne à la chapelle un air d'église. La forme carrée n'est pas exclusivement adoptée ; il y a des chapelles rondes ; enfin, il existe des chapelles à base gone avec coupole ronde et fenêtres murées surmontées d'arcs demi-circulaires. Les entrées des chapelles sont généralement au sud ; les chapelles du vallon ont leur porte d'entrée disposée de manière à compléter l'illusion.
Une description spéciale en sera donnée ici, couvert de tombes creusées dans le grès et le tuf.
£ | : ee | % F dE : a a Grandes rh | i = 2 : | Gr chambres autrefois couvertes.
£ ER b Salle avec abside, FE j'a Le Nr A 2 Li Z : 2« © Construction plus récente avec coupole.
À £ &k A, Fa E 7 £ À. £ 1. Vestibule avec exèdre.
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A 2 ZX PL >. Chapelle funéraire, £.
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Ilusion d'une rue bordée de maisonnettes, tantôt accolées les unes aux autres, tantôt isolées. Très souvent la chapelle funéraire est précédée d'une petite cour clôturée par un mur en briques crues (fig. 1180), La partie supérieure des murs d'enclos est curieusement ajourée, À l'angle s'élève d'ordinaire un pilier carré aux arêtes coupées ; puis le mur se dresse jusqu'à une certaine hauteur pour les funéraires. Outre ces petites niches, on voit sur les meilleures façades de grandes niches purement décoratives à grands encadrements modelés. » L'éclairage des chapelles funéraires laisse beaucoup à désirer ; le plus souvent ce sont de petites fenêtres percées dans les murs d'un ou de deux côtés qui donnent une clarté insuffisante. à Toutes les bâtisses de la nécropole, écrit W. de Bock, sont en briques crues et présentent un bel exemple de ce qu'on peut faire de solide avec des briques. Li Ed e Chapelle primitive décorée. 25 | LCA { Facade. 10 Mètres plate soutenue par des poutres, Une chapelle a, devant la porte d'entrée, une espèce de porche ou de loggia à quatre piliers massifs. Le cas le plus fréquent est de rencontrer deux chapelles accolées.
_ La décoration des façades est monotone, Autrefois ces façades étaient complètement recouvertes de stuc ; mais il s'en faut que cette ornementation ait résisté, aujourd'hui elle garde simplement ses faux pilastres ou ses demi-colonnes sur lesquelles viennent parfois s'appuyer de fausses arquades. Quelques chapelles ont les quatre faces décorées. « Sur presque chaque façade se trouvent deux niches, ordinairement triangulaires, placées près de l'entrée, tantôt au mur, tantôt aux demi-colonnes ou aux pilastres. On peut, sans doute avec raison, supposer que ces niches ont servi à des lampes qui, à certains soirs, étaient allumées auprès des chapelles.
DICT. L'ARCH. CHRÉT,
Les maisons non cuites dans un climat bien sec. Pour plus de solidité, les surfaces extérieures des murs de la plupart des chapelles sont légèrement inclinées en dedans, ce qui les fait ressembler à d'anciens pylônes égyptiens, d'autant plus que les chapelles ont souvent, comme ces derniers, des corniches de type purement égyptien. Les maçonneries étaient souvent consolidées par des poutres de bois encastrées vers les angles dans le mur du côté extérieur. Maintenant ces pièces de bois ont naturellement toutes disparu : à la chute du christianisme et au temps de l'abandon de la nécropole, les habitants de l'oasis les ont enlevées soit pour en faire du bois de chauffage, soit pour tout autre emploi. Les linteaux des portes étaient à l'origine aussi en bois ou, plus rarement, en pierre. Ils ont été pour la plupart enlevés, de sorte qu'une partie des briques au-dessus de la porte s'est effondrée et la baie de la porte a pris une forme qui rappelle celle d'une croix, mais qui est loin d'être aussi régulière, Tant pour la consolidation des bâtisses que pour leur embellissement, les chapelles funéraires avaient toutes été crépies de plâtre en dehors et la plupart aussi en dedans. C'est aussi avec du ciment calcaire qu'ont été exécutés les encadrements des niches et des portes à l'extérieur et à l'intérieur des chapelles, les différentes moulures et les chapiteaux des demi-colonnes et des pilastres. Dans la décoration des arquades, on remarque l'influence de la mode classique ; les pendentifs et les archivoltes des arcs de soutènement sont ornés de croix ansées, Les croix simples sont très grossièrement tracées et relativement rares. Les voûtes en berceau de quelques chapelles funéraires de forme allongée sont décorées d'ornements végétaux : le motif préféré consiste en ceps de vigne avec les pampres peints en pourpre et les grappes en jaune ou en rouge. De grandes croix ansées accompagnent ces dessins. La chapelle funéraire à double fenêtre, dont il a été déjà parlé, a conservé sur le mur intérieur à droite de la porte d'entrée et près du mur du fond les restes suivants de peinture : au milieu des enlacements d'un cep de vigne, on reconnaît un jeune garçon debout, de basse époque qui aimait souvent à les employer, Au contraire, le profil des corniches et la forme des chambranles de quelques portes rappellent clairement l'ancienne architecture égyptienne. L'inclinaison des murs dont nous avons parlé plus haut, est aussi conforme aux traditions de l'ancien art égyptien, Enfin, on remarque une certaine recherche de réalisme dans la forme de beaucoup de demi-colonnes et de pilastres. Cette ornementation, on le voit, est singulièrement pauvre, et, à cause de cela, il n'est pas possible de marquer des époques distinctes dans la décoration de la nécropole, ce qui permettrait de déterminer les dates approximatives de certains groupes de constructions. Les fresques actuellement conservées et que nous allons étudier, datent toutes, plus ou moins, du même siècle. Les décors peints à l'intérieur des chapelles funéraires se trouvent tout à fait sous l'influence du goût purement grec-alexandrin, et ce n'est que dans les nombreuses croix ansées qui se rencontrent beaucoup plus souvent que les croix à monogrammes (les chrismes) qu'on retrouve la trace d’un lien avec l'ancienne Égypte. Dans les chapelles funéraires à coupoles,
Les siècles. L'ensablement progressif des champs et des puits à sauvegardé la nécropole en même temps que la pauvreté de ses matériaux.
« Dans chaque mausolée se trouvait une tombe creusée dans le grès ou bien un ou plusieurs puits d'une profondeur de plusieurs mètres ayant au fond un cubiculum pour y recevoir le ou les corps. Les puits sont ordinairement orientés et ont souvent un revêtement en briques, ou en pierres. Il est difficile de dire si chaque puits ne servait qu'à un mort, il faut supposer, d'après certains indices, qu'au bas du puits se trouvait un espace creusé, assez grand pour contenir plusieurs corps. Cet espace qui formait une espèce de crypte communiquait peut-être avec d'autres puits de la même chapelle funéraire.
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La constance de la conservation de la nécropole, car les habitants, d'ailleurs peu nombreux, de cette partie de l'oasis, ne se sont pas souciés de la briquer ; ils n'ont arraché et emporté que la pierre et le bois (fig. 1183).
Les tombes offrent plusieurs types. Un de ceux qu'il faut s'attendre à rencontrer est celui que nous rencontrons un peu partout et dont l'exemplaire le plus célébre à Rome fut le tombeau des Nasons, creusé dans le roc et précédé d'un portail construit en briques crues qui communiquait soit directement, soit par un corridor, avec la chambre funéraire. Un type plus simple et aussi plus fréquent est celui du sarcophage antique avec le couvercle en berceau orné aux angles d'acrotères. Peut-être quelquefois avec d'autres puits de la même chapelle funéraire. | « Les plus grandes chapelles funéraires composées de plusieurs bâtisses, ont plusieurs puits et par conséquent servaient à une nombreuse famille. Toutes les tombes sont actuellement vides, les habitants du pays assurent qu'elles ont été depuis longtemps pillées. Les restes d'étoffes qu'on trouve par ci par là ne donnent aucune idée de ce que pouvaient être les vêtements des morts. Il est faux que des masques funéraires en plâtre aient été trouvés il y a quelques années dans la Grande-Oasis, « D'après les restes d'ossements on peut constater que l'on recourait encore à l'embaumement et que les corps étaient ensevelis à la manière égyptienne, c'est-à-dire entourés de plusieurs couches d'étoffes non ornées, » Les chapelles et le grand édifice lui-même sont en briques crues ; on peut en partie attribuer à cette circonstance. Procédant de la même idée, notons le plan rectangulaire surmonté de la voûte en berceau : tel est le type d'un bon nombre de tombes que leurs dimensions permettent de qualifier de « chapelles ». Les murs sont surélevés de manière à masquer la naissance de la voûte, La plupart des chapelles sont carrées, n'ont qu'une entrée et sont surmontées d'une coupole ; nous en décrivons trois de ce type que leurs peintures rendent remarquables entre toutes ; mais dans quelques cas la chapelle est rectangulaire, Les plus grandes chapelles de ce type ont une entrée latérale, Une chapelle présente sur une des petites faces une fenêtre géminée dont l'arcature pose sur une colonnette ; cette arcature est plus ou moins ogivale, type intéressant que nous avons rencontré vers le même temps en Afrique *, Les dimensions des chapelles varient entre : 1,20 à 1,80 de large, 1m à 2m20 de long, 2m à 2m50 de haut,
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Quoi que ces dimensions fussent plus que suffisantes pour abriter le corps du défunt, celui-ci n'est pas renfermé dans la bâtisse même ; mais dans une excavation creusée dans le sol, sous la bâtisse, II. Le cimetière Émirice. — Une agglomération de constructions attire de loin l'attention sur un point élevé du plateau à l'extrémité nord de la nécropole !, Le plan suffit à lui seul pour faire voir que c'est bien le titre d'agglomération qui convient à cette suite un peu incohérente de bâtiments et d'édifices auxquels un rapprochement fortuit a donné une apparente unité, La facade avec ses dix fausses arquades et le portique à trois arquades en retrait ne doivent pas faire illusion. Le noyau autour duquel sont venues se grouper toutes ces constructions semble avoir été la chapelle carrée D,
DT
FT ji ji (AL | le | ilittEln | [ antérieure au mur auquel elle paraît accolée, puis que l'angle N.-O. de la chapelle traverse ce mur qui n'a | donc fait que s'y amorcer, La chapelle E, élevée sur l'alignement de la chapelle D paraît lui être contemporaine. La bâtisse C, qni mas que la facade dé ces chapel les doit leur être postérieure, bien que par ce mot il faille entendre des différen ces chronologiques pres que imperceptib les. L'identité du mode de construction et d'ornementation est suffisamment démonstralive, Quant au bâtiment AA, on a quel que peine à déterminer sa destination ; il consiste en deux vastes cours auxquel les on accède par un porti que. On remarquera à premiére vue l'aspect biscornu de tous ces bâtiments dans lesquels on semble avoir, de parti pris, évilé les ang les droits, Quelques vestiges ont permis de supposer ‘que ces cours, ou du moins les parties latérales, étaient couvertes de loils plats, Le porti que servant d'entrée était, lui aussi, probablement couvert d'un plafond, _ d'eux un renseignement positif, Edm | à deux saillies en forme de pilastres placés à la nais| Cette salle offre un rectangle dont le plafond Le bâtiment pourvu d'une facade à dix arca des repo= sant sur des saillies en forme de pilastres a été décr par W. de Bock d'une façon si obscure qu'on en à hésiter sur les lignes mêmes du plan (fig. 1184).C parait assuré, c'est que le bâtiment étant plus élev le reste du plateau, on accédait aux deux entr L'entrée, en m, donne sur un vestibule di : nière à masquer l'intérieur de la salle b. trés incomplétement instruils sur la disp rieure de cette salle. Peut-être était-elle deux rangées de colonnes disposées dans le ment des pilastres de l’abside, peut-être auss pourvue d'une coupole. Les anciens voyageurs avec tant d'imprécision qu'il est impossibl doute d'une basili que *, mais ce qu'il rapporter aussi bien à la partie voisine de l' une chapelle funéraire quelcon que, Ce que nous venons dapps les « la partie voisine
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l'édifice » correspond à la deuxième : ca des en façade dans la din marquée c sur le plan. Plus partie a particuliérement geurs dont les descriptions moins à désirer, ce qui S le sal n'a été déblayé qu'en 1888, lei encore on accède par une rampe, sem celle que nous avons décrite, et qui conduit à débouchant dans un vestibule de forme allongée, cou vert d'une voûte en berceau et terminé à l'est par une niche demni-circulaire ayant un f aux air d'abside, grâce sance de cette niche et reliés entre eux par une arcade. De ce vestibule on pénêtre, par une porte ayant pour linteau une pierre brute, dans la salle principale (e 2). formé, aux extrémités par des voûtes en berceau et au centre par une coupole, La présence de voütes en berceau ayant nécessité pour les parois N. et 5. la partie supérieure en demi-cercle, le mur a été comme étiré dans le sens de la hauteur ce qui lui donné un cache d'élégance et, dans l'espace ainsi obtenu, on à dispc une large niche flanquée de deux étroites fenêtres. Le mur sud ! et la voûte sont simplement enduits de stuc sans autre ornementation que le cadre sculpté de la niche. Le mur nord (fig. 1185) est orné d'une triple représentation de la eroix ansée. La partie inférieure de Chacun des deux murs présente deux ares à encadrements en stuc sculpté ; dans la paroi N comme dans la paroi S, un de ces arcs encadre une porte tandis que l'autre arc s'ouvre sur une niche peu profonde. Le mur ouest, ainsi qu'on peut le voir sur le plan, s'appuie sur quutre arca des soutenues par trois piliers massifs Cylindriques à bases carrées. En arriére de ces piliers se trouve (n. 4) un appartement dont la forme surprend
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42 nord est ornée d'un listel décoré de feuil les de laurier peintes en noir et encadré de deux bande aux de couleur rouge, Ce mème mur nord, ainsi qu'on le voit dans la figure 1178, est percé d'une baie qui conduit dans l'appartement septentrional (n. 5) de la bätisse, une vaste chambre funéraire ainsi qu'en témoigne la présence d'un puits dans le plancher. a disposition de la partie supérieure de celle chambre est identi que à celle de la grande salle ou église. Aux extrémités deux voûtes en berceau reliées par une coupole centrale. La chambre était éclairée par trois étroites fenêtres du mur est, la fenêtre du milieu plus élevée que les deux autres. Ce qui subsiste de la un peuetne permet pas de croire qu'on en ait tiré grand usage, Un autre appartement du même genre (n. 41 et non moins disgracieux était réservé entre l'église et le mur d'est de la bâtisse ; il communiquait avec l'église par deux arca des. À l'extrémité nord de la grande salle se trouve une abside décorée (0) amorcée sur la salle centrale ; sa destination la plus probable est celle d'une chapelle, peut-être d'une chapelle à reliques. La décoration est assez pauvre d'idées et de couleurs. Audessus de l'arc de l'abside, sur le mur est de la salle, une croix ansée, bariolée de façon à simuler une incrustation de pierres précieuses, et flanquée de deux chrismes décorés de la même façon ?. L'abside est ornée dans sa con que d'un dessin géométri que rehaussé de diverses couleurs ?.
L'archivolte de la porte voütée prise dans le mur décoration des parois est si abimé qu'on n'y peut plus guère prendre intérêt, On peut distinguer encore en plusieurs endroits la croix ansée et des restes de figures tracées en ja une et des inscriptions, Un homme armé d'un couteau et un enfant, on lit à cet endroit : ABPAAM, ICAK, à gauche on voit un arbre et ce mot [ :|BIC@OP.
« La coupole au milieu de cette pièce est également peinte de différentes couleurs (fig. 1186), Le dessin autour du cintre, percé actuellement d'un trou, présente une imbrication dont cha que écaille consiste en deux parties : une foncée et l'autre claire. L'imbrication est bordée d'une bande avec guirlande partagée en quatre par des rosettes à quatre péta les cordiformes. Cha que pendentif est occupé par un oiseau à ai les déployées tenant entre les pattes une sphère. Le corps, la tête et la partie supérieure de l'oiseau à gauche sont blancs, l'intérieur de l'aile et les pattes sont pourpres, la sphère est ja une. L'œil n'est marqué que par un point noir. Le bec est pourpre. L'oiseau à droite a le corps, la
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tête et les ai les jaunes et le ruban au cou blane, L'œil est formé d'un point noir entouré d'une raie blanche *. |
IL. CHAPELLE DES SCÈNES BIBLIQUES. — Près de l'extrémité nord de la nécropole et sur une partie élevée du plateau se montre une agglomération de constructions x élevées à diflérentes époques. Deux chapel les funéraires présentant des dispositions et des dimensions pres que semblab les sont les parties les plus anciennes des constructions. L'une de ces chapel les fait partie constituante de l'agglomération, l'autre est isolée mais construite sur le même alignement que la précédente et ornée de fresques remarquab les. Elle a été visitée et décrite à plusieurs reprises * et présente le type ordi-
naire des chapel les carrées à coupole : Le puits conduicercle tandis que les deux autres contiennent des décors carrés +, De courtes colonnes de même ordre corinthien sont aussi peintes dans les parties inférieures des arcs de soutènement, La surface antérieure de l'archivolte de l'arc nord, en face de la porte, est ornée d’une guirlande de fleurs peinte en couleurs 5 ; l'archivolte de l'arc est porte un cep de vigne et, au milieu, trois croix, dont une ansée entre deux croix de type ordinaire 9, Ces trois mêmes croix se voient sur l'arc ouest, Les pendentifs de la coupole sont ornés de croix simp les, croix ansées et autres représentalions, Les coins inférieurs des pendentifs portent des branchages (fig. 1187), C'est la décoration de la coupole qui doit surtout retenir notre attention. Le sommet de la coupole est cousant à la lombe du défunt est près de l'angle N.-E,. La coupole repose sur quatre arcs de soutènement accolés aux murs. Deux fenêtres sont pratiquées dans le mur du fond et une fenétre dans chacun des murs latér aux. La décoration de cette chapelle présente le cycle des représentations bibliques adoptées dans les catacombes romaines et le choix des sujets aussi bien que la techni que nous porte à voir dans cette décoration un ouvrage trés ancien qu'on peut revendiquer pour la période antérieure à la paix de l'Église.
Nous signalerons d'abord les peintures des arca des des murs nord, est et ouest. Ici ôn a fait trève aux symbo les bibliques pour adopter un mode de décorauon en grande faveur pendant les deux premiers sièc les de l'Empire. Les peintures représentent quatre colonnes de style corinthien séparées par trois panné aux dont celui du milieu est occupé par un grand vert des branches d'un immense cep de vigne dont la tige sort d'un vase en forme de tour placé entre les Hébreux en fuite et l'armée égyptienne qui les poursuit 5. Le cep est peint sur fond blanc, il est surchargé de fruits que becquétent des oise aux de couleur lilas, Nous rencontrons d'abord, au-déssus du pendentif N, O, Adam et Eve, surmontés de leurs noms, dans le paradis représenté par un jardin que clôt une porte ?, Eve porte ici le nom de ZG@H, À droite de ce groupe vient l'arche dont on nous donne la coupe au moment où Noé s'apprête à recueillir la colombe. Au-dessus de l'arche se voit un vaste édifice composé d'un porti que à double étage soutenu par des colonna des, au centre, uné lunette demi-circulaire et la croix ansée. Ce porti que est fermé à droite par un édicule que termine un toit en dos d'âne, à gauche par un temple létrastyle avec fronton et vaste escalier. Non loin de l'escalier se
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tient une figure humaine qui semble se diriger vers lé temple ou le palais ; dans sa main droite abaissée l'homme tient une branche, et de la main gauche, par le bout, un bâton jeté sur l'épaule et muni à son extrémilé, près du dos du personnage, d'un sac ou d'un seau.
Dans le pendentif N. E. on voit deux figures humaines debout entre les buissons tenant soit des bâtons, soit des armes dans les mains (fig. 1188), au-dessus d'un temple tétrastyle vers lequel se dirigent les sept vierges sages leur flambeau et leur vase à la main. Ce groupe est surmonté du mot TAPOENOI peint en rouge une première fois et ensuite tracé à la pointe. Sous les deux dernières vierges on voit un objet carré, peu compréhensible. Plus à droite, sur un fond foncé, un personnage dans l'attitude de la prière, Le milieu de l'arc est nous montre une grande figure en vêtements blancs ayant à sa gauche une autre figure plus petite, Les détails de la scène sont perdus par la coulée de houe qui lors des pluies descendit du trou au centre de la coupole, La scène toutefois est facile à reconstituer puisqu'on a pu lire le nom d'ABP !2]AM, la figure plus petite est, sans aucun doute, celle d'Isaac. Au-dessus du groupe, un berger et son troupeau avec les mots * MOIMHN. Plus à gauche, et séparée du
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46 troupeau par un arbre, une martyre debout dans un brasier et son nom @EKAA, À droite d'Abraham, un temple dont le porti que est garni de guirlan des. Les deux colonnes centra les sont de dimensions beaucoup plus considérab les que cel les des deux extrémités (fig. 1189). Il est manifeste que l'on a voulu, ici comme dans le verre doré que nous avons étudié ailleurs !, représenter les colonnes de Salomon devant le temple de Jérusalem, puis que c'est bien cet édiDRE NPEN LR ER C2 LM Le ' 47 figures surmontent la baleine, celle de gauche représente : homme portant un objet carré, et la fin d'un nom …B (1@B ?), celle de droite, plus petite, est assise. Au-dessus de cette dernière se trouve la tour servant de vase au cep de vigne dont nous avons parlé.
Une scène très développée occupe la partie intermédiaire de la coupole depuis le milieu du côté sud jusqu'au milieu du côté nord ; elle est limitée à ses extrémités par deux arbres couverts de fruits. Cette scène représente la fuite des Hébreux et la poursuite des fugitifs par les Égyptiens. Moïse, appuyé sur son bâton, ouvre la marche ; il est vêtu d'un chiton blanc avec des broderies rondes. Son beau-père Jethro est représenté couché à sa droite, et à côté de Jethro on voit une figure assise par terre. Puis viennent divers groupes sous l’un desquels on lit ICPAHAITAI, puis ce sont des fugitifs montés à âne ou à cheval.
L'armée des Égyptiens s'étend depuis le milieu de l'arc ouest jusqu'à l'arc sud. Un guerrier armé du bouclier rond et coiffé du bonnet phrygien marche en tête. On se trouve sur le bord de la mer Rouge puisqu'une inscription porte ce mot EPVOPA. Les deux portedrapeau arrivent à cheval, suivis de sept fantassins, après lesquels on voit deux cavaliers au puoP, celui du milieu est le pharaon en personne, DAPAG. Sous l'endroit indiqué comme étant la mer ‘Rouge on voit un navire d'où l'on jette Jonas à la mer à un énorme poisson qui le reçoit. Au-dessous encore vient la rencontre de Rébecca, PENBEKA, avec Éliézer, et plus à droite un buisson, puis un édifice à dos d'âne ayant deux entrées et appartenant à la scène suivante qui représente le supplice d'Isaie, HCAIAC, ainsi que probablement son tombeau. Au-dessus du sommet de l'arc ouest vient la scène des trois hébreux dans la fournaise : KAMINOC, du côté droit on voit des tas de bûches en feu. Les jeunes gens sont vêtus de blanc et lèvent les bras au ciel, ils sont accompagnés par l'ange du Seigneur. À droite de cette scène, la représentation de David dans la fosse aux lions : AANIHA EN AAKKG). La fosse est en forme de fer à cheval, Daniel vêtu de la tuni que lève les bras au ciel. Deux lions debout, le mufle appuyé contre les pieds du prophète.
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IV. CHAPELLE DES FIGURES ALLÉGORIQUES. — Une
qui sert de fond à toutes les figures à figures sert de fond à des cées en blanc et déterminant les Droit deva la porte se trouve TANIHA, et Fa en du dæ gauche à droite : EIPHNH, ABPAAM, EICAK, ‘CAPA autre chapelle de la nécropole, la première dans la seconde rangée des mausolées sur la colline occidentale ; elle offre par sa décoration un intérêt supérieur encore à celui de la chapelle que nous avons décrite. Cette chapelle quadrangulaire du type ordinaire diffère absolument de Ja précédente.
Trois des murs à l'intérieur sont munis de niches. La coupole est, comme à l'ordinaire, assise sur arce aux de souténement accolés aux murs, À l'instar d'autres cas analogues dans la nécropole d'El-Bagaouät, chacun des pendentifs porte ici la représentation d'un oiseau à ai les déployées ; ces oise aux ne sont pas peints directement sur le fond blanc du mur, mais leurs corps sont encadrés dans de grands médaillons ronds, de nuance rouge, portant au bord un ornement des plus simp les. Les pattes ressortent au bas de ces médaillons. La coupole est occupée par une large bande continoe telle composition présente un caractère 1 pourrait dire monumental. Autour du pots ps au centre de la coupole se trouve un autre cerele contenant un cep de vigne serpentant en zigzag ; ensuite vient une bande avec une large guirlande ; plus loin se trouve une raie foncée qui, tout en gré bande de la zone Ro
AAAM, EYA, OEKAA, TTAYAOC, »MAPIA,
Lai La EIAKGB, EYXH, AIKAIOCYNH. Le fond de ce champ de représentations, peint en rose-brun, est leurs à quatre péta les lilas, La bordure inférieure, entourant la frise à figures, est formée d'une figure semblable à celle qui entoure le centre de la coupole. La coupole contient en tout dix re RS 1) Daniel dans la fosse aux lions est r droit en face de l'entrée, C'est la seule de ge nb. k Le nimbe est de couleur blanche. L'attitude de Daniel déaote un gr debout, en priére, les bras légérement relevés devant lui et tenant les paumes our en dehors. Il a cheveux courts et le corps rosé. Il porte des mac à ments blancs : une tuni que sans manche et, à ce qu'il parait, un himation jeté par-dessus la tuni que. Aux pieds de Daniel deux petits lions affrontés s'avancent, la queue en l'air, La fosse est représentée sous forme d'un carré entouré, aussi bien devant que sur les côtés, de murs. Le lion de droite tient les pattes de derrière sur ce mur, ce ce qui fait ressembler cette fosse à un tupis. Au delà de la fosse, à droite, s'élève le troc, d'un arbre quelcon que.
2) La personnification de la paix. Eisrwr représent une femme se tenant droite et s'appuyant également sur les deux : JRee la tête est entourée d'une chevelure cendant pas jusqu'aux genoux et crb valt hcale rent de rince aux et de lignes croisées, De i ais.e abaissée el éloignée du corps la figure tient une grande croix ansée. Le bras gauche est replié au coude. De la main gauche elle tient une espéce de petit sceptre ou peut-être une torche ( ?) Le corps est rosé, teinté de hächures plus foncées. Les jambes et les bras sont trop grands pour le corps.
J) Le sacrifice « au-dessus du milieu du mur à droite de l'entrée. Vers le bas, entre la personnification de la paix et Abraham, se trouve très négligemment figuré un petit arbre rappelant quel que peu par ses branches et par ses feuil les un äcacia, au pied duquel on voit une brebis blanche. En haut, au-dessus de la tête de la Paix est dessinée la main gauche de Dieu, tendue vers Abraham pour d'Abraham occupe une place juste “IIX L I LL) La, } { \ Î s yd ET tot CE FCI 4 A} 2 Fr] rd (Lu te fu au 1ô | FULL] ri. A1 ? h | LA 4.1 G.[l { À E In d on D LA EU LUT à 0 L ls ML) ( & | F à A Sa hs nn « sa nb fl {L sd {I UE 5 sû P a il L du [EE Ü I] L P î LA M ke - [i “xd ouenguno all ap atGojoppouny à Apatos anod ænptapro (AL DE Etuis lee à ei e— = — : + op ‘A soude, ‘sanbrdqiq sous sp eredump m ep mnoA — *88F} ienne, pl. x : chrét cgypte e de l'E s (l l'archéolog # A. ; M #4] tr
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l'arrêter. Derrière le dos d'Abraham, deux coute aux Al manche ja une dont chacun est orné de trois pierres (ou clous ?) bleues, leurs pointes dirigées vers cette main. Abraham est représenté debout, de face, ouvrant en un large geste les deux bras à droite vers Isaac, Sa main gauche est posée sur la tête de son fils ét sa droite tient un couteau. Les vêtements blancs d'Abraham, sa tuni que, son manteau (kimation), descendent en be aux et larges plis couvrant ses bras jusqu'aux cou des. Les bouts du manteau qui retombent sur le bus sont ornés de la lettre 1. Le corps d'Abraham est rouge-brun, rehaussé par des hâchures foncées. Au-dessus de sa tête, on aperçoit plusieurs petites langues de feu ( ?). Isaac, tout petit, est représenté debout, de face, en tuni que blanche, la main gauche étendue vers l'autel, et tenant une petite boîte qui sans doute renferme des parfums. Le bras droit est replié au coude et la main est élevée à Ja hauteur de l'épaule gauche. L'autel, surmonté de flammes rouges, est en forme de table munie d'un rebord dentelé et posé sur un large pied à
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renflement et à base carrée, Il est de couleur ja une et doit être considéré comme étant fait de bronze à l'instar des petits autels de la même forme qu'on trouve dans les collections d'antiquités égyptiennes. Au-dessus d'Isaac et de l'autel se voit la figure courte et large de Sara. Elle est debout et, de sa main tendue dans la direction d'Abraham, elle semble lui remettre un objet peu distinet. Le bras gauche est replié, et de la main gauche, pressée vers la poitrine, elle paraît tenir une petite boite carrée semblable à celle d'Isaac. Sara est habillée d'une tuni que brunâtre rehaussée de hächures jaunes. Le devant est orné de deux ban des vertica les (clavi) de couleur verte, Chac une des deux larges manches porte deux ban des transversa les de même nuance, Le visage s'est bien conservé ; il est bien dessiné et modelé ; la bouche, petite, est marquée par des lèvres fines ; les yeux sont très soigneusement rendus et on en voit clairement les détails — la pupille, les cils et les sourcils, Les cheveux jaunes retombent en bouc les. On aperçoit sur la tête un diadème qui sépare la coiffure plate au-dessus du front de la bande opulente de cheveux qui entoure la tête au-dessus du diadème.
% Adam et ve sont séparés de la scène décrite cidessus Par une plante en forme d'étroit et haut buisson, orné de fleurs qui tantôt sont vues de côté, tantôt de face et Qui, dans ce dernier cas, sont identiques aux fleurs dont est parsemé le fond. Adam, le corps nu, d'une teinte violacée, se tient debout, de face, en s'ap son oreille, ve est plus petite qu'Adam. Elle a comme lui les bras trop gros. De sa main gauche elle couvre le La tôte est couverte d'une touffe de cheveux ondulé tions et sont directement n'alourdissent pas le mouvement des br :
| Thécle est en conversation avec Paul qui est assis sur une chaise pliante de couleu : uvant sur la jambe droite dans une pose indiquant l'a hante La ou droite est relevée vers l'oreille et la gauche couvre le bas du torse. Le visage s'est conservé, Les cheveux courts, frisés en rond, sont de nuance ja une foncé, La figure est élancée, mais les bras sont trop gros, … ve, le corps nu mais d'une teinte assez claire et rehaussée par des hâchures plus claires, se tient au delé d'un palmier autour duquel est enroulé un serpent, dont la tête, tournée vers la femme, est à la hauteur de bas du torse et tient sa main droite relevée vers l'oreille : évidemment elle écoute les paro les du serpent.
5) Paul et Thècle sont représentés bien plus grands qu'Adam et ve (t, 1, fig. 850). Thècle est assise sur un pliant de couleur ja une. El les est vêtue d'une ample tuni que verte, dont les plis sont indiqués par des traits rouges. Le segment rouge derrière Thècle, près de la partie supérieur du tabouret, représente In COUSsin que le bout d'un vêtement. Les che à Thècle lui retombent sur les épau les en dont les bouts, d'un côté, devant si auc bent sur la poitrine et de l'autre eôt descendent jusqu'au tabouret, La pi naturelle, sa taille est cambrée, ses jai par les plis de sa tuni que, les plis de ses lar de ses deux mains, sur ses genoux, une p probablement un livre ou plutôt une tab gauche croisée sur la droite ; la partie corps tournée de face, Les cheveux cor verts comme ceux de Thècle par u qui, tout en retombant sur le dos, « large bande sa figure. Le vêtement tuni que blanche et un himation bla retombe sur l'avant-bras gauche. La m Paul est tendue, la paume ouverte, vers Th gauche repose sur sa jambe gauche et, paume ouverte et tournée vers le haut, on objet cruciforme que Paul paraît tenir d Ce groupe qui se trouve au-dessus de la po est diamétralement en face de celui de Daniel.
58 figure est trés grande, les deux pieds nus sortent du cadre du tableau. Les bras, pliés aux coudes, sont trop longs. Les mains trop grandes, mais élégantes, sont ouvertes, les paumes en avant, À chaque main, l'annulaire et le petit doigt sont repliés et les autres levés en l'air, Les cheveux, qui descendent jusqu'aux épaules en petites boucles, sont pourpres. La tête est entourée d'un grand voile blanc, qui, tout en étant relevé au-dessus de la tête, probablement par un support spécial, un triangle, couvre les épaules et descend comme on peut le voir du côté droit, presque jusqu'à la cheville, Un vêtement blanc à larges plis, marqués par de fortes lignes plus grandes, aussi vêtu de rouge. Au delà de la femme de Noé se tient un troisième enfant encore plus grand, en tunique blanche. Tous ces personnages sont de face et en prière, comme leur mère. Au deuxième plan on remarque les visages de trois filles, à en juger d'après leurs longs cheveux blonds. Autant qu'on peut distinguer, celle du milieu a un vêtement rouge, et les deux autres des vêtements verts (t, 1, fig. 907).
Q) La personnification de la prière. Elle est représentée par une femme en prière, dans l'attitude consacrée, La figure est debout, de face, et tient la jambe droite un peu écartée et pliée au genou. Comme cette gaine d’un rouge brun et relevés de hachures jaunes, dessine bien le corps.
59 BAGAOUAT (EL-). 60 | lement le pied gauche, chaussés tous deux de sandales pourpres descendant en boucles ondulées. Au-dessus d'eux s'élève une haute coiffure en forme de mur à tourelles (corona muralis), surmontée derrière d'un voile blanc dont un bout descend le long du côté gauche de la figure jusqu'à la cheville. L'espace entre la Justice et Daniel est occupé par un arbuste à tronc court et gros dont les branches portent des grappes de fruits. Voir au mot BALANCE.
V. CHAPELLE DES FRESQUES ABIMÉES. — La forme de cette chapelle ne diffère pas de la forme des chapelles quadrangulaires à coupoles ; ses dimensions sont assez exiguës, 335 x 3m40, Trois des côtés sont ornés de niches rappelant ainsi la disposition des chapelles trichores. Il est malaisé aujourd'hui de juger de la décoration intérieure de cet édifice dont les stucs et les peintures ont été systématiquement gâtés, Néanmoins ce qui subsiste permet de reconstituer avec quelque exactitude l'ensemble détruit, Chaque pendentif de la coupole portait la représentation sur fond blanc d'un oiseau debout, vu de face, les ailes éployées, Au-dessus de ces oiseaux, des croix ansées de différente grandeur,
Les faces des arcs qui soutiennent la coupole sont décorées diversement. Sur le mur qui fait face à la porte d'entrée, l'encadrement se compose de figures ovoïdes remplies de fleurs et de fruits ; rapprochées et réunies par les branches recourbées de leurs extrémités, elles offrent un bandeau coupé, au sommet de l'arc, par un cartouche contenant une inscription dont il ne subsiste que le cadre et quelques lettres : cnrs ; TE SAME | bandeau qui se compose de deux filets tressés ; chaque filet est tricolore : rouge, de la tresse s'échappent de détachant sur fond jaune. La face des murs, entre les arcs et les niches, est tapissée des sarments d'une vigne avec ses fruits. Sur le mur à droite de l'entrée nous retrouvons un motif fréquent dans l'art chrétien du IVe, deux génies nus et ailés tenant chacun une couronne, Le mur en face de l'entrée est beaucoup plus intéressant : il offre un sujet entièrement nouveau dans l'art chrétien tel, du moins, que nous le connaissons, À droite, un homme est assis sur un trône élevé, Ce trône, établi sur des pieds tournés, est de couleur jaune : il est muni d'un marche-pied pourpre. Sur ce meuble de larges proportions un personnage est assis, Le visage a disparu et il ne subsiste que l'ornement de la tête : peut-être la tête était-elle entourée d'une sorte de nimbe par une guirlande sur laquelle est perché un oiseau. Le corps du personnage est bien visible dans son vêtement dont on aperçoit distinctement le col blanc avec deux larges bandes pourpres, les laticlaves. De chaque côté, sur les parties blanches de l'habillement, se voient des plis, à gauche, en forme de larges écailles, à droite en zigzag. Le pied droit repose sur le marche-pied qu'effleure seuchrome et jaune ; des bords petites spirales pourpres se
Les arcs des murs latéraux sont également ornés d'un | Une petite plaque à droite au-dessus du dossier pr rar et un rond à gauche du trône sont peut-être des insignes ; en tous cas, ils n’ont pu recevoir jusqu'ici d'explication satisfaisante. ;
A gauche du personnage ainsi représenté est tendue | une bande de couleur pourpre désignant un tapis, sur lequel s'avancent, dans la direction du trône, quatre personnages de dimensions très inférieures à celui qu'elles se préparent à aborder, Ces petites figures sont assez | indistinctes, peintes en couleur rose et, les trois dernières seulement, munies d'un bâton bleu, La signification de cette scène dans une chapelle, que de nombreuses croix ansées désignent clairement comme chrétienne, est assez incertaine. W. de Bock y voit « = personnage enterré ici, qui, très probablement, de son vivant était le chef des individus qui, dans la fresque, s'approchent de lui », Nous serions pour notre part plus disposé à voir le Christ ou quelque saint local dans un personnage comblé d'honneurs | asus idée rt = trône (l'auréole ?), le trône de pourpre, le marche
Les photographies montrent, aux endroits où la peinture est gâtée, que les dessins ont été exécutés sur une fine couche de limon peinte en blanc et superposée à une autre couche de limon crépissée aussi de blanc.
VL ÉPIGRAPRIE, — En étudiant les peintures des deux coupoles nous avons eu occasion de transcrire et d'expliquer les inscriptions qui les accompagnent ; nous LIRE reviendrons pas, Parmi celles dont nous n'avons pas parlé, il s'en trouve de grecques, de coptes et d'arabes, et un bon nombre d'entre elles sont postérieures à l'époque que nous étudions, Les inscriptions coptes sont | les plus nombreuses de toutes, Une des
»Aupubveos v Xprsr ueupshnmévov Eièov ( ?) Avèpa ; « Tate Xororé néves youcéov Yévos dnognives Dans la même chapelle se trouvent deux autres inscriptions grecques ? (fig. 1193) : ;
A TO
À li0c à lio06 KYPI0OS$
KA H=HTHC
La première des deux commence le texte liturgique connu : äyro6, Aytos, &yros, Kôüproc Zabawl manaetc à opavbs La À y ris (êéEne coul]. La deuxième inscription semble être un texte liturgique, mais à part la première ligne qu'on peut restituer &keirov, le reste est bien | | fragmentaire pour supporter une restauration (fig.1194).
| } b EA ON Voici deux autres inscriptions, la deuxième assez peu claire, la première l'est un peu plus ! (fig, 1145 et 1496) :
SL
dE | Ô Une inscription grecque de 35 lignes dans une chapelle non plâtrée a malheureusement péri, elle se lisait
ANMUXCS TOMNHAMON TOYTOT M
@- Sur un panneau de stuc spécialement préparé pour elle.
Dans quelques chapelles on rencontre d'autres inscriptions, une en copte terminée par une phrase en grec ;
… ünéautre en grec contient un caractère qui est peut-être … gnostique ?.
| VAL. — L. Langlès, Mémoire sur les oasis, composé principalement d'après Les auteurs @ra…. bes ; Voyage de F. Hornemann dans l'Afrique septentrionale, années 1815, 1816, 1817 et 1818, rédigé et publié par | view of Egypt, in-#, London, 1895, p. 961-362, — G.
| senschaftliche Untersuchungen, in-4, Leipzig, 1878.
| apokryplhe Apostelacten, dans les Mélanges asiatiques,
BAGNACAVALLO. — I. Autel, IT Ciborium. III. Tui les,
L. AUTEL. — L'église San-Pietro-in-Svlvis située à peu de distance de Bagnacavallo (Italie) renferme quelques monuments chrétiens, L'autel, imitant les cippes antiques, a été détourné de sa destination primitive et relégué dans une niche, au milieu de la nef de gauche, en face de la porte latérale, sert aujourd'hui de piédestal à une statue de saint Pierre 1 (fig, 1497).
Cet autel est formé d'un seul bloc de marbre blanc, mesurant 1m15 en hauteur, Des colonnes marquent les angles et de chaque côté de la porte de la confession se dressent des palmiers. Il ne serait pas impossible que cet autel soit antique. La queue d'aronde qui a été conservée à la partie inférieure du cartel pourrait donner lieu de le supposer. Certainement il a dû exister une autre queue d'aronde à la partie supérieure, mais elle a disparu pour faire place à une petite cavité dont la destination ne peut faire l'objet d'un doute. L'autel de Joncels, qui n'est guère postérieur de plus d'un siècle à celui de Bagnacavallo, offre une cavité analogue accompagnée d'une inscription : hic sont reliquiæ
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Rohault de Fleury fait remarquer que « la question ne souffre pas de discussion pour les vie et vie siéc les dont le style du monument l'écarte péremptoirement : elle se resserre entre le ix° et le x° siècle ; les dimensions, l'arc surbaissé, les torsades, les entrelacs, la manière des feuilles et des tiges, les croix nous reportent à cette date. Dans ces limites les trois indictions qui peuvent seulment convenir sont celles de 842, 887, la dernière ne peut se justifier par aucun évêque du nom de Deusdedit ; restent 842 et 887. Mais ces dates ne coïncident pas avec les épiscopats de Deusdedit de Faenza (826-890) et Deusdedit de Ravenne (846-852). Le style du monument étant celui du ix° siècle laisse la question douteuse à cause du faible écart entre ces dates. On peut donc, car rien ne s'y oppose, séparer le temps de l'évêque Deusdedit de celui du prêtre Jean et ». Cette pierre n'ont qu'une décoration très simple, un macaron dont la double bordure inscrit une croix. L'ornementation est des plus monotones, l'archivolte de l'imposte, le montant et les branches de la croix, les bandes aux des macarons reproduisent invariablement une série de bâtons rompus. Le dessus de l'autel conserve au milieu le loculus des reliques qui était muni d'un couvercle s'emboîtant dans une feuillure. À gauche du loculus un trou de trois à quatre centimètres dont la destination laisse place à quelques hésitations.
Le type de l'autel-cippe de Bagnols présente moins d'importance que le caractère de sa décoration. La croix monogramme est particulièrement digne d'attention (fig. 1200). C'est le rho (P) barré dont on trouve dans l'épigraphie monumentale un bon nombre d'exemples, notamment en 431, 450, 525, 540 en Gaule ; en traduire ainsi : « Des offrandes de saint Pierre recueillies au temps de l'évêque Deusdedit, l'humble prêtre Jean fait cet ouvrage dans l'indiction v° ». La détermination du siège de Deusdedit reste à faire.
IE. Tuiles. — En 1851, on découvrit à Bagnacavallo des tuiles portant l'estampille cruciforme ; Borghesi leur consacra une rapide étude dans laquelle il conclut, comme le fera J.-B. De Rossi, à l'extrême rareté des estampilles de potiers portant des sigles indubitablement chrétiens.
H. LECLERC.
BAGNOLS. — I. Autel, II. Sarcophage.
I. Autel. — L'autel de Bagnols-sur-Céze provient de la chapelle Saint-Victor-de-Castel. Ce petit monument mesure 1 mètre en hauteur et 0 m 75 sur 0 m 75. Il a la forme de cippe païen flanqué à chaque angle d'une colonne ronde que surmonte un chapiteau à feuilles d'eau. La face principale présente une décoration particulière. Sous une arcade soutenue par deux pilastres cannelés est sculptée une croix monogrammatique sur le sommet de laquelle perche une colombe prête à prendre son vol. Les faces latérales et la face postérieure sont ornées de bâtons rompus.
À Rome. D'après les recherches étendues de MM. Allmer et de Terrebasse, on constate que le rho barré a sa plus grande faveur en Gaule pendant la seconde moitié du v° siècle et le commencement du siècle suivant. On a argué de la prolongation de la boucle du rho pour y voir non le P grec mais le R latin. Il se pourrait bien que cette objection soit sans aucune portée, puisque, en plein pays oriental, là où on ne risquait pas de confondre P et R, nous rencontrons dans le Haouran le rho à boucle prolongée ; par exemple, sur un linteau à Serdjilla, au v° siècle ; sur un linteau à Moudjeleia, au vi° siècle, et encore à Erbeyat, à El-Baraht, à Hass, à Deir-Sanbil, à Qalb-Louzeh. La représentation de la colombe se rencontre pendant une période assez étendue, depuis le v° jusqu'au vii° siècle. La colombe se montre parfois sur les branches de la croix, par exemple sur un sarcophage de Soissons. On trouve une colombe perchée sur le sommet de la croix servant de poignée à une belle lampe chrétienne publiée par J.-B. De Rossi. La date approximative de l'autel de Bagnols ne doit pas être déterminée à l'aide de ces seuls éléments d'appréciation, d'après lesquels on pourrait être tenté de le faire remonter à une haute antiquité, au début du v° siècle ; c'est aussi la date qui pourrait le mieux s'adapter à l'autel de Bagnols. Non que l'ornementation en bâtons rompus n'apparaisse pas avant cette époque tardive.
D'autres monuments postérieurs nous invitent à ne pas dépasser la limite maximum du vi° siècle.
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D'autres monuments postérieurs nous invitent à ne pas dépasser la limite maximum du vi° siècle.
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dia que de Vienne provient d'une église construite à une fontaine (fig. 1204). Les marbres représentés sur la cuve sont ceux qui se rencontrent le plus fréquemment : le sacrifice d'Abraham ; la multiplication des pains et des poissons ; une orante debout parmi les arbres figurant le paradis, à ses côtés deux bienheureux, ses saints protecteurs, l'escortent et tiennent en main le volumen ; le miracle de la guérison de l'hémorroïsse ; Moïse frappant le rocher.
BAILLON. Les monuments et les textes sont d'accord pour nous faire connaître une particularité archéologique relative aux jugements des martyrs. Non qu'elle leur soit exclusivement appliquable, mais c'est à raison de son application aux chrétiens que nous avons à nous y intéresser, Il s'agit du bâillon mis dans la bouche des condamnés, Cambyse, vainqueur de Psamménite, fit défiler devant ce prince son fils et deux mille Égyptiens du même âge, la corde au cou et bâillonnés !. Des prisonniers de guerre cet usage s'était étendu aux condamnés de droit commun. La raison de ce traitement barbare nous est donnée par un paragraphe du Talmud. « Rabbi Tirmiyah, fils d'Éléarar, dit : Il n'en est pas de Dieu comme cela arrive chez les hommes ; lorsqu'un homme est condamné à mort par l'empire, on lui met un bâillon dans la bouche pour qu'il ne maudisse pas le roi, tandis que, condamné par Dieu, l'homme se tait, » Les chrétiens ne montraient pas toujours à l'égard des autorités judiciaires cette patience imperturbable que l'on leur a prêté. Si on se reporte à la Passio sanctæ Felicitatis et aux Acta sanctorum Probi, Tarachi et Andronici, on se convaincra que parfois le juge avait à entendre de dures paroles sortant de la bouche des condamnés. Alors même que ceux-ci épargnaient l'empereur ou le magistrat, il n'était pas rare que, comme l'évêque asiatique Acace, ils ne se permissent de mordantes railleries à l'adresse des dieux de l'empire, Aussi trouvons-nous fréquemment dans les actes la mention de l'emploi du bâillon. En voici quelques exemples : Tortores imposuerunt ei camum, ei que caput amputaverunt 3, — Catenis ita que ora constricti, facinorosun instar hominum, extra muros trahebantur #, — Ecce video reun : istumi chrislianum queni milites ducunt ore frænatum5., — Injicite ori camum ft, — Kai 0 ! nuio : toy yaubv rat rod orépatos adrfs Émêrqautes, Annyayov els cnv elliauévov <émov minoüomt <ù rooctaybé, *, Et les bourreaux, placant le bâillon sur sa bouche, conduisirent au lieu ordinaire pour exécuter l'ordre. — Viétorianus jussit frenum in os ejus inemmitti él foras cicitatem ducis. — Venientes ergo apparitores interposuerunt funem labiis éjus et avcipientes eum de medio, secretariun duverunt, ut gladio perimeretur®. Enfin, la même indication se retrouve dans le quatorzième des canons pénitentiaires de saint Pierre d'Alexandrie : gi &k reves Biav ro NY Lai EVAYANY TETÉVbat, yauov Labévres y id orépats ua Gecmos 10, L'emploi du bâillon n'était pas seulement une précaution de police, il semble, d'après quelques textes que nous allons citer, qu'il fut un raffinement dans le supplice, Les anciens croyaient que le bâillon prolongeait l'existence du patient condamné à être brûlé vif, « C'est sur le bûcher, dit Lucien, que l'on trouve la mort la plus prompte ; on y expire à l'instant, si l'on ouvre la bouche 11, » C'est ce qui fait dire à saint Jean Chrysostome qu'un admirable prodige signala la présence dans la fournaise des trois jeunes Hébreux, car ils ont pu y parler sans mourir ; nul n'ignore cépendant, dit-il 13, que l'on peut pendant quelque temps résister aux flammes si on tient les lèvres fermées, mais que l'âme s'envole dès qu'on les ouvre, Aussi, les martyrs, que n'opprime pas le bâillon, font-ils effort pour aspirer la flamme et hâter l'instant de l'asphyxie, Prêtres provinçaux amenaient de terribles représailles. Un ordre formel ferma les écoles rabbiniques et abolit la liberté chrétienne. IL Réglementation Topographie der Stadt Rom, in-8, Berlin, 48 dence nous montre sainte Eulalie sur le brasier et attirant à elle la mort : » É DE D î UT | Virgo citum cupiens obitum. | : : _ | Appetit et bibit ore rogun 1 ? TS + Afin de prolonger les souffrances, les juges faisaient disposer les bois et les fascines loin du visage des chrétiens 14, brûlés dés lors « selon la règle », légitime cocti, comme parle Lactance 1%, Eusèbe cite un martyr de Palestine placé de la sorte et qu'on vit s'épuiser à aspirer la flamme pour mettre fin à son supplice 16, La : rit Il nous faut recourir à un texte rabbinique pour trouver l'emploi du bâillon dans le supplice du feu ; et encore est-ce plutôt l'emploi de compresses destinées à faire l'effet de bâillon et à prolonger la vie du patient. Dans les derniers temps du règne de l'empereur Hadrien, le soulèvement des juifs dans la Cyrénaïque et diverses explications de la Loi. Or « en revenant (de l'enterrement de Rabbi Jôsé ben Kismä), les autorités romaines trouvèrent Rabbi Haninà ben Teradiôn assis et occupé à l'étude de la Loi. Il se trouvait avec beaucoup de gens et un rouleau de la Loi était dans son sein. On l'emmena puis, l'enveloppant dans le rouleau, on l'enroula dans les sarments et on y mit le feu, Des flocons de laine trempés dans l'eau furent placés du côté de son cœur afin qu'il n'expirât pas trop vite. Les disciples lui dirent : « Ouvre la bouche pour que la flamme y entre. « — Mieux vaut, répliqua le maître, que celui qui nous a donné la vie la reprenne. » Le bourreau dit alors :
« Mon maître, me promets-tu le monde futur, si j'enlève de ton cœur les étoupes de laine ? — Je te le promets, — Jure-le moi ! » — Le supplicié prêta serment. Le bourreau fit ce qu'il avait promis et aussi le Rabbi expira » 17, H. dr. 2 BAINS. — I. Usage et estime des bains dans l'Antiquité. IL. Bains de purification. IV. Recommandations et pratiques superstitieuses. VII. Symbolisme. : NH. Établissements X. Bains chrétiens privés et publics, XL. Bains, lieux de réunions chrétiennes, XII. Bibliographie 1. USAGE ET ESTIME DES BAINS DANS L'ANTIQUITÉ. — L'usage journalier des bains était répandu dans l'empire romain à l'époque où le christianisme commence à se propager. Fondé de thermes publics # ; à limitation de la moindre ou peine à son étuve et nul ou à établissement de sr de sa he I 11 1) l'hygiène ont fini par devenir les motifs secondaires di FX i æ L J S # FESSES Ts mm une ee
celle coutume : on vient désormais aux bains pour se délasser et se récréer. Les thermes ne sont même généralement que des lieux de passe-temps et de plaisir où la dés mœurs trouve facilement carrière. Néanmoins, comme l'acte du bain qui sert de principal prétexte à ces réunions n'a rien en lui-même que de recommandable, il devait suffire aux chrétiens, pour être en règle avec leur conscience et afin de ne pas s'isoler entièrement de la société de leurs concitoyens, de choisir des établissements de bonne réputation où l'on ne connût ni la promiscuité des sexes ni aucun des désordres et débordements qui déshonorèrent la Rome de la décadence. Les bains publics de la capitale qui relevaient directement du contrôle de l'État pouvaient satisfaire à ces exigences. On sait en effet que plusieurs empereurs, Hadrien t, Antonin *, Alexandre Sévère 3, justement effrayés de la débauche croissante dont ces établissements étaient la source, prirent à tâche de les réformer en y proscrivant le libre mélange des hommes et des femmes, Ces défenses néanmoins paraissent avoir eu peu d'efficacité ; beaucoup plus tard, au concile de Laodicée de 320, l'Église devra sévir encore contre de pareils abus ; Justinien, au VIe, édictera dans son code une pénalité sévère contre les mêmes scandales, et les premiers auteurs de pénitentiels ne jugeront pas inopportun de les censurer. Il ne paraît pas douteux en tout cas qu'avant la paix de l'Église paiens et chrétiens recouraient également aux établissements communs ; après Constantin même, les bains élevés dans l'enceinte ou sur le domaine des basiliques seront réservés au clergé, et les fidèles n'en useront qu'en des circonstances exceptionnelles #, Un épisode bien connu rapporté par saint Irénée 5, sur la foi des disciples de saint Polycarpe, nous montre l'apôtre saint Jean rencontrant aux bains l'hérétique Cérinthe, À une époque postérieure, on ne jugea plus convenable qu'un apôtre du Seigneur fréquentât les bains publics et l'on modifia le récit : selon saint Épiphane, saint Jean ne se baignait plus par égard à sa dignité ; il ne fit exception à cette règle qu'une seule fois, dans le cas présent, pour donner une leçon à ses disciples 6. Au 1er siècle, les chrétiens de Vienne et de Lyon se plaignent dans leur lettre aux chrétiens d'Asie et de Phrygie, d'être écartés, en haine de leur titre, « des bains et du forum 7. n En Afrique, Tertullien répondant dans son Apologeticum à l'accusation formulée contre les chrétiens de ne rien rapporter au trésor public, observe que ceux-ci ne se soustraient à aucune des redevances prélevées par l'État sur les usages de la vie journalière, et nomme en particulier les bains 8. « Il est vrai, ajoute-t-il, je ne me baigne pas la nuit des Saturnales afin de ne pas perdre à la fois et le jour et la nuit, mais je choisis pour me laver une heure convenable et salutaire qui conserve à mon corps sa chaleur et sa force ; il suffira bien que mon cadavre lavé soit rigide et blême, » Ailleurs, il parle de ces vierges chrétiennes qui se donnent des airs de matrone et viennent aux bains en appareil somptueux ”. Clément d'Alexandrie corrobore ce détail ; mais, ainsi que saint Cyprien, ce qu'il trouve le plus à blâmer dans la conduite des femmes chrétiennes, c'est l'impudeur dont elles témoignent vis-à-vis des hommes avec qui elles ne craignent pas de se baigner.
S'abstenir de ces promiscuités était, il est vrai, une question de moralité élémentaire que la seule conscience suffisait à trancher ; néanmoins on ne doit pas s'étonner outre mesure de tels excès dans les milieux chrétiens de l'Empire si l'on prend garde à la liberté de mœurs passée alors en habitude, et, en particulier, à l'amoindrissement notable que le sentiment de la pudeur avait subi, C'était tout un passé d'aberrations morales qu'il fallait faire oublier, et ce ne pouvait être l'affaire d'un jour : l'Église trouvera, à ce point de vue, un terrain beaucoup mieux préparé dans le monde judéo-chrétien, palestinien ou helléniste, encore pénétré par le souvenir des prescriptions légales relatives à la pureté du corps. Il semble même qu'à l'exemple du Christ, l'autorité ecclésiastique se soit trouvée dans la nécessité de réagir contre les restes d'un formalisme que les Pharisiens et les Esséniens avaient poussé à ses dernières limites !!, On sait par Hégésippe et saint Épiphane ! que l'apôtre saint Jacques, frère du Seigneur, « n'usa jamais de bains » — peut-être autant par réaction contre le pharisaïsme que par austérité — et le second écrivain se croit autorisé à ranger au nombre des anciennes sectes chrétiennes dissidentes celle des hémérobaptistes dont les purifications journalières sont en tout conformes à celles des pharisiens ; le même attribue à Ébion un usage analogue t+, Quelle que soit la valeur de ces indices, on ne saurait nier que la pratique de la loi mosaïque ait singulièrement prédisposé à la pudeur et à la décence chrétiennes. Dans le monde gréco-romain, au contraire, la perfection et la délicatesse de ces vertus ne paraissent avoir fortement attiré les âmes que sous l'influence du mouvement ascétique parti d'Orient, dont saint Jérôme se fera en Occident l'interprète et le propagateur. L'exemple de pureté morale offert par les moines de Palestine et d'Égypte était sans doute de nature à frapper plus vivement l'esprit concret des populations latines que les théories d'un Clément d'Alexandrie sur l'omniprésence du Logos 15. Ce ne sera pas non plus sans grande raison que saint Ambroise, à la suite de Cicéron, rappellera à ses contemporains les vertus naturelles des anciens Romains, leur austérité et leur saine rudesse, Sur le chapitre des soins donnés au corps, celui des bains en particulier, on était loin en effet de la simplicité et de la virilité antique. Au IIIe avant notre ère, un Romain se lavait chaque matin les bras et les jambes, le reste du corps tous les huit jours seulement. L'opération se faisait privément sans aucune recherche de volupté et de luxe, dans un appartement fermé, d'installation rudimentaire t°. Au dernier siècle de la république, on passa à une organisation plus luxueuse ; mais longtemps on éprouva de la répugnance à partager le même bain et, même entre hommes, à se dévêtir complètement les uns devant les autres 11, Une vieille coutume interdisait au fils ayant atteint l'âge de puberté de se baigner avec son père, au gendre avec son beau-père !$, Saint Ambroise en fait ainsi mention après avoir rappelé l'épisode des fils de Noé cou- sollite tioi, Saint Augustin témoigne plutôt de la violation que de l'observation de cette coutume lorsqu'il raconte dans ses Confessions qu'à l'âge de seize ans se trouvant aux bains avec son père, celui-ci se réjouit de le voir devenir pubère ?. D'après Joséphe, les Esséniens se couvraient les reins d'un tablier lorsqu'ils se baignaient ? ; mais on sait d'autre part que les Juifs étaient fort sensibles aux avanies que leur valait aux bains et aux gymnases la marque originelle de la circoncision et que plusieurs cherchaient à la dissimuler par une opération chirurgicale dont Celse et saint Épiphane nous ont conservé les détails. Pour les femmes, il semble résulter des descriptions de Clément d'Alexandrie et de saint Cyprien dont nous allons parler qu'elles se dispensaient de porter le subligar ou subligaculum encore en usage au temps de Martial5. Mais en cet ordre de choses assez délicat, relevant surtout de la conscience privée et soumis à une appréciation variable selon le degré de la civilisation, les auteurs ecclésiastiques seront peu formels. Il n'en sera pas de même au sujet des lavacra mixta, Baaveïa aväpéyuve, contre lesquels l'Église et l'État devront à maintes reprises sévir, au nom de la moralité publique directement violée, Il n'exista pas de bains publics pour les femmes avant la fin de la république, A partir de ce moment les appartements de bains sont doubles : les uns sont réservés aux hommes, les autres aux femmes 7, Dans les petites villes qui ne peuvent avoir qu'un seul local, on établit des heures distinctes pour l'un et l'autre sexe. Ainsi, d'après le règlement du Metallum Vipascense édité par Hübner$, les femmes se baignaient depuis le lever du soleil jusqu'à la septième heure, et les hommes de la huitième heure du jour à la deuxième de la nuit. La Didascalie et les Constitutions apostoliques recommandent aux femmes la dixième heure, c'est-à-dire le moment où l'affluence mondaine a cessé. On se baignait généralement à Rome soit à la cinquième heure, avant le prandium, soit de la huitième à la neuvième heure !, En dehors de Rome, les bains devaient ouvrir plus tôt, s'il faut en croire Tertullien qui signale l'usage anormal de fermer les bains jusqu'à la neuvième heure, en certaines contrées, à l’occasion d'un rite païen annuel d'expiation : Apud quasdam vero colonias prælerea annuo ritu saccis velati et cinere conspersi idolis suis inedian : supplicem obiiciunt, balnea et tabernacula in nonam usque cluduntur il, En ce qui concerne la distinction des bains d'hommes et des bains de femmes, la Didascalie fournit un intéressant témoignage {2 : « Après cela [i.e. après le travail et la lecture des saints livres] — y est-il dit aux hommes — lève-toi et va sur la place publique, lave-toi dans un bain d'hommes, et non dans un bain de femmes, de crainte qu'après t'être déshabillé et avoir montré la nudité honteuse de ton corps, tu ne sois captivé, ou tu n'en fasses pécher quelqu'une qui soit captivée par toi. » Et aux femmes, dans le chapitre qui suit : « Prends garde de ne pas te laver dans un bain avec les hommes 1%, Quand il y a dans la ville ou dans la fidèle, te laver avec les hommes. Car si tu caches ton tout le temps ni tous les jours 5, ni dans le milieu du avoir jugé un tel usage en désaccord avec les habitudes avec pudeur et mesure. Non d'une manière excessive nous représente des femmes qui, à l'heure des bains, ne pudeur s'effaçait elle aussi avec le bain ! Quid vero que promiscuas balneas adeunt, quæ __tmpalientia quæ ardentem prius libidinem quasi vérecundiæ le bourg des bains pour les femmes, ne va pas, à femme visage aux hommes étrangers, avec un voile de pureté, comment donc pourras-tu entrer aux bains avec les hommes étrangers ? Mais s'il n'y a pas de bains de femmes et si tu as besoin de te laver dans le bain commun aux hommes et aux femmes !+ — et c'est en dehors de ce qui convient à la pureté — lave-toi (du moins) avec honte, avec modestie et avec mesure, pas jour, mais sache le temps où tu te laveras : (ce sera) à dix heures 15, car il est nécessaire que toi, femme chrétienne, tu fuies de toute manière le vain spectacle des yeux qui est dans les bains. » Ainsi donc, d'après ce dernier texte, les femmes peuvent user, en cas de nécessité, d'un bain qui ne leur est pas spécialement réservé, mais alors elles doivent prendre toutes sortes de précautions : elles viendront à une heure tardive, seulement à certains jours et se laveront vite, afin d'éviter la rencontre des hommes ; que si cela est impossible elles garderont du moins la plus extrême modestie. C'est, on le voit, une demi-mesure. Le rédacteur des Constitutions apostoliques 17 qui adapta la Didascalie paraît s'être offusqué de cette simplicité assez fruste, ou du moins de son époque, car il a complètement modifié le passage en l'abrégeant : après l'interdiction du bain avec les hommes il écrit simplement : « Ainsi lors que tu te trouves dans un bain de femmes, lave-toi selon les convenances sive, etc... » (yuvarmeiou 8è dvros Baavelou, edrdures mer aiênos menerenuivus hovéalw.….) La permission donnée par l'auteur de la Didascalie était dangereuse. Le tableau circonstancié des désordres qu'elle était capable d'entrainer nous est fourni par Clément d'Alexandrie et par saint Cyprien. Le premier, dans son Pédagogue 15, craignent pas de se montrer dévêlues devant le premier venu ou qui du moins acceptent des soins de toilette de la part d'esclaves mâles. « Comme si, s'écrie-t-il, la anomdutopévne the aiôode aûrTotc « ur Lourpé.) Les cond, n'a pas de termes assez sévères pour censurer les vierges qui se permettent de semblables pratiques ! : oculis ad libidinem curiosis pudori ac pudicitiæ corpora dicata prostituunt ? Quæ cum viros ait que @ viris nudæ vident turpiter ac videntur, nonne ipsæ illecebram vitiis præstant ?…, Sordidat lavatio ista, non abluit nec emundat membra sed maculat. Impudica tu neminem conspicis, sed ipsa conspiceris impudice. Oculos tuos turpi oblectatione non polluis ; sed, d'une oblectas alios, ipsa pollueris, Spectaculum de lavacro facis. Theatro sunt fœdiora quo convenis, Verecundiaæ illic ommis exuitur simul cum amictu vestis honor corporis ac pudor ponitur, denotanda et contrectanda virginitas revelatur. lari nunc considera an, cum vestita es, vérecunda sis inter viros talis cui ad imve. après le bain, étaient en effet poussés à l'extrême. Leur recundiam proficit audacia nuditatis. Une certaine ignorance pouvait néanmoins favoriser et excuser la fréquentation des bains mixtes, Saint Épiphane le pense, pour le cas d'une vierge qui s'étant rendue un jour de fête aux évôgéyuva de Gadara, y fut directement provoquée au mal par un jeune homme, mais repoussa la tentation par le signe de la croix !. De ces témoignages nous rapprocherons deux inscriptions qui mentionnent la première un bain mixte * : la deuxième un bain de femmes seule 3 :
ALFIA :P-F-QVARTI[a bœlnenum| MVLIEBRE :A :SOLO [fecit] EADEM :LAPIDE :VA/rio ex] ORNAVIT-LABRVM :AENJeun cunil 5 FOCVLO-SEDES-POSV{i. p. 8.
L'Église n'eut pas moins à cœur de s'opposer à la sensualité efféminée des bains qu'aux actes de dépravation qui en étaient la conséquence. Les raffinements apportés sous l'Empire aux divers soins du corps, avant la description ne rentre pas dans notre cadre d'étude ; qu'il suffise de rappeler les principaux moments d'un bain selon les règles : l'immersion dans l'eau froide, puis dans l'eau tiède, le séjour au sudatorium ou étuve où l’on transpirait, l'onction des membres avec des huiles parfumées, les frictions, l'épilation et le passage du corps au strigilis. Ces opérations multipliées devaient être à bon droit tenues pour voluptueuses et molles par des chrétiens avant tout soucieux d'intérêts immatériels et désireux de gagner le ciel par une vie austère. Déjà Tertullien nous a insinué qu'il ne se baignait que dans un but hygiénique.
Nous verrons plus loin que l'Église, en déconseillant les bains en temps de pénitence, voyait en eux un acte de jouissance dont se priver constituait une ascèse ; les ascètes s'en abstenaient presque totally. Clément d'Alexandrie, au livre déjà cité, donne les règles chrétiennes du bain : pour lui, les lavages en vue de la propreté sont les seuls qui aient leur raison d'être ; ils doivent être rares, car trop souvent réitérés ils amollissent et débilitent ; on en usera sagement selon l'âge, le tempérament et la saison de l'année, en se rappelant qu'il y a un bain plus excellent et tout spirituel, celui où l'âme se purifie de ses souillures sous l'action du Logos.
Ie) avait parlé de l'influence réciproque de l'hygiène morale et de l'hygiène physique, en des termes que les modernes éducateurs ne désavoueraient point. Le passage mérite d'être cité, car il marque comme le terminus ad quem d'une conception exacte et généralement reçue, que les généreux excès des ascètes d'Orient vont bientôt compromettre. L'usage des bains y est directement visé : Bonum est autem et puritali conveniens, eliam corpus aqua diluere. Bonum vero dico, non quasi principale illud in quo mens purificatur, sed quod sequela sit illius boni Acc in quo caro diluitur, Sic enim et Magister noster quosdam pharisæorum, increpabat, dicens eos hypocritas, quia ea solum quæ hominibus videbantur, purificabant, corda vero quæ solus Deus aspicit inquinata reliquebant et sordida… Vere enim si mens mundetur luce scientiæ, cum ipsa fuerit munda ac splendida, tunc etiam eius qui deforis est hominis ipsa necessario, curam gerit, ut est carnis suæ, ut et ipse purificetur. Ubi autem isa quæ deforis est purificatio carnis negligitur, certum est ibi neque de puritate mentis, ac munditia cordis curam geri, Ita ergo ut is quidem qui intrinsecus mundus est, videlicet cum agit hæc omnibus placeat . Ainsi la pureté de l'âme incline à la pureté du corps qui manifeste à son tour la beauté aimable sagesse au siècle suivant, lors que saint Jérôme écrira avec une outrance sensible : Nitens cutis sordidum ostendit animum %, Pourtant la recherche voulue de la malpropreté restera toujours le fait d'un petit nombre porté à exagérer le principe de la mortification et de l'humiliation du corps. Le témoignage de païens animés d'une passion violente contre le christianisme ne saurait entrer en ligne de compte pour permettre de généraliser cette tendance. Les bains resteront toujours en grand honneur dans l'Orient chrétien, et l'Église ne sera portée à demander de la modération dans leur usage que par crainte des voluptés dont ils sont facilement l'occasion. On peut lire à ce sujet les admonestations de saint Jean Chrysostome au peuplé d'Antioche, privé des bains par interdiction de l'empereur, une mortification, et comment, pour le même motif, les | après la révolte de 387 10, L'évêque reconnait la rigueur de la défense pour tous ceux qui ont besoin de ce soulagement, en particulier les malades, ceux qui sont faibles de constitution, et les femmes récemment accouchées, puis les félicite d'en supporter si courageusement les conséquences. Il n'a pas au contraire de termes assez ironiques pour les voluptueux qui, attendant à peine que la sentence soit rapportée, courent se précipiter dans le fleuve pour s'y livrer à des jeux bruyants et lascifs. En Occident, les barbares qui étaient loin d'être aussi délicats que les Romains en matière de propreté corporelle, leur empruntèrent néanmoins l'usage des bains avant leur établissement définitif et leur conversion. C'est ainsi que l'on voit un prisonnier romain créer des bains chez les Huns !!, et le roi des Goths, Alaric, en prendre un dans la ville d'Athènes !#, Les Vandales s'adonnent à ce plaisir dans des édifices richement ornés !, — Le roi des Ostrogoths, Théodoric (+ 526), parle avec ravissement, dans une de ses lettres, des bains sulfureux de la source Aponus près de Padoue ! ; à Véroné, il avait coutumé de se baigner dans l'Adige qui coulait devant son palais.« Les Lombards se servaient des bains romains ?, Saint | elle, d'un prêtre du diocèse de Civita Vecchia (Centumcellæ) qui avait l'habitude de se baigner dans les eaux thermales de cette ville, « toutes les fois qu’il en éprouvait le besoin, » et y rencontra l'âme du propriétaire défunt de l'établissement, sous les traits d’un homme qui lui présentait des serviettes (sarbana) et l'aidait à se revêtir 3, Nous parlerons plus loin des bains réservés au clergé dans le domaine des basiliques ($ 1x) et des coutumes rélatives aux bains, dans les monastères du moyen âge (8 1v). Fortunat, dans sa Vie de sainte Radegonde (+ 586), nous montre celle-ci préparant deux fois par semaine, le jeudi et le samedi ; des bains pour les pauvres # ; on sait d'ailleurs par Grégoire de Tours, | que les religieuses de son monastère en faisaient usage 5. | autem serta ieiunent 11, Même réglementation pour le | jeûne du Vendredi saint dans la Constitution égyptienne : Qui baptismium accipere volunt, ieiunent in parasceve sabbati 1 ; et aussi bien, pour la rupture de celui du jeudi saint, chez saint Augustin !3. Mais d'après ce dernier, la permission vaut désormais pour les fidèles qui se préparent à la fête de Pâques en se baignant avec les choses qui sont faites pendant le Carême — époque à laquelle les moniales ne se baignaient probablement pas — à l'occasion de l'ordre donné par elle aux serviteurs d'entrer dans cette nouvelle salle de bain pour se rendre compte si la chaleur des murailes était sèche, Cela a duré du Carême à la Pentecôte, On lui Grégoire raconte dans ses Dialogues l'histoire, dans beaucoup d'églises, de celui de 1° catéchumènes. C'était là en effet un moyen, à la fois réel et expressif, de mettre terme à l’état négligé où, par esprit de pénitence, ils avaient tenu leurs corps durant le Carême. On ne possède pas de texte ecclésiastique prohibant expressément les bains pendant cette période de l'année, mais divers témoignages portent à croire que l'usage de s'en abstenir était communément encouragé et reçu. Tertullien semble le comprendre _ parmi les exercices de l'exomologèse : De ipso qua que | habitu at que victu mandat, , corpus sordibus obscurare ; et plus loin s'adressant à sacco el cineri incubare ceux qui doivent faire pénitence : Quid :si præter pudorem, quem potiorem putant etiam incommodaæ corporis reformident, quod inlotos, quod sordulentos, quod extra lætitiam oportet deversari, in asperiludine sacci, et horrore cineris, et oris de ieiunio vanitate ? Immédiatement après, il range les bains ‘balneas lautiores hortulani marilimive secessus) au nombre des voluptés à expier !#. Saint Pacien fait de même dans sa Paranesis ad pænitentiam 15 : Quid dicitis pænitentes ? Ubi est vestræ carnis interitus ? An quod in ipsa pænitentia lautiores inceditis, conviviæ fartis, balneis eæpolili, vesté compositi 1%, Sozomène mentionne la même coutume dans sa description de la pénitence à Rome : &houciuts.… mepruéve (le pénitent) ro yoévar 17, Et Saint Augustin tout en faisant observer la nécessité de ce bain de propreté pour les futurs baptisés, témoigne que l'usage parallèle des fidèles a du jeûne eucharistique, au jeudi saint. On jugeait en effet que c'était là un moyen de commémorer, de façon plus conforme à la vérité historique, la cène de Seigneur où l'Eucharistie fut distribuée aux disciples non à jeun, et en même temps d'obvier à l'incompatibilité prétendue du bain et du jeûne : Hoc autem non arbitror institutum, nisi quia plures et prope omnes in plenullietiam ieiunium custodiunt, mane offertur propte prandentes, quia ieiunia simul et lavacra tolerare non possunt ; ad vesperam vero propter ieiunantes, Si autem quæris, cur etiam lavandi mos ortus sit :1 mihi de hac re cogitanti probabilius occurrit, Wisi quia baptizandorum corpora per observationem quadragesimæ sordidata, cum offensione sensus ad fontem tractarentur, nisi aliqua die lavarentur, Istum autem diem potius ad hoc electum quo cœna dominiea anniversarie celebratur. Et quia concessum est hoc baptismum accepturis, multi cum his lavare voluerunt, ieiuniumque relarare1$, Saint Augustin, on le voit, | n'ose pas blâmer, encore qu'il ait préféré qu'on maintînt le repas quadragésimal à son heure habituelle et qu'on ne se trouvât pas obligé de célébrer deux fois. l'Eucharistie : le matin pour ceux qui se baignent avec les catéchumènes et jugent impossible de ne pas manger ensuite comme eux, et le soir pour ceux qui observent intégralement la prescription quadragésimale de l'heure du repas, prescription que saint Augustin considère comme essentielle à la loi du jeûne. Pendant toute la semaine qui suivait leur baptême, les catéchumènes s'abstenaient de se baigner. Il en était du moins ainsi dans les églises d'Afrique d'après Tertullien : Ex que ea die (le jour du baptême), lavacro quotidiano per totam hebdomadem abstinemus 1. Paciaudi® estime, non sans raison, que ce devait être par respect pour le chrême dont les nouveaux baptisés avaient été oints, Jusqu'à la Pentecôte, d'après Tertullien, le signe de la croix devait précéder tous leurs actes, en particulier celui du bain, ad lavacra… frontem crucis signaculo terimius . Par ailleurs, on ne voit pas que l'autorité ecclésiastique ait jamais recommandé de s'abstenir des bains certains autres jours ou temps de l’année. A l'époque de saint Grégoire le Grand, le bruit s'était répandu parmi les habitants de Rome qu'il n'était pas permis de se baigner le dimanche, Le pape leur fit savoir que le bain pris sans nécessité, par pure volupté, n'était permis en aucun des jours de l'année, mais que, s'il s'agissait du bien du corps, on pouvait se baigner indifféremment tous les jours : Si luvuria, ac voluptate quis lavari appetit, hoc fieri nec reliquo die concedimus, si autem necessitate corporis, hoc nec dominicorum die prohibemus #, Saint Nicolas Ier s'autorise de ces paroles de saint Grégoire pour répondre aux Bulgares que l'usage des Grecs de jeûner les mercredis et les vendredis de toute l'année n'entraîne nullement une interdiction de se baigner les mêmes jours. Néanmoins le patriarche grec d'Antioche, Balsamon (1214), écrira plus tard au patriarche d'Alexandrie, Mare, dans le sens négatif relativement au bain du dimanche ; mais alors la question sera déplacée, car il s'agira avant tout de procurer le repos dominical aux employés des établissements de bains 5. On n'a d'exemple d'interdiction formelle _ des bains dans l'antiquité chrétienne, que de la part du pouvoir civil : tel les prohibitions portées contre les habitants d'Antioche, dont il a été fait mention plus haut, tel encore l'exemple de la fermeture des bains publics à la mort de Constantin : jouro4 êr œmexeteco wat &yopgai, d'après le récit d'Eusèbe 6.
Ainsi que nous l'avons vu, l'Église n'est intervenue de façon positive et officielle, relativement aux bains, que pour proscrire les lavacra mixta. Le concile de Laodicée, de 320 dans son canon 90, décrète : Que nul chrétien, soit clerc, soit laïc, ne se lave dans un bain avec des femmes, afin que nous ne soyons pas condamnés par les païens. Ce canon fut réitéré par le concile in Trullo (691) avec l'addition suivante : Si quelqu'un est surpris en train de faire cela, s'il est clerc, qu'il soit déposé ; s'il est laïc, qu'il soit séparé de la communion.
Déjà en 528, Justinien avait décidé dans une ordonnance que le seul fait d'avoir été aux bains parmi les hommes pour des raisons de libidité était une raison de divorce, et que l'homme qui avait entraîné une femme aux bains malgré elle était puni de mort. Saint Nil (+430) ne craint pas de faire remonter cette défense jusqu'aux disciples du Christ. Nous n'en connaissons qu'un exemple, celui de Félix de Halstufe, qui tua sa femme sur une accusation d'adultère. Les disciples du Christ ne permirent jamais aux hommes de se baigner avec les femmes ; au contraire, ils détournèrent toujours d'une telle action, la méprisèrent et la condamnèrent comme inconvenante et nuisible à des chrétiens, la proscrivirent et l'exécrèrent.
Et l'insistance qu'il apporte à la renouveler a peut-être d'autres causes que la gravité théorique du cas. On sait en effet par Évagrius que certains moines palestiniens de la fin du 4e siècle osaient se piquer d'arrogance au point de pouvoir impunément entrer en contact avec les femmes dans les établissements des bains publics. Au 7e siècle, le pénitentiel de Théodore de Cantorbéry marquera trois jours de pénitence pour ceux qui tomberont dans la même faute. Saint Boniface de Mayence (+759) renouvelle encore une fois cette interdiction dans ses statuts du concile de Liptina (749), can. 22 : Que les chrétiens ne célèbrent pas les bains avec les femmes.
L'idée de la pureté corporelle nécessaire au fidèle pour pénétrer dans une église, y prier et y recevoir l'Eucharistie, ou au prêtre pour y célébrer les saints mystères, peut être regardée comme un reste de judaïsme au sein du christianisme primitif. Néanmoins, après la condamnation expresse des ablutions pharisaïques portée par Jésus-Christ et les déclarations anti-formalistes de saint Paul, il semble qu'on en puisse trouver des causes plus profondes dans l'instinct religieux d'abord, opposant naturellement les deux concepts de sainteté et d'impureté charnelle, dans la spéculation théologique ensuite, s'exerçant à une théorie réaliste de l'efficacité du baptême.
De très bonne heure, en effet, on dut accorder au baptême une action physique aussi bien sur le corps que sur l'âme ; par le sacrement, le corps devient le temple du Saint-Esprit, non point sans doute au même titre que l'âme, mais dans cette mesure cependant qu'on est en droit de lui attribuer en propre les péchés de la chair. « Fuyez l'impudicité, écrit saint Paul aux Corinthiens. Quel que soit l'autre péché qu'un homme commette, ce péché est hors du corps ; mais celui qui se livre à l'impudicité pèche contre son propre corps. Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint-Esprit qui est en vous, que vous avez reçu de Dieu, et que vous ne vous appartenez pas à vous-mêmes ? » Il ne paraît guère douteux, comme nous le verrons bientôt par les interprétations de ce texte, qu'on ait déduit d'une conception analogue, mais beaucoup plus grossière, l'idée de l'utilité des ablutions corporelles pour suppléer en quelque sorte à l'insuffisance du baptême spirituel de la pénitence, lorsqu'il s'agissait de fautes où la chair avait part prépondérante.
20 Bains de purification après fautes charnelles, — La coutume populaire du bain après des fautes de cette nature parait avoir été assez répandue. Les écrivains ecclésiastiques s'en servent comme d'un thème d'enseignement en faveur de la pénitence ; sans la blâmer ils s'accordent tous à en déclarer l'inefficacité absolue par rapport au péché. « Si quelqu'un, écrit l'auteur de la Didascalie !, après le baptême, corrompt et souille une femme étrangère, ou bien à rapport avec une prostituée, et qu'en la quittant il se lave dans toutes les mers et dans tous les abîmes, et prend des ablutions dans tous les fleuves, il ne peut être purifié, » Saint Cyrille de Jérusalem semble tenir cette coutume pour courante ; il la signale comme un témoignage frappant de la conscience du péché commis, et de la souillure qu'il entraîne : « Celui, dit-il, qui se livre à la débauche satisfait pour une heure sa passion, mais bientôt, condamnant son action, il en avoue lui-même la honte en éprouvant le besoin d'aller au bain comme un homme souillé *. » Même pensée chez saint Jean Chrysostome : « Telle est, en effet, votre coutume (+oëro &£ ai due Eos) — dit-il dans une homélie sur la première épître aux Corinthiens % à propos du passage de saint Paul (1 Cor., vi, 18) que nous avons cité plus haut, Car après un acte d'avarice ou de vol, personne n'a souci d'aller au bain, chacun rentre indifféremment chez soi ; mais après un acte de prostitution, on va se baigner, ment impur. » Et ailleurs, commentant ce texte d'Isaïe :
« Lavez-vous, purifiez-vous » (Is., 1, 16) #, il fait observer | que le prophète n'ajoute pas : « Allez aux bains, aux fontaines, aux fleuves, » mais : « Otez la malice de vos âmes. » Se laver extérieurement le corps comme font les juifs ne sert absolument de rien. D'aucuns, il est vrai, après avoir perpétré mille méfaits durant le jour, ne craignent pas d'entrer le soir à l'église après s'être lavés, et là d'y prier Dieu, comme si le bain qu'ils ont pris avait ôté les souillures de leur âme, À ce compte on aurait grand avantage à se baigner tous les jours et à fréquenter les bains sans discontinuer, mais ceux-ci n'enlèvent pas le péché, — Saint Isidore de Péluse consacre toute une de ses lettres à commenter 1 Cor, vi, 18 : il relate le même usage, en convenant de sa conformité littérale avec le texte qu'il interprète, mais il serait difficile de dire qu'il lui attribue une valeur purificatrice proprement dite, relativement au péché. À tout le moins, et comme les écrivains précédemment cités, il parait approuver cette coutume comme un moyen susceptible de conduire à la véritable pénitence, — On retrouve le même usage en Occident : dans les Dialogues de saint Grégoire, Maximien, évêque de Syracuse, raconte à son interlocuteur que dans la province de Valeria un seigneur de la cour, s'étant rendu coupable de viol la nuit du samedi au dimanche de Pâques, courut aux bains dès le matin pour pouvoir aller ensuite à l'église : Cumque mane facto surréxisset reus cogitare cœpit, ut ad balneum pergeret, ac si aqua balnei lavaret maculam peccati. Perrexit igitur, lavit, cœpit que trepidare scclesiam ingredis… Le crime d'homicide a pu être assimilé aux fautes charnelles et sujet au même mode de purification. Tertullien l'atteste pour les païens : Ztemi penes veteres quisquis se homicidio infecerat, purgatrice aqua se écpiabat 7. Et saint Justin déclare que toute « l'eau de la mer ne suffirait pas à purifier du meurtre et des | autres péchés »#, L'assimilation n'est pas douteuse pour les pollutions nocturnes involontaires, et a fortiori pour les semivolontaires, encore que la prescription du bain se rencontre rarement dans les textes qui parlent de la chose. Dans la lettre que nous avons citée plus haut, saint Augustin de Cantorbéry demande encore au pape Grégoire, si après une illusion nocturne on peut recevoir le corps du Seigneur, ou, s'il s'agit d'un prêtre, célébrer les saints mystères, Saint Grégoire assimile le cas à celui de l'usage du mariage, puis ajoute : Sed lavandus est aqua, ul culpas cogitationis lacrymis abluat. Et nisi prius ignis tentationis recesseril, réuni se quasi us que ad vesperam cognoscat. Le pape soustrait enfin à cette législation les cas de pure faiblesse naturelle, du moins en ce qui concerne la réception de la communion et de la célébration de la messe, car il ne parle pas ici de bains ?, À notre connaissance, la règle de saint Isidore de Séville est la seule qui émette expressément cette dernière prescription après les pollutions de nuit involontaires, Qui noclurus delusus phantasmate fuerit, tempore officii in sacrario stabit, nec audebit eadem die ecclesiam introire antequant sit lolus et aquis et lacrymis 10 ; et plus loin : Lavacra nulli monacho adeunda studio lavandi corporis, nisi tantumi| | modo propler necessitatem languoris, et nocturnant comme si l'on avait conscience de s'être rendu entièrement pollué 1, en ceci la pratique de saint Guillaume se confond avec les coutumes celtiques dont nous parlerons plus loin. Au sujet du bain avant l'Eucharistie, il convient encore de citer la HRegula solitariorum attribuée à | Grimlaïc, prêtre du diocèse de Reims à la fin du Xe, Cette règle exige que les solitaires aient au-dessous de chacune de leur cellule de réclusion un dolium, qui permette aux prêtres de se baigner, pra | mundita corporis, « toutes les fois qu'il convient. » « Mais peut-être, ajoute le législateur, on me dira que saint Antoine ne se baigna ja mais : je répondrai alors brièvement que si ce saint en agit ainsi, c'est qu'il ne chanta ja mais la messe (sic) ; aussi l'usage des bains est-il laissé à la décision des prêtres, afin qu'ils puissent | en toute pureté et dignité célébrer les saints mystères !. »
Le souci de la modestie et de la chasteté n'a pourtant pas manqué d'entrer en ligne de compte dans l'abstention volontaire, ou l'interdiction des bains chez les moines d'Orient : on l'a déjà vu plus haut pour la règle pachômienne et le repi magbevlas. Ce motif ne parait pas étranger à la règle que s'impose saint Antoine (+ 456-457) encore que l'horreur de la mollesse en doive être la cause principale : « Il se servait, dit saint Athanase, d'un vêtement de crin recouvert en peau qu'il garda jusqu'à la mort ; ja mais il ne se lava le corps, ni même les pieds, à moins qu'il ne fût obligé de traverser l’eau, et personne ne le vit dévêtu ou nu que le jour où on l'ensevelit. » Saint Nil (+ v. 150) racontera plus tard l’histoire d'un ermite qui, saisi dans sa retraite par les Arabes, refusa de leur livrer sa tunique, déclarant qu'il ne consentirait jamais à se montrer nu devant eux, lui qui jusque-là s'était interdit ce spectacle à lui-même . Même sentiment de pudeur chez la veuve Olympias que saint Jean Chrysostome avait en particulière estime : d'après le biographe de celui-ci, Olympias usait le moins souvent possible de bains ; si l'infirmité l'y contraignait, elle ne descendait dans l'eau que revêtue de sa robe#. Peut-être faut-il chercher dans un sentiment analogue, la cause du fait imputé à crime à saint Jean Chrysostome par le conciliabule du Chêne : « Il fait chauffer un bain pour lui seul, et Sérapion ferme la porte du lieu où il se lave afin que personne n'en fasse autant 6, » Il n’est pas douteux en tous cas que l'évêque d'Épire, Diadoque (milieu du Ve), ne considère les bains comme vraiment dangereux pour les moines, qu'au point de vue de la chasteté. Voici en effet ce qu'il écrit à leur sujet dans son livre de la Perfection spirituelle dont nous n'avons qu'une version latine : Conferre se ad balneum, nemo peccalum, aut à ratione alienum esse dixerit ; nec tamen abstinere, el virile el Marime tlemperantis esse dico. Nec enim illa voluptariae lavatio Corpus nostrum emolliet, nec veniet in mentem illius turpis nuditatis Adam, ut de illius foliis ad tegendam nuditatem turpitudinis solliciti simus, si præsertim, qui paulo ante ab lujus vilæ corruplione per castitalem corporis nostri exstilentes, cum pulchritudine temperantiæ copulati esse debemus %,
Il y a loin de ces sentiments délicats à la grossière et scandaleuse prétention des moines palestiniens dont parle Évagrius 7. Jean Mosch (VIe) cite dans son Pré spirituel le dit d'un certain abbé Alexandre, sans doute de Palestine, qui marque bien, sous sa forme naïve, le souci qu'avaient les anciens moines d'éviter les moindres occasions de sensualité, particulièrement dans les bains ou ablutions. « Nos pères, disait Alexandre, ne se lavaient jamais le visage, et nous, nous fréquentons les bains publics, » Qt TATÉPES Muäy oddére env Obiy aûvav Évemrov. Mueïz E « al v lourpà +àx êmuéaix ävoiyou :v. Îl en attribue ensuite la cause, non pas à l'affaiblissement des santés, mais au FAR ? du Monachisme occidental. — Avant que l'ascétisme des moines orientaux, égyptiens, et palestiniens, ait fait sentir son influence en Occident, et favorisé en particulier l'usage de s'abstenir des bains, comme un moyen très efficace d'humilier le corps et de le réduire en servitude, on peut observer l'introduction de la même pratique dans les milieux montanistes et manichéens épris, pour les raisons que l'on sait, de rigorisme et d'ascèse, Tertullien rapporte dans son De ietunio (ap. 211)9% le reproche que les psychiques font aux montanistes d'unir cette mortification à celle du jeûne : lavacri quo que abstinentiam, congruentem arido victui, et l'auteur de la lettre ad Præsidium de cereo Paschali, écrite en 938%, insinue nettement que les manichéens s'en font aussi un titre de gloire : Quod si vilibus abstinueris carnibus, et non crebro balneas frequentaveris, tunc fere per omnes columnas Manichæi tibi titulus ascribetur 1°, Cette coïncidence d'inspiration, chez deux sectes par ailleurs indépendantes, ne manque pas de frapper, Mais c'était à l'auteur de la vie de saint Hilarion, dont il semble louer le sordidité corporelle, à saint Jérôme, grand admirateur et imitateur des moines orientaux, qu'il appartenait, avant tout autre, d'encourager cette pratique d'ascèse. Maints passages de ses lettres en témoignent : le bain est pour lui un déplorable excitant à la mollesse et à la volupté ; en lavant le corps, il salit l'âme. Aussi bien tous ceux qui aspirent à une vie parfaite doivent-ils la détester, quoiqu'en pense le monde. Paula et Mélanie, qui ont embrassé la vie monastique, seraient appelées dominæ et sanctæ, si elles allaient aux bains, se couvraient d'onguents et trouvaient dans leurs richesses et leur veuvage l'occasion de jouir en toute liberté ; mais à ces vains éloges, elles préfèrent la beauté intérieure que leur valent le jeûne, le cilice et la cendre... « Il te plait de te baigner tous les jours : un autre considère ces soins de propreté comme de l'ordure. » Tibi placet lavare quotidie : alius has munditias sordes putat 11,
Saint Benoît laissait de la latitude au supérieur pour accorder des bains à ceux qui étaient en santé ; à partir de la fin du VIIe, on éprouve le besoin de légiférer sur ce point en fixant dans l'année des jours de bains conventuels. Un des statuta de l'abbaye de Murbach, rédigés par saint Simpert (+ vers 810), abbé de ce monastère, puis évêque d'Augsbourg (avant 792), règle la chose en ces termes : Vicesimo primo capitulo usus infirmitatis insistit. Unde nos considerantes infirmitatum imbecillitates usque ad initium quadragesimæ scaphas balneum concedimus. Interim vero fiant copiæ balneariæ abundanter præpositi et cellerarii ordinatione factæ, in quibus fratres singillatim, et non communitèr, cum necessitas eæposcit, benedictione ante percepta, lavare possint, invicem sibi solatiæ præbentibus, sine accessu extraneorum. In hæc dilatione non prævaricatores synodi, quod absit, sinus, sed induciis factis, usque dum necessitas procuretur, ut illicitum cautius auferatur. On ne sait exactement à quel synode saint Simpert se réfère, à celui d'Aix-la-Chapelle de 789 qui traita de la monastique, ou vraisemblablement, le capitulare monasticum du concile d'Aix-la-Chapelle de 817 qui dépend étroitement des statuta de Murbach. Pourtant, le résumé que nous avons du chapitre vi du capitulare de 817 relatif aux bains (De balnearum usu) ne le laisse pas supposer : Ut balnearum usus in arbitrio Prioris consistat. La Regula cuiusdam Patris, insérée dans la Concordia regularum de saint Benoît d'Aniane, enjoint aux pénitents de préparer les bains que les moines ont coutume de prendre aux fêtes solennelles. Cet usage devient en effet général dans les monastères du moyen âge, surtout avant les deux grandes fêtes de Noël et de Pâques ; il n'entre pas dans notre cadre d'étude d'en décrire les particularités : notons seulement que le symbolisme, qui fait de la pureté du corps une image et un indice de celle de l'âme, ne paraît pas étranger à son établissement.
Les preuves mêmes de l'observation de ces diverses réglementations ou recommandations ascétiques sont moins nombreuses pour l'Occident que pour l'Orient, tout au moins en ce qui regarde l'antiquité proprement dite. Dans le Spicilegium veterum scriptorum de D. Luc d'Achery, Paris, 1664, 2, IV). — »Pour ces détails voir les divers commentateurs de la règle de saint Benoît, au ch. XXVI, et en outre« des ouvrages précédemment cités : F. Bivarius, De veteri monachatu et regulis monasticis, Lugduni, 1662 ; B. Haeften, Disquisitiones monasticae, 1. XI, tract. V, disq. VI, Anvers, 1644 ; Ed. Martène, De antiquis monachorum ritibus, L. III, c. VII et X, Paris, 1680 ; Paciaudi, De sacr. christ. balneis, c. IX.
Ennodius rapporte que saint Épiphane de Pavie (+ vers 496) résolut de s'abstenir de bains quand il fut nommé évêque : Primum statuit non lavandum, ne molliorem animæ, et interioris hominis fortitudinem, balnea magis sordibus amica, confringerent ; saint Fulgence de Ruspe (+ 533) refuse absolument de prendre le bain chaud que lui conseille le médecin à sa dernière maladie, en déclarant qu'il ne violera pas son engagement pour un remède impuissant à lui conserver la vie : Si vero præmaturam mors, nec aquarum calidarum possunt fomenta repellere, cur mihi obsecro, persuaretis, ut rigorem diu servatæ professionis in fine dissolvam ? Saint Junien (+ 587), abbé de Mairé en Poitou, ami de sainte Radegonde, se baigne à peine une fois l'an. Saint Aimé (+ ca. 625), moine à Agaune et à Luxeuil, premier abbé de Remiremont, se conforme à l'usage monastique et ne prend de bains qu'à Noël et à Pâques. L'abbesse Étheldreda ou Aedilthryd (+ 679), au témoignage de Bède, suit aussi cet usage du bain avant les grandes solennités de l'année. Saint Pardoux (737-743), abbé bénédictin de Guéret, ne se baigne qu'à partir du jour où il commence à être malade, sur le conseil de ses frères. Saint Taton ou Paldon (f. 720), de Bénévent, abbé de Saint-Vincent sur le Vulturne, se refuse à tout soin de propreté dès son entrée au monastère : il n'use jamais de bains, ne se lave pas la tête, ne se rase ni la tête, ni la barbe. Sainte Opportune (+ vers 771), abbesse de Montreuil près Almenèches, ne se baignait non plus jamais et portait toujours secrètement un cilice.
V. IMMERSIONS CELTIQUES. — Entre les pratiques ascétiques des moines d'Orient et celles des religieux d'origine ou de tradition celtiques, il semble, pour ce qui concerne l'usage des bains, qu'un exact parallèle puisse être tracé, en sens inverse. Tandis que les premiers, vivant dans des contrées brûlées par le soleil, se mortifient en s'abstenant d'ablutions rafraîchissantes et hygiéniques, les seconds, par un même esprit de pénitence, se soumettent au cœur de l'hiver ou durant les froideurs de la nuit, à des bains glacés. En réalité et à y regarder de plus près, on s'aperçoit vite qu'en dehors du principe de la mortification du corps, commun à tout ascétisme, l'on a affaire chez les Celtes à un particularisme fort original : l'immersion est toujours chez eux accompagnée de prières, ou du moins accomplie en intention de prière ; c'est donc un véritable rite qu'il importe de classer et d'étudier à part. À lui seul, il constitue l'un des traits les plus frappants et aussi les plus constants de l'ascétisme celtique.
Dans une étude d'ensemble sur les mortifications en usage chez les insulaires, il faudrait ranger cette pratique parmi les suivantes : 1° génuflexions réitérées ; 2° jeûnes spéciaux ; 3° purgatoires ; 4° érémitisme ; 5° signes de croix sur les objets familiers ; 6° pérégrinations. La documentation cloche qui les appelle aux Heures, de « se laver les mains avec soin », puis de prendre leur vêtement (str. XXXIV). Plus loin (str. LII) on insiste pour que les hôtes trouvent dans le logis qui leur est destiné « un bon feu, de quoi manger et se laver », et toute la propreté désirable (A clean house). Adamnan, dans sa vie de saint Columba, fait mention de l'ablution des mains et des pieds avant la messe. Un lavage hebdomadaire est accordé aux pénitents dans la Regula conobialis de saint Colomban. La règle de saint Maelruain (VIe), abbé de Tallaght (comté de Dublin), prescrit aussi des ablutions.
Mais les témoignages relatifs aux immersions rituelles sont encore plus nombreux et précis ; il n'est pas du reste impossible de considérer cette pratique comme la pieuse exagération d'un usage de la vie courante. Les prières que l'on récitait dans l'eau étaient à l'ordinaire les psaumes, ou l'oraison dominicale plusieurs fois répétée. Le cas le plus généralement connu est celui de saint Patrice. On lit dans l'hymne de Fiacc (sie xiv), pièce vénérée, que la température ne l'empêchait pas de se tenir la nuit dans les étangs ; et dans l'homélie du Leabhar Breac sur saint Patrice : « Nuit, il avait coutume de chanter cent psaumes et de faire deux cents génuflexions ; tenir dans l'eau froide ; la troisième en contemplation ; la quatrième sur la terre nue avec une pierre sous la tête. » Rien, pourtant, n'indique que Patrice ait été l'auteur et le propagateur des immersions accompagnées de prières.
Voici ce qu'on y lit relativement aux bains : Sy nai finita ali qui frigidam petebant aquam in qua parfaite observance du monastère : Pro qualibet enim RE etiam minima severa iniungebatur pœna, sie quando quis que aliquid sibi proprium se Are et promuntiaret, verbi gratia, Meum librum, etc., exulus veslibus, se aqua immergere us que ad col ur pie de retipel du ‘urine de Calle.
À dire vrai, le côté ascétique de la pratique domine, et il n'est point fait mention de prières récitées pendant ces immersions *. Ce dernier usage se retrouve fréquemment dans les documents postérieurs à l'ordo de Kil-Ros. Saint Cadroë (Xe) retenu par ses disciples en Écosse, d'où une vision celeste l'invite à sortir, en profite pour se livrer à de plus grandes austérités, entre autres à des immersions nocturnes dans un fleuve torrentiel, Il ne pouvait s'y tenir, nous apprend son biographe qu'en s'attachant par une corde à un arbre, et “ là il demeurait, le temps de réciter le psaume Cxvut et les suivants jusqu'à cxxxrt » %,
Dans le Cuininri n's Poem on the saints of Ireland, publié par W. Stokest, et daté par lui du xn* siècle, il est rapporté que saint Fursy aimait par dévotion à réciter « avec soin ses psaumes » dans un puits glacé, et qu'Ultan « aimait le bain dans l'eau froide, exposé au vent cruel », C'était aussi une des dévotions favorites de saint Godric.(f 170) — son biographe le décrit avec un luxe de détails que nous passerons ici® ; de saint Kentigern, qui, nudum Christum sequens, aquis vehementibus que frigidis se immergebat, et là, totum ex integro decantabat psalteriuni6. — Tans les vies de saints gallois édités par - Rees ‘, on trouve encore plusieurs traits analogues : cf. Vita S. Bernaci, Rees, p. 10 : bain glacé pour éteindre les ardeurs de la chair ; Vita écolesian, genuflectens at que orans... — lila S. (Gundmels, ils s'astreignaient à se baigner la nuit, quelle que fût la saison...Nocte enim media surgebant de lectulis et redibant post lavacrum lateribus frigidissimis, evorando et inclinando us que diem ante aras.
L'usage des immersions rituelles parait s'être conservé assez longtemps chez les Irlandais, particulièrement chez les pèlerins du Furgatoire de saint Patrice, ainsi qu'en témoigne au xvir siècle l'évêque de Clogher, Henry Jones, dans le traité qu'il écrivit sur les « superstitions » de ce lieu de dévotion #5.
VII. BAINS SUPERSTITIEUX. — Il faut ranger dans cette catégorie : {+ les bains pris à l'occasion de la fête de saint Jean-Baptiste, et condamnés comme des superstitions païennes par saint Augustin et saint Césaire d'Arles. Le premier ?, dans un de ses sermons, met en garde l'assemblée contre toute espèce de pratiques superstitieuses, plutôt dignes de Juifs, en particulier contre celle à laquelle le peuple s'est livré le jour du pélerinage pénitent) sont amenés au bord de l'eau où ils se plongent la tête dans l'eau, par laquelle expiation étant purgés comme de nouveaux soldats du Christ, et par le bain
DICT. D'ARCH, CHRÉT,
BAINS | 98
Natale de saint Jean-Baptiste, pendant l'absence de l'évêque ; il s'agit d'un bain pris dans la mer sous forme de baptême : Christiani ad mare veniebant et ibi se baptisabant. Saint Césaire interdit également dans un sermon !! l'usage de se baigner dans les étangs et les rivières, pendant la nuit qui précède la saint Jean-Baptiste ; « ce qui, écrit M, Malnory 11, semblerait à première vue pouvoir s'interpréter dans un sens chrétien, en souvenir du Baptiste, Cependant, la circonstance de la nuit et surtout l'affirmation de Césaire, qu'il y a là une coutume païenne, indiquent plus probablement une observance relative au solstice d'été, Qu peut-être, l'idée chrétienne et l'idée païenne s'y mélaient-elles, La plupart de ces superstitions paraissent avoir pour racine l'ancienne religion celtique. » On peut observer toutefois qu'entre le cas africain et le cas gaulois il ne paraît y avoir d'autre coïncidence que l'idée chrétienne elle-même 12, 2 Les bains d'eau bénite proscrits, à une époque plus tardive, par Atton, évêque de Verceil (+ 960-961), dans son Capitulare 11 : ]n aqua vero sanctificata nullus balneun facere audeat pro aliqua infirmitate vel necessitate, quæ sparqgi tantummodo concessa est, Huiuscemodi enim lavacra nec in sacris invenimus, nec Patribus acta audivimus, nec nobis utilia videntur.
On lit néanmoins dans la vie de saint Wilfrid d'York (+ 709) par Étienne de Cantorbéry, que ce saint avait coutume de se laver la nuit, hiver comme été, jn aqua sanctificata et benedicta 1%, Mais le détail qui suit, à savoir que le pape Jean le dispensa de cette pratique à cause de son grand âge, et aussi bien le caractère de ce bain pris la nuit en toute saison, laissent à supposer qu'il s'agit avant tout d'un usage conforme à celui des Irlandais.
VIII. SYMBOLISME, — 14, Le bain est le symbole le plus autorisé du baptême qui lui emprunte très souvent son nom : Aourpév, balneum, lavacrum…, Les cas où les écrivains ecclésiastiques se servent, à la suite de saint Paul 15, de cet équivalent expressif sont innombrables 6, Voir BAPTÉME. Dans la Passion de sainte Perpétue, l'effusion abondante du sang du martyr Saturus éveille chez le peuple l'idée d'un second baptême ; ce qu'il exprime aussitôt par le cri de bain bien connu : Saluum lotum, saluwm lotumit7, « Quel bon bain tu as pris ! » — salvus ayant ici le sens d'entier, de complet.
Cette exclamation réapparait dans un manuel de conversation grec à l'usage des latins, les »Esunveduarz, Interpretamenta, attribué à Julius Pollux (ca. 150-208 ap. J.-C.) par M. A. Boucherie qui en a donné une édition d'après le ms. 306 de Montpellier 5, Le serviteur, après s'être acquitté envers son maître de tous les soins de toilette que comporte le bain, lui dit : salveum lutum domine : 2akws sourou upre 19, À Timgad, aux
IL — 4
= à RE À rt tintge… — “ es nl “ 1 4 { À x bains des Philadelphes », on trouve une mosaïque avec l'inscription : FILADELPIS VITA et une autre dont la teneur confirme singulièrement l'attestation africaine de la Passio Perpetuæ, puisqu'elle reproduit exactement notre exclamation : SALVVIM] LOTVIM] Cette inscription est placée sur le seuil d'une porte de communication entre deux appartements de bains, dans une chambre longue de 650 sur 9701, On lit enfin cette même exclamation sur le pavement de marbre d'un nymphée, à Brescia *, BENE L'AVA | LOTV MA SV | us un ue.
Sur le bain, symbole de la purification de l'âme, voir Fe pl haut : Fains de purification.
IX. BAINS ANNEXES AUX BASILIQUES, — Une épitaphe trouvée à Salone, en 1894, près du mur de la basilique, va nous introduire au cœur du sujet de ce paragraphe # :
AVRR - MARCIANVS YIAHIN CIVIS-AFER‘E T'QVINTINA :
domun in urbe cum balneun in Sicini regione 16 (Constantinus donavit).
Une inscription provenant du cimetière de la basilique de Saint-Paul, sur la voie d'Ostie, relate les restaurations et embellissements exécutés par la libéralité d'un certain Eusèbe au commencement du VIe | ou à la fin du vi ; on y lit ceci : sarcophage trouvé dans la même ville, rappelle vraisemblablement une fondation identique : à cel édifice, Ce détail a son importance en ce qu'il nous montre le louable souci des gens d'église de fuir une promiscuité où leur dignité et leur caractère n'auraient pu que souffrir 17, Cette réserve des bains annexés eu SORO(r aux Églises explique d'une certaine façon le privilège PIISCINA VIVIE qui leur fut accordé par les empereurs chrétiens 18, Une vivilfecer VN[t loi de Théodose nous apprend qu'ils faisaient partie des Élevés ici aux frais des particuliers, ces bains annexés à une basilique étaient parfois construits aux frais des Églises elles-mêmes. Nous n'en manquons pas d'exemples, Le Liber pontificalis, sous le pontificat du pape Silvestre (314-335), mentionne in basilica sanctorum Petri et Marcellini donum dedit…. fundum Laurentum iueta formam cum balneum et omnen agrum a porta Sessoriana usque ad viam Prænestinam 7 ; sous le pontificat de Damase (366-384) on lit : Hic constituit titulum (titulus Damasi) in urbe Roma, basilicum quant ipse construit, ubi et donavit… balneum iurta titulu 8 ; sous le pontificat d'Innocent (401-417) : Et
Inscription trouvée en 1821, à Tor Marancia (voie Ardéatine), conservée chez Guglielmi à la Piazza Paganica et publiée par | lieux jouissant du droit d'asile : Ut inter templi, quod parielum descripsimus cinclu el post loc publica, et ianuas primas Ecclesiæ, quidquid fuerit interiacens, sive in cellulis, sive in domibus, horticulis, balneis areis, at que porticibus confugias interioris templi vice fuseteu 11, Ainsi, soit charité de la part des évêques, soit souci de grandir leur rôle par l'exercice de leurs privilèges, nous les voyons élever des bains annexés aux basiliques sans que les textes nous permettent de dire s'ils poursuivaient en cela la recherche de l'hygiène et de la propreté du clergé ou bien l'extension des locaux qui affirmaient leur situation dans l'État. Ce serait s'écarter du caractère de cette dissertation que d'y recueillir tous les textes relatifs à cette question, il suffira de rappeler les principaux. Agnellus, l'auteur du Liber pontificalis de l'Église de Ravenne nous apprend que l'évêque Victor (540) refecit balneum tuæla domum Ecclesiæ hærens parietibus muri Episcopi, ubi residebat, quousque hodie mirifice lavatur et prettostsstmis marmoribus parietes iunæit, et diversas figuras tesselis aureis, variasque composuit, €k tabulam descripsit litteris aureis tenellatis, in qua labomiose legere curavimus et ita suos hevametros catalepticos versus | in cadem conscriplos inveninius :
Victor apostolica tutus virtute sacerdos Balnea parva prius prisco veltusta labore Deponens, mira que tamen novitate refecit, Pulerior ut cultus maiorque resurgat ab ima. Hoc quoque perpetuo decrevit more tenendum Ut wroco anars cLenvs lavet ipsius urbis Tertia cui cessum est, et feria sexta lavandi !.
Le Liber pontificalis romain est moins prolixe ; il | nous apprend toutefois que le pape Hilaire (461-467) fecit balneum et prætorium sancti Stephani. I suivait | en cela l'exemple de saint Damase (367-385) qui avait bâti | un bain près du titulus de Saint-Laurent in Damaso *, À Pavie, autre fondation due à l'évêque saint Damien, mort au vi siècle. Voici du moins un passage de l'éloge qui le concerne tel qu'il a été lu par Fleetwood ? :
TICENSEM CATHEDRAM DECORAVIT MORIBVS CVIVS ET STVDIVM IN-
DOMVS EPISCOPIA ET THERMARVMQVE VAPO- (RES
VT GEMINAS DILVERET CVLTV PROPRIO SOR [DES
A Naples, nous savons, par Jean Diacre, que saint Agnellus occupa le siège de cette ville après le milieu du vi siècle : Hic fecit basilicam intus civitatem S. Ianuarii martyris in cuius honorem diaconiam instituit et fratrum Christi cellulas collocavit, delegans ab episcopio alimonia CCx modiorum, cum ducentas vini hornas successionent annualiter largiri, sed-et pro labandis curis bis in anno Nativitatis et Resurrectionis Domini per anni circulum exequendum saponem. dari sancivit *. Mazochi 5 a proposé du labandis curis une interprétation bien compliquée ; celle de Paciaudi 5 nous semble plus acceptable, il propose de lire pro labandis suris, c'est-à-dire pour laver leurs jambes, car il s'agit de pauvres qui n'avaient que des sandales, les plus probablement que de clercs qui s'enroulaient les jambes de bandelettes 7, À Naples, rappelons-nous encore les bains de saint Nestorianus, évêque de Naples sous Théodore et Honorius, fic fecit balnea in urbe et alia in gyro ædificia, quæ usque hodie Nostrianis balneus dicitur.
Ces attestations sont plus que suffisantes pour notre dessein, aussi laisserons-nous la difficile question des bains de Pouzzoles (fig. 1205) qui pourra être traitée
BAINS | du mont Cælius, Ciampini remarqua matéri aux de construction. En se rapprochant il cons| l'extrémité. Dans la muraille deux orifices donnaient pas| christianam debacchabatur et crucem illam aliud non | or la dalle de l'Esquilin déroge à la coutume et con | Lubrica ne sensus rapiat turpet que boluptas _collectio, in« , Romeæ, 1851, t v, p, 179, n. 4 (lecture entière | ailleurs (voir Pouzzoles) et disons quelques mots des bains du pape Formose découverts par Ciampini en 1688.
Le long de la route qui sépare l’amphithéâtre Flavien un affaissement du sol d'où l'on extrayait de temps à autre d'anciens tata la présence de murs de briques et d'une porte cintrée ornée d'un côté d'une croix et de l'autre côté d'une étoile. À droite il mesura une chambre ayant en longueur 30 palmes et 13 palmes en largeur ; sa hauteur du pavement à la voûte était de 15 palmes, Une abside ornée de fresques dans la partie supérieure marquait sage aux tuyaux amenant l'eau ou la vapeur aux deux températures ®, Coniicio, écrivait Ciampini !®, Ecclesiæ ianuam fuisse ac profanum locum in christianorum usum conversum in tribus primis Ecclesiæ seculis, quando imperatorum furor contra religionem fuisse quam signum alicui loco inscriptum ad significandum ibi fuisse Ecclesiam ; illudque signum titulus appellatus fuit, unde Ecclesiæ tituli nomen desumpsisse. Paciaudi combat, avec raison, cette opinion et lui substitue la sienne qui fait de cet édifice un bain installé par le pape Formose pour son clergé et suite, Selon lui, dans la partie inférieure de l'absidale où l'enduit est enlevé, devait se trouver li de Formose, puisqu'on y lit : FORMOSV. Pac explique que aussi la fresque de la conque absidiale Bulgare (souvenir de la légation de Formose chez le peuple), vêtu d'un manteau flottant non agrafé et d'une robe à mailles, tient à la main une épée, Saint Pierre, saint Paul, saint Laurent et saint Hippolyte achèvent de composer la scène (fig, 1204). RE Le deuxième pilier épigraphique du musée Pio-Lateranense, porte au M sur une large plaque de marbre une inscription malheureusement très incomplète, La dalle provient du parement de la basilique Saints-Martin-et-Silvestre, sur l'Esquilin. On y lit belle épigramme de douze distiques disposés sur colonnes. Le style de la composition et la paléographie permettent d'assigner cet ouvrage à une date assez reculée 11, DE. Quatre l'intérêt qui s'attacherait naturellement à un. monument épigraphique relatif à un usage si celui qui nous arrête ici dépasse notre attention inscriptions chrétiennes sont d'ordinaire peu des préceptes et des avertissements d'une belle morale principalement adressés aux clercs. Voici la transcription des parties qui subsistent :
Balnea quæ fragilis suspendunt corporis æstum Et reparant vires, quas labor afficerit | Quæ consiricla gelu validis aut solibus usta Admixto latici.membra |liquore] levant [DUtjamur causa propriæ..…. saluti(s) [At cave ne mors]. [sit meldicinæ homini Eflera ne mentem, luvuries stimulet Ebrianeu vino dapibus neu viscera crin….
Dissolbat fluxo, corbe lab.....
Sobria sed casto foveant...,..….
RE EU CE 0 AUS d'éfe Anar à Re 0 à LU 1. 5 tongits : : | on + « + … num. dietævisse,..
Tu lamen isla magis caulus servare melmenlo] Grex sacrate Deo, corpore mefnte, fide !
Cui bellun : cum carne subest quæ et victa| resurgit| Quani cohibere juvat, si refovere plaras.| HERO RSR LE VPulnere... * quod medeare iterum …_.... « .. ini bene parla remedia carn/is !
C m C1 LI CI …— (Non nlostris no cet officiis nec culpa labacr{i] [Qulod sibimet generat, lubricavita malun est. a BA
VA 19 1
Pour Tibériade et les bords du Jourdain, autres indications utiles : Deinde venimus in ciuitate Tiberiade in qua sunt thermas ex se lauantes salsas, nam aqua maris ipsius dulcis est, Venimus in civitatem quae vocatur Gadera, quae ipsa est Gabaon. In ista parte Iordanis a civitate ad milia tria sunt aquae calidae quae appellantur thermas Heliæ, ubi leprosi mundantur… [ibi in prorimo est civitas quae vocatur Liviada… in quo loco sunt thermæ e se lauantes quae vocantur Moysi, ibi etiam et leprosi mundantur].
Comment les bains chrétiens privés et publics étaient-ils aménagés ? Nous l'ignorerions complètement si nous ne pouvions recourir ici à une description et étudier un édifice. (Sidoine Apollinaire décrit en ces termes le bain de sa campagne d'Avitacum : « Du côté du sud-ouest, est un bain appuyé contre le pied d'un rocher couvert de bois : lorsqu'on abat les arbres qui l'ombragent, ils roulent comme d'eux-mêmes jusqu'à la bouche de la fournaise où l'on fait chauffer l'eau, Cette pièce est de même grandeur que la salle des parfums qui l'avoisine, si toutefois l'on excepte le demi-cercle d'une cuve (solium) assez grande, dans laquelle l'eau bouillante vient se rendre par des tuyaux de plomb, qui traversent les murs, Dans l'appartement des bains, le jour est parfait, et cette brillante clarté augmente encore la pudeur de ceux qui s'y baignent. Près de là se trouve la pièce où l'on se rafraîchit (frigidaria) ; elle est vaste et pourra bien aisément disputer aux piscines publiques. Le toit qui la couvre se termine en dôme, dont les quatre carrés, d'une étendue convenable, et d'une exacte proportion ; les domestiques ne s’embarrassent point dans leur service, elle peut contenir autant de sièges (sellæ) que le bord demi-circulaire (sigma) de la cuve reçoit de personnes. L'architecte a percé deux fenêtres à l'endroit où commence la voûte, afin qu'on pût voir le goût avec lequel le plafond est construit. La face intérieure des murs ne présente qu'un enduit d'une extrême blancheur. Là, aucune peinture obscène, point de honteuse nudité qui, tout en faisant admirer l'art, vienne déshonorer l'artiste, On n'y voit point d'histrions, dans un costume et sous un masque ridicule, imiter Philistio par leur fard et la bigarrure de leurs couleurs. On n'y aperçoit aucun lutteur tâchant par diverses attitudes de vaincre son adversaire ou d'éluder ses coups ; aujourd'hui même, si les luttes offrent des postures indécentes, la chaste baguette des gymnasiarques les détruit sur-le-champ. On n'y trouve rien, en un mot, qui puisse alarmer la pudeur, Quelques vers néanmoins peuvent arrêter un instant les personnes qui entrent ; ils sont de telle nature qu'on n'est point tenté de les rélire, qu'on ne regrette pas de les avoir lus...
À l'extérieur et à l'orient du château (basilica, parvis ?) se rattache une piscine, ou, si tu aimes mieux l'expression grecque, un baptistère qui contient environ vingt mille muids. Là est qu'au sortir des bains chauds, l'on se rend par des passages ouverts dans le mur en forme de voûtes ; au milieu de ce réservoir s'élèvent, non pas des pilastres, mais des colonnes que les plus habiles architectes appellent la pourpre des édifices, Six tuyaux, dirigés extérieurement autour de la piscine, amènent des torrents d'eau du sommet de la montagne ; ils sont terminés chacun par une tête de lion si bien exécutée, que les personnes qui entrent sans être prévenues croient effectivement voir des dents prêtes à les dévorer, des yeux étincelants de fureur et une crinière qui se hérisse, Si les gens de la maison ou du dehors environnent le maître, comme le bruit des eaux dans leur chute empêche de s'entendre réciproquement, on se parle à l'oreille, et les conversations, ainsi génées par une cause extérieure, offrent un air mystérieux qui devient risible,
En sortant de là, on trouve devant soi l'appartement des femmes (triclinium matronale) ?,
Il y a malheureusement assez peu de chose à tirer de quelques indications rapides données par Cassiodore sur les agréments des bains qu'il avait fait construire dans son monastère à Viviers : Balnea quae con gruenter ægris præparata corporis tussimus ædificari, ubi fontium perspicuas decenter inhabitur, quae et potui gratissima cognoscitur et lavacris.
Ita ut mores Dot red Et “1 — EC ur um dj : ‘. L FE [27 L 4 à = » ps À ui Sr nasterium vestrum polius quæratur ab aliis quam vos extranea loca iuste desiderare possilis.
Fortunat mentionne les bains des deux villas de Léonce, évêque de Bordeaux :
Reddidit interea nova balnea cultu Quo recreant fessos blanda lavacra viros
et plus loin pour son autre villa de Prænuiacum :
Nam quod pulchra domus, quod grata lavacra nites
Consolidatorem te cecinere suum.
Avant de décrire l'édifice de Serdjilla disons quelques mots du Laconicum de l'église de Sainte-Cécile à Rome. La figure 1206, représentant la coupe de cette chambre, fait voir que des tubes horizontaux étaient placés au-dessus du feu, sans communication directe avec le foyer dont ils formaient la couverture, prenant l'air à l'extérieur et le répartissant dans la salle par une série de tuyaux horizontaux tapissant les parois, tandis que d'autres tuyaux verticaux plongeant dans l'hypocauste servaient à l'évacuation de la fumée qu'ils conduisaient au dehors.
Les établissements de bains dans le monde gréco-romain furent, on peut le dire, innombrables ; on doit donc s'attendre à ce que les traces laissées par eux sur la société païenne ne soient pas rares. Et, en effet, plusieurs sont aujourd'hui encore assez bien conservés pour donner une idée complète de leur plan général et de leur aménagement,
Au premier rang, parmi les plus connus viennent les bains pompéiens. L'un d'eux, découvert en 1826, est un balneum proprement dit ; les autres,
sance, n'a offert de symboles chrétiens. Nous ne nous attarderons donc à décrire que des bains conservés dans une région et datant d'une époque, qui ne peuvent laisser aucun doute sur leur utilisation par la société chrétienne,
Les bains de Serdijilla, dans le Haourän, ont été décrits, en 1865, par M. de Vogüé qui avait déblayés en 1857 et 1877-1878, sont plutôt des thermes, D'autres, moins visités et rarement décrits, ne sont pas indignes de l'être, Presque tous les pays atteints jadis par la civilisation romaine en sont pourvus ?,
La plupart de ces établissements ont été construits pour la constatation de leur admirable état de conservation, Une inscription nous fait connaître la date exacte de cet édifice, l'année 473+ (fig. 1907), Ces bains étaient un présent fait à la ville par Julianos et sa femme Douma. L'édifice et l'inscription en mosaïque ne présentent aucun indice ni aucune allusion qui rappelle les idées païennes ou les croyances chrétiennes, quoiqu'il ne soit pas douteux un seul instant que les habitants de Serdjilla étaient chrétiens et l'architecte de l'établissement très probablement aussi, puis que la ville était christianisée depuis plus d'un siècle déjà.
XI. BAINS, LIEUX DE RÉUNIONS CHRÉTIENNES, — 1, On sait par les Actes du martyre de saint Justin que celui-ci donnait rendez-vous à ses disciples dans une dépendance des « bains de Timothée » *, Le souvenir de ces bains ne nous a pas été autrement transmis, du moins sous cette appellation.
On possède par ailleurs dans les Actes légendaires des saintes Pudentienne et Praxède une correspondance entre le frère des deux saintes, Timothée, et le prêtre romain Pastor auquel Novatus, frère de Timothée, a légué tout son bien à l'insu de ce dernier. Timothée répond qu'il consent à tout, et Pastor reprend la plume pour expliquer que, sur l'invitation de Praxède, les thermes de Novatus,
Une antique inscription de la basilique, transmise en double exemplaire, nous apprend que cette église fut restaurée du vivant du pape Sirice par les prêtres Ilicius, Leopardus et Maximus, Ce dernier, prêtre de l'Église romaine à l'époque où Leopardus était légat du pape Innocent I#, acheva la restauration de la basilique en prenant soin d'une chapelle latérale dédiée à saint Pierre.
_p. 297-H0, — Gell, Pompeiana, in-8, London, 1 | de bains publics à Paris depuis in-8e, 1849, t. ui, p. 68-114 ; éd. H. Güll, in-8v, 1880-1882, t. ru, p. 104 sq. — J.-M, Besse, Les moines d'Orient antérieurs. — H. Dechent, dans la Zeitschrift des deutschen Palästina-Vereins, 188%, p, 173 sq. (sur l'histoire | des stations de bains de Palestine). — Delattre, Re« = — J. Kuhn, De lotionibus et balneis Græcorum, Vratislaviæ, 1826, — Joh. Lami, De eruditione « ne semble pas non plus décisif. » PA bos tam medicos quam quoscun que ceterarum artium de la Société des antiquaires de l'ouest, 1878, 1, 1, p.449t xiv, La vie privée des Romains, Paris, 1802, p. 317- |
BAISER. — |. Nom et usage général, Il, Le baiser liturgique à la messe. III Explication des divergences au sujet de la place du baiser de paix, IV. Acclamations au baiser de paix. V. Le baiser de paix dans les autres rites, VI. L'osculatorium. VII. Bibliographie,
d'adoration. L'esclave baisait la manche ou la tunique de son maître, le vaincu baisait les pieds du conquérant, ou la trace de ses pieds !. On baisait les idoles (se rappeler le baiser donné à la pierre noire de la Ka’ba à la Mecque) ou bien l'on envoyait avec la main un baiser en signe d'adoration vers les astres ?. Les Païens pieux envoyaient un baiser en passant devant les temples 3, Le baiser dont il va être question dans cet article, porte les noms divers de φιλήμα γίου, στῖγμα ἀγάπης, plus généralement ἐκχούστιον, et quelquefois ἀσπασμός, λλαψις. En latin, osculum, par, osculum sanctum, osculum pacis, salutatio, pacem dare, facere, offerre, pacificare, etc.
Le mot adorare, qui signifie parfois « le baiser comme geste d'adoration », n'est pas pris d'ordinaire en ce sens dans le langage chrétien #, On ne voit pas que chez les Juifs, dans les circonstances où on le trouve employé, le baiser ait eu d'autre signification que chez la plupart des peuples, c'est-à-dire un signe d'amitié, de bienvenue, d'affection, de bienveillance, de réconciliation, mais il ne constituait pas un rite particulier *. L'en est de même dans le Nouveau Testament. Jésus reproche à Simon le Pharisien de ne lui avoir pas donné le baiser de bienvenue, osculum non dedisti, tandis que la pécheresse embrasse ses pieds en signe de respect et de contrition. Le baiser que Judas donne à Jésus pour le désigner aux bourreaux, semble prouver que ce signe était assez fréquent entre Jésus et ses apôtres. Matth., xxvi, 48.
C'est dans saint Paul que le baiser semble prendre un caractère particulier de fraternité entre les chrétiens, non seulement comme un signe d'affection, mais aussi comme preuve d'union dans un même sentiment et une même foi. Dans les quatre passages de saint Paul et dans un passage de 1 Pet., v, 14, les termes qui le désignent sont tellement semblables qu'il semble que ce soit une formule rituelle :
Rom., xvi, 16, « Salutez les uns les autres d'un saint baiser ».
I Cor., xvi, 20, 'Salutez les uns les autres d'un saint baiser'.
II Cor, xiii, 12, 'Salutez-vous les uns les autres d'un saint baiser'.
I Pet, v, 14, 'Salutez-vous les uns les autres d'un saint baiser'.
Il faut observer que cette formule s'est conservée, comme on le verra plus loin, dans plusieurs liturgies, presque littéralement.
Il n'est pas fait mention du baiser dans saint Ignace, ni dans saint Polycarpe, ni dans saint Clément, ni dans aucun des Pères apostoliques, si je ne me trompe, ni, ce qui est plus significatif, dans la Didachè. Cet argument négatif, s'il prouve quelque chose, prouverait seulement que le baiser rituel n'était pas encore employé partout, ni très fréquemment, Il faut arriver jusqu'à saint Justin pour en trouver une nouvelle trace, mais alors il est mentionné avec un sens rituel très bien déterminé : « Aimieux gun par : aonaféuela maœucduevor to Edyüv, ÉTELTA TOODPÉPETOL TO NPOETTOT TüV QÜCAPEY Lots, ElC. Apol., 1, 65.
Le baiser est donné ici dans l'assemblée, entre les frères, après la prière (la prière litani que) et avant l'oblation.
On devine sans peine qu'une telle pratique entraînait ses dangers. Il est possible qu'aux yeux des païens, elle ait été pour quelque chose dans les calomnies répandues à l'origine contre les chrétiens $, D sm.
119 à ce propos : « Selon la différence des âges, nous traitons les uns de fils et de filles, tels autres de frères et de sœurs, tels autres de pères et de mères, mais ces titres de parenté n'entraînent aucune souillure. L'Écriture nous dit (allusion à quelque didascalie ou constitution des apôtres) : Si quelqu'un réitère le baiser pour se procurer une jouissance de plaisir…, il faut être très scrupuleux en ce qui concerne le baiser 1, » D’autres écrivains anciens parlent dans le même sens ?, Mais la simplicité de « cet âge d'or de la pureté » écarte tout soupçon, Renan lui-même en convient ; on connaît le passage à propos du « saint baiser » ou « baiser d'amour » : « Loin d'ici les vils soupçons de débauchés vulgaires. Tout était pur dans ces saintes libertés, mais aussi qu'il fallait être pur pour pouvoir en jouir... 4, » De bonne heure, pour obvier aux abus, on introduisit la séparation des sexes dans les réunions. Les Constitutions apostoliques ont un règlement sur ce point# ; bonne heure cette distinction ; les hommes étaient d'un côté, les femmes de l'autre, et cette coutume se perpétua longtemps. La pratique du baiser de paix, à mesure que l'Église devenait plus nombreuse, se perdit du reste peu à peu, ou du moins, elle alla se restreignant, et aujourd'hui le « saint baiser » ne se donne plus que dans le chœur entre les membres du clergé, ou dans les communautés de moines et de religieux. Peu après saint Justin, nous trouvons le « saint baiser » mentionné dans Clément d'Alexandrie, dans Origène, dans Tertullien, dans saint Cyprien, en des textes qu'il faut noter pour saisir le vrai caractère et déterminer la place de cet usage liturgique : - 'Ayérn E oùx êv gtnuar ts AA » Év Euvoix kpiverar ol dE, oéev a)« À Tertullien appelle le baiser signaculum orationis 5. C'est une preuve qu'il considère ici le baiser liturgique. Bingham voit dans cette oratio le Pater et en conclut que ce terme signifie‘la fin des prières de la consécration, et cela prouverait que l'Église d'Afrique, comme l'Église romaine, donnait le baiser de paix, non à l'offertoire, mais après le Canon, avant la communion 7, Mais le terme oratio désigne souvent la prière litani que, et il peut donc être question ici comme dans Justin de cette prière, qui était avant l'élévation, Sur ce point donc il y aurait accord entre les deux auteurs, Et comme on le verra dans le 2%, le fait aurait son importance $, Dans un autre texte, Tertullien parle ainsi : Memworia præceptortum viam orationibus sternil… ne prius ascendanmus ad Dei altare, quam si quid discordiæ vel offensæ cum fratibus contrarerinius, reésolvañius, quid es enim ad pacem Dei accedere sine pace. De orat, Mais ce texte prête à la même équivoque que le précédent. Cf, Probst, loc, cit. Pdie, Tertullien blâme ceux qui rétranchent le baiser à cause du jeûne ; il n'admet sa suppression que pour la distinction entre chrétiens et païens, il se demande de quel œil le _lare palietur ? Jam vero alicui fratrum ad osculum | que similibus, mas ecclesiis traditus 6st ul post ora=… les lois de l'architecture ecclésiastique consacrérent de | est utile de recueillir.
_ dans son homélie xxx° De proditore, “xl Ev sois que | qu'il est fait allusion ici au baiser à l« Re 120 pä que (la passion). Alia jam consuetudo invaluit : jejuñantes habita oratione cum fratribus, subtrahunt osculum pacis, quod est signaculum orationis. Quando autem magis conferenda cum fratribus per est ?...Quæ oratio cum divortio sancti osculi integra ?…. Quale sacrificium est, a quo sine pace receditur ?.… Sed et si qua ratio est, ni tamen hinc reus sis lal. præceptor tu ‘sis], potes domi, [sil forte inter quos latere jejunium in totum non datur, differre pacem 1. | Ailleurs, énumérant les inconvénients des mariages ; mari païen verra sa femme donner le baiser aux frères : quis in carcerem ad osculanda vincula martyris rep- | convenire 10, k Origène parle aussi du baiser après les oraisons : salutate invicem in osculo sancto. Ex hoc sermonealiis hones osculo se invicer suscipiant fratres 11, | Les canons d'Hippolyte placent le baiser de paix à l'offertoire (ce. 111, 19). Post hkæc (scil. preces) convertant se omnes ad eum, osculantes eum in pare quid ille hoc meretur 14, Au 1ve siècle, nous avons différents témoins qu'il Le Concile de Laodicée : Et 6rws +nv Fate ütêéshar (c'est-à-dire après les prières des fidèles, avant la consécration), ai perx roûs rpecüurépous Govai r@ ETS LÜTU Ru aionvmv, tére Toûc haïroës mnv elonuny Giôduar, Saint Cyrille de Jérusalem : Etrz Boz 6 Étévovec 'Aïk= kous aruhdéere, ai dafhoue arratwgela | Éott to ginux Too dvaxpabñvo Ts duyas, al sonia Etopltew uvraoimaxiav té, 2 [ Nous trouvons plusieurs exemples dans saint Jean Chrysostome qui tire du baiser pan effets oratoires au sujet de la charité 15. Au <09v0, dit-il à points aoraïôueba adthous, vx ol xokiot ye : ET Nous citerons le texte suivant qui nous parait particulièrement intéressant et sur lequel nous aurons à revenir. Après avoir dit que les chrétiens baisent le seuil du temple et les portes, il ajoute : »lose oÙ rov pusrngleos HETÉ goutec Tù heyéuevoy. Kaï yàp oÙx (TES Éruye +0. ou faoy tetipnTa Ey6EvOY Td copax +ù dscrérirou. Ac N. roro nalroru évrauta giaodus. Il semble évi Et c'est un passage important à retenir. Dans le texte suivant il indique la place liturgique 4 du baiser au moment de l'offrande : « Acräfouevor pv de hfous pérhovres 700 Gmpou roocpépechiar (De dé. < : 4 cord., 1. 1, €, 11) (tv, MS), 3 Saint Augustin y fait plusieurs allusions. Ubi est peracta sanctificatio dicimus oratiomen do=. Post ipsam dicitur Pax vobiscum, el osculantur se christiani in osculo sancto, quod est signaculum pacis, si quod ostendunt labia, fiat in pee (var. k si re sicul) 18. Cui pacis osculum inter sacramenta copulabatis, in cujus manibus cucharistian ponebatis 19, Habent enim oscula et corvi, sed in corvis falsa pax, in columba vera par. Non omims ergo qui dicit, Pax | vobiscum, quasi columba audiendus est. 1.
Le ps. Denys s'exprime ainsi à son tour : Oôrw 7% ; Oexpyxns puhavigenias tapés duvrlisionc, Éqaex au UpÉ VOS uèv 6 Oeïos Gpros mporilie car, Ka rû Tic suhoyias TROT NELON » 6 dù Metoraros draps lspoupyeiTat, at Tv &yiny pas Rev pov À uortuh vai Ünepxéopos avéppnox ?. C'est le baiser de paix au moment de l'offrande.
II. LE BAISER LITURGIQUE A LA MESSE. — D'après les textes cités dans le paragraphe précédent, on voit que l'usage du baiser chez les chrétiens, comme signe d'union et de paix, est général, cependant il s'emploie surtout à la messe où il devient un rite spécial.
Or la place même de ce rite a une importance spéciale parce qu'il est considéré comme caractéristique des deux grandes familles liturgiques. En Orient, le baiser de paix est à la fin de la prière des fidèles, ou de la litanie, c'est-à-dire à l'offertoire ; dans l'église romaine, il est, comme aujourd'hui encore, à la fin du canon, avant la communion. Or les liturgies gallicanes et mozarabes ont le baiser de paix à l'offertoire. C'est un des arguments sur lesquels on s’est appuyé pour rattacher ces liturgies aux liturgies orientales.
Comme exemple de l'usage oriental, nous donnerons : la liturgie de saint Basile, celle de saint Jean Chrysostome, celle d'Antioche, une liturgie des Coptes, la liturgie de saint Grégoire, celle de saint Cyrille, etc. #, | Nous avons dit ailleurs que la place de ce rite ne nous paraissait pas tellement importante que l'on dût y chercher une des caractéristiques liturgiques *. Nous y reviendrons.
Mais nous allons d'abord exposer les pièces du débat. L'un des textes les plus importants est celui du pape Innocent Ier à Decentius, évêque d'Eugubium.
Le pape blâme ceux qui donnent le baiser avant la consécration : Pacem ergo asseris ante confecta mysteria quosdam populis irerare, vel sibi inter sacerdotes tradere : cum post omnia, quæ aperire non debéo, pax sil necéssario indicenda, per quan constet populum, ad ommnia quæ in mysteriis aguntur, ai que in ecclesia celebrantur, præbuisse consensum, ac finila esse pacis concludentis signaculo demonstratur *.
Voilà pour l'Église romaine. Les documents liturgiques que nous avons sont dans le même sens. Le léonien, le gélasien et le grégorien, au lieu d'avoir à l'offertoire une oraison ad pacem, comme les liturgies gallicanes et orientales, suppriment cette oraison, et dans le canon romain on trouve une oraison analogue aux orationes ad pacem, après l'Agnus Dei : Domine Jdesu Christe, qui dixisii apostolis tuis : Pacem relinquo vobis, pacerm meam do vobis : Ne respicias peccata mea, sed fidem ecclesiæ tuæ ; eam que secundunt voluntatem tuam, pacificare, et coadunare digneris. Qui vivis, etc.
L'oratio ad pacem est donc une caractéristique des liturgies mozarabe et gallicane. Ces oraisons forment même une collection très riche de prières, qui varient presque à chaque messe et dont le sens d'ordinaire très précis fait allusion à la charité, à l'union qui doivent régner entre chrétiens, à ce baiser des lèvres qui scelle la paix véritable entre les frères $, Il peut être utile d'en donner quelques exemples. Ainsi le Missale gothicum l'oraison post nominæ. C'est-à-dire qu'après la lecture des diptyques ou des noms des fidèles, et de l'oraison qui concluait, on se donnait le baiser de paix avant l'offertoire, ou au moment de porter une offrande à l'autel, et le sens de cette oraison est bien déterminé, comme la suivante : Domine Christe desu…. visita écclesian tuam, et perfice omnium vota ; pacem etiam non petentibus præsta ; ut osculum quod in labiis datur, in cordibus non negetur®, Dans quelques messes de ce sacramentaire pourtant, l'oraison ad pacenr manque, ou elle a un sens très vague, sans allusion au baiser, et qui pourrait convenir aux secrètes romaines. Probablement il faut voir là un indice de messes moins anciennes, ou de messes empruntées au rite romain, comme celle du commun d'un apôtré ou d'un martyr.
Le Missale Francorum qui porte plus encore que le précédent la trace de l'influence romaine n'a pas d'oraisons ad pacem, encore qu'il ait les autres oraisons gallicanes ante nomina, super oblata, post precem, ete. C'est une nouvelle preuve des remaniements romains qu'il a subis ; le baiser de paix a sans doute déjà été transporté à la fin du canon.
Le Missale gallicanum vetus se rapproche davantage du gothicunr, Il y a d'ordinaire l'oraison ad pacemi avec un sens très déterminé aussi. Cependant il a quelques messes, probablement d'importation romaine, où l'oraison ad pacen :i n'existe pas, Le missel de Bobbio offre un mélange plus curieux encore. Dans plusieurs messes, aucune trace de l'oraison ad pacem ; dans quelques autres cette oraison existe, mais sans aucune allusion à la paix ; on dirait une formule quelconque, d'ordinaire avec le sens des secrètes romaines, mise là pour remplir un cadre dressé à l'avance, cadre gallican dans lequel on a inséré une formule romaine. D'autres fois l'amalgame est encore plus curieux et confirme ce que nous savions de ce missel, mélange d'archaïsmes et d'éléments gallicans et romains. On verra par les comparaisons suivantes que le compilateur, sous la rubrique ad pacem, a coulé de vraies oraisons ad pacem d'origine gallicane, mais comme probablement le titre de l'oraison ne correspondait plus à rien, je veux dire que le rite même de la paix, au moins pour ces messes, était transporté à la communion, le compilateur a supprimé la partie de l'oraison, qui précisément désignait le rite, On prend ici sur le fait les procédés de composition de ce singulier sacramentaire, qui a déjà frappé les liturgistes par son caractère hybride :
Clementissime conditor, qui tanta carilate succenAd Pacem, succendisti discipulunt ut se de nave jactatum ad te celere festinaretl pede nudo per pela que : et videns lhanc dilectionem, claves ei dares siderun, vo ces inspice suggerentiunr. disti discipulum, ut se de nave jactato ad te celer lestinaret pede nudo per pelaqus et videns hanc dilectionem, claves ei dares siderum, vo ces inspice suqgerentium, ut quicum que ex præceplo juguntur ad osculum, livore pectoris excluso illuc per gratiam ducantur quæ cæli Petrus est janitor. Præst. Salv, Nun. nn ht
ET
123 GALLICANUM VETUS Missa de adventu D, N.
Missez ne Bonmio Missa in advent. De.
Ad Pacem. Ad Pace. Devotionis É à Os » = = à * C] 0) a Li te 5 # # ce ts à A æ sacrificium tibi, Domine, sacrificiumi tibi, Docelebrandum placalus intende, quod et nos a vilits nostræ condilionis emundet, et tuo nomini reddat acceplos, catus intende : quod el nos vilits nostræ conditionis emundel ; el luo nomani reddal acceptos : el communicatio præsentis osculi perpeluæ proficial carilati. Per Dom.
Nous pourrions en fournir plusieurs autres exemples : ceux-ci suffisent, pensons-nous, à révéler les procédés de transformation d'un sacramentaire gallican en sacramentaire romain.
Cependant, comme preuve tout à fait remarquable de ces archaïsmes dont nous parlions tout à l'heure, nous citerons cette formule d'ad pacem, qui nous paraît d'une teneur anténicéenne. Oramus te, Pater sancte, ul nos servos tuos beatissimi martyris tui ill. jubeas esse consortes, in confessione participes, in fide stabiles, in persecutione firnios, in tribulatione patientes, in consummalione viclôres : ul si nos dies pérseculiontis inveneril, jungal consummatio virtutum, par præmiium, et corona cælestis 1, Au contraire avec les messes de Mone ?, le plus pur des sacramentaires gallicans, nous retrouverons l'oraison ad pacem, dans toute son intégrité. Nous remarquerons spécialement la formule d'acclamation : Pax Donrini sit, Les documents mozarabes ont aussi l'oratio ad pacem, après celle post nomina, Saint Isidore avait du réste caractérisé ainsi cetle oraison : Quarta (oratio missæ) post hæc (c'est-à-dire après l'oraison pour les vivants et les morts), infertur pro osculo pacis, ut caritate reconcihati, omnes invicem digne sacramento corporis el sanguinis Christi consocientur, quia non recipit dissentionem cujusquam Christi indivisihile corpus *.
Le Liber ordinum a l'oraison ad pacem, après l'oraison post nomina, dans toutes les messes, même aux messes des morts et aux messes privées, preuve que l'on ne retranchait pas le baiser de paix dans ces occasions, comme on le faisait ailleurs. La collection d'ad pacem dans ce livre est fort variée, la formule est quelquefois assez longue. On remarquera aussi que deux ou trois de ces oraisons ont le même thème sinon les mêmes expressions que l'oraison romaine pour la paix : Domine Jesu Christe +.
Le missel mozarabe édité par Lesley contient aussi des ad pacem en très grand nombre, et quoi que l'on puisse penser de la valeur de ce document trop tardif, nous pouvons dire après comparaison de ces formules avec celle d'un ancien sacramentaire motarabe, qui sera donné dans nos Monumenta liturgica, qu'en général le texte de ces oraisons, dans le missel de Lesley, est identique à l'ancien. Là encore les oraisons ne présenmine, celebrandum pla- :
| Sichardus, un ordinaire de Laon, etc.). Mais tous ces | | grande antiquité. Ces relations entre la liturgie celti que et les liturgies orientales nous ent assez | problématiques. Ce qui est plus probable, c'est la red | curieux qu'il est emprunté à l'Orient : tent rien d'anormal, el les répondent bien à leur titre. L'antiphonaire de Bangor contient une mention qui a beaucoup intrigué les liturgistes ; après deux antiennes ou invilatoires ad initium noctis, on trouve sous la rubrique ad pacem celebrandam, deux antiennes avec collectes, dont la seconde est conçue en ces termes : [Ant] Pax multa diligentibus | legem tuam ; et non. est illis scandalum]. [Collectio] Pax tua, Domine, reæ cœlestis, permaneal semper in visceribus nostris, UE non timeamus « timore nocturno, qui regnas, ete. Ces formules sont suivies du Credo et du Pater®, X Quelques-uns ont prétendu que ce passage se rapportait à la messe, et la même théorie est soutenue encore dans un article de la Church, Quarterly Review janvier 1894, t. xxxvI, p. 347 sq. 5 ; mais d'ordinaire, avec Warren, on y voit plutôt un usage qui trouvait place à l'office de nuit. Dom Morin s’est rallié à cette opinion ? Warren remarque cependant que dans aucun bréviaire d'occident on ne trouve une allusion à ce baiser de paix pour l'office. Il relève cependant dans un bréviaire des Humiliés, publié en 1548, une bénédiction à la fin de Complies avec cette formule : Par et benedictio Dei patris Ommnipotentis et Filii et Spiritus Sancti descendat super vos, et maneat semper vobiscum 8, Il y voit une survivance du baiser de paix à l'office et cite quelques autres exemples (le Mitrale de exemples sont bien tardifs et ne prouvent pas grand-chose. En outre, il rappelle un usage de l'Eglise syrienne où le baiser de paix est donné au commencement et à la fin du service du soir ?. R =. De là il conclut que la présence du baiser de paix dans l'Antiphonaire de Bangor peut être considérée comme un indice des relations de la liturgie celtique avec les liturgies orientales, et comme une marque de marque qu'à l'origine de l'Église le baiser de paix était donné avant et après chaque réunion. Il faut dire aussi que le Pater avec ces paroles : Dimitte nobis debita nostra sicut et nos dimittimus debiloribus nostris pouvait tout naturellement appeler le baiser de paix, comme on le voit par exemple par le commentaire que lui donne saint Benoit dans sa règle 1, et surtout par ce texte curieux d'Anastase le Sinaïte, d'autant plus | Sacerdos post sacrificii incruenti consecrationem, Panñnem vitæ elevat in altum : rursum que purumt om nium ab omni injuriarunr memoria liberum Deo pro fitentes dixistis : Dimitle nobis debita nostra, sicut et nos dimittimus… ea que de causa invicem ampleæati estis in osculo pacis 11, 208 Quoi qu'il en soit de la nature de ce rite, la liturgie | celtique représentée par le missel de Stowe, par le fragment de Saint-Gall (Ms, 1394) 12 et par le Book of Dimma 1%, place le baiser de paix, comme la liturgie romaine, avant la communion 1#, avec des formules variées : Paæ et caritas domini nostri Ihesu Christi, el communicalio sanctorum ommium sit semper mobiscum ou d'autres antiennes de paix 15, | Quant à la liturgie ambrosienne, voici en quoi consiste le rite du baiser. Après le renvoi des catéchumènes et l'offrande, on recouvre l'oblation d'un voile précieux, le suaire, sindon, avec une oraison super sindonent, sorte d'équivalent de la secrète romaine, Autrefois, le baiser de paix suivait celle oraison ; le diacre disait : Pacem habete : erigite vos ad orationem. La réponse était : ad Le, Domine (comparez le Zoi, Kügee, des liturgies grecques). Aujourd'hui le baiser de paix à disparu de cette place, et il a pris la même place que dans le missel romain !, avec ces paroles : Pax et commiuntcatio Domini nostri Ihesu Christi sit semper vobiscum. À. Et cum spiritu tuo. Le diacre dit ensuite : offerte vobis pacem. M. Lejay dit à ce propos que la formule Paz et communicatio n'a rien à faire à l'origine avec le baiser de paix. C'est une bénédiction que l'officiant donne aux fidèles avant la communion et qui est caractéristique des rites gallicans.
III, EXPLICATION DES DIVERGENCES. — [Il s'agit maintenant d'expliquer les raisons de ces divergences sur la place du baiser de paix. L'absence de documents précis sur ce sujet ne nous permet pas d'atteindre à la certitude, mais on peut raisonner au moins d'après les probabilités. :
A l'origine, d'après le témoignage de saint Paul, le baiser de paix parait assez fréquent parmi les fidèles et ne se rattache à aucun office en particulier. Il se donnait probablement au commencement ou à la fin des réunions,
Sa présence “à la messe dans toutes les liturgies, indépendamment des textes de saint Justin, de Tertullien et des autres, suffirait à prouver qu'il y prit place sinon tout à fait à l'origine, ce que l’on ne peut démontrer, au moins à une époque très voisine de l'âge apostolique, I semble qu’alors cette place était à l'offertoire, après la prière des litanies et la lecture des diptyques. Le moment était en effet bien choisi ; en suivant le texte évangélique ?, avant de porter son offrande à l'autel, on se donnait le signe extérieur de la réconciliation.
Pour l'Orient la démonstration n'a pas besoin d'être faite, puis que la plupart des textes que nous avons cités et les liturgies lui donnent cette place. Pour Rome et l'Église d'Afrique qui font exception, nous avons le texte très formel de saint Justin qui peut prouver en faveur de l'usage romain au IIe, et celui des canons de saint Hippolyte, si l'on admet, avec bien des critiques, qu'il représentent une tradition romaine.
Quant à l'Église d'Afrique le texte de Tertullien peut, nous l'avons vu, s'interpréter dans ce sens 1, Mais dans tous les cas il faut croire que de bonne heure on plaça le saint baiser à la communion, car saint Augustin dit très formellement : Post ipsam (orales documents sur la liturgie sont trop rares et ne permettent pas la discussion.
Pour Rome on peut au moins essayer quelques hypothèses, Dans le canon romain la place du Memento des vivants et de celui des morts a depuis longtemps exercé la sagacité des critiques. Elle ne se justifie ni par le sens général des prières du canon, qu'elle interrompt au contraire, ni par la comparaison avec les autres liturgies, Il semble admis aujourd'hui parmi les principaux critiques qui ont discuté la question, que dans cette liturgie les diptyques ne sont pas à leur place originelle *, De l'offertoire qui est leur place logique et celle qu'ils occupent dans la plupart des liturgies, ils ont été transportés au sein du canon, On a même essayé, non sans vraisemblance, d'indiquer la date et les causes de ce changement 5%,
Celle translation des diptyques entraînait plusieurs autres changements, Les oraisons Ante nomina et Post nomina n'avaient plus de raison d'être, et les disparurent ou du moins se fondirent en une formule unique et à peu près invariable, celle que nous avons encore aujourd'hui (memento) ; l'oraison &d pacem avec le baiser de paix naturellement liée aux diptyques, restait désormais sans attache à l'offertoire ; on ne pouvait songer à la transporter dans le canon avec les diptyques, où sa présence eût été un non-sens liturgique ; on la transporta naturellement à la communion, après le Pater, où sa présence se justifiait aussi très bien.
Rien de plus naturel en effet pour les chrétiens que de se donner ce signe de paix et d'union avant de s'unir dans la réception du corps et du sang du Christ, Les derniers mots du Pater : et dimitte nobis debita nostra sicut et nos dimittimus debitoribus nostris, exercaient aussi, on l'a vu plus haut, une attraction naturelle sur le baiser de paix, et il semble qu'en dehors de la messe même, dans certaines circonstances, le Pater comportait comme finale le saint baiser 6,
C'est une première hypothèse, On en a fait d'autres. Primitivement, au moins à une époque très reculée, le baiser de paix était deux fois à la messe, une première fois à l'offertoire, une autre fois à la communion. L'Église romaine l'aurait retranché à l'offertoire, tandis que les autres Églises le rétranchaient à la communion.
Selon Sala, liturgiste très renseigné, les mozarabes et les gallicans avaient le baiser à la communion, et c'est postérieurement à Innocent Ier qu'ils l'ont transporté à l'offertoire *.
Peut-être pourrait-on faire allusion aussi à la pratique des Grecs qui donnent le baiser avant et après la | communion, mais cette coutume ne parait pas antérieure à la domination dominicaine) dicetur Pax vobis, et osculantur se Christiani in osculo sancto, ete.
Pour l'Église romaine le texte d'Innocent à Décentius ne permet pas de douter qu'à cette époque la coutume de donner le baiser à la communion était considérée non seulement comme ancienne, mais même comme apostolique, et la seule admissible, Rome ne tolérait même pas, d'après ce texte, que l'on donnât ce baiser à l'offertoire,
Que l'Église de Rome et celle d'Afrique aient donc eu ou n'aient pas eu, à un moment, le rit du saint baiser à l'offertoire, il est certain que de bonne heure elles l'avaient supprimé à cet endroit et transporté à la communion.
Comment expliquer ce changement ? Pour l'Afrique cienne $,
De son côté l'auteur de l'article Ad Pacem retrouvait même dans les liturgies gallicanes la trace du saint baiser après le Pater 10,
L'acclamation pour la paix dans plusieurs liturgies orientales au moment de la 127 communion semble bien témoigner en faveur du même Es Dune donc que primitivement, dans la plupart des Églises, sans distinction de latitude, le baiser de paix était à l'offertoire ; dans certains autres il avait lieu deux fois, à l'offertoire d'abord puis à la communion.
Parmi ces dernières, les unes ont retranché le baiser à l'offertoire, d'autres à la communion, ce qui parait assez naturel ; des Églises qui ne l'avaient qu'une fois, l'ont transporté de l'offertoire à la communion.
Les liturgies nous font constater la trace de ces divergences.
Mais il semble, par suite, que ces changements liturgiques, qui n'appartiennent pas du reste à la période la plus antique de la liturgie, ne sauraient nous fournir une base pour classer les familles liturgiques ; dans tous les cas, la place du baiser à l'offertoire ne peut être considérée comme un « orientalisme ».
IV. ACCLAMATION. —
La porte principale du cloître, sur laquelle se lit l'inscription datée, se trouve à très peu de distance du mur méridional de l'église (fig. 1214). Elle n'est guère moins remarquable que la porte monumentale du cloître de Babiska dont elle diffère d'ailleurs notablement. Les jambages, au lieu de se composer de cinq assises, sont monolithes, creusés de moulures dans le profil desquelles on trouve quelques réminiscences de l'époque classique. Les moulures se continuent sur l'architrave, mais le goût syrien n'a pas su s'abstenir de plaquer durement un disque de lignes enchevêtrées, comme dans le dessin géométrique. Comme la hauteur de l'architrave n’était qu'à moitié remplie par le cadre mouluré, on s'est avisé d'utiliser toute la partie non décorée, où encore les réminiscences classiques ont heureusement inspiré le sculpteur. Une rangée pressée de feuilles d'acanthe, légèrement courbées, soutient une tablette formant corniche. Au-dessus du disque plaqué sur les moulures, un autre disque plus léger sinon moins gracieux interrompt la rangée d'acanthes ; il représente le monogramme du Christ dans une couronne. Il devient peut-être superflu de faire observer que c'est ici une nouvelle réminiscence de Kalat Se m'an.
Le baptistère situé à l'angle sud-est du cloître est bien conservé. C'est un édifice carré dans lequel deux portes donnent accès, une à l'ouest, l'autre au nord. Aux deux tiers de sa hauteur, l'édifice est divisé en deux étages par une moulure fortement marquée et du plus heureux effet pour l'ensemble. Aux angles de la bâtisse, des piliers...
UT Je tandis que tout l'étage intérieur de la façade et plusieurs parties du mur de l'est font voir des signes évidents de reconstruction. L'appareil n'offre pas plus d'unité que l’ornementation. La partie sud du mur de l'ouest présente des parties construites en blocs énormes qui rappellent les plus anciennes églises ; non loin de là, le procédé diffère du tout au tout.
La description très complète et très approfondie de cet édifice a été donnée par M. H. C. Butler ; nous ne pouvons mieux faire que d'y renvoyer le lecteur.
H. LECLERCO.
BALAAM, Au mois de janvier 1900, M. J. Wilpert attira l'attention sur trois fresques du cimetière des Saints-Pierre-et-Marcellin que Bosio, se fiant aux dessins de Sante Avanzini, donna sous l'attribution inexacte : la consegna della legge a Mosè, Moïse lève la main droite pour recevoir les tables de la Loi que lui donne une main céleste !. Afin de dessiner cette main, M. Wilpert lava la couche de terre qui recouvrait la fresque à cet endroit et à la place d'une main, il vit une étoile à huit pans qu'un homme debout montrait de l'index de la main. Il s'agissait évidemment de Balaam prophétisant : Orietur stella ex Jacob ? (Nombres 12 :17).
On pouvait induire de cette découverte qu'Avanzini avait commis la même erreur dans les deux autres fresques où il croyait voir Moïse. Un lavage soigneux des fresques a montré, en effet, qu'il s'agissait trois fois de Balaam. Ces trois peintures sont exécutées sur le stuc à deux couches et sont dues à un même atelier vers la première moitié du IVe.
BALANCE. Le symbole de la balance se rencontre nombre de fois dans l'antiquité profane pour qu'on doive s'attendre à ce que de simples dessins, grossièrement exécutés pour la plupart, nous fassent connaître des types nouveaux de balance. La plupart des musées importants possèdent aujourd'hui quelques débris de balances ou des poids, ou même des balances entières !
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BALANCE | } possèdent aujourd'hui quelques débris de balances ou des poids, ou même des balances entières ! Le musée épigraphique Pio-Lateranense offre trois inscriptions pourvues de la balance. La première ne nous apprend rien sur le défunt ou sur sa profession, sinon qu'il y faisait usage d'une balance. La deuxième inscription rapproche de la balance une truelle et un compas. La troisième rappelle la mémoire d'un boulanger nommé Mercure, qui portait la balance comme insigne de son métier. Une fresque de la coupole d'une des chapelles funéraires d'El-Baghaouat (voir BAGHAOUAT) nous montre, sous les traits d'une femme debout tenant une balance à la main, la personnification de la « Justice » : ΑΙΞΑΙΟΣΥΝΗ.
H. LECLERCO.
Il. Antiquité. IE, Topographie. IV. Découverte. V, Histoire, VE Crypte de Marc et Marcellien. VII Crypte de Damase. VIII. Fresque. IX. Sarcophages. X. Épigraphie. l. Arrestarions. — Entre le Cœlius et l'Aventin, le mur de Servius s'ouvrait sous le nom de porte Capène ; là commençait la voie Appienne. C'est du moins ce qu'on est en droit de conclure depuis la découverte, faite à la fin du XVIe, à quelque distance de la porta Appia ou di San Sebastiano, d'une borne milliaire, la première qui se rencontrait le long de cette voie, à 500 palmes romaines environ de la porte susdite. Si on calcule d'après ce point précis la distance ordinaire du mille romain, on constate qu'il prend son point de départ entre le Cœlius et l’Aventin, au lieu appelé la Moletta. La voie Appienne était bordée de tombes dont il reste aujourd'hui des ruines nombreuses et parfois imposantes. À partir de la porte di San Sebastiano, la voie descend vers le niveau de l'Almone, tandis que, brusquement, une autre voie, l'Ardéatine, bifurque et tourne à droite. Au point où les voies se séparent s'élève la petite église Domine Quo Vadis, Entre le premier et le troisième mille de la voie Appienne s'échelonnent quatre nécropoles chrétiennes : cimetières de Balbine, de Callixte, de Saint-Sébastien, à droite ; de Prétextat à gauche. Les anciens Itinéraires placent le cimetière de Balbine, tantôt sur la voie Appienne, tantôt sur la voie Ardéatine, on voit sur le croquis (fig. 1224) que ce cimetière est situé entre les deux voies. Son vocable est clairement attesté par l'épitaphe suivante :
SABINI BISO
MVM SE BIBVM FECIT SIBI IN CYME TERIVM BALBINAE IN CRYPTA NOBA
et celle-ci trouvée vers la fin du XVIe, juste à l'endroit qu'on appelle « Domine quo vadis » (fig. 19295) :
À.
f | +. | € LA. A. 139 BALBINE (CIMETIÈRE DE) | (ROLLER) (WILPERT) Balbine sa fille, remontant au début du Ve, FELIX FA{u)STINIAN VS EMIT SIBI ET VX On ne saurait souhaiter rien de plus formel, malheureusement l'éponyme du cimetière est mal connue ou, pour mieux dire, complètement inconnue. Les anciens rédacteurs de notices cémétériales avaient imaginé d'identifier cette Balbine avec la fille du tribun Quirinus, martyr, inhumé dans le cimetière de Prétextat, Mais cette imagination ne repose sur aucun fondement historique !, Quant à la basilica Balbina, voici ce qu'en disait De Rossi en 1877 : di S. Marco papa sopra il cimitero di Balbina) contiqua al l'area del grande cimitero di Callisto, ebbe a fior di terra teglatæ con sepolcri ?,
Il, ANTIQUITÉ, — Tous les écrivains qui avaient traité de Rome souterraine s'étaient montrés préoccupés du cimetière de Balbine ; dès 1590, Philippe de Winghe pensait l'avoir découvert entre la voie Appienne et la voie Ardéatine *, Il n'y a plus guère d'intérêt aujourd'hui à s'attarder aux hypothèses des anciens auteurs, qui imaginaient de faire du cœmeterium Balbinæ une région du cœmeterium Prætextati, En réalité, ces deux cimetières sont situés de chaque côté de la voie Appienne et ils n'ont rien de commun, ce sont deux nécropoles distinctes, Les conjectures faites en vue de donner notre Balbine pour fille à Quirinus reçurent le coup de grâce, quand, en 1866, on découvrit au cimetière de Prétextat le tombeau de Quirinus et celui de
SVAE FELICI |
Miltiade fut le dernier qui reposa in cœmeterio. Callisti in crypla. Son successeur Silvestre choisit
« > masum papam et martyren via Ardeatina, ét ibi in altera ecclesia invenies duos diaconos et martyres Marcum et Marcellianum fratres germanos cuius corpus quiescit sursunt sub magno altare !. Tout porte à faire croire que la memoria du pape Marc, n'appartient plus à la voie Appienne sans appartenir complètement à l'Ardéatine puis que cette derniére voie n'est mentionnée qu'à partir de la miemoria de Damase ; c'est donc que la memoria de Saint-Marc se trou- | vait entre les deux voies, plus près de la voie Ardéatine que de l'Appienne. Nous citerons plus loin un texte du Liber pontificalis dans la nolice sur le pape Nicolas er | précisant la position de la basilica Marcei et la disant située Inter Appiam et Ardeatinant®, Il résulte de là que le cimetière de Balbine, sur lequel s'élevait cette basili que était voisin de l'arénaire d'Hippolyte, entre l'Appienne el l'Ardéatine, vers le premier mille en venant de Rome, un peu au delà de l'oratoire Donine @ Quo Vadis. L'inscription citée plus haut de ce Faustinianus qui achela une tombe à ciel ouvert proche la basili que de Balbine nous apprend un vocable porté par la basili que que, jusqu'ici, nous appelions de SaintMarc. On ne peut que déplorer l'imprécision de la notice qui désigne le lieu de la trouvaille de cette précieuse inscription, car si, comme il est permis de - le supposer elle avait été trouvée sur l'emplacement._ méme de la tombe, nous aurions ainsi le site exact du | cimetière de Balhine et de la basili que de Marc. Par une rencontre pres que uni que une lac une si déplorable aurait pu être comblée si l'inscriplion relatant l'achat d'un tombeau bisome par Sabinus in crypta nova in cœmetério Balbinæ, avait provoqué une indication quelcon que du lieu de la trouvaille de la part de l'au- teurde la découverte, Malheureusement nous ne savons rien, Néanmoins la position du cimetière de Balbine entre les voies Appienne et Ardéatine, au nord de la colline sous laquelle s'étend le cimetiére de Callixte, peut être considérée comme un fait historiquement acquis.
IV, DÉCOUVERTE. — À la fin du 1 siècle, on fit mettre en communication les galeries de la 9° area du | cimetière de Callixte avec cel les du cimetière adjacent | _ de Sainte-Sotère. Un autre cimetière adjacent, celui de D Balbine, fut également réuni à Saint-Callixte.
Dés 1865 (février), en explorant les parties extrêmes alors accessib les du cimetière de Callixte on rencontra des peintures offrant les types de la symboli que du 1v* siècle et une inscription datée de l'année 340, c'est- | à-dire postérieure de quatre années seulement à la | mort du pape Marc ?. Mais le terrain en cet endroit était à ce point ruiné et obstrué qu'il fallut reculer | devant une énorme dépense ; cependant 4.-B, De Rossi ne | perdit pas complètement l'espoir de se procurer un accès dans une direction plus au nord. Une sorte de pressentiment lui disait que le noyau de la nécropole de Dalbine était voisin de ces terrains saccagés ; pressentiment que soutenait l'indication fournie par Boldetti et par Marangoni qui assuraient avoir exploré de magnifiques hypogées dans les vignes situées à un mille environ de la porte Capène. Michel De Rossi étudiait en tous sens les ruines d'une construction ancienne qui se dressait dans un éboulement de terrain dans la direction de la voie Ardéatine au nord du cimetière de Callixte + et vers le même point il remarquait trois crevasses ou plutôt trois grottes. Les ruines lui paraissaient être cel les de la basili que de Saint-Marc et il parvint, sur ce point, à découvrir l'entrée d'un soutercono gli indizi che questa regione della grande necropoli posta |
BALBINE (CIMETIÈRE DE)
142 rain et à s'y engager, mais il ne rencontra auc une trace d'inhumations ni de loculi, Après diverses tentatives inuti les, le 43 février 1865, Michel De Rossi, profitant de ce que les fortes pluies de l'hiver avaient désagrégé la terre et l'avaient entraînée dans les souterrains en dégageant l'accès d'une des grottes, s'avança par un étroit boyau qu'il parçourut en marchant sur les mains ét sur les genoux pendant uné longueur de 20 metres environ. 11 vit enfin des sépultures et des ambulacres tels qu'on les rencontre dans les autres calacombes, On entreprit aussitôt de déblayer l'accès et le chemin découverts et un examen sommaire des lieux révéla la présence d'une catacombé encore pourvue dé peintures, d'épitaphes et de graffites, malgré le passage des dévastateurs de 1716 et de 18%, Le lendemain J.-B, De Rossi vint sur les lieux ; les vastes proportions du cimetiére lui causérent une profonde surprise. En effet « non seulement le cimetiére de Balbine a des dimensions extraordinaires, mais encore il est creusé à plusieurs nive aux différents, il renferme des chambres nombreuses, vastes, éclairées par des luminaires contemporains de leurs constructions ét dépassant en grandeur et en perfection architecturale tout ce qui a élé encore vu dans les catacombes. 1.-B. De : Hossi remarqua en particulier un luminaire qui n'est pas carré, mais hexagonal ou a peu près, et qui envoie dans les profondeurs du souterrain huit rayons dé lumière. Teux de ces prises de jour éclairent deux gran des chambres rectangulaires terminées chac une en abside, ; deux autres font pénétrer la lumiére dans deux galeries adjacentes qui se croisent à angle droit ; les quatre autres communiquent avec quatre longs et étroits enfoncements qui se terminent sans doute par autant de cubicu les » 5.
L'exploration est restée incomplète. Les galeries s'étendent à peu près jusqu'à l'église du Domine Quo Fadis 5, Celte région est très dévastée, on n'y rencontre pas d'inscriptions intéressantes 7. Il s'y trouve deux chapel les renfermant des peintures curieuses : l’une représente le Christ imberbe, assis au milieu des apôtres, l'autre le Christ parmi les évangélistes.
V. HisroniQue. — La notice du pape saint Marc dans le Liber pontificalis nous apprend que ie fecit duas basilicas, unarm via Ardeatina, ubi requiescit, et alia in urbe Homa juæta Pallaciniis. La même notice nous dit : Ex hujus suggestione obtulit Constantinus Auqustus basilice, quan cœmeterium constituil via Ardeatina, fundunr rosarium Ccuntr agrum campestrem præstantem sollidos] XL. Qui etiam sepultus est in cœometerio Balbinaæ via Ardeatina, quam ipse insixtens fecit, Nous savons maintenant que, entre le 48 janvier et le 7 octobre 396, dates extrêmes de son | pontilicat, le pape saint Marc reçut de l'empereur Constantin un lopin de terre désigné sous le nom de fundus rosarius, terme qui pourrait venir des rosalia fournies par cet emplacement aux sépultures paiennes. La basili que et le cimetière que, par ordre du pape, on créa en ce lieu, ne portérent pas d'abord son nom mais furent mis sous le vocable de Balbine, La notice du pape Grégoire IT (731-741) dans le Liber pontificalis dit que ce pape basilicam sancti Marci — elle avait dès lors perdu son vocable de Balbine — sitam foris muros hujus civitatis Romanæ via Appia, éjus tectum dirulum « nova refecit. Un siècle plus tard l'église tombait en ruines, le pape Benoit IIL Ia releva : Cœmeterium beati Marci confessoris ai que pontificis quod ponilur foris portam. Appiam qui in ruinis jam posilis, omnia restauravit. Enfin, dans la notice du pape Nicolas Ie, nous lisons : Inter hæe ad cœmeterium b. Marci confessoris at que pontificis, quod inter Appiam Ardeatinam que tiam positum esse cognoscitur, sancto deductus Spiritu et hoc quo que tum, conatu summo relevans construrit ac decoravit divini que cullus mysterium (quod multos per tempopur ab eo cursus discesserat) restituil ac restauravit 1, VI. Cnvere pe Marc ET MARCELLIEN. — Jusqu'en 1905 une opinion erronée fondée sur une assertion de L.-B, De Rossi eut cours relativement au cimetière de [| CHYPTE de Saint Damase PARTIE DU CIMETIÈRE des SS. Marc et Marcellien Marc et Marcellien et de Damase qu'on imaginait avoir fait partie de la grande nécropole de Domitille. On situait le premier dans la région à gauche de la galerie qui conduit de l'escalier à la crypte d'Ampliatus, le second était identifié avec la région qui avoisine le cubicule du fossoyeur Diogène. Cette hypothèse était d'autant plus vraisemblable que la découverte de l'importante crypte double ornée de peintures nous montrait une coïncidence frappante entre cette attribution et la scène représentant le couronnement de six saints :
143 BALBINE (CIMETIÈRE DE) 14
et Marcellien. Mur J. Wilpert vient de démo multis ruinis conquassatum reperiens al que contri- | | position décorative, amours, vases, têtes et un sujet | la tuni que et du pallium gravissant une échelle. trois hommes et trois femmes. On y pouvait sans trop d'ingéniosité y voir le couronnement des saints dont ih était question et en conclure qu'on se trouvait bien l'emplacement de la crypte primitive des saints Mare cimetiére où se trouvaient les deux cryptes historiques des martyrs Marc et Marcellien et du pape Damase n'est pas à droite de la voie Ardéatine, mais à gauche, dans la région sépulcrale contigué à la nécropole callixtienne et décrite ici sous le nom de cimetière de Balbine ?. En 1902, l'abbé des Trappistes de Saint-Callixte voulant faire agrandir le jardin du monastère aperçut, en examinant les lieux, quelques restes de peinture PR LES AS. #2 F NE E — à 7 à + EU | UE 32 Br 2 do à Le « gi TES proche d'un arcosolium repéré sur le plan de Michel De Rossi, Cette peinture était en trés mauvais état ; on pouvait voir encore un buste du Christ et une comLe sujet était assez curieux pour réclamer un effort. On fit donc enlever les décombres qui remplissaient l'arcosolium et, après avoir déblayé environ un mètre de terre, on aperçut de nouvel les peintures non moins maltraitées. Mgr. I. Wilpert reconnut qu'on était en présence de la tombe des martyrs Mare et Marcellien, en conséquence il demanda et obtint l'autorisation d'entrepren- | dre des fouil les régulières. El les commencérent le 23 mai et, le 17 juin, la crypte était complètement desencombrée. On put alors constater l'existence d’une petite basili que quadrangulaire dont trois faces sont pourvues de niches. Les ang les étaient ornés de colonnes et les parois couvertes, jusqu'à la voûte, de plaques de marbre.
Deux colonnes étaient-restées debout. C'étaient cel les de l'entrée, el les étaient faites de briques recouvertes de plaques de marbre. Le tombeau des martyrs se trouvait à gauche en entrant. [ans le pavement une tombe donnant place pour deux corps avait été ménagée ; elle était revétue de marbre à l'intérieur et fermée d'une dalle. On ne trouva auc une trace d'inscription, ce qui peut s'expliquer par le souci d'épargner au dépôt des corps saints lé danger d'une profanation. Cette indication invite à faire remonter l'excavation avant la persécution de Dioclétien au cours de laquelle les cimetières furent confisqués. La décoration en marbre aura été entreprise après la Paix de l'Église (fig. 1226).
On voit sur le plan que le tombeau bisomé des martyrs est en communication avec une chambre de petites dimensions à laquelle s'applique très exactement le titre connu de cubiculum retro sanctos. Cet étroit local est tout percé de loculi, son parement est creusé pour recevoir des tombes. En face, se voit un autre tombeau bisôme qui n'était orné que d'une incrustation de marbre. Quelques fragments d'une inscription mutilée, faisant, entre autres choses, mention d'une nommée MARCIA, remettent naturellement en mémoire les Actes des saints Marc et Marcellien, dans lesquels la mère des martyrs porte ce nom de Marcia. Il n'y a toutefois aucune donnée historique à tirer de cette rencontre avec un document de très médiocre valeur. Près de la niche voisine de la porte, quatre blocs de marbre demeurés en place marquent la place de l'autel antique et de la chaire épiscopale. Proche de la colonne de l'angle droit, se voient les débris de la mensa oleorum. Le pavement de cette petite crypte avait été entièrement creusé pour recevoir des tombes ; toutes, sauf une seule, ont été violées. La basilique des martyrs, à raison de la mauvaise qualité du tuf dans lequel elle était creusée, dut être abandonnée de bonne heure. L'auteur de l'Itinerarium Salisburgense, qui remonte au temps d'Honorius (625-638), nous apprend qu'à cette époque les reliques des martyrs avaient été retirées de la basilique souterraine, Postea pervenies qi S. Darniasum papam et martyrem via Ardeatina, et hi in altare ecclesiæ invenies duos diaconos et martyres Marcum et Marcellianum fratres germanos, cujus corpus quiescit SURSUM sub magno altare. On transporta de l'église souterraine dans l'église à ciel ouvert tout ce qui pouvait servir à son aménagement et à sa décoration ; c'est ce qui explique l'état de dépouillement complet de la crypte. Nul vestige de l'église supérieure n'a été relevé jusqu'à ce jour.
VIT, CRYTE DE DAMASE, — Le texte de « l'Itinéraire de Salzbourg » que nous venons de citer ne laissait aucun doute sur la proximité des deux cryptes de Marc et Marcellien et de Damase !. On poussa donc les fouilles dans la direction à gauche de la crypte nouvellement retrouvée et on suivit la trace d'une large galerie en partie obstruée par la ruine d'un mur. Enfin, on rencontra une crypte longtemps visitée par les pèlerins, connue et désignée sous la vocable de degli apostoli. Quand elle eut été déblayée des décombres qui la remplissaient
BALBINE (CIMETIÈRE DE)
- = = 146 jusqu'au tiers de sa hauteur, on put constater sa valeur historique et son intérêt monumental. Cette crypte était jadis peinte en partie et en partie couverte de plaques de marbre ; à l'origine, elle avait un grand arcosolium et deux petites niches servant de mensæ oleorum. À l'imitation de ce qui s'était pratiqué dans la crypte de Marc et Marcellien, on avait creusé dans le sol au moins deux tombes. D'autres vinrent s'y ajouter plus tard, en sorte que le pavement en fut tout criblé, les parois ne furent pas épargnées, on n'hésita pas à entamer et à détruire les fresques pour donner place à des loculi et à deux grandes niches abritant des sarcophages. L'introduction de ces sarcophages avait nécessité le percement d'un luminaire dont les dimensions extraordinaires s'expliquent par les dimensions mêmes des deux sarcophages. Sous le luminaire se trouvaient deux vastes cubicules communiquant l'un avec l'autre, Dans le cubicule de gauche se trouvait enterré à deux mètres de profondeur sous le pavement un sarcophage païen de bon travail pourvu d'un couvercle chrétien ; malheureusement, il était réduit en pièces. Pour le briser, les malfaiteurs avaient fait usage de trois piédestaux de la barrière en marbre qui se trouvait dans la crypte voisine. Ces piédestaux étaient d'un travail grossier et de basse époque. L'un d'eux a conservé, comme par miracle, peut-on dire, l'empreinte d'une inscription d'un prix inestimable, celle que le pape saint Damase composa pour la tombe de sa mère.
De la pierre originale, on n'a retrouvé qu'un petit fragment contenant seulement les dernières lettres des deux premières lignes ; mais grâce à l'empreinte, nous possédons l'inscription entière, sauf quelques mots qu'on a pu restituer avec une quasi-certitude ?, L'inscription se compose de quatre vers hexamètres et, chose digne de remarque, n'est pas gravée en caractères du type damasien, elle est donc antérieure à l'adoption de ce type. Voici le texte (fig. 1227) :
| HIC DAMASI MATER POSVIT LAVRENTIA MEMBRA QVAE FVIT IN TERRIS CENTVM MINVS undecim [annos SEXAGINTA DEO VIXIT POST FOEDERA PRIMA PROGENIE QVARTA VIDIT QVAE laeta nepotes. Le commentaire de cette inscription se placera naturellement avec celui de l'épigraphie damasienne*. Voir DAMASE, Ici, nous nous bornerons aux conditions matérielles de la trouvaille. On s'est demandé comment il pouvait se faire qu'une base ou un socle ait pu recevoir l'empreinte de l'inscription ? Rien n'est plus aisé à comprendre. La face du socle opposée à celle où se trouve l'empreinte porte une cannelure dans laquelle s'engageait le cancel et une cavité rectangulaire destinée à recevoir le pilastre de ce cancel. Il s'ensuit que l'inscription de Laurentia devait clore une des sept tombes creusées dans le parement de la crypte. Les deux cavités qui se voient sur les parois, avant les deux petites niches, indiquent clairement que la tombe de Laurentia ne pouvait être que celle qui est désignée sur le plan par le chiffre 2. Cette tombe fut close avec des tuiles sur lesquelles on étendit une couche de tessons pilés et enfin une épaisse dalle de marbre sur laquelle l'inscription fut gravée. Quand, à une date postérieure, on imagina d'élever en ce lieu un cancel, une des bases de celui-ci fut posée à même la dalle funéraire enduite d'un lit de ciment qui adhéra au socle et nous a conservé l'empreinte précieuse. La découverte et la désignation de la tombe de Laurentia permettent de déterminer la place occupée par les tombes de Damase et de sa sœur Irène. Le Liber pontificalis dit que Damase fut enterré via Ardeatina in basilicâ suâ, id est Decenib, juxta matrem suam et germanam suam, Irène mourut la première et fut déposée dans l'arcosolium ; l'inscription damasienne de quinze hexamètres qui lui est consacrée s'adapte assez bien à cet emplacement. Damase, qui survécut à sa sœur, fut enseveli dans la tombe creusée entre l'arcosolium d'Irène et la tombe dans laquelle reposait Laurentia. Cette explication, conforme à ce que le monument nous montre, se trouve pleinement d'accord avec le texte du Liber pontificalis. La crypte était la propriété de Damase ou de sa famille ; elle portait son nom, ainsi que nous le verrons dans l'épitaphe du tombeau trisome : locus trisomus Victoris in crypta Damasi ; enfin, le sarcophage de la niche creusée à gauche contenait le corps d'un nommé Macedonianus et le sarcophage du côté droit contenait
BALBINE (CIMETIÈRE DE)
VIII. Fresques. — Nous avons donné la liste des fresques de quelque importance qui se voient dans les cimetières de Balbine ou de Marc et Marcellien et de Damase 2. Tous ces ouvrages datent de la première et de la seconde moitié du IVe ; d'où l'on peut conclure que les travaux exécutés sous le pontificat de Marc donnèrent à la catacombe agrandie et embellie un nouvel éclat. Une des plus connues parmi ces fresques est celle des cerfs se désaltérant à la source de vie+. Sujet inspiré, sans discussion possible, d'un texte de l'Écriture et qui reparait fréquemment sur les sarcophages de la Gaule. La date du percement et probablement aussi de la décoration de cette galerie est antérieure à 340. La crypte dite « des évangélistes » est également antérieure à cette date. La paroi du fond représente le Christ assis, nimbé, avec le chrisme de chaque côté du nimbe,
149 BALBINE (CIMETIÈRE DE) 150
fondatrice de la crypte entre les deux martyrs éponymes et Moïse devant le buisson ardent ! (fig. 1228), La crypte dite des canéphores présente, à la voûte, les quatre Saisons ? ; ce sont des labouleurs assez naturels et moins hiératiques que la plupart des sujets analogues. Les enfants occupés à la récolte des fruits sont tout à leur besogne, le paysage dans lequel ils prennent leurs ébats est bien entendu et vraiment observé, La niche du sarcophage offre sur le panneau du fond le Christ enseignant les apôtres, ouvrage médiocre dans lequel tous les apôtres sont l'uniforme reproduction d'un type calqué autant de fois qu'il a fallu le répéter pour faire le nombre voulu ? ; la voûte de la niche liste à eu en vue l'interprétation d'une vision de sainte Perpétue que cette martyre raconte ainsi : Video scalam æream miræ magnitudinis, pertingentem usque ad cælum, per quam nonnisi singuli ascendere possent… Et erat sub ipsa scala draco cubans miræ magnitudinis, qui ascendentibus insidias præstabat et exterrebat ne ascenderent. Ascendit autem Salurus prior, et pervenit in caput scalæ et convertit se et dicit mihi : Perpetua ! sustineo te ; sed vide ne te mordeat draco ille. Et dixi : Non me nocebit in nomine Jesu Christi. Et desub ipsa scala, quasi timens me, lente eiecit caput ; et quasi primum gradum calcarem, calcavi in caput ejus et ascendi.
Cette vision de l'échelle devint fascinante un peu plus des voies consacrées, on y voit deux canéphores entièrement nues, encadrant un Moïse qui frappe le rocher. L'arcosolium d'Eudoxie (7) montre, dans la lunette, la défunte voilée dans l'attitude d'orante entre les princes des apôtres ; à la voûte une décoration en fantaisie.
Dans le voisinage de la chambre « des évangélistes » s'ouvre le cubicule d'une famille dont le nom et le titre de propriété se lisent sur l'architrave de la porte : BITVS-CVM :SVIS. Enfin, dans un arcosolium, une peinture dans laquelle J.-B. De Rossi a cru reconnaître l'Annonciation *.
Le cubicule de Marc et Marcellien est surtout remarquable par une peinture dont on ne trouve pas d'autre exemple dans les catacombes : elle représente, nous l'avons déjà dit en peu de mots, un homme qui monte à une échelle, au pied de laquelle se tient un serpent (fig. 1229). Il ne peut être un seul instant douteux que l’armeuse ; on la retrouve dans les Actes de saint Polyeucte, nous l’étudierons plus loin. Voir ÉCHELLE DU CIEL.
IX. SARCOPHAGES, — Nous avons mentionné l'existence de débris sculptés jonchant le sol de la catacombe de Balbine et des cryptes de Marc et Marcellien et de Damasé, nous avons signalé la présence d'un sarcophage paten fermé par un couvercle chrétien, Ici nous mentionnerons deux cuves trouvées dans un cubicule au pied de l'escalier, à leur place primitive, mais violées.
Ces deux sarcophages sont sculptés. Sur le couvercle de l'un on voit l'épisode de Jonas, le buste du défunt ébauché et deux amours. Le cartel était tenu par des amours. La cuve nous montre Moïse frappant le rocher, Moïse prisonnier entre deux soldats, Jésus prédisant le reniement de saint Pierre, Saint Pierre tenant le bâton, l'aveugle-né, la multiplication des pains et des poissons, la résurrection de Lazare dont la momie, contrairement à ce qui se voit d'ordinaire, gît à terre.
E ‘ L = é at … ; ” - CF £ æ Sr PT 7
Le deuxième sarcophage est à gauche en entrant dans le cubicule. Afin de ne pas aveugler un arcosolium tout près il a été enfoncé assez profondément en terre en sorte que le couvercle est seul visible. Ce couvercle ressemble à celui qui vient d'être décrit ; aux extrémités, en outre, on voit le Pasteur avec des brebis, La cuve est à strigiles et la mandorla montre Jésus docteur, assis sur la chaise la main droite dans le geste de la parole, le volumen dans la main gauche,
Ces deux sarcophages remontent au IVe.
X. ÉPICRAPHE. — Nous ne reviendrons pas ici sur les deux inscriptions que nous avons transcrites au début de la présente dissertation. Leur importance pour la topographie est, nous l'avons dit, considérable.
À un autre point de vue une inscription trouvée devant l'entrée de la crypte des saints Marc et Marcellien n'est pas moins digne d'attention ! :
ET INCOMPARABILI : POSVIT D : XII KAL DEC
La jeune fille, dont cette inscription rappelle le souvenir, était fille d'un chrétien ainsi que permet d'en juger son nom de Benedictus et la façon respectueuse dont il mentionne le baptême in extremis de son enfant. La formule accepta Dei gratia servant à indiquer le baptème n'est pas sans exemple dans l'épigraphie.
Dans la même crypte des saints Marc et Marcellien une tombe inviolée porte cette épitaphe ? :
AVE VIXIT HAN #IBXX21#
O # RVI DEPT # PRIE # NONAT # FEBTEMBR ET DOR # IMP
Dans la crypte de saint Damase le sol était jonché de débris de sarcophages et d'épitaphes ; une de celles-ci
151 | BALBINE (CIMETIÈRE DE) : PNS TE
était restée entière, elle portait la date de 362 et malgré cette époque tardive elle offrait encore le D M S, m : V3 ce qui est plus remarquable c'est la mention tout à fait rare d'un præfectus urbi Masimeus + 1 A - SD SM &œs Da.
FL & BALBILLA VIXIT ANN XXVIN æ * MENSES VI # DIE S'XII © REQVIEVIT IN PACE MAMERTINO ET NEBIDDA COSS PREF VBB # MAXIMO & V : KAL ‘FEB # |
Une tombe (n° 6 du plan, fig. 1226) était destinée à recevoir trois corps, peut-être était-ce celle-là même qui portait cette inscription que Marini a copiée apud sa cristiam Ponlificis # : ss LOCVS TRI SONVS VIC TORIS INCRV TADAMASI
Dans sa rapide expédition de 1867, J.-B. De Rossi avait constaté la multitude des fragments épigraphiques gisants sur le sol. Sur la chaux servant de fermeture à des loculi il avait lu quatre inscriptions latines dont les formules banales n'offraient guère d'intérêt. Quelques symboles, le monogramme , la swastika re, la croix monogrammatique et le sigle aŸo. Sur une brique il put lire l'estampille doliaire : ‘4 OF : FVRI : IVI SENE CES »to Officina Furiana Julii (ou Junii) Senece SP (= Sacri Patrimonii) |
Cette estampille semble contemporaine de Dioclétien ou de Constantin, ce qui s'accorde assez bien avec l'époque des constructions et de l'extension du cimetière de Balbine. Re J
Une brique a donné une estampille octogonale de … l'époque de la Paix 6 :
De cette estampille nous pouvons rapprocher la suivante qui porte, chose très rare, un sigle chrétien :
1232, — Inscription d'Hilaire, Le texte est fort lisible et le contexte paraît si D'après Mamachi, Origines et antiquitates christian, cependant on a épilogué sans fin sur la question de 1749, p. 68. savoir s'il fallait tenir compte du léger trait qui se voit sur la lettre F du mot fede. On proposa de lire in pace IL s'agissait alors peut-être d'un bourreau devenu chré- | et fede, ou bien in fede, ou bien encore fede (fide) custien, mais cette hypothèse est plus curieuse que vrai- | titutus (constitutus). Mazzochi s'est arrété à la lecture semblable et rien n'oblige de donner une solution en | in pace et fede interprétant ces paro les du baptème ; « attendant la trouvaille du reste du marbre. d'autres y ontvu la mention de la confirmation, d'autres v Il nous reste à parler de deux inscriptions. La plus | encore du catéchuménat et du catéchumène compelens pour le baptème, on a même imaginé d'y voir la mention de la communion, Bottari ! a réduit tant de subtilités à leur juste prix en rappelañt ce mot de saint Cyprien : (Christus) vivificat servos suos in fide sui nominis constitutos. Le pape Corneille écrivant à saint Cyprien parle de ceux qui ont quitté le schisme pour rentrer dans l'Église, ils sont in ecclesia constitutos * Malgré l'autorité de Mazzochi qui veut lire dans la lettre F, les lettres ET F, et trouver in pace et fede constibutus, nous croyons plus simple et plus conforme aux licen ces de tout genre que se permettaient des lapici des du 1vet du Ve de lire : Hic requesc(ilt in pace, flide con)stitutus, (Hilarus. Qui virit ann(o)s pl(us) milinu)s XX.
Les trav aux exécutés dans la galerie de la crypte du pape Damase ont amené la découverte d'une inscription grec que que le type des caractères permet d'attriAYPHAIOC GEOAOYAOC KAI KEKIAIA MAPIA CYMBIOC AYTOY ZONTEC EMNOIHCAN € AYTOIC KAI TOIC TEKNOIC AY 5 TOY OYPBIKO KE BONIDATIE EZHCEN AE OGEOAOYAOC ETH 0 :B : KATAKEITE :NMP :Z« KAA : NOENBPICGN : EIC ATATHN Aurelios Theodoulos et Cecilia Maria sa femme ont fait de leur vivant [celle tombe] pour eux et pour les fils de Urbicos et Bonifacia. Theodoulos à vécu 72 ans. Il mourut le 26 octobre +, Qu'il soit admis à l'agape. Un simple coup d'œil sur cette pierre suffit à montrer combien elle est remarquable, C'est un nouvel. - exemplaire de la sculpture en relief en creux, Le sujet à droite est heureusement conservé, il nous montre le défunt comparaissant devant le tribunal de Dieu et diffère des représentations du méme sujet connues jusqu'à ce jour é, Théophile est agenouillé devant son juge assis sur un siège élevé entouré d'une balustrade, détail précieux pour l'histoire monumentale des prétoires. Le défunt porte la barbe longue, la tuni que sans ceinture, la pænula et les sanda les. Le juge divin est imberbe, Au-dessus de sa tête se voit le chrismon k et sur la cymaise servant de cadre on lit : A€ECNOTHC HMON, « a Notre-Seigneur, » Le Christ juge introduit le défunt parmi les élus et l'issue du jugement est figurée par le geste d'accueil de la main sur la tète ét la présence des agne aux représentant les âmes 7, Le groupe de gauche est brisé en sorte qu'on ne peut voir que la main d'une figure masculine debout dans | une niche et tenant le volumen. Sur la cymaise on lit sur deux lignes : MOY... | NPO...ce qui veut dire peutêtre :
MOY ons à nai NPO gra IH. LECLERCO. BALCON. L'Orient et la Grèce ont, à une épo que très ancienne, disposé devant certaines parties des habitations une sorte de promenoir, La maison anti que prenait jour principalement sur la cour intérieure, cependant les murs extérieurs n'étaient pas toujours complétement aveug les et même, dans le cas où auc une ouverture n'y avait été ménagée, on pouvait établir dans l'atrium des balcons en-surplomb. Mais il parait certain que, de bonne heure, on installa des balcons ou promenoirs suspendus à l'extérieur des habitations. Il ne faudrait pas confondre cet aménagement avec le solarium ou toit plat formant terrasse au sommet de la maison. C'est autour de la terrasse, sur l'extrémité des poutres qui la supportaient et aux fenêtres des étages supérieurs qu'on installait des balcons, En Grèce, on fut obligé à plusieurs reprises d'interdire ou de modérer les balcons qui, par leurs dimensions excessives, obstruaient l'air et la lumiére dans la rue et aux étages inférieurs. A Rome, ce n'est qu'en 318 avant Jésus-Christ que l'interdiction fut levée. Le censeur Minianus prit l'initiative des tribunes décorées qui se répandirent bientôt dans les vil les d'Italie. Les particuliers s'empressérent de suivre l'exemple qu'on leur donnait, et il semblé que les premiers empereurs s'y soient montrés favorab les à raison de l'embellissement qui en résultait pour les vil les, Au temps de Caligula, les habitants de certaines maisons voisines du Palatin et du grand Cir que pouvaient, grâce à leurs | balcons, plonger leurs regards sur les dépendan ces du palaiss, Mais ce qui prouve tout ensemble l'usage et l'abus des balcons, c'est la préoccupation dont les Co des gardent témoignage, Il est nécessaire de régle_ menter, d'enrayer une mode qui dépasse souvent les | limites tolérab les de l'encombrement”, Or les mesures prises sont à tel point ineflica ces qu'en 368, Prétexlat, préfet de Rome, fera démolir tous les balcons de la ville 10, Un texte de saint Jérôme expli que incidemment cequ'il entendait par balcon : Aüyux in orientalibus pr'ovinciis idipsum dicitur, quod apud nos [— Latinos| lectum ; in Palæstina enim et gyplo, ubi vel scripti sunt divini Libri vel interpretali, non habent in teclis culmina sed éwuarax, quæ Hom& vel solaria vel mæniana vocant ; id est, plana tecta quæ transversis trabibus sustentantur 1, Quelques années plus tard, en #23, Honorius et Théodose établiront un règlement relatif à l'installation des balcons dans les provin ces. Aux termes de ce réglement dont il ne semble pas que les dispositions aient été longtemps respectées, des halcons établis lace à face sur la rue devaient être séparés les uns dés autres par un intervalle d'au moins dix pieds (295) ; entre un balcon privé et un grenier public l'espace libre devait être au moins de quinze pieds (m4).
H. LECLERCO.
BALDAQUIN. Les catacombes de Malte et de la Sicile nous offrent une variété de tombe aux, assez disgracieuse à la vérité et qui ne pouvait être pratiquée qué dans un sol extrémement compact, Tans ces catacombes on taillait communément les sarcophages en extrayant l'intérieur de la cuve qui demeurait, par sa base, adhérente au sol. La hauteur des parois réservées dans ce mode d'excavation (qu'on peut comparer au travail d'émaillerie en champlevé), la hauteur des parois, disons-nous, n'élait pas partout la même ! ? ; et dans une même tombe les faces longitudina les et les faces latérales n'ont pas invariablement la même hauteur, Le couvercle du sarcophage placé à l'intérieur de la chambrette fournie par les quatre arce aux du baldaquin | est parfois un peu plus bas (5 à 10 cent.) que la voûte | des ambulacres le long desquels reposent les tombe aux. | Ceux-ci sont pourvus d'un appareil singulier en forme
RE
baldaquin quand on voit les proportions considérab les des excavations à Malle ou en Sicile. Non seulement les ambulacrés y offrent des dimensions inconnues aux catacombes romaines, mais les ronds-points, les cubicu les, les chambres de toute forme s'y multiplient, alleclant une étendue qu'on n'eût pu entreprendre de déblaver à Rome sans une perpétuelle menace d'éboul'explication superflue, Il sufit de donner ici, pour faire comprendre le rôle utilitaire des baldaquins, une partie du plan d'une catacombe maltaise. On peut juger alors facilement de l'ingéniosité et de l'originalité de ce mode d'inhumation ?. Un exemple à peu prés identi que à celui de Malte est celui d'un baldaquin de la catacombe Molinello, près d'Augusta, en Sicile. Dans la nation moins exclusivement esthéti que qu'on n'est tenté de le croire. Le léger appui que fournissaient à la voûte les points d'affleurement de cha que baldaquin était, pour la portée de cette voûte, une condition non négligeable. Le principe utilitaire une fois admis, région méridionale de ce cimetière une chambre réunit divers mo des d'inhumation : la fosse au niveau du sol, la tombe à parois saillantes au-dessus du sol, l'arcosolum solitaire, l'arcosolium polysome et la tombe à baldaquin. Tous ces mo des se pressent les uns contre les autres ainsi qu'on peut le voir dans notre figure 1995.
À Molinello, le tombeau à baldaquin est une excepticn la forme importe peu, et elle ne pouvait guère varier beaucoup. Nous avons donné ailleurs la représentation d'un de ces baldaquins d'après la catacombe de l'Abazia à Nap les ! ; un simple coup d'œil sur la figure rend | uni que, et il est situé au point central de la catacombe, C'est une vaste excavalion contenant trois logements séparés entre eux par des banquettes et formant dans l'ensemble une sorte de petit édicule à quatre faces supportant son baldaquin sur six pilastres disposés de facon à présenter deux arca des géminées à l'est et à l'ouest et deux arca des isolées au nord et au sud. Le baldaquin n'est pas orienté très exactement, il offre une certaine déviation. Il est remarquable que cette tombe, signalée entre loutes, ne présente auc une espèce de décoration, soit en stuc, soit en inarbre on en peinture. La taille est rude et suffirait à elle seule à démontrer l'indigence et l'ignorance de ceux qui ont fait le tombeau, Les trois sépultures avaient été violées dès une épo que ancienne, et il impossible de dire si ceux qui y furent inhumés ont été, à un moment donné, l'objet d'un culte. H. LECLERCO.
BALE : (MANUSCRITS LITURGIQUES DE).
3. (A. VII, 3.) Psalterium græco-latinum, hibernicunr, ms. du 1x° siècle, Fcl, 2 Hymni Cantemus in omni die... (Mone, n. 972).
Alta audite….. (Mone, n. 858).
Fol. 2. Incipit epistola Salvatoris domini nestri Jdhesu Xristi ad uagarum.— Deus meus et pater et filius et spirilus sanctus.… deseruit, Fol. 2 vo, Pre ces.
De conscientiæ reatu ante altare. Dorrine, Deus omnipolens, ego humiliter.….
Fol. 3 ve, 1.
Precor vos omnes sancti angel, archangeli, vir_Ps. 1-CXLVH, 2... LHM. O. KG. tac Gta.
En regard du ps. xxx1, en marge on lit : Huc us que | scripsi. Hic incipit ad Marcellum nunc.
Fol. 98. Ps. cLi, ajouté postérieurement, Fol, 98 ve, Alcuinus VIT capit. libri primi de fide catholica (fragment), Fol. 1. Psalmi 1-CL et anepigraphus cLr.
Fol, 250. Cantica et Maxagroui.
H. LECLERCO.
BALÉARES (ILES). La période chrétienne à laquelle nos étu des sont limitées semble n'être représentée dans les î les Baléares que par un uni que monument, Il s'agit d'une mosai que découverte fortuitement par un paysan occupé à labourer une vigne siluée, dans l'ile de Major que, près de la ville de Santa-Maria, à trois lieues au nord-est de la baie de Palma. Cette mosai que marquait l'emplacement d'une basili que chrétienne complétement détruite et ensevelie sous la terre puis que la mosai que se trouvait à deux pieds de profondeur au-dessous du sol actuel. Il est facile de reconstituër la disposition de la petite hasili que avec son abside carrée. Les dimensions étaient assez restreintes puis que l'axe de la nef centrale, abside comprise, mesure poser que le mur de la façade affleurait ce point ; on n'a cependant rien de certain à ce sujet, La séparation des nefs était marquée par cinq rangs de colonnes ou piliers entre lesquels s'étendaient des compositions en mosaïques que nous allons décrire rapidement en nous aidant des débris subsistants à l'épo que ou fut gravé le dessin sous léquel on lit la légende suivante : A ültimos de Enera de 18553 un labrador, cavando una viña situada en el interior de la isla de Mallorca, término de
DICT, D'ARCH. CHRÉT.
la villa de Santa Maria à 3 lieues N.-E, de la baie de Palma, casualmente descubrid & moins de deux pieds de profondeur les fragmentos de este pavimento, el qué est copiado exactamente. Es un rectangulo de 64 piés de largo y 42 de ancho. Toda la obra esta compuesta de menudas piedras de mármol del pais, cuya figura es cubica, el fondo blanco y las demas de varios colores segun arriba se demarca per la graduacion de las tintas. Los espacios grabados… de la letra F son terreno hablado sin Mosaïca.
Les mosaïques de la nef centrale étaient divisées en six registres horizontaux encadrés par des enroulements. Comme la largeur de la mosaïque de la nef était la même que celle de l'abside, on peut supposer que les registres se continuaient régulièrement, mais de toute cette partie il ne subsistait absolument rien,
Les deux premiers registres, situés proche de l'entrée de la basilique étaient un peu moins longs que les suivants. Tout d'abord c'est une scène de chasse. Un lion poursuit des animaux qui semblent être des antilopes ou des gazelles. Puis vient une scène de la tentation d'Adam et d'Eve dans le jardin. Suivant un procédé que nous retrouvons sur quelques sarcophages espagnols on a inscrit les noms des personnages représentés * ADAM. EVA. Tous deux sont nus, vus de face et debout,
Ces étranges académies ressemblent fort à des d'arbustes et remplis de fleurs 3. Le troisième registre est fort maltraité. On y voit un chameau tenu en laisse par son conducteur et deux hommes, le bâton du voyageur à la main. La devise rend cette scène très claire ; on lit IOS|eph]et 1S Miaï)LITES. Il s'agit donc de la vente de Joseph par ses frères à des marchands ismaélites qui venaient de Galaad et portaient sur leurs chameaux des parfums, de la résine et de la myrrhe qu'ils s'en allaient trafiquer en Égypte.
Le quatrième registre est plus énigmatique tant à cause de la disparition presque totale du sujet que l'absence complète d'inscriptions. Au centre un personnage masculin qui tient un insigne en forme de bâton, On voit la main d'un individu qui prend le bas de son vêtement et de l'autre côté deux hommes et une mesure de capacité. Il parait vraisemblable que le sujet représenté est l'entrevue de Joseph avec ses frères, soit quand ils viennent acheter du blé en Égypte, soit quand on découvre la fraude imputée à Benjamin.
Le cinquième registre nous montre un jardin et la partie supérieure du corps d'un homme on lit AT N IVOAS. C'est très obscur, S'agit-il de la prophétie faite à Judas par Jacob ou de la trahison de Judas dans le jardin des oliviers ? Dans ce dernier cas on pourrait conjecturer dans la partie gauche du registre Jésus en soldats et
Fol. 215. Missa generalis. Fol. 16°, In communi omnium sanctorum. | Fol. 18, Ordo missæ pour l'évêque. Cf. Ad. Ebner, Quellen und Forschungen zur Gesch. und Kuntsgesch. F, Brenner, Gesch. Darst, der. Sakramente, Bamberg u. Würzburg, 1818-1824, t. ur, p. vin. 2. Ed. 111. 11. Sacramentarium S. Gregor (Freisinger Sakramentar, xI° siècle (olim Freising. puis LE Domstift. H. 34). Fol. +8. Calendrier, À noter : VI Kal. April., r'e sur. rechio dni. — III non. Mai ascensio dni, Fol. 9. Incipit liber sacramientorum editus a beato Gregorio ep. per anni circulums. — Per omniasecula, ete. ‘ Préface. Fol. 15. Proprium de tempore. — In vigilia domine Ë nostri Tesu Christi. | Fol. 123. Fin. S, Thomas. Fol. 124-431 ». Commune sanctorum. 1 Fol. 192. In dedicatione novæ basilicæ in anniversaria die, pro conditore ecclesiæ. ; Fol. 134-444« . Domin. I-XXV post octava pentecostes. Fol. 144-446 ». Adventus. Fol. 147-150, De sacra trinitate et les fériés suivantes. Fol. 150-200. Missa in veneratione sanctorum cottidian. — Missæ votivæ, missæ diversæ, missa pro defunctis, Fol. 201-202, Massa specialis OR Ÿ PTS (autre main). 3. Ed. V. 4. Sacramentarium gregorianum, xr° siècle | (olim : Domstift. B, 61). ñ Fol. 11'. Antequam presbiter nissan cela en Fol, 137-199. Communa sanciorum. Fol. 199', Missa de sacra trinitate, Fol. 140« . De sacra cruce. Fol. 140 », De sac. Maria, — — Ad suffragia angelorum… Fol. 141. Communis, Missæ votivæ et diversæ. Fol. 158. Benedictio salis et aquæ. Fol. 160. Incipit qualiter suscipere debeant st tentes, episcopi vel presbiteri.. Li Fol. 162. Commendatio animæ — et enterrement. % Fol. 170-179. Missæ pro défunctis. is Fol. 17%. Lectures pour cette messe, k Fol. 4181, Ad visitandum infirnum. k 4. Ed. IV. 3, Sacramentarium (Gregorianum) e h Graduale Bambergense, xi-x1r siècle (alim Dombi “. k thek, B. 41). # Fol, 1. Sum imperatoris. Vu, Fol. 1-9. Calendrier. Fol. 10-12. Ad invenienduni terminum paschalem.… *CZ Fol, 85. Antiphonæ : In diebus rogationum. Fol. 86’ (sans neumes). Sequentia de sco. Johanne. Fol. 87. Sequentia de sco. Nicolao. Fol, 87’, Sequentia de virginibus. Fol. 88. Tropi de nat. domini. Fol. 89 sq, Kwyrie, Gloria, Sanclus, Agnus, avec meumes. Fol. 93-109, Séquen ces pour toute l'année avec alleluia et neumes, De sacra Trinitate (sans neumes), Fol. 107. De sacra. Maria. Fol. 108. De sacra. Maria-Magdalena (avec all. neumé). Fol. 108« . De sco, Heinrico conf. (avec neumes). Fol. 111’. Benedictio carnium. Fol. 117-222, Oraisons pour toute l'année, Fol. 222, Lecons pro defunetis. Fol. 2%, In divisione apostolorum ; séquence : Celi narrant, Fol. 214. Missa universalis.… dominicum apostolicum regem nostrum et episcopum nostrum..{una cum omni congregatione et familia sei Petri et sci Georgit in omni sanitale custodi. 5. Ed. V. 9. Troparium et Sequentiarium. Comm x° siècle (olim (Cologne ?) Dombibliothek, &. 69). Fol, 1, Hymnus in consecratione chrisnialis : Audi judex morluorunr, Fol. 4. Fragments d'hymnes. Fol. 4, Règ les pour l'exposition des huit tons des Psaumes avec neumes el euouae en marge. Fol, 5. Les huit tons avec des exemp les. Fol., 28, Gloria laus et honor. Fol. 28° ». Quid regina poli. Fol. 29-60. Tropes. Dec coronalo magno et pacifico vita et victoria... Il. Imperatrici salus et vita... Nobilissime proli regali vita. Fol, 61, O lux æterna trinitas (autre main) Fol. 64. Benedictus es domine Deus patrum, Fol. 66-161. Séquen ces, En marge un Alleluia neumé | Æt lé nom de la mélodie en lettres rouges. Fol. 161, Sanctus, avec néumes. Fol, 162, Kyrie, Gloria, Agnus, avec neumes, Fol. 163-186, Commencements des offerloires avec les versets. Fol. 187. Gloria Patri d'après les 4 tons authentiques et les # tons plag aux avec les versets d'introîit, Fol, 196« , Un offertoire. Fol, 197 », Hymnes : Sancta trinitas nostram vocem tempera. Fol, 197. Rex sanciorum angelorum. Fol. 89« . Antiphonæ : In letania maiore. Fol, 90. Ad pluviam postulandant. Fol. W'. Ad poscendam serenitatenr. De mortalitate, _ Fol, M. Ad processionem in pascha. De sacra. Maria. Fol. A ». Ad spargendam aquam., In cena domini quando chrisma conficitur : a Audi judex. » « Lau des ommipotens ferinius tibi, » Fol, 2°, Incipiunt tropi de nativitate domini. Fol. 94, Gloria (en grec) Xyrie (le début en grec avec | tropes), De pascha ad introitumr versus. De angelico carmine. — Credo, En marge, d'une teinte plus pâle Alleluia pour difrérentes fêtes, Tropes et autres suppléments. Fol, 96, Versus in die sancto paschæ. Fol. 97. Versus Dieotolji. Fol. 97, Versus Fortunati presbiteri ad salutandan crucem. Ant, ad mandatum in cena Donrini. 7. A. IT. 54, Libellus Gradualis (Das Gebetbuch des | h, Kaisers Heinrich), Xe (olim Dombibliothek). Fol. 72. Liturgie pascale : Zn die sco. Paschæ, Antiphonæ : In die resurrectionts, Vidi aquam. Cum rex gloriæ. Fol. 73. Ad processionem in die Paschæ, Salve festæ dies… Altera de populo vernet adeptatus. Fol, 76. Sedit angelus ad sepulcrum. Fol. 76« . Lætania ad missarn in die sco. Paschæ. 8. A. II. 55. Graduale (Livre à l'usage de sainte Cunégonde), x1 » siécle (comme le précédent). Fol. 1« , In nomine domain in hoc belle continentur responsoria gradualia et alleluia cum versibus integris dominica 111, anle nat. donini. Cf, À, Weber, Die sogenannte Gebetbücher des heil. Heinrich und der heil Cunigundis, dans le Progr. des | Lyceums zu Bamberq., 1872. Fol. #1, In dicbus rogationum. Exurge domine adiuva nos. Fol. 42 », Ad pluviam postulandam. Fol. 44, Incipiunt tropi de nativitate Domini. De sco Stephano, sco Johanne ev.sco Innocent. Fol, 46-49. Kyrie et Gloria. — Tons et Tropes, Fol. 100. Incipit ordo tractuum. De sanctis. Infra sepluagesimiant. | cle (olim Dombibliothek. 8. 30). cle (olim Dombibliothek. B. 21). Fol. 1. Grdo qualiter agatur concili une provinciale, Fol. 14, Ordo processionis ad æcclesian : sive mats| sam sécundum romanos. ‘ol. 17, Incipit ordo ad regenr benédicendum, Fol, 27. Incipit ordo romanus ad benedicendum iniFol. 28« . Item benedictio…. secundum occidenta les, Fol. 32. Benedictio reginæ. Fol. 34’, Consecratio sacræ virginis quæ in Epiphamia. celebratur, Fol. H'. Ad ancillas dei virgines velandas. Fol. 43. Ad diaconissam faciendanr. Fol, 45, Consecralia viduæ. Fol. #8, Ordinatio abbatissæ canonican regular pr'o| Jitentis. Fol. 50, Ordinatio monasticam regular prafilentis. Fol. 52. In Christi nomine incimt obsequiun : circa morientes. Fol, 57. In agenda mortuoruni. Fol. 68. In purificatione scæ Mariæ, Fol. 72, in cathedra sci. Petri... Denuntiatio mensis prima, quart, ele, Fol. 75. De Septuagesima, etc. Fol, 75°. Grdo in annunltiatione, Fol. 76. Feria quartaincapitate iéiuni.La fin man que. Fol. 84. … lectio Ezechielis. Effundam (c'est la de. nunliatio scrulinii). 171 Fol. 99. {ncipit ordo a dominica mediana us que in octavas paschae et officiis divinis diebus et noctibus | breviter digestus (jusqu'à la férie 1v de la semaine sainte). Fol. 113. De oficis divinis a cena dni us que in octavas penlecosien. ol. 154 Henedictio lactis et mellis. Cf. Hittorp, Ordo romanus, dans la Bibl, pair. t, XL, | Diemand, Das Ceremoniell der Kaiserkrünungen, Mün- | chen, 1894, p. 124 sq. 5. ED. 111. 4. Pontificalis pars de collatione ordinum et diversis benedictionibus (Ordo Romanus), xt siécle (olim Dombibliothek. B. 251. Fol.1. Incipit ordo qualiter in Romana æcclesia sacri ordines fiunt, mensis primi, quarti, septimi, et decini. sabbhatorum die in duodecim lectionibus, ad sanctum Petrum ubi missæ celebrantur, Postquanx finitur canlus adjutorium per lectiones dat pontifex orationem. Postulat hæc sancla æcclesia. Fol. 35. Ordinatio ostiarii, lectoris, exorcistæ, acoliti. — Ordo qualiter… présbiteri, diaconi, vel subdiaconi eligendi sunt. Fol. 46. Benedictio vestimentorum sacerdotalium sive leviticorum, etc. Fol. 50. Benedictio corporalis, Fol. 51, Prefatio eucharistialis. Fol, 51°. Benedictio. Fol, 5%, Benedictio ad patenans. Fol. 53, Benedictio calicis, Fol, 55. Benedictio crucis, Fol. 61, Benedictio crucis metaliratæ. Fol. 65. Benedictio thuribulr. Fol., 66 ». Benedictio incensi vel thimiamaltis, Fol, 67. Benediclio capsarum. Fol. 73. Benedictio cybori id est umbraculi altaris, Fol, 76. Benedictio minoris vel itinerarii ciborii. Fol. 77, Benedictio tabulæ itinerariæ. régis, iniperatoris, épiscopi, pontificis (Ordo Romanus). xt siècle (alim Dombibliothek, H, 94). Fol. 2’, 111, 129'. Neumes. Fol. pour les nocturnes avec neumes. H, LECLERCQ. BAMOUQQA. Nous avons eu déjà l'occasion de faire remarquer la similitude qui existe entre un grand nombre d'édifi ces de la Syrie centrale, La petite église _ de Bamouqqa en offre un nouvel exemple ! (fig, 1239). | cule édifice reproduit pres que exactement le plan et les sont d'un mince relief ; el les ne présentent qu'une ré- PEU BAMBERG (MANUSCRITS LITURGIQUES DE) — BANAQFOUR 1% Situé à 1500® environ au nord de la localité, ce minusdimensions de l'église de l'ouest, à Déhes, Son mur à l'ouest est pres que intact, quelques parties du mur à l'est sont bien conservées. Ce mur présente trois ouvertures correspondant aux trois compartiments. L'église de Déhes avait, comme l'église dé l’est à Bakirha, quatre ouvertures, dont deux dans la partie centrale. Les moulures qui serpentent autour de ces fenêtres. pétition nouvelle d'un type commun dans la région. Le baptistère, chambre carrée située au sud-est de l'édifice, est d'une satisfaisante conservation, Mais, ici encore, rien d'original ; une simple réminiscence du baptistére de l'église de Paul et Moyse, à Dar Kita, ; = Era | Ai mais sans l'abside. Le plan montre assez clairement où se trouvent les ouvertures. Les fenêtres, placées à une grande hauteur, sont arrondies au sommet mais dé pourvues de moulures. Le portail n'est décoré que d'une simple moulure. Les fonts baptism aux se trouvaient probablement dans la niche creusée dans le mur à l'est, entre deux fenêtres, comme céla s'était pratiqué à. Kherbet el-Khatib, malheureusement il ne subsiste pe de l'aménagement de cette partie. BANAQFOUR. Banaqfour, dans la Syrie centrale, | a conservé quelques monuments curieux. Avant toutes choses revenons d'un mot sur ce que nous avons dit des procédés de construction en étudiant les ruines de Baalbek, Les architectes syriens de l'épo que romaine ont paru vouloir réagir contre la mode qui commençait à sévir depuis l'adaptation de la bri que aux édifi ces de proportions considérab les, Loin d'adopter ce procédé, aussi léger qu'économi que, que l'importation eût mis facilement à leur portée, ils se sont obstinés à construire suivant les métho des traditionnel les, Ils ont fait plus, ils ont cherché à donner à leurs ouvrages l'aspect imposant des constructions de grand appareil et même de ces constructions dont les proportions énormes ou bizarres frappaient l'imagination populaire qui leur prétait vite une antiquité fabuleuse. Un pan de mur d'une maison chrétienne de Banagfour révèle l'artifice d'un architecte facétieux. L'irrégularité de l'appareil atteint ici son maximum. On croirait par endroits, écrit M. de Vogüé, être en présence d'une construction polygonale de l'épo que dite cyclopéenne ; le doute pourtant n'est pas permis : outre que cet appareil renferme en lui-même des parties régulières et d'un caractère incontestable, il appartient à une maison marquée du signe de la croix. Non loin de Banaqfour, une église caractérisée par ses trois nefs, son abside, ses symbo les chrétiens, renferme dés bizarreries de constructions analogues et des murs dont l'appareil ne le cède en rien, sous le rapport des fantaisies polygona les, à celui que nous venons de reproduire (fig. 1240). Nous pourrions en rapprocher les murs de Bançqousa et de Nurieh, bien que le système polygonal y soit entendu de facon tout autre ; mais les édifi ces de Banagfour valent mieux par eux-mêmes que ces curiosités dans lesquel les l'archéologie ne trouve que peu d'occasions de s'instruire, On a souvent rappelé la ressemblance qui existe entre le plan des basiliques chrétiennes et celui des basiliques civi les. La Syrie centrale offre deux édifi ces publics qui ne furent certainement pas des églises ni des 5 Le “is Se RES 5e ie ss ÈS
Bançqousa et de Nurieh, bien que le système polygonal y soit entendu de façon tout autre ; mais les édifices de Banagfour valent mieux par eux-mêmes que ces curiosités dans lesquelles l'archéologie ne trouve que peu d'occasions de s'instruire. On a souvent rappelé la ressemblance qui existe entre le plan des basiliques chrétiennes et celui des basiliques civiles. La Syrie centrale offre deux édifices publics qui ne furent certainement pas des églises ni des bains publics, mais dont la destination reste douteuse. Ils ne sont pas antérieurs au IVe et sont situés, l'un à Serdjibleh dans le Djebel Halaka, l'autre à Banagfour dans le Djebel Barisha.
Le premier est un vaste édifice rectangulaire dont l'élévation offre une frappante ressemblance avec l'aspect des basiliques chrétiennes de Syrie. L'intérieur n'a reçu aucune division et, ainsi que beaucoup d'églises de cette contrée, plusieurs entrées sont ménagées, une dans le mur du fond, une dans chaque mur latéral. Les fenêtres, simples et couplées, offrent de nouveaux sujets de comparaison. Enfin, cette construction se trouve élevée sur une crypte taillée dans le sol. Elle demeure assez énigmatique avec ses murs non plâtrés, son absence d'ornements sauf une corniche à la cymaise et un pilastre ionique dans la fenêtre couplée. Peut-être sa distance peu considérable de Srir et de Serdjibleh, la crypte et divers autres détails permettraient-ils d'y voir quelque magasin ou entrepôt de denrées.
Quoi qu'il en soit de cette conjecture, l'édifice de SerdJ'bleh nous amène à parler de celui de Banagfour dont le plan et l'aménagement sont à peu près identiques. On serait tenté de voir dans le bâtiment de Banaqfour une halle, si la distance à laquelle il se trouve de la ville ne rendait cette supposition improbable. Le plan, la coupe et la vue, prise au sud-est, que nous en donnons suppléeront avec avantage à une description. Là encore l'édifice était pourvu d'une crypte. La partie supérieure comportait une partie analogue à cette disposition qui est qualifiée d'absidée quand la forme se prête à recevoir ce nom. L'abside à Banaqfour est une de l'Occident.
Le sol de cette abside est relevé de toute l'épaisseur des dalles du pavement, deux colonnes surmontées de chapiteaux corinthiens portaient une architrave moulurée et deux panneaux dressés et formant balustrade faisaient de cette abside, quoi que prise simplement dans la longueur de l'édifice, un lieu plus distingué. La mission américaine a retrouvé dans la crypte les débris des colonnes, des chapiteaux et des panneaux ; elle n'ose se prononcer en toute certitude sur la disposition de ces panneaux, soit à la place que nous venons d'indiquer, soit formant la balustrade d'un balcon au-dessous de l'architrave. La première explication nous paraît plus probable.
Outre les rapports frappants qui existent entre cet édifice de destination profane et les églises chrétiennes de la région, il faut remarquer que ces rapports s'étendent jusqu'à l'ornementation inclusivement. L'encadrement mouluré des fenêtres et des portes est entièrement conforme à ce que nous voyons dans les églises. Les jambages sont tout à fait plats, mais sur le linteau se voit en relief une plaque trapézoïdale ornée de moulures horizontales coupées brusquement aux bouts inclinés de la plaque avec un large disque symbolique au centre. Au-dessus, il y a un essai maladroit de corniche à feuilles d'acanthe.
Banaqfour conserve le plus grand spécimen aujourd'hui existant des maisons syriennes de l'époque dite de transition. À côté de détails traités en manière de réminiscence des ouvrages de l'époque classique, on relève des touches imprécises qui ne permettent pas d'assigner ces constructions hybrides à la période qui comprend les édifices datés certainement du XIe. Ce n'est cependant pas encore le type et le style franchement accusés de l'époque chrétienne du IVe. Ce type intermédiaire, doué de lui-même, occupe cependant une place importante, celle qui, dans toutes les directions de l'activité humaine, appartient aux types de transition.
C'est principalement dans les habitations privées que nous pouvons aujourd'hui l'étudier. Outre la maison de Banagfour, nous pouvons mentionner les maisons de Bashmishli, de Bamouqgqa, de Bsindelaya, de Djuva. La maçonnerie (en pierre) tout entière est d'un beau fini, quoique à l'étage inférieur on ait fait peu d'attention à la régularité des assises et que l'effet soit presque polygonal.
La maison de Bashmishli, située au nord de ce village, rappelle, comme celle de Banaqfour, le plan de la maison de Benäâbil. C'est la même conception qu'à Benäbil et à Banagfour, conception qui semble caractéristique de l'habitation privée à l'époque qui précède l'influence chrétienne, vers le même siècle. Les colonnes et les portiques sont fréquents et, à vrai dire, paraissent être une particularité de Silfaya, de Bsindelinteh.
Le plan de la maison de Banaqgfour ne présente rien de nouveau. L'architecte ne s'est pas encore affranchi du type en faveur au Ve, type que nous retrouvons à Benäbil et qui a été servilement reproduit à Banagfour. C'est par le style que l'on s'essaie à l'indépendance. Ici, le style est léger, traité librement mais encore avec sobriété. Les colonnes monolithes du portique inférieur sont demeurées toutes debout. La partie supérieure est rapportée un peu à la manière d'un chapiteau, bien que celui-ci, en réalité, soit encore purement dorique.
Deux de ces chapiteaux sont pourvus sur un côté de larges consoles qui supportaient les poutres ; suivant un procédé tout à fait commun dans la région septentrionale de la Syrie centrale. Le couronnement du pilastre offre en profil une cymaise droite. L'architrave est plate, ainsi que les lintéaux de la plupart des ouvertures, mais la porte de gauche de l'étage supérieur est pourvue d'un simple couronnement qui consiste en une large bande plate et en une cymaise (sans ornements).
Au-dessus du linteau de la porte à droite de l'étage supérieur, on a senti épuiser toute l'imagination des architectes du temps. La maison de Bamouqgqa marque une tentative vers l'affranchissement. Le plan de Benähil cesse de s'imposer, on combine autre chose et du moins on se dispense de le suivre. Petite, bien construite, bien conservée, cette maison nous montre, à la place de la colonnade inévitable du rez-de-chaussée, un vestibule fermé présentant les mêmes dimensions que la maison même, avec une large ouverture au centre flanquée de chaque côté de colonnes engagées d'ordre dorique.
À droite de l'entrée, dans le vestibule, se voient les traces d'un escalier qui conduit en deux paliers à l'étage supérieur où régnait, semble-t-il, un portique ouvert sur le vestibule. Les moulures de la porte sont exécutées avec soin. Les murs renferment un certain nombre de niches ou placards. À Serdiilleh et à Banagfour, nous avons signalé des cryptes creusées dans le roc ; la vallée qui sépare Banagfour d'Eschrécq nous montre un pressoir installé dans une grotte artificielle ; c'est une excavation de même nature civile et religieuse du roc qui va nous retenir encore quelques instants.
Cette excavation est aménagée en vue de procurer un tombeau. La façade ionique est de style classique. Cette façade largement taillée donne accès dans un étroit vestibule qu'une porte étranglée met en communication avec une chambre carrée du type ordinaire des chambres funéraires. La façade est la partie vraiment intéressante de ce monument dont il est malaisé de fixer la date. Peut-être peut-on la faire remonter jusqu'au IIe ; elle est ionique et malheureusement assez dégradée.
Néanmoins, la conservation excellente de l'intérieur permet de proposer une date. Les profils sont corrects et l'on peut même dire qu'ils sont encore purs. En particulier, le profil de l'entablement offre les principales dispositions d'un entablement ionique ; mais la frise a presque disparu, ainsi que le larmier. À sa place, on voit la doucine, qui est, comme on le sait, caractéristique des profils dans cette région.
Nous avons eu à plusieurs reprises l'occasion de parler de l'existence de banquettes dans les églises. Le P. Marchi nous a conservé l'aspect d'un étroit cimetière, dépourvu de tombeau et d'arcosolium pouvant servir à la célébration de l'eucharistie, mais offrant une banquette tout le tour de la salle et un siège de chaque côté de la porte. Marchi a supposé ingénieusement que ce local avait pu servir pour l'instruction à donner aux catéchumènes, ce que nous appellerions aujourd'hui la « chapelle des catéchismes ». J.-B. De Rossi croit que les deux sièges étaient réservés l'un pour le prêtre ou le diacre chargé de l'instruction, l'autre pour la veuve honorée du rang de diaconesse et chargée de présider.
L'existence de banquettes dans les églises n'implique pas nécessairement l'usage identique à celui qu'on en fait de nos jours. Nous verrons à l'occasion de la prédication (voir ce mot) que la coutume la plus ancienne et la plus générale était d'écouter debout la parole de l'évêque, de même qu'on écoutait debout les allocutions impériales. Il se pourrait que l'Italie ait donné l'exemple d'une pratique nouvelle, c'est du moins ce qu'on peut conclure du témoignage de saint Augustin.
Toutefois, si on s'en rapporte à saint Justin le Martyr, l'usage existait. Le texte le plus formel que nous rencontrons en Occident est, croyons-nous, celui de saint Paulin de Nole, parlant de sa chère basilique : « Dès que le lecteur s'est tu, celui qui préside l'assemblée entame une admonition et une exhortation à faire passer ces exemples dans la pratique. Ensuite, tous se lèvent en même temps et... ». On trouve, au IIIe, une attestation peu différente chez Origène : « Et ideo surgentes oremus, ut... », et chez saint Athanase : « Là où il est habituel de se lever et de prier... ».
Ces deux derniers témoignages valent pour l'église d'Alexandrie, tandis que saint Cyrille donne la même attestation pour l'église de Jérusalem : « Voyez combien sont assis maintenant en ce lieu, combien d'âmes attentives et le travail que l'Esprit saint opère en eux tous, suivant qu'il lui convient de discerner nos cœurs et nos consciences, ce que nous disons et ce que nous pensons. ». Enfin, l'auteur des Constitutions apostoliques peut représenter ici la pratique liturgique d'Antioche : « Si, tandis que l'évêque est assis, un personnage d'importance se présente, qu'il soit du pays ou d'ailleurs... les fidèles le recevront par l'entremise des diacres et si on manque de place, le plus jeune des diacres, doucement et sans tumulte, quittera sa place et fera asseoir ce nouveau venu. ».
BANGOR (ANTIPHONAIRE DE). — I. Édition. II. Origine. III. Date. IV. Le contenu. V. Contenu. VI. Usage liturgique. VII. Critique des différentes hypothèses ; notre système. VIII. Importance. IX. Bibliographie.
Il est au milieu de nous et voit notre conduite, | | encore qu'elles présentent parfois des leçons intéres | lacus, Cumiensis, Benchor, Benchorensis ecclesia, ete, ?, Ces derniers noms permettent même de préciser et d'assigner l'origine du manuscrit à la célébre abbaye | pro fraternitate, oratio pro abbate, sancti comgilli pr | Warren, doc. cit, ib.) Il faut distinguer ce pr d'autres monastères du même nom au pays de Galles et surremerit, cunclti sedilibus hurmillimis insidentes ad | de Belfast Lough, ancien territoire connu sous le Be de Dalnaraidhe, est de l'Irlande. On trouve dans le « Re nom de Rangor est dérivé de benn, corne ou pic. à 69. Elle est établie par ce fait que dans la liste des quinze abbés de Bangor, nommés dans l'Antiphonaire, refrain devient OMR TE Or Cons fut abbé de 680 à 691. Le témoignage paléographique concorde avec sont une cloche découverte dans les ruines de en à » # par la photographie. Cette édition, la plus remarquable | que l'on doive à cette société, comprend deux volumes | early Irish manuscript in the sé Library at Milan, London. Le premier (1893) contient une longue introduction historique, la reproduction phototypique, la translation ; le 2 (1895) contient une introduction turgique, le texte du manuscrit et des notes abondantes. L'édition confiée à E. Warren, fait grand honneur à ce liturgiste déjà connu par d'autres travaux de ce genre. L'édition de Muratori, la seule en somme, puisque les autres ne sont que des reproductions, était assez incorrecte, incomplète même, car suivant les méthodes alors courantes, Muratori se dispense de recopier les textes de prières connues comme le Benedicite, le Pater, etc. D'autres omissions ou erreurs sont plus difficiles à comprendre et ne s'expliquent que par ce fait en LI copiste employé par Muratori s'est acquitté assez négligemment de sa tâche.
II. ORIGINE. — L'origine irlandaise de ce manuscrit n'est pas douteuse ; elle est démontrée par la forme des lettres, l'orthographe, l'ornementation, les mots et les phrases celtiques et les noms des saints irlandais, saint Patrick, saint Comgall, Camdac, et les abbés de Bangor ; des noms de lieu comme Scoti, Hibernæ Gentes, Came- celtique de Bangor. (Pour le caractère monastique re. marquer les mots oratio communis fratrum, or batis nostri, memoram abbatum notons, etc, nuscrit plusieur s'allusions à l'histoire du monastère.
III. DATE. — La date est la fin du VIIe, de 680 le quinzième Cronan, est considéré comme vivant encore, nunc sedet, conservet eu Deus, le convocavit du en 1793, et le fameux antiphonaire qui fait l'objet de cet article. Le résultat de ces assauts fut, comme Jin mettre en fuite les moines, qui s'expatriaient em parfois avec eux leurs reliques et leurs richesses. L'ai *P É* rs de ces exilés dut s'enfuir avec le précieux manuscrit à Bobbio, le célébre monastère celtique des Apennins (nord de l'Italie), fondé par saint Colomban, qui lui-même avait été élevé à Bangor et mourut à Bobbio en 615. On dit même avec quel que vraisemblance que le moine porteur du manuscrit aurait été Dungal, C'est une hypothèse mise en avant par Muratori, acceptée généralement, mais qu'il n'est pas utile de discuter ici !. C'est en 1606 que l'antiphonaire quitta Bobbio pour Milan, avec plusieurs autres manuscrits précieux, quand le cardinal Frédéric Borromeo fonda la bibliothèque ambrosienne. Il y est encore aujourd'hui, sous la marque C. 5 inf. Le manuscrit contient 36 feuillets ou 72 pages mesurant 29,295 »x 17,5. L'écriture est en semi-ongiale irlandaise, mêlée de minuscule ; on distingue la main de deux copistes A et H. Il est écrit très simplement et, en somme, sans autre ornementation que quelques capitaux, mais pas d'arabesques.
W. G. Bishop, qui a étudié l'antiphonaire de Bangor dans un article très suggestif, émet sur la composition du manuscrit diverses hypothèses dont il est utile de faire mention. Il pense que notre manuscrit n'est pas une composition originale ; il ne rentre dans aucune catégorie proprement dite de livres liturgiques, et serait une sorte de combinaison hybride ; il serait le résultat de la réunion de quatre ou cinq Libelli ou petits livres liturgiques sur lesquels il aurait été copié. Ces quatre ou cinq Libelli correspondent à peu près aux sections que nous avons données Cf, $ V, Contenu. Tout cela est très ingénieux mais bien conjectural ; et les conclusions qu'en tire l'auteur sont conséquemment problématiques.
V. CONTENU. — Voici le résumé de son contenu d'après Warren que nous n'avons qu'à suivre dans son exposé aussi consciencieux qu'érudit. % Une collection de douze hymnes : fratrum. 2. Hymne des apôtres : Præcamur Patrem. 3, À la communion des prêtres : Sancti venite. 4. A la bénédiction du cierge : Jgnis creator igneus. 5. Au milieu de la nuit : Mediæ noctis tempus est. 6. Pour un martyr ou le samedi à Matines : Sacratissimi martires. 7. À Matines du dimanche : Spiritus divinæ Lucis. omnes amantes. 9. Yminum S. Comgilli abbatis nostri : Recordeniur jusliliæ. 10. Yranum S. Camelaci : Audite bonum exemplum. 11, Versiculi familiæ Benchuir : Benchuir bona regula. *BANGOR (ANTIPHONAIRE DE) 186* 12, In memoriam Abbatum nastrorum : Sancia sanclorunt oper« x. %æ Soixante-neuf collectes pour les heures canoniques : ad horas diei, ad initium noctis,ad martyres, ad matutinam, ad nocturnam, ad nonam, ad secundam, ad sextam, ad tertiam, ad vespertinam, post Benedicite, post Cantemus Domino, post Evangelium, post hymmnum, post Laudate Dominurm, post Laudate puert, post tres psalmos. & Dix-sept collectes pour diverses circonstances : Oratio communis fratrum pro baptizatis, pro abbate, pro fratribus, pro pace populorum et regum, pro blasphemantibus, pro impiis, pro iter facientibus, pro gratias agentibus, oratio pro elimosinariis|, pro infirmis, pro tribulantibus, pro pænitentibus, super hominem qui habet diabulum, pro abbate nostro, ad arean : benedicendam|. 5 Soixante-dix antiennes avec leurs versets : après Benedicite, après Benedictus, avant Te Deum, avant la collecte ad pacem ; pour diverses circonstances ; pour le Cantemus Don une, le Benedicite, le Laudate, | le Domine refugium, de martyribus, cotidiana, ad communicare, ad vesperum et malulinam. G° Le Credo.
Le terme générique qui doit être déterminé pour plus de précision par une apposition, antiphonale missarum, etc. Il pourrait donc s'appeler aussi bien collectarium ou orationale, puisqu'il contient des collectes et des antiennes, ou hymnaire pour une raison similaire, ou psautier, ou même graduel., En réalité aucun de ces noms ne lui convient. Il appartient à une époque où les livres liturgiques n'ont pas encore leur physionomie propre, une époque que l'on pourrait appeler de transition. La difficulté est précisément de savoir à quelle Il tient de ces différents livres (antiphonaire, collectaire, hymnaire, psautier) par sa composition. On a émis bien des hypothèses sur ce sujet, Pour les uns (U'Laverty), il est seulement un supplément propre à Bangor, qui contient par conséquent non pas l'ensemble d'un service, mais les seules parties propres. Mais il possède des parties qui ne sont pas propres (Te Deum, Pater, Gloria, etc.), et du reste, distinction du propre et du commun n'existait guère alors. Enfin ce serait un livre pour l'office divin, sorte de complément du lectionnaire et du psautier, spécialement pour la veille et le jour de Pâques, ou pour les samedis et dimanches du temps pascal, ou pour les samedis et dimanches de l'année et les fêtes des martyrs. Le dernier éditeur se rallie en partie à cette opinion, en démontrant que les allusions à la résurrection ou au baptême étant communes à l'origine à tous les samedis et dimanches de l'année, ne prouvent pas que l'antiphonaire de Bangor fut spécialement destiné à cette période liturgique. En dernière analyse, il contiendrait des prières de l'office pour les samedis, les dimanches et les fêtes des martyrs, soit pour le temps pascal, soit pour le reste de l'année.
W. C. Bishop, qui avait cru qu'une section du manuscrit ($ 34-36) appartenait au rit de la messe (collectes pour la paix, Credo, Pater), a depuis abandonné cette opinion, et rattache cette portion à l'office de nuit *, ti que des différentes hypothèses que nous avons énoncées dans le 8 VI. Quelques-unes tombent d'elles-mêmes devant l'examen du manuscrit, et l'on s'étonne même que l'on s'y soit arrêté, par exemple celle qui en fait le bréviaire résumé d'un moine en voyage, ou celle qui n'y voit qu'un fragment de psautier dont la première partie serait perdue, ou l'office propre de Bangor. D'autres ont pour elles plus de vraisemblance, quoiqu'elles ne soient que partiellement vraies. Du reste si le système que nous proposons était adopté, par là même les autres hypothèses s'élimineraient d'elles-mêmes ou se rectifieraient.
Voici les différentes étapes que nous établirons pour arriver à notre conclusion, a) Il faut d'abord admettre que ledit « antiphonaire » n'est pas un livre liturgique complet, je veux dire un livre liturgique tel que nous le concevons aujour d'hui, contenant toutes les parties, celles que chante le chœur, celles qui sont la partie du chantre, celles qui sont dites par le prêtre. C'est parce qu'on part d'ordinaire de cette conception relativement moderne que l’on se trompe sur l'appréciation de la plupart des livres anciens. Les livres liturgiques anciens ne sont jamais complets. Ce sont le livre du prêtre, ou le livre du chantre ou le livre du chœur, le livre du lecteur ou du diacre. La notion d'un livre contenant toutes les parties du service, comme notre missel ou notre bréviaire, est étrangère à la période liturgique du IVe au IXe et même pourrait-on dire du XIe environ.
b) Un second fait qu'il faut admettre, c'est qu'à cette période de l'histoire liturgique, on peut dire en thèse On s'en convaincra en lisant les différentes règles monastiques à ces époques reculées. Tous les moines doivent apprendre le psautier et le savoir à peu près par cœur. Et encore suffisait-il qu'ils pussent reprendre un QUE chœur chante le psaume, le chœur reprend un verset | LE ou partie de verset, Cette antienne ou répons (les deux 1. l'O noms sont souvent confondus) est, dans l'antiquité, très [T courte. Les leçons sont lues sur la Bible par un lecplus compliquées sont chantées par les chantres. ‘ | Il n'y a donc pas de livre connu pour les moines : tout au plus peut-on concéder qu'il y a un ou plusieurs psautiers pour permettre à ceux qui ne savent pas leurs psaumes de les suivre sur un livre. *BANGOR (ANTIPHONAIRE DE) | 188
| qu'une partie de l'office. Mais il est complet dans ce VII. CRITIQUE DES DIFFÉRENTES HYPOTHÈSES. NOTRE
sysrèue, — Nous n'entreprendrons pas en détail la eri- | _ vire siècle, cette conclusion serait que le chant se transou pour nous servir d'un terme moins moderne, du générale que les moines n'avaient pas de livre de char. | des versets comme antienne, Le lecteur au milieu du | teur, les oraisons sont dites par le président du chœur, | ou à la messe par le prêtre. Les répons et antiennes | €) I suit de là que l'antiphonaire de Bangor n'est pas et ne peut pas être un livre liturgi que complet, et c'est parce que l'on n'a pas envisagé la question à ce point de vue que l'on est arrivé à des résultats douteux, Il est donc incomplet dans ce sens qu'il ne contient sens qu'il me paraît sufilire aux offi ces de l'année, Cette seconde proposition est du reste indépendante de Ja. précédente, et même si on la contestait, notre système” demeurerait. Je reviendrai tout à l'heure sur ce point, Notre manuscrit ne contient qu'une partie de l'office ; la partie du chantre ou de l'hebdomadier, ou la partie. du président de chœur. C'est ce qui reste à préciser, » d) Est-ce le livre du chantre ? 10 La présence des cantiques, des hymnes, des antiennes, des morce aux comme le Te Deum, le Credo, les litanies, - pourraient le faire croire. L'absence des neumes ne. prouverait rien contre cette hypothèse, car ceux qui ont étudié l'histoire de la notation musicale au moyen âge, savent qu'avant le 1x° siècle aucun manuscrit ne porté. trace d'une notation quelcon que. A l'origine des recherches sur la notation du chant grégorien, l'auteur de cet article, en compagnie de dom Mocquereau, parcourut les principa les bibliothèques d'Italie, du nord au sud, cel les de Suisse, d'une partie de l'Allemagne et de la France ; nous ne pûmes trouver auc une trace de notation dans les manuscrits antérieurs au 1x siècle, Depuis cette épo que ces étu des ont été poursuivies, les bibliothèques d'Espagne, de Hollande, d'Allemagne ont élé scrutées à nouveau, des manuscrits de toute épo que : ont été photographiés, mais le résultat est resté le. même %, Si l'on peut tirer une conclusion quelcon que d'une expérience qui ne repose que sur le trop petit nombre des manuscrits liturgiques du vi et du
mettait d'ordinaire par une tradition orale, ou que les manuscrits qui en contéenaient des tra ces ont péri.
Il est inutile de s'arrêter à démontrer que ce n'est … pas davantage le livre du lecteur, l'antiphonaire ne contenant auc une lecon.
Il ne peut donc étre que le livre de l'hebdomadier, prêtre chargé de célébrer l'office du chœur, ou du prés. sident mème du chœur, le livre de l'abbé. Nous préférerions la seconde hypothèse, mais du reste si l'on veut s'arrêter à la premiére, nous n'y verrions pas. d'inconvénient, d'autant que souvent et dans bien des endroits les deux rô les durent se confondre, l'abbé restant chargé de célébrer lui-même en majeure partie l'office du chœur. La seule objection contre l'attri= bution à l'abbé, c'est la présence dans le livre du mn, 42 et du n. 118 pro abbate nostrot,Quelques-uns pourraient trouver peu séant que l'abbé dans le chœur priit pour lui-même. Mais ceci n'a pas grande importance, Pourquoi le copiste, en écrivant ce livre, aurait-il omis cette rubri que ce fait, et ceci n'est pas un pur jeu de mots, que ce livre est celui d'un particulier, qui naturellement a fait | sa pour son usage les parties qu'il lui paraissait utile d'avoir sous les veux.
Il faut supposer qu'avec ce libellus abbatis où priovis, qui serait le vrai titre de l'antiphonaire, l'abbé a devant lui un psautier, soit pour suivre et diriger le chant, soit pour désigner les psaumes qui doivent être chantés à l'office, car le choix des psaumes fut laissé à la libre disposition du président jusqu'au jour où les législateurs monastiques, comme saint Benoit ou saint Colomban, réglérent l'emploi des psaumes à chanter cha que jour et à cha que heure : encore saint Benoit réserve-t-il expressément le droit de l'abbé de changer l'ordre que lui-même a choisi. L'abbé a aussi une Bible, parfois quel que ouvrage des Pères, car c'est lui pareillement qui règle et choisit les lectures de l'office ou les lecons des Pères, et arrête le lecteur quand il lui plait.
La présence dans son libellus des cantiques de Moïse, du Benedictus, du Phenedicite, prouvent lout simplement ou que son psautier est un simple psautier sans l'addition des cantiques, ou peut être le psaulier d'une bible complète, dépourvue par suile de ces cantiques séparés que l'on trouve souvent à la suite des psautiers copiés en vue de l'usage du chœur, Les hymnes font aussi probablement, comme on l'a généralement reconnu, partie dans ce rite de l'office de lau des, sauf l'exception des quelques hymnes destinées à une fin particulière, l'hymne de la communion quotidienne à l'office du soir), l'hymne du milieu de la nuit, et peut-être telle ou telle autre dont la destination n'est pas indiquée, L'abbé peut suivre ainsi et chanter dans son livre les antiennes de la communion ou des heures du jour.
La récitation des collectes étant réservée à l'abbé d'ordinaire, dans le systéme ancien, lout au moins au prêtre ou à l'ofliciant désigné par lui, nous devons retrouver et nous retrouvons en effet ici, toutes cel les qu'il doit réciter, à la fin des cantiques après l'évangile (n. 65 et 74) aux heures de la journée (ad secundam, ad tertiam, ad nonam, ad vespertinam, ad initium noctis, ad matutinam, etc.) Quelquefois les formu les sont doub les, trip les, plus nombreuses même. pour permettre au président de varier la teneur de la prière suivant les temps. Les formu les en vers (par ex. n. 17 à 26) sont aussi des oraisons, et c'est un exemple nouveau de versilication dans l’oraison à ajouter aux trois ou quatre que l'on connaissait déja, - Pour la méme raison nous lisons dans le libellus les collectes pour la paix, le Pater et le symbole que l'abbé récite, une oraison d'exorcisme (n. 96), et enfin loutes les oraisons lilurgiqués ; pour ces prières, l'antienne (nous préférerions malgré l'opinion de Warren, voir » jci des versets) est chantée par les chantres ou par le On pourra naturellement modifier telle ou telle partie de ce système, supposer, par exemple qu'il % |. avait pour les différentes époques d'autres libeili à peu près semblab les. Pour notre part, nous serions portés à croire, comme on l'a vu plus haut, que le Hbellus n'est pas destiné à telle épo que lilurgi que mais qu'il sert pour loute l'année, à toutes les heures (sauf la messe qui a son livre spécial, le sacramentaire) du jour ou de la nuit, et qu'en somme il est le seul livre dont l'abbé se serve au chœur, avec sa Bible, La raison de cette opinion est qu'à l'épo que représentée par l'antiphonaire de Bangor, la composition des offi ces canoniques est pres que invariable, comme encore de nos jours pour prime et complies, dont la teneur n'est influencée par auc une fête liturgi que. Les psaumes en étaient encore la partie la plus variable, pourrait-on dire, jusqu'au jour où des règ les spécia les fixérent un ordre pour la psalmodie, Une fois ce fait reconnu, et je ne pense pas que cette opinion rencontre beaucoup de contradicteurs parmi les gens compétents, il s'ensuit que l'abbé dans notre prétendu antiphonaire trouvait toutes les formu les de prières ou de chant qui lui étaient nécessaires.
On remarquera du reste une oraison propre in natali Domini (n. 98), une pour les fêtes de martyrs (n. 97), une pour Pâques, probablement (n. 65) ; pour le reste c'est l'oratio cominiunis. Cela ne veut pas dire évidemment que le cycle liturgi que fût réduit à ces deux fêtes, mais les autres n'exerçcaient auc une influence sur l'office quotidien.
Telle nous semble la solution de ce petit problème que posait aux lilturgistes la découverte dé Muratori, On pourrait en tirer d'autres conséquencen ces pour l'histoire de la liturgie, mais il nous a sufli pour aujJour d'hui de poser cette thèse, Le nombre des manuscrits liturgiques remontant à une épo que aussi reculée (vire siècle}, est très limité ; on ne peut guére nommer que le lectionnaire de Luxeuil, le sacramentaire de Bobbio, les messes de Mone, les sacramentaires gallicans, le rotulus de Ravenne, l'orationale gothicum, el quelques rares fragments, De tous ces livres, l'orationale gothicum est le seul, avec l'antiphonaire de Bangor, qui ne soit pas consacré à la messe ; ce dernier est le seul survivant de l'office canoni que dans l'Église celti que, le seul représentant de cet office pour tous les monastères de l'Occident antérieurs à saint Benoît, Il complète ce que nous savons de celte épo que liturgi que par les règ les de saint Colombhan, d'Aurélien, de saint Césaire t, Il ne nous intéresse pas moins par ses relalions avec les rits ambroisien, mozarabe, et par ce qu'on peut appeler ses orientalismes ?, Le texte de l'Écriture qu'il emploie, antérieur aux corrections du 1x° siècle, est aussi très digne d'attention.
Cependant, notre solution admise, on voit tout de suite que l'écart entre l' « antiphonaire » de Bangor et les autres cursus occident aux de la même épo que est beaucoup moins grand qu'on n'avait dit. Cet oflice concorde dans ses gran des lignes soit avec les offi ces ambrosiens, mozarabes, gallicans, soit avec le cursus romain et le cursus bénédictin, Nous ne pouvons nous arrêter aujour d'hui à le démontrer. Beaucoup de singularités que l'on avait signalées s'expliquent du moment que ce libellus est le livre particulier d'un abbé ; les lacunes que l'on y remar que ou la présence de telle prière peuvent être le fait de ses goûts personnels. Tel trait que l'on avait relevé comme caractéristi que de Ja liturgie celti que perd par suite une partie de sa signification. | Ce n'est pas une raison pour rejeler notre hypothèse ; les solutions les plus simp les sont souvent les plus vraies, et après tout nous ne devons pas chercher dans :
191 un système la confirmation d'idées qui nous sont chères, mais seulement la vérilé,
F. CABROL.
Guerra y Orbe consacrait une dissertation très étroite pour les édifices religieux du XVIIe. Il se compose de 19% de texte inspirée de celle de don J. De la Rada, n'y ajoutant rien de notable que des dessins très soignés. L'attribution de San Juan Baños à l'époque wisigothique n'a, ainsi qu'on vient de le voir, qu'une quarantaine d'années de date. Jusqu'alors on avait pensé et dit généralement qu'il ne subsistait aucun édifice religieux de la période wisigothique. L'amour-propre national se trouva donc subitement flatté de la découverte d'un souvenir lointain et peut-être glorieux. Nul ne douta de l'irrécusable antiquité, jusqu'à ce que, en 1902, un étranger, M. A. Marignan, s'inscrivit en faux contre l'opinion générale et entreprit de démontrer que la construction de San Juan du Baños pré au viie mais au XIe.
L'église de Baños est dédiée à saint Jean-Baptiste d'après une inscription dont nous aurons à parler, elle aurait été élevée aux frais du roi Resceswinthe. Avant de discuter les affirmations et de citer les documents nous devons étudier la construction.
L'édifice est des plus simples. Il se compose d'un petit porche qui a eu malheureusement à subir d'importantes restaurations. La porte se compose d'une archivolté décorée de petites roses creusées à quelle que profondeur. Une croix gammée, d'un travail médiocre, marque le sommet. Un arc en fer à cheval d'une forme déjà prononcée retombe sur des jambages assez forts. Il n'y a, dans cet ensemble, rien qui impose le caractère d'une antiquité bien reculée. Au reste, on admet couramment aujourd'hui, même parmi les antiquaires de la région, que cette porte surmontée d'un clocheton pourrait bien n'être pas antérieure à la première moitié du XIIIe. Point n'est donc besoin de nous y attarder. Mais il peut en être autrement de l'église elle-même. Le plan de celle-ci ne recèle aucune indication chronologique. Il est des plus simples et des plus fréquents d'une nef avec bas-côtés et d'une grande abside flanquée de deux autres plus petites s'ouvrant sur ces bas-côtés.
La nef se compose de quatre arcs soutenues par des briques formant une décoration géométrique. Or, à Saint-Jean de Baños, nous rencontrons des murs élevés à l’aide de pierres de grandeur moyenne et bien colonnes. La forme des arcs serait, a-t-on dit, une preuve irrécusable de l'antiquité de l'édifice et de son antériorité à l'invasion arabe. Ces arcs sont, il est vrai, non en plein cintre, mais en fer à cheval, atténué. Or, cette forme, qui a été couramment employée au XIIe, ne peut se réclamer d'un monument remontant indiscutablement à la période wisigothique ; les seuls arguments qu'on puisse faire valoir sont sans valeur puisqu'ils n'apparaissent en aucune façon, ne rappelant en aucune façon le mode de construction observé dans les édifices civils. Les fenêtres, dont les murs de la nef sont percés, sont longues et étroites, bien appareillées et élargissent leur embrasure tournée à l'intérieur de l'église.
La petite reposent sur des monuments antiques à coup sûr, mais remaniés après l'invasion arabe ; tels, par exemple, les stèles romaines enjolivées de sculptures ajoutées après coup. L'art du constructeur pendant la période wisigothique nous est connu par quelques édifices civils. Les peuples barbares avaient hérité des méthodes déplorables en usage au Ve parmi les constructeurs du Bas-Empire. L'exécution vaut généralement les matériaux, on entasse les briques et, dans les parties visibles des édifices, on fait usage de moellons grossiers séparés par des frises au-dessus des fenêtres, ornée de roses, les colonnes supportant la retombée des arcs, leurs chapiteaux de remploi avec les acanthes recourbées profondément, sont autant de traits qui mettent en défiance sur la date généralement attribuée à l'église.
La nef se compose de quatre travées, mais, détail qui a aussi son intérêt, la retombée des deux arcs extrêmes n'est pas soutenue par des colonnes, l'architecte a dessiné à une extrémité une sorte de chapiteau formant corniche, qui est comme un cul-de-lampe, à l'autre une petite frise sur laquelle l'arcature vient mourir. Nous avons comme décoration des petits cercles dans lesquels sont inscrits des losanges. Les bases de colonnes sont aussi caractéristiques, elles se composent de petits tores nombreux, séparés par des gorges minces, étroites et fort profondes. C'est un dessin, on l'avouera, un peu trop fantaisiste pour le XVIe.
Nous attirerons aussi l'attention sur les tailloirs ; leur tracé trahit encore une époque récente ; il est fin, délicat, se compose de fines moulures, séparées par des gorges nettement accusées. Il est loin de ressembler à ceux des xiiie et XIIIes, épais et fort hauts formant eux-mêmes un second chapiteau ! Celui-ci a, au contraire, la largeur de la retombée. Nous terminerons l'analyse de la nef en indiquant certaines frises sur les parties des murs voisins de l'entrée. On y voit des grandes roses à quatre feuilles, profondément creusées.
Les murs de cette nef supportent un toit en charpente. Une partie de l'église, le chevet, ne saurait fournir aucune date, car son plan est celui des édifices bâtis au XIIe : la fenêtre en forme de meurtrière, semblable à celle de la nef, qu'on a percée au centre ; les deux autres en cul-de-four qui se voient aux absides ne sauraient convenir à celles du VIIe. Le plan même de ces absides est rectangulaire, forme tout à fait inconnue au VIIe. Terminons en disant qu'on exécuta au XVe certains travaux ; une chapelle aujourd'hui détruite était placée jadis sur le côté, il ne reste de cette construction que des fragments de frise placés sur le mur extérieur.
Les principales dimensions de l'édifice et de ses parties sont les suivantes : Atrium, longueur... 9,97 - largeur... 4,45 - 2001 : 0000. Arc de l'entrée, hauteur au-dessus du sol 4,03 - diamètre de la plus grande largeur... 1,80. Archivolle... 0,85. Porte d'entrée de l'église, hauteur... 2,43 - largeur... 1,33. Église, longueur... 10,95 - 12. Nef centrale, largeur... 4,03. Nefs latérales, largeur... 1,90. Muraillons, épaisseur... 0,76. Colonnes, diamètre, variant entre... 0,60 et 0,70. Chapiteaux, hauteur, entre 0,60 et 0,80. Colonnes, hauteur, entre 2,38, 2,61 et 2,68. Arcs sur colonnes, hauteur depuis le sol jusqu'à la clef... 4,50. Fenêtres, de leur base au sol de l'église... 5,19 - de leur clef au sol de l'église... 6,75. Hauteur des fenêtres... 1,06 - 95. Hauteur depuis la frise surmontant le mur des fenêtres jusqu'au sol... 7,38. Arc triomphal, hauteur au sommet... 5,52.
Don J. De la Rada s'est évertué à affirmer sa conviction à propos des moindres ornements de la décoration ; tout lui devient prétexte à proclamer le caractère wisigothique de la décoration. Malheureusement ces affirmations ne sortent pas du domaine des phrases vagues et des explications générales. Quelle que bonne volonté M. De la Rada ait mise à l'élaboration de son ouvrage, ni un argument d'ordre architectural ni un argument d'ordre historique ne soutiennent ses dires. On s'explique à peine comment une opinion à tel point dénudée de preuves a pu entraîner un assentiment presque général.
L'unique raison de quelque poids qu'on ait pu faire valoir en faveur de la date wisigothique de l'église de San-Juan en Baños ne se trouve pas dans les dispositions architectoniques de l'édifice, mais dans une inscription qui se voit au sommet de l'arc triomphal, lequel s'appuie sur les chapiteaux des deux dernières colonnes de la nef centrale. Cette inscription est tracée sur une plaque de marbre mesurant 0,68 de côté. D'après don J. De la Rada, les lettres auraient été dorées primitivement, elles sont aujourd'hui peintes à la couleur jaune. L'inscription a été transcrite par plusieurs anciens collecteurs, Mora les (chez qui Yepes l'a trouvée), Velasquez, et par les épigraphistes qui l'ont examinée et éditée. On est en droit de se montrer surpris du peu de soin apporté par lui à vérifier et à critiquer un texte de cette importance.
Son commentaire doit être cité tout entier ici : »Non video cur non possit ejus quod indicatur temporis esse, Lillerarum contignationes el compendia scribendi, si qua f'uerunt, videtur Mora les tacite solvisse ut solet. Aeræ indicatio, quamvis insolens, non videtur aliter posse intelligi, ac posui ; ut sexcentum decies pasilumi sit pro sexies centumi !« . Dans la révision parue en 1900 des inscriptions publiées en 1871, Hübner s'est borné à corriger deux lectures et à donner le commentaire suivant : »Grégorius Mayans in epistula ad P. Burmannum, Anthol. veterum epigrammatum Latinorum, t. in, p. iv, Edidit nuper præter alios Satis accurate, Richardus Becerre de Bengoa, ET libro de Palencia, in-#, Palencia, H8M4, p. 195 ; Bücheler, Carmina epigr. lat, p. 322, qui v. 6 pro deries numero cogilavit de dege(n)s vocabulo, ut aerasit 699 sercentum decies nonagesimia nona, Quod sane fieri potuit ?« .
Voici quel serait le texte de l'inscription d'après D. J. De la Rada. Le texte est formel. S'ensuit-il que l'édifice sur lequel on l'a appliqué soit bien celui auquel il fait allusion ? Rien assurément ne serait plus aisé que de dire que le titre primitif gravé au VIIe a été détaché de l'église à laquelle il avait appartenu et encastré, au XIIIe, dans le mur de l'abside reconstruite afin de donner à l'édifice nouveau le prestige même de celui qu'il remplaçait. Mais c'est le titre lui-même qui appelle des réserves. Son insertion dans le recueil de Hübner n'a pas eu la vertu de lui conférer une antiquité qui ne lui appartient peut-être pas. La forme des lettres, le type d'écriture, la formule »ego rex« , enfin le type même invitent à faire descendre la date de l'inscription jusqu'au XIIIe environ. Hübner a proposé une lecture qui révèle son embarras, »series centum« au lieu de »sercentum decies« , et, malgré cette correction héroïque, il reconnaît que la mention de l'aera, à cette date de 661 (= aera 699), est insolens ; il l'accepte cependant.
Quant à la statue de saint Jean-Baptiste, c'est un ouvrage d'albâtre du XVe aujourd'hui déposé chez le curé de Baños.
BIBLIOGRAPHIE. — D. J. Agapito y Revilla, La basilica wisigoda de San Juan Bautista en Baños de Cerrato, in-8, Valladolid, 1902. — Amador de Los Rios, Los monumentos arquitectonicos de España publicados a expensas de la Comisión del Mapa Geológico por Don Fernando de Navarro y Calvo, Basilica de San Juan Bautista fundada por Recesvinto. E. Hübner a été le premier éditeur, formé à la BANQUE, BANQUIERS, Le prêt d'argent à titre onéreux a été connu et pratiqué par les anciens ; c'est, avec les différences que le temps ne peut manquer d'apporter à toutes choses, un contrat analogue à celui de notre prêt à intérêt. Par ce contrat, une des parties qu'on appelle le prêteur, transfère à l'autre partie, qu'on nomme l'emprunteur, la propriété d'une certaine quantité de choses, dites fongibles. L'emprunteur en aura la disposition souveraine, à charge de rendre, à une époque convenue, une égale quantité de choses de même espèce et de même qualité. Le plus habituellement la chose fongible faisant l'objet du contrat est une somme d'argent. La répartition des biens dans une société civilisée fait du prêt d'argent à titre onéreux une quasi-nécessité. Le législateur ne peut s'opposer à ce que les capitalistes favorisent les entreprises des producteurs en leur fournissant, contre une indemnité, l'argent nécessaire.
Cette indemnité représentera la perte que le préteur s'impose en se dessaisissant de la somme prêtée et le risque auquel il s'expose, de la perdre. La légitimité d'une telle stipulation est évidente. Le droit ancien l'avait compris et favorisait les prêteurs afin de les rassurer et de les engager à faire circuler leurs capitaux.
Philosophes et poètes se montraient moins favorables. Platon défend le prêt à intérêt et porte cette sanction que, si la défense n'est pas respectée, l'emprunteur sera autorisé à refuser, non seulement cet intérêt, mais même la restitution du capital. Aristote déclame que « l'argent est naturellement stérile ; il ne doit servir qu'à l'échange. En retirer un fruit, alors qu'il est incapable de rien produire, c'est agir contrairement à la nature ».
Si ridicule que soit l'argument, il n'en vaudra pas moins — il n'en vaudra que plus, peut-être — pendant tout le moyen âge. On le résumera, on le torturera, bref on l'amènera à cette formule : Nummus non parit nummos.
C'est d'ailleurs le contre-pied de la définition du fenus par Festus : Fenus….. à felu quod crediti muni alios pariant, ul apud Græcos eadem res <éros (de <ixcw, engendrer) dicitur. Varron dit également : Fanus dictus est à fetu, quasi à feétura quadam pecuniæ parientis et increscentis.
Dès la période classique, fœnus se trouve supplanté dans les textes juridiques par un terme destiné à une fausse une. On dit couramment usura. Le capital porte le nom de pecunia fenebris, sors. Ce qui, au témoignage de Festus, est synonyme de patrimoniunm.
Plutarque nous apprend qu'à la fin de la République romaine, le prêt sans intérêt était d'une grande rareté.
Mais la fixation du taux de l'intérêt était d'une appréciation fort délicate, et jusqu'au temps de la loi des Douze Tables, on n'a pu rien décider sur ce point ; l'usure était libre. Cette loi entreprit de fixer une limite à l'intérêt et s'arrêta à unciarium fœnus, mais cette solution ne réussit pas.
L'opinion la plus accréditée, et celle qui présente le plus de probabilité, entend par unciarium fœnus un intérêt annuel au denier 12 (= 8 1/3 pour 100). C'était l'intérêt en vigueur à l'époque qui fait l'objet de nos études.
Les Pères de l'Église reviennent fréquemment dans leurs ouvrages sur la profession de banquier, La façon rigoureuse dont Jésus avait traité les changeurs dans le Temple de Jérusalem ! n'était pas faite pour incliner à l'indulgence. Faute de posséder une formule claire à leur endroit on l'avait improvisée en l'attribuant à l'Écriture. Les Constitutions apostoliques l'enregistrent avec soin : « Banquiers soyez honnêtes ; » mais la formule circulait déjà depuis longtemps. Peut-être avait-elle été frappée pour le besoin de la cause par Clément d'Alexandrie chez qui on la rencontre le plus anciennement ?, Elle fut reprise par Origène et par Pamphile, par Palladius, le biographe de saint Jean Chrysostome$, et par l'historien Nicéphore °. Afin de relever l'autorité de cette formule, ce qui suffirait seul à montrer l'importance prise par les banquiers, on ne trouva rien de mieux que l'attribuer à Jésus-Christ ?, d'autres se contentant de la mettre au compte de saint Paul # ou des apôtres , Ce ne sont pas d'ailleurs les seuls écrivains ecclésiastiques qui font usage de ce texte 10, Cotelier pense que l'explication du crédit donné à cette formule doit se trouver dans l'addition faite en marge du manuscrit de l'Évangile en regard de Matth., xxv, 27, ou de Luc., x1x, 33, passages dans lesquels il est question des banquiers. Un autre copiste aura pensé pouvoir le rapprocher dans son manuscrit des Épitres Paulines, en face de 1 Thess., v, A ; peut-être même quelqu'un aurait cru pouvoir le transcrire à côté de 1 Joa., 1v, 1. Quels quels que soient les doutes que donne lieu d'hésiter avant de la recevoir. D'après le passage cité de saint Cyrille | d'Alexandrie on constate que la phrase était entrée dans le texte même de l'Écriture qu'il citait : « rotodrôv Ti ut à uaudgcoc Ilaÿàdc no, yéveohs DAÔGILOL THATESTmoins tous les exemplaires ne l'avaient pas reçu puisque Rufin d'Aquilée ne l'ayant pas trouvé dans son exemplaire omit de le traduire quand il le rencontra dans la lettre de Denys d'Alexandrie insérée par Eusébe ; il se contenta de ces mots : Oninia legite, quæ bona sunt tenete. Avec Nicéphore on revient simplement au belou Adyou. En terminant rappelons les épithètes prodiguées | aux banquiers par les Pères. Ils les traitent avec déférence. Saint Cyrille d'Alexandrie : « goévemer rpameltirut ; Origène : xxhot toanefi car, prudentes mummulari, evercilalissimi trapezilæ ; Théodore Studite : xhoi roarelicer ; saint Jérôme : probi trapetritæ, prudentissimi trapezitæ, callidi trapezitsæ ; saint Ambroise : boni numimularii ; le diacre Épiphane : divini trapezitæ ; saint Jean Climax : Sptotos toaretirnc ; saint Jean Damascène : Cdaiuot spanelltar.
H. LECLERCO. BAOUÏT. — 1. Généralités. Il. Le monastère et ses dépendances, IT, Les églises, IV, La sculpture, V. Les chapelles funéraires, VI. Les fresques. avec ou sans l'article. Il a servi à désigner à l’époque chrétienne une laure, un monastère et plus tard, dans certains cas, l'ensemble des habitations qui s'élevaient autour et en dehors du *BANQUE — BAOUÏT* | païenne ce mot emprunté par les chrétiens d'Égypte.
Mode et peu fatigante pour faire une si longue course L'explication est simple, mais le nombre des cas aux- | Nil à Psoi, qui se trouve être le point le plus rapproché un travail paru en 1902, M. W. Crum 17 avait rassemblé | | font que confirmer les conclusions auxquelles étaient arrivé le savant anglais et où mes premières recherches | recueillis ne sont pas tous de la même valeur, mais certains géographiques que du monastère, 1° Sur un fragment | eco les., L VIE, ©. vu, P. G., 1. xx, col, 648. — 10h trouveræu énumération complète dans J.-B. Cotelier, SS, Patrum un mot le village dans son entier, Dans l'antiquité : à l'hiéroglyphe LL î \= c qui l'avait pris Ve bn. breu n'3, servait à désigner la maison, l'habitation, Wa demeure. On trouve souvent dans la vallée du Nil, des noms de lieux portant le nom de ahurr, mais le synonyme arabe 53, deir, est encore plus fréquent. Il semble € dans ce cas le nom arabe ait remplacé le mot copte.
Dans la vie de Panine et de Paniou !!, nous voyons es deux saints quitter Deirout Sarapamon (province de Minieh}, remonter le Nil jusqu'à Psoi (Ptolémats, aujour d'hui Menshieh) et se diriger vers la man 75 de Ebôt, où un certain Jean, établi dans le lieu, édifiait une église. Quatremère 12, suivi par Amélineau t3, a identifié ce lieu avec Abydos 1+, D'après le contexte il semble 4 que les deux saints, en quittant le Nil, sur lequel ils avaient voyagé jusqu'à Psoi, aient continué leur voyage à pied. On ne comprend pas pour quoi les deux hommes ont abandonné une route si pratique. Pour ma part ce seul fait me paraît impossible et inexplicable. Je préfére voir dans cet Ebôt, l'emplacement qu'occupe actuellement le village nommé Deir, « le monastère, » situé au sud-ouest de Menshieh. : Ebôt à une certaine époque aurait perdu son appellation copte pour prendre celle arabe. Dans ce cas, Panine et Paniou étaient en effet obligés de quitter le de El-Deir et de la montagne.
Une inscription donnée par de Bock 15 mentionne le même lieu et le même personnage. Elle est ainsi conçue : Fiiuyr aa É PINHOSAEN Equj une Æroor HEBWT, à du père, l'apa Jean qui est de la montagne d'Ebôt, » : L'identification pour l'emplacement de la laure de, l'apa Apollo nous semble plus précise ; les textes plus nombreux nous ont permis d'établir à coup sûr le lieu où ce célèbre moine avait élevé son monastère 15, Dans quelques matériaux sur le saint et le couvent ; depuis J'ai réuni# un certain nombre d'autres textes qui né sur les lieux m'avaient déjà conduit. Les textes tains d'entre eux ne laissent aucun doute sur la situation de papyrus trouvé à Baouït, on lit : aunronoc nañta SnoNAG Qi nron Fu par OP MN 220 MONO nrronoc Hovwr, « dans le monastère (Litt, dans le lieu) de l'Apa Apollo, qui est dans le nome de Schmoun (act, Ashmounéin), étant moine (le nom est brisé) du monastère de Ouôt (ou Baouït) !# ; » % Panine et Paniou après avoir quitté Antinoé se dirigent « vers le lieu de. Ouôt dans le nome de Schmoun », ov%ane movur ont Tous l, D'autres textes ne mentionnent que la localité ou Le nom du saint, en voici quelques exemples recueillis pour la plupart sur les monuments de Baouït ; AMOR HAAMUOHE par BUT : SPIMEALCTE HAT swcHb HparaËUTl : MASRAPIOC KPAROC MPECS Éyrepoc [anaonac THPIOIN Mans AMOOTAAU ! ; ana HYPE HONTIBONM MONO OC) HNITONOC HOT ? nparA[e Jrupolane | oyuT' ; eyRes ALLO MIPEX sf : cet Eudémos est vraisemblablement le même qui subit le martyre sous l'empereur Dioclétien et qui se trouve représenté sur une fresque de Baouît, dans la chapelle LIV, avec la mention eyseauwon rauaprypoc. Ces différents textes et surtout les deux premiers sont en concordance parfaite avec les auteurs ecclésiastiques qui nous racontent qu'aux environs d'Hermopolis (— Schmoun), il y avait un couvent de moines fondé par un vieillard nommé Apollo $. Au milieu du vi siècle, l'abbé Daniel visite une grande laure d'Apollo, dans la Thébaïde, avant de se rendre à Hermopolis ?.
A ces divers documents, je dois à la bienveillante obligeance de M. Casanova, directeur-adjoint de l'Institut français du Caire, de nouveaux renseignements géographiques et historiques, qui nous montrent l'importance du lieu et le rôle politique que cette localité ñ joué à la période byzantino-arabe. | Voici la note que m'a communiquée à ce sujet M. Casanova : à D'après Dimishqi 19 qui le cite d'après l'historien al Mousabbihi, une liste des 60 provinces (3, $ — ywpx) de l'Égypte fut dressée sous le khalife fatimide al Häkim bi amr [llah (Heg. 386-511). Parmi elles, se trouve mentionnée Bérith qu'il faut lire : Bawit (bas au lieu de Ls +). Ces listes de provinces qui ont beaucoup varié pendant la période arabe se retrouvent chez beaucoup d'auteurs ; les plus anciennes se rapprochent le plus des listes d'évêchés gréco-coptes-arabes que nous ont conservées certaines scalæ coptes 1 ! de la liste grecque recueillie par Pococke t ? et des notitiæ episcopatuum 13, On peut affirmer que la plupart de ces provinces où kourats (5, &$) arabes représentent d'anciens évêchés. =3 « Al Kalkachandi (mort en 821 hég.)t# d'aprés une liste de 55 koûrats citée par al Koudäñ't (mort en 457 hég.) parle de Büvweit (Botweïl} : « C'est ainsi, dit-il, « qu'épelle Ibn Khallikän ; mais Aboû'lfidä écrit Abweït « Le > al). Il y à deux villes de ce nom : une dans la province de Bahnasä, une autre dans la province d'Assioüt « qui s'appelle Boûweïl el-Batina ALARM Ls es), » Il remarque, avec raison, que c'est de cette dernière qu'il s'agit dans la liste d'al Koudâ'i. Cela résulte, en effet, de | la place de cette kourat entre Tahä et al Achmoûneïn. La première est Aboûit 15 moderne, prés de WVasta ; la seconde est Bawit dont il est ici question, « La liste des villes que Silvestre de Sacy a publiée à la fin de sa traduction d’'Abd el Lalif et qui a été publiée à nouveau au Caire 1 mentionne, dans la province d'Assioût, AZx2H ls el, Aboûit al Batinat, comme al *BAQOUÏT 206* Kalkachandi. Ibn Doukmäk qui donne une liste fort semblable dans sa Description de l'Égypte 1, écrit | AmAril LB : ssl. On voit donc qu'au nom de Bawit est | annexé celui d'al Bathinat ou Bathaniat. Ce dernier, si le copiste arabe néglige les points diacritiques peut donner lieu à des transcriptions très variées. “ Ceci posé on peut se demander à quel évêché copte la kourat de Bawit a pu répondre. Dans la liste publiée par M, Amélineau à la fin de sa Géographie copte 18, après TOY90 Leb et UOTE 60 qe Y, c'est-à-dire dans une position presque identique à celle de la kourat vient l'énigmatique noyea (var. noyhacta) Lo bus [Sa red em. MOYHICR où mieux | moybics me parait être la transcription copte de Ls 39 écrit Less #5. On sait que la tête du L se trace après le ventre et,dans une écriture rapide, peut se confondre | avec un | précédé d'un ss ; donc L peut devenir LS. La transcription de Lsses sera exactement noyhics. « Comment Bb : +5 ou Less 4 at-il pu devenir dans l'équivalent arabe : Lis #3 : c'est plus difficile à expliquer. Il n'en reste pas moins certain que les éléments noy et & sont identiques et qu'il n'y a plus de rapport entre qiea ou acte et le JA arabe ; celle seconde partie du mot est nécessairement altérée ; ce qui | légitime une restitution. Ce qui rend celle que je propose plus vraisemblable, c'est l'adjonction du second nom : LS ou Là qui peut être l'altération de ans écrit Lx puis Lis et enfin Lis, “ On peut donc admettre que Bawit moderne répond à un évêché copte dont le nom nous est parvenu, travesti sous une transcription fautive, dans les scalæ coptes.
« (Note complémentaire.) La ville d'Aéoz :e d'Étienne de Byzance que d'Anville identifie avec Aboûtig moderne (copte tanoeYKn ?#) me paraît répondre bien mieux à Abouît (Bawit), La Notitia dignitatum nomme en Thébaïde un Abocedo qu'on a proposé de lire : Abotide (ablatif d'Abotis) et qui peut aussi répondre à la moderne Bawit, Le nom d'anoeyra est évidemment d'origine grecque et ne peut avoir aucune espèce de rapport avec AGori. Malheureusement nous n'avons pas de renseignements sur la position de cette ville ét ce n'est qu'en l'identifiant avec Abocedo qu'on peut la placer dans la Thébaïde, »
À ces différents textes il est bon de signaler encore les nombreuses inscriptions ou graffiti recueillis pendant les travaux où le nom d'Apollo se trouve mentionné dans presque toutes les invocations ; il est généralement accompagné de ceux de Phil et Anoup qui paraissent avoir joui d'une assez grande réputation à côté du saint : ces derniers furent peut-être appelés à diriger à leur tour la célébre laure.
Une peinture curieuse, découverte en 1905 (chapelle LI) nous montre les trois personnages assis sur un même siège. Apollo occupe le centre, Anoup est à gauche et Phib à droite, D'autres personnages debout, formant une sorte de garde d'honneur, encadrent les trois saints : à gauche, l'apa Isaac et l'apa Cyriaque ; à droite, l'apa Amés, père du monastère, aTS ORALOE FUIT HOTTOMOC 1, le frère Pedjosh, puis un troisième dont le nom est effacé. De chaque côté de la tête d'Apollo se tient debout un ange ailé ; au-dessus de Anoup et Phib est une colombe,
D'après la description de cette peinture on remarque qu'elle se trouve être en concordance parfaite avec les invocations fournies par les inscriptions ; mais cette concordance cesse avec Apollo, Anoup et Phib. Pour les autres, je crois que la mention lenait surtout à l'époque : les vœux sont adressés après la triade, aux personnages les plus marquants ou les plus honorés ; du reste voici deux exemples que je prends parmi l'ensemble des documents :
C'est donc à la suite de ces événements, funestes pour l'Église d'Égypte, qu'il faut rapporter la destruction et l'abandon du monastère de Baouït qui s'ensevelit peu à peu sous les sables pour disparaître complètement. Cet ensevelissement a été un bonheur inespéré pour l'étude de l'archéologie chrétienne en Égypte puisqu'il nous a valu la conservation d'un grand nombre de monuments peints et sculptés que l'on rechercherait en vain dans la vallée du Nil. Mise à part la fresque d'Alexandrie signalée par Wescher et étudiée par De Rossi !, les peintures de Baouït sont les plus anciennes que nous possédions jusqu'à ce jour. Les monuments de la Grande-Oasis publiés par de Bock 11 et aussi ceux que l'on rencontre dans les anciennes carrières ou tombes, comme à Deir Abou-Hennis 1, peuvent être rapportés à ces époques.
Un grand nombre de monuments ont été détruits à Baouït par la pioche des enleveurs de sébakh, néanmoins plus de soixante constructions ont été dégagées des sables, dont un grand nombre étaient décorées de fresques. Les sujets sont nombreux et assez variés : on y rencontre aussi bien des épisodes tirés du Nouveau et de l'Ancien Testament que des compositions empruntées à la mythologie ou à la symbolique. Les motifs décoratifs qui sont très variés se développent tout autour des salles remplissant de multiples combinaisons les soubassements, formant ainsi une sorte de supports aux compositions figurées. Les deux églises, déblayées dans la partie centrale du kôm, nous ont fourni, en même temps que de nombreuses fresques, un grand ensemble de monuments sculptés uniques jusqu'à ce jour.
Par l'examen rapide de tous ces documents on pourra se rendre compte de la splendeur, de la richesse et de la puissance acquise par les moines égyptiens vers le Ve et le VIe, À cet état de choses correspond tout naturellement un nouvel essor dans la vie intellectuelle que l'invasion arabe ruinera en peu de temps et pour toujours. Les couvents pillés, les moines ruinés, l'art sera abandonné et n'existera plus que de nom. Au XIe les œuvres picturales ne sont plus que des copies sans originalité et sans caractère ; la sculpture a disparu de toute décoration, sauf dans le cas de remploi de matériaux plus anciens qui ont été recueillis et placés au hasard dans les nouvelles édifications. Les églises qui s'élèvent après cette date n'ont aucun style et n'appartiennent à aucune époque ; la tristesse des murs en briques crues n'est même pas rompue par un essai d'ornementation ; aux belles icônes syriennes ou grecques qui remplissaient le devant de l'iconostase et parfois les murs de l'église ont succédé de mauvaises images, peintes sur toile, qui sont le plus généralement des copies souvent infidèles de sujets plus anciens où la science du dessin et de la couleur font absolument défaut ; ces images enfumées, souvent brûlées par les cierges placés au-dessous, pendent lamentablement le long des murs où elles sont accrochées.
II. LE MONASTÈRE ET SES DÉPENDANCES. — Apollo
BAOUÏT
Une large s'ouvrait sur une cour étroite J. La salle B est de. construisit son monastère à l'extrémité des terres cultivées, à la lisière du désert et à l'occident du Nil, C'est sur ce même emplacement que l'édifice prit son plein développement. Il est situé à peu près à mi-chemin entre les anciennes villes d'Hermopolis (act, Ashmounéin) et d'Aphroditopolis (act, Coussieh), 11 faisait autrefois partie du nome de Schmoun, 1 que nous l'apprennent les inscriptions et les textes, Aujourd'hui le village de Baouït dépend du markäz de Deirout el-Chérif (anc. repwr), dans la province de Minieh (anc. rasoone), 1 Le monastère occupait un vaste espace enfermé dans une enceinte !, qui ne mesure pas moins de 700 mètres du nord au sud et de l'est à l’ouest (fig. 1297), En dehors de cette enceinte, nous trouvons encore de nombreuses constructions, et sur la montagne qui n'est distante que de 450 mètres du couvent en a reçu un grand nombre, là de nombreux monuments sont cachés sous les sables et forment des buttes plus ou moins élevées, qui atteignent parfois 2 et même 3 mètres. J'ai opéré le déblaiement de plusieurs de ces petits tells, la construction de l'un d'eux, complètement dégagée (fig. 4258), m'a montré un édifice assez vaste, rectangulaire, construit en briques cuites et dont l'entrée était placée au centre, du mur ouest, Cette porte donnait accès dans une vaste salle centrale A par laquelle on accédait dans d'autres salles placées à droite et à gauche, au nombre de trois de chaque côté. Au fond de la salle A une porte ass02 construction postérieure, ainsi que le montre le plan. Toutes les pièces sont établies sur le même niveau, sauf qui est en contre-bas de Ow90. La salle circulaire G est munie de trois niches ou plutôt trois creux suivant la hauteur du mur, de forme pentagonale, Un escalier de deux marches conduit en FE, et un couloir coudé en H : Au fond de la salle F est une niche semi-circulaire, dont le sol en ciment a été brisé bien avant le déblaiement. À gauche de la porte d'entrée est une sorte de bassin carré, à fond plat et profond de Ow0S. À quelques parois de murs sont accolées des bordures b, larges de 095 et hautes de Ow0S, En a dans la cour J je signalerai encore une colonnade en pisé construite dans l'épaisseur du mur, elle est supportée par des arcs en plein-cintre. Un dallage en ciment recouvrail le sol de cet édifice et les murs étaient enduits de plâtre peint en rouge. Aucune inscription, aucun objet n'ont été trouvés pouvant me fournir une indication sur l'emploi de ce bâtiment.
En dehors de l'enceinte nous trouvons encore la nécropole dont une partie était établie sur la montagne, et l'autre dans la plaine, entre la montagne et le monastère d'une part et de l’autre vers le sud, Je ne parle pas des chapelles funéraires peintes élevées dans l'intérieur du monastère qui n'appartenaient qu'à certaines personnes privilégiées ayant conquis le droit de reposer autour du sanctuaire où saint Apollo était peut-être enseveli, Suivant les lieux, les tombes affectent une disposition spéciale et particulière, Sur la montagne elles présentent l'aspect de certaines tombes égyptiennes, c'est-à-dire un puits plus ou moins profond se terminant par une chambre ; à l'époque chrétienne le puits a été surmonté d'un édifice semblable aux chapelles du monastère et servait de lieu de réunion à la famille et aux amis du mort, En bas de la montagne nous remarquons un deuxième mode de sépulture : dans ce type dont la plus grande partie était dans le sol la construction était en briques crues. L'édifice rectangulaire était surmonté d'une voûte en berceau, la seule partie apparente au-dessus du niveau du sol, L'édifice formait généralement deux chambres séparées par un our ; l'une surélevée, sorte d'arcosolium, recevait le mort, l'autre au contraire était réservée aux ensevelisseurs, qui étaient chargés de déposer le corps dans la première salle, Une ouverture ménagée dans le tympan de l'arc se refermait après l'ensevelissement. La stèle occupait très probablement la place de cette ouverture. J'en trouve comme un souvenir dans les tombes chrétiennes et même musulmanes de quelques cimetières modernes, par exemple à Deir Abou-Hennis, à Akhmin, à Assouan, etc. La partie la plus longue de l'édifice est orientée nord-sud, mais cela ne change rien aux données que nous possédons sur la sépulture des anciens chrétiens ; la deuxième salle qui est plus longue que large est orientée par conséquent est-ouest, ce qui fait que le corps reposait la tête tournée vers l'orient. La tombe paraît avoir été construite pour recevoir plusieurs morts.
Au sud du monastère la tombe n'est plus qu’une simple fosse, dont la profondeur varie de 030 à un mètre environ, elle atteint rarement 1050, En général et dans le type le plus parfait et le mieux conservé elle se présente ainsi : dans le bas la fosse affecte la forme humaine, c'est-à-dire plus large à la tête qu'aux pieds ; les parois latérales sont cimentées, ou consolidées au moyen de dalles en pierres, le tout recouvert encore d'un dallage de pierres plates ; dans certains cas la seule est préservée du sable qui remplissait la fosse, par des dalles de pierre. D'autres fois, mais rarement, un petit édicule construit en briques crues s'élevait au-dessus du sol, indiquant le lieu où reposait le mort, Ce genre de tombes est très fréquent dans la nécropole du couvent de Saint-Siméon, à Assouan !, Au-dessus de la tête du mort est fiché en terre un long morceau de bois grossièrement équarri ; sur la partie supérieure qui émergeait du sol était gravée une courte invocation ou un souhait à l'adresse du mort, mais jamais le nom du défunt n'était écrit, du moins je n'en ai rencontré encore aucun exemple. Un autre morceau de bois cloué transversalement à la base maintenait solidement dans le sol cette sorte de stèle. Telles sont dans leur ensemble les différentes formes architecturales des tombes que j'ai rencontrées à Baouït et qui se ramènent à trois types principaux.
Dans les deux premiers exemples, je n'ai recueilli que des débris du corps, ce qui n'était pas le cas pour le troisième type. Selon sa fortune le mort était enseveli dans un nombre de vêtements plus ou moins grand, et surtout plus ou moins riches ; quelques morts portaient jusqu'à quatre tuniques ; de même l'enveloppement du corps était plus ou moins soigné, mais quelle que fût la richesse le mode est le même chez tous. Après avoir été revêtu de ses costumes, quelquefois d'une très grande richesse de broderies, le corps était enveloppé dans un ou deux linceuls de toile blanche. Une enveloppe de fibres de palmiers maintenue par un dernier linceul recouvrait encore l'individu ; on donnait à la tête, qui était particulièrement soignée, une forme rec-
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cellules, de magasins, ateliers, etc., et des memoriæ très intéressantes par les peintures qui recouvrent les parois intérieures, En général ces derniers monuments sont isolés de toutes autres constructions, mais quelquefois on en rencontre d'accolées les unes aux autres : enfin certaines parties du bâtiment ont été transformées parfois en chapelles ; ces dernières paraissent avoir été auparavant habitées par quelques moines, dont on a voulu honorer le souvenir et le séjour dans le lieu. Bien que je ne sois pas certain du fait, je m'appuie sur une coutume qui existe encore chez les coptes ; j'ai trouvé des exemples frappants de ce culte dans les villages chrétiens, situés entre le couvent Blanc et le couvent Rouge, près de Sohag (Haute-Égypte). Les salles de réunions en commun, le réfectoire ? par exemple, devaient également être décorées ; les images peintes, selon les paroles des Pères, devaient exciter à la piété les fidèles et surtout les ignorants, qui ne pouvaient qu'être nombreux dans les monastères d'Égypte. Ces salles sont difficiles à distinguer les unes des autres, et aucun objet, aucune inscription ne sont venus nous édifier à ce sujet ; aussi pour simplifier et éviter toute confusion, j'ai pensé qu'il valait mieux désigner tous ces monuments sous le terme unique de chapelle, sans aucune distinction ; mais toutefois, j'ai lieu de croire que les salles non munies d'absides, comme l, VII, etc., doivent être des salles de réunions, dont je ne puis préciser la destination d'une façon absolue : III. LES ÉGLISES, — Deux monuments d'une importance toute spéciale et d'une construction particulière, furent découverts pendant l'hiver de 1902, vers le centre [Ie CE ESS : rte opaiibiisiotiiinid TTerT ttéatioise
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du Æôm 1. Mon attention sur ce point fut attirée tout d'abord par le rapport que me firent les gens du pays, qui désignaient cette partie sous le nom de el-kenisseh, l'église. La hauteur des sables, beaucoup plus considérable qu'ailleurs, ne pouvait que confirmer ces nomdires. Aux premiers coups de pioche sorlirent les premiers murs, construits en belles pierres blanches soigneusement appareillées, puis de nombreux fragments de sculptures. La nature des matériaux employés, l'appareil de construction différent des autres monuments, fûts de colonnes émergeant du sable, nombreux fragments de pierres sculptées, chapiteaux de colonnes ou de pilastres, bois sculptés, tout cela retrouvé et me fit présumer que nous étions en face d'édifices bien plus considérables et d'une tout autre nature, que ceux découverts jusqu'à ce moment.
Quelques journées de fouilles suffirent pour me convaincre que j'étais en face de deux basiliques. Tout d’abord, je fus surpris par la proximité des deux monuments aussi rapprochés l’un de l'autre et séparés seulement par quelques salles réservées certainement au service du culte ; toutefois, en y regardant d'un peu près, je ne doutai plus de cette double construction et la suite des fouilles ne fit que confirmer ma première observation ; en effet, non seulement la maçonnerie était différente, mais encore les matériaux employés, le système de décoration, le style peut supposer qu'ils étaient surmontés d'une coupole centrale et de voûtes en berceau pour la nef, les collatéraux et le narthex ; c'est ce qui, du reste, parait résulter du plan de ces constructions.
Les deux édifices n'offrent aucun changement important dans l'organisme du plan primitif. Leur ordonnance rappelle dans son ensemble le plan des églises de Deir el-Moharrag au sud de Baouït, de Deir Mary-Mena, celui également de Saint-Siméon à Assouan dont je donne le plan ici (fig. 1259) avec les modifications apportées par mes travaux, exécutés en 1905 dans cette église ; il rappelle également dans beaucoup de cas ceux des églises de Syrie et de l'Afrique byzantine. Ces monuments ne sont certainement pas antérieurs au VIe ; je pense, pour ma part, que la grande masse de l'édifice et surtout les sculptures sont de l'époque de Justinien, VIe.
Les deux églises sont à plan rectangulaire et affectent la même disposition intérieure. Dans l'église sud, la mieux construite, les murs sont formés d'un double revêtement de pierres de taille, l'intervalle entre ces parements est comblé par des briques cuites : pour rompre la monotonie de ces longues parois nues et blanches, l'architecte a coupé parfois les assises de par une frise en bois généralement sculptée, les faces du mur la ornementale en méplat se développe sous pierres de hauteur environ, sur sculpture forme de frises, chapiteaux et fûts de colonnes, encadrements de portes, etc. : la figure humaine, très rare et employée dans des cas exceptionnels, parait proscrite dans cette décoration ; les quelques exemples que les fouilles nous ont donnés sont perdus dans les multiples ornements d'une porte, elle orne quelquefois une console de bois, dans d'autres cas ce sont les deux anges portant le médaillon où figure la croix ; elle n'apparait jamais en longues frises décoratives, comme on le voit dans d'autres édifices ; la statuaire fait complètement défaut : « Le sculpteur ne semble plus être qu'un ornement de l'architecte, » suivant l'expression de Bavy.
L'église proprement dite, composée de la nef centrale, ornée de quatre colonnes, en granit, d'époque romaine empruntées à un temple païen, et des collatéraux ; au fond le sanctuaire ou haikal, tourné vers l'Orient ; ces différentes parties de l'édifice sont séparées par des murs percés de portes, les faisant communiquer entre elles (fig. 1261). Une ouverture plus large que les autres, accostée de deux colonnes sépare le haïkal de la nef centrale ; une boiserie munie d'une petite porte placée entre les deux colonnes réduisait cet espace et tenait lieu d'iconostase. De nombreuses absidiolés à fond plat, rectangulaires ou surmontées d'un arc en plein-cintre, étaient ménagées dans les murs, quelques-unes avaient un sujet peint dans le fond.
Le haïkal comprenait toute la largeur de la nef principale, une porte placée à droite et à gauche desservait les bas-côtés de l'église. La saillie du chœur qui apparaît généralement à l'extérieur des églises byzantines ne se montre pas ici ; un simple enfoncement, encadré par deux pilastres, pris dans l'épaisseur du mur, remplit cet office ; elle ne diffère des absidioles que par ses dimensions plus vastes ; le haut était surmonté d'un plein-cintre dont il ne restait que les amorces ; dans le fond était peint le Christ Pantocrator debout entouré des Apôtres. Au-dessus de la tête du Seigneur une ouverture en œil-de-bœuf apportait la lumière dans le sanctuaire qui devait être assez sombre, principalement sur les côtés.
À l'extérieur du mur une croix supportée par deux anges, placée au milieu d'une longue frise ornementale, qui s'étend sur toute la largeur du bâtiment, correspond exactement à la tête du Pantocrator. Les angles extérieurs de la face orientale étaient ornés d'une colonne engagée dans la maçonnerie. En dehors de cette fresque du haikal, on voyait encore dans le tympan d'une abside, à peine visible, une Vierge portant l'Enfant sur les bras ; la figure de la mère du Christ était reproduite seulement en buste. Un bloc détaché du mur et éboulé dans le sable montrait un ange ailé, sous la figure d'un jeune enfant, d'une bonne facture.
Dans le centre du bas-côté nord se trouvait une colonne isolée, ornée d'une petite croix sculptée ; dans le fond de ce collatéral, du côté du narthex, on a retrouvé le baptistère isolé du reste de la salle par un petit mur en briques crues. Il avait été établi devant une absidiole et se composait d'un puits peu profond et d'un bassin rectangulaire en marbre blanc ; ce baptistère, d'après l'étude des lieux, est postérieur au reste de l'édifice.
À l'extérieur des bas-côtés nous trouvons un grand nombre de petites salles ayant dû servir aux besoins du culte. Tout le sol de l'église était dallé au moyen de gros blocs de granit taillés, pris dans un temple païen.
La deuxième église, située au nord de la précédente, est construite en grande partie en briques cuites et crues ; les colonnes, les encadrements de portes, les tympans et d'autres parties de l'édifice étaient en calcaire blanc, d'une mauvaise qualité, difficile à travailler, par suite des nombreux nummulites qui entrent dans sa formation ; il faut reconnaître toutefois, qu'avec ce grave défaut les sculpteurs en ont tiré un très bon parti et quelques morceaux de sculpture sont d'une très grande finesse et d'un travail soigné ; dans bien des cas la sculpture qui a été peinte a été recouverte au préalable d'un enduit de plâtre.
christianisme. Comme autrefois sous les pharaons et sous la domination grecque et romaine, les artistes allaient pouvoir à nouveau montrer leur talent et couvrir les monuments édifiés au nouveau culte, d'œuvres qui viendraient s'épanouir en des formes nouvelles, où l'influence de Byzance se fait particulièrement sentir. Dans ce mouvement la sculpture ne paraît pas s'être développée avec la même force que l'architecture et la peinture ; nous n'y trouvons pas comme dans la peinture, la même grandeur de conception, la même hardiesse, qui remplissent le tympan des portes ou des arcs sous forme de rinceaux, oves, méandres, rosaces, fleurs, même habileté dans la ligne et les formes, la même fantaisie dans la composition. Elle se montre surtout malhabile lorsqu'elle veut reproduire des personnages isolés ou groupés ; l'artiste parait généralement incapable d'équilibrer sa figure et son inexpérience se fait sentir surtout dans les proportions méconnues, par les formes lourdes et sans élégance de ses sujets. Dans l'ornement, au contraire, le sculpteur semble plus à son aise et paraît avoir un goût plus vif et une plus grande préférence pour ce mode de décoration ; dans ses motifs il montre généralement une grande richesse d'imagination et il emprunte ses modèles à la flore ou aux lignes géométriques, il est très sobre dans la ligne et le détail ; quelquefois même il unit la représentation animale au mouvement serpentin des feuillages ; en résumé l'artiste, dans l'ensemble de ses compositions, varie à l'infini ses motifs en leur conservant la grâce et la clarté. C'est dans l'église sud que la sculpture parait avoir occupé la plus grande place dans la décoration, mais dans la seconde nous y trouvons ces beaux motifs d'ornements et dont plusieurs exemples ont été trouvés en plaçant les fouilles ; on peut citer encore deux tympans qui ornent aujourd'hui les à quée de Dachlout, village situé à quelques kilomètres au nord de Baouït et viennent témoigner ? (fig. 1266). Ce ne sont pas les seules sculptures qui aient servi à la décoration de l'église ; la porte de la d'une belle conque d'absidiole où l'on voit le fond un aigle aux ailes éployées ; deux pilastres se trouvent chez l'omdeh (du servent d'encadrement à une porte d'écurie : des moulures grimpent sur deux faces, mais sur l'une d'elles à la D en ds à 4 chapiteau cubique : seulement épargné sur le côté nord du _. iL si l'une des faces une croix accompagne de sert d'abreuvoir actuellement pour les animaux). Dans les églises l'ornementation sculpturale se montre surtout autour des portes : linteaux et piliers, chaînages montrant l'acanthe trilobée, corbeaux et arcatures ; elle se répand encore en longues frises sur les faces planes le long des murs sans en changer la forme, Les motifs varient énormément et se combinent à l'infini rinceaux et même sous la forme de caissons qu'on reverra plus tard si fréquemment dans l'art arabe. Ce dernier motif qui est très rare en sculpture est employé plus souvent dans la peinture ; la chapelle XVII est l'un des meilleurs exemples. Sur le linteau d'une porte une vignette chargée de fruits s'échappe d'un vase en bronze et souples rinceaux ; une tête d'enfant ou pan sculpté sur un bloc de pierre accoste de chaque linteau, tandis qu'au-dessous nous y voyons deux oiseaux, peut-être le phénix (fig. 1268) ; cet ensemble montre sur deux pilastres rectangulaires surmontés d'un chapiteau de style corinthien. D'autres portes, dont le linteau est malheureusement perdu, méritent également d'être signalées par la richesse d'ornementation des piliers et des chapiteaux au galbe si élancé et si élégant (fig. 126%). Les chapiteaux de colonnes sont quelquefois d'une très grande beauté et généralement l'ornementation est empruntée au style corinthien sous des formes variées ; l'un d'eux imite la corbeille en osier d'où émergent quatre têtes de bélier suivant un plan carré ; entre chaque tête est placé un symbole, la croix, le palmier et deux oiseaux qui ont la tête brisée ; dans l'un on peut reconnaître l'aigle, les ailes éployées se développant suivant la mode égyptienne ; le second pourrait être la colombe ou peut-être le phénix ! (fig. 1269). Ces sortes de chapiteaux, qui appartiennent au règne de Justinien, nous permettent avec ceux ornés de l'acanthe trilobée de faire remonter la construction de ce monument au vie et peut-être même au Ve. D'autres monuments sculptés ont été trouvés pendant les fouilles dans le sable où ils avaient roulé ; quelques-uns peuvent facilement être remis à leurs places primitives, mais pour le plus grand nombre il est impossible de désigner le lieu qu'ils occupaient dans l'édifice. Je signalerai tout d'abord un bloc de calcaire, provenant de l'église sud, sur lequel est figuré l'histoire de Jonas : le monstre est représenté couché sur les pattes de devant, la tête ressemble vaguement à celle du lièvre avec ses deux longues oreilles, le corps se termine par une queue de poisson enroulée ; de sa gueule entr'ouverte il rejette Jonas dont la figure a été brisée intentionnellement ; le corps de la bête qui est demeuré intact nous montre un des beaux spécimens de la sculpture byzantine par l'ampleur et l'énergie de l'exécution.
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226 de bois sculpté et particulièrement des consoles qui nous montrent des personnages drapés ou vêtus à la romaine ; ils peuvent être placés vers la fin du ve ou au commencement du vi siècle #.
C'est particulièrement dans l'ornementation pure que le sculpteur égyptien s'est le mieux révélé et a montré toute sa puissance, Dans ce genre de travail il témoigne de qualités très remarquables ; il s'inspire à la fois de l'ornementation romaine et des motifs employés par l'école alexandrine, et il ajoute à cela quelques observations personnelles qui donnent aux motifs figurés un caractère particulier qu'on ne trouve pas ailleurs ; on admirera sans réserve de longues frises de rinceaux, de méandres, d'entrelacs, des cordons d'archivolte d'une fort belle exécution (fig. 1279, 1974, 127#4), tout cela montre une imagination inépuisable, & mais quel que soit le mérite de ces charmantes broderies sur pierre et sur marbre, l'absence d'autres monuments surprend et inquiète 3, » [l ne faut pourtant pas oublier qu'à Baouït, comme ailleurs, la sculpture byzantine n'est que secondaire ; elle n'est qu'un support à la peinture qui, en règle générale, recouvrait toutes les parois des murs des édifices, y compris la sculpture qui était également peinte.
V. LES CHAPELLES FUNÉRAIRES. Les monuments qui ont conservé le plus grand nombre d'œuvres picturales et de documents pour l'histoire de l'art chrétien en Égypte sont de simples bâtisses construites en briques crues ; Baouït jusqu'à ce jour en a fourni le plus grand nombre. Elles sont rectangulaires ou carrées, recouvertes dans le premier cas d'une voûte en berceau, dans l'autre d'une coupole demi-sphérique. Indistinctement les chapelles rectangulaires sont orientées dans leur longueur nord-sud ; rectangulaires ou carrées les chapelles ont la porte située le plus souvent du côté sud, rarement à l’est (chapelle XIX) ou au nord (chapelle XXI et XXII), mais à l'ouest. Les ouvertures sont généralement rectangulaires ; la porte est surmontée d'un linteau en bois ou en pierre, décoré assez souvent d'une croix accostée de AG. Celle-ci supporte quelquefois à l'intérieur un arc simulé ; dans ce cas le tympan recevait une ornementation (chapelle XXVII). Les fenêtres simples ou géminées sont presque toujours ébrasées à l'intérieur avec l'appui en talus donnant ainsi une sorte de continuité à l'ébrasement ; souvent elles ont été munies d'un châssis en plâtre ajouré servant d'armature à des verres colorés qui sont disposés en rosaces (chap. 1). Le sol de la chapelle est toujours revêtu d'un béton souvent très épais, très dur, composé d'un mortier de plâtre, de sable et de cailloux. A l'intérieur la construction est revêtue d'un premier enduit de pisé appliqué sur la brique et d'une couche de plâtre qui supporte la peinture, Un simple enduit de pisé recouvre les briques à l'extérieur, rarement le plâtre apparaît. Tous ces monuments sont munis à l'intérieur d'un nombre plus ou moins grand de niches dont la plus importante est ménagée dans le mur est, généralement placée au centre. Celle niche ou abside offre comme plan un demi-cylindre surmonté d'une coupole en cul-de-four, ou bien encore elle est tout simplement à fond plat rectangulaire, surmontée d'un arc en plein-cintre. Contrairement aux autres niches, elle n'est jamais à façade rectangulaire.
C'est dans l'abside que le peintre réserve son sujet principal, le Triomphe du Christ, ou bien encore la représentation de la Vierge et de l'Enfant. Dans certains cas les absides concourent à l'ornementation générale de l'édifice comme on peut s'en rendre compte dans les chapelles XXVII, XXXII et XLIII. Elles sont alors disposées symétriquement et opposées entre elles dans l'édifice. On trouve, en outre, des absides qui ont servi à la célébration du sacrifice.
La décoration figurée occupe généralement la partie inférieure de la coupole ou de la voûte en berceau, les tympans et l'abside est ; le soubassement est toujours réservé à la décoration ornementale, Les trompes et les pendentifs supportent quelquefois des représentations de la figure humaine, Mais dans tous ces monuments c'est le décor ornemental qui occupe la plus grande place.
VI. LES FRESQUES, — « Le nombre des peintures murales qui subsistent pour cette période (à partir du IVe) est très restreint. Les œuvres de ce genre sont en effet fort exposées à la ruine, surtout si elles se trouvent placées dans des édifices en plein air : associées à leur sort, elles disparaissent avec eux. Mais, lors même que ceux-ci restent debout, la peinture pâlit et s'efface, l'humidité l'altère, la sécheresse la fend, l'enduit où elle est fixée se détache, Les générations suivantes, dédaigneuses de ces vieilles œuvres à demi détruites, y substituèrent une décoration nouvelle t. » En Égypte les œuvres de cette époque sont rares ; si l'on excepte la fresque d'Alexandrie *, je ne puis, pour ma part, attribuer avec quelle que certitude, à aucune peinture, une époque aussi reculée, Les mieux conservées et peut-être les plus anciennes sont à rechercher, je pense, dans les anciennes tombes, ou carrières égyptiennes qui furent occupées par les premiers moines avant la paix de l'Église et l'édification des monastères 3.
La présence à Deir Abou-Hennis des figures des saints Cosme et Damien indiquent que les peintures de cette grotte sont postérieures au iv° siècle ; celles d'Athribis, qui en réalité ne sont que des graffiti rouges, et celles que j'ai étudiées à Assiout, ne peuvent prétendre à une antiquité plus reculée. Près d'Aboutig, d'autres peintures de grottes m'ont été signalées depuis longtemps, mais je n'ai pas eu l'occasion de les voir. Il en est de même des peintures de Baouït, qui ne sauraient être antérieures à la deuxième moitié du vi° siècle et même au commencement du vii. Les peintures de la chapelle XVII — reconstruite entièrement sur l'emplacement d'un édifice plus ancien et décoré de fresques — semblent appartenir au vi° siècle ; des graffiti recueillis dans cette chapelle sont datés du vii° siècle. Le monument antérieur avec ses fresques pouvait appartenir au v° siècle, mais rien ne l'indique.
L'ensemble de peintures le plus complet, réuni jusqu'à ce jour, a été recueilli, sans contredit, à Baouït. En effet, grâce au sable qui les recouvrait, empêchant l'air, la lumière et l'humidité de parvenir jusqu'à elles, elles ont pu, sans aucune crainte, échapper à la ruine qui les menaçait, et nous arriver parfois dans un état parfait de conservation. J'ai eu l'occasion de faire remarquer que les peintures des églises, dans l'état où elles nous sont parvenues, ne pouvaient nous être utiles ; mutilées ou en grande partie effacées, elles ne peuvent nous fournir de solides renseignements sur le genre et les motifs de décoration qui ornaient les muraux des deux édifices. Par suite de ces diverses circonstances, je ne m'occuperai que des chapelles qui nous ont apporté un grand nombre de sujets divers et qui pourront suppléer, dans une certaine mesure, à l'absence des peintures des églises. L'examen de ces monuments justifiera amplement cette appréciation.
L'ornementation pure occupe une très large place à côté des compositions et des sujets historiés. Elle se développe généralement sur les soubassements, quelquefois même sur les tympans et les arcs de voûte ; souvent elle s'allie à la figure humaine, qui se présente dans ce cas sous la forme du symbole. Les motifs empruntés à l'antiquité païenne — et l'école d'Alexandrie a dû fréquemment fournir des modèles — ne sont pas rares ; ils se montrent généralement mélangés à des figures de saints ou à des tableaux tirés de l'Ancien ou du Nouveau Testament. Il ne semble pas qu'il y ait eu de la part des artistes une règle fixe suivie par les artistes chrétiens dans la décoration d'un édifice. C'est ainsi qu'une scène de chasse au lion est reproduite dans la chapelle XII, au milieu de prophètes. L'archer est prêt à décocher une flèche à l'animal, déjà blessé à l'œil, qui retourne la tête vers son agresseur ; le filet qui a servi à capturer le fauve est représenté au premier plan par un quadrillage ; deux orangers chargés de fruits encadrent le tableau. C'est peut-être encore à une œuvre alexandrine qu'il faut attribuer la représentation de la Vierge ou bien celle du Triomphe du Christ, qui occupe le fond de l'abside ; sur les parois, au contraire, se développent en longues bandes des figures de saints ou de religieux coptes ; quelquefois ce sont des scènes tirées de l'Ancien ou du Nouveau Testament, ou bien encore de quelques textes apocryphes ; mais tout cela sans ordre apparent dans la distribution des sujets.
La peinture à la détrempe parait être le seul procédé employé par les artistes de Baouït ; si parfois les décorateurs se sont servis d'autres procédés, comme celui de la mosaïque, il n'en reste plus trace aujourd'hui ; et pour ma part, je pense que la peinture à la détrempe a été le seul mode de décoration employé dans toute l'Égypte à partir du vi° siècle. En général, cette peinture est mal préparée et contient peu de colle, aussi s'efface-t-elle facilement au moindre frottement et même sous l'influence de l'air : certaines couleurs, comme le vert et le bleu, sont si peu tenaces que sous la moindre action, elles se craquèlent et se séparent du plâtre en fines paillettes, ne laissant plus qu'un ton grisâtre indiquant la place qu'elles occupaient ; les ocres jaune et rouge sont les couleurs les plus résistantes et les plus solides qui furent employées.
Une fois l'enduit de plâtre étendu sur le pisé, l'artiste tracait immédiatement son esquisse à l'aide d'un trait jaune dont le ton clair facilitait la retouche en même temps que la recherche des contours, sans laisser de trace apparente une fois l'œuvre terminée. À cette première préparation, le peintre arrêtait définitivement les contours avec du rouge ; souvent ce dernier trait d'esquisse était réservé pour servir à souligner et à préciser la silhouette des figures. Le peintre ne se donnait pas la peine de tracer son dessin avec la couleur jaune, se contentant la plupart du temps de faire ce travail préparatoire avec le rouge.
Cette opération terminée, l'artiste indiquait les chairs, les différentes parties du costume, et les ombres par un ton vert ou bleu ; ensuite il accusait les draperies, les contours intérieurs par un trait rouge, quelquefois noir ou jaune suivant le cas ; le plus souvent toutes ces peintures se détachent sur le fond blanc du mur ; d'autres fois sur un fond jaune, comme dans la chapelle XI.
On remarquera que dans toute cette décoration, ainsi que dans les textes épigraphiques, la représentation de la femme est excessivement rare, exception faite de l'image de la Vierge. Je ne signalerai que trois exemples, la première se nomme Askla, ata achAa. Elle est représentée en orante, accostée de quatre cavaliers affrontés (chapelle LVT et fig. 128) ; l'un de ces cavaliers porte également le nom de la sainte. Dans une chapelle décrite par M. Palanque, on trouve à droite de l'archange Ouriel deux femmes : l'une, à la suite d'une cassure, a un nom douteux, l'autre se nomme Théodote ; toutes les deux sont dites mères de Thénété, rataayieencere. Cette localité est sans doute la même que celle citée dans un fragment des œuvres de Shenoudi, et dont voici le passage : « Voici le livre et le grand chapitre qu'a écrit notre frère et notre père l'apa Kolté (Colluthus), archimandrite du monastère de notre père le prophète Apa Shenoudi de Thénété de Siout... ». J'ignore l'emplacement de ce village qui avait deux monastères, dont un de femmes, où très probablement Théodote et sa compagne furent abbesses.
La composition de plusieurs tableaux montre de la part de l'artiste une certaine imagination et une grande recherche dans le mouvement et dans l'expression des figures ; parfois même on rencontre des œuvres qui interprètent la nature d'une façon plus ou moins heureuse, souvent naïve, mais qui indique un sentiment d'observation et de réalisme que l'on rencontre rarement dans les œuvres byzantines. Les personnages présentés de profil ou de trois quarts sont peu fréquents ; les artistes montrent en général une grande inexpérience à produire le corps humain sous ses différents aspects, ce qui demande une connaissance assez profonde de la perspective et aussi de l'anatomie des formes, sciences que paraissent avoir ignoré les artistes de cette époque.
Néanmoins, dans le genre, j'attirerai l'attention sur une figure de démon qui fait partie d'une grande composition de la chapelle XVII, — d'a cru reconnaître dans cette fresque une scène de l'Enfer. Toutes les figures de ce tableau sont particulièrement intéressantes et caractéristiques ; peut-être pourrait-on voir dans cette œuvre une réminiscence de l'école alexandrine, surtout dans la figure de l'enfant qui attise le foyer et dans celle du démon : celui-ci est fièrement campé, la jambe droite est brusquement rejetée en arrière, la gauche repliée supporte le corps violemment projeté en avant sous l'effort. La tête est parfaite d'expression et de dessin. L'artiste a su rendre avec un très grand sentiment de réalisme, le sourire et la joie diabolique du personnage. Il est regrettable que nous n'ayons pas à enregistrer un plus grand nombre d'œuvres comme celle-ci, car nous retrouvons dans cette figure toutes les qualités maîtresses du véritable artiste.
Dans cet ordre d'idées, je mentionnerai l'Enfant à la panthère, la Chasse à l'hippopotame et à la gazelle, tableaux intéressants par le mouvement de la scène et l'essai du peintre à disposer des personnages sur plusieurs plans ; on peut également étudier avec fruit le groupe des apôtres et de la Vierge adorant le Christ dans la chapelle XLVI, ainsi que l'Ézéchiel de la chapelle XLV. D'après les monuments qui nous sont parvenus, la décoration des chapelles de Baouït s'accordent avec tout ce que nous connaissons de la décoration des églises byzantines ; comme celles-ci, elles empruntent leurs sujets à l'Ancien et au Nouveau Testament, ainsi qu'à la représentation des Saints et des Pères de l'Église ; quelquefois on trouve mélangés à ces sujets des scènes de la vie réelle ou même symboliques. Dans toutes ces compositions, le symbole occupe une place honorable et l'on y rencontre fréquemment la colombe, le paon, la biche et divers autres animaux, mais la brebis qui est en général si répandue par ailleurs, n'est montrée qu'une seule fois accostant une croix ; d'autres fois, dans des entrelacs ou des rinceaux, les symboles se répandent le long des parois en longues frises.
Toutefois, il est bon de remarquer que dans toutes ces compositions, nous ne rencontrons aucune scène de martyre ni de sujets analogues, et c'est tout au plus si nous pouvons consigner dans ce genre le Massacre des Innocents. Dans les absides, nous trouvons généralement représenté le Christ triomphant assis sur un siège couvert de gemmes, reposant sur un char ; il tient le livre de la main gauche, tandis que la droite fait un geste de bénédiction. Dans une zone inférieure, la Vierge assise ou en orante est entourée des Apôtres. C'est ainsi que se présente très généralement cette scène, dont les variantes assez nombreuses méritent d'être mentionnées. Dans la chapelle XLV, le Christ est accompagné des apôtres Pierre et Paul ; le premier tient l'hostie, l'autre le calice contenant le vin. On peut rapprocher de cette peinture celle trouvée autrefois par Wescher à Alexandrie, où Pierre et André présentent les eulogies au Christ assis entre les Apôtres.
Au-dessous, le prophète Ézéchiel tient la place qu'occupe ordinairement la Vierge au milieu des apôtres ; le prophète, vêtu du costume thrace, coiffure et manteau rouge avec tunique blanche, est comme soulevé au-dessus de terre, la tête relevée et la main droite tendue vers le Messie dont il avait annoncé la venue. Les apôtres eux-mêmes ne conservent pas cette rigidité convenue, la main droite bénissant, tandis que la gauche tient le livre, que l'on retrouve presque toujours dans ces sortes de représentations ; dans notre fresque, les mouvements sont assez variés : Jean la tête levée, tend le bras vers Pierre, Philippe qui fait le geste de la prière porte dans la main gauche une croix, Thaddée est agenouillé et Simon la main levée regarde vers le Christ. Les autres apôtres conservent l'ancienne attitude, comme pour balancer ce qu'auraient de trop choquant pour l'œil ces mouvements désordonnés. Les artistes chrétiens ne devaient pas s'arrêter à cette première tentative de recherches dans le mouvement ; s'ils nous montrent dans l'exécution plus d'habileté, leurs défauts...
un A nr sobriété de la composition cachait parfois, sont encore plus apparents dans les idées nouvelles. La chapelle LI est un exemple des plus frappants, et ce n'est pas sans profit que l’on pourra comparer cette peinture avec l'Ascension du manuscrit syriaque, n. 96 de la bibliothèque de Florence (cf. Dict, d'arch. chrét, LH, fig, 992) du VIe et aussi la fresque de saint Clément de Rome représentant l'Assomption (ibid., lig. 1024}, qui appartient au IXe. Le Christ Pantocrator dans sa gloire parait avoir conservé toutes les qualités de style et de composition et à ne considérer que cette partie du tableau, l'on serait porté à croire 238 le Christ a vaincu. » À cette brève description, on doit certainement rapprocher les peintures des absides XVI et LI, montrant un personnage foulé par les roues du char qui porte le Christ 3, L'iconographie chrétienne nous donne également des exemples où la figure humaine est remplacée par celle du serpent qui, comme symbole, représenté la victoire de Jésus-Christ sur le démon +, Une scène assez curieuse se rencontre dans la chapelle IT, le Christ jeune et imberbe est assis sur son trône, bénissant de la main droite et tenant le livre de la gauche. Au-dessous, dans une deuxième zone, la Vierge, ” Di que l'on est devant une œuvre du Ve ou du VIe ; | portant son divin Fils sur les genoux, est assise au mi… la Vierge et les apôtres, au contraire, nous rejettent à une époque beaucoup plus basse !. Les mêmes défauts se retrouvent toutefois dans l'ensemble de l'œuvre : peu de fermeté dans les contours, lignes ondoyantes, trop de recherches dans les détails et les plis des draperies que n'expliquent pas toujours le mouvement ; à cela on peut ajouter un manque de clarté et d'équilibre dans la composition, peu soutenue par la Vierge dans l'attitude de l'oraison, la face levée dans un geste d'adoration, et par les deux saints qui encadrent la scène à chaque extrémité, Dans les chapelles d'Urgub ?, on trouve fréquemment le trône du Christ, « soutenu par des figures étranges qui représentent ou des démons, ou les passions qui lieu de personnages parmi lesquels on reconnait les anges Gabriel et Michel, Apollo et d'autres saints de l'Église d'Égypte, Mais contrairement à la coutume, nous n'y voyons pas figurer les apôtres. Dans notre fresque il est évident que l'on a voulu honorer intentionnellement Apollo « l'ami des Anges », et un autre saint dont malheureusement le nom est brisé ; c'est pour cela que le peintre a placé ces deux saints à la gauche de la Vierge ne donnant que le troisième rang à l'archange Gabriel ®, La Vierge-Mère apparaît quelquefois dans les absides à la place de la scène du Triomphe. Elle se présente alors toujours assise, portant sur les genoux son enfant qu'elle retient de la main. Dans la chapelle XXVI la Vierge porte sur ses genoux un médaillon ovale qui contient l'image du Christ enfant assis, la tête encadrée du nimbe crucifère : ; il bénit de la main droite, 240, rent les poignets, le col et le bas du vêtement ; les jambes sont recouvertes de hautes chaussures blanches avec lisérés transversaux noirs ; la scène se détache sur un fond d'orangers ! (fig. 1281). Martigny * dans son Dictionnaire observe que selon l'opinion commune l'usage de suspendre l'encensoir avec des chaînes pour le balancer n'est venu qu'à une époque tardive, usage qui pourrait remonter au Xe. Pour pouvoir fixer une date à peu près certaine à notre tableau, il faudrait encore établir l'époque où le Christ apparaît dans un médaillon : Le cas, je crois, se présente rarement en Orient ; toutes fois je tiens la peinture de cette chapelle pour antérieure au Xe ?, : | monastère, chapelle XXVIII, pl. XCVI-CX1, et surtout ln pl. Ov, qui représente l'enfant sur la panthère, peinture qui doit être de la fin du Ve ou du commencement du VIe. pe ét apr be vi.
: + te L 0) ah C'est encore l'image de la Vierge belle et élégante,. que l'on voit dans la chapelle LIX, assise aux côtés du Christ imberbe, couronné du nimbe crucifère, expliquant la Loi nouvelle à une réunion de saints debout autour d'eux. Le plus grand nombre de ces personnages sont inconnus mais les figures sont pleines d'expression et de caractère, l'attitude est noble mais sans raideur, les proportions du corps sont bien observées, C'est une des plus belles peintures découvertes à Baouit et qui rappelle par l'ampleur des lignes du dessin les - fragments de fresques vus dans l'église nord, Sur plusieurs points de cette chapelle, on trouve des traces — de remaniements, mais aucune ne se voit sur ce tableau qui avait été simplement recouvert d'un lait de chaux ; nous à pas permis de conserver en bon état ces peintures, presque effacées au moment du déblaiement, et dont l'action s'est surtout fait sentir dans la partie supérieure emportant les noms et une partie des têtes dont il ne restait parfois que les traits d'esquisses.
En général la partie extérieure qui surmonte l'arc de l'abside recevait un motif décoratif dont il n'est resté que de rares exemples et encore fort incomplets. Le plus souvent c'est un médaillon, soutenu par deux génies ailés, dans lequel est un personnage en buste
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nous n'avons qu'à déplorer l'effet du temps qui ne | 247 Les épisodes de l'histoire du Christ sont peu fréquents à Baouït, Une seule chapelle, malheureusement fort endommagée, nous a fourni quelques tableaux de sa vie, mais de tout le cycle qui se développait le long des parois, il ne reste plus que quatre scènes : le Massacre des Innocents, le Baptême du Christ, la Cène et les Noces de Cana. Ces différents tableaux étaient peints sur la paroi nord et sur la partie gauche de la paroi est ; les autres tableaux étaient entièrement détruits : mais il est certain que les scènes, au moins sur la paroi est, devaient se développer tout le long de la muraille, comme c'est le cas pour les phases de la jeunesse de David dans la chapelle TTL. Le Massacre des Innocents ne s'est retrouvé, comme la Cène et les Noces de Cana, tenant le livre des Évangiles ; dans d'autres cas, deux pions affrontés encadrent une croix (chap. XIX). Ces peintures étant haut placées sont les premières atteintes dans l'écroulement de la voûte : c'est pour cette raison qu'elles ne nous sont arrivées que fragmentées, et là où elles se sont le mieux conservées il m'a été imposé devoir les signaler, sans toutefois insister sur ce sujet.
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Baptême. Je crois cependant y reconnaître Élisabeth portant son fils Jean sur les bras entourée de quatre personnages !.
La paroi est de cette même chapelle nous montre au début la sainte Cène ; autour d'une table semi-circulaire et une volaille sur un plat, cinq personnages aux têtes brisées sont couchés sur des lits ; ce tableau très mutilé ainsi que le suivant offre beaucoup d'analogie dans la disposition des figures avec le même sujet représenté à Saint-Apollinaire-Nuovo (Ravenne). Des Noces de Cana, tableau qui continuait la décoration de la paroi, il ne reste que des débris fragmentés ; les sept amphores peintes en bleu placées au premier plan font reconnaître le sujet ; à droite un seul personnage, à peu près entier, se montre penché, tenant à la main une coupe ; à la suite ; nous voyons encore une huitième amphore de couleur rouge placée devant un édifice en forme de tour, À partir de ce moment la fresque est complètement détruite sur toute la paroi. Dans les différentes scènes que je viens de décrire, tous les personnages sont « drapés à l'antique dans une attitude souple et naturelle, les lignes du corps sont harmonieuses, les physionomies se distinguent par l'énergie et le caractère ; ces qualités se montrent tout particulièrement dans la représentation de la femme ; par ses mouvements un peu hiératiques et par l'ampleur du vêtement, qui est serré sous les seins en retombant en longs plis droits le long du corps, (rappelant la figure qui est gravée sur le célébre diptyque de Monza. Par la facture, l'œuvre serait du VIe, d'une tunique et d'un manteau rouge, d'un rouge plus clair pour la tunique, est entouré de deux personnages, probablement Moïse et Élie, se tournant de profil vers le Seigneur, comme dans mosaïque du Louvre, les mains jointes dans un geste de supplication ou d'adoration ; les têtes et les noms sont détruits , Quelques épisodes de la vie de la Vierge se voient sur la paroi nord de la chapelle LE L'art ici n'est point brillant, mais ce défaut est largement compensé par l'intérêt archéologique de la fresque. L'Annonciation est le premier de la série : la Vierge assise est occupée à lire, tandis que l'ange Gabriel qui porte une croix à longue haste se tient debout devant elle, et lui explique son divin message, La Visitation qui vient après nous montre Élisabeth, près de sa maison, enlacée étroitement par la Vierge accourue près d'elle : A droite de l'édifice la Vierge est montée sur un cheval conduit à la main par l'ange Gabriel ; derrière, un personnage figuré debout, probablement Joseph, porte dans la main gauche un rouleau, Cette scène qui représente le Départ de chez Élisabeth est assurée par le dernier tableau qui nous montre la Vierge couchée sur un lit ; devant elle se tient debout la sage-femme Salomé. Bien que l'enfant ne figure pas près de sa mère, il n'y a aucune doute sur l'identification du sujet, la Nativité, qui termine la paroi et le cycle de ces peintures, Je n'ai pas besoin de montrer l'étrangeté de ces deux derniers épisodes empruntés à l'Évangile des XII Apôtres, dont l'un est nouveau dans l'iconographie et l'autre est incomplet par suite de l'absence du Fils de la Vierge. La peinture de Baouït, peut ainsi servir, tout en le complétant, à illustrer le texte de Choricius de Gaza qui décrit la décoration d'une église de cette ville !, Les œuvres qui ont été tirées de l'Ancien Testament se présentent dans la décoration aussi rarement que celles du Nouveau. La figure de David parait avoir séduit tout particulièrement les artistes, C'est ainsi que tout le cycle de sa jeunesse qui décorait les parois de la chapelle III, comportait au moins douze tableaux, peut-être treize ; la série commençait à gauche de la paroi ouest ; par suite de cassures dans le plâtre et de restaurations successives, principalement vers le sud de la salle, un certain nombre de tableaux ont été détruits. Chaque scène était enfermée dans un compartiment rectangulaire ; une guirlande d'un coloris fort agréable séparait chaque tableau ?. Dans le premier on peut supposer que le peintre a voulu représenter l'entrevue entre Samuel et Ésaïe le Bethléhémite, qui présente ses trois premiers fils au prophète. Les noms manquent, l'identification est douteuse ; cependant elle parait confirmée par le deuxième épisode qui nous montre le Choix de Samuel ; la scène se passe à l'intérieur du temple, au moment où le prophète reconnait David pour l'oint du Seigneur, Samuel qui a une baguette dans les mains est vêtu d'un manteau blanc, il porte une fort belle chevelure et barbe hanche ; au contraire, une simple tunique courte et sans manches revêt le jeune David, les spectateurs sont figurés dans les angles supérieurs. Le troisième tableau nous montre la présentation de David à Saül ; nous sommes transportés cette fois-ci devant un portique où se tient, assis sur un trône, le roi Saül : ;
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devant lui David est debout présenté par un je une homme désigné du mot grec ResasAoc, enfin un quatrième personnage, probablement un serviteur se tient debout derrière le siège royal. Dans la scène suivante David apparait jouant devant le roi ; la scène se passe encore dans le même cadre ; leroi, le corps violemment projeté en arrière, d'un geste furieux, ménace de sa lance, qu'il brandit au-dessus de sa tête, David qui joue paisiblement de la Iyre. La paroi nord à laquelle nous arrivons rappelle, en trois épiso des, la lutte de David avec Goliath. Nous voyons tout d'abord le futur vainqueur revêtu de l'armuré du roi, prêt à partir et écoutant les derniers conseils de Saül qui est assis devant lui entouré de ses serviteurs, Le peintre nous transporte ensuite sur le lieu de la lutte. Les deux combattants sont en face l'un de l'autre se menaçant de leurs armes. La derniére scène de cette tragédie anti que nous montre Goliath renversé à terre, implorant son je une vainqueur de la main ; David s'est déjà emparé de l'épée du géant et s'apprête à lui trancher Ja tête, Juifs et Philistins, représentés dans les ang les du tableau, assistent curieusement au dénouement de la scène. Je fais remarquer que le peintre, ici comme ailleurs, s'est épargné de reproduire le corps mutilé, la tôte séparée du tronc, l'horreur du sang dont le réalisme était tant admiré par quelques saints et entre autres par saint Astérius d'Amasée #, L'école égvptienne ne semble avoir eu aucun goût pour ces sortes de représentations ; exception faite pour le Massacre des Innocents, nous n'en trouvons pas trace dans les peintures qui nous sont parvenues : les artistes paraissent l'avoir
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évité autant que possible, ainsi que j'ai eu l'occasion | table aux, dont il ne restait que le dernier et dourième de le dire. Les table aux de la paroi est sont dans un état encore plus lamentable. Je supposé que le premier représentait la visite de David à Ahiméleq, prêtre de Nob. Devant de nombreux édifi ces David frappe à une porte ; à droite, une construction plus grande que les autres, soutenue par deux colonnes, nous montre à l'intérieur un autel chargé de pains de proposition et de la série, terminant la paroi ; cette scène qui se com pose de trois personnages n'est pas douteuse : Jonathan annonce à David qu'il ait à fuir La colère de son pére, Selon la convention entre les deux amis, la scène représente l'instant où Jonathan décoche une fléche du côté de David ; en méme temps qu'un serviteur courbé vers le sol recueille une première flèche déjà lancée” Il est possible qu'un treizième tableau, le Couronne ment de David \, terminät cette vaste composition, mais de ce dernier motif il ne reste auc une trace, la paroi nom du prophète écrit une première fois à côté de la bite. Cha que figure, qui se délache sur un fond or, est encadrée par une large bande de rince aux.
La mytholagie ne nous a fourni qu'un seul motif : c'est une représentation du dieu Orphée (chapelle X VIH). Le je une dieu, vêtu du costume thrace, est figuré debout, jouant d'un instrument qui ressemble fort à un violon, Cette peinture inscrite dans un octogone, est mélée à une décoration ornementale imitant le caisson arabe, Une autre représentation d'enfant tenant une baguette ét une gazelle gambadant, sont reproduits sur ce même panneau, dans d'autres octogones. Ces pelils table aux sé délachent sur un fond or semé de fruits.
Les sujets les plus fréquemment représentés sur les murail les des chapel les, sont des figures de saints ou de martyrs. [l est difficile de n'être pas frappé du grand - sud de ce côté avant subi une trés forte restauration. » Ces peintures signées des noms de Jacob et George … sont d'une très grande médiocrité au point de vue ar- - tisti que, mais ce défaut est largement compensé par. l'intérêt archéologi que de l'œuvre. David échanson, mayerr npeqorwe, apparait, je crois, pour la première fois dans l'iconographie chrétienne. La scène d'un trés grand intérêt est peinte dans uñe abside, paroi sud, de la chapelle XXXIT : elle nous montré David je une et imberbe, versant dans une coupe qu'il tient à la main le vin qu'il a puisé à l'aide de la sütula dans une des amphores placées près de lui, La représentation graphi que de la sifula parait étre aussi rare que le sujet lui-même, L'histoire bibli que ne fait nullement mention de cet emploi de David, qu'il aurait exercé auprès de Saûl ; et c'est probablement à un récit apocryphe que nous devons encore celte peinture | nombre de ces longues théories de moines qui couvrent “(g. y \'LLC des parois entières. L'on peut dire qu'il n’est pas d'édifice > Dans une autre composition (chapelle XXXIV) où | peint, qui ne porte plus ou moins de ces images. En les personnages sont présentés d'une facon très hargénéral toutes ces figures, Pères ou Apa, sont isolées les -monieuse, David nous apparait dans sa royauté. Le | unes des autres ; le plus souvent ils sont debout couverts peintre nous le montre comme un beau vieillard à | d'un long manteau et portant sur le bras le livre des barbe et à chevelure blanches, étendu sur un trône, et | Évangi les. Je ne m'étendrai pas à décrire tous ces perpe raissant causer avec trois jeunes gens dont les noms sonnages, dont la liste trop longue serait fastidieuse ; sont perdus. [l est possible que dans cette scène, qui se | les saints à cheval méritent pourtant une mention. passe devant un porti que, le peintre ait voulu repré- | Nous voyons quatre cavaliers atfrontés et richement enter David s'entrétenant avec les trois chefs des | vêtus, sur la paroi nord de la chapelle XXVI, encadrant ntres qu'il avait placés dans le temple au service de | un personnage debout en orant. Une scène analogue est eus Asaph, Héman et Jéduthun !. Mais quoi qu'il en | peinte dansuneautre chapelle (LVI, paroi ouest, fig 1284). soil du sujet, cette fres que, bien que très abimée par le | Cette fois-ci c'est une femme aatata achÂa qui est temps, avait conservé toute sa fraîcheur de coloris ; le | placée en orante entre quatre cavaliers, Le premier à dess est à la fois souple et élégant tout en restant | gauche, dont le nom est brisé, est désigné comme sobre dans ses lignes ; la tte du roi est particulière AP TYPOC roses, à le martyr du lieu : » les trois ent line et belle ; il parait écouter avec doucear et autres sont : Apa Orion, Bonakh et Askla (le même veillance les jeunes gens. nom que celui de la femme), Au milieu d'un paysage - À toutes ces compositions de la vie de David, la pein- (chapelle LI), deux cavaliers chevauchent : lé premier, lure emprunte encore à l'Ancien Testament une repré- | Jean, qui est le seul connu, est accompagné de ses sentation des prophètes, grands et petits (chapelle XIF), deux fils Naphrkhô et Paul représentés debout derriére et de nos premiers pères, Adam, Abel, Mathusalem, la tête du cheval, L'un d'eux, probablement Paul, porte méêlés à des figures allégoriques comme la sainte Svbille | le nimbe carré (fig. 1286), Dans cette série les peintures (chapelle XII), Les prophètes placés les uns à côté des Autres portent un volume déroulé, sur lequel est une les plus intéressantes sont, sans contredit dans la cha1e pelle XVIL Tout d'abord, nons voyons sur les pendende leurs prédictions, au bas du rouleau est répété le tifs quatre cavaliers dont un seul nous est connu, l'ATIOC aa Biurop ; le saint recoit la couronne des VI Paralip., xxv, v, 1-7. | martyrs ; une scène analogue, si j'en juge par les débris
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de peintures, était figurée sur les trois autres penden- | ifs. Sur la paroi ouest, de cha que côté d'une abside peinte, l'artiste nous montre à gauche saint Phoïham- | mon qui recoit également la couronne du martyr ; et à droite saint Sisinnios percant le démon, figuré sous la forme d'une femme à demi vêtue, nommée aAabacas rs. Elle est renversée à terre sous les pieds du cheval, déjà atteinte au flanc par la lance cruciforme du saint. Autour de celle scène et comme l'encadrant, nous remarquons encore une série de personnages et de symbo les. C'est tout d'abord une femme à corps de serpent qui est dite « fille d Alabasdria », Tujecpena Aabseaprs, un hippocentaure ; un je une enfant, sans nom, jetant des petites bou les, puis divers insectes et armes et enfin une hyène où un léopard (fig. 1285),
JEAX CLÉDAT.
BAPTÊME. Étude sur les ordines baptismi. — I. Rites orient aux : 1. alexandrin ; 2. syrien ; 3, byzantin. — II. Hites occident aux : 1. romain ; 2 africain ; 3. ambrosien ; #. gallican ; 5. mozarabe ; 6, celti que, — I. L'acte baptismal et sa formule dans les différentes liturgies. — IV. Bibliographie.
Le titre et le sommaire de cet article indiquent la façon dont on entend traiter la question du baptême. Au lieu de réunir une série de monographies sur les rites baptismaux, afin d'en montrer les développements successifs à travers les âges, on a préféré considérer à part chaque liturgie ou chaque famille de liturgies, et y étudier sur place les transformations diverses du rituel baptismal pris en son entier. Cette étude présentera donc groupés sous divers titres, les principaux éléments d'une histoire comparative des ordines baptismi. Ils sont empruntés pour une bonne part aux sources patristiques, qui permettent quelquefois de remonter jusqu'à une époque voisine des origines. De leur côté, les anciens monuments liturgiques fournissent de précieux renseignements que les historiens des rites du baptême n'ont pas toujours utilisés comme ils méritaient de l'être. Avec le secours de cette double information sur laquelle nous devrons fournir les indications indispensables, il est possible de retracer l'histoire des rites de l'initiation chrétienne dans les principales liturgies ; il est aisé surtout de marquer d'une façon nette les caractéristiques grâce auxquelles on peut reconnaître que tel ordo est oriental ou occidental, d'origine syrienne ou alexandrine, romaine ou gallicane. Notre enquête se plaçant principalement sur le terrain des ordines baptismi, il serait naturel qu'elle embrassât tous les rites se rapportant à la célébration du baptême solennel. Or « l'initiation chrétienne, telle que nous la décrivent les documents depuis la fin du IIe, comprenait trois rites essentiels : le baptême, la confirmation et la première communion ». De plus, « elle n'était pas accordée, au moins dans les cas ordinaires, sans une préparation plus ou moins longue ». C'est dire que le présent article, pour être complet, devrait offrir un tableau général des rites du catéchuménat, du baptême proprement dit et de la confirmation dans les différentes liturgies. Il est même impossible de concevoir autrement l'histoire des ordines baptisimi, car, jusqu'à une époque très avancée, ces trois éléments n'ont jamais été séparés. Aussi est-ce sur ce plan que notre travail a été conçu. Mais pour éviter d'encombrer par trop les colonnes de ce recueil, il a paru préférable de détacher de l'étude d'ensemble, dont les grandes lignes et les indications générales seront cependant conservées, tout ce qui a trait à l'acte même du baptême, sous le nom de Canons des Apôtres, et de réserver pour le CATÉCHUMÉNAT et la CONFIRMATION les portions des rituels qui précèdent et qui suivent le baptême. Ceci limite notre enquête à trois rites fondamentaux, qui, dans l'antiquité, ont toujours accompagné l'acte baptismal : la renonciation à Satan, la profession de foi et la triple ablution. À ce point de vue les rituels occidentaux sont restés beaucoup plus fidèles à la tradition primitive que les orientaux, chez qui la renonciation et la profession de foi sont désormais confondues parmi les cérémonies du catéchuménat. Il ne faut pas hésiter à voir dans ce dernier fait le produit d'une erreur regrettable des rédacteurs des rituels orientaux, car dans le principe il n'en fut pas ainsi. C'est précisément ce que nous prouvent les plus anciens documents liturgiques relatifs au baptême, que nous rencontrons en Orient. Nous commencerons par eux notre étude, sûrs d'y retrouver des traces plus authentiques de l'ordre apostolique. Les recueils occidentaux viendront en second lieu, à cause de leur date de rédaction plus tardive. Quelques remarques d'ensemble sur l'acte baptismal et sa formule serviront de conclusion à tout le travail.
L RITES ORIENTAUX, — 1, RIT ALEXANDRIN, — Les traces les plus anciennes et probablement primitives du rite baptismal égyptien sont conservées dans les collections canoniques coptes et éthiopiennes. Ces collections constituent encore aujourd'hui le droit ecclésiastique des Coptes et surtout des Abyssins, sont en partie composées de documents se réclamant d'une origine apostolique. L'antiquité a désigné ces collections comme authentiques. Ils sont en tout cas originaires des premiers siècles. Répandus un peu partout en Orient, ils acquirent de bonne heure droit de cité dans l'Égypte chrétienne, où ils furent d'abord connus en grec, en arabe ; d'Alexandrie ils passèrent en Éthiopie, pour laquelle on les traduisit dans la langue du pays. Les collections du moyen âge les reproduisirent conformément à l'une ou l'autre de ces recensions, mais en les répartissant de différentes manières. C'est ainsi qu'on les rencontre divisés soit en 81, soit en 71 et 56 (soit 127) canons formant deux livres (en copte sahidi que, en arabe, en éthiopien dans le Sënôdôs [Sivoëos] abyssin), quelquefois sept livres (copte bohairi que) ou même huit livres (OEntne : de Clément, en arabe). Les 30 premiers des 71 canons, et les séries correspondantes dans les autres recensions, sont probablement d'origine égyptienne. Ils existent en partie dans un ms. de Vienne où ils portent leur titre : mavéves Éxuineiactisol <&v éylov &rosrélw. C'est l'Ordonnance apostolique. La seconde portion des canons, 31 à 61, est pour nous la plus intéressante : elle est particulière aux collections de l'Église d'Alexandrie, mais elle est probablement tributaire d'une source étrangère. Elle est en effet très apparentée à un recueil auquel la tradition de l'Égypte a très anciennement donné le nom du Romain Hippolyte : d'où le nom de Canons d'Hippolyte sous lequel on le désigne d'ordinaire. Ce n'est pas le lieu d'élucider les questions complexes qui le concernent. La question des sources est en partie liée à un point sur lequel les savants sont encore loin de s'accorder. Les uns tiennent, avec le Dr Achelis, que les canons sont d'origine romaine, tandis que d'autres, à la suite du Dr Funk, leur refusent toute authenticité. Il est certain que le nom d'Hippolyte se trouve associé dans les mss. à ce VII livre des Constitutions apostoliques, et que l'un de ses écrits, où yaptouñrwv mentionné sur sa statue à Rome, a les deux premiers chapitres du même livre. Les titres suivants sont apparentés avec les canons qui portent son nom : aussi Achelis a-t-il pensé retrouver ces canons dans un autre écrit d'Hippolyte cité à la suite api yastamaruv, l''Arogroïiuy rapañoors. Tout récemment M. Ed, von der Goltz a retrouvé dans les recensions latine et éthiopienne l'ancienne préface des canons est précisément question de la fraditio quæ ansit us que nunce !. Il est donc probable que la thèse d'Achelis est plus près de la vérité que celle de Funk. Rien n'empêche que ces canons ne soient primitivement venus de Rome en Égypte, bien que leur rédaction actuelle ne soit sûrement pas romaine, ni conforme à celle d'Hippolyte. Nous devons appuyer sur ce dernier point, afin d'expliquer pour quoi nous citons un document d'origine romaine comme témoin de l'usage liturgique de l'Église d'Alexandrie. Introduits en Égypte au plus tard au IVe (saint Athanase, ou son disciple l'auteur du De virginitate, les a connus), les Canons d'Hippolyte se sont conservés avec les Canons des Apôtres, dans les collections de droit ecclésiastique composées en arabe, aux XIIe et XIIIes, par les grands canonistes Michel de Damiette, Ibn al- et Macaire. Ils ne nous sont même parvenus que sous cette forme, en sorte que le seul texte connu avec certitude est une rédaction propre à l'Église d'Alexandrie. Les Canons d'Hippolyte traduits en arabe offrent, sans n'en douter, un règlement ecclésiastique égyptien. La version arabe des Canons d'Hippolyte a été publiée pour la première fois, avec une traduction latine, par le jésuite Dom Daniel von Haneberg, d'après deux mss. du siècle du Nomocanon de Macaire. M. Achelis a travaillé pour lui sur les mêmes mss. par le Dr H. Vielhaber, puis, W. Riedel a entrepris une nouvelle traduction allemande, d'après deux collections arabes plus anciennes, l'une anonyme apparentée à celle de Macuire, écrite vers 149, l'autre connue sous le nom de Nomocanon de Michel de Damiette (ms. daté de l'an 1210). Les Canons d'Hippolyte existent également en arabe dans la collection d'Ibn al-'Assal, du XIIIe, et par suite aussi en éthiopien : car le Nomocanon de cet auteur a été traduit en éthiopien au XVe, et est devenu, sous le nom de Fetha Nagast (législation des rois), le code civil et religieux des Abyssins. Le professeur de Rome en a publié récemment (1899) une version pour le compte du gouvernement italien ; Riedel n'a pas jugé nécessaire de l'utiliser.
BAPTÊME
La portion des Canons des Apôtres apparentée aux Canons d'Hippolyte a, sur eux, l'avantage de posséder une traduction manuscrite beaucoup plus ancienne. Comme les vavôves Éxxinoaoremot, auxquels elle fait suite, elle a dû être rédigée primitivement en grec ; elle n'existe plus en cette langue, mais on a retrouvé récemment des fragments d'une version latine, qui semble remonter au IVe. Elle a de plus été conservée en son entier dans les deux dialectes coptes sahidi que et bohairi que, en arabe et en éthiopien. Au Dr Achelis revient l'honneur d'avoir montré les liens étroits qui l'unissent aux Canons d'Hippolyte. C'est également à lui qu'elle est redevable de son nom d'Aegyptische Kirchenordnung ou Constitution égyptienne sous lequel on est convenu de la désigner. La première édition, accompagnée d'une traduction, a été donnée par Henry Tattam en 1818, d'après un mauvais ms. de l'année 1804 écrit en bohairi que ou memphiti que. Le texte sahidi que, dont dépend le bohairi que, a été retrouvé dans un ms. de l'an 1006, et publié sans traduction par Paul de Lagarde. Depuis, le Dr Steindorff l'a traduit en allemand pour M. Achelis, qui l'a imprimé sous cette forme en regard des Canons d'Hippolyte. Nous possédons aujourd'hui une traduction anglaise due à M. Horner (1904). Le texte latin, que le Dr Funk vient de donner (1905), n'est qu'une adaptation des versions de Tattam et de Steindorff (Achelis). Du copte, la Constitution égyptienne a été traduite en arabe, et de l'arabe (ou du copte ?) en éthiopien. M. Horner a rendu l’un et l'autre texte en anglais.
Ainsi forme-t-il, dans les recueils de Macaire et d'Abu l'Barakat (XIVe), le premier des huit livres de Clément !, et deux ms. du Sénôdôs éthiopien l'inscrivent en tête de leurs canons ?.
Le manuscrit Borgia K, 1v, 24, à Rome, en contient une rédaction arabe faite sur un exemplaire copte, transcrit en l'année 643 des Martyrs (927 de l'ère chrétienne), Le Dr A. Baumstark a fait connaître ce document, dans lequel les prières des ordinations, l'eucharistie et la liturgie baptismale sont remplacées par un formulaire liturgique copié à la fin du recueil, et de tout point différent du document syriaque.
C'est un formulaire proprement égyptien ; on y trouve déjà pour le baptême un grand nombre de formules encore en usage dans l'ordre copte. Baumstark l'a publié avec une traduction latine. Il le date du VIe environ, et il fait remarquer « qu'il est beaucoup plus proche des anciens formulaires tels qu'ils apparaissent dans le Réglement égyptien, les Canons d'Hippolyte et ceux de Basile, que du rituel copte dont la rédaction est plus récente ».
Malheureusement le texte des deux manuscrits du Sénodûüs éthiopien, signalés ci-dessus, est encore inédit.
Ces différents écrits, qui ne sont, à vrai dire, que des remaniements successifs ou parallèles d'un même réglement primitif, fournissent tous les renseignements désirables, soit pour les cérémonies de préparation du catéchumène au baptême, soit pour l'ordo baptismal.
Mais on n'y trouve pas les formules d'exorcismes et de bénédictions, La raison en est sans doute qu'à l'origine ces prières étaient laissées à l'inspiration personnelle des prêtres.
Les Canons d'Hippolyte et les Constitutions égyptienne et éthiopienne fixent, nous l'avon vu, l'administration du baptême au dimanche. Les élus devaient prendre un bain le jeudi précédent et consacrer la journée du vendredi (et sans doute aussi celle du samedi) par le jeûne. Un peu plus tard, cette dernière prescription s'étendit à toute la semaine préparatoire au baptême, ainsi qu'en témoignent les Canons de saint Basile, collection copte très ancienne, si tant est qu'elle ne soit pas vraiment de saint Basile ?
Le samedi soir, l'évêque réunissait les candidats au baptême, en un certain lieu, disent les documents sans préciser davantage. Ce n'était pas le baptistère lui-même où l'on ne devait entrer qu'au moment de la bénédiction de l'eau ; ce devait être sans doute, au moins au 1er siècle, le vestibule du baptistère, lequel, dans l'ancienne Égypte, était d'ordinaire bâti en dehors de l'église, comme on le voit sur le plan du monastère Blanc construit au 4e siècle ; le baptistère y est muni d'un vestibule.
Dans la suite, on renonça à construire les baptistères en dehors des églises. Ainsi, la Didascalie arabe, qui représente une recension égyptienne des Constitutions apostoliques, distingue bien le locus baptismi de l'exorcisterium : Ex parte occidentali septentrionali photisterii sit locus baptismatis catechumencrum et etiam exorcisterium ; sit « latere ecclesiæ, ut catechument, qui in eo sunt, inveniant facultatem audiendi pericopas et hymnos spirituales et psalmos, qui dicuntur in ecclesia ».
Mais elle ne dit pas que ces deux locaux doivent être séparés de l’église. D'autre part, toutes les anciennes constructions, à partir du VIe, montrent la salle des catéchumènes et la grande cuve baptismale occupant l'extrémité ouest des églises, conformément à la prescription de la Didascalie arabe, c'est-à-dire le narthex : car les églises coptes observent toujours très régulièrement l’orientation.
Mais depuis que s'est répandu l'usage de baptiser les tout petits enfants, les Coptes ont pris l'habitude d'établir leur font baptismal, non plus dans le narthex, mais dans d'autres portions indéterminées de leurs églises, souvent dans des chapelles abandonnées. Le rituel copte a conservé l'ancienne prescription : le prêtre ne doit entrer dans le baptistère qu'au moment de bénir l'eau.
Nos documents ne nous laissent ignorer aucun détail ; la Constitution égyptienne est plus abondante : après son abjuration ou renoncement au démon, et seulement le prêtre lui administre l'onction. Dans les documents postérieurs, ces rites paraissent comme des cérémonies baptismales ; pour donner plus de clarté à notre exposition, nous en reproduisons ici le texte.
Le 1er Canon d'Hippolyte est donné d'après Achelis (p. 98 sq.), corrigé à l'aide de la nouvelle traduction de F, d'après le texte copte du 12e siècle traduit par..., et, pour la seconde partie, d'après l'ancienne traduction latine du 3e siècle publiée par Hauler ; quelles variantes empruntées au Sénôdôs éthiopien sont indiquées entre parenthèses.
Voir le tableau ci-contre.
Toutes les cérémonies du samedi soir se groupent mystiquement autour de l'exorcisme épiscopal : l'imposition des mains accompagnée d'une prière, l'exsufflation puis la consignation du front, des oreilles et des narines. Didyme fait mention de cette obsignatio Christi frontem qui précède le baptême.
D'après les Constitutions, c'est le lendemain seulement, le dimanche matin, qu'a lieu la première onction : l'évêque procède d'abord à la bénédiction des deux huiles de l'exorcisme et de l'action de grâces, puis le catéchumène prononce l'on voit mentionné dans la vingt-neuvième question adressée au patriarche Timothée (5e siècle) : « An post consecrationem aquæ agere oportebit renuntiationem, tum an olei ? ».
Dans le rituel égyptien du 5e siècle, édité par Baumstark, l'onction du front, des yeux, des narines et de la poitrine est placée au contraire avant le baptême. Cette double place de l'onction fut sans doute la cause du dédoublement du rite, qui se produisit plus tard et dont témoignent les rituels copte et éthiopien.
Les Constitutions anciennes font mention d'un rite dont les rituels plus récents n'offrent plus de trace, c'est la veillée des catéchumènes, la veillée unité de la grande Vigile pascale, durant laquelle les candidats au baptême devaient écouter les homélies et les lectures saintes, celles surtout qui avaient trait au sacrement qu'ils allaient recevoir.
CANON 19 D'HIPPOLYTE.
L'onction qui suivait immédiatement semble être particulière aux Orientaux, elle était accompagnée dans sa rédaction actuelle de cette bénédiction de l'huile ; mais ce doit être une erreur du traducteur arabe, Cf. Riedel, p. 214. Les Constitutions marquent ici que les catéchumènes doivent s'approcher de la piscine baptismale pour la première confession de foi. Les diacres avaient à la double cérémonie de la renonciation et de la confession de foi, présidée par un prêtre, en dehors du baptistère, les deux rites constituant l'acte du baptême, la confession de foi et l'immersion, sont réservés à l'évêque ou à d'autres prêtres. A cet effet, les diacres présentent les catéchumènes à l'évêque ou aux prêtres. Sérapion une #yn per æ &väandiy qui n'existe pas dans les autres documents.
La confession de foi offre une contre-partie exacte du renoncement au démon. Tourné vers l'orient, le catéchumène proteste vouloir adhérer à Dieu par sa foi et par ses œuvres : Ego credo et inclino me tibi et omnium pompæ tuæ, o Pater, et Fili et Spiritus sanctus. La formule des Canons d'Hippolyte rappelle le texte de la Constitution égyptienne : Deum Patrem, et Filium et Spiritum sanctum.
Cette première confession de foi est différente de celle qui, sous forme de questions et de réponses, accompagne la triple immersion baptismale : on le voit évidemment dans les Canons d'Hippolyte ; c'est vraisemblablement aussi ce qu'indique saint Denys d'Alexandrie au IIIe, lorsqu'il écrit des novatiens qu'ils reçoivent la fidem et confessionem quæ baptismum præcedunt, symbole des Apôtres romain, qui parait ancien et traditionnel en cela, et que les rituels copte et éthiopien ont conservé presque intact. Il est peut-être dû à sa briéveté même ! Il semble avoir subi l'influence du symbole de Nicée, dont on constate l'existence à Alexandrie dès le IVe !, quoi qu'en ait dit M.
Les Canons d'Hippolyte et l'ancienne version latine de la Constitution égyptienne témoignent clairement qu'à l'origine les trois séries d’interrogations et de réponses de Jide alternaient avec les trois immersions baptismales. La même particularité se rencontre dans l'ancien rit syrien, et dans le rit romain, encore à l'époque du sacramentaire gélasien. La chose est moins claire déjà dans les textes copte et éthiopien du Règlement égyptien et dans les Canons de saint Basile, où les questions sont posées non plus par le ministre du baptême mais par le diacre ou l'archidiacre.
A s'en tenir à l’ancienne version latine du Réglement, il semblerait que la triple invocation, contenue dans les interrogations de fide, constituait à elle seule toute la formule baptismale, car il n'y a pas trace d'autre formule trinitaire. Dans le passage cité plus haut de sa lettre au pape Syxte, saint Denys d'Alexandrie ne parle pas non plus d'autre chose que des interrogations et réponses qui ont seul fixé l'attention du fidèle en question, et lui ont donné des doutes sur la validité de son propre baptême reçu chez les hérétiques.
L'histoire, relatée par Rufin, de saint Athanase enfant, baptisant ses compagnons de jeu, fournirait un argument de plus : l'évêque interroge l'enfant, et lorsqu'il voit que les questions et les réponses ont dûment été prononcées, il n'hésite pas à se déclarer pour la validité de ce baptême improvisé. Enfin, saint Cyrille ne parle que du renoncement et de la profession de foi en un passage où, semble-t-il, il aurait dû mentionner la formule trinitaire.
Nous verrons plus tard ce qu'on peut conclure de ces textes divers. Seuls parmi les Constitutions anciennes les Canons d'Hippolyte ont la formule complète, Baptizo te in nomine Patris et Filii et Spiritus sancti, æqualis in se Trinitatis, qu'ils font répéter après chacune des trois réponses, Credo.
Un fragment copte non daté, publié par W. E. Crum en appendice à The Canons of Athanasius, contient une formule qui, sous certaines réserves, pourrait être considérée comme équivalente. En tout cas, la formule est bien égyptienne, au moins aux VIe et VIIes, car on la trouve mot pour mot dans le rituel de Baumstark, Baptizo te in nomine Patris et Filii et Spiritus sancti, æqualis Trinitatis.
Aux indications que nous fournissent les anciennes Églises grecques de Syrie et de Palestine, il y aura lieu d'ajouter également quelques détails que nous offrent les œuvres des auteurs syriaques des premiers siècles. De bonne heure, la ville d'Édesse avait reçu d'Antioche l'évangile et les principaux rites chrétiens. Malgré la diversité des langues, les relations furent longtemps intimes entre la capitale de la Syrie orientale et les métropoles d'Antioche et de Jérusalem. Par Édesse, l'influence d'Antioche s'étendit peu à peu jusqu'en Mésopotamie, en Perse et en Babylonie, d'où les missionnaires gagnèrent plus tard les côtes de l'Inde méridionale et fondèrent la chrétienté du Malabar. L'on verra plus loin que les ordos syriens dont se servaient ces Églises après l'époque des schismes, dérivent tous de l'ordo d'Antioche. Dès le principe, il dut régner parmi elles une certaine unité liturgique. Le diacre d'Édesse, Mers rl a consacré aux mystères du baptême la plupart de ses hymnes in festum Epiphaniæ. Plusieurs de ces hymnes ont été introduites dans les ordos syriens. Les Homélies ou Demonstrationes d'Aphraate le Syrien, écrites en 337, 344 et 345, offrent aussi quelques renseignements. Le célébre traité De ecclesiastica hierarchia, nous a transmis une description très détaillée des rites du baptême, qui marque bien la transition entre les documents des IIIe et IVes et les rituels syriaques postérieurs aux luttes monophysites. On reconnaît généralement que les écrits dionysiens sont originaires de quelque ville de la Syrie orientale ou occidentale, et qu'ils ont vu le jour aux environs de l’année 500. Ce sont les monophysites qui les produisirent les premiers au colloque qu'ils tinrent à Constantinople, en 531, et l'on sait qu'Hypathius, avocat et représentant de la cause catholique, dénia à ces écrits toute l'autorité apostolique que les sévériens prétendaient leur attribuer. Avec les ordines syriens en usage chez les monophysites depuis le schisme, l'ordo dionysien offre déjà ce point de contact, que les cérémonies du catéchuménat ne sont plus séparées par le temps de la célébration du baptême ; elles constituent avec elle une seule et même fonction liturgique, où l'instruction du catéchumène ne tient plus aucune place. Ce point est à lui seul un solide argument contre la haute antiquité du De hierarchia. Les chapitres 11 et 12 sont tout entiers consacrés aux cérémonies du baptême : repli r@v Ev to guriquar : Teloupéve, surtout du baptême des adultes.
A la suite des schismes monophysites et nestoriens, une plus grande unité liturgique groupa tous les Syriens de la côte occidentale et des contrées orientales, ceux de langue grecque et ceux de langue syriaque. Les orthodoxes ou melchites adoptèrent le rituel grec byzantin, qu'ils traduisirent en syriaque ; de la sorte les sectateurs du patriarche intrus et schismatique d'Antioche, Jacques Baradée, restèrent seuls en possession de l'ancien ordo syrien. Les sept rituels du baptême dont se servent actuellement les Syriens jacobites, les Syriens catholiques (anciens monophysites convertis) et les maronites catholiques (ou Syriens du Mont-Liban, autrefois monothélites et monophysites, unis à Rome depuis 1182), sont tous des recensions plus ou moins modifiées de l'ordo de saint Jacques, auquel la tradition syrienne attribue, comme à la liturgie du même nom, une origine apostolique, et qui n'est autre que l'ancien ordo syrien. Les Églises de Mésopotamie et de Perse, qui avaient jusqu'au VIe dépendu d'Antioche, se séparèrent violemment pour embrasser l'hérésie nestorienne. Leur rituel a aussi la Persan rad d'origine apostolique ; ce n'est qu'une déformation du rituel syrien, comme on le verra plus loin.
La plus ancienne recension connue de l'ordo apostolique syriaque est l'œuvre de l'évêque monophysite + Jacques de Saroug (+ 521). Son rituel Paptlenets orte, dans les manuscrits, le titre suivant : Ordo sancti bapBatnorum. Le traducteur et l'introduisit en 1749 dans sa Collection des écrivains orientaux. Mais la partie de cet ordo, qui comporte les rites du catéchuménat et débute d'après J.. C* Assemani par l'oraison Domine Deus noster qui secundum son édition sous le nom de Jacques de Saroug. Elle se trouve à un autre endroit, mais Assemani ne semble pas s'être rendu compte de son y ref à l'o de cet évêque. Le Dr Neale s'y est trompé au cours de la description qu'il a donnée du même ordo #, Renaudot en a composé une traduction indépendante ; mais il a lui aussi renversé l'ordre du rituel de Jacques de Saroug. Denzinger à eu le mérite de le reconstituer en son entier, en publiant les traductions d'Assemani avec les variantes de Renaudot. Cet ordo de Jacques de Saroug est celui dont se sont toujours servi les Syriens du Liban ou maronites, catholiques depuis le XIIe. Le patriarche maronite d'Antioche, Étienne Aldoa (+ 1704), en a donné une nouvelle édition, même des rites romains. Dans son édition, Assemani a eu le soin de noter ces additions tardives.
Les Syriens jacobites ou monophysites, ainsi que les Syriens unis à Rome depuis le XIXe, ont un Ordo sancti baptismi quem Dominus noster Jesus Christus apostolis suis tradidit et per eos pre DOCS doctoribus : queni vero sanctus Severus ordinavit in sancla Ecclesia. C'est le titre qu'il porte dans le manuscrit syriaque 931 du Vatican d'après lequel J. Al. Assemani l'a publié avec traduction. Il s'agit de l'hérésie de Sévère (d'où le nom de sévériens), qui usurpa et retint le trône patriarcal d'Antioche. Le baptistère rédigé d'abord en grec, fut traduit en syriaque pour l'Église monophysite. La suscription d'un manuscrit jacobite de Florence nous apprend que sa traduction en syriaque fut l'œuvre de Mar Jacobus, évêque d'Édesse (684-708) : Ordo baptismi a D, N.J. C, « lis traditus, quem Mar Severus patriarcha Anti och hiæ ordinavit et Mar Jacobus Edessæ episcopus s M fecit. J. Al. Assemani a publié deux autres recensions plus tardives du même ordo. L'une à peine différente de la précédente, porte le titre suivant, dans lequel on reconnaît les suscriptions ci-dessus mentionnées : 1e neti baptismi quem D. N. J. C. tradidit apostolis vis ét per cos probatis doctoribus ; eum vero transtu$ Jacobus episcopus Edessenus : hunc autem or7] Let sanctus dominus meus Gregorius H Dire felicis memoriæ ! Le nom de Sévère d'Antioche n'y est pas mentionné ; mais cet ordo apostolique, écrit en grec, ne peut pas être autre chose que le sien, traduit en syriaque par le même Jacques d'Édesse, dont il a été question plus haut.
On a de plus la indication de l'approbation donnée à cet ordo par Grégoire Bar-Hébræus, le grand canoniste jacobite (+ 1286). On sait par ailleurs que le même Bar-Hébræus introduit dans son Nomocanon, ch. 11, sect. v, sous le De perfectione baptismi, un petit traité de Jacques d'Édesse, qui n'est autre chose qu'un précis de son ordo, celui sans doute que contenait le Liber thesauri du même Mar Jacobus. Le nom de Bar-Hébræus se trouve également en tête d'un ordo baptismal du type syriaque, écrit pour les chrétiens du Malabar et traduit récemment par M. G. B. Howard.
L'autre recension, publiée avec traduction par Assemani, est anonyme : Ordo baplismi juxta novam, tractem et accuratan emendationem. C'est le titre qu'elle porte dans le rituel des Syriens jacobites, d'après lequel Assemani l'a éditée. Elle est un peu différente des autres rédactions, mais elle procède sûrement du même ordo primitif. Le Dr Neale la tenait pour très ancienne.
A côté de l'ordo apostolique rédigé, comme on l'a vu plus haut, par Sévère d'Antioche, il convient de mentionner un second rituel, à peine différent du premier et dont on attribue la paternité au même patriarche Sévère. Il a été publié à part, comme une œuvre qui serait propre. Ne serait-ce pas plutôt une simple traduction syriaque de l'ordo apostolique rédigé en grec par Sévère ? Comme traduction, elle diffère un peu de celle de Jacques d'Édesse ; le traducteur en est inconnu. Ce second ordo porte, dans les manuscrits syriaques lesquels on l'a publié, le titre suivant : Ordo act baptismi quem ordinavit dominus meus sanctus patriarcha. À part la mention de l'origine apostolique, c'est équivalently le titre du premier rituel de Sévère. L'orientaliste français Guy Le Fèvre de la Boderie (Guido Fabricius Boderianus) le publia pour la première fois en syriaque et en latin, d'après un très ancien manuscrit du Nouveau Testament, que lui avait communiqué l'imprimeur Christophe Plantin, d'Anvers, en vue de l'édition de la polyglotte. Le volume parut chez Plantin en 1572, sous le titre D. Severi Alexandr quondari patriarchæ De ritibus baptismi et synaris apud Syros Christianos receptis liber ; la traduction latine fut aussitôt reproduite dans la Bibliotheca Patrum. Cette édition laissait fort à désirer. Le titre n'était fautif. Car il n'a jamais existé de patriarche d'Alexandrie du nom de Sévère ; le nom d'Alexandrie était du reste une invention de Le Fèvre ; et de 2043-2709, — Ms, du Collège de la Propagande, à Rome, son ordo parlait seulement de Mar Severus patriarcha, et d'autres manuscrits mentionnent formellement Sévère d'Antioche. La traduction n'était pas plus satisfaisante. Ainsi du moins en a jugé Renaudot qui reconnait pourtant la science de l'auteur : « Quoiqu'il fût très savant dans la langue syriaque, comme il n'avait aucune connaissance des termes des rites, il s'est trompé tant de fois dans sa traduction, qu'elle est inintelligible en plusieurs endroits, et présente souvent des sens qui n'ont aucun rapport à son texte ». J. AL. Assemani en a donné une édition corrigée.
Ces diverses recensions se rencontrent souvent côte à côte dans les rituels syriens, soit catholiques, soit jacobites. Ce qui les distingue surtout les unes des autres, ce sont les pièces surérogatoires, lectures et pièces de chant qu'à différentes époques on a intercalées entre les rites du baptême. Mais l'ossature est parfois la même. Il apparait clairement que nous avons affaire à un seul et même ordo représenté par des rédactions différentes, peut-être indépendantes les unes des autres.
Malgré quelques déplacements sans importance, la suite des rites est identique de part et d'autre, et les formules principales sont les mêmes. Sous ce dernier rapport, l'ordo de Jacques de Saroug se sépare un peu des autres par une plus grande diversité de formules. Il est surtout riche en pièces de chant et prières ajoutées au noyau primitif, pièces disparates empruntées pour la plupart à d'anciennes anaphores, et qui n'ont souvent avec le baptême aucun rapport. Il est donc arbitraire de se baser, comme l'a fait Neale, sur la nature de prières analogues pour classer le rituel nestorien dans le groupe des ordos « calqués sur l'anaphore ». M. Maclean et, depuis, le Dr Diettrich ont repris et développé cette idée. Mais il n'y a rien qui affecte directement la forme de l'ordo baptismal lui-même. Ce n'est qu'accidentel et ceci provient de l'ancien usage d'administrer le baptême solennel au cours de la synaxe eucharistique. De même s'explique la présence dans nos rituels des lectures de l'épitre et de l'évangile empruntées à la messe des catéchumènes. Nous n'avons donc pas à nous occuper de ces formules étrangères, semble-t-il, à l'ordo primitif. Les cantus Kukæi, qui dans les rituels syriaques précèdent l'épitre, sont peut-être d'origine plus ancienne. Ce sont des pièces rythmées, correspondant aux stichoi des Grecs, dans lesquelles il est régulièrement fait allusion au baptême.
Oratio cum incenso Impositio manuum suserere. Oratio super serere. per matrem et puerum. catechumenos. Henedictio olei. Oratio cum incenso. Obsignatio cum oleo. Res ee émet Apologia sacerdotis. {| Pre ces. Epistola.Lawu- | Epistola. re delle sion au baptême de Notre-Seigneur dans le Jourdain. Certains de ces cantiques sont empruntés à saint Ephrem, Celui qu'a reproduit Sévére d'Antiothe dans son second ordo est particulièrement curieux !. M. Dodd y a relevé un intéressant dialogue entre Notre-Scigneur | et saint Jean-Baptiste, emprunté à quel que évangile apocry phe ?, De toute cette surabondance de piè ces liturgiques il n'est pas question dans les documents antérieurs au VIe ; Jacques d'Édesse n'y fait non plus auc une allasion dans le petit traité, reproduit par Grévoire Bar-Hébræus dans son N'omocañon, où il a donné comme un schéma du rituel baptismal proprement dit, et qu'il convenait d'indiquer en dernier lieu comme nous offrant quelques précieux renseignements *, À l'aide de ces sour ces diverses représentant dans leur ensemble l'ordo syrien aux différentes époques de son développemént, il sera facile de grouper ici les indications qu'el les nous fournissent sur l'acte baptismal.
Les rituels ne disent rien des jeûnes que primitivement on exigeait des catéchumènes comme préparation | immédiate au baptème ; de bonne heure ces jeûnes avaient pris une grande extension : Per ommnen QuaSÉVÈRE (11) p. 309-316, ” Oratio principli, Ps, Mi- | Oratio principii. Ps. MiOratio cum incenso. ce [TER | Lectia PES Ap. et datio, Evangelium. Evangelium. Epistolæw. AntiphoLitania. na. Evangelium. Litania. Gratiarum actio. Apologia sacerd. Apologia sac. Consignatio. Insufflatio. Insufflatio. Insufatio exorcisemi. | Consignatio trina in fronte | » Oratio. Oratio. » Exorcismus. Exorcismus. Renunciatio diabolo. Renuncialio. Renunciatio. Confessio fidei. Confessio fldei. Confessio fidei. Symbolum fdei. Symbholum. » Gratiarum actio. Gratiarum actio, Pre ces super oleum. Symbolum. phora. | Benedictio aquæ : InBenedictio aquæ : Insufllatio. Invocatio sufflatio. Invocatio | sufflatio. “dé + S. Spiritus. ChrismaS, Spiritus. Chrisima- | Chrismatio. tio aquæ. tio aquæ.
_ deux jours de jeûne, aïnsi la Didachè : baptisan | Peregrinatio 12, Celle-ci parle aussi de la Pentecô | homil. x (Antioche, 300). — ® Didachè, vi, dans Funk, €
JACQUES D'ÉDESSE (BAR-HÉBRÆUS)
at que Sahniis in sacco et cinere Pet] “puis an vilam peccatorum suorum confessioné age Saint Cyrille prescrit pour les candidats le ee quarante jours * et la confession des péchés ©, Saint Jea Chrysostome dit du reste que tous les catéchumèm s étaient, comme les fidè les, astreints au jeûne de quarante jours”, ailleurs il parle de la pénitence et de la con sion qui devaient _précéder le baptéme 5. Mais les documents antérieurs à la règlementation définitive du jet e quadragésimal, n'exigeaient des catéchumènes qu'un ou jube jejunare unum vel duos dies antea ; le Te ment prescrit le vendredi et le samedi avant l'äq les Constitutions apostoliques, vi, 22, disent sans fixer, ante baplismium jejunet qui baptizatur. D.
La coutume dé baptiser à Pâques est attestée pes e Testament, par Aphraat le Syrien 1°, saint Cyrille #1 et la idesse, la fête de l'Épiphanie était par exellent our de baptème, les hymnes de saint Éphrem le Syrien en offrent la preuve, Sozomène a conservé le souvenir d'u re & Jérusalem ; en mémoire de la consécra- | D Véglise du Golgotha, bâtie par Constantin, la runauté de Jérusalem célébrait un anniversaire ue. Lg ut baptismi quo que sacramenta eo die | | cérémonies du baptème d'aprés le Testament du Règlement égyptien ; el les débutaient le samedi ir par une imposition des mains de l'évê que et un Le exorcisme suivi d'insufflation et de consignation du e front, des narines, de la poitrine et des oreil les, s choses que nous retrouverons plus tard dans la iption trés détaillée du ps.-Denys et dans les es postérieurs, mais que saint Cyrille a négligé s conservé le long exorcisme du Testament, Deus ælorum, Deus luminum *, dont il est ici question. n avons cependant retrouvé en grec dans certains loges anciens d'aprés lesquels Goar l'a publié sous le titre Eyn étépa +09 aûroù (vid, magni Basilii) : 0 ass cov oÛpavay, 6 eds rov gurwmvl, Sede l'original, où simplement une traduction du at ? D'autres le diront ; qu'il suffise d'indiquer ce | <rnédétens Saint Cyrille ne parle pas non plus de la bénédiction les fonts, que du reste le Testament passe aussi sous ilence. Les Constitutions apostoliques la placent déjà, comme les ordines postérieurs, immédiatement avant l'acte du baptème.
Le moment exact de l'administration du baptème en Svrie marquait une particularité, Tandis qu'en Égypte on attendait l'heure du gallicinium du dimanche, en sr ie et en Palestine, on commençait dés le samedi ir à l'heure des vigi les nocturnes : Ab initio vespe- # baptizandi baptisentur post unam lectionem. Sa “ Jean Chrysostome à Antioche, parle de ceux qui vesperi baptismate digni habiti sunt ®, et saint Cyr rille dit à ses néophytes de Jérusalem : Operationemt cognos rail quæ in vobis illa baplismatis vespera Mecta est *.
Le renoncement au démon vient en premier lieu dans a description du Testament. La formule en est déjà éveloppée : Abrenuntio tibi, satanas, tuo que universo ti, luis scenis, tuis cupiditatibus, cunetis tuis ribus. 8, On y remarquera l'absence de la clausule et gelis tuis ; c'est une caractéristi que de la formule enne. La Caféchèse XIx de saint Cyrille la donne en mes tout à fait analogues : »Arorisoopai got, Zara xx, 4), tai mor vois Épyots oo (5), xai néon 1 rép (6), xai mao + harpslx cou (8). Saint Jérôme cite | la formule comine ‘il suit : Renuntio tibi, diabole, et pompæ luæ, et witiis tuis et mundo tuo®, et saint hrysostome, en se rapprochant encore plus de Cyrille :
| De hierarchia : | spectantem manum que versus ilam plagam aveérsas le mentionner. Toutefois ces ordines syriaques n'ont | aaaopai qot, Zaruva, ai rf TépT gou, xatrñaa- | | viendrons plus loin.
BAPTÊME
to Earavä, D'après saint Cyrille, ce serment est prononcé sur l'injonction du prêtre, disposition identi que à celle du Testament, Mème usage également, de part et d'autre, de la conversion à l'occident pour le renoncement et à l'orient pour la profession de foi, Jussi p |'éslis manunt extendere el tanquan præsenti abrerepre jduisent à peu près l’ordre des Canons d'Hippolyute | nuntiaslis salanæ !*, Saint Chrysostome ajoute un détail, la flexion des genoux : 'Avapviabne <Ov ÉnATur |'Éxeivev, ê t'ov &rerdlante adrog +5 tuparvéès, yévs wie vavTés, Lai mpûs toy Baiiéz ATOUOHNGRVTE. 13, Plus tard mème cérémonial, avec un détail en plus, dans le Exinde ipsum ad occidentem proprotudentem, terlio salanant insuf/lare jubet at que insupeér abrenuntialionis verba pruferre ; ei que Ler abrenuntialiontis solemnibus verbis proposilis, eanderi loties conceplis verbis pronuntiat ‘+, Jacques d'Édesse né fait que rappeler le rite : postea abrenuntiare eos Jubet satanæ et ominibus ad ipsum perlinentibus 15 ; mais les rituels donnent la formule complète avec l'indication traditionnelle : le prêtre prononce d'abord les paro les, que les parrains reprennent ensuite au nom des enfants, Toutefois, à part l'ordo de Jacques de Saroug qui a conservé la forme ancienne Abrenuntiantes tibi satana l5, les rituels syriaques ont, comme déjà les Constitutions apostoliques, Abrenuntio satanæ.
Il faut remarquer à propos de ce rite qu'en Égypte, les catéchumènes devaient déposer tous leurs vêtements dès avant le renoncement. En Syrie, il en fut de même au début, comme en témoigne le Testament. Cette disposition fut modifiée vers le IVe ; les catéchumènes durent garder une tunique pour le renoncement et la première confession de foi. La chose est formellement attestée par saint Cyrille et plus tard par l'auteur du De ecclesiastica hierarchia. Quant à l'onction avec l'huile exorcisée comme à tous les rituels orientaux, elle était, d'après le Testament, placée entre le renoncement et la confession de foi. Le Testament en a conservé la formule : Ungo [te] hoc oleo ad liberationem ab omni spiritu pravo et impuro….. ; il semble que la Didascalie latine fasse allusion à cet exorcisme par l’onction quand elle dit : Nulla est alia curatio UT ABSCEDAT AB EO SPIRITUS IMMUNDUS hisi per SACRAM PURGATIONEM et sanctum baptisma. Saint Éphrem d'Édesse connaissait une formule où étaient nommées les trois personnes divines : Spiritus | secrelo igne ungil gregem suum in tribus nominibus quibus fugatur spiritus malus.
Dès la seconde moitié du IVe, nous voyons cette onction des catéchumènes reportée après la confession de foi. Le candidat au baptême était alors dépouillé de ses vêtements et recevait l'onction sur tout le corps, à partir de la tête aux pieds, selon l'expression de saint Cyrille.
La première confession de foi ou adhésion au Christ suit le renoncement. À Antioche, elle débutait par les mots Euvrtasouat so : Xoussi, qui rappellent la formule 219 du Testament, submitto me tibi Pater, et surtout celle de l'ordo syriaque : Consentio tibi Christe. Les Constitutions apostoliques (l. VII, #1), ont, comme pour le renoncement, la forme cuvraaco par t@ Xpiorm “ai, riatedeo vai Barricomar etc Éva... Elzév, suivie du symbole entier. À Jérusalem, l'on récitait aussi une sorte de symbole abrégé : mioredui ste tov [latépa mai ais Tov V'lov mai els to yuov Tlvsôua mai sic v Banrsoux meravoias.
Reste à savoir si saint Cyrille a rapporté la formule exacte, ou s’il n'a fait que la résumer. Peut-être le catéchumène disait-il le symbole en entier, comme il est prévu dans les Constitutions. Mais M. Burn s'est évidemment mépris lorsqu'il a écrit que ce symbole abrégé was used apparently at the very moment of baptism ; car, au moment même du baptême, il y avait une seconde confession de foi, sous forme de réponses à des interrogations ; une onction suivait bien la récitation du premier symbole, mais c'était l'onction d'exorcisme, non pas celle de la confirmation ainsi que M. Burn l'a interprété.
D'autre part, saint Jean Chrysostome atteste aussi que de son temps, vers 396, la liturgie d'Antioche comportait la récitation du symbole au baptême : Post mysticorum illorum verborum enuntiationem et horrendas regulas dogmatum, quæ @ cælo sunt demissa, hoc quo que in fine addimus, quando baptizaturi SUNT, jubentes dicere (Grau uihwnes Barrigerv, RENE ONTES), Credo in resurrectionem mortuorum, et in hac fide baptizamur. Cassien a conservé le texte à peu près complet de ce symbole d'Antioche, dont il parle à propos de Nestorius : Nune ad fidem Antiocheni symbol venianius, in qua quum ipse baptizatus sit ac renalus, suis eum professionibus argui oportet.
Dans l'une de ses Demonstrationes, Aphraate mentionne la traditio signi cum baptismio juxta ritum, dans laquelle on a vu la récitation du symbole par le prêtre d'abord, et ensuite par le catéchumène. L'auteur du De ecclesiastica hierarchia se rapproche sensiblement du texte des Constitutions apostoliques, par le fait qu'il unit la récitation du symbole à la formule d'adhésion au Christ : Ipsum (catechumenunt épiscopus) ad oriente transfert, el in cælum intuenLem, manus que attollentem, GChristo cunclis que sacris a Deo traditis eloquiis jubet assentire.
nné. Un canon de Jacques d'Édesse, reproduit dans se estis salutarem confessionem, ac demersi estis Fi AT 282 que le prêtre dût dire en baptisant Barzifew sc... ou bien Barriferar…. ei to dvoua co [larpés…, Bon nombre de textes parlent de l'invocation de la Trinité, sans rien plus, ainsi l'ancienne Didascalie, ane GE Énovopatéte émixAnor Dedrnros ëv tu Uéare 1, ce qui est devenu dans les Constitutions apostoliques : : aù à értcuonos.. Thv lepèv ér'adrois elniv xai érovouèas mi mov Taurpds wat V'iod xat éylou [veduaros, Bantiosre aurous &v <@ Séurt (0 : plus tard Théodoret de Cyr et Procope de Gaza parlent encore de +rhv ti ; rptaèos énéx ina rotetv !!, Saint Chrysostome mentionne d'autre part +4 Énquaræ +09 leod Êtx cod lepéws Asydpeva... qui accompagnent l'immersion baptismale 1, Le Pré spirituel du moine Jean Moschus (vire siècle) est, semble-t-il, le seul document ancien, qui donne explicitement la formule en usage en Palestine ; il s'agit d'un Juif qui, traversant un désert en compagnie de chrétiens, leur demanda le baptème, et recut en guise d'ablution une triple infusion de sable, accompagnée de la formule Bar+iferzr Oréèepos Eiz To ôvoux 109 [laroôs, #. 7. 2... ; et, ajoute le récit, les assistants répondirent,. Amen, à chacun des noms des trois personnes de la sainte Trinité 13, C'est la formule des ordines svriaques postérieurs : Haptisatur talis.. in nomine Patris, etc. Elle diflére donc de celle des Coptes jacobites, Le premier ordo de Sévère et celui de Jacques de Saroug ont conservé deux anciennes formes dont on a parfois contesté la validité : Bapticatur N, ut sit agnus in grege Christi in nomine Paris el Filii et Spirilus vivi et sancle in vitam sæeuli sæculorum (Sévère) +, Ego te baptiro N. agnum in grege Christé in nomine Patris et F. et S, s, in sæcula (Jacques de Saroug, avec retouches visib les), Une lettre de Sévère d'Antioche à l'évê que Théodore, - écrite vers 514, a indiqué la formule dont il fallait se servir dans les baptèmes donnés sous condition : Fapfizatur talis, si non baplisatus est, in nomine Patris et F. et S, s.1%, D'après cette lettre, saint Cyrille d'Alexandrie aurait été le premier à employer une formule conditionnelle analogue. L'usage de la triple immersion est déjà constaté par la Didaché, C'est une prati que que l'Orient a précieusement conservée comme une tradition apostoli que et comme une protestation contre l'hérésie des eunomiens, que le canon 50 des Apôtres vise indirectement (8 ; ils n'admettaient qu'une seule immersion, sous prétexte que le baptôme doit être donné in mortem : Domrini 17, Saint Chrysostome !$,saint Cyrille t#, Théodoret 20, plus tard le ps.-Denvys #1 et saint Jean Damascéne ?? sont pour la Syrie et la Palestine les témoins de |’ usage constant de la triple immersion dans l'Église catholi que. Ces auteurs insistent d'une facon curisuse sur l'émersion qui *283, BAPTÊME devait suivre naturellement cha que immersion et dans laquelle on reconnaissait une figure de la résurrection du Christ !. À une consultation que l'évê que Amphilo que avait adressée à saint Basile sur la nécessité de l'émersion, celui-ci répondit judicieusement que l'une ne pouvait aller sans l'autre : Ter mergi non potest nisi qui toties emergat ?. Tout ceci ne peut guère se comprendre qu'à la condition d'admettre la prati que ordinaire de l'immersion à peu prés complète, Cependant la Lidachè prévoit déjà les cas où l'on pouvait se contenter d'une simple affusion d'eau sur la lête du néophyte, En fait, depuis des sièc les les Syriens ont abandonné la prati que de l'immersion complète pour s'en tenir à la triple affusion 3%, Un décret de Jacques d'Édesse, conservé par Bar-Hébræus, prescrit qu'en cas de danger on doit baptiser l'enfant n'importe où, pourvu qu'on ait de l'eau à lui verser sur la tête +, 2, L'ordo des nestoriens de Chaldée. — Au groupe déjà considérable de recensions diverses de l'ancien ordo syria que, se rattache d'un peu plus loin l’ordo des Nestoriens de Chaldée. Cette Eglise avait relevé dans le principe du patriarchat d'Antioche. Quand elle devint nestorienne et aulocéphale, elle conserva sa langue liturgi que, le syria que 5, et ses anciens rites, Selon ses traditions, son ordo du baptême, de même que sa liturgie eucharisti que, aurait eu pour auteurs les apôtres Addée (Judas Thaddée) et Maris, Mais au vire siècle il fut corrigé dans le sens nestorien par le patriarche lesuyab 111 d'Adiabène (647-660) ; Ebedyesu dans son Calalogus librorum syrorum, ce. LxxIv 6, le dit formellement, Cette recension de Jesuvyab fut dans la suite l'objet de remaniements successifs qui en ont modifié le caractère 7. J. S. Assemani, en 1798, fut le premier à publier l'ondo nestorien $ ; mais les pié ces n'étaient données qu'en incipit. Un texte plus complet, avec variantes de divers manuscrits, parut ensuite dans le Codeæ litugicus dé J. Al. Assemani ; il a été reproduit depuis par Denzinger 10, mais on y a constaté des tra ces d'emprunts à Ja liturgie latine. En 1852, l'Anglais G. P. Badger !! donna d'après un ms. non identifié, une traduction anglaise que Denzinger a également utilisée 1 ?, Depuis cette épo que, la mission anglicane d'Ourmiah a édité d'aprés trois manuscrits le texte chaldéen du rituel actuellement en usage, et ensuile une nouvelle traduction anglaise 1%, Tout récemment enfin le Dr. G. Diettrich a donné du riluel baptismal une traduction allemande basée sur l'édition d'Ourmiah et d'après d'autres manuscrits des xv°-xvirr sièc les 14, Le rituel neslorien a aussi été en usage chez les chrétiens du Malabar, Les origines de leur Église sont trés obscures ; il est possible qu'el les remontent aux ten ps apostoliques. Cette chrétienté reçut au 1ve siècle des missionnaires de Mésopotamie. A la méme épo que il y avait aussi chez elle, semblé-t-il, une colonie pro| l'onction du corps soit réservé aux diaconesses, choisies | parmi les religieuses les plus vertueuses 25, a = Les nestoriens pratiquent l'immersion baptismale. L u stion de la validité de leur formule a été très disculée. À la fin du xvi : siècle, le synode de Diamper consatai _ que les nestoriens du Malabar se servaient de illérentes formes baptisma les, dont plusieurs étaient acceptab les, Le fait est très vraisemblable, Pourtant es documents antérieurs à cette épo que, notamment & manuscrit de 1557, offrent une formule absolument al ide, à savoir la formule syrienne : Baptiratur talis | nomine Patris et Filii et Spiritus sancti !, Dans sa Section 1v, le synode de Diamper semble avoir pris, our ja formule même du baptèéme, ce qui dans le ituel n'est qu'une proclamation qui suil le baptème, aplizatus est et perfectus N. in nomine Patris. Une \ission romaine réunie sous le pontificat d'URVIII (1690) eut à examiner la formule chaldéenne, ui, sur la foi de certains témoins, signifiait baptizatus sl, baptisata est, non pas baptizatur, Elle conclut à a validité, ce fait ‘étant reconnu que le terme syria que Hniférent à désigner le présent ou le passé ?. Pour s de sûreté cependant, les Chaldéens unis usent de à forn nule romaine, traduite en syria que #. 1. L'ORDO BYZANTIN. — À. Les origines. L'ancienne urgie baptismale dans les Églises d'Asie-Mineure et ee onstantinople. Le rituel byzantin, — 2. Le rituel Fménien. L. Les Églises d'Asie-Mineure (qui formaient autrefois Miocèse d'Asie), les provin ces du Pont et de la Cappaice, ont été moins favorisées que les Églises d'Égypte Syrie au point de vue de la littérature liturgi que, s que les dernières ont pu conserver à travers les s leurs rites particuliers et constituer ainsi dans mble des liturgies des famil les bien caractérisées, d'Asie ne nous ont transmis aucun rit spéLa raison en est dans ce fait qu'el les entrérent de »e heure dans la sphère d'action des évêques de ms li antinople, en atlendant le jour où el les furent ées dans le patriarcat byzantin, Dès le temps de Jean Chrysostome, cette influence était remarquée belle ne fit que grandir au siècle suivant, On sait peu e “ehoses sur les origines mêmes de la liturgie de onstantinople ; du reste l'histoire connue de la Byzance hrétienne ne commence guëre qu'au 1v siécle. Il est urieux de constater que les formulaires de la messe, 4 L iv sont conservés jusqu'à nos jours dans le ril byntin, portent les noms de saint Jean Chrysostome et le : saint Basile. C'est dire que la tradition grec que fixe, | inon les origines, du moins là codification de sa liturà l'épo que où commençait l'adhésion des Églises sie à celle de Constantinople. Si le rituel fut établi et een même temps que la liturgie de la messe — et il a pas de raison de croire qu'il lui soit postérieur Lie de composition a dû être analogue. L'anliturgie d'Asie, au moins celle de Césarée de sp padoce, a survécu sous le nom de saint Basile, dans ; laire byzantin, à côté de la liturgie de Cons- ‘ople, celle de saint Chrysostome. Semblable com30 a de ri les a pu s'opérer dans la constitution des 6 | dbétinés à l'administration des sacrements, Du s n'est-il pas téméraire dé rechercher dans l'eu- | po les tra ces des anciens rites asiatiques ‘de cel les qu'y ont laissées les usages liturgiques el se de Constantinople. L'ondo baptismal de l'Église de Constantinople devait « e » au moins dans ses gran des lignes, ét son BAPTÊME
ile, dans ; laire byzantin, à côté de la liturgie de Constantinople, celle de saint Chrysostome. Semblable comme il les a pu s'opérer dans la constitution des 6 | dbétinés à l'administration des sacrements, Du s n'est-il pas téméraire de rechercher dans l'eu- | po les tra ces des anciens rites asiatiques ‘de cel les qu'y ont laissées les usages liturgiques el se de Constantinople. L'ondo baptismal de l'Église de Constantinople devait « e » au moins dans ses gran des lignes, ét son BAPTÊME
texte fixé, dès le ive ou le Ve, car des traditions dignes de foi attestent que, vers cette épo que, il fut traduit et adapté à l'usage des Églises d'Arménie et de Géorgie qui en ont conservé les traits caractéristiques. Les plus anciens manuscrits nous le présentent comme faisant partie du livre liturgi que, nommé Euchologe byzantin. On en trouve par conséquent le texte dans les innombrab les éditions de l'euchologe byzantin, publiées depuis le XVIe. Celle de Venise de 1638 a servi de base à la célébre édition grec que-latine du dominicain Jacques Goar , Le texte est celui de l'eucologe officiel : une traduction latine l'accompagne. Mais cette publication ne représentérait qu'assez mal le rituel primitif, si l'éditeur n'avait eu à sa disposition plusieurs anciens documents, entre autres un excellent manuscrit de la fin du VIe, dont il a donné de nombreuses variantes, et des pié ces entières tombées depuis longtemps en désuétude, C'est, encore aujour d'hui, le plus ancien eucologe que l'on connaisse ; il a été récemment versé à la bibliothè que du Vatican avec le fonds Barberini dont il a conservé la cote cod, Gr, IL, 55,— 3, Al. Assemani à reproduit à la lettre les ordos des catéchumènes, du baptôme et de la confirmation d'aprés le texte officiel imprimé dans Goar ® ; il a interverti l'ordre de certaines piè ces, quel que peu modifié la traduction latine, et enfin relégué en notes ou en appendice les variantes de trois manuscrits (loujours d'après Goar), non sans commettre quelques confusions. [l faut ajouter à son actif la premiére édition d'un ordo de la confirmation, d'aprés un ms. arabe du Vatican , qui présente quel que intérêt, mais qui est très éloigné de l'ordo grec primitif, Somme toute cette édition d'Assemani n'a pres que rien ajouté à celle de Goar, — H, À, Daniel s'est également contenté de suivre l'eucologe officiel et Goar $, en laissant de côté la traduction latine et les variantes. — Deux publications récentes d'un professeur de l'Académie ecclésiasti que de Kiev, M, Al. Dmitrievsky, ont fait connaître un grand nombre d'eucologes grecs de provenance et d'épo que très diverses, qui permettent dé suivre siècle par siècle, soit le développement progressif, soit au contraire la simplification des différentes parties de l'ordo primitif. La seconde dé ces publications est la plus importante . On y trouve le rituel baptismal décrit d'aprés environ quatre-vingts mss., dont trois sont des ixe et xe sièc les, Mais elle n'est complètement utilisable, au moins en ce qui concerne précisément l'ordo baptismi, qu'avec le secours d'une brochure parue en 1884, dans laquelle M, Dmitrievsky avait publié deux rituels du baptème, d'aprés des manuscrits grécs du xive et du XVe avec des variantes de trois autres mss. de la même épo que 19, Dans la description de ses Eÿyoïdyta, il se réfère continuellement soit à Goar (édition de Venise de 1790), soit surlout à sa propre Lee — De son côté et indépendamment du précédent, M. F. C. Conybeare a publié tout derniérement, en es à son Rituale À FLENOTUIE, un texte corrigé de l'ordo baptismal selon le rit grec 11. Il reproduit l'eucologe de l’ancienne bibliothè que Barberini, du vrre siècle, dont il a revu le texte et qu'il a confronté avec trois eucologes anciens des x+, x1° et x sièc les, de Grotta-lerrala, et de la Bodléienne à Oxford. I n'a malheureusement pas utilisé les trav aux de M. Dmitrievsky. 287 qui ont conservé pour la liturgie l'ancienne langue slavonne, suit exactement pour le baplème l'eucologe grec !. Mais il ne fournit aucun renseignement sur l'état de la liturgie baptismale de Constantinople au moment de la conversion des Slaves au christianisme, attendu que les livres liturgiques russes ont été corrigés à la fin du xvrre siècle, lors de la réforme de Nicon, et rendus conformes à l'eucologe grec officiel. Les | livres des Ruthènes offrent, paraît-il, des particularités qui peuvent être fort anciennes. Nous n'avons malheureusement pas pu nous én servir. En dehors des deux rites de la tradition du nom et consignation le huitième jour, et de la purification, le quarantième jour après la naissance de l'enfant, il faut distinguer dans l’ancien ordo byzantin quatre porlions homogènes. Autrefois séparés par le temps ces différents groupes de cérémonies ne font déjà plus, dans l'eucologe Barberini du VIe, qu'un seul tout. Mais ils ont conservé pour la plupart leurs titres particuliers qui permettent de reconnaitre, jus que dans l'eucologe actuel, les divisions primitives, Nous en donnons ici le détail d'après les anciens documents. Ainsi fixée dés le vine siècle, et probablement bien avant cette épo que, la teneur générale du rituel baptismal grec n'a guére varié dans sés gran des lignes. Certaines portions sont restées intactes et se retrouvent loujours les mêmes à travers les manuscrits des diftéréntes époques : tels sont les trois exorcismes, la formule de la consécration de l'eau, celle du baptème et l'action de grâ ces qui la suit, D'autres pié ces moins importantes varient au contraire à l'infini : tels sont les Êtaxoviza qui servent d'introduction à ln bénédiction de l'eau baptismale. Enfin quelques formu les ét quelques rites secondaires sont venus allonger un peu l'ordo primitif, ainsi les nombreuses prières de la cérémonie | dés relevail les, la sputation au moment de l'abjuration, | la tradition du vêtement et diverses lectures et piè ces de chant, Avec tout son ensemble de rubriques et de cérémonies nouvel les et sous sa forme actuelle, le rituel du baptème n'est constitué que vers le xvt siècle, Nous n'avons pour le moment à nous occuper que de l'acte baplismal el des cérémonies qui dans le principe le pré cédaient immédiatement, Les Pères asiatiques du rve siècle s'accordent à désigner, Comme cérémonies directement préparatoires au baptéme et intimement liées à son administration, l'arbraës Où renonciation du démon, la chvratr où adhésion au Christ, et la confession de foi ou éuoiny{æ, rites dont l'onction avec l'huile des catéchumènes formait comme l'achévement, Saint Basile a donné tous BAPTÈME
salutaria verba (cwrpix fuara) proferre | Chrysostome donne une formule plus complète | | fait non seulement avec le Christ, mais avec la règle qu'à son tour elle détermine la forme de la déclaration de foi et les détails de ce cérémonial que l'on trouve à dans l'eucologe byzantin : Quid eæspectas ut | febris et munere baptisma accipias ? Quando né que orte tibi audire Mara non MANUS me à (suvhéabas Fe non inimico renuntiare d ré Éybp@), ne que forte in recipiendis initiamentie scienter prose qui ?. Les cérémonies ne sont pas quées dans ce passage selon l'ordre où elles se | taient, La renonciation venait en premier lieu « Qu'ont donc promis ceux qui nient l'Esprit demande saint Basile : Tliorederv sic Ilarépa xai D dyuov [veïux, re, äanorefäpevot To Giaféhe aa < œyyéhots adrol, Tv cwTptov Eneivry xp av govr L ont prononcé ces paro les de salut (ef. plus Tant ps énwata) après avoir renoncé au démon ?, Ai leurs saint Basile parle de renuntiare satanæ, < cuolias +9 œarava, mai roïc dyyéhors aûroo +. Saint stantinople, année 399) : 'Aroräsaopat to Zaravé, bien, dans le même paragraphe, aroréosouxi cat. # Th rourf ou, ta Th hatpelx cou, al rolç Me pu ce qui est exactement la formule de l'eucol avec quelques interversions. Dans ce passage, : nonciation est uni l'acte d'adhésion au Christ : ’A co par to Daravé za cuvréaco par abl, Xouoré. É formu les sont corrélatives. Oôa rêve pond yes aneraËdunv, xai vive THVETAÈMUNV « Je sais à renoncé, et je connais celui à qui je me suis disait déjà saint Grégoire de Nazianze en 380, € peuple de Constantinople et ses contradicteurs Dans la pensée de saint Grégoire, ce pacte d'umi tout entière : Præclarum depositum quod a b nostris accepimus custodientes, adorantes Pain 211 Filium et Spiribum sanctum, in quibus | baptiraæ sumius, als à Seéanrioncha, els à RemOTEd ARE Y, M | ruvrerdyueba 7. Et ailleurs : Intelliges tum ex # ru specie Lum ex verbis ipsis Le ominem ini | nn TE cere, et cum tota Deitate conjungi, &e one are rhv siav, coûte dan Dedrmr uvraradpevas . LE une allusion aux deux formu les et à toute la 2 scène qui accompagnait l'abjuration et l'acte d'adhésion Mais ce dernier ne constituait pas encore ce que Pères entendent par le terme époioyia. Il est certi que l'émoroyix comportait une profession de foi cite aux trois personnes de la sainte Trinité : ;« Qg quv TIFTEUSY El Harépa nai Vos « ai &ycoy [lue Pôdacsé por rhv any napararabnent Tv dc. La sé nai V'iov mat aytov [yep éuoroyéæs 10, Dans leurs à d cussions avec les ariens, saint Basile et saint Grégoire Nazianze reviennent souvent à cette idée que la cor de foi baptismale repose sur le précepte trinita d'où ils concluaient que les ariens avaient tort de cette doxologie pour Iui donner un sens h Oportet nos baptisari quemadmodum accept credere quemadmodum baplisamur, glorificare ne ita ut credimus, Patrem et Filium et Spiritumt.sa étum. Custodiendus est ordo quem ex ipsa Dom va traditum accepinius dicentis : Euntes docete or gentes baptizantes eos in nomine Patriset F ili et 8 à LS a “it, Et saint nb de Nasianze : Myécüntt ac. Risst éfanrioins ; sis Ilurépa…, sis V'lov..…, autres semblab les, il faut conclure qu'il y avait confession de foi trinitaire ; mais rien ne dit qu'elle in #5 récitation d'une formule de foi comme le ymbole de Nicée, Celui-ci servait pour l'instruction De mais on ne sait rien de plus, Une le allusion de saint Basile pourrait donner à penser avoir énuméré les rites et formu les ecclédont on ne trouve auc une trace dans les Pétitares, ce Pére dit à propos de la confession baptismale : Et ipsnm fidei professionem (éuoJin Patrem et Filium et Spiritum sanctum e s habemus scriplis ? Etenim si quonian ex baptraditione.., ut baptisameur ita et credere debesimilem : bantismo professionenr exhibemus ; mt etiam nobis ut... glorificationenr fidei conpersolvamus %, Mais on ne peut rien conclure texte. A supposer que la confession de foi n'ait au, comme à Jérusalem au temps de saint Cyrille, mols Credo in Patrem et Filium et Spiritumi, Saint Basile pouvait écrire que la formule pas dans l'Écriture, comme les hérétiques le nt de la doxologie Gloria Patri et Filio et Spisaneto. le même passage, saint Basile parle d'un autre ii suivait la confession de foi, l'onction d'huile, Il appelle cette huile +ù Éxatov sf ; ypivens : il agit de l'huile des catéchumènes. Saint Jean Chrysosne # compare le catéchuméne à l'athléte, à l'exemple quel il reçoit l'onction sur tout le corps afin de poudir résister aux atlaques de l'ennemi auquel il vient Joncer pubkiquement. Les fecognitiones, œuvre sé imentine d'origine probablement orientale qui oil dater du in siècle environ, mentionnant également pos à prébaptismale , L'huile Ro une bénédiction spéchle : de même tismale : Benedicimus (e%0ro0uev) et aquam, dit saint Basileé. D'après saint Grégoire Nyse, omnis aqua est apta ad usum baptismatis, do. invenerit fidem eius qui id aceipit et benenem sacerdolis sanctificantis, edhoyiar Toù &yeaabluct, Mais on ne voit pas quelle place exacte ait réservée à cette bénédiction dans l'ordo primitif. £ ra l'eucologe du vins siéete, la rubri que, qui préède immédiatement l'abjuration et la confession de oi, nous avertit que nous avons affaire à un groupe inct de cérémonies, désor mais réunies à cel les du pee huménat, mais qui primitivement élaient célés à part. Le rituel conserve toujours cet avertisseI Le n'a plus auc une signilication dans la disposition <R elle : era co Aux, aroëvouévou ta ra ouévoy, d ÉEDEUS Éri CuTuas…, r s l'Amen du dernier exorcisme, le catéchumène er ra dépouillé de son vèlement de dessus et de sa haussure, et le prètre lui fera regarder l'occident, » al déjà au début de la cérémonie sis +0 motfoxt xacn- | cv, le candidat avait dû se dévêtir et dénouer sa ure. Pour quoi ce second avertissement au cours me fonction liturgi que ? C'est que là commenhitivement le rite spécial de la renonciation au Hysua ?, De tous ces passages et de pluconfession de foi baptismale était assez dévelop- | démon. Dans l'eucologe du vin siècle et les Manuscrits postérieurs qui le reproduisent sans y changer un iota, cet ordo comprend la formule de l'abjuration répétée trois fois successivement par le prêtre et le catéchumène ou son parrain, puis l'acte d'adhésion au | Christ formulé également trois fois par le prêtre et le catéchumène, la récitation du symbole de Constantinople et une priére finale, Les gestes traditionnels sont prévus dans les plus anciens eucologes, les mains levées, l'exsufflation, l'adoration du Christ ; la sputation au contraire n'apparaît qu'assez tard, ce n'est pas un rite primitif, Le ms. Barberini du vire siècle, et un eucologe du Sinaï, cod. 959, du x1 siècle, nous ont conservé, en dehors de l'ordo baptismal, une forme beaucoup plus ancienne de ce rituel de l'abjuration, dont l'ordo n'offre plus qu'une simple réduction. Elle est intitulée : »Adtar mat ouvralis yavouivn Ünd cod àapytemoxémou < aix mapuoxeu <09 marge, « ri les de l'abjuration et de la confession de foi accomplis par l'archevê que le vendredi saint, » La circonstance de temps fournit déjà un détail intéressant à relever. Il s'agit d'une préparation immédiale au baptème, lequel doit être célébré le lendemain au cours de la vigile pascale, Cet ancien document nous reporte à l'épo que où le catéchuménat em pruntait toute sa signification prati que au fait que les candidats au baptême étaient pour la plupart des adultes 10, Il contient en effet une vraie catéchèse desti née à donner aux catéchuménes le sens du double pacte par lequel ils vont se lier, C'est la réalisation du précepte énoncé au livre VII des Constitutions apostoliques : Deinde in ipso temipore baptismi, catechunrenus discat que ad renuntiandum diabolo et quæ ad adscribendum se Christo pertinent« , L'acte même de la renonciation au démon et de l'adhésion au Christ est encadré dans cette catéchèse, qui se termine par des prières Jlitaniques et une oraison. L'ordo rédigé plus tard pour les petits enfants n'a conservé que les for mu les du pacte et l'oraison finale, tout en laissant disparaitre, avec l'anti que catéchèse, certaines particularités intéressantes que nous indiquerons plus loin, En rapprochant les deux rédactions de ce méme rituel, il est aisé de constater que celle de l'eucologe, en usage depuis le vin siècle, provient bien de la forme | ancienne dont elle n'est qu'une réduction, Un ms. du Xe, cod, 958$ du Sinaï, analysé par Dmitrievsky 12, en à conservé certaines parties plus intactes ; nous le reproduisons dans la seconde colonne du tableau éidessous. Voir col, 241-2%N, Le cod. 958 du Sinaï, du x* siècle, si étroitement apparenté au texte de l'ancien riluel, a conservé d'une façon constante la forme plurielle dans le dialogue entre le prêtre et les catéchumènes, Il + a au contraire, dans l'ordo baptismal ordinaire, un emploi simultané du singulier et du pluriel qui n’est pas logi que, — Dans la manière dont le prêtre invite les catéchuménes à prononcer les formu les d'abjuration et d'adhésion, il est important de noler aussi un détail archaï que de l'ancien rituel et du ms. du x° siècle, mais que l'odo baptismal a laissé disparaitre, D'accord avec les anciens réglements ecclésiastiques, avec le Testamentum Domini en particulier, lé rituel enjoint au prêtre d'imposer la formule aux catéchumènes : »Q
IL. — 10
ANCIEN Gap0 DE LA RENONCIATION D'après le ms. Harberini.
Kat héye : aeptericuomos rois 22 | rgoupévors Ethre pera 666ou' wat | sypayiaacde aroüdaacte « ai droducare.
Kai. anapyetar ts Maty héyewr oûrws Toro rù népas vf XATNANTEMNE néon, LS É Merà roûro héyet rois« Éroapnre nt tas Ouauas, ve Ta Asipas Eyou- | tes. »O Léyur, todre nat duaets héyere' | « Anoräaoo par t@ qaravx, % T À Toûro rofroy héyer, révrwv aroxpt- | VORLÉ VE « « Eïta néluv héyes aurotc Erpagnrs Éni dvarohàxc 4dTu Tu YEÏpac Vubv ÉTOVTEC... à héyeo toûto Mai JET Àée yet Kol ocuvrdoco par r@ Xprori, Xe Te de Toûro roiroy AËyer ravrwv droxprvouévev. Kai éporä avrouc EuvertExoûs so Novo ; xal Aéyoua EuvetaËbtpela. Toûro +pks Érecewra. Kai. héyet auvtotc” Ilpooxuvrours xir.
Kai héyer »Evôiouoe « al dmoidcaoûbe.. [Kai Enedyerar 6 lapedc. deordra Küpes 4 Oeds, rpogxiheca NX. 7 À TaTava, Les Te à.
Xpvoré, x. € 2. héye toûro wai duets 2éyete, ‘Qs Xéyew kéyere. Dans le Testamentum : [Ad] singulos baplitandos episcopus dicat : Dic : Abrenuntio… Dic : Submitto tibit, — Remarquer énfin la mention expresse de l'adoration, au moment où les catéchuméènes sont invités à fléchir le Primitivement tout ce cérémonial de l’abjuration et de la confession de foi était intimement lié à celui du baptême, comme nous le voyons dans les anciennes Constitutions canoniques. C'est un fait universellement constaté à l'origine, et rien ne donne à croire qu'il en fût autrement à Constantinople et en Asie-Mineure. Dans la suite, mais à une épo que où la discipline du catéchuménat était encore en pleine vigueur, on devanca d'un jour l’accomplissement de ce rite, sans doute en vue d'abréger d'autant les offi ces de la nuit pascale. Mais l’onction d'huile des catéchumènes, qui, dans les documents anciens, accompagne le renoncement et la profession de foi, en fut désor mais séparée, pour rester unie à l'immersion baptismale.
C'est qu'en effet la bénédiction de l’eau est venue, ici encore, s interposer entre la profession de foi et le baptême, enlevant ainsi à l’onction du catéchumène son caractère primitif de consécration du double engagement pris par le candidat au baptême. Mais du moins celle onction est-elle restée une, conformément à l'ancienne discipline que nous révélent les Constitutions ecclésiastiques. Elle précède donc désor mais la triple immersion. D'accord avec les anciens documents et la
BAPTÈME
ONDO BAPTISMAL Dans le ms. du Sinaï, X° siècle.
Mer rù 'Autv, anoëvouévou wi äarohvogévou ! « où Bantijouévou, anowtoéper murods 0 lepebs êni êusHas, Mveo tas jEipac ÉxoVTus, %. RÉYEL ‘Qi Jéyvew, Aéyere 'Anoräoaopat vu | Tata héye : x thitou, anoxptvoméVV TOY CUVÉVTEOY MUTÉ..« Kat déve Zrpagetre lEnl avarohhe xäTu Tac yEtpac Éyovres “ai héyovtes Kai ovvräcooux <& « Ar 6h VU ru nr dc VOV... pt airoÙs ô lepeus de ZuveréEaate <û X. ; at amoxsivosTai Euveratauela. Kat Jéyes œutote [pocuvnrare POULE roocxuvolvruv, Étedyetat à lepeds Aernéra 0 eds, noooxthecat %.r.À. cenou devant le Christ, Tout cet ensemble de cérémo- | | de Nysse : In aqua sicut Salvator in terra nos € Dans le ms. Barberini et les autres n M Merà vo 'Auñy, hote Srolyouévou toù BanriGouévau, arogrpégel autov à lspedc Ent Queue à, dveo Tag HEÏDRG ÉTONTA, M. ÂEYET + » Arotisaupat tu ee TAVE, + Te 1 si ai anonplvetat à Barritéuerns. pie ExaTTOv. Kat 5 get | abc de AVATORXE HÉTU de pas Éyovra x. héyer aûc y’. Kai o Tao T@ Xgrora 2, a Te ds Kai ôre cr y« à lepeds, ma lépurx aûrode. Kai roigaate É | : Xprorci : 3 Kat aroxpivovem Euveral ushx. Kai déyer à lepebc Tpogzuv laure ar. [Elta déve 6 J des [hoynrbe %..) Kai mots à eee + n TA Edyhv tar. Kai rävriow Acordra Kôgre 6 Oeéc, rnpomxätene 1 #e T° À. description du De ecclesiastica hierarchia, les euco : loges manuscrits prescrivent que l'évê que (ou le prêtre doit commencer l’onction en forme de eroix sur le fi la poitrine et les épau les, et que les diacres l’aché ensuite en la pratiquant sur tout le corps. Depu XVe environ, ce détail a disparu ; en ap par : de minime importance, il avait cependant son intérè De le fait de sa conformité avec l'usage primitif de glises grecques et syriennes, Tribus demersionibus ac totidem invocationibus ma gnum baptismatis mysterium peragitur, ëv t xataËoeo ual loaplômors vais Érininoect ro pÉyæ ja ptov roû Paunriouuros seletoütou ?. C'est en ces te que saint Basile décrit le rite du baptême, I] fau procher de ce texte le passage suivant de saint Gr dimrus, id que cum ter facimus, triduo peraetann résurreclionis gratiam effingimus, ea que fac non silentio niysterium assumentes,sed frium s rum hypostaseon in quas credidimus.…. nonrin dl per nos pronunliatis, rüv rev &yluv drogréasun Ès heyopévev Muiv, els de Émereücauey %. La triple immt sion était chez les Grecs comme partout ailleurs u tradition fort ancienne, qui passait même pour apos li que, L'hislorien Sozomène s'est fait l'écho des a 3 en cours à Constantinople au Ve, en attribu Eunomius l'invention du rite de l'immersion uni que unt Eunomium primum omnium ausum esse tssers sacrum baptisma unica mersione peragenL sit, et apostolicam tradilionenr quæ etiamnumi ue servatur corrupisse !. Les canons ajoutés au » de Constantinople de 31 désignent aussi les p les d'Eunomius comme vous els piav 2arTéûua iawévous ?, et refusent de reconnaitre leur baptême. | question de la formule ba plismale est moins claire, chose est certaine, c'est que le baptème dans les es était donné au nom des trois personnes L Sainte-Trinité, d'après le précepte de Notre-Seiir eten accord avec la formule de foi prononcée les catéchumènes au moment même de leur imsion. Reste à savoir si, dès le 1ve siècle, on emait exactement les termes qui se sont conservés l'eucologe grec : Banriferar 6 Geive els to üvoua hrs On ne les trouve cités nulle part à cette ép ‘Un texte bien connu du mie siécle, la lettre de éx équ » Firmilien de Césarée (Cappadoce) à saint Cyrien ne mentionne que l'anti que confessio fidei sous re de questions et de réponses alternant avec les s immersions. Le document ne nous a été conservé qu'en latin. Firmilien y cite le cas d'une démonia que, q n'ait pas craint de simuler la consécration eucharistiqu » invocatione non contemptibili, et d'administrer ne suivant toutes les règ les : ausa est ut... bapL quo que miullos USITATA ET LEGITVIMA VERBA IOGATIONTS usurpans, ui nil discrepare AR ECULETICAÏREGU LA videretur. Et, plus loin, Firmilien pose uéstion à son correspondant : Quid igitur de hujus ismo dicenrus.. eui nec symbolum Trinilatis NEC INTERROGATIO LEGITIMA ET ECCLESIASTICA DEFUIT 9 ? Le Doom Trinitatis, dont il est ici question, ne ne pas le symbole de foi, mais probablement la » De avec le précepte divin t, Les usitata et es anciennes Constilutions canoniques, qui, l'on s'en pi ent, n'indiquent pas non plus la formule baptismale, D'autre part, il est curieux de constater que les rains asiatiques du 1v° siècle ne parlent plus des rogations de fide. Il y a une éporcyix immédiatet avant le baptéme ; au moment même de l'immerÏl y autre chose, ce que saint Basile appelle les inoers. Les deux rites sont ainsi distingués par le ne auteur : Fi des perficitur per baptismum, baptismus fundatur per fidem, et utra que res per eadem momina implelur, sicut enim credimus in Patrem et ilium et Spiritum sanctum, sie baptiramur in noquidem professio (ñ éuoicyiæ) ad salutem perducens, equilur autem baplismus consignans assensum nome 5, Et ailleurs : Confitemur quod et accepinius 'est-à-dire en conformité avec le précepte trinitaire) ; in Patrem et Filium et Spiritum sanctum credis, ai que in nomine Patris et Filii et Spiritus sancti tam 6, Comme la confession de foi, ces paro les tême (formule posilive ou simp les interroga- ) sont tirées des paro les du Sauveur instituant le ne. Saint Grégoire de Nysse contraint les ariens reconnaitre : Sed omrille mecum confligere, et opone tu, si potes, Domini vocibus, quæ invocationén lismalis hominibus instituerunt, aï env éririneu Banriouarus Toté avhawTots évoualérnoav 7. Saint | Pere dé Nazianze dit, de son côté, à ses eatéchu- » de Constantinople : Custodi fidem el confes » immersion donnée au nom de la Sainte-Trinité mine Patris et Filii et Spiritus sancti ; et præcedit Le | BAPTÈME sionen : in Patren et Filium et Spiritum sanclum.…. cum hace te imimergam, +aurn rai suyéarTÉou Lai quvavae g.… Hantiqin GE names els dvoua [arpc vai | os vai éviou Ilveduaros $, En dehors de là on ne peut rien établir avec certitude jusqu'au 1v° siécle. Pour | l'épo que suivante, Théodore le lecteur écrivant à Constantinople au début du vw siècle, témoigne indirectement de l'emploi de la formule de l'eucologe grec ; il reproche à un évê que arien de l'avoir tronquée en disant : Bantiferar Bapéac sic vo üvoux vod Harpos Gt l'lo0 Ev &ylo Tveduar :. Baptiratur Barba in nonrine Patris per Filium in sancto Spiritu®.Les Syriens emplovaient, on s'en souvient, la même formule, tandis que les Coptes en ont une différente, Mais on ne saurait dire si les Syriens l'ont empruntée aux Grecs ou vice versà, D'autre part les mss. analvsés par Dmitrievsky attestent que la formule Barrifera : à ésive... n'a ja mais varié ; si ce n'est qu'elle s'est accrue, dés le Xe 10, de la mention à 000$ +09 @sod, qui s'est maintenue dans la formule actuelle, Banriferar 6 doûd0s +02 @eoû à deïva.… Trompés par une certaine homophonie, plusieurs auteurs du moyen âge ont prétendu que cette forme déprécative, Haptiretur talis, était insuffisante pour la validité du sacrement. On a prouvé sans peine que Barriferar.. voulait dire non pas Un tel soit baptisé, mais Un tel est baptisé, ce qui suffit amplement a marquer l'intention du ministre et l'acte du baptéme 11, | sionnaires, Mais il est certain d'autre part que, dès le LIVe, l'apôtre national des Arméniens, saint Grégoire l'Illuminateur, fit pénétrer l'influence grec que dans son pays natal. Arménien de naissance, c'est de Césarée de Cappadoce où il avait été élevé, qu'il vint évangéliser les contrées de l'Arménie encore étrangères à la foi, et c'est là qu'il reçut la consécration épiscopale des mains de saint Basile, Durant tout le rv° siècle, l'influence helléni que domina si bien, que le grec remplaca dans la liturgie la langue syria que qui avait jusque-ià servi dans les contrées du sud déjà converties au christianisme. Saint Grégoire passe enfin, dans Ia tradition arménienne, pour avoir établi les rites liturgiques qu'il dut emprunter en grande partie aux Églises grecques d'Asie-Mineure. Mais ce n'est que plus lard, au Ve, que les livres furent traduits dans la langue nationale, au temps où Mesrob inventa l'alphabet arménien. La plus grande partie du rituel, ou Mashtotz, semble remonter à cette épo que ; certains offi ces, entre autres l'ordo baptismal, portent le nom de Jean Manda| kuni, qui fut catholicos de l'Église arménienne au déelin du Ve. Depuis le vis siècle, malgré ses brouil les perpétuel les soit avec les Grecs, soit avec les Svriens, cette Église continua à s'inspirer des uns et des autres pour les choses du culte, jusqu'à leur emprunter ses lilturgies de la messe. Nous possédons depuis 1905 une excellente éditiontraduction du Mashtotz arménien. Jusqu'à ce jour, en dehors des éditions en langue arménienne, l'ordo baptismal n'existait que dans une traduction latine et une traduction anglaise. La premiére due 4 J, AL Assernani s'en tenait au Mashtotz officiel ! ? ; c'est le texte qu'a réproduit Déntinger 13. Assemaniavait également donné, en latin seulement, l'ordo d'un ms. de la Propagande représentant un état liturgi que très récent et conte295 nant plusieurs détails empruntés au ril romain, Denzingér l'a également imprimé à la suite de l'ordo du Mashtotz !. En 1832, les méchitaristes de Venise publiérent une première édition criti que du rituel arménien, pour laquelle ils utilisérent un ms. du vi ou IXe, le plus ancien que l'on connaisse. Le Dr Issaverdenx traduisit en anglais l'ordo baptismal d'après cette édition de Venise. Ce texte était déjà meilleur | que celui d'Assemani. Récemment enfin M.F, C. Convbeare a donné en anglais une traduction complète du Mashtotz, non d'après les textes imprimés qui ne té- | moignent que pour l'usage actuel, mais d'aprés les | plus anciens et les meilleurs mss. qu'il a revus lui-même ; son but était de rendre autant que possible au rituel arménien sa physionomie ancienne , Les indications que nous donnons ici sont empruntées à celte édition. L'ordo baplismal arménien prévoit encore le ças des catéchumènes adultes, c'est une preuve de son antiquité, Il est vrai que la coutume d'attendre l'âge adulte pour administrer le baptôme, semble s'être maintenue plus longtemps en Arménie que dans d'autres contrées. M. Conybeare voit là une influence des idées ét pratiques adoptianistes, répandues à l'origine en Arménie, en particulier dans la secte des pauliciens +, Ces derniers n'ont ja mais reconnu d'autre baptôme valide que celui | des adultes, Quoi qu'il en soit du fait de cette influence, la coutume de baptiser les enfants huit jours après leur naissance est constatée dès le vine siècle par le catholicos Jean d'Odsun : Nune autem… octidui baptisamur, répondait-il aux héréliques du temps v, Quant à la célébration solennelle du baptème, les Arméniens lui réservaient principalement, selon la coutume admise en Orient, les trois fêtes de l'Épiphanie, de Pâques et de la La confession de foi du rituel arménien est d'abord purement trinitaire ; elle m'exprime pas la promesse d'adhésion au Christ. Puis vient la récitation du symbole. Les ms. de Venise et un ancien fragment de Paris BAPTÊME
pas. Il est un fait que, jusqu'au vi siècle, les Arméniens, aussi bien l'onction du catéchumène qu'il convenait d'appliquer à la porte de l'église ou du baptistère, Iphné, encore en un autre endroit de la même collection canonique, non seulement de baptiser, mais aussi de mer les fonctions de diaconesses, comme il était indiqué par le symbole de Nicée ; les autres ne spécifient pas, n'ont pas dû connaitre d'autre symbole baptismal que le formulaire de Nicée, qu'ils avaient reçu de l'Église grecque par saint Basile. Vers le VIe, ils adoptèrent une nouvelle forme du symbole calquée sur une Interpretatio in symbolum, « Epunusta els to cpéoion », longtemps attribuée à saint Athanase, qu'ils empruntèrent probablement aux Syriens. Ce fut désormais le symbole de l'Église arménienne, celui qui servit, et sert encore, au baptême aussi bien qu'à la messe.
Dans le décret déjà cité, Jean d'Odsun mentionne ni que, où il dit : Oportet sacerdotem oleum c e menorum benedicere pro singulis baptizandis quantum satis fuerit ad wsum rss co que baptiatis dd. hibita illico consumere. Ne que audeat semel À - ctumr iteruni benedicere, et ex eo ad ‘baptiam 11 venientes ungere à. De la bénédiction et de l'onction, il n'y a plus aucune trace, du moins à cet endroit, dans les mss. anciens comme dans les éditions. La bénédiction réapparaît plus loin parmi les rites de la consécration de l'eau ; sa formule fait allusion à une onction laquelle est tombée en désuétude.
La #0 2TRR Après la profession de foi, commence la seconde partie du cérémonial ; elle s'achève auprès de la piscine baptismale, dans l'intérieur de l'église ou du baptistère. Il est à propos de rappeler que les anciens Arméniens refusaient à donner le baptême en dehors des églises ou des baptistères, sauf le cas d’extrême nécessité. Corum domi non audeat presbylter sacramentum baptismi conferre, excepto mortis periculo, dit un canon attribué au patriarche Nersès II (VIe), promulgué en 527 au synode de Dovin ou Tvin.
Du reste, l'est et le prêtre avaient seuls le pouvoir reconnu d'administrer le baptême. Les diacres avaient la défense formelle de s'ingérer dans ce ministère : Valide quidem caveant diaconi ne forte audacter errant Dee nistrent ad perditionem, dit le canon 16 du patriarche. Quant aux femmes, il leur était interdit de baptiser : Mulieres non audeant baptisanti operam præslare, uli audivimus eas à li norun : muneére fungi ; ipsæ igitur in suis sl maneant, diaconi autlent sacerdoti inserviant.
Le catéchumène n'est dépouillé de son vêtement qu'après la bénédiction de l'eau, tandis que le prêtre récite cette prière empruntée au rite byzantin de la renonciation : Domine qui vocasti famudltum ITITTITEE exue tllunt retustate, et dont on a fait une application littérale étrangère à sa destination primitive.
Les plus anciens manuscrits du rituel arménien indiquent, comme les éditions modernes, un double mode d'ablution baptismale : l'eau est versée trois fois sur la tête du néophyte, et trois fois le corps est plongé tout entier dans la piscine. Ce système n'est guère applicable qu'aux enfants. Le synode de Tvin réuni en 527 sous Nersés le Gracieux, dit à ce propos : Lavacrum aut lapideum, aut alia quacuni que Mmaleriæ confectlum, habeat sufficienten titudinem et altitudinem, ta ut aqua infantis bapan d'i staturam contegat.
Cette triple immersion est précédée d'une triple affusion d'eau sur la tête, laquelle est accompagnée des paroles sacramentelles. Il y a donc lieu de croire, avec le Dr Issaverdenz, que les affusions sont purement cérémonielles. Reste la question de la formule qui a soulevé bien des discussions. Elle est généralement conçue en ces termes : icatur N, in nomine Patris et Filii et Spiritus 1, redemptus in sanguine Christi… etc. Elle ne diffère donc pas essentiellement de la formule grecque.
Il est plusieurs exemplaires du Mashtotz qui disent que la formule entière doit être répétée trois fois. Cette pratique n'est cependant pas universelle en Arménie ; des rituels font coïncider les trois affusions d'eau avec la formule : Baptisatur N. in nomine Patris (et infundit aquam) et Filii (secundo infundit) et Spiritus sancti (tertio infundit).
pallium anciens. La « chapelle des sacrements », au étude Lie Firmung in den Denkmälern des christlichen À tème de Notre-Seigneur à deux signes caractéristiques : la présence de la colombe, figure de l'Esprit-Saint, et celle de saint Jean-Baptiste vêtu généralement de la courte tuni que sans manches, l'éfoufs : des Grecs, ou méme d'une simple ceinture attachée autour des reins. Quand au contraire les peintres des catacombes veulent représenter le baptême des catéchumènes, ils donnent toujours au ministre les ornements qui conviennent à son caractère sacerdotal, la tuni que et le. cimetière de saint Callixte, en offre un exemple très anti que ; la peinture date de la 2 moitié du ne siècle, … Le prêtre impose la main droite sur la tête du néophyte, tandis qu'il semble tenir de la main gauche un rouleau, symbole de la loi évangéli que. Ce dernier trait pourrait donner à penser que l'artiste a voulu : représenter l'interrogalion de fide, si toutefois l’on avait bien affaire à un rouleau. Mais il paraît, d'aprés ll conslatation de Mgr. Wilpert, que ce n'est autre chose que deux traits de pinceau sans auc une (fig. 1287). Quoi qu'il en soit de cette opinion du célébre archéologue, une scène (voir art, BAPTÈME DE JÉSUS, fig. 1293) représentée sur un sarcophage romain conservé au Musée delle Terme, nous montre clairement un per sonnage vêtu du pallium, administrant le pp bn E main droite étendue sur la tête du néophyte, et t de la main gauche un rouleau à demi déployé, qui we peut guère symboliser autre chose que la POP dei intimement liée au baptême. L'imposition de là ma %. ne symbolise pas le sacrement de confirmation, comu me l'avait déjà remarqué M. De Rossi ‘, mais plus probable= ment l'infusion d'eau baptismale, — Dans la scène baptème de Notre-Seigneur qui se trouve pére : ge. présentée sur les murs de la Chambre des sacreme : + il y a aussi imposition de la main droite, et l'infus est clairement désignée par les gerbes d'eau qui ja sent de tous côtés autour de la tête du Christ. geste se rencontre fréquemment dans les pers des catacombes ; c'est une preuve que l'affusion ou i sion baptismale était employée tout autant, sinon pl que l'immersion complète. Le calécharmène se tenait debout dans la piscine, dans l’eau jusqu'à mme prêtre lui versait l'eau Sur la tête en quantité assez « bons dante pour que tout le corps fût lavé. — Sur la paroi de Chambre des sacrements où se trouve la figure du uw personnage assis, la main droite tendue comme pour nenÿ précis où, tourné vers le néophyte, il lui impose Fe t en invoquant lé Saint-Esprit pour qu'il daigné n'est là qu'une hypothèse à laquelle les archéologues semblent pas avoir songé ; elle mérile cependant, e cc ns-nous, d'être prise en considération. Les inscriptions des catacombes font assez souvent illusion au baptèmée, mais toujours en termes voilés. Sa réception est désignée par les lermes accepit, percepit, lus est !, auxquels on joint quelquefois la menti ‘2% de la « grâce de Dieu », comme dans une inscripiot du cimetière des saints Marc et Marcellin, où se uvent les mots accepta Dei gratia 2. dut apporter dans les rites du baptême, comme dans tes autres manifestations du culte, affectérent surtout le cérémonial du catéchuménat. Cette institution 3 ait déjà à l'état d'ébauche ; mais elle reçut sa forme léfinitive au moment où l'on fixa la durée du carème deux fêtes de Pâques et de la Pentecôte l'adminissi [solennelle du baptème : Primoum enim omines abant quibuscum que diebus vel temporibus fuis- | asio, fait remarquer l'Ambrosiaster ; r une... ne que Quocum que die credentes tinguntur nisi ægri. Le pa e saint Sirice (4 398) nomme Pâques et la Pentebte, mais il fait exception pour les maribonds et les nts en danger de mortt. La méme discipline est constatée aux sièc les suivants 5. _ Comme préparation immédiate au baptéme, saint Léon, u Fée mentionne expressément l'acte de la renonau démon ; à cet acte est unie, comme compléostirel, la confession de foi : IN 1PSA ag LATIONE.. rénuntiatur diabolo ét creditur Deof ; e ai : Non concordat Dee qui ab ea quam 1N sue 2 RATIONE S t'A edidit professione dissentit, et, divini ï. emor pacti, inhærere ostenditur renuntiatis dum resilire invenitur « a creditis 7. La même place doi mnée au renoncement dans le rite baptismal est égament attestée par l'auteur anonyme du De sacramenis, lequel se recommande de l'usage romain, Nous mterrogationes de fide. En dehors de cet acte de reDe ation in baptismoa, saint Léon en signale du reste pour. qui devait faire partie des rites du catéchual ; c'est ce que dit aussi la lettre de Jean diacre ius®, document de la plus haute importance du r l'histoire du catéchuménat à Rome, au début du Msiècie, sur lequel par conséquent nous aurons à énir ailleurs, Pour l'instant le sacramentaire géladoil fixer toute notre attention ; nous devrons er à son sujet les renseignements nécessaires. tradition liturgi que attribue au pape saint Gélase { a rédaction du formulaire qui porte son nom. donnée était absolument exacte, il faudrait re le sacramentaire gélasien comme l'œuvre d'un baptème d'un catéchumène ordinaire (reproduite plus haut fig. 1287) on peut voir à droite de la scène centrale > ir, N'a-t-on pas voulu représenter l'évê que au mo> possession de l'âme nouvellement régénérée ? Les différentes modifications que la paix de l'Église ition, à Rome, avant la fin du 1v° siècle. À la | » épo que parait aussi à Rome l'usage de réserver “eviendrons plus loin à ce témoignage à propos des seul. Il est plus probable que saint Gélase, s'il a véritablement contribué à la fixation du texte liturgi que, n'a guére fait que réunir et codilier les rites et formu les dont ses prédécesseurs s'étaient servis avant lui, en y ajoutant certaines prières de sa composition, dont parle son contemporain Gennade, On peut admettre en toul cas, à la suite d'un bon juge en la matière, M, Edmond Bishop, que dans son ensemble le sacramentaire gélasien représente l'usage liturgi que romain du VIe. Cette date sera confirmée par l'étude rapide que nous nous proposons de faire de son ordo baptismii, Du gélasien il existe plusieurs recensions du vu, du vin et même du rx° siècle, Le ms. 316 du Vatican du vir siécle paraît être le plus authenti que 19 ; il est le seul qui ait conservé la division en trois livres attestée par Jean diacre (1x siècle), à propos de saint Grégoire. Notre intention est de suivre l'ardo baptismi gélasien à travers ces recensions successives, pour arriver enfin à l'un des derniers termes de son évolution, au formulaire grégorien. Ce principe trouve son application immédiate à propos de l'ordo du baptôme. Dans les mss. gélasiens de la meilleure mar que, c'est-à-dire dans la premiére Catégorie des sacramentaires du Vatican, de Prague et d'Angoulême, les différentes cérémonies relatives aux caléchuménes et au baptème ne sont point groupées en un seul tout comme dans les rituels orient aux, ou comme dans le rituel romain actuellement en usage ; el les sont au contraire réparties tout le long du carême + « ture 303 | BAPTÊME -* et mélées aux formu les de la liturgie. Quant à l'acte baptismal proprement dit, il se trouve consigné au samedi saint, À la vigile de la Pentecôte, on trouve cette simple mention : Sabbata Pentecostes celebrabis bapthsmum sicut in nocte sanctæ Paschæ, à la suite de laquelle, dans les plus anciens gélasiens, on rencontre une série d'ordines baplismi destinés aux énergumènes et aux infirmes (ad succurrendum infirmum), mais ne présentant aucun rapport avec la Pentecôte, Nous aurous à consigner bientôt certains détails intéressants qu'ils ont conservés.
La formule de renonciation ne se trouve plus, dans les sacramentaires gélasiens, intimement liée à l'acte du baptême ; elle en est séparée par la bénédiction de l'eau et désormais elle est unie à la cérémonie de l'Effeta et des onctions, laquelle formait au VIe, au témoignage de Jean diacre, le dernier stade de la préparation des catéchumènes et s'accomplissait le samedi saint au matin. Mais il faut ajouter que dans le rituel et le pontifical romain elle a repris sa place immédiatement avant la confession de foi, par le fait que dans le rite romain on ne renouvelle pas à chaque fois la bénédiction de l'eau. Elle se présente sous forme de trois interrogations, Abrenuntias satanæ ? El omfibus operibus ejus ? Et omnibus ponipis ejus ? interrompues par un triple assentiment, Abrenuntio, système entièrement inconnu des Orientaux. Ce renoncement est suivi, dans l'ordo du samedi saint des gélasiens, de la récitation du symbole, qui n'est plus à sa place : Sabbatorum die mane reddunt infantes symbolum. C'est un souvenir de l’ancienne reddition du symbole, cérémonie qui revêtait, à Rome au IVe, une solennité particulière, nous en avons pour garants Rufin et saint Augustin ; mais ni l'un ni l’autre ne disent à quel moment exact elle s'accomplissait ; saint Léon qui en parle aussi n'est pas plus explicite. Mais le diacre romain Jean affirme qu'elle avait lieu avant les onctions de l'Effeta et en dehors de l'administration même du baptême. C'est la place qu'elle a conservée dans l'ordo ad succurrendum infirmum du gélasien (Vat. 316)5, et dans le sacramentaire grégorien d'Hadrien dont il sera question dans la suite. Jean diacre mentionne en quelques mots l'acte du baptême d'une façon malheureusement trop peu précise pour répondre à toutes les questions : cum istis quasi véhiculis spiritualibus (les scrutins) electus sire catéchumène in fide processerit, tunc necesse est unici lavacri baptismate consecrari, in quo sacramento baptizatus trina demersione perficitur, Et recte, Nam qui in nomine Trinitatis baptizandus accedit ipsam utique Trinitatem trina debet mersione signare. Ce dernier symbole était unanimement reconnu dans l'Église catholique. Quant à la formule Baptiso te in nomine Patris…, Jean diacre n'en dit mot. Le diacre romain Paschasius (début du Ve) mentionne une autre figure, celle de l'ensevelissement de Notre-Seigneur et de son repos de trois jours dans le tombeau ; mais il n'en parle pas non plus de formule. Saint Damase (360-386) nomme également les trois personnes divines : In Patre et Filio et Spiritu sancto solum baptizamur, et non in archangelorum nominibus aut angelorum, quomodo hæretici aut judæi aut etiam gentiles dementes faciunt, sans indiquer du reste la teneur exacte de la formule. Aucun texte antérieur ne nous a fourni la formule trinitaire. De cette omission il est conclure que les trois immersions étaient coordonnées à la formule trinitaire. On trouve dans les actes des saints romains Claudius et ses compagnons une sommaire de leur baptême, dans laquelle on lit les détails suivants : (Gabinires presbyter) fecit secundum consuetudinem catechumenos et medicinam sapientiæ (ce qui d'après Jean diacre et le sacramentaire gélasien désigne le sel béni) ; vero hora catechizans eos... baptizavit Claudius ita dicebat : Credis in Deum Patrem omnipotentem ? Et dixit ei : Et ego famulus Dei et per in aqua in nomine Patris et Filii et Spiritus sancti, in remissionem peccatorum et carnis resurrectionem. Et dans les actes du pape saint Marcel nous montrent le pape Sisinnius baptisant avec les simples paroles : précédées d'une interrogation. Mais il serait délicat de s'appuyer sur des textes de cette nature, toujours sujets à des additions et des falsifications posthumes. Jean diacre ne reproduit pas davantage le texte de l'antique profession de foi qui accompagnait la cérémonie, il ne fait que la mentionner en termes généraux à propos des enfants : Scire debetis quia dum a parentibus offeruntur, ALIENA EOS PROFESSIONE SALVATORIS NECESSE EST, qui fuerant alieno errore damnati. Le diacre romain Paschasius est un peu plus explicite : ut de la ter repetita confessio Patri et Filio et Spiritui sancto, de la professio fidei qui suit la renonciation au démon, au moment du baptême. Mais le sacramentaire gélasien nous renseigne amplement sur la teneur de cette confession de foi. La bénédiction de l'eau achevée, on en vient à l'acte du baptême. Inde benedicto fonte, baptizas quemque in ordine suo sub has interrogationes : A Credis in Deum Patrem ? R. Credo. — Credis et in Jesum... ? R. Credo. — Credis et in Spiritum sanctum... ? R. Credo. Ces interrogations adressées au catéchumène par le célébrant reproduisent le symbole des Apôtres dans sa forme primitive, sauf que la seconde, Credis et in Jesum…, n'offre qu'un résumé de toute la partie christologique de ce symbole ; on doit avoir ici la formule authentique et vraiment romaine de la profession de foi baptismale. Les gélasiens ajoutent souvent à Ecclesiam le mot catholicam, que n'a pas le Vatican. Plus tard, la même formule s'accrut de vérités aux articles afin de se conformer au Textus receptus du symbole. À cette confession de foi est uniquement suivie, dans le cod. 316 du Vatican, de l'indication : deinde per singulas vires mergis eum in aqua, sans aucune mention des interrogations et réponses de foi, qui étaient intercalées entre chacune d'elles. La chose est exprimée plus clairement encore dans l'ordo ad succurrendum infirmum du même gélasien : Antequam perfundas eum aqua, interroga eum et dicis : Credis… (comme plus haut). Et quando rogas per vingulas vires mergis eum tertio in aqua. Le système est identique dans le De sacramentis, traité anonyme de la fin du Ve qui paraît suivre l'usage romain. Trois questions et trois réponses et autant d'immersions : destitisti Credo et sisti… et rien de plus. Nous verrons plus tard ce qu'il en est de cette disposition. Les deux sacramentaires de Gellone et d'Angoulême ont la rubrique gélasienne, inde benedicto fonte baptizas unumquemque in suo, mais sans les mots sub has interrogationibus ; le cod. 30 de Zurich est fautif, mais il est aisé y reconnaître la même phrase : in ordine suo inde baptizas unumquemque. On n'en trouve nulle part ailleurs aucun souvenir. Le mode d'alternance des lions de fide et des immersions fut également dans la suite abandonné. Ce système présentant sans doute des inconvénients (entre autres, comme on va le voir, celui de forcer le ministre du baptême à répéter trois fois la formule trinitaire), nous en avons la preuve déjà dans certains gélasiens, dans tous les documents grégoriens qui ont suivi, jusqu'au pontifical romain actuel. Le sacramentaire de Prüm (fe 42) et un célébrant du lieu ont sous forme de trois interrogations ; il s'agit de savoir si le catéchumène croit en Dieu, en Jésus-Christ et en l'Esprit-Saint. Cette formule se retrouve dans le ms. d'Oxford, la question : Vis baptizari ? à laquelle correspond cette rubrique qui se reproduit dans le ms. de Prague, à la suite du symbole, Ait si volueris, Baptiro te... On retrouve cette question dans les documents gallicans des VIIe et VIIIes et plus tard dans les grégoriens. Enfin, le sacramentaire de Gellone, celui du ms. de Reims, les ordines 1 et 6, et les suppléments au sacramentaire liénien ajoutent, à la suite des interrogations de la note que voici : Faptizantur sub trinam mersionem SANCTAM TRINITATEM SEMEL invocaver, pour invoquer trois fois la formule. Cette décision formelle met fin à toute hésitation. Les sacramentaires grégoriens, dont il vient d'être mention, offrent pour l'ordo baptismi une tradition différente de celle des gélasiens. C'est encore le rite romain, mais le rituel romain à un âge plus reculé. Les documents en question portent le nom du pape saint Grégoire (+ 604), mais les mss. sont de beaucoup postérieurs à son époque, le plus ancien que nous possédions étant daté de l'an 811 ; ils sont même pour la plupart, comme les gélasiens, d'origine franque. Du reste, d'une grande autorité comme témoins de l'usage romain à la fin du VIIIe, car plus d'entre eux dépendent du sacramentaire romain de 790 ; et, si ce dernier ne représentait plus le formulaire romain tel qu'il était sorti des mains de saint Grégoire, du moins devait-il reproduire fidèlement le rituel romain de la seconde moitié du VIIIe. En effet, l'influence grégorienne s'était, du reste, déjà fait sentir à Rome (on y avait adopté la formule trinitaire), on y renonça une fois pour toutes à la trinité baptismale. La formule trinitaire est reproduite comme il suit : « Baptizo te in nomine Patris, et mergit, et Filii, et mergit, et Spiritus sancti, et mergit tertio ». Elle se trouve dans le sacramentaire grégorien (fe 48 re), — Les deux ordos du sacramentaire de Gellone et de l'ordo du sacramentaire liénien mentionnent : Baptizo te in nomine Patris… Le système antique d'alternance avait pu favoriser l'usage de la formule trinitaire, transmis à Charlemagne par le pape Hadrien. — Quoi qu'en ait dit M. Probst, Die abendländische, en Gaul, dès l'année 750 environ. — D'autre part, le sacramentaire d'Hadrien n'existe plus comme tel, mais seulement dans des copies plus récentes, augmentées d'un supplément attribué à Alcuin. Il est pourtant assez aisé de le reconstituer, surtout dans les mss. de la famille du cod. 537 Regin. du Vatican, bien que l'ordre en ait été bouleversé dans l'édition de Muratori. D'après Edm. Bishop, qui a pu rétablir l'ordre réel, le sacramentaire d'Hadrien occupe dans cette édition les pages 1-6, 557-961, 741-138, 243-272. Cette portion purement romaine se retrouve dans le même ordre en plusieurs mss. et elle nous offre partout le même ordo baptismal. Ce pur ordo romain (grégorien) ne fait absolument qu'indiquer l'acte baptismal, qui comprend les interrogationes fidei ; mais il ne s'explique pas sur la façon dont le rite s'accomplit : baptizat et linis eum presbyter. La même rubrique se retrouve dans l'oratio (= ordo) ad baptizandum infirmum : baptizas et linis eum. Ce dernier ordo correspond du reste exactement à celui du gélasien ad succurrendum catechumenum infirnum, qui nous a fourni plus haut des indications précieuses au sujet des interrogationes fidei ; Muratori l'a fait rentrer par erreur dans le supplément carolingien (p. 241-272) de son édition ; dans les mss. il appartient bien au libellus grégorien d'Hadrien. A propos de l'ordo du samedi saint de ce libellus, nous avons noté déjà que, conformément à l'usage romain attesté par Jean diacre au VIe, la reddition du symbole précède encore la cérémonie de l'Effeta, à laquelle est uni déjà, comme dans le gélasien, le rite baptismal de la rénonciation au démon.
Le pur ordo grégorien du VIe se distinguait surtout de l'ordo dit gélasien par une grande simplification des rites du catéchuménat. L'étude qui en sera faite plus tard (voir CATÉCHUMÉNAT) semble démontrer qu'on avait précisément voulu abréger d'une façon notable, en ne retenant que certaines pièces principales. Du reste, dans son ensemble, le recueil grégorien portait de nombreuses traces de simplification. On ne tarda pas à s'en apercevoir en France, où ce nouveau formulaire circulait déjà vers le milieu du VIIIe. Tout en l'adoptant, on le compléta en utilisant les anciens recueils gallicans et gélasiens en usage jusqu'à ce jour. Presque tous les manuscrits du IXe se présentent avec des suppléments ; le plus répandu fut celui que l'on attribue, non sans vraisemblance, au célébre Alcuin, et dont quelques sacramentaires nous ont transmis la préface explicative : Hucusque præcedens sacramentorum libellus. L'édition de Muratori nous a conservé cette préface (d'après le ms. Ottoboni, 318), elle est suivie de la table des capitula du supplément, et l'une des premières mentions vise précisément l'ordo du baptême : benedictio salis dandum catechumeno ; et inde sequuntur orationes qualiter baptizentur hi qui baptisandi sunt. On trouve en effet plus loin dans le supplément, reproduites d'après le gélasien, l'oratio ad catechumenum faciendum (O.S.D., respicere dignare…), la benedictio salis, et les formules d'exorcisme.
cismes. C'est le cas du ms. Ottoboni 313 qu'a utilisé Muratori, et du sacramentaire n° 77 du Mans. L'adaptation est un peu différente dans d'autres mss., Comme le cod. 437 du Vatican qui a servi de base à l'édition de Muratori, le nombre des exorcismes gélasiens est considérablement réduit, et certaines formules sont reproduites d'après la leçon grégorienne et non plus sous la forme gélasienne !. Le supplément insère en dernier lieu l'oratio ad catechicandum infantem, que tous les mss. s'accordent à donner d'après le gélasien, et enfin l'ordo baptismi ; le texte de la benedictio fontis n'est cependant pas transcrit une seconde fois, dicat benédictionem fontis sicut superius in gregoriano continetur. La confession de foi sous forme d'interrogations et de réponses reparait tout entière, plus développée même que celle du gélasien 516 du Vatican, elle reproduit le symbole sous sa forme gallicane, La rubrique concernant la triple ablution baptismale est naturellement celle que nous avons rencontrée déjà dans les gélasiens du second groupe : Baptiset sacerdos sub trina mersione.. ele. Le fait qu'elle est inconnue du sacramentaire romain d'Hadrien semble prouver qu'elle est d'origine franque ; elle se trouve, il est vrai, dans les Ordines romani 1 et vi, mais ces deux rédactions ont subi des relouches gallicanes ; celui d'Einsiedeln, au contraire, qui n'en porte pas trace, ignore également la rubrique baptismale . A côté de cet ordo grégorien, corrigé et complété d'après le gélasien, il se constitua en France un type différent que l'on trouve dans bon nombre de manuscrits, qui dépendent de la réforme d'Alcuin, mais qui disposent autrement leur rituel du baptême : tels sont les mss. utilisés par J. Pamélius pour son édition du grégorien t : deux sacramentaires de Saint-Germain-des- | l'ordo romain d'Hittorp : | les mess. de Pamélius et de Saint-Germain en l'un de ses capitulaires, ut audiant re : |_en une réunion particulière). L'idée des deux pact + la triple renonciation su de la confession de foi (avec l'addition et vitant nam propre au Textus receptus du symbole), puis l'insufflation sur le visage et l'imposition du Let a croix sur le front et sur la poitrine ; pour le qe ordo ad catechumenum faciendum reproduit e : ment le gélasien, sauf qu'il donne deux fois la E dictio salis, sous sa double forme gélasienne et grégorienne. Suit la série complète des exorcismes, © dans le gélasien et le supplément aie Wss. Ottoboni 313, Le Mans, 77) ; mais l’orison qui 1 termine, Æternam. ac iustissimam, a ne quelques mss. l'inscription grégorienne, coralie eee in AE DB ad quatuor eve domi ct poët rusreÿerst, rubrique “proue ‘ gorien, à la suile de laquelle se res FRS sien de l'Effeta, des onctions et de la reno : compris la récitation du symbole (et du Pater benedictio fontis vient après les lecons prophét la fin de l'ordo baptismi ne diffère pas des rituels grégoriens déjà mentionnés. Notons en dernier Les > conservent encore des prescriptions spécia les F baptème des infirmes, ordo ad baptizandum à (et non pas infantem comme Pamélius l'a impr el les reproduisent à la lettre l'oratio ad infirmum signalée plus haut dans le libellus g du pape Hadrien. 4 Cette enquête ne serait pas complète si elle se lit tail aux sacramentaires gélasiens et gris autre source de renseignements nous est for faut bien se garder de négliger, ce sont les divers tés De baptismo que provoqua, au rx° siècle, une culaire adressée par Charlemagne à tous les archevê que de son empire. Dés le 353 mars 789, il avait ori nm ne tisterium presbyterorum ut secundum morem Rom num baptisent 12, Ce décret entendait faire adopt partout l'ordo baptismal romain. Le concile de } de 813 renouvela la mème prescription 14, Vers | l'amné 812, Charlemagne voulut se rendre compte par 1 ui mème de la façon dont ses ordres étaient exécutés. adressa dans ce but aux archevèques une lettre m une où il leur demandait de lui exposer la dont eux et leurs suffragants expliquaient aux et aux laïques les cérémonies du baptème 1#, Ph réponses à cette circulaire nous ont été cons El les forment un dossier fort intéressant pour l des scrutins préparatoires au baptéme ; nous les ! verons donc plus tard à propos du CATÉCGHUMENA sieurs d'entre el les insistent sur le caractère co des deux pactiones qui précédent le baptéme, le » cement et la confession de foi 15, C'est une preuve IXe encore l'habitude ancienne s'était com dans certaines églises franques, d'unir intime formule de la renonciation à celle de la confess. foi baptismale, bien que l'ordo romain-gallican séparé ces deux rites pour unir le premier à la @ monie de l'Effeta (accomplie le samedi saint an ] est vrai, empruntée au De evclesiasticis officiis de à Isidore !, près duquel les auteurs de ces réponses terre souvent sans le nommer. Mais Jessé Amiens montre bien que réellement les deux promesses se faisaient suite l'une à l'autre : prælibato ordine officio, perducitur infans dd baptismi ï Maxence d'Aquilée : Curn ad fontem veniunt, per lotem explorantur si ex loto abrenuntiare vent... ; cum que more solilo abrenuntiaverint iterum o fide symboli sciscitantur, et cum per ordinem omfie recte responderint,.… sic in nomine sanctæ Trinilatis trina submersione baptirantur®. — Quant à la » immersion, ils la présentent toujours comme nt suite à la profession de foi, et comme accomplie ous l'invocation des trois personnes divines, - Notons en dernier lieu que le terme baptisteriunt est usilé couramment, au 1x siècle, pour désigner l'ensemble des cérémonies du baptème. On le rencontre n particulier chez Amalaire, dans sa réponse à la aire de Charlemagne, Gur unaquæ que res agatur isterio aut in scrutinio ; dans l'édit de Charme de 789, ut audiant episcopi baptisterium resbyterorun ; dans le Capitulare IT ad presbyteros de Théodulfe d'Orléans, baptisterium rile peragant ; lu concile de Reims de 813, Baptisterii ratio, etc. Au rxe siècle, nous touchons au terme de l'é volution ordo baptismal romain. Ce n'est pas qu'il y ait ais conformité absolue entre les rituels qui ï sn de plus en plus nombreux. Mais on ne voit plus apparaitre de formu les ni de cérémonies les. L'on s'en tient trés ordinairement à l'ordo en avec plus ou moins de suppléments emprunës à ancien gélasien. Les divergen ces portent pres que miquement sur les rites préparatoires au baptéme. À propos du baptème, signalons enfin une particularité | pra » qui n'est pas mentionnée dans les gélasiens ; ell est attestée non seulement par le 1° et le vire arda om n, mais aussi par l'orde de De Rossi qui passe x beaucoup plus pur : Postquam (domnus Papa) rat 111 vel V infantes, exiet foras et baptisant sbyteri et duo diaconi ; l'ordo vis dit à son tour : 0 re baptizat unum vel duos vel quantos ei blacuerit de ipsis infantibus : ceteri que a diacono…. api Dicantur s ; et l'ordo 1 : deinde presbyleri aut diaon, etiam si necesse fuerit et acolythi discalceati… ng ediuntur in fontes…. et baptizantur masculi…. 5. \ ot “ant le pape Boniface V (619-625) avail enlevé aux no à baptizet cum diacons, sed subdiaconi sequentes. LS emble, d'après l'ordo 1, que les acolytes aient reconquis plus tard cette prérogative .
H, RIT AFRICAIN. — La place spéciale que nous donnons au rituel baptismal de l'ancienne Église latine se justifie d'elle-même. Cette église, fondée dès les origines du christianisme, était déjà florissante au ii° siècle ; de bonne heure, elle profita des loisirs que lui laissèrent les persécutions pour constituer d'une façon très complète les éléments du culte divin. On a depuis longtemps accoutumé à considérer l'ensemble de sa liturgie comme la reproduction exacte de la liturgie romaine, C'est peut-être avancer plus qu'on le peut prouver, car à côté de nombreux traits communs, on surprend aussi bien des différences qui tentent à prouver que le rit africain était un rit autonome avec des points de contact avec la liturgie romaine, sacramentum, et interrogatur de credulitate Christi et abrenuntiatione diaboli….., Et de même encore les acolytes le droit de baptiser : ut in Lateranis acholitus pouvant présenter aussi des ressemblances avec les rites orientaux, possédant enfin un certain nombre de particularités. — Les nombreuses invasions qui ravagèrent la terre d'Afrique et qui finirent par y étouffer les derniers restes du christianisme, firent disparaître à jamais tous les documents liturgiques de l'Église africaine. Mais cette lacune est en partie comblée, en ce qui concerne spécialement les rites du baptême, par les écrits des Pères du ii au v° siècle, Tertullien le premier nous fournit quantité de détails d'une admirable précision ; il a même composé un traité De baptismo où le rituel de l'église de Carthage est exposé dans ses grandes lignes. Sans parler de saint Cyprien et de saint Optat qui donnent eux aussi des renseignements utiles, nous avons pour les âges ultérieurs une source d'une extrême richesse dans les ouvrages de saint Augustin, que complète encore une description très détaillée de l'ordo baptismal due à la plume du diacre Ferrandus, Il n'y a pas d'inconvénient à grouper les témoignages de Tertullien et de saint Cyprien, ils concordent en général et se complètent mutuellement, Le demi-siècle qui sépare ces deux auteurs n'a pas dû voir s'introduire de grandes modifications dans les rites baptismaux. « L'Église de Carthage, écrit M. Paul Monceaux, était déjà presque entièrement constituée à la fin du ii° siècle et elle avait dès lors ses traditions ; elle semble n'avoir guère innové pendant la première moitié du iii° siècle, » Il n'en va pas de même pour l'époque de saint Augustin. Après la paix de l'Église, bien des choses se précisèrent ; en Afrique, comme partout ailleurs, les manifestations du culte acquirent une fixité plus grande. Ce n'est guère qu'au iv° siècle que la préparation liturgique des catéchumènes fut réglée d'une façon stable et définitive ; la même époque vit aussi bien des cérémonies nouvelles s'ajouter aux rites préliminaires au baptême. Les écrits de saint Augustin permettent de se rendre compte de cet état de choses ; ils montrent l'écart qui le sépare de la liturgie du ii° siècle, La contribution la plus importante de Tertullien à l'histoire du baptême est sans contredit son traité De baptismo. Ce digestum, comme l'appelle son auteur (De baptismo, 1), date, probablement, des dernières années du ii° siècle, il ne semble pas postérieur aux années 202-205 ?, Il est donc de l'époque où Tertullien, ordonné prêtre depuis peu, suivait avec sa fougue ordinaire les inspirations de son zèle pour l'instruction du peuple chrétien de Carthage !, Comme le De oratione, le De paenitentia et les deux livres De cultu feminarum, qui furent écrits dans les mêmes circonstances, le De baptismo est rédigé sous forme de sermon ou de conférence. Il se peut même que ce soient là des allocutions, d'abord prononcées en public, puis écrites avec soin sous la forme didactique qu'elles ont conservée 11, Mais ce ne sont pas à proprement parler des catéchèses, Le prêtre de Carthage s'y adresse aussi bien aux baptisés qu'aux catéchumènes et aux pénitents, c'est-à-dire au peuple chrétien tout entier, bien que certains passages visent plus particulièrement telle ou telle classe de fidèles 1%, D'une façon générale l'auteur s'y exprime très librement sur tous les mystères sacrés, sur les sacrements en particulier, dont il expose en détails les différents rites. C'est ce qui distingue ses traités doctrinaux et moraux de ses ouvrages d'apologétique adressés aux païens, où l'on ne trouve aucune allusion précise aux sacrements chrétiens. Tel est le cas de l'Apologeticum ad gentes, des livres Ad nationes et de la lettre Ad scapulam. Les livres déjà teintés de montanisme, ou même postérieurs à la rupture avec l'Église, nous fournissent encore quelques renseignements précieux, de l'exactitude desquels il n'y a pas lieu de douter. Même au plus fort de ses controverses, alors qu'il battait en brèche certaines pratiques de l'Église, Tertullien gardait une vénération profonde pour d'autres points de la tradition, C'est ainsi qu'un passage célèbre du De corona (écrit en 211, en pleine période montaniste) contient un plaidoyer enthousiaste en faveur des rites si anciens et si simples du baptême chrétien. Par le fait même, du reste, que Tertullien a combattu avec acharnement la discipline de l'Église catholique, il nous renseigne admirablement sur l'existence de ces pratiques incriminées par lui, Dès l'époque de Tertullien l'on constate que le baptême était administré de préférence à la fête de Pâques et durant le temps pascal, y compris la fête de la Pentecôte : Diem baptismo sollemniorem Pascha præstat… exinde Pentecostes ordinandis lavacris latissimis spatium est, quo et Domini resurrectio inter discipulos frequentata est et gratia Spiritus sancti dedicata. Cependant ces dates n'étaient pas exclusives, la suite du texte de Tertullien le dit clairement : Ceterum omnis dies Domini est, omnis hora, omne tempus habile baptismo : si de sollemnitate interest, de gratia nihil refert ; ce qui est confirmé par d'autres paroles relatives à la piscine de Bethsaïda : Proficiente ita que in hominibus gratia Dei, plus aqua et angelo accessit : qui unum semel anno liberabant, nunc quotidie populos conservant deleta morte per ablutionem delictorum .
Le témoignage de Tertullien est plus précis encore en ce qui concerne l'administration du sacrement lui-même, L'acte du baptême réunissait trois rites auxquels on attachait la plus grande importance : la renonciation publique et solennelle au démon, la profession de foi, et enfin l'immersion baptismale accomplie au nom des trois personnes de la Sainte-Trinité. La bénédiction de l'eau avait dû précéder la cérémonie, mais elle n'est pas représentée comme en faisant partie ; c'est aussi ce que nous avons vu dans les Canons d'Hippolyte. Cependant Tertullien y attache un grand prix. Par l'efficacité de la bénédiction et de l'épiclèse ou invocation, l'eau reçoit la vertu de sanctifier : Omnes aquæ de pristina originalis prærogativa sacramentum sanctificationis consequuntur invocatione Deo. Supervenit enim statim Spiritus de cælis et aquis superest sanctificans cas de semetipso et ita sanctificatæ vim sanctificandi combibunt+, La lettre synodale du concile de Carthage de 255, présente la bénédiction de l'eau comme obligatoire : oportet vero mundari et sanctificari aquam prius a sacerdote, ut possit baptismo suo peccata hominis qui baptizatur abluere ; même allusion au concile de 257 6,
BAPTÊME
et angelis eius, Convenit inter vos de isto, Hæc ibidem…. sub antistitis manu contestamur nos r | en usage de son temps. Il insiste sur l'emploi des vanités du siècle : qui sæculo renuntiavimus et di | triques et des spectacles en particulier : Revue d'hist.
Dans l'esprit de Tertullien, et dans la discipline de son temps, la renonciation au démon et la profession de foi sont deux actes corrélatifs qui résument pour lui tout le catéchuménat et attestent les bonnes dispositions du candidat. C'est un double pacte qui entraîne une obligation grave : Pactus es renuntiæ ipsi (diabolo) et amicilia observatione sponsionis ne quid eius resumias ex his quæ eierasti, quæ illi reddidisti spectacules sont une des choses diaboliques auxquelles le chrétien a renoncé : hoc erit pompa diabolica, « sus quæ in signaculo fidei eieramus ». — In signo, c'est-à-dire au moment du baptême ; et c'est après être entré dans la piscine baptismale que le catéchumène prononçait son abjuration : Aquam adhuc liare diabolo et pompæ et angelis eius ; cum ingressi Christianam fidem… profitemur, « enur nos diabolo et pompæ et angelis eius ore nostro constantur ». Tertullien cite constamment les mêmes paroles : renuntiare diabolo et pompæ et angelis eius. Tout porte à croire qu'il reproduit la formule liturgique, pompa diaboli, au lieu du pluriel pompa commun plus tard. Pour lui, la pompa diaboli s'applique surtout au théâtre et à toutes les pratiques idolâtriques qui s'y rapportent. Dans son traité Ad martyres, il parle aussi de renuntiare sæculo, mais il s'agit, semble-t-il, à la formule baptismale. Saint Cyprien donne au contraire à penser que le renoncement au siècle était compris dans la formule qu'il a connue : Stare illic potuit Dei servus, dit-il au sujet des qui et renuntiare Christo qui tam diabolo haverat et sæculo. — Le Seigneur nous avertit, ailleurs, ne ad diabolum rursus et ad sæculum renuntiaverimus… revertamur… qui diaboto ét mu renuntiavimus ; sæculo renuntiaveramus cum baptizati sumus. D'autre part, il entend les pompæ eius et pompas fide gratiæ spiritalis abiecimus, cuius [mundi] pompis et deliciis jam tum re avt imus, cum meliore transgressu ad Deum venimus.
Plus encore que la renonciation, la confessio fidei rattache intimement au baptême. Nous savons par Tertullien qu'elle se faisait sous forme de réponses à une ou plusieurs interrogations : In appositis respondimus ; anima enim non lavatione sed resionis sanctificatur ; (christianus) fidei pactionem gatius obsignat, atque ita deinde opimitate do corporis vescitur, eucharistia scilicet. Le concile de Carthage de 255, présidé par saint Cyprien, a décidé de l'interrogatio quæ fit in baptismo... cum Credis…. Tertullien nous représente de plus ces réponses et questions de fide comme basées sur les personnes divines, c'est-à-dire la troupe des anges déchus. M. Le Jay établi clairement qu'il s'agit bien au contraire des pratiques trinitaires : Ter mergitamur amantes quan Dominus in Evangelio determinavit. Elles contenaient la mention des personnes divines, et quelque chose en plus. La formule entière du symbole apostolique, HET elle aussi sur le précepte trinitaire relatif au baptême. Au moins trouvait-on mentionnée l'Église. C'est encore Tertullien qui nous le dit : Cum subi bus et testatio (— confessio) fidei et sponsio salutis unevenlur, necessario adicitur Ecclesiæ mentio ; Monium ubi tres, id est Pater et Filius et Spiritus sanctus, ibi Ecclesia, quæ trium corpus est.
Deux passages sont relatifs à la confessio fidei, mais on ne saurait tirer la preuve formelle en faveur de la formule aguatts ingressi christianen fidem IS SU VERBA profitemur.... — Vocati sumus « cl cm Dei vivi jam t une, cuni IN SAURAMENTI VERRA spondimus +. Les deux phrases se expliquent l'une l'autre ; il s'agit de réponses aux verba, aux sacramenti verbas, c'est-à-dire aux paroles contenues dans la formule d'institution... eos in nomine Patris et Filii et Spiritus. Le concile de Carthage de 255 (épitre LXX de saint Cyprien) nous fournit un supplément d'information : Werrogabhio que fit in baptismo testisest verilalis. cum dicimus : Credis in vitam æternam et remissionem peccalorum per sanctam Ecclesiam ?. Nous avons constaté presque partout à l'origine une parfaite harmonie entre les interrogations de fide et l'ablution baptismale, chacune des trois immersions suivant l'une des trois interrogations. C'est en particulier dans les Canons d'Hippolyte, dont l'ordo baptismi présente d'étroites analogies avec celui de Tertullien. Celui-ci ne dit pas d'une façon formelle qu'il en fut de même à Carthage. On peut cependant le conclure de trois passages qu'il convient de rapprocher les uns des autres. Le De corona est particulièrement significatif : contestamur nos renuntiare diabolo… deter mergitamur amplius aliquid respondentes Man Dominus in Evangelio determinavit. Ainsi, d'une part, il n'y a pas d'intervalle entre la renonciation et l'immersion, et, d'autre part, la confession de foi sous forme de réponses se fait pendant les immersions et ne peut qu'exprimer deux actions simultanées.
De la même façon, semble-t-il, doit s'expliquer le De baptismo : sine sumptu homo in aquam demissus et ER PAUCA VERBA tinctus non mullo vel nihilo dior resurgit ; et le passage suivant : novissime an dans ut linguerent in Patrem et Filium et Spiritum sanctum, non in unum ; nam nec semel, sed ter, a la nomina in personas singulas tinguir. Ces deux derniers textes, il est vrai, peuvent ne pas être de la formule baptismale elle-même. Aussi, puisque Tertullien ne cite jamais la formule, » le in nomine Patris…, ni quoi que ce soit semblable, mais le participe respondentes, on lit seulement au chapitre X du De baptismo : lex tinguendi imposita est et forma præscripta : Ile, inquit, docete nationes tinguentes eas in nomine Patris et Filii et Spiritus sancti. Saint Cyprien et les conciles de son époque ne font, eux non plus, aucune mention formelle des paroles sacramentelles usitées au baptême. Une expression remarquable de la lettre 69 de saint Cyprien donne à penser que les interrogationes symboli alternaient encore avec les immersions : quod si aliquis illud opponit ut dicat eandem Novatianum legem lenere quam catholica Ecclesia teneat, FODEM SYMBOLO quo et nos BAPTIZARE, eundem nosse Deum Patrem, eundem Filium Christum, eundem Spiritum sanctum, ac. propter hoc usurpare eun polestéten bapticandi posse quod videatur INTENNOGATIONE RAPTISMI & nobis non discrepare : sciat…, non esse unam nobis et schismaticis symboli legem neque eandem interrogationem. Nam cum dicunt credis in remissionem peccatorum et vitam æternam per sanctam Ecclesiam, mentiuntur interrogatione, quando non habeant Ecclesiam....
Le contexte montre bien que les mots symbolo baptisare doivent s'entendre de la confession de foi baptismale ; on voit par conséquent la place prépondérante qu'occupaient, dans l'administration du sacrement de baptême, les interrogationes de fide. Rapproché du passage précédent, le suivant parait s'appliquer aussi exclusivement au symbole de foi auquel sont empruntées les interrogations : Dominus post resurrectionem discipulos suos mittens quenmadlmodun baptisare deberent instruit et do cet dicens… : Ite ergo docete gentes omnmes tinguentes eos in nomine Patris et Filii et Spiritus sancti, Insinuat trinitatem CUIUS SACRAMENTO gentes tinguerentur. Numquid hanc Trinitatem Marcion tenet ? Numquid eundem adsemt quem et nos Deum Patrem crealorem ? Eundem novit Filium Christum de Virgine Maria natalium... ? Longe alia est apud Marcionem...…. Quo modo ergo potest videri qui apud illos baptizatur conséculus esse peccalorum remissam... per SUMAITE lidem qui ipsius fidei non habuerit veritatem.
C'était, on le sait, la thèse favorite des évêques africains que les hérétiques, n'ayant pas la même foi que l'Église Catholique dont ils étaient séparés, ne pouvaient pas administrer validement le baptême. Ils emplovaient, il est vrai, le même symbole, mais ils mentaient dans leurs « interrogations », quand ils nommaient l'Église qu'ils n'avaient pas, et lorsqu'ils prononçaient les noms des personnes divines auxquelles ils ne croyaient pas selon la vraie foi. Aussi leur confession de foi passait-elle pour incomplète, cum ergo manifestum sit hæreticos... non integram sacramenti habere confessionem, et impuissante à assurer la validité du baptême. Ce point de vue était faux ; l'Église d'Afrique le reconnut plus tard en acceptant l'enseignement de l'Église de Rome. Mais peu importe pour la question du rite ; en ce moment, ce qu'il convient de noter, c'est qu'au cours de cette controverse entre Rome et l'Afrique touchant la validité du baptême des hérétiques, la formule trinitaire, Baptiso le... n'entre pas une seule fois en ligne de compte. L'on ne parait pas y songer ; toute l'attention se porte sur la croyance exprimée non dans la formule trinitaire, ce qui serait pourtant naturel, mais dans la profession de foi baptismale. Et, dans leurs réponses, les Romains restent sur le même terrain ; ils prouvent que le baptême administré au nom des trois personnes de la sainte Trinité, ou même avec l'invocation du seul nom du Christ, est toujours valide, malgré les erreurs qui peuvent se trouver dans la foi du ministre ou du néophyte, en dépit même des légères méprises purement matérielles, qui peuvent se glisser dans la confession de foi, pourvu qu'elles n'en faussent pas le sens d'une façon notable : Quid statues de eis qui ab episcopis prave sentientibus aut imperitioribus fuerint baptisati ? Quando non ad liquadum et integre vel etiam aliter quan oportet in traditione sacramenti fuerint loculi, certe aut interrogaverint quid aut interrogantes à respondentibus audierint quod minime ita interrogari aut responderi debet, quod tamen non valde illam nostram reclam fidem lædat… Dicturus es enim… hos quoque denuo bapticandos esse...
Quelle était donc la teneur exacte de cette invocation des personnes divines ? Il est malaisé de le dire. En tout cas, il est vraisemblable que Tertullien employait les mots tinguo te, de préférence à la forme baptiso : te. Le verbe tinguere lui était en effet beaucoup plus familier que le terme baptizare ; et sa version de la Bible lisait ainsi le texte de saint Matthieu, XXVIII, 19 : Ite docete nationes TINGUENTES EAS in nomine Patris…. Saint Cyprien le citait encore ainsi, bien qu'il évitât, dans la pratique, d'employer les mots tinguere et tinctio, dont les montanistes africains faisaient encore usage. Avant de rappeler les témoignages de saint Augustin et de ses contemporains, il est bon de noter que, dès avant Tertullien, la coutume est établie de baptiser les nouveau-nés. Tertullien ne l'approuvait pas : selon lui, la prudence réclamait qu'on les fit attendre, en dehors des cas de danger de mort, jusqu'à l'âge de raison. La pratique traditionnelle ne s'en maintint pas moins dans l'Église d'Afrique. Plus tard, saint Cyprien eut l'occasion de rappeler, au concile de Carthage de 253, qu'il n'y avait aucune nécessité d'attendre au moins jusqu'au huitième jour après la naissance. Ensuite, au temps de saint Augustin, rien n’est plus fréquent que le baptême des tout petits enfants. De cet usage, qu'il tenait pour apostolique, il tirait l'un de ses meilleurs arguments contre les pélagiens, en faveur de l'existence de la tache originelle. C'est lui qui fixa pour les enfants que, à partir de l’âge de sept ans, ils devraient prononcer eux-mêmes leurs vœux du baptême, pro se ipsi ad interrogata respondent ; les parrains devaient au contraire suppléer dans cette fonction les enfants en bas âge, qui, comme les moribonds, ad interrogata respondere non possunt.
Saint Augustin a très souvent l'occasion de parler des interrogationes baptismi, c'est-à-dire de l'examen suprême qui se célébrait au moment du baptême. Il désigne ainsi la renonciation au démon et la confession de foi tout ensemble. Les deux cérémonies de la renonciation et de la confession de foi sont représentées comme étroitement unies, dans ce texte de saint Optat de Milève (+ vers 385) : Interroga gentilem an renuntiat diabolo et credat Deo... Il faut reconnaître que le plus souvent saint Augustin fait allusion à la seule confessio fidei, laquelle à ses yeux avait une importance capitale pour l'efficacité du sacrement.
L'interrogation baptismale était basée sur les paroles de l'institution (Matth., xxv, 19), c'est-à-dire qu'elle contenait au moins la mention des trois personnes divines : Ceterum quis nesciat, demande saint Augustin, non esse baptismum Christi si vera evangelica quibus symbolum constat illic defuerint. Il nous a conservé une partie de cette interrogation : Æ detur a portante parvulum ; ad verba aliena sanetur quia ad factum alienum nil pertinet, Credit in Jesum Christum ? fit interrogatio ; respondetur, Credit.
Sans se limiter à la triple mention des personnes divines, elle renfermait tous les articles du symbole. Spado ille quem Philippus baptizavit nihil plus dixit quam, Credo Filium Dei esse Jesum Christum, et in hac professione continuo baptizatus est. Num ergo placet ut hoc solum homines respondeant et baptizentur ? Nihil de Spiritu Sancto, nihil de sc Ecclesia, nihil de remissione peccatorum, nihil de resurrectione mortuorum, postremo de ipso Domino Jesu Christo nihil nisi quia Filius Dei est, non de incarnatione eius ex Virgine, non de passione, de morte, de crucis, de sepultura, de tertii diei resurrectione, de ascensione ac sede ad dexteram Patris aliquid dicitur est catechizanti, ac profitendum credentif. Si enim spado cum respondisset, Credo Filium Dei esse Jesum Christum, hoc ei sufficere visum est, ut cum baptizatus abscederet ; cur non id sequimur ? Cur non imitamur, atque auferimus quæ necessaria habemus, etiam cum ad baptisandum tempus urget angustia, exprimere interrogando, ut baptizandus ad cuncta respondat... omnia quæ... serie traditionis scimus implenda !
Remarquer le : NECESSE HABEMUS EXPRIMERE : la confession de foi est regardée comme indispensable, etiam cum temporis urget angustia. Et ailleurs : Subito periculo mortis incipit et poscit baptismum, quem tanta natione accipit, ut necessarian interrogationem paucorum verborum vix periculi tempus admittat. Même nécessité pour les petits enfants, quoiqu'ils ne puissent répondre par eux-mêmes : Celebrantur per sacramentorum sine quibus consecrari parvulus non potest.
Quant à la croyance qu'exprime la confession de foi, peu importe pour la validité ; il suffit que la formule du symbole soit conforme au précepte trinitaire, le baptême est valide, même si le ministre du sacrement ou le néophyte se trompent sur le sens exact du symbole de foi. Ce système est exposé tout au long dans les livres De baptismo contra Donatistas : Fieri enim potest ut aliquis habeat sacramentum, et perversam habeat fidem : sicut fieri potest ut integra habeat verba symboli de resurrectione, sive aliquid aliud…. Sic etiam potest ut in alicuius hæretici librum catholicus incidat, et... credat aliquid contra fidem : cui tamen errori vera symboli non ignorat... Si talia credens in Catholica baptisetur, numquid denuo baptizandus est ? Quid ita ? Dia illa sanctitas sacramenti verdis evangelicis secundum integra manebat sicut eam Deus acciperat.
Ainsi l'erreur sur la foi, la validité du baptême est assurée par l'emploi des verba evangelica, l'invocation des trois personnes divines : Deus, Pater, Filius, et Spiritus Sanctus, sine quibus baptismus isti consecrari non potest… Ceterum quis nesciat non esse baptismum Christi, si vera evangelica quibus symbolum constat illic defuerint ? Sed faci- * inveniuntur hæretici qui omnino non baptisent, tanquam qui non illis verbis baptizent.
Ingressus ut adversarium tuum cerneres, cui renuntiando spuas ; ad orientem converteris. « 1, 7) Quid vidisti ? Aquas…, levitas ministrantes, summum sacerdotem consecrantem ; 11, cum salutaris crucis munus consecratur (aquæ). Ut, 14) Descendisti [in fontem], v. 28, recordare quid responderis, quod credas in Patrem, credas in Filium, credas in Spiritum sanctum ; in crucem salutis Domini Jesu fateris tibi esse credendum. V. 2, 7) Ascendisti ad sacerdotem, considera quid secutum sit : nonne illud quod ait David : Sicut unguentum in capite. Vi, 29) Ascendisti de fonte, memento evangelicæ lectionis : etenim Dominus… lavit pedes discipulis suis. Vi, 9.
Il est intéressant de rapprocher de ce double ordre baptismal certains textes de saint Ambroise, qui achèvent de souligner les différences assez minimes que l'on perçoit déjà. Les numéros A et de ce tableau ne nous arrêteront pas présentement, non plus que la série 7-12 consacrée aux rites post-baptismaux. L'entrée dans le baptistère marque le début de la cérémonie baptismale. Nous rencontrons d'abord une onction mentionnée par l'anonyme seul. Cette onction est à l'usage romain, c'est probablement la raison pour laquelle elle réclame du rituel de Rome. Saint Ambroise ne dit pas explicitement l'effet et le renoncement au démon se retrouve dans la présence dans le De sacramentis, qui, on le sait, eût lieu à Milan. Dans la liturgie milanaise, le renoncement au démon se fait sous forme de « réponses à deux questions », c'est un système traditionnel dans l'Église ambrosienne, comme on le verra de loin. À Rome, au VIe, le célébrant adressait trois questions au candidat, comme dans la liturgie actuelle, en France au contraire, l'ancien rit gallican avait conservé la forme, probablement primitive, du renoncement en une seule formule. Il est à noter que saint Ambroise et le De sacramentis comprennent dans le renoncement au démon celui au monde. C'est ce que l'on sait aussi en deux autres passages de saint Ambroise : Qui renuntiavimus sæculo et usui eius... — Ul jam nemo debas, cui semel renuntiasti ? À Milan, comme dans toutes les églises latines, le renoncement est une promesse adressée à Dieu ; il ne mentionne le démon qu'à la troisième personne : Abrenuntias diabolo. Abrenuntio. En Orient, c'est le contraire, le catéchumène, tourné vers l'occident, adresse la parole au démon en personne : Abrenuntio tibi, satana. — Saint Ambroise, il est vrai, écrit précisément, dans son Hexaemeron : Deserit qui abluitur... illum Pharaonem principem istius mundi, dicens : Abrenuntio tibi, diabole, et angelis tuis, et operibus tuis et pompis tuis. Mais cet ouvrage est, on le sait, emprunté en grande partie à Origène et à saint Basile, et il est probable que c'est à eux que saint Ambroise est redevable de cette nuance du renoncement exclusivement orientale. M. Kattenbusch pense qu'elle vient d'Origène.
La phrase »Ingressus es ut adversarium cerneres, cui renuntiando in os spultares« , qui suit, dans le De mysteriis, la mention du renoncement, est corrigée ici grâce à une conjecture de dom G. Morin. Le texte des Mauristes portait »cui renuntiandum in os pularis« , leçon que l'on rencontre dans les manuscrits. La correction proposée par dom Morin repose sur la fréquence du »changement de o en u« dans les anciens manuscrits, ce qui suppose »renuntiando« dans la rédaction originale ; sur la présence dans deux manuscrits des leçons »putares« et »taris« , qui peuvent l'une et l'autre dériver de »spultares« . Si l'on admet cette interprétation, la phrase se comprend aisément. Plusieurs rituels orientaux, remarque dom Morin, prescrivent au catéchumène de cracher à la face du démon, qui est censé se tenir à côté ; le renoncement est ainsi traduit d'une façon expressive, bien faite pour frapper l'imagination des chrétiens. Mais dom Morin ne note pas que le rite ne se retrouve nulle part ailleurs : de plus, saint Ambroise n'en dit mot en aucun endroit de ses écrits, et il n'a laissé aucune trace dans les livres liturgiques de l'Église de Milan.
La bénédiction de l'eau vient, dans la description des deux auteurs, interrompre l'ordre logique des faits. Les deux engagements pris par le catéchumène restent cependant unis moralement : la confession de foi fait suite à la renonciation à Satan. Saint Ambroise parle de l'évêque qui revient à qui revient toute la fonction, le De sacramentis ne fait mention que du prêtre. La confession de foi se fait entre leurs mains, aussitôt achevée la consécration de l'eau. Elle s'accomplit sous la forme habituelle de questions et de réponses, tandis que le catéchumène se tient déjà debout dans la piscine baptismale. Ce détail fourni par saint Ambroise donne à penser que l'on observait à Milan l'alternance des interrogations et des immersions ; le fait est, en tout cas, hors de doute pour le De sacramentis. On a constaté déjà à ce point l'accord parfait du De sacramentis avec le gélasien, et nous pouvons dire, avec l'usage primitif universel, toutefois le symbole contenu dans le questionnaire du De sacramentis est plus court que dans le document romain ; il a, comme saint Ambroise, une mention spéciale de la croix du Sauveur, analogue au »nalum et passum« du romain.
La confession de foi baptismale est rappelée par saint Ambroise, en d'autres endroits de ses œuvres : »Plenum est (sacramentum baptismatis), si Patrem et Filium et Spiritum sanctum fatearis« — »In mysteriis interrogatio trina defertur, et confirmatio trinæ celebratur, nec potest quis nisi trina confessione purgari« . Et ailleurs : »Trinitatem utique confitentur qui ad baptismum veniunt, quia baptizantur in nomine Patris et Filii et Spiritus sancti« . Les écrits de saint Ambroise ne présentent rien de plus explicite que ce dernier passage relativement à l'emploi de la formule trinitaire au baptême. Malheureusement, l'auteur du De sacramentis n'a pas jugé bon de nous dire où elle se plaçait dans l'administration du baptême. Même silence chez un écrivain du Ve dont il est à propos de citer ici le témoignage à cause des liens de parenté liturgique qui l'unissent au De sacramentis : dans son »De baptismo« , saint Maxime de Turin s'exprime ainsi en présence de ses néophytes : »Nunc vero de interioribus mysteriis locuturi sumus quæ in ipso sancto fonte celebrata sunt. Enissa certissimia cautione quæ vos abrenuntiare omnibus pompis et operibus ejus et omni fornicationi diabolicæ spopondistis, descendistis in fontem sacrum…. In hoc ergo fonte antequam vos toto corpore tingeremus, interrogavimus : Credis in Deum Patrem omnipotentem ? Respondistis, Credo. Iterum interrogavimus, Credis et in Jesum Christum Filium ejus, qui conceptus est de Spiritu sancto et natus est ex Maria Virgine ? Respondistis singuli, Credo. Iterum interrogavimus, Credis et in Spiritum sanctum ? Respondistis similitier, Credo. Hæc autem fecimus juxta Dominum nostrum Jesum Christum... imperium qui demandavit dicens : Euntes baptizate omnes gentes in nomine Patris et Filii et Spiritus sancti... Interrogavimus : Credis in sanctam Ecclesiam, remissionem peccatorum, carnis resurrectionem ?…. Hæc postquam vos credere promisistis, lectio corporis vestri in sacro fonte demersimus !« .
Le rappel du précepte trinitaire à propos de la formule de la confessio fidei est typique : il fait penser au fameux passage de Tertullien : »Iterum mergitamur, amplius aliquul respondentes QUAM DOMINUS IN EVANGELIO DETERMINAVIT« . Saint Gaudence de Brescia parle aussi de la confession de foi conforme au précepte baptismal du Sauveur : »Neque enim baptizari quis potest, nisi in integram et inseparabilem Trinitatem... Ergo cum non sit plus et minus in confessione fidei quæ traditur per Christi ministros in sacramento baptismatis, videamus« . Il ne faut pas oublier d'autre part les deux textes suivants d'un traité anonyme arien, probablement originaire de l'Italie du Nord ; on y adresse aux catholiques ce reproche : »ipsi præponunt Patrem Filio in symbolo dum dicunt : Credis in Deum Patrem omnipotentem creatorem cæli et terræ ? Credis et in Jesu Christo filio ejus ?« . C'est bien, semble-t-il, une allusion aux interrogationes de fide, plutôt qu'au symbole pur et simple, d'autant que l'auteur emprunte au même ordo baptismal. — Il l'exemple qui suit immédiatement : »In benedictionibus suis præponunt Patrem Filio dum dicunt : Deus et Pater Domini nostri Jesu Christi, qui te regeneravit« . Et plus loin : »Unum Deum et Patrem omnium sic dicimus et credimus ut illum Spiritum sanctum, quem tertio loco a Patre post Filium in symbolo et in baptismo tradimus, non esse Deum creatorem dicimus« .
À part le rit milanais, les anciennes liturgies de l'Italie des formulaires romains. Le rituel milanais lui-même a subi bien des modifications, précisément sur le point qui nous occupe, Aussi ne sert-il que dans une mesure restreinte à expliquer les institutions antérieures à lui. Il nous est représenté par les sacramentaires milanais, dont pas un ne remonte au delà du IXe. Le missel de Biasca (Ms. A 24 inf. de la Bibl. ambrosienne à Milan) est connu par les extraits qu'en a donnés M. Magistretti, celui de Bergame et la partie ambrosienne du Triplex donnent un ordo à peu près identique, qui contient déjà mainte formule romaine. Dès le Xe, on trouve le même ordo reproduit dans le Manuel, livre particulier au rit ambrosien qu'a fait connaître récemment l'édition de M. Magistretti. Pour le XIe, l'ordo de Beroldus offre de nouveaux renseignements ; dès le XIIe enfin est entièrement constitué, sous le nom d'ordo ad catechumenos parvulos, le rituel baptismal encore en usage actuellement à la métropole et dans le diocèse de Milan.
Voici d'abord le rubrique préliminaire d'après les missels de Hiasca et de Bergame : Cum ingressus fuerit presbiter et diaconus in ipsum fontem, interrogantur a sacerdote qui fontes benedicæit. C'est donc, primitivement, l'annonce d'un dialogue entre l'évêque et les ministres du baptême : Quid venisti ? Baptisare. Lie baptitate in nomine Patris et Filii et Spiritus sancti. Plus tard ce n'est plus aux ministres que s'adresse cette question, mais aux père ou aux catéchumènes eux-mêmes. Le sens de la question insérée dans le tableau comparatif, où l'on peut suivre les transformations successives du rite. Et statim : Baptizo te, 1 mersion, Baptizo te in nomine Patris, 2 mersion, et Filii, nom. P., 2 mersion, et Spiritus sancti. 3 mersion.
On dirait, d'après le missel de Ste, que la trinité du baptême reproduisait à la lettre le texte de core dans les manuels, qui font rapporter les immersions à chacune des invocations de la formule évangélique : Baptizate eos in nomine Patris et Filii et Spiritus sancti ; la leçon de l'un des mss. est curieuse : Prima mersio Baptizote (sic) ergo eos. 2 mersio In nomine Patris. 3 mersio, Et Filii et Spiritus sancti.
On voit disparaitre la difficulté que trahit cette disposition, en reproduisant après le Baptizate eos la formule ordinaire Baptizo te... et plus tard en supprimant complètement le Baptizale eos in nomine Patris et Filii et Spiritus sancti. Ainsi disparut un usage intéressant, probablement d'institution postérieure à saint Jérôme, qui semble avoir réuni deux éléments différents : le premier dialogue, Quid venistis ? Baptisare. - Lie, baptizate..., contient, en effet, une délégation formelle du pouvoir de baptiser faite, séance tenante, par l'évêque à ses ministres, pouvoir dont l'évêque est toujours le vrai dépositaire ; quant à la seconde formule, Baptizate eos in nomine..., qui reproduit textuellement les paroles du Christ, il parait bien qu'elle a servi de formule baptismale, usage du reste parfaitement inconnu en dehors de Milan.
A propos de la formule ordinaire du baptême, M. Lejay a fait remarquer que l'addition gallicane, ut habeas vitam æternam, ne se rencontre jamais dans les documents ambrosiens ! C'est une preuve que ces documents ne marquent qu'une transition entre le rit romain et les rites gallicans, c'est ce que la situation géographique de Milan, et du nord de l'Italie en général, rendait presque inévitable ; mais il y aurait danger à vouloir resserrer trop étroitement les liens de parenté, soit d'un côté, soit de l'autre.
Du reste, nous aborderons dès maintenant et comme naturellement, l'étude des documents gallicans, en ayant soin de distinguer, pour plus de clarté, les rites gallicans, celtiques et mozarabes, à leurs titres indéniables à rentrer dans la grande famille gallicane.
IV. RIT GALLICAN.
On a coutume, en effet, de donner le nom générique de rit gallican à toutes les liturgies qui ont été en usage dans l'Europe occidentale, depuis les origines chrétiennes jusqu'à l'époque de la diffusion générale des livres romains. Ainsi entendu, le rit gallican embrasse non seulement la Gaule des Mérovingiens, mais l'Italie du Nord, une partie de l'ancienne Alemannie, la Péninsule Ibérique, la Bretagne et l'Irlande.
Pour ce qui concerne le rituel baptismal, il est préférable de ne s'occuper que de l'empire franc, car les Églises de Milan, d'Espagne et d'Irlande ont observé des pratiques suffisamment distinctes pour exiger une étude particulière.
Dans son chapitre sur l'initiation chrétienne, M. Duchesne a préféré réunir tous ces rites dans la même catégorie ; mais il en résulte une certaine confusion où il est difficile de reconnaître chaque liturgie nationale.
de Bangor, La récitation intégrale du symbole. Au renoncement est intimement liée la confession de foi. Cette union, attestée par les sacramentaires, retrouve dans plusieurs textes anciens. Le saint Hilaire reproduit plus haut la laisse déjà devinée : Le témoignage de Salvien est plus formel encore : « Quæ est enim in baptismo salutari caesis, confessio ? Quæ scilicet nisi ut renunciare se protestentur ? ».. Abrenuncio enim, inquis, di et quid postea ? Credo, inquis, in Deum Patrem :
Saint Césaire montre que le renoncement a lieu au baptême même : « Fut enim in baptismo utrum abrenunciemus... » Saint Éloi dit de son côté : « Considerate si poteritis in illo die illibatum quod in baptismo promisistis, Mementote quia tu abrenunciare vos diabolo... In ipso baptismo saepe promisistis... Promisistis e contra credere in Deum Patrem omnipotentem et in Jesum Christum... »
Ainsi ne considère-t-il plus autre chose que le baptême des petits enfants ; saint Ildephonse en parle lui aussi, mais il s'occupe également des adultes pour lesquels il mentionne certains rites spéciaux dont il n'y a plus aucune trace dans le Liber ordinum : du XIe. La fonction de la traditio symboli déjà simplifiée au temps de saint Ildephonse, mais retenant encore sa signification pratique, n'est plus dans notre rituel qu'un souvenir bien lointain de ce qui s'accomplissait jadis en cette occasion. Du reste, le titre, ordo baptismi celebrandus quolibet tempore, atteste à lui seul que l'on n'est plus à l'époque où, en Espagne comme ailleurs, la fête de Pâques était considérée comme la date authentique du baptême solennel. Il va sans dire que toutes les parties de l'ordo sont réunies en un tout complet ; elles ne sont plus comme autrefois distribuées selon les jours du carême, auxquels primitivement elles étaient fixées. Au samedi saint, on trouve il est vrai une allusion à la célébration du baptême, mais le fait qu'en cet endroit l'on renvoie simplement à l'ordo inscrit en tête du recueil, pro quolibet tempore, prouve bien que le baptême pascal n'était plus qu'une exception. Autrefois, il avait été la règle générale ; seule la fête de la Pentecôte partageait avec celle de Pâques l'honneur d’être solennité baptismale : Quam baptismi solemnitatem, dit encore au VIe saint Ildephonse, duobus tantum temporibus Pascha et Pentecosten apud legitimorum se des episcoporum coram ipsis fieri et apostolica et paterna sanaeit antiquitas…. Extra hæc duo tempora, propter solam necessitatem mortis omni tempore libere conceditur baptizare ?
Au 1er siècle, cette règle avait subi de nombreuses infractions ; l'évêque Himérius de Tarragone les dénonçait au pape saint Sirice (385-398), lequel lui rappelait dans sa réponse le privilège, [cum] dominicum specialiter cum Pentecoste sua Pascha defendat. Le concile de Gérone recommandait encore en 517 au clergé de la même province de Tarraconaise de veiller à l'observance de cette règle. Prescription analogue dans le 49e des capitula de Martin de Braga, de Galice (après 561). Le 17e concile de Tolède de 694 condamne un abus qui tendait probablement à s'établir à cette époque : lendu, excepto gravissimæ necessitatis obventu, d'administrer le baptême pendant le carême, où, selon l'usage, les baptistères devaient rester fermés : ainsi rappelle-t-il qu'il est absolument défendu de le faire, comme l'avait ordonné saint Ildephonse ; et le concile de 1er de 694, reproduisant ses paroles, en fait une obligation pour toutes les Églises d'Espagne et Gaule comprises dans le royaume.
Les divers documents liturgiques d'Espagne ont servi, au samedi saint, les séries de lectures qui prédaient le baptême. Le Liber comicus et le Liber « num présentent ceci de particulier, que, d'après leurs indications, le baptême doit suivre, non la 3e leçon comme dans le rit romain, mais bien la ! Omnes silientes : In hac lectione (tertia), dit le p p pergil épiscopus cum diaconibus ad fontes bapti et le Liber ordinum : In hace lectione tertia € episcopus ad fontem sacrum baptismum cells. Le missel mozarabe, qui a subi des influences romaines, renvoie le baptême après la dernière leçon. Saint Ildephonse ne précise pas le moment de l'office du samedi saint, où, de son temps, l'on administrait le baptême, mais il fait allusion aux 5e et 9e lectures de cet office, dit qu'elles suivent le baptême, ce qui démontre que le Liber comicus et le Liber ordinum suivent l'usage traditionnel.
Comme la liturgie gallicane, le rituel mozarabe conserva l'ancienne coutume de faire réellement l'ablution baptismale du double pacte : consistant en la renonciation au démon et la profession de la loi. Saint Isidore exprime en des termes souvent réduits depuis, cette union indissoluble des deux formes connexes à l'acte du baptême : Fons origo omnium gratiarum est cujus septem gradus sunt tres in descensu propter tria quibus renuntiamus, tres alias in ascensu propter tria quæ confitemur ; septimo vero fundamento aquæ. Saint Ildephonse reprend pour son compte les mêmes expressions ! Quant aux mots de renonciation, elles varient selon les pères. Saint Pacien de Barcelone, au 1er siècle, dit simplement : diabolo et omnibus angelis ejus renuntiamus. Martin de Braga : Abrenuntias diabolo et angelis ejus culturis et idolis ejus et omnibus operibus ejus. La formule de saint Isidore est différente : Prima pacti est in qua renuntiatur diabolo et pompis et versæ conversationi illius. Le Liber ordinum a encore une fois son origine tolédaine : sa formule de renonciation (col. 32) concorde avec celle de saint Ildephonse : Abrenuntias tu, famule Dei, diabolo et angelis ejus. Resp. Abrenuntio. Operibus eius ? Resp. Abrenuntio. Imperiis ejus ? Resp. Abrenuntio. Saint Ildephonse dit de même : Renunciatur diabolo et angelis ejus, et operibus ejus et imperiis ejus, et pecatis. Duæ sunt pactiones, prima in qua diabolo renuntiatur, cum dicitur : Abrenuntio tibi, diabole, et angelis tuis, operibus tuis et imperiis tuis.
La forme « Abrenuntio tibi, diabole », qui constitue une caractéristique de certains rites orientaux, surprend un peu. Nous n'avons aucun indice de son emploi dans la liturgie wisigothique. À Secunda (pactio), continue saint Ildephonse, in qua creditur Deo in nomine Trinitatis (ec. Ex) ; et alias tres gradus in ascensum propter tria quæ confitemur : Patrem, Filium et Spiritum sanctum, unum Deum in Trinitate (c. Cx). Ce rite est également attesté par Martin de Braga dans son De correctione rusticorum : Confessi estis, credere vos in Patrem, Filium et Spiritum sanctum, et sperare vos in fine sæculi carnis resurrectionem et vitam æternam !. Cette profession de foi s'accomplissait sous la forme d'une triple interrogation suivie de réponses. Le Liber ordinum la donne dans sa brièvété primitive, Credis in Deum Patrem omnipotentem ? K. Credo. — Et in Jesum Christum Filium ejus unicum Deum et Dominum nostrum ? R. Credo. — Et in Spiritum sanctum ? formes à la teneur ordinaire du symbole de Tolède : les mots Deum et Dominum nostrum, qui le caractérisent, sont attestés par Martin de Braga, Ildephonse, Ethérius et Béalus. D'après le témoignage de Martin de Braga, il paraît bien qu'en Galice la confession de foi embrassait tout le symbole.
La formule trinitaire du baptême se distingue également, dans le rit mozarabe, par l'addition de la finale ut habeas vitam æternam, propre à la liturgie gallicane. Une fois de plus, le texte du Liber ordinum, Et ego te baptiso in nomine Patris et Filii et Spiritus sancti ut habeas vitam æternam, correspond bien à celui de saint Ildephonse : Dein secundum præceptum Domini dicentis : Euntes, docete omnes gentes, baptizantes eos in nomine Patris et Filii et Spiritus sancti, subinferente aquis.
Nous rencontrons pour la première fois, dans la catholique Espagne, une infraction à la règle générale de la triple immersion baptismale, à laquelle seuls certains hérétiques, disciples d'Eunome, faisaient exception. Les Espagnols adoptèrent de leur côté le rite de l'immersion unique, mais en vue d'affirmer leur foi à l'unité des trois personnes divines contre les ariens qui la niaient. Il est difficile de fixer l'époque à laquelle cette coutume s'introduisit chez eux. Son existence est du moins constatée à partir du VIe. Elle n'allait pas moins nombreuse que dans les autres provinces de l'Espagne ; il semble qu'on ait refusé de s'y conformer. C'est du moins ce qu'atteste Martin de Braga : Dum multitudinem... tinclionis fugiunt alienæ (arianæ), in aliam incauti incidunt pravitatem. Mieux valait donc, d'après lui, s'en tenir à l'usage romain, tel que le pape Vigile l'avait décrit à Profuturus. Saint Léandre, évêque de Séville de 576 à 600, fut lui-même pris de doutes à ce sujet : il en écrivit au pape saint Grégoire. Personnellement, il tenait pour l'immersion unique, mais il désirait éclairer sa conscience et surtout imposer silence aux réclamations que suscitait la question en litige. Saint Grégoire le confirma dans son sentiment, en déclarant parfaitement licites les suprêmes ; il dut calmer les esprits ; du moins continuèrent-ils d'observer la pratique particulière de l'unique immersion. En 633, le IVe synode de Tolède s'autorisa encore de la parole de saint Grégoire pour maintenir de même usage, tout en constatant la parfaite légitimité.
BAPTÈME
1. Gredo ?. Les deux premières questions sont consacrées au prêtre, ut habeas vitam æternam, tingitur honra lion en ne pratiquant qu'une seule immersion. Les d'ailleurs sans soulever des objections et des résistances. En Galice, en particulier, où les ariens étaient nombreux, il y avait deux genres d'immersion. Cette décision de l'autorité de la coutume contraire des trois immersions. Saint Ildephonse exprime le même avis, mais il donne sa préférence à la simple immersion : Quia hæretici in hoc numero (trinæ) mersionis unilalem solent scindere Deitatis, & Deo potius est quod Ecclesia Dei unius usum observat tantummodo tinctionis. Les livres liturgiques ne disent plus rien de cet usage ; mais nous avons la preuve de son maintien après le VIe dans la diatribe très violente qu'Alcuin rédigea contre lui, à la fin du VIIIe.
De l'ancien rituel baptismal de l'Église wisigothique, il n'est rien resté après le XIe. Le rit romain fut à cette époque, en effet, substitué à l’ancien rit national. Aussi a-t-on depuis longtemps perdu le souvenir de l'existence du cérémonial mozarabe. « À Tolède même, dit à ce sujet dom Férotin, les membres du clergé de la célèbre chapelle fondée par le cardinal Ximénés et des diverses paroisses mozarabes, ne sont pas peu surpris lorsqu'ils entendent dire qu'il y eut jadis, dans l'Église d'Espagne, un rituel et un pontifical différents de ceux de l'Église romaine. »
VT. RIT CELTIQUE. — L'ancienne liturgie celtique est en général considérée comme se rattachant au rit galli-
.'2 4 330 xt 1 Il est donc de date relativement récente, et il ne faut pas s'étonner que, selon la remarque de M. Lejay, les éléments romains y coudoient les éléments gallicans. M. F. E. Warren a publié le missel en entier, dans sa Liturgy and Ritual of the Celtic Church. L'ordo baptismi occupe dans le missel de Stowe les feuillets 47 à 59, Il forme un tout isolé sans aucune relation avec la liturgie quadragésimale, qui, du reste, est absente du recueil, le copiste s'étant borné à réunir des messes votives et quotidiennes, Il est tout entier de première main, et comprend un grand nombre d'oraisons, dont la plupart, il est vrai, lui sont communes soit avec les documents ambrosiens et gallicans, soit avec les documents romains. Il débute précisément par un ensemble de cérémonies, où se trouvent combinés de la façon la plus étrange, les ordos ad catechumenum faciendum et ad catechirandos infantes des rituels romains, sans excepter certaines oraisons empruntées à un formulaire du baptême des infirmes. La bénédiction de l’eau présente une mosaïque de textes non moins curieuse, Tout cela n'est pas fait pour inspirer grande confiance. Comme de juste la formule du renoncement est perdue au milieu des rites du catéchuménat ; elle se trouve même reproduite deux fois à quelques lignes de distance et sur la même page (f 49 rm), sans que l'on sache pour quoi : elle copie exactement le texte romain. Elle est suivie d'une profession de foi très simple, qui achève de dérouter le lecteur : Credis in Deum P. 0. ? Credis et in Jesum Christum ? Credis et in Sp. s.° Quoi qu'il en soit de l'origine et de l'emploi insolite de cette formule, la véritable profession de foi (fe 57 v°) précède immédiatement le baptême, Elle affecte la forme ordinaire d'une triple réponse, Credo, à une triple interrogation, Credis in Deum Patrem…. etc, adressée au catéchumène par le diacre, non par le célébrant. Son texte est celui du gélasien, avec omission des articles creatorem cæli et terræ, sanctorum communionem, vitam æternam, que l'on trouve dans les sacramentaires grégoriens. La formule trinitaire du baptême n'est pas indiquée. La rubrique fait simplement allusion à la triple immersion qui peut être remplacée par l'aspersion ou infusion : descendit in fontem et tingitur ter vel aspergitur, Nos renseignements sur l'ancien rit baptismal chez les Celtes sont donc loin d'être satisfaisants, puisqu'à vrai dire ils ne nous fournissent rien qui n'ait été emprunté à des usages étrangers. La documentation patristique et conciliaire est malheureusement tout aussi pauvre. Mentionnons toutefois le canon 19 du second synode de saint Patrice, d'époque incertaine, qui répond ainsi qu'il suit à la question, qua ætate baptizandi sunt (infantes) : Octavo die catechumeni sunt, postea solemnitatibus Domini baptisantur, id est Pascha et Pentecoste et Epiphania *, La correction du rituel celtique dans le sens romain, constatée déjà dans le missel de Stowe au xii siècle, préoccupa de plus en plus les esprits aux époques suivantes, L'Église irlandaise en effet acheva de se romaniser au xi siècle, sous l'influence de l'archevêque d'Armagh, saint Malachie (+ 1148) : On sait par son biographe et ami, saint Bernard, que grâce à lui recipiuntur ubi que ecclesiastice consuetudines |Homanæ), contrariæ rejiciuntur 5, L'ancien rit national dut à cette époque céder complètement la place à la
BAPTÉME
.RENTES LITURGIES, — Aussi loin qu'il est possible à désigné clairement le premier moyen de salut : « C | tout il présente ces deux éléments re liturgie anglaise, adaptation de la liturgie romaine. - C'est ce qu'a décidé le synode de Cashel de l'an 1172 : Omnia divine ad insiar sacrosanctæ Ecclesiæ, iurta | quod Anglicana observat ecclesia in ommibus ane, ecclesiæ Hiberniæ amodo tradéntur 5, Nous possédons un missel irlandais datant selon toute vraisemblance de cette période de transition, et offrant un pass baptôme qui diffère peu de l'usage de Sarum. Il s'agit du Corpus Missal, ainsi dénommé par son éditeur, M. F. E, Warren, en raison de son appartenance au collège du Corpus Christi à Oxford”. Son ordo baptis mal est, comme celui de la liturgie de Sarum, basé sur le sacramentaire grégorien de augure {rl “ LE cependant certaines divergences avec ce = tamment la présence du triple renoncement au d on lors du baptême lui-même, immédiatement avant a confession de foi 8, Cette étude a fourni les éléments qui permettront de retracer les phases de l'évolution de la liturgie baptismale proprement dite (acte baptismal et rites conne : dans les différents groupes liturgiques. Nous ne pouvons la conclure sans donner quelques Serge semble sur le point central de cette liturgie, à s sur l'acte baptismal lui-même, fi JL. L'ACTE BAPTISMAL ET SA FORMULE DANS LES DIFF remonter dans la tradition catholique, on remarque que l'accord le plus constant et le plus absolu dans la fa LE dont les communautés chrétiennes ont accompli 4 précepte du Sauveur relatif au baptême, Notre-Seigneur avait dit à ses disciples, et, en leur personne, à leurs successeurs : « Allez, enseignez toutes les nations, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, » Et déjà, s'adressant à Nicodème,. ] qui n'aura pas été régénéré ex aqua et Spiritu, celui-là n'entrera pas dans le royaume de Dieu, » Conformément à ce double précepte divin, le baptême d'e administré au nom des trois personnes de la Sainte Trinité a toujours passé, dans la pratique, pour le moyen authentique de la régénération invoquée à une ablution. Le mode précis de cette ablution a pu donner lieu à certaines divergences de détail, qui n'en ont jamais modifié essentiellement la nature : ainsi a-t-on également pratiqué l'immersion complète, l'infusion et la simple aspersion ; cat n'avons pas à nous occuper pour le moment de ces particularités, l'occasion devant se présenter plus tard pour les étudier à propos de l'IMMERSION. Nous n'envisageons actuellement que le premier élément, celui de l'invocation, et le fait de son union avec l'ablution nous suffira donc de réunir ici, par manière de résumé de notre étude sur les rituels, les témoignages les plus importants qui nous parlent de ce rite et nous montrent la place qu'il occupait dans l'acte baptismal, De l'invocation de la Trinité au baptême nous 2 les preuves les plus anciennes et les plus abondantes : Rien n'est plus fréquent, en effet, dans les œuvres des Pères, que l'allusion au précepte divin, et au baptême conféré, conformément à cette loi, au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Les témoignages de saint Justin, de la Didachè, de saint Irénée, nous reportent aux tout premiers siècles. Aux âges suivants, les attaques doctrinales ramènent sans cesse le renouvellement du précepte divin, Îte….. baptirantes.., el de son application au sacrement du baptême. Nous trouvons aussi chez nombre d'écrivains ecclésiastiques des plus anciens l'indication formelle du » selon lequel, à la suite des Apôtres, la tradition avait interprété l'ordre du Sauveur, Baptiser au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, c'était baptiser en mentionnant et en invoquant les noms des trois personnes divines. « Nous sommes purifiés dans le nom du Père, écrit saint Irénée, par l'eau et l'Esprit, » Dane mentionne la puissance régénératrice r&y. auvnrne Toctéoc Emxinaew* ; Firmilien de Césarée, au iii siècle, dit également qui baptiratus est, gratiam consecqui potuit, INVOCATA TRINITATE NOMINUM Patris et Filii et Spiritus sancti %, L'ancienne Didascalie et les Constitutions apostoliques, qui en dépendent, et d'autre part, les Pères de l'Église d'Orient, aux i et v siècles, emploient couramment le même rite, ainsi qu'il a été dit plus haut au sujet de l'ordo syrien. L'expression est moins fréquente chez les Latins, mais l’idée leur est également familière ; il suffit de rappeler le témoignage de Tertullien ; laisse clairement entendre que les noms des personnes divines sont prononcés : Non semel, sed ter, ad singula nomina in personas singulas tinguimur +, ni convient enfin de mentionner comme également ex- | f le terme +prouaxagix érovopaaiz Barrisipevor des Homélies Clémentines 5, où l'on retrouve la pensée de saint Justin, ul ti Bart Énovoudberut ro Éhogéve vayervnbrrar…. +d roù Ilurpdç… voux®, reproduite plus tard par les Constitutions apostoliques, ixovouicas shine Ilarpos eat V. mat a. IL. BancionusT. _ Ce souci constant de l'Église d'accomplir à la lettre le précepte de son divin fondateur se retrouve jusque chez les hérétiques, qui, la plupart du temps, n'osaient ‘pas se mettre en désaccord avec une pratique fondamentale-
SOL
réctue Este ee + Le r 2 entale universellement reçue, Au témoignage de saint Cyprien, les Églises séparées, en Afrique, se vantent d'administrer le baptême selon toutes les règles du rituel catholique ; et plus tard saint Augustin pouvait écrire qu'il était plus aisé de rencontrer des hérétiques ne pratiquant aucun baptême, que d'en trouver chez qui la formule baptismale ne s'inspirât pas des paroles du Sauveur : Fucilius inveniuntur hæretici qui omnino non baptizent, quam qui non illis (evangelicis) verbis non baptizent$. Aux premiers siècles de l'Église, les sectes gnostiques avaient, il est vrai, imaginé de baptiser leurs adeptes en faisant accompagner les ablutions d'invocations bizarres, faites souvent, comme la remarque de saint Irénée”®, pour mystifier les è Th aitiés, Ce n'étaient que des formules magiques, importées des cultes juifs ou païens, mais n'ayant rien de commun avec le rituel catholique. Certaines d'entre elles, cependant, pouvaient bien n'être que des falsifications de formules chrétiennes : ainsi, dans celle que les marcosiens usaient, on a cru reconnaître, déformés et adaptés aux conceptions gnostiques, les éléments d’un symbole ancien des Églises d'Asie. C'est saint Irénée qui nous l'a conservée : Barrlourss or 2 héyougis »
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BAPTÈME
tations se multiplient, surtout à partir du iv siècle, | tic üvoua ayvwgroy Ilarpos <üv lu, Etc äkñferx unTÉoæ FAVTEV, alc to xate)bôvrx els « Inooûv, els Évwaty, “at AxodUTERTL, “al xotvawvéas Toy Éuvépmenrv 10,.
C'est également le précepte trinitaire qu'on retrouve à la base de l'invocation qu'emplovaient les Eunomiens ; saint Épiphane la mentionne à propos d'Aétius : els ôvoux eo) &uticrou, ax elc Ôvoua | Yiog xexrepévou, tai ais dvoua [lvedparos ayiaorixoù « at drb 109 xextiauévou V'iod xrtodévroc 11.
Contre la tradition catholique, qui s'est affirmée même dans les usages des communautés schismatiques, il n'y a évidemment rien à conclure du fait que certaines sectes hérétiques paraissent avoir pratiqué le baptême in nomine Domini Jesu. Car l'Église n'a jamais adopté pour elle-même cette coutume,
Depuis de longs siècles on a beaucoup discuté la question de savoir si les Apôtres avaient jamais employé les paroles in nomine Domini ou in nomine Jesu en place de la formule trinitaire impliquée dans le précepte divin,
Du précepte de Notre-Seigneur qui donna naissance à l'invocation baptismale, sortit aussi de très bonne heure l'usage de répéter trois fois l'immersion du catéchumène. Il n'en est pas encore question dans le Nouveau Testament, Ter immergi hominem…. ex qua scriptura habemus ? Nonne à lacila secrela que traditione ? remarque que à ce sujet saint Basile+. Mais la Didachè en fait déjà une obligation ; et plus tard Tertullien en parle en des termes qui ne permettent pas de supposer que ce fût là une coutume particulière ou d'institution récente. En Égypte, en Syrie, en Palestine, on la retrouve dans les Constitutions ecclésiastiques primitives, Canons d'Hippolyte, Réglement égyptien, Didascalie, Testament de Notre-Seigneur, documents qui ont formé le noyau de toutes les collections canoniques des Églises d'Orient. Au 4e siècle enfin, la chose était communément reçue comme une tradition apostolique. Comme dans l'invocation baptismale, on y voyait une manière de confesser la foi en la Trinité, si bien que l'on tenait pour invalide le baptême que les eunomiens osaient administrer avec une seule immersion. C'est aussi ce qu'attestent constamment les est sepullus es. | Jesum Christum... Divisti, Credo et métis, élément ps ra de haut, be envi dé sous la triple invocation des personnes divines, ce qui, dans la description de Tertullien, est essentiellement l'acte baptismal : Novissime mi (Dominus discipulis) ut tinquerent in Patrem et in Spiritum sanctum, non in unum ; num nec sed ter, ad singula nomina in personas recueils sa qi où s'est conservée la formule trinitaire, Baptiso te, ou Baptisatur talis in nomine...
Lei se présente ‘une difficulté déjà prévue plus haut. Nous avons dit en effet que dans les documents les anciens on ne trouvait aucune trace de la formule trinitaire ci-dessus mentionnée. De ce nombre à son d'une part, le sacramentaire romain dit g en, : d'autre part, les Constitutions égyptienne, éthiopienne et syrienne (Testament), lesquelles représentent un état liturgique antérieur aux rituels dont l'Orient fait encore actuellement usage. Le fait de cette omission est remarquable. On pourrait toutefois l'expliquer, soit par la loi de l'arcane — au 5e siècle encore le saint Innocent se refusait précisément à transmettre la formule sacramentelle de la confirmation, ne PRODERE videar, disait-il, quam ad consulatio : on res pondere $ — soit par la raison bien si l'invocation baptismale devait être dans toutes les moires et que dés lors il était inutile de la donner in erlenso.
Mais une autre particularité que présentent ces documents suggère une solution différente qu'il qu lument signaler. En effet, dans ces mêmes documents liturgiques, où nous venons de constater l'absence de la formule trinitaire, la triple ablution baptismale est liée à la triple confession de foi aux personnes divines, contrairement à l'usage universellement consigné dans les rituels plus récents, en particulier dans le rituel romain. Pour donner une idée exacte de la diversité des procédés, il suffira de reproduire d'abord le texte du rituel romain, qui ne diffère pas du reste du sacramentaire grégorien, puis de donner l'ensemble des cérémonies correspondantes d'après deux des documents visés :
RITUALE ROMANUM. — Ordo baptismi parvulorum. Interrogat sacerdos baptisandum : Credis in Deum Patrem... ? Credis et in Jesum Christum... ? 4 in Spiritum sanctum.….. ? &, Credo. Vis baptisari ? à. Vola. À Tune de aqua ter fundit super caput infantis et simul verba proferens semel tantum.….. dicit : N, te baptizo in nomine Patris + fundat primo, et fundal secunñdo, ét Spiritus p sancti, fundat ter.
Voici au contraire ce qu'on lit dans le De sacramentis, écrit anonyme de la fin du 5e siècle, dont se réclame de l'usage romain, son témoignage coïncide parfaitement avec les documents anciens que nous avons en ce moment : trem pp Dixisti, Rrees et : Jterum interrogatus es : Credis in Donvinum# Tertio interrogatus es : Credis et in Spiritum sa ne.
Les Constitutions égyptienne et éthiopienne, les Canons arabes d'Hippolyte et le Testament de : offrent quelque chose d'identique ; qu'on en lise le passage suivant que nous empruntons à un manuscrit de la tradition latine de la Constitution égyptienne, retrouvée dans un manuscrit du VIe mais composée, vraisemblablement, au préalable : (Baptisandus descendit in aquam et qui baptizat dicit ei : Credis in Deum Patrem omnipotentem® ? Baptizandus respondeat, Credo ; t une sacerdos] manum habens in caput ejus impositam baptizet semel. Et postea dicit : Credis in Christum Jesum, Filium Dei.. ? Et cum ille dixerit, Credo, iterum baptizetur. Et iterum dicat : Credis in Spiritum sanctum... ? Dicat ergo qui baptizatur, Credo, et sic tertio vice baptizetur. _ Et postea cum ascenderit (ex aqua) unguatur preshytero…
Il y avait donc, suivant ce système, union parfaite de la confession de foi prononcée par le prêtre sous forme d'interrogations et les trois immersions baptismales ; bien plus il y avait alternance régulière entre les intermersion venait sceller la profession de foi en chacune des trois personnes divines.
Où dés lors se placait la formule trinitaire ? Lorsque la difficulté se présenta pour la première fois dans le texte du De sacramentis — car il y a là une vraie difficulté — les éditeurs, dom du Frische et dom Le Nourry, pensèrent pouvoir la résoudre en niant précisément l'alternance : dicendum non interpositas singulis immersionibus singulas interrogationes, sed omnes eisdem simul premissas esse ; quemadmodum fieri consuevisse discimus a sacramentario gregoriano.
Il ne faudrait pas, il est vrai, s'exagérer l'importance de tous ces témoignages, en somme purement négatifs, ni surtout en tirer des conclusions trop générales. Il nous semble cependant difficile de résister à l'impression que, dans certaines contrées du moins, les interrogations « de fide, contenant la mention expresse des trois personnes divines, ont tenu lieu de formule baptismale. A s'en tenir aux documents anciens, c'est après tout l'hypothèse qui expliquerait le mieux la double particularité signalée plus haut, D'autre part, nous ne voyons aucune raison qui nous oblige à la rejeter, Nous retrouvons en effet dans ce système tous les éléments essentiels du sacrement, substantiellement identiques à ce qui se pratique de nos jours, à savoir : l'ablution jointe à l'invocation et à la confession de la Sainte-Trinité, On pourrait certes relever, dans l'administration des autres sacrements, des variations tout aussi considérables, que la pratique de l’Église a introduites, au cours des siècles, sans que pour cela l'essence de ces sacrements ait jamais été modifiée, Pour avoir revêtu une forme directe et absolue qu'elle n'avait pas auparavant, la formule de l'absolution n'a rien changé à la nature du sacrement de pénitence, Le baptême est, il est vrai, comme l'Eucharistie, dans une situation spéciale, par le fait du précepte formel de Notre-Seigneur, Mais aussi bien nous avons établi que les interrogations de fide répondent bien, dans la pensée des Pères, au précepte baptismal.
Il n'est qu'une chose qu'on serait tenté d'objecter, c'est la condamnation prononcée par le pape Alexandre VIII contre la proposition suivante : Valuit aliquando baptismus sub hac forma collatus, In nomine Patris, etc, prætermissis illis, Ego te baptizo. Mais, sans vouloir diminuer en rien la portée de ce décret formel, nous montrerons en deux mots que l'opinion qui nous occupe n'a rien de commun avec celle qu'a voulu frapper le Saint-Siège, Il s'agit de tout autre chose, comme les termes mêmes de la proposition et l'histoire de la condamnation l'indiquent suffisamment, Au moyen âge, des gens peu éclairés avaient imaginé de baptiser les enfants en danger de mort avec les simples mots in nomine Patris..., au lieu de la formule usuelle Ego te baptizo…. Certains théologiens la tenaient pour suffisante, mais le pape Alexandre Ier (411-418) la déclara invalide, Malgré ce décret formel, repris en moni,-Le baptême dans l'Église primitive, dans la substance au concile de Florence, la thèse en faveur de la validité fut soutenue de nouveau au XVIIe par l'oratorien Jean Morin, dans son Commentarius de pænitentia, 1. VIII, c. xvi, 21. Quelques années plus tard, l'augustin François Farvacquès, docteur de l'Université de Louvain, la reprit à son compte, et, nonobstant le décret d'Alexandre III, osa proclamer en public (21 avril 1677) que « l'on ne pouvait taxer d’hérésie l'opinion de ceux qui soutiennent que, du temps de saint Augustin, le baptême pouvait être administré validement sous cette formule : Au nom du Père, sans dire Je te baptise » +. Cette façon de s'heites à de rière l'autorité de saint Augustin pour enseigner des doctrines condamnées par Rome étaient che hs : sénistes de l'époque ; Havermans venait F sémen | préconiser ce système dans une thèse peente 4 ins vers le 8 mars 1677, Aussi l'une et l'autre opinion furent : el les englobées par Alexandre VIII dans la réprobation. qu'il prononca le 7 décembre 1690 contre 31 propositions, toutes imprégnées de jansénisme (n. 27 et 30), Le cas est, on le voit, bien différent : Fones Farvacquès avant seule fait l'objet de la condamnation d'Alexandre VIII, il est clair que l'hypothèse proposée ici ne saurait être atteinte par elle. Elle conserve conséquent toute sa vraisemblance, et mérite, croyons-nous, l'attention des théologiens.
IV. BIBLIOGRAPHIE, — Les textes patristiques et les documents liturgiques forment la meilleure part a. Visconti, ou Vicecomes, Observationes PA PRET de antiquis baptismi ritibus, in-8, Paris, 1618. — F. Wiegand, Erzbischof Odilbert von Mailand über Ap Htolic age, dans Methodist Review, 1908, — J. Har-
BAPTÊME DE JÉSUS
die Taufe, dans Studien z. Gesch, d. Theol. u. d, uchung. speziell zur alichristi, Taufe, Gottin- | consecrato..., in-49, Mediolani, 1733 ; Vindiciæ dissertalionis de baptismo, in-4, Florentiæ, 17%. — Philalethes, Baptismon Didaché, or seriptural studies on Baptisms, especially on christian baptism, London, 1907 (ouvrage dont le titre seul nous est connu), — E. Riggenbach, Der Trinitarische Taufbhefeht, Malth., XXVI, 19, in-89, Gütersloh, 1908, — J,-G. Reiche, De Baplismi origine... necnon de formula baptismali, in-86, Gœwttingue, 1816. — À. Resch, Ausserkanonische Parelleltexte zu den Evangelien, dans le Texte « . Untersuchungen de Gebhardt et Harnack, x, 2, Leipzig, 1894,
BAPTÊME DE JÉSUS.* — I. Textes. II. Influence occidentale : 1. Fresques : 2. Bas-relief ; 3. Mosaïques ; 4, Ivoires, IL. Influence égyptienne : 1. Ivoires ; 2, Mimalures ; 3. Haut-relief ; 4. Fresques ; 5. Menus objets. IV, Bibliographie.
L. TEXTESs. — Les évangiles synoptiques nous ont conservé le récit détaillé du baptème de Jésus. « Jésus, nous dit saint Matthieu, vint de la Galilée vers le Jourdain où était Jean pour être baptisé par lui, Mais Jean le lui refusait, disant : « C'est à moi d'être baptisé par toi et tu viens vers moi ! » Jésus lui répondit : « Laisse donc ; il nous faut ainsi accomplir toute justice, » Et il le laissa faire. Et quand Jésus eut été baptisé, il sortit de l'eau incontinent et voilà que les cieux furent ouverts et Jean vit l'Esprit de Dieu, descendant sous la forme d'une colombe et venant sur lui. Et une voix, venue du ciel, dit : Celui-ci est mon fils bien-aimé en qui j'ai pris mon bon plaisir !, » Le texte de saint Marc est moins explicite ?, le texte de saint Luc ajoute deux détails : « Or il arriva que, comme tout le peuple était baptisé, Jésus aussi étant baptisé, et priant, le ciel s’ouvril #. » D'après cela nous voyons que l'apparition de la colombe est postérieure à l'acte du baptême, Quant à la voix qui fut entendue, l'épistola 11a Petri l'impute à la personne du Père #, Saint Jérôme nous a conservé ce que disait l'Évangile des Hébreux relativement au baptême de Jésus : Factum est autem cum ascendisset Dominus de aqua, descendit fons omnis Spiritus sancti, el requievit super eum, el dixit illi : Fili me, in omnibus prophetis expectabant te, ut venires, el requiescerem in te, Tu es enim requies mea, tu es filius meus primogenitus, qui regnas in sempiternum 5%, L'évangile des Ébionites nous a été conservé pour la partie correspondante per saint Épiphane, Baptirato populo venit et Jesus, et a Joanne baptisatus est. Cumque ascendisset ex aqua, aperti sunt cæli et vidit Spiritum Dei sanctum columbæ species descendentis et intrantis in se. Et vox reddita de cælo dicens : Tu es Filius meus dilectus in te mihi complacui. Et iterum : Ego hodie genui te. Statimque eo in loco lux ingens affulsit. Qua conspecta Joannes sic eum alloquitr : Tu quis es, Domine ? Rursumque vox de cælo : Hic est Filius meus dilectus, in quo mihi complacui. Ad hæc Joannes ac ejus pedes accidens : Quæso, inquit, Domine, tu me ipse baptizas. At ille prohibebat eum dicens : Sine ita enim de cet nos implere omnia®, Saint Épiphane s'emporte contre les circonstances nouvelles que contient ce récit, et nous voyons en effet que tous ne résistaient pas 347 à l'influence de ces écrits apocryphes. Juvencus !i ne manquait pas d'utiliser la lumière dont il est fait mention dans le texte qu'on vient de lire :
He memorans (Jésus), vitreas penetrabat fluminis undas Genti manifesta dei : præsentia claret * L'attestation la plus ancienne en faveur de cette lumière éclatant soudain sur le lieu de la scène se trouve dans saint Justin : Kaï séze éhfduros toù ‘Irgoi ri cov ‘'lopgôdvny norapèr, Évba 6 »lwzv une Ééanriks mareibôvros sou ‘Inco Emi vo Güug, “ai nûp avngün ÉY Tin Lg xai dvaËdvros AUTOŸ ao ro oaros, uÇ TÉPTarepav so dyrov [lveoua émirevar ém« aûcov Éypabav of Ldarsheit. +, « Les apôtres de notre Christ ont écrit que Jésus étant venu vers le Jourdain, au lieu où Jean baptisait, il descendit dans l’eau et un feu s'alluma dans le Jourdain, et le Saint-Esprit, sous forme d'une colombe, s'envola de là. » Rien ne prouve que cette indication ait été prise par Justin dans l'évangile des Ébionites puisqu'on la rencontrait dans un pamphlet intitulé Pauli prædicatio mentionné par le pseudo-Cyprien auteur du De baptismo hæreticorum.
Cotelier a publié un texte, reproduit plusieurs fois depuis lors, faisant partie d'un écrit intitulé x +6 amoatohin y Gtatdieuwv mepi This éripavelus cod uplou 6. Voici un fragment qui est relatif au baptême de Jésus 5 :
Ilspt she Émipavelas voû xuplou Ex Tüv anosrohtuü biarasetv.
»Eréyôn iv vas 6 xûpioc fuov ‘Incos Xprarèe € EL Tr éylas raphéveu Mapiaç Ev Brbasëu v Bi AT Aiyuztéous Xourx 20° pal« vis Auipas, 6 écart, noù buri ah av GY »Iavvouapiu. téaxtiabn dé Ev c TRLAXOG TE aûtos Écere dé 'luwivvou <où Tuél va’ Spa L' the vuxths y ro ‘Topôavr FOTA : Éuervev dE qùv Auiv Ev x6G pu XNPATTUY Tù ea yréov rhs Bærtheias Ti xx bepanedey mäcav vécav xal nicav ladaxiav v r da, Eur Évévero ér@v AB« nai unvov Totdiv, Ev Gé co Ày' Ever | adrod écraupuin gauevbl x » fuipzx Extn pa S' th huépas xal TAS gexivne 10. ävéaen à &v pe gapmoult Auéox rpwtn wep S'rnc vuxtés. xal Gsôn mare
BAPTÊME DE JÉSUS.
| rupostËns. ai govn UeyaAN nxo5oûn ge puvi 8 huiv rois pubntats mure wa Épavipuaey Thiv CEA a èt« huepüiv recaagduovra Gide nue bou ri »] bvépuert ar) TE at per AuapriGv. éveialn ê sn +HÉTÉ 304 0« <ac re ‘C0 lions ph 5 « Notre-Seigneur Jésus-Christ naquit donc sainte vierge Marie à Bethléhém dans le or de Choiac le 29, septième heure du jour, €’ - 6 huit des calen des de janvier, Il fut baptiné : trentiéme année par Jean [au mois de] Tubi le dixième heure de la nuit, dans le fleuve du Jourdain, demeura avec nous dans le monde, annonçant l'évai du royaume des cieux et guérissant toute malac toute faiblesse parmi le peuple, jusqu'à l'âge de tr trois ans et trois mois. En sa TS ir fut crucifié, [au mois de] Phamenoth, vingt-n jour, sixiéme heure du jour, et de la l une le 15. il suscita dans l'intervalle de trois jours [au mois Pharmouthi, premier jour, sixième heure de la etil se montra à nous lous ses discip les et il manifest sa gloire durant quarante jours, nous apprenant à annot cer en son nom la repentance et la rémission des chés. Il fut enlevé [au mois de] Pachon le 3, neuviëme heure du jour. n Le texte qu'on vient de lire est d'origine égyptienne et remonte au IVe environ. Il est utile de lire maintenant un passage de la Chronique d’Eusèbe relatif au même événement et remontant au début du IVe 7 ; héyoues. aûrés Ecru 0 ulds pou 6 ayannros, v @ L dd :
M 4 ER ÉÈNE ee |. e x M uerver 68 6 Nousrûs oùv niv Er r@ 26 bepameurs mâcav vhsos tal mâcay paauiav en dy ! ai Lu ia T° 3 “ Le sujet de la naissance de Notre-Seigneur s-Christ notre vrai Dieu, et de son très saint baptême et de sa pâque salutaire, [voici] une relation succincte.
CORRECTION OCR - Chunk 72/299
Chaque mot DOIT être conservé. Préserve sauts de ligne. CONTEXTE PRÉCÉDENT : --- t remonte au IVe environ. Il est utile de lire maintenant un passage de la Chronique d’Eusèbe relatif au même événement et remontant au début du IVe 7 ; héyoues. aûrés Ecru 0 ulds pou 6 ayannros, v @ L dd : M 4 ER ÉÈNE ee |. e x M uerver 68 6 Nousrûs oùv niv Er r@ 26 bepameurs mâcav vhsos tal mâcay paauiav en dy ! ai Lu ia T° 3 “ Le sujet de la naissance de Notre-Seigneur s-Christ notre vrai Dieu, et de son très saint baptême et de sa pâque salutaire, [voici] une relation succincte.
TEXTE À CORRIGER :
.. st le vrai Dieu est celle-ci : à 1 naquit [au mois de] Choiac le 28, septième heure “a nuit. I fut baptisé fau mois de] Tubi le 11, dixième » du jour, par Jean dans le fleuve du Jourdain, et Étale rétrograda en arrière, Or le Seigneur dit à Jean : Dis au Jourdain : Arrête, le Seigneur s'en est nu vers nous. Et aussitôt les e aux s'arrétérent, Alors »an l'adora disant : C'est moi qui ai besoin d'être bapé par toi ; et c'est toi qui viens vers moi ? Et le Seigneur lui dit : Laisse faire présentement, il faut que ceci soit fait, Alors tandis qu'ils descendaient dans l’eau, e aux se mirent à bruire, ainsi que de l'eau qu'on m mélange. Et lorsqu'il remonta de l'eau, aussitôt le ciel pouvrit, et l'Esprit-Saint vint comme une colombe de. Et une voix puissante se fit entendre comme la vo dix du tonnerre, qui disait : C'est mon fils bien-aimé ; à qui je me suis complu, Or le Christ demeura avec ous dans le monde, guérissant toute maladie et toute faiblesse trente-trois ans et trois mois. » On voit la scène se développer peu à peu. Voici que le Jourdain relourne vers sa source et qu'un dialogue s'engage entre Jésus et le baptiste pour avoir l'eau néessaire au baplème. Les monuments figurés de la période que nous étudions semblent avoir connu et accueilli cet ‘pisode ; ce point de détail ne laisse pas d'être intéres-. parce que nous avons eu souvent l’occasion de faire sarquer l'influence directement exercée sur l'art ch : rétien, types et métho des, par les idées et les mod'origine égyptienne. La tentation devait être. à coup sûr, d PRE à la scène du baptéme » verset du psaume : … et tu, Jordane, quare conversus es retrorsum !, aussi les Pêres ne se sont-ils pas ait faute de prêter au Jourdain tout ce que leur imagiun a pu leur suggérer ?. Le pélerin de Terre-Sainte désigné communément sous le nom d'Antonin de Plaisan ce, et qui écrivait vers 570-600, nous raconte ainsi ve qu'il a vu. Tenuinius autem Theophaniam in Jordane, ubi talia fiebant miracula in illa nocte, in loco, ubi baptisatus est dominus. Est obeliscus factus clauus cancellis, el in loco, ubi aqua rediit in alveum um, posila est cru bignea intus in aqua, et gradus déscendunt us que aa aqua ex utra que parte marmois, In vigiliis theophaniæ vigiliæ gran des fiunt ; populus infinitus, gallo quarto œut quinto fiunt matuti wæ. Completis matutinis, albescente die, procedunt isteria sub divo, tenente diacono descendit sacerdos gr terne et hora, qua cœperit benedicere aquarn, *DURE DE J ÉSUS _ « La naissance catholi que de Notre-Seigneur Jésus- | | semble-t-il, mo Jordanis cun : magno rugitu redit post se el stat aqua [superior in se], us que dum baplismus perficiatur, [inferior vero fugit mare, dicente Psalmista : Mare viditet fugit ; Jordanis conversus est retrorsum.] Et ommnes Alexandrini, habentes maves et homines suos die illo habent, habentes colathos plenos cum aromaltibus et balsamo et hora, qua benedixerit fontem, antequam incipiant baptirare, omnes fundunt illos colathos in fluvium et tollunt inde aquam benedictam et inde faciunt aquamt aspersionis in navibus suis, antequam exeant ad navigandum. Completo baptismo, omines descendunt in fluvium pro benedictione induti sindones et multi cum aliis speciebus, quas sibi ad sepulturam servant. L'indice le plus lointain d'une fête du baptéme de Jésus se trouve chez Clément d'Alexandrie® ; il dit qu'elle est observée chez les Basilidiens. Il ne s'ensuit pas que la fête du baptëme ait eu, dès les premiers sièc les, une signification christologi que dans les milieux populaires, qui ait permis de la confondre avec l'Épiphanie. Il parait également aventureux de faire remonter la fête du baptéme à une antiquité plus haute que la lôte de l'Épiphanie, car le texte de Clément ne prouve que pour la secte basilidienne. En définitive la signification dogmati que du baptéme de Jésus dans les premiers sièc les, demeure obscure ; elle ne recoit, aucun éclaircissement des monuments figurés +, IT, INFLUENCE OCCIDENTALE. — 4%, FRESQUES., — Quand il s'agit d'art chrétien primitif on ne saurait être surpris si la plus ancienne représentation d'un symbole, d'un épisode, est aussi la plus excellente de toutes cel les que les artistes ont abordées dans la suite, Dans la région la plus ancienne du cimetière de Callixte, celle dont l'antiquité est toute proche des temps apostoliques, dans le cubiculum duplex de la erypte de Lucine, se voit une fres que de petites dimensions, Omfl en hauteur sur Omf3 en largeur, qui représente le baptéme du Christs, L'interprétation ne peut faire l'objet d’un doute et les imaginations qui se sont exercées au sujet de cette fres que ne pouvaient guère compter sur les honneurs d'une réfutation ni même d'une discussion $. Ce qui est utile à noter pour s'expliquer l'ampleur du geste du Baptiste qui semble tirer des e aux Jésus à qui il tend la main, geste que nous ne retrouverons plus et auquel fera place l'imposition de la main sur la tête du baptisé : ce qui est digne d'attention, c'est que cette noble attitude pourrait être inspirée par un verset d'un de ces psaumes dont les premiers fidè les faisaient une récitation fréquente : Misit de sumimo et accepit me, et assumpsit mie de aquis multis.… el deéctera tua suscepit me, ou bien encore : £mitte manum de cælo ; eripe me et libera me de aquis multis (fig. 1288), Si on se rappelle le récit de saint Matthieu, on verra à quel point l'artiste a eu le souci de suivre les moindres détails notés par l'évangéliste, souci qu'on ne retrou- *301 BAPTÈME vera plus que rarement dans la suite !. Le geste et l'instant choisis dans cette représentation vraiment primitive sont la sortie du fleuve après la réception du : baptème et l'intervalle qui s écoule jusqu'à l'arrivée de la colombe qui est encore à quel que distance du groupe. Geste et instant, nous allons le montrer, dans cette scène comme dans celle de Suzanne ? et de la ré surrection de Lazare À, ne seront pas favorablement accueillis et on leur substituera une composition moins précise, moins histori que. L'image que nous venons de voir demeurera uni que, mais on ne saurait dire si depuis le début du n° siècle auquel elle semblé appartenir jus que vers li deuxième moitié du 1e siècle, date la plus haute qu'on puisse attribuer à la fres que dont nous allons parler, la représentation du baptème de Jésus a été abandonnée dans l'art chrétien. La galerie dans laquelle s'ouvrent les cubicu les désignés généralement sous le nom de « chambres des Sacrements », au cimetière de Callixtet, parait avoir été creusée vers la fin du 11 siècle ou les premières années du siècle suivant. Deux des plus anciennes chambres offrent la représentation du baptème. On s'était longtemps habitué à voir dans ces deux peintures les répliques d'un même sujet. Dans toutes deux, en eflet, un enfant debout, nu, les pieds dans DE JÉSUS l'eau, est baptisé par un adulte qui lui pose la main s u la tête (fig. 1289). La ressemblance s'arrête là. Dans la chambre A, le prêtre pose la main sur la tte du E Ya p« lisés, tandis que dans la chambre A ? le baptiste répand de l'eau sur la tête du baptisé 6, Si les deux récipi daires sont également nus, les adultes sont habillés facon différente : tandis que celui de A ? porte tuni que et le pallium, celui de A3, est tout nu sauf x ceinture autour des reins, Un dernier détail inaperçu ét qui man que sur toutes les reproduc de la fres que de A4, c'est, à droite du baptiste, d la région supérieure de la Rae une CAES “alan vers le groupe dont l'identification ne peut plus, dés lors, laisser aucun doute 7. C'est donc une deuxième res présentation du baptème de Jésus, et très dillérente de la première, Nous étudierons plus loin la question la différence de taille et d'âge entre le précurseur Jésus, dés maintenant nous pouvons constater texte évangéli que ne sert que d'assez loin à inspi scène du baptème de Jésus. L'introduction du rité d baptéme par aspersion est ici indéniable, Qu larges coups de pinceau bleuté ont figuré le jailli de l’eau sur le front de Jésus, Une derniére distinetioi toutefois s'inspire du texte de l'évangile, Le baptème s'accomplit à l'instant, la colombe s'approche à in d'aile, mais elle ne pourra arriver qu'après le baptème. Nous verrons bientôt disparaitre ce souci d'exactitude textuelle ét dans la fres que du cimetière de Pierre-etMarcellin qui ne date que d'un demi-siècle à peine aprés celle du cimetière de Callixte, la colombe viendra planer au dessus de Jésus à l'instant même où « s'accomplit toute justice » (fig. 1290). Enfin nous trouvons cétte troisième fres que au cimetière des Saints Pierreet-Marcellin (cubicule 54), au rve siècle ?, La principale innovation c'est ici l'attitude d'orant donnée à Jésus et a présence de la colombe pendant l'acte du baptème : Cette représentation est la seule aux catacombes qui A = EE : nt Ca _ (| mn ., se je montre Jésus en orant ; la pose de la colombe, la tête tournée vers le bas, devenue typi que, se montre ici pour la première fois 1, {| Il. BAS-RELIEF, — La fres que de la crypte de Lucine mous a montré Jésus et Jean-Baptiste, tous deux 0 adultes, La fres que de la chambre des Sacrements À ! abandonne cette représentation, conforme au récit de Luc, 11, 22-27, d'après lequel une différence d'âge de six mois seulement séparait les deux personnages, différence qu'il ést de toute impossibilité d'exprimer dans l'art à n'importe quelle période la vie humaine. À partir de la fres que de la chambre des sacrements nous verrons cette interprétation du texte du Nouveau TesMament prévaloir généralement, Nous l'avons renconie au cimetière de Pierre-et-Marcellin, nous allons la voir reparaître sur les sarcophages et divers autres Monuments. Le thème varie peu. Jésus enfant et nu ayant *BAPTÈME DE JÉSUS | 354 généralement les pieds dans l'eau, est mis en présence du Baptiste, lequel pose la main sur la tête du baptisé audessus duquel plane ou vole une colombe. Il n'est pas aisé de déterminer ce qui a inspiré ce type et ce qui a assuré sa vogue. En l'état actuel de nos connaissan ces, il semblé qu'il ait éte élaboré à Rome puis que c'est dans celte ville que la plus ancienne représentation a été rencontrée. Resterait à savoir si une circonstance fortuite ou un récit quelcon que lui a donné maissance. Disons tout d'abord que nous ne possédons pas l'ombre d'un texte, d'un renseignement quelcon que. Ainsi, tout ce que nous pourrons dire est simple conjecture et ne vaut que jusqu'à ce qu'on oppose une conjecture meilleure. Remarquons donc qu'à cette date, commencement du Ie, où apparait la fres que A%, apparaît aussi la fres que A3 qui, elle, prétend bien représenter le baptôme d'un fidéle. Or dans la fres que A3, l'artiste a représenté le récipiendaire sous les proportions d'un enfant, sans doute afin de rappeler quel que idée analogue a celle qu'exprimait à cette date Tertullien : nas rrscrquli in aqua nascimur. La représentation était dés lors si claire, si pleinement satisfaisante qu'on lui donnait trés vite la consécration de la figure typi que pour représenter un baptème. Or, il se trouve qu'on avait à représenter le baptéme de Jésus. Sans doute il y avait des précédents, un précédent toul au moins, mais le succés qu'avait obtenu la fres que AS représentant un baptéme née laissait guère le choix si on voulait être compris. Il faut renoncer à la scène peinte dans la crypte de Lucine et adopter la scène typi que sauf à y introduire les éléments qui montreraient qu'il s'agissait d'un fit histori que, Dans ce but, l'artiste supprima l'effusion de l'eau sur la tête de Jésus et introduisit la colombe dont la présence était signalée par l'évangile. On à proposé uné autre explication # que nous allons mentionner brièvement tout en avouant qu'elle nous parait soulever des objections sérieuses. Les Évangi les lixent le cruciliement sous Ponce Pilate, par conséquent entre 27-45 apr. Jésus-Christ. Or saint Luc fait la Nativité contemporaine du recensement de Quirinus II, — 12
390 que Joséphe fixe en l'an 47 de l'ère d'Actium, c'est-à-dire entre l'automne de 6 ou celui de 7 après J.-C. suivant notre manière de compter. En tous cas, le recensement a dû avoir lieu après la déposition d'Archelaüs et la réduction du pays sous la domination romaine, ce qui nous reporte au consulat de Lepidius et Arruntius, par conséquent en l'an 6 après Jésus-Christ. Or si Jésus naquit à la fin de l'an 6 ou au début de l'an 7 et qu'il mourut au printemps de 27, il pouvait n'avoir que vingt ans à l'époque du crucifiement et dix-sept ans environ à l'époque du baptême par Jean. Cet âge pourrait à la rigueur s'accorder avec la gracilité des formes de Jésus dans quelques-uns des monuments que nous étudions. Mais en pareil cas, Jean-Baptiste devra être lui-même un adolescent, tout au plus son existence passée au désert permettra-t-elle de le figurer avec quelque chose de plus mâle. Or c'est précisément ce point qu'on prétend résoudre d'une façon inattendue. Le texte de saint Luc qui introduit six mois de différence entre la naissance du Précurseur et celle de Jésus pourrait, en être soumis à une manipulation énergique, s'entendre non de la naissance mais de l'admission, de Jean dans la communauté d'Israël. Cette admission exigeait du récipiendaire l'âge de douze ans révolus. Jean aurait donc eu douze ans et six mois au moins de plus que Jésus, de là la différence d'aspect sur les monuments primitifs qui les mettent en présence. À ce raisonnement spécieux, on peut, il est vrai, opposer cette assertion de saint Luc, ni, 23 : Kai aûrûs nv ‘'Invoës wwe Évév tolaxevra &pyéuevos… À l'époque de son ministère public, Jésus était aux environs de sa trentième année. L'imprécision du terme ne peut se prêter à une réduction de dix années. Il ne peut donc s'agir, selon nous, d'admettre que la tradition iconographique à été liée sous l'influence d'une tradition plus correcte qui n'est pas parvenue jusqu'à nous.
Et puisqu'on introduit la question d'historicité des évangiles, observons que leur récit reçoit une confirmation non des monuments relativement tardifs du 11e siècle, mais de la fresque de Lucine de la première moitié du 5e siècle. Nous pouvons maintenant reprendre avec les monuments postérieurs à la Paix de l'Église la série des représentations du baptême. Le premier que nous rencontrons est un sarcophage trouvé au mois d'avril 1901 lors des fouilles entreprises au Forum, sur l'emplacement de l'Église de Santa Maria antiqua. Ce sarcophage de marbre, de grandeur ordinaire, est orné de figures sculptées en relief sur la face principale et les deux faces latérales, la face postérieure est complètement lisse. Sans être un ouvrage de grand mérite, ce sarcophage ne laisse pas de présenter un certain intérêt à cause des réminiscences d'œuvres classiques qu'il nous offre, par exemple Jonas couché et l'orante (fig. 1291). D'après cela et surtout d'après la technique, on peut reporter la sculpture vers le début du 5e siècle. Nous aurons occasion dans la suite de revenir sur les diverses sculptures de la face principale autres que celle qui appartient de droit à cette dissertation. C'est en Gaule que nous rencontrons ensuite le plus beau et le plus original bas-relief représentant le baptême de Jésus (fig. 1292). Le sarcophage de sainte Quitérie, conservé dans la crypte de l'église du Mas d'Aire, est d'un style très particulier et offre plusieurs sujets interprétés d'une façon différente de celle qu'on rencontre ordinairement. Le couvercle se termine, suivant la mode antique, par deux grands masques de Méduse. Les bas-reliefs ne font aucune difficulté. C'est le sacrifice d'Abraham, le paralytique, Jonas rejeté par le monstre et le jeune Tobie arrachant le fiel du poisson pour guérir la cécité de son père. La cuve est d'un intérêt bien plus grand. Après la résurrection de Lazare, nous voyons Daniel vêtu et deux lions couchés à ses pieds, double singularité pour un sarcophage, puisque Daniel est ordinairement tout nu, flanqué de deux lions assis sur leur derrière ; puis vient une jeune fille présentée, peut-être par son père, au Bon Pasteur, à la gauche se voit une femme debout et drapée ; Adam et Eve, et une dernière scène dans laquelle on a imaginé, à grand renfort d'ingéniosité, découvrir « Adam élevé à l'état de grâce ». C'est tout simplement le baptême de Jésus représenté sous les traits d'un jeune garçon nu, sur la tête duquel plane la colombe, tandis que Jean-Baptiste le touche au front. Ces deux sarcophages nous présentent un détail qui est alors sur le point de disparaître. Sur les fresques de Callixte, des Saints-Pierre-et-Marcellin, et de Domitille, nous avons vu le Christ tremper la plante des pieds dans une flaque d'eau, tandis que le Baptiste répand l'eau du baptême sur la tête. Les sarcophages de Santa Maria-Antiqua et d'Aire-sur-l'Adour nous montrent le même type, et nous serions tentés d'en rapprocher un passage d'un discours attribué à saint Hippolyte de Porto, intitulé : Deosdvesx, et dans lequel il est question du baptême du Christ, dans une petite quantité d'eau. Nous ne retrouverons ce « peu d'eau » que sur une fiole de Monza ; partout, sur les monuments postérieurs, l'eau se met à ruisseler. La face latérale d'un sarcophage d'
Cosmedin dans la même ville“ (fig. 1296), le dieu Jourdain est un personnage posé et vêtu d'après les modèles antiques, son sceptre à la main, son urne à ses côtés, qui est venu assister, assis sur un rocher, à l'événement dont son fleuve est le théâtre. Son geste semble même indiquer qu'il prononce un discours de circonstance, et ce détail un peu déplacé s'explique sans doute par l'incapacité du mosaïste à modifier le modèle qu'il copiait servilement pour l'introduire dans sa composition.
L'intérêt principal de cette comparaison c'est l'étroit rapport qui, pour tout le reste de la scène, unit les deux mosaïques et nous montre la seconde dans une dépendance de la première. Il suffit du rapprochement que nous en faisons ici pour entrevoir combien la science du paysage a perdu.
La mosaïque de S. Giovanni est presque irréprochable au point de vue du naturel des figures et de l'heureuse composition du sujet. Il est malaisé d'apprécier aujourd'hui le caractère original de la composition qui représente le baptême du Christ à Saint-Jean-des-Fonts. « Des remaniements précieux ont fort altéré l'effet primitif, Des cubes d'or, dit M. Ch. Diehl, ont remplacé le fond jaune sur lequel s'enlevaient originairement les figures. Presque toute la partie supérieure du corps du Christ, les épaules, le bras droit, la tête, ont subi d'assez fâcheuses restaurations, et il y a tout lieu de croire, à consulter du moins la répétition de la scène qu'offre le baptistère des Ariens, que le Sauveur n'avait point primitivement le visage barbu qu'on lui voit aujourd'hui. De même, tout le haut du saint Jean, la tête, le bras gauche, surtout la grande croix gemmée que tient le précurseur, ne sont point du VIe ; il suffit pour en avoir la preuve, de constater que les cubes de nacre sont employés pour rendre les splendeurs de la croix ; or c'est un procédé qui n'est point usité à Ravenne avant le milieu du VIe. Seule, la partie inférieure de la composition a conservé son aspect primitif : elle suffit largement au reste pour attester le talent du vieux « maître ». Il sait encore, non sans habileté, rendre la nudité d'un corps à travers la transparence des eaux bleuâtres ; il a surtout exprimé, avec un naturel et une vérité tout antiques, la belle figure qui, sur la droite de la scène, personnifie le Jourdain. Le corps nu, à demi plongé dans les flots, la tête grisonnante encadrée de longs cheveux fangeux, le dieu, un roseau vert dans le bras, s'appuie sur son urne d'or : curieux souvenir dans cette mosaïque chrétienne, de la mythologie et du symbolisme païens, œuvre remarquable aussi, tout inspirée des modèles anciens ou dont les maîtres postérieurs garderont précieusement la tradition jusqu'au Xe et au XIe !
Passant de ces représentations aux larges dimensions à la série des ivoires et autres objets de proportions réduites, nous rencontrons maintenant fréquemment le personnage mythologique. C'est d'abord sur un ivoire du musée de South-Kensington où le dieu, carrément installé, jovial, les bras remplis des plantes aquatiques, l'urne débordante, assiste à la scène du baptême. Un des panneaux du siège d'ivoire de Maximien de Ravenne nous montre le Jourdain réduit à un simple buste, courbé sur son urne qui alimente un petit ruisseau dans lequel Jésus trempe les pieds. À partir de cette époque, VIe avancé, les représentations du baptême dans lesquelles nous voyons le Jourdain tournent facilement, en ce qui regarde ce personnage, à la caricature. Dans les anciennes miniatures grecques, ce n'est plus guère qu'un gnome qui se roule et frétille à terre à côté de son amphore ; de telles représentations ne peuvent plus rien nous apprendre.
IV. IVOIRES. — La démonstration des rapports existant entre la décoration des sarcophages et les formules des liturgies funéraires n'est plus à faire. Nous avons suffisamment insisté sur ce sujet pour ne pas l'exposer de nouveau ; nous nous bornerons à en signaler un nouvel exemple. L'image du Christ baptisé dans le Jourdain reparaît fréquemment sur les sarcophages, et les prières des anciens rituels qui doivent être prononcées sur les agonisants reproduisent fréquemment l'invocation suivante : Denedicat te Spiritus Sanctus, | 303 | qui in similitudine columbæ in flumine Jordanis requievit in Christo !. La présence sur un grand nombre d'ivoires de la représentation du baptême de Jésus s'expliquerait de même par le rapprochement entre la citation qu'on vient de lire et la destination funéraire d'un grand nombre de ces ivoires, diptyques placés sur l'autel et portant les noms des défunts à recommander aux prières des fidèles. Toutefois, il n'y a eu à, croyons-nous, qu'un cas d'utilisation, parce que les monuments sur ivoire représentant le baptême du Christ sont, sinon en totalité, du moins dans leurs archétypes, d'origine orientale et qu'il y aurait quelque imprudence à laisser supposer que les plaques taillées et sculptées en Orient y avaient dès lors la destination qu'elles ont recueillie après que le hasard des événements les eurent amenées jusqu'en Occident.
Parmi les plus anciens ivoires, nous ne découvrons pas avec certitude, ni dans la technique, ni dans la composition, le prototype duquel est sortie cette variété distincte de toutes les représentations que nous avons rencontrées jusqu'ici. Tout au plus pourrait-on discuter le point de savoir si les deux mosaïques de Ravenne appartiennent à la composition renouvelée. Cependant, nous devons noter l’évolution continue du type primitif. Les fresques n'ont qu'une flaque d'eau et l’aspersion se fait avec la main ; les sarcophages prodiguent l'eau et nous font voir les flots d'une chute d'eau ou d'une source, alors l'aspersion devient plus abondante soit au moyen d'un vase, soit en plaçant Jésus sous la gerbe naturelle ; les mosaïques nous conduisent au bord d'un fleuve dont nous n'entrevoyons pas même le bord opposé, et ici intervient le personnage mythologique titulaire du fleuve. Faut-il voir dans cette progression le résultat de l'influence grandissante de la littérature apocryphe ? On a pensé et on a essayé de le démontrer.
Les *BAPTÈME DE JÉSUS* let l'autre médaillon Jésus est profondément plongé entre l'idée des eaux du Jourdain s'accumulant et se retirant devant Jésus et s'amassant en montagne sans oser le toucher ne sont évidemment pas représentées dans les mosaïques de San Giovanni in fonte et de Santa Maria in Cosmedin. Dans l’un, dans l'eau, mais le dieu fluvial porte la parole et il y a peut-être dans ce fait l'indice de quelque récit parallèle que l'avenir nous rendra. Le rapprochement tenté dressant debout et le paravent triangulaire inventé pour figurer l'eau couvrant les parties naturelles du Christ nous paraît également inacceptable. Cette disposition par trop artificielle et déplaisante de l’eau à été amenée progressivement, ainsi qu'on peut s'en rendre compte sur une suite de monuments dont les auteurs ont eu la préoccupation de représenter une perspective. Jésus se trouve au premier plan, dans le fleuve dont les rives fuient au loin se rapprochant de plus en plus. Cet aspect pittoresque est encore très intelligible sur la fresque de San Gennaro dei Poveri, à Naples, et même sur la miniature du ms. de saint Grégoire de Natzianze, Biblioth. nationale, Paris, fonds grec, n. 535. Sur la miniature du ms. grec n. 550, la perspective s'arrête soudain ; les rives, au lieu de fuir, se rapprochent et se soudent, néanmoins cela se fait au second plan. Dans le ms. n. 74 du fonds grec de la bibliothèque nationale, la tendance s'affirme un peu plus. L'irrégularité propre à la nature, qu'on avait observée tant bien que mal dans le ms. n. 550, fait place à des traits qui indiquent déjà l'aspect de pyramidal que nous rencontrons à Monza et qui obtiendra — à cause sans doute de son invraisemblance à l'égard de toutes les lois physiques — un durable succès dans la sculpture et la peinture du moyen âge. Mais ces temps doivent nous demeurer étrangers.
Ce qui va faire la caractéristique de la composition que nous étudions maintenant dans la sculpture sur ivoire, c'est le souci de rapprocher des conditions historiques de l'événement représenté. Dans ce but, les sculpteurs ont imaginé de développer la scène et d'y introduire, non plus un témoin comme dans les sarcophages d'Arles, d'Ancône et de Soissons, mais les anges eux-mêmes. Cependant, le texte évangélique ne mentionne leur présence, ni ne la laisse soupçonner d'aucune façon. Il paraît cependant très vraisemblable que la seule explication doive être celle-ci. Immédiatement après le baptême, Jésus fut conduit par l'Esprit dans le désert. Il y demeura quarante jours et fut tenté par Satan. Après cela, nous est-il dit, angeli ac cesserunt et ministrabant eit. Nous n'avons pas à étudier ici qui pouvaient être ces anges, ces « envoyés ». Ceux dont nous possédons et expliquons en ce moment les monuments ne doutaient pas que ce fussent les anges du ciel et, en conséquence, ils leur prêtaient les traits sous lesquels ces saints personnages étaient désormais représentés.
Le plus ancien ivoire, très probablement, qui nous ait conservé le baptême de Jésus, après avoir fait partie du Cabinet Maskell, est entré, en 1856, parmi les collections du British Museum (fig. 1297). La scène nous offre dans le fond un palmier et la rive escarpée du fleuve dont l'eau ne monte que jusqu'aux genoux de l'enfant qui se trouve encadré par Jean-Baptiste et un homme barbu. Cette composition est flanquée de deux candélabres qui en marquent les extrémités. La partie droite de l'ivoire représente Jésus discutant dans le Temple parmi les docteurs d'Israël. Plusieurs détails nous portent à croire que nous avons ici un travail italien. Les chandeliers se retrouvent sur la cassette d'argent du Ve conservée au Vatican (musée chrétien) et sur un sarcophage de Ravenne de même date. Dans la région supérieure, une colombe répand le souffle divin sur la tête du baptisé, détail identique à celui du tympan du sarcophage de Junius Bassus, et à la cuiller d'Aquilée. Quant au personnage barbu, il demeure pour nous énigmatique, nous hésitons un peu à y voir un ange à raison des ailes qui lui sont données. La rigueur historique à laquelle on semble avoir voulu se tenir favoriserait plutôt l'idée que c'est le Dieu Père qui est présent et, à cette date du Ve-VIe, le port des ailes n'était pas si exclusivement réservé aux anges qu'on ne pût les attribuer à Dieu lui-même, bien que, hâtons-nous de le dire, nous n'ayons aucun exemple de cette adaptation.
Les autres qui sont susceptibles d'en être rapprochés, permettent-ils d'entrevoir l'existence d’une école artistique dans la Haute-Italie, à Milan ou à Ravenne, vers l'époque de Théodoric (493-526) et sous l'influence réparatrice de ce prince ? On aurait mauvaise grâce à trop nier ce qui, jusqu'à ce jour, n'a pu fournir matière à une démonstration péremptoire. L'action artistique de Théodoric s'est principalement exercée sous la forme d'une reviviscence, et il faut donc s'attendre à ce que les œuvres qui sont issues de cette tentative soient des réminiscences plutôt que des ouvrages originaux. Sous cette réserve, nous serions assez disposés à voir une œuvre italienne, ravennate peut-être (sauf les influences qui s'exerçaient dans cette ville « entrepositaire » des civilisations contemporaines), dans une couverture d'ivoire (jadis diptyque ?) faisant partie du trésor de la cathédrale de Milan. Saint Jean y garde à la main le pedum des bergers italiens et la colombe répand le fluide divin comme sur d'autres monuments déjà signalés ! L'eau semble jaillir d'une source élevée et, malgré son abondance, ne donne guère l'idée d'un fleuve (lig. 1298).
C'est au même art occidental que nous croyons pouvoir rattacher une couverture d'ivoire mentionnée ailleurs (voir Basilic) et sur laquelle nous relevons plusieurs traits intéressants. Saint Jean, le pedum à la main, pose le pied sur une pierre, geste que nous avons vu sur la fresque du cimetière des Saints-Pierre-et-Marcellin, La colombe descend et donne son fluide tandis que l'eau tombe du haut d'un rocher. Cette plaque conservée à la bibliothèque Bodléienne d'Oxford est presque identique à un ivoire du Cabinet Mallet, à Amiens. Un rapprochement vaudra mieux que toutes les descriptions (fig. 1299, 1300, 1301). L'ivoire d'Amiens est du Ve, celui d'Oxford du VIe probablement, Vers la même époque, suivant G. Stuhlfauth, pendant le premier quart du VIe, se place le coffret de Werden, conservé au musée de South Kensington. Le morceau est si étroitement apparenté à l'ivoire de Milan que Westwood les juge sortis de la même main, ce qui, étant données les preuves qu'il en fournit, nous donne la liberté d'adopter cette opinion trop précise. Là, comme sur les deux ivoires précédents, Jean-Baptiste porte le pedum, la colombe est dirigée vers le baptisé qui est nu et porte le nimbe crucifère. L'eau, laquelle il est baptisé, ne coule plus d'un roc mais de l'urne d'un dieu mythologique fort solidement assis et qui a été certainement dessiné d'après une statue plus probablement encore d'après un étiquet. Y a-t-il ici vraiment une idée nouvelle ou simplement le renouveau d'une vieille idée ? Nous serions volontiers de ce dernier avis. À l'époque à laquelle est sculpté cet ivoire, il n'y a plus aucune influence d'art et il ne peut guère en exercer une, même en réchauffant une mythologie dont peu se soucie plus.
II. INFLUENCE ÉGYPTIENNE, — 7. IVOIRES, — Nous mentionnons un médaillon de corne trouvé dans la nécropole d'Akhmin, en Égypte, et ici à la pointe de l'a (lig. 1302). Ce petit objet travaillé vers la date de cette antiquité lui vaut, en temps que le lieu de sa trouvaille, d'ouvrir la série des représentations d'origine ou d'inspiration orientale, Tout est digne d'attention ici. La colombe présente un rayonnement, les plantes aquatiques, et surtout l'ange tenant les vêtements de Jésus. Ce détail est caractéristique des ivoires orientaux ou, à proprement parler, alexandrins. Leur série s'ouvre avec un des panneaux au siège de Maximien à Ravenne (fig. 1309), L'origine égyptienne n'en est aujourd'hui nulle, nous ne nous y attardons donc pas. Ce que les dimensions et la liére du médaillon d'Akhmin n'avaient pas permis d'inciser, et aussi l'absence de ta, prend ici toute sa valeur, Ce panneau est une œuvre vraiment neuve et puissante autant par la conception que par l'exécution. Nous voyons apparaître le baptisé faisant un geste de surprise, mais réduit à des proportions bien différentes de celles qu'il prenait sur les mosaïques et sur l'ivoire de Werden. Ce panneau ne peut être séparé d'une feuille d'ivoire conservée au British Museum (fig. 1304). L'origine égyptienne de ce morceau est si évidente qu'il peut se passer de démonstration pour le panneau de Ravenne. Sur l'ivoire du British Museum, nous retrouvons l'ange tenant les vêtements de Jésus et le rayonnement à l'entour de la colombe. Le type du Christ est nettement égyptien et rappelle certaine ampoule portant le buste de saint Menas aux cheveux crépus. Au-dessus de la colombe apparaît, dans la nuée, une main divine. Un simple détail, mais caractéristique, semble nous mettre sur la voie d'une attribution égyptienne pour un Strzygowski n'en ont fait mention. — H. Leclercq, Manuel d'arch… l [* fragment trouvé à Marsal, en Lorraine, Le Christ s'y montre de face et les bras croisés sur la poitrine, sh. | identique à celui du médaillon d'Akhmin. Ce qui subsiste de cet ivoire est trop peu de chose pour permettre d'autres rapprochements !, Une particularité importante de ce fragment c'est que le Christ y est représenté “ adulte et barbu ?.
III. MINIATURE, — Il semble en effet que l'on revienne généralement alors vers le Christ historique, tel que | | | | D'après une photographie, avait représenté le peintre de la crypte de Lucine. Sans doute, il y a des retardataires et des rébarbatifs, nous D plus loin leurs ouvrages dans lesquels le Christ conserve obstinément sa petite taille, mais ici, nous cherchons à suivre d'aussi près que possible les fluctuations de la conception courante et c'est, tout à l'œuvre, une série nouvelle que l'ivoire de Marsal commence pour nous. En l'état de nos connaissances, il est presque impossible de déterminer l'origine de cette conception nouvelle, car elle n'est pas simplement renouvelée. Ce qui fait l'originalité de cette composition du baptême de Jésus dans l'art chrétien primitif, c'est que, à mesure qu'elle s'enrichit de détails nouveaux, elle ne se débarrasse pas de ceux qu'elle avait admis jusqu'alors. C'est ainsi que sur une miniature de l'évangéliaire de Rabula, écrit et décoré en 586, dans le monastère de Zagba, en Mésopotamie, nous voyons un Christ barbu plongé jusqu'à la ceinture dans le fleuve (fig. 1405). La main céleste sortant des nuages, la colombe *371 BAPTÊME DE JÉSUS* composé et exécuté son œuvre, Les deux miniaturistes auront eu sous les yeux, sinon un modèle unique, du moins un ensemble de représentations du baptême du Christ, conforme aux données générales que l'iconographie égyptienne avait fait prévaloir. Chacun de son côté s'en inspire, l'un plus servilement, le peintre d'Etschmiadzin, l'autre avec plus d'indépendance, le peintre de Zagba. Il est possible, et même probable que celui-ci fut le dernier en date, mais ce n'est pas à ce point de vue que le contact évident entre les deux miniatures est vraiment important, c'est à cause du témoignage qu'il porte de l'influence lointaine des modèles égyptiens et d'un effort — n'a-t-il été qu'individuel, nous ne saurions le dire — pour s'y soustraire.
IV. HAUT-RELIEF, — Nous n'avons pas cru possible ni nécessaire de faire dépendre de l'impulsion donnée par | Rabula, les effets identiques que nous constatons à de lointaines distances, Le type du Christ enfant servait depuis plus de trois siècles à peu près et sans opposition ; il était naturel qu'une réaction se fit et l'emportât. De ce que cette réaction se produit simultanément, ou à peu près, en Mésopotamie, à Constantinople et à Rome, il faut conclure, non à une entente formelle, non à une influence constatée, mais à une coïncidence révélant l'état latent de satiété à l'égard du type en faveur depuis longtemps. Avant de passer directement de Zagba à Rome, nous nous arrêtons à Constantinople devant un pilier sculpté édité depuis quelques années seulement (fig. 1307). Cet ouvrage distingué a été trouvé à Constantinople et il est entré depuis dans les collections du musée de Tschnili-Kiosk. Le diamètre de cette colonnette est de 0,57, la hauteur de 0,66 ; d'après ces dimensions, on voit que la composition a pu être traitée avec quelque ampleur, En effet, la scène est vraiment intéressante, La cassure des quatre visages nous laisse néanmoins juger de l'ensemble et même de quelques détails, La Christ plonge dans l'eau jusqu'aux genoux, il est entièrement nu et adulte, Deux anges portent les vêtements et saint Jean le baptise. Le personnage | autre peinture, celle de la catacombe de Saint-Janvier fondement car nous avons vu la main divine entr'ouver Malgré la cassure du visage de Jésus, nous croyons : portait la barbe, moins longue que celle du Baptiste sans doute, mais l'aspect de la cassure semble indiquer un visage terminé par une barbe taillée en pointe, mais très courte. Quoi qu'il en soit de ce détail, nous avons ici, sans hésitation possible, le Christ adulte.
V. FRESQUES. — Nous arrivons ainsi à une fresque depuis longtemps connue et souvent reproduite ornant le baptistère de la catacombe de Pontien, à (fig. 1308). « Le Christ est adulte, barbu, nimbé, de l'eau jusqu'à la ceinture. Le Baptiste a gardé le pedum et porte la tunique exomide. A gauche, dans un nuage, un ange attend et tient dans ses mains les vêtements du Sauveur, Au premier plan, un cerf se désaltère, souvenir du ps. xii, 2 : Sicut cervus ad fontes aquarum desiderat ita anima mea ad te Deus. 4 Après cette fresque, nous pourrions mentionner une dei Poveri à Naples, dans laquelle le Christ est adulte : mais cette peinture est en partie recouverte par un enduit décoré à son tour, en sorte que nous ne pouvons savoir si Jésus était imberbe ou non, M. Strzygowski voit ici la première représentation des paroles : « les cieux furent ouverts ; » cette remarque n'a plus d'importance, car nous avons trouvé un ivoire du VIe conservé au British Museum.
VI. OBJETS MÉNUS, — Ainsi que nous avons eu l'occasion de le faire remarquer en étudiant les arts mineurs, fonte, orfèvrerie, etc., dans notre Manuel d'art dogmatique chrétienne, les artistes adonnés à ces travaux se montrent généralement attardés à des modèles dont les artistes se détachent. L'habitude de transporter sur ces objets minuscules des compositions toutes faites a rendu généralement leurs auteurs inhabiles à dessiner. Tout leur savoir-faire se borne à combiner des types détachés de compositions différentes pour les faire servir à une combinaison nouvelle, C'est ainsi que sur quelques monuments, nous retrouvons les types invariables que la miniature de Rabula, la fresque de Pontien et le pilier de Constantinople nous avaient fait presque oublier. Ce n’est pas toutefois un retour en arrière, mais une stagnation, et de peu d'importance quant au résultat, car des objets si médiocres appartiennent à peu près exclusivement à l'industrie, Une des fibules de Monza, offertes par le pape saint Grégoire Ier à la reine Théodelinde, en 599, nous montre le Sauveur sous les traits d'un enfant, le Baptiste dans l'attitude ordinaire et l'ange tenant le vêtement. Les trois figures sont nimbées, le nimbe du Christ est crucifère, Le souvenir de la sculpture des sarcophages réapparaît ici d'une façon bien évidente, ainsi que sur un médaillon de bronze du musée du Vatican et un sceau en plomb conservé au Campo Santo Tedesco. Ce dernier est toutefois un peu postérieur, et son premier éditeur ne croit pas pouvoir le faire dater plus haut que le VIIe. Celui dont nous parlions un instant auparavant sur lequel on lit en légende REDEMTIO FILIIS HOMINUM et en exergue IORDA. Un autre monument peu connu est un encensoir provenant d'un monastère situé entre Damas et Palmyre à Mar Muza el Habashi et conservé au British Museum. La panse est ornée de reliefs grossiers, dont l'exécution ne semble pas antérieure au IXe ou au Xe de notre ère, mais qui néanmoins ne dépassent pas les limites chronologiques de nos études, parce que ces reliefs ne font que reproduire des types plus anciens du VIe environ. En ce qui concerne le baptême, Jésus a encore la taille d'enfant et Jean le baptise par affusion ; un ange et une colombe complètent la scène (fig. 1309). Un bel anneau d'or, trouvé dans la banlieue de Syracuse et entré au musée de Palerme, offre la scène du baptême sans aucun détail nouveau pour notre travail, Nous arrêtons ici cette étude des monuments. Ceux de la période suivante conservent longtemps le type créé et fixé, mais en lui faisant subir des altérations qui le modifient peu à peu.
VII. BIBLIOGRAPHIE. — 1. FRESQUES. Rome. — Crypte de Lucine, — De Rossi, Roma sott., tr, pl.xiv ; De Waal, dans Hôüm. Quart., 1896, t. x, p. #45 ; Wilpert, Le pitture, 1903, pl. 99. n. 1. *9170 BAPTÈME
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Arles, — Millin, Voyage dans les départements du midi de la France, in-8, Paris, 1807, t. x, pN547, | |
DE JÉSUS
| pl. cocexivir, 3 ; J. Strzygowski, {conogr., pl. M, n :
Home. — Musée de Lateran, n. 188. — Arin subterranea, 1651, pl. xLv1 ; Garrucci, S as :C n. 1 ; Rohault de Fleury, L L'Évangile, in-4v, Tours, 48 AE 1 pl. xxx, n. 4 ; Roller, Les catac, de Rome, !, mr, pl, Lxvu ; Strzygowski, Iconogr., pl. 1, n. 9, p. 6 ; peus Sarcoph. de Jun. Bassus (cryptes x Rome. — Basili que des Saints-Nérée-etAchillée, P, Grousset, Étude sur l'histoire des sarcophages chrétiens, in-8s, Paris, 1885, p. 105, n.187 ; F. X. Kraus Real-Encyclopädie, au mot Taufe.
Rome, — Musée des Thermes. — O. Marucehi, D) sarcophage cristiano recentemente scoperlo ed k collocato nel museo delle Terme, dans Nuovo tino di archeologia cristiana, 2906, t. xH, LA 1 G. Gatti, dans Nolitie degli scavi di ant p. #7 sq. ps EM EORREEE ATESS < F he _ BAPTÊME 4 ». 2€), 1. 42, lig. 39. DER ANEUE SAN « rer ENTIRTeui E4 : : Bi ii TL. « . ’ 7 F = on Re om Pot el TG RES SEE æ le | + cms line St OS CS Rs en nd A vd Panect rade LE = pe L = : ; f Fe 5 + i fi Fu 4 Er 4 éæerr = RE LR 2 Ce PE = sr sie -
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DFI HAUI-RFLIEF. (Constantinople. — Musée de “Pschnili-Kiosk, — J. Strzygowski, Die altbyantinische
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p. 13 ; W. Maskell, Description of the ivories ancient | S 11 TR le 2S |] 378 | sortir du fleuve (fig. 1282). Aux pieds de cet ange un minuscule personnage agenouillé, vêtu d'un pagne, tenant dans la main droite un dis que ; aux pieds du Christ, le Jourdain symbolisé par une nymphe fluviale sortant de l’eau. A l'extrémité de la paroi plantes et oiséau aquatiques. J. Clédat, Le monastère et la nécropole de Baouit, dans les Mémoires de l'Institut fran379 çais d'archéologie orientale du Caire, 1906, & xn, p. 77, pl. XL, 2.
IX. BRONZE. Rome. — Biblioth. Vaticane. — Vettori, Nummus æreus volivus veterum christianorum, in-8e, pl. H, n.5, Rogers, op.
| que de la scène du baptéme de Jésus. La date pau XI. GEMME, Rome, — Cette intaille offre un peu différent de ceux que nous avons étudiés. Son principal intérêt est d'être l'uni que représentant pour gl 1 XII. PAPYRUS. Égypte. — Fait partie de la collection Golenischef, v siècle, Le fragment donné ici por représenter à Jean dans la scène du baptème ee J CF. A. Bauer et J. Strzygowski, Eine alemandrin : Weltchronik, dans Denkschriften der kais, Akab WWiss, cu Wien, Philos. hist. CL.1906, t, 11, pl, vu recto, n. E (fig. 1315). H. LECLERCQ.
3. BAPTÊME DES CLOCHES. Voir CLocnes. 4. BAPTÊME DES ENFANTS. Voir Exrants.
On peut voir d'autres interprétations dans la disserlation citée de dom Calmet+. Henri Muller dans une dissertation sur le même sujet imprimée à Rostoc ‘, 1656, ne rapporte pas moins de dix-sept opinions dif férentes sur ce passage. Mais auc une de cesopinions, plus ou moins ingénieuses, n'est satisfaisante. Il est bien question ici d'un baptême que l'on se faisait admin srer pour les morts. Du reste, en dehors du tente à saint Paul, cette prati que est affirmée par d'autres te soit parmi les hérétiques, soit méme parmi les cathe liques. k.
Ainsi les cérinthiens et les marcionites recevaie ent couramment le baptème pour les morts. Tertullien et saint Épiphane en rendent témoignage®. Saint Je in Chrysostome donne même ces détails curieux : lors que meurt un catéchuméne chez les marcionites, ils font coucher une personne vivante sous le lit du mort, p is
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emandent au cadavre s'il veut recevoir le baptème, et e vivant répond aflirmativement pour le mort et reçoit & baptôme à sa place t. Philastre attribue la même rreur aux cataphryges (secte montaniste) : Hi mortuos ant ?. Un texte de saint Irénée peut s'interpréter re dans le même sens *, | odoret rapporte que les archontiques, lout en conint le baptôme, répandaient de l'eau et de l'huile Le texte de saint Paul recoit de ces faits une interbrétation toute naturelle, Il n'approuve ni ne recomnande cette prati que, il s'en sert simplement comme Vun argument ad hominem. Si les morts ne ressuscitent pas, à quoi bon recevoir le baptême pour eux ? à prati que est évidemment, pour ceux qui l'emloient, un argument en faveur de la résurrection des iorts. » (juant au point de vue théologi que, nous n'avons pas | étudier la question ici, Nous rappellerons simplement né opinion reçue par quelques théologiens catholiques, nuis que du reste nous crovons complétement erronée, es sacrements, par une intention spéciale de N.S., ouvaient, aux temps apostoliques, être appliqués par nanière d'indulgence aux âmes des juifs et des païens sorts en état de grâce avant la promulgation du bapême, et détenus au purgatoire pour l'expiation de leurs échés véniels 7, Le baplèéme, pas plus que les autres acrements, ne peut étre recu par procuration, il Wopére que sur la personne qui le reçoit, et un sacrehént reçu par un mort ou pour un mort, est sans eflel. + Cependant nous citerons encore ces paro les d'un héologien moderne, qui croit pouvoir ne pas condamer absolument cette prati que : « Il est permis de pener que certains néophytes de Corinthe, peu instruits encore de la doctrine, croyaient bien agir en se faisant äptiser pour les catéchumènes morts avant d'avoir eçu le sacrement de la régénération. Ils manifestaient ainsi que le défunt avait la foi et méritait de participer aux suffrages de l'Église. Pierre le vénérable, et avant lui saint Éphrem, en concluent que les vivants peuvent bffrir leurs suffrages pour les morts#. Comme cette ” : ul a pu la tolérer. Elle n’a été condamnée que plus ard, lors que les hérétiques l'ont égalée au baptème hrétien et l'ont tenue comme un moyen eflicace de alut ®, » Buiocrapere, — H. Muller, Dissertatio de baptismo ra mortuis, in-b, Rostock, 1665, — F. Spanheim, de veterum propler mortuos baptismo diatriba, in-12, Leyde, 1673, — J, Hardouin, De baptismo quæslio trible (l'une de ces trois questions est : De baptismo pro Mioriwis), in-b, Paris., 1687. — Tilesius, Exercitatio Wologica de baptisnio pro mortuis, in-49, 169%. — G. arius, Observationes philologicæ de baplismo pro Mmorbuis, in-4, Lipsiæe, 1704, — Herrenbaur, Disputa6 theologica de baptiemo super mortuis, in-&e, Witur la Lôte des morts ; c'était une sorte de sacrement brati que n'était entachée d'auc une superstition, saint | emberg, 1711. — C. L. Schlichter, Dissertatio de bap- | W. HENxny.
Laccaria indi que un livre de même genre sous ce litre : Librettus a baptizanda, dans une charte qu'il a Il cite encore dans le même ouvrage un Liber catechument, un ordo ad faciendum catechuminum, un Libellus baptisandi pueros, une institutio baptizandi, un Liber scruliniorum, ce sont les titres divers d’un méme livre, Voir les artic les Onpo sarri sur, RITUELS.
W. Hexay.
BAPTISTÈRE. — I. Baptistères improvisé. II, Baptistères domestiques. IL. Noms des baptistéres, IV, Jhislinction entre églises et baptistères., V, Architecture. VI. Dispositions, VIL. Adduction et écoulement de l'eau. VIIL. Décoration, IX, Séparation des sexes. X. Conci les dans les baptistéres. XI. Autels dans les baptistéres. XII. Dédicace des baptistéres, XIIT, Vocable des baptislères. XIV. Admission. NV. Droit d'asile, XVI. Droit d'étole. XVIL Fermeture. XVIIL Baptistère provisoire, XIX. Baptistére dans les catacombes, XX. Les baptistères romains, XXI, Italie. XXIL Istrie, XXIIT, Dalmatie. XXIV, Grèce. XXV. Arménie, XXVI. Asie-Minéuré. XXVII, Phénicie. XXVNIII Syrie centrale. XXIX. Palestine. XXX. Egypte. XXXI. Afri que,
383 BAPTISTÈRE XXXIT. France. XXXIHI. Lorraine. XXXIV. Biblic- | Johannem in Enon juxta Salim requisivde en quam graphie. | longe esset ipse locus. Tunc ait ille sanctus presbyter.
L BAPTISTÈRES IMPROVISÉS, — Sous le nom de baptistères nous pouvons mentionner les lieux improvisés | pour la collation du baptême. Les ablutions fluvia les ont été longtemps en usage et il est aisé de les expliquer, Le désir d'imiter l'exemple donné par Jésus-Christ dans le Jourdain, la difficulté à certaines époques et dans certaines provin ces de posséder un local affecté à la célébration du baptème, l'impossibilité d'administrer le sacrement à une foule parfois considérable, sont les principa les raisons qui ont fait songer, dés les origines du christianisme, à l'adaptation possible non seulement des rivières, mais des lacs, étangs, fontaines et enfin de la mer elle-même pour l'administration du baptême, Un récit célèbre inséré dans les Actes des Apôtres fournissait un précédent. Philippe le diacre rencontrant un lgentil fit route avec lui et lui prêcha la doctrine de Jésus, Tandis qu'ils allaient, ils rencontrérent « de l'eau vw, ce dE énopedovto mata chy Gôdv Hioy ri ri Jéwst. L'étranger dit : « Voici de l'eau, qu'est-ce qui empêche que vous me baptisiez ? » Philippe répondit : « Rien, si tu crois du fond du cœur, » L'autre reprit : « Je crois que Jésus-Christ est fils de Dieu, » : On fit arrêter le chariot et ils descendirent tous deux | dans l'eau, xai xaréénoav aupôrepos ele <o Üômp*, et Philippe baptisa son compagnon. A Philippes, saint Paul tenait les assemblées de la communauté naissante dans une proseu que ?, sorte de maison de campagne, située toujours à proximité d'une rivière ou d'une fontaine, Des femmes écoutaient sa parole, l'une d'el les se convertit et fut baptisée sur place, À ces exemp les, les fidè les pouvaient s'atlacher avec d'autant plus de confiance que leurs docteurs ne soulevaient nulle difficulté à ce sujet. Saint Justin, après avoir énuméré les | conditions exigées de celui qui souhaitait recevoir le baptème, ajoutait : Ensuite nous le conduisons en un lieu où on trouve de l'eau, £xeica yovra : de y Eva Gôwps éotis. Tertullien ne réclame également que l'eau 6, Dans les Hecognitions, mises sous l'autorité du grand | nom de Clément romain, nous lisons : Agatis gralias | largitori ommium patri... ut in præsenti quidem tem- | pore diluantur peccala vestra per aquam fontis, aut fluminis, aut eliam maris, invocalo super vos trino bealitudinis nomineT, A la suile de ces textes nous pouvons rappeler les traditions très anciennement recueillies, comme celle qui attribuait à saint Pierre | des baptémes administrés dans le Tibre$, et à saint Victor de Marseille des baptêmes administrés sur le rivage de la mer‘, Ideo que nulla distinctio est, dit Tertullien, mari quis an stagno Jlumine an fonte, lacu an alveo diluatur ;nec quicquam refert inter 608, quos Joannes in Jordane et ques Petrus in Tiberi tinæit, mis elille spado, quem Philippus inter vias fortuila aqua finit, plus salutis aut minus retuliti0, On conservait l'usage de se faire baptiser dans le Jourdain à l'endroit même qu'on croyait être celui qu'avait sanctifié la présence du Sauveurtf, La nonne Égéria nous à conservé à ce propos ses souvenirs de touriste ; on sait que son pélerinage se place entre 380 et 38812, Tune ergo quia retinebarn scriplum esse baplirasse sanctum écce hic est in ducentis passibus ; nan si vis ecce # pedibus duco vos ibi, Nam hwc aqua tam grand Lam pure quam videlis in isto vico de ipso fontew Tunc ergo gralias ei agere cœpi et rogare ut nos ad locum, sicul et factum est. Statim ergo mus dre cum eo pedibus tolum per vallem am mam donec perveniremus us que ad hortum pom valde amanum, ubi ostendit nobis in medio for aquæ oplimæ satis et pure, qui sentel integrum vium demittebat, Habebat autem ante se ipse quasi lacurn ubi parebat fuisse operatum san Jdohannem baptistam. Tune dirit nobis ipse presbiter, in hodie hic hortus aliter non appel Græco sermone nisi COPUSTU AGIU IOHANNI, id es
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et multi fratres sancti monachi de diversis locis venientes lendunt se ut laventur in alio loco, Denuo oralio et lecta est ipsa lectio, dictus etiam psalmus competens, singula et quæ consuetudinis nobis erat ubicumque ad loca sancta veniebamus ila et ibi fecimus. Ilud etiam presbiter sanctus dixit nobis, eo quod in hodierna die semper post pascha quicquid essent baptizandi in ipso vico id est in ecclesia appellatur OP MELCHISIBECH omnes in ipso fonte baptizarentur.
Pendant les siècles suivants, le baptême improvisé est attesté par quelques faits historiques et par écrits légendaires prétendant rapporter des événements du passé. Nous avons mentionné déjà les actes de diacre Victor de Marseille ; sur le même rang peuvent prendre place les actes de Phocas en arménien, dans lesquels on nous montre un baptisant des soldats sur le bord de la mer. Saint Linnaire de Ravenne baptise sans préférence, dans une maison, tantôt dans une rivière, tantôt sur le bord de la mer.
On trouve des attestations de même nature dans des documents malheureusement sans autorité, tels que les Actes de saint Laurent, ou du psaume Marcellinus ; ces récits ne doivent pas nous retenir, à faire dire que ces légendes datent sous leur forme actuelle du Ve ou du VIe. Nous ne nous arrêterons pas beaucoup plus à un récit plus ancien et qui peut dater de la fin du IVe, récit d'après lequel l'évêque Alexandre d'Alexandrie vit un jour des enfants jouant sur la plage et reproduisant les cérémonies du baptême sur un de leurs camarades ; le célébrant était un garçon qui devait être un jour saint Athanase.
Videmus puerorum super oram maris ludum imitantem statuisse traditur illis quibus integris interragationibus et responsionibus aqua fuerat infusa iterari tismum non debere sed adimpleri.
Agathange rapporte que Grégoire l'Illuminateur, apôtre de l'Arménie, continua à baptiser dans l'Euphrate après qu'il eut construit une église à Bacauba. De même, au Ve, saint Augustin de Cantorbéry, au VIe, saint Paulin d'York donnent le baptême aux Bretons dans les rivières de Glen, de Trent, de Sivale, et plus ordinairement dans le Derwent.
Betov dourpovx Eoï car <hc evraUre x0)uuÉT pas Grp | que Prudence emploie pour désigner le baptistére du sur sainte Barbe, chez Pallade et Héron le je une *, Au ban sanctorum omnium continet : lye, quod € latine : Jesus Christus, Dei Filius Salvator11, Enfin rappelons encore le récit de saint Grégoire de ro sujet d'un baptistére qui se remplissait tout seul | samedi-saint au matin : PISCINA nam que est @ Ostii campum antiquitus sculpta et ex rmarmore co in modum crucis composila mirifico opere : sed el æ des magnæ claritalis ac celsitudinis desuper christianis construcla est. Inspectis signaculis astia referat clausa, ac mirum dictu ! PISCINA, quam reli que= rant vacuam reperiunt plenaæm 12, Le mot xoivu6risx présente un sens Re. et pourrait se rendre exactement par « piscine de nata-. tion » 1% ; mais c'est dans le sens de baptistére que nous trouvons ce terme employé dans l'historien Socrates : : ! And The OU € toù Parriornplou avanebets sud amiante : r0ù vociuaros 14, Saint Basile élargit un peu, ce sens quand il nomme les chrétiens « fils de la piscine spirituelle » : of +nç +09 nveduaros xokuuSñüpas viols tandis que saint Jean Chrysostome, quoi que orateur, tend à limiter ce sens au seul baptistére quand il le désigne : gobepa nai robe, xo1vu6nbpa ; EMA ES rov déatuwv. C'est bien ainsi que l'entend le pseudoJustin dans les Queæstiones ad orthodoxos : Ev +5 20 huuéifpx tehéauvres côuéohx + pice copayktéuelx Jaregovt5, On ne peut donc être surpris de rencontrer. chez les interprètes de quelques textes grecs le mot. nalatoria pour rendre xoivu5ñôpa. De méme que les. termes lavacrum et hourpév se répondent assez exacte ment. Le mot ourpév sert à saint Jean Damascène à. tou roû Bartiquaros, tal pa éxeîvos Uôop pévor rt this xovuG Op. Procope fait usage de ce mot dans le mème sens : sg à ts Eoglug lepov geo Ës Te sov Etyovro 16, Chez les Latins, saint Paulin de Nole parlant. d'un baptistére que décorait l'image de saint Martin s'exprime ainsi : Deponentibus in LAVACRO lerrenæ imaginis vetustatem, imitanda cælestis animæ occur= rat effigies !T ‘et il commence ainsi une inscription destinée à cet édifice : Les Latins firent rarement usage du mot colymbus Vatican : Nunc preliosa ruit (aqua) per marmora, lubricate clivum donec virenti fluctuet colymba 1%, On n'avait guère pris soin d'habiller le mot grec à la mode latine et ceci marquait assez son origine, aussi lé retrouvons-nous plus aisément chez les pères grecs, en particulier chez saint Jean Damascène dans son discours contraire vuugov, que nous avons vu émployer par les Valentiniens, était devenu fréquent sous sa latine. J. Spon rapporte ce texte trouvé sous une statue dédiée dans un bain... : TECTO NYMPHOEO CVM PLVMBO SVRRENTINO DEO %1, aussi ne devons-nous pas être surpris de trouver dans le Liber pontificalis, dans la notice du pape Hilaire, le mot nymphœum pour désigner le baptistère du Latran. E 2 PR +, … C2 1 - É r | ; es Grecs semblent avoir fait moins d'usage que les Latins d'un mot devenu plus commun que tous les sutres en Occident : fons, et dont, pour cetté raison, ques exemp les. En Orient, nous trouvons chez gner un haptistére. » terme ês£iuevn servant à désigner la vas que d'eau roide consacrée aux nageurs dans les Thermes a été employé par Procope avec le sens de baptistére : à the Loglac co Lepov fev êc aûrnv mou viv Üelav GsEauevrv éareialos 2. À mesure que l'on s'enfonce dans la basse épo que on rencontre des expressions de plus en insuffisantes et vagues, tel les que : Éuéarn, Éudarns, ôov, EufaËrc, Euéaorov ; enfin, avec les temps tout it barbares on fait usage de gxagaï et ses composés quels un anonyme cité par Du Cange parvient à cxagiËomagao ; voici ses propres paro les : rù &ë marblos Érou Barrigers, Eust Déhesc mal Éyerc xoïuabripa, rouréariv cxaptôornddo À cuoutÉAx LE yAN, 7 HALO % LAPITUÉVOY 3, Les Latins ont un choix de mots au moins aussi riche que les Grecs. Le concile d'Elvire, tenu vers l'an 300 à Grenade, prescrit ce qui suit : Emendari placuit, ut hi qui baptisantur nummos in concham non inimittant +. Ce terme vise les origines de ce qu'on a appelé plus tard « le droit d'étole », nous avons hésité un instant à y voir la mention d'une sébille, ou comme s dirions de nos jours, d'un « tronc », mais cette nion ne nous paraît pas probable, car concha semble igner le récipient à l'aide duquel le catéchumène vait le baptème 5. On lit, en eflet, dans la notice du pape Hilaire au Liber pontificalis, que sous son rêgne on restaura et on décora le baptistére de Constantin : Lacum porphyreticum cum concha assita in medio, igne une large vas que et concha une urne (la :za) nt partie du baptistére d'où l'eau du baptème LL lait, _ Le terme le plus naturel et qu'on devait employer »comme instinctivement à cause des frappantes analogies entre la coutume quotidienne et le rite sacramentel était balneum. Toutefois le P. Lupi nous parait avoir ‘quel que peu interprété les textes en faveur de ses opi_nions arrétées à l'avance quand ilse refusa à admettre structilis que fossa balnearum. Ce même mot réparait blement un baptistére : Ubi firis genibus cum ingenti genitu pul sans singultibus cælum, crispantem benedicit alveum fontis 6.. Du Cange attribue à saint Grégoire le Grand l'emploi du mot cloaca pour désigner un baptistère ; il ne donne malheureusement pas de référence précise. Lupi a accueilli cette indication tout en regreltant de ne pourvoir la vérifier, nous n'avons pas été plus heureux que lui en cherchant dans les œuvres de saint Grégoire. BAPTISTÈRE s ne croyons pas devoir transcrire ne fût-ce que vaguam fundentem. Lupi croit avec raison que lacum | ‘qu'un saint évê que ait ja mais pu obérer son Église | cher l'Africain Victor de Vita pour désigner indubita- | Le mot « baptistére » est probablement un de ceux | qui ont été le plus étendu au delà des limites de leur | sens primitif, On en a fait usage pour désigner to Le sacrement de baptème et son administration, % l'eau qui sert au baptôme ?, la partie du Rituel concernant l'administration du baptème$, % l'offrande faite au prètre à l'issue de la cérémonie ?, et 5° jusqu'à la couverture des fonts baptism aux. Les Syriens appelaient leurs baptistères Beth-Maatmudila, c'est-à-dire « maison dé baptôme, » et en Orient on leur donnait fréquemment le nom de « Jourdain ». Nous n'avons pas relevé les termes plus spéci aux, tels que gurtorégros et quelques autres qui ont été exceptionnels. En abordant la partie monumentale nous aurons occasion de remarquer la fréquence de certains vocab les particuliers. IV. DISTINCTION ENTRE ÉGLISES ET BAPTISTÈRES, — La tendance qui se révéla de bonne heure dans l'Église vers la fixation d'une date pour l'administration solennelle du baptème entraina une série de conséquen ces. La vigile de Pâques ayant été choisie, il se trouva que, dans un grand nombre de contrées, cette épo que était celle d’un froid encore vif qui ne permettait en auc une façon l'immersion des catéchumènes dans l'eau glacée des rivières, La nudité et le bain devenus impossib les eussent obligé le clergé à modifier les rites du sacrement et à adopter le baptéme par aflusion. Celui-ci avait été pratiqué de trés bonne heure, mais dans des conditions qui ne simplifiaient pas toujours le rite | primitif, Une fres que de la capella A dei sacramenti au cimetière de Callixte nous montre le baptéme par affusion administré à un fidèle plongé nu dans l'eau 10, Ce rite se maintint identi que et nous en retrouvons un témoignage figuré sur une épitaphe d'Aquilée tt, Cette question ayant été étudiée à propos du baptôme ! ? nous n'avons à en rechercher ici les conséquen ces qu'au seul point de vue monumental, Si toute localité ne possédait pas un cours d'eau, il n'en ést guère, si deshéritée qu'on la suppose, qui ne possédäl quel que source ; ainsi, à la rigueur, le baptéme par immersion eût été partout possible, Mais le développement des solennités liturgiques, les exigen ces atmosphériques et la multitude des candidats conduisirent peu à peu à célébrer le baptéme dans des édifi ces consacrés au culte et pourvus d'appareils destinés à attiédir l'eau, Mais le baptôme était escorté de cérémonies indispensab les, tel les que l’exorcisme, Un sentiment élevé du respect dû à la maison de Dieu en faisait écarter diverses classes de pénitents et d'indigènes, on ne pouvait songer sans révolle à introduire dans l'Église la multitude de ces catéchuménes sur lesquels devait être pratiquée au préalable la céré| monie de l’exorcisme ; il sembla très naturel de reléguer ces préparations dans les loc aux annexes des basiliques. Ce fut ainsi que, pendant la période des « églises domestiques », tandis que la synaxe liturgi que était célébrée dans la basilica des gran des habitations privées, l'initiation avait lieu dans l'atrium et l'exedra. Le principe de la distinction des loc aux ainsi établi devait engendrer tout naturellement, à l'épo que de la Paix de l'Église, le principe de la distinction des édifi ces. À cet effet, tandis qu'on adoptait les basiliques civi les pour célébration du culte chrétien, on utilisa des temp les de moindres dimensions, des mausolées, pour l'administration du haptème, Telle est la marche générale à laquelle il ést impossible d'assigner un développement chronologi que précis. Une incertitude de méme nature plane sur la question JU ! de savoir les conditions dans lesquel les s'élévérent les plus anciens baptistères à partir du 1v siècle. I est pres que indubitable que cha que ville épiscopale possédait un baptistère et, à cause de l'inégalité des diocèses, on peut admettre que d'autres vil les auront quelquefois possédé un baptistère en vue d'épargner aux catéchumènes un voyage très long jusqu'à la ville dans laquelle résidait l'évê que. Cependant, cette condescendance était loin d'être générale, en supposant méme qu'elle n'ait pas été exceptionnelle ; car nous apprenons de saint Grégoire de Nazianze que parmi *LS les prétextes, invoqués par les chrétiens de son temps pour retarder leur baptéme, se trouvait celui de la longueur des voyages à entreprendre pour trouver un baptistére., Par contre, dés le vi siècle, Jean Moschus mentionne l'existence d'un baptistère dans une bourgade de Lydie , | Malgré l'usage ancien de baptiser les enfants, le nombre des adultes était assez considérable pour donner à la cérémonie son caractère et à l'édifice luimême. Le baptistère était surtout construit en vue du vaptème des adultes, c'est ce qui expli que les dimensions en profondeur de la piscine, Lors que, au vins siécle, le baptème des enfants se généralisa, on rénonca peu à peu à une installation impraticable et à la piscine on substitua la cuve de peu de profondeur. Vers le même temps, on abandonna les bhaptistères isolés dont l'utilité et les dimensions ne s'expliquaient plus depuis que les baptèmes quotidiens ét dépourvus de toute solennité amenaient l'abandon et l'oubli des gran des fêtes de l'Épiphanie, du samedi-saint et de la | vigile de la Pentecôte au point de vue de la célébration du baptème. On peut se faire quel que idée de ce que devaient être les pompes de ces journées quand on sé souvient qu'un certain samedi-saint où saint Jean Chrysostome fut attaqué dans son église, il avait déjà achevé de baptiser 3 000 hommes et il en restait plus encore d'hommes et de femmes attendant leur tour de descendre dans la piscine #. Les plus anciennes attestations qu'on puisse invoquer en faveur de la séparation des baptistères et des églises sont les suivantes : Deni que, dit Tertullien, ut a bapfismate ingrediar, aquam adituri, ibulem, sed et aliquanto prius in Ecclesia sub antistilis manu contestamur *. Saint Justin le martyr dit de son côté en parlant des catéchumènes : Deinde eo ducuntur a nabis ubi aqua est, et eodem regenerationis modo regenerantur quo el ipsi sumus regenerali ft. nos aœulem postquan cum qui fidem suam et ascensunz doctrinæ nostræ lestatus est, sic abluimus, ad eos, qui dicuntur fratres, deducimus 6,
V. ARCHITECTURE. — Les édifices construits en vue de dévenir des baptistères ne présentent aucune uniformité. On peut en signaler des très divers dont le plan passe de la forme carrée à la forme circulaire à travers des combinaisons de lignes qui aboutissent le plus souvent à l'hexagone et à l'octogone. La tendance visible est de réaliser ou de se rapprocher de la forme circulaire. La genèse et le développement des églises circulaires dans le christianisme sont encore remplis d'obscurités, et ce n'est pas ici le lieu d'aborder ce problème architectural. La forme octogonale est à peine moins fréquente. On a cherché la raison de sa vogue dans certains textes des Pères de l'Église, mais rien ne prouve que ces textes n'aient pas eu d'autres interprétations mystiques à un état de choses existant.
C'est déjà une idée d'un baptistère chrétien du IVe que celle des basiliques, était garnie d'un toit sommital, et le sommet de la coupole est surmonté d'un remarquable dôme. On remarquera sur ce baptistère romain de Syrie la tendance à relever les fenêtres à une grande distance du sol. Était-ce pour éviter les curiosités des païens demeurés au dehors ?
Lors que, vers le IVe, l'usage s'établissait de baptiser par infusion, les baptistères continuèrent d'être fréquentés, mais qu'ils cessèrent d'être indispensables. Faute de texte. xx, col. BAS sq. — 1° Lupi-Zaccaria, Dissertazione, n. XLH, a relevé les principaux passages des catéchumènes de l'atrium du baptistère. — #1 Ce dôme n'empêcha pas de monter la piscine d'un dôme plus petit ou d'un similaire, c'est le cas à Aquilée (voir Dictionn., t, 1, fig. 800), — t* Bosio, Roma sotterr., in-fol., Roma, 11693, p. { 30 Ai LR | BAPTISTÈRE 304.
D'Or, le baptistère conservait le baptême par immersion, l'Occident s'en détachait de plus en plus, mais ce n'est qu'au XXe que tout prêtre put baptiser et toute paroisse posséda des fonts. D'abord isolés, les baptistères se rapprochèrent progressivement de l'église jusqu'à n'en être plus qu'une simple chapelle à l'ouest de l'édifice et à peu de distance de l'entrée. On trouve, dès le VIe, des exemples de baptistères ainsi accolés à l'église ; au XVIe, la cuve baptismale est disposée dans l'église même, ainsi qu'on le voit sur le célébre plan de Saint-Denis. Ces usages n'avaient rien d'absolu, si bien qu'dans le nord et le centre de la France on renonce, dès l'époque mérovingienne, aux baptistères solitaires, ceux-ci persistent dans le sud de la France pendant la période romane et en Italie jusqu'à la Renaissance.
Le baptistère était un édifice de plan régulier et réservant uniquement à abriter la piscine. Le plan Minit, et on ne peut guère songer à établir une classification. Il suffit de dire qu'il y a des exemples de plans angulaires, circulaires, pentagonaux, hexagonaux, octogonaux, en croix grecque et tréflée. La forme octogonale et la forme circulaire sont celles qu'on rencontre plus souvent et pendant la période la plus ancienne. On rencontre fréquemment le plan rectangulaire dans lesquels s'inscrit intérieurement un octogone, comme à Este, et sur quatre des faces de l'octogone on peut tracer une absidiole dans les angles du carré. Sont tracés les baptistères de Ravenne, sans couleur aux ; celui de Saint-Georges d'Ezrah, dans la Syrie, a quatre triangles de maçonnerie pleine préalablement à l'édicule. Le baptistère de Grado, en Istrie, date de 571 à 579, et celui de Riez (Basses-Alpes) avec collatéral ; celui de Fréjus ; celui de Mazan (Ardèche) a des angles arrondis suivant la courbe des absidioles.
Les baptistères du Latran, de Sainte-Thècle, à Milan, de Saint-Jean-des-Fontaines à Ravenne, pour ne rappeler que quelques-uns parmi les plus célèbres, ont eu à subir bien des restaurations, lesquelles ont été trop souvent de véritables remaniements ; néanmoins, ils ont gardé certains traits caractéristiques de l'idée que se faisaient les fidèles du ive et du Ve d'un baptistère. Isolés de l'église, ils présentaient la forme circulaire ou bien hexagonale ou octogonale. Cette dernière disposition avait une signification symbolique que nous font connaître deux distiques qui se lisaient sur les fonts de Sainte-Thècle, à Milan :
OCTAGONVS FONS EST MVNERE DIGNVS EOQ HOC NVMERO DECVIT SACRI BAPTISMATIS AV-
[LAM** SVARGERE QVO POPVYLIS VERA SALVS REDIIT.
Cette forme octogonale, hexagonale ou simplement circulaire était une réminiscence des bains antiques qui, de préférence, affectaient ces formes, sans qu'il faille cependant imaginer de leur en faire une loi. Nous avons exposé avec détails dans notre Manuel d'archéologie chrétienne les origines des coupoles et de leur emploi pour les édifices de forme octogonale et circulaire ; nous ne pouvons reprendre ici cette question complexe et dont le côté technique nous éloignérait trop de la présente étude.
L'aménagement de la piscine des baptistères ne doit pas nous retenir non plus bien longtemps. En ce qui concerne ses dispositions générales, nous retrouvons presque partout l'application des principes posés par Vitruve pour l'installation des bains : Magnitudines balnearum videntur fieri pro copia hominum. Sint autem ia composite. Quanta longituda fuerit, tertia dempta, latitudo sit, præter scholam labri et alvei. Labrum utique sub lumine faciendum videtur, ne stantes circum suis umbris obseurent lucem. Scholas autem labrorum tte fievi oportet spaliosas, ut cum priores occupavertat loca, circumspectantés reliqui qui recte stare possint. Alvei autem latitudo inter parietem et pluteum ne minus sit pe des sehos, ut gradus inferior inde auferat et puluinus duos pe des.
VII, ADOUCTION ET ÉCOULEMENT DE L'EAU, — L'adduction de l'eau était ménagée par des tuyaux de plomb ou de poterie toutes les fois que c'était possible, mais nous verrons en étudiant les édifices qu'il y a souvent des baptistères qu'on ne pouvait remplir qu'à l'aide de seaux à main, ou bien en recueillant l'eau pluviale soit dans une citerne soit par l'écoulement du toit du baptistère dans la piscine. Nous ne croyons pas devoir discuter la question de savoir si la piscine avait ou non de l'eau. On a imaginé d'y voir une simple excavation toujours à sec dans laquelle on procédait au baptême par affusion au moyen d'une cuve-réservoir placée au centre de la piscine. Alors même qu'on pourrait démontrer l'existence de cet usage dans une localité, on ne peut conclure d'une anomalie à une pratique générale ou simplement commune. Les textes, d'ailleurs, s'y opposent !
Le baptême par immersion n'exigeait pas nécessairement une piscine profonde. On s'explique sans peine qu'un enfant put s'y noyer, mais le niveau de l'eau ne devait généralement pas s'élever au-dessus des aines d'un adulte de taille moyenne. Panvinio dit que le baptistère de Saint-Jean-de-Latran avait cinq brasses d'eau de profondeur, mais rien ne prouve qu'on le remplit jusqu'au bord. La largeur variait également et presque toujours permettait de baptiser plusieurs adultes dans le même temps. Ceux-ci adoptaient différentes positions, tantôt debout, tantôt à genoux ; sur ce point, chaque église pouvait avoir ses rites spéciaux, dont l'énumération détaillée est d'un intérêt surtout local.
Les dimensions et la forme du baptistère commandaient souvent les dimensions et la forme de la piscine dans laquelle on descendait par des degrés, le plus ordinairement au nombre de sept. C'était le nombre en effet des degrés au Latran, tandis qu'à Aquilée on en comptait trois seulement pour monter et deux pour descendre, à Florence quatre, à Cividale de Frioul cinq, etc.
Corblet, Histoire du sacrement de baptême, t 1, L IV, c, U, art, 1 : De l'immersion. — *Baronius, Annales, ad ann. saire au baptistère du Vatican. A Aquilée, le baptistère fut établi sur l'Alsa, cf. Bertoli, Antichità di Aquileia, in-8« , Venezia, 1799, —1 Dans un grand nombre de piscines, le canal d'adduction et le canal d'écoulement sont à des hauteurs différentes, ce dernier souvent est le plus élevé des deux, ce qui montre qu'on ne renouvelait que partiellement l'eau du bassin qui en contenait toujours une certaine quantité.
Voir Dictionn., t 1, Ag. 871 ; Muratori,
BAPTISTÈRE
inoins fortunées ou moins ambitieuses se ter | à Milan décrit la façon dont l'eau était lancée | jusqu'aux galeries supérieures pour la laisser retomber | en pluie sur les catéchumènes. L'inscription sui | composée par Ennodius, célébrait cette merveille :
EN SINE NVBE PLVIT SVB TECTISIMBRE SERENO | PROFLVA MARMORIBVS DECVRRVNT FLVM | ARIDA NAM.
où ils n'ont pu s'introduire, semble-t-il, qu'en enjambant le rebord (fig. 1317). On voit d'après ces exemples recueillis de divers côtés qu'une grande variété d'un baptistère à l'autre. Tandis que certaines églises étaient satisfaites d'une simple cuve ou d'un bassin, d'autres entassaient les constructions et prodiguaient les décorations. Colonnes, balustres, piédestaux, bénitiers, etc. Un des ornements les plus était une belle urne de marbre dressée sur un socle au centre de la piscine et laissant échapper l’eau d'une manière plus ou moins agréable ou ingénieuse. Ennodius de Pavie décrivant le baptistère de Saint-Étienne :
10 DE chac une des colonnes qui traçaient la figure du baptistère :
SP : e En sine nube pluit eub tectis imbre sereno, si Et caeli facies pura ministrat aquas, L Proflua marmoribus rruné flumina sacris, At que iterum rorem parturit ecce lapis.
Par une nouvelle réminiscence de la décoration des bains antiques, on faisait verser l'eau par la gueule d'un animal. Au Latran, du temps du pape Silvestre, c’était un agneau, et sous Sixte IL, lors des restaurations, on ajouta trois cerfs faisant le même office. Le Liber pontificalis contient d'autres mentions analogues. Parfois, c'est une colombe.
Il est presque superflu d'indiquer la richesse de la décoration des baptistères. Ici, on eut citer les témoignages à profusion, mais ils sont malheureusement un peu vagues et n'ajoutent guère à notre connaissance des monuments. Prudence nous invite à considérer le reflet des verres colorés dans l'eau de la piscine. Ennodius dit, au sujet du baptistère de Milan : « Marmora, picturas, tabulas, sublime lacunar ». Saint Avit, de Vienne, avait décoré son baptistère « musivo el marmore ».
Fresques et mosaïques se rapportaient de préférence aux mystères du baptême. La symbolique des baptistères conserva plus tardivement que celle des basiliques les types jadis adoptés dans les catacombes. Quoique l'on faille se garder de faire intervenir la discipline dite du secret, il est indiscutable que ceux auxquels étaient destinés les baptistères, par l'effet de l'initiation incomplète, se trouvaient dans une situation peu différente de celle des premiers fidèles dans les catacombes, mais non aux mystères. Il nait donc d'utiliser encore les notations hiérographiques qui avaient fait leurs preuves. Aussi retrouvons-nous les idées rustiques de la symbolique catacombaire.
Les conques décorées de mosaïques de l'oratoire du Latran se distinguent à peine, à l'inspiration, de la décoration cémétériale. Le nu du Christ, le Bon Pasteur gardant son troupeau ou bien ruminant la brebis égarée ; l'Agneau debout sur la montagne d'où découlent les quatre fleuves mystiques, la Colombe sauvée des eaux du déluge, l'ancre et le poisson dont la vogue prend fin vers le temps de la paix de l'Église.
Intitulé : « Comment on peint la fontaine ». « En haut, dans la coupole, faites le ciel avec le soleil, la lune et les étoiles. Hors du cercle où est le ciel, il y a une gloire avec la multitude des anges. Au-dessous des anges et circulairement, représentez dans une première rangée, ce qui est arrivé au Précurseur dans le Jourdain. Du côté de l'Orient, faites le baptême du Christ avec un rayon descendant du ciel, et, à l'extrémité du rayon, le Saint-Esprit. Sur le milieu du rayon, de haut en bas : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, lequel j'ai mis mes complaisances. Au-dessous, l'Ancien Testament qui était la figure du divin baptême : Moïse sauvé des eaux ; les Égyptiens engloutis dans la mer ; Moïse adoucissant les eaux amères.
Le baptistère de la cathédrale garda toujours son privilège sur tous ceux qu'à la longue on concéda à chaque église paroissiale. En 1753, Benoît XIV, qui savait et aimait l'antiquité, frappa d'une interdiction l'administration du baptême.
Les douze plaies d'Égypte ; l'eau de la contradiction ; l'arche d'alliance traversant le Jourdain ; la toison de Gédéon ; le sacrifice d'Élie ; Élie traversant le Jourdain ; Élisée purifiant les eaux ; Naaman lavé dans le Jourdain ; la fontaine de vie. Sur les chapiteaux, représentez des prophètes et ce qu'ils ont annoncé touchant le baptême.
IX. SÉPARATION DES SEXES. — L'unité de baptistère pour chaque Église paraît ressortir avec évidence de ce fait qu'on ne trouve jamais la mention ou les ruines de plusieurs édifices consacrés au baptême des catéchumènes. Ce n'est que plus tard qu'on adopte l'idée d'attacher un baptistère à chaque paroisse. Dans l'édifice consacré à l'administration du sacrement, une seule piscine reçoit un nombre variable de fidèles. Cependant, rien ne s'oppose dans les textes et dans les monuments à ce qu'on ait baptisé à l’aide de cuves portatives sur divers points du baptistère, tandis que l'évêque se réservait la piscine centrale, surtout à certains jours où l'affluence de plusieurs milliers de catéchumènes ne laissait guère moyen de trouver une autre explication à leur baptême au cours d'une seule journée ou d'une seule vigile.
Une distinction généralement admise et dont les textes disciplinaires gardent le souvenir est celle des sexes, distinction qui imposait déjà l'aménagement de deux piscines, dont une au moins était portative. Le fait de la séparation n'est pas douteux, elle s'expliquerait d'ailleurs amplement par les inconvénients trop connus de la promiscuité des sexes dans les bains publics ; on ne pouvait exposer les fidèles, à l'heure même de se purifier de leur vie passée, à la tentation qui pouvait naître du baptême reçu en commun.
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cation à leur baptême au cours d'une seule journée ou d'une seule vigile. Une distinction généralement admise et dont les textes disciplinaires gardent le souvenir est celle des sexes, distinction qui imposait déjà l'aménagement de deux piscines, dont une au moins était portative. Le fait de la séparation n'est pas douteux, elle s'expliquerait d'ailleurs amplement par les inconvénients trop connus de la promiscuité des sexes dans les bains publics ; on ne pouvait exposer les fidèles, à l'heure
primordial de l'édifice, pour celui qui par destin s'obstine à interdire l'inhumation dans les b Non li cet in baplisterio corpora sepeli épo que où, prätiquement, linhumation dans le était largement tolérée 1 ; mais ce n'est là, prendre, qu'une discipliné locale, Le Liber « pontificum romanorum ? contient cette ps Petitio de dedicando baptisterio : Votiva solen exrigil animorum m5 basilieæ, quater bonum religionis popu maior aderescal. L quia in basilica sancti Ar él illius, in re mea, | tisterium collocavi, ila ut reliquias in eodem sanctorum martyrum illorum ét illorum deside introduci, idcireo provolutus apostolatus vostr ni lum et abtestor per sedem quam regilis De vicarii, ut, datis ad virum vencrabilem {hit pum iussionibus, in cuius diocesin er À structum, dedicationem baptisierii et pra martyrum fieri propilii censealis, ut, Pa Jia lica aderescente populo, agente D gralias, collocemus. Cui basilicæ facta « cartula in fundo illo et illo me cola ess mitio,
Quelques anciens témoignages viennen firmer le fait de la présence des reliques ral L tistères. Grégoire de Tours dit que Baptisteri ipsam basilicam ædificari præcepi, in quo sance Johanniset Sergii martyris pignora collocavi ?. À au baptistère, multæ sanctorum reliquiæ ten. fur #. Ennodius, dans une lettre à Euthalius men des vers in baplisterio ubi picti sunt marlyres q ibi reliquiæ relictæ sunt. À plus forte pan 2 un 1 tistère devait-il posséder des reliques de ma quand il s'élevait sur le lieu même de leur imi tion. Au début de l'hymne vi de Prudence nous lisons : De loco, in quo martyres passi sunt, qui nue baptisteriun ests, |
La dédicace d'un baptistéré fait l'objet de rites dont l'ordonnance est décrite dans l'Ordo romanus ©. x célébration ne comportait pas de moins de nités que ceux de la dédicace d'une église. 5 Apollinaire écrit à ce propos : Baptisteriunt quod alim fabricabamini, scribitis, posse jam consecrari ; @@ quæ fesla vos voli, nos ministeri, officii multos, fidei Lotos causa sollicitat 7. me.
XIII. VOCABLE DU BAPTISTÈRE. — Paciaudi a montr avec son ordinaire érudition que les D EE spécialement placés sous le vocable de Saint-le : tiste 8, vocable qu'ils ont conservé parfois lorsqué dant leur destination primitive ils ont été alle : culte paroissial. On peut citer de nombreux ex de dédicace sous le vocable de Saint-Jean-Baptis Milan ; à Nap les, baptistére annexé à l'église de Sante Restituta ; à Vérone baptistère voisin de la cathédrale, à Ravenne, baptistére de San-Giovanni-in-Fon annexé à la cathédrale Saint-Étienne ; à Metz, € comprend sans peine que le baptistére étant plact le vocable du Baptiste celui-ci y eût sa statue 0 1 inscription dédicatoire et quelquefois ces deux m g d'honneur réunies, Le pape Hilaire qui fit fianquer le baptistère du Latran de deux chapel les en consacra une à saint Jean-Baptiste ! ; le titre était gravé sur la » porte de bronze incrustée d'argent (fig, 1318), Allano æt Muratori ont publié d'autres monuments dédiés à saint Jean, patron de baptistére, A Tours, au temps de l'évê que Perpetuus, on récitait les vigi les de la “décollation de saint Jean-Baptiste dans le baptistère qui lui était dédié *.
XIV. Anmssion. — L'admission dans les baptistères semble avoir fait l'objet d'une réglementation qui en écartait les païens et même, à l'épo que ancienne, ceux des catéchumènes encore très éloignés du baptême. ux-ci se contentaient de se rendre aux instructions préparatoires données dans des loc aux moins dignes. Plus tard, le nombre grandissant des catéchumènes et l'adoucissement de la discipline intervenant, on donna l'instruction à tous dans le baptistère, mais les infidè les en demeurérent soigneusement exclus. Les Pères du concile de Constantinople, tenu en 518, font un grave reproche à Pierre, évê que d'Apamée, d'avoir introduit dans son baptistère une comédienne qui n'était ni baptisée, ni catéchumène 5,
XV. Droit D'ASILE. — La lettre du clergé d'Alexandrie a l'empereur Léon relative aux violen ces exercées contre Prolerius l’avertit que decursis paucis diebus, dum mamotio et irralionabilis tra pro Timotheo meditarelur ab aliquibus contra sanctæ memoriæ Proterium, néhil aliud quod faceret ille beatæ memoriæ, quam mt locum daret iræ, secundum quod scriptum est, ut ad sacrum baplisterium se conferret, invasionen : lugiens contra suam concurrentium necem, in quo sobi cet loco et barbaris et cunctis ferocibus hominibus * : BAPTISTÈRE* 402 limor fuit, et jam nescientibus loci culturam et exinde graliam emanentem $,
XVI. Drorr D'ÉTOLE, — Il apparaît dans un canon du concile d'Elvire (vers 300), can, 48 : emendari placuit, ut hi qui baplizantur, nummos IN CONCHAM non inmillant, ñne sacerdos quod gratis accepit pretio distrahere videatur.
XVII. FERMETURE, — En Espagne, au vut siècle, le baptistère était fermé depuis le commencement du caréme jusqu'au jeudi saint, La porte était scellée du sceau de l'évê que et il était interdit de l'ouvrir, sauf le cas de grave nécessité 7, En d'autres temps la fermeture était moins rigoureuse, On se rendait au baptistère pour jeter dans la piscine les e aux ayant servi à la purilication des nappes d'autel et des corpor aux $,
XIX. BAPTISTÈRES DANS LES CATACOMBES. — Pendant la période des trois premiers sièc les il semble qu'il faille renoncer à découvrir des baptistères bien qu'il soit très possible que les fidé les en aient construit quelques-uns. Mais les mentions, même les moins précises, que nous avons recueillies dans un autre travail®, ne nous fait connaitre rien qui, de près ou de loin, ait droit au nom de baptistére. C'est dans les catacombes que nous rencontrons quelques baptistéres anciens et d'une conservalion trés suflisante, Les Catacombes de Wescher et d'Abou el Achem à Alexandrie, nous a fait connaitre un baptisière au sujet duquel nous renvoyons au plan et à la description qui ont été donnés déjà 1%,
A Rome, Boldetti signalait, dés 1720, plusieurs baptistéres, L'un d'eux, le plus célébre, est celui qu'on a cru trouver dans le cimetière Ostrien sur la voie Nomentane, à quelques centaines de métres de l'église Sainte-Agnés. Des donnés topographiques anciennes désignaient ce lieu sous un vocable plein de promesses : ad Nymphas S. Petri ou encore fons S. Petri ti, et dans les actes légendaires des saints Papius et Maurus : ad nymplhas ubi Petrus baptirabat. Ce qui parait possible c'est que saint Pierre aura préché et baptisé en cet endroit dans une villa ap partenant à la gens Ostria.
Au mois de décembre de l'année 1900, la Commission d'ärchéologie sacrée, à la suite d'un visite dans le cimétière de Priscille, arriva à sé convaincre que ce cimetière avait possédé un véritable baptistére. Au pied de l'escalier de Saint-Silvestre, non loin de la région des Acilii Glabriones, on se trouva en présence d'une construction que nous allons décrire d'après le plan (fig. 1319) : À, escalier de travertin de vingt-cinq degrés, Em = = 403 large de plus de deux mètres ; B, abside ancienne entiérément revôtue d'un enduit ; G, niche communiquant avec une vaste piscine D qui s'alimente par un canal E,
Dans l'abside B, le pavement F qui est de travertin a été percé en G d'une cavité à peu prés circulaire et d'un trou H pour l'écoulement de l'eau. Un passage moderne est indiqué par K. Il semble difficile de se soustraire à l'évidence qu'on est ici en face d'un baptistère. On se rendra un compte suffisant de la disposition des lieux par les deux vues qui serviront de commentaire au plan. C'est d'abord le coup d'œil de la piscine, pris de l'abside, avec l'amorce, à droite, du passage moderne K destiné à faciliter les communications avec le reste du cimetière (fig. 1320). Ensuite c'est le baptistère proprement dit avec son arche surbaissée qu'on distingue par sa blancheur dans la figure précédente,
La petite voûte du baptistère est en briques revètues d'un plâtras. L abside aussi bien que l'espace intermédiaire entre la piscine et elle sont décorés de festons et de fleurs tracés à la couleur rouge, La piscine n'est profonde que de m4), on y pouvait descendre avec un escabeau en bois ou même avec uné simple pierre servant à diminuer de moitié l’enjambement, C'était dans le cas du baptême par immersion ; mais il n’était pas seul pratiqué et la cavité G servait dans le cas où l'on préférait employer l'affusion : on se procurait l'eau par … FA ras remarqu ë de Crostarosa ce mode aurait té “quémment émployé, car le mur de l'abside ED ue = niches destinées à recevoir des lampes Et 18 Däpüslére était plongé dans l’obes “té — Joa., vi, 37, 39, BAPTISTÈRE* fournir d'autres preuves, on en trouverait une dans une inscription, simple gralite tracé sur l'arc du baptistère (fig. 1321), on y lit : QVI SITET VENIiat ad me et bibat]
Cette formule se retrouve sur d'autres baptistères1, et fait allusion à un [texte évangéli que dont l'application est ici très claire 2. L'escalier monumental aboutissait donc à une abside communiquant avec un baptistère ; ce fait nous parait hors de toute contestation, En outre il faut noter plusieurs particularités qui, dans un monument d'une si lointaine antiquité, prennent quel que importance. L'abside et la voûte étaient jadis décorées de lignes géométriques de couleur rouge. L'enduit sur lequel se Hit le graflite dont nous avons parlé a recouvert at Iv* siècle un enduit plus ancien et de fabrication plus line. Toute la superficie actuelle de l'abside depuis l6 bas Jusqu'à une bonne hauteur est criblée de petites croix dans la partie centrale desquel les on semble avoir voulu indiquer le monogramme. Ce motif est répété des centaines de fois.
Quelques graffites n'ajoutent guere à nos remarques ; ce sont : *DONATA VI* VATIS INŸ _Acclamation qui n'a pas nécessairement une signis lication funéraire. Puis encore : (s)CRIPSIT ASELLVS SERBlus Dei ?... el sous l'arc qui fait communiquer l'abside à la piscines (se) YX Ov) ? (anrie). … — + ir 405
Resteruit à déterminer l'origine de ce baptistére. Les Acta Liberii et Damasi font mention d'un épisode qui semble trouver ici son application. Pendant son pontificat (352-366) le pape. Libére reçut de l'empereur Constance l'interdiction de vivre dans l'intérieur de Rome, Constantius jussit eur (Liberium) extra civiteatem habitare ; habitabat autem ab urbe Roma milliario tertio quasi eœul in cymeterio Novellæ via Salaria. Veniens autem diem Paschæ vocavit universos presbyteros cives romanos et diaconos el sedit in cymeterio. Damasus dirit : « Baptiza in pelre ubi magister. » Pelvis illa non lignum, sed lotus mundus est. Erat enim non longe « & cymeterio Novellæ cymeterius Ostrianus wbi Petrusapostolus baptirabat, Evdem tempore Paschæ baptisavit promiseui serus numero quatuor muillix duodecimt, ['aprés Mur Duchesne *BAPTISTÈRE
406 n'aborderons pas ici la question de savoir si, comme l'a ingénieusement soupçonné et soutenu M. O. Marucchi, le baptistére que nous attribuons au pape Libère serait un baptistère apostolique illustré par la présence de saint Pierre. La question paraît devoir mourir et des fouilles ultérieures entre les voies Salaria et Nomentana, fouilles sur l'issue desquelles il serait oiseux de conjecturer, nous renseigneront sans doute quel que jour.
L'existence de baptistères dans les catacombes est rappelée par ces vers de Prudence :
Hic duo purpureum Domini pro nomine cæsi.
Martyrium pulchra morte tulere viri ;
Hic etiam liquido fluit indulgentia fonte
Ac veteres maculas diluit omne novo.
Un des plus connus parmi ces baptistères, le plus récent de tous peut-être, est celui qui porte le nom de ce récit, en dehors de sa signification polémique et apologétique, a un grand intérêt en ce qu'il nous montre comment les monuments et les inscriptions étaient mis à contribution par les auteurs de légendes et autres apocryphes.
Tout ce qui regarde la fondation du baptistère dérive de l'inscription que Damase fit graver pour conserver le souvenir de ses travaux au baptistère de Saint-Pierre :
Cinge-
bant lati ces montem, etc.
Il se pourrait qu'il faille aujourd'hui mettre une sourdine à cette affirmation et … le baptistère de la voie Salaria semble devoir être celui que les Acta trop dédaignés ont voulu désigner *,
Nous baptistére de Pontien dans le cimetière de ce nom (fig. 1322).
L'origine historique du baptistère n'est attestée que par des légendes hagiographiques auxquelles on ne saurait prêter l'attention qui leur a été trop longtemps accordée.
A côté de la sépulture des saints Abdon et Sennen, on voit encore aujourd'hui un bassin carré, creusé dans le tuf dont les dimensions sont 1,14 en profondeur, 1,30 de large, 1,035 de long, 1,40 en diagonale.
Sur le bord de la piscine, probablement en face de l'escalier par lequel on y descendait, se dressaient les deux statues du Christ et de Jean, en argent, presque de grandeur naturelle, séparées par un agneau d'or dont la bouche laissait échapper un jet d'eau, à moins qu'il ne sortît du rocher placé sous ses pieds. Tout autour de la piscine sept têtes de cerf jetaient l'eau par la bouche. Depuis le pontificat de Silvestre jusqu'à celui de Sixte III (432-440) c'est-à-dire pendant un siècle environ, nous n'entendons plus parler du baptistère du Latran.
Le sac de Rome par Alaric, en 410, avait particulièrement éprouvé les trésors des églises. On a dit que le Latran avait été épargné ou du moins qu'il était rentré dans ses biens dérobés. Le passage de Genséric fut plus désastreux encore (455). Entre ces deux désastres se place le pontificat de Sixte III qui entreprenait divers travaux dans le but de réparer les spoliations accomplies. On ne saurait dire si le baptistère constantinien avait eu particulièrement à souffrir, ce qui est certain c'est que le pape y fit exécuter de grands travaux. Hic constituit columnas in baptisterium basilicæ Constantinianæ, quas tempore Constantinii Augusti fuerant congregatas, ex metallo porphyretico numero VIII, quas erexit eum epistolis suis et versibus exornavit.
Il est probable que le portique, dit de Saint-Venance, avec les mosaïques dont nous avons parlé, avait été construit avec les fragments les plus précieux de la partie centrale consacrée aux ablutions. Intérieurement, les huit nouvelles colonnes de porphyre, on ajusta les morceaux, suivant les entrées de Silvestre. Les pièces de rebut parurent encore sales un siècle plus tard, alors que les matériaux antiques devenaient de plus en plus rares, le pape Sixte se résolut donc à élever un portique dont nous avons la maquette (fig. 1928-1929).
Voici, en cherchant leur histoire sur les matériaux eux-mêmes, comment nous supposons qu'il fut conduit. Les constructeurs du Ve puis en égalisèrent les hauteurs par des chapiteaux de modules différents, chapiteaux que les ruines environnantes leur fournirent facilement. On reprit ensuite les fragments d'entablement qui n'avaient pas été utilisés au portique de Saint-Venance, on supprima le membre supérieur, on retailla une moulure par dérivements, enfin, ce qui n'est pas la moindre révélation que nous offrent ces marbres, on y prépara, par commencement de courbure, la naissance de la voûte annulaire.
Cette voûte, détruite par Paul III, ne nous est plus rappelée que par cette amorce et par une gravure de Lafreri. Les moulures auxquelles elle se rattache, et qui, par leur style, appartiennent notoirement au Ve, ne laissent aucun doute que cette n'ait été construite par Sixte III. La partie supérieure de l'édifice du saint pape nous est moins connue, cependant nous avons retrouvé des cintres antiques dans les murs du périmètre qui accusent une certaine hauteur au-dessus de la voûte annulaire, et d'ailleurs l'inclinaison du toit du portique de Saint-Venance à elle seule une raison déterminante pour supposer une coupole beaucoup plus élevée.
À la place de la porte actuelle, s'élevait un autel dont Panvinio assure avoir vu les vestiges. En tous cas, l'entrée unique était à l'est.
M5 BAPTISTÈRE
AD FONTEM VITAE HOC ADITV PROPERATE LACONSTANTIS FIDEI IANVA CHRISTVS ERIT
Sixte III trouva cette inscription insuffisante et fit graver sur l'entablement octogone du baptistère l'inscription métrique suivante, à raison d'un distique sur chacun des côtés de l'octogone :
TUR ALMO
FONS HIC EST VITAE QVI TOTVM DILVIT OR-
BEM
1ù QVEM VETEREM ACCIPIET PAOFERET VNDA
INSONS ESSE VOLENS ISTO MVNDARE LAVA-
SEV PATRIO PREMERIS CRIMINE SEV PRO-
TERREAT HOC NATVS FLVMINE SANCTVS [ERIT
Le pape Hilaire (461-468) est l'auteur d'un ensemble de constructions qui modifia considérablement l'aspect du baptistère de Sixte III (fig. 1990). Voici ce que nous apprend à ce sujet le Liber pontificalis : Hic fecit oratoria III in baptisterio basilicæ Constantinianæ, sancti Johannis Baptistæ et sancti Johannis evangelistæ et sanctæ Crucis, omnia ex argento et lapidibus pretiosis : confessionem sancti Johannis Baptistæ ex argento qui pens. lib. €, et crucem auream ; confessionem sancti Johannis evangelistæ ex argente, pens. lib. €, et crucem auream ; in ambis oratoriis ianuas æneas argentoclusas.
Oratorium sanctæ Crucis : confessionem ubi lignum posuit dominicum ; CRUCENL auream cum gemmis, qui pens. lib. XX ; ex argento in confessionem, ianuas pens. lib. L ; supra confessionem arcum aureum qui pens. lib. 11, quem portant columnæ unychinæ, ubi stat agnus aureus pens. lib. 11 ; coronam auream ante confessionem, factam et purphyretieis.
L'oratoire de Sainte-Croix, aujourd'hui détruit, était situé au nord entre aujourd'hui au baptistère en venant de la ville.
Les arbres qui portaient cette frise furent employés par le pape Jean XI, en 956, à décorer la chapelle de Saint-Thomas, fondée par lui, dans le portique de Saint-Jean-de-Latran, près de l'entrée principale ; ils diffèrent et subsistèrent avec sa décoration de mosaïques jusqu'au commencement du XVIe.
Il nous reste à parler du nymphée et du triportique ; dont l'auteur de la notice d'Hilaire donne exceptionnellement la description. Au centre de la cour se trouvait le nymphée se composant d'un lacus ou bassin en porphyre, au milieu duquel une vasque striée, conca, laissait échapper un jet d'eau ; deux autres vasques striées concas raiatas, étaient supportées par colonnes cannelées en porphyre et disposées à droite et à gauche.
En ce qui concerne les colonnes de grande magnitude quæ dicuntur exalonpentaicas, c'est réduit aux conjectures. Le portique régnait sur les côtés de la cour (triporticum….. circumdatur a) étaient encore à leur place primitive quand l'inscription fut copiée, entre 821 et 826, par le collecteur de la Sylloge Laureshamensis. C'est donc entre le milieu du IXe et le milieu du Xe qu'a commencé la destruction du portique d'Hilaire.
Au XVIe, au temps où écrivait Panvinio, la cour existait encore, mais il n'y avait plus trace du nymphée ; du portique lui-même, il ne restait plus que sept colonnes et trois pilastres.
La notice de Silvestre (314-335) parle d'un baptistère élevé par Constantin à la demande de sa fille et de sa sœur Constance. Il s'agit peut-être de l'édifice désigné sous le nom de mausolée de Sainte-Constance, dont le centre aura pu offrir une piscine, puisque le sarcophage de porphyre de Constantin et Hélène a été trouvé dans une chapelle.
Les mosaïques : Dieu donnant sa Loi à Moïse et le Christ donnant la Loi à saint Pierre, peuvent s'interpréter de l'initiation baptismale et de la façon dont on en concevait l'expression au IVe. Mais ceci, qui n'était que conjecture, ne l'est plus depuis les fouilles qui ont montré avec évidence que l'édifice césie à est un ancien baptistère et a été utilisé comme tel.
La notice de Sixte III mentionne : Auius temporibus fecit Petrus episcopus basilicam in urbe Roma sanctæ Savinæ, ubi et fontem construxit ; enfin la notice de Symmaque (498-514) mentionne la création d'une basilique de Sainte-Agathe, via Aureliæ, in fundum Lardarium, a fundamento cum fonte consépuell.
BAPTISTÈRE
Un baptistère construit par les soins de saint Damase (366-384) attenant à la basilique de Saint-Pierre nous est connu par un poème damasien : Cingeban lati ces montem, elec.
L'oratoire de Saint-Jean-Baptiste est à droite, de Saint-Jean-Evangeliste à gauche de l'octogone.
L'oratoire de Saint-Jean-Baptiste remet en mémoire le mausolée de Galla Placidia à Ravenne. Il a conservé sa forme et les mosaïques de ses voûtes. Le vestibule qui le précède est plus large que long et formé de trois exèdres à fond droit.
L'encadrement de la porte de bronze remonte au pape Hilaire et l'architecture présente cette inscription :
422 sommet, le faite d'un tour plus étroite dont le parement est évidé par les arcatures. Une porte au nord et une au midi sont les points de départ des escaliers conduisant à la galerie supérieure. La piscine est octogonale, on y descend par deux gradins, Le rez-de-chaussée offre de grandes niches dont l'une creusée circulairement sert d'abside, Nous trouvons ici un chainon de la généalogie des anciennes rotondes simples voûtées telles que le temple de Portunus à Ostie, le temple octogone du palais de Dioclétien à Spalato, l'église constantinienne de Saint-Marcellin-et-Saint-Pierre, Saint-Georges de Thessalonique, les deux rotondes milanaises de Saint-Aquilin et de Saint-Sixte, tous édifices dont la filiation remonte au Panthéon de Rome.
Description et vue d'ensemble du monument
Le baptistère d'Arsago appartient au type de la rotonde annulaire que la complication de ses formes a empêché de se vulgariser. À Asti, on l'a simplifié en le privant de sa galerie haute ; au Latran et à Sainte-Constance à Rome, nous avons le type parfait. On lui a préféré le type de la rotonde simple, lequel s'applique avec tant de convenance aux baptistères, notamment à Ravenne et à Florence, qu'on peut y voir, en quelque sorte, leur disposition normale.
Les baptistères de style lombard se composaient ordinairement d'une enceinte polygonale, couverte en charpente ou voûtée et abritant une piscine centrale. Tel était le cas au baptistère de Varèse, avant la restauration du Xe, à Agliate, à Lenno, Oggiono, Parme, etc., tandis que Albenga et Agrate-Conturbia présentent des formes plus recherchées ; notamment celui d'Albenga, pareil, dans sa structure, à celui de Novare, Asti. Rotonde annulaire sans la galerie haute.
Bari. Baptistère circulaire à l'extérieur, dodécagone à l'intérieur, paraît remonter au IVe. Bologne. Rotonde ayant servi de baptistère ; désignée sous le vocable du Saint-Sépulcre et de Calvaire, Rotonde annulaire ; dodécagonale avec collatéral annulaire ; renferme un puits ancien destiné apparemment à alimenter la piscine. Cf. Gozzadini, Del restauro di due chiese monumentali nella basilica stephaniana di Bologna, in-4, Modena, 1878 ; Osten, Bauwerke in der Lombardie, pl. V ;
Cividale (Frioul). L'ancien baptistère se trouve actuellement dans la collégiale, à l'entrée de la nef latérale de droite. C'est un édifice octogone en marbre. La piscine centrale est entourée par une balustrade servant de piédestal à huit colonnettes disposées dans les angles. Des dalles évidées en plein cintre réunissent ces colonnettes et donnent à l'ensemble l'aspect d'un ciborium qui a pu supporter autrefois une toiture. La balustrade est ouverte sur deux côtés pour donner accès à la piscine, dans laquelle on descend par un gradin. Le petit édicule, dont l'élégance est remarquable, appartient à une époque de pleine décadence, et aux environs de l'année 797.
Le baptistère est couvert à profusion de sculptures et d'inscriptions qui nous apprennent que ce monument date du pontificat de Callixte, patriarche d'Aquilée.
Voici l'interprétation de ce texte : Nisi quis ex aqua et spiritu renatus fuerit, non videbit regnum æternum, testante Deo cum Christo. Veniens in Jordanem, sacravit mystico baptismate. Nitens piorum regnum paluit. Cernu les tequrium beati Calisti quad ornat vibrante marmoreum.
Une partie de l'inscription, celle qui occupe le côté du plan, porte en outre ces mots : M HI EX FVIT : REHEDIFICATUM. HOC. BAPTISTERIVM. Cette inscription est évidemment distincte et se rapporte à la reconstruction du baptistère.
Sur le côté E de la balustrade, on lit au milieu de la dalle historiée, SICVALD : BAPTESTA un pairiaess baptistére € HOC TIBI RESTITVIT : IOHANNES. Sicvald ou Sigwald serait d'Aquilée vers 774, qui aura embelli et conservé ce souvenir par une inscription.
Nous traiterons ailleurs des sculptures de ce petit édifice. Voir Cividale et Pemmonte, Cf. Eitelberger von Edgar, Cividale in Frioul und seine Monumente, 1-4, Wien, 1857 ; L. del Torre, Lettera intorno alcune mura cristiane scoperte nella citta di Friuli, dans e qu'en 1520.
Le pavement composé de fragments de marbres blancs et noirs laisse encore voir les traces de l'ancien bassin octogone remplacé par un
Lenno (Lac de Côme). Cf. Barelli, Rivista archeologica della prov. di Como, décembre 1876, fasc. 10, p. 1 sq., pl. 1.
Milan. Le baptistère du temps de saint Ambroise, dans lequel saint Augustin fut baptisé, est désigné par l'évêque de Milan sous le nom de basilica baptisterii. Il n'en subsiste rien. C'était un édifice octogone situé au midi de la basilique neuve, à peu de distance de l'église Sainte-Thècle, à la place où s'élève aujourd'hui le chœur de l'église des Corte. Il portait le vocable de Sanctus Johannes ad fontes et parfois celui de fons Theclæ.
Nous avons cité plus haut les seuls vers ayant un intérêt archéologique dans la composition métrique consacrée par saint Ambroise au baptistère. Corp. inser. lat, t. V, part. 2, p. 617, n. 2 ; De Rossi, Bull. di arch. crist., 1876, p. 12.
Naples. Baptistère de Sainte-Restitute, cf. Nuovo.
Vue du baptistére de S. Giovanni-in-fonte à Ravenne D'après une photographie. “ Ries sur lesquels est posée une croix. Visiblement l'artiste a voulu montrer ici la coupe transversale d'une basilique chrétienne, avec ses trois nefs où, dans les absides latérales, sont placés aux côtés de l'autel les sièges de l'évêque et de l'empereur, où, au fond de l'abside centrale, entre des chancels de marbre, se dresse le trône symbolique où Dieu viendra s’asseoir au jour du jugement. C'est déjà le motif que l'icône chrétienne traitera plus tard si fréquemment sous le nom de « préparation au trône » (étimasie). Il n'est point sans intérêt non plus de remarquer qu'une décoration architecturale toute semblable se trouve dans les mosaïques de Saint-Georges de Salonique, qu'on date du sixième siècle, et dans celles de la basilique de Bethléhem. De même, c’est d’une influence orientale que semblent s'inspirer les représentations d'animaux, paons, faisons, colombes, qui occupent les espaces mêmes nagés sous la zone inférieure entre la courbe des arcs. On retrouve des motifs tout pareils dans la décoration de Saint-Georges de Salonique. Enfin, autour du médaillon central, sur un fond bleu d'une rare intensité lumineuse, une bande circulaire enferme les images des apôtres, portant des couronnes sur leurs mains voilées, ils s'avancent majestueusement en deux files, Pierre et Paul à leur tête. Mais les galeries séparent le baptistère de la basilique. La cuve a ses figures selon les meilleures traditions de l'art antique ; à chacun de ses apôtres, il a donné un type original, individuel, irrégulièrement réaliste et vivant. Ce sont des portraits qu'il a voulu faire, avec ces peintures si curieuses récemment ouvertes dans les nécropoles du Fayoum. La même recherche de la nouveauté lui a fait substituer à la monotonie des vêtements uniformément blancs, l'alternance des tuniques claires ou sombres, correspondant aux teintes en jaune d'or ou en blanc. Et tout cela, les mosaïques de la coupole du baptistère ont quelque chose d'assez particulier. Sans doute, la décoration du mausolée. C'est la même prédilection pour les fonds bleus, la même science du coloris, plus riche encore avec ses admirables touches de violet et l'orange, avec l'emploi de l'or qui y est fait, plus original peut-être au baptistère, par la curieuse prédominance de la lumière. La même habileté à poser les figures, à dessiner les gestes et les draperies, où revit quelque chose de la tradition antique. Mais tandis que le mausolée nous offre un ensemble d'une tenue parfaite, d'une harmonie parfaite, au baptistère la recherche de l'originalité a produit quelques disparates. Ainsi, les attaches y sont moins heureuses, la connaissance clairement encore qu'au mausolée y apparaissent les mosaïques du baptistère de Naples, des preuves non moins éclatantes.
La piscine comporte une échancrure avec une espèce de niche et un pupitre en marbre ; on y accède par deux marches.
Ravenne possède, tout à côté de San Spirito, le baptistère des Ariens, de plan presque pareil à celui du baptistére des orthodoxes que l'on vient de décrire. Mais la décoration n'offre rien qui mérite de retenir particulièrement l'attention, c'est une copie maladroite, inintelligente ou grossière qui permet de vérifier la rapidité de la décadence de l'art.
À battistero della basilica Ursiana di Ravenna, P. D. 1900.
G. Orti, Intorno all' antico battistero della chiesa Veronese, in-8, Verona, 1843 ; Di due antichismi cristiani Veronesi, in-8, Verona, 1840.
ISTRIE. — Grado. Baptistère avec un collatéral à mezzanine polygonale au dehors, date de 571 à 586.
Parenzo possède un baptistére très ancien, situé à côté de la cathédrale. Il doit sa forme actuelle à l'évêque Euphrasius qui occupa le siège épiscopal pendant une partie de la première moitié du sixième siècle. On sait que ce baptistère avait remplacé celui du quatrième siècle, qui s'élevait sur un baptistère du troisième siècle. C'est très séduisant, mais la discussion de cette opinion doit prendre place ailleurs. Voir Parenzo.
Le baptistère mesure dans sa plus grande largeur 8 mètres, la piscine hexagonale a 3 mètres de diamètre.
Nous avons ici CE. De Rossi, Bull. di arch, crist., 1876, p. 73.
Lui ne sont point sans analogie, par la sincérité de l'exécution, appartiennent à la même école qui a créé la décoration de la basilique : c'est la même beauté de l'ornementation, la même forme humaine moins irréprochable. Malheureusement, les influences orientales dont est profondément pénétré, comme d'autres œuvres de ce temps, par exemple dans les mosaïques de la basilique de Parenzo, sont moins visibles ici.
XXII. DALMATIE. — Spalato (l'ancienne Salone). Le baptistére annexé à la basilique est connu depuis un demi-siècle. C'est un édifice octogone flanqué de deux chambres. La piscine est carrée, on y descend de trois côtés par des degrés de deux marches. Sur la quatrième face du carré, il semble qu'on avait élevé une sorte de petite banquette à hauteur d'appui pour l'évêque ; quelque chose peut-être dans le genre de ce qui se voit au baptistère de Saint-Jean-des-Fonts à Ravenne.
Fr. Lanza, Monumenti Salonitani inediti, in-8, Vienna, 1856, pl. 1, n. 2 ; le travail capital est celui qui a paru dans le Bullettino di archeol. e storia dalmata, 1902, pl. v, vue en 1901 ; pl. 1x ; 1903, p. 937, pl. vi : Basilica épiscopale urbana ; 1904, pl. v-vr, plan général ; De Rossi, Bull. di arch. crist., 1877, p. 108 ; Conze, Römische Bildwerke einheimischen Fundorts in Österreich, part. 1, dans Denkschriften der kais. Akad. des Wissensch., Wien, 1872, t. xx1, p. 17.
XXIV. GRÈCE. — Navarin. Église précédée d'un baptistère octogonal à huit portiques et couvert, cf. A. Blouet, Expédition scientifique de Morée, in-fol., Paris, 2834, t. 1, pl. at, 1.
Constantinople. — On trouvera les témoignages relatifs au baptistére de Constantinople dans Du Cange, Constantinopolis christiana ; dans W. R. Lethaby et H. Swainson, The church of S. Sophia Constantinople. A study of byzantine building, in-8, London, 1896, p. 18, 19, 20, 81, 4106, 132, 152, 155, 183, 209, 217.
Avant l'achèvement de Sainte-Sophie, Justinien fit ériger proche de l'église un baptistère consacré à saint Jean. C'était un édifice circulaire surmonté d'une coupole dorée.
On remarquera la forme carrée de la piscine et du baptistère, c'est une de celles qui se rencontrent le plus rarement, Les catéchumènes se tenaient dans la chambre C et entraient par la porte H ; ils n'avaient donc pas mis le pied dans l'église. Le clergé et probablement les néophytes faisaient usage de la porte N, Le pavement du baptistère était de mosaïque, L'édifice parait n'être pas antérieur au VIe.
XXVII. Précisément. — Eusèbe Pamphile nous a laissé une description précieuse de la basilique de Tyr, élevée en 314 par l'évêque Paulin, C'était l'édifice chrétien le plus spacieux qui eût jamais été construit jusqu'alors. Eusèbe mentionne l'existence de fontaines (xpvau), servant à se laver les mains, disposées dans l'atrium, et fait entrevoir plus qu'il ne décrit les constructions adjacentes à la basilique (i£ééoas al otxous), adossées peut-être à celle-ci (is mieupà) et rattachées à l'entrée principale (rats dri sv pécov oluov sicéoiaus fumuévouc), Ces bâtiments étaient destinés à ceux qui souhaitaient recevoir la purification et l'aspersion (repipoavrnotw) de l’eau et de l'Esprit saint, Tout ceci est à la fois très vague et très clair ; des fouilles seules auraient pu préciser ces détails et mettre sur la voie des institutions en vigueur en 314, pour les catéchumènes de l'Église de Tyr, malheureusement les fouilles n'ont pas rempli l'attente des historiens et des archéologues. L'exploration des ruines de la cathédrale par S. N. Sepp, en 1545, lui fit découvrir, suivant son opinion, le baptistère primitif dans le collatéral gauche. Dans la basilique reconstruite au XIIe, un baptistère de même type se trouve dans le collatéral de droite, touchant le transept.
De nouvelles fouilles, entreprises en 1874, dans une des constructions adjacentes à la basilique, ont amené la découverte d'une cuve affectant la forme crucifère, _candum evangelium. Aditus sit unus, exilus vero sin. Elle aurait dans la suite, comme tant d'autres cuves « baptismales », servi à des inhumations. À peu de distance furent relevés des fragments d'autel et de sarcophage, de décoration encore classique et pouvant remonter au IVe. Ce serait le baptistère identifié en 1845. Sa longueur est de 1,98 (sans compter les escaliers), sa profondeur 0,82. On en voit encore l'emplacement. Selon S. N. Sepp, ce monument serait le baptistère primitif et le plus ancien existant à l'heure actuelle. Sa profondeur minime a fait préjuger qu'il ne servait qu'aux baptêmes d'enfants. Quoi qu'il en soit de ce dernier point, la découverte, demeurée peu connue, est d'une réelle importance.
Sepp a rencontré dans une chambre creusée dans le roc une source dont l’eau a 0,99 de profondeur et qu'il identifie avec la source de la fontaine de l'atrium dont parle Eusèbe, Et à ce propos il est intéressant de rappeler les conditions imposées par le Testamentum Domini à l'installation des baptistères : Intra atrium sil æ des baptisterii habens longitudinem viginti el unius cubitorum, ad præfigurandum numerum completum prophetarum, et latitudinem duodecim cubitorum pro adumbrandis iis qui constituti fuerunt ad prædices. Veluni ex bysso pura confectum habeat altare, quoniam est inimaculatum. Similiter domus baptismii sil velo obtecta. Nous ne mentionnons que pour l'écarter le soi-disant baptistère trouvé par Wood sur l'emplacement du forum d'Éphèse. On sait que Wood a été constamment mal inspiré dans l'attribution qu'il a faite de monuments chrétiens. Le baptistère de Djebeil (Byblos) est de l'époque des XVIIIe.
SYRIE CENTRALE. — La conservation exceptionnelle des édifices chrétiens de la Syrie centrale nous permet d'y étudier les baptistères avec quelque détail ; ce qui est d'autant plus notable que parmi les types de baptistères de cette région il en est un qui reparait beaucoup plus fréquemment que les autres et dont il y a, par conséquent, quelque mérite à s'affranchir. Il consiste dans un local carré ou rectangulaire, pourvu ou non d'une abside et contigu à l'église. Nous l'avons rencontré déjà à Babiska (fig. 1163) et à Bamougqa (fig. 1299), nous le retrouvons à Ksedjbeh (fig. 1347), à Dar Kita (fig. 1348), à Dauwart (fig. 1349) et on peut dire aussi à Bettir. Les baptistères de Babiska et de Ksedjbeh datent respectivement de 401 et de 414 ; celui de Dar Kita (église de Paul et Moïse) qui s'en distingue, comme nous le montrerons plus loin, est daté de l'année 422, par conséquent contemporain des précédents. Mais cette tentative demeure isolée ; puis c'est à Dar Kita, en 537, que nous retrouvons, dans l'église Saint-Serge, un baptistère sur le modèle ordinaire. Si on considère les plans que nous avons rapprochés ici, on constate facilement que nous nous trouvons en présence d'un type unique pendant une longue période de développement. Cependant nous ne pensons pas que l'église de 401 à Babiska soit la plus ancienne construction élevée d'après la pensée dont nous suivons ici les étapes.
La petite église de Bettir, située dans la partie septentrionale du Djebel il-A'la, doit certainement dater de la première moitié du Ve, et le baptistère n'est pas encore contigu à l'église et cependant il s'y rattache déjà, mais il en est néanmoins séparé, et il est carré, sans abside et d'un modèle le plus simple. Avec Bettir comme point de départ, il est aisé de suivre la pensée des architectes, ramenant d'abord l'édicule, le soudant à l'église, découpant dans l'épaisseur de la muraille une niche qui, peu après, deviendra une véritable abside, bien que de proportions toujours exiguës. Quelques autres baptistères de forme carrée ou rectangulaire se rencontrent encore, par exemple à Rbeah (fig. 1450) et à Bashmisli. L'intérêt qui s'attache au baptistère de Rbeah n'offrirait rien de très particulier s'il ne nous faisait voir une église du type le plus ancien en Syrie, celui qui se rencontre à Nuriveh, avec une addition d'époque postérieure. L'abside de Rbeah, avec ses deux chambres flanquées de chaque côté, n'offrait pas l'espace suffisant pour l'établissement d'un baptistère ; on en a donc construit un de dimensions relativement grandes par rapport à l'église. On remarquera l'originalité qui le distingue de ceux de Ksedjbeh et Dar Kita et de Bamougga ; l'abside est tournée au sud tandis que l’église elle-même est orientée à l'ouest. Extérieurement, le baptistère présente une particularité décorative qui se rencontre au baptistère de Déhés et à celui de Bakirha, c'est une bande moulurée qui règne tout autour de l'édifice aux deux tiers environ de sa hauteur et donne l'impression d'un premier étage. Cette impression est d'autant mieux produite qu'à Bakirha comme à Rbeah on a percé de rares fenêtres au niveau de cette moulure.
Le baptistère de Bashmishli est contemporain de celui de l'église Saint-Serge à Dar Kita, il est daté de l'année 536. On pourrait douter de la destination primitive de cette construction parce qu'elle est aujourd'hui complètement isolée et qu'on ne connaît guère d'exemple, dans les temps anciens, d'un baptistère construit ailleurs que dans le voisinage d'une église. M. H. C. Butler suppose que l'église adjacente aura été entièrement rasée et utilisée dans la construction des maisons modernes. La porte d'entrée est décorée de moulures. Le baptistère un peu rudimentaire de cette dernière église, Ksedjbeh, mais sa situation par rapport à l'église est nouvelle et ne sera guère goûtée puisqu'on n'y reviendra pas. Il faut donner le plan de l'église afin de se rendre compte de cette disposition nouvelle. Le baptistère est situé à l'angle sud-ouest de la cour formant en quelque manière le cloître adjacent à l'église. L'est un édicule dont les dimensions différent peu de celles des autres baptistères, puisque le baptistère de Ksedjbeh présente 2,20 en carré et celui de Dar Kita 2,75. L'ouverture de l'abside est de 1,85. À l'intérieur de l'abside, il y a un parapet haut d'une coudée et large de 0,4 millimètres ; derrière ce parapet, le parement est abaissé au-dessous du niveau du reste de l'édifice, procurant ainsi une piscine de forme semi-circulaire dont le rayon est de 0,74. Il y va des ouvertures ménagées dans le mur pour l'adduction et l'écoulement de l'eau. À gauche du grand arc, quand on lui fait face, on voit une armoire dans l'épaisseur du mur.
La conque de l'abside est dans un état d'excellente conservation et se trouve être, quoi qu'à une échelle réduite, un des exemplaires les plus complets pour le baptistère de Saint-Serge, à Dar Kita. La porte principale du baptistère est surmontée d'une arcade à cinq voussoirs ornée de moulures. La fenêtre qui surmonte la porte de l'ouest rappelle une fantaisie chère aux architectes syriens. Les pointures des pierres ne sont ni verticales ni horizontales et présentent l'aspect des constructions polygonales appelées si gratuitement « cyclopéennes ». La partie supérieure du baptistère comporte une corniche qui devait supporter une toiture élevée en bois. Les baptistères carrés de la Syrie centrale, bien qu'ils soient proportionnellement les plus nombreux, n'excluent pas absolument les constructions octogonales. Il va sans dire que Kalat Seman (voir t. 1, fig. 801) n'a rien de commun avec les baptistères, et nous pouvons à tout d'abord l'écarter. Mais il reste encore Deïr Seta et Moudjeleia. Deïr Seta est un hexagone dont il ne subsiste que deux côtés (fig. 15%, 1956). Cet hexagone est amorcé par l'angle du nord à une cour pavée ornée d'une colonnade dans la direction de l'église dont dépendait le baptistère. L'édifice offrait un hexagone régulier de 15 pieds de côté, soit 30 pieds de diamètre. En 1865, la mission de Vogüé signalait un portique intérieur écroulé, entourant la cuve centrale, invisible sous les décombres. Il ne subsiste rien aujourd'hui des six colonnes de ce portique ni de la décoration intérieure. De la décoration extérieure, il restait une face assez bien conservée et des soubassements permettant de constater qu'on pénétrait dans le vestibule par trois portes seulement. Nous donnons ici la porte de l'est qui présente une disposition intéressante à cause de la présence, assez fréquente dans les édifices religieux de la Syrie centrale, de fenêtres flanquant la porte.
Un simple coup d'œil sur le plan du baptistère de Moudjeleia suffit à faire voir l'ingénieuse combinaison de l'architecte syrien qui l'a exécuté (fig. 17). Ce sont, semble-t-il, deux fragments soudés avec une rare habileté ; l'un est le type de la basilique absidale, l'autre une partie inaltérée d'édifice octogonal réduit à cinq faces seulement. Les colonnes du portique sont disposées à la manière des édifices classiques. On jugera de cet ensemble dans l'essai de restauration présenté par MM. de Vogüé et Duthoit (fig. 1358). La mission américaine de 1900 a trouvé l'édifice assez dégradé depuis une trentaine d'années. Il faut donc s'en remettre au plan et aux conjectures de la mission de 1865. Le baptistère avait deux entrées sur ses murs latéraux et cette disposition reparaissait dans l'abside qui communiquait avec les deux chambres latérales. L'arc de l'abside était orné avec une grande simplicité d'une moulure peu profonde. Les chapiteaux étaient en encorbellement ; type fréquent dans les constructions d'usage domestique et rare dans les églises, puisqu'on ne le rencontre guère qu'à Moudjeleia et dans l'église de Betoursa, peut-être aussi dans la basilique de Rouwéiha, mais celle-ci pourrait avoir été un édifice civil, à l'origine du moins. Il faut signaler une disposition originale. Les arcs du portique intérieur, au lieu d'être
L'arc de l'abside était orné avec une grande simplicité d'une moulure peu profonde. Les chapiteaux étaient en encorbellement ; type fréquent dans les constructions d'usage domestique et rare dans les églises, puisqu'on ne le rencontre guère qu'à Moudjeleia et dans l'église de Betoursa, peut-être aussi dans la basilique de Rouwéiha, mais celle-ci pourrait avoir été un édifice civil, à l'origine du moins. Il faut signaler une disposition originale. Les arcs du portique intérieur, au lieu d'être appareillés, sont évidés dans un monolithe et posés horizontalement (fig. 1359-1360). Dans la petite basilique du même village de Moudjeleia les arcs de la nef sont dé coupés dans deux assises. En pareil cas le bandeau fait partie du même bloc que l'archivolte, disposition un peu naïve qui témoigne chez les constructeurs d'une science peu avancée. Il eût été plus rapide et plus logique de renoncer à ces « découpures » afin de poser directement le bandeau sur les colonnes. Mais il est vrai que si les architectes n'ont pas adopté cette disposition, ils la connaissaient et l'écartaient volontairement ; nous les voyons, en effet, adopter cette méthode dans la construction de la plupart des façades des habitations privées et l'écarter systématiquement de la construction des églises. La seule basilique de Betoursa offre un exemple d'architraves dans l'architecture religieuse de la Syrie centrale. Le baptistère de l'église de l’est, à Déhès, mesure 6 mètres carrés, c'est-à-dire à peu près deux fois comme celui de l'église de Moïse et Paul à Dar Kita. Il n'a pas d'abside ce qui le rattache au type des plus anciens baptistères syriens, Cet édicule est placé contre la face sud d'une longue église dont l'axe est dirigé de l'est à l'ouest : il est à côté d'une des portes latérales : lorsqu'on sortait de l'église, on avait immédiatement à sa droite la porte du baptistère. Une large moulure, courant autour de la façade, simule un étage. Une seule entrée est surmontée de trois fenêtres dont l'ornementation n'offre rien d'original. Le linteau de l'entrée est bien décoré, mais il est surtout digne d'attention à cause d'une célébre inscription.
L'inscription du baptistère de l'église de l'est, à Dêhés, présente une grande importance. Découverte en 1862 par M. de Vogüé, elle demeura lettre morte pour tous les épigraphistes parisiens auxquels elle fut soumise, Ce ne fut qu'en 1879 que M. Sachau découvrit l'inscription trilingue de Zebed, trouvaille qui époques primitives ont assez souvent écrit : D'après de Vogüé, Syrie centrale, pl. 63. En effet, les textes sont bien gravés d'après ce système, les lignes sont dirigées horizontalement, de sorte que pour les lire, il faut faire un quart de cercle, puis commencer par le haut en descendant.
La seule reproduction exécutée par M. de Vogüé dans les plus mauvaises conditions, ne permit à M. Sachau que la lecture des 2 et 4 mots. Quelque temps après M. Prætorius put lire les deux derniers mots. Lecture d'ailleurs incorrecte, - du moins pour le dernier mot, ainsi que nous le verrons plus loin. En 1885 le professeur Moritz et en 1895 le professeur Van Berchem prirent des estampages nouveaux de l'inscription ; l'estampage de M. Max Van Berchem fut reproduit par M.de Vogüé ! et il l'est ici même (fig. 1361). M. de Vogüé donna, d'après cet estampage une lecture nouvelle de l'inscription, Peu après parut l'interprétation de M. Moritz d'après son propre estam_ page ; enfin, en 1906, nous avons eu la copie de M. E. Littmann associé à la mission américaine ?, Ces trois lectures différent les unes des autres pour quelques variantes, D'après la figure 1962, on voit que le texte est séparé en deux parties, La première partie est située à gauche du médaillon central ; la seconde partie à droite ; mais faute de place, le lapicide a dû replier sur le chambranle la ligne commencée. Alors, il a renoncé au système vertical et il a continué suivant le système ordinaire ; ainsi donc l'inscription doit être lue verticalement dans ses parties horizontales et horizontalement dans sa partie verticale.
Le linteau mesure 2m22 en longueur et 0m43 en hauteur ; dans la partie horizontale de l'inscription les lettres mesurent 2 à 5 1/2 cent. en hauteur et 1 1/2 à 3 cent. de largeur. Le lettres disposées perpendiculairement occupent 0m30 cent. en hauteur. Les indications qui précédent et les références bibliographiques permettront à chacun d'entreprendre sur nouvelles frais la discussion des questions philologiques, grammaticales et paléographiques qui séparent les trois derniers éditeurs, MM, de Vogüé, Moritz et Littmann. Nous donnerons ici la leçon adoptée par ce dernier, En voici la traduction : « Ceci est le baptistère du Dieu vivant et saint qui a glorifié Notre-Seigneur Jésus-Christ et toute son Église. Priez pour Johannan, l'architecte. » M, de Vogüé assigne l'inscription au ve ou au vi siècle ; M. E. Littmann adopte la date : « environs de l'an 500, » À cette époque, la séparation de l'Église syriaque monophysite et de l'Église orthodoxe est un fait accompli, mais ce ne serait pas là un argument indiscutable, car l'hostilité entre les deux fractions ennemies se prolongea sans que la rupture fût absolument consommée jusqu'au temps de Jacques Baradaï, mort en 578. Ce qui présente dans cette inscription un profond intérêt, c'est l'emploi qu'on y fait de la langue indigène dans une région et à une époque où on ne rencontre que des inscriptions grecques. Ce fait confirme ce que nous savons d'un mouvement national soulevé au v-vi siècle en faveur de la langue indigène et coordonné à la tentative d'organisation d'une Église syriaque nationale. D'après cet indice il paraitrait admissible que l'inscription eût un monophysite pour auteur.
Une étude, même sommaire, des baptistères syriens serait trop incomplète si, à la suite des édifices carrés que nous venons de décrire, nous ne réservions une place à deux baptistères octogonaux, l'un à Kalat Sema'n, l'autre à Saint-Georges d'Ezra. Le premier a des faces de l'octogone et rappelle le principe des trois absides à l'orient ; le second étage est percé de fenêtres et décoré à l'intérieur comme à l'extérieur par un toit conique en charpente dont il ne subsiste rien, La hauteur totale n'est pas absolument certaine, elle pourrait avoir été de 45 pieds soit 15m75 environ. Le mur du bas-côté à 6m90, l'étage inférieur de l'octogone, bandeau compris 10m85, L'inclinaison du toit des bas-côtés est celle de l'hypothénuse du triangle « parfait » ; les points principaux de la façade sont donnés par l'intersection de lignes parallèles à cette inclinaison : la section du toit en charpente devait évidemment avoir le même angle, d'où il résulte que tout le tracé de l'édifice peut se ramener à une combinaison géométrique dont les principaux éléments sont empruntés au nombre 3, à ses multiples 12 et 15, c'est-à-dire aux trois facteurs du triangle parfait.
À côté du baptistère est une petite église B de forme basilicale. L'abside, percée de deux fenêtres, est flanquée de deux tours M et N. Les dimensions du vaisseau sont : longueur 11 mètres, largeur 15m75, nef centrale 6m30, bas-côté 3m15 dans œuvre. Il est impossible de ne pas être frappé par le choix de ces nombres (60, 45, 18, 9 pieds) et leur rapport. Le baptistère de Saint-Georges d'Ezre est, dit M. de Vogüé, le « monument le plus intéressant de tous les édifices chrétiens de cette région, Achevé en l'an 515 de notre ère, suivant une inscription gravée sur le linteau de la porte occidentale, il est parvenu jusqu'à nous sans modification, toujours consacré au culte catholique, pour lequel il a été construit et qui se célébre encore sous ses voûtes vénérables » ?, et
Le plan (fig. 1365) se compose de deux octogones réguliers concentriques inscrits dans un carré ; l'octogone central supporte un tambour et une coupole. Contrairement à la façade orientale de l'octogone extérieur le chœur est flanqué de ses deux sacristies, Chacun des angles du carré est pourvu d'une absidiole, L'édifice compte cinq entrées. Voici les principales dimensions : grand diamètre de l'octogone extérieur 18m250 ; grand diamètre de l'octogone intérieur 10m15 ; largeur du bas-côté comptée sur le même diamètre 8m97 ; largeur du chœur 7m30 ; longueur totale du chœur 8m ; ouverture des exèdres 5m. Tous ces chiffres ramenés aux dimensions par les donnent des multiples du nombre 4 (60, 33, 41, 4, 27, 12 1/2) et le nombre 11 lui-même est le 1/3 de 33,
La façade est élevée sur huit piliers de 15 pieds de hauteur ; ils apportent un tambour de 18 pieds. Une fois sur huit, nous renvoyons à l'étude des méthodes de construction dans notre Manuel d'archéologie (t 11, p. 1) qui trouve ici une application formelle. Les deux dernières assises du tambour sont faites de dalles qui doublent le nombre des pans de l'octogone en 16 côtés ensuite en 42 côtés ; on se rapproche ainsi graduellement de la forme circulaire qui doit servir de base à la coupole. Ce système était connu et pratiqué depuis les siècles par les architectes de la région. La calotte est en blocage et paraît contemporaine de la construction primitive, Sa forme ovoïde est peut-être une pré-réminiscence des origines les plus lointaines de l'architecture syrienne et byzantine, un recul vers les presque oubliés des constructions de l'Asie centrale.
Le reste de l'édifice est en pierres appareillées à la façon irrégulière ; au milieu du tambour on remarque six assises dont les pierres sont enclavées les unes dans les autres. Les trois petites fenêtres qu'on voit sur figure 1366, à la base de la coupole, sont le plus haut exemple connu d'un mode d'éclairage qui recevra à Sainte-Sophie de Constantinople son plein développement, le système que nous avons vu à Chagqä, à Amm, etc. Les piédroits des exèdres sont en saillie sur l'archivolte ; ils recevaient jadis des poutres qui ont pu servir de support à des tentures. L'abside comporte trois gradins en hémicycle, L'autel est dans la première travée du sanctuaire qui communique à gauche et à droite avec le diaconicon et la prothèse. L'entrée principale se compose d'une baie rectangulaire surmontée d'un bel arc de décharge bordé d'une moulure, la seule de tout l'édifice (fig. 1967 et 19368). Le linteau est décoré à ses extrémités de croix et de pampres et porte une inscription dont voici la traduction : « Le rendez-vous des démons est devenu la maison du Seigneur : la lumière du salut éclaire le lieu qu'obscurcissaient les ténèbres ; les sacrifices idolâtriques sont remplacés par les chœurs des anges ; où se célébraient les orgies d'un dieu, se chantent les louanges de Dieu. Un homme qui aime le Christ, le notable Jean, fils de Dioméde, a offert à Dieu, de ses deniers, ce magnifique monument dans lequel il a placé la précieuse relique du saint vainqueur martyr Georges, le saint lui étant apparu, à lui Jean, non en songe, mais en réalité. Dans la neuvième indiction en l’année #10, » L'an 510 de l'ère de Bostra commence le 22 mars 515 et la neuvième indiction le 1er septembre de la même année.
Une piscine baptismale rappelant celle de Tigzirt en Afrique et appartenant comme celle-là à l'époque byzantine, a été trouvée à Beit Aüwa, non loin de Hébron, en Palestine, Beit Aüwa. La piscine pour les immersions est carrée au lieu d'être circulaire comme à Tigzirt. Les dimensions sont les suivantes : côté 0m735, profondeur 0m17, quatre marches hautes chacune de 0m13 et 0m27 conduisaient au fond. La forme est celle d'une croix aux branches arrondies dont les extrémités entre A et B mesurent 1m81, et la hauteur totale 0m86 ! (fig. 1360).
Khürbet Tekria, au sud de Bethléhem, à joui de quelque importance à l'époque chrétienne, mais elle est aujourd'hui entièrement abandonnée ; quelques indigènes vivent dans les caves de constructions minées. On y a trouvé un baptistère d'une bonne pierre rougeâtre. Il est de forme octogonale à l'extérieur et le bassin intérieur est circulaire. Quatre pans de l'octogone portent des motifs ornementaux, ce sont deux croix, une couronne et une combinaison de lignes géométriques (deux carrés entrelacés). Les dimensions sont 1,92 m de hauteur et le cercle inscrit mesure 1,89 m.
Amwas. Un baptistère du IVe a été découvert à Amwas (Emmaüs) dans un édifice de forme carrée pourvu d'une abside. Sur la ligne de jonction du carré et de l'abside, une piscine cruciale aux branches arrondies. Le sol de l'abside est légèrement relevé ; on descend dans la piscine par deux degrés pris dans la branche occidentale de la croix. De chaque côté de la piscine sont deux cuvettes qu'un petit canal met en communication avec la piscine. Largeur de la piscine 3,5 m, profondeur 1,35 m (fig. 1370, 1374).
XXXI. ÉGYPTE. — Une église copte comporte généralement ce qu'on appelle un « bassin de l'Épiphanie » dont les dimensions varient entre 2,64 ou 3,33 m sur 1,98 m et 1,965 ou 0,98 m de profondeur. L'emplacement ordinaire de ce récipient est dans le narthex, ce qui peut laisser supposer qu'on en faisait usage pour la lavation, sans que toutefois on en puisse fournir la preuve. Quoi qu'il en soit, les églises coptes possèdent un autre récipient de moindres dimensions, placé à l'ouest et servant pour le mandatum et les ablutions. Les fonts, proprement dits, n'ont pas de place fixe dans l'église aux environs. M. A. J. Butler les compare aux lavabos des églises d'Occident et déclare qu'on n'y rencontre au Caire aucun vestige de baptistère ayant la forme circulaire ou hexagonale ! Dans ces conditions, nous n'avons pas à nous attarder ici à ces baps incomplets dont nous pourrons parler en traitant des fonts baptismaux. Voir Foxrs. Cependant, à l'église d'Abu Sargah (Saint-Serge) au Vieux-Caire, il y a un autre à l'Adra consistant en deux petites chambres : la chambre extérieure est réservée aux femmes et séparée de la chambre intérieure ; celle-ci occupe une embrasure de fenêtre dans le mur romain. Cette embrasure, qui tout d'abord avait moins de 1,65 m carrés, a été petit à petit agrandie ; une seconde petite embrasure, profonde de 0,99 m, a été creusée dans le mur et une piscine y a été placée au bas et fixée au mur avec du ciment. La piscine se compose d'un bassin rond, le bord est recourbé à l'extérieur ; les côtés en sont élés. Ce bassin a été sculpté dans un bloc de pierre blanche non poli, une très belle pièce de sculpture. L'arc au-dessus du bassin est couvert d'une mosaïque de marbres de différentes couleurs, et les murs sont revêtus de pièces de marbre de différentes couleurs placées verticalement. Une embrasure de peu de profondeur en face de la piscine et une autre à côté sont également ornées d'une mosaïque de nacres et de marbres très riches et très beaux. Le fond du dessin se compose d'une décoration se rapprochant du lotus, décoration bizarre et néanmoins agréable. On se sert encore de ce baptistère mais on ne peut le voir qu'à la lumière des bougies, car il n'a pas de fenêtres ?
Le « couvent blanc » d'Apa Schnouti, situé à Der el Abiod, peut remonter au XIe ou au XIIe, possède une belle église qui présentait peut-être un baptistère situé au sud du narthex. Denon, lors de sa visite en 1799, parle expressément d'une « superbe citerne » qui a pu servir au baptême par immersion*. Le rare ensemble de construction de Deïr el Abiod sera étudié dans sa totalité, nous n'en détacherons donc pas ici une partie curieuse, assurément, mais qui ne semble offrir rien de capital pour notre étude.
Quant à Deïr Abou Sifain, une église du Xe environ y conserve des fonts qui, par leurs dimensions et leurs dispositions, se rapprochent fort des piscines et pourraient être plus anciens que l'église elle-même.
XXXII. AFRIQUE. — Nulle uniformité parmi les baptistères en Afrique ; la disposition et l'aménagement des locaux varient sans limites. Dans l'église d'Orléansville, la seule basilique africaine dont l'année de fondation soit donnée par une dédicace : 324 de notre ère, nous n'avons malheureusement rien d'assuré. L'espace réservé aux fonts se trouvait peut-être dans la nef, immédiatement en arrière du mur de façade, au point précis où s'éleva plus tard une contre-abside abritant le corps de l'évêque Reparatus !, Voir t. 1, fig. 50.
Le baptistère de Castiglione (voir t. 1, fig. 145) entre Tipasa et Alger, est particulièrement digne d'attention. C'est une crypte située sous l'abside de l'église supérieure et offrant exactement les mêmes dimensions. On y accédait par un passage s'ouvrant sur le milieu d'une salle coiffée d'une voûte surbaissée (hauteur maxima 2,40 m), très légère, faite comme les voûtes des deux salles voisines, avec des moellons d'amphores et des tubes en argile emboîtés les uns dans les autres *, et d'autres éléments en terre cuite ayant la forme d'obus. Le fond de cette salle était percé d'une fenêtre. Au centre s'élevait la piscine baptismale consistant en un massif carré de maçonnerie offrant 2,15 m de côté et 0,930 m au-dessus du sol, servant de cadre à un bassin circulaire de 1,10 m de diamètre et de 0,70 m de profondeur, auquel on accédait par quatre petits degrés, deux arrondis et deux rectangulaires ménagés à l'intérieur de la maçonnerie et disposés en croix. Il semble qu'on devait remplir la piscine avec l'eau apportée à la main, car on n'a pas relevé de tuyau d'adduction de l'eau ; au contraire, on a vu le conduit se dirigeant vers le nord qui servait à vider la piscine. De chaque côté de la chambre principale, une porte cintrée donne accès à deux chambres servant d'annexes. Celle de gauche ne reçoit de jour que par une petite fenêtre ; la voûte est en arêtes ; celle de droite présente à ses deux extrémités une voûte en berceau large seulement de 1,90 m, et, au milieu, une voûte d'arêtes. On remarquera sur le plan que cette dernière salle était en communication directe avec le bas-côté de droite de l'église et en outre avait une porte donnant sur l'extérieur. Enfin, dans cette même chambre, on voit une petite niche semi-circulaire qui a pu servir d'armoire, et on a trouvé en cet endroit un bloc de pierre creusé d'une cavité carrée dont le couvercle s'insérait dans des feuillures. Peut-être y enfermait-on les saintes huiles.
À Gouéat, région de Médéa, existe un ancien établissement fortifié, pourvu à son extrémité d'une chapelle dont l'abside était flanquée à gauche d'une sacristie et à droite d'un baptistère (fig. 1972). Les fonts, d'un mètre de profondeur, construit en blocage et revêtu d'un enduit de chaux et de briques concassées. Il existait un conduit pour l'évacuation de l'eau. En entrant dans la salle, on avait devant soi le baptistère auquel on descendait par trois degrés ; à droite et à gauche de la piscine, il y avait de petits évidements circulaires.
Le baptistère de Tébessa, dont nous avons donné plan et une vue (t. 1, fig. 143, 144), est appliqué contre l'atrium de la basilique ; le mur de droite de cet atrium a dû par suite être recoupé pour ouvrir une porte d'accès. Le sol est en contre-bas de 0,50 m ; on se trouve dans une sorte d'antichambre dallée de colonnes, dont les bases se voient encore, flanquant l'entrée de la salle baptismale proprement dite. Il pourrait que leurs chapiteaux fussent réunis par architrave. Cette salle, qui mesure 4,80 m x 3,90 m, est pavée en mosaïque ; elle contient une piscine circulaire dont le rebord dépasse à peine le sol environnant. Quatre petites mortaises ont dû servir à l'insertion d'une grille.
La disposition entrevue à Tébessa se retrouve pleinement développée à Tigzirt. Voir t. 1, fig. 194. La grande basilique était pourvue au nord d'un baptistère communiquant avec la sacristie de gauche. Ce baptistère forme une croix à branches arrondies. Les murs, faits de petits matériaux, sont très épais, de manière à porter les voûtes (voûte d'arêtes au centre, culs-de-four dans les absides). Les fonts circulaires, d'une hauteur extérieure d'au moins 0,45 m, mesurent 1,80 m de diamètre et présentent trois degrés ; l'intérieur est tout cimenté. Il n'y a aucune trace de canalisation pour l'adduction de l'eau ; à l'est, une conduite servait à vider le bassin. Sur un des côtés, une sorte d'estrade en béton très mal conservée, arrivait presque au niveau du rebord de la piscine, dont elle devait faciliter l'accès. Ce bassin était flanqué de quatre colonnes, sans doute des architraves, auxquelles étaient accrochés des rideaux qui cachaient les néophytes aux regards indiscrets. Une baie s'ouvre sur cette salle, longue de 10 mètres, large de 6,40 m, qui a une porte conduisant au dehors. Il n'est pas certain que cette salle soit contemporaine du baptistère, contre lequel ses murs sont si mal appliqués, sans aucune pénétration. Une porte de portique intérieur, très barbare, a dû être faite plus tard, pour diminuer la portée de la voûte.
À Tipasa, le baptistère est une salle carrée de 6,50 m de côté, située à l'arrière de l'église. Les fonts mesurent au ras du sol 1,30 m de diamètre, au fond du bassin 1,30 m. On devait apporter l'eau avec des seaux ou la faire venir du plafond. Tout autour des fonts, le sol de la salle était orné d'une mosaïque consistant en des motifs ornementaux, terminant par ces mots : SANCTA LAVACRA. On entrait dans le baptistère par un vestibule dont la mosaïque porte cette inscription :
5 AQVA ET VIDEAT COELESTIAE.
Si quis ut vivat quærit addiscere semiper
Hic lavetur Aqua et videat cælestia regna.
Les rois d'entre elles étaient pourvues d'hypocaustes et couvertes de voûtes en berceau, que constituaient des baignoires, deux autres des fourneaux, enfin on a retrouvé les orifices de deux souterrains. Les deux piscines de Castiglione et de Gouéa offrent, sur un point de détail, un trait de ressemblance, à Castiglione le bassin circulaire est flanqué de quatre rampes, deux recourbées et deux carrées ; à Gouéa, on trouve deux échancrures recourbées par lesquelles les 2 éco pouvaient descendre et remonter en allant au prêtre ou à l'évêque, tout seul l'usage du escalier de trois marches.
L'église d'Aïn Zizara (région d'Aïn Beïda) possédait des fonts baptismaux vulgaires, ainsi que celles de Megsmeïa, de Sidiuch, de Sillègue, de Tébessa, de Tigzirt, de Tipasa, ainsi que celles de Matifou et de Morsott avaient des quadrangulaires. À Aïn Zizara, le bassin circulaire est de quatre colonnes, disposition qu'on retrouve à Sillègue et à Tigzirt, où deux colonnes dites sont encore en place.
À Sidi Ferruch, comme à Gouéa, on distingue autour de la piscine, de forme à peu près ronde, trois petites marches arrondies disposées symétriquement sur trois faces, il y a qu'il n'y en ait pas eu de quatrième. Cette disposition n'est pas indifférente lorsqu'on la retrouve en Afrique, où elle remet en mémoire les vers du grammairien africain Calvulus sur la descensio et la fontis.
À Morsott, les fonts rectangulaires sont bordés de deux degrés continus en pierre de taille, à la différence des fonts circulaires qui sont bordés de trois degrés triques, ainsi qu'à Tigzirt, à Tipasa ; à Megsmeïa, le degré haut de 0m40, large de 0m923. Les pierres et le fond consistaient en un blocage recouvert.
D'autres chambres se groupaient autour du baptistère. À Ain-Zizara, l'orifice était formé d'une assise de tubes d'argile. Une des chambres contenait probablement un enduit.
À Tébessa, le bassin et les marches sont revêtus de béton ; à Tigzirt, tout l'intérieur est cimenté ; à Tipasa, les fonts sont construits en blocage, à l'extérieur ils étaient plaqués de marbre et cimentés à l'intérieur ; à Sétif, Dupuch a vu les fonts baptismaux encore presque intacts : « Ils étaient, dit-il, en béton ou stuc, d'une extrême dureté, enfoncés d'un mètre au moins dans la terre, cannelés, avec trois sièges [degrés] en forme de croix : un tuyau de plomb donnait passage à l'eau dans le fond. »
Nous ne revenons pas ici sur la piscine d'El Kantara. Voir t. 1, fig. 142. La forme octogonale permet de la rapprocher d'une piscine de Carthage de même forme dont le grand diamètre, au niveau du sol, est de 2,83 m. La basilique de Damous-el-Karita, à Carthage, avait une piscine hexagonale au niveau du sol et circulaire au fond du bassin.
À Hamman-el-Lif (fig. 1374), bourgade bien connue depuis la découverte d'une synagogue, on a mis au jour un baptistère dont on trouvera les mesures et le tracé indiqués sur le croquis ci-contre. À Thabraca, des fouilles récentes ont fait découvrir deux baptistères, un autre à Henchir Hamkaïma (régence de Tunis).
Saint-Léonard (Haute-Vienne). Rotonde à déambulatoire avec quatre absidioles, tangente à l'église.
Saint-Samson. Raffron du Val et A. Ramé, Une cuve baptismale du VIe (à l'ile Saint-Samson), dans le Bulletin archéologique de l'Association bretonne, 155, p. 18. Tours. Baptistère construit par Grégoire de Tours près de la cathédrale, au nord de la basilique Saint-Martin et communiquant avec le préau de la collégiale. Servit de chapitre jusqu'à sa destruction à la Révolution.
Venasque (Vaucluse), Baptistère sur plan cruciforme dont les branches sont terminées par des absides circulaires, Piscine octogone avec tuyau d'adduction et tuyau d'écoulement ; diamètre 4,80, profondeur 0,30, planches de béton posant sur le roc. Cf. Pougnet, Les baptistères en Provence, dans le Catalogue général des bibliothèques paroissiales de la province ecclésiastique d'Avignon, sous la direction du Comité central, in, Avignon, 30 juin 1868, L.-H. Labande, Le baptistère de Venasque (Vaucluse), dans le Bull. archéol. du Vieux-Épiscopat des travaux historiques, 1904, p. XXXI-XXXIV, 287-304, pl. XV-XVIII, attribue le monument à la fin du Ve ou au commencement du VIe.
BAPTISTÈRE
L. Duchesne, Lettera di Mons. Luigi Duchesne ad Orazio Marucchi risguardante il precedente articolo, dans Nuovo bull. di arch. crist., 1901, t. VII, p. 15, cf. O. Marucchi. — R. G. Haffield, Ancient baptisteries, Saint-Andéol, Étude sur Les baptistères, les piscines et Baptisterien der Stadt Kom, dans Römische Quartalschrift, 1902, t. XV, p. 326-349. H. Leclercq.
BAQOUZA.
Pour donner une notice suffisamment exacte et complète sur l'église de Baqouza, située dans la Syrie centrale, il ne nous faudra que citer et résumer les observations faites par la mission de Vogüé et la mission américaine. L'église de Baqouza est bâtie sur la déclivité d'une colline, déclivité corrigée par un large soubassement qui donne à l'édifice une assiette remarquable (fig. 1477). La conservation de l'église, sans être exceptionnelle, est très supérieure à l'état dans lequel se trouvent les autres grandes églises de la région septentrionale de la Syrie centrale. Le mur du nord est presque intact et montre encore ses deux portes et ses six larges fenêtres intrées dans le haut. La prothèse est complète et l'abside est conservée presque jusqu'à la naissance du dôme. Le côté est du diaconicum est resté debout tandis que les murs au sud et à l'ouest se sont écroulés ; façade ouest de l'église et le narthex sont entièrement détruits ; les colonnes de l'intérieur et les arcs gisent aujourd'hui sur le sol.
Cette église a sept entrées, trois dans le mur de l'ouest, deux dans chacun des murs latéraux. Cette disposition des entrées n'est pas une innovation, nous l'avons rencontrée déjà dans les quatre églises amorcées sur les pans de l'octogone de Kalat Seman. La mode de ces entrées dura quelque temps au VIe, car on les rencontre assez fréquemment dans les églises syriennes de cette époque. Mais, ce sacrifice fait au goût du temps, il faut savoir reconnaître dans l'église du sud à Baqouza un ouvrage d'une inspiration tout antique. Le chevet est curieusement conservé à sa conservation.
Les trois fenêtres dans le mur circulaire de l'abside sont surmontées de colonnettes posées sur des corbeaux. Cette particularité de l'architecture romane est familière à l'Occident. La nef s'est écroulée, mais ce malheur n'a pas empêché l'exploitation des matériaux, aussi nous savons avec la dernière exactitude le type et les dimensions de cette partie de l'église. La restauration faite par la mission de Vogüé n'a donc rien d'arbitraire et nous restitue un édifice religieux du VIe en Syrie.
« Nous avons cru, dit M. de Vogüé, devoir la donner complète, sans distinguer nos restitutions, afin de faire comprendre ce qu'était la disposition intérieure d'une basilique, dans cette région où elles sont nombreuses et se ressemblent toutes (fig. 1379-4380). »
Les caractères généraux sont les suivants : une des arcs en plein-cintre, plus ou moins surhaussés, et non extradossés ; au-dessus des arcs, une ou deux assises qui reçoivent l'extrémité des chevrons du toit ; au-dessus des fenêtres, une assise, qui à l'extérieur constitue la corniche, et à l'intérieur est munie d'encastrements pour recevoir l'extrémité des entraits de la charpente. Celle-ci s'appuie sur deux pignons extrêmes. Les bas-côtés sont traités dans le même esprit : ils sont percés de fenêtres en plein-cintre et de portes dont le linteau est surmonté d'arcs de décharge apparents. Devant les portes latérales sont disposés des porches qui, à Baqouza, sont formés d'une petite voûte de pierre appuyée sur deux architraves qui, d'un côté, sont portées par deux colonnes, et de l'autre par deux corbeaux ou deux demi-colonnes engagées dans le mur de l'église. La façade occidentale est précédée d'un portique ou pronaos : nous n'avons pas reproduit celui de Baqouza dans notre coupe, à cause de l'incertitude que l'état des ruines laisse sur son élévation.
Voici les principales dimensions de l'église de Baqouza :
Longueur totale de l'église proprement dite, 90 ;
Longueur de la nef, 72 ;
Largeur intérieure de la nef,... ;
Rapport 3/4 ;
Entre-colonnements d'axe en axe, 12 ;
Largeur de la nef centrale dans œuvre, 25 ;
Largeur des bas-côtés dans œuvre, 2j ;
Rapport 1/3 ;
Colonne, Mt. 15 ;
Chapiteau, 2j/s ;
Hauteur depuis la colonne jusqu'aux fenêtres, 9 ;
Hauteur depuis les fenêtres jusqu'à la corniche, 18 ;
Hauteur totale, 33 pieds ;
Hauteur des murs des bas-côtés, 4,18.
Malgré l'aspect antique de l'église, je ne la crois pas antérieure au Ve, à cause du caractère des bases des colonnes, semblables à celles de Deir Seta, et de celui de la sculpture. On en peut juger par le chapiteau que nous donnons (fig. 1381) et par la croix qui décore le centre d'un linteau de porte. Les profils offrent aussi certaines particularités qui servent à les distinguer. Nous avons retrouvé dans l'intérieur de l’église des fragments de balustrade qui proviennent sans doute de la clôture du chœur.
Chez les Grecs la barbe était une parure naturelle en même temps que l'attribut de la virilité. Les phases diverses et les coupes différentes de la barbe portaient des noms qu'il est utile de rappeler parce qu'ils se retrouvent dans les textes à peu près à toutes les époques. Le premier mot qu'on trouve employé est γένειον dans le sens de barbe en général. On trouve aussi γένη et ensuite γένυς et γένυς. Tandis que γένειον désigne plus particulièrement le poil qui enveloppe le menton et la mâchoire inférieure, γένυς s'applique au poil qui ombrage la bouche. Dans cette voie de la précision nos langues modernes sont demeurées très en arrière, Les Grecs avaient un mot : ξωμωτήρ, pour désigner la barbe qui couvre les lèvres et le menton ; deux mots pour la moustache : πώγων et ώβηλον ; un mot pour la barbiche : γένυς ; trois mots pour le duvet naissant : γένειον, θρίξ, et λόφος.
Chez les Romains le port de la barbe était ordinaire jusque vers l’an 300 avant Jésus-Christ. Alors parut pour la première fois à Rome un barbier amené de Sicile ; Pline rapporte que Scipion, le second Africain, donna l'exemple de se raser chaque jour. Sous l'empire on disait couramment, comme de nos jours, barbam facere pour la rasure de la barbe, et le duvet naissant que les jeunes gens consacraient aux dieux portait le nom de lanugo. La depositio barbæ était pour les jeunes Romains une fête qui se célébrait aux environs de la vingtième année. Certains aimaient à retarder la depositio lanuginis et recouraient pour cela au rasoir et aux pâtes épilatoires, non sans s'attirer beaucoup de quolibets ; mais enfin, il y fallait venir et la cérémonie était l'occasion de sacrifices et de réjouissances.
À partir du règne d'Alexandre le Grand on renonça, d'une manière générale, à porter la barbe. La mode nouvelle s'étendit rapidement de la Macédoine à tous les pays grecs. Les philosophes, ceux qui du moins passaient pour tels, gardèrent la barbe longue, épaisse et quel que peu hirsute. Au 4e siècle de notre ère la barbe signifiait la jeunesse. Aussi on la supprimait complètement vers la quarantième année. La porter après cet âge était une apothéose. Si on se rappelle ce que nous avons dit du bassin de la Méditerranée. Les Bretons ne portaient pas la barbe.
Il est un cas dans lequel on représentait les César avec la barbe, une médaille nous le montre portant la barbula, quoique toutes les autres effigies soient imberbes. Cette anomalie s'explique par le fait suivant. Un décret du Sénat venait de clamer la divinité de César et de lui décerner les honneurs divins ; dans ce cas, le port de la barbe signe de l'éternelle jeunesse qui lui était accordée.
Bien que l'étude des monuments du christianisme ne nous conduise que d'une façon exceptionnelle au-delà des frontières de l'empire romain, nous pouvons rappeler cependant que les anciennes populations de l'Asie et de l'Égypte, dont nous rencontrons les descendants sur quelques peintures, sculptures et reliefs chrétiens, suivaient des usages différents. Perses, Assyriens, portent la barbe longue, quelquefois même tressée avec soin. Les Égyptiens au contraire se rasent avec soin. « Chez les autres nations, dit Hérodote, dès qu'on est en deuil on se fait raser les plus proches parents. » Les Égyptiens, au contraire, laissent croître leurs cheveux et leur barbe à la mort de leurs proches parents, quoique jusqu'alors ils se fussent rasés.
Les peuples barbares avaient des coutumes aussi différentes de celles des peuples de l'Asie où avant le déluge en avaient aussi. On nous excusera de n'avoir pas étendu nos recherches dans cette direction, qui paraît tout à fait probable, c'est que le port de la barbe chez les anciens a été souvent affaire de mode. À présumer que les variations subies par cette mode ont dépendu des causes les plus futiles, en apparence, que l'exemple donné par un prince ou même par un parvenu à une grande réputation. Il faut tenir compte cependant de l'influence de l'hygiène. Les publications en grand nombre, à l'époque de la Renaissance, sur la barbe, nous apprennent que des observateurs minutieux avaient constaté l'effet salutaire de la barbe pour la santé. Th. Bartholin rapporte, d'après un in-folio d'Ulm, nommé Ant. Boxbart, quod monachus barbam radat, recipiat autem visum si eam prolixiorem lat, id quod jam sæpius contigisse.
II. COUPE ET RASURE DE LA BARBE. — L'intérêt véritable de l'histoire du port de la barbe se trouve dans ce qu'elle rend pour la détermination chronologique des monnaies et des œuvres d'art. Il faut en rabattre un peu de l'affirmation absolue selon laquelle les Romains portaient la barbe et les cheveux longs jusqu'au temps de Scipion. Sans doute jusqu'à cette époque ni les textes ni les monuments ne font mention à Rome de coiffeurs ou de barbiers, mais l'usage du rasoir est immémorial. Les peuples anciens en ont fait un usage réel. Dès l'époque homérique nous rencontra une locution caractéristique : ίπτω φόρα. En Orient, en Égypte, en Babylonie, en Assyrie, en Phénicie le rasoir est connu et les fouilles ont mis à la lumière. En Italie, dans la région sépulcrale et en Étrurie les sépultures ont souvent révélé un couteau en forme de demi-lune ayant dû servir de rasoir. À Rome, enfin, on a trouvé, dans les sépultures de l'Esquilin, des couteaux aux semblables remontant au 5e siècle avant notre ère, et il est fait mention d'un rasoir (novacula), sous le règne de Tarquin.
L'introduction des ciseaux (forfex) à Rome, en 300, par des coiffeurs siciliens, ne put prévaloir contre l'usage du rasoir ; l'empereur Auguste ne voulut même pas entendre parler de ciseaux. Tous ne se montrèrent pas aussi rebelles, et outre la taille (tondere) et la rasure (radere) on eut recours à l'épilage avec une pince, volsella (vellere), et avec les pâtes épilatoires (psilothrum). Rien ne fut plus nouveau que le port de la barbe ramené par Julien, qui adopta la mode établie par lui, même si l'on n'est pas de son avis, vistm œmillat si ex in. one Regulæ est enim familiæ benedictinæ barbam non radere.
Presque tous les successeurs de Julien, comme Pertinax et Didius Julianus, se rasèrent la barbe. Ce retour de mode fut accompagné de mille raffinements. On tailla la barbe au peigne (per pectinem) et aux ciseaux, afin de lui laisser la longueur convenable.
III. LES CHRÉTIENS. — Le jésuite Oudin entame ainsi le chapitre qu'il consacre à l'usage de la barbe chez les chrétiens : « Quoi que l'esprit du christianisme regarde comme chose fort indifférente d'avoir de la barbe ou de se raser, étant content de réformer l'homme intérieur, il ne condamne pas moins dans l'extérieur une malpropreté rebutante qu'une excessive propreté ; il est vrai cependant que les Pères se sont déclarés pour la barbe, et qu'ils ont cru qu'un menton barbu convenait mieux à un chrétien qu'un menton rasé. » Clément d'Alexandrie ne pouvait manquer de s'occuper de la barbe dans son Pédagogue, après lui, Dieu ayant doté les lions et les hommes de ce poil superbe, il n'est pas permis de s'en dépouiller sous peine de déshonorer l'ouvrage du Créateur. Tout au plus peut-il consentir à ce qu'on découvre un peu la lèvre supérieure, parce que si on se refuse cette précaution la barbe devient incommode en mangeant ; surtout il défend que pour cet usage on se serve de rasoir.
C'est un bizarre pamphlet dans lequel l'empereur affecte de se joindre aux railleurs : « La nature, dit-il, m'avait donné un visage ni beau, ni agréable, ni séduisant : moi, par une humeur sauvage et quinteuse, j'y ai ajouté cette énorme barbe, pour punir, ce semble, la nature de ne m'avoir pas fait plus beau, J'y laisse courir les poux, comme des bêtes dans une forêt, Je n'ai pas la liberté de manger évidemment ni de boire la bouche béante, car il faut que je prenne garde d'avaler, à mon insu, des poils avec mon pain, » Et il continue, expliquant que ses poils hirsutes le rendent impropre aux tendres baisers, Mais ce n'est pas tout : « Voulez-vous des détails plus secrets” ? J'ai la poitrine poilue, veine comme les lions, roi des animaux ; je ne l'ai jamais rendue lisse, soit par bizarrerie, soit par petitesse d'esprit : et de même, dans le reste de mon corps, il n'y a rien de lisse et de doux”, » Et il se compare à ses sujets d'Antioche où, dit-il, « tout le monde est beau, grand, épilé, fraîchement rasé, jeunes et vieux... » Et cette diatribe se termine comme une pantalonnade : « Nous avons cru beau de gouverner avec une sage modération, et nous nous imaginions que ce dessein nous ferait paraître nous-mêmes suffisamment beaux. Mais puis que vous déplaisent la longueur de notre barbe, la négligence de notre chevelure, notre éloignement du théâtre, notre respect pour les choses sacrées, par-dessus tout notre zèle à juger, notre volonté de mettre un terme aux exactions du marché, bien volontiers, nous sortons de votre ville, » De ces textes, nous pouvons maintenant rapprocher une série de documents contemporains, Sur les peintures des catacombes, des trois premiers siècles, le port de la barbe est tout à fait extraordinaire, On la trouve dans les cas suivants :
Le Christ juge 10, modifierait pas sensiblement, croyons-nous, les résultats donnés par la statistique essayée au moyen des fresques !6, _ mais ceux-ci ont voulu garder sur leur tombeau les | dus mourut à dix-huit ans et fut enterré un vendredi à | de détériorer l'épitaphe, le nom de Florentius, mort à Abraham sacrifiant son fils, Moïse frappant le rocher 12, Un évêque consacrant l'eucharistie 14, Un évêque donnant le voile à une vierge. à A partir du 1v° siècle, le port de la barbe est plus fréquemment figuré : L Le Christ (3 fois) ; Abraham (2 fois) ; Moïse frappant le rocher (6 fois) ; le prophète Michée (1 fois) ; et en : plus, les représentations d'apôtres et de martyrs et les princes des apôtres, | Sont toujours imberbes : lés orants, Noé, Daniel, les trois Hébreux, Jonas, Isaac, Job, l’aveugle-né, Moïse devant le buisson. Il y a dans cette distinction constante l'indication d'un fait important au point de vue du symbolisme primitif, Le type barbu était donné pour figurer ceux qui se trouvent en l'état de lutte sur la terre, le type imberbe était réservé aux personnages entrés dans la paix de Dieu, Une fresque d'un cubieule delle pecorelle au cimetière de Callixte démontre ce point. Le personnage de Moïse au buisson ardent et de Moïse frappant le rocher, figure sur une même fresque, le premier est imberbe, le second barbu. Or ces deux scènes bibliques représentaient : l’une, la vision béatifique ; l'autre, le baptême 15. | La sculpture chrétienne, si pauvre, nous offre quelques statues du Bon Pasteur, toutes imberbes, par contre les statues de saint Hippolyte et de saint Pierre sont barbues, Le bas-relief, principalement les sarcophages, nous offre une multitude de personnages barbus, Nous y retrouvons le même symbolisme que dans les fresques, par exemple : Le Christ sur un sarcophage du Latran : est représenté tour à tour barbu et imberbe, ce qui marque tantôt son séjour parmi les hommes tantôt sa présence auprès du Père, Une statistique entreprise sur les sarcophages, impossible à l'heure actuelle, ne’ L'épigraphie romaine nous fournit l'épitaphe d'un barbier chrétien 17, HIC POSITVS IN PACE OCTA VIANVS TVSOR QVI V ISIT ANNOS PLVS MINVS : CIN QVACINTA MENSES V : DIIES VII Deux épitaphes conservées au musée de Latran nous ont gardé le souvenir de deux autres barbiers chrétiens insignes de leur profession : un miroir, deux rasoirs, un peigne et des ciseaux. Le premier nommé Leo par dii beneri (fig. 1388), Après lui un parent vint sans doute partager sa tombe et on ajouta, n'importe où, au risque vingt-six ans !8, Un autre fragment présente les mêmes instruments au sujet desquels J.-B, De Rossi conservait quelque incertitude ! (fig. 1389). Garrucci y voit, avec raison selon nous, les uäyæipat, dont les anciens faisaient usage “pour couper les poils de la barbe et même pour les cheveux. Clément d'Alexandrie en fait mention da Ayaugar xoupruui ?. Les deux parties de l'instrument sont retenues par un fil. Sur le miroir se voit une image assez fruste. = IV, CuEz LES MOINES. — Les moines égyptiens et les moines portaient la barbe. On rapporte qu'à Tabenne, 486 La longueur variait. Celle de l'abbé Hor, au dire de Rufin, était particulièrement touffue, tandis que l'épuisement physique de Jean de Lycopolis faisait que sa barbe était peu fournie 5, Par contre l'abbé Arsène la laissait flotter jusqu'à la ceinture. On juge d'après ces quelques indications que le sujet offre un médiocre intérêt il serait facile d'accumuler les textes sans grand profit.
En Occident, la Règle des Solitaires, ch. L, prescrit que solitarti et præcipue ii qui sacra muysteria contractant de quadraginta in quadraginta diebus se radant et capillos tondant., Saint Césaire d'Arles au Concile d'Agde (506) prescrit à l'archidiacre de couper les cheveux et la barbe de force aux clercs qui se mettent à la mode barbare.
V. CHEZ LES BARBARES, — Le type devenu vulgaire des anciens barbares, principalement Gaulois, Germains et Francs, nous les montre avec de longs cheveux et de fortes moustaches. Diodore de Sicile, à qui il faut bien s'en rapporter faute d'autorité meilleure que la sienne, nous dit que les Gaulois se rasaient ou bien portaient la barbe courte sur les joues, laissant croître au contraire sur la lèvre supérieure des poils longs et drus qui ombrageaient la bouche. Il arrivait donc qu'en mangeant leur viande s'embarrassait dans la broussaille de leur barbe, qui parfois aussi (iltrait leur boisson. Barbas nonnulli abradunt ; quidam modice alunt ; nobi les vero tonsura genas quidem læwigant ; at mystanis demittunt ila, ut ora eorum obtegantur. Ideo cum edunt, pilis cibi implicantur ; cum bibunt, ceu per colum potus dimanal®. j | à FU K les Francs ces moustaches étaient minces et troussées avec le peigne :
Er are eee ls Mie vultibus undi que rasis Pro barba tenues perarantur pectine cristæ | Chez les Goths et les autres barbares qui, vers le Ve, commencèrent à s'établir en Italie, le port de la barbe était ordinaire. Paul Warnefrid insinue que | le nom de Lombards ou Longobards serait venu à la peuplade qui le portait ab intactæ ferro barbæ longitudine*. L'étymologie peut faire sourire, mais le renseignement qu'elle procure nous reste ét il est confirmé par une loi de Rotharic (636-654), roi des Lombards, condamnant celui qui, dans une dispute, aura trainé un homme libre par la barbe ou par les cheveux. Qui surgente rixa, per barbam aut per capillos hominem liberum traxeril, componat solidis sex : si autem servum ministerialem, aut alium seu servum alienum ruslicanumr per barbam aut capillos traerit, componat solidi uno sicut pro una ferita. Lex Longobard., 1. 1, tit. vi, ©. 1v. Paul Warnefrid nous apprend en outre que le roi Grimoald portait une barbe longue et épaisse, enfin il rapporte que le roi Aribert, s'étant saisi de Rotharic, lui fit couper la barbe et les cheveux et l'exila à Turin : Comiprehensum que Rotharie pseudo-regem, ejus caput barbam que radens, Taurinis in exilium retrusit % Théodoric, roi des Ostrogoths d'Italie, portait la barbe, de même Alaric et Clovis#. Au dire d'Éginhard, les rois de la première race portaient les cheveux longs et une barbe tombant jusqu'à la poitrine : Crine profuso, barba submiissa, solio residerent et speciem dominantis effingerent 5. Cette description n'est pas d'accord avec les types conservés sur les monnaies mérovingiennes 5, Charlemagne, le prince « à la barbe fleurie » des chansons de geste, est représenté avec la barbe courte et la moustache relevée sur la célébre mosaïque du Latran qui nous le montre agenouillé avec le pape Léon III aux pieds de saint Pierre. Préoccupé comme il l'était de prendre les moeurs civilisées et de les faire adopter autour de lui, Charlemagne, à ce que rapporte son historien Eginhard, affecta, pendant la durée de son séjour à Rome, de se conformer aux usages et aux moeurs en faveur parmi la noblesse romaine 7. Le petit bronze équestre représentant Charlemagne conservé au musée Carnavalet et remontant à l'époque carolingienne, montre l'empereur portant une simple moustache.
Ce fut ce prince qui, en conférant à Grimoald la Principauté de Bénévent, lui imposa d'obliger les Lombards à se raser le menton ; ut Longobardorum mentumr tonderi faceret $#, afin de se conformer à l'usage des | romains ; c'est-à-dire qu'ils se raseraient ou se tailleraient la barbe courte, car il n'est pas facile de décider à quoi on les obligeait, Le Liber pontificalis de l'Église de Ravenne nous apprend vers la même époque que | les habitants de cette ville portaient la barbe et y attachaient grand prix, bien qu'ils ne prissent guère soin de l'entretenir en signe de deuil. submisso umo capillos et barbas extrahentes. Omines nobi les et ignobi les cilictis se operierunt, inculla capita, squallida barba moœrendo incedebant . _ VL Curiosités. — Les Mémoires pour servir à l'histoire de la barbe de l'homme sont un de ces ouvrages | sant, mal écrit, » La table des matières est en ei prendrons, au hasard, notre bien dans ce livre | | eût été rasé avant la mise en bière : Quod que a | chaud et de l'humide élémentaire, et non pas da Do CIS LS S EE s à à Ar tels qu'on n'en fait plus guère aujourd'hui : L’es que nous avons sous les yeux porte au verso d cette note d'un ancien propriétaire du volume :
pleine d'imprévu et, ce qui ne l'est pas moins, de rencontrer sous forme de « Conclusion » un poème de l'abbé de Grécourt » intitulé : L'origine de la barbe ; poème dont la grivoiserie surprend un peu dans un ouvrage du biographe de dom Calmet. groupant quelques remarques d'érudition, sous le titre artificiel de : Curiosités. 1e La barbe croit-elle aux morts ? — L'histoire de la translation de saint Armat de Maestricht, mort évêque de cette ville en 679, le corps fut levé cent cinquante ans après, contient ce passage : Nec non et barbam Pontificis, nostri Aaronis, post sepulturam ipsius recrescentem. Le biographe de saint Éloy, que l'on a pensé être saint Ouen, assure que les cheveux et la barbe du célèbre argentier de Dagobert crûrent dans son tombeau après la mort, bien que, suivant l'usage, le corps fût rasé : barba et capilli ejus, qui ex more erant vita functo, in sepulchro cursus cunctis ad novum vel inaudètum miraculum obstupescunt. L'histoire de la Translation de saint Edouard le Confesseur, roi d'Angleterre, mort en 1066, nous offre un nouveau fait. Cumque lapidem super impositus fuerat, primum virum jacentem in vestitu deaurato, caligis purpureis, et calceamentis pretiosis, non coopertam mitra rotunda auro, sed barbam eliam niveam et proliram, modice crispantem super pectus decente ordine suo jacens. Il est clair, par la lecture de ces textes, que cela surprenait grandement — et inquiétait un peu — les anciens qui recouraient à des explications tout à fait réjouissantes, dont Galien et Platon faisaient les frais, quelquefois Aristote, plus tard Albert le Grand. Au début du XVIe, Riolan, qui répudie toute cette science, expliquait que, d'après ces grands hommes, « le poil croît aux morts, dans les tombes, de même qu'il s'engendre de la mousse sur les pierres par la condensation de l'air ».
De Fait-il eu des femmes barbues ? — En pareil lieu on s'attend à peine à rencontrer des traits graphiques. Saint Grégoire le Grand raconte qu'une fille du consul Symmaque fut mariée et veuve dans le courant d'une même année. Quand mundi copia, ad iterandum thalamum el opes e vocarent, elegit magis spiritualibus nuptiis Deo, in quibus a luctu incipitur, sed ad gaudia æterna pervenitur, quam carnalibus subjici, quæ a lætitia semper incipiunt et ad finem cum luctu tendunt. Autem cum valde ignea conspersio corporis cæperunt medici dicere, quid mist ad œmy = ls rediret, calore nimio contra naturam habitura, quod ila quo que post factum est.
Une certaine Paule, vierge d'Avila, en Espagne, pour rester fille au temps où un débauché la recherchait, se réfugie dans une chapelle aux portes de la ville. Vit. sanet., 1 dée. ; Boldetti, Osservazioni sopra. Cette translation eut lieu en 1163, en présence de saint Thomas de Cantorbéry. — ‘%*A, Fangé, Mémoires pour servir à l'histoire de la barbe de l'homme. — La barbe postiche. — La rasure de la barbe a donné principalement dans les anciens monastères, à une rémonie liturgique. Il est aisé de saisir l'origine de cet usage quand on se rappelle que chez les païens la déposition de la barbe était l'occasion d'une fête et d'une offrande aux dieux. On trouve donc dans les anciens rituels des formules relatives à la bénédiction de la barbe. La plupart ne présentent qu'un médiocre intérêt qui barbam tangere cupit inséré dans le der ordinum ou « Pontifical » de l'Église mozarabe, WitaS. Pautæ Barbatæ, dans Acta sanct., 1658, febr. t. ri, | ! Grégoire de Tours, Hist. Francor., 1. X, c. xvi, P. L, t. LXx1, portugaise, sollicite la même faveur et obtient venerit is qui barbam benedicere desiderat, explicata [gnantis].
Il faut toutefois faire exception pour l'ordo de Henry the Seventh's Chapel, Westminster, dans le Liber ordinum édité depuis 1904 par dom Férotin. Comme toutes les pièces transcrites dans le Liber ordinum ne remontent pas à la même époque, celle qui nous intéresse si particulièrement peut n'être pas au nombre des plus récentes. La morphologie de la langue inviterait volontiers à l'attribuer au VIIe, peut-être au viii. Nous la transcrivons intégralement ici ? :
ORDO SUPER EUM QUI BARBAM TANGERE CUPIT. — Qu* secundum morem missa, antequam absolvat diaconus, accedit ad sacerdotem juxta cancellos. Et tollens sacerdos de cereo benedicto ceram, in granos extremos in dextro et in sinistro similiter et in medio mento ponens dicit :
In nomine Patris, et Filii, et Spiritu Sancti.
RePost hec dicit antiphonam.. Annipn. Sicut unguentum a capite quod descendit in barbam, in barbam Aaron, manda huic, Domine, benedictionem et vilam us que in seculum.
VERSUS, Ecce quam bonum.
Dicta vero Gloria, repetit caput antiphone, Deinde dicit has orationes cum sua benedictione : ee :
ORATIO. Sicut unguentum a capite quod descendit in barbam, in barbam Aaron, descendat quesunius, Domine Deus noster, super h une famuluni tuum. Illum benedictio Majestatis tue ; ut qui dono miserinire élatem, et in tuo nomine sua celebrat vota, ét a tua clementia benedictionem expectat, ila petimus, Domime, ut [per] infusionem Sancti Spirilus tui benedictus, el unitate fidei muniatur, et virtute celestis gratie decorelur, Amen.
ALIA, Sanclificator animarum, ineffabilis Deus, cui compla cet equitas et sincera conscientia semtper accepta est, tua pit érga presentem famulum tuum pretende suffragia, sanclitatis el puritatis in eo amplifica vota : lutaris persistat imbre perfusus, el a suis maneat pravitatibus absolutus, ut cum dignum ad habitationent gloria lue Majestatis inveniat, et cor ejus possidens at que regens Spirilus Sanclus per secula infinita possideat, — Pater.
BENXEDICTIO, Christe Domine, qui es capul in le credentium virorum : da ungnentum verticis tui in barbam famudi Etui cum tua gratia et benedictione decoris perfectionis que descendere, Amen, Ut tum operuni suorum, quam sensuum innovatione, te duce, in virum perfectum valeat pervenire, Amen.
Quo et unitate fidei in se habitatione per Le consociel, et consommalione vile significatione sanctifi cet. Amen.
Ista eæplicita, intromittit in anulo aureo barbam cum cera, et in anulo barbam el ceram capulat qui barbam langit, dicens :
In nomine Patris, et Filii, et Spivitus Sancti.
Et accipit in linteo nitido, Peracta, isla oninia, absoluit diaconus, dicens :
Missa acta est.
Et post hec, si est monacus, radet barbam.
Et dum ceperit ambulare ac de ecclesia egredi, decantatur ei æ clero hec antiphona, aut si voluerint subsequens Alleluialicum.
Anwr. Benedictus es in civitate, et benedictus in agro, et benedicte reliquié tue. Benedictus eris ingrediens et regrediens. Gloria.
ANT. Gloriam et magnum [decorem impones super eum, alleluia, et dabis eum in benedictionemt et in seculum seculi, alleluia, alleluia. Vitam petiit a te : tribuisti ei, Domine, in longitudinem dierum in eternum. Et in seculum seculi, alleluia, alleluia|.
Jérémie Bolsani, Pyo sacerdoium : barbis defensio, in-8, Romæ, 1529 ; in-8, Parisiis, 1691 ; 1593, 1558 ; in Lugduni Batavorum, 1639 (avec Musonius et le traité d'Hospinianus, De ratione coma et barbæ) ; in-8, Francofurti, 1678, (à la fin des Hieroglyphæ de Hospinianus). — J.-V. Vannetti, Barbalogia, sive De barba, in-8, Roveredo, 1580. — De Vertot, Diu H, LECLERCO. : BARDESANE. Bardesane naquit à Édesse, le 11 juillet 154, et mourut, selon Bar-Hébræus, en 222. Æ personnage, très actif et même turbulent, nous est nu ; mais nous n'avons à nous occuper que de sa liturgie. Saint Éphrem représente Bardesane comme un mondain, aimant le luxe, créateur de poésie syriaque. Il lui attribue en effet cent cinquante hymnes composés dans le but de répandre sa doctrine au peuple ; car Bardesane était dissident, ou, du moins, passait pour tel. Il est difficile aujourd'hui de savoir en quoi il se séparait des orthodoxes, mais le témoignage unanime des Pères de l'Église et les réfutations provoquées par sa philosophie ne permettent guère de mettre en doute la dissidence de Bardesane. Ses partisans, qui formaient à Édesse un groupe important d'hommes riches, les assauts que lui livra saint Éphrem ne le désorganisèrent pas ; ce ne fut que sous Rabbula (43%) qu'il se rallia à l'Église orthodoxe. Ce chronologue a son intérêt parce qu'il nous permet de supposer que les compositions liturgiques de Bardesane restèrent en usage jusque dans la première moitié du Ve.
Ci les paroles de saint Éphrem relatives à Bardesane, les hymnes et y associant des airs musicaux, os des cantiques et y introduisant les mètres, les mesures et en poids, il divisa les mots. Il offrit aux gens sains le poison amer dissimulé par la douceur. Nul n'eut le choix d'un remède salutaire, mais imiter David et se parer de sa beauté. L'auteur, en louant les mêmes éloges, composa comme lui cinquante cantiques de ses enseignements religieux. Son invention obtint, paraît-il, un grand succès, et son fils Harmonius, au dire des écrivains ecclésiastiques, dépassa son père dans ses poésies, à l'exception de quelques vers cités par saint Éphrem. Aug. Hahn fait observer que les compositores jam Syri carminibus hujus modi utebantur, ut Bar- | Hum, ad quos cantica Ephræmitica et alia referuntur, aqua ad rem priorem et magis notam. — W. Wright, \Pocryphal Acts of the Apostles, in-8, London, 1871, réédités dans Bedjan, Acta martyrum et sanctorum, in-8, Paris, t. m1, avec des variantes et de nombreuses additions d'après art. Malheureusement, il ne nous est rien resté de ses compositions poétiques de Bardesane, qui étaient de diverse nature : hymnes et psaumes. Il est possible que cette distinction soit fondée sur les faits, quoi qu'il en soit, revenons à la fin de l'hymne 1xv° de saint Éphrem : Adversus scrulalores 5, ces mots : « Ici finissent dix-sept hymnes suivant la manière des cantiques de Bardesane, »
Celle rubrique a été relevée par les éditeurs Assémani dans les mss, rapportés par eux des couvents de Nitrie. Qui est l'auteur de cette rubrique, est-ce saint Éphrem lui-même ? Nous l'ignorons. Mais il ne paraît pas imprudent de conjecturer que cette rubrique vise les hymnes 49-65 de l'œuvre de saint Éphrem, plus étroitement rattachées que les autres du même auteur aux modèles qu'elles voulaient faire oublier. En tous cas, et quelle que soit l'attention que l'on croie devoir accorder à cette conjecture, on remarquera que toutes ces hymnes sont composées d'après une loi métrique unique, ne permettant que de légères variations dans la forme des strophes. Le mètre est pentasyllabique et la strophe de douze vers. Nous ne pouvons aller plus avant dans la reconstitution des ouvrages de Bardesane. Il se pourrait néanmoins que nous possédions encore une composition poétique étroitement inspirée de la pensée et des règles de Bardesane. Les Actes de saint Thomas sont une pièce capitale que nous possédons dans la rédaction grecque et la rédaction syriaque, cette dernière recension nous a seule conservé une hymne gnostique sur l'âme. Il est infiniment probable que cette hymne est d'origine syriaque ; elle aura été intercalée dans les Actes composés eux aussi en syriaque en Orient et traduits en grec en Occident.
Ces actes semblent en effet avoir été écrits à Édesse et appartenir à l’école de Bardesane. L'époque de leur composition est l'année 292, date de la victoire d'Alexandre Sévère sur Artaxerxès et du transfert des reliques de l'apôtre à Édesse. Le caractère gnostique de l'hymne est indiscutable, mais la nuance exacte de ce gnosticisme est moins apparente, ainsi que l'auteur et la date du morceau. L'absence de points de comparaison dans la littérature syriaque du n° au 1v° siècle et l'absence même d'écrits inspirés par une croyance opposée rendent à peu près superflus les efforts entrepris pour aboutir à des données précises. Ce qui est également hors de contestation, c'est que l'hymne n'a aucun rapport avec la doctrine manichéenne, alors florissante dans ces mêmes contrées ! Quoi que saint Éphrem appelle Bardesane « le maître de Mani », la différence était profonde entre leurs doctrines, si profonde qu'un manichéen, An Nadim, réfutera le bardesanisme. Un simple coup d'œil jeté sur le poème montre à quel point cette composition est étrangère et contraire au manichéisme. L'idée est que l'âme est envoyée du ciel sur la terre en vue d'accomplir une mission divine ; cette simple supposition est inacceptable au point de vue manichéen.
Il est tout à fait remarquable que saint Éphrem, à qui il faut toujours recourir au sujet de Bardesane, résume ses griefs contre lui sous trois chefs : 1° négation de la résurrection et séparation de l'âme et du corps considérée comme un bienfait ; 2° naissance du « Fils de la Vie » due au rapprochement d'une mère divine et du « Père de la Vie » ; 3° subordination des choses de l'éternité au dieu suprême. Or, ces trois chefs d'erreur reparaissent distinctement dans l'Hymne de l'âme. Il y a là, pour le moins, une présomption d'origine qui ne doit pas être négligée. Il faudrait peut-être la classer parmi les hymnes madhräshe ou parmi les 150 psaumes sénûräthà dont nous a parlé saint Éphrem. Hort, pour éviter de se prononcer, a supposé que saint Éphrem attribuait à Bardesane des compositions dues à Harmonius. Il est absolument impossible de découvrir dans l'hymne de l'âme nul indice qui permette de l'attribuer au père plutôt qu'au fils, ni même à l'un ni à l'autre. Nöldeke a fait observer que la mention des « Parthes » comme du peuple qui gouverne l'Orient favorise l'hypothèse qui veut que l'hymne aurait été composé avant la chute de la dynastie parthe, en 224.
L'allusion faite à Maishan, comme à une ville importante pour le commerce, fortifie cette explication. Le poème est écrit en vers hexasyllabiques ; son dernier éditeur, M. A. Bevan, a fait remarquer en outre que les vers sont disposés de façon à former des couplets de deux vers dont le premier est souvent étroitement lié pour le sens avec le second, après lequel il y a toujours une petite pause.
H. LECLERC.
BARETTE, en latin biretum ou bireta, est une coiffure ecclésiastique qui n'est pas antérieure au xii siècle, et dont, pour cette raison, nous n'aurons qu'à dire un mot. En 96, dans la cérémonie de dégradation de l’évêque de Cahors, par Jean XII, on mentionne la barette. Elle n'avait pas la forme carrée qu'elle a adoptée plus tard, mais ressemblait plutôt à une sorte de bonnet ou mortier ; elle était de laine ou de velours. Elle ne fut pas non plus réservée toujours aux ecclésiastiques. Au XVe, les nobles portaient cette coiffure. Elle est célèbre surtout comme insigne du cardinalat, et la tradition de la barette rouge est une des principales cérémonies de cette dignité. La barette rouge fut concédée aux cardinaux par Paul II, en 1464.
BIBLIOGRAPHIE. — Outre les ouvrages cités dans l'article, Nöldeke en avait conclu, un peu précipitamment, que l'évêque de Salamine se servit de cette découverte. Mur Duchesne, qui a étudié spécialement la tradition, dans Mélanges De Rossi, Paris et Rome, 1883, cf. p. 50, pour maintenir les droits de l'Église de Chypre que Pierre le Foulon, contrairement aux décrets du concile d'Éphèse, voulait rendre dépendante de son patriarcat d'Antioche. Toujours d'après le même récit, Anthènes envoya l'Évangile de saint Matthieu à Zénon, qui le fit garder dans le palais, et fit bâtir une église magnifique en l'honneur de saint Barnabé au lieu où était son corps, et qui devint un centre de pèlerinage fréquenté.
La tradition latine sur saint Barnabé admet l'authenticité de la découverte du tombeau à Chypre. D'après cette étude, il n'est pas exact de dire, comme l'ont fait Harnack et Lucius, que la mémoire de Barnabé ait été oubliée de Rome par les papes qui auraient eu contre ce saint des préventions. Au contraire, on constate à Rome, à une époque antique, la présence d'une église dédiée à saint Barnabé. De plus, le nom de saint Barnabé est inséré aux diptyques du canon romain de la façon suivante : Memento etiam : Dne…. Ipsis et omnibus... et nofammulis Luis. partem aliquam et societatem we digneris cuni tuis sanctis apostolis el martyCum Joanne, Stephano, Mathia, BarnabA, Ignatio, etc.
Le canon romain est attesté au Ve et même à la fin du ive. Mais il faut avouer que les noms des apôtres ont varié et l'on ne peut affirmer que le nom de Barnabé y ait été inséré dès l'origine. Cette inscription, dit Mgr Duchesne, est en tout cas antérieure au Xe. Il faut même, selon nous, remonter plus haut, car la disposition des diptyques dans le sacramentaire grégorien, qui se retrouve du même dans le Gélasien, présente un caractère très sûr au ix° siècle. À cette époque et dès la période antérieure, on ne se faisait pas scrupule d'insérer dans les diptyques de simples confesseurs, comme saint Martin et Hilaire. La liste romaine, restée très fermée, n'admettait encore que des martyrs, ce qui indique une liturgie antérieure. Cette question sera du ressort plus au long à propos des diptyques.
Voici le schéma de ces diptyques pour Milan, la tradition celtique et la romaine :
Sac MENTAIRE MISSEL DE
Nobis quo que…
Nobis quo que…
anne Agne
Cum Petro
_date, dans le Libellus de festivitatibus Apostolorum en tête de son martyrologe.) (Repr. par NOTKER.) USUARD : 11 D. JUN. résume le texte d'Adon (Libellus). La date est la même chez les Grecs (cf. Synaxaire de Constantinople, éd. Delahaye). — Voyez aussi, à la lettre de Stephanos Felicia, Matthia Felicina, date, l'addition de deuxième main, dans le Brev. Pole Justina, etc. rate hiéromymien Rich., dans l'édition Rossi-Duchesne. Antès le XIe, Beleth observait ces différences : abas non habet jejunium propterea quod non sit merum apostolorum. Nec profecto dicitur apostolis quod, cum erat Pauli socius, ut eæteri ad ci ma niissres sit ?, me certaine époque, saint Barnabé fut réclamé, le fondateur de l'Église de Milan. Mais Mur Dune a démontré, après Tillemont et d'autres, que prétention ne saurait se soutenir ? Saint Amtoise qui parle des fondateurs de cette église de lan (saint Denys, saint Eustorge, saint Mirocle, et tres), ne mentionne pas saint Barnabé. Mabillon emarquait déjà que dans l’ancien catalogue des évêques Alan, le nom de saint Barnabé, qui ne faisait pas partie de la liste primitive, a été ajouté postérieurement *, Sa fête n'est pas dans les anciens sacramentaires. [l y a, il est vrai, tout un groupe d'inscriptions OR apparait le nom de Barnabé, Mais déjà Tillemont Aprimail ses doutes au sujet des inscriptions d'Alciat, Bal est aujour d'hui démontré qu'el les ont été fabriiées au XVIe, L'épiscopat de Barnabé à Milan grecs du vi siècle. Le séjour à Rome de saint Barnabé rest pas mieux fondés, » apôtres et son office est celui des apôtres. Cepentionné pour la première fois dans les catalogues
F, CABROL.
BARONIUS (Le cardinal), Il appartient plutôt au Dictionnaire d'histoire ecclésiastique ; cependant ses gnements intéressant l'archéologie chrétienne et la liturgie, et à ce titre son nom mérite de figurer ici, 4 l'article MARTYROLOGES, nous aurons à nous occuper de son édition du martyrologe romain.
BIBLIOGRAPHIE. — Purpura sancla seu vita purpurati S. R, E. principis Cæsaris Baronit, auctore Hier, Barnabeo, Romæ, 1631 ; de éd., Viennæ Austriæ, 1718 ;
499 dom Sarra, Vita del ven. card, Cesare Baronio, Romæ, 1862 ; Hurter, Nomenclator literarius, 24 éd., EI, p. 209-212 ; Potthast, Bibliotheca historica medii ævi, de 6d., t, 1, p. xxxvI sq. ; Lady Amabel Kerr, The life of Cesare cardinal Baronius, London, 1898. CF. aussi Herzog, Realencyklopädie, 1897, v. Baronius.
W,. HEXRY.
BARTHÉLÉMY (SAINT). — L. Identification avec Nathanaël, II, Légende. III. Reliques et fêtes.
I. IDENTIFICATION AVEC NATHANAËL. — Saint Barthé-
lémy, *2%r-12, fils de Tholmi, figure sur toutes les listes des Apôtres, tantôt en compagnie de saint Philippe, tantôt avec saint Matthieu, où même avec tous les deux : Philippus et Bartholomæus, Philippus, Bartholomæus, Matihæus ; Bartholomæus, Matthæus !, En dehors de ces passages, les Synoptiques ne parlent pas : de lui. Saint Jean n'en connait pas le nom, mais il raconte d'une manière détaillée la vocation de Nathanaël de Cana, dont il fait mention encore à propos de l'apparition de Notre-Seigneur, près de la mer de Tibériade ?, D'assez bonne heure, on a commencé à identifier ces deux noms ; Baronius et Tillemont se sont prononcés contre l'identité, s'appuyant sur un passage fameux de saint Augustin # qui suppose que Nathanaël ayant été docteur de la loi, fut rejeté à l'élection des Apôtres. Jean Roberti S, J.% traitant cette question ex professo remar que judicieusement que saint Augustin parle en prédicateur el non en historien. En effet, il serait presque incompréhensible que la vocation extraordinaire de Nathanaël fut restée stérile ; d'autre part, ce n'est pas le seul cas d'un double nom au collège apostolique, Le nom de Barthélémy étant patronyme plutôt que nom propre, il parait probable que l'apôtre en portait un autre. Saint Jean, lui aussi Galiléen, l'aurait connu sous ce dernier nom. Admettant donc au moins la probabilité de l'identité nous avons le magnifique témoignage de Notre-Seigneur : « Voici un vrai Israélite sans déguisement. » Roberti et les Bollandistes font ressortir le parallèle entre la vocation de Nathanaël-Barthélémy et celle de saint Pierre dont la vocation s'est accomplie par l'intermédiaire d'un tiers, Philippe dans un cas, André dans l'autre, annonce formelle que le Messie a été trouvé ; invitation de venir et de voir : Jésus salue le nouveau venu, en fait l'éloge et prononce une prophétie ou une promesse. Enfin, dans les deux cas, il y a changement de nom.
II. LÉGENDE. — Ni les Évangiles, ni les Actes des Apôtres ne s'étant occupés de saint Barthélémy, le champ fut laissé libre à la légende, qui n'a pas tardé à s'en emparer, On peut distinguer trois courants principaux, sans parler d'un nombre considérable de légendes plus ou moins locales, se rattachant au nom de saint Barthélémy : légende qui l'associe à saint Matthieu et semble contenir un fonds de vérité ; légende qui le rattache à saint Philippe, et légendes qui combinent les deux. Eusèbe rapporte que saint Pantène, aux Indes, aurait rencontré des chrétiens instruits par saint Barthélémy d'après l'Évangile de saint Matthieu, écrit en hébreu, qu'ils conservaient religieusement 5, On se demande quel était le pays évangélisé par les deux apôtres ? Rulin, suivi par Tillemont
BARONIUS — BARTHÉLÉMY (SAINT)
| il serait allé jusqu'en Lycaonie où il aurait été “ | compatriote, le faisant descendre des Ptolémées |_on peut consulter les Bollandistes (n. 266). Au ve el et Schenz, pense à l'Arabie heureuse, d'autres à la Caræmanie, où à l'Éthiopie, d'autres encore, notamment K. Schmidt, aux Indes orientales, La légende nestorienne, qui semble également conserver quelques souvenirs authentiques, est plus précise, Elle suit saint Barthélémy à la cour du roi Polymios (Polemon El) di Bosphore, du Pont et de Cilicie qui avait été converti au judaïsme. Le frère du roi, Astyages (Astreges) di mande en vain que Barthélémy sacrifie à l'idole Baldad l'apôtre subit le martyre, Astyages est puni par Dieu ei Polymios devient évêque. La légende phrygienne prétend que saint Barthélémy fut accompagné par saint Philippe en ces parages. Après la mort de ce dernier Fe
A À
risé à son tour. Selon la légende arménienne rac par Moïse de Khorène, il serait allé avec saint Tho à Aden, de là chez les Mèdes et Élamites, puis à Bostra, enfin en Arménie où il aurait rencontré saint Judi qui le précéda au m e et le reçut au ciel. Cette légende assez tardive semble vouloir concilier les autres : Les Syriens revendiquaient saint Barthélémy comme Ptolomæi. Cette étymologie a eu un vif succès pendant le moyen âge. On la retrouve dans les uvres de sainte Thérèse. Son corps reposerait à Néphégr ce que les Arméniens expliquent par un vol de la des Syriens. Enfin la légende copte et abyssine l'apôtre jusqu'à l'oasis Wahat ét chez les ichtyophages. elle racontée une rencontre avec saint André et son martyre à Naidas, — Pseudo-aréopagite cite une parole de saint Barthélémy 1. ne II, Reliques ET FÊTES. — Le genre de mort attribué à saint Barthélémy n'est pas plus certain que ses aventures. Tantôt il est mis à mort avec de gros bâtons, tantôt écorché, décapité, noyé, parfois même il subit tout à fois. L'endroit du martyre, selon la diversité des légendes, est placé à Urbanopolis (Arbanopolis, À be no : polis, Albon, Arenban), aux Indes, en Chine, à Naidas. Les légendes arménienne et copte assurent que Me corps fut jeté à la mer. Théodore le lecteur et Procopk parlent d'une translation à Daras en Mésopotamie. Saint Grégoire de Tours $ raconte son arrivée miraculeuse à Lipari d'où il fut transporté à Bénévent en 808 à cause des Sarrasins et plus tard (an 1000), à Rome à l'église de Saint-Adalbert, dans l'ile du Tibre, qui de là recut le nom de S. Bartolomeo in Insula, et devint un titre cardinalice. La fête de l'apôtre y est célébrée le 35 octobre. Sur la translation d'un bras à Cantorbéry vue siècle, l'église d'Escalada au royaume de Léon com servait une relique sancti Bartholomæi episcopi. La date de la fête de notre apôtre a varié beaucoup. Bei Grecs, les Coptes, les Syriens et l'Église wisigothique la font au 11 juin (les Grecs en conjonction avec sa Barnabé) ; le martyrologe hiéronymien met au 13 juillet Bartholomæi in Persia : une autre fête, probablement une translation, se fait le 24 ou le 25 août chez les Grecs, les Latins et en Espagne ; les Coptes ont outre des fêtes en date du 29 août et du 15 novembre (dans l'oasis), et les Arméniens le 8 décembre ?, Dans le monde latin, la fête de saint Barthélémy ne remonte pas au delà du XIe. B, ZIMMERMANX, LUS Ve ” # e VE M De Îe LE ca BASILE DE CÉSARÉE (SAINT) ET BASILIENS. — 1. Idéal monastique de Basile. II. Action monastique de Basile. LIL. Écrits ascétiques de Basile. IV, Basile a-t-il écrit une règle ? V. Influence de la tradition basilienne. NI. Influence des écrits basiliens. VII. Y a-t-il un ordre basilien ? VIIL. Basiliens catholiques.
… [. IDÉAL MONASTIQUE DE BASILE. — Saint Basile vivait à Césarée, en qualité d'avocat, lors que l'exemple et les ls de sa pieuse sœur Macrine le déterminèrent à quitter le monde. Avant de s'engager dans le monachisme, il voulut s'initier aux secrets de la vie religieuse là même où celle vie avait pris sa naissance et trouvé ses premiers développements. Il partit donc pour un long voyage à travers les provinces du Sud, Les années 998 le virent successivement à Alexandrie, dans le cœur de l'Égypte, en Palestine, en Célésyrie, dans la Cappadoce ?. Ces contrées pratiquaient déjà la vie monastique sous deux formes très différentes : el les connaissaient, dans la vallée du Nil, les vastes colonies de cénobites ; el les connaissaient, partout ailleurs, les cellules des solitaires des anachorètes, Après les avoir parcourues, l'homme clairvoyant, pratique et précis qu'était Basile se trouvait à même de choisir, ou, au besoin, de créer le genre de vie monastique le plus en harmonie avec les besoins de sa patrie.
Basile, son voyage terminé, se retira dans une solitude sur une rive de l'Iris : il se fixa sur la rive opposée, au lieu dit Annesi, qui faisait partie du petit diocèse d'Ibora et voisinait avec le territoire de Néocésarée. Là, avec l'aide intermittente de son ami Grégoire, futur évêque de Nazianze, notre saint mit ses efforts à constituer un centre religieux qui unirait les bienfaits de la retraite aux avantages de la société et permettrait de mêler dans une juste proportion l'existence contemplative des solitaires à la vie active des cénobites. Basile ne voulait point de l'érémitisme. Bon sans doute pour les natures d'élite qui savent d'elles-mêmes s'imposer une règle et se prémunir contre les illusions de l'amour-propre, ce régime lui paraissait offrir deux graves inconvénients : laisser les âmes ordinaires en proie aux dangers d'un isolement qui rendait impossibles les secours de l'obéissance et les conseils de la sagesse ; mettre chaque anachorète dans la nécessité de songer par lui-même, quotidiennement, aux très minutieux détails de son entretien matériel. Basile préférait donc le cénobitisme. Toutefois, homme de mesure et de tact, il jugeait excessif de grouper ensemble trop d'hommes, car les religieux restaient hors de l'atteinte du supérieur qui ne pouvait ni les connaître ni les diriger ; les transformer en des colonies agitées et bruyantes où les nécessités de la production et de la consommation introduisaient des préoccupations mercantiles. Un monastère de proportions moyennes était l'idéal de Basile. Notre saint eut vite fait de le réaliser avec les vocations qui le suivirent ou allèrent le trouver à Annesi. Même, devenu le missionnaire du monachisme ainsi entendu, il réussit à le prêcher et à le répandre dans toute la province du Pont. Modestes, tel est plus exact de dire qu'il se contenta de perfectionner les paganismes parmi les disciples d'Eustathe, ne fut pas un réfléchi de ce qui n'était avant lui qu'une production du Pont. Sa mère Emmélie et sa sœur Macrine, Eusèbe et fut ordonné prêtre par lui à la fin de 362 ou plusieurs centaines ou plusieurs milliers de moines : si étendus ; si vastes, les monastères arrivaient fatalement.
II. ACTION MONASTIQUE DE BASILE. — Ce faisant, saint Basile innovait-il ? L'usage veut que l'on réponde à cette question par l'affirmative. Pourtant, sans rien enlever à la gloire de l'illustre Cappadocien, je croirais que Basile se contenta de propager ce qui existait déjà. Entre les masses de cénobites enrôlées sous le drapeau de saint Pakhôme et la poussière d'anachorètes dispersée à tous les vents du ciel, les provinces du Sud possédaient sûrement de petits groupes intermédiaires d'ascètes partageant la même existence, car il suffisait, pour avoir une communauté de cette sorte, que tel ou tel solitaire plus en renom attirât quelques disciples résolus à vivre ensemble sous sa direction. En tout cas, dans le Pont, dans la contrée même qui vit les débuts monastiques de saint Basile, un autre ami de l'ascétisme florissait déjà en la personne du fameux Eustathe de Sébaste, et l'œuvre de cet homme, inaugurée quelques années plus tôt, allait à provoquer, elle aussi, un certain groupement conventuel. Basile, qui trouva précisément ses premiers compagnons au sens propre de ce mot, son action monastique n'en mérite pas moins d'être regardée comme capitale. Il fit une institution voulue, non une ébauche indécise. Dans le Sud, en effet, le groupement des moines s'effectuait capricieusement, d'après l'attraction plus ou moins puissante de tel ou tel ascète, d'après aussi le jeu varié de mille et une circonstances extérieures, et ce groupement, réduit ici à quelques disciples, pouvait arriver là jusqu'aux agglomérations pakhômiennes. Quant au Pont, l'esprit mal équilibré d'Eustathe n'avait pas encore su imprimer un but fixe et précis au mouvement créé dans cette province par son zèle inquiet. Ce fut Basile qui, avec son ferme bon sens, conçut le monastère aux proportions moyennes comme un idéal et qui, par son exemple et par ses enseignements, le proposa comme le meilleur moyen d'assurer le bien des âmes et la prospérité du monachisme.
Basile n'habita pas beaucoup son monastère. Dianée, métropolitain de Cappadoce, l'ayant mandé près de son lit de mort, il assista à l'élection de son successeur au début de 363. Quelques mois plus tard, victime de la jalousie épiscopale, il reprit le chemin de l'Iris, mais son rappel ne tarda pas à s'imposer. Devenu le bras droit d'Eusèbe au printemps de 365, il lui succéda au mois de juin 370. Ainsi Basile ne séjourna guère en tout que cinq ou six ans dans sa fondation d'Annesi ; mais sa vie de prêtre et d'évêque resta, sauf les changements indispensables, la vie d'un moine très attaché à son état et toujours préoccupé de le répandre. C'est d'ailleurs à Césarée, évêque déjà ou tout au moins prêtre, qu'il rédigea ou retoucha une partie des écrits sortis de sa plume pour l'édification et la direction des moines.
III. ÉCRITS ASCÉTIQUES DE BASILE, — Les écrits ascétiques de Basile sont connus sous le nom générique d'Ascétiques ou d'Ascétikon. Dans le recueil en deux volumes qui en fournissait le texte à Photius, ils comprenaient les cinq ouvrages suivants : 1° l'opuscule De judicio Dei ; 2° l'opuscule De fide ; 3° les quatre-vingts règles des »Hypotyposeis« ou »Moralia« commençant par »Oz : der roûs mirvedovrac« ; 4° les cinquante-cinq règles développées, commençant par »Enuën @cog yaéorn« ; 5° les trois cent treize règles résumées, commençant par »‘0 etévipumos Oeùs« . Ce recueil paraît authentique, du moins si l'on regarde l'ensemble, sans vouloir s'attacher aux tables préliminaires, ou même à un ou deux préambules moins bien attestés par les manuscrits. Sozomène, il est vrai, déclare qu'en quelque part, que plusieurs de ses contemporains dépouillaient saint Basile de la paternité de l'Ascétikon pour en faire honneur à Eustathe de Sébaste. Mais cette opinion du Ve contredit des témoignages trop anciens et trop graves pour être acceptée : en effet, dès 392, saint Jérôme saluait une œuvre de Basile dans l'Ascétikon, et, dès les environs de 397, Rufin composait ses Regulæ sancti Basilii episcopi Cappadociæ ad monachos en fusionnant, sous deux cent trois interrogations, les »Hypotyposeis« et les règles résumées. On peut donc, avec la critique moderne, reconnaître l'œuvre ascétique de Basile dans le recueil analysé par Photius, sauf à l'alléger un jour si des études postérieures en démontrent la nécessité. Avant Photius, il faut le noter, divers autres écrits du même genre tendaient à se présenter sous le nom du grand docteur cappadocien. Ainsi en allait-il de certaines constitutions monastiques intitulées »Auarakte acuntier« . Il existe deux recensions de cette œuvre, débutant l'une et l'autre sur les mots »Try uarà Xptarov auocogiar« : la plus longue est imprimée, la plus courte reste manuscrite. Or, saint Théodore Studite a écrit toute une page pour démontrer l'authenticité de ces Constitutions que l'on appelait »Mirpà aounri« et »Mepiu« anti, réservant le nom d'Ascétikon tout court aux autres œuvres ascétiques de Basile. Sans égard pour la démonstration de Théodore, on s'accorde assez généralement à regarder les Constitutions comme inauthentiques. Leur texte ne s'en trouve pas moins imprimé à la suite de l'Ascétikon basilien. Dans le même recueil figurent aussi, et sans y avoir un droit bien marqué, trois petits discours sur la grandeur du service de Jésus-Christ, sur l'excellence de la vie monastique, sur les obligations de l'ascétisme religieux. On y a joint encore deux tarifs pénitentiels, l'un pour moines, l'autre pour moniales, mais tout à fait à tort, au moins en ce qui regarde le premier.
En dehors des six pièces ci-dessus qui font corps avec les parties authentiques de l'Ascétikon, il existe d'autres morceaux ascétiques attribués à Basile, mais imprimés à part, comme suspects ou apocryphes. Suspect, le traité de vie spirituelle que sont les deux livres Sur le baptême ; apocryphe, l'opuscule Sur la vraie pureté des vierges ; pseudépigraphes du Moyen Âge occidental, le De consolatione in adversis et le De laude solitariæ vitæ, et aussi l'Admonitio ad filium spiritualem, dont on n'a, comme de juste, que le texte latin.
Exception faite pour ces derniers écrits, les œuvres ascétiques du docteur de Césarée, les vraies surtout, mais aussi les fausses, ont joui d'une sérieuse influence en Orient. Destinées aux moines pour la plupart, elles ont contribué dans une large mesure à faire regarder saint Basile comme le législateur et le patriarche du monachisme oriental. Jusqu'où Basile fut-il vraiment portent, elles aussi, le titre d'épos : de part et d'autre, extérieur, par leur rédaction sous forme de questions, un premier motif de ne pas regarder les règles de ce mot.
On cite, il est vrai, des auteurs latins qui disent ce législateur et ce patriarche, voilà ce qui reste à examiner.
IV. BASILE A-T-IL ÉCRIT UNE RÈGLE ? — Au risque de surprendre, je crois devoir répondre que non : Basile n'a pas écrit de règle monastique, ou du moins l'Orient n'a jamais considéré ses directions comme une règle monastique, au sens que l’on attache d'ordinaire à ce mot en Occident.
Certes, dans le Pont comme dans la Cappadoce, notre saint entendit fort bien dicter sa voie au monachisme. Grégoire de Nazianze se flatte d’avoir collaboré avec lui, sur l'Iris, à des époques ypanroïs où il avait vécu. Le même écrivain, louant le docteur de Césarée, signale parmi les œuvres de son sacerdoce, des vœux monastiques, et il signale, parmi les œuvres de son épiscopat, les soins donnés aux couvents de vierges. Il n'y trompe point, Basile a donné des règles à la religieuse, il ne lui a pas donné une règle. Il a simplement fait pour les moines dans ses »Opor xara rires« et ses »Op : ar” Érirouy ce qu'il a fait pour l'ensemble des chrétiens dans ses ‘Hô, prescriptions morales qui forment un directoire et non pas un code.
Le simple examen de son travail suffit déjà à le démontrer. Pour tracer les grandes lignes du monachisme tel qu'il l'entendait, Basile avait profité d'une lettre écrite à saint Grégoire de Nazianze dès 9582 : ce qui lui restait à faire après cette lettre, c'était de développer et de répéter ses idées pour les disciples groupés autour de lui ou relevant de sa direction. Il s'acquitta de cette tâche, au jour le jour, de deux manières : d'abord, en donnant des conférences, peut-être hebdomadaires, à la communauté qu'il fonda ensuite, en fournissant des réponses aux difficultés d'ordre spirituel et temporel soulevées par les moines et les moniales qui l'entouraient. Le résumé plus ou moins complet de ces conférences, voilà les cinquante-cinq règles longues ; la teneur plus ou moins littérale de ces réponses, voilà les trois cent treize règles courtes. Les premières, comme on l’a très bien dit, constituent en ce que nous appellerions aujourd'hui une série de « leçons spirituelles » ; les secondes, on peut l'ajouter, se présentent comme un recueil de solutions données à des cas de conscience et à des doutes pratiques. Les unes et les autres sont donc plutôt des pages de direction que des articles de législation. Même par leur forme de réponses, elles n'ont rien d'un code.
Point souveraine, l'influence des écrits ascétiques de saint Basile fut pourtant réelle, Elle se fit sentir même là où régnaient des influences rivales, comme en Palestine, il suffit, pour en être convaincu, de constater que les disciples de saint Théodose le Cénobiarque nous disent au sujet de leur maître : [Moxius GÈ ai to) &vumep6drrou Thv molecelav at axatayeviqrou rois This Ganbelas Sévumorv, +0Ù ueyiou Basthelou ré@v dtartéswv émotefro env roc huäs êtbayivl. Les œuvres ascétiques de Basile gagnèrent beaucoup à être ainsi utilisées par saint Théodose le Cénobiarque. Elles gagnèrent davantage encore à devenir, plus tard, le guide favori de saint Théodore Studite. Plein d'admiration pour le docteur de Césarée, ne craignant pas de le comparer à l'apôtre qui détient les clés du ciel, Théodore aimait surtout ses écrits d'ordre monastique : il les lut et relut dès son entrée au couvent de Saccoudion ; il les mit sous les yeux de son oncle Platon, fondateur et chef de ce monastère ; il chercha même à démontrer l'authenticité des Constitutions soi-disant basiliennes. En devenant higoumène de Stoudion, saint Théodore y établit l'amour des 'Acxnrixc, et il en fit une tradition studite. Or, comme on le sait, les traditions studites trouvèrent un excellent accueil dans les couvents de l'Athos, qui devinrent le centre du monachisme grec au x siècle, et dans les couvents de Kiev, qui furent le berceau du monachisme russe. En dehors des textes particuliers relatifs à Théodose le Cénobiarque et à Théodore Studite, une preuve générale existe de l'influence exercée par les œuvres ascétiques de saint Basile et cette preuve est empruntée aux catalogues de manuscrits grecs, imprimés si nombreux en ces derniers temps : on y voit que les diverses parties de l''Acxnzixôv basilien ne faisaient pas défaut dans les bibliothèques conventuelles.
VII. Y A-T-IL UN ORDRE BASILIEN ? — Après les développements ci-dessus, on ne peut s'attendre ici qu'à une réponse négative. Assurément cette réponse éloignera beaucoup de lecteurs occidentaux, car il est entendu en Occident que, depuis quinze siècles, les moines grecs sont des basiliens et qu'ils forment un ordre. En revanche, ma réponse épargnera aux caloyers orientaux le mouvement de surprise qui les saisit en face des trop nombreux ouvrages d'Europe où l'on s'obstine à les traiter de « basiliens » et à les présenter comme organisés en « ordre ». Si un ordre religieux est bien ce que dit le droit canonique latin, si la notion d'ordre religieux comporte la pratique du monachisme d'après une même règle déterminée, affirmons bien haut qu'il n'a jamais existé d'ordre basilien, l'ailleurs, à part les congrégations égyptiennes des iv° et v° siècles, l'Orient grec a toujours répugné à cette idée d'un groupement religieux qui réunirait ensemble plusieurs monastères. Chez lui, tous les documents l'attestent, chaque monastère constituait un institut distinct, un ordre propre, si l'on veut ; nul auteur d'Orient n’a songé, que je sache, à se prendre pour un basilien, à ce docteur de Césarée qui sciscilantibus fratibus bénédictins témoignent que le premier convent se figea dans les monastères d'hommes et de femmes appartenant au monde dit orthodoxe. Il faut tenir compte de l'influence organisatrice et hiérarchisante de Rome : on peut dire ; et cette organisation des siècles passés est encore la même de nos jours. Même dans cette île de l'Athos que sa situation géographique et historique devrait faire si une, même-là, on compte autant d'ordres séparés que de couvents proprement dits. Mais affirmer que l'ordre basilien est un mythe ne suffit pas ; il faut aller plus loin et rejeter même le titre de basiliens que l'on donne aux moines byzantins. Ja mais, autrefois, les intéressés n'ont pris ce titre pour poser pareille dénomination. L'histoire mentionne des acémètes, des abrahamites, des studites, des paléolanites, tous religieux d'un monastère unique ; elle ne mentionne pas de basiliens. Aujourd'hui il en va de même, J'ai visité Saint-Sabas : je n'y ai vu qu des Sabaïtes très étonnés qu'on pût les croire apparentés à saint Basile, J'ai goûté par deux fois, très longuement, l'hospitalité de l'Athos : j'y ai conversé avec des vriotes, des Dionysiates, des Xénophontins, des Esphigménites, etc., et pas un qui eût la moindre envie de se dire basilien. Que si maintenant, privant les mots de leur sens propre, on tient à dire que pratiquer la vie religieuse d'après les traditions dérivées en grande partie de Basile est chose suffisante pour faire de tout oriental un basilien et pour regarder leur collectivité comme un ordre, rien de mieux. Mais alors il ne faudra pas, comme un auteur récent, tenir tous les religieux byzantins pour basiliens et sourire en même temps des historiens qui tiennent pour fils de saint Basile tous les moines et toutes les moniales de l'univers, à commencer par saint Benoît. Un fait certain, en effet, c'est que le monachisme occidental a subi l'influence basilienne beaucoup plus que mainte maison religieuse de l'Orient byzantin. Cassien, un des maîtres de ce monachisme, savait le grec et il se réfère, en tête de ses Institutions monastiques, super diversis institutis vel quæstionibus, non facundo, verum etiam divinarum scripturarum monitis copioso sermone respondit. Saint Benoît, patriarche incomparable, connaissait l'adaptation faite par Rufin, et sa règle se termine sur la mention de la Regula sancti patris nostri Basilii. Plus que ces textes, plus que les autres textes latins de même teneur, les nombreux points de contact entre les pratiques de l'Orient monastique et celles de l'Occident au second de larges emprunts. Cela étant, domini, l'auteur du Kalendarium sanctorum ordinis S. Basilii, avait autant de raison d'y inscrire saint Benoît que saint Jean Damascène.
VIII. BASILIENS CATHOLIQUES. — Ce qu'on vient lire sur le basilianisme regarde uniquement la vie religieuse byzantine laissée à elle-même, c'est-à-dire telle qu'elle se développa ou, si l'on préfère, telle qu'elle se développerait sans l'influence de l'Église latine, soit du fait de leur situation géographique, soit du fait de l'union confessionnelle, se trouvèrent touchés en effet, le catholicisme a connu et connaît encore des religieux pour qui les écrits de saint Basile sont de règle au sens propre du mot, et ces religieux, dûment appelés basiliens, vivent groupés en des congrégations analogues aux congrégations latines. En Italie, les basiliens se réclament de l'ancien orient du cénobitisme oriental dans la péninsule ; Rome elle-même comptait plusieurs couvents dans les régions où la chute de l'exarchat de Ravenne ne réussit pas à ruiner entièrement le monachisme grec ; le monachisme refleurit avec la restauration byzantine d'Apulie, et il survécut à l'installation normande née en 1071. Aux siècles suivants, pour résister à la poussée latine, il opposa les écrits de saint Basile à ceux de saint Benoît et peu à peu la double série des élections basiliennes prit rang de règle monastique dite. Les moines italo-grecs étaient en décadence quand le concile de Florence leur valut un renouveau de vie. Ils eurent alors pour protecteur officiel le cardinal Bessarion, qui entreprit de les réformer et qui rédigea pour eux un résumé des écrits de saint Basile. Grégoire XIII les soumit à une seconde réforme en 1574 ; la congrégation de tous leurs couvents réunis, Clément VIII acheva cette œuvre en 1597 : il dota l'institut d'un noviciat érigé à Saint-Sauveur de Messine. Entachés par le latinisme dès avant le XVe, les moines italo-grecs sont allés de plus en plus en se latinisant ; c'est le rite latin que suivent les quelques basiliens subsistant encore aujourd'hui sous l'autorité d'un supérieur fixé à Palerme. Un seul monastère, exempt de ce supérieur, pratique le rite grec : celui de Grottaferrata. Les basiliens italo-grecs étaient à la veille de recevoir le décret de Grégoire XIII qui constitua leur congrégation en trois provinces : de Sicile, de Calabre et de Campanie, lorsqu'en 1561 des fondateurs espagnols voulurent fonder des frères. Les basiliens latins d'Espagne, à toutes pièces, furent agrégés à ceux d'Italie le 18 janvier 1561. Ils constituèrent deux réformes ; la réforme dite de Tardon fut approuvée et confirmée par Clément VIII en 1602 et 1603. Les basiliens n'existent plus en Espagne. En France, ils n'ont jamais existé, à moins que l'on n'assimile au basilianisme, en raison de son nom, le type de prêtres inauguré comme association par d'Aviau vers 1802 et constitué en congrégation en 1822. Cette congrégation des prêtres de Saint-Basile a sa maison-mère à Annonay ; elle a essaimé à Toulouse, dans le Canada, en 1852. Les religieux orientaux de langue slave entrèrent en contact avec l'Église latine grâce à l'union de Brest en 1596 et grâce à la réforme introduite au couvent de la Sainte-Trinité de Vilna par Véine Rutski et saint Josaphat Kuncewiez en 1607. Quelques années plus tard, au chapitre de Ruta, les réformés fondèrent une congrégation dite de la Sainte-Trinité ou de Lithuanie, dont la Propagande confirma les statuts en 1617. La conquête de Justinien au vi siècle favorisa l'expansion des basiliens en Italie du Sud et dans les îles : celle de Castille et celle d'Andalousie. Une congrégation analogue, dite du Patronage de la Sainte-Vierge ou de Pologne, fut décidée au concile de Zamose en 1720 et réalisée en 1739. Les deux congrégations fusionnèrent en 1741 et Benoît XIV approuva la chose le 2 mai 1744. Mais en 1780, par suite du partage politique de 1772, il fallut organiser quatre provinces : celle de la Sainte-Trinité en Lithuanie, celle du Patronage de la Vierge en Pologne, celle de Saint-Nicolas en Russie, celle du Saint-Sauveur en Autriche. Les trois premières ont succombé aux persécutions russes de 1786 à 1875 ; la quatrième se conserve seule en Galicie où Léon XIII l'a réformée par une constitution du 12 mai 1882. En dehors de la province galicienne, il existe sept couvents de basiliens grecs-ruthènes en Hongrie et
BASILÉENS. Voir BASILE DE CÉSARÉE, BASILIC.
L'histoire des officines adonnées à la fabrication des lampes en terre-cuite est encore aujourd'hui pleine de lacunes. Les relations existant entre ces officines avaient semblé devoir se réduire à très peu de chose, Il ne semble pas probable, à première vue, que les artisans employés à une fabrication grossière pussent se soucier de se perfectionner en parcourant les ateliers des différents pays. C'est cependant ce qui paraît de plus en plus vraisemblable depuis que, à défaut de textes formels, les monuments figurés nous montrent des types identiques reparaissant dans des contrées très éloignées les unes des autres. La lampe chrétienne au « basilic » en est un exemple démonstratif.
En 1867, J.-B. De Rossi publia quelques lampes chrétiennes découvertes à Rome, dans les ruines du palais des Césars, De l'une d'elles, offrant un type nouveau, il donna le commentaire suivant : « Au centre du disque supérieur est représenté le Sauveur, figure allongée de type byzantin, visage barbu, tête couronnée du nimbe crucifère ; sous ses pieds, il foule un grand serpent ; de sa main droite il perce ce même serpent avec la pointe d'une longue haste, laquelle se termine en croix ornementale et gemmée. À gauche du Seigneur, un autre reptile élève une tête monstrueuse ; à sa droite, une vipère ou un aspic allaite ses pieds sous lesquels figure un lion. Deux anges vêtus de tuniques sont suspendus en l'air à la hauteur de la tête du Sauveur qu'ils adorent, Il y a ici une allusion des plus claire au verset 13 du psaume XC : Super aspidem et basilicum ambulabis, et conculcabis leonem et draconem. »
Un type analogue a été découvert en Afrique, à El-Deir. Il existe entre les deux monuments de légères différences, bien qu'ils expriment tous deux la même pensée de la même façon. Mais ces variantes suffisent à démontrer que les deux exemplaires ne sont pas sortis du même moule, ni, très probablement, de la même officine.
Autour du disque de la lampe africaine court une décoration consistant en une couronne de quatorze lentilles renfermant alternativement le monogramme du Christ et une disposition géométrique, des demi-ronds. Cet ornement est identique à celui de la lampe italienne, la composition est à peu près identique sur les deux lampes pour les anges, le lion et les serpents ; seulement à gauche du Christ, au lieu d'un dragon, il y a, sur la lampe d'Afrique, un troisième serpent ingénieusement disposé autour de l'orifice servant à introduire l'huile et lui servant de bourrelet, La croix est moins grêle, elle a plus de résistance ; la figure du Christ est plus âgée.
Enfin, les fouilles de la nécropole égyptienne d'Atoumin ont donné un nouvel exemplaire du type que nous reproduisons ici (fig. 1490). Notons encore quelques variantes d'après deux lampes, précédemment découvertes. Les lentilles offrent une combinaison du système diélectrique adopté dans la lampe de Dagaï, ici avec une croix.
Elle faisait alors du cabinet de M. Brüls, on y lit BO MO et dé M. Fernandez Guerra y Orbe à Madrid un exemplaire provenant d'Athènes. Ces petits monuments ne seront sans doute pas les seuls que la terre-cuite nous apportera dans la série commencée d'une façon si intéressante en raison de la connaissance des exemplaires. Nous ne reviendrons pas à cette place sur la démonstration faite des origines du type que nous éludions*. Ce n'est pas seulement sur les lampes que nous le rencontrons, quoique dans d'autres monuments il soit généralement moins littéral. De préférence, les artistes ont réduit la scène un peu encombrée à un seul animal, le serpent.
Parmi les lampes d'Akbmin nous trouvons en effet un Christ debout, tenant de la main droite la croix gemmée et marchant sur la tête d'un serpent, Ce type va nous amener en Gaule où un large bol en assez belle poterie rouge un peu pâle (diamètre du fond : 0m992) a été trouvé à Orléans, dans les E. _ le rom Gr pr fouilles du chemin de central d'un diptyque d'ivoire conféré de Vierzon. Ce qui servé à la bibl, Vaticane. D'après le rend très remarquable photographie. quable, c'est la figure | gravée en creux sur fond intérieur du vase. Elle représente un personnage foulant aux pieds un dragon et tenant en main Lhäiton terminé par une croix pattée, Cet homme, dont l'igure et la coiffure tiennent du stylé égyptien, porte re qui se rapproche du sagum gaulois ?
Au point de vue technique, le monument le plus remarquable, parmi tous ceux qui interprètent le texte Psaume XC*, est une plaque d'ivoire du musée du Mican (fig. 13%2), Nous voyons ici les quatre animaux éntionnés par le psaume, traités avec un souci du détail qui fait grand honneur à l'artiste, Aspic, basilic et agon y sont assez bien conservés pour nous permettre de croire cet ivoire byzantin par ses détails et le placer au virJOEIA MOY) !.
Le même archéologue mentionne un troisième exemplaire romain et signalait dans | d'y trouver un point de repère pour l'étude des animaux fantastiques d'où sortiront les bestiaires du moyen âge. Un ivoire conservé à la bibliothèque Bodléienne d'Oxford % et qui paraît, à divers indices, être un ouvrage occidental du VI siècle environ, fait partie de la classe assez nombreuse des couvertures de livres, La décoration se compose d'un panneau central enclavé dans douze petits compartiments comprenant autant de sujets empruntés à l'iconographie du Christ, Le type du Christ sur le panneau central est l'adolescent imberbe, | portant la croix d'une main, le livre de l'autre, et nimbé du nimbe crucifère, Sur le livre on lit : IHS - XPS SVP{er) ASP{idem).
Ici les quatre animaux sont disposés d'une manière différente de celle que nous avons rencontrée ; ils sont superposés deux à deux.
H. LECLERCO.
BASILICARII ou BASILICANI, nom donné en général aux officiers chargés du soin des basiliques ; c'étaient d'ordinaire des sous-diacres. Voir BASILIQUES LATRAN, SOUS-DIACRES. Cf, Ant, Zaccaria, Onomasticon rituale, Basilicari. W. HExny.
La première place revient incontestablement à deux livres dont la reliure et les feuillets se composent de feuillets de plomb. Montfaucon, d'après lequel on a presque toujours parlé de ces objets, s'est exprimé à leur égard d'une façon assez inexacte 6, L'un de ces livres a disparu depuis deux siècles7, il ne sera donc pas superflu d'en donner ici la description $ : « Il est de la même grandeur qu'il est ci-après représenté dans la planche ® ; non seulement les deux plaques qui font la couverture, mais aussi tous les feuillets au nombre de six, la baguette insérée dans les anneaux qui tiennent aux feuillets, la charnière et ses clous, enfin tout sans exception est en plomb. Les douze pages que font les deux côtés de chaque feuillet, ont autant de figures de gnostiques ; au-dessous de ces figures, il y a des inscriptions, partie hétrusques et partie grecques, mais aux quatre premières pages seulement ; toutes ces inscriptions sont également inintelligibles, La première figure est d'un homme nu, qui porte une main à la bouche, et tient l'autre sur le flanc, la seconde représente un homme vêtu qui élève une main : dans la troisième on voit un homme vêtu d'une robe, qui étend ses mains, et qui paroit même les avoir jointes, comme pour prier : la quatrième est à tête d'oiseau : la cinquième montre un homme à tête de coq, qui a des serpents pour jambes, et qui tient un fouet à la main : la sixième est un homme à tête d'oiseau, qui a le corps tout rayonnant : la septième, un buste de Sérapis avec le boisseau ou le calathus sur la tête : la huitième, une femme étendue à terre : la neuvième, une figure égyptienne qui semble une insecte : la dixième une grenouille : l'onzième, un oiseau qui ressemble à une oie : la douzième, une femme qui étend un grand voile tout parsemé d'étoiles 1, »
Le deuxième livre, celui qui est conservé au musée Kircher, aurait été publié, au dire de Montfaucon par le P, Buonanni dans son Museum Kircherianum, où | « il a donné la figure d'un livre semblable, trouvé dans un ancien tombeau » ?. I y a là une singulière méprise. Ce qu'a publié Buonanni ne ressemble en aucune façon aux sept feuillets que nous possédons et qui ont été étudiés et publiés par Matter ? et Ruggiero *.
La remarque avait déjà été faite par Brunati qui se l'expliquait ainsi : Septem quideni tabellis, ti dt diernus Kircherianus Hibellus, sic et alius edilus Bonannio constabat, erat que et ipse operculo, fiqurt anaglyptis ex ulra que parle insignilto proteclie forma item litterarum at que stylus figurarum varis in tabellis idein erat. Ast non eadem litterarum dis posilio non eædem repræsentaliones : unde quod dus sunt libellé, non unus, clare patet, Tantunr suspicié oritur, quod quidam, abrepto sincero veteri libello, alium fraudolenter substituerils, [ faut donc, très probablement, distinguer trois livres basilidiens en plomb. 1° Celui de Montfaucon qui vient d'être décrit ; 2 Celui de Buonanni qui le décrit ainsi The car plumbeam expressimus in tabula LX, 4 formant libri compactam, in qua septen larnira étianm plumbeæ includuntur, in quarum singuiis plus res characteres incisi fuerunt verriculo, et quident mot unius idiomatis sed variarum linguarum ; sunt enim o18 « NE ali qui exc græco alphabetlo selecti, ali qui vero ex hæwréperlus in antiqua sarcophago, in quo cineres demorfui fuerant inclusit, IHBOCnsaËr YAMALES$R) PIB ETARRS| lo dm characterum combinationes verba intelligibilix | aujour d'hui au musée Kircher (üg, 1993). Il se compose, SE ŸPICAAPVE NKWMAT VA efformant, quæ nec græcus, nec hebraici, ne que latini lui aussi, de sept feuillets dont les figures et les caractères offrent de grandes analogies avec ceux des dessins du livre donné au cardinal de Bouillon par At ex nullo corum deduci polest, quid artifex mente | ee. 2 D eh mt » L ]* Montfaucon et publié par lui. Toutefois des différences | 010 cent. de hauteur sur 009 de largeur. La couverture, très notable, porte, au droit, un buste de femme, au revers un buste de femme également.
Les sept feuillets sont opistographes, avec des attaches des sept feuillets. Ceux-ci sont opistographes, avec des attaches des sept feuillets. Ceux-ci sont opistographes, avec des attaches pour les sept feuillets. Ceux-ci sont opistographes, avec des attaches pour les sept feuillets.
Les traits de ressemblance entre les feuillets des trois exemplaires sont frappants *LL* erture de l'exemplaire de Buonanni, car celui de Montfaucon était entièrement lisse avec un simple bouton. Suivant la remarque de Brunati, les trois exemplaires = en supposant authentique le seul connu aujourd'hui — paraissent devoir être le produit d'une même officine, du moins quant à la disposition. La couverture du seul exemplaire aujourd'hui connu rappelle également la couverture de l'exemplaire de Montfaucon, mais en diffère peu d'époque, les uns des autres.
Montfaucon ! y voyait des ouvrages du sixième siècle, et une telle précision nous parait un peu aventureuse. L'essai d'explication du même antiquaire ne parait pas plus heureux. Montfaucon voyait dans les six feuillets douze dessins ou douze scènes qu'il interprétait des douze heures du jour et des incidents variés que chacune d'elles amène dans la vie de l'homme. Les deux exemplaires à sept feuillets portant à quatorze le nombre
des scènes ne se prêtent plus à l'hypothèse des douze heures du jour. Peut-être s'agirait-il d'une représentation relative à la migration des âmes et à la métempsycose.
Le premier feuillet (fig. 134) nous montre un personnage nu se présentant à un personnage porteur d'un trident dont il parait bien accueilli, Le même feuillet au verso nous fait voir un disque rubanné et une sorte de caducée, symboles dont l'interprétation autoriserait toutes les imaginations.
Le second feuillet (fig. 1395) présente au recto un personnage en robe talaire faisant le geste d'acclamation devant un oiseau, tandis qu'au verso un personnage nu semble invoquer une momie d'animal à longues oreilles.
Le troisième feuillet (fig. 1396) nous montre une femme adorant une statue élevée sur un piédestal et un homme arrêté en présence d'une tortue.
Le quatrième feuillet (fig. 1397), un homme debout, vêtu d'une sorte de pèlerine, s'arrête au pied d'un monolithe ; au verso un cynique, barbu, vêtu d'une longue robe, un bâton à la main, en présence d'un personnage à la robe ample et plissée, au chef mitré, une sorte de dieu.
Le cinquième feuillet (fig. 1398), un homme fait offrande à Jupiter sous l'abrasax, sous lequel on lit distinctement 140 ; au revers, une grenouille, symbole de résurrection, et le serpent, symbole de l'agathodémon.
Le sixième feuillet (fig. 1399) nous fait voir un personnage au buste radié faisant un geste vers une sorte de monstre ailé ; au revers un buste barbu coiffé du modius et posé sur un trépied, à ses côtés une momie avec son tabla ; on lit au-dessous xepaov.
Le septième feuillet (fig. 1400) au recto montre un homme mi-habillé et mi-couché tendant les bras vers un oiseau ; au verso un personnage presque nu, de la bâton à la main, retenant du bras droit une écharpe qui l'enveloppe et rappelant la Nuit des monuments grecs ; à sa gauche un taureau. Au dessous, dans l'inscription, on voit le signe planétaire.
ué. V. La description dans les écrits chrétiens. asili que au culte chrétien. VIIL Type oriental. b siliq e byzantine voûtée. X, Type occidental. rientation. XII, Le couvrage. XIIL. Chalcidi que — IV, La « tour lanterne », XV, Les tours de. Les contreforts. XVII. L'abside ; le cheDistril ution de la basili que chrétienne. les bas-cûtés. XX. Le narthex, l'atrium. KIT. Les fenêtres, XXIIL, Les portes. L Les FE VE Fa Aclüsire : XXVIIL. pa es du reste de la basili que, XXIX. Restaus basiliques romaines. XXX. Basiliques de bois. Basiliques cémétéria les. XX XII. Bibliographie.
S DÔMESTIQUES, — Il n'est pas possible d'étu- ‘histoire de la basili que chrétienne sans tenir pra au milieu desquel les le christiaest développé et établi dans l'empire romain. tour persécutée, tolérée, protégée même, enfin >, la société des fidè les a connu des altersaient celte société, bien loin d'être, ainsi qu'on répété, des mmisérab les et des indigents, ont é dans leurs rangs des individus et des famil les ‘opulence et la puissance rivalisaient sans peine les fortunes désordonnées de la société paienne ut de notre ère !, Soit piété, soit ostentation, ces ont pris soin de procurer aux, Églises dont ils \membres les ressour ces indispensab les au bon nnement de cel les-ci. Ils ont eut fait plus ; ils deurs libéralités, fourni aux frais d'érection el ation d'édifi ces somptueux, et dispendieux à proNous n'entreprendrons pas ici de refaire une ration présentée ailleurs 5 et nous admettrons un fait indiscutable l'existence d'un nombre able d'édifi ces chrétiens destinés au culte avant d et comment les fidè les adoptérent pour type des ces de leur culte le type même des basiliques. ndant la période qu'on pourrait désigner sous le 1 de “ premières origines » et qui se prolonge penat toute la durée du rer siècle, des textes suffisamas les Anna les du musée Guimet, 1887, t, xtv, CE. J. L. JaÏ, Das wreprungliche Basilidianische System, dans Zeitsy, in-8, Paris, 4809, &. x, p. #, nous lisons : « Le chrispierres | VI Type ebrétien primitif, VIL Appropriation de | tantes de prospérité et d'infort une, Ceux x de l'Église. 11 s'agit maintenant de rechercher | 926 ment nombreux et explicites — eu égard au mystère qui enveloppe ordinairement ces sortes de débuts — nous apprennent que les communautés se fondérent dans un certain nombre de vil les et y pratiquérent les ri les prescrits par Jésus à ses apôtres, D'abord à Jérusalem, ensuite en Syrie, en Asie-Mineure, les évangélistes avaient adopté une tacti que qui échoua partout ®, Rejelés du temple et des synagogues, maltraités par leurs compatriotes auxquels ils s'adressaient tout d'abord et de préférence, les « Galiléens » — car ils ne portaient pas encore d'appellation plus précise — se virent contraints, sous peine de s'assembler en plein air, de profiter de l hôspitalité de tel onu tel parmi les nouve aux associés ; ainsi se contracta l'habitude de se réunir « tantôt dans une maison, tantôt dans une autre »$, Au jour de la Pentecôte, nous voyons l'Église naissante groupée dans la salle située au premier étage d'une maison , Les incidents provoqués par les pre| inières prédications des apôtres hâtérent l'adoption | d'un usage déjà bien établi quelques années plus tard 9 à Jérusalem et que saint Paul va vulgariser au cours de ses missions 11, Nous n'avons plus à rechércher ici la part d'influence exercée sur lès premiers édifi ces chrétiens par le souvenir de l'installation du culte dans les synagogues et dans les maisons privées 2. Cette influence, pour réelle qu'elle paraisse, est difficile à préciser dans le détail. Le plus qu ‘on puisse dire, croyons-nous, c'est que « rame nées à un noyau primitif, synagogues et églises chréliennes présentent un point de contact indéniable : une maison de prière précédée d'un préau ; cependant cette disposition rudimentaire se trouve ailleurs, ainsi le type de l'église chrétienne ne dépend pas nécessairement et | exclusivement du type synagogal, il s'y rattache comme il se rattache à un type plus complet, adapté à une destination très différente, la maison romaine avec son
Les avanies prodiguées aux fidè les qui s'aventuraient dans les synagogues les avaient amenés à se réunir dans des maisons privées, La célébration du | culle, pour improvisée qu'elle füt, ne dut pas laisser que d'offrir dans la plupart des cas les mêmes développèements, réclamant les mêmes dispositions, qui élaient en usage dans celte synagogue dont on ne s'était séparé qu'à son corps défendant et peut-être pas sans un secret espoir de rapprochement dans l'avenir. Si, à mesure que les différen ces s'accusérent, on renonça peu à peu à l'idée d'un raccommodement ; à ces débuts, on s'élait gardé d'innover en dehors du siriet nécessaire, alin de ne pas dresser un obstacle devant lequel pourraient venir échouer les bonnes volontés, La réunion synagogale se passait en lectures et en prières, elle ne réclamait donc pas une installation très spéciale ; le culte chrétien ajoutait à ces pratiques le rite du bantianisme traversa sans posséder de temple les trois sièc les qui précédèrent Constantin : les assemblées religieuses se tenaient dans les maisons, les seuls monuments élaient des galeries de carrières abandonnées (autre inexactitude) où les chrétiens quet commémoratif et, ici encore, l'aménagement indispensable à ce rite était des plus simp les. En Syrie, la prédication avait lieu dans des habitations parliculières, probablement dans la salle principale, celle qui correspond à l'oixos des maisons grecques, à l'œcus de Vitruve, sorte de pièce comm une où se tenaient les réunions de famille, où se prenaient les repas, où se pratiquaient les devoirs de l'hospitalité 1, Le fait n'était pas sans analogies, Les textes anciens nous montrent des païens réunis dans la maison d'un des membres de la confrérie dont les uns et les autres faisaient partie, Une inscription mentionne la réunion d'un collège l'emplacement d'habitations privées, A Alexandrie, à Antioche, à Carthage, des faits analogues ont pu se produire el les églises auxquel les nous trouvons au IVe le nom d'un particulier peuvent avoir une semblable origine 7,
IT. LA MAISON PRIVÉE, — Nous venons de constater l'existence des églises domestiques et le mininiumt d'extgen ces imposé par leur installation ; aussi peut-on dire que l'assemblée chrétienne s'adapta à la disposition générale de l'habitation privée bien loin de la modifier et de la transformer en vue de la rendre conforme à un plan arrêté à l'avance. Au 1 siècle de notre ére. les habitalions aisées — les seu les vraisemblablement qui aient hébergé les communautés chrétiennes — offraient un aspect beaucoup moins varié que pourrait nous le faire supposer la variété indéfinie de nos habitations modernes, À partir du n° siécle environ avant Jésus Christ, un type tend à prévaloir, qui ne se modiliera guére, mais se préciseera plutôt avec une régularité dé plus en plus impitoyable jusqu'à la fin de la période à laquelle nous bornons nos recherches. Les architectes romains né connaissaient guére qu'un seul type, celui que Vilruve avait décrit et qui se ramenait à un péristyle servant d'habitation aux hommes et de lieu de réceps tion pour les étrangers ; les femmes se trouvant relé nt ceux des hommes ou dans les chambres de er étage. Le péristyle est comme le noyau de la n, à l'entour sont disposées les piè ces d'apparat :, bibliothèques, galeries de table aux. Pris dans emble, un tel logis est commode ét magnifi que ; ant où il est pourvu de tous ses organes essentiels. nstan ces vont lui assurer le plus large succès. vers le temps, en effet, où l'on appli que les règ les ruve, que Rome ayant conquis la Grèce, on voit le | imposer au vainqueur ses goûts, son art, ses orilés en lous genres. La maison grec que se
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Chaque mot DOIT être conservé. Préserve sauts de ligne. CONTEXTE PRÉCÉDENT : --- tte enfilade. Mais ce fait importe assez peu, parce que si des assemblées chrétiennes ont été tenues dans ces étroites demeures c'est un pis-aller et un cas exceptionnel. La tendance centralisatrice des Églises porte à réunir par groupes compacts, dès que la chose est possible, les fractions disséminées, Des dons, des acquisitions procuraient des maisons spacieuses qui, affectées au culte d'une manière permanente, en devinrent les sièges officiels ?, La facilité plus grande qu'offraient ces maisons pour la célébration de la liturgie ; la sécurité qui s’attachait au logis d'une race illustre ou d'un personnage puissant, ainsi que la satisfaction d'amour-propre de posséder une riche installation durent contribuer à la concentration des communautés chrétiennes dans les grandes habitations des particuliers #, En province la variété du plan ne connait pas de limite et cependant les lignes générales sont faciles à ressaisir, Tel atrium a été amputé d'une aile, tel autre des deux. On rencontre une maison avec plusieurs atria, ailleurs une cour remplacée par un atrium. Dans tout cela, une tendance persiste : la fidélité à l'atrium était considérable. Elle n'avait guère baissé depuis le temps où traditionnel. La salle au toit percé, pourvue de l'impluvium, du cartibulum, et généralement flanquée des alæ, demeure la partie essentielle du logis ; tandis que le tablinum et le peristylium sont supprimés sans trop de regret. Nous avons donné dans notre Manuel d'archéologie chrétienne (t, 1, fig. 11, 12), les plans de deux maisons pompéiennes, celle de Pansa et celle de Salluste, qui montrent bien ce qu'est la grande habitation gréco-romaine. Du premier coup d'œil on se rend compte de la disposition de l’ensemble, nous allons la trouver dans la maison dite « des chapiteaux figurés » à Pompéi (fig. 1403). D'une maison de ce type à l'habitation d'un grand Personnage à Rome, la différence n'est qu'affaire de Proportions, Vitruve nous apprend que les maisons de la communauté chrétienne seront réservées aux diacres, et dans l'avenir aux ablutions, et dont le cartibulum, la décoration basilicale, ces médaillons des papes. Le triclinium, indispensable au repas liturgique ; bibliothèque, salle à manger, cellier, magasin, les églises domestiques comportèrent également des pièces traitées à l'égyptienne, c'est-à-dire des pièces dont les fenêtres s'ouvrent entre des colonnes, ce qui fait ressembler les salles à des basiliques *, Juvenal confirme cette observation quand il nous dit que la villa des Mécènes, contemporaine du palais et antérieure à Constantin, se sont peu à peu transformées en vestibulum, l'atrium, le peristylium sont imités, les promenoirs ressemblent à des forêts de colonnes, les bibliothèques, les pinacothèques, les basiliques diffèrent à peine pour les dimensions et la somptuosité de celles des édifices publics, C'est dans ces maisons — les textes ne laissent aucun doute à ce regard — que les fidèles se réunissaient, L'instinct semblait se faire d'elle-même, tant la disposition des lieux se prêtait à maintenir la distinction des catégories. Le tablinum, dont la dignité est consacrée de longue date parmi les diverses parties de la maison, recevra le clergé. Les alæ, qui tirent de la foule ceux qui n'ont pas besoin d'y être, seront réservées aux hommes, aux femmes, aux vierges et aux veuves. Le reste de la communauté prendra place dans l'atrium, dont l'impluvium marquera l'emplacement de l'autel, La décoration de l'atrium et des alæ : trophées et portraits à imagines clypeatæ, inspirera la plus ancienne décoration des basiliques chrétiennes, Comme nous le voyons dans la basilique de Saint-Paul-hors-les-murs, cette disposition n'est pas moins à l'installation du culte chrétien que l'aménagement indispensable dans le riium ?.
Ainsi donc, la maison romaine satisfaisait aux exigences capitales du culte chrétien à qui son atrium et son tablinum pour la réunion liturgique, le triclinium pour le souper liturgique. La disposition de l'atrium, du cartibulum, des alæ, de l'impluvium nous apparaît très claire dans la maison de Cornélius Rufus, à Pompéi (fig. 1404). C'est la maison romaine tout entière que l'assemblée chrétienne adaptait à son usage puisque, en l'absence de procès-verbal de saisie opérée dans une église chrétienne à Cirta, en Afrique, fait mention de bâtiments du culte, d'appartements identiques que nous rencontrons dans les habitations privées. Cette persistance doit suffire à prouver la faite de très bonne heure des divers locaux auxquels le culte romain pour le culte liturgique et les services en dépendent, Il paraît donc tout à fait naturel qu'une double installation dont on faisait usage selon qu'on célébrait la réunion proprement dite ou le souper.
Le souper avait lieu dans le triclinium. Les fidèles, nous apprend Vitruve, doivent être deux fois longs que larges ; à l'instar des salles, œci, ils sont droits des grandes colonnes d'en bas on en diens, sur la via Prænestina, comptait trois Di liquest, Plutarque mentionne la basilique privée de Domitien, saint Jérôme celle de Lateran, des termes qui donnent lieu de supposer qu'elle était une salle de réunion, A droite du tablinum se trouve une basilique dont quelques vestiges subsistent : fragment de balustrade séparant le podium de la nef, bases de colonnes. Au delà du peristylium se voit le triclinium dont le plan par terre est seul assuré, mais qui cependant, grâce à son abside et à ses colonnes latérales rappelle les paroles de Vitruve au sujet des triclinia semblables à des basiliques.
Il suffira aux chrétiens de combiner les divers éléments que nous venons d'énumérer et d'étudier pour aboutir au type architectural des édifices de leur culte ?,
BASILIQUES PRIVÉES ET CIVILES. — On a tour à tour accueilli et repoussé l'hypothèse qui fait procéder l'indépendance de la basilique chrétienne à l'égard de la basilique civile, mais sans se prononcer sur l’origine de la première, Déhio a exposé, dans un travail important, une opinion aussi vraisemblable que fondée dans les faits, Il voit dans l'atrium, le tablinum et les alæ, le prototype de l'église des chrétiens. V. Schultze veut y joindre le péristyle et F, X. Kraus les appartements de luxe de la maison, D'autre part, K. Lange cherche la trace de réminiscences d'anciens édifices, par exemple : les scholæ ou l'atrium du Basiless à Athènes, tandis que M. Holtzinger et Dolbert prennent le schéma basilical en général comme modèle des églises chrétiennes, Kæstlin réclame qu'on fasse dériver la basilique chrétienne non de la basilique privée, mais directement de la basilique civile. Présentée en premier lieu par Léon Baptiste Alberti, cette opinion demeura indiscutée jusqu'en l'année 1847 où A. Chr. Zestermann avança et soutint qu'aucune basilique civile n'avait été transformée en basilique chrétienne, J. A. Messmer affirma que la désaffectation de la basilique civile avait donné la basilique chrétienne tandis que, d'après Fr. von Quast, la basilique chrétienne ne serait qu'un martyrium étiré et prolongé. J. Kreuser et J. P. Richter adoptèrent l'opinion de Zestermann laquelle commençait à gagner du terrain, mais Richter refoulait, on ne sait pour quoi, les réunions chrétiennes jusque dans l'œcus. H. Hübsch Voir Man. d'arch. chrét., t 1, Mg. 11, 11%, 116. — * Pour Comprendre l'architecture des basiliques, il faut sans cesse se rappeler l'architecture de la maison privée. « Un rapprochement du fait une part très large aux exigences d'une société en pleine période d'expansion, ce qui demeure très vague. P, Crostarosa et J. P. Kirsch voient l'origine des basiliques dans les grandes salles et les basiliques privées. D'après J. P. Kirsch les premières églises chrétiennes ont été installées dans des habitations particulières. Les dispositions de la maison gréco-romaine se prêtaient aisément à cette installation, À partir du IVe, on commence à construire des « maisons de l'église » qui ne se distinguaient en rien des maisons privées. Elles comportaient une grande salle à trois nefs pour la célébration de la liturgie, des logements destinés à l'évêque et au clergé, et des servitudes. R. de Lasteyrie estime que les basiliques n'ont jamais eu un type uniforme que les chrétiens se seraient bornés à reproduire. En réalité, la question est bien plus complexe et ce qui est plus probable c'est que plusieurs facteurs ont concouru à la formation du type de nos premières basiliques chrétiennes, Aux basiliques civiles elles ont emprunté leur forme oblongue, leurs colonnades intérieures, la forme de leurs toitures ; aux maisons romaines leur atrium ; aux exèdres et autres salles de réunion, si communes chez les anciens, leur abside, La disposition du triclinium, d'après le témoignage de Vitruve que nous avons rapporté, est assez peu différente de celle des basiliques privées, on entrevoit comment les fidèles se sont familiarisés avec ces divers locaux. Mais dans quelle mesure ces influences se sont-elles compénétrées, il est impossible de le dire. L'atrium, le tablinum, les alæ d'une part, le triclinium d'autre part ont habitué les fidèles à un type qui trouve dans la basilique privée et la basilique publique des réalisations de plus en plus satisfaisantes qui conduisent comme naturellement à la basilique chrétienne. Outre la basilique publique, la basilique privée et l'aménagement du tablinum, des alæ et de l'atrium, il faut tenir compte de l'influence exercée sur les basiliques chrétiennes par certaines salles de thermes !, A Rome, la basilique Sainte-Pudentienne a été à l'origine une salle de thermes privés, l'église Sainte-Marie-des-Anges une salle de thermes publics. L'adaptation en était aisée ainsi que nous en pouvons juger par les salles de bains en forme de carré long avec exèdre à l'une des extrémités qui ont été découvertes à Segermès (Algérie) et à Saint-Julien de Courcelles (Loire-Inférieure). Bien que désignées par le même nom, les basiliques chrétiennes diffèrent des basiliques civiles aussi complètement que possible. Construites toutes deux pendant le règne de Constantin, la basilique de Saint-Pierre, avec son toit en charpente, n'évoquait que de très loin l'idée de la basilique du Forum, couverte d'énormes voûtes. Les basiliques chrétiennes rappelaient plutôt le souvenir des anciennes basiliques, Comme la basilique Æmilia et la basilique Julia, reconstruites par Auguste. Mais ce qui distinguera presque constamment les basiliques chrétiennes, c'est leur disposition sur nefs parallèles tracées par des portiques intérieurs, tandis que la plupart des basiliques civiles sont de simples salles rectangulaires. D'ailleurs, on sait aujourd'hui que la transformation des basiliques civiles par les chrétiens en édifices de leur culte se borna à un nombre peu considérable d'exemples ; presque toutes les basiliques civiles restèrent ouvertes longtemps après Constantin aux plaideurs et aux commerçants. Les quelques édifices païens désaffectés, à Rome, au ive et au Ve et transformés en églises, n'étaient pas divisés en plusieurs nefs, par exemple la salle du cadastre au Forum, dans laquelle fut logée l'église des Saints-Cosme-et-Damien ; les bureaux du Sénat et l'ancienne salle des Séances qui reçurent les églises de Saint-Martin et de Saint-Hadrien. La basilique de Junius Bassus, sur l'Esquilin, consacrée au Ve sous le vocable de Saint-André-in-Calabarbara, n'était qu'une simple salle rectangulaire. Quant aux basiliques civiles à plusieurs nefs, elles n'ont pas été transformées en églises et n'ont pas avec les basiliques chrétiennes le rapport intime qu'on a imaginé. Dans ces basiliques, les portiques intérieurs faisaient le tour de l'édifice et ne convergeaient pas vers un sanctuaire unique, l'abside manquait ou bien deux absides s'opposaient d'une extrémité à l'autre de la basilique, le transept était à tel point exceptionnel qu'on peut dire qu'il était inconnu. Phuns à ce propos la bizarre confusion faite entre une basilique et des prétendus thermes, à ‘Amwas (l'Emmaus des Machabées).
La plupart des autres pays de l'Occident, mais on peut citer des exemples, comme Constantine, à Baalbek, etc. On remarque que, des faits beaucoup plus généraux, c'est l'emploi de la basilique qui tient sa place dans les origines de la basilique chrétienne. Raison pour laquelle la maison romaine présente, dans ses divisions, une ressemblance frappante avec celles des basiliques construites par les fidèles. Toutefois, cette ressemblance s'arrête au plan. Si on étudie l'élévation de la basilique, on reconnaît bien vite qu'elle ne doit rien et ne peut rien devoir à la maison romaine qui était à ciel ouvert et sans étage. La basilique, au contraire, forme avec son transept une haute construction dont les percées de fenêtres supportent un toit (ou une voûte) dressé haut par-dessus le niveau des nefs.
Parmi les édifices antiques, les seuls qui eussent une nef ainsi surélevée étaient les basiliques civiles. Il est probable que ces basiliques ont donné aux architectes chrétiens l'idée d'une semblable disposition. La basilique Julia et la basilique Ulpia ont pu leur donner aussi l'idée de diviser un vaisseau en cinq nefs moyennant quatre files de colonnes : l'atrium, la maison n'avait jamais qu'un portique sur chacune de ses faces latérales.
En résumé, les basiliques chrétiennes, bâties sur le plan d'une maison romaine, ont imité, pour leurs nefs, l'élévation d'une basilique civile.
L'appareil varie suivant les ressources locales. Le grand appareil est employé par les architectes africains qui disposent de blocs de granit de dimensions. En Syrie, l'emploi du grand appareil est rare, et les dispositions qui en résultent sont peu conformes à la science architectonique et dynamique. En Afrique, le grand appareil est plus rare ; d'ordinaire, les murs sont bâtis en blocage avec des chaînes en pierre de taille placées à des intervalles variables (1 à 2 mètres) ; l'emploi de la brique est tout à fait exceptionnel, tandis qu'en Italie, l'emploi de la brique est fréquent. On le voit notamment à Ravenne et à Rome. En Gaule, le grand appareil est des plus rares. Si l'on s'en rapporte aux textes, toujours un peu sujets à caution pour une pareille matière, l'évêque saint Didier, de Cahors, mort en 655, avait rebâti sa cathédrale en grand appareil ; un peu plus tard, on signale la construction de l'église Saint-Léger par l'abbé Audulphe de Saint-Maixent (683-684) dans une architecture en grand appareil. Ce n'est là, cependant, semble-t-il, que de ce qui, en Gaule, obtient la vogue la plus rare et la plus durable, c'est le petit appareil à insertions de briques ou d'épais tuiles formant des chaînages dans les murs et alternant avec les claveaux dans les arcs.
L'aménagement des basiliques civiles ou des temples païens pour le culte chrétien est plus rare qu'on ne serait disposé à le supposer. Les chrétiens ont préféré se construire des édifices nouveaux. Sans doute, à Cavésus, à Ancône, des utilisations incontestables : à Rome, les instructions données par saint Grégoire, apôtre de l'Angleterre, leur prescrivent d'employer des édifices païens désaffectés pour le culte nouveau. Empruntés à des monuments plus anciens, combinés, et ces larcins se découvrent presque partout dans les ruines chrétiennes. Morceaux d'entablements, colonnes, débris de portes, de pressoirs, balles, statues, pierres tumulaires, stèles, tout est bon pour qui tombe sous la main. Le peu de fatigue que les charpentiers font peser sur les murailles n'exige pas de celles-ci une grande solidité.
L'apparition de la brique constitue un événement d'une importance capitale dans l'histoire des méthodes de construction. L'économie d'une part, la souplesse et la mobilité de ces nouveaux matériaux d'autre part, entraînent les architectes à les employer, et en peu de temps, ils deviennent usuels en Asie-Mineure, en Italie, en Gaule, dans la Grande-Bretagne. La construction en brique se prête à diverses dispositions, telles que l'appareil réticulé et l'appareil en épi, celui-ci formant des chaînages, celui-là peu solide et réservé aux parties levées des murailles. Des enduits et des plaquages dissimulent l'appareil à l'époque barbare ; de même qu'à l'époque romaine, cet appareil disparaissait sous des revêtements de feuilles de marbre, de mosaïques, de stucs, de peintures. Ce voile opaque tendu sur la construction induit rapidement les architectes à tolérer les ouvriers à se permettre les pires négligences.
Ni LUN ULE D'après Dehio et Bezold, op. cit., pl. XY, n, 43, 043 se tiennent à la porte d'entrée des hommes, les diaconesses à la porte des femmes, en la manière dont cela se pratique à la coupée des navires pour vérifier le nombre des passagers. » Ce texte, quoi que déjà assez explicite, est heureusement suppléé par celui du Testamentum Domini que l'on va lire. Mais déjà, d'après la Didascalie, on entrevoit que la forme de l’église préconstantinienne est à une seule nef. Dans les Constitutions apostoliques nous voyons l'existence de deux entrées, celle du haut servant aux hommes, celle du bas aux femmes ; parfois une porte réservée au clergé est ménagée dans le sanctuaire. L'église de Srir, en Syrie, nous montrera bientôt comment ce type préconstantinien évolua progressivement vers le type basilical.
Voici maintenant la description du Testamentum Domini *.
Ecclesia ita que ita sit : habeat tres ingressus in typum Trinitatis, DIACONICON sit e regione dextera ingressus, qui a dextris est, ut eucharistiæ sive oblationes, quæ offeruntur, possint cerni, Habeat Diaconicon atrium cum porlicu ciroum ambiente, Intra atrium sil DES BAPTISTERH, habens longitudinem viginti et unius cubilorum, ad præfiqur'andum numerum completum prophetarum et latitudiném duodecim cubiforum gro adumbrandis is, qui constitulti fucrunt ad prædicandum evangeliun. Aditus sit unus, emilus vero sint tres. Habeat ecclesit DFM CATECHUMENORUM, quæ etiam sit DES EXORNCIZANDORUM : ne que dicta æ des separata sit ab ecclesia (ti, e. ab a de sacra), cum necesse sit, ut (catechumeni}, cam ingredientes, et in ipsa stantes, audiant lectiones, cantica spiritualia et psalmos. Deinde sit thronus (episcopi) versus orientem a cujus dexteris et sinistris sint loca (seu subsellia) presbylerorum ; e regione guidem dexteru sedent illi (presbyteri), qui emrinentiores et honorabiliores sunt, qui que laborant in verbo ; e regione vero sinistra ii, qui sunt mediæ ætalis. Sit porro locus throni (eépiscopi) elevatus (a solo) tribus gradibus, quonian : et altare ibi collocandum est. Ipsa autem domus habeat a dextera et a sinistra# PORTICUS DUAS (unam) pro viris, (alteram) pro mulieribus. Sint omnia loca illuminata propter lectionem. Velum ex bysso pura confectum habeat altare, quonian est imimaculatum. Similiter donius baptismi sit velo obtecta. Commemoralionis causa ædificetur locus, in quo considens sacerdos cum proto-diacono et lectoribus inscribat nomina eorum, qui offerunt oblationes, vel pro quibus iiobtule- | runt, ut, cum ah episcopo sacra offeruntur, lector vel proto-diaconus nominetl illos in commemoratione quan pro illis sacerdotes cœtus que supplicantes faciunt. Talis est enim et typus in cælo. Locus presbyterorum sit intra velum prope locum commemorationis. Kopôavzs el GAZOPHYLACIUM inlegrum sit prope diaconicon. LOCUS LEGENDI LECTIONES extra allare paru ab ipso distet, DES EPISCOPI sit prope locumi veluti specula quadam intuentibus presbyteri collocati, — _mninicæ. Habeat ecclesia in proximilate HOSPI !
_ été impossible, à raison du sens idolâtri que qui louve siècle le terme passe dans la langue chré qui vocatur ATRIUM, Item ibidem sit DES VIDUORL quæ dicuntur habentes præcedentiam mer PRESBYTERORUM ET DIACONORUM sil post bar Diaconissæ autem maneant apud portan doi oi quo proto-diaconus recipilt peregrinos. Les Constitutions apostoliques prescrivaient la forme oblongue de l'édifice, le Testamentum n'en dit rien mais il recommande de placer la chaire de l'évêque à l'est et de l'entourer des sièges des prêtres. Ces seront au niveau de l'autel et élevés de trois degrés si le reste de l'église. L'existence de deux entrées « distinctes pour les fidèles montre que les sexes sont séparés dans l'église dont toutes les parties doivent être éclairées par des fenêtres, Chez les auteurs classiques basilica désignait non seulement le type d'édifice civil que nous avons décrit mais encore des constructions moins majestueuses, telles que les thermes, portiques, édicules attenants aux thermes : thermas cum porticibus et basilicis, sac adjeelis basilicis. Quant à la basilica Re exe citatoria d'une inscription de la Grande-Bretagne, c'était une sorte de manège de cavalerie et par conséquent ses dimensions et son ordonnance devaient différer assez peu de celles d'une basilique civile. L'auteur chrétien le plus ancien qui fasse usage du mot « basili que » est pseudo-Justin, qui vivait au IIe au IIIe et qui nous a laissé un écrit intitulé Cohortatio ad Græcoss. Les recherches faites sur les textes anciens ramènent fréquemment : ec domus ecclesiæ, etc, la rareté et on peut bien dire l'absence du mot « basili que » pendant toute la période antérieure à la paix de l'Église peut confirmer les résultats fournis par l'archéologie et par les textes. Les fidèles ont fait usage des basiliques privées sans songer à la convenance future que ces édifices « auraient au culte chrétien. Le mot de « basili que » laisse chez eux l'idée d'un lieu consacré à la justice et aux affaires, non au culte, et si le mot templum n'avait pas été inséparable, il eût pu être employé de préférence à tout autre ; mais on avait ecclesia qui faisait le même service et était compris de tous ; ce n'est donc qu'au IVe, après l'appropriation de la forme basilica au culte chrétien que le terme sera couramment employé. Sa signification s'arrêtera à l'édifice dans lequel se tiennent les assemblées et s'étendra, comme pour l'église, à l'assemblée elle-même ?
Un texte ancien, du IVe ou du Ve, nous montre un homme riche destinant la basilique privée de sa maison à la célébration du culte chrétien ; nous le lisons dans les Recognitions clémentines : ila ut on ditatis desiderio Theophilus.… domus suæ inget basilicam ecclesiæ nomine consecraret. À partir de là pour désigner l'édifice des réunions hbersiquent basiliques.
FR Len à ; tn) va ca f LE “ L Ed » ++ - RS à, « et martyrum conciliabula, dit saint Jérôme ! lettres nous fournissent des expressions analogues : Pauli basilicam, martyrum basilicas, sann basilicas, patrimonii basilicam, basilicas per ue ?. Saint Augustin dit de même : in una simbasilica ista ampla, religiosæ et amplissimæ eæ, hanc basilicam Florentium %. Ammien Marcellin dit de son côté : basilica Sicinini, ubi ritus ani est conventiculum +, Eusèbe fait usage de mots analogues, xtes chrétiens dans lesquels nous lisons le mot ne visent pas uniformément l'édifice que nous décrivons dans le présent article. On trouve appliqué à des édifices de dimensions peu rab les, cellæ, exédres, eubicula ; ainsi que l'a montré avec son ordinaire érudition le P. Garrucci dans son commentaire à l’épitaphe d'un enfant de 7 ans, C. Nonius Flavianus, sur la sépulture duquel ICA À PARENTIBVS ADQVISITA CONTECQVE EST. Il s'agit ici d'un édifice funéraire et ce n'est à peine différent de celui qui nous donne la phrase souvent citée de saint Jérôme que nous rappelons en un instant : basilicas ecclesiæ et martyrum conciliabula diversis floribus ét arborum conris umi que pampinis (Nepotianus) adumbravit T. Orares funéraires et oratoires privés, ces deux significations se distinguaient malaisément ou bien se confondaient tout à fait en Gaule au Ve, Les basiliques, basilica et son diminutif basilicula, étaient très multipliées, on les rencontrait disséminées partout aux environs des cités, sur l'emplacement des tombes saintes que les lois impériales, interdisant l'inhumation des cadavres à l'intérieur des villes, maintenaient ainsi à distance de l'enceinte. Ces basiliques n'étaient pas des paroisses, elles étaient desservies par des clercs attachés à une paroisse, soit par des réguliers. C'est en s'appuyant sur un ensemble imposant de textes favorables à cette opinion que Hadrien a soutenu que « par le mot basilica, en France, Ve et VIes on entendait toujours une église de moines ». Les cathédrales étaient appelées ecclesion Milève faisant allusion aux débuts du schisme donatiste, au commencement du règne de Constantin, Erige dans Rome quadraginta et quod excurrit baPr re de Séville qui écrit : Basilicæ prius vocabantur regum di cula, unde et nomen habent, nam Barduss rex et silica, in hæreticorum basilica, basilicam nosset les paroisses aussi ». Cette proposition doit être entendue très largement pour demeurer vraie. Toutefois on n'a pas attendu le Ve et le VIe pour appliquer aux chapelles funéraires et aux martyria le titre basili que ». Dans les Acta purgationis Cæciliani, digés en Afrique en l'année 308, on lit : et Zama et que doute au sujet de la filiation qu'on a pensé découvrir récemment l'expression grecque d'Eusèbe et domus dominica qu'on rencontre chez quelques Latins, notamment chez Salvien. Ce sont des étymologies après coup, à la manière de celles de saint Isidore.
On comptait donc alors plus de quarante basiliques dans Rome et ce nombre correspond aux lieux officiels du culte de la communauté romaine ; ainsi le mot « basili que » s'appliquait aux églises urbaines et cémétériales, Dans la Depositio martyrum nous ne relevons rien d'utile pour notre sujet, mais dans le catalogue papal de Furius Dionysius Filocalus, en 354, nous voyons que les chapelles cémétériales élevées par le pape Fabien (236-250) portent le nom de fabricæ per cœmeteria ; le mot basilica n'est d'un emploi courant qu'à partir du pontificat du pape Jules Ier, sous Constantin.
Le pèlerin de Bordeaux, en 333, signale en ces termes l'église du Saint-Sépulcre, à Jérusalem : th modo jussu Constantini inperatoris basilica facta est, aid est dominicum miræ pulchritudinis. À Carthage, il existait une basilica novorum fidei et nous rencontrons ce titre ailleurs, mais nous ne pouvons songer à en dresser ici un catalogue. Les documents que nous venons d'interroger nous ont montré plusieurs significations principales et courantes du mot basilica, Outre son sens classique, il s'applique à des édifices du culte de dimension et de forme ne rappelant en rien la basilique civile, principalement à des chapelles funéraires. À Padoue, une inscription donne basilica comme équivalent de oratorium.
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On pourrait trouver une confirmation de ce sens dans quelques textes irlandais. Le « Pénitentiel de Finian », can. 43, s'exprime ainsi : Basilicis sanctorum est miinistrandum facultatibus nostris. Cependant d'autres textes donnent lieu de soupçonner un sens que nous n'avons pas rencontré dans les textes latins et grecs cités plus haut, La Collect. can. Hibernensis, XLIV, De locis consecralis ; §. xx : De nomine basilicæ et | _ejus scissura, donne au terme basilica le sens très précis de tombe. Basilion græce, rex latine, hinc el basilica, regalis, quia in primis temporibus reges lantume sepeliebantur in ea, nomen sortita est ; nam ceteri homines sive igni, sive acervo lapidum conditi sum.
CORRECTION OCR - Chunk 105/299
Chaque mot DOIT être conservé. Préserve sauts de ligne. CONTEXTE PRÉCÉDENT : --- latins et grecs cités plus haut, La Collect. can. Hibernensis, XLIV, De locis consecralis ; §. xx : De nomine basilicæ et | _ejus scissura, donne au terme basilica le sens très précis de tombe. Basilion græce, rex latine, hinc el basilica, regalis, quia in primis temporibus reges lantume sepeliebantur in ea, nomen sortita est ; nam ceteri homines sive igni, sive acervo lapidum conditi sum. 547 — Nemo alienus libertalent scindendi basilicam sine principis permissione habet, et si hoc ausus fuerit,
TEXTE À CORRIGER :
--- reddet secundum dignitatem ejusdem lorit. Si quel que doute pouvait demeurer le texte suivant suflirait à la démonstration, Collect. canon. hibernensis, XVIII, ç vu : De morluo relinendo : Quicum que discesserit de sua ecclesia et in alia ecclesia sepultus fueril, cujus propinquus veniens, Corpus MOrtui mutare volens, dabit pretium sepuleri prioris, hoc est vaccam el vestimentum ejus comm une, el rogabit principem loci ut bastilicam ejus foderet. Du Cange, toujours si averti des termes rares, avait relevé le texte du canon. Hibern., €. XXVI, « basilicam scindere » ? dont il devait la connaissance à l'extrait publié dans le Spicilège de d'Achery. Il cite ensuite un texte de la Loi sali que, tit, Lynn, $ 3, 4, 5, qui frappe d'une amende de 15 solidi celui qui tumbham (aut) porticulum super hominem mortuum expoliaverit. Si quis vero basilicam super hominent morltuunt ecpolhiaverit 30 solidis culpabilis judicatur. On voit que le mot « basili que » a ici le sens dé o tombe » comme dans la collectio hibernensis puis que les personnes de qualité seu les pouvaientavoiruné basilica qui prenait le nom de tumba ou de porticus lorsqu' il s'agissait de gens de moindre condition, mais rien n'indi que que le monument différait. Le titre LxxI de la Loi sali que traite de l'amende ou wehrgeld à Payer par ceux qui basilicam voluntario ordine aut lortasse per negligentiam incenderil ; ce qui & donné lieu de supposer que ces sortes de tombes appelées hasilicæ étaient confectionnées en boïs, *BASILI QUE VI. TYPE CHRÉTIEN PRIMITIF. — Le ire vd 0 Didascalie survécut dans les parages d'où cet était sorti ; nous allons le rencontrer dans qu édifi ces chrétiens du 1ve siècle dans la Syrie € A première vue, le plan rappelle les basiliques pri de la Villa Hadriana et de Junius Bassus ; nc retrouvons même le porti que latéral comme à Saint Balbine. La petite chapelle de Nuriyeh est tout à f frappante et sa conservation ne permet auc une hés tation. Elle gärde sa double entrée placée sur Je et son porti que 1 (fig. 1411). La chapelle de E (fig. 1H2) est, croyons-nous, un essai digne d' L'abside est appüyée d'une maçonnerie que nous r [@ #1 Des ET : #É gr (] Si 8 Si 2 Le verons souvent, en outre les deux entrées sont € vées sur le mur latéral, mais un nartheæ carré ajouté devant la face qui, dès lors et nécessaireme a dû être percée d'une porte t. Les dimensions c0f mencent à s'affirmer dans le sens d'une construchi plus longue que large, à peu près dans la proporbt de 2 à 6. Cet allongement va devenir la règle t s'écartera de plus en plus du type des basiliques pri qui ne s'écartaient el les-mêmes du type carré qu's une certaine timidité. C'est ce que nous voyons à Abe dont le plan rappelle invinciblement celui de M Le porti que et les entrées latérales sont conserr déjà nous voyons apparaître les pastophori® m par le Testamentum Domini. D'autre part le p f ‘uda se retrouve dans lés portes rejetées au | nef et dans le maintien de l'abside engagée sul maçonnerie. Quant au baptistére il a été accolé a conicon à une date postérieure F6. L'église de Kherbet Hass nous fait voir un not minement vers la forme définitive (fig. 1413). La ion se retrouve dans le porti que et les deux enlatéra les, mais la nouveauté se montre de toutes. Deux rangées de colonnes divisent l'église en galeries, les pastophoria prennent leur entrée à rémité des bas-côtés, le mur de facade est mainteise de Baqgousa {voir ce nom) est malheureusement ruinée pour être utilement invoquée ici ?, Nous ons donc à la basili que de Deir Sanbil, débarrassée orti que latéral mais non des entrées quoiqu'elle ait portes dans le mur de façade ?, disposition idenque à celle de la principale basili que de El-Barah # et LE mmERSSSs ee — RE D #1 ] basili que de Rouweiha 5, tandis qu'à Serdjilla et djeleia® on se contente de percer une seule porte té le porti que latéral devant la façade dont il devient e sorte de narthex 7, | Le qui, mieux encore que cette progression, dont Ses exemp les appartiennent au 1v° siècle, révèle en usage et trahit les souvenirs laissés par lui, La persistance pendant le ve et le vie sièc les, dans Égion où nous sommes, des types que nous venons nier. Au v siècle, nous retrouvons la basili que sur le mur latéral seulement, en 401, à Babiska # : s' MS, à Dar Kita ® ; à Kfer 0 ; au VIe, en 507, à F Aherbet Hasan 11 : à Dar Kita ! ?, Un plus grand nombre # Me Cr.\Butler, Architecture and other arts, in-4 », New-York, WP : 9, fig. 31 ; de Vogüé, Syrie centrale, pl. 59, plan inexact nant percé d'une porte en face de l'abside !, La petite | ns la façade ; il est vrai qu'à Moudjeleia on a transde basiliques conserve les deux éntrées latérales tout en s'accommodant de l'entrée uni que dans la facade, ce sont au v siècle, en #14, Ksedjbeh 11 ; Ksar il Benat 1# : Mshabbak 15 ; Kokanaya 1% : Serdjibleh 17 : Ptirsa 18 ; au Vis siècle, Deir Seta 1% : Dehes 20 : Bamukka 21 : Bakirha ?3 : en 585, Kherbet Tezin 21 ; Bettir 2% ; Bashmili 2. Quelques exemp les sont d'un particulier intérêt. La Persistance du type primitif de la basili que au ve siéele ne peut être démontrée avec plus d'évidence que par l'édifice très bien conservé de Kfer (tig. 1414), A l'extrémité du porti que latéral on a dressé et obtenu un diaconicon, une chambrette construite sur le mur opposé a fait une prothèse ?5, Le plan rappelle à s'y méprendre celui de Nuriveh, Plus instructive encore est la petite église de Srir, Ces édili ces modestes, les seuls à la portée des localités de pou de ressour ces, perpéluent mieux la tradition en n'acceptant que peu à peu les innovalions,ä mesure que la prati que générale les à rendues plus communes et d'exécution moins dispendieuse, Suivant la remar que si juste de M. À. L, Frothingham la petite église de Srir (fig, 1415) nous montre comment le type s'approche graduellement de la basili que. Quoi que postérieure au 1v4 siècle, elle peut être considérée comme un des progrès réalisés an Ve par les architectes chrétiens et dont il ne nous est pas resté d'autre trace, Les trois portes percées, suivant la prescription du Testamentum Donini, le porti que latéral, le transept dans lequel on avait sans doute tendu des ride aux pour remplacer la prothèse et le diaconicon 7, tous ces délails sont singuliérement uti les pour nous faire retrouver l'aspect d'une 550 basili que de petite ville au rv° siècle. Mais ce qui ajoute : encore à l'intérèt histori que de ces ruines c'est la rencontre en Afri que d'édifi ces du culle aux dispositions pres que semblab les. Les petites églises de Henchir el Atech (fig. 1416), Bir ben Zireg (lig. 1H7) et Henchir Terlist, en Algérie, montrent suflisamment par leur plun l'ancienneté du type auquel ils appartiennent et sa généralité, Le rapprochement avec Srir et B'uda se fait sans hésitation !. VII. APPROPRIATION DE LA BASILIQUE AU CULTE CHRÉqex, — On n'a pas assez remarqué combien les chrétiens devaient découvrir de convenance à la célébration du culte dans les habitations privées. Le culte domesti que s'était si étroitement associé aux mœurs antiques (6 *EN* ec PÉTER que les chrétiens eussent été privés, choqués peut-être, dé ne s'assembler ja mais dans les maisons privées, Ce n'est guère qu'avec la fin du n° siècle, à l'épo que qui a été si justement nommée « la fin du monde anti que », que les idées se modifient sur ce point. Pendant Île Ie et jusqu'à la paix de l'Église c'est de préférence dans les faubourgs des vil les que se construisent les | lieux d'assemblée. Les premiers essais de construction et d'architecture chrétienne doivent, à peu près partout, se chercher dans cette direction, On a observé, en effet, que la plupart de nos cathédra les et quelques | | enfin la désaffectation | imposer le type basilical | leurs, il est bon de le de tous les édifi ces alors autres gran des églises furent bâties à l’origine (et sou vent rebâties dans la suite) sur des emplacements con : finant à l'enceinte des vil les ?. Les premiers architectes” chrétiens, en Occident, s'en tinrent aux données de” l'architecture romaine de leur temps. La basili que ci vile et la basili que privée fournirent les princip : dispositions. Plusieurs circonstan ces concouraien faire adopter le type basilical, D'abord c'était le 1 usage qu'on venait de faire, et qu'on n'interrompit pas brusquement, de l'atrium, des alæ, du tablinum et de’ la basilica des habi- “4 tations privées ; ensuite la science des architectes et des constructeurs qui ne savaient guère, en matière d'édifice publie, que la basili que ; des temp les païens pour en faire des églises chrétiennes ?. Toutes ces conditions concouraient à qui s'adaptait mieux qu'aucun autre au but äatteindreet aux moyens à mettre en œuvre. Mais nous croyons qu'el les fussent demeurées vaines si, au début du IVe, Constantin n'avait donné à l'archilecture religieuse une impulsion et un rajeunissement merveilleux par la construction d'un grand nombre de basiliques du type classi que tant à Rome, qu'à Jérusalem, à Constantinople et ailleurs encore. D'aildire, si la basiliqueétait, vers le temps de ThéoET. dose, En 313, le paganisme était encore trop vivace même aux veux des chrétiens, il était encore tropu religion. L'empressement apporté à la constructi basiliques et la modicité des ressour ces dont on sait dans ce but ne laissaient guère le choix qu moyens d'exécution. La mode anti que de constr A7. — Plan de l'église de ben Zireg. D'après les massive à voû les concrè les n'élait plus possible depuis que le régime centralisateur des for ces ouvrières con1é sous le Haut-Empire se relächait de plus en plus “ment, Les chrétiens ne durent pas songer un inscelle de Maxence (= basili que de Constantin), ils adoptérent d'emblée le type de la basili que à charpente : une toiture portée sur une file d'arca des. Nous verons plus loin ce qui en fut dans l'empire d'Orient, une fois tombée la fièvre des constructions constantinmiennés. L'incroyable précipitation avec laquelle les édifi ces du premier empereur chrétien furent élevés, amena, en un temps relativement court, leur ruine À tous, mais cette circonstance allait imposer des restaurations partiel les qui, pendant longlemps, maintiendraient l'attention des architectes et des constructeurs tournée sur le type basilical immuablet. C'est à cela que nous devons de posséder aujour d'hui un ensemble jeux d'édifi ces pres que intacts, quoi que la plupart postérieurs. Saint-Pierre et Saint-Paul-hors-les-murs, fondés par Constantin, gardérent longtemps leur aspect primitif qui ne différait guère pour ces deux édifi ces. Saint-Paul fut rebäti en 986, l'abside fut refaite à nouveau sous Symma que (498-514) et l'édifice entier sous Pascal IL (1099-1118), et au xix° siècle à la suite de Vincendie de 1823. - Sainte-Marie-Majeure, fondée par Libére (352-356), rebâtie par Sixle LIT (492-440), conserve son aspect an- { Saint-Laurent-hors-les-murs remonte également à Sixte III, mais a subi un remaniement sous Pélage Il et, sous Honorius HI (1216-1297), une reconstruction qui Sainte-Sabine a été à peine modiliée depuis sa fondation en 4% ; enfin Sainte-Agnès-hors-les murs, bâtie par Constantin, en 324, a, sous Pie IX, retrouvé à peu prés son aspect primitif ? (fig. 1418).
. À Ravenne, deux basiliques d'une conservation merveilleuse nous donnent la vision d'édifices tels qu'ils furent élevés au VIe. Ce sont les deux basiliques qui portent aujourd'hui le vocable de Saint-Apollinaire. Nous ne disons rien ici de la basilique ambrosienne, à Milan, que nous avons longuement étudiée et appréciée. En Gaule, nous savons par le témoignage de Lactance qu'après cette date pour rencontrer les traces imposantes, qu'on ne sait qu'en dire après les avoir vues. La déception est d'autant plus vive que « les tracés d'architecture romaine ou byzantine que nous rencontrons dans les autres pays ne semblent pas identiques à ce qu'elles étaient en Gaule. En Syrie et … ! Nous n'avons pas à rechercher ici les raisons du type basilical, de ses colonnades, de son abside. Il a exercé la sagacité de P. Richter, de F. X. Kraus, de H. Holtzinger, de G. Dehio. Outre que le type était arrêté au moment où les chrétiens commencent à l'appliquer à leur usage et que pour cette raison il ne peut être question de chercher les origines de l'abside dans l'arcosolium, tout naturel de supposer que l'obligation de relever le pavement à l'extrémité de la basilique civile fit de cette partie une sorte de local réservé qu'on distingua en disposant au centre le siège du principal personnage et de ses assesseurs. C'était une disposition qu'on prenait dans les exèdres funéraires et l'analogie des situations amena la reproduction des types d'architecture. On n'a pas à élever des basiliques voûtées dans le genre de celles qui ont été dénaturées par l'addition d'ornements très dénaturés à peu près complètement l'édifice antique. En Afrique, des monuments, que la pénurie de bois a amené à voûter beaucoup plus tôt qu'ailleurs, et qui, élevés loin des centres du goût classique et dans l'empire byzantin, ont présenté dès le Ve des caractères qui n'ont peut-être apparu chez nous que vers le Xe ; en Angleterre, les rares ouvrages que l'on pourrait attribuer au VIe sont d'un art très barbare et déjà roman, soit que la sagacité des historiens ait été mise en défaut, soit que la pénurie de modèles romains ait permis à l'art septentrional de se développer plus tôt et plus à l'aise. Quant à l'Espagne, il ne faut pas songer à y chercher un point de repère ; sa civilisation et ses monuments ont été plus bouleversés que les nôtres et leur histoire est encore bien plus incertaine que la nôtre. En Allemagne, la région comprise dans la Gaule a seule possédé une civilisation chrétienne à l'époque qui nous occupe. Force nous sera donc de nous tourner vers l'Orient. Ici, le climat moins destructeur et les matériaux de grand appareil ont conservé un grand nombre de basiliques, notamment en Syrie et dans l'Afrique du Nord.
En Syrie centrale, nous avons cité bien souvent déjà les basiliques à demi ruinées de Tafka, de Qalb-Louzeh, de Rouweiha, dans lesquelles nous voyons dresser des piliers, tandis qu'à Behio, Babouda, Bakouza, Tourmanin nous pouvons constater la transformation de l'art romain au profit d'une pensée nouvelle qui, épurée, affermie, élargie, donnera naissance à l'art roman. En Syrie, citons Saint-Jean de Damas ; en Grèce, Chalcis d'Eubée, pourvues de nefs à bas-côtés avec colonnes ; en Palestine, une partie de la nef de l'église de Bethléhem et une partie de celle du Saint-Sépulcre appartiennent à la construction exécutée sous Constantin.
Nous avons longuement parlé des églises d'Afrique ; il nous sera donc permis de n'y pas revenir. Les rapprochements que nous avons pu établir entre le plan et les dispositions architectoniques de plusieurs de ces édifices et ceux des édifices syriens contiennent une indication qui ne doit pas être négligée. Quoi que très inférieur à l'art des constructions et des architectes syriens, l'art et les méthodes des Africains suffisent à donner aux basiliques de l'Afrique du Nord une importance durable. Certaines dispositions sont pleines de promesses fécondes que remplira l'architecture romane.
En Algérie, Orléansville, Tipasa et Tébessa ; en Tunisie, Haidra, Sbeitla, Birmali, le Kef sont particulièrement dignes d'attention. La Dalmatie, moins riche en ruines, offre cependant quelques édifices importants et un des plus importants de tous, cet inépuisable palais de Dioclétien, à Salone. À Salone encore, la cathédrale est établie dans le mausolée de Dioclétien et des fouilles, admirablement conduites, ont rendu une basilique précédée d'un atrium et d'un narthex. L'abside s'ouvrait sur un transept et la nef était séparée du sanctuaire par une sorte de refend ajouré. Au nord régnait un second collatéral entièrement bordé de chapelles en forme d'absidioles. La basilique de Parenzo a été bâtie en 500 ; celle de Grado, en 570.
Nous ne voulons pas faire place ici aux textes qui mentionnent l'existence de basiliques dont il ne subsiste rien, cela nous mènerait trop loin. L'étude des monuments n'a que bien peu à gagner à la découverte de quelques vestiges témoignant en divers lieux de l'existence d'une basilique dont il ne reste rien d'assez complet pour être utilisé. On voit par ce bref résumé l'importance du rôle qu'a joué la basilique que nous retrouvons jusqu'à nos jours liée à l'histoire du culte chrétien.
VIII. TYPE ORIENTAL. — De même que les basiliques offraient entre elles une certaine variété dans leurs proportions comme dans leur ornementation, de même les monuments grecs en petit nombre auxquels on peut donner le nom de basiliques présentent des dispositions singulières que les Romains ne paraissent pas avoir adoptées. La basilique de Pestum, celle de Thoricus offrent une épine de colonnes sur le grand axe traçant deux déambulatoires.
BASILIQUE D'ACRE
que tout s'effondrait en Occident, on s'explique qu'il Philadelphie (fig. 1420). Ce sont bien là encore des basiliques dont l'élévation ne présentait pas un type uniforme. Il varié entre une nef et cinq nefs, entre un et plusieurs étages. En Grèce et dans les contrées méridionales, les basiliques ne sont pas toujours fermées de quatre murs ; leur enceinte est parfois une simple colonnade. Bien encore, comme à Rouweiha, en Syrie, l'atrium est remplacé ainsi qu'à Tébessa, en Afrique, par une cour murée, qu'on nomme péribole. Si la basilique est voûtée, ce qui, nous le verrons, se présente parfois en Orient, on fait usage dans certains cas de vigoureux piliers remplaçant les colonnes et supportant la retombée des voûtes (fig. 1419).
L'Orient ayant gardé une préférence relative alors soit engagé dans la voie des constructions longues et dispendieuses qu'entraîne avec soi l'adoption des basiliques voûtées. Ces voûtes adaptées aux formes basilicales n'ont jamais eu, hâtons-nous de le dire, rien de commun avec le système des constructions énormes de terrains en faveur à l'époque du Haut-Empire. Le type d'après lequel on voûte la basilique diffère du type de celui qu'avaient seuls pratiqué les architectes de Maxence et de Constantin, à Rome. C'est la coupole sur pendentif exécutée sans cintrage. Mais ajoutons qu'on n'en vint pas là du premier coup et sans tâtonnements. L'Asie-Mineure avec son trésor de traditions et d'idées combinait, ruminait l'adaptation des formes anciennes dont elle gardait le dépôt sans cesse consulté. C'est ainsi qu'à Hiérapolis on tenta un essai original dont nous pouvons juger encore aujourd'hui. On fit sur une basilique, en guise de couvrage, des berceaux en pierre de taille. À Sardes, une basilique reçut des voûtes d'arête qui, d'après M. Choisy, peuvent être comptées parmi les dernières applications de la structure complète à lits horizontaux. À Éphèse, l'église de la Trinité paraît avoir été voûtée en berceau, mais par une disposition originale et pleine de promesses ; ce berceau était interrompu en son milieu par un démeb. C'est à Saint-Georges de Sardes que nous voyons se résoudre le curieux problème. Chaque travée de la basilique est couverte par une calotte sur pendentifs. Tout ceci est engagé pesamment dans un parement de brique empâté d'un garni de maçonnerie brute. Le sanctuaire est identique aux absides d'Occident, même donnée se retrouve à Ala-Shehr, l'ancienne construction romaine malgré le cachet que l'Asie Mineure met sur elles. Néanmoins, ceci tuera cela, la basilique ainsi modifiée va se dénaturer rapidement et aboutir à l'église byzantine voûtée sur plan circulaire, octogone ou carré. Ce système est, on le voit, parfaitement adapté aux intérieurs, sans préjudice des portiques extérieurs. En outre, simple énoncé, étranger à la basilique et au présent.
Nous allons étudier maintenant avec quelques détails plusieurs basiliques d'Asie-Mineure qui nous montrent la compénétration du type basilical et du type byzantin avec leurs plus anciennes déformations. L'église adjacente, dans le Taurus, présente une façade de percée décorée de fleurs mêlées à des fruits, des oiseaux et d'autres attributs dont la plupart offrent un sens symbolique (fig. 1421). Entre la grande porte centrale et les deux portes latérales se trouvent deux niches aujourd'hui à demi enterrées. Au-dessus de la porte sont encastrées cinq demi- colonnes dont la base est supportée par deux colonnes et flanquée de deux autres fenêtres. L'intérieur de l'église est formé d'une grande nef, avec deux galeries latérales terminées chacune par une abside, laquelle débouche dans une petite chambre carrée d'où on pénètre dans le chœur. À gauche, c'est-à-dire au nord, le rocher, taillé à même, sert de muraille à l'église. Au sud, le mur est percé en bas de deux fenêtres, en arcades soutenues par une des trois portes d'entrée richement sculptées en rincolonne et au-dessus par trois autres fenêtres ornées de colonnes accouplées (fig. 1422). Deux puissantes colonnes monolithes mesurant deux pieds de diamètre s'élèvent jusqu'à la corniche qui sépare les deux ordres superposés ; elles soutiennent les arcs de la voûte, arcs dont la courbe dépasse le demi-cercle et prend sensiblement la forme du fer à cheval. La même observation s'applique aux autres arcs de la voûte qui reposent sur des pilastres surmontés de chapiteaux d'un grand caractère et dont le dessin marque une combinaison des réminiscences antiques et du style byzantin. La galerie supérieure, ornée de colonnes et de fenêtres, est dominée par un dôme d'une grande élégance dont les fenêtres à peine séparées par des colonnettes produisent l'impression de sveltesse et de clarté (fig. 1423). Le toit de la basilique, qui était en charpente, n'existe plus ; les absides étaient voûtées en pierre, et elles se sont conservées grâce à un appareil aussi habile que résistant.
L'église de Dere Aghsy, en Lycie, quoi que depuis longtemps abandonnée et délabrée au temps de Texier, n'a que depuis lors perdu sa coupole (fig. 14%). Dans l'abside principale le mur était percé de très hautes fenêtres. Les tribunes latérales se continuaient au-dessus des annexes de l'autel, L'étage supérieur était formé d'une galerie continue. A l'étage supérieur s'intercalait entre les tourelles la tribune ouest dont le mur extérieur n'a conservé que le pilier du milieu et les deux piliers des extrémités. Cette tribune s'ouvrait sur le nuos en une triple arcade portée sur deux colonnes et comportait une triple voûte en arête, La voûte du narthex intérieur qui se trouve immédiatement au-dessous de cette tribune se compose semblablement de voûtes en arête, dont les deux compartiments extrêmes sont isolés par des arcs tandis que les trois du milieu ne sont pas séparés les uns des autres. Les tribunes latérales (dont l'existence est attestée surabondamment) n'étaient pas surmontées d'un entre-colonnement mais d'une simple balustrade : elles étaient donc voûtées dans toute leur longueur et ne différent les unes des autres que dans leur longueur par les arcs de charge latéraux de la coupole. L'église est reliée par un passage voûté en berceau à un petit édifice octogonal à coupole, auquel correspond un édifice presque identique. Ils ont été, l’un, un baptistère, l'autre un martyrium. Édicules, que ce n'est pas ici le lieu d'étudier, sont d'une grande importance, quelle que fût leur destination. Puisque ces sortes d'annexes se rencontrent dans beaucoup d'églises anciennes et qu'elles ont totalement disparu dans l'architecture byzantine d'époque postérieure ? (fig. 1426).
IX. LA BASILIQUE BYZANTINE VOÛTÉE. — Le rapprochement de ces deux mots : basilique byzantine, semble leur faire violence, tant nous sommes habitués à considérer la basilique couverte par un toit à double versant et la basilique voûtée et dominée par une coupole comme appartenant à deux conceptions d'art à égales distances l'une de l’autre. Cependant, rien n'est moins fondé que ce jugement. En traitant de ces basiliques byzantines nous n'avons à considérer que leur disposition, car tout ce qui a rapport à leur construction et à leur décoration sera envisagé au cours d'autres dissertations.
Sainte-Sophie de Constantinople, le morceau capital de l'art byzantin, est un édifice entièrement voûté. Une nef centrale est couverte, en son milieu, par une coupole posée sur pendentifs. Deux hémicycles de même diamètre prolongent le carré sur lequel pose la coupole et supportent des demi-voûtes hémisphériques contre-buttant la coupole à l'est et à l'ouest. La nef offre des dimensions d'un rectangle allongé que flanquent des nefs latérales limitées par l'enceinte de l'édifice, lequel est presque rectangulaire. Quoi que coupées à deux reprises dans le sens de la longueur par d'épais contreforts, les nefs latérales offrent chacune néanmoins l'aspect d'une seule galerie et sont bien séparées de la nef principale. Deux narthex et un atrium précèdent la façade. Rien de plus compliqué en apparence que ces dispositions dans lesquelles sont enchevêtrés coupole, demi-voûte sphérique, voûte d'arête, colonnes, piliers, contreforts ; rien de plus simple et de plus harmonieux en réalité, rien surtout qui sauvegarde mieux le plan basilical. Ce qui peut en faire douter c'est que sur ce plan basilical surgit un édifice dont la coupole devient la caractéristique, à ce point qu'elle éclipse tout le reste.
Un type d'une exécution plus rapide et médioque ; aujourd'hui qu'une demi-prospérité ranime l'empire, on revient vers l'emploi des voûtes et, parce que les temps ont marché et qu'on a eu tout le loisir de s'y exercer, on imagine à ces voûtes leur couronne magnifique, laquelle se passe à Constantinople, dans des proportions gigantesques, se passe dans le reste de l'empire dans des conditions plus modestes. Prenons des exemples. À Sainte-Sophie de Thessalonique, on retrouve la coupole posée à l'aide des pendentifs sur une base carrée, mais au lieu de lui accoler deux demi-hémicycles hémisphériques on s'est contenté de deux voûtes en berceau ; on a donc remplacé les demi-hémicycles par des rectangles en même temps qu'on a repoussé les contreforts. En conséquence, le vaisseau principal offre une croix aux branches trop courtes. Les bas-côtés sont deux simples nefs rectangulaires.
À Saint-Nicolas de Myre, disposition analogue. Le local est très clair, les bas-côtés sont terminés par des absides ; à Saint-Bardias de Thessalonique et des Saints-Apôtres de la même ville, à la Théotokos au Pantocrator de Constantinople, nous retrouvons le type de Saint-Nicolas de Myre pour tout ce qui est essentiel. À Saint-Clément d'Ancyre, trois nefs d'absides et trois coupoles. En Grèce, la plupart des églises byzantines sont, quoi que extrêmement variées, la coupole posée sur les pendentifs qui forment la base carrée. Chacune des nefs se termine par une abside et l'église est précédée par un ou deux exonarthex. Cette disposition que nous avons signalée dans l'ancienne église métropolitaine d'Athènes, aux basiliques dites de Constantin. La pénurie dans les nefs latérales des cloisons qui ferment l'ordre et au midi les intervalles des piliers de la visée en trois nefs, dont la principale porte le nom d'Asomatoi, à Saint-Théodore, à Saint-Taxiarque et à Kapnikarea, se retrouve dans l'église de la Panaghia à Mistra et même à Samari, en Morée.
On pourra objecter que les dimensions minuscules de la plupart de ces basiliques interdisent toute comparaison avec Sainte-Sophie de Constantinople parce que, « en changeant d'échelle, le type d'un monument se modifie forcément : si l'on augmente les dimensions, les formes se compliquent ; et elles se simplifient au contraire d'autant plus qu'on fait plus petit ». Il faut donc, pour comparer des édifices de grandeur et d'importance très différentes, négliger les accessoires et ne s'attacher qu'aux éléments essentiels. Or, si l'on recherche quels sont les caractères communs aux églises dont il vient d'être question, on reconnaît de suite qu'elles offrent toutes une coupole centrale, appuyée par des pendentifs sur une base carrée, qu'elles sont divisées en trois nefs et voûtées dans toutes leurs parties, enfin que leur enceinte forme un rectangle à côtés presque égaux sur lesquels l'abside seule fait saillie. Ces caractères suffisent pour constituer un type, car ils déterminent parfaitement, non seulement les dispositions, mais encore la physionomie générale des édifices où ils se trouvent réunis. C'est donc à bon droit que nous avons rattaché ceux-ci à Sainte-Sophie et que nous leur avons donné la dénomination générique de Basiliques byzantines voûtées !
Le goût oriental ne pouvait se satisfaire avec des édifices d'aspect aussi simple que celui des basiliques latines, cependant Justinien, au dire de l'historien, fit élever plusieurs basiliques couvertes en charpentes, tant à Constantinople que dans plusieurs villes de l'empire. La décoration seule était byzantine. Ces constructions ne pouvaient guère soutenir la comparaison avec les édifices voûtés, on peut croire que leur nombre comme leur vogue fut très restreint et en tenir peu de compte dans l'histoire monumentale de l'Orient chrétien.
X. TYPE OCCIDENTAL. — « Toutes les convenances du culte chrétien se lisent au premier coup d'œil dans le plan d'une basilique : de longues nefs où peut se déployer la pompe d'une procession ; à l'extrémité, une tribune où se dressera l'autel ; entre cette tribune et les nefs, un chalcidique qui deviendra le chœur. Le chalcidique coupe transversalement les nefs, et donne à l'édifice une forme en croix à laquelle s'attachera bien vite une idée symbolique : la basilique semble conçue en vue du nouveau culte, les architectes chrétiens n'imagineront rien de mieux. Lorsqu'ils n'emprunteront pas au paganisme ses basiliques, ils les prendront pour modèles : l'exemple le plus frappant en est fourni par les églises élevées avec des travées avec collatéral à un seul étage et collatéral à entresol qui sont les seules modifications qu'on rencontre. La lumière pénètre par les baies ouvertes au-dessus de la toiture des nefs latérales.
À ce type générique appartiennent presque toutes les églises élevées en Italie du IVe au XIe : à Rome, les basiliques de Saint-Pierre et de Saint-Jean-de-Latran, fondées par Constantin ; Sainte-Agnès refaite au VIe mais dont les dispositions se rapportent à l'époque constantinienne ; Sainte-Pudentienne qui, dans son ensemble, appartient aussi au IVe ; Sainte-Marie-Majeure et Saint-Paul-hors-les-murs, fondés par Honorius, vers l'an 400 ; Saint-Laurent construit par l'empereur.
Marie-Majeure, à Rome. — Saint-Paul-hors-les-murs, à Rome | — La Nativité à Bethléhem. — # A. Choisy, op cit, LU, POS D” basiliques romaines ont fait souvent usage d'une disposition que nous retrouvons dans la petite basilique romaine de Sainte-Agnès !, Au-dessus des nefs Éra les on gagnait une galerie en relevant le comble. à galeries donnaient de l'élévation et de l'élégance à lédifice ; el les étaient limitées du côté de la nef par un le ième ordre de colonnes superposé à l'entablement | : inférieur, Vitruve prescrit de dresser entre les colonnes de la galerie une cloison appelée pluteum dont il règle la hauteur aux trois quarts de celle des colonnes. En réalité, le pluteum élait beaucoup moins considérable et sur ce point, comme sur pluurs autres, les architectes ont laissé légiférer Vitruve fans le contredire mais sans l'écouter, L'éclairage se “rourait dés lors tomber de plus haut, à moins que la galerie ne fût percée dans la muraille de baies corres- : VS Mant aux entre-colonnements. Au-dessus de l'entablement de la galerie s'élevait un atti que qui supportait | Lt piture de la nef principale.
OL : L'ORIENTATION. — A l'origine, nul ne songeail à (onner à l'église chrétienne telle ou telle orientation. - en est qu'au 1v siècle, dans lés Constitutions apos0000 (ques, qu'on rencontre pour la première fois la presiphon imposée au prètre de se tourner à l'orient pour accomplir la consécration , Cette régle aura peut-être déterminé l'orientation de quelques-unes des plus anciennes basiliques, tel les que Saint-Pierre du Vatican, Saint-Jean-de-Latran, Saint-Clément dont la facade est tournée à l'est et l'abside à l'ouest. L'évê que placé devant l'autel avait toute l'assemblée devant lui et regardait l'entrée de la basili que ; il avait donc les hommes à sa droite, c'est-à-dire au sud, et les femmes à sa gauche, c'est-à-dire au nord, d'où les noms d'australis et de septentrionalis donnés aux bas-côtés, Au Ve, on tourna bout pour bout. La facade des basiliques s'éleva à l'ouest, Quelle était la raison de ce 567 | qui, de fait, étaient désor mais gauche et droit. On continua, et on a continué de désigner le côté de l'épitre sous le nom de côté gauche bien qu'il soit à droite, le côté de l'évangile sous le nom de côté droit, bien qu'il soit à gauche !, La méme interversion eut lieu pour le placement des fidè les, ainsi qu'on peut le constater dans la basili que de Saint-Apollinaire nuovo, à Ravenne, dont la facade est à l'ouest. La célébre ‘écoration en mosaï que de cette basili que consiste en | si EL a Ei——} #. # « #. “ + = : È A CL ? à L. M « €, s LT À ua a : “ Éd Fr : Dre | ë “ | & = e a « FI | A ns | n = n # une frise sur laquelle sont représentées pour le mur seplentrional une série de saintes, pour le mur méridional une théorie de saints, Dans la disposition primitive, en tenant compte de la séparation des sexes, les saintes devaient être vues par les femmes, les saints par les hommes ; donc les hommes étaient dans le bas-côté nord, les femmes dans le bas-côté sud, C'est par l'effet de la fausse interprétation signalée plus haut que cet ordre fut changé dans les sièc les suivants. Dès le ve ou vre siècle, les monuments byzantins, Sainte-Sophie et Saint-Apollinaire ont leur abside tournée à l'est ; en Occident, ce n'est qu'à partir du vis siècle que les absi des furent généralement or tées, c'est-à-dire tournées à l'est ?, 74 XII. LE COUVRAGE. — Jusqu'ici nous n'avons pré notre attention qu'aux basiliques couvertes par un to en charpente. En Occident, ce mode de couverture € le plus ordinairement et même le seul employé, Vitruw toujours si sententieux, ne nous apprend pas granit chose sur le système de charpente, mais le peu qu nous dit est fort utile puisqu'il n'existe plus trac. } LE Es. dans aucun édifice, de charpentes antiques, D'après qu'il nous apprend des dispositions par lui adopt dans la couverture du temple d'Auguste, on ne guère admettre qu'un seul système de charpente sistant en une suite de fermes régulièrement espat au droit de cha que colonne de la nef, Si loutess charpentes du Haut-Empire ont disparu, « nous po dons, pour les reconstituer, les relevés des comb les l'ancien Saint-Pierre, fondé par Constantin, cé Saint-Paul-hors-les-murs bâti par Honorius. Ces b les, refaits ferme par ferme, à mesure que le avait mis les bois hors de service, nous repor inement ininterrompu aux temps mêmes du Pres Or, toutes leurs fermes répondent à une générale uniforine (fig. 1432). Deux arbalétriers s-tendus par un tirant et ce tirant soulagé en son jet par. un poinçon, faisant office d'aiguille pené comme le poincon moderne. Généralement, les es sont groupées deux à deux : en d'autres termes, viture repose non sur une série de fermes unifornt réparties, mais sur une série de fermes *CRE = a — va LU Îles. Un poinçon uni que est commun à deux fermes | de la basili que Ulpienne pouvaient avoir été yées à la toiture de la nef de Saint-Pierre-horsirs « dans laquelle semblent se résumer les tradi- la charpenterie romaine. Le comble à deux rsants présente cette particularité capitale de posséFun | éntrait fonctionnant comme tirant. Sur les nefs es le comble se réduit à un appentis (fig. 1493). ‘soir are pour prévenir l'incendie se révèle par | rés > le long du faitage d'une murette de gran des ques sur laquelle reposent les tui les. Ce procédé a le voligeage et sert de diaphragme à l'incente” Ce dernier cas parait plus fréquent, mais il n'exclut pas il ‘A -hors-les-murs, avant l'incendie de 1823, avait pen + apparente. I serait surprenant que, sur ce point nt, on n'eût pas consenti à imiter les anciennes basiliques. er à Saint-Pierre et h Saint-Paul-hors-les-murs l'absence s en écharpe et de fermes sous faite. Au Panthéon la est simplement triangulée, — À Sainte-Praxède, les sont de trois en trois, ren par des ares dant les les pannes, cf, Quicherat, Mélanges d'archéol., A ; en Syrie, de loin en loin, un arceau terminé en | remplace une ferme et interrompt la continuité ducouvrage. uës !, » Nous avons laissé entendre que les | Lx : BASILIQUE | 570 | (lie. Au-dessus du faitage, une murette empèche le feu de se communiquer d'un versant de la toiture à l'autre versant ? (lig. 1434). Dans l'antiquité, il n'est pas rare de rencontrer la mention de temp les et d'édifi ces dont la toiture est de mélal. Après le sac de Rome par Geiserich, le roi vandale rapporte, au mois d'août 455, son butin à Carthage, dont fait partie la toiture dorée du temple de Jupiter Capitolin. En Gaule, le sanctuaire de Saint- RS D'après Choisy, Histoire de l'architecture, t 1, p. 531. Denis était couvert de lames d'argent ; à Paris, le toit de Sainte-Croix-et-Saint-Vincent était de cuivre doré, celui de Saint-Martial de plomb ; l'église de Nantes et une basili que de Saint-Vincent, près dé Borde aux, étaient couvertes de feuil les d'étain. AU, TRANSEPT, — Vitruve nous apprend que lors que la longueur d'une basili que est excessive par rapport à sa largeur, on dispose des chalcidiques à ses extrémités. L'étymologie et les emplois de ce mot chez les auteurs anciens ne nous apprennent rien à son sujet, ni sur la forme, ni sur la destination de la partie de l'édifice qu'il désigne. Revenons au texte de Vitruve : Earum que latitudines (basilicarum) ne minus quan ex lerlia parte, ne plus ex dimidiæ longitudinis constituantur, nisi loci natura impedierit et aliter coegerit symmetriam commutari. Sin au| tem locus erit amplior in longitudine, chalcidica in |_extremis constiluaentur, uti sunt in Julia Aquiliana. On voit que le date était un procédé usité pour racheter certaines disproportions de plan d'où il pouvait résulter que la nef principale, démesurément prolongée par rapport à sa largeur, allait moins ressembler à une salle qu'à une galerie. Pour éviter cet inconvénient et conserver aux nefs des proportions convenab les, il fallait ne pas les étendre sur toute la longueur du terrain enclos par les murs extérieurs de la basili que. Des espa ces libres resteraient donc aux extrémités des nefs longitudina les et formeraient des nefs transver- RER RENNES,, ' +. LIRE NRNESÉERRRERERATSN EL :* sa les ou, si on le veut, des vestibu les, ou mieux encore des transepis. Les basiliques exceptionnellement allongées ne devaient pas être seu les à posséder un chalcidi que ; les bsiliques de très gran des dimensions en devaient être également pourvues. Les fermes en charpente de la nef principale ne pouvant avoir plus de 20 ou 24 mètres de portée, il suit que la largeur, et par conséquent la longueur, étaient rigoureusement limitées, Si on tenait à donner à la basili que des dimensions supérieures à | RP OR dis 5 5 Tu re e. +, Sade guet te nn Jin x 7 SON | dite allait lui créer, principalement dans les lise ces limites extrêmes, il fallait recourir aux nefs le tudina les et aux nefs transversa les. “4 Trois des basiliques chrétiennes de Rome ét 4 chalcidiques. Saint-Pierre, le Latran, et Saint-Pau hors-les-murs (fig. 1435). Chac une d'el les avait ein nefs longitudina les et une nef transversale entre sommet de ces nefs et l'abside 1,.
Ce que nous avons appelé « chalcidique », nous pouvons, pour plus de simplicité, le dénommer tra le chalcidique. Le chalcidique était destiné à une grande et rapide expansion. Cette sorte de nef transversale qui isole un peu la tribune de l'aula va dépasser peu à peu l'alignement des collatéraux, en sorte qu'à première vue la basilique chrétienne rappellera, non la croix du Sauveur, mais le T (tau) qui en est la forme la plus antique, encore familière au iv siècle avec les imaginations. Ainsi interprété, le chalcidique, qui se montre à Saint-Pierre du Vatican au IVe, reparait à Sainte-Marie-Majeure, postérieure de moins d'un siècle, à Saint-Paul-hors-les-murs, à la limite du ive et Ve, à Saint-Pierre-es-liens, au Ve.
La nef transversale jetée en travers, transsept, à l'extrémité des colonnades, avait même hauteur qu'elle comblait que la nef longitudinale avec laquelle elle communiquait par trois arcades ouvertes de toute la largeur de ladite nef et de ses bas-côtés. Sans doute, cette nef transversale ne se montre pas dans toutes les anciennes basiliques chrétiennes ; la croix grecque propre aux Byzantines, dès le Ve, un édifice rédoutable, concurrence. Mais la basilique à transept avec ses deux bras conserve la faveur en Occident. Un symbolisme crucial se superpose à la forme basilicale. Grégoire de Tours, parlant de la basilique élevée à Clermont par l'évêque Numatius, s'exprime ainsi : « lumina ædificium in modum crucis habetur expositum ». Le transept de la basilique de Saint-Martin de Tours était également saillant : peut-être aussi ceux de Sainte-Croix et Saint-Vincent de Paris (depuis Saint-Germain-des-Prés).
La TOUR-LANTERNE. — Le point d'intersection de la nef et du transept donna naissance en Gaule à une disposition originale. Au point où la colonnade de la nef s'interrompait devant le transept, une grande arcade s'ouvrait de toute la largeur du transept, qui se trouvait ainsi partagé en trois sections. L'autel se trouvait donc former un emplacement carré qui prenait le nom de carré du transept ou croisée, formé entre quatre baies, savoir : l'ouverture de l'abside, l'arc triomphal et les deux arcs latéraux du transept (fig. 1496). Grâce à l'appui des quatre murs dans lesquels étaient pratiquées ces quatre arcades, on se trouva en mesure de surélever la construction par delà les combles de la nef et du transept. Cette construction dominante, forme carrée, polygonale ou ronde, au sommet de laquelle se trouvait la toiture pointue qui tout ensemble couvrait et signalait l'emplacement de l'autel, reçut des contemporains le nom de « four » et porte aujourd'hui celui de « tour-lanterne ». Percée largement de fenêtres, la tour répandait sur le sanctuaire une vive lumière. À mesure que l'expérience de cet ouvrage vint à maturité, les architectes haussèrent la tour pour lui donner plus d'effet ; enfin on la couronna d'un campanile en bois émacié, ouvrage élégant qui se composait de plusieurs retraites d'arcades à jour, étagées les unes sur les autres. Il y eut ordinairement trois étages, ce qui donna le nom de « tristega » à la « tour-lanterne » des basiliques.
Cette ordonnance, sans être absolument spéciale à la Gaule, y jouit d'une particulière faveur. Faut-il la rattacher à la coupole byzantine assise sur un tambour aéré percé de fenêtres, dont le type se rencontre au VIe à Sainte-Sophie et aux Saints-Apôtres de Constantinople, à Saint-Jean d'Éphésé, à Bethléhem ? Il le peut, sans doute, mais cette explication ne nous paraît guère vraisemblable. Le point d'intersection de la couverture de la nef et du transept jetait les architectes peu savants de l'Occident parmi des difficultés énormes, car il s'agissait de construire deux toits, ventés inégaux, se pénétrant et formant des angles menaçants ou noueux. Le surhaussement des murs au ré du transept leur épargnait cette peine et facilitait leur besogne en offrant des points d'appui à la toiture. Il n'en fallait pas tant pour recommander une disposition qu'on pouvait concevoir sans grand effort et surtout sans modèles lointains. Grégoire de Tours nous a conservé des détails utiles sur ces tours de basiliques à propos de la « tour-lanterne » élevée au-dessus de l'autel de la basilique de Saint-Antolianus, à Clermont : audessus de l'autel s'élevaient quatre murs sur des arcades que soutenaient des colonnes de marbre de Paros et d'Héraclée ; ces murs portaient un plancher richement décoré. Mais la construction se lézarda promptement et menaça ruine. L'évêque Avitus jugea prudent de la démolir, et on procéda avec tant de précipitation qu'on ne prit pas le temps d'étançonner ; aussi, à peine la toiture fut-elle enlevée, que la tour s'écroula sur l'autel et sur les colonnes de marbre qui ne furent pas brisées. Ces « tours-lanternes » signalaient au loin la basilique, car on les couronnait d'un pavillon de bois à plusieurs étages, percés d'arcades, de forme circulaire, terminés par une flèche. Nous n'en sommes heureusement pas réduits aux seules descriptions à l'égard de monuments si fragiles. L'ancienne vue de Saint-Riquier, publiée par Mabillon d'après une miniature de l'époque mérovingienne, nous montre deux de ces « tours-lanternes » (fig. 1437). On en voyait de semblables à Nantes, à Saint-Martin de Tours, et, suivant l'opulence des basiliques, on rehaussait ces constructions de dorures et de figures peintes. L'effet que devait produire la « tour-lanterne » posée sur la croisée du transept pouvait avoir quelque ressemblance avec certaines ordonnances postérieures, telles, par exemple, que l'abside et le clocher central de Notre-Dame-du-Fort, à Clermont.
Dès le Ve, les basiliques commencent à être pourvues de clochers, principalement de forme circulaire. Les basiliques de San Apollinare nuovo et San Apollinare in classe, à Ravenne, sont dotées chacune d'un clocher rond isolé de la basilique. La mosaïque de Sainte-Marie-Majeure, exécutée sous Sixte III (432-440), montre deux églises également pourvues de tours cylindriques. Saint-Martin de Tours, outre sa « tour-lanterne », possédait un clocher dès 470. Le pape Étienne II (752-757) fait construire un clocher à la basilique du Vatican et la décore d'une inscription composée d'après celle de Tours. Au VIIIe, il est de règle de pourvoir toute basilique et même toute église de son clocher.
Enfin, quelques basiliques avaient deux tours flanquant leur façade.
LES TOURS DE BASILIQUE. — De très bonne heure, nous voyons les basiliques chrétiennes pourvues non seulement de la « tour-lanterne » mais d'une tour ou même de deux tours massives dont la position, sans être constante, est le plus ordinairement de chaque côté de la façade de la basilique. La destination de ces constructions ne nous importe pas ici, c'est pour quoi nous ne leur donnerons pas le nom de clocher ou de campanile, mais simplement celui de tour, et nous ne les étudierons que dans leur rapport avec la basilique qu'ils encadrent. À Rome, une mosaïque exécutée entre 432 et 440 par ordre de Sixte III, à Sainte-Marie-Majeure, montre deux églises près desquelles s'élèvent des tours cylindriques. La basilique de Saint-Martin, à Tours, achevée en 470, possédait une tour dont l'existence est attestée par une inscription métrique. Les basiliques de Saint-Apollinaire nuovo et in classe à Ravenne ont des tours élevées et cylindriques qui rappellent celles de la mosaïque de Sainte-Marie-Majeure. Les tours d'église sont tantôt isolées complètement et indépendantes de la basilique, comme à Ravenne, tantôt accolées aux angles de la façade et inséparables de la basilique. Les célèbres portes de bois de Sainte-Sabine, à Rome (Ve), nous offrent un panneau dont le sens a été vivement discuté. Il est possible qu'il représente l'empereur chrétien assisté d'un ange, acclamé par les dignitaires. Le prince est debout sur le seuil d'une basilique pourvue de deux tours, disposées non de chaque côté de la façade, mais aux extrémités de l'édifice dans le sens de la longueur. Ces tours sont pourvues de fenêtres et d'un faitage en forme de fronton. Même en tenant compte de la maladresse des sculpteurs en matière de perspective, nous ne pouvons admettre que la disposition figurée puisse se ramener à une façade flanquée de deux tours. Il nous semble beaucoup plus conforme au monument d'admettre ici deux tours disposées à la manière de celles de l'église de Sainte-Riquier (fig. 1438). Cependant, le type le plus fréquent paraît être celui des deux tours accostant la façade. C'est ce que nous voyons dans la Syrie centrale à Tourmanin et à Qalb-Louzeh. Les tours sont carrées et peu élevées, elles sont surmontées de frontons (fig. 1499). La forme circulaire paraît la plus ancienne pour les tours d'église dont il reste quelque trace. Après l'époque carolingienne, elle deviendra au contraire très rare, mais ce sont bien deux tours circulaires qui flanquent, en la dominant de très haut, une petite basilique représentée avec un sens très juste — et très rare — de la perspective sur la pyxide de Werden conservée au musée de Victoria et Albert à Londres (fig. 1440). Ces tours rappellent celles des deux basiliques de Saint-Apollinaire à Ravenne, qui paraissent d'une construction assez peu postérieure aux édifices qu'elles accompagnent, un peu à la façon de minarets. À Saint-Apollinaire in classe, une tour s'élève près de l'abside, tandis qu'à Saint-Apollinaire nuovo, elle se dresse près de l'entrée. On voit qu'une grande liberté régnait sur le choix de l'emplacement. Au VIe, le pape Étienne II (752-757) avait fait faire pour la basilique du Vatican un pastiche de l'inscription qui se lisait sur la tour de la basilique de Saint-Martin de Tours. Cette inscription nous apprend que la tour s'élevait près de l'abside, à l'est : « hæc turris est ».
Les contreforts. — Les anciens ont connu l'emploi des contreforts. On les rencontre dans beaucoup de basiliques dont la nef présente des dimensions considérables en largeur. Mais loin d'entendre le contrefort ainsi qu'au moyen âge, c'est-à-dire comme un élément, une richesse, on s'appliqua à le dissimuler et à le faire concourir à l'usage de l'édifice. Dans la basilique de Constantin, les voûtes d'arête de la nef ayant une portée de 23 mètres, des contreforts étaient nécessaires ; mais on imagina d'en faire les piédroits de deux nefs latérales. Sainte-Marie-des-Anges est pourvue de contreforts.
— EP EE - Lè à 3 — forts ; en Afrique, on rencontre, dès le IVe, des basiliques à bas-côtés voûtés, avec contreforts, Parfois. on rencontre entre les travées des pilastres peu saillants dont le rôle semble se borner à rompre la monotonie des murailles ou à économiser les matériaux en A4, — Église à tours circulaires. Pyxide de Weïden. D'après une photographie. e leur donnant d'épaisseur qu'aux points qui portent la charge des fermes de la charpente. Ces plates-bandes ou pilastres peuvent supporter des arcs de décharge encadrant et soulageant les fenêtres, comme à Sainte-Pudentienne de Rome (IVe) ou à Saint-Apollinaire BASILIQUE en classe (Ve) (Ag. 14H), Elles peuvent aussi peut-être, dès le Ve, se relier à de petites arcatures formant une sorte de frise ou de corniche, comme au baptistère de S. Giovanni in fonte à Ravenne. L'architecture romane conservera et développera cette décoration, spécialement en Allemagne et dans les pays du Nord, en Italie, dans l'Est et le Midi de la France, et en Catalogne. Quant aux contreforts décoratifs, en forme de colonne, qu'employaient les Romains, les architectes chrétiens de Syrie en tirèrent d'heureux éléments, mais les Occidentaux attendront l'époque romane pour les remettre en honneur », XVII, L'ABSIDE, LE CHEVET. — L'abside primitive ne conservera pas longtemps son aspect massif et sa destination, Une première originalité consiste à pourvoir la même église de deux absides se faisant face. Cette disposition se rencontre à Orléansville, dès l'année 3243 ; elle deviendra usuelle en Occident à l'époque carolingienne, En Orient, elle apparaît dans l'église Sainte-Sophie, bâtie par Justinien, mais pendant la période qui fait l'objet de nos études, elle demeurera somme toute exceptionnelle. Au-dessous de l'autel étaient généralement déposées les reliques des saints par le vocable desquels la basilique était désignée, Pour les rendre accessibles, on logeait ordinairement le sarcophage qui les contenait **IL. — 19** dans un caveau aveugle nommé crypte ou confession, dans lequel on descendait par un escalier. Peut-être ces souterrains obscurs auxquels l'autel était superposé rappellent-ils d'abord la disposition des premiers oratoires élevés par-dessus les catacombes après la paix de l'Église ! ; quoi qu’il en soit, on y renonça de bonne heure en Gaule. Le fond de l’abside qui recevait la cathedra de l'évêque et les sièges des prêtres cessa d'être le presbyterium et devint le martyrium ; c'est qu'en cet endroit reposait sous un riche monument le corps du patron de la basilique ou la relique du saint particulièrement vénéré en ce lieu. Tandis qu'en Italie l'abside conservait généralement sa destination, en Gaule, dès la deuxième moitié du Ve, saint Perpétue de Tours et son clergé évacuaient le presbyterium pour faire place au tombeau de saint Martin ?, Nous savons en outre que, pour faciliter la circulation du peuple autour du tombeau, une galerie contournait l'abside. Cette disposition n'est pas moins importante pour l'histoire de l'architecture que celle des entrecolonnements conduisant de la basilique couverte en charpente à la nef voûtée en arcs d'ogive. Ici nous allons toucher les origines d'une autre disposition caractéristique, celle du chevet des églises, L'abside de la basilique romaine et des premières basiliques chrétiennes n'avait pas d'autre jour que celui qu'elle recevait de la nef ou du transept. Une première innovation, dès qu'elle fut transformée en martyrium, fut le percement de fenêtres dans son hémicycle, Mais on ne se contenta pas de fenêtres, Dès le Ve, nous voyons les absides, entièrement percées à leur base, supportées par des colonnes ou des piliers et, grâce à ce portique, communiquant avec une galerie enveloppante donnant déjà les dispositions du chevet. dt L ca Var ele Mais la Gaule n'est pas seule à pratiquer l'abside percée. L'église Saint-Sévère, à Naples ?, avait une abside de ce genre (fig. 1442), On en rencontre d'autres exemples en Italie, dans la basilique des Saints-Côme et Damien, du VIe, à Sainte-Marie-Majeure, à Vaison ; et même en Afrique à Tébessa et aux environs d'Orléansville® dans un unique monument que nous allons décrire. une description complète à un monument souvent reproduit et utilisé par les archéologues !. C'est un tes lee LD. Li LA di PEL LL al LU HAURAU à PSI RSS Lis anal lu cubum à trois kilomètres d'Orléansville (Algérie). C'est, incontestablement, l'image la plus ancienne, elle est même unique en son genre, de la basilique romaine adaptée au culte chrétien, La figure 1443 permettra de suivre dans son minutieux détail la description qu'on va lire, Voici les dimensions du curieux édicule ? : LOS 140 ! 4 50 die SUR LaTReur -. 1 :52 4 40 « « et 000 Largeur avec porte-lampes.... Omüÿ Hugh, à sua a à à staca ces 0 0009 CT RO AR LRU Le sol sur lequel s'élève le monument se compose d'un plateau % de bronze, La basilique consiste essentiellement en une nef rectangulaire terminée par une abside circulaire ; il n'existe pas de bas-côtés, La façade, ouverte sur toute sa largeur, est encadrée par deux colonnes corinthiennes portant sur une bande qui forme une plate-bande continue. Les chapiteaux sont d'une époque de décadence et les colonnes sont dépourvues de galbe. Celle de droite a été dérivée de sa ligne, peut-être à la suite de l'accident qui aura amené la chute du monument, Les chapiteaux portent une architrave lisse entre deux filets saillants creusés d'une rainure. Ce bandeau forme entablement pour l'appui d'un arc en anse de panier dont l'archivolte est formée d'un filet creusé d'une rainure. Une croix à branches en queue d'aronde occupe le milieu du tympan intérieur de l'arc. Le mur du comble, percé à son centre d'une étoile à six rayons, domine l'arc et porte le gable saillant du toit. Le toit se compose de deux plans fort relevés et striés rectangulairement pour imiter les tuiles. Une faîtière saillante, sans aucune décoration, le surmonte, et porte à chaque extrémité un anneau de suspension dans le sens de l'axe et servant d'acrotère #, Chacune des faces latérales est composée d'un soubassement posant sur la bande de fondation et terminé par un filet. Cinq colonnes avec base et chapiteau corinthiens, portent quatre arcs dont l'archivolte saillante repose directement sur l'abaque. Les tympans extérieurs sont pleins et terminés par un filet horizontal qui est de niveau avec la partie inférieure de l'architrave de face. Sur ce filet portent cinq pilastres | colonnes, avec base et chapiteau corinthiens, dont chaque entre-colonnement est garni d'une claire-voie percée de trois rangs de trois jours rectangulaires ou carrés. Les montants et les traverses de la claire-voie iäi8. — Le même porte-lampe. D'après Darcel et Basilewsky, Collection Basilewsky, pl. 1v. sont striés de deux rainures. Le bandeau qui termine la claire-voie, et qui est dans son plan, pose sur Le chapiteau des colonnes qui ne montent point jusque sous le larmier du toit et tient lieu de corniche. Ce larmier est saillant sur le plan du toit. L'abside circulaire est percée de trois arcs en plein cintre dont l'archivolte en filet saillant repose sur l'abaque de quatre colonnes corinthiennes portant sur le prolongement du soubassement latéral. Cet abaque est au niveau du filet inférieur de la claire-voie latérale. Une étoile est percée de deux étoiles à cinq pans. Une autre étoile, à six pans, est percée dans le pignon de la nef au-dessus de la conque de l'abside, Au fond de l'abside, à l'intérieur, une petite plateforme, porte un fauteuil à dossier surmonté d'une croix, c'est la chaire de l'évêque (Mg. 145).. Dans le soubassement continu sont percées dix mortaises, trois sur chaque côté et quatre à l’abside, Nous avons décrit ailleurs ces branches du lampadaire 1, nous n'y reviendrons pas. En terminant, nous remarquerons que, sauf le fauteuil de l'abside, l'intérieur de l’oratoire ne montre aucun ornement même sous les deux rampants du toit. Les colonnes, d'exécution assez sommaire, reposent sur des | bases dont les tores sont indiqués par des filets saillants. Les chapiteaux se composent d'une astragale filetée, d'une grande feuille centrale entre deux feuilles demi-coupole couvre l’abside *DL : A d'angles ‘superposées et d'un abaque à angles saillants. Ee Parmi les débris qui furent trouvés avec le porte : lampes se trouvaient des fragments de verre irisé auquel le temps avait donc fait subir un comment de décomposition. Ces fragments pro probablement des lampes. A l'intérieur le bronze auc une rainure devant permettre de fixer les plaques de verre dans l'intérieur des baies. Si l'on y appliqua des vitrages, on dut seulement les maintenir avec du mastic. La description de la lampe-basilique nous a valu de précieux détails, mais avant de terminer ce paragraphe rappelons que, dès le vi : siècle, on rencontre des églises établies en trois membres. Leur plan ne diffère pas de celui des autres basiliques, mais leurs vaisseaux étaient traités chacun comme une basilique distincte et recevait une abside. Les absides des bas-côtés avaient des dimensions moindres que celles de la nef principale et pour cette raison portaient le nom d'absidioles. 0 Rien n'est plus facile que d'adapter les bas romaines aux besoins du culte chrétien, La longue période au cours de laquelle on s'était contenté de l'atrium, des alæ et du tablinum avait largement suffi à familiariser avec des dispositions que la forme basilicale reproduisait presque rigoureusement. Nous serions volontiers disposé à voir une réminiscence de l'âge des églises domestiques dans l'adoption du chalcidicum des basiliques impériales comme celle de Saint-Pierre (fig. 1446) et de Saint-Paul-hors-les-murs. Si l'on veut bien se reporter au plan de l'habitation romaine et qu'on le rapproche de celui de ces deux basiliques, on sera frappé de l'analogie existant entre les alæ d'une part et le chalcidicum d'autre part. La destination spéciale que nous croyons reconnaître aux alæ expliquera que toutes les communautés n'aient pas eu l'occasion de faire usage de cette partie de la maison, mais seulement les communautés les plus importantes que leur praître assurait toujours d'un groupe de vierges, de veuves, de diacres. C'est ce qui expliquerait que le chalcidicum ne se rencontre pas dans toutes les basiliques du IVe, mais dans celles-là seulement où les degrés de la hiérarchie étaient représentés en nombre respectable, L'évêque prit place au fond de la « tribune » ou siège ! ; là siégeait jadis le magistrat, Autour de lui, demi-cercle, les prêtres assistants prirent place sur des banquettes où s'asséyaient auparavant les assesseurs. Le suggestus et le consistorium prirent dés lors les noms de cathedra et de presbyterium. L'enceinte occupée par les avocats et les plaideurs, devenue étroite pour recevoir les clercs, fut élargie. Il fallut en effet grouper à cette place, autour de l'autel, le cœur ou sacrarium, les diacres et sous-diacres. Deux chaires ou ambons furent élevés de chaque côté LECRLT : sés ss Li COR UN ON OT ON IN IN NN NU I | T7* + sr | 0 ur | [A i ro Ê 11 | | Le 4 = ë Es 1446. — Plan de Saint-Pierre du Vatican. Là près Holtzinger, Die alchrisiliche Architectur, fig. 4.
586 rarii, etc., et derrière eux, mais en laissant un passage pour la circulation, les hommes. La séparation des sexes était observée généralement de la manière suivante. Si la basilique contenait une seule nef, on partageait par moitié dans le sens de la longueur ; si elle comptait plusieurs nefs, les bas-côtés, plaga dexter, læva (ou bien encore plaga virorum, mulierum), recevaient les femmes. Le plus généralement, et quel que fût le mode de séparation, les hommes occupaient la droite, les femmes la gauche. Des séparations de pierre, de bois, ou parfois même des tringles munies de rideaux empêchaient les communications et le désordre. Quand la basilique était pourvue de galeries hautes, c'était là qu'on plaçait de préférence les femmes.
Dans le prolongement de la grande pièce du milieu désignée sous les noms de capsus, aula navis, ce dernier nom destiné à faire oublier les autres, se trouvait le pronos, place destinée aux catéchumènes et à certaines catégories de pénitents, c'est-à-dire à tous ceux qui, soit pour cause d'ignorance, soit pour cause d'indignité, ne pouvaient participer aux mystères et devaient évacuer l'église au signal donné par le diacre.
XIX. La NEF ET LES BAS-CÔTÉS, — Dans la basilique privée de Junius Bassus, nous avons constaté l'existence d'une nef simple ; dans celle du palais des Flaviens, les colonnes, de simple ornement qu'elles étaient, vont devenir un des membres essentiels de la construction. Dans la basilique civile, on a songé de bonne heure à se procurer un local assez spacieux pour abriter tous ceux qui ont une affaire à traiter au tribunal ; à cet effet, on a doublé la superficie de la nef, mais au lieu de doubler simplement sa largeur, ce qui eût été impraticable par suite de l'impossibilité de se procurer des fermes de couverture suffisamment longues, au lieu de doubler la longueur, ce qui eût fait perdre à la basilique son aspect de salle pour prendre celui de galerie, au lieu enfin d'accoler deux nefs de même largeur sur une seule colonnade centrale, on créa deux nefs parallèles à la nef centrale, l'une à droite, l'autre à gauche de celle-ci. Il arriva, mais exceptionnellement, comme à Trèves et dans quelques petites basiliques chrétiennes, que la basilique ne fut qu'une grande salle en rectangle allongé ; le plus souvent la nef fut accostée de galeries latérales plus basses, auxquelles on donna divers noms : pastophorium, plaga, deambulatorium, porticus, et en français, ais, ailes, et, de nos jours, bas-côtés, collatéraux (fig. 1448). Parfois les bas-côtés, justifiant leur appellation, s'élevaient à une faible hauteur le long du mur d'enceinte de la basilique ; parfois aussi ces collatéraux étaient assez élevés pour empêcher qu'on n'ouvrit des fenêtres dans les murs de la nef centrale, en ce cas ils portaient le nom de nefs latérales.
Les architraves disparurent de bonne heure, dès que les matériaux de luxe commencèrent à devenir rares ; on revint donc à l'ordonnance des arca des. Une autre conséquence de la pénurie grandissante des constructeurs fut la substitution de piliers aux colonnes. Pendant longtemps, dans les pays où les civilisations grecque et romaine avaient prodigué les édifices, on parvint, par des démolitions et des arrachements, à se procurer des colonnes dont on égalisait les tailles par des chapiteaux plus ou moins élevés ; mais dans les contrées cisalpines, jusqu'au XIVe, une seule fois, au IXe, on prépara la construction d'un type d'édifice nouveau, en grande mesure à former le type de la basilique romaine, type demeuré presque inaltéré (même dans ses détails).
XX. LE NARTHEX ET L'ATRIUM. — Les additions les plus caractéristiques reçues par la basilique lors de son adaptation au culte chrétien furent le narthex et l'atrium qui éloignaient de la voie publique un édifice. Le narthex était un vestibule destiné aux catéchumènes, adossé à la façade, parfois à l'intérieur, le plus souvent à l'extérieur de l'édifice, c'était une sorte de répétition du chalcidique antérieur. L'atrium précédait le narthex et consistait en une cour ou préau, soit carré, soit rectangulaire, entouré de portiques et rappelant tout ensemble l'atrium des habitations romaines et le forum des basiliques civiles. Souvent l'atrium n'avait de portiques que sur trois de ses faces, le côté qui longeait le narthex en était dépourvu. Quand ce quatrième côté existait, on l'isolait parfois de la cour par des cloisons de manière à former un vestibule extérieur ou exonarthex. Les pénitents se tenaient dans l'exonarthex ou, à son défaut, dans l'atrium. L'atrium, suivant qu'il comportait trois ou quatre galeries, était dit triporticum ou quadriporticum. Il avait conservé un précieux témoignage de ses origines. En insérant, pour ainsi parler, le triclinium entre le tablinum et l'atrium, on avait toute la partie comprise jusqu'au cartibulum, l'impluvium et le reste de l'atrium refoulés au-delà de la navis, mais furent conservés intacts. L'impluvium changea simplement d'aspect ; lieu d'être un bassin ou un réservoir au ras, il fut relevé, enfermé dans une vasque, et sous noms divers de cantharus, labrum, nympheum ou a, devint une fontaine destinée aux ablutions et ine de nos bénitiers. On y pratiqua l'ablution des mains et des pieds avant de pénétrer dans l'église.
Les basiliques somptueuses du Ve eurent même un premier enclos précédant l'atrium. Une basilique édifiée à Lyon, vers 470, par l'évêque Patient, représentait deux enceintes extérieures formant chacune une porte dont tous les supports étaient des colonnes en marbre des Pyrénées. Les matériaux les plus précieux sans compler, mais cette opulence sera vite épuisée. On réservera le marbre pour les intérieurs. A partir du VIe, on ne rencontre plus les auteurs d'une louange consacrée aux portiques extérieurs ; désormais, faute de mieux, on remplace les colonnes de marbre par des piliers de maçonnerie ou même par des poteaux. L'atrium ou « aitre » servait encore à d'autres usages. Sous ses portiques s'ouvraient parfois des chambres servant de logement aux moines, habitués de la basilique, ou d'abri aux pèlerins. L'atrium ne servait qu'aux vivants ; de bonne heure, on y enterra les fidèles qui s'étaient rendus recommandables pendant leur sainte vie, on l'appela en conséquence paradisus, d'où est venu parvis.
Il ne perdit pas seulement sa somptueuse décoration et, plus tard, son aspect monumental. En Italie, principalement, et dans les grandes villes, à mesure que les basiliques quittèrent les faubourgs et se bâtirent sur des terrains plus coûteux, parmi une population plus dense, on réduisit de plus en plus les proportions de l'atrium qui devint ainsi une petite cour sans portique entourée de bâtiments ou seulement de murs. La disparition croissante de la classe des catéchumènes et de celle des pénitents rendait l'atrium inutile ; on le resserra de plus en plus et il se réduit à un porche plus ou moins spacieux, ou à une galerie avec deux portes. Enfin, une dernière circonstance acheva la ruine de l'atrium, mais en le consacrant pour des siècles sous une dénomination et avec une destination nouvelle.
À partir du VIe, le progrès de l'institution monastique fut si rapide et si universel que la plupart des églises de fondation nouvelle furent desservies par des communautés de moines, souvent composées d'un nombre considérable d'individus. La règle monastique imposa la vie canoniale à l'époque mérovingienne au clergé des cathédrales et des basiliques ulières. Moines et chanoines s'établirent à proximité de l'église dans laquelle ils passaient une partie considérable de leur vie. Soit pour abréger les allées et venues, soit pour se soustraire au voisinage immédiat de la foule, ils furent établis sur l'un des flancs de la basilique. C'est ici que le souvenir et le long usage de l'atrium romain imposèrent une disposition calquée sur l'atrium. Tous les locaux furent disposés autour d'une cour carrée, désignée sous le nom de claustrum, cloître, dont un des côtés fut adossé au flanc de la basilique. Le quadriportique, devenu inutile devant la façade, fut supprimé ; mais tout ne disparut pas, et l'impluvium, le cantharus fut conservé et sous le nom de phiala, transporté presque universellement au centre du cloître.
XXI. La FAÇADE, — La façade d'une basilique dessinait la coupe de l'édifice : d'une largeur extrême par le bas, elle se rétrécissait à une certaine hauteur par deux rampants entre lesquels se dégageait la montée de la nef couronnée par un fronton.
Le nombre des portes, percées dans cette façade, varie d'un à cinq ; quoi que celle du milieu soit la plus haute de toutes, elle ne se distingue pas des autres par son appellation, toutes sont dites regiæ, royaux. Sur le célébre sarcophage romain dont les faces latérales représentent divers édifices, entre autres une basilique ?, nous voyons que la porte est marquée par un rideau relevé ; des mosaïques, des sculptures en bas-reliefs représentant d’autres basiliques concordent pleinement entre eux sur ce point particulier. Cependant les portes de la basilique de Sainte-Sabine, remontant au V siècle et conservées jusqu'à nos jours, témoignent de l'existence d'une fermeture plus hermétique ; on faisait usage également de vantaux de bronze. Nous avons parlé plus haut de ceux qui furent donnés par le pape Hilaire au baptistère de Latran (461-468). C'est derrière ces portes qu’étaient suspendus les riches tapis. Dans la partie supérieure on réservait une rangée de trois, cinq ou sept fenêtres, dans le tympan du fronton un œil-de-bœuf. Ce tympan, ainsi que le pourtour des fenêtres, admettait la décoration en mosaïque. Au revers de la façade s'élevait souvent une tribune ; toutefois cette disposition n'est usitée que dans les basiliques étagées, par exemple à Sainte-Agnès-hors-les-murs. Cette tribune mettait en communication les galeries supérieures des deux has-côtés. Nous donnons ici une vue de l'entrée de la basilique Saint-Laurent-hors-les-murs, prise de l'intérieur de l'édifice (fig. 1418). D'autres basiliques étaient munies d'un transept à leur entrée, mais cette disposition est tardive. Enfin ce transept ayant reçu les mêmes dimensions que celui du sanctuaire, on les sépara l'un et l'autre de la nef par des murs de refend, on éleva sur le carré central une deuxième tour-lanterne, ainsi que nous le voyons sur le plan de Saint-Riquier.
XXII. Les rexèrREs, — En Italie, les bas-côtés des basiliques n'avaient pas toujours des fenêtres, tandis que la nef centrale était chargée de jeter la lumière dans l'édifice. Lors que la basilique avait cinq nefs, chaque double bas-côté était couvert par un appentis à un seul versant, Sur chaque flanc, par conséquent, un seul demi-comble partait du mur de la nef et se prolongeait jusqu'au ruisseau extérieur. Mais comme en pareil cas la colonnade intermédiaire, pour aller à la rencontre du comble et offrir son soutien aux fermes du premier appentis, devait être relevée bien au delà du nécessaire, on épargnait les matériaux en établissant un attique qui remplace, à Saint-Paul-hors-les-murs, une série de percements semblables à des haies de fenêtres. À Saint-Riquier, la basilique était ajourée par de grandes fenêtres sur toute la longueur du bas-côté méridional. Les basiliques étaient généralement bien éclairées, Les fenêtres larges et nombreuses pouvaient être fermées soit de toile tendue sur un châssis de bois, soit d'un treillis de bronze, soit d'une dalle en pierre mince ou en marbre dans laquelle étaient découpées des figures géométriques comme dans la Syrie centrale. À Saint-Laurent-hors-les-murs, à Grado, à Sainte-Sophie de Constantinople. Les vitraux étaient connus et d'un usage très fréquent au VI siècle. Les Romains semblent en avoir fait peu de cas ; les Mérovingiens, au contraire, aimaient beaucoup les couleurs voyantes. Ils teignaient le verre et l’employaient en teintes plates par fragments rapprochés les uns des autres et formant une sorte de mosaïque transparente maintenue dans des armatures de plomb et fixée dans un cadre de bois. Fortunat nous apprend que les vitraux d'une église de Lyon avaient des dessins de couleur (versicoloribus figuris). La cathédrale de Paris possédait également ses vitraux, mais ici nous ignorons s'ils étaient colorés. Les gens simples s'émerveillaient et ne comprenaient rien à un pareil artifice ; saint Grégoire de Tours raconte à ce sujet qu'un voleur sacrilège s’imaginait trouver de l'or dans les verrières de l'église d'Issoire. Un sarcophage du Latran, dont nous avons parlé dans un autre travail, offre la représentation de quelques édifices du IV siècle. Nous croyons que le sculpteur a représenté ici sur deux plans superposés, afin de figurer les distances différentes : 1° une basilique dont l'entrée et la toiture sont seules bien visibles ; 2° une basilique vue depuis l'abside jusqu'à l'entrée qui fait face au spectateur au moyen d'un bizarre contournement ; un baptistère circulaire, enfin une autre basilique flanquée d'une tour ronde. Tous ces édifices sont largement percés de fenêtres et il suffit d'un coup d'œil jeté sur la figure 1449 pour s'en rendre compte.
XXII. Les portes. — Nous avons vu que le nombre des portes et les positions qu'elles occupaient pouvaient varier d'une basilique à une autre. Généralement, pendant la période antérieure à l'époque romane, fenêtres et portails sont de la plus grande simplicité. Nous pouvons en juger principalement en Syrie où l'on se contente de figurer un monogramme sur le linteau et de faire courir quelques torsades. Parfois on remplit le tympan de la porte par une mosaïque ou une fresque.
XXIV. Plafonds. — Dans la dissertation que Bethléhem (voir ce mot) nous avons dit que les basiliques du IV siècle paraissent avoir été agrémentées d'un plafond cachant les fermes de la toiture. Ces plafonds de bois se retrouvent en Gaule ; à Tours, celui de la basilique Saint-Eutrope était sculpté ; la basilique de Saint-Paul-hors-les-murs, restaurée avec un souci archéologique très éclairé, a un plafond à caissons sculptés. Le plus souvent les plafonds étaient peints en couleurs vives. Nous savons que l'évêque Perpétue de Tours fit rebâtir la basilique de Saint-Martin et transporter de Saint-Pierre et Saint-Paul l'élégant plafond de Saint-Vincent, à Paris, était doré. Il est toutefois permis de croire que beaucoup de basiliques présentaient leur couvrage dans son enchevêtrement sans le dissimuler par un plafond.
XXV. Décoration. — Nous ne voulons pas entreprendre ici sur ce vaste sujet qui fera l'objet de dissertations particulières dans lesquelles nous étudierons les fresques, les mosaïques, les pavements, etc. Voir ces mots.
XXVI. Aspect général. — « L'architecture des basiliques, écrit M. E. Bertaux, est simple autant que celle d'un temple grec. A l'extérieur, la simplicité des églises romaines était pauvreté. Les parois latérales ont toujours été nues : de longs murs en briques percés de fenêtres sans ornement. Les mosaïques qui décoraient la façade antérieure de quelques basiliques romaines, au-dessus du portail, ne remontent qu'au XI et au XII siècle. A l'intérieur la simplicité des basiliques est estimée. L'église de Saint-Paul-hors-les-murs, rebâtie après l'incendie de 1823, et trop neuve pour saisir l'imagination par le prestige du passé, est l'un des monuments les plus imposants du monde : son armée de colonnes dépasse l'attente par la longueur de ses files, ainsi qu'une cathédrale gothique par la hauteur de ses colonnettes (fig. 1450). Cette simplicité était limitée aux lignes de l'architecture : les grandes surfaces nues offraient un vaste champ où se répandit la décoration.
Les mosaïques revêtaient les murs de la nef et suivaient en suivant les courbes de l'abside ; des tentures de soie brodée lambrissaient les murs latéraux, (bien que, pendues entre les colonnes, leur tissu alourdi par l'or et les pierreries continuait jusqu'au pavé de marbre luisant la paroi de mosaïque : dans le sanctuaire, enclos de marbre ou de bronze doré, les tabernacles élevés au-dessus des autels étaient de véritables monuments d'orfèvrerie composés de bas-reliefs ou de plaques d'argent et d'or. Dans la ville qui avait perdu ses patriciens et ses empereurs, aucun palais ne pouvait se comparer avec ces monuments du culte, élevés et décorés par une Église dont les propriétés, composant le patrimoine de Saint-Pierre, s'étendaient sur toute l'Italie !
VII. Les dépendances du sanctuaire. — De bonne heure les divers services dépendant de la basilique cherchèrent à épargner le plus possible les allées et venues, et, au grand détriment de l'édifice, on vit se multiplier les constructions, trop manifestement étrangères à l'intérieur d'une grande basilique romaine du IV ou du V siècle. Il vint un moment où l'édifice fut ceinturé sur toute la longueur de ses bas-côtés de bâtiments étroits, divisés en pièces appelées chambres, cubicula, qui communiquaient avec l'église par des portes monumentales. Ces réduits contenaient généralement une abside ; on y priait, on y vivait, et on y enterrait suivant le cas.
Le plan de Saint-Gall indique dans les dépendances du bas-côté septentrional de l'église, la résidence du chef de l'école monastique, un autre logement pour les religieux étrangers reçus à l'abbaye, une chambre réservée pour l'évêque du diocèse lorsqu'il venait à Saint-Gall.
XIX. RESTAURATION DES BASILIQUES ROMAINES. — À l'extrême limite de nos études, vers la fin du XIIe, les basiliques romaines étaient, pour la plupart, misérablement déchues. Le passage des barbares, leur séjour et les déprédations sans cesse renouvelées étaient venues à bout de l'opulence et de la solidité des édifices. La notice consacrée au pape Hadrien (772-795) par le Liber pontificalis énumère les misères sans nombre de la Ville. Aqueducs dépouillés de leurs tuyaux de plomb, murailles en ruines, tours gisant à terre. Les édifices religieux n'avaient pas été épargnés. L'herbe poussait dans l'atrium de la basilique de Saint-Paul, vaches et chevaux pâturaient à l'aise : Atrium b. Pauli ecclesiæ, quod antea nimis desolatum existebat, uti boves atque caballi ingrediebantur ad pabulandum propter herbam, quæ ibidem nascebatur. D'autres églises, à l'intérieur de la ville, menaçaient ruine : fectum jam vetustate positum vicinæ ruinæ existebat, dit-on de l'une, et d'une autre : in ruinis erat et tectum ejus distectum existebat, ou bien : jam cœsura erat et in ruinis posita, ou encore : & priscis temporibus tota marcuerunt. À Saint-Pierre on risquait d'être écrasé pour peu qu'on séjournât sous le portique dont il est dit : confractæ trabes erant et tectum ruinæ vicinum. Le Pontificat d'Hadrien qui dura près d'un demi-siècle, eut donc à relever et à réparer sans relâche et partout à la fois. Non seulement les édifices civils commencèrent à attirer ses soins, mais Saint-Pierre, à Saint-Paul, à Saint-Laurent on renouvela une partie des matériaux, à Saint-Étienne sur le mont Cœlius, aux Quatre-Couronnés, à Sainte-Marie Majeure, au Latran, à Saint-Marc des réparations plus importantes encore furent entreprises ; parfois, comme à la basilique des Apôtres, la restauration fut presque une totale reconstruction. On nous dit, en effet, qu'Hadrien portica in circuitu renovavit…. simulquem tectum restauravit… et absidem jam ruinæ vicini cancalis ferreis confirmare fecit. Les églises cimetières ne furent pas écartées de cette vigilance : Cimiteria Dei ecclesias, tam extra muros Romanæ urbis, quodque infra muros restaurari.
Malheureusement ces restaurations n'étaient pas les premières que les édifices avaient à subir et il semblerait que la précipitation, l'indigence et l'inintelligence qui entachent souvent les travaux aient concouru de bonne heure à altérer le caractère décoratif et même le caractère architectonique de plusieurs de ces basiliques. Hois les réparations étaient d'une qualité si précaire qu'elles ne duraient guère au delà de quelques années. Les basiliques de Sainte-Cécile et de Saint-Zenon reçurent une restauration nouvelle sous Hadrien, c'est-à-dire moins d'un demi-siècle plus tard. Même cas sur la voie Latine sur la voie Appienne. L'église Sainte-Eugénie élevée sur le cimetière d'Apronien, restaurée par Jean VII (107), réclame une restauration nouvelle ainsi que d'autres basiliques cimetières de cette même voie et rétablit l'accès des catacombes : Cymiterium Petri et Marcellini via Lavicana licam beatæ Helenæ renovavit et tectum eius, et Tiburtii et eorumdem sanctorum Petri et Marcellini sacralissima corpora noviter fecit, quoniam jam descensus ad ipsa sancta corpora.
599 BASILIQUE
he dentel de la basili que à double chœur tel qu'on le rencontre à Orléansville, à Erment, à Thélepte, à Saint-Malot,
Aquamanile, hoc est, vas manuale quo scili cet manus lavantur, Synésius de son côté appelle yéswûa les vases qui servaient à récevoir l'eau lustrale dans le vestibule des églises. L'Eucologe, dans le rite d'ordination du lecteur, mentionne la porrection du yepviééisstos, c'est-à-dire le bassin et l'aiguière, Le pseudo IVe concile de Carthage, canon 5 », prescrit de donner au sous-diacre au moment de son ordination une aiguière, un bassin et un manuterge. Fortunat, dans sa vie de sainte Radegonde, €. xxvI, l'Ordo romanus, les Pandectes font mention de l'aquamanile. Le Liber pontificalis nous apprend que les papes offrent des bassins d'argent aux basiliques, Le pape Innocent I en donne qui pèsent chacun seize livres d'argent ; tandis que ceux du pape Sixte IT ne pèsent que huit livres. Grégoire de Tours donne au bassin le nom de vasculuni : Nil aliud pro religuiis in sanctum altare condere voluil nisi vascului cujus aqua in balsamum commutala fueral !.
Ces bassins avaient des destinations bien clairement déterminées et cependant la langue archéologique s'est contentée à leur égard d'une terminologie vague que le mot bassin exprime parfaitement. « Cette expression s'applique d'une manière générale à des ustensiles de moyenne profondeur, destinés à contenir une certaine quantité de liquide et dont la forme est ordinairement ronde ou ovale, La capacité des bassins, la matière dont ils sont fabriqués, leur ornementation ont beaucoup varié afin de répondre aux nombreux usages auxquels ils étaient employés, Mais ici encore les modes du luxe et la fantaisie de l'artisan ont amené des modifications incessantes qui empêchent toute distinction formelle entre le bassin et ses congénères : assiette, coupe, cratère, écuelle, plat, tasse, etc. »
Nous étudierons ici quelques spécimens anciens et plus particulièrement intéressants par leur technique sans égard à leur destination primitive. La matière a dû varier beaucoup, l'or, l'argent pur ou doré, le laiton, l'étain, le plomb, le verre, le bois même ont été mis en œuvre et cette énumération suffirait à elle seule à faire comprendre que l'avidité a trop souvent trouvé son compte dans la destruction de ces précieux objets. Beaucoup d'entre eux devaient être des ouvrages de l'art classique adaptés à une destination nouvelle, Didier d'Auxen faisant divers legs à son église y comprenait celui d'un aquamanile pesant sans libras et uncias, Habet in m rotam liiatam et in cauda caput hominis ?, La Brunehault offrit par l'intermédiaire du même End à l'église de Saint-Germain un bassin antique : aquamanileum pesans III et uncias 1X : habetl in « 180 Neptunum cum tridente #,
Les bassins servaient les uns à laver, les autres à jeter l'eau, d'autres à présenter l'offrande, ou à empêcher l'huile des lampes d'égoutter sur le sol, ou encore à garder l'eau, etc, Leur type rappelle celui d'une large capsule, Le psautier grec de la Bibliothèque nationale, n. 189, de la fin du 1x° siècle, nous montre à propos de la maladie d'Exéchias un beau bassin ; manche qui paraît être en terre cuite. Ce manche est à goulot permettant de vider le contenu du bassin sans avoir à craindre les éclaboussures (fig. 1451).
Vers le même temps un texte du Liber pontificalis, dans la notice de Grégoire IV (827-244), mentionne l'offrande à la basilique de Saint-Callixte de huit gémellions d'argent pesant chacun deux livres. Ces gémellions étaient des bassins jumeaux, de même grandeur et de même matière n'ayant entre eux d'autre différence qu'un petit siphon de fuite dont un seul des deux était muni pour déverser l'eau dans l'autre, Ce type a été très fréquent au moyen âge, il est possible que les deux bassins du trésor de Nagy-Szent-Miklos, dont nous allons parler dans un instant, soient des bassins gémellions, dont l'un aura perdu son goulot par suite d'un changement de mode ou de destination,
Outre ces bassins de module généralement réduit, il n'existait d'autres, de dimensions et d'un usage moins portatif. On rapporte que Sisenand, roi des Wisigoths d'Espagne, voulant obtenir l'alliance de Dagobert, lui offrit pour prix de ce service un bassin d'or qui passait pour la plus riche pièce du trésor et un peu plus pour Le palladiwum de la nation. Il se passa à ce sujet une anecdote que nous avons racontée ailleurs !. Si l'histoire est vraie, écrit Viollet-le-Duc, ce bassin était un cratère de plusieurs mètres de circonférence.
Il ne garantit pas le fait malgré tout ce que l'on sait de la richesse du trésor des Wisigoths ?. La dimension de plusieurs mètres parait notablement exagérée ; ce qui est probable c'est que ce bassin devait être un bassin de toilette et ses bords pouvaient être ornés de pierreries dans le goût des couronnes de Charlemagne, L'usage de ces vastes bassins à toilette était très simple ; ils étaient posés à terre sur des nattes et l'on se lavait à genoux la tête et le haut du corps (Mig. 1452).
Le trésor d'orfévrerie barbare trouvé à Nagy-Szent-Miklôs, comté de Torontal, Hongrie, en 1799, se composait d'un certain nombre de pièces que leur destination ou leur décoration profane soustrait à notre étude #, Parmi ces pièces se trouvaient deux bassins d'or pesant respectivement 287 et 905 grammes *, Ces deux bassins étaient semblables, La fig. 1453, nous dispensera d'une longue description.
Le centre est occupé par un médaillon enfermant une croix aux branches tréflées. Cette croix est entourée d'une inscription identique dans les deux bassins 6, Celle inscription est enfermée à son tour dans une riche platé-bande, Le corps du bassin est cannelé et sa lèvre est ornée à l'intérieur comme à l'extérieur d'une belle ciselure. Le plus grand diamètre mesure 0m14, la plus grande profondeur 0m0.
La paléographie des deux inscriptions est un mélange de capitale et de cursive grecque. La lettre À a jusqu’à six formes différentes, la lettre O varie aussi d'une lettre à l'autre. Les caractères paléographiques permettent de faire dater les deux bassins du 1v* ou du Ve : la forme de la croix et les bandeaux décoratifs permettent de maintenir cette date.
La lecture de l'inscription a donné deux versions très différentes, Voici celle de M. Dietrich : ERYDATOCANATIAYCONK EIC TONON XAOHC KAGICON, els Témov yAofs cel ue xarecwrvenme, Ênt ÜJôuros avardumetov M UF ce qui ne serait qu'une variation du Ps. xx, 3, dans la version des Septante®, M.,J, Hampel ?T a proposé une autre lecture, plus satisfaisante selon nous : + AEAYAATOC ANATTAVCON A(®I)E IC N(A)JNTON AMARFra
Ce à 2 » l'une-end mb ir Lg *607 BASSINS — BASSUS (SARCOPHAGE DE JUNIUS)* ait été gravée plusieurs siècles après l'exécution du bassin.
Les collections du British Museum contiennent quelques pièces particulièrement intéressantes. Le trésor de l'Esquilin, trouvé en 1793, et remontant au 1V* ou au Ve, comptait parmi les objets qui le composaient un large bassin d'argent avec un pied à douze côtes profondément tracées ; l'espace intermédiaire est plat et gravé légèrement de bandes foliées.
VIHLKAL.SEPT. EVSEBIO ET YPATIO. COSS &. Le préfet urbain, comme beaucoup de ses contemporains, avait retardé le plus possible l'échéance du baptême dont les obligations contrariaient souvent les usages et les exigences de la vie mondaine. C'est au lit de mort que Bassus s'était résolu à recevoir le sacrement, et la date consulaire inscrite sur le sarcophage nous apprend que celui-ci remonte à l'année 359. Sa masse énorme est taillée dans un bloc de marbre de Paros mesurant 243 en longueur sur 1,4 en hauteur. Depuis la gravure donnée par Bosio ?, en 1632, les reproductions ont été en si grand nombre qu'on pourrait éprouver quelque difficulté à les cataloguer si un pareil travail devait valoir la peine qu'il imposerait, mais il n'en est rien. Gravures, croquis, photographies rivalisent d'inexactitude et d'obscurité. On s'en excuse par le manque d'espace et de lumière naturelle dans la crypte qui abrite le sarcophage *. Quoi qu'il en soit, la première reproduction — la seule — pleinement fidèle et satisfaisante, est celle qui a été donnée, d'après une photographie exécutée à la lumière de magnésium, dans Römische Quartalschrift, en 1896, et que reproduit la figure 1460 avec l'exacte fidélité que notre dessinateur a apportée, une fois de plus, dans son travail #. Dès le premier aspect le sarcophage de Junius Bassus frappe par la beauté de l'ensemble et la perfection du travail. La décoration des édifices publics de ce temps n'atteignait pas toujours à cette élégance. Il n’en faudrait pas conclure à une renaissance artistique vers le milieu du IVe, mais il faut savoir reconnaître que le style [du sarcophage] n'est pas aussi dégradé que dans les bas-reliefs de l'arc de Constantin. Suivant la ligne remarquable de d'Agincourt, c'est un exemple ancien de ce qui arrive de nos jours, « Un monument publié entrepris par un artiste que les droits de sa place ou la faveur et l'intrigue ont désigné, est souvent moins bien exécuté que celui qu'un particulier, un amateur éclairé, ne confie qu'à des mains réellement habiles 5, » La face principale du sarcophage n'est pas seulement une œuvre d'art excellente, elle tient dans l'histoire de l'archéologie et du symbolisme une place hors de pair. La superposition de deux ordres architectoniques aussi distincts que l’architrave et le fronton ; l'alternance du fronton et du cintre surbaissé sont des innovations malheureusement restées exceptionnelles pour le plus grand détriment de l'histoire de l'architecture. Seul le sarcophage chrétien d'Asie-Mineure, entré depuis peu d'années au musée de Berlin, peut rivaliser d'importance avec celui de Junius Bassus 5. L'utilisation du tympan situé entre les frontons pour recevoir des figures symboliques, triomphantes, Jésus prisonnier. Jugement de Pilate “renté aux compositions murales du Ve, se et il étendait les bras (fig. 1461) t# ; ici, il porte un x | dent anachronisme.
BASSUS (SARCOPHAGE DE JUNIUS)
| triomphante, Jésus prisonnier. Jugement de Pilate “renté aux compositions murales du Ve, se et il étendait les bras (fig. 1461) t# ; ici, il porte un x | dent anachronisme.
| Typologie und 13 Textbildern, in-4°, Rome, 4900. Cette publication est une autre innovation demeurée également sans influence sur les ateliers de sculpture chrétienne. E la conception originale et franchement rajeunie de plusieurs épisodes bibliques restera également lettre morte. On peut se demander les raisons de cet échec cor et les aller chercher dans ce qu'il y a de spécial. Le sarcophage de Junius Bassus a dû rester à peu connu à raison des conditions d'obscurité du lieu où il avait été placé, car il paraît qu'il a été retrouvé sur son emplacement primitif ou non loin de là ; en outre, la désespérante perfection du travail et la nouveauté des motifs étaient tout ensemble incompréhensibles et inexécutables pour les artistes (de plus en plus malhabiles) de l'industrie du sarcophage à Rome. Voici l'ordre des sujets de chaque registre : 1° Sacrifice d'Abraham. S. Pierre prisonnier.
20 Job, sa femme, un ami. Adam et ve. Entrée à Jérusalem. Daniel et les lions. S. Paul prisonnier. Il est possible qu'on trouve dans le choix et l'ordonnance de ces divers sujets matière à élucubrations et aux plus savantes. Oppositions, répliques, combinaisons sont abandonnées par nous à l'imagination de chacun. Peut-être y a-t-il ici un simple choix d'épisodes qui, paru au grand artiste sculpteur, devoir se balancer équitablement et produire l'effet harmonieux et satisfaisant que nous constatons. On peut, dès maintenant, rendre compte de tout ce que les divers tableaux tiennent d'originalité. Le sacrifice d'Abraham comporte un personnage supplémentaire, étranger au texte biblique et aux compositions analogues sur la fresque et le relief, L'emprisonnement de saint Pierre n'a pas d'analogue. Le triomphe du Christ à peine du sarcophage du Latran$, de même que le jugement de Pilate semble n'être qu’un emprunté à une scène rencontrée ailleurs RS Job et de sa femme a été rencontré à Arles 10 : Ja Hi tion d'Adam et ve à côté desquels se voient une génisse et une toison est également connue ‘1, ainsi que l'enlèvement à Jérusalem ! ? et l'arrestation de saint Paul , La figure de Daniel parmi les lions a été cassée et maladroite ni é remplacée, Daniel était nu dans la sculpture géminement drapé et fait un geste sans signification. Non seulement Daniel est flanqué de deux lions, mais on a même dédoublé le personnage d'Habacuc.
Une remarque qui semble s'imposer, c'est que le sculpteur, en groupant ses compositions, s'est donné la règle d'y introduire trois personnages, et une fois seulement pour Adam et ve, il y a renoncé devant la difficulté. La colonnade qui divise tous ces épisodes est très somptueuse, les chapiteaux sont d'un goût douteux, colonnes à spirales s'en trouvent comme écrasées. | centre les quatre colonnettes ont reçu une décoration — “Nous avons essayé de développer ce point de vue dans n Pt __ BASSUS (SARCOPHAGE DE JUNIUS) — BASTARD 614 6 ince aux de feuillages parmi lesquels jouent des ours. L'architrave du registre supérieur est surd'ornements, les frontons et les cintres sont goût plus sobre et plus pur. Les cintres se rét ingénieusement à une conque dont un filet de ss trace la courbe arêtière. Tympans ont reçu une pastorale des plus gras ét entièrement nouvelle. Il faut l'étudier pour re comple de la distance qui sépare les figures tres du ne et du mr siècle de ces pastoraux ues, d'un faire si original. Nous n'en avons dil mot en étudiant la figure de l'agneau. Voir L 1, 1, fig. 211. Jésus, sous la figure symbolique, remplit différentes fonctions spirituelles. Une première scène nous montre les trois jeunes Hébreux dans la fournaise secourus par l'ange, tous quatre sous forme nue ; ensuite viennent : % Moïse frappant le rocher avec une baguette qu'il tient dans son pied ; Jésus multipliant les pains par l'attouchement des pains avec la baguette qu'il tient dans son pied ; le baptême dans le Jourdain, Jésus accroupi dans l'eau sous la colombe et devant lui Jean-Baptiste lui met le pied sur le front ; 5° Moïse au Sinaï recevant qu'une main divine sortant du nuage lui aple ; 6° Jésus devant l’édicule de Lazare touchant le pied de sa baguette. Malgré la subtilité incomparable du symbolisme de cette espèce, on admire franchement l'imagination et l'exécution de ces petites scènes is lesquelles la moindre des difficultés à résoudre n'a pas été la base anguleuse sur laquelle il a fallu à 2e d'ingéniosité rétablir un f aux équilibre horizonPlus méritoire à coup sûr est la science déployée L figurer des scènes historiques d'une façon toute elle et avec tant de clarté que l'hésitation est impossible un seul instant. Manifestement nous avons ici précieux témoignage de l'indépendance croissante des artistes à l'égard du texte biblique dont ils s'inspirent. Ces six scènes sont autant d'innovations iconographiques, Daniel et ses deux compagnons, le bélier placé par un agneau et l'individu ajouté dans la scène du sacrifice d'Abraham sont des témoignages très l PS dé l'esprit nouveau qui inspire la société chrétienne | = 72 re et les ateliers d'art. de Junius Bassus une œuvre d'art et non un produit industriel. C'est précisément ce qui le distingue des cuves sculptées contemporaines, Celles-ci sont faites plus ou moins au gré des chefs d'ateliers, la cuve du consul est l'ouvrage d'un artiste indépendant, maître de son sujet, de son temps et de sa peine.
Les faces latérales du sarcophage représentent des scènes de vendange et de vie champêtre : nous les avons reproduites et commentées déjà ; il n'y a donc Ce qui, dans cette œuvre, uni que à tous points de vue, frappe plus que tout le reste, c'est la science du métier et le concept artistique bien arrêté, Le sculpteur est encore un observateur de la nature tel qu'il s'en trouvait au IVe, Comme animalier il est presque sans défaut, Les agneaux, les lions et l’ânesse sont des figures d'une adresse consommée. On peut y trouver quelques lourdeurs d'exécution ; el les ne comptent guère à nos yeux, parce qu'el les ne s'opposent pas à l'expression vivante de chaque animal, et au geste qu'il fait à l'instant pour révéler sa vie, Les personnages sont presque tous d'un mérite supérieur. Avant tout il faut rendre hommage aux anatomies. Adam et ve sont des morceaux excellents de simplicité et de force. Quand on songe à ce que deviendra ce groupe sur les figurations monstrueuses de l'époque barbare, on admire plus | encore ce dernier travail d'un art qui va demeurer plusieurs siècles sans rien produire. Il semble que l'artiste ait voulu, dans les tympans, prendre sa revanche symbolique de la conception rigoureusement naturaliste suivant laquelle il a conçu et exécuté les dix bas-reliefs, Un simple coup d'œil sur les scènes du registre inférieur, moins théâtrales, moins convenues que celles du registre supérieur, suffit à convaincre que le maître inconnu qui a sculpté la scène de Job et le saint Paul conduit à la mort est bien l'héritier direct des naturalistes du Ier et du IIe, H, LECLERCO.
BASTAGARIUS (Bxsrayipios), de Basrätw, « porter », ministre ecclésiastique inférieur, dont la fonction principale est de porter dans les processions l'image du saint patron. C'est la définition même de l'Eucologe t : « O Bacrayagios, Fu Baorx Toy rs Enxlnolus dyrov € sed xt Éogracs imiouous. Dans une autre recension des officiers patriarcaux, ce personnage porte le nom de Pestiäpios, mais ses fonctions sont décrites à peu près dans les mêmes termes ? : Desriästos (lire Saorapros), 6 Baorüw rhy dycov al’ Exdorns Énxinoiae elg tie huras val al cac énionuouc Éoprac. L'une et l'autre liste lui assignent le vingt-deuxième rang dans le chœur publié par Goar en appendice à son édition de Codinus, | il occupe le vingt-troisième rang. On ne le trouve point signalé dans les autres documents similaires, Sa fonction est d'ailleurs des plus simples, et l'on sait que l'usage de porter dans les processions solennelles les images des saints les plus vénérés était également assez répandu en Occident. Pour le nom comme pour la fonction, le Buoraydows grec pourrait être comparé, sinon assimilé au bajulus de la cour pontificale dans l'ordo romanus. Rappelons, pour finir, que le mot se rencontre déjà dans Malalas , mais avec la signification | vulgaire de porteur, de courrier.
L. PETIT.
BASTARD (UVRE PALÉOGRAPHIQUE DU COMTE DE). La limite chronologique fixée à nos études ne les rend tributaires que d'une part minime d'un recueil célèbre qu'on a pu qualifier justement d'ouvrage le plus somptueux qui ait jamais été entrepris sur la paléographie en France.
PERRET VAS 6 LS UE |
615 BASTARD (UVRE PALÉOGRAPHIQUE DE) — RRPAN EE
CORRECTION OCR - Chunk 117/299
Rappelons, pour finir, que le mot se rencontre déjà dans Malalas , mais avec la signification vulgaire de porteur, de courrier. L. PETIT. BASTARD (ŒUVRE PALÉOGRAPHIQUE DU COMTE DE). La limite chronologique fixée à nos études ne les rend tributaires que d'une part minime d'un recueil célèbre qu'on a pu qualifier justement d'ouvrage le plus somptueux qui ait jamais été entrepris sur la paléographie en France. PERRET VAS 6 LS UE | 615 BASTARD (ŒUVRE PALÉOGRAPHIQUE DE) — RRPAN EE
léographie et les peintures des manuscrits L, » Ce recueil est intitulé : Peintures et ornements des manuscrits, classés dans un ordre chronologique, pour servir à l'histoire des arts du dessin, depuis le IVe de l'ère chrétienne jusqu'à la fin du xvie. Les vicissitudes de cette publication, dans laquelle on ne sait ce qu'il faut admirer le plus, ou le choix des morceaux reproduits ou la perfection des procédés d'exécution, ces vicissitudes ont eu malheureusement leur contrecoup sur la disposition du recueil demeuré privé du texte explicatif indispensable auquel ne peuvent suppléer en aucune façon les indications laconiques consignées sur les planches. Le maniement et les renvois aux Peintures et ornements se trouveraient, de ce chef, à peu près illusoires si M. Léopold Delisle n'avait entrepris d'y remédier, La Bibliothèque nationale possédant un premier exemplaire composé au moyen des libéralités de M. Bastard, exemplaire « dont l'équivalent n'existait dans aucune bibliothèque publique de l'Europe, » a été enrichie, après la mort du fils de l'auteur, d'un exemplaire qui, pour le choix et le nombre des pièces, ne peut être comparé à aucun autre puisqu'il avait été constitué par l'auteur « en y faisant entrer non seulement toutes les feuillets qu'il avait publiées et dont il avait conservé des épreuves en divers états, mais encore de beaucoup de planches inédites, dont il n'avait élé parfois tiré qu'un ou deux exemplaires et même des modèles qui n'avaient jamais été mis sur pierre %. » La publication ainsi composée comporte « onze grands volumes, qui représentent la forme.
BATANÉE. — Dans le chapitre relatif à la province romaine de Syrie, Ptolémée s'exprime ainsi : Baravaixs Jopas, Fc ar évarohüv h Zaxxala vai rauûrne Unb rù »Aotéauns pos of Tpayewvten : « Agaées. Cette phrase est “ assez obscure par elle-même et malheureusement aucun auteur n'ayant fait mention de Saccaea, on en est réduit à se demander si ce nom désigne une ville ou bien un district. L'emploi de l'article devant le mot Saxxaxta supposer qu'il s'agit d'un district. En outre, cette for rapprochée de Baravaix, semble favoriser l'idée ‘à s'agit ici d'un territoire plutôt que d'une ville. On peut donc hésiter entre les deux traductions suivantes « La Batanée, à l'est de laquelle se trouve la Sac dont dépendent les Arabes Trachonites ; » ou bien « Batanée dans l'est de laquelle se trouve Saccaea à laquelle appartiennent les Arabes Trachonites, » Cette dernière traduction est seule exacte ainsi qu'on s'en convaincre par la découverte d'une inscription à Chéhébé, l'ancienne Philippopolis.
Cette inscription a élé relevée à sa place primitive sur un socle encastré dans un mur, Elle porte ces mots M. 'Ioditov diinroy eûce6r, cûruyf, ccbacrbv Sax ra. Ainsi donc les habitants de Saccaea avaient leur statue ; or, précisément à une heure et demie marche, à l'est de Chéhébé, on rencontre les ruines d'un bourg considérable que les indigènes à Chakka. Porter et Wetzstein avaient proposé d’identifier Chakka avec la Saccaea de Ptolémée ; l'inscription trouvée et lue par Waddington justifie leur conjecture et nous apprend avec certitude que Saccaea était située dans la partie orientale de la Batanée, province à laquelle dépendaient les Arabes Trachonites, Flavius Joséphe mentionne expressément la Batanée comme limitrophe de la Trachonite : romagyix ñ de tévn Baravaia wpibero Gë aûrn + Tpayeovireës 6. mée, il est vrai, regarde la Trachonite comme fa partie de la Batanée. Si Saccaea était située dans la partie orientale de la Batanée de Ptolémée, elle se trouverait donc à peu près au centre de la Batanée moins étendue, de Flavius Joséphe, Or, Ne “ pays qui entoure Chakka porte en arabe le nom de Batarnieh ou « terre de Batanée », Les limites de cette région ainsi désignée sont un peu flottantes, mais en tenant compte de ce qu'on en peut savoir des textes de Pline et de Joséphe et des inscriptions mises à jour, l'accord est fait et on se trouve en mesure de déterminer exactement les limites de la Batanée. Elles sont, à l'ouest, la Trachonite et le sommet de la chaîne du djebel Hauran ; au nord et à l'est, le désert ; au sud, le royaume des Arabes nabatéens.
Saccaea se trouvait à la lisière du désert voisin qui s'étend vers l'est, Au iiie ou au IVe, la possédait un vaste édifice, que les habitants désignent encore de nos jours sous le nom de Kaisariyé, et qui aura dû servir de résidence au commandant romain, peut-être à un procurateur, Euxxrxla ou 'Eaxxotx, le nom fait l'objet d'un débat fut successivement une zwurn considérable, puis une rés, enfin une colonia $, Saccaea fut longtemps siège du quartier-général d'une légion, ce qui explique la présence dans son enceinte d'une population en partie d'origine latine, ainsi qu'on doit le conclure de l'emploi qu'on y faisait de la division romaine du temps.
Saccaea avait son ère particulière dont la date coïncide ni avec l'ère de Bostra, ni avec celle des Leucadiens, usitée aux environs de Damas, Cette ère est faite en 186 et 1837 au Comité de la pe / SEM À « r | 7 à rs di signée expressément dans les inscriptions ! (b Bar | & rh : mcm ; on en fait usage exclusivement dans AYTUNKAITEKEECCIKAIHTTI tes les inscriptions datées. Les inscriptions connues NYTHMETYNAIKI/ EZIAIGN | qu'à ce jour ne permettent pas d'en calculer avec KTEANGNTIOAAAMONHCA | “cision le point de départ. Les différentes dates que MENOC /BACCOCTYMBONE us offre l'épigraphie de Saccaea sont les suivantes : | TEYZENEPICSENECEPMATO D RS Rn TEKNA TETHSOMENON/ AY 7 7 Judia. #5) TAPYNEPOENEMEIONEAIA roux Ur te, Évête. 9°, pavt »Angrlou (= 810, CIKAAONEAEIMEN /KOCMŸ D has v (= 508, indier, 4 | THAG@ANHITYPTONAPITIPE cous the modlews r° (— 310). | « = e chiffre de l'indiction ne permet pas de rapporter c) à la même ère les dates 263 et 310 ; tandis que les dates 568 et 566 peuvent être ramenées à une commune origine.
Ainsi, soit que les copies des inscriptions soient ives, soit que la ville ait eu deux ères locales successivement en usage à un court intervalle, on ne peut avec les éléments dont nous disposons qu'à une nation, Waddington ? avait d'abord pensé pour le commencement de l’ére locale vers le temps de la colonie romaine, c'est-à-dire vers la mière moitié du nie siècle, Le même savant est à 4 tard sur le même sujet, Il fait observer la date de 568 oblige à reporter le début de l'ère à une date ancienne, vers la fin du 1er siècle de l'ère chrétienne, par exemple, à quel que année voisine de la roi Agrippa II, et de l'annexion de la province à la province romaine de Syrie, a devint le siège d'un évêché ; on a trouvé une inscription mentionnant le nom de TIB€PINOY ETIICK ou}, en même temps que de l'ère 518, Il n'y a pas de raison de supposer qu'il s'agisse ici d'un évèque de Hébé ?, Saccaea était assez importante pour posséder son évêque à elle.
Deux autres inscriptions ajoutent deux noms à la liste épiscopale de Saccaea, ce sont ceux de : CEPTIOY OCIGT{4zou] ETTICK[éxou] et de 1OT[ärou] OÉOAGW/ :JOY. Cependant le nom de Caea est complètement absent des listes épiscopales de Le Quien. Waddington a cherché une explication de cette absence dans la possibilité d'un changement de nom, qui aurait fait de Saccaca, la Constantia d'Arabie, mentionnée par Hieroclés et citée au nombre des villes de la province.
Trois inscriptions suivantes étaient encastrées à leur place originale, dans la facade méridionale d'une *| MGOCKEANHTETYNAIFTI /MNHM | TICHETEPON BIOTHC NENPUME NONEAOH/ EYTYXIBACCE/ TEAECEHETOYC THCTON/ OA TOTOIC AFA@OIC MEN XPH MATATOICAEKAKOICEYPH MENOCOAYNAC/ ANAA MINTTAIAACTEEOYCKAIAI AOIHNTTAPAKOITIN/ AEXE OFHPACHNTOCCAAOÏCNO TNIANYMÉH /KAIYY XAC TIPOYTTEMNEIS | CAN@OYCA AAMANEYC / XMT,P@/ BACCOC ABOYPI OIOTONHCA | |
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c) Bäamoc ’Aéouploss novnaxro rois ayabots pv omuata, tofs Ô5 aanoïs eüplaluevos dôuxs« Ada uiv malôés re ous mal aiboiny magdrorris Géyeo ynpaclalvrlals [ëke »A « [éou], réTux vÜun, aai (Yluyxs nooûreure. Gûe Eavbos « Paëcuxvus ‘ xuy-00 » (19 dans Weitzstein)
619 BATANÉE — BATELIERS. « CS
Recois-les, après leur vieillesse dans le séjour d'Hadés, Vierge souveraine [9] Et escorte leurs âmes auprès du blond Rhadamante. Le Christ est né de Marie. [Amen, ( ?}]
Waddington qui le premier a publié correctement ces inscriptions en donne le commentaire suivant ! : « Je crois que ces inscriptions sont l'œuvre d'un chrétien et qu'elles ont été gravées pendant les temps de persécution ou au moins avant la paix de l'Église. Les lettres XMF... paraissent avoir été adoptées ici comme un signe secret de reconnaissance, qui ne pouvait attirer l'attention, L'expression &elfwos beùs n'est pas païenne ; les dernières lignes, où il est question de Rhadamanthe et de l'enfer, sont mal gravées et paraissent avoir été embrouillées à dessein ; car tout le reste de l'inscription est parfaitement clair. [Môsux véuon peut être une invocation déguisée à la Vierge, et il ne manque pas d'exemples d'épithètes et de formules tirées des poètes grecs appliquées à la Vierge dans les inscriptions métriques ; cependant je croirais plutôt que ces deux dernières lignes étaient une concession aux idées dominantes, et il est notoire d'ailleurs que les auteurs d'épitaphes chrétiennes métriques ne se faisaient pas faute d'introduire dans leurs vers le Styx et l'Olympe, les Mânes et les Parques. Il est bien regrettable que l'on ne puisse pas déterminer le point de départ de l'ère de la ville, et la date exacte de cette inscription, qui est un des rares exemples d'un monument chrétien, non enfoui dans une catacombe et antérieur au triomphe du christianisme. »
Si ces textes n'étaient pas chrétiens, les dates qu'ils portent ox=— 71 et pô—109 pourraient se rapporter à l'ère de Pompée (61-69 av. J.-C.). L'indiction, en ce cas, concorderait. Les villes de cette région, Canatha, Crerasa, se reportaient certainement à cette ère. Or, les sigles à la fin des textes XMF, ne sont rien moins que sûrs, au dire de Waddington lui-même, et le texte de l'inscription n'est guère chrétien.
Avec l'ère de Septime Sévère, assez usitée elle aussi en cette région, on aurait des chiffres satisfaisants ; cette ère est de 199/200 : on aurait donc 271/270 et 309/308, mais alors l'indiction donnée ne cadre plus.
Les autres inscriptions de Saccaea sont loin de présenter les mêmes dimensions. Nous allons les passer en revue rapidement. D'abord les inscriptions mentionnant des évêques de Saccaea :
Ainsi qu'il faut s'y attendre, en Syrie l'épigraphie conserve quelques formules liturgiques ; mais, 3 Kôgtos 5 ; — Arà t09 eo (xat) curfplos) Aus X(puoro)d [Elerioes) 5, — Xpue +rûs Sa Lie quons au passage que cette formule n'était qu'une adaptation d'une autre formule, celle-ci pal ‘Apuuv vixû $, trouvée à Soucida, et de »Aug trouvée à Sleim, localités de la Batanée.
La hiérarchie est représentée par quelques titres d'évêques !9, de prêtres !!, de diacres ! ?, d'archidiacres !t A Nela ou Nelcomia, nous relevons, à la date de 49 le nom de l'évêque Dioclès, que Le Quien n'a connu lorsqu'il a dressé ses listes épiscopales. Une autre omission, celle-ci au martyrologe, est celle du t Inus, à Bosana t* et de l'évêque Ménas1 ?, évêque de Bosana, en 573, à l'épiscopat duquel peut se rapporter la craie suivante qui doit être datée entre 566, G-+ F à | TT Tle.. v…. dveveuln À &yter(sen) Éexinala x monvol ro5 vovog Lai orouêts l'ewpylou xai Tio[u] érey éuvdovres var znlv] éyiav totdôav Br : oùôëv Eypl êv Een L.JE6 ( ?) sn Emapyriac t fi l'préw parait être le même mot que ya :re5e, yatrls « pécher », et doit signifier ici « faire un profit » aurait dû y avoir épvuévres.
Enfin, observe Waddington la constatation sur un monument public du serme A Kanatha, au-dessus de la porte d'une maison, di un encadrement, se lit l'épitaphe d'un évêque de Mianopolis. Cette inscription ne porte aucun signe de christianisme ; cette circonstance et la paléographie permettent de supposer que l'épitaphe est antérieure à la paix de l'Église 11 : | couvert accolé à l'église, à en juger du moins par le passage de Mommsen, Manuel des antiquités romaines, traduit par les céréales.
Celui-ci se porta d'ordinaire par quantités moins considérables que les grains parce qu'elles ne donnaient pas lieu aux vastes spéculations d'agiotage. Ainsi au point où s'arrêtaient les moyens de navigation maritime, un autre moyen plus humble, le cabotage et la navigation fluviale trouvaient prêts à faire les déchargements et transports dans l'intérieur. Rome voyait son port d'Ostie, à mesure que les bancs de sable et les alluvions s'y accumulaient, les gros navires, dès le temps du Haut-Empire, étaient contraints de rompre charge à Pouzzo les ; « les chalands prenaient leur cargaison en détail », ainsi faisait concurrence à Ostie.
Les navires venaient déposer leur cargaison à Portus dans le bassin creusé par Claude et Trajan ; les chalands la reprenaient et allaient la remonter le Tibre à demi-chargement. L'encombrement d'Ostie ne fut consommé que vers le v* ou le vi siècle. L'embouchure du Tibre, s'éloigner d'elle de jour en jour | a, multiplier ces exemples pour les différents peuples | dans l'Antiquité, mais il suffisait de montrer par quelques exemples.
— 2 Ps. XLIL — # Mich. vint, 44. — 9 Cf. BAGUETTE, | mée ici par un auteur aussi ancien que Clément Romain : Virga virtutis Dei. Jesus X, venit non in potentia.… sed in humilitate 7 ; et Cyrille d'Alexandrie : vérbum nobis simile factum ad nos venisse ; quod virga homo projecta designat… Virgæ comparat natum a Deo verbum scriptura, quod ab eo omnia firMantur ; alias virga regni est symbolum ; per filiume eine imperal universorum Deus ac pater… vu'ge a que Dei filius… Glaphyr., 11.
L'expression de saint Paulin de Nole : nos invisibili baculo, et salutari virga intus regit 8. D'autres fois, comme dans la mosaïque de Galla Placidia, le bon Pasteur a en main un bâton qui représente la croix, Voir Croix. De Waal en cite d'assez nombreux exemples dans les mosaïques de Saint-Pierre de Ravenne, de Saint-Théodore de Rome, de Saint-Michel de Ravenne.
On trouve aussi le Christ, avec un bâton, quand il va délivrer aux enfers les âmes des On rencontre aussi dans les fresques des catacombes Moïse frappant le rocher avec sa verge, et ce symbole | si expressif de saint Pierre sous les traits de Moïse, On trouve encore, dans certains sarcophages, saint Pierre au milieu des autres apôtres, seul armé du bâton, qui le distingue ainsi et lui donne comme un signe de juridiction.
Un texte d'Honorius d'Autun !t, dum evangelium legitur, baculi de manibus deponitur, Martigny a ll a« r *LEE* 623 conclu à un usage général des fidèles de porter un bâton pour s'appuyer pendant le sacrifice. Mais cette conclusion parait avec raison trop générale, CF, de Waal, article cité. Il faudrait qu'elle fût appuyée par d'autres textes plus anciens.
On trouve aussi le bâton donné comme insigne à l'ange Gabriel annonçant à Marie qu'elle serait la mère du Sauveur, Sur un ivoire de Venise on voit également l'ange qui délivra des flammes les jeunes gens dans la fournaise, armé d'un bâton. C'est dans l'art byzantin que l'on emploie le bâton comme insigne des anges, surtout quand ils forment la suite du Seigneur.
Le moine basilien représenté dans la figure 1463 est un de ces ermites qui vivent dans les grottes à l'imitation des anciens anachorètes, aux environs du couvent de Koziba. Il se rend à pied à Jérusalem avec les sandales sur les épaules, il marche pieds nus. Les deux grandes crosses de bois qu'il porte à la ville sont des meubles liturgiques usités dans le rite grec.
C'est ce qu'on appelle la miséricorde. Comme on doit se tenir debout pendant les longues psalmodies de l'office, on permet aux moines âgés ou fatigués d'appuyer leurs bras sur la miséricorde !. Nous n'avons parlé ici que du bâton. Au mot ChossE et au mot PEDUM, on trouvera les renseignements sur le bâton pastoral qui, en liturgie, a un sens et un emploi très déterminés. au mot Staff. — Kraus, Real-Encyklopädie der christl, Alterthümer, au mot Stab. — Du Cange, aux mots Baculus, Ferula, Peduni, Reclinatorium, Virga.
Voir CROSSE, PEDUM, VinGa. W. Hexny. BÂUMER (D. Surruerr, O. S. B.). I. NOTICE BIOGRAPHIQUE. — Dom Suitbert Bäumer, un des liturgistes les plus distingués de la fin du xixt siècle, naquit le 28 mars 1845, près de Kaiserswerth, dans la Prusse rhénane.
Après avoir étudié le droit et la théologie à Bonn et à Tubingue, il prit en 1865 l'habit bénédictin à l'Abbaye de Beuron, où il demeura jusqu'en 1875, occupé d'études et d'enseignement, Exilé d'Allemagne par le Kulturkampf, l'abbaye de Maredsous en Belgique devint sa résidence principale et il y poursuivit activement ses travaux littéraires et scientifiques.
Rentré à Beuron en 1890, son séjour n'y fut pas de longue durée, car le 12 août 1894 une mort prématurée enleva à la science et à son ordre le docte et pieux bénédictin. IT, CEUVRES LITURGIQUES. — Dom Bäumer avait trouvé sa vocation de liturgiste dans la tradition de l'ordre bénédictin et dans les enseignements de dom Guéranger.
Ses principales publications concernent la liturgie ; il édita cependant aussi des travaux importants relatifs à des questions de patrologie et d'histoire monastique ; tels une étude biographique sur Mabillon : Johannes Mabillon, ein Lebens-u. Literaturbild aus dent XVii. u, xvi. Jahrhundert (1892), et un traité sur le symbole des Apôtres : Das apostolische Glaubensbekenniniss, seine Geschichte u. sein Inhalt (1893). *BATON —* | toire du bréviaire, il suffira d'en indiquer s | liturgie irlandaise, la comparaison avec les _ contemporains et les usages liturgiques de | la matière d'un autre travail :
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5. Dom Bäumer fut, depuis 1888, collaborateur de la rédition du Kirchenlexikon de Wetzer et Welte, vi et vu. Il eut ainsi l'occasion de publier sur divers sujets des monographies fort complètes. Celles-ci ont spécialement pour objet la liturgie et correspondent aux titres : Muninus, Introitus, Invitatorium, Kyrie, Kerk, Kirchensprache, Kreuz, Kreuzerfindung, Krönung, Kreuzigung, Kreuzpartikel, Kreuzes qui regardent les hymnes, les langues liturgiques et ecclésiastiques, la croix et le signe de la croix.
De semaines avant sa mort, l'auteur achevait l'histoire du bréviaire : Geschichte des Breviers, Verzeichnis der quellenmässigen Darstellung der Entwickelung des altkirchlichen und des römischen Officiums auf unsere Tage. C'était là le fruit de longues années de travail : étude des sources liturgiques, recherches dans les principales bibliothèques de l'Europe, coordination judicieuse des matériaux recueillis. L'Histoire du Bréviaire, tout en publiant le résultat de ces travaux, laisse au lecteur de retrouver lui-même les sources.
Ce sujet avait été beaucoup étudié par l'auteur, qui pensait en faire la matière d'un ouvrage spécial. S'il ne résout pas la question tout entière, au moins fait-il avancer la solution ; il réfute la théorie selon laquelle l'origine du Cursus romanus devrait être assignée au xe et au XIe, et établit au contraire que la liturgie grégorienne antérieure est à l'épanouissement de la liturgie romaine.
À remarquer aussi l'action de Grégoire VII, initiateur du mouvement en vertu duquel le rite de la messe papale fut plus tard, grâce aux Franciscains, adopté en tous lieux.
Le chapitre consacré au bréviaire cardinal Quignonez est enrichi de renseignements intéressants et inédits.
Le IIIe livre traite surtout du bréviaire de Pie V et des réformes qui ont été introduites au XVIe.
A noter entre autres le projet de réforme étudié sous Benoit XIV.
Dans cette partie, la clarté et la précision des détails étaient évidemment plus difficiles à atteindre que dans les précédentes.
Le mérite le plus important qui se dégage de tout cet ouvrage, c'est que le bréviaire de Pie V reproduit les lignes essentielles de l'office du Xe, qui à son tour n'est que l'abrégé de celui du VIIe, résultat lui-même de la réforme grégorienne sur une liturgie déjà préexistante à Rome.
Cette Histoire du Bréviaire qui renferme de si considérables recherches a été traduite et complétée par dom K. Biron, qui considère le P. Bäumer comme « un des rares liturgistes de ce temps, pour ne pas dire le seul, qui par sa préparation, son immense érudition et son sens historique très exercé, était en mesure de l'écrire ».
Voir Sax Vatronino.
BÉATITUDES (LITURGIE DES). Voir JrAx CUNVSOSTOME (LITURGIE DE).
BEAUTÉ.
Il n'est personne parmi les anciens qui n'eût souscrit à cette sentence d'un philosophe : « La femme qui n'a point la beauté manque sa destinée ».
Mais la plupart ne se seraient pas contentés de cette réserve, car ils appréciaient la beauté autant dans l'homme que dans la femme.
Accipe, ô juvénis puella, consilium pulchritudini tuae, alique juventuti tuae necessarium, et cessa ab hac confessione et sanctissimae Dianae sanctifica. Doleo sane quod haec pulcherrimi oris species tormentis uleri subjiciatur, ait que inter lictorum manus pereat. Judex dixit : Cognoscens te ingenuam esse et parcens speciei tuae, misereor tui.
Cette énumération n'est pas limitative, car nous voyons à côté de pièces dignes d'attention, des rédactions tardives et légendaires ou de purs romans retenir ce trait d'un sentiment si antique. C'est ainsi que l'empereur fait épargner les Sept Dormants d'Éphèse à cause de leur beauté, tandis que les gens de police touchés de l'éclat du visage de sainte Cécile la supplient de ne pas livrer tant de splendeur à la mort, et un juge fond en larmes à la vue de sainte Thècle amenée nue dans l'amphithéâtre. Le roman de sainte Barbe montre le juge s'extasiant devant la beauté de la sainte, tandis que le roman de sainte Eudocie, courtisane de Samarie, nous conserve le dialogue suivant : « Par le seigneur Soleil, dit le gouverneur en voyant Eudocie devant son tribunal, j'hésite à mettre à mort cette femme ; elle rayonne, comme lui, d'un éclat divin et je ne sais que dire. » L'assesseur répond : « Ta Grandeur croit-elle que la beauté lui appartienne ? N'en sois pas surpris, tu comment les démons se jouent à embellir les leurs ? Tous ces charmes d'emprunt disparaissent avec eux. »
Enfin, trait non moins curieux, la beauté d'une raison de ne point appartenir au christianisme. « N'as-tu pas honte, dit un juge à saint Julien, de t'attacher au vil nom de mort sur la croix, avec un noble et charmant visage ? » Les textes qu'on vient de lire ne nous montrent que les sentiments des païens à l'égard de la beauté humaine. Les chrétiens, de leur côté, ne s'y montrent pas insensibles. Cette vana pulchritudo leur rappelait le psaume qui leur remettait en mémoire le caractère périssable de la beauté, l'irréalité de ceux qui s'y attachaient avec excès ; mais les chrétiens ne pouvaient demeurer insensibles à une peur physique qui est comme l'opulence de la beauté divine. Aussi rencontrons-nous quelques textes où nous allons, parmi beaucoup d'autres, les citer ici.
Hermas nous raconte, en commençant son livre, un gracieux épisode de sa jeunesse, « Mon maître me dit à une dame romaine, Un jour, j'assistai lorsqu'elle prenait son bain dans le Tibre, je lui tendis la main pour l'aider à sortir du fleuve. Et l'ayant prise, je me pris à songer : « Je serais heureux si je pouvais avoir une épouse aussi belle et aussi pure. » » À Saint Augustin, dans son sermon cexLute, prêché à l'occasion de la fête de Pâques, entame une description du corps humain à propos de la résurrection. C'est une page qui paraîtrait peut-être déplacée parmi les délicatesses de notre temps, mais que nous ne pouvons omettre de citer. L'évêque décrit l'état de l'humanité après la résurrection : Erunt ergo omnia integra, etiam quae hic pudenda sunt, sed ibi non erunt. Non ibi erit solicitum iniogr toit ubi non erit libidinis dedecus.
Ecce etiam ! omnium quodan modo nostrorum operum nec male est ; quae necessitas non erit ; tamen nihil aliqua quae Deus posuit in corporibus ad usus, sed ad solum decus. Jamdudum per nu currebam ; el nunc ea paulo nr és Oculos habemus ad videndum, aures ad audiendum, nares ad olfaciendum, os et linguam ad loquendum, dentes ad mandendum, guttur ad vorandum, chum ad suscipiendum et coquendum, intestina ad traiiciendos cibos ad ima, et illa quae pudenda appellantur, vel ad egestionem, vel ad generationem. Operandum manus, ad ambulandum, pedes, quis usus, nisi sola est pulchritudo ? Quare Deus babam creavit in homine ? Nesciem video, on quero.
Apparel foeminae quare habeant ubera, ut parvulos lactent : mammillas viri quare habeant ? Interroga usum, nullus est : interroga speciem, decus mammillatum pectus et virorum. Virili pectori manum sanct.
Le repose ici, enfant, avant pris ma part de la vie, emier-né d'un père plein de douceur et d'une mère pleine de beauté, n'ayant que deux années, aimé de Dieu, doux, né un jour de dimanche, infligeant (par sa mort) la douleur à mes doux et bons parents.
Une épitaphe romaine rappelle dans un langage bien informé la beauté d'une défunte : LAURENTIVS AVFINE COIVGI DEI ANCI... JDOMINA COIVGIS IVEIVS ISPECIES ET... JORANI ET BENINITAS IN PACE. Une autre épitaphe romaine, datée de l'année 526, et malheureusement très fragmentaire, porte, entre autres mentions, ces mots : + +. « + + -SPECIOSA ADULTA,
Trois autres épitaphes nous conduisent dans les Gaules. À Lyon, en 447 : hic] IACET DECORA MERCVRINA Off VIXIT ANNOS XX OVIIT XIII KAL MA 5 IAS VIGELIA PASCE CALIPIO VC CONS. À Aix, en Provence, une inscription à laquelle nous avons déjà fait allusion en étudiant le symbole de l'agneau, et que nous allons transcrire ici intégralement : *+ INDOLIS : HIC : IACIT - HE4+V ECCE : SEPVLTVS : CVNCTIS : KARVS EXOSVS NON : NISI-MALIVOLIS : VOCITATVS 19 INVITA NEC : INMERITO-NAM TVO SIC-MVNERE-CRISTE : DEXTRIS-TIBI : NVNC FIDE PRAVDENTIA‘ERAT-PRAEDITVS- : FORMAQYE -DECORVS. NISI-CVM BONITATE-FIDEM :* PVLCER ET INNOCVVS : PIA SEMPER MENTE-PROBATYS LVGEMVS-TE-MISERANDE-PVER QVIA ‘BREVE-OMNE-QVOD-BONVM : EST 25 + OBIIT E‘SAECVLO - ASTRA : PETENS : DIE-TERTIVM.NONAS : IVNIAS. QVOD EST : INDICTIONE PRIMA +.
Enfin, dans la Viennoise, à Lusinay, en 606 : *IN HUNC TOMVLO REQVIESCIT IN PACE qu pe 5 BLANDA VTIEJLES CAV TA QVI VIXIT AN NVS PLVS MINVS VIII OBIET KAL SEPTE BRS*, et en Espagne, une épitaphe sur laquelle nous reviendrons ailleurs : Hie recubat eximius Samuel inlustrissimus Elegans forma decorus statura celsa commodus.
Plusieurs épitaphes chrétiennes portent des outils de travail. Un des plus facilement reconnaissables est la bêche, binaliuni, munie, un peu au-dessus du fer, d'une barre transversale sur laquelle on posait le pied au lieu d'appuyer sur le fer même. Cette disposition offrait l'avantage d'enfoncer l'outil à la profondeur qu'on voulait suivant que la barre était placée à une hauteur plus ou moins grande.
BONONO MEMLSSMO. CDN VCICASTOR à disposilion offrait l'avantage d'enfoncer l'outil à la profondeur qu'on voulait suivant que la barre était placée à une hauteur plus ou moins grande, à qui sa femme souhaite de vivre dans le sein de Dieu : une bêche indique la condition du défunt (fig. 14) sous le nom de Béde. Le opere in prosam lranstuli ; Librum vitæ et pas H. LECLERCO. u BÈDE LE VÉNÉRABLE. I. Autobiographie et œuvres. I. Homéliaire, 1TE. DONS [V. Cale martyrologe poétique d'Achery, V. Béde sur divers sujets. Fe. 1. AUTOBIOGRAPHIE ET UVRES. — La science du Vénérable Bède lui avait attiré de son vivant même une grande réputation et ses nombreux ouvrages comptent parmi ceux que le moyen âge a le plus lus et copiés, mais rien n'est plus simple que sa vie. La courte notice suivante placée par lui, avec le catalogue de ses œuvres, à la fin du livre de son Historia ecclesiastica gentis Anglorum reflète parfaitement le calme, la douceur et l'incessant labeur de son existence tout entière écoulée à l'ombre du cloître de Jarrow : Hæ Historia ecclesiastica Brittaniarum, et maxime gentis Anglorum.…, Domino adiuvante, digessi Bæda famulus Christi et presbyter monasterii L Lui Apostolorum Petri et Pauli quod est ad Viuræmuda. Qui natus in territorio eiusdem ve »2 sterti, cum essem annorum VII, cura propinqui in datus sum educandus reverentissimo abbati Benedicto dicto, ac deinde Ceolfrido ; one, Les pus vilæ in eiusdem monasterii habitatione omnen meditandis Scripluris operam dedi ; 6 ‘que inter observantiam disciplinæ regularis el cotidia= am cantandi in eécelesia curam, semper aut dis c aut docere, aut scribere dulce habui. XVIII autem meæ anno diaconatum, XXX gradum presbyterii per ministerium reverentissimi episcopi Johannis, iubente Ceolfrido abbate suscepimus. Ex tempore accepi presbyteratus usque ad annum etatis meæ LVI, hæc in Scripturam sanctam meorum que necessitali ex opusculis venerabili Patrum breviter adnotare, sive etiam ad fontem alius interpretationis eorum superadicere. In principium Genesis, ete. : Omeliarum Evangelii libros II, À Ltent ibrum epistularum ad diverses : quarum… lé radione Bissexti una ; de quinoctio tucta Anatobium LCR, ltem de historiis sanctorum : Librum vitæ et passionis sancti Felicis confessoris de metrico sancii Anastasii, male de greco translatum, et pe “4 a quodam inperilo emendatum, prout potui, ad entsut Ccorreri….
Martyrologium de nataliciis sanctorum martyrum et celui de Jarrow en 682 seulement, Béde né très probablement en 673 s'exprime donc très justement en écrivant in t Foro La tradition locale est qu'il naquit sur le terrain de Jarrow, — * Mort à Wearmouth, le 25 septembre 716. diebus, in quo omnes quos invenire potui, non solum qua die, verum etiam quo genere certaminis, vel sub quo iudice, mundum vicerint, diligenter adnotare Librum hymnorum, diverse metro sive rhythmo.… - De Natura rerum et de Temporibus libros singulos. Liem de Temporibus librun unum : maiorem….
… Te que deprecor, bone lesu, ut cui propitius don benignus aliquando ad te, fontem omnis saNæ, pervenire, el parere semper anle faciem L'Histoire ecclésiasti que ayant été achevée en 74, on déduit de cette note que Béde a dû naître en 673. Sa mort arriva le 26 mai [735]. Cette date parait attestée par une lettre d'un témoin oculaire, son disciple Cuthbert !. Nous n'avons pas à nous élendre ici sur les vuvres trés variées de Béde, On en trouvera une liste criti que en tête de l'édition de l'Historia ecclesiastica par M. Plummer ?, Les opuscu les sur la Pâ que, noxe et les saisons, ainsi que le grand traité De wibus dont nous avons relevé les titres dans l'Inus opérum seront cilés aux artic les et : (Controverses sur la), Les compositions hagioques de Bèéde, au moins en ce qui concerne l'époancienne, ne sont qué des remaniements, Enfin enticité des hymnes publiées sous son nom est contestée +. Nous ne retiendrons donc que l'Honréliaire et le Martyrologe auxquels nous joindrons, mais pour ‘epousser leur attribution à Béde, le Martyraloge oéti que de d'Achery et certains calendriers.
IT. HoméëLiaime. — Bède, nous l'avons vu, signale lans la liste de ses propres œuvres, un homéliaire sur es Évangi les, en deux livres, Paul Diacre # nous apprend si verba luæ scientiæ dulciter haurire, dones | le son côté que le recueil se composait de 50 homé| destinées aux lectures de l'Office de nuit : el les ont été composées en vue de la messé, Au point de vue liturgi que, leur intérêt provient de ce qu'el les représentent une ordonnance des péricopes évangéliques différente _ de celle dont on peut suivre les tra ces dans la liturgie romaine depuis saint Grégoire, Comme dom Morin l'a fait observer, el les se rapprochent souvent du système dont témoigne l'Évangéliaire de Lindisfarne ou de saint Cuthbert « V, lequel représente, comme on le sait, la liturgie apportée de Nap les en Angleterre par les mis- | Sionnaires du pape Vitalien en 668 11,. Voici, d'aprés la restitution et les notes de dom Morin, la liste complète de ces péricopes, avec l'indication | des princip aux rapports qu'el les présentent avec l'Évangéliaire de Lindisfarne (= L), le lectionnaire gallican (= G), le missel de Bobbio (— FB\etle Liber comicus de Silos (—£). Nous 1joutons un astéris que (‘) devant cel les qui différent de l'usage romain, de manière à les faire reconnaître plus facilement,
LIVRE I
+ Marc, 1, 4-8, Une des féries de l'Avent.
. ‘Jean, 1, 1548, Méme destination, Matthieu, 1, 18-21, Vigile de Noël.
Lue, 11, 144, Noël, première messe.
Luc, 11, 15-20, Noël, seconde messe.
Jean, 1, 1-14, Noël, troisième messe.
. Jean, xx1, 19-24. $. Jean l'Évangéliste.
Matthieu, u,13-3. SS. Innocents.
Luc, 1, 21. Circoncision [Octave de Noël.
Matthieu, 11, 1347, Messe de la nuit de l'Épiphanie, Cf, L, dr. Jean, xt, 1-15. Jeudi-saint.
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LIVRE IT
| *Homélie pour la fète de saint Benoit ; ci P, L., t, xcv, mm. #4 = PL rt : dr.
Es nn de 4. Matthieu, xxvin, 16-20. Vendredi de Pâques. 5. Jean, xvi, 16-22, Troisiéme dimanche après Pâques. 6. Jean, xvi,515.Quatrième dimanche après Pâques. 7. Jean, xvi, 23-30. Cinquième dimanche après Pâques.
8. Lue, xt, 9-13, Rogations.
9, * Luc, xxIV, 43-53. Ascension. Cf. L. B, G, 10, Jean, xv, 26-xv1, #. Dimanche apres l'Ascension.
41. ‘Jean, x1v, 15-21. Pentecôte, Cf. L. 8, G.
1%. Jean, ur, 1-16. Octave de la Pentecôte.
13. Lue, 1, 517. Vigile de S, Jean-Baptiste.
15. * Matthieu, xvt, 1319. Vigile de S. Pierre. Cf, L.
16. “Jean, xxt, 15-19, Fête de $. Pierre. Cf. L.
17. Maithieu, xx, 20-%5, $, Jacques le Majeur ?
18, “Matthieu, x1V, 1-12, Natale (Décollation) de $, Jean-Baptiste, Cf. L. 8. G.
49, “Jean, x, 22-30. Dédicace.
20, “Luc, vi, 43-48, Diédicace, 91. Matthieu, 1x, 9-13. Saint Matthieu.
329, Jean, 1. 95-42, Aujour d'hui, vigile dé S. André, 93. Luce, 1, 26-38. Mercredi des Quatre-Temps de décembre.
Les seu les homélies qui paraissent faire difficulté dans cette liste sont la 19% et la 20< du deuxième livre, consacrées à la solennité de la Dédicace. Leur situation entre la fête et la Décollation de saint Jean-Baptiste, au 99 août, et celle de saint Matthieu, au 21 septembre, ne s'accorde pas avec la date de la dédicace de saint Paul de Jarrow, 23 avril, connue par une inscription dont nous donnerons le texte plus loin ; mais ii ne semble. pas que ce soit une difficulté capitale, En tout cas, nous pouvons relever près de là, dans l'Initium de la 18e hocoïncidence avec un passage souvent cité sous le nom d'Adon qui l'a inséré dans son martyrologe ?, mais appartenant en réalité au commentaire de Bêde sur saint Marc, 11, 6 : Et propterea quod in libro sacramentarum, Natale eius [sc. lohannis Bapltistæ| quarto kalendaruni septembrium denotatum est*. Il résulte de ce texte, tout à la fois que Bède usait d’un sacramen- | taire où la Décollation de saint Jean-Baptiste figurait au 29 août, ce qui est un indice que ce sacramentaire appartenait au type gélasien, et en outre que ce livre, au lieu de porter comme la plupart des autres documents appartenant au même type : Passio ou Decollatio $, lohannis Baptistæ®, portait Natale comme l'Homélinire.
Happelons à ce propos deux autres lextes de Bèéde qui ont été cités dans l'un des artic les précédents 6, au sujet | inolevit, ut his qui catechirantur quatuor Eve plètement disparu des grégoriens. De là encore il résulte néanmoins ils n'ont pas atteint complétement le but. mélie de ce même deuxième livre : Natalem, fratres | | carissimi, beali lohannis diem , une remarquable | | deux Palatini 834 et 835 de la Bibliothè que Vatici | seule la première rédaction de la préface est au de la tradition des Évangi les dans la liturgie Pulcher ae sal, bris in Ecclesia mos ar » r'um sacramentunt explanetur, ac recitenturexordia ?. Et ailleurs : Unde pulcher in ipsa Ecclesia mos c quitus inolevit, ut his qui catechirandi et christi sunt sacramentis iniliandi, quattuor Evangelio. principia recitentur, ac de figuris et ordine ecrum in aperlione aurium suarum solerter crudiantur, Comme dom P. de Puniet le fait remarquert, l'E} px sitio Evangeliorum à laquelle ces textes font allx À est propre aux sacramentaires gélasiens 1 et elle a comque Bède usait de livres du type gélasien 11, II, MAARTYROLOGE !, — Nous avons rapporté plus has le témoignage de Bède sur son propre martyrologe. E ce texle il résulte que cet ouvrage appartenait à L catégorie des martyrologes historiques. Adon et Usuards auteurs de trav aux analogues au 1x' siècle, ajoutent ce. trait caractéristi que : Béde avait laissé un certain nombre de jours vi des dans l’année. Adon déclare, en effet, avoir travaillé ut supplerentur dies qui at Le, € nominibus martyrum, in martyrologio quod venera= bilis Flori studio in labore domni Bedæ accreverc lantum notati erantià, Usuard a été stimulé } l'exemple de saint Jérôme et de Bède : quorum p brevilati studens, alter quamplures dies intactos relinquens, multa inveniuntur huius operis etre nécessarba L+, Le premier essai d'édition du martyrologe de | tenté à Bâle en 1563 et reproduit dans les PAS plètes publiées à Cologne 15, ne répond en rien aux criptions laissées par Adon et Usuard ; tous les jours dé l'année y sont largement remplis. De fait, ce texte est très récent et d'origine allemande 1#. Henschenius € 3 ! ; Papebroch ont beaucoup mieux réussi dans leur édition placée en tète du tome 11 de mars des Acta sanctorum 114 Leur texte est loin d'être pur : il représente, non pas : } martyrologe de Florus (voyez ce mot), comme le voulait Du Sollier 18, mais un exemplaire de ce que nous allons. désigner sous le nom de seconde famille des manuscrits du martyrologe de Bède.
Les manuscrits du martyrologe de Bède sont a nombreux, Les princip aux sont le Sangallensis 451, le Veronensis Lxv, l'Ottobonianus 313 et le Mo he sis 15818, tous du 1x° siècle. Ces manuscrits se divisent en deux famil les dont la seconde n'est qu'un dérivé e la premiére, mais un dérivé qui augmente de pre double le nombre des simp les mentions de saints ou d fètes intercalées au milieu des noti ces historiques qi forment le fond de l'ouvrage. C'est ainsi que pour le mois de janvier, par exemple, les deux famil les sont d'accord pour nous donner successivement les noti ces des SS. Almachius, Antère, Paul ermite, Salvius, Hilairey “Dans sa préface au Martyrologe d'Usuard, au tome vr de, x de Noke, Marcel, Speusippe, Éleusippe et Méleui Fabien, Sébastien, Marius, Marthe, Audifax et | : 3 Agnès, Anastase, Émérentienne, Polycarpe, Papias ét Maurus, tandis que sur le terrain des simp les ientions la division s'opère :
LL 11
L+ JAN. Octave de Noël. KL. JAN. Octave de Noël. e 111 NON. Ste Geneviève. vUL 1, Épiphanie, iv 1D. S. Melchiade. XVI KL. FER. $. Antoine, XV KL. Ste Prisca. | x1 KL. $. Vincent diacre. x KL, $. Timothée. ix KL, S. Timothée, » S. Babylas. » S. Babylas.
» Ste Sabine. VIII KL. S$. Grégoire.
# S. Préject. v KL. St Agnès de naltivilale. p. Épiphanie, vin. S. Melchiade, KL. FEB. $. Antoine.
1 KL, 5, Grégoire. rue il est facile de le voir à la simple inspection e ces deux listes, l'augmentation de la seconde famille ovient en grande partie de l'introduction au martyroe du Sanctorale d'un sacramentaire du type grégoci Ce travail d'augmentation a dû se produire en Frai ince, dans la seconde moitié du vise siècle !. Il va de meilleur est le Sangallensis 451) peuvent prétendre à er ‘senter l'ouvrage de Bède tel qu'il est sorti de ses mains. Et cependant il faut observer que ces manusci ils eux-mêmes renferment aux nones de juin ls men- + L du martyre de saint Boniface survenu en 755, c'està vingt ans après la mort de Bède ; mais comme a forme même de cette mention indi que nettement son reste à Bède ?, Le texte commence, sans préface, au 1 janvier : AL. [aN. Octabas Domini ; et natale Alamachi qui, ju bente Alypio, Urbis præfecto, cum diceret : hodie p avæ dominicæ diei sunt, cessate à supérstitionibus olorunt et sacrificiis pollutis, a gladiatoribus hac de usa Fire est, La finale au 31 décembre : Prin, x. Depositio sancti Silvéstri episcopi ; et pasMiperatore, quæ, superato igne, cæsa est. Le nombre les noti ces proprement historiques, c'est-à-dire de el les qui, au nom du saint, joignent un court résumé lé sa passion ou de sa vie, s'élève au chiffre de 114. aines diflicultés d'établissement du texte ne permet- : 1 t pas actuellement de fixer leur nombre pour les _# its de la première famille, mais on peut le er pour la seconde famille où il est de 144. Le mbre des jours demeurés vi des dans cette seconde Lin “ de 181.
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Les simples mentions sont généralement empruntées au martyrologe hiéronymien ou aux livres liturgiques. Quelques-unes paraissent avoir une source grecque, pour la composition des notices historiques, Béde a eu à sa disposition une cinquantaine de passions ; la plupart sont actuellement conservées dans la même rédaction ; pour deux ou trois seulement (en particulier pour une Passio S. Victoriæ), il parait avoir utilisé une recension différente de celle que nous connaissons. Ces passions sont le plus souvent de caractère additionnel, il n'y a pas de raison de refuser les simples mentions de saints ou de fêtes, certaines mentions de martyrs romains (Agnes, Alexandre, Anastase, Cécile, Césaire, Calliste, Corneille, Félicité : Gallican, Laurent, Marcellus, Marcellin, Marius, Pancrace, Sébastien, Sylvestre, Symphorose, Valentin), ou des textes concernant des saints célèbres (Agathe, Apollinaire, Cassien, Clément, Cosme et Damien, Cyprien, Cyprien et Justine, Eulalie, Euphémie, Félix de Nole, Janvier, Lucie, Sébastien, Perpétue et Félicité, Phocas, Procope, Scillitains, Thècle, etc.) et enfin quelques passions de saints français dont il est facile de saisir le rapport avec Langres où était mort l'abbé du monastère de Bède, Céolfrid (Andoche, Benoît, Ferréol et Ferrution, Speusippe, Éleusippe et Méleusippe). Bède n'oublie pas les saints anglais, ni ceux qui ont eu des rapports spéciaux avec l'Angleterre : SS. Alban, Augustin, Cuthbert, Édiltrude, Éwald, Germain d'Auxerre, Grégoire pape, Loup de Troyes, Mellitus, Paulin d'York ; mais il est à noter que c'est à tort que l'on a vu en lui un témoin du culte de saint Patrik ; la mention de ce saint est absente de son texte ; elle n'apparait que dans les manuscrits de la deuxième famille.
Outre les sources strictement hagiographiques, Bède emploie un certain nombre d'auteurs ecclésiastiques, les mêmes que nous le voyons exploiter dans ses autres œuvres, en particulier dans ses Chroniques : saint Cyprien, saint Jérôme, Gennade, saint Augustin, Possidius, Paulin, Prosper, l'Histoire ecclésiastique d'Eusèbe traduite par Rufin, le Liber pontificalis et le Martyrologe hiéronymien. De ce dernier ouvrage, Béde a eu entre les mains un exemplaire très voisin de l'Epternacensis ; il est à noter qu'il lui a emprunté les mentions des saints Socrate, Étienne et Auguius présentés comme Anglais, avec la même confiance qu'il a, pour son Histoire ecclésiastique, puisé dans le Liber pontificalis, l'histoire du prétendu roi breton Lucius.
La manière dont Bède exploite ici ses sources est, en effet, la même que dans ses autres ouvrages ; c'est le même soin, la même exactitude, le même art dans l'agencement des mots empruntés aux documents qu'il résume. Nous donnons ici deux exemples de ses extraits martyrologiques. Ce sera une occasion de montrer combien les notices des martyrologes historiques sont dépendantes de textes qui, le plus souvent, sont conservés dans la rédaction même qui a servi aux compilateurs anciens, et combien on aurait tort de s'en servir comme de documents ayant une valeur propre : hagiogr. lat., 8460).
Fus à paganis ac virgis cæsus et post diuturnam cædem custodiæ mancipabantur ; cum superari non posset, media noctis silentio et tectus de carcere decollatus est iussu Furiosi Placidi, Urbis præfecti. Tunc Proculus, Ephebus et Apollonius discipuli eius transferentes corpus in suam ecclesiam Interamnanæ urbis noctu, sepelierunt : urbi cum quotidianis vigilis incubarent, atque virgis cæsus, compellebatur sacrilegare deæpatum. Videntes autem eum constantiorem fieri...
Fêtes diverses, (Notons pour finir que les deux fêtes de saint Michel au 29 septembre, le Natale sanctorum Martyres au 13 mai, et la Toussaint n'apparaient que dans les manuscrits de la seconde famille.)
La diffusion du martyrologe de Bède a été assez grande au moyen Âge, au moins jusqu'au moment où le tyrologe d'Usuard triompha presque partout. Les inscrits que nous en possédons proviennent pour la plupart de la France, de l'Allemagne et de l'Italie. Dog à Rome est attesté par plusieurs exemplaires qui ont appartenu à des monastères de la ville (Sainte-Marie en Via Lata, Saints-André-et-Sabas, Saints-Dié-et-Grégoire) et à une basilique (Sainte-Marie-Transtévère) ; mais cet usage n'a pas eu le caractère que De Rossi lui attribue, et, à Rome même, partout, le martyrologe d'Usuard l'a emporté dès qu'il a été connu. À Saint-Pierre, en particulier, et tout à fait à ce que pense De Rossi, Usuard a été préféré, tandis qu'il n'est nullement certain que l'autre y ait jamais été employé.
Il est vrai que le martyrologe de Bède a reçu du fait de ses dérivés et sur ces dérivés eux-mêmes, voyez les articles LYON (MARTYROLOGIE DE), FLORUS, RUAN, et MARTYROLOGES, une diffusion plus large encore. On trouvera également dans ce dernier une note sur un martyrologe historique dont il a peut-être fait usage pour la composition du sien.
SOUS LE NOM DE BÈDE. LE MARTYROLOGE POÉTIQUE DE D'ACHERY. — Il n'est pas rare de voir des calendriers portant le titre de Martyrologe. Le C'est le cas d'un calendrier de Freisingen édité par M. Lechner, d'un autre de la Trinité de Venise publié par le P. Zaccaria, d'un autre publié par le même éditeur d'après un manuscrit de la Laurentienne de Florence. C'est le cas aussi du Libellus annalis domini Bedæ presbyteri tiré des mémoires de Jérémie, de Samuel, de saint Barbe, de la Croix : Invention et Exaltation, la Dédicace de Bède. On trouve aussi le nom de Bède en tête d'un calendrier milanais cité par M. Magistretti. Tous ces calendriers — on en trouverait d'autres encore : voyez le ms. lat. 21557 de la Bibliothèque royale de Munich et le ms. XC de la Capitulaire de Vérone — ont en général pour fonds une analyse plus ou moins complète du martyrologe de Bède, mais ils n'ont pas de titre à être attribués directement à cet auteur, car ils dérivent d'exemplaires de son texte appartenant à la seconde famille, et, par suite, déjà fortement interpolés. Dom Martène a publié un calendrier de Fleury avec mentions de saints anglais et il a proposé de l'attribuer à Bède, mais là aussi nous trouvons les interpolations des manuscrits de la seconde famille.
Mais le plus connu des calendriers attribués à Bède est un calendrier en vers : le martyrologe poétique publié par dom d'Achery d'après un manuscrit de Saint-Remi de Reims. D'Achery avait été frappé du nombre des saints anglais qui s'y trouvent inscrits. Une mention de dédicace insérée au 5 des calendriers de mai lui paraissait pouvoir s'appliquer à l'église de l'abbaye de Jarrow. Enfin, la date mortuaire du plus récent des personnages mentionnés dans le texte, Wilfrid II d'York, n'aurait été postérieure que d'un an à l'achèvement de l'Histoire ecclésiastique des Anglais (731), antérieure, par conséquent, de trois ans à la mort de Bède lui-même (735). Ces raisons faisaient visiblement pencher d'Achery vers l'attribution du morceau à Bède, d'autant plus que le titre de l'unique manuscrit connu de lui était très affirmatif : Incipit martyrologium quod Beda heroico carmine composuit.
Le P. du Sollier, dans la préface de son Usuard, y est revenu et a proposé de voir dans ce texte, sinon une œuvre authentique de Bède, du moins une adaptation du martyrologe en prose composé par cet auteur et un critère commode pour dégager cet ouvrage des additions qu'il aurait reçues par la suite. De là l'importance qu'on a attachée au martyrologe poétique de d'Achery.
Nous analyserons brièvement ce document ; on verra qu'il ne peut en aucune manière être attribué directement à Bède, ni même prétendre à représenter un état plus ou moins ancien de l'œuvre de celui-ci. Notre analyse s'appuie sur le texte tel que nous l'avons établi au moyen de manuscrits meilleurs que celui de d'Achery et dont les principaux sont le ms. lat. 9452 de la Bibliothèque nationale et le ms. S. 39 sup. de l'Ambrosienne de Milan.
Janvier.
1, Circoncision.
6, Théophanie,
10, S. Paul ermite,
17, S. Antoine.
20, S. Sébastien.
21, Ste Agnès.
99, S. Anselme,
Février.
1, S. Polycarpe.
Sur ces neuf noms, cinq appartiennent à des archevêques d'York et, si l'on observe leurs dates, une chaîne ininterrompue de la première moitié du VIIe, au milieu du VIIIe. Un seul nom dans ce curieux catalogue épiscopal : celui de Ceadda, par lequel Wilfrid le fut, pendant plusieurs années, supplanté. Ceadda est, d'ailleurs, mort à York.
Corrélativement à son absence, on remarque la présence de Tatbert, le parent et l'ami fidèle de Wilfrid, qui en fit le prévôt de son monastère de Ripon. Il résulte de là que si le martyrologe poétique de d'Achery ne peut pas être attribué à Bède, il a moins son intérêt comme calendrier-obituaire, soit d'York, soit de Ripon. Il serait intéressant de savoir si, dans l'un de ces deux endroits, la tradition s'est perpétuée.
Notons ici, en passant, quelques points particuliers intéressants pour l'étude de Bède. Bède cite les classiques, il connaît le gréco-latin du texte occidental du livre des Actes, qui très probablement n'était autre que le Laudiant. On sait que l'Amiatinus de la Vulgate provient du milieu monastique auquel il appartenait. Ce que nous avons vu plus haut au sujet de son Homélie donné à penser que peut-être il avait eu entre ses mains le célèbre Evangéliaire de Lindisfarne, saint Cuthbert, ou tout au moins une copie de son texte et de ses annotations. On a vu aussi qu'il a fait usage d'un exemplaire du martyrologe hiéronymien de la même famille que l'Epternacensis et qui devait être intéressant encore que celui-ci. Lui-même apprend qu'il a fait prendre copie à Rome, dans l'archive pontificale, des lettres de papes qu'il a insérées dans son Histoire ecclésiastique. Enfin, il est le premier auteur connu qui ait cité le Liber pontificalis désigné par lui sous le titre de Liber pontificalis, et c'est une circonstance remarquable qu'il ait utilisé, comme il l'a fait, la notice de Grégoire II du vivant même de ce pape, preuve de la rapidité avec laquelle se répandait la chronique des papes. On voit à ces traits que Bède a été un homme très bien informé, les ouvrages énumérés dans l'Aditiculus operum, authentiques comme il ressort de Hist. eccl., V, 17), très utiles au moyen âge.
Renferme d'intéressants détails topographiques et l'archéologie monumentale de La Sainte, mais ce n'est qu'un résumé des ouvrages de Adamnan, d'Eucher et d'Hégésippe, et il ne nous arrêtera ici. De ce point de vue archéologique encore, le grand ouvrage de Bède sur l'histoire ecclésiastique de l'Angleterre et sa Vie des abbés de Wearmouth et de Jarrow offrent des données intéressantes qui seront relevées dans l'article GRANDE-BRETAGNE (Archéologie de la). Nous ne nous arrêterons ici que sur un passage de la question des peintures apportées de Rome par saint Benoît Biscop, de leur nature et de l'usage que l'on en fit.
Vighardus qui a Romanis beati Gregorii papæ discipulis in Cantia fuit, omini ecclesiastica institutione sufficienter doctus. Vita quinque abbatum, 1,3. On verra qu'ils ne prouvent pas davantage en faveur de la thèse grégorienne. Nous irons même plus loin et n'aurons pas peur de dire qu'ils prouvent contre elle. Car ce n'est pas assez de reconnaître que Bède ne dit rien en faveur de la tradition grégorienne : il est possible de lire ses textes sans se convaincre qu'il l'ignorait : il a trop parlé du chant et de l'organe de l'office divin, il s'est étendu trop complaisamment sur la vie et sur les œuvres de saint Grégoire pour que l'on puisse raisonnablement expliquer son silence sur les titres liturgiques du grand pape, s'il en avait. Quex in beffroi. Voir Campanile.
BEHIOH. Bourgade de la Syrie centrale qui conserve quelques souvenirs. Voir Pressoums. Nous mentionnerons ici qu'une petite basilique chrétienne qui diffère assez peu des autres basiliques de la même région. Toutefois, on remarque un détail qui mérite d'être noté pour l'histoire de l'influence des types anciens sur les édifices de l'Occident, c'est le carré, encadré de deux chambres qui s'alignent sur le prolongement des murs extérieurs de l'église et ne font qu'un avec ceux-ci. L'éclairage du bâtiment par deux séries de fenêtres, trois et quatre, est particulièrement original. La sculpture et les moulures n'offrent, par contre, rien de particulièrement intéressant. L'eau de la porte principale est travaillée assez simplement, mais quelques détails semblent y faire preuve d'influence byzantine ! M. de Vogüé croit l'église du VIe ; en voici les principales dimensions (165 et 1466) :
Longueur totale, murs compris, 29,40
Largeur totale, murs compris, 15,75
Largeur de la nef, colonnes comprises, 7,87
Largeur des bas-côtés, murs compris, 3,04
10 H, LECLERCO.
ELETH. Jean Beleth ne peut pas être considéré comme un grand liturgiste ; cependant, son ouvrage sur les divinorum officiorum n'est pas sans valeur, car il appartient à une époque, le XIIe, qui nous a presque rien donné comme travaux sur les liturgies. Il est nécessaire de lui faire une place dans l'histoire littéraire de la liturgie. Jean Trithème (dans le catalogue de ses Auteurs ecclésiastiques) nous parle de lui comme d'un insigne théologien de l'école de Paris, très érudit dans la science scripturaire comme dans la philosophie, qui a écrit des sermons et un ouvrage sur les offices, mais dont les œuvres ne sont du reste pas sans autre détail sur sa vie. C'est Cornelius Laurimann qui l'a édité pour la première fois à Anvers, 1553 (réédité plusieurs fois, cf. la bibliographie). Il définit ainsi l'objet de son livre dans son prologue : (ad hoc damnum evitandum) triplex ibimus remedium, si primo de ecclesiasticis institutionibus, deinde de expositionibus divinorum sermonum, ac tandem etiam de dierum rationibus fieri potest brevissime, dixerimus. Son plan est bon ; il passe en revue les époques liturgiques, les personnes (clercs, ministres, etc.), les liturgiques, les offices canoniques, la messe et ses parties, les principales fêtes ; il y a quelques chapitres spéciaux sur l'office des morts. Naturellement, dans un auteur de cette époque, on ne peut pas s'attendre à trouver une critique rigoureuse, mais des renseignements historiques bien précieux. Ce qui est surtout intéressant pour nous, c'est qu'il nous donne une description exacte de la liturgie de son temps. Sur ce point, on ne peut que louer sa précision. Son témoignage est précieux aussi pour certains usages de l'époque. Il parle, par exemple, de ce que l'on appelait les Miatès décembris, et qui rappelle le souvenir des inhumations. Les évêques et archevêques cédaient leur siège à certains de leurs sujets, et pour quelques jours, les régions, le second jour après Pâques, les femmes rendaient leurs maris, et le troisième, les hommes rendaient leurs vœux. [De son temps, on chante encore à la messe : Muiliate vos ad benedictionem.] C'est saint Jérôme, au temps de saint Damase, qui aurait institué l'office mique. Il a une curieuse histoire sur la raison pour laquelle les paroles de la sécrète, qui autrefois étaient dites à haute voix, sont récitées de son temps à basse voix. Il rapporte qu'en certaines églises, sur l'office des morts, et les usages des diverses églises, ne manquent pas d'intérêt.
Si l'on ne peut guère se fier à son témoignage quand il recherche les origines historiques de certains usages liturgiques (Quatre-Temps, les Nocturnes, etc.), on doit reconnaître que ses lectures sont assez étendues pour un homme de son temps ; il lui arrive même de citer Ovide ou Virgile.
Il est à remarquer aussi qu'il ne s'étonne pas de trouver dans la liturgie des usages païens, surtout des usages juifs. À côté de cela, on sera peu surpris de lui voir admettre des histoires invraisemblables ou traiter des questions pueriles, par exemple, si, au jugement dernier, les hommes seront nus ou vêtus. S'il sait parfois envisager sérieusement une question, il lui arrive encore trop souvent de tomber, comme la plupart des écrivains de son temps, dans un symbolisme échevelé (comparaison de la cloche et du prédicateur), le montant de la cloche représente la croix, le battant, c'est l'esprit du prédicateur, la corde représente la Sainte Écriture, et comme cette corde est formée d'un triple lien, c'est la figure des trois sens de l'Écriture : historique, allégorique, éthique, etc. Il abuse aussi des antithèses, de la division tripartite qu'il veut, bon gré, mal gré, trouver partout. Cependant, sa langue est correcte, parfois élégante. Au demeurant, on le voit, Beleth, sans être d'un grand secours pour les études liturgiques, apporte sa petite contribution, et fournit quelques renseignements sur la liturgie du XIIe. F. Carol.
BÉLIER. La représentation du bélier était fréquente sur les monuments décorés par les païens, où elle était employée soit comme ornement, soit comme attribut. Nous retrouvons le bélier parmi les symboles dont le christianisme a fait usage.
Comme presque toujours en matière de symboles chrétiens, il faut chercher dans les épisodes ou les types de l'Ancien Testament la signification attribuée par les fidèles au bélier. Un des plus remarquables épisodes était le sacrifice d'Abraham. Reproduit à satiété sur les fresques, les sarcophages, les lampes, les fonds de coupe dorés, il rappelait le Christ immolé à Dieu par sa substitution providentielle à l'homme coupable. Aries inter spinas est Jesus Christus spinis in frontibus obsignatus et cruci affixus. Un symbolisme qui se prête sans trop d'efforts à de semblables rapprochements de détail est une bonne fortune, et une si rare qu'il faut s'attendre à la voir exploiter. Aussi voyons-nous saint Augustin lui-même devancé dans cette voie, et ce qui n'est pas moins surprenant, devancé par Tertullien. Quoniam hæc fuerunt sacramenta, dit celui-ci, quæ temporibus Christi perficienda servabantur, et Isaac cum ligna reservatus est, arielle oblato in vepre cornibus hærente, et Christus suis humeris lignum portavit, inhærens cornibus Crucis, corona spinea in capite eius circumdata.
Dès lors, la voie est ouverte et on ne s'en écartera plus : Inter spinas arietem hærentem cornibus, Inter vepres, dit pseudo-Jérôme, requiramus, quæ sit illa novitas, id est, in multitudine circumstantium peccatorum lærente cornibus, id est ad crucis cornua clavorum confixione pendentem, sicut in alio loco legimus : cornua in manibus ejus ! Et nous pourrions citer encore saint Athanase, saint Prosper et beaucoup d'autres.
Le bélier figure donc Jésus-Christ dans cet ensemble symbolique où, avec plus ou moins de précision, les liturgies voulaient voir, dans l'agneau, le néophyte ; dans la brebis, le chrétien docile : dans le bouc, le converti ou le pécheur. Sur des fresques, sur des sarcophages, et sur la brebis, le chrétien docile : dans le bouc, le converti ou le pécheur, Figure du Christ, le bélier était symbole de la force et encouragement à la lutte pour ceux qui tenaient la place de Jésus-Christ. Celle-ci assimile entre le Christ et ses représentants légitimes dans la hiérarchie se montre clairement sur certains monuments très anciens, notamment dans les fresques qui nous offrent la figure du bélier au repos ou bondissant et portant le vase de lait, le bâton pastoral, la panetière du berger, La mulctra, le pedum et le situlum sont en effet les insignes caractéristiques du pasteur.
A mesure qu'on s'éloigne de ce symbolisme vraiment pastoral et primitif, on voit substituer aux images rustiques des insignes mieux adaptés à l'imagination de moins en moins champêtre de la société chrétienne. Un fragment de terre cuite conservé à la Bibliothèque Vaticane qui représente un bélier chargé d'un chrisme et la belle lampe représentant un bélier porta croix sur le front et sur le poitrail sont des interprétations nouvelles d'une pensée identique (fig. 1467). D'autres objets plus infimes, le Bon Pasteur, qui est Jésus-Christ, garde des béliers ou porte l'un d'entre eux sur ses épaules, ce qui est un non-sens, puis que le bélier représente également Jésus-Christ (fig. 1468). Ne faut donc pas presser trop rigoureusement cette symbolique et il n'est pas impossible que les réminiscences d'Hermès et d'Aristée criophores soient pour quelque chose dans cette inadvertance.
Là où la caractéristique du bélier est généralement observée, c'est dans les scènes où il est représenté parmi les congénères. Il faut bien alors lui garder sa signification. C'est le cas dans la représentation des anges qui sortent de Jérusalem et de Bethléem pour se diriger vers le monticule sur lequel se dresse le bélier. Dans le verre à montre cette scène, il est impossible de se méprendre sur le symbolisme du bélier. Le registre inférieur où l'on voit le Christ recevant l'hommage et lui donnant la loi par l'intermédiaire des Lucaniens.
Ainsi le bélier se retrouve dans cet épisode iconographique tel que nous l'avons vu dans l'épisode douloureux du sacrifice d'Abraham, il figure la nature divine du Christ. Mais voici encore la confusion qui reparaît entre le modèle. Les Pères et les artistes se montrent également indifférents à maintenir la distinction, car tout en considérant le bélier comme le chef et l'agneau comme le fidèle, il leur arrivera, et ce sera le cas le plus fréquent, de comparer le Christ à l'agneau.
Au vos, Gpviot, mod6atov, zxgtûv sont pour x, grecs et latins, des termes à peu près équivalents. Sur les plus anciens sarcophages, notamment sur celui de Livia Primitiva qui peut dater de l'époque des Antonins, le Bon Pasteur est escorté de brebis. Si on pouvait supposer que les auteurs de ce symbolisme ont voulu représenter les apôtres, saint Hilaire qui s'exprime de la sorte et saint Grégoire le Grand parle à peu près dans les mêmes termes.
Ailleurs le bélier représente le fidèle, Dieu dit dans Ézéchiel : ’Iôoù ty dranpiv avaméros raoBärou na TOOGATOU, Apitov La Totywv : CCC ego judico inter pecus dieret l'agneau servant lui-même à figurer Jésus-Christ et pecus, arietum et hircorum. C'est le commentaire littéral de cette scène que nous trouvons dans un sarcophage qui a pu toutefois s'inspirer plus particulièrement des paroles de Jésus dans l'Évangile : « Toutes les nations seront assemblées devant lui (le Fils de l'Homme), il séparera tous les hommes les uns d'avec les autres comme un pasteur sépare les brebis des boucs. Et il mettra les brebis à sa droite et les boucs à sa gauche. » Le bélier dans Ézéchiel est devenu la brebis dans l'évangile, mais dans le sarcophage il semble qu'on ait représenté des béliers.
Ce bas-relief est aussi beau que bien conservé. On voit qu'il formait le couvercle d'un sarcophage. On remarque l'heureuse observation de la nature dans l'attitude repliée sur soi-même du premier bouc craignant la main qui se lève contre lui.
Le bélier figure donc Jésus-Christ dans cet ensemble symbolique où, avec plus ou moins de précision, les liturgies voulaient voir, dans l'agneau, le néophyte ; dans la brebis, le chrétien docile : dans le bouc, le converti ou le pécheur, Figure du Christ, le bélier était symbole de la force et encouragement à la lutte pour ceux qui tenaient la place de Jésus-Christ. Celle-ci assimile entre le Christ et ses représentants légitimes dans la hiérarchie se montre clairement sur certains monuments très anciens, notamment dans les fresques qui nous offrent la figure du bélier au repos ou bondissant et portant le vase de lait, le bâton pastoral, la panetière du berger, La mulctra, le pedum et le situlum sont en effet les insignes caractéristiques du pasteur.
antin trouvé dans l'ile de Chypre, dans le district vnia, et conservé au British Museum t (fig. 1473), D Lo symbolisme du bélier a inspiré un curieux essai lé ici. Mme Félicie d'Ayzac, commentant un sar » Fat béliers., L'un, qu'il porte sur ses épau les, se tourne pour le baiser ; deux autres broutent où ruinent, un autre se repose contre ses pieds, un cinqu ‘quêle ses caresses, un autre semble lui parler le atitude et du regard ; lui-même, il tire par sa ile queue le septième et dernier bélier ; aimable au panorni qui parait, au premier coup-d'œil, cer l'intimité sainte à laquelle le sacerdoce est dmi ide la part de Dieu, mais qui décèle, peut-être, ün sèns plus précis et plus spécial à un examen attenif d Dci de détail, Ceux-ci, en effet, semblent j + complétement, non aux sept églises d'Asiefi} e mentionnées au deuxiéme chapitre de l'Apoalypse, comme le pense Bottari, mais aux sept évêques 25h mes de ces Églises primitives, En ellet, dans uc une œuvre d'art, pas plus que dans le mysticisme s Livres saints, le bélier n'a représenté une réunion e fidè les ; et ceux-ci, visiblement emblémes des sept és ou pasteurs, semblent une expression exacte el scrupuleusement fidèle de la scène rapportée de | chu et des dispositions diverses reprochées à is pasteurs. Les poses des sept béliers ont des mies frappantes avec ce qu'on lit dans le texte sur à anges des sept Églises ». Dans ce texte, l'évê que de F'hiladelphie et celui de Smyrne sont loués et encoutigés : celui d'Ephèse est excité à reprendre la vuie remière ; l'évê que de Laodicée est fortement répriindé, mais avec amour et tendresse ; ceux de lerné et de Thyatire sont approuvés sur plusieurs points : gravement repris pour d'autres, et enfin, l'évê que Gar des est appelé « vivant de nom », mais mort ammoins par ses œuvres, Ce détail si net, si précis, nou semble se retrouver dans l'œuvre sculptée ; les de Philadelphie et de Smyrne, consolés avec a at d'amour ne peuvent-ils pas être caractérisés, l'un ble bélier debout au centre, se serrant contre le eur et semblant même lui parler ; l'autre par ce lui 1 ui ui lui parle aussi en se retournant vers son visage et ui ést porté sur ses épau les ? Celui qui rumine tout ulau plus haut point du monticule, mais qui regarde | ri ne semble-t-il pas figurer l'évê que d'Éphèse, iuquel est si fort reprochée la domination de sa d'explication dans lequel l'ingéniosité confine à la fan- (aisie et qui, néanmoins, n'est pas indigne d'être 658 charité” Le pasteur de Laodicée, accusé de tant de tiédeur, ne semble-t-il pas avoir son type dans le béblier qui broute 4 l'aise en tournant le dos au berger, dont l'œil plein de sollicitude observe el suit ses mouvements ? Les deux regardant vers l'ouest ne personnilieraient-ils pas à leur tour les évêques de Pérgame et de Thyatire ? Par leur attitude ils montrent aflection et docilité, mais sans recherche de caresses, Celui de Sar des, le coupable qui est repris si sévérement, ne serait-il pas le septième et dernier bélier, dont le berger lire la queue ? Cet acte rappelle cet aurem vellit de Virgile, Eclog., vi, #, dont chacun sait la tradition. Remarquons en effet ici que la queue, écourtée comme on la voit dans ce bas-relief, dépeint, dans la langue sacrée, « le mépris des choses de Dieu, l'oubli total des fins dernières, » caractére très convenable à celui que l'Apocalypse nomme « mort aux yeux du Seigneur » ?, Ajoutons d'un mot que nous avons simplement ici trois modè les empruntés à la pastorale chrétienne, sans aucun souci des évêques d'Asie-Mineure, Pour l'explicalion de ce type de sarcophage nous renverrons simplement à notre Manuel d'archéologie chrétienne, LU, ch. VI, p. 288 sq. H. LECLERC.
BELLARMIN (Le Cal Robert) + 1621. Bellarmin appartient bien plutôt à la théologie qu'à l'archéologie ou à la liturgie, cependant il a touché à cette derniére matière, notamment dans ses Controverses, et Zaccaria lui donne à ce titre une place dans sa Fibliotheca ritualis, phiques. W, HExRy.
BÊMA. Voir Cuœtn.
BÉMOL. Voir Mours.
BENEDICAMUS DOMINO. À la fin des offi ces il y avait généralement, et cela dès la plus haute antiquité, un avertissement donné aux fidè les pour leur annoncer que l'office était terminé, ou pour les congédier, de même qu'il y en avait un pour annoncer les | fêtes, Cf. ANNONCE DES FÊTES, L 1, col. 2230.
Il est assez probable qu'une des formu les primitives de ce renvoi fut l'Ile, missa est, ou une formule anslogue. En effet, dès le milieu du rv° siècle, dans la Peregrinatio Etheriæ, on trouve ces expressions : ja ul fiat missa (antequam fiat missa) 1. On peut remarquer que l'expression est employée aussi bien pour la Messe que pour les autres ofli ces, C'est un terme général de renvoi, Saint Benoit (au vi siècle) emploie un terme analogue pour indiquer la fin des offi ces : et mrissæ sint (ce. xvI1) ou fiant mrissæ (ib.). Parfois il se sert de : completum est (ce. XI et XI).
Il semble, d'aprés ces termes, qu'il était d'usage, quand un office était fini, de renvoyer les fidè les ou les moines, par ces mols : Îte, nuissa est, Allez, c'est le renvoi, ou un terme équivalent, L'Ite, missa est de la messe, est un reste de cette coutume, ét il n'est plus usité en dehors de ce cas. Il est probable que cette appropriation s'est faite du jour où l'on a appliqué au sacrifice eucharisti que le terme de missæ, et où, par suite d'une confusion facile à comprendre, on a entendu maissa, de l'Ile, miissa est, au sens de messe, « Allez la messe est dite ». Cf. MESSE.
Quoi qu'il en soit, à partir d'une certaine épo que, le renvoi n'est plus employé pour d'autre office que la messe, et il semble qué l'on ait substitué pour ces ofli ces à l'Ite, missa est, une autre formule, le Benedicamus Domino.
Beleth dans son Aationale divinorum officiorum dit que la formule Fenedicamus Domino est empruntée an Ps, m1, et la réponse Deo gratias à saint Paul, Rom., vi, 172, Mais la citation du psaume n'est pas exacte. On trouve dans plusieurs psaumeés des équivalents, comme Benedicam Domino, Benedicite Domtinum, Benedic Domino, Benedictus Dominus, Benedico te Domine, etc, Mais la formule exacte ne se trouve pas dans les psaumes, ni dans la Bible, Le Benedicarus Dominum de Judith, vir, 16, Melius est enim ut capfui benedicanus Donminum, viventes, quam moridmur, élc., n'a pas le sens de l'acclamation Benedicamus Dontino. Quand à la messe on supprime l'It, Missa est, il est couramment remplacé par le Benedicamus Domino.
L'auteur du Micrologue, au xr siècle, est le premier qui ailexposé la règle de substitution du Benedicamus Domino à l'Ite, missa est, On doit retrancher cette fdrmule quand on ne dit pas le Gloria in excelsis. La | raison en est, selon lui, que le renvoi du peuple ne se lait que les jours de fête où il y a eu un grand concours de fidè les. Mais au contraire aux féries, auxquel les n'assistent que les personnes pieuses, il n'est Pas nécessaire de les congédier, on se contente de les Trèves, 1585, de Vienne, 4519, de Narbonne, 1528 et 4572, ete. | MDGLxxxvI, t. vu, n. 16, 45.
| qu'on veut éviter de renvoyer le peuple, après la 1 | un versét très populaire, est entré dans des prose _(CANTIQUE). Ces deux cantiques divisés dd inviter à bénir Dieu par le Benedicamus ossi le Mais cette raison n'est pas bien solide, car &ux di manches de l'avent et du carëème, où le peup présent, on ne dit pas l'Ite, missa est, mais bien le Be nedicamus Domino. 4 Un motif plus sérieux est celui-ci : l'Ile, nrissa est, es remplacé par le Benedicamus Domino, toutes quand la messe est suivie d'un autre office. messe de Noël finissait par le Benedicanius Doi peur que le peuple ne sortit et n'assistät pas à la Cet usage du Benedicamius Domino est marqu plusieurs missels®. Durand constate le même u C'est pour la même raison que l'on ne congét les fidè les par l'Ile, missa est aux messes des parce que la messe y est suivie de l'absoute. | raison qu'en donne au xr siècle Étienne d'Autun C'est encore pour la même raison que les ja jeûne on remplace l'Ite, niissa est par le Bene Domino, la messe ces jours-là étant suivie de mc de vêpres. ‘4 La place du Benedicamus Domino à la fin des office : lui a fait donner le nom de versus clusor. D. Les liturgistes remarquent encore que l'Ile, nissa es se dit ou se chante par le prètre ou par le diacre tourm vers le peuple, puis que c'est à lui qu'il s'adresse, F4 le Benedicamus Domino, il n'y a pas lieu de se tou ner vers le peuple, mais vers l'autel. 20 Quant au Deo gratias qui sert de répons au versël c'est une acclamation très connue et très ancienne, qu a son existence indépendante, Voir DEO GRATIAS. Le Benedicamius Domino avec le Deo gratias éla des offi ces rimés ; nous n'en donnerons que ces Le exemp les : Benedicamus Domino de la Nativité : Verbum Patris hodie, | Processit ex Virgine, Venit nos redimére, Et vælesti patriæ Voluit nos reduceré. Virtutes angelicæ : Cum canore jubilo Grates agant Domino... Deo qui refulgens pastoribus, ele. … redemptori debitas gratias, 1, SL, Le second est dans la prose bien connue : O0 File Filiæ.. | … In hoc festo sanctissinra Sit laus et jubilatio, Benedicamus Domino, alleluia, De quibus nos humillimuas, Devotas at que debitas Deo dicamus gralias, alleluia.
BENEDICITE ET BENEDICTUS ES Li urgi es font qu'un en réalité. On lit, en effet, as le ch. ui dé Daniel : Tune hi tres (les trois enfants n 6 Parnmie) quasi ee uno ore laudabant, et glolcabant, et benedicebant Deum in fornace dicentes : édictus es Domine Deus, elc. Le Benedictus ] du . 52 au . 6 ; et le Daadioie de 1 : 57 que ce cantiqué n'existe que dans ancienne collection des cantiques que nous 8 est celle de l'Église grec que contenue dans _ Alexandrinus du Ve, au British Mull les psaumes, le manuscrit donne les canhantés à l'office, et dans cette liste se trouvent ent les deux parties du canti que des trois ene des trois enfants, Dan., 111, 4-34. *0 Nt que des trois enfants, Benedicite. texte du vit siècle nous prouve que l'Église d'Afrine dilférait pas beaucoup de celle de l'Église, ét comprenait entre autres le canti que de ini, 26. Ici, on remarquera que les deux parties que ne sont pas séparées !. e suivante donne l'ordre suivi pour les cantiques du matin dans les Églises de Constantinople, a, de Gaule, et de Rome ?.
GAULE Exode. Benedicite. Deutéronome. Moyse, Exode.
Hsnie, XX VI, o. Azarias, Daniel nur, 26-45. EROME Jon : Benedicite. Moyse, Deuter, Isaïe, €. XI. Moyse, Exod. Ézéchins. Zacharie, Lue, 1, 68. Anne. Marie, Lue, 1, 46. Movyse, Exode. Lenedictus es et BenediHubacue, cite. Moyse, Deutéronome. faut rapprocher de ce canti que les oraisons ou | qui, dans l'antiphonaire de Bangor doivent | omp gner : Collectio post benedictionem puerorumr. 5 i pre ces nostras, ete. Super benedictionem triuni POI UMA. Sancte Domine, et gloriose nuirabilium uitum effector, etc. Pust benedictionémi trium pue- ' nie qui pueris fide ferventibus, etc. Post nel lcijte. Deus qui tres pueros, etc. Post hyninun un puerorum. Te enim, omnipotens Deus, benediéte, Post Benedicite, Ut tres pueros, etc. Super e cette épo que possédait une collection de canti| dicebant Dominum de fornace chionemn trium puerorum. Tres ebrei veneralai les Puis ces antiennes : /ncipiunt antefani super cantemus et Benedicite, Tres pueri in camina missi stunt, etc.
Le titre de Benedictio trium puerorum donné à ce canti que est généralement un indice d'antiquité ; c'est celui que lui donne saint Benoit dans sa règle et d'autres documents anciens #.
D'après l'antiphonaire de Bangor, il semble qu'on dit le canti que les samedis et dimanches à matines, et probablement pour les fêtes des martyrs.
Le Benedicite est employé chez les grecs cha que jour à l'office divin à l'épôcoz ; dans l'office romain il est employé aux lau des le dimanche et les jours de fête ; au mozarabe également à à lau des les lnanches et jours de fèle, et cha que jour en carême : ; à l'ambrosien aux lau des du dimanche.
Dans la liturgie mozarabe, le 14 canon du IVe concile de Tolède s'exprime ainsi : Hymnus quoque trium puerorum, in quo universa cœli terræque creatura Dei laudat. D'après ce décret, ce canti que était dit non seulement tous les dimanches, et pour les fêtes des martyrs, mais encore à toutes les messes. Sa place était après la prophétie et avant l'épitre. Si, comme le remarque Brunus, ce canti que n'est plus dit depuis quelques siècles, les dimanches et les jours de fête dans la liturgie mozarabe, c'est par suite d'un changement ; il est probable que la même chose s'est produite dans les Églises gallicanes, car le lectionnaire de Luxeuil ne marque ce canti que que pour la messe de Noël et le samedi saint. Il y avait donc sur ce point une légère différence entre l'Espagne et la Gaule, celle-ci le disant après la leçon de l'Ancien Testament, celle-là après celle du Nouveau.
Brunus ajoute que du reste le lectionnaire de Luxeuil, pour la messe de Noël, place le canti que après la leçon de l'Ancien Testament. Il en conclut qu'il devait y avoir sur ce point diversité entre les diverses Églises gallicanes.
Dans cette liturgie mozarabe, au premier dimanche de carême, on lit après la rubrique Tractus (qu'il faut lire tractim d'après Lesley) : Aniel propheta tunc illi tres quasi ex uno ore hymnum canebant : et benedicentes. Hic incipiat sacerdos : Benedicite, Benedictus es Domine Deus Patrum nostrorum. Suit une sorte de combinaison du Benedictus et du Benedicite. Ce chant suit la première oraison et la prophétie, et précède l'épitre.
Il est donné sous une autre forme pour les fêtes de Pâques. Après la prophétie, on annonce L'hymnenus Érium puerorum, avec une petite préface : Angelus Domini similiter descendit cum Anania, etc., puis on entonne Benedictus es et Benedicite, mais le Canti que ne se compose ici que de quelques versets.
Saint Germain dans sa description de la messe gallienne dit à propos de ce canti que : Hymnum aulem trium puerorum, quod post lectiones canitur…. Ecclesia servat ordinem ut inter Benedictionem et Evangelium lectio [non] intercedat, nisi tantummodo responsum quod a parvulis canitur.
Ici ce canti que est aussi appelé Benedictia selon l'usage ancien. Il est chanté après la lecture de l'Ancien Testament et de l'épitre, et il est suivi d'un répons. Le lectionnaire de Luxeuil dit pour la nativité, Daniel cum Benedictione (avant l'épitre). Dans la messe clausula Pascale, le canti que est placé après.
La liturgie milanaise emploie le Henedictus et le Benedicite à l'office des matines.
Thomasi et Vezzosi, à la suite du psautier, donnent des recueils de cantiques où figurent le Benedicite et le Benedictus, En voici l'énoncé : Edition des Benedictiones trium puerorum (comprenant le Henedictus es et le Benedicite, réunis en un seul canti que, et se terminant par deux oraisons : Deus quam omnia opéra, et : Deus qui tribus puéris).
Ce texte est édité d'après celui d'un manuscrit de la reine de Suède, maintenant Alex. 11, avec le texte comparé d'un mis. Vat. 82, et des variantes données par Vezzosi.
La collection de ces cantiques est intitulée dans un de ces manuscrits : Incipiunt cantica consuetudinaria disposita per hebdomadam sicut psallit Ecclesia Romana ; die dominico ad Matutinum : Benedictiones sive canticum trium puerorum.
Dans le Gélasien, au samedi in XII lect. (mensis quarti) l'oraison qui suit le Benedicite est qualifiée : Item post Benedictionem : Deus, cujus adorandæ potentian majestalis ; et dans Ménard post Benedictionem ad missam (au même endroit).
Dans le rite romain ce canti que est resté aujourd'hui encore la caractéristique du samedi des quatre-temps.
Dans la liturgie romaine actuelle, la première partie du canti que Henedictus es, est affectée au samedi des quatre-temps. Il est précédé de l'introduction : Angelus Domini descendit cum Azaria, qui sert de leçon et le Benedictus en forme de trait ou d'hymne suit immédiatement.
Le canti que est suivi de l'oraison Deus qui tribus pueris.
Des quelques faits que nous avons réunis ici, on peut tirer certaines conclusions. D'abord au sujet de l'antiquité de cet usage. L'accord des Églises orientales et occidentales, des liturgies gallicane, celtique et romaine, ainsi que de la liturgie africaine, nous permettrait déjà de dire que l'emploi du Benedictus et du Benedicite comme canti que dans la liturgie, remonte presque à la période primitive.
Des textes de Rulin confirment cette antiquité, Trium puerorum hymnus qui maxime diebus solemmibus in Ecclesia canitur,.. Et omnis Ecclesia per orbem terrarum, sive eorum qui in corpore sunt, sive eorum qui ad Dominum perrexerunt, seu etiam sancti Martyres quicumque, hymnum trium puerorum in Ecclesia Domini cecinerunt.
D'après ce qui précède, on a vu que, dans l'esprit de saint Benoît, le monastère doit se suffire à lui-même ; il forme un petit État, ou si l'on veut, il est l'image de la cité antique. Et en effet, isolé du monde, séparé par des murs, possédant dans son enceinte des ateliers pour les arts divers, une ferme, un moulin, des jardins potagers, gouverné par un chef entouré de ministres qui sont comme les magistrats et les fonctionnaires de cette petite société, ce monastère qui ne relève guère que de lui-même, représente assez bien l'image de ces villes ou de ces républiques autonomes dont l'antiquité nous a si souvent fourni l'exemple. Cependant, le législateur le considère sous un autre point de vue plus élevé et plus spirituel ; il le conçoit plutôt comme une famille, dont l'abbé est le chef ou le père, Abba, Pater, c. mn ; Abbas autem, quia vi ces Christi agit, Domrinus et abbas vocelur,
Celui-ci est élu par le suffrage de toute la communauté : ses pouvoirs sont à vie ; son autorité sur le monastère est très étendue ; il gouverne, il administre, il régit, il instruit ; il est chargé de gérer les intérêts financiers du monastère, aussi bien que ses intérêts spirituels. Il nomme ses officiers auxquels il distribue toutes les charges du monastère, et peut les destituer. Il commande directement ou indirectement à tous ceux qui vivent dans le monastère. Il a le droit de punir, d'excommunier et même de chasser du monastère les rebelles et les mécréants !, vivre de la vie des frères,
Le système des abbés commendataires introduit plus tard, qui enlevait aux moines le droit d'élire leur chef, et faisait de l'abbé un personnage décoratif, qui jonissait des revenus du monastère, sans partager les charges de la vie commune, et réduisait les moines à la portion congrue, est un des pires abus qui se soient jamais glissés dans les monastères. Il en a perverti l'esprit, bouleversé la discipline, il a ouvert la porte à tous les désordres, et provoqué une décadence précoce,
Les charges du monastère, au-dessous de l'abbé, sont celles du prévôt, præpositus ou prieur,
Il est le second du monastère et supplée en tout l'abbé. Dans certains monastères le prieur était nommé par l'évêque, ce qui engendrait de graves dangers et des abus contre lesquels saint Benoît veut protéger, en remettant entre les mains de l'abbé le choix du prieur.
Au besoin la charge du prieur peut être remplacée par celle de doyens ou decani *. Les moines sont divisés par sections de dix ; chaque doyen est chargé d'une décanie, et l'abbé s'en remet à lui pour l'administration.
La charge la plus importante après celle du prieur, est celle du cellérier à qui est confiée l'administration du monastère,
Plus tard, au Xe, Cluny établira une confédération plus étroite encore, enlevant même aux monastères de second ordre leur autonomie pour en faire des prieurés dépendant de l'abbaye mère. Mais ce sujet appartient au domaine de l'histoire et se trouve du reste au-delà de la période dont nous nous occupons. Voir ABBÉ, ABBAYE, CÉNObITES, Moines. Pour la liturgie bénédictine, voir OFFICE BÉNÉDICTIN. Ainsi : détails, généralités, littérature, liturgie, périodiques, règle. BENEDICTIO. Voir CAXON.
BÉNÉDICTION. — I. Notion de la bénédiction liturgique. II, Histoire de la bénédiction liturgique.
LIL. Classification des bénédictions liturgiques. LE V. Bibliographie. I. NOTION DE LA BÉNÉDICTION LITURGIQUE. — L'expression Benedictio, qui dérive du verbe : 773, en hébreu, efoyeis en grec, Benedicere en latin, marque l'action de bien dire et a été employée en divers sens par les auteurs sacrés. — On trouvera une énumération de ces sens, soit dans le Dictionnaire de la Bible, soit dans le Dictionnaire de théologie ; il suffit de relever ici ceux qui se rapportent plus spécialement à la liturgie, Dans l'Apocalypse, v, 12-13 ; vii, 12, le mot Bénédiction indique les louanges que les créatures donnent à Dieu et à Jésus-Christ ; saint Benoît, dans sa règle, adopte ce sens lorsqu'il désigne le cantique Benedicite par l'expression Benedictiones. — Le mot peut signifier encore « don ou présent » fait aux hommes ; saint Grégoire le Grand l'emploie dans ce sens en divers endroits de ses lettres, s'autorisant sans doute du passage de la Genèse, XXXIII, 10-11, où nous lisons que Jacob dit à son frère Ésaü : « el suscipe benedictionem quam attuli tibi et quam donavit mihi Deus, tribuens omnia ». La règle de saint Benoît, c. LIV, présente encore ce sens en employant cette fois l'expression eulogias, empruntée aux Grecs, — Mais la bénédiction est la faveur qui descend de Dieu sur les créatures et que le Seigneur répand, soit directement par lui-même, soit indirectement par l'intermédiaire de ses représentants, pères de famille, rois ou prêtres. La formule la plus caractéristique de cette dernière se trouve dans le livre des Nombres, vi, 23-27 : où Dieu dit à Moïse : « Loquere Aaron et filiis ejus : Sic benedicetis filiis Israel, et dicetis eis : Benedicat tibi Dominus et custodiat te, Ostendat Dominus faciem suam tibi et misereatur tui. Convertat Dominus vultum suum ad te, et det tibi pacem. Invocabuntque nomen meum super filios Israel, et ego benedicam eis ». Ces trois supplications où le nom de Jahveh est expressément invoqué, en vue d'assurer à l'homme la protection, la bienveillance divine et la paix, peuvent être considérées comme le germe fécond de toutes les bénédictions de la liturgie chrétienne.
Dans le présent article, le mot de bénédiction sera pris dans le sens d’une action accomplie par un homme que l'Église a investi d'un pouvoir divin, et dont l'effet est d'appeler, par la prière, la faveur divine sur les personnes ou sur les choses, Les Grecs ont deux expressions différentes pour marquer ce que nous rendons ordinairement par le même mot : ils appellent εὐλογία, le résultat de l'action, ou la bénédiction donnée, et εὐλογεῖν l'acte même par lequel se donne la bénédiction, ou l'action d'un ministre sacré qui bénit un objet, une personne ou tous les assistants. C'est le sens plus général du mot eulogie. Pour les autres sens, voir au mot EULOGIE. On verra, au cours de cet article, les significations diverses attribuées au mot bénédiction : nous nous contentons pour le moment d'en donner cette définition générale : La bénédiction est un rite accompli par un ministre sacré, au nom de l'Église de Dieu, et dont l'effet est de procurer aux personnes ou aux objets un bien spirituel ou temporel réalisé par la puissance divine. Le rite peut consister en un simple signe de croix, ou dans la prononciation de certaines formules avec signe de croix ; il peut être accompagné d'aspersion d'eau bénite ou d'onction faite avec les saintes huiles. Quoiqu'on ait appelé parfois du nom de bénédiction le rite par lequel le prêtre change le pain et le vin en corps et sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ, nous réservons à ce rite le nom plus caractéristique de consécration. Voir CONSECRATION. Nous renvoyons également au mot COLLECTE pour l'explication que donne le cardinal Bona, Colos., nr, 15 ; de même dans 2, Jean, Apoc. na : du terme bénédiction donné à cette prière, conformément à ce qu'en dit le cardinal Bona.
II. HISTORIQUE DE LA BÉNÉDICTION LITURGIQUE. +
Avant d'exposer la classification des bénédictions liturgiques, il faut en suivre le développement à travers les premiers siècles de l'Église, essayer d'en faire l'histoire à l'aide des indications fournies par le Nouveau Testament, les écrits des saints Pères, les décisions des premiers conciles, les monuments liturgiques des premiers âges.
I. DANS LE NOUVEAU TESTAMENT. — En plus d'une occasion, Notre-Seigneur Jésus-Christ, usant du pouvoir divin dont il dispose, bénit les personnes et les objets. Nous le voyons bénir les petits enfants, Marc, x, 16 ; les apôtres, Luc, xxiv, 50 ; le pain qu'il va multiplier par un miracle de sa puissance, Matth., xiv, 19 ; Marc, vi, 41 ; Matth., xv, 36 ; de même le pain qu'il va changer en son corps adorable, au moment où il institue la sainte eucharistie, Matth., xxvi, 26 ; Marc, xiv, 22. — L'expression « Paix soit avec vous », dont il se sert en parlant à ses apôtres, peut encore être considérée comme une formule de bénédiction. Luc, xxiv, 36 ; Jean, xx, 21. — Il veut que ses envoyés se servent de cette même formule et, dans ce but, il les investit de ses pouvoirs. Matth, x, 12 ; Luc, x, 5 ; Jean, xx, 21. Cette expression de paix se rencontre fréquemment dans les Épîtres de saint Paul, soit au début, soit dans la conclusion ; voir en particulier, Rom., i, 7 ; Philip., ii, 28.
II, DANS LES ÉCRITS DES SAINTS PÈRES, — A, d'Orient. — Les Épîtres de saint Ignace d'Antioche aux Éphésiens, aux Magnésiens, aux Tralliens, Romains, aux Philadelphiens, débutent par des formules qui rappellent celles de saint Paul. L'Histoire ecclésiastique d'Eusèbe donne le récit d'une guérison opérée par la bénédiction et l'imposition des mains : « Sed et Abdum quemdam Abdi filium podagra laborantem, qui cum supplex ad Taddæi vestigia prostratus esset, benedictionem ab eo per impositionem manus accipiens sanatus est ». Le De pædagogo de Clément d'Alexandrie enseigne que chez les chrétiens la coutume de prier, avant et après le repas, avant le sommeil, et donne à entendre que l'imposition des mains et la bénédiction sont données par le prêtre : « Cui enim manum imponit presbyter, cui autem benedicit ». Dans les Stromata, le même auteur, signalant de nouveau ces pratiques, les observe : « Honestum serum omnium ad Deum semper referens (scil. Gnosticus) et benedictionis universorum datori, offert gratias agens et per donum et unctionem et verbum : ei datum ». Un peu plus loin, il ajoute : « Ergo cui iis qui recentius crediderunt gnostici precabitur de quibus una etiam agere. Universa autem ejus vita tanquam quidam deus est ». Aussi ei quidem sacrificia sunt ipsæ orationes ; paalmii autem et humain cibus sunt antequam eantur, sed et noctu rursus orationes. Origène fait manifestement allusion à la pratique de saint Paul dont nous avons parlé plus haut, qui dit : « Per ipsum ergo spiritum benedictionem habent qui benedicuntur ab apostolo, si tamen niantur super quos veniat benedictio ejus ». Et : « Sed Dei quidem benedictio aliquid muneris est quod ab eo benedicuntur impertit, homines vero dicuntur benedicere pro eo quod et laudare et gratias efferre dicuntur ».
Dans la lettre CxCIx à Amphiloque, où il répond à un certain nombre de questions canoniques, saint Basile le Grand vient à parler d'un prêtre tombé et il dit à ce sujet : « Ut autem alium benedicat, qui propria debet veniam, minime consentaneum. Benedictio n sanctificationis communicatio est. Quam qui non habet, quod insciens, lapsus est, quomodo aliis impertiet ? ».
Dans les œuvres de Denys, De ecclesiastica hierarchia, c. V, 41, 12, il est question de la consécration de l'huile, matière des sacrements : « Unde, ut opinor, hic hierarchicus qui a Deo traditus est, isti sacri nostri ordinis duces sanctum hoc mysterium vehementer vocant, quod re ipsa consecrant atque consumant ; ulterius dixerit Dei consecrationem, utroque sensu divinam perfectionem prædicando. Est enim Dei consecratio, cum propter nos humanitus sanctificetur, quod divinitus cuncta quæ consecranda sunt ipse auctor consecrat ».
Ainsi le Ve concile de Carthage tenu sous saint Cyprien, en 259, veut qu'on bénisse l’eau du baptême, il en est de même dans le VIe concile de Carthage qui signale aussi la pratique des exorcismes : Oportet ergo, dit le premier de ces deux conciles, mundari et sanctificari aquam prius à sacerdote, ut : possit baptismo suo peccata hominis qui baptizatur abluere (can, 1), Et encore : Ungi quoque necesse est eum qui baptizatus sit, ut, accepto Chrismate, i, e. unctione, esse unctus Dei et habere in se gratiam Christi possit (can. 2)9. Les Constitutions apostoliques renferment un certain nombre d'indications relatives à la bénédiction liturgique, — A. Au livre I, ec. Lvnt, où il s'agit de la célébration du saint sacrifice, nous lisons : Deinde Episcopus, populo pacem precalus, benedicat ei : sicut et Moyses sacerdotibus præcepit ut populo his verbis benedicerent (suit le texte du livre des Nombres déjà cité, col. 671). Preceatur ergo episcopus, et dicat : Saluum fac populun tuum Domine et BENEDIC hæreditati tuæ, quam acquisivisti ac possedisti pretioso sanguine Christi tui et appellasti regale sacerdotium ac gentem sanctam 11 : Ps, xxvi1, 9 ; Act, xx, 9% ; L Petr., 1, 19 : 1, 6. — B. Au livre II, €. x, on réserve la bénédiction aux prêtres à l'exclusion des laïques : Sed nec laicis permittimus quamlibet sacerdotalium functionum usurpare, ut sacrificium ; vel baptismum, vel imposilionent manum, vel BENEDICTIONEM, tam parvam quam magnam Î1., — C, Le livre I, €. xx, parlant des fonctions du prêtre, dit :
Nec presbyter nec diaconus clericos ex laicis ordinent, sed solummodo presbyter quidem doceat, offerat, baptizet, BENEDICAT populo. — D, Les chapitres xLu et xuix du livre VII sont relatifs au baptème, on y lit :
BenenrciTrun oleum mysticum a Pontifice in remissianem peccalorum et præeparationem baptisni. Deinde venit ad aquam, sacerdos autem BENEBMCIT ac laudat Deum omnipotentem. — E. Le livre VIT, €. vi, parle du renvoi des catéchumènes avant l'oblation de la messe, et d'une bénédiction que leur donne l'évêque. — F, Au ce. xxvi de ce même livre VITE, on lit : £piscopus benedicit non benedicitur, manus imponit, ordinat, offert ; benedictionem ab épiscopis accipit, æ presbyteris vero nunquam…. Presbyler benedicit, non benedicitur : benedictionem recipit ab episcopo et compresbytero earmi que pariler compresbytero dat ;
IL, — 2
« + _ 675 vero non adsit, benedicat presbyter, præsente diacono ; quande aulem aderit episcopus, assistant presbyter et diaconus. — H. Le ch. xxxIX du mème livre VIII donne une Bénédiction ou une imposition de la main qui est ainsi formulée : misericordiam in milhia et decem millia diligentibus te. respice in populum tuum hunc, in hos qui inclinarunt tibi capila sua et benedic eos BENEDICTIONE spirituali… in Christo Jesu dilecto Filio tuo, cum quo tibi gloria, honor al que cultus et Sancto Spiritui nunc et semper et in sæcula sæculorum. Amen. Et diaconus dicat : Exite in pace. — I. Enfin, au ch, xLi, liv. III, aprés une longue prière pour les morts, on lit : Et dinconus dicat : Inclinate et accipite BENEDICTIONEM. At episcopus gratias pro eis agal dicens : Saluurn fac, Domine, populum tuum et benedic hæreditati tuæ |.
IV. DANS LES MONUMENTS LITURGIQUES DES PREMIERS AGES. — 1. Les liturgies orientales ne nous sont guére
connues. Ce que nous en savons, nous le devons principalement aux œuvres de Renaudot, dom Martène et Lebrun ?. Les indications de Renaudot se référent principalement aux bénédictions données pendant la célébration du saint sacrifice et peuvent être rapprochées des Bénédictions épiscopales dans la liturgie gallicane ou des oraisons super populum. Ainsi dans la liturgie de saint Basile, après le Pater, il y a une oraison qui se termine par le rit suivant : Diaconus dicit :
Inclinate capita vestra Deco. Populus : Coram te. Sacerdos dicet orationem inclinationis ad Patrem. Dans cette oraison se trouve une allusion à la communion qui va avoir lieu : Petimus rogamus que te, amator hominum, ui nos omnes purifi ces el ad te colligas per communionem nostram mysterionum divinorum ftud- | rum. Après la communion il est dit que : Sacerdos dicet benedictionem. La formule assez longue se termine ainsi : Veniat benedictio eorum (il s'agit des saints dont on vient de prononcer les noms) sancta gratia eorum et potentia eorum.… et benedictio diei dominicæ salvatoris nostri boni sit cum omnibus nobis usque in ælernum. Amen. — Cum absolverit vasorum ablutionem, bibet aquam in eis residuam, dinrittetque plebem benedictione recitata ?, Des formules analogues se lisent dans la liturgie de saint Grégoire et de saint Cyrille, Renaudot donne ensuite une série de bénédictions, se rattachant aux précédentes liturgies, et empruntées au rituel du patriarche Gabriel d'Alexandrie : il y a des formules pro disco et velis ejus, calice et mappulis, cochleart, mappa nigra quæ est super altare, pro tabula ut altare fiat, pro altari. Puis il remarque dans ses notes 5 : Quam benedictiones illæ sint antiquissimæ disciplinæ conformes, ostenditur ex similibus orationibus quæ leguntur in libris ritualibus aliarum ecclesiarum, v. gr. Sacramentarium Gregorianum, Missale Francorum 5. va du vi siècle au xi, les bénédictions sont toutes dans les sacramentaires. Il a paru plus simple de donner ici, dans un tableau d'ensemble, l'indication des bénédictions renfermées dans les documents connus jusqu'à ce jour, Nous avons pris pour base la publication du Sacramentaire gélasien par H, A. Wilson ?, On sait que les anciens sacramentaires se rattachent à trois groupes : sacramentaires léonien, Deus fidelis et verar, qui facis | | rotin, Voir le tableau ci-contre, et l'Ordo de Hittorp, prennent l'une pour | de bénir réside dans le prêtre comme dans | la formule se rapprochant du Pax vobis p | ? The gelasian Sacramentary, Liber Sac gélasien et grégorien. La première colonne dut donne les indications assez rares du sacramentai léonien. Les trois colonnes suivantes, 2, 3, et 4,n 4 — des uctions du sacramentaire gélasi 5, 6, 7, 9 et 10, des reproductions du sac à grégorien avec lequel 8 a aussi quel que 1 donne le résultat des renvois de Wilson à l' D. Martène, De antiquis Ecclesiæ ritibus : enfin sé rapportent à la liturgie mozarabe. | des bénédictions dans le missalé mictum ti explication dans ce fait, qu'à l'époque de sa les formules de bénédictions étaient ee d recueils du genre du Liber ordinum publié par D, ET sm. éérhel die C2 | sd Le tableau d'ensemble des bénédictions < iprè anciens Sacramentaires appelle ici quelques re 1. En ce qui concerne la dénomination : d d'un caractère fort différent sont désignés tar le nom de bénédiction, tantôt sous celui de “x tion, tantôt sous celui d'oraison. Une seule propos du Sabbato in xrr lectiones, le mot. désigne le canti que des trois jeunes sont cite ; d'ordinaire on lit : Benedictio olei et el ou ordo de sacris ordinibus benedicendis, I consecratio chrismatis, presbyteri, diaconi… de Léofrie se sert des expressions : Consecratio ignis, Vezzosi constate qu'un certain n … Ce COS 2 palenæ, calicis, chrismalis, expressions : benedictio et consecratio ; qn l'expression benedicere a une signification p due, ainsi : Benedicere sacros ordines in wetet chartis idem denotat ac : ad ordinis Ecclesiæ gra aliquos promovere®. Dans le Liber ordinants) bé diction du sépulcre est donnée sous cette r Ordo ad consecrandum novum sa nt »il | 9, La ligne de démarcation entre les pouvoirs simple prêtre et ceux de l'évêque, relatives aux bénédictions, n'est pas établie d'une façon M comme elle le sera plus tard par les canons Constitutions apostoliques nous disent que la seule réserve signalée repose sur ce principe que l'inférieur ne peut bénir son supérieur, on | tatui conséquence que le prêtre s'abstiendra de bénir en présence de l'évêque. Une note de D. het « ont cette manière de voir, et constate qu'en l’a l'évêque, le pouvoir du prêtre pouvait s'étendre à l'administration du sacrement de confirmation, mais avec le chrême consacré par l'évêque comme ailleurs, dit-1}, l'administration du baptême et de la chrismation semble d'abord réservée exclusivement à l'évêque. » Nous. sur ce point, au 1v° siècle, le témoignage de saint évêque de Barcelone !!, Plus tard, lors que le fut conféré par de simples prêtres, ceux-ci : trérent aussi l'onction du saint chrême, con à la pratique de la plupart des églises. Voir une lettre de saint Braulion de Tolède 12, En Sardaigne, le même usage e : Grégoire le Grand voulut l'abolir, mais en f ce ! résistance du clergé, il autorisa la chrismation par de simples prêtres 1. 3. Pour la messe, en dehors des renvois dive ‘# We … : 7,27 2 EAU COMPARATIF DES on DANS LES ANCIENS SACRAMENTAIRES (VII° AU XIe) sel 8
| INDICATION DES BÉNÉDICTIONS SACRAMENTAIRE GRÉGORIEN D'APRÈS L'ORDRE SUIVI |
EDIT, WILSON.
D. GÉRRERT, MON. V : L. PFAMÉLITE LIT, AMRLOE TOMMAST LIT. ROM. MISSALE FHANC. MISRAL ED, WAARREN
MURATOR.. anti, = F igenat presbyteri, diaconi vel subdiaconi Lib.1,c. vin [ ] Ci} Li LI C] = L] LI Li] LI Li item nca a is Ad benedicendos flores vel ramos. dé a Di. | | Benedi ces frugesnovas (seu fubas). ab. Pentec. | Celebrabis buptismum sicut in D nocte sancte Paschie.... catechum, 6x pagano.... « . er Ensneaiets dues ed suceurrendum.
Inica octav. | Benedictio super eos qui de ariann Pent.... | hæresiad cath.redeunt unitatem. ne” ce Leone ptet | SS, Cosme et Damiani. + | Benedictioaquæ ad consecrationem 0 Ben. sup. ancillns Dei quib. conversis vestimente mutantur,.. | | Benédictiones super populum,.
| De actione nuptiali : Benédictio.
Orationes intrantibus in domum, sive benedictio.. +,... Benedictio aquæ spargendæ.… ad consparsum fac....... Benedictio ee eorcirnte ad fulgura. ; x Oratio pro eo “qui prius barbam tondit,.. Aer Te x Benedietio ad omnia que volueris. Orationes ante cibum ; — post cibos. | | Oratio ad fruges novas benedi- | | cendas Benedictio pomorum....... Benédictio arboris.,... | x Ben. oblatæ petentibus dandsæ (eulogies) Ben, novis fontis seu baptisterii. Benédictio domus novi considérée commé une sorte de bénédiction, les SacraA mentaires ne mentionnent guère que la Benedictio ou Ca Oratio super populum. Voir SUPER POPULUM. — Les ds documents de source gallicane ont aussi les bénédic- | j tions épiscopales dont il sera question un peu plus loin ; TP de la bénédiction qui se donne actuellement à la messe, É les sacramentaires ne font pas mention. Ce silence Le - s'explique par le fait, qu'à l'époque de sa les formules de bénédictions étaient ee d recueils du genre du Liber ordinum publié par D, ET sm. éérhel die C2 | sd Le tableau d'ensemble des bénédictions < iprè anciens Sacramentaires appelle ici quelques re 1. En ce qui concerne la dénomination : d d'un caractère fort différent sont désignés tar le nom de bénédiction, tantôt sous celui de “x tion, tantôt sous celui d'oraison. Une seule propos du Sabbato in xrr lectiones, le mot. désigne le canti que des trois jeunes sont cite ; d'ordinaire on lit : Benedictio olei et el ou ordo de sacris ordinibus benedicendis, I consecratio chrismatis, presbyteri, diaconi… de Léofrie se sert des expressions : Consecratio ignis, Vezzosi constate qu'un certain n … Ce COS 2 palenæ, calicis, chrismalis, expressions : benedictio et consecratio ; qn l'expression benedicere a une signification p due, ainsi : Benedicere sacros ordines in wetet chartis idem denotat ac : ad ordinis Ecclesiæ gra aliquos promovere®. Dans le Liber ordinants) bé diction du sépulcre est donnée sous cette r Ordo ad consecrandum novum sa nt »il | 9, La ligne de démarcation entre les pouvoirs simple prêtre et ceux de l'évêque, relatives aux bénédictions, n'est pas établie d'une façon M comme elle le sera plus tard par les canons Constitutions apostoliques nous disent que la seule réserve signalée repose sur ce principe que l'inférieur ne peut bénir son supérieur, on | tatui conséquence que le prêtre s'abstiendra de bénir en présence de l'évêque. Une note de D. het « ont cette manière de voir, et constate qu'en l’a l'évêque, le pouvoir du prêtre pouvait s'étendre à l'administration du sacrement de confirmation, mais avec le chrême consacré par l'évêque comme ailleurs, dit-1}, l'administration du baptême et de la chrismation semble d'abord réservée exclusivement à l'évêque. » Nous. sur ce point, au 1v° siècle, le témoignage de saint évêque de Barcelone !!, Plus tard, lors que le fut conféré par de simples prêtres, ceux-ci : trérent aussi l'onction du saint chrême, con à la pratique de la plupart des églises. Voir une lettre de saint Braulion de Tolède 12, En Sardaigne, le même usage e : Grégoire le Grand voulut l'abolir, mais en f ce ! résistance du clergé, il autorisa la chrismation par de simples prêtres 1. 3. Pour la messe, en dehors des renvois dive ‘# We … : 7,27 2 EAU COMPARATIF DES on DANS LES ANCIENS SACRAMENTAIRES (VII° AU XIe) sel 8
| INDICATION DES BÉNÉDICTIONS SACRAMENTAIRE GRÉGORIEN D'APRÈS L'ORDRE SUIVI |
messe, le pape ou l'évêque allant de l'autel, les évêques ou les prêtres et les ordres demandaient sa bénédiction et que le pape disait : « Que le Seigneur nous bénisse » ou « vous bénisse ». Au XIe, les simples prêtres ne donnaient pas la bénédiction. Mais alors, un concile d'Orléans décida qu'on n'entendait pas croire qu'en l'absence des évêques, les prêtres étaient obligés de bénir le peuple, et les fidèles suadés qu'on devait leur donner cette bénédiction. Selon le Micrologue, les prêtres ne pouvaient pas donner la bénédiction à la messe, à moins que le siège apostolique n'y défendît dans un concile.
L'oraison ou bénédiction de l'actione (dont il sera parlé plus longuement au mot) est très ancienne ; on en trouve la trace dans les plus anciens Pères, par exemple dans Tertullien, L. II, c. 1x : « Unde sufficiamus ad eam felicitatem hujus matrimonii, quod Ecclesiæ confirmat oblatio, et obsignat benedictio, nuntiant, Pater rato habet ». La formule de bénédiction donnée par D. Ménard et qu'il appelle « mendos » se retrouve dans les capitulaires de Charlemagne ; on voit d'après les sacramentaires que cette bénédiction se pratiquait les samedis veilles de Pâques et de la Pentecôte, en vue de l'administration solennelle du baptême. D. Ménard nous dit qu'elle avait lieu aussi chez les Grecs, le jour de l'Épiphanie : « Hodie a multis precibus aqua benedicitur tum ad um, tum ad varios usus Christianorum ». De même, D. Ménard nous dit que l'usage de l'eau est très ancien, quelques-uns le font remonter à Alexandre Ier ; les Constitutions apostoliques, L. VII, c. xxviii, l'attribuent à l'apôtre Matthieu, puis ajoute D. Ménard : « et antiquus est statuere in ecclesiæ vestibulo vas aqua beneplenum ad populi ingredientis purificationem ». Sans doute aussi est vive la pratique d'asperger l'eau bénite dans les maisons pour la visite des malades.
À ces bénédictions liturgiques, il y a lieu d'ajouter celles que le prêtre ou l'évêque donnait au diacre pour le chant de l'Évangile (voir au mot ÉVANGILE), celles que le président du chœur, évêque ou abbé, donnait au lecteur pour les diverses leçures de l'office. L'usage de ces dernières existait déjà au Ve, comme nous l’attestent, pour l'Orient, les discours de saint Éphrem, et pour l'Occident, le récit de Grégoire de Tours sur les miracles de saint Martin, le texte de la règle de saint Benoît. La rubrique « Orationes intrantibus in domum » nous amène à dire un mot des bénédictions « extra-liturgiques ». Lorsqu'un évêque arrivait dans une maison où il recevait l'hospitalité, il saluait ses hôtes par une bénédiction. En général, quand un évêque entrait dans un endroit, ou au milieu d'une assemblée, on lui demandait avec respect sa bénédiction ; il semble que saint Augustin, dans une de ses lettres, fasse allusion aux marques de déférence qui lui étaient adressées : « Quantunilibet capita submitiant qui nos l, ut eos concor des in terra faciamus de eælo ad crucem submissum est caput nostrum in Mieum Arrianum, benedictionem a sancto Remigio M ; cui et benedictionem dedit et victoriam in ri bo Christi spopondit ».
CLASSIFICATION DES BÉNÉDICTIONS LITURGIQUES. — Au XIIe, il semble qu'on éprouva le besoin d'un certain classement et de donner un sens plus précis aux termes. C'est du moins ce qui paraît par la citation de Gillebert, évêque de Limerick au XIIe, que Smith reproduit dans son article Bénédictions : « Ioere autem dico præsulem ea quæ non sunt à eécclesiæ ; consecrare vero ipsa utensilia. Tail ergo pontifex reginam el virginem cum M, et quemlibet fidelem benedici postulantem, m populum ante pacem ; benedicit etiam supra lonua, quæ non li cet sacerdoti in ejus præsen- ». Dedicat etiam pontifex atrium, templum, mt, labulam altaris. Dedicare enim est locum 80 offerre, benedicere et sanctificare. Consecrat, le peuple ou les membres de l'assemblée u as précis aux mots, Benedicere, Consecrare, Dedicare. Episcopus ulensilia ecclesiæ (quæ fere omnia sacerdotibus sunt communia) vestimenta videli cet sacerdotalia et pontificalia, altaris velaminae, calicem patenam et corporalia, vasculum Eucharistiæ, chrisma, oleum et vas chrismale, thus et thuribulum, baptisterium, arcam vel serinium reliquiarum, cimbariuwm (id est altaris umbraculum), crucem, tintinnabulum et ferrum judiciale. Ea enim tantum consecrat, quæ acommunti usu in cultum divinum separantur. — La ligne de démarcation entre les pouvoirs du simple prêtre et ceux de l'évêque commence aussi à se tracer à cette époque : le même Gillebert nous l'atteste encore : « Benedicere potest, præsente épiscopo, aquam el sal in Donrinicis sacerdos ; et prandium, et sponsum, et sponsam, et lecturos lecliones, et aguam judicii vel panem ét cœtera. In absentia vero Episcopi, potest benedicere coranam ». Clerici et velum viduæ, novos fructus, candelas in purificatione sanciæ Mariæ, cineres in capite jejunii, ramos in Dominica Palmarum, et peregrinaturos, et lecturum Evangelium, et populum cum dintittitur : aquam benedictam aspergit ad benedicendas novas domos et cætera nova. Ungere potest quemlibet fidelem semel in quolibet gravi dolore, quia unclio sancta non solum animæ, sed et corporis sæpè medelam tribuit…. Plus loin, parlant des pouvoirs de l'évêque, il pose d'abord ce principe : « Et superiores qui que gradus possunt inferiorum officit ministrare ». Puis il ajoute : « Episcopus ergo sacerdotis singulæ ministrat ; li cet, etiam ipso præsente, quasi quoddam sit proprium sacerdotis offerre, baptizare, horas celebrare, communicare, commendare, sepelire ». Sunt præterea seplem præsulis officia, confirmare, benedicere, absolvere, synodum tencre, dedicäre, consecrare, ordinare. À l'occasion de cette énumération, Gillebert définit chacun de ces termes, et c'est alors qu'il établit la distinction déjà signalée entre benedicere, dedicare, consecrare. Sur le terme ordinare, il dit : « Ordinat episcopus abbatem, abbatissam, sacerdotem el sex grotdus ».
L'application pourra varier dans la suite, mais le principe est posé : nous laissons aux canonistes le soin de nous dire quels sont, à l'heure actuelle, au point de vue du ministre, les bénédictions papales, épiscopales ou sacerdotales ; nous ne nous arrêtons pas non plus à la distinction sous le rapport du rite qui se rattache au mode de bénédiction. Voir le mot BENIR. Nous voulons parler ici seulement de la distinction des bénédictions au point de vue de l'objet.
I. BÉNÉDICTIONS DE PERSONNES. — Ces bénédictions sont dites liturgiques ou extra-liturgiques suivant qu'elles ont ou non quelque connexion avec les offices de l'Église ou l'administration des sacrements. Les liturgiques sont : générales, quand elles sont données à toute une assemblée, spéciales quand elles sont données aux particuliers, aux particuliers à l'occasion d'une circonstance spéciale, comme dans l'administration des sacrements, spécialement pour les saints ordres (voir ORDINATION et Tonsure) ou la bénédiction nuptiale. Voir MARIAGE. Il y a aussi la bénédiction d'un abbé, d'une abbesse, d'un roi ou d'une reine (voir SACRE) ; celle des malades in articulo mortis (voir MALADES) ; celle qui se donne d'une femme après enfantement. Voir RELEVAILLES. Enfin, on peut rattacher à cette catégorie les bénédictions qui se donnent pour certaines circonstances de la vie, comme pour la coupe de la première barbe (voir BARBE, col. 559) ; bénédiction des pèlerins (voir ce mot) ; bénédiction des enfants (voir ce mot) ; la bénédiction donnée aux diacres pour le chant de l'Évangile (voir ÉVANGILE), ou au lecteur pour les leçons. Voir BRÉVIAIRE ou LEÇONS DE L'OFFICE.
II. BÉNÉDICTIONS DE CHOSES. — Une fois encore, il faut signaler ici, mais seulement en passant, la distinction entre bénédiction et consécration : la bénédiction confère à l'objet une certaine efficacité, la vertu de produire quelque bien spirituel ou temporel ; la consécration d'un objet fait qu'il est comme changé en un objet saint, destiné exclusivement à de saints usages. C'est ainsi qu'il faut établir une différence entre panis benedictus et panis consecratus, entre ce que les Grecs appellent εὐλογία et ἀγίασμα ou γιάσμα. Ces bénédictions peuvent être liturgiques ou extra-liturgiques, comme il a été dit des bénédictions de personnes.
A. Celles données à l'occasion des sacrements.
B. Celles qui se rattachent moins étroitement au Saint sacrifice. La bénédiction des cierges, au jour de la purification. Voir CIERGE. La bénédiction du cierge pascal. Voir ce mot. La bénédiction des cendres au commencement du carême (voir CENDRES). La bénédiction des palmes ou rameaux. Voir RAMEAUX. La bénédiction — Clugnet, Dictionnaire grec-français des noms liturgiques, — D. Ferotin, Liber ordinum, dans Monumenta Hispanica, — Mangenot, Dictionnaire de Théologie catholique au mot Bénédiction, — Vigouroux, Dictionnaire de la Bible, au mot Bénédiction. — Warren, The Leofric Missal, in-4°, Oxford, 1883, — Wilson, The Gregorian Sacramentary, Liber Sacramentorum Ecclesiæ, in-4°, London, publication périodique.
La pensée de consacrer l'eau du baptême par le moyen d'une bénédiction spéciale est évidemment corrélation à la notion, transmise avec le christianisme lui-même, de l'efficacité de cet élément choisi par le Sauveur comme instrument de la régénération. Au IIe déjà, le Pasteur d'Hermas et l'Épitre de Barnabé s'expriment très clairement sur les effets mystérieux de l'eau baptismale, Cette eau qui procure la sanctification est elle-même une eau sainte, dira plus tard saint Irénée : Verbum & vivum, per aquam sacram et invocationem Domini a pristinis vitiis liberantur. Les Canons d'Hippolyte parlent aussi de l'eau pure et sainte requise pour le baptême ; mais ils ne spécifient pas encore s'il s'agit bien ici d'une bénédiction proprement dite, Au début du IIIe, l'affirmation de l'efficacité de l'eau baptismale devient plus nette ; en même temps paraissent les témoignages formels en faveur de la benedictio fontis. À Carthage, une certaine Quintilla avait imaginé de répandre parmi les chrétiens cette opinion que l'efficacité communément attribuée à l'eau baptismale était une chose absurde et incompréhensible. Ce fut pour Tertullien l'occasion d'écrire son livre De baptismo, où il montre comment la puissance divine se sert des éléments les plus vils pour accomplir ses actions les plus merveilleuses. Les eaux sont dépositaires de cette puissance divine, par le double fait de la bénédiction reçue de l'Esprit-Saint dès le commencement, et de l'invocation de Dieu prononcée sur elles au moment du baptême : Ta de Sancto sanctificata natura aquarum el ipsa sanctificare concepit.… Igitur omnes aquæ de pristina originis prærogativa sacramentum sanctificationis consequuntur INVOCATO DEO, Supervenit enim Spiritus de cælis, et aquis superest sanctificans eas de semelipso, et ita sanctificatæ vim sanctificandi combibunt. Il n'y a en cela rien d'incroyable, ajoute Tertullien ; les Gentils eux-mêmes n'attribuent-ils pas à l'eau lustrale une efficacité merveilleuse ? Quanto id verius aquæ præstabunt per Dei auctoritatem. C'est la puissance divine qui agit par l'eau baptismale, affirme Tertullien, répondant d'avance à ceux qui ont voulu voir là de la pure magie. Cette doctrine se retrouve dans les nombreux témoignages patristiques des IIe et IVes qui mentionnent la benedictio fontis, et dans toutes les formules liturgiques consacrées à ce rite. Rappelons en premier lieu la pensée de saint Cyprien qui réfléchit celle de Tertullien : Peccata purgare et hominem sanctificare aqua sola non potest, nisi habeat et Spiritum sanctum. Cette présence du Saint-Esprit lui est acquise par la bénédiction du prêtre : Oportet mundari et sanctificari aquam prius a sacerdote, ut possit baptismatis suo peccata hominis qui baptizatur abluer. C'était l'une des raisons pour lesquelles saint Cyprien refusait de reconnaître le baptême des hérétiques : comment, d'après lui, ceux qui ne possédaient pas le Saint-Esprit auraient-ils pu le communiquer à l'eau du baptême ? Saint Basile s'est fait l'écho de la même tradition, et à sa suite saint Ambroise l'a fidèlement reproduite : Si qua in aqua gratia, non ex natura aquæ sed ex præsentia est Spiritus sancti ; aqua non mundat sine Spiritu. C'est la présence du Saint-Esprit que l'eau reçoit par la bénédiction, et qui lui donne sa puissance sanctificatrice. La même relation entre la prière de la bénédiction et la présence de l'Esprit-Saint est clairement exprimée dans le De sacramentis qui s'inspire tant de saint Ambroise : Aliud elementum, aliud consecratio ; aliud opus, aliud operatio ; aqua opus est, operatio Spiritus sanctus est : non sanat aqua nisi Spiritus sanctus descenderit et aquam illam consecraverit.… Descendit et Spiritus sanctus… Nam ubi primum ingreditur sacerdos exorcismum facit secundum creaturam aquæ, invocationem postea et precem defert ut sanctificetur fans et adsit præsentia Trinitatis æternæ. Saint Augustin parle aussi très souvent de l'efficacité que les eaux du baptême doivent à leur bénédiction. Le passage du traité LXXX sur saint Jean est cité partout : Detrahe verbum et quid est aqua nisi aqua ? Accedit verbum ad elementum et fit sacramentum, etiam ipsum tanquam visibile signum. Le verbum parait signifier non seulement la formule trinitaire, mais aussi la benedictio fontis, la profession de foi baptismale et même la prédication des paroles évangéliques. Saint Augustin a, d'autre part, constamment affirmé contre les donatistes, que les formules de consécration de l'eau sont toujours valables, quelles que soient la dignité et la foi de celui qui les prononce. Il ajoute une remarque qui prouve que le texte de ces formules n'était pas encore fixé de son temps : Sinon sanctificatur aqua cum aliqua erroris verba per imperitiam precator effundit, multi non solum mali, sed etiam boni fratres in ipsa Ecclesia non sanctificant aquam. Plusieurs en effet se servaient de formules non officielles, ayant souvent des hérétiques pour auteurs, où par conséquent pouvaient se rencontrer des erreurs doctrinales. Dans ces cas-là, les évangelica verba contenus dans la formule baptismale suffisaient pour la validité du baptême. Contre les mêmes donatistes, saint Optat de Milève avait déjà proclamé que c'est le Christ en personne qui confère à l'eau baptismale sa puissance sanctificatrice : Hic est Piscis (vid. Christus), qui in baptismate per invocationem fontalibus undis inseritur. Saint Léon a repris à son tour l'idée de l'intervention de l'Esprit-Saint : Omni homini renascenti aqua baptismatis instar est uleri virginalis, eadem Spiritu sancto replente fonte, qui replevit et Virginem ! gracieuse image qu'a conservée la liturgie romaine dans sa consecratio fontis : … qui fontem baptismalis aperis, ut sumat Unigeniti tui gratiam de Spiritu sancto, qui hanc aquam…. arcana sui luminis admiratione fecundet, ut, sanctificatione concepta, ab immaculato divini fontis utero... progenies cælestis emergat. Dans plusieurs de ces témoignages patristiques, à commencer par celui de Tertullien, on aura remarqué l'emploi du terme invocatio. Le terme correspondant, ἐπίκλησις, est fréquemment appliqué par les écrivains grecs à la même formule de bénédiction, où l'on demandait à Dieu l'envoi de son Esprit sanctificateur. Il était donc naturel que l'épiclèse employée sur l'eau du baptême fit penser à la formule analogue utilisée dans la célébration de la sainte eucharistie, part et d'autre, en effet, il est question d'une intervention active de l'Esprit-Saint, qui transforme l'élément sur lequel il a été « invoqué ». En fait, on voit que plusieurs Pères ont signalé ce rapprochement qui s'imposait de lui-même. Les protestants ont voulu profiter pour nier que la transsubstantiation eucharistique fût une doctrine traditionnelle de l'Église. D'après eux, les Pères, assimilant pleinement l'effet de l'épiclèse baptismale à celui de la consécration de l'eucharistie, auraient insinué par là que la transformation introduite dans l'élément sacré était identique de part et d'autre. Comme il y avait manifestement dans l'eau baptismale qu'un changement de vertu, on concluait qu'il en devait être de même dans la sainte eucharistie. Il y a longtemps que Renaudot a répondu d'une façon péremptoire à cette objection peu sérieuse ; ses paroles méritent d'être rapportées : « Dans l'office du baptôme, Dieu est prié pour qu'il envoie son Saint-Esprit sur les eaux dont on fait la bénédiction, de les sanctifier, de les purifier, afin que ceux qui seront baptisés reçoivent la rémission de leurs péchés. Mais on ne trouvera aucune de ces prières par laquelle on demande le changement des eaux au sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ. On demande bien le changement des eaux en ce qu'on demande à Dieu qu'il remplisse la font sacrée de la vertu du Saint-Esprit... Mais on n'y trouve pas la moindre parole qui ait rapport au changement de la matière qui est bénie en une autre substance. Après la bénédiction des eaux, aucun rite ne montre qu'on les révère ou qu'on les adore comme étant du sang de Jésus-Christ. » Changement de vertu signifiait pour les Pères par la bénédiction que l'eau a reçu une efficacité qui n'est autre que la puissance divine agissant sur l'élément sanctifié. Cette efficacité, empruntée à la vertu divine, n'a rien de ces pouvoirs magiques auxquels on a voulu l'assimiler. Sans doute que la religion païenne était remplie de pratiques rituelles sentant quelquefois de réelles affinités avec les rites chrétiens, et où la superstition et la magie occupaient une large place. On signale en particulier les lustrations dans lesquelles l'élément jouait un rôle important. Aux yeux des païens, la nature de l'eau se convertissait en une action qui pouvait être accrue soit par la vertu de certaines sources sacrées, soit par l'addition ou l'artifice du sel, soit par une combinaison de l'eau et du feu, réalisée en plongeant dans l'eau des torches.
étaient à l'autel, » Un symbolisme exactement semblable se retrouve dans les rites chrétiens de la bénédiction de l'eau. Mais là se borne l'analogie. L'efficacité du baptême n'eut jamais aucune relation avec l'empirique que les anciens attribuaient à l'eau en vertu du choix que Dieu a fait de cet élément pour produire la grâce baptismale. L'analogie à l'eau du baptême que la simple eau d'usage des fidèles est revêtue d'une puissance : moyens de distribuer les grâces dont elle a le pouvoir. Il est bon de ajouter du reste que, soit par le fait des hérétiques — des gnostiques en particulier — soit par suite de pratiques superstitieuses invétérées, il se peut rencontrer bien des abus dans l'usage de l'eau, sont toutes choses étrangères aux institutions de l'Église ; et il en est qui elle a condamnées formellement, comme la pratique de l'eau lustrale,
Nous en dirons un mot à propos de la bénédiction de l'eau baptismale, les documents liturgiques anciens nous renseignent abondamment. Toutefois les Constitutions primitives ne mentionnent seulement que l'eau doit être bénite, sans donner de formule, D'autre part, dans ces documents, le détail de la bénédiction n'occupe plus la place prépondérante que les rituels plus récents, du moins aux Orientaux. Primitivement la double formule du renoncement au démon et de la profession de foi était unie à l'acte du baptême, la benedictio fontis se célébrait nécessairement en premier lieu, même, d'après les Canons d'Hippolyte, qu'elle avait lieu à part, le matin, en dehors de la fonction proprement dite, L'Eucologe de Sérapion (IVe), le plus ancien document qui nous en fournit le texte, la place tout au début de l’ordo baptis-.
Plus tard, la renonciation au démon et la confession de foi ayant perdu de leur importance furent reléguées à tort parmi les rites du catéchuménat, et la benedictio fontis prit leur place tout près de l'acte baptismal : C'est ce qu'on peut constater dans tous les rituels orientaux. Le rituel romain a sur eux l'avantage de sauvegardé l'union de la confession de foi et de la bénédiction du baptême ; ajoutons que chez lui, dans l'administration du baptême, la benedictio fontis ne se célèbre plus que deux fois et se trouve ainsi exclue du rituel baptismal, et que la renonciation au démon a retrouvé sa place immédiate avant la confession de foi,
Les anciens documents liturgiques distinguent dans les documents liturgiques des formules de benedictio fontis, souvent reproduites : le gélasien et le syro-byzantin, Ces formules ont ceci de commun : des exorcismes et la bénédiction proprement dite. La formule romaine, en usage encore de nos jours, est déjà fixée au VIe, à l’époque du Sacramentaire gélasien (cod. 316 du Vatican).
Elle se présente sous la forme d'une préface, suivie de dix membres de phrase, dont les n. 8, 9 et 10 n'appartiennent pas à la formule : ils sont d'addition relativement récente. Le texte, 1-7, n'a pas varié depuis le gélasien, sauf que les plus anciens représentants de ce gélasien (516 du Vatican, O.85 de Prague, #16 de la Bibl, nat. [Angoulème], Triplex de Gerbert *) omettent deux membres de phrase dans la formule 5, Unde benedico te creatura aquæ.
Ce détail a son importance pour le classement des gélasiens, Ajoutons que la forme de Préface, 1, sous laquelle la bénédiction se présente actuellement est inconnue des gélasiens, des missels de Bobbio et de Stowe, des Ordines romani 1 et VII ; elle ne parait qu'au IXe avec les grégoriens.
La formule 8, Sanctificetur, apparait aussi au IXe, mais encore affectée à l'infusion du chrême ; l'emploi de l'huile des catéchumènes est de beaucoup postérieur à cette date, on le trouve mentionné dans quelques rituels du haut moyen âge ; mais ce n'est qu'à partir de la réforme de saint Pie V qu'on le voit s'introduire dans le Missel romain en même temps que la formule 10, Commixtio.
C'est également à cette époque que la benedictio fontis du samedi saint a passé du sacerdotale ou rituel dans le missel, d'où elle n'est plus sortie. Sous sa forme actuelle la consecratio fontis romaine ressemble assez à une ancienne anaphore eucharistique. On y retrouve en effet, après un long prologue, 1-5, les paroles de l'institution divine, Jte, docete omnes gentes baptizantes eos, immédiatement suivies d’une anamnèse (6), Hæc nobis præcepta servantibus, et enfin, n. 7, de l'épiclèse, Descendat in hanc plenitudinem fontis virtus Spiritus tui,
Si l'analogie a été voulue du rédacteur de la formule, elle ne saurait aller bien loin, attendu que les paroles de l'institution du baptême n'ont rien de l'efficacité des paroles divines dans l'anaphore eucharistique. À vrai dire, elles n'ont même aucun rapport direct avec la consecratio fontis. De plus il n’est pas sûr que la portion de la formule, avec laquelle elles font corps dans la rédaction actuelle, soit à la place qu'elle occupait primitivement.
On remarque en effet, dans cette rédaction, l'absence d'exorcisme avant la consecratio, Tous les rites en ont un ou plusieurs. Le gélasien lui-même fait précéder d'un exorcisme sa benedictio aquæ ad succurrendum*, D'autre part le De sacramentis, qui se réclame de l'usage romain, mentionne expressément l'exorcisme : Ubi primum ingreditur sacerdos, EXORCISMUM FACIT SECUNDUM CRE ATURAM AQUÆ, invocalionem poslea et precem fert ut sanctificetur fons.
Mais quand on y regarde de près, on s'aperçoit que l'exorcisme n'a peut-être pas disparu complètement du formulaire romain : la portion 5, Unde benedico te CREATURA AQUÆ per Deum vivum…. qui te in principio verbo separavil ab arida…., contient une énumération des prodiges opérés par l'eau dans l'Ancien et le Nouveau Testament ; elle se termine par la susdite mention du précepte baptismal Jte, docete. que la formule de transition, Hæc nobis præcepta servantibus (6), relie au texte de la consecratio fontis.
M. Magistretti a fait le rapprochement des textes, mais sans se préoccuper des formules romaine et mozarabe. Il est cependant utile de confronter les trois documents, Agratiam, salutaris ad vitam potus nültur. Tu intimis scaturiens venis, Fspiritum inclusa vitalem, aut succum em prestas, ne, siccatis examinata lOZ, exanimata, Pont. rom. exinanita) us, solemnes neget terra provente initium, per te finis exsultat se Deo tuum est, ut terminum us, AL tu Domine, 0. D., cuius 2 non nescii dum aquarum merita AUS, operis insigna prædicamus, M.) benedictio- (Moz.)suscipe propior... le quætius noxios.. Redde utsuperhance quod in paradiso Im, etc... Adam perdidit, ete.
La rédaction originale de cette pièce s'est évidemment approprié le texte de saint Ambroise. Or, dans leurs emprunts, les deux types qui nous sont connus se comportent très diversement vis-à-vis de leur modèle ; des deux côtés, on rencontre des leçons conformes au texte de saint Ambroise, par là même primitives, et des leçons erronées ou des lacunes. C'est ainsi qu'en trois circonstances, l'ambrosien paraît être le meilleur comme reproduisant textuellement saint Ambroise, tandis que le romain s’en écarte. D'autres fois, la leçon romaine a l'avantage : elle reproduit en particulier tout un passage qui a disparu de l’ambrosien. De son côté, le mozarabe se rattache non pas à l’ambrosien, dont il a cependant la finale, mais au romain, qui somme toute parait être le plus près de la rédaction primitive.
Depuis le x° siècle au moins, la bénédiction de l'eau dans le rite ambrosien se termine par une infusion de chrème. Saint Ambroise semble bien parler du signe de la croix fait sur l’eau, mais ni lui, ni le De sacrarnentis, non plus que l'ancien rite romain, ne connaissent l'usage du saint chrême. On l'observait au contraire très anciennement en Espagne et en Gaule.
Grégoire de Tours le mentionne à propos d'une fontaine miraculeuse d'Espagne : Tunc cum exorcismo sancti calant aquam, conspersum desuper chrisma, omnis populus cum devotione haurit. Saint Ildephonse de Tolède, ou l'auteur du vi siècle qu'il reproduit, résume ainsi la cérémonie : Sacerdos signaculo ligni crucis contingit aquas, exorcismum apponit…, oleum infundit…, benedictionem profert. Le Liber ordinum et le missel mozarabe reproduisent exactement cet ordre de cérémonies, sauf qu'au lieu d'un signe de croix ils mentionnent une triple insufflation : le P. Lesely pense qu'il s'agit là d'un seul rite, les insufflations devant se faire en forme de croix.
Comme saint Ildephonse, le Liber ordinum prescrit l'emploi de l'huile bénite ; le missel, sans doute sous l'influence du rite romain, parle de saint chrême mêlé d'huile des catéchumènes. L'infusion de chrème se retrouve enfin dans le missel irlandais de Stowe à la suite de la benedictio fontis romaine (du type gélasien, Vatican 316). C'est un détail que nous allons retrouver dans tous les rituels orientaux, au moins à partir d'une certaine époque ; mais les formules qu'ils présentent sont toutes différentes de ce que nous avons rencontré jusqu'ici.
Les anciennes Constitutions orientales ne donnent aucun texte de benedictio fontis. Il s'en trouve dans les documents postérieurs, l'eucologe de Sérapion et les canons de Basile, mais au commencement même de la fonction et en dehors de l'acte baptismal, lequel réunissait dans le principe le renoncement et l'onction, la confessio fidei et la triple ablution. Dans la suite, nous le savons, cet ordre fut interverti : le renoncement et la confession de foi furent mis au nombre des rites du catéchuménat, tandis que la benedictio fontis prit leur place tout à côté des immersions baptismales.
C'est ce qu'attestent déjà pour l'Égypte au iv° siècle la vingt-quatrième réponse canonique de Timothée d'Alexandrie et l'ordo arabe (du vi siècle) publié par le P. Baumstark ; pour la Syrie, les écrits dionysiens et le rituel syrien rédigé au vi siècle. Celui-ci a conservé des traces évidentes de ce déplacement : l’apologia sacerdotis qui dans tous les rites orientaux (rédaction copte-éthiopienne) [alia benedictio] l'ordre « une longue suite d'acclamations empruntées à la benedictio aquæ de l'Épiphanie que nous étudierons dans un instant, intercalent une épiclèse ou invocation de l'Esprit saint qu'on ne rencontre pas ailleurs.
La formule de la benedictio fontis, que l'on trouve dans les diverses rédactions de l'ordo syrien, s'introduite peu à peu dans tous les autres rites orientaux. Elle comprend une action de grâces, et un chant de louange à la toute-puissance du Seigneur, un exorcisme et enfin la consécration proprement dite. Elle retrouve avec tous ces éléments chez les Syriens et les Grecs d'une part, chez les Éthiopiens d'autre part.
Ces derniers, elle fait double emploi avec une formule analogue, commune aux Coptes et aux Éthiopiens, qui en réalité présente tous les éléments de la même formule syriaque, mais dans un ordre un peu différent. Le tableau ci-joint (col. 697-698) rendra suffisamment compte de ces particularités.
Les numéros inscrits au commencement de chaque membre de phrase montrent que les formules coïncident bien dans leur ensemble, tandis que dans l'ordre elles sont interverties. Chez les Grecs, le n. 1 est remplacé à la suite. Avant l'exorcisme n. 4, les Syriens et les Grecs placent une triple insufflation de l'eau, en forme de croix ; dans l'ordo éthiopien elle précède la benedictio.
Les deux dernières portions sont identiques de part et d'autre, avec cette différence toutefois que, avant la bénédiction finale Revelare Domine (6), les Syriens ajoutent une formule empruntée aux Grecs et aux Syriens (plutôt aux premiers qu'aux seconds, on s'en rapporte aux particularités du texte), l'ordo éthiopien reproduit comme l'ordo copte, son prototype, la formule propre au rite alexandrin.
En définitive, on voit, par le rapprochement des numéros, que la formule alexandrine provient d'une même source que la formule syro-byzantine. Il faut retenir le fait intéressant de cette unité primitive ; remarquer à quel point, malgré la communauté d'idées, nous sommes loin des formules occidentales : ce sont deux types essentiellement distincts.
Cependant, on trouve analogie d'usages entre Orientaux et Occidentaux dans l'emploi de l'huile ou du chrême. Les rituels syriens font suivre leur bénédiction d'un triple chrismatio avec le pôpoy &yrov, cérémonie qui déjà une attestation formelle dans le livre de la hiérarchie ecclésiastique (vii siècle) : Aquas fontis invocationibus sanctificat, necnon tribus sacralibus époy crucis forma affusionibus, totidem... sacrosanctum Deo prophetarum divinæ inspirationis hymnum concinendo, consecrat.
Plus tard, les Syriens adoptèrent l'usage d'un mélange d'huile et de chrême, au lieu du chrême seul : Hoc tempore, remarque Bar Hébræus au xiii° siècle, OLEUM ‘ET CHRISMA in aqua funduntur. Les Grecs au contraire n'emploient que l'huile bénite ordinaire comme pour l'onction des catéchumènes ; tandis qu'ils la versent dans l'eau baptismale.
Un constate en Orient une discipline toute contraire. L'eau baptismale y est considérée comme tellement sacrée, que des prescriptions anciennes interdisent aux prêtres d'en distribuer aux fidèles, et aux femmes en particulier. En revanche, on rencontre de bonne heure, en Orient et en Occident, la coutume de bénir l'eau pour l'usage des fidèles. Les anciens documents hagiographiques parlent très souvent de l'emploi de matières bénites, eau, pain, huile, etc., soit comme préservatif contre les puissances infernales, soit comme remède surnaturel dans les maladies du corps et de l'âme. Les exemples abondent à partir du IVe ; on les rencontre chez les Pères de l'Église.
Plus tard, l'Église s'occupa de régler cette partie du culte ; il s'agit d'une bénédiction très sommaire, accomplie au moyen d'un simple signe de croix, ne présentant pas un caractère liturgique, mais de fixer les rites et les formules qu'on devrait employer pour cette bénédiction. Les Orientaux, les Syriens et les Grecs en particulier, ont probablement devancé les Occidentaux dans cette voie. Car on constate chez eux, à une époque reculée, la coutume qui s'est perpétuée depuis, de sacrer la mémoire du baptême du Sauveur, en la fête de l'Épiphanie, par une bénédiction d'eau très solennelle, dont les anciens documents latins n'offrent le moindre vestige.
Peut-être, à l'origine, cette bénédiction d'eau se confondit-elle avec la consecratio des fonts préliminaire à l'administration du baptême : on sait, en effet, que de très bonne heure les Orientaux adoptèrent l'usage de conférer le baptême aux enfants le jour de l'Épiphanie. On peut à la rigueur interpréter dans ce sens le passage suivant de Jean Chrysostome, où nous trouvons le plus ancien témoignage suffisamment formel d'une bénédiction de l'eau en la fête de l'Épiphanie : « En cette fête, les chrétiens se réunissent vers le milieu de la nuit, ayant tous puisé de l’eau de leur réunion, ils se retirent avec des vases qu'ils viennent de remplir : ils la gardent précieusement et il leur arrive même de la conserver intacte durant une année entière : car en ce jour, des eaux ont été consacrées !! » Peut-être s'agit-il de l’eau baptismale. Toutefois, l'usage qu'en faisaient les fidèles montre que cette eau de l'Épiphanie était bénite à leur intention, et nous verrons que les prières affectées à cette bénédiction dans les rituels orientaux ne font pas allusion à la préparation du baptême.
Ce fait nous est du moins attesté au VIe par Antonin de Plaisance, qui, dans son Itinéraire de Terre-Sainte (vers 570), écrit au sujet de l'Épiphanie : « Tenui autem Theophaniam in Jordane, ubi vidimus mirabilia in illa nocte, in loco ubi baptizatus est Dominus... In vigilias Theophaniæ fiunt vigilæ Done, populus infinitus ; gallo quarto aut into fiunt matutinas. Conpleto matutinas albescedunt ministeria sub divo, et tenentes candelas sacerdos in fluvio, et hora, qua edicere aquam, mixtus lordanis cum rugitu se et stat aqua usque dum baptismus perficiatur. Et omnes Alexandrini habentes naves homines e illo ibi habent habentes colathos plenos cum bus et opobalsamo, et hora, qua benedixerit antequam incipiant baptisari, omnes fundent lathos in fluvium et tollent inde AQUAM BENE DICTEM, et exinde faciunt AQUAM SPARSIONIS in navibus Deo erent ad navigandum. Conpleto sommes descendunt in fluvio pro benedictione uti sindones et multas cum alias species, quas sibi loeum sumpt. » Ces rites devaient être anciens ; il est vraisemblable que ce fut de Jérusalem que la bénédiction de l'Épiphanie se répandit en Orient.
Nous verrons plus loin que, d'après la tradition arménienne, le rituel de cette bénédiction aurait été composé à Jérusalem par saint Basile ; saint Sophrone de Jérusalem (VIIIe) y a laissé des pièces de sa composition. Cependant, l'auteur de la Peregrinatio (Euchérie) la signale déjà au IVe ; malheureusement, le manuscrit qui nous l'a conservée a supprimé le commencement de la description de la fête de l'Épiphanie. Au Ve, le patriarche d'Antioche, Pierre le Fullon, décida que cette bénédiction se ferait, non plus au jour de l'Épiphanie, comme l'attestait saint Jean Chrysostome, mais bien la veille au soir.
La bénédiction spéciale de l'Épiphanie est encore mentionnée par le patriarche de Constantinople, Jean le Jeûneur (vers 590) : « In Christi Nativitate et Epiphanie Paschate... vice communionis danda est pænitentia in polum Epiphaniæ sanctificatio, kylacpa ayius Geopavelor ». Le titre « Épiphanie » est précisément celui sous lequel nous la désignons dans les anciens eucologes grecs. Dans des documents plus récents, on l'a surnommée « l'eau servant ». Conpleto baptismo revertitur, c'est-à-dire, après le baptême, est le premier qui parle de la solennité de la bénédiction de l'eau pour la distinguer du puxpôs &ytacnés d'institution plus moderne et dont il sera question plus loin.
Tous les rituels orientaux nous ont transmis les formules pour la bénédiction de l'eau de l'Épiphanie. Le motif de cette cérémonie est le même partout : rappeler le baptême de Notre-Seigneur et la sanctification des eaux du Jourdain. Partout également se retrouve la même prière solennelle qu'il est aisé de dégager en comparant entre eux les documents des différents rites, et sur laquelle du reste la tradition syriaque conserve des données assez précises. Cette formule admirable, consacrée par l'usage universel en Orient, débute en grec par les mots Méyas ei Kôpre nat Oauuxcta ra Éova cou. Elle contient une hymne de louange et d'action de grâces adressée à la personne du Verbe : louange rendue à ses attributs divins et à sa puissance créatrice en particulier, action de grâces pour tous les bienfaits de l'Incarnation.
On rappelle à ce propos le baptême dans le Jourdain, où « le Seigneur a marché sur les eaux », et l'on prend occasion de ce souvenir pour formuler la prière, véritable épiclèse où l'on demande au Seigneur une nouvelle manifestation de son Esprit-Saint : « Seigneur, envoie sur nous ton Esprit-Saint, pour que nous soyons sanctifiés et que nous soyons remplis de ta lumière ». Enfin, sont exprimés les effets qu'on attend de cette eau sanctifiée : « cause de sainteté, rémission des péchés, santé de l'âme et du corps, arme contre les démons, protection des biens et des demeures pour tous ceux qui en seront aspergés ou s'en feront un breuvage ».
Tout est donc indiqué dans cette formule, en particulier le but spécial de la bénédiction de l'Épiphanie : l'eau bénite en ce jour n'est pas destinée au baptême, mais à l'usage personnel des fidèles. Aussi bien, la formule de bénédiction qui nous occupe est la partie centrale et essentielle de la cérémonie. Elle a dû même, à l'origine, constituer à elle seule tout le rite de la bénédiction, comme l'atteste la tradition syrienne ci-après mentionnée. Les Arméniens et les Syriens l'ont empruntée aux Grecs, de même aussi les Coptes et les Abyssins. Par contre, ils ignorent la plupart des formules qui, depuis le VIIe au moins, accompagnent dans l'Eucologe grec la prière Méyac ei Kôgie.
Les manuscrits grecs postérieurs à cette date offrent déjà presque toutes les pièces consignées dans le rituel actuellement en usage. La fonction est fixée soit au soir du 5 janvier, soit au jour même de l'Épiphanie, à la suite de la liturgie. Le lieu même est prévu : elle doit s'accomplir près de la fontaine sainte située dans la cour extérieure de l'église. Elle débute presque toujours par le chant de tropaires appropriés à la circonstance (entre autres celui-ci, Duvr Kuplou ri +<üv dégrws, inspiré du psaume xxv), et des lectures dont le choix varie avec les documents ; souvent on rencontre la leçon d'Isaïe, « Haœurielis aquas in gaudio ».
Avrhtaure Jôwp uer'euppoodvns Ex Tüv mny@v Ewrrplos…. dont les premiers mots se retrouvent anciennement, gravés sur les vases où l'on conservait l'eau bénite. Voir BÉNIMER. Indépendamment des &tæxovixx, ou invocations prononcées par le diacre, et d'une prière préparatoire, Domine Jesu Christe…. lumen de lumine, récitée à voix basse, par le célébrant, la fonction comporte encore deux formules d'introduction à la prière consécratoire Méyas el Kou : elles sont intitulées dans les anciens manuscrits, xpdioyos heyduevos rod <05 Méyas ei Kôpee, et Érspos rpéhoyocs, ce qui dénote deux pièces distinctes, entre lesquelles le prêtre avait peut-être le choix.
Les manuscrits récents et l'Eucologe actuel les réunissent sous le titre « poème de Sophronios, patriarche de Jérusalem ». Cette attribution n'a pas d'attestation ancienne. Elle ne peut guère en tous cas s'appliquer qu'à la première des deux formules. La seconde doit être antérieure à saint Sophrone (vers 650). Certains manuscrits grecs l'attribuent à saint Basile, dont le nom se trouve aussi dans la tradition arménienne, comme on le verra plus loin. De plus, les Arméniens paraissent l'avoir connue (en deux rédactions différentes) dès l'année 450, époque à laquelle ils l'ont fait passer dans leur Rituel.
Elle emprunte à sa forme et à son texte l'intérêt et l'importance qui la désignent à l'attention. C'est une hymne plutôt qu'une oraison ; la fête de l'Épiphanie y est merveilleusement dépeinte selon les conceptions orientales. Mais, quelle que soit son importance, cette pièce ne doit pas faire perdre de vue la place prépondérante qu'occupe dans le rite de la bénédiction de l'eau la formule Méyas € Küçe, dont il nous reste à signaler les diverses adaptations arméniennes, syriaques, coptes et éthiopiennes.
Divers documents anciens établissent l'antiquité du rite de la benedictio aquæ chez les Arméniens. Au début du VIe, le catholicos d'Arménie, Jean d'Odsun, rappelle la solennité que l'on donnait déjà à la fête du baptême du Christ : « Id antiqua erat et RS TD Ce TR - à rt ps suetudo jam ab antiquis temporibus originent due al que ad nos usque perveniens : 0 nam que die aquas decantando psalium XXVII præmissaul phona Vox Domini super aquas, at que Mattie baptismo evangelium legendo, aquam be benedictam oleo in cam infuso ; eo que veluti morborum animi corporis remedio omnes fruentes exulitabant ».
ms. du xi° siècle atteste que ce prélat a donné une nouvelle version de ce rituel #. Dans son pontifical écrit en 1171, Michel le Syrien prétend que le rite fut institué primitivement à Antioche, mais que le cérémonial ne fut rédigé définitivement qu'au temps de Jacques d'Édesse et de son ami George, évêque des Arabes, [D'après son propre témoignage, Jacques d'Édesse* parait plutôt comme le reviseur que comme le premier traducteur du formulaire grec : Orda benedictionis aquarum olim prorsus non memorabatur in ecclesia Dei, quemadmodum neque hodie Alexandriæ in gypto illius memoria est. Cum autem observari cœpit, una tantum orationem dicebat sacerdos super aquas, Postea sanctus Proclus episcopus unius e civitatibus Cypri (Michel le Syrien écrit Constantinopolitannus 9) addidit et COMPOSUIT ORATIONEM ILLAM MAGNAM, CUJUS INITIUM, MAGNUS ES DOMINE, Deinde addidit, et Epiphanius.…… Et posterius addiderunt patres quatuor orationes et sanxerunt neque additio aut diminutio fieret 1°. Ces dernières oraisons sont propres au rit syrien : Jacques d'Édesse en donne une énumération qui concorde avec les documents publiés. L'oratio magna, attribuée ici à saint Proclus, est notre Méyaxe gi Kôpu dont, on le voit, les Syriens il — 2
707 BÉNÉDICTIONS DE L'EAU
ont su apprécier l'importance ; sauf une inversion de deux phrases au commencement, son texte ne diffère pas de la leçon grecque.
Les Coptes ignoraient encore, à la fin du vi° siècle, le rite de la benedictio aquæ de l'Épiphanie, Jacques d'Édesse vient de nous l'attester, et en connaissance de cause, puisqu'il avait passé plusieurs années à Alexandrie. Il est difficile de déterminer la date à laquelle ils l'adoptèrent, L'édition du pontifical de Tukit qui le donne in extenso était basée sur un ms. récent. Le Musée britannique, à Londres, possède un ms. bohaïrique assez ancien (cod. Or. 5643. 1)* donnant déjà le même ordo que le pontifical.
Il parait en tout cas, d'après la traduction anglaise que le Dr Budge a basée sur le texte du pontifical de Tuki, que les Coptes ont emprunté leur formule Magnus es Domine aux Grecs et non pas aux Syriens, car ils n'ont pas l'inversion propre à ces derniers ; de plus on y retrouve un très grand nombre de termes grecs provenant de la formule byzantine. Cette prière Magnus es Domine constitue d'ailleurs à elle seule toute la bénédiction : elle est simplement précédée de nombreuses leçons de la Sainte-Écriture, et d'une litanie diaconale empruntée à la cérémonie, très ancienne chez les Égyptiens, de la bénédiction du Nil+, De plus la formule Magnus es, qui suit le grec, est entrecoupée d'acclamations, spécialement par le chant trois fois répété du Sanctus, particularité qu'on retrouve dans l'ordo éthiopien *, Ce dernier découle donc du copte, encore qu'il attribue sa formule à Sévère d'Antioche. Du reste, ses chants et prières préparatoires à la bénédiction différent de la rédaction copte : ils sont beaucoup plus longs et sont destinés à occuper toute la vigile nocturne de la fête de l'Épiphanie. Comme les Coptes, les Éthiopiens ont coutume d'achever la cérémonie en se baignant en foule dans les eaux qu'on vient de bénir, Sur cet usage inoffensif les Éthiopiens, au XVe, en greffèrent un autre, fort répréhensible celui-là, qui consistait ni plus ni moins qu'à transformer ce bain en un véritable baptême.
L'usage oriental de bénir les eaux la veille ou le jour de l'Épiphanie s'introduisit en certaines églises d'Italie à la suite des communautés grecques. Ainsi l'évêque Luc de Cosenza en Calabre (1209-1224) mentionne, dans son Ordinarium, le solitum exorcismum salis et aquæ qu'il avait coutume de célébrer le jour de l'Épiphanie en mémoire du baptême du Christ. Au XIVe, l'Église de Nardo, dans la terre d'Otrante, voyait chaque année cette bénédiction de l'eau célébrée par les prêtres grecs et les latins qui composaient son clergé ; le rituel qui y était attaché n'est qu'une traduction grecque d'un ordo latin fort répandu aux XVIes : de l'antique rituel byzantin, on n'y servait qu'une oraison, la moins importante, à savoir la prière préparatoire Domine Jesu, Ci lumen de lumine. Cf. pl. haut, col. 703. Ç l'ordo latin, dont ce texte grec n'est qu'une adaptation, il est difficile de dire à quelle époque il s'est formé et pour quelle Église il a été spécialement constitué. On le rencontre à partir du XIIIe, soit dans les rituels allemands et hongrois, soit en Italie dans différentes éditions vénitiennes du romain ?, Dès le XIVe, le carme Jean d'Heim (+1375) fait allusion à un rituel latin de bénédiction de l'eau du Jourdain le jour de l'Épiphanie. G. Diclich signale un ms. du XIVe, qui contient l'ordo pour l'Épiphanie ; on retrouve à peu près tous les éléments de cet ordo dans des mss. plus anciens, mais généralement sous le simple titre benedictio major, et sans faire allusion à la fête de l'Épiphanie, C'est le cod. 4770 du Vatican du XIe (f 231), et de Vienne du xe-XIe utilisé par un autre ms. de Vienne du xie-XIIe contenant l'évangile du baptême de N.-S., ce qui semblerait indiquer la destination de cet ordo. Il est à croire que cette benedictio major, qui est déjà un élément de la benedictio aquæ spargendæ in domo, a servi à former le nouveau rituel de diction pour l'Épiphanie. Ce rite emprunté par les Latins aux Orientaux n'a d'ailleurs jamais été d'usage universel. Certaines contrées, comme la France, l'Espagne, la Grande-Bretagne, ne semblent l'avoir connu. Son rituel a été l'objet de discussions ; il a finalement été supprimé le 11 décembre 1890, la Congrégation des Rites ayant jugé bon d'en donner un nouvel ordo beaucoup plus court, qui n'a plus aucune allusion à l'Épiphanie ni au baptême du Sauveur.
P” III. LA BÉNÉDICTION ORDINAIRE DE L'EAU CHEZ LES LATINS. — Bien des siècles avant de prendre la coutume orientale de la bénédiction de l'eau le jour de l'Épiphanie, les Latins connaissaient une diction de l'eau plus simple et plus fréquente. Le Decretum de Gratien fait remonter l'institution de cette benedictio à Alexandre Ier (ann. 109-116) : il cite même une lettre que ce pape aurait adressée ad omnes orthodoxos, et où il aurait dit entre autres choses : Aquam sale conspergimus populis benedicimus, ut ea cum aspersi sanentur. : quod et omnibus sacerdotibus faciendum est ; pour cette époque, Il faut du reste reconnaître au plus tard, si elle n'est pas absolument incertaine : le Liber pontificalis attribue en effet au pape Alexandre Ier le décret suivant : Constituit | x, C'est, ajoute M. Duchesne, « le plus ancien âge que l'on ait sur la bénédiction de l'eau en dehors de l'administration du baptême !. » Le sacramentaire gélasien possède un ordo complet intitulé Ordo ad aquam spargendam in domo ?. Mais on ignore la date exacte de cet ordo, et M. Bishop pense qu'il le rangerait parmi les éléments non-romains de ce sacramentaire *. Peu importe pour le moment. Un semblable ordo se rencontre au VIIe dans le sacramentaire de Bobbio. Ce n'est, semble-t-il, qu'au XIe qu'on trouve mentionnée pour la première fois la coutume de bénir l'eau et le sel chaque dimanche, Ainsi le prescrit le pape saint Léon IV : Omni die dominico ante missam aquam benedicite unde populus aspergatur, et ad hoc proprium vas habete, A la même époque, Hincmar ordonne aux prêtres de son diocèse ms, ut omni dominico die quisque presbyter in ecclesia ante missarum solemnia aquam benedicat….%, et plus tard Bernold constatait que le rit d'Alexandre Ier était observé, quod et nos in dominica juxta canones sequimur. La dernière remarque doit s'appliquer à des canons de date inconnus, si elle ne se réfère pas simplement à la décrétale du pape Alexandre. Les sacramentaires latins sont bien loin de s'accorder sur le texte des prières assignées à la bénédiction de l'eau lustrale, On serait en droit d'en conclure qu'ils ne possédaient pas à ce sujet de tradition très ancienne. Il faut noter toutefois que les sacramentaires ont coutume de donner, sous le titre Oratio ad aquam exorcizandam in domo, l'exorcisme et l'oraison Deus qui ad ablutionem humani generis marina quæque sacrata. qu'on lit encore actuellement dans l'ordo ad aquam benedictam faciendam, Au moins témoigne-t-elle sur une donnée historique, datant du VIIe, la tradition de l'exorcisme cum sale benedici in habitaculis | in, transmis à Charlemagne par le pape Hadrien,
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in Trullo (fin du VIIe), lequel prohiba les usages superstiteux des néoménies (canon LXV), sans faire aucune allusion au rite de la bénédiction de l'eau : celui-ci fut sans doute fixé dans la suite afin de faire disparaître jusqu'aux derniers vestiges des anciennes pratiques. Du reste les bénédictions de l'eau, en dehors de l'administration du baptême et de la fête de l'Épiphanie, étaient déjà connues. Le VIIe livre des Constitutions apostoliques contient une *711 BÉNÉDICTIONS DE L'EAU
prière intitulée [sdyaptotia] mepi Üôaros xat Sais !, bénédiction de l'eau et de l'huile que les fidèles offraient à l'autel pour s'en servir ensuite comme de remède dans leurs maisons et de préservatif contre le démon, Cette oraison n'a pas subsisté dans l'ordo du pexpès &ycaaués des eucologes. Elle a été remplacée par une longue formule de bénédiction précédée du chant de nombreux tropaires, des lectures et de la prière diaconale. Elle se termine par l'invocation Kitvoy Kôgre û où : cou empruntée à la grande bénédiction de l'Épiphanie ; à la fin de la cérémonie le prêtre plonge la croix dans l'eau et achève ainsi la consécration . L'usage de la bénédiction mensuelle ne se retrouve pas chez les Syriens. Le pontifical rédigé en 1167 par Michel le Syrien dit que l'eau peut être bénite quand on en a besoin, mais il ne prescrit pas de prières spéciales : on se sert de l'ordo usité le jour de l'Épiphanie . Le rituel éthiopien contient une benedictio ad oninid qu'on adapte à la bénédiction privée de l'eau t : il n'est pas question non plus de bénédiction mensuelle, *IV. BÉNÉDICTIONS DIVERSES. — L'emploi de l'eau | exorcisée dans la purification des temples païens transformés en églises, et dans la dédicace des nouveaux édifices du culte, doit remonter à une très haute antiquité. Saint Optat de Milève semble y faire allusion : il reproche aux donatistes de purifier avec de l'eau salée les églises catholiques qu'ils s'étaient appropriées pour les faire passer à leur culte. Le pape Vigile mentionne le rite, mais pour dire qu'il n'est pas nécessaire ?. Toutefois un demi-siècle plus tard, saint Grégoire indique le procédé à employer pour purifier les temples : aqua benedicta fiat, in eisdem fanis aspergatur, altaria construantur, reliquiæ ponantur 7, et Bède parle, à propos de l'évêque Jean, de l'aqua benedicta quan in dedicationem ecclesiæ consecraverat $, Il y avait donc une bénédiction spéciale de l'eau destinée à la dédicace des églises, Les sacramentaires romains en fournissent la formule : on y voit mentionnée non plus l'eau seule, mais l'eau mélangée de vin. Cette courte formule constitue toute la bénédiction dans le gélasien du Vatican et dans le Missale Francorum 1, Elle parait être d'origine gallicane, car elle n'est pas dans le grégorien d'Hadrien {1 : en revanche, elle se retrouve dans toutes les rédactions françaises du grégorien, mais entourée de nombreuses formules d'exorcismes ! ? et de bénédictions de l'eau et du sel qui se sont conservées jusqu'à présent dans le Pontifical romain. Actuellement le rite de la consécration des églises comporte en outre une autre bénédiction de l'eau et du sel qui reproduit l'ordo commun à la bénédiction de l'eau. C'est la disposition que présentent déjà le sacramentaire gélasien-grégorien de Reims du IXe 14, et l'ordo romain de Maffei, publié par Muratori t, Les Grecs emploient depuis longtemps, pour bénir l'eau chaude destinée à la consécration de l'autel, une formule qui se termine par l'action de la toute-puissance divine : qu'une fois courte prière tirée en grande partie de l’ordo de l'Épiphanie : Kôgee…. à &yrioas à Geilpa ro »lopätve she v0où émonveixc… 15. C'est également à leur & de l'Épiphanie que les Coptes ont emprunté leur bénédiction de l'eau à la dédicace : El ; Ilazno dyro V'iüs dycos, Ev Ilvedua äysov 16, Les Syriens ne semblent pas faire usage d'eau bénite pour la consécration di La bénédiction de l'eau et du sel pour le baptême de cloches est inconnue des premiers sacramentaires gélasiens, L'institution est d'origine plus récente et probablement gallicane, Le sacramentaire de Gellone (vers 750) est, semble-t-il, le plus ancien document qui en fait mention : il donne la formule Benedie Domine hanc aquam, qui s'est conservée dans le Pontifica romain !#, Les anciens livres liturgiques offrent fréquemment des séries d'exorcismes et de bénédictions de l’eau destinées aux malades. Mais sur ce terrain il ne faut pas songer à trouver une uniformité quelconque. Aussi ne faisons-nous que mentionner certains titres recueillis de côté et d'autre. Dans Gerbert, on rencontre le titre exorcismus salis et aquæ super infirmos s Gregorii papæ ! ?, les longues formules que l'on a plus tard adaptées à la bénédiction de l'eau de l'Épiphanie. Sont aussi destinées aux infirmes les bénédictions suivantes : Benediclio aquæ cum ligno sancta crucis, benédiction ad unguent hominem %, ordo conficiendi aquam benedictam tempore mortalitatis ?1, exorcismus contra dæmoniumt ??, etc. L Il convient enfin de signaler un rite liturgique qui, bien que non officiellement reconnu, jouit cependant au moyen âge d'une grande faveur : celui des ordalies ou jugements de Dieu. Voyez ce mot. Les bénédictions de l'eau y tenaient une place prépondérante. Interdiction formelle fut portée par le IVe concile de Latran (1215) de célébrer ces bénédictions, que l'on rencontre très fréquemment dès le IXe dans les rituels, les pontificaux, les bénédictinaires et les missels eux-mêmes. En voici quelques titres : benedictio aquæ judicium faciendum, benedictio vel exorcismus aquæ calidæ in qua manus ad judicium mittitur, benedictio aquæ frigidæ stantis vel fluentis, judicium aquæ frigidæ, benedictio aquæ frigidæ ad judicium Dei, e On y a mis souvent à profit l'ancien exorcisme, 4 cizo te creatura aquæ per Deum vivum qui te in cipio… que nous avons déjà signalé comme contenant la mention des prodiges opérés par l'eau sous l'ancien et sous la nouvelle Loi. Une autre formule fréquemment usitée s'adresse également à l'eau : on l'adjure de ne pas recevoir dans son sein celui qui tente l'épreuve, lui rappelle qu'elle s'est toujours prétée docilement plus elle se montre donc obéissante à la voix du Seigneur à Dore pose à sa façon le crime ou l'innocence. wl |. V. BIBLIOGRAPHIE. — Carl von Arnhard, Liturgie und Tauffest der äthiopischen Kirche, München, 1886. BU John, marquis de Bute, et D'E. W. Budge, The Blessing of the Waters, Dictionnaire sacro-liturgico, s. v. Acqua, ET 1 HR Let Ed. 3, Venezia, 1834, 1. 1, p. 9-20. — J. Goar, EYXO- | D P. DE Punter. *IV. BÉNÉDICTION DE LA TABLE OÙ DES ALIMENTS.
Elle est pratiquée dans les monastères elle donna naissance aux Xe et XIes. Origines, — La pratique de bénir les aliments passa des juifs aux premiers chrétiens : il paraît bien que Saint Paul, dans certains passages de ses Épîtres, y fait allusion comme à une observance bien connue. Voyez en particulier 1 Tim., IV, 3-5, — Les Constitutions apostoliques, VII, c. XLVIII, en donnent une formule que l’on trouvera plus loin. La règle bénédictine s'inspirant des pratiques en usage dans les monastères d'Orient, fait manifestement allusion à la prière qui précède et suit le repas dans ce passage du chap. XLII : 20 mensam autem qui ante versum non occurrerit, Me simiul omnes dicant versum et orent, et sub uno Simiul omnes accedant ad mensam ; qui per negligenCan wicem pro hoc corripiatur... Similiter autem PatauUr« , qui ad illum versum non fuerit præsens, lue post cibum dicitur. eEariérent suivant les régions. C'est particulièrement PL. t LXV, col, 447, — De antiquis monachorum si y of the waters on the Eve of the Epiphany, Lon- | € vu ; De sacris christianorum balneis, Romæ, 1758, = De cette bénédiction, il faut dire en quelques mots | uel les en furent les premières origines et les formules, L'éuamn œut vilium non occurrerit, us que ad se_ Les formules se multiplièrent dans la suite des âges | is les monastères qu'on peut en suivre le développement, Le privilège de bénir la nourriture appartenait à l'abbé, et l'auteur du Pratum spirituale nous a conservé ce trait d'un religieux qui n'osa prendre le pain qu'on lui avait donné parce que l'abbé, en le lui remettant, avait omis de le bénir !., D, Martène ? invo que à l'appui des pratiques monastiques, divers documents, De la Regula magistri en particulier, il résulte que la communauté réunie au réfectoire recevait successivement, par le ministère des semainiers, le pain et les divers aliments, et que chaque distribution était suivie d'une formule de bénédiction : Sic etiam signat (Abbas) omne quod apponitur tant coctum quai crudum in Mensis. Qui signat cruce, sic dicat ore : Benedie Domine, quidquid eæ hine accepturi sumus.… Un ancien ordo monastique dit encore : Cum autem accipit abbas Panem, dicat frater fratri : BENEDICITE et respondeant DOMINUS, et similiter faciant de potu cum priMaium biberint. Postea vero quidquid pulmentari ex coquina ministratur, qui ministret a novissimo incipiat et us que ad domnum abbatem ministrando Pérveniat, et tunc sonent cymbalum tacite, et dicant fratres : BENEDICITE æqua voce et producte ; data benedictione in communi erpectent ut Abbas prius ecipiat ; postea singuli dicentes : BENEDICITE, et sie accipiant. Quando benedicunt cibum aut potum, aut aliud quidquam, non sedendo, sed stando benedicant, d% Formules. — On trouve déjà dans les Constitutions apostoliques, une courte prière pour le repas. — Oratio in prandio : Benedictus es, Domine, qui nutris me à pueritia mea, qui das escam orni carni, imple gaudio et lætitia corda nostra ut semper omne opus bonum in Christo Jesu Domino nostro, per quem tibi gloria, honor el imperium : in sæcula . La formule suivante qu'on lit dans le Sacramentaire de Gellone, paraît se rapporter plutôt à la bénédiction des lieux réguliers dans le monastère : Oratio in refectorio : Omnipotens et misericors Deus qui famulis tuis alimentis refectione carnali, cibum vel potum, te benedicente, cum gratiarum actione accipiant et hic et in æternum per Le salui esse mereantur, per. On remarquera sans peine l'allusion à la ‘pratique de la bé
Les prières que donne le sacramentaire gélasien édité par Wilson se rapportent plus directement à cette bénédiction : on les trouve à peu près les mêmes, mais diversement ordonnées dans le missel de Léofric : Refice nos, Domine, donis tuis et opulentiæ tuæ largitate sustenta, per. — Reficiamur, Domine, de donis et datis tuis, et tua benedictione satiemur, per. — Protege nos, Domine Deus noster, et fragilitati nostræ necessariam prœbe substantiam, per. — Benedie, Domine, dona tua quæ de tua largitate sumpturi sunt, per. — Deus, qui nos ad delicias spirituales semper invitas, da benedictionem super dona tua, ut ea quæ in tuo nomine sunt edenda, sanctificata percipere mereamur, per. — Tua nos, Domine, dona reficiant, et tua gratia consoletur, per.. Orationes post cibos : retiees pee opulentiæ tuæ donis, tibi gratias agimus pro his quæ, te largiente, suscepimus, obsecrantes misericordiam tuam, ut quod corporibus nostris necessarium fuit, mentibus non sit onerosum, per. — Satiaii sumus, Domine, de tuis donis ac datis : reple nos de tua misericordia tua, qui es benedictus, qui cum Patre et Spiritu Sancto vivis et regnas Deus per omnia sæcula sæculorum À. 3. Le missel de Léofric, qui ne donne pas celle seconde partie, ajoute, sous la rubrique : ad cibum benedicendum ; in nomine sanctæ et unicæ Trinitatis, quod mobis est allatum creator omnium bonorum Deus benedioat — Servis suis adposita a domino sint benedicta. — Creaturam suam Christus Filius Dei benedicat. — Quod nobis est appositum Dei Filius benedicat, Puis, sous la rubrique : Ad potum benedicendum : Qui mulavit aquam in vina falerna nunc quo que nostra benedicat pocula. Ainen. — Omnipotens Deus nostra benedicere dignetur pocula. Amen. — Nos Deus et nostra benedicat pocula Christus *. % Pratiques monastiques aux Xe et XIes. — 4. Ces dernières formules sont comme un acheminement à la pratique de mettre en vers les prières de la bénédiction de la table. — Nous voyons cette pratique usitée dans les monastères, au temps d'Alcuin. Cet auteur nous a conservé un certain nombre de formules dans ses poèmes. Ainsi, pour la bénédiction des lieux réguliers, on lit sous la rubrique : Ad refectorium :
Ces prières étaient en usage : in quodam monasterio forte Nobiliacensi 2, Alcuin donne un peu plus loin une longue série de vers sous ce titre : ad mensam, formules qui furent, paraît-il, en usage : in monasterio cui Alcuinus præfuit : y a là vingt-huit vers que l'éditeur dit avoir empruntés au ms. Salisburgensis, puis au recueil que forma Quercetanus, en se servant d'un ancien ms. de la bibliothèque de Saint-Bertin, Cet Ekkehard, quatrième du même nom, moine et maître des écoles au monastère de Saint-Gall, composa plutôt, ce semble, à titre d'exercices littéraires que pour l'usage de son monastère, un certain nombre de poèmes. Parmi lesquels on trouve de courtes prières pour le repas. — Tout le recueil forme un volume sous ce titre : Liber benedictionalis : on peut voir là un exemple de variantes insérées par l'auteur.
la conclusion de la prière Libera nos et Pax D d'un sens plus large et plus étendu donné aux bénédictions Benedictionalis liber : ce sens constitue une exception à l'interprétation donnée plus (col. 727). Le poème, en latin et en vers léonins, ne guère par l'élégance et la correction de la forme vers sont parfois si obscurs que l'auteur a essayé de donner l'explication en ajoutant des mots détachés et des notes. Manifestement l'œuvre apparaît comme un exercice de versification ; néanmoins elle nous ouvre des horizons sur la vie intime et sociale au moyen âge. Les bénédictions d'Ekkehard semblent marquer à Saint-Gall la transition entre l'époque où la simplicité régnait dans les cloîtres et celle où l'on porta plus d'attention aux mets recherchés et délicats : de l'œuvre du poète il ne faut pas conclure qu'il y eut une variété et une profusion excessives dans les services de la table : il est à croire que l'auteur a voulu faire pour les plats alors connus à Saint-Gall, une bénédiction appropriée, à moins qu'il n'y ait dans son œuvre, comme on l'a déjà remarqué, un pur exercice de littérature.
Voici maintenant un aperçu sur cette œuvre originale. Chaque ligne des bénédictions d'Ekkehard forme un tout indépendant de ce qui précède et de ce qui suit ; elle donne une formule de bénédiction pour le repas ou la boisson que l'on vient de mettre sur la table ; elle est quelquefois répétée dans un autre avec une légère variante. Les vers sont groupés sous des titres qui marquent les différents services de ce même repas. Il y a d'abord une prière pour demander que des disputes ne s'élèvent pas entre les convives durant le repas : puis vient la bénédiction du pain, du sel, des assaisonnements, une autre sur la fragine. Alors, commence la série des mets : ad diversa victualia, variété de poissons, de volailles, viandes de boucherie, produits de la chasse. Ensuite se présentent les formules pour les entremets ou plats sucrés, les fruits, les légumes ; enfin pour les boissons diverses. À titre de specimen, nous citerons les premiers vers avec Ymimoni abbati de Sancto Gregorio fratri Germano compatriæ roganti 5 Largiter impensis assit benedictio mensæ.
Appositi panes sint damnatis inanes.
Hoc munus panum faciat benedictio sanum.
Egris et sanis bona sit benedictio panis.
Hanc panis tortam faciat benedictio fortem. Erige, Christe, manum tortis benedicere pan
V. BÉNÉDICTIONS ÉPISCOPALES. — I. Notion. II. Origine et existence dans la liturgie latine. II. Mots et cérémonial.
Suivant le cardinal Bona, les liturgistes l'ont appelé de ce nom parce qu'il appartenait à l'évêque seul de donner, au moins dans sa forme la plus étendue, comme on le verra plus loin.
II. ORIGINE ET EXISTENCE DANS LA LITURGIE LATINE. Il est intéressant de rechercher si ces bénédictions ont été d'un usage universel en Occident, et jusqu'à quelle époque il faut remonter pour en trouver l'origine. Pour plus de clarté, nous distinguerons, avec les auteurs liturgiques, le type romain et gallican, et, dans ce dernier, les ramifications : sous le nom de liturgie gallicane, ambrosienne, et celle qui n'est ni romaine ni liturgie romaine, — À Rome, les quatre premiers siècles, il est difficile de voir dans la célébration de la sainte messe, ce qui, de près ou de loin, ressemble à ce qu'on a ultérieurement appelé bénédiction épiscopale. La liturgie des Constitutions apostoliques, que le P. Lebrun mentionne au livre VIII, chap. XIII, après la oblation et avant la communion, une prière qui est bien une préparation à la réception de la communion ; il n'est pas prouvé que l'oraison dominicale fût récitée à la messe du saint sacrifice ; antérieurement à Grégoire le Grand, la fraction de l'hostie et, peut-être aussi, l'imposition des mains sur les fidèles avec des prières pour l'absolution de leurs péchés se faisaient après le Pater. C'est ce que suppose saint Optat de Milève quand il dit aux donatistes : Inter vicina ténia cum manus imponitis et delicta donatis ; il faut le remarquer avec Vezzosi, l'annotateur du P. Lebrun, les sacramentaires désignent sous ce titre : super populum ; ces dernières se récitent après la communion, à la fin de la messe et à la conclusion ordinaire : Per Dominum nostrum…. Il y a, dans le Sacramentaire grégorien publié par Jean de Toul en 1642, des formules de bénédictions épiscopales, si ces formules appartenaient à l'œuvre du pape. — Pamelius y avait mis plus de discrétion dans son Liturgicon Ecclesiæ latinæ, qui est de 1571. Parlant des bénédictions épiscopales dans ses notes, il dit bien : primis illis sæculis usitam hanc benedictionem multis locis cum probatum est » mais quand il donne le Sacramentaire grégorien, se basant sur l'œuvre d'un certain Grimoldus, chapelain de Louis d'Austrasie au IXe, il n'y met point les susdites bénédictions ; il les met à part, afin, dit-il dans sa préface, qu'on puisse discerner quæ à B. Gregorio, quæve sint ab aliis edita Mbus. et un peu plus bas, il dit encore : Addidi Wéelian Benedictiones ab Episcopo super populum cendas. D. Ménard explique à sa manière l'absence des bénédictions dans les anciens manuscrits du sacramentorum, quand il dit : cur desint non ratio quam quia in alio seorsim volumine anur, quod ubi opus erat, episcopo legenur, archidiaronus t. moins le sentiment de Muratori, Mabillon, et Lebrun, peut être énoncé de la façon suivante : « La bénédiction solennelle, que les évêques comme la plus ancienne des liturgies consignées, t'ad altare conversi dominicam orationem prætermissam, on s'étonne de voir dom Hugues Ménard dire que la bénédiction après la communion n'est pas un rite de la liturgie romaine, mais appartient à la liturgie gallicane, » — st, dit Tommasi, juxta veterem morem apud priscos Gallos receptum. — Voici comment Lebrun résume les preuves de cette assertion : « a) Les formules qu'on en trouve dans la plupart des exemplaires du sacramentaire grégorien y ont été insérées uniquement pour servir à des églises où ces bénédictions étaient en usage : aussi le savant Grimoldus, abbé de Saint-Gall en Suisse au IXe, ayant voulu donner le pur sacramentaire de saint Grégoire, n'inséra dans aucune messe de ce sacramentaire cette bénédiction solennelle, mais en renvoya toutes les formules au troisième livre de sa collection, lequel livre contient tout ce qui a été ajouté au sacramentaire de saint Grégoire par les Églises de France ou de l'Allemagne : — b) Dans les anciens pontificaux de Lyon, Église très fidèle au rite romain du temps de Charlemagne, on ne trouve point de bénédiction épiscopale avant le Pax Domini : on ne sait pas précisément depuis quel temps ces bénédictions ont été reprises dans cette Église, mais on peut assurer qu'elles n'y ont pas été en usage durant plusieurs siècles, parce qu'on avait voulu se conformer entièrement au rite romain ; — c) On ne voit pas une seule formule de ces bénédictions dans le Sacramentaire gélasien, » Muratori n'est pas moins catégorique que Lebrun, et le cardinal Bona lui rend ce témoignage qu'il ne le cède en rien à D. Ménard pour la compétence liturgique. En vain a-t-on voulu alléguer l'autorité de l'Ordo romanus II, dans lequel certains éditeurs ont inséré cette phrase à l'endroit où il est question de la fraction de l'hostie : Post solutas (ut in his parlibus mios est) pontificales benedictiones cum dixerit, etc. Mabillon a fait remarquer qu'il y avait là une addition gallicane ou allemande, parce que chez les Romains, dit-il, de telles bénédictions ne sont pas en usage !
Ainsi, conclut Mabillon : Non inserendum erat Benedictionale novæ Gregorii operum editioni quod a ritu romano atque adeo ipsius Gregorii mente alienum. Toutefois, le même Mabillon ne croit pas qu'on puisse appliquer à ces sortes de bénédictions les paroles de réprobation qu'aurait écrites le pape Zacharie dans sa lettre à Boniface : ce serait traiter trop sévèrement une coutume louable par ailleurs.
719 sent au VIe, les Églises des Gaules ; elle est une preuve, au moins indirecte, de l'existence des bénédictions épiscopales. — Dans un sermon qui porte le n. CCLXXI de l'Appendice aux sermons de saint Augustin, mais qui est de saint Césaire d'Arles, ce saint évêque blâme la conduite des fidèles qui sortent de l'église après l'Évangile, et veut qu'on les avertisse de ne point se retirer avant l'oraison dominicale et la bénédiction qui suit. Ceux-là seront récompensés : qui cum grandi compunctione, usquequo benedictio super populum detur, de ecclesia non discedunt…. Et ideo, fratres, monete eos qui nec orationem dominicam dicere nec benedictionem accipere volunt ; et non desinatis castigare, dicentes et definitissimie comminantes quia nihil eis prodest quod divinas lectiones audiunt si antequam divina mysteria compleantur abscedunt.
C'est précisément à cet abus que prétend remédier le canon 47 du concile d'Agde tenu en 506 sous la présidence de saint Césaire : Missas die dominico, y est-il dit, a sœcularibus totos teneri speciali ordinatione præcipimus, ila ul ante benedictionem sacerdotis egredi populus non præsumat. Qui si fecerint ab episcopo publice confundantur ? Une disposition analogue se retrouve dans les actes du Ier concile d'Orléans tenu en 511.
La coutume de les donner était observée dans les Églises de Paris, Arles, Lyon, Rouen, Clermont, Angers, Tours, Sens, Blois, Le Mans, Chartres,
Cette coutume subsista en maint endroit, même après la publication du missel romain, par saint Pie V, où elles étaient supprimées. — Lorsqu'au milieu du xix* siècle, les diocèses de France reprirent la liturgie romaine, quelques évêques demandèrent au saint-siège le privilège de conserver pour certaines solennités ce rite de la bénédiction épiscopale dont elles usaient depuis un temps immémorial : tel fut le cas du diocèse d'Autun : Sanctitas sua, est-il dit dans le décret du 17 avril 1856, publié sur la demande de Mur de Marguerye, quoad benedictiones episcopales, eas relinqui posse concessit, ratione habita inmemorabilis antiquitatis ritus hujus, quem Ecclesia Æduensis inviolatum luque diocèse, ce rite particulier s'accomplit dans la célébration de la messe pontificale pour les fêtes de Noël, de l'Épiphanie, Purification, Pâques, Ascension, Pentecôte, Fête-Dieu, SS. Pierre et Paul, Assomption, Toussaint, etc.
À Autun, avec les anciennes formules empruntées aux manuscrits de cette église, soit au bénédictionnaire : Saint-Thierry, près Reims,
3. Liturgie ambrosienne. — Mur Duchesne rappelle l'existence de la bénédiction épiscopale dans cette liturgie comme dans la gallicane. Nombreux sont les documents que le P. Lebrun a utilisés pour établir l'existence de la messe ambrosienne, et il a trouvé, par décision du IVe concile de Milan, tenu en 1576, que des bénédictions solennelles après le Pater et le Libera nos de la messe devaient être en usage dans la métropole de cette ville.
4. Liturgie mozarabe. — Durant les premiers siècles, il n'y a rien qui marque en Espagne des usages différents de ceux de Rome. Au Ve, à la suite de l'invasion des Goths, s'introduisent quelques usages d'Orient ; Isidore de Séville travaille à établir l'uniformité du bréviaire et du missel pour tout le pays : ce sont les origines de la liturgie appelée mozarabe. Le IVe concile de Tolède en 633 se lit une règle concernant les bénédictions, can. 17 : Nonnulli sœ post dictam orationem Dominicam statim cor cant, et postea benedictionem in populo dan et conjunctionem panis et calicis benedictio in populo sequatur.
Germain d'Auxerre introduisit la liturgie romaine ; il ne parle pas aussi explicitement sur les origines du rite des Bretons et des Irlandais, qui différait de celui de Rome ; Saint Augustin de Cantorbéry fut autorisé par le pape saint Grégoire à conserver certains usages particuliers qu'il avait trouvés établis ; Parmi ces usages figurait le rite de la bénédiction épiscopale ; John Gage le constate et l'établit par l'étude des manuscrits dont il est question plus loin. Voir BÉNÉDICTIONNAIRE, col. 797.
Ainsi, c'est aux liturgies du type gallican qu'il faut rattacher le rite des bénédictions solennelles après le Libera nos et avant la communion : il n'était pas partout le même et, dès le début, on n'a pas tendu à refuser au simple prêtre le droit de la donner. En Espagne, le prêtre employait la formule que l'évêque, mais il ne pouvait bénir sans la présence de ce dernier.
Pour les Gaules, le concile dit explicitement dans son can. 4 : Benedictio per plebem in ecclesia fundere, aut pme. Cette discipline fut adoucie ; on permit aux prêtres de bénir les personnes publiquement dans les églises, mais à la condition qu'ils se serviraient d'une formule fort abrégée : c'est ce que donne à entendre saint Germain de Paris dans le passage cité plus haut.
On se demande ainsi pour quoi les formules dont nous nous servons ont reçu le nom de bénédictions épiscopales ! Dans la liturgie, les benedictiones sub conceptis quibusdam precationum formulis, quæ ante communionem olim dababantur, sunt adhuc hodie in usu in quibusdam ecclesiis, sie Menardo ; extant ex eis nonnullæ ad calcem pon- romani excusi tempore Leonis X quæ tamen ioviis pontificalibus expunctæ sunt etiam ndationem G. Clementis VIII et Urbani VII ; ibus hodie standum est.
Ces derniers mots s'entendent sans préjudice des concessions, comme celle dont on a parlé plus haut.
La formule de bénédiction que donne le pontifical de Léon X, édité par John Gage à Venise en 1520, donne bien l'idée de ce rite :
« La bénédiction se dit et se donne aux dimanches, en fêtes du Seigneur, de Marie, des apôtres, des martyrs, des confesseurs, en dédicaces d'églises et d'autels, à la fête de leur dédicace, en consécrations d'évêques, en bénédiction de vierges, en ordinations de clercs et en autres solennités.
— Au point de vue historique comme au point de vue liturgique, il y a bien des points communs entre ces deux bénédictions, les formules sont ordinairement les mêmes : on peut donc les traiter simultanément l’une et l'autre. Il suffira de noter au passage les détails qui appartiennent soit à la bénédiction de l'abbé soit à celle de l'abbesse. Certains détails relatifs au rite lui-même ont été donnés dans un précédent article ?, il reste à les compléter ici. On peut ramener à deux chefs ce qui reste à en dire : antiquité du rite et pratique du rite,
1° Antiquité du rite. — Pour la bénédiction des abbés, il y a lieu de distinguer entre celle des abbés de moines et celle des abbés de chanoines réguliers. De la seconde, il n'est fait aucune mention dans les documents antérieurs au XIIIe : nous ne nous en occuperons donc pas ici. Quant à la première, elle est assurément plus ancienne ; cependant les traces certaines que nous en pouvons retrouver ne remontent guère plus haut que le VIe. La constitution des premiers monastères en Orient ne semble pas avoir comporté l'existence d’abbés ou d’abbesses ; la phrase que donne Denzinger à propos des ordres jacobites syriens : Ordinatio periodeutæ rive piscopi, ut etiam abbatis et abbatissæ, n'est pas très ancienne. En Occident, des indications précises existent surtout à partir du VIe : Benoît dans sa Règle a un chapitre (le LXIVe) nando abbate ; puis, au chapitre suivant, il est question de certains monastères où préside un même abbé (id est episcopus ab iis, der abbatibus qui abbatem ordinavit).
trop exclusive, quand on signale comme perdu aujourd'hui, par suite d'après l'abbé Joseph de Voisin les bénédictions copiées par lesquelles s'ouvrait ce sacrament célébré. M. Ulysse Chevalier, Sacramentaire et Martirologe de l'abbaye de Saint-Remy, Paris, 1900), dit M. Delisle en signale bon nombre d'autres dans son mémoire sur les anciens sacramentaires : il est rare d'y rencontrer, après les préfaces, la mention suivante : Recueil de bénédictions.
12, souvent pris pour Grimoldus, abbé de Saint-Gall, mort ——
Il est vrai que la plupart des documents cités sont des entières, mais on voudra bien remarquer qu'ils ont un intérêt pour notre sujet ; car ils contiennent des bénédictions épiscopales dans un recueil séparé, le plus souvent placé tantôt au début, tantôt après celui des bénédictions.
À un moment donné, on délacha ce recueil pour en faire un volume appelé bénédictionnaire. Il y a peut-être lieu de mentionner le bénédictionnaire ; qu'un savant du XVIIe, Collar, bibliothécaire à Vienne, a publié dans ses Analecta vindoeti qui se trouve également dans la Patrologie, un sacramentaire attribué à saint Emméran d'Augsbourg, actuellement à la Bodléienne d'Oxford : ce manuscrit du IXe, dit Léopold Delisle, contient au fol. 2, des bénédictions à peu près comme celles de la Liturgia romana vetus de Muratori, t. 1, col. 362, Liturgiée ambrosienne.
— La préface de Cériani éditrice in usum Ecclesiæ mediolanensis, publiée en 1897, donne, page XXXII, les renseignements suivants sur la présence de bénédictions épiscopales dans la liturgie celtique ou anglo-saxonne. — C'est peut-être à MISCOPALES, l'explication du mot Sacerdos et les variantes dans le rite de ces bénédictions.
— Anciens sacramentaires : les bénédictions épiscopales ne formaient pas toujours un ensemble imperturbé, qui vocem diaconi prius.
On trouve actuellement en Grande-Bretagne, bien qu'il soit d'origine gallicane. — C'est le missel de Léofric, publié avec d'amples et savants commentaires par le révérend F. E. Warren sous ce titre : The Leofric Missal.
C'est dans cette branche de la liturgie latine que les édictionnaires proprement dits se présentent en plus grand nombre, car les trois documents de ce genre mentionnés par Léopold Delisle appartiennent à cette région ou du moins y ont été en usage.
Nous devons à des travaux récents de les mieux connaître ; il convient d'en donner une idée d'ensemble : on trouvera plus loin la description détaillée de l'un d'entre eux.
1. A propos du sacramentaire de l'abbaye de Winchcombe, manuscrit 105 d'Orléans, qu'il décrit longuement, M. Léopold Delisle est amené à parler des rapports entre l'abbaye anglaise de Ramsey et celle de Fleuri-sur-Loire, Vers 1010, dit-il, « on envoyait de Ramsey à Gauzlin, abbé de Fleuri, des objets précieux, et entre autres un bénédictionnaire dont tous les articles étaient ornés d'initiales en or.
Ce bénédictionnaire est, selon toute vraisemblance, le manuscrit qui porte aujourd'hui à la Bibliothèque nationale le n° 987 du fonds latin, après avoir appartenu à Colbert (n° 1298) et plus anciennement à Jacques-Auguste de Thou.
L'origine anglaise en est attestée par le grand nombre de saints anglo-saxons qui figurent dans la dernière partie du volume...
C'est un magnifique spécimen de l'art anglo-saxon de la fin du Xe, dont l'écriture et les ornements rappellent tout à fait les deux suivants.
Il énumère les ouvrages publiés antérieurement sur ce sujet, et notamment le nom de pontifical : « Quant à l'époque à laquelle s'opérèrent ces changements, il n'y a pas lieu de le préciser ; il y a peut-être lieu de le penser, car on lit le cardinal Bonat : Extant hujusmodi benedictiones per libris sacramentorum, et in romano Pontificali edito sub Leone X.
Sunt etiam seorsum in codicibus vaticanis.
D'autre part, M. Eher signale plusieurs pontificaux où sont contenues des bénédictions épiscopales.
Ce serait empiéter sur l'article Pontifical, que d'entrer ici dans de plus amples détails.
CONTENU DES RECUEILS DE BÉNÉDICTIONS.
— Le bénédictionnaire, dit M. Wordsworth, n'est pas un volume bien compliqué.
Autant que le comporte la liturgie, c'est peut-être le plus simple de tous les livres liturgiques, quoi que dans la dernière période de son existence on ait joint aux formules de bénédiction un peu d'autres rites.
Les gros caractères qu'on a contre parfois dans le texte s'expliquent par ce fait : le bénédictionnaire devait être tenu à une certaine distance devant les yeux de l'évêque au moment de la bénédiction, alors que ses mains étaient occupées.
La rubrique, en tête de chaque formule, indique le jour ou la fête où elle doit être dite, par exemple : Dominica III post Epiphaniam ; le texte est formé de trois sections, dont chacune peut tenir deux ou trois lignes, parfois même plus.
Chacune de ces sections se termine par Amen, que toute l'assemblée devait prononcer.
Parfois, à la place de trois sections, la bénédiction en a quatre, même un plus grand nombre.
Après la troisième section, se trouve la conclusion, dont les recueils ne donnent souvent que les premiers mots, parce qu'elle est la même.
IV. LE BÉNÉDICTIONNAIRE DE SAINT ÆTRELWOLD, — On ne peut mieux faire que de résumer John Gage pour donner une idée de ce précieux document. L'époque et l'auteur du ms. — La dédicace écrite en lettres capitales dorées au folio 4 et 5 nous renseigne et contient 119 feuillets d'un papier épais et bien coté,
contient compte des variantes marquées pour l'Épiphanie, de saint Pierre et de saint Paul, ot (er % QENUA' SUBIECTU' MONACHU CIRCOS QUOQ. MULTOS\ IN HOC PÉÆCEPIT FI BENE COMPTOS COMPLETOS Qvon 4 DIE UE 1 OMNES CERNENTES BIBLU HUNC SEMP' ROGITENT HOC POST METAM CARNIS UALEAM CAELIS INHERERE OBNIXE HOC ROGITAT SCRIPTOR SUPPLEX GODEMANN !
Æthelwold, évêque de Winchester, par l'ordre duquel fut écrit le ms., est inscrit au calendrier des saints d'Angleterre : il reçut l'habit monastique des mains de saint Dunstan à Glastonbury, fut abbé nastère royal d'Abingdon en 948, puis évêque de chester de 963 à 984. C'est entre ces deux dates (la moitié du x* siècle) qu'il faut placer l'exécution du bénédictinnnaire. Le scribe fut un moine du nom de Godeman, et John Gage estime qu'il a pu être le décorateur ou miniaturiste en même temps que l'écrivain (p. 32 et 40 de sa dissertation).
À
Les lettres capitales parfois très grandes sont d'autres encore sont tracées avec le même luxe, roi ou or. Certaines pages ont alternativement des lignes écrites en or, en rouge ou en noir : les parties en sont exécutées avec des feuillets découpés et collés, le tout est brillant et solide. On y compte trente miniatures distinctes, sur trente feuillets, le dessin occupe toute la page, forme parfois un encadrement avec des colonnes et des arches ; le sommet des arches est divisé en trois compartiments, ce qui est rare dans les mss. de cette époque reculée.
Sur d'autres pages l'entrelacement est rectangulaire, formé de fleurs et de feuillages.
Leur énoncé est conforme à celui du bénédictinnnaire de l'archevêque Robert et du missel Léofric ; il diffère de celui qu'on trouve dans le missel gothique, édité par Muratori, sauf pour les fêtes de saint André, où l'on peut voir une certaine ressemblance.
Ex, x MURATORL ÆTHELWOL L'S REX
In vigiliis Epiphan.
in die Theoplu
Deus qui præsentem
Deus qui diem ita dignaris
diliient
À gere :
ut eum tot
elegeris
miraculis inlustrare.
LES DOCUMENTS À CONSULTER SOIT SUR LES BÉNÉDICTIONS ÉPISCOPALES, SOIT SUR LES BÉNÉDICTIONNAIRES, — ARCHÆOLOGIA, OR MISCELLANEOUS TRACTS RELATING TO ANTIQUITY, PUBLISHED BY THE SOCIETY OF ANTIQUARIES OF LONDON, T. XXIV, CONTENANT À DISSERTATION ON ST. ÆTHELWOLD'S BENEDICTIONAL, PAR JOHN GAGE ; BENEDICTIONAL S. ÆTHELWOLDI, WINTONIENSIS EPISCOPI, LESLEY, MISSALE MIXTUM, CUM PRÆFATIONE EL NOTIS, Ë LO SD Ñ TE LE. +1 RE S » N & H !
EDICTUS. UN VERRE DORÉ CONSERVÉ AU VATICAN NTE UN PERSONNAGE AYANT DU POIL FOLLET AU MENTU DE LA TUNI QUE DALMATI QUE RECOUVERTE DE LA (LG. 1481). LA LÉGENDE PORTE CES MOTS : À SAE- \RE BENEDICTE PIEZ. CIAMPINI, ÉDITEUR DE CE AVAIT PENSÉ Y VOIR LE CHRIST, ET IL INTERPRÉTAIT LA NDE : ANNO SÉCULARE BENEDICTE PIE ZESES : SCILI CET : W HERE EST NAVICULÆ ECCLESIÆ PACIS PORTUM DEONSTRARE !, BUONAROTTI ACCEPTE L'IDENTIFICATION AVEC LE RIS LET PROPOSE LA DOUBLE LECTURE SUIVANTE ; ANTE SÆIE BENEDICTE, PIE, ZESES OU BIEN À SÆCULARE DATUN. DICTE PIE, ANG EE UNE INTERPRÉTATION LE, IL N'EST PAS QUESTION ICI DU CHRIST QUE LES DE : U ONT JA MAIS REPRÉSENTÉ AVEC LA LÆNA, IS TOUJOURS AVEC LA TUNI QUE OU LE PALLIUM. L'ACCLALION EST DONC ADRESSÉE AU PERSONNAGE REPRÉSENTÉ SUR, LEQUEL A REÇU LA BÉNÉDICTION D'UN NOMMÉ S, LE VÊTEMENT D'ARGENT FIGURE ASSURÉMENT LE NT BLANE, L'AUBE BAPTISMALE DES NÉOPHYTES, QUE | EE SAI | BÉNÉDICTIONNAIRE — DEN. MAGISTREITI, OP EL SN IN USUM ECELE- | CEUX-CI PORTAIENT PENDANT L'OCTAVE QUI SUIVAIT LE BAPTÊME, SÉCULARIS DOIT ÊTRE LE NOM DE L'ÉVÊQUE QUI AVAIT BAPTISÉ NOTRE PERSONNAGE LEQUEL ÉTAIT QUELQUE LITTÉRATEUR OU LETTRÉ PUISQU'ON L'A REPRÉSENTÉ AVEC UN ROULEAU À LA MAIN. CETTE APPELLALION DE BENEDICTUS ÉTAIT EN EFFET CELLE QU'ON DONNAIT SPÉCIALEMENT AUX NÉOPHYTES, VOICI COMMENT S'EXPRIME SAINT PAULIN À CET ÉGARD : ALIUS LIBELLUS EX LIS EST, QUOS AD BENEDICLUM, ID EST CHRISHTIANUM VIRUM ANICUM MEUM, ENDELECHIUM SCRIPSE VIDETUR ?, SIDOINE APOLLINAIRE FAIT USAGE DU MÊME TERME POUR MENTIONNER BENEDICTUS SIMPLICIUST, LE PÈRE SIRMOND, À PROPOS DE CE PASSAGE, A DONNÉ LES SENS DIVERS DU MOT BENEDICTUS, AUX TEXTES QU'IL A RÉUNIS NOUS AJOUTERONS CELUI DE NOTRE FOND DE COUPE ET LES SEMPER #,QUI MONTRONT QUE BENEDICTUS N'EST PAS ICI CE NOM PROPRE DONT LES PAÏENS EUX-MÊMES FAISAIENT USAGE . FABRETTI A PUBLIÉ CETTE ÉPITAPHE LUE SUR UN CIPPE CHRÉTIEN : ANIMA SANCTA CATA NOMEN BENEDICTA, 743 UN ‘MARBRE DE COBLENCE, MALHEUREUSEMENT BRISÉ AU DÉBUT DE LA FORMULE, POUVAIT AVOIR PRÉSENTÉ UNE MENTION ANALOGUE : …..NV......|..DICTAC...NESEGIRA :T :IN | SCLO-VIX :IT ANIINVS. LXX DE.PO|SI.CI.0 EIVS. || SVB.DIE-KALEN || B MARCI-AS || IN-PA :CE 1, BOSIO A PUBLIÉ UN MARBRE AVEC CES MOTS : RVFINAE FILIAE BENEDICTAE 2, UNE ÉPITAPHE ROMAINE GRAVÉE SUR UNE PLAQUE DE MARBRE CIPOLLIN EST AINSI CONÇUE ? (FIG, 1482). IL S'AGIT D'UN ENFANT DE NEUF ANS NOMMÉ SOZON À QUI ON APPLIQUAIT L'ÉPITHÈTE DE « BÉNI ». L'ACCLAMATION FINALE DOIT SE LIRE : VERUS CHRISTUS ISPIR(ITHUM (TUUM ACCIPIT) IN PACE ET PELLE) PRO NOBIS. LA PRÉSENCE DU MONOGRAMME NE DOIT QUI EST ANTERIEUR À LA PAIX DE L'ÉGLISE. L'EXPRESSION VERUS CHRISTUS FAIT ALLUSION À L'HÉRÉSIE DES MARCIONITES QUI ENSEIGNAIT LA NON RÉALITÉ MATÉRIELLE DU CHRIST POURVU D'UN CORPS FANTASTIQUE. MAIS C'EST L'ÉPITHÈTE BENEDICTUS QUI NOUS INTÉRESSE ICI D'UNE MANIÈRE SPÉCIALE. NOUS | SAVONS QU'ON AIMAIT À DONNER CE NOM EN Y ATTACHANT UNE IDÉE MORALE, DANS LA VIE DE SAINT BENOÎT PAR SAINT GRÉGOIRE FER (C, VIN), ON NOUS DIT QUE SAINT BENOÎT CROYAIL ENTENDRE UNE VOIX DIABOLI QUE LUI CRIER : « BENOÎT, SOIS LA CROIX GEMMÉE GRAVÉE SUR LA PARTIE GAUCHE DE L'ÉPILIE LUI-MÊME CE JEU DE MOTS : FUIT VIR VITÆ VENERD GRATIA BENEDICTUS EL NOMINE, PAÏENS ET CHRÉTIENS USAGE DE BENEDICTUS ET BÉNÉDICTA. UNE INS L. DOMITIUS EVARISTUS PORTE CETTE FORMULE : SODALE NOMEN. IMPOSVERVNT. BENEDICTI 5. CHEZ FIDÈLES, L'ÉPITHÈTE PRENAIT UNE SIGNIFICATION RELIGIEUSE ! S'EST CONSERVÉE JUSQU'À NOS JOURS : TERTULLIEN DON S ANTONOMASE AUX BAPTISÉS LE NOM DE BENEDICTI, COMME NOUS DISONS ENCORE : JEAN FUT BÉNI DÈS LE SEIN 0 MÈRE. UNE BELLE INSCRIPTION DE L'AMBULACRE DANS LEQI NOUS AVONS RENCONTRÉ L'ÉPITAPHE DU JEUNE SOZON, M PLACÉE DANS UN CORRIDOR TRÈS ÉTROIT AMORCÉ À DR MAUDIT ET NON BÉNI. » LE BIOGRAPHE NE DÉDAIGNE P 1H EI DE CET AMBULACRE VA NOUS DONNER UN DERNIER EXE. (FIG. 1483), CETTE INSCRIPTION FERMAT L'ENTRÉE \ PETITE ARCADE CONSTRUIT AU-DESSOUS DU NIVEAU DU & LA GALERIE. ELLE A ÉTÉ GRAVÉE EN DEUX FOIS, PAR D CI DES DIFFÉRENTS. ON LIT D'ABORD L ÉPITAPHE DE L BENEDICTA, IN CHRISTI GRIMUM, TOTIUS BONI WR. CTRIÆ, CASTISSIMI PUDORIS CIROA MARTTUM, SATIS 116 VIVISTI ANNIS XVIIIT. LE MARI N'A PAS DONNÉ SONN MARITUS CONJUGI DIGNÆ. PLUS TARD, IL A CONDUIT & CONDE FEMME AU MÊME TOMBEAU : LAAE (= LEA NOCENTISSIMÆ CESQUENTI (— QUIESCANTI) IN PACS VIRIT AN. XXI, M. VI MARITUS CONIUGI. DEUX MU LES SONT DE TR ÉPOQUE CONSTANTINIENNE Ÿ, E. LE BLANT, QUI A RENCONTRÉ À SAINT-ROMAIN-E RH LS 7. É AE, EN 2 BP) … L > NN. L J« NI MR, S LA VIENNOISE, LA FORMULE HIC PAUSAT EUFRASIUS EDICTUS !, ÉCRIT : « J'HÉSITERAIS À REGARDER ICI BENEUS COMME UN NOM PROPRE ?, » (FIG. 1484.) **D H, LECLERCO.** NE FECIT. UNE INSCRIPTION TROUVÉE PARMI LES RES ET LA TERRE À PARIOLI PORTAIT LA FORMULE ANIMA DULCIS] IN + PACE QVI + VIXIT : ANN : IH + M HI D : VI : BONE - MEMORIE : FILIO - DVLCISSIMO : PATER : BEN : FECITTE LOCUTION : BENE FECIT, BENE FECERUNT EST FRÉQUENTE DANS L'ÉPIGRAPHIE CHRÉTIENNE. DEUX INSCRIPTIONS TROPEA (CALABRE), POUVANT REMONTER AU 1V° SIÈCLE, RTENT CES FORMULES . + 8M CAVOENRIVS FIDELIS QVI BIXIT ANNIS PM LXV M LL DX CVI BENE FECIT 5 UXOR ET FILIE EIVS ES LEXTES QUE NOUS VENONS DE TRANSCRIRE NE LAISSENT EU DOUTE SUR LE SENS DU MOT BENE FACERE ENTENDU, SOINS DE LA SÉPULTURE. UNE ÉPITAPHE, RELEVÉE EN 3, DANS LE CIMETIÈRE DE SAINT-HERMÉS EST SI CLAIRE, ELLE DISPENSE DE TOUTE DÉMONSTRATION : GERONTIVS QVI VIXIT _ ANNOS XXV REMISIT __ AMVMNV NOMINE BENIG NV QVI FECIT CORPORI BENE NUM) (= ALUMNUM) NOMINE BENIGUN(M) NIÉCIT CORPORI BENE ; CE QUI REVIENT À DIRE : QUI CORPORIS (EGIT), FORMULE QUI SE LIT SUR UNE AUTRE APHE DU MÊME CIMETIÈRE. D'AUTRES EXEMPLES N'AJOURIEN À LA DÉMONSTRATION 13, J.-B, DE ROSSI A ÉRONTIUS QUI VIRIT ANNOS XXY REMISIT (— RELIQUIT) | NÉ QUE LE GROUPE D'INSCRIPTIONS PORTANT LA FOR- BENEDICTUS — BÉNIR (MANIÈRE DE) MULE QUE NOUS ÉTUDIONS POUVAIT PROVENIR DE FIDÈLES AFRICAINS ÉMIGRÉS À TROPÉA ; LA DÉMONSTRATION N'A PU ÊTRE FAITE, | *H. LEGLERCO, BÉNIR (MANIÈRE DE). — I. TEXTES. [L. IMPOSITION DE LA MAIN. IE, LA MAIN OUVERTE, IV, BÉNÉDICTION LATINE. V. BÉNÉDICTION GRECQUE, VE BÉNÉDICTION AVEC LE MÉDINS ET L'INDEX. VII. BÉNÉDICTION AVEC L'INDEX ET L’AURICULAIRE. VIIL. BÉNÉDICTION AVEC QUATRE DOIGTS. IX, AUTRES BÉNÉDICTIONS AVEC QUATRE DOIGTS. L TEXTES. — ON PRATIQUAIT DEUX MANIÈRES DE BÉNIR CHEZ LES JUIFS, PAR L'IMPOSITION DES MAINS ET L'ÉLÉVATION DES MAINS. LA PREMIÈRE MANIÈRE N'ÉTAIT PAS PRÉVUE PAR LE RITUEL ET NE SERVAIT QUE DANS DES CAS PARTICULIERS, JACOB BÉNIT AINSI LES DEUX FILS DE JOSEPH, ÉPHRAÏM ET MANASSÉ 45, LA SECONDE BÉNÉDICTION ÉTAIT RÉSERVÉE AUX SEULS PRÊTRES ET NE SERVAIT QUE DANS LÉS CÉRÉMONIES OFFICIELLES. LA FORMULE FUT DONNÉE PAR DIEU LUI-MÊME À MOÏSE 16, JÉSUS SE SERVAIT DE DEUX BÉNÉDICTIONS. IL IMPOSAIT LÈS MAINS AUX ENFANTS QU'ON LUI PRÉSENTAIT 7, ET, AU MOMENT DE L'ASCENSION, IL BÉNIT LES DISCIPLES EN ÉLEVANT LÈS MAINS !8, _LES PREMIERS CHRÉTIENS, TOUS JUIFS CONVERTIS, GARDÉRENT RIGOUREUSEMENT LE RITUEL ET LES USAGES JUIFS ET CES DEUX MANIÈRES DE BÉNIR — COMME BIEN D'AUTRES COUTUMES — PASSÈRENT DU JUDAÏSME AU CHRISTIANISME, LES CONSTITUTIONS APOSTOLIQUES ENJOIGNENT AUX ÉVÊQUES DE BÉNIR L'ASSEMBLÉE D'APRÈS LE RITE MOSAIQUE, KAT DETA TOÛRO D DPYTEPEUS ÉNEUYDUEVOS R@ DA ELEVES, EVHOYEITE <OŸROV WC TAI MUCÑS ÉVERELHMRO LEPEDOI EDHOYEÏV TO AMBY ROFTOUS TOÏS ÉNUAOIVE À ESLOYNOUT CE KÔOROS, MAT GUTEA : AE » ÉMIOAVE : KÜGIOS RO ROÉCWROV AÛROD EMIO QÈ AT DAN COR ETORVNV 19, » « EN_SUITE L'ÉVÊQUE AYANT DONNÉ LA PAIX AU PEUPLE LE BÉNIT, SUIVANT L'ORDRE DE MOÏSE AUX PRÊTRES, PAR CES PAROLES : QUE LE SEIGNEUR TE BÉNISSE ET TE GARDE : QUE LE SEIGNEUR TE MONTRE SA FACE ET TE DONNE LA PAIX. » LA FORMULE DE LA BÉNÉDICTION EST ÉCOURTÉE 0, IL EST PROBABLE QUE LES ÉVÊQUES SE SERVAIENT DU GESTE DE LA BÉNÉDICTION JUIVE EN MÊME TEMPS QUE DE LA FORMULE. CE GESTE CONSISTAIT À ÉTENDRE LES DEUX MAINS SUR LA MULTITUDE. AU TEMPLE, LE GRAND PRÊTRE LES ÉLEVAIT AU-DESSUS DE LA TÊTE PAR RESPECT POUR LE NOM DE DIEU ÉCRIT SUR SA COURONNE, MAIS DANS LA ZHIASPARA LES PRÊTRES NE LÉS ÉLEVAIENT PAS PLUS HAUT QUE LES ÉPAULES. L'IMPOSITION DES MAINS ÉTAIT TRÈS USUELLE CHEZ LES PREMIERS CHRÉTIENS. IL N'Y AVAIT PRESQUE AUCUNE CÉRÉMONIE QUI N'EN FÛT ACCOMPAGNÉE. ELLE SERVAIT PRINCIPALEMENT DANS QUATRE OCCASIONS : {° L'ABSOLUTION ? ; 2 LA CONFIRMATION 23 ; % L'ORDINATION ?+ ; 4° LA BÉNÉDICTION #5. NOUS VOYONS DANS LA PEREGRINATIO ETHERIÆ 1 ET D'AUTRES DOCUMENTS QUE L'ÉVÊQUE BÉNISSAIT PAR L'ÉLÉVATION ET L'IMPOSITION DES MAINS, À LA FIN DES OFFICES, IL DONNAIT UNE HÉNÉDICTION GÉNÉRALE, EN_SUITE LES FIDÈLES DÉFILAIENT DEVANT LUI POUR RECEVOIR UNE BÉNÉDICTION PARTICULIÈRE. ITEM DICIT ORATIONEM ET BENEDICIT FIDELES ; D FL UH, 141 ET POST HOC, EXEUNTE EPISCOPO DE INTRO CANCELLLOS, OMMNES AD MANUM. EI ACCEDUNT ; ET ILLE COS UNO EL UNO BENEDICIT EXIENS JAM. IL. IMPOSITION DE LA MAIN, — L'IMPOSITION SOIT D'UNE MAIN SOIT DES DEUX EST DONC UNE CÉRÉMONIE ESSENTIELLE POUR LES HÉNÉDICTIONS ; MAIS SUR LES MONUMENTS DE L'ANTIQUITÉ CHRÉTIENNE LES MAINS NE SONT PAS TOUJOURS DISPOSÉES DE LA MÊME FAÇON ET CETTE DIVERSITÉ A DONNÉ LIEU À DIFFÉRENTES CLASSIFICATIONS. LE GESTE DE BÉNÉDICTION LE PLUS SIMPLE ET LE PLUS NATUREL EST L'IMPOSITION DIRECTE DE LA MAIN SUR LA PERSONNE OU SUR L'OBJET QUE L'ON VEUT HÉNIR. PLUSIEURS FRESQUES DES CALACOMBES REPRÉSENTENT LE CHRIST BÉNISSANT DE CETTE FAÇON, DANS LE CIMETIÈRE DES SAINTS-PIERRE-ET-MARCELLIN, UNE FRESQUE DU ME NEUS MONTE JÉSUS-CHRIST GUÉRISSANT L'AVEUGLE-NÉ : IL LUI POSE LA MAIN SUR LA TÊTE 1. [ANS LE MÊME CIMETIÈRE UNE FRESQUE DU 1V° SIÈCLE REPRÉSENTE LE MÊME ÉPIODE : NOTRE-SEIGNEUR EMPLOIE LE MÊME GESTE , QUELQUEFOIS LE PERSONNAGE QUI BÉNIT N'IMPOSE PAS DIRECTEMENT LA MAIN, MAIS LA TIENT SIMPLEMENT ÉTENDUE SUR LA PERSONNE OU SUR L'OBJET, AINSI UNE PEINTURE DU CIMETIÈRE D'HERMÈES NOUS MONTE LE CHRIST GUÉRISSANT UN DÉMONIAQUE. LE MALADE EST À GENOUX DEVANT JÉSUS QUI ÉTEND LA MAIN SUR SA TÊTE SANS FAIRE L'IMPOSITION #, LES SARCOPHAGES CHRÉTIENS REPRÉSENTENT ASSEZ SOUVENT JÉSUS BÉNISSANT OU OPÉRANT DES MIRACLES PAR L'IMPOSITION DES MAINS. UN BAS-RELIEF TROUVÉ À LA VILLA BORGHESE ET CONSERVÉ AU MUSÉE DU LOUVRE REPRÉSENTE DES ÉPICODES DE L'ANCIEN ET DU NOUVEAU TESTAMENT (FIG. 1486). EN PREMIER LIEU ON VOIT DIEU RECEVANT LES PRÉSENTS DE CAIN ET D'ABEL : VIENT EN_SUITE LE CHRIST BÉNISSANT DEUX ENFANTS PAR L'IMPOSITION DES MAINS SUR LA TÊTE, KRAUS A CRU VOIR DANS CETTE SCÈNE LA BÉNÉDICTION DE MANASSÉ ET D'ÉPHRAÏM PAR JACOB, MAIS CETTE INTERPRÉTATION NE NOUS PARAIT PAS VRAISEMBLABLE, CAR LA BIBLE NOUS DIT QUE JACOB CROISA SES MAINS POUR IMPOSER LA MAIN DROITE À ÉPHRAÏM QUI SE TROUVAIT À SA GAUCHE ET LA MAIN GAUCHE À MANASSÉ QUI ÉTAIT À SA DROITE. SANS DOUTE LA RAISON QUI À POUSSÉ KRAUS À ADOPTER CETTE INTERPRÉTATION, C'EST QUE JÉSUS DANS CE CAS EST REPRÉSENTÉ BARBU TANDIS QUE DANS LES TROIS AUTRES ÉPISODES IL EST IMBERBE, MAIS CETTE DIVERSITÉ EST FACILE À EXPLIQUER. L'ARTISTE EN EXÉCUTANT SON TRAVAIL DEVAIT AVOIR SOUS LES YEUX DIFFÉRENTS MODÈLES QU'IL A COPIÉS SANS SE PRÉOCCUPER DE L'UNITÉ TYPIQUE. BÉNIR (MANIÈRE DE)* | DERNIERS ÉPISODES SONT CEUX DE JÉSUS AU PUITS I | REMARQUER QUE LA MALADE EST PRÉSENTÉE À JÉSS, ! L APÔTRES. D'ORDINAIRE ELLE EST REPRÉSENTÉE ACC SES DISCIPLES DONT L'UN, SAINT PIERRE, EST FACILE À RECONNAÎTRE PAR LE COQ QUI SE TROUVE À SES PIEDS : LES DE SICHEM ET DE LA GUÉRISON DE L'HÉMORROÏSSE, HE ELLE BAÏSE RESPECTUEUSEMENT LA MAIN, PAR UN DERRIÈRE NOTRE-SEIGNEUR, SUR UN SARCOPHAGE « CONSERVÉ AU MUSÉE D'ARLES 5, ON VOIT LE CHRIST CE GESTE À TROIS REPRISES DIFFÉRENTES : POUR LA GUÉRISON DE L'HÉMORROÏSSE, POUR CELLE D'UN AVEUGLE-NÉ ET POUR LA BÉNÉDICTION D'UN ENFANT. CEPENDANT IL FAUT REMARQUER QUE LA POSITION DE LA MAIN N'EST PAS PAREILLE DANS CES TROIS CAS, POUR LES DEUX GUÉRISONS JÉSUS TOUCHE LÉGÈREMENT LA TÊTE DES MALADES, TANDIS QUE POUR LA BÉNÉDICTION DE L'ENFANT, IL POSE LA MAIN TOUTE ENTIERE SUR TÔTE.
Un sarcophage du Vatican nous montre Jésus guérissant deux aveugles : il pose la main gauche sur la tête de l'un d'eux. Un autre sarcophage, décrit dans le cimetière de Lucine, représente Jésus guérissant un aveugle par l'imposition de la main sur les yeux. Sur le même sarcophage, Notre-Seigneur apparaît sous les traits d'un adolescent opérant le miracle de la multiplication des pains. Deux apôtres, deux vieillards, se tiennent à ses côtés : l'un porte une corbeille avec un pain, l'autre une corbeille avec des poissons. Jésus pose une main sur chaque corbeille.
III. LA MAIN OUVERTE, — Une deuxième façon de bénir consiste à étendre la main ouverte vers la personne ou vers l'objet que l'on bénit, Mais ce geste n'est pas exclusivement réservé aux bénédictions ; à vrai dire, il paraît plutôt avoir servi, soit dans l'antiquité païenne soit dans l'antiquité chrétienne, comme geste d'allocution et de commandement, Ainsi, Jésus enseignant est souvent représenté tenant d'une main un rouleau et faisant ce geste de l’autre main« . Une fresque de la catacombe de Prétextat représente Jésus et la Samaritaine, Jésus fait ce geste, qui n'est d'ailleurs qu'un geste d'allocution. On est quelque peu embarrassé sur l'interprétation à donner à ce geste, souvent les deux interprétations — acclamation et bénédiction — s'y appliquent également.
Une peinture de la fin du IVe, qui se voit dans la chapelle des sacrements, représente la résurrection de Lazare, sujet si cher aux premiers chrétiens. Il se distingue des représentations habituelles, car au lieu d'une momie à la porte du tombeau, nous voyons un homme plein de vie, déjà libéré du sépulcre : Jésus imberbe le bénit de la main, et, mais peut-être ne faut-il voir ici que le geste d'accompagnement dont Jésus accompagna ses paroles. Une autre fresque, plus ancienne encore, représente le Pasteur portant sur ses épaules une brebis qu'il tient avec la main gauche, tandis que la main droite est levée comme pour bénir ?
Une fresque, dans le troisième cubicule du cimetière de Domitille, représente une longue figure à genoux devant Jésus, les mains vers lui en suppliant : Jésus, sous les traits d'un adolescent, le bénit de la main ouverte ; mais peut-être est-ce le geste de commandement ? » Ce geste se rencontre assez fréquemment sur les sarcophages chrétiens. L'un d'eux, trouvé au cimetière du Vatican, nous montre Jésus guérissant le paralytique : à la piscine probatique. Le sujet occupe le milieu du sarcophage ; il est divisé en deux étages séparés par une ligne ondoyante représentant l'eau. Dans l'étage inférieur, on voit le malade couché sur son lit. Deux personnages étendent sur lui la main droite comme pour le bénir. Au registre supérieur, le malade nous apparaît guéri, emportant son lit, tandis que Jésus le bénit de la main ouverte.
La même scène est représentée sur un autre sarcophage. Le malade est guéri et emporte son grabat.
IV. BÉNÉDICTION LATINE, — Sur un grand nombre de monuments, principalement d'origine latine, on remarque que sur les mains qui bénissent, trois doigts se développent, le pouce, l'index et le médius, tandis que les deux autres doigts sont repliés au creux de la main. C'est ce qu'on appelle la bénédiction latine par opposition à la bénédiction grecque dont nous parlerons plus loin. Cette manière de bénir n'apparaît dans l'art chrétien qu'à une époque relativement tardive. Ceci tendrait à prouver qu'au début on étendait la main ouverte sans se préoccuper de la disposition des doigts et que ce ne fut que plus tard, probablement vers le milieu du Ve, qu'on commença à adopter certains usages qui, dans la suite, ont fait loi et sont parvenus jusqu'à nous.
Ce geste est surtout un geste oratoire, et, comme tel, a été reproduit sans cesse par les artistes de l'antiquité païenne. Apulée en fait mention : porrigit dexteram et ad inslar oralorum conformat articulum duobus infimis conclusis digitis, celeros eminentes porrigil, et infesto pollice, infit.
Naturellement, les premiers chrétiens, formés aux écoles païennes, se servaient de ce geste dans leurs discours et ne l'employèrent que plus tard pour les bénédictions. À quelle époque, et comment ce changement s'est-il produit ? Il est impossible de le dire. Ce geste servait, à la fin des discours, à congédier l'assemblée : il se peut que l'orateur chrétien, évêque ou prêtre, l'ait conservé pour bénir l'assemblée à la fin de son instruction, et que, peu à peu, cette manière de bénir ait été adoptée dans toutes les autres circonstances. Il est assez difficile, par suite, d'établir d'une façon absolument certaine les cas où il faut voir sur les monuments un geste de bénédiction ou un geste oratoire, et l'on se trompe souvent sur ce point. On croit voir un personnage dans l'acte de bénir alors que l'artiste a voulu le représenter dans l'acte de parler.
Ce geste est représenté assez rarement sur les monuments des trois premiers siècles, mais, à partir de cette époque, on le rencontre très souvent, principalement sur les sarcophages.
Une fresque de la voûte du cimetière de la Nunziatella (seconde moitié du IVe) représente au centre le Christ-Juge ; le reste de la voûte est orné de figures de saints et d'orantes. Deux des saints font ce geste, mais il est impossible de dire s'il s'agit d'une bénédiction ou d'un geste oratoire.
Dans ce même cimetière se trouve une fresque représentant la guérison du lépreux : le malade est à genoux devant Jésus qui étend la main. Là encore, il est probable qu'il ne faut voir qu'un geste de conversation.
Dans le cimetière de Pontien, une fresque de la fin du Ve représente trois saints ; Marcellin, Pollion et Pierre. Marcellin et Pollion semblent bénir d'après la manière romaine, mais la même question se pose : bénissent-ils ou parlent-ils ?
Une fresque du Ve qui se trouve au cimetière de Domitille est moins difficile à interpréter. Le Christ est assis entre deux saints. Devant lui, trois personnages, dont l’un est à genoux, font des gestes de supplication : Jésus étend sur eux les deux mains ; il s'agit évidemment ici d'une bénédiction.
Comme nous l'avons dit, ce geste se rencontre assez souvent sur les sarcophages. Un sarcophage trouvé à Rome, en 1653, représente plusieurs scènes, soit de l'Ancien, soit du Nouveau Testament. À gauche, l'on voit un homme avec les mains liées derrière le dos : il est assez difficile de l'identifier. Peut-être est-ce saint Pierre ou saint Paul prisonnier. Le second personnage n'est pas moins curieux : c'est un homme en caleçon, avec un petit manteau sur les épaules. Qu'est-ce que l'artiste a voulu représenter par là ? Nous n'en savons rien. Peut-être s'agit-il d'un homme qui vient d'étendre son vêtement pour l'entrée de Jésus à Jérusalem. Cette interprétation paraît assez vraisemblable, car la scène de l'entrée triomphale est représentée aussitôt après. Nous voyons Jésus assis sur un âne : il bénit de la main droite suivant la manière romaine. [Ci du moins il est impossible de se tromper et de voir dans ce geste autre chose qu'une bénédiction.] Les autres scènes représentent le Christ donnant la loi, Daniel dans la fosse aux lions et la résurrection de Lazare (fig. 1487).
Sur un autre sarcophage trouvé au cimetière de Saint-Paul-hors-les-Murs et conservé au musée du Latran (n. 104), il comporte deux rangées de scènes. En haut à gauche, on voit la création par les mains de la Très Sainte Trinité : Dieu le Père sur un trône semble bénir, d'après la manière latine, Adam, que lui présente Dieu le Fils, qui est élancé sur ses pieds. Viennent ensuite la chute de nos premiers parents : le portrait des défunts dans un médaillon ; le miracle de Cana ; Jésus touche les urnes avec une guette ; la multiplication des pains, deux apôtres présentent à Jésus les pains et les poissons, il pose la main sur chaque corbeille ; la résurrection de Lazare.
En bas sont représentés l'Épiphanie, la guérison de l'aveugle-né ; Jésus touche les yeux du malade avec des doigts arrangés d'après la manière romaine ; dans la fosse aux lions ; le reniement de saint Pierre ; Jésus qui parle à Pierre fait le geste romain.
Au Vatican, on voit le miracle de Cana, la guérison de l'aveugle-né : le Christ étend sur lui la main droite, dont les doigts sont arrangés suivant la manière romaine, mais peut-être est-ce un simple geste dont Jésus accompagne ses paroles. Une troisième scène représente Notre-Seigneur touchant d'une baguette un coffre vide : sans doute, il s'agit de la résurrection de Lazare, mais le cas est très curieux, car presque toujours Lazare est représenté à la porte d'un tombeau ayant la forme d'un petit édifice. Viennent ensuite une orante avec une colombe à ses pieds, la multiplication des pains, la guérison de l'hémorroïsse et Daniel empoisonnant le serpent, sujet très rare.
Maffei a donné un sarcophage fort curieux : il semble que l'artiste avait sous les yeux un calice moderne ; il en a reproduit deux, sans s'apercevoir que la première fois il représentait Jésus barbu, la seconde imberbe. Dans la première représentation, il bénit un personnage de taille minuscule, la tête verte ; dans la seconde, il bénit l'hémorroïsse suivant la manière romaine. Dans les deux cas, surtout dans le second, il est très probable que l'artiste a voulu représenter Jésus non pas bénissant mais parlant.
Somme toute, on peut dire, qu'à part quelques exceptions, dont l'interprétation ne laisse pas douter, les monuments de l'antiquité chrétienne reproduisent que rarement ce geste comme geste de bénédiction ; par contre, le geste oratoire se rencontre très souvent.
V. BÉNÉDICTION GRECQUE. — Pour la bénédiction grecque, les trois doigts qui se développent sont le médius, l'annulaire et l'auriculaire, tandis que le pouce se joint à l'index (fig. 1489).
L'origine de ce geste est difficile à établir : à notre connaissance, il n'existe pas de reproduction sur les monuments de l'antiquité païenne. Conclure de là que ce geste soit exclusivement chrétien, que tous les détails aient été voulus, que la disposition de chaque doigt ait un symbolisme propre, serait par trop audacieux ; néanmoins, les nombreuses significations foncières qu'on lui attribue le laissent supposer.
alter curvatus litteram C, quæ græcum est sigma, efficiant ; atque iterum ut itus annularis et pollex, inter se transmissi forte, D alteram græcam X ; auricularis vero digitus, id est de medio dictum est, curvetur in C : et ex his duæ primæ litteræ IC significent nomen salvum Jesus ; posteriores autem duæ XC, nomen Christus, uti explicat Ciampinus ex odo “ci attributis Christ, sect. 4. c. 9. n. 733, et audus ex Nicolao Malaxe, scriptore græco, fragéius vis scio qualia cilans ; quod inquam, talis sitio digitorum in manu benedicente græcorum stt, debeat esse, ad ta les litteras formandas, ingeniogs Nicolai istius speculalionem esse existima | réceplum apud Græcos ritunt : cum præter + alius nusquam citetur, qui talium rituunr in ichionibus servandorum, mentinerit. TT ont raison de ne voir dans cette lication qu'une spéculation ingénieuse. Ils estiment & ce geste est aussi latin que grec, peut-être même -il exclusivement latin ; ils sont donc obligés de r cetlé explication qui ne peut convenir qu'aux Mis grecs ; ils en donnent une autre, acceptable pour 5 deux Églises. Les trois doigts élevés expriment la yance à la Trinité : le pouce et l'annulaire forment ere lhiéroglyphe de l'éternité 1, Tres autem di- | *BÉNIR (MANIÈRE DE) Le manu benedicente, ut primus erectus, litte754 ganmus ad contemplandan sanclissimam Trinitatem : Digituni que annularem ac pollicem, suprimis articulis inter se contingentes conficere litteram © aut annulum, æternitatis hieroglyphicon, ad significanda bona quæ in cœlis reposita sunt, ælerna fore : spem que illa consequendi per benedictionem divinam impertiri vel augeri hominibus. On serait bien en peine de dire laquelle des deux explications est la plus ingénieuse, Macri voit dans ce geste les sig les À et © : les trois doigts élevés forment l'oméga, la réunion du pouce et de l'annulaire l'alpha. Goar y lit Ifnooüs) yipuoros) vw). L'auriculaire forme la lettre 1, le pouce et le quatrième doigt la lettre X, l'index et le médius, qui, d'après lui doivent être un peu séparés, la lettre V. Leo Allatiuss croit voir dans l'élévation des trois doigts une allusion à la Trinité : il ne donne auc une signification au cercle formé par le pouce et le quatrième doigt, mais il ajoute que l'index et le médius rappellent les deux natures de Jésus-Christ. Neale 6 dit en parlant de la bénédiction grec que. « Le prêtre joint le pouce et le quatrième doigt, élévé et joint les trois autres ; il est supposé symboliser la procession du Saint-Esprit du Père seul, et suivant d'autres, former les lettres 1.H.C. » L'abbé Polidori ? reconnait lui aussi dans l'élévation de trois doigts une profession de foi à la Trinité des personnes et dans les deux doigts unis la croyance à l'unité de nature. Martigny$ croit reconnaitre dans ce gesle les deux princip aux mystéres de la foi, la Trinité et l'Incarnation, « quand ces deux doigts (le pouce et l'annulaire), sont placés l'un sur l'autre en forme de croix (et les monuments en offrent plus d'un exemple) l'ensemble de l'attitude de la main pourrait rappeler les deux princip aux mystères de la foi, la Trinité et l'In carnation. » D'aprés dom Roulin ® ce geste symbholiserait la grâce et la protection divines ; malheureusement, il ne | nous expli que pas ce symbolisme caché. Il est inutile d'ajouter que ces explications n'ont d'autre fondement que l'imagination. Le nombre seul suflirait à en démontrer la fausseté. Ce geste était connu longtemps avant qu'on ne songeät à lui attribuer loutes ces explications. — Comme pour la bénédiction romaine, cette manière de bénir n'était probablement tout d'abord qu'un simple geste d'allocution, et ceci est d'autant plus vraisemblable que sur un grand nombre de monuments il est impossible de lui donner une autre interprétation. Ainsi l’une des plaques de la célébre chaire de Maximinien représente l'Annonciation 1°, l'ange fait ce gesle : il ne s'agit évidemment pas d'une bénédiction, mais d'un geste d'allocution ; une autre pla que représente l'ange apparaissant en songe à Joseph, iei encore l'ange | ne bénit pas. Sur d'autres monuments, et ils sont nom- | breux, il est difficile de saisir l'idée de l'artiste, Souvent en effet, les personnages représentés tiennent un livre de la main gauche tandis que la main droite est levée comme pour bénir, mais l'attitude générale convient aussi bien à un orateur qu'à quelqu un qui bénit 11, On ne peut préciser l'épo que à laquelle ce geste apparait dans l'art chrétien, mais ce fut assez lard et le geste romain lui est antérieur. A partir du v° siècle on le rencontre assez fréquemment, et, à part quelques points de détail, les arlistes ont suivi assez fidèlement les rég les données dans le Guide de la 799 peinture. Quelquefois, mais assez rarement, on troure des exemp les où le pouce et le médius se joignent au | lieu du pouce et de l'annulaire, | Il ne semble pas probable que dès l’origine on ail établi une distinction bien nette entre les deux manières de bénir, grec que et romaine : on usait indilférermmment de l'un ou de l'autre geste, et cet état de choses s'est prolongé jus que bien avant dans le moyen âge, car Innocent III, très zélé pour tout ce qui regardait les anciens usages, et écrivant ex professo sur la maniére de bénir, ne prescrit que l'élévation de | trois doigts sans indiquer lesquels. Kraus est d'opinion que la distinction ne fut établie qu'à partir de la scission définitive des deux églises, mais celte assertion parait peu vraisemblable. Un dipty que du xr° siècle représente saint Pierre, fondateur de l'Église de Rome, bénissant d’après la maniére romaine, tandis que saint André, regardé d'ordinaire comme le fondateur de l'Église de Constantinople, bénit d'après la manière grec que (fig. 1490). Ceci semblerait prouver que, dès cetle épo que, les o € r£ Céleu **\VÉÉTS** deux façons de bénir étaient considérées comme des signes caractéristiques de cha que Église, Mais on ne saurait l'aflirmer, car d'autres monuments qui ne représentent que des saints grecs, réunissent les deux bénédicthions. VI. BÉNÉDICTION AVEC LE MEDIUS ET L'INDEX, — Une autre manière de bénir consiste à n'élever que le medius et l'index tandis que l'on joint l'auriculaire et l'annulaire avec le pouce (fig. 1491). Quelquefois, surtout sur les monuments plns anciens, on se contente de replier ces trois doigts à l'intérieur dé la main sans auc une disposition particulière. Il est trés facile de confondre cette maniére de bénir avec le gesle romain, surtout quand on ne voit que le revers de Fa main, car alors il est impossible de distinguer si le pouce est replié ou non. Ce geste se rencontre fréquemment sur les monuments de l'antiquité païenne : les artistes paiens semblent l'avoir employé comme geste de commandement, d'indication, ou de simple Conversation, On le rencontre de bonne heure sur les monuments chrétiens où il conserve les interprétations que lui avaient attribuées les artistes païens. S'il sert quelquefois pour les bénédictions, il semble que ce nest que par exception. Peu à peu, comme le geste romain il a perdu toutes ses autres significations pour ne plus servir que pour les bénédictions. Les fresques des catacomhes le reproduisent souvent, Mais ce nest ja mais que comme geste oratoire. Ce- *BÉNIR (MANIÈRE DE)* | Notre-Sceigneur assis entre les douze apôtres.
_ trait des défunts. A droite on voit la scène de pendant, sur une fresque du cimetière de Dom qui date du commencement du IVe, on peut peut-être voir un geste de bénédiction. D'après Wil, l'artiste a voulu représenter la présentation des saints à Jésus, C'est un des premiers exemples de ce sujet qui a été reproduit assez souvent dans la suite, Notre Seigneur est assis sur un siège : devant lui se tient une sainte inclinée ; Jésus étend vers elle la main gauche, mais est-ce un geste de bénédiction, d'accueil ou d’allocution ? Il est difficile de le dire ; je serais plutôt porté à croire qu'il s'agit d'un geste d'allocution, la sainte fait également ce geste qu'il serait assez facile d'interpréter si l'on voulait voir dans cette scène autre chose qu'une conversation entre Notre Seigneur et la sainte. | Pour les autres fresques, il n'y a pas de doute possible ; c'est bien d'un geste d'allocution qu'il s'agit. On voit Notre-Seigneur enseignant ou assis entre ses apôtres avec lesquels il semble discuter, il fait ce geste, parfois. D'après Monuments Piot, t. VII, fasc. 1, même quelques-uns des apôtres le font également. On trouve ce geste assez souvent sur les sarcophages, quelquefois comme geste d'allocution, plus rarement, comme geste de bénédiction ; sur le beau sarcophage de Saint-Ambroise à Milan, il tient de la main gauche un livre ouvert, et sa main est disposée suivant la manière que nous venons de décrire ; mais son attitude générale ainsi que celle des apôtres, dont plusieurs tiennent soit un livre, soit un rouleau et dont trois font le même geste, nous portent à croire que l'artiste a voulu représenter Jésus enseignant et non bénissant, La partie supérieure des sarcophages est occupée par le médaillon contenant les jeunes Hébreux qui refusent d'adorer la statue de Nabuchodonosor : le roi étend vers eux la main dont les doigts sont arrangés suivant la manière que nous avons décrite plus haut ; mais il ne s'agit ici que d'un commandement. À droite on voit l'adoration des mages. Le beau sarcophage d'Adelphia, conservé au musée de Syracuse, présente quelques particularités intéressantes, On voit le Christ bénissant ou opérant des miracles de différentes manières, Il guérit l'hémorroïsse par l'imposition de la main ; de même pour la multiplication des pains, il étend les deux mains sur les pains que lui présentent deux des apôtres, Il guérit l'aveugle-né en lui posant deux doigts sur les yeux et ressuscite Lazare en le touchant avec une baguette. Lazare est couché dans un sarcophage, En bas à droite, on voit la chute de nos premiers parents : Adam semble reprocher à ve sa faute : il étend vers elle la main droite dont l'index et le médius sont élevés. Scène suivante : Jésus bénit du même geste une femme qui élève son vêtement sous les pas de son Seigneur.
BÉNÉDICTION AVEC L'INDEX ET L'AURICULAIRE, — Sur quelques monuments, les mains sont disposées d'une manière qui rappelle la bénédiction grecque ; il y a au lieu de trois doigts, deux doigts élevés, l'index et l'auriculaire, tandis que le médius et l'annulaire sont repliés à l'intérieur de la main et joints au pouce (fig. 1492). Ce geste est assez rare et par conséquent, il est difficile de lui donner une interprétation définitive, mais quelques exemples que nous en connaissons indiqueraient plutôt un geste d'allocution. La fameuse chaire de Maximien de Ravenne est d'un intérêt tout spécial pour l'étude des gestes de bénédiction ou d'allocution. Le devant est orné de sculptures présentant les quatre évangélistes et saint Jean-Baptiste, Celui-ci, qui occupe le milieu, tient de la main droite, avec la main droite, dont les doigts sont disposés de la manière que nous venons de décrire, c'est-à-dire que l'index et l'auriculaire sont élevés, tandis que le médius et l'annulaire sont joints au pouce, Les quatre évangélistes tiennent leur livre d'évangile dans la main gauche et de la droite ils font un geste d'allocution. L'index et le médius, tandis que les trois autres doigts sont répliés à l'intérieur de la main : le second a la main ouverte repliée sur la poitrine, le troisième étend la main ouverte et le quatrième arrange les doigts suivant la manière grecque,
BÉNÉDICTION AVEC QUATRE DOIGTS, — Une plaque qui jadis était conservée à Murano, aujourd'hui à Ravenne, nous fait voir un autre geste assez curieux. C'est une plaque à cinq compartiments datant du Ve ; dans le compartiment du milieu, Jésus est représenté enseignant ; les autres compartiments représentent quatre miracles de Jésus : la guérison de l'aveugle, la guérison du démoniaque, la résurrection de Lazare et la guérison du paralytique. Jésus touche les yeux de l'aveugle, mais dans les trois autres cas, il fait soit un geste de commandement. Il élève quatre doigts : le pouce est replié à l'intérieur de la main.
AUTRES BÉNÉDICTIONS AVEC QUATRE DOIGTS. — Il faut rapprocher de ce geste un autre aussi curieux que celui-là. Là également, il y a quatre doigts étendus. Au lieu du pouce, c'est l’auriculaire qui est replié à l'intérieur de la main. Ce geste se rencontre sur la célèbre Croix de Méand, attribuée selon quelques critiques à Justin Ier, selon d'autres à Justin II. Sur la face postérieure de cette croix qui s'est conservée, est ornée de cinq médaillons. Celui du milieu représente l'Agneau crucifié, les autres qui se trouvent sur les branches représentent en haut et en bas, le Christ, à droite et à gauche les donateurs. C'est dans le médaillon de la branche supérieure que nous allons attirer l'attention. Il représente Notre-Seigneur tenant un livre de la main gauche : la main droite fait un disque avec l’agneau : il fait un geste d'allocution, en commençant par la droite, n'élève que la main droite pour faire soit un geste de bénédiction, soit d'allocution, soit de bénédiction : quatre doigts sont étendus, le pouce, l'index, le médius et l'annulaire, l'auriculaire est replié à l'intérieur de la main,
Il existe enfin une autre manière de bénir, mentionnée par M. Millet, qui la croit réservée au Christ. Elle consiste à fléchir les quatre doigts et à appuyer le pouce sur le médius.
BÉNITIER. — L. Pierre. Il. Terre cuite. III, Métal.
En étudiant la basilique chrétienne, nous avons montré ses origines confondues avec l'atrium de la maison romaine. Cet atrium, avec le temps, a été disjoint du tablinum et rejeté en avant de la façade de la basilique ; mais alors même, il a conservé, bien que suivant une disposition différente, sa caractéristique. Jadis, le toit de l'atrium s'inclinait vers son centre et s'y découpait largement. Une architrave ou une forte solive en tenant lieu, portée sur des colonnes, supportait l'extrémité béante par laquelle les eaux pluviales tombaient dans un large bassin, l'impluvium. Quand l'atrium cessa d'appartenir à la maison et devint le parvis de la basilique, il conserva les colonnes qui soutenaient jadis le toit au-dessus de l'impluvium, mais ces colonnes furent rapprochées de la muraille d'enceinte et se transformèrent en portique, le toit disparut et l'atrium ainsi découvert n'alimenta plus son impluvium qui fut remplacé par une vasque, une fontaine, un canthare. On s'en servit pour les ablutions de la tête, des mains et des pieds avant de pénétrer dans la basilique. Cette question sera étudiée plus loin. Voir CANTHARUS-FONTAINE. Mais l'atrium, nous l'avons dit, vit peu à peu ses proportions se réduire et il arriva, à une époque qui varie suivant les provinces, et même suivant les localités, que ce vaste espace ne fut plus qu'un souvenir ; l'atrium fut remplacé par le porche plus ou moins spacieux et le cantharus fit place à un récipient de dimensions moins monumentales. Tel parait être le schéma des transformations, des réductions, qui ont abouti au bénitier.
Nous négligeons ici la question de l'antiquité plus ou moins grande de la bénédiction de l'eau. Il paraît vraisemblable que l'eau du cantharus n'avait reçu aucune bénédiction liturgique et sa destination eût comporté difficilement cette bénédiction. Au reste, nous croyons que toutes les fois où c'était possible, le cantharus était approvisionné d'eau courante, ou du moins fréquemment renouvelée. L'habitude prise par les fidèles de se laver le visage et les mains continua lorsque le récipient fut ramené sous le porche. Il est probable que l'incommodité et l'étroitesse du porche auront contribué à faire renoncer à un usage dont il devenait malaisé de s'acquitter par suite d'encombrement ou pour toute autre raison. Le cantharus se trouva ainsi délaissé et sa destination changea. Peu à peu, on dut réduire le récipient devenu trop vaste depuis qu'il ne servait plus ; en s'atrophiant de la sorte, il perdit son caractère et en même temps sa destination. On ne le supprima pas, mais ce fut à condition de subir une transformation nouvelle. [Il n'était plus question d'ablutions, mais, soit par routine, soit par scrupule, on continuait à simuler l'ablution en mouillant l'extrémité des doigts, les uns se signaient, les autres prononçaient, ce faisant, quelque formule. L'habitude était prise, on y attacha l'idée d'un acte de dévotion. L'Église, pour donner à cette croyance un fondement réel, attacha une bénédiction à l'eau contenue dans le récipient qui porta désormais le nom qu'il a conservé. On aura pu remarquer la part faite dans cet exposé à la conjecture. Bien que nous n'y ayons recours d'ordinaire qu'à l'extrême limite, l'absence complète de textes et la réalité d'une pratique connue dans ses transformations principales ne nous laissait pas le choix d'un moyen différent d'exposition.
Car il faut nécessairement faire une distinction entre le bénitier fixe dont nous venons de retracer les origines vraisemblables et le bénitier mobile.
Les témoignages favorables à l'existence d’une bénédiction liturgique de l'eau et à l'emploi de cette eau par les fidèles sont nombreux et formels. Il va sans dire que l'eau, ainsi bénite, était contenue dans des vases faciles à transporter suivant l'occasion dans les divers lieux où on en devait user. Les textes les plus anciens que l'on puisse produire ne remontent pas au delà du Ve et permettent de constater l'usage fréquent de l'eau bénite pour les usages les plus divers, non seulement du culte mais de la vie courante.
Les récits miraculeux insistent sur les effets de l'eau, mais, ainsi qu'on doit s'y attendre, ils ne sont pas prodigues de détails sur les vases dont on se servait pour la conserver ou la transporter. Cavedoni, dont l'opinion n'est plus négligeable, a signalé une colonne dans un cimetière du milieu du IVe à Chiusi ; il suppose que cette colonne portait un bénitier ! N'a-t-elle pas été le récipient de l'eau bénite ! (fig. 1493). Malheureusement, on n'a pu établir le fait de l'usage antique des bénitiers que sur des textes tardifs. Qu'est-ce, en vérité, pour un usage des premiers siècles, qu'une affirmation, si formelle qu'on l'imagine, d'un auteur du XIXe, Durand, qui écrit : in spelunca (sepulcri) aqua ponitur benedicta propter illusiones dæmonum ? Bosio, suivi par Rossi et Cavedoni, se contente de cette preuve que J.-B. de Rossi trouve à bon droit insuffisante. L'usage de l'eau bénite est ancien, à coup sûr, mais nous n'étudions que les récipients servant à la contenir. Prudence parle de conques et de plats contenant des parfums liquides.
Nos tecta fovebimus ossa
Violis et fronde frequenti
+ De Rossi n'hésite pas à admettre que la colonne ronquée qu'on voit sur la figure 1494, avait pour destination de supporter un récipient de grandes dimensions pour contenir l'eau bénite à la porte des églises de nos jours. Dans le cimetière de Saint-Saturnin, sous la vigna rangalandi (voie Salanta), De Rossi a vu dans un cubiule, près d'un arcosolium, une colonnette du même genre supportant le fond d'une grande coupe brisée. De fond et l'empreinte d'une coupe de verre de grandes dimensions ont été trouvés sur un fût de colonne dans une nebule (C d 1) du cimetière de Callixte. Des fragments de vasques en marbre à fond plat, de forme cirulaire et de rebords assez peu élevés ont été trouvés dans la crypte de saint Corneille, Des fragments de même forme ont été trouvés dans la basilique de Saint-André sur la voie Nomentane et De Rossi en a vu d'autres à côté de la sépulture et de l'autel des saints Alexandre et Éventius. Enfin, dans une crypte trouvée par Boldetti, une colonnette proche du tombeau portait une tasse du même genre. Souvent aussi ces vases étaient posés non plus sur des colonnettes, mais dans des niches semi-circulaires creusées dans le tuf. Rossi gardait la mémoire de débris d'un récipient dans une niche du cimetière de Sainte-Agnès.
Si les catacombes ont possédé des bénitiers de ce genre que leur masse rendait peu maniables et difficiles à déplacer, on peut supposer que, même à l'époque où le cantharus de l'atrium existait à peu près partout, on les plaçait de préférence non loin de l'entrée des basiliques. Ce qui nous porterait à le croire, c’est que deux textes nous montrent l'usage de l'aspersion d'eau à l'entrée du temple. Sozomène rapporte que « Valentinien, capitaine des gardes de Julien, pour remplir les devoirs de sa charge, accompagnait l'empereur au temple de la Fortune. À la porte, le prêtre, selon sa coutume, aspergea les assistants avec l’eau lustrale : quelques gouttes tombèrent sur les vêtements de Valentinien et celui-ci, indigné, donna au prêtre un violent coup de poing ; puis il se hâta d'arracher la partie de son vêtement que l'eau lustrale avait souillée. » Une lettre de Synésius, au début du Ve, contient ce renseignement : « Si l'administration de la république regardait les évêques, ils devraient être les vengeurs du crime ; car le glaive public ne sert pas moins à purifier la cité que l’eau lustrale placée dans le vestibule du temple ! »
À cette catégorie de vases ont pu appartenir deux urnes trouvées à Djemila (Cuicul) en Algérie, et dont il ne subsiste que des fragments. L'une était au diamètre de 0,58, l'autre de 0,75. La face extérieure couverte de bas-reliefs rappelait la symbolique primitive. Nous donnons ici un de ces fragments représentant Daniel parmi les lions (fig. 1495).
Franchement, le premier rang doit appartenir à un vase de marbre noir que le P. Marchi a fait entrer parmi les collections du musée Kircher (fig. 1196-1497). La technique permet de placer ce monument, unique en son genre, au IVe. La coupe émerge d'une décoration de larges feuilles d'acanthe, encore très correctes, peintes et dessinées d'après les traditions classiques. Dans les fragments qui subsistent, deux masques de divinités marines sont attachés à la partie inférieure d'un bandeau dans lequel courent des rinceaux de feuille et de fleurs. La partie supérieure offre un large bandeau dans lequel se développent deux compositions. Dans l'une, le Christ siège sur son trône, un rouleau à la main, au milieu des douze apôtres dont cinq seulement sont encore visibles ; dans l'autre composition, la Vierge assise avec Jésus sur ses genoux reçoit l'hommage de trois rois qui étaient probablement ici au nom de tous les autres. L'enfant Jésus est entièrement nu. Les têtes de tous les personnages ont été brisées.
Le P. Garrucci et Edm. Le Blant ont publié un monument trouvé aux Tourettes, près d'Apt, et tous deux ont pensé devoir le ranger dans la catégorie des canthari ; nous nous montrerons moins affirmatifs. Il s'agit d'un marbre à moulures dont le plancher formant table est légèrement concave (fig. 149). La face antérieure porte l'inscription : « Nubéyevos rpos » « Fais ta prière après t'être lavé. » Au centre, un monogramme, sans doute en bronze, dont il ne reste que les trous d'attache. Sous l'endroit du mot APOCELYROY, on voit une petite cavité incisée en ligne droite ; d'autres en forme de losange se voient sous le premier à table du marbre et sur les côtés. Ces cavités, aujourd'hui vides, avaient probablement été remplies par des ferrures de couleur. Le peu de profondeur de la cavité nous incline à croire qu'elle ne servait pas aux ablutions, mais plutôt à l'usage de l'eau bénite. La moulure ne répugne pas à cette interprétation puisque la prière accompagnait le geste ; c'était comme si on avait : « Ici fais ta prière après que tu t'es lavé. » Près de la forme des caractères, l'inscription des Tourelles ne paraît pas être antérieure à la fin du VIe.
À l'objection qu'on pourrait soulever en disant que l'inscription prescrit de se laver les mains, nous répondrons que la formule trouvée à Constantinople et citée plus loin : « Lave tes iniquités et non pas seulement ton visage, » a été gravée sur le bénitier de Saint-Vincent-de-Paul à Paris. Il est vrai que c'est en réalité, à Paris, de nos jours, de même qu'aux Tourettes, il y a bien longtemps, on peut impunément donner en grec tous les conseils qu'on voudra sans crainte qu'ils soient pris à la lettre.
Mabillon rapporte, dans son Iter italicum, avoir vu, à Nérone, dans le cabinet du comte Moscardo, un vase dont on ne trouve nulle mention dans le catalogue de ce cabinet rédigé en 1672 (fig. 1500). Ce vase était de marbre blanc, haut de « 3 pieds 2 pouces », large de « 1 pied 9 pouces » et muni d'un couvercle. Sur la base on lisait l'inscription suivante : + ANTAHCATE 1A0P META EY :: : POCYNHE OTI GONH KY ENI TON YAATON. Un vase dont Paciaudi nous a gardé le dessin, fig. 1501, était conservé de son temps dans le monastère des SS. Marc-et-André, à Murano. On le faisait provenir de Constantinople. Il était en marbre blanc et portait une inscription identique à celle du vase précédent : + ANTAHCATAI YAGP “META EYDPOCYNHEC OTI DCONH KY EN TON JAATON. La décoration différait très peu de celle de l'autre vase, mais celui-ci n'avait plus de couvercle ; sous l'inscription se voyait un monogramme que Paciaudi n'a pu interpréter NIKOMEAOY en excusant l'emploi de E pour H, alors que Garrucci propose Aûov. C'est ici le champ privilégié de l'hypothèse. Marini avait lu To Nrexouéôou ; peut-être sa lecture est-elle la plus satisfaisante.
Les récipients destinés à contenir l'eau bénite ont pu ne pas présenter tous une légende aussi claire que celle que nous lisons sur les deux vases susmentionnés. Néanmoins, de simples signes, énigmatiques en apparence, permettent de déterminer avec certitude la destination d'une « pelile vasque en marbre blanc, calotte sphérique accostée de quatre oreillons, l'un réservé pour le bec de la cuvette, les trois autres portant les trois premières lettres de l'alphabet : A B C ». Ce petit monument a été trouvé il y a peu d'années à Carthage, dans la basilique de Dermech, terrain Ben Attar, près de la citerne gauche de l'autel. Nous expliquerons dans un instant comment les trois lettres en question sont un indice de la destination liturgique de la cuvette de marbre.
Un autre objet du même genre, mais dépourvu de tout signe ou symbole, fut trouvé il y a soixante ans environ dans les terrains avoisinant la cathédrale de Bath (Angleterre) (fig. 1902). C'est un bassin de pierre mesurant environ 0,5 m à la partie supérieure et 0,20 m en hauteur. La forme générale est évasée, l'extérieur est orné de grosses côtes renforcées au sommet et à la base. Rien ne permettrait de préjuger de la destination de ce bassin si la forme et le lieu de la trouvaille n'invitaient à lui attribuer un emploi liturgique.
Enfin, M. X. A. Sideropoulos croit voir un bénitier dans un support d'autel en marbre à Pendik (banlieue asiatique de Constantinople).
Le vase en terre grise a été trouvé en 1880, parmi des débris d'autres vases et de lampes chrétiennes, au fond d'un puits ancien situé dans une propriété voisine de la Marsa, à Tunis, appelée Bir-Ftoubat. Il mesure en hauteur 0,25. Le goulot est brisé, mais la poignée est intacte. La panse est à peu près cylindrique. Elle est entièrement décorée de dessins géométriques taillés dans l'argile avant la cuisson. Sept rosaces inscrites dans des carrés font le tour du vase. Au-dessus et au-dessous, deux bandes de largeur inégale, mais de décoration identique, forment bordure ; à la base du col, autre décoration géométrique. À la naissance du goulot, une croix latine accostée de deux poissons et des trois premières lettres de l'alphabet : A B C. La proximité du puits d'où le vase a été retiré parmi les ruines d'une basilique et d’un baptistère a induit J.-B. De Rossi à croire que ce vase avait servi à l'administration du baptême à une époque où l'on pratiquait le rite de l'immersion.
Une partie de cette épigraphe se lit sur un seau de bronze dans l'« Ephem. liturgicæ », 1907, t. XX. Un autre vase-bénitier en terre cuite grise, légèrement rougeâtre, mesurant 0,955 en hauteur. Il a été trouvé à Carthage entre Douïmès et Bir-el-Mal. Il est entré comme le précédent au Musée. La forme diffère et rappelle la technique des lampes. Il y a deux troncs de cône soudés par la base. Du cône supérieur sort un col droit qu'une anse plate réunit à la panse. La partie supérieure a été décorée à la peinture avant la cuisson. Deux bordures faites de lignes brisées sont ornées d'encoches en forme de triangle. La partie comprise entre les deux bordures horizontales est divisée en trois compartiments. Celui du milieu, opposé à l'anse, offre la croix et l'A non barré. Chaque extrémité renferme un poisson. Le poisson de droite est gros et court, celui de gauche très allongé. La queue de chaque poisson rejoint l'attache inférieure de l’anse. Le col est orné des deux bandes à chevrons, l'anse est plate. Ce vase est intact, d'un travail soigné pouvant remonter à la fin du Ve ou au commencement du siècle suivant.
Les bénitiers portatifs ont existé, nous l'avons dit, dès une époque ancienne, puisque nous lisons fréquemment qu'on transporte l'eau pour un exorcisme, soit pour soulager un malade. Aussi les monuments sont-ils moins significatifs. Nous ne reviendrons pas sur le plus connu d'entre eux que nous avons publié et commenté, t. 1, fig. 116, 4.
La voix du Seigneur est sur les eaux, le Dieu de gloire tonne. » Un cantharus (fig. 1504-1505) découvert à Constantinople. NATION PROBABLEMENT SEMBLABLE, CONSERVÉ AU MUSÉE, À FLORENCE. + DONH KY ENI TON N OEOC THC AOZHC EBPONTHCE P1.
Une inscripion semblable a été trouvée à Autun. Si le seau de plomb trouvé à Carthage parait devoir être reporté jusqu'au IVe, les autres bénitiers qui nous sont parvenus sont moins anciens. Le musée du Vatican conserve un seau de bronze muni d'une anse sur lequel sont gravées au trait les images du Sauveur et des douze apôtres désignés chacun par son nom écrit en lettres grecques (fig. 150%). Le Christ est nimbé : il est assis sur un trône à escabeau. Les apôtres sont debout, tenant des livres ou des rouleaux, et séparés par des palmiers. En haut et en bas deux frises de feuilles de vigne. Cette composition peut être utilement rapprochée des mosaïques du Ve, date probable du seau en question, découvert au commencement du XIXe au milieu de la place Saint-Marc. Hauteur 0,923 ; diamètre 0,919. M. S. Petridés a promis depuis plusieurs années la description, dans la revue Echos d'Orient, d'un vase de bronze du musée de Tchini-Kiosk, à Constantinople.
A la série déjà si curieuse des bénitiers de marbre, de tuf, de plomb, de bronze, nous ajouterons un seau de bois, recouvert d'appliques, trouvé à Miannay, en Picardie (fig. 1506). Au centre on voit le Christ nimbé, assis sur un trône et foulant aux pieds le serpent.
A gauche du Sauveur, Adam et Éve tentés par le serpent ; en regard, Daniel debout, les bras en croix, entre un lion et un homme qui ne peut être que le prophète Habacuc ; un second fragment du même seau présente cette fois Habacuc tenu par les cheveux et transporté par l'ange auprès de Daniel. Le seau, nous l'avons dit, est de bois et on lui a appliqué des feuilles de cuivre sur lesquelles se trouvent les reliefs, malheureusement trop effacés, que nous venons d'indiquer. Quelques brèves inscriptions accompagnent ces figures. Il semble qu'elles soient rédigées comme nous allons le dire : 1re ligne : Angelus Emis(sus) (de cælo) ; 2e ligne : Daniel Propheta ; 3e ligne [a]Habacu Fert [E]iscam]. Au-dessous de la figure d'Habacuc : D...L..NL..LEONVM qu'on peut restituer : Daniel in lacu leonum. Sur le petit fragment on reconnait auprès de l'ange le mot Angelus et au-dessous Daniel. Trois autres lignes débutaient par M, T, D, elles sont cachées par une petite bande appliquée à l'aide de rivets.
Le seau de Miannay ne saurait être séparé d'un autre seau-bénitier trouvé dans le cimetière anglo-saxon de Long-Wittenham (Berkshire), en 1659 (fig. 1507-1508). La panse est couverte d'une décoration qui offre avec celle de la seille de Miannay une analogie frappante. Trois compositions divisées par des compartiments représentent l'Annonciation, le baptême du Christ, le miracle de Cana. La technique elle-même rappelle celle du petit monument exhumé en Picardie. Les personnages sont nimbés et chaque composition est accompagnée d'une légende ; celle relative au baptême du Christ est un peu obscure. Il semble qu'on y peut lire : OVIQUIC C = houh dn 1sc — Jo(u)h{annes) ; D(ominus) n(oster) J(e)s(us) C(hristus) ?
BENOIT XIV. — I. Le De servorum Dei canonizatione, II. Le De sacrificio missæ. III. Le De festis. IV. Autres ouvrages. V. Correction du bréviaire et des ouvrages liturgiques. VI. Bibliographie.
I. LE DE SERVORUM DEI CANONIZATIONE, — Prosper Lambertini né à Bologne en 1673, devenu cardinal en 1726, archevêque de Bologne, en 1731, élu pape le 17 août 1740, mourut le 4 mai 1758.
Nous n'avons pas à nous occuper, au point de vue historique, de ce pontificat qui fut un des mieux remplis, mais seulement de ses travaux liturgiques.
Dom Guéranger dit dans ses Institutions liturgiques que « le nom de Benoît XIV rappelle la plus vaste science liturgique dont jamais homme ait été orné ». Mais il faut entendre cet éloge de la liturgie juridique et pratique beaucoup plus que de la liturgie historique et scientifique pour laquelle, nous le verrons, Prosper Lambertini a fait beaucoup moins que les grands liturgistes du XVIe. L'œuvre principale de Benoît XIV : De servorum Dei beatificatione et beatorum canonizatione, appartient dans son ensemble plutôt au droit canonique, à l'hagiographie et à la théologie qu'à la liturgie. Cependant plus d'une question traitée dans ce savant ouvrage intéresse cette science, par exemple les chapitres sur le culte des martyrs et des confesseurs (l. I), sur les questions relatives à la croix, p. 208, sur l'Annonciation.
L'auteur est bien au courant de tous les auteurs qui l'ont précédé ; sa rédaction est solide, savante et nette. Son érudition est d'ordinaire sûre et ses jugements, à l'exception de ceux que nous avons signalés, sont éclairés, ses apudicieuses. Ce qui fait le caractère principal de son œuvre, c'est qu'il donne une large place, trop large peut-être pour quelques-uns, à la théologie. Il traite de la nativité du Christ, de l'enfantement de la Vierge, de la Purification, de la Résurrection, de l'Ascension et de quelques autres fêtes, et des questions théologiques qui s'y rattachent.
8 OUVRAGES. — Les Institutiones ecclesiasticæ parurent d'abord en italien, pendant que Lambertini était évêque de Bologne, en 1731-1735. Elles furent réimprimées plusieurs fois, notamment à Venise, en un seul volume, réunissant les quatre tomes primitives ; à Rome en 1742 en deux volumes ; rééditées, mais traduites en latin par le P. A. Saint-Charles ; puis en 1750 à Rome. Dans les œuvres complètes de Prato, elles forment une série de conférences qui sont plutôt du droit canonique et de la théologie sur les bénéfices, les droits et les obligations des ecclésiastiques, la visite, les ordinations, les indulgences, les messes, les mariages. Il y traite aussi quelques questions liturgiques, l'origine des rogations, des quatre-temps, du jeûne, de l'Avent, la septuagésime, le culte des morts. Cette contribution aux études liturgiques n'est pas bien importante ; nous n'allons pas parler de son traité De synodo diœcesana (t. XV-XVI des uvres complètes, éd. de Prato), qui est comme une véritable monographie sur la matière, mais qui appartient platement au droit canonique.
Il est un des plus remarquables parmi les bullaires depuis le XVIe, par l'étendue et la valeur de la documentation, la sûreté de la doctrine, l'intérêt des questions qui y sont abordées. Parmi les sujets qui concernent la liturgie historique, mais il n'est pas possible de les énumérer ici ; il faut se reporter à la table des matières de l'édition de Prato souvent citée, et qui est très intelligente.
Il faut citer les documents en faveur du culte des saints et des orientaux unis, d'autres sur la fête de saint Pierre, sur les prières pour les images superstitieuses, sur l'usage de la rose d'or, contre l'usage de la musique dans les églises, sur les chapelles privées, messes célébrées en Espagne le jour de la communion des défunts.
V. CORRECTION DU BRÉVIAIRE ET DES OUVRAGES LITURGIQUES. — Il faudrait ajouter qu'en dehors de ces travaux, Benoît XIV fut un promoteur fervent des études ecclésiastiques ; il enrichit la bibliothèque vaticane de manuscrits précieux ; il ouvrit des cours et des conférences d'études ; il chargea de missions scientifiques Assemani ; Azevedo et d'autres savants furent encouragés par lui. Ses efforts pour la correction du bréviaire et des livres liturgiques ne doivent pas non plus être passés sous silence.
Benoît XIV, n'étant encore que Prosper Lambertini, avait plus d'une fois fait entendre ses critiques sur la composition du bréviaire et la nécessité de le corriger. Devenu pape, il prit la résolution, à laquelle il resta fidèle pendant les dix-huit ans de son pontificat, de n'ajouter aucun nouvel office au bréviaire, tant il comprenait que les fêtes des saints n'étaient déjà que trop nombreuses. Il institua pour la révision et la correction du bréviaire une commission dont les actes et les travaux sont demeurés longtemps ignorés. Dom Guéranger fit de vains efforts pour les trouver à Rome. C'est Roskoväny qui les découvrit en 1856 à la bibliothèque Corsini ; il les a donnés dans le 5e vol. de son grand ouvrage Cœlibatus et Breviarium, Pesthini, 1861. D'autres pièces de la même commission ont été publiées par Muratori et Chaillot. Mais toutes ne sont pas publiées et Mar Battiffol a pu exposer l'histoire de cette commission avec des documents nouveaux.
Grâce à ses connaissances liturgiques et historiques, le pape voyait mieux que personne la nécessité d'une réforme du bréviaire ; il entendait bien prendre part aux travaux de la commission qu'il instituait. Mais il en fut sans doute empêché par ses occupations, car il semble que la commission des consulteurs et la congrégation des cardinaux à qui devaient être soumis les travaux de la commission, n'aient pas travaillé avec une grande suite ni avec beaucoup d'unité. On pourra en suivre le détail dans les auteurs que nous avons cités, notamment dans Bäumer. Ses travaux durèrent du mois de juillet 1741 au mois de mars 1747, avec plusieurs interruptions. Les avis des consulteurs n'étaient pas unanimes ; il manquait dans leurs travaux une idée directrice, ou une volonté qui pût s'imposer. Les uns étaient pour une réforme radicale, les autres voulaient autant que possible garder l'ancien bréviaire. Le bruit se répandit à plusieurs reprises que le pape lui-même ne voulait pas sérieusement la correction ; le découragement s'empara des commissaires, dont quelques-uns étaient des Romains instruits qui avaient consacré un temps considérable à l'étude de ces questions. Benoît XIV fut obligé à plusieurs reprises de se justifier auprès d'eux. Cependant, quand leurs travaux eurent été terminés, on voit par une lettre de ce dernier au cardinal de Tencin qu'il était médiocrement satisfait des résultats. « Plût à Dieu, s'écrie-t-il, que nous eussions suivi la même méthode (que pour le Martyrologe) et que nous eussions travaillé nous seuls à la correction du bréviaire ! il y aurait beau temps qu'elle serait terminée ! nous nous sommes embarqués à nommer une congrégation qui, finalement, nous a communiqué ses sentiments si confus, si embrouillés, contradictoires, qu'il y a plus de travail à les corriger qu'à corriger le bréviaire ! ».
Voici le résumé de ces travaux. La commission avait d'abord étudié la question du calendrier, qui est la question fondamentale pour la correction du bréviaire : quelles sont les fêtes de Notre-Seigneur, de la sainte Vierge, des anges, des martyrs et autres saints qu'il faut conserver au bréviaire et quel degré de solennité leur donner. Les conclusions de la commission sont fort intéressantes.
Les questions abordées ensuite furent celles du psautier et du lectionnaire. Sur ce point les résultats paraissent moins satisfaisants. La distribution du psautier romain se recommande par son antiquité et ne se prête pas facilement aux retouches. La question du lectionnaire, ou des leçons et des homélies à lire, est des plus compliquées, et il ne semble pas que les commissaires aient eu les lumières suffisantes pour mener à bien un pareil travail.
L'ensemble de ces études de la commission est cependant loin d'être méprisable ; c'est, pensons-nous, la tentative la plus sérieuse qui ait été faite depuis le concile de Trente, et les matériaux réunis seront d'une grande utilité pour tous ceux qui tenteront à l'avenir la même œuvre. Voir BRÉVIAIRE.
Quoi qu'il en soit, le pape, comme nous le disions, ne parut pas satisfait, et il voulut reprendre par lui-même la revision. Il s'y adonna à partir de 1748, et en 1755, à la veille de sa mort, il s'en occupait encore *, Mais il ne put pas mener cette œuvre à terme.
Comme on le voit par la lettre au cardinal de Tencin que nous avons citée, les travaux pour la correction du Martyrologium romanum avaient eu un meilleur succès. L'édition en a été donnée à Rome en 1748, | type caractéristique d’Asie-Mineure, — Ane. col pape Benoit XIV, Paris, 1963, — Zaccaria, Biblivotheca | BERGERS (ADORATION DES). Voir Ma ces, | H. Leclercq, Manuel d'archéol, ch chant ; il tient de la main gauche une croix monomati que et fait avec la main droite un ge Hauteur Oe096, avec le socle de même r avons montré dans notre Manuel d'archét tienne comment cette statuette semble 8e 1 Bellori, rv° siècle, 108 Garrucci, Stor. dell arte crist., t, M, pl. 467 Bode et H. von Tschudi, Beschreibung, p : / üig. ; Weis-Liebersdorf. Christus und Apa in-&, Freiburg, 190%, p. 106, fig. 48 ; H, Le nuel d'arch. chrét., 1907, t. u, p. 959, fig.
2. Fenêtre en pierre d'Istrie. Deux petites baies montées d'une acanthe et d'un médaillon contenant un monogramme, Haut. 1,02, larg. 0w63 ; Anc. coll, P : à Venise, vr siècle, (fig. 1509). 2 W. Bode et H,von Tschudi, Beschreibung, pA, couvercle man que. Art longobard bien caractérisé, le travail au moins autant que par Pl différente pour les quatre faces ; les paons, les lions, les spirales et les larges feuilles d'eau. larg. 2023 pour la face principale ; haut..0m Omf& pour les faces latérales. — Anc. coll H. Bode et H. von Tschudi, Beschreibt À
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D fig. 1939). Haut. 181 ; larg. 1924 — anc. coll. Pa- | tout antiques. Le dossier de la chaire sur laquelle s'asseyait le Christ est nettement caractérisé, Outre les douze H. Bode et H. von Tschudi, Beschreibung, p. 3, n. 5. | apôtres qui remplissent l'espace entier du développement
[IMINEPARISIACFILISCOQUEPACLITO-SPAMERCEDEM HSE M
8 GE) © W
SE Es En CA mt. Die ment de la circonférence, on trouve la figure d'Abraham sacrifiant son fils. Ce dernier groupe appartient à un art nettement et indiscutablement égyptien, ce qui TT : 1 dl CS Latà / sf Poduit dans la fresque, la mosaïque et le bas-relief. | permet de ramener vers les ateliers d'Alexandrie la RE Christ assis sur un trône et enseignant les apôtres. | pyxide longtemps attribuée à l'art romain. Nous avons atacombes, le Christ est imberbe. Les vêtements sont | de ce monument, trouvé à Coblentz, en 1543, dans le 119 Manuel d'arch. chrét., & nn, p. 945, fig. 258, 259. Hauteur 0w12, diamètre Omi5, Le sujet représenté sur la pyxide est le Christ enseignant les douze apôtres ; vraisemblablement le tabletier avait mal calculé et il s'est trouvé avoir laissé un espace vide, Il s'agissait de le combler, Dans ce but, il n'a rien imaginé de mieux que d'utiliser un modèle qu'il avait dans ses cartons : le sacrifice d'Abraham. Or il s'est trouvé que ce modèle a été suivi par d'autres tabletiers dont l'ouvrage nous est parvenu. Il s'agit d'un fragment en os sculpté acheté chez un brocanteur d'Alexandrie et provenant d'un kom des environs de cette ville, Ce fragment mesure O5 de haut sur On(45 de large, Il est catalogué sous le n. 426 des collections du Kaiser Friedrich Museum, à Berlin. L'exacte concordance du type d'Abraham avec celui de la pyxide saute aux yeux au premier coup d'œil. Les variantes sont de celles qui qu'elles témoignent non d'une inspiration due à un archétype librement interprété. Isaac plus ou moins rapproché de son père, les jambes droites ou croisées, le vêtement du patriarche un peu modifié, voici pour les principales différences, l'identité du geste du sacrificateur, les bras de l'enfant
Les objections élevées par Didron contre l’authenticité de ce diptyque ne sont pas soutenables : le type du Christ, le geste byzantin de la main bénissante, le trône sur pieds de lion, les bustes du soleil et de la lune derrière le dos, la disposition générale et la
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ont le plus de prix parce | | | à fait exceptionnel dans l'art chrétien ; champ on lit à côté du Christ le monogramme — sh Li — © -— Mt dde is sût Cnméétéi 1865, pl.ur, p. 15 ; W. Bode et von Tschudi, Beschreibung, p. 12%, n. 451 ; Rohault de Fleury, La messe, étu des archéologiques, in-4°, Paris, 1886, t. v, pl. COCLX VIT. 49, La bibliothèque de Berlin possède le diptyque 6 Rufus Probianus, vice-préfet du prétoire à Rome, érs la fin du rv° siècle ou le commencement du ve. Cet admirable monument, dont Chabouillet, par une étrange distraction, a mis en doute l'authenticité, à ML St un spécimen exceptionnel de la conservation remarquable du style classique (fig. 1519).
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ad Avitum aug, : Quale ‘tibi debet esse quod curu les inclytas probatur ornare ? Vultus quin étiam regnanfium geniata obsequii pompa præmittit ; ut non solum sum judicis sed et Dominorum reverentia cumulalus orneris. O magnæ lemperalionis inventum ! De nomine Consulis promitteris clementissimus et de Principium imagine metuendus*, 2% feuillet, Même disposition, mais ici Probianus porte la chlamyde au lieu de la trabée ; il déroule un volumen sur lequel on lit PROBIANE FLOREAS, 183 personnage représenté est Apollon. Le type s'éloigne fort de celui, tout de grâce et de délicatesse, avec lequel l'art antique nous a familiarisés. La belle nudité a disparu sous une sorte de camisole serrée au cou, à la taille et aux poignets. La tête aux traits lourds, aux cheveux frisés, est coiffée d'une toque ridicule dont les brides ou fanons flottent dans l'air. De la main gauche, le dieu tient sa lyre ; de la main droite, trois masques, ceux de Thalie, de Melpomène, vraisemblablement, et un autre, Une épée au fourreau pend de la ceinture. Malgré l'apparence un peu caricaturale de cet Apollon, il est hors de doute que l'intention du tabletier n'était rien moins que de le faire séduisant, L'imitation d'un modèle de l'art antique est évidente ; la pose de la main droite et le dessin de la lyre sont de l'époque classique. Mais il aura fallu subir les susceptibilités pudibondes de ceux qui commencent à se faire jour dans l'art chrétien dès le rv° siècle. L'œuvre y gagne en intérêt tout ce qu'elle perd en mérite, Ce travail égyptien-alexandrin appartient vraisemblablement au 1v siècle. hoptische Kunst in Alexandria, dans le Bulletin de la |
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tien, plus probablement fayoumiste ; malgré l’apparent de fouillis le dessin est très régulièrement conduit, C'e une vigne aux pampres luxuriants qui sort de trois wa | ss » j een 1e À |, n ie + ANNE T-ù w f k ” va 1 L| « 1 1 »LAC D« : r' a Pin dont un seul, celui de gauche, est encore visible, grappes sont rares. Ce morceau est non seulement d'intérêt en raison des sentiments très décoratifs qui révèle, mais encore à cause des rapprochements qui appelle avec les ivoires de la chaire d’Aix-la-Chapelle. uveur des mortels. » $ ôlken, Erklären des Verseichniss der antiken Steine |
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= É a = | + UE fl d : 5 ——= M z 3 k | = = Las US. Lit 4 rai = —# mn : Fe - ni
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= : 1 - » d j & nm CET ge : er … { pee cet ag — + = TRS à rs F het Le RU St Ep. & — Er - D de di | d'un marbre trouvé à Egine et offrant une représentation
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48. Une autre gemme du même musée présente cette singularité de n'offrir aucun personnage, mais | simplement une colombe, un agneau, un poisson et la croix en forme de fau, avec le mot IXOYC.
F. Becker, Roms altchristliche Cœmeterien, p. 21 ; Le même, Die Darstellungen Jesu Christi, n. 90 ; Garrucci, Storia del l'arte cristiana, pl. CCCCLXXVH, n. 99 : H. Leclercq, Manuel d'archéol. chrét., 1907, & Hi, p. 474, fig. 978.
49. Fragment d'un diptyque d'ivoire sculpté à cinq panneaux, représentant le Baptême du Christ.
Haseloff, Ein alichristliches Relief auf der Bliütezeit rümuischer Elfenbeinschnitserei dans Jahrbuch., der preuss. Kunstsammlungen, 1903 ; J. Strzygowski, Klein Asien, Ein Neuland der Kunstgeschichte, in-8, Leipzig, | commence la phrase dont on ne nous a donné que petite crête formée par des perles surmontées d'une épée. Ces perles sont placées à égale distance les unes des autres, sauf sur un point. Ici cette distance est un peu élargie de façon à loger une perle supplémentaire. Vraisemblablement c'est un point de repère et la lettre qui correspond exactement à ce signe est celle initiale, accompagnée, suivant l'usage antique, d'un choix de lettres prises dans l'intérieur du mot, lisons ainsi : KYKBCC. La troisième lettre nous paraît
23-29. Le Kaiser Friedrich ‘s Museum possède un certain nombre de fragments d'os gravés et colorés. Les fragments. L'argument que certains seraient portés Mitirer de la nudité ou de l'indécence de certains types …Hous semble peu convaincant, Nous avons dit que les
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fidèles se montraient assez disposés à faire usage d'objets décorés d'une manière obscène et il ne fallait rien moins que l'avertissement des évêques pour les retenir sur la pente où ils glissaient naturellement #. Nous avons vu en outre la vogue générale, à partir du règne de Constantin, des petits amours nus, et du groupe de Eros et Psyché enlacés dans une attitude qui peut nous paraître lascive et qui vraiment ne l'était guère aux yeux de ces fidèles habitués à bien d'autres licences et aux nudités de toute sorte. Un sarcophage romain chrétien, que nous étudierons plus tard, montre les Néréides sans aucun voile, la sculpture alexandrine nous fait voir ces mêmes divinités dans les attitudes les plus mouvementées sur des sculptures d'époque certainement chrétienne et qui pourraient bien avoir été destinées à des édifices religieux. C'est ce qui engage à donner à cette place un magnifique fragment d'Hérmaphrodite, visiblement inspiré de l'époque classique, d'une souplesse et d'une fermeté de dessin tout à fait remarquable (lg. 152%) ; puis viennent un Eros qui semble faire la cueillette des fleurs (fig. 1524), un autre pourrait figurer un artisan portant une amphore car il est vêtu (lig. 1525) et un minuscule fragment nous offre un oiseau qui semble pousser des cris d'épouvante (fig. 1526). Les trois derniers fragments semblent plus certainement chrétiens, C'est d'abord l'épaule et le bras levé d'un personnage vêtu d'un riche vêtement à fleurs étalé (fig. 1527) ; ensuite, et sans aucun doute, un ange la tête ceinte d'un bandeau et dont l'aile assez maladroitement exécutée semble capitonnée, sans doute pour représenter l'alternance régulière des rangées de plumes (fig.1528), L'épaule et la gorge paraissent couvertes d'une cuirasse, Il est tout à fait vraisemblable que ce précieux fragment représentait un ange et non une niké, Enfin, la technique et le type d'un dernier fragment semblent autoriser à en reporter la date jusqu'au Ve, C'est un visage imberbe à la chevelure dressée et ondée ; sur le cou quatre grosses mèches flottent gracieusement (fig. 1529). D'après M. J. Strzygowski*,
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tout dans ce visage rappelle les traits de l'empereur Justinien ou de quelque contemporain tel que l'empereur byzantin représenté sur le bouclier trouvé à Kertsch !
Quoi que la technique diffère complètement, c'est encore l'os qui est employé pour certains bas-reliefs de petites dimensions. Parmi ces pièces, d'un médiocre intérêt, nous rencontrons un cavalier vêtu en homme de guerre et brandissant une couronne ? (fig. 1590). Ce type reparaît à satiété dans l'art copte, les exemplaires en sont nombreux et peu variés parmi les peintures et les bas-reliefs de Baoufît, 30. Nous ignorons absolument les raisons sur lesquelles M. J. Strzygowski peut s'appuyer pour voir un saint du christianisme dans un personnage nu jusqu'à armé d'un bâton, tandis que la chevelure abondante encadre la tête que surmonte le bonnet phrygien. Nul symbole, nul insigne ne vient confirmer cette conjecture, d'ailleurs intéressante, mais bien fragile. Le musée d'Alexandrie possède, sous le n° 1571, un personnage exactement semblable, Tous deux sont de travail égyptien (Gg. 1551).
Ce résultat grotesque a été atteint pour avoir tenté, debout, le bras gauche pendant et le bras droit guère de douter qu'il appartienne à l'époque chrétienne ! et la persistance de ce type ne peut guère nous surprendre quand nous nous rappelons qu'on a découvert, dans une tombe chrétienne d'Antinoé, avec le squelette d'une jeune fille, une figure obscène de phallus, J. Strzygowski, Hellen. und kont. Kunst, p. 82, fig. 61. Un pan de bois, portant sur ses bords des santons, C'est un guerrier court vêtu, portant le ceinturon et le manteau largement plissé sur l'épaule et retombant en arrière. La main droite tient une lance, la gauche repose sur un bouclier, Le visage semble émerger de la coiffure de quelqu'un qui figure les cheveux crépus ou nattés entre les x... Le cas que. Entre les jambes se voit une plante ; à la hauteur du visage un palmier. dans la pierre calcaire présente un intérêt très différent … (hig. 1596). Le Christ est imberbe, portant le nimbe crucifère, enveloppé dans une longue robe talaire serrée à la taille et est assis sur un cheval passant à une vive allure.
D'une main, la gauche qui reste cachée, le Christ doit tenir les rênes ; l'autre main est levée très haut et bénit ; suivant un rite bien byzantin un personnage levé pour bénir. Jésus est escorté de deux anges aux longues ailes. La scène se passe parmi les arbres. Ce — 36. Le musée de Berlin s'est enrichi depuis quelques années d'un beau fragment de sculpture représentant le Christ et deux apôtres en haut-relief dans un portique (fig. 1537). Cette pièce, remarquable à bien des égards, malgré les dégradations qui l'ont rognée, mesure encore 1 m 42 en hauteur et 1 m 14 en largeur. Le revers est tout à fait plat ; la hauteur de la corniche est de 0 m 13 à 0 m 16 cent. et l'épaisseur de 0 m 9. À la partie inférieure, le socle mesure en hauteur per...
Le musée d'Alexandrie possède un personnage exactement semblable. Tous deux sont de travail égyptien.
Le Christ est placé dans une niche dont deux colonnes... Les rapprochements établis par M. J. Strzygowski entre le haut-relief de Sulu-Monastir et divers autres sarcophages sont frappants. Le sarcophage de Selefkié, celui de Konia, celui du Palazzo Riccardi, à Florence, présentent des points de contact qui vont jusqu'à l'identité la plus minutieuse dans les détails architectoniques. Cette série de monuments se rattache à un archétype, le sarcophage d'Ambar-arassy, dont les formules sculpturales se développent progressivement et finissent par se retrouver dans l'art chrétien que représente notre fragment. M. J. Strzygowski a assigné à l'origine de ce type artistique l'Asie-Mineure. L'enquête a été reprise par M. G. Mendel et étendue à un plus grand nombre de monuments. Ces derniers sont : 1° un fragment trouvé au village d'Uskelès ; 2° trois fragments appartenant au même sarcophage et déposés dans la salle byzantine du musée central d'Athènes ; 3° deux fragments provenant d'un sarcophage plus grand que le précédent et déposés dans le même musée. M. J. Strzygowski caractérise la série de la manière suivante : a) La surface à décorer est divisée dans son ensemble en tabernacles (ou niches à frontons), devant et entre lesquels...
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b) Le dé sculpté, reste d'architrave primitive, garde sa décoration le souvenir de la décoration de la métope massive du mur. Cette disposition est si fréquente sur les édifices romains qu'il serait abusif d'en faire la caractéristique d'un groupe particulier. Le dé sculpté est partagé en deux registres sur lesquels on retrouve l'ornementation classique, oves et rais de cœur, mais réduite dans le registre supérieur à un œuf unique, dans le registre inférieur transformé en un motif tridenté, tous deux encadrés d'un feuillage profondément incisé.
c) Le chapiteau corinthien...
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d) La décoration de feuillage...
Les conclusions sont discutables. Nous allons les reprendre l'une après l'autre :
a) En réalité, il ne s'agit pas de tabernacles et d'intervalles, mais d'un mur orné de « niches à tabernacles » avec des personnages devant ce mur. Des monuments anciens...
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b) Le dé sculpté...
c) Les volutes doubles existent en germe dans le chapiteau corinthien dès son origine. Les chapiteaux de Phigalie et d'Epidaure, par exemple, portent deux volutes centrales formées par une ramification de la tige principale...
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d) Le travail à la virole dans la décoration florale ne saurait être considéré comme une caractéristique, c'est affaire de goût et de mode.
Pris isolément, ces caractères sont communs à des œuvres nombreuses et très dispersées. On ne saurait prétendre les localiser d'après la nature du marbre employé. L'étude du style montre l'impossibilité de rattacher ces monuments à une tradition d'art purement hellénique. Dans les anciens sarcophages, notamment dans celui des « pleureuses », la décoration est tout ensemble architecturale et plastique. La cuve couverte de niches brisées, des ressauts, des cintres, des frontons : les proportions sont négligées, méconnues, les niches ont plus de valeur que la muraille elle-même, les parties obscures plus d'importance que les parties éclairées. Cet art, comme le fait remarquer avec une grande justesse M. G. Mendel, est essentiellement intelligent.
À Ambar-arassy, sur le côté gauche du sarcophage et sur le fragment d'Athènes, on voit une porte placée sous une niche, d'après une disposition matériellement irréalisable, et, de plus, choquante. D'autres invraisemblances ne manquent pas. Comment expliquer le protile convexe de l'entablement interposé entre les chapiteaux et les angles des frontons ? Sans doute par ce fait que l'artiste a méconnu la destination spéciale de cette partie dans la structure de l'édifice et, la traitant comme un membre indépendant, en a fait une sorte d'imposte !
DE
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Ainsi donc...
Une sculpture sur bois tout à fait originale d'aspect, haute de 0 m 45, large, en bas, de 0 m 2%, en haut de 0 m 146 (fig. 1538, 1599, 1540). Le revers est uni et divers trous qu'on remarque soit dans l'épaisseur du bois, soit dans les bords, ont pu servir à recevoir des attaches qui fixaient cette sculpture sur un mur ou sur un meuble, car rien dans le sujet ou dans la disposition générale et la particularité ne permet de supposer la destination de cette pièce unique en son genre. Les blocs dont ils font partie, reproductions que nous donnons, suppléent avec avantage...
RE CCS CAF !
DICT, D'ARCH, CHRÉT, Il. — 96
S0S
est l'étendard marqué du signe du labarum. L'armée de secours paraissant sous les murs de la place et la garnison opèrent simultanément une sortie. La porte principale est large ouverte et laisse voir la garnison déboulant...
L 1 PAR
chant sur le glucis. Le moment choisi pour représenter l'action est celui de la déroute du corps de siège dont la cavalerie d'arrière-garde protège la retraite à grande peine, Tandis que les chevaux ont pris le galop les cadavres jonchent le sol. La place est ceinte d'une solide muraille flanquée de tours. Sous les murs et dans le camp de l'ennemi, s'est passé un drame commun au temps où le droit de la guerre ne connaissait que la violence, Lies prisonniers ou des parlementaires, gens de distinction probablement, ont été mis à mort. Ils sont au nombre de trois, la tête engagée dans les branches de la fourche, tels que nous voyons supplicier les rois vaincus par Israël dans le « rouleau de Josué ». Sur le rempart, la garnison, sous les armes, assise à la levée du siège, En arrière on voit la ville dans le désordre pittoresque de ses maisons et de ses édifices. Il semble impossible, en l'état de nos connaissances, de donner le nom de cette place. Peut-être, au reste, la fantaisie a-t-elle une bonne part dans la représentation que nous avons sous les yeux. Sous une arcade, probablement d'un palais, deux personnages contemplent la scène qui se déroule à leurs pieds, tandis que dans les maisons d'aspect plus modeste les habitants se penchent aux fenêtres pour se rendre compte de leurs propres yeux de la délivrance de la cité. À gauche, les constructions sont cachées par trois têtes dont celle du milieu a été amputée de la tête. La signification de cette partie du monument reste obscure. Peut-être sont-ce là les dieux (ou bien les saints) protecteurs de la cité. Il paraît penser, au premier coup d'œil, que nous avons ici l'interprétation des guerres du peuple de Dieu décrites au livre de Josué. La coïncidence du supplice des Amorrhéens et des personnages étranglés sur notre sculpture est frappante, Néanmoins cette identification ne paraît pas soutenable. La présence du labarum serait, malgré les libertés des artistes anciens, un peu trop difficile à admettre, L'armement et l'habillement des soldats de l'armée de secours et de la garnison sont ceux des légions romaines au siècle. M. J. Strzygowski suppose qu'on a voulu enter la défense de la cité de la foi orthodoxe : et la déroute de ses adversaires, Pour notre part nous y voyons simplement le souvenir de quelque événement militaire qui aura pu enthousiasmer les contemporains, En un temps où l'empire commençait à ne connaître que la guerre sur tout ou partie de ses frontières, un épisode tel que le déblocus d'une ville a pu passer inaperçu des historiens. La sculpture est ptolémaïque et date du milieu environ du IIe.
Es ve Tilt Fit ne Holzskulptur aus Aegypten. re Künigliche Kunstgewerbemuseum, à Berlin, à quelques débris d'étoffes d'origine égyptienne | | on us haut intérêt pour l'histoire de l'industrie textile, de ces débris représente Daniel parmi les lions se- ! le prophète Habacuc qui lui apporte des et des rafraîchissements sur un plat (fig. 154). ielest presque entièrement conservé, Son vêlement est d'une extrême richesse, il porte le bonnet syrien (saraballa) et le nimbe. Son attitude est | Ka orants, Les lions sont assis sur leur arrière-train. En somme celle partie du sujet, sauf pour le vêlement, ne diffère pas de l'ordonnance des compositions des catacombes. Habacuc se présente ici, non dans l'attitude marquée par la Bible, c'est-à-dire tenu par les cheveux et transporté dans cette situation-par un ange, mais seul et marchant, À droite de Daniel on a » la trace d'un personnage, probablement l'ange qui a transporté Habacuc. Les artistes chrétiens aiment volontiers les thèmes iconographiques de marquer pour équilibrer leurs compositions par une exacte symétrie, Deux légendes éclairent, quoi que incomplètes, la scène. On lit entre les deux prophètes :
AMBÉAKOYC dE P&N TÉRAANIHP TO APTE Aubarous gspuv To Aa INA TOY apTov Entre Daniel et celui que nous croyons être l'ange on ; AANIHP_KATA THERE SALE € #gende trop incomplète pour en pouvoir rien tirer. e débris que nous étudions mesure, avec les deux bordures qui lui servent d'encadrement en haut et en bas, 1702 X 1m50, Ces bordures sont pour l'archéologie monumentale d'un intérêt très supérieur à la représentation de Daniel (Mg. 1542-1543). On y voit une série de maisonnettes, espacées et séparées par des jets d'arbres, Chacun de ces édifices représente un lieu consacré au culte. Ici nulle difficulté de lecture ; haut on lit :
MAPTYPI...
En bas, on lit : see = PIONITOT' AT : - 1T0POC Enfin, sur un dernier fragment qui Er provenir de la bordure inférieure, on lit :
MAPTYPION ATAM
Cette série de vocabules semble devoir mettre sur la voie d'une identification certaine. Les martyria et l'Ec : clesia megalè appartiennent vraisemblablement à une ville déterminée ; cependant, il paraît impossible d'aller plus loin dans la voie de la précision. Le vocable le plus significatif serait l'éxxinex peyæan, or, nous trouvons ce titre à Constantinople, à Antioche, à Alexandrie, sans préjudice vraisemblablement de plusieurs autres villes. Quant aux vocabules de Michel, Étienne, Susanne, Akam…. ils ne nous apprennent rien de précis et l'identification reste à faire par de plus habiles et de mieux informés.
Le personnage de saint Pierre mesure 0,95 de hauteur. Une bordure, haute de 0,27, encadre l'étoffe dans le haut. Un seul sujet subsiste, Entre deux bouquets d'arbres on compte six urnes avec cette légende :
807 BERLIN (MANUSCRITS LITURGIQUES GRECS ET LATINS)
Sous cette légende un pain rond et les lettres de deux poissons.
J. Strzygowski, Orient oder Rom, p. 98404 ; pl. v : Der Petrusstof|.
Les musées et les collections particulières de Berlin possèdent quelques autres monuments chrétiens, Leur énumération et leur description présenteraient en général moins d'intérêt que pour les pièces que nous venons d'étudier, Nous aurons d'ailleurs l'occasion de les citer et de les reproduire dans le Dictionnaire d'archéologie chrétienne. Les monuments représentés ou décrits dans le présent travail suffisent à donner une idée de la richesse des collections chrétiennes du musée de Berlin aussi bien que de leur variété.
H. LECLERCO,
Il. BERLIN (MANUSCRITS LITURGIQUES GRECS DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DE).
921, (Codex 1502 Phil, = 184 Meerm. — 188 Clar., parch., 21,1 x 15,3, xvre siècle, ff. 249. ge Fol. 16 r°16 vo, finis libri alicuius liturgici prima hs in-folio 1 Gr hæc sunt : perx ro uyvnuoveioa : =bv to (lepéav ?) aûs Der hy (de. Adyauc ?) : — Murobnre xûprs ravtos t09 rAnpwmatos, Fol. 1 : où dyhor aîvaær — Luc., 1x, 18-29, Ce sont des péricopes qu'il faudra relever.
H 4° Fol.1 r° :. cuv De énroe T0Ÿ k GAUU+ [A aa L “a a à dés am« . ap + tv xal uv tou (o matpès Huy co +60 sémaine pascale.
Fol. 1. Ti évix ai deydan XUDIQN 700 TATyx.
Fol, 106 ve, ‘Agyn œuv be ro véou Étous.
Fol. 2357ve, Lectiones pro f'estis scrum 24 dec.-S1 aug.
| 0s TOY VNGTELD y.
| les jours de l'année et les fôtes.
| pascunt, Quod vero quasi exponens quod grece | | er ca détériorations de peu dns) 7 augustos || et sanctissiniam augustant 1n pa : bus stodia mea sicut in vobis canfida silis, quas fa 0 Fol. 970 vo. Evangelia pro diversis, ter bic ont terre, guerre, sécheresse. | Fol. 272 ro, Edayyéhia r@v navvuyléuv “ie x » Fol. 272 vo, Seribæ subscriplio satis capes 9 je nuarii 1193.
288, 289. Évangéliaires, prov. de l'archipel, x $ iècle 341. x1e-x ne siècle, prov. d'un monastère grec.
Fol. 3-20. Pericopes par Incipit et desinit pour {a [livaë süv remcdpuoy eayyeaTiv. | # Exhoyaërr tüv Ô' edayyehiarüv GX te The äp fc 100 tÉhouc Thv nepgexonmiy Éxéatou sdayyahiorou, Eua ai vhv Tv xepalalos rasaonuelwon axpréme 8 : év. mepiéges È vnv apynv &rb ro dylw réoya. te Év cé pnvokoyin.
346. Evangeliarium, x1ie siècle, olim Sin 347. Euchologium magnum, xt cie. € olim 4. € ticus.
356. Triodion, x1° siècle. À H. Lune 2 II, BERLIN ? (MANUSCRITS LITURGIQUES L ” LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DE). 5. (Phill, 1659.) [Metz] Prophetæ et Pauli € parch. 196 feuillets, fol., x° siècle, Fol. 4. Incipit prologus in libro ezechiélis (xrre siècle) Hiezechiel propheta cum ioachina # vocentur &ATOIAOPOI see hoc est manduva sinentias senécias. Fagolidori. id est manducantes maledie Fagé grece. latine comedere. lidrés maledictum di tur. quia qui aliis detrahunt, quasi maledictien r(at) manducans sinantias, non est verbum de ver translaltum. sed sensus de sensu. Sinantie enin sit des quie. et qui aliis detrahunt. quasi foliæ qu Auris 4 (Phill. 1646). Psalteriunt glossatum, parel s, julianus 4 ex deiccit eanr. statunsiiqué suam locat illie, Noæ erepilu grandi vehemens descendera IL De celo. in partes que duas diviserat illam ; Corruit altera pars. oculis est altera & Fulminis indilium demonstrat adfua nl Mis domini curat mullos egros er 4 … rogo dilectionen vestram ut apud s tenus habui deinceps patronos et defeneres liceat disposueram ravenn(e) || pascha celebra quia postquan : quamuis indigne meorum Cu cépi in || eos aut nihil aut parvum bon feci n aliquantulum offlendere quam || eclesiam m presenti pasce relinquere. rogo ergo dileel|tio : stram ut ea fide quam cum lactée sucæistis aput dan | Handschriften der küniglichen Bibliothek zu Bertin : Ti C. de Boor, Berlin, 14897. — Die Handschriften-V nisse der küniglichen Bibliothek zu Berlin, t. xn, Ve niss der lateinischen Handschriften von Valentin Berlin, 4898. Verzeichniss der lateinischen Handechriftent küniglichen Bibliothek zu Berlin von Valentin Rose, Lu, E Meerman-Handschriften des Sir Thomas Phiippe, 0 Berlin, 1844, cé 'r a 2. e. Et © BERLIN (MAN USGRITS ni agatis qualllinus quad me servun agere velit à Meris l'indi cet et dicile ei et si veamenta firmale ut quicquid peccati commisit bus méis hoc quadragesima delevi quad valebus meis || impultate quicquid valeo a vobis | | salutate illum lomtiaren dominum mea ee nfigi À héquem valent | quem (g) non vult ut valeat. 29. (Phill. 1657), parch., 188 fl. 1xe-Xe LIBRE DIUS AFCCLESIE. Aug Sup IH. Euuangelitas Trip<e>rtita istoria.
Aug. de laude di.
Lib maxinii ep.
Vita sci MARTINI.
PBeda de cüpulta.
Eple damaso.
Morali à iob, v parties, libri ri, Tsidori, Omelie bede.
Vita #4 Lis. (CF. BECKER, Cat, ann. 59, 64.) Liber Cassiani.
Lib cripriant. de sca trinitate.
Lib platanis + I lib. paralipomen. Aug. de quantitale aninii Liber virqgilii.
Lib attici.
… Lo uni.
Cristala sexaginta. LIT.
QT Stole. III, eù auro. S.... la una argentea Aug de trinitate cù auro fabricatus. Cappe, XIII, et una cû auro TA Seplé casale argenteos. V. Dalmatica. ITI. à argenteà und. S..... tie. F. : 1 abra argenteaæ. VI alli ces aureos.
C eru ces aureas à argentea 0 tecla auro fabricata. ni lectionarium aura mia duo fabricala di aurett un 53 ‘ol. 276. Credo patrem et pére et spiritum sanane amunr deum esse confirmans. totam que in trinile deitatem coessentialem et consubstantialem el coealen et coommipotentem predicans. Singulam quain trinitale personrum plenum deum. et totas } rs a hotes rs ANOSRATIOREN Lg non in umanœn rationalem. Simul in eo utrius que néture. #st homo et deus, una persona, unus filius, urnus unus dominus, crealurarum omniun que sun, clor et rector cum patre el spirilu sanclo, qui seus est vere carnis positione (passione ?). Mortuus à corporis sui morte, Resurrexit vera carnis sue ctione. et vera anime resumplione, in qua vetudicare vivos et mortuos. Assero eliam novt el téstamenti, id est legis et prophelarum et
| LITURGIQUES LATINS)
apostolorum, unun : eundem que esse aucloremi el deum, diabolun quo que non per condicionem, sed per arbitriun factum esse malum. Credo huius quan gestamus, et non allerius carnis resurrectionent, tudicum que futurum, el recepluros singulos pro his qué in hac carne gesserunt, vel ponas, vel premia. Non improbo nuplias, non secunda matr<im manquez onia damno, non carnium perceplionem culpo, penitentibus reconciliatis communicare non denego. In baptismo omnia peccata. id est tam illud originale contractum, quam illa que volun, Le reste est indéchiffrable ou manque tout à fait, 34. (Phill. 1700), Eucherii instrucliones, parchem. 276 ÎF, xe-xr siècle.
Fol. 45h, Responsus sci quintini.
R in illo témpore sub Maximiano imperatore multi christiani persecliones patiebantur propter fidem et regnum domini nostri Iesu Christi.
V. Multi in montibus et in speluncis petrarum abscondabantur propter fidem.
R. Gratias tibi ago domine.
Fol. 46, Ante matutinis laudibus. 2. Ad virum Quintinum ad dictiovaro dixit pianus : « Confiteor et tam si certissime scio, non meum Quintinum vocor, À Beatus Quintinus sotiis suis dixit...
À Ses vir Quintinus cum Beata Lucia ab urbe Roma se transtulerunt regione, Fol. 46), À Omnia que mihi inferunt...
POLI PATER FVTVRI SECYLI EGINO PRESYVLI TVQ FAMVLO REDDE MERCE DEM OPTIMAM QUI HYXC LIBRVM SCRI BERE IVSSIT ||
SCAE QVAE MA
CVI TE AVG
Fol 206, Sca trinitas est cooperatricem virtutem, opitulante eadem trinitate. Incipit prologus voluminis huius operis. Dum precepta divina tractamus, dum que apostolica doctrina rimamur, ad implenda maiorum precepta iura (iure) caritatis constringimur. Pro que de ve ipsa que nescit timere cogente caritale. Promptissima cupiens venerabilibus patribus obtainere voluntate, Quia id me fieri iussit, quamaquaæn pauperculus ingenii. Hoc opusculum indactus adsumpsi. Et revolvens paginas librorum venerabilium catholicorum patrum, quas divinitus inspirali. Ex divinis scripturarum fontibus haurientes ediderunt, Et ex ipsis hunc volumen prona condere studi voluntatem. [Fol. 200 2} Ut quidquid in sollemnitatibus æpi domini nostri apostolorum que elus, 6 martyrum et confessorum pertinentibus causas que rationabilium ex eorum dictis mira SE bililer fulgent, quidve obtecta obscuritate videntur, seu super evangelicam veritatem. Nec non et apostolicam doctrinam : ad instructionem christianorum. à predictis patribus tractaluni, Quamuis tans mulla sint ut in uno volumine nequeant conprehendi, verum tamen quod sufficienter credimus abundare una in corpore quidquid luculentius inventre potui, inquantum repperi ad- | gregare curavi, Ut quisquis ad laudem et nomine salvatoris nostri domini Iesu æpi ad confirmandam fidei stabilitatem promere voluerit sermone. Laborem sibi amputet, Nec per plurimas requirendo paginas. itenerando lassescat, Hic sufficienter inveniet quod repperire desiderat, Nam eum omnis scriptura divinilus inspirata. Ut ait apostolus. Mtilis sit ad docenum, ad erudiendum. Ad iustiliam. Ul perfectus sit homo dei. Ad omne opus bonunx instructus, Et quecumi que sunt actenus scripla ad nostram doctrinant scripla sunt, Ut per patientianr ét consolationem scriplurarum spemi habeamus, Ila ex predictis scripf | lurarum montibus per singulis festivitatibus quad aptum ex his. Vel conpetens. [Fol. 21s 1] Esset. Ex plurima excerpsi volumina. Et quodammodo distinclissime conlocavi, Incipiens ita que a nativitate æpi. In vigiliis de nocte, Et deinceps sequentibus festivitalibus ecclesiæ oporlunilate omnia secundum : Surim tempus legenda in suo ordine conlocami, Id est. In primis de incarnalione. Et æpi nativitate. Ut cathalica fi les. Inconcussa firmitale ab omnibus teneatur, Ut verum deum et verum hominem in una persona abs que ulla ambiguitate xpiana religio inseparabiliter credat, Dein 8 sanclorum epiphaniorum die, Quod est apparitio æœpi. De magorum munera et gentiuni vocalione. Necne et de crudelitate herodis. Et quod omnium mariyrum. Fore. Pro æpi nomine sanquis esset fundendus. Item in capile quadragesime de abstinentia sanctarum el sobrietate, Item in quadragesima de patientia. De remissione inimicitiarum. Vel alia plurima, Que ad sanctitatis pertinet continentiam, Rursum de passione secundum carnem, Vel resurrectionem secundun : Divinitatem, Seu et de gloriosa ascensione, Et in dextera patris. Filii consedente persona. Et inseparabili deitate cum co et cum spirilu sanclo, Equaliler in secula seculorum regnante, Et in quinquagesime pentecosten. [Fol %a 2] De adventum in discipulis, In igneis linquis sanclum discendisse spirilum, Hæc enim et alia que infra tenentur vel secuntur. Ob mullorum e quidem ultilitatem. Iussioni oblemperans. In hoc corpore adgregare curavi, Veluti ex plurinris pretiosissimis opibus plenum thesaurum. Et quasi ex auro splendiflua gratissima que verba, Vel ex argento luculentissima eloquia (sic) casta igne examinata, Seu ex pretiosissimis margarilis que gemmarum. Refertus hic repperealur thesaurus æpi. Te deni que oro legenti. Ul si aliquid preterii quod miinus studiose gessi. Per luculentum tuum ingenium.suppleantur ea quæ desunt. Et non ui enrulus viluperes. Sed ut benivolus emendes, Quia sicuti naviganti portus. Ita mihi indocto. Optabilis fuit novissinius versus, Llud tamen. Humile prece deposco. Ut in cuius hoc volumen manu devenerit. Pro me ultimo. Dei clementiam exorare non pigeat, Ut quam diu subsislo. Dei faciam voluntatem, De carne iurus perfrui vilam merear bealam.
Explicit prologus. Incipiunt capitula omeliarum in festivitatibus sanclorum.
XVI, Item in eodem natali domini sancti pape leonis. Xvin. Item cuius supra.
XVI. [Item eiusdem. XX. Item alia. XXV. In sancti Stefani item sancti Augustini.
XXVI. Item alia. XXX. In sancti Iohannis evangeliste.
XXXII, In natale innocentorum. XXXVII, Item unde supra.
XXXVIII, Item in octabas domini.
XLII. In sancta epiphania sancli Augustini.
XLV. Item in eadem epiphanie sancti pape leoni. In purificatione sancte Marie.
XLVI. Die dominica ante quadragesimam. LV. De initium quadragesime sancti Augustini., LXII. De iejunium quadragesime sancti Leoni. Perse LXXV. Sancti pape leonis de dominica f XCV. Sancti Ysidori de eadem passione. XCVI. Sancti Hieronimi in vigilas osanne.
XCVII. Alia unde supra.
XCVIII. In cena domini.
XCIX. In parasceve, C. In die sabbato. CV. In vigiliis sanctum (scm) pasche, VI. In sanctum pasche de resurrectione sancti Augustini. | CXX. In letania.
CXXXI. In ascensione domini.
CXXXI. In pentecosten.
CXLI. In natale sancti Iohannis baptiste.
CL. In natale apostolorum Petri et Pauli.
CLV. De sancti Petri CLXII. De sancto Paulo.
CLXIII. In natale sancti Laurenti.
CLXVII. In assumptione sancte Marie.
CLXXI, De ieiunio mense. Vin pape leonis.
CLXXVI. In sancti angeli.
CLXXVII. In natale sancti Martini.
CLXXX. Item unde supra.
CLXXXI. In natale sancti Andreae.
CLXXXVI. De adventu, CLXXXVII. De incarnatione domini, CXCI. De ieiunio menses decimi.
CXCVI. In natale sanctorum martyrum.
CCV. In natale sanctorum confessorum.
CCVI. In natale virginum.
CCVII. In dedicatione ecclesie. CCVIII. De defunctis, - 1 Fol. 29. In nomine dei summi in hoc corpore & tinentur sermones vel omeliæ seu tractali (sic) s Wu ALL catholicorum patrum id est Augustini =. Sanctorum patrum quas divinitus inspirati e ex f fe bus divinarum scripturarum haurientes ad 1 nomine salvatoris Iesu æpi domini nostri « rumi que ejus ac martyr(um) et confessorum pl qulis festivitatibus ad instructionem æccl ral at que in suo ordine legendas cd run 1, Fol, 109%. Incipit lectio de adventu domini.
Venite ascendamus… de Ierusalem.
De nativitate domini.… De apostolis et martyribus… De confessoribus… De cotidianis diebus.….
Gratia vobis et pax à deo patre nostro dne XPE AVDI NOS.._ Sca Maria or. »0 <id est> nativitate dni nec non ephi | eg ascensione || < quoqueZ> dni sive pentecoste vel || < festis> apostolorum virgil| <num martyr > 1 mg confessorum | < ieiuni > orum que diversarum 4 uid omnium | crdine suo adnotatio inferius | continetur, qu quid sane | <in hoc vo > lumine minus est || in habetur,
C7,
81 Te. BERLIN (MANUSCRITS Sea æpitina (christina) or.
Onines sci orale pro nobis.
Propicius esto parce nobis domine. Propicius esto libera nos domine.
Ab omimi malo libera nos domine.
405. (Phi. 1667). Liber sacramentorum, parchem. 290 feuil., vun-rxe siècle, Fol. à, In nomine dei summi, incipit liber sacramentorum. romane. ecclesiæ, ordinis. per circulum anni in vigilia. natalis domini. hore none. statio ad sanctam Mariam ad presipe. Deus qui nos redemptoris nostræ annua expectatione lælificas, præsta ut unigenitumi tuum.… Cf. end, s, Eligü dans HvG, MENARDVM Paris P, L., t. LXXVIN, Emploi de l'episema. Fol. 42 : G. Fol. 81, 85 : qi = vu, Qi = vu Fol, 103, Papa nro ill et antestite nro ill. DR Fol. 19. Incipient in septuagesima statio ad son Laurentium. | Fol. 1. Ordo agentibus publica penitenti. Fol. 29, Incipit ordo baptisterii. Fol, 83, Fbd, xxvi. post. oct. pente. Pol. 85. Incipi<unt> orat<iones> de don V, natl, dni. Fol, 88, Alias oraltiones de adventu. Fol. 88b, KL. dec. dedicatio basilice Sci Stephani protomartyr. in hiers. Fol. 93. Denuntiatio natalicit scorum. Fol, 99%, In vigilia omnium apostolorum. Fol, 99. Missa pro devolo. Fol, 1046,...Missa quant sacerdos pro semetipsa offerre debet.
Fol. 108, (D Fol. 1096, Te igitur clemientissimæ pater… Paz domini…. et cum sprritu tuo. Post hwc commonenda est plebs pro ieiunii primi quarti. Vilmi et Xmi mensis lemporibus suis. sive… post hwc communicat sacerdos… Fol, 105. Item benedictiones super populunr. Fol. 106. Item benedictiones episcopa les. Benedicat vos dominus et custodiat vos, ostendat dominus facient sum vois. En Fol. 109. De adventu.….. de natale dni… B. in teophania… de quadragens… Fol. 110. it al in gg... B, de media quadrag... | B. in Symboli tradilione…. 14 Bin cena dni…. KO de pascha… 4 Fol. 111. in ascensa dni… in die Sco pentecost… Fol. 111. Grationes ad matutinas. Fol, 111%. Ztem ovationes ad matulinas. Fol. 113. Orationes cotidianas. Fol. 1146, Orationes ante cybum.… Fol. 115, Reconciliatio rebaptizato ab hereti(ci}s, Reconciliationes <aliæ>. Fol. 118, Denuntiatio cum reliquiæ (sic) ponendi (sic) sunt martyrum.
L23 ::.,
814 Fol, 118. Incipit ordo qualiter in dedicatione ecelesie agere debet : Primitu s'enim antiquam pontifez introeat….
Fol. 195%, Missas in dedicatione æccle. Fol. 129%, Ad cléricum faciendum. Fol. 130 (190), Orda de sacris ordinibus benedicendis.
Fol. 136. Episcopus cum ordinalur… Fol. 136b, Consecratio.
Fol., 137b, Missa pro se emi die ordinationis sue.
Fol. 140b, Orationes in monasterio, Fol, 14%, Ad virgines benedicendum.
Fol. 1456, Missa pro regibus, Deus regnorum omnium et romani maxime protéctor imperii. Da sacris Luis regibus nostris (nis) illis trivmphun virtulis lue scienter ex colere.….
Fol, 146. Henediclio super principes...
Fol. 146, Incipit actio nuptialis.
Fol. 148. Oratio in natl genuino.….
Fol. 149, Oratio ad missan pro sterelitate mulierun...
Fol, 151, Or, ad pluvian : postulancdum.… Fol. 152b, Or, de letania. vel de quacñ que tribulalione… Fol. 159%, Or, pro peccatis.
Fol. 157v, Missa tempore belli… Fol. 158), M. pro pacr… Fol. 160. M, ad proficiscendum itinere.… Fol. 162. Benediclio salis, Fol. 165. B. donius.
Fol. 1666, Ad fruges novas B. B. arboris, B. ad ommia que volueris.
Fol. 169, Exorcisnius a que super fontes ubi aliqua neégligentia conteqit.
Fol. 172b, Missa pro salute vivorunr.
Fol. 174. Orationes super defuncto… Fol. 177-184. Missas defunctorum.
Fol, 184%, Credo (in unum deum.….) 1x* siècle, 2 Fol, 185%, Un martyrologe. 3 Fol. 2081-29, Un penitentiel.
H. LECLERCO.
BERNE (MANUSCRITS LITURGIQUES DE) !.
À. 103. Psalmiorum fragmentum, 1x* siècle.
A. 668. Psalterium notis tyronianis scriplum, Ix* siècle, Man que le commencement et le titre avec les cinq premiers psaumeés. Cha que psaume est précédé du | titre,du numéro d'ordre et des premiers mots. Après le | psaume LxxE, on lit : Hucus que secundus Liber, et hoe ræ ex codicibus varie ætatis tabulis sculptis exhibita, præfatia historica, curante J. R. Sinner. Bernæ, MNCCLX, in-8”. cuin observalionibus Astronomicis,el compulo dierunr, nocliumt, horarum.
289. Festa oninium Aposlolorum et Santo, préicédé de l'Epistola Chromatii et Heliodori ad Hieronimiumt, IX siècle.
620. Hymni cum nolis musicis. Lectiones ex Evangeliis, avec neumes, xie et xii siècles. Dans la première partie du ms. on trouve la notation neumati que antérieure à Guy d'Arezzo. Dans la seconde partie les notes sont sur portée de quatre lignes. Quelques hymnes, voici la première qui est notée :
Cuncti potens genitor Deus omni creator, Eleison, Fons et origo boni, pie, que perhennis, Eleison. Sanctifi cet pietas tua nos bona rector, Eleison. Christe Dei splendor, virus, pacis que sophia, Eleison. Plasmatis humani factor, lapsis reparator, Eleison, Nec tua “dampmetur Jesu factura benigne, Eleison. Amborum sacrum spiramen neæus amor que, Eleison, Procedens fomes vile, fons, purificans vis, Eleison. Purgator culpe venie largitor optime. Offensas dele, sacro nos numera reple, Spiritus alme.
L'hymne suivante commence ainsi : Grbis factor, rex æterne, Pietatis lux in miense, Eleison, Noxas onines nostras pelle, Eleison.
Fmnus ad Completorium (Sinner) Yninum ad completorivs (Hagen) Exemple des gloses pris des versets 4 et 5 de l'hymnell | du Cathemerinon : Patri qui Cherubin sedile sacrum Nec non et Seraphin suum supremo Subnivus solio tenel regit que. Glossa. hic reprehenditur quod dixerit Deum sedere super Cherubin et Seraphin. Ut enim B. Hieronimus dicit, super Cherubin Deus tantum sedet, Sed scien- | Fol. be. Hymnus cum neumis. Sanctis adesto præcontis domine rex regqum et occuremtem in tua solida caritate — veluti palma florebil ALLELUYA.
Suivent les Festa Sanctorunr.
Uf. De Rossi, Roma sotterranea, 1867,°L 11, p. Xi sq.
Vol, 191 : Hymnus ecclesiasticus de gemmis (avec neumes). Civis célestis patrie regi regum concinile, comæde nobis agiæ rex civitatis cœlice post cursuni uitæ labi les consortium in superis inter sanctorumi | a écrit les noms des donateurs).
Fol, 19% en PIS re véêrs :
B. 49. PR thiopioen co oct m auclo ritate Zera Jacobi regis thiopiæ, xvne siècle écrit par Fr. W, Vansleb. O. P., Parisiis, en logue de Sinner, t, 1, p. 113. | Versibus rythmicis per festos Ecclesiæ 4 continua serie decurrit opus, ubi præter fes quæ à Sanctissimo Servalore nomen habent, e gelorum, tum hominun sive martyrum sive rum memoria celebratur eorum que ad suuwm € diem lan des canuntur. Ante tria et amplius auctor eius Maria Zionus viril et scripsit, quo pore apud Habessinos sumima imperii apud Ze cobum fuit.
B. 60. Missalia, xx siècle.
Fol. 4a, f, 4h, Missel avec neumes.
Fol. 5, f. 13, Calendarium (une main plus ré Fol. 43 et 13h, Orationes aliquot ere xv* siècle, Fol. 14, f, 68b, Missel avec neumes.
Fol. 1032, Fragment de missel. + AR AA.90. Recueil (omis par Sinner), x° siécle, Kyrrie eleyson LIT.
Christe AVor nos LIL.
…'subilania morte deus ( ?).
A 94. xr° siècle.
Homiliarum et lectionum fragmentum, 2.
…dederunt in lerra conticuerunt senes re : conspersæ sunt cynere capila sua dre Le lem, etc, Hiyninus non nisi ad M litteram deductus est. dé. Homiliariunr. nn Fol, 1-143, Xe, Fol. 144-451, xr siècle.
Fol, 152-458, xrre siècle. D rs 1143 ou 1144 (olim Disibodenberg près Creux nach).
Fol. 14-fol. 47b, Calendarium Romantum ticumi, man que le commencement : janvier et uné pa tie de février, cha que mois est précédé de trois Xe voici ceux du mois de mars : 1 Procedunt dupli ces in martia tempora isce : se Dando diem primam dabit horam snéa :
Quarta nec est munda cuius no cet hora 8 Fol, 70h, Oratio supplicatoria.
Deus index iustus fortis, ete.
« 1 a. Pt RO a a TT é aol en TT. L L} | d lé re ? € TON + 1 ve ROT br. 7. : LT
Ta SR ue Tr En 4. ;
De = Popule meus quid feci tibi, ete. 1, 361-381, Kyrie eleison, avec notes, Du La-138, lendarii fragmentunt clæ). 36-138 déchirés, he 7% £, Archiv., t. Ve P : 186. Psalmi, cantica, hymini ecclesiastici (breviax siècle,. Fesponsorium, cum nolis musicis, mutil. ab, Xie-x1 1 siècle. uis le fol. 24, prières. is le fol. 28, hymnes avec notes. 284, Cunctipotens genitor deus ommi creator. 28b, Pater cuncta qui gubhernas eleison. 294, Rex virginum amator deus marie decus 29, Gloria in excelsis deo. 0e, Zdem hymnus, alix melodia. 30%. Verbum : bonum et suave personemus.
32%, Hac clara die turma festiva dat preconic. 32 ». Letabundus exultat fidelis chorus alleluia. SP, Ave maria gratia plena.
X* siècle, 7ab, Precatio ad Mariam directa Veni nobis eta de celo, ete. 1.
OR H, LECLERCO. BERNOLD (DE CONSTANCE) ET LE MICROQUE. — I. L'auteur du Micrologue. IL. Le Micro - 2. LIL. Bibliographie. BERNOLD. — C'est dans ces dernières années seuleque Bernold a été identifié avec l'auteur du Micro « + Disons d'abord que ce traité liturgi que, étant plusintéress ants ouvrages de ce genre au moyen dd les recherches qui ont été faites pour cette identi- “Hon présentent un haut intérét ?. Le Micrologue Mant celte épo que avait été attribué à divers auteurs, AS surlout à Yves de Chartres qui présentait plus de s, C'est à ce dernier parti que s'était rangé dom rt Büumer qui, après de longues recherches les manuscrits, avait donné au congrès des cathode 1891, puis bientôt à la Revue bénédictine, dissertation , HS peu après son confrère dom G. Morin arrivait à conclusion bien différente à laquelle dom Bäumer ème s'est hâté de se rallier, L'auteur du Micro- : serait Bernold de Constance 5, Nous ne résume- [ON pas l'argumentation de dom Morin ; elle est fon- #e Surtout sur le témoignage des anciens qui attriexiste un Katalog der Handschriften zur SchiweizerMCE der Stadibibliothek Bern, in-8, Bern, 1895, vi-S48 p., Hélace signée : Der Oberbibliothekar : Blæsch. Ce catalogue né contient rien qui intéresse les anciennes liturgies. — * Voir la Mographie. — % Sur les confusions entre Berthold, Bernold, non, Beérnald ou Bernard, ef. Ceillier, Hist, des auteurs
BERNOLD (DE CONSTANCE) — BERNON DE REICHENAU @&
s18 | buent à cet auteur un ouvrage liturgi que, Ordo roma4, Superne matris gaudia representet eecclenus, concordia officiorum ou Missa romana, ou enfin Micrologus, et sur des rapprochements entre le Micrologue et les écrits de Bérnold de Constance.
Ce Bernold, d'abord prêtre de Constance, puis bénédictin à Saint-Blaise, mourut à Schaffhouse en 1100 7. Cet écrivain — « l’un des personnages sans contredit les plus remarquab les et les plus sympathiques de son épo que » (dom Morin) —a composé plusieurs ouvrages pour la défense du pape saint Grégoire VII, sur le pouvoir des prêtres, sur la confession et enfin une chroni que importante, Nous n'avons pas à nous occuper ici de ces ouvrages, mais le Micrologue mérite de nous arrêter, Par la clarté, la pureté du style, l'érudition, l'intérêt du sujet, il tient un des premiers rangs parmi les auteurs liturgiques du moyen âge, Biumer l'appelle « le meilleur liturgiste de son épo que et mème de tout le moyen âge ?, » I, LE MICROLOGUE, — L'édition du texte du Micrologue laisse encore fort à désirer. Si tout l'ouvrage est bien du mère auteur, il semble qu'il faille, avec dom Morin, y reconnaître deux opuscu les distincts 19%, La première partie, d'après le Codex palatin, lat. 488 de la Vaticane (xur siècle), a pour sous-titre De sacrificio missæ. C'est celle qui fut éditée d'abord par Lefebvre d'Estap les chez Henri Estienne, 1510 (réimprimée par Guichard Soquard, Paris, 1524), sous le nom de Bernon. Après le chapitre XXI sur Ja bénédiction du prêtre, viennent quelques chapitres additionnels, dont le premier est intitulé : Descriptio canonis (secundum) romanam auctoritatem ; puis la séconde partie du Micrologue sous le litre : Alter de ecclesiasticis observationibus. IL a été édité intégralement par Pamelius sous ce titre :
On a déjà remarqué que ce livre qui man que dé préface et d'introduction ne semble pas du premier abord avoir été destiné à la publicité, mais plutôt « donné comme des noti ces familiéres ou un guide » (Bäumer}). Bernold en effet nous dit dans un de ses livres qu'il rédigeait parfois des notes sur différents points de droit canon ou de liturgie, sans la moindre prétention de les voir servir à l'usage général de l'Église, mais simplement pour satisfaire au besoin la 819 pieuse curiosité de quelques frères moins instruits. | ! ta les, les assertions du Liber pontifi lie fi ont loi } Telle semble bien avoir élé la destinée du Micrologue.
La première partie (chap. 1 à xx1) est la description fidéle de la messe romaine ; cile nous donne exactement la suite des cérémonies du service eucharisti que vers la fin du xit siècle, qui diffère peu en somme de l'état actuel.
Bernold ne se laisse pas aller, comme la plupart des auteurs du moyen âge, à un symbolisme outré. Il décrit les rites avec précision et clarté et nous renseigné d'ordinaire avec assez d'exactitude sur les origines. Son érudition, sans être très étendue ni très curieuse, est cependant puisée aux bonnes sour ces. tifs : Corpus et sanguis Domini Nostri J. C. proficiat | Les chapitres xx et xxu1, consacrés à l'action de grâce et à la description de toute la suite de la messe, peuvent être considérés comme des appendi ces à la première partie.
La seconde partie (cap. xxrv-Lx1) traite de divers autres rites de l'Église. Ses remarques sur les quatre-lemps, sur les modifications que Grégoire VIT introduisit dans celte prati que, sur l'office de ces jours, et sur celui du dimanche qui suit, sont intéressantes, Il nous renseigne ensuite sur la liturgie du temps de l'avent et sur les divergen ces qui existent en quelques églises au sujet de l'évangile de ces dimanches. Ses observations sur les offi ces de la nativité et des fêtes qui la suivent sont aussi uti les et révélent dans l'auteur ce tact et ce Jugement qui paraissent ses qualités principa les.
Il a des remarques généra les sur la façon d'observer les fêtes et sur les changements introduits sur ce point par Grégoire VIL, Suivant ensuite l'année ecclésiasti que, il nous parle de la liturgie de la septuagésime et du caréme, de la semaine sainte, Pâques, les Rogations, la Pentecôte, la Trinité, Il mentioné à l'occasion, les coutumes liturgiques dé divers pays, On peut trouver qu ‘ildonne dans cette partie trop de place à la discusion des rubriques, au dé- “te de la liturgie histori que, Cependant on trouve Il connait les ouvrages d'Amalaire, d'Alcuin, les Décréta les, le Liber pontificalis, il cite saint Jérôme, saint Augustin, le Liber de sacramentis qu'il attribue à Ambroise, les écrits de saint Léon, les conci les de Tolède, d'Agde, de Carthage, de Miléve : quoi que son jugement soit sain d'ordinaire, sa criti que est celle de son épo que ;-il admet l'authenticité des fausses décré‘ à un abhé.
BERNOLD (DE CONSTANCE) — BERNON DE REICHENAU @&
Les éditions du Microlo que dans Cochlée, Speculu antiquæ devotionis, Mayence, 1549 ; dans Hittorp sû le nom de Bernon : De quibusdam rebus ad sp reg à De catholicæ pers ni “ Le premier a pour but de résoudre une question qui divisait les esprits au xI siécle : Quelle devait être la longueur dé l'avent lors que Noël tombait le lundi ?
Quelques-uns disaient que Favent ne devait ja mais - compter plus de quatre dimanches, et que dans le cas présent le quatrième dimanche se confondait avec la | vigile de la nativité, D'autres au contraire soutenaient que l'avent devait toujours avoir quatre semaines comNoël tombait le lundi. Bernon se prononce pour la Mmentaire de saint Grégoire, et du Liber comitis. Ce. dernier, il est vrai, mar que cinq dimanches de l'avent, Amalaire præparatio Dominici adventus.
Nous avons la réponse d'Aribon par laquelle l'archevê que de Mayence approuve la doctrine de Bernon : celte réponse est suivie d’ane sorte d'appendice où Bernon confirme sa manière de voir par un passage. d'un Liber officiorur attribué à saint Hilaire, et où il. raconte qu'il fut délégué avec quelques moines de _ Fleury au concile tenu à Orléans en 999, et qu'ils y firent triompher leur cause.
Le second traité a la forme d'un dialogue entre Bernon et un moine nommé Gerungus ; il a pour but de mettre fin à une controverse au sujet de l’époque où devait se célébrer le jeûne des quatre-temps. Anciennement ce jeûne était déterminé d'après les mois de l'année, et le jour le plus important était le samedi, appelé in x17 lectionibus. Quelques-uns réglaient strictement la place des quatre-temps sur le samedi, de sorte que pour eux le samedi in x11 lectionibus était toujours le premier samedi de mars, quand bien même il fallait mettre le mercredi et le vendredi dans le mois de février. L'autre préférait mettre le jeûne entier dans le mois de mars, et ne jeûner, dans certains cas, que le second samedi de ce mois. Bernon tint pour cette seconde manière, l'appuyant sur des raisons mystiques données déjà par Amalaire !. Sigebert de Gembloux attaqua plus tard cette décision de Bernon*, et trouva des raisons non moins mystiques pour l'opinion contraire,
Le traité De quibusdam rebus ad officium missæ pertinentibus, que l'on trouve d'ordinaire en tête de ses ouvrages, doit être placé après les deux opuscules dont nous venons de parler, car deux chapitres de ce traité ne sont que la reproduction de ces deux dissertations, et la manière assez gauche dont ils sont joints au reste montre bien qu'ils ont été composés avant. Ce traité est divisé en sept chapitres. Le premier, qui a dû être précédé d'un prologue aujourd'hui perdu, comme le montre le premier mot Zgitur, traite des adjonctions qui ont été successivement faites soit au canon, soit aux autres parties de la messe, et sert comme d'introduction au second chapitre, où Bernon se plaint de ce qu'on interdise aux simples prêtres de chanter le Gloria in excelsis à la messe, excepté le jour de Pâques. Il s'appuie sur plusieurs passages des fausses décrétales et si l'on objecte la pratique de l'Église de Rome, il répond qu'il faudrait en dire autant du Credo qui ne fut introduit à Rome que sur la demande de saint Henri, pendant le voyage qu'il fit en 1013 pour y être sacré empereur, voyage où Bernon l'accompagna.
Le chapitre troisième a trait à l'octave de la Pentecôte, à laquelle certains ne voulaient donner que sept jours à cause des sept dons du Saint-Esprit ; Bernon pense que la première opinion, qu'il appuie sur l'autorité du sacra-, mais la difficulté disparait si on appelle le premier avec les plètes, et ajoutaient un cinquième dimanche quand il faut donner huit jours à cette solennité, comme à Noël et à Pâques.
Le chapitre IV n'est que la reproduction du Traité sur l'Avent dont nous avons déjà parlé, et après avoir consacré deux chapitres aux concordances et aux divergences entre les lectures et les chants de diverses messes, spécialement aux dimanches après la Pentecôte, il termine en reproduisant, sous la forme dialoguée, son Traité des quatre-temps.
La similitude du titre et de la matière lui a fait communément attribuer le Micrologus de ecclesiasticis observationibus *, Mais ce livre ne peut être de lui, puisqu'on y cite une décrétale de Grégoire VII.
On attribue aussi à Bernon un opuscule assez long, intitulé : De varia psalmorum atque cantuum modulatione, qui, malgré le titre, est un ouvrage liturgique et non musical. Après une comparaison du psautier romain avec le psautier gallican, et de la Vulgate avec l'ancienne Itala et l'hébreu pour plusieurs antiennes et un certain nombre de lectures, l'auteur propose quelques corrections aux textes liturgiques, où il parait s'inspirer considérablement d'Agobard % ; on y trouve le même esprit, bien que les expressions soient plus modérées. Il est intéressant de remarquer que les corrections proposées par Bernon pour les versets d'un certain nombre de répons se trouvent presque toutes au bréviaire actuel. Nous en dirons autant du Tonarius lui-même, qui ne peut être étudié avec fruit sans être comparé avec les différents Tonarii qui ont été édités ou qui se trouvent encore dans les manuscrits. Voir TONARI.
Un court opuscule du même Bernon, intitulé : De consonantiarum diversitate 11, n'est qu'un résumé du Tonarius. Trithème avait lu de lui un livre intitulé : De instrumentis musicalibus 12 qui n'a jamais été imprimé. Quant à un écrit De mensura monochordi qui lui est attribué par le même Trithème, tout porte à croire qu'il n'est autre que le prologue du Tonarius, qui commence ainsi : Omnium igitur regularis monochordi constitutio.
Bernon a joui d'une grande réputation comme liturgiste et comme musicien. Comme liturgiste, il se rattache à l'école d'Amalaire, qu'il copie souvent, et il faut faire pour lui les mêmes remarques que sur son modèle 14. Comme musicien, il suit l'enseignement de Boèce, sans cependant se priver d'une certaine liberté, en particulier pour la distribution des tétrachordes. Outre les ouvrages cités au cours de l'article, on trouvera une bibliographie complète dans U. Chevalier, Répertoire des sources historiques. À. GATARD.
BÉROLD DE MILAN ET LA LITURGIE AMBROSIENNE. Bérold, comme il nous l'apprend au commencement de son opuscule Ordo et cæremoniæ ecclesiæ ambrosianæ mediolanen., avait dans cette église de Milan une charge qui répond à peu près à celle de gardien ou sacristain et d'acolyte : Ego Beroldus custos et cicendelarius ejusdem ecclesiæ, quidquid vidi et audivi et scriptum reperi, huic nostro Libello tradere disposuit. On sait peu de chose sur sa vie, sinon qu'il écrivait au xii* siècle, peu de temps après la mort de l'archevêque Olric, survenue en 1135. Ce sont du reste ses ouvrages qui nous intéressent seuls, comme ayant rapport à la liturgie ambrosienne.
En dehors de l'Ordo que nous avons déjà cité et sur lequel nous reviendrons, il existe sous le nom de Bérold un petit écrit Expositio exceptati, qui semble faire partie du précédent, mais qui en réalité doit en être séparé # ; la dernière phrase du traité permet d'en retrouver l'auteur : Nomen vero auctoris hujus operis lector scire cupiens, computa capita literas per ordinem feriarum, incipiendo a E capitulo usque in finem, nomen præfati reperies ? ; l'anagramme donne Beroldus ou plutôt Beraldus' ; l'Eceptatum dans la liturgie ambrosienne est le nom donné à la semaine qui précède la nativité +. Ce petit traité contient l'ordre des psaumes, des antiennes, des lectures et des autres parties de l'office de cette période liturgique qui équivaut un peu pour son importance, chez les ambrosiens, à la semaine sainte. Il est fort utile pour la connaissance de cette partie de l'année liturgique et l'on comprend qu'il ait été inséré dans l'Ordo et cæremoniæ, de Magistretti, faite avec importance pour l'histoire de cette liturgie, et qui contient des renseignements précieux sur le personnel ecclésiastique dans le rit ambrosien, sur la solennité des fêtes et le calendrier liturgique,
Beati Thomæ episcopi qualiter officium Ambrosianum S. Ambrosii meritis, per beatum confessorem Eugenium Deo opitulante, Adriano residente pontifice, a Karolo imperante protectum fuit et corroboratum summis et evidentissimis miraculis permansit. Cette narration considérée comme fabuleuse ? a été éditée par Muratori, Expositio matutini officii S. Ambrosianæ Mediolanen. ecclesiæ edita a S. Theodoro archiepiscopo ejusdem ecclesiæ (ce traité, de moindre importance, n'a pas été réédité par Magistretti).
Ordo qualiter scrutinia — ‘Sur ces opuscules cf. L. A. Ferrai, DE SIT agantur*. De catechumenis arr deux dernières œuvres d’après À de Bérold, loc. cit., p. XX.) De situ civitatis m Apostoli, de Anathalone ar ] Expositio fidei catholicæ, Expositio mi Expositio symboli. (Ces trois derniers ont été réédités par Magistretti.)
40. Huperti abbatis Tuiliensis, opusculum de divinis officiis per anni circulum. — Au verso du premier feuillet de garde du ms., on a transcrit, au xii siècle, les hymnes de l'office de la passion précédées d'un titre ainsi conçu : Incipiunt hic hymni horarum beate Passionis Domini nostri Ihesu Christi : primus hymnus de matutinis, secundus de laudibus, tercius de prima, quartus de tercia, quintus de sexta, sextus de nona, septimus de vesperis, octavus de Completoria.
Au recto du dernier feuillet de garde, on avait écrit, à la fin du x siècle, une formule pour conjurer les effets de la morsure des serpents : cette note a été en partie grattée.
En tête du rouleau est un grossier dessin à la plume, avec quelques touches de coloration rouge, lequel représente une sorte d'écusson se rattachant à deux colonnes, chacune surmontée d'une Croix grecque assez compliquée : deux lames de sabre sont au-dessous de l'écusson, et trois autres semblent se diriger contre son flanc gauche.
Les prières magiques que contient ce rouleau sont censées avoir été révélées par Jésus-Christ à la sainte Vierge, aux apôtres, etc. Il a été écrit pour un certain Gabra-Havyvat, par un scribe nommé Valda-Abréhänur, 827 BESANCON (MSS. LITURG. DE Il est de la nature de ceux que l'on enterre habituellement avec les morts.
72. Missale ad usum Ecclesiæ bisuntinæ B. M. Mugdalenes. Xi siècle.
Fol. 217. Ordo ad benedicendum ferrum judiciale… Il est question des modes d'épreuve par le fer, l'eau chaude, la chaudière suspendue, l'eau courante et l'eau froide, Texte non mentionné par Karl Zeumer dans ses Ordines judiciorum Dei (Mon. germ. hist., in-4, Legum sectio V, Formulæ). Morceaux de chant notés en neumes.
19. Graduale bisuntinum notatum, xi° siècle.
Fol. 2. Propre du temps (de l'avent au 23° dimanche après la pentecôte).
Fol. 40 vo. Litanie septena, letanie quina, letanie tercia chantées le samedi saint, pendant la cérémonie des fonts baptismaux.
La première et la troisième de ces séries d'invocations sont précieuses par les noms des premiers évêques du diocèse qui y sont inscrits :
Letania septena :... S. Ferreole, S. Ferruci, S. Antidi…. Omnes sancti martyres.. S. Aniane, S. Niceti, S. Donate, S. Desiderate, S. Protadi…. Omnes sancti confessores… Letania tercia :...….S. Ferreole, S. Ferrucxi.. S,. Antidi…, S. Silvester, S. Hylari...,S. Aniane, S. Desiderate, S. Niceti, S. Donate, S. Protadi…. Dans la letania tercia, le nom de saint Lin est en tête des papes invoqués comme saints et non parmi les évêques de Besançon martyrs ou confesseurs : ce serait une raison de plus de ne pas admettre l'opinion qui fait d'un saint Lin le second évêque de Besançon.
Fol. 60. Propre des saints (S.Silvestre à S, Thomas) :
Fol. 68. S. Ferreol et Ferjeux.
Fol, 68 vo, S. Antide.
Fol, 72 vo, S, Désiré.
Fol, 73. S. Donat.
Fol, 75. S. Agapit.
Fol, 78 vo, Commun des saints, messes votives.
Fol. 8. Chants divers de l'ordinaire de la messe : Kyrie, Gloria.
Fol. 83, Proses pour les principales fêtes (celle de la Trinité termine le volume, et elle est incomplète à la fin).
Fol. 91-96. On a réuni à ce volume, pour compenser ce qui lui manque, un cahier contenant la fin d’un missel du même format et de la même époque. (Nata- | tion en neumes.) M. Evangeliarium ad usum ecclesiæ Montis Dei, milieu du xi siècle. Fol., 50, Une main du xiv siècle a écrit une relation de la cérémonie de consécration du grand autel de la cathédrale de Besançon. Ce récit, dont la fin manque, est en partie la paraphrase d'une bulle du pape Léon IX, publiée par Dunod, Hist. de l'église de Besançon, t. n, preuves, p. XXXVI-XXXIX.
Fol. 1. Propre du temps, de l'avent au 25° dimanche après la pentecôte.
Fol, 60, Propre des saints de S, Silvestre à S, Thomas.
Fol. 70. Commun des saints et messes votives.
Fol. 72 vo, Formule des excommunications, écrite deux fois (xiv et XVe).
Fol. 79. Diverses notations musicales du xi de la fin de la messe.
Fol, 171 v°, Fragment des prophéties d'Isaïe, noté en | | | S, Joannis evangelistæ, C'est le rituel dit de Sainte-Madeleine de Besancon. L'une de ces notes à | impletur cerei benedictio his verbis.
| proses et hymnes des SS. Léger, Gall et Colombe les ont fait de tous les autres édifices chrétiens de la
LA VILLE DE) — BETHLÉHEM 828
97. Recueil, premier tiers du xiii siècle. Page 1. Ordinariunt antiquum ecclesiæ bisuntinæ Page 98. Extractum ex antiquo lectionario & | B. Mariæ Magdalenes, ante annum : 1200 e . C'est la transcription d'éphémérides relevées sur les feuillets de garde d'un lectionnaire de l'église qui parait se rapporter à un voyage fait à Besançon par le roi saint Louis en 1259, V. Hist de l'École des chartes, t. xxxIV (1873), p. 387-396, k Page 101. Indeæ rerum notabilium quæ in antiquo Ordinario Bisuntino continentur. Page 121. Incipit martyrologium per anni circulum (édité par Dunod, ibid, p. vi sq.).
Page 14. Nouveaux extraits des annotations du lectionnaire de Sainte-Madeleine.
Page 143. Copie d'une charte. Page 147. Orationes sequentes ex antiquo codice ecclesiæ bisuntinæ circa undecimum sæculum erarato, de verbo ad verbum exscriptæ sunt. C'est L de la messe, L'une de ces oraisons : misericordissime, etc, est imprimée dans Bona, Rerum liturg. libri duo, p. 561-62. Page 167. Canon missæ, ex antiquo sacramentario ecclesiæ bisuntinæ circa undecimum messe erato desumiptus. Page 169. Ex eodem sacramentario, sabbato postquam reddunt simbolum et catechizantur infa Page 170, Canon missæ, exscriptus ex antiquo sacramentario tempore Hugonis primi exarato, quod erat in usu in ecclesia S. Johannis. Page 171. Laudæ seu acclamationes... ex quo. Epistolarum libro exscriptæ sunt. Dunod, Hist.
NAIRE DE). Antiphonaire de l'abbaye de Luxueil, xii-xive & Missel à l'usage du prieuré de Rosières (Jun x siècle, musique-notée, catalogue de reliques. « à H, BETHLÉHEM. L'église de la Vierge Marie à Bethléhem présente, au point de vue de l'art chrétienne, un intérêt capital. Elle est en effet l'édifice constantinien qui nous soit parvenu dans son ensemble. « On a lieu de s'étonner, écrit M. de Vogüé, en voyant ce que le temps et les ravages des barbares, en voyant les basiliques du Saint-Sépulcre, du mont des Oliviers, de Lydda, de Nazareth, entièrement détruites et plusieurs fois rebâties, celles de Si da Bethazora, du mont Thabor, et tant d'autres, réduites en ruines informes et abandonnées, on a lieu de s'étonner qu'une église aussi considérable que l'église de Bethléhem, désignée au pillage et à la proie par sa magnificence et par la sainteté des lieux, ait échappé au sort commun, malgré l'action de quinze siècles de ravages. malgré deux invasions destructives, malgré les flammes, et que, tant de fois saccagée, tant de fois réparée par des mains si différentes, elle ait résisté à toutes ces causes de destruction, et conservé jusqu'à nos jours l'antique physionomie de son origine ! »,
L'étude considérable consacrée à la basilique à Hethléhem, les voyageurs et les archéologues n'ont fait que signaler quelques particularités, étudier en point de détail ?, C'est donc à l'étude déjà citée que nous reviendrons toujours au cours de cette dissertation. L'église de Bethléhem n'a pas échappé à l'affront que l'âge prodiguait à tout édifice. Les masures, les couvents, les habitations particulières se sont placées contre ses murailes et l'ont à demi ensevelie dans leur amas hétéroclite, Quoi que située en dehors de l'enceinte antique, l'église de la Nativité obstruée de tous côtés n'est plus accessible qu'à l'occident, du côté de son entrée principale, Sur ce point l'atrium a longtemps résisté aux envahisseurs, mais il est nu sous la poussée, La vaste place couverte de s et encadrée de portiques est totalement bouleversée par les constructions, Quelques rares pans de mur, des bases de colonnes ont seuls indiqué l'emplacement et les dispositions anciennes. Les plans de Dino Amico, de S. Fococke et d'autres Voyageurs
BETHLÉHEM
ré des siècles de guerres acharnées, de persécutions
CLR CEE S
830 sions en largeur que la basilique (fig. 1547), Au centre étaient creusées plusieurs citernes destinées aux ablutions et au baptême. Trois portes faisaient communiquer l'église avec l'atrium et la porte centrale était accostée de deux petites fenêtres. La porte est rectangulaire, surmontée d'un linteau porté sur deux consoles et décoré de petites moulures égales superposées.
Le vestibule présente la largeur de la nef jusqu'à la hauteur des bas-côtés. Cette partie offre peu d'intérêt parce que, divisée en trois chambres n'ayant accès dans l'église que par une unique porte, il ne donne aucune idée d'ensemble. L'église, déplorablement coupée par un mur intérieur, a perdu, au premier coup d'œil, l'aspect unique que présentaient ses cinq nefs tracées par quatre rangées de colonnes corinthiennes monolithes, Puis viennent le transept et le chœur avec, tout au fond, l'abside. Les cinq nefs sont d'égale longueur et la nef centrale offre en largeur les mêmes dimensions que deux nefs latérales réunies. On y compte onze travées aboutissant au transept qui est de la largeur de l'édifice avec deux absides semi-circulaires. Le carré du transept est nettement masqué par quatre piliers accolés de deux demi-colonnes. Au delà du transept chaque nef continue. La nef principale compte encore deux travées et une abside, les nefs latérales comptent encore deux travées, pour les plus rapprochées, une travée seulement pour les plus éloignées et se terminent, non par une abside, mais par un mur droit. L'ensemble présente une disposition facile à saisir, c'est la croix, mieux marquée que dans beaucoup d'édifices analogues. Les principales dimensions du plan sont les suivantes :
Largeur de la nef centrale d'axe en axe.... 10m40 Largeur du premier collatéral d'axe en axe. 9m90 Largeur du deuxième collatéral jusqu'au mur. 9m75 Largeur totale de la nef dans œuvre,..... 26m30 Rayon des absides.. :.... :....... 4m75 Longueur totale dans œuvre,.,.., 57m90 Longueur du vestibule............ 6m00 La date de l'église, dont nous parlerons plus loin, explique comment les matériaux entrés dans sa construction sont si beaux, On n'avait pas encore achevé de dévaliser tous les édifices antiques et on pouvait, sans grandes difficultés, se procurer des colonnes de même taille, de même diamètre et de même coloration, Ici, on compte quarante-six colonnes, les quatre piliers du transept et dix-huit demi-colonnes engagées. Les chapiteaux sont corinthiens (fig. 1548) ; quant aux colonnes, leur hauteur est un peu courte relativement au diamètre de leur base, il en résulte une impression un peu lourde comme devant les édifices antiques aux proportions ramassées et à l'aspect trapu, Ce léger défaut, à peine sensible, est atténué par la beauté des matériaux. Chaque fût est formé d'un bloc de calcaire rouge veiné de blanc, lisse, bien poli et légèrement renflé vers le bas. Voici les dimensions :
Hauteur ;. 4m30 + 0m80 Diamètre... … …, 0m80 au total. Chapiteau et base,.. 1m20 Contrairement à ce qui se voit à Sainte-Agnès, à Rome, qui est probablement aussi d'époque constantinienne, les colonnes, au lieu de supporter des arcs, portent une architrave, Dans les bas-côtés les architraves servent de support aux fermes de l'appentis ; nef, qui est de 9 à 10 mètres et au sommet les fermes du toit, Pas plus qu'à Sainte-Agnès nous n'avons ici deux ordres superposés, mais seulement une suite de percements de baies en plein cintre correspondant aux entre-colonnements, Entre ces baies et les architraves le mur est lisse ; il a reçu au xi siècle une décoration _ Ce dernier édifice présentait d'abord une étre :
cieuse appliquée aux chapiteaux, aux lps à l'ornement en mosaïque, Il semble qu'auparavant les églises basiliques étaient recouvertes au moyen de placages de marbre, aussi bien dans la montée de la nef que sur les murs latéraux. Quaresmius dit avoir encore vu, dans les bas-côtés, quelques restes de cette antique ornamentation, ainsi que les clous qui servaient à la fixer. Le couvrage actuel ne date que de la fin du XVe : soit manque d'argent ou manque d'artistes, on s'est contenté d’une simple charpente dont les poutres sont visibles de l'intérieur de l'église, M. de Vogüé juge que dans l'état primitif la basilique devait avoir un plafond de bois orné de peintures ou de dorures et cachant les poutres de la charpente, Il en donne pour raison l'analogie avec la basilique du Saint-Sépulcre, contemporaine de celle-ci et qui, au rapport d'Eusèbe, avait un « plafond orné de caissons sculptés qui s'étendait au-dessus de la nef comme une vaste mer d'or brillant d'une éclatante lumière, » Ce passage invite à étendre la comparaison ; elle est en effet pleinement instructive, Eusèbe, si laconique à propos de l'église de la Nativité, se montre plus disert relativement à l'église du Saint-Sépulcre.
Il décrit une cour entourée de portiques, puis un vestibule, enfin, la basilique proprement dite, laquelle est divisée par quatre rangées de colonnes avec un hémicycle à une extrémité et, à l'autre, des portes ouvertes à la foule (fig. 1549), Cette description concorde très exactement — sauf quelques détails sans signification, — avec ce que nous avons vu de la basilique de Bethléhem : l'atrium, le vestibule, les nefs, l'abside orientale, Il y a là une forte présomption en faveur de l'attribution de la basilique au règne de Constantin. Cette présomption est affaiblie par les détails fournis par l'édifice lui-même : tels sont, par exemple : le système de construction ; la sculpture des colonnes, des chapiteaux, de la porte principale.
Les arguments qu'on a fait valoir pour retirer à l'église de la Nativité et l'attribuer à Justinien sont inacceptables. Ainsi que nous l'avons reconnu, en élevant les basiliques, on n'a pas laissé sous le règne de Justinien d'élever encore quelques églises sur le type des basiliques latines, mais une phrase générale de Procope ne constitue pas un acte civil à un monument pris en particulier, Si elle suffit à infirmer la réplique donnée au nom de la différence profonde entre l'art basilical à couvrage en pignon et l’art basilien à coupolette et voûte hémisphérique, elle devient insuffisante dès qu'il s'agit de répondre à cette simple remarque : « Nous trouvons à Bethléhem le respect des traditions classiques, l'emploi de colonnes taillées exprès (et choisies entre un grand nombre) pour le monument, la présence de chapiteaux et d'architraves conçus suivant le goût antique, tandis qu'à Sainte-Sophie nous constatons le mépris des anciennes règles, l'emploi de colonnes dépareillées, la fantaisie la plus capricieuse dans l'ornementation tout entière.
Le fait de la construction à Bethléhem d'un édifice constantinien est indubitable ; mais auparavant nous devons mentionner les témoignages relatifs à l'existence d'un lieu vénéré à Bethléhem longtemps avant la paix de l'Église, | Le sanctuaire de la Nativité parait être, entre les Lieux saints, celui qui peut se réclamer des relations les plus anciennes. Moins de cent ans après la mort de Jésus, Justin le martyr, à qui son origine palestinienne donne la gravité d'un témoin oculaire, écrit ces paroles : « Joseph n'ayant pas trouvé à Bethléhem de place dans l'hôtellerie, s'établit dans une grotte située auprès du village, & il y fut rejoint par Marie qui mit au monde Jésus, et déposa dans une crèche, » Un siècle plus tard, Origène, qui visita la Palestine et y fit de longs séjours, disait de son côté :
« Sans contredit, conformément au récit évangélique, on montre à Bethléhem la grotte qui le vit naître et la crèche qui le reçut. Ce fait est proclamé par tout le monde en ce pays : ceux mêmes qui sont étrangers à la foi reconnaissent que dans cette grotte est né un certain Jésus, admiré et adoré par les chrétiens ? » L'essai de profanation tenté par l'empereur Hadrien, qui établit un sanctuaire du culte d'Adonis dans la grotte vénérée, contribua, contre le dessein du prince, à fixer la tradition : « Bethlehem nunc nostram…. lucus, Mumbrabat Thaniuz, id est, Adonidis, et in specu bi quondam Christus parvulus vagiit, Veneris amaus plangebatur ».
Eusèbe, après avoir rapporté le voyage de sainte Hélène en Palestine, et le soin pieux qu'elle apporta à orner les lieux sanctifiés par la présence de Jésus, ajoute qu'« elle consacra deux temples au Dieu qu'elle adorait : l'un sur la montagne de son ascension, l'autre sur la grotte obscure de sa nativité.. La sainte impératrice, voulant conserver précieusement le souvenir du divin enfantement, prit soin de donner à la Sainte-Rolle une décoration riche et variée. Peu après, l'empereur lui-même, surpassant la magnificence de sa mère, embellit le même lieu d'une manière vraiment royale, employant l'or, l'argent et les riches tentures ».
Ailleurs, le même historien nous dit que Constantin avait choisi particulièrement trois localités illustrées par trois grottes mystiques et saintes, et embellies par la construction de grands et splendides édifices. Dans l'une de ces grottes, il honorait, selon son importance, la première apparition du Christ en ce monde, Dans l'autre, il rappelait la dernière manifestation du Seigneur, son ascension aux cieux, du sommet de la montagne, Enfin, dans la troisième, qui tient le milieu entre les deux autres, il célébrait les combats du Sauveur et sa victoire pour le salut du monde.
Ces textes, en apparence si clairs, nous disent à peine ce que nous souhaiterions savoir, Eusèbe n'a décrit complètement que la seule église destinée à glorifier la grotte de la Résurrection ; pour les autres, on est réduit aux conjectures, Néanmoins, il ne semble pasabusif de conclure d'après l'une des trois descriptions à certaines ressemblances dans les deux autres, ressemblances qui, précisément, auraient été omises pour cause de brièveté, Tout porte à croire que les trois édifices, inspirés par la même pensée religieuse, exécutés avec les mêmes moyens, et dans le même temps, avaient entre eux une grande analogie.
Aussi parait-il conforme à une critique prudente d'admettre que l'église constantinienne de la Nativité n'était pas indigne de comparaison avec celle de la Résurrection et que les trois églises palestiniennes ne le cédaient en rien aux basiliques de Rome et de Byzance.
Quelques textes postérieurs viennent constater l'existence à Bethléhem d'une basilique constantinienne, Le pèlerin de Bordeaux écrit, en 333 : « A deux milles (du tombeau de Rachel), à gauche, est Bethléhem, où est né Notre-Seigneur Jésus-Christ ; là fut construite une basilique par ordre de Constantin : fuit basilica facta est jussu Constantini. » Et cette expression se retrouve identique sous sa plume quand il s'agit de mentionner les basiliques constantiniennes du Saint-Sépulcre et du mont des Oliviers !
Quelques années plus tard, l'historien Socrate, qui avait habité la Palestine, parle en ces termes de la construction : « La mère de l'empereur, après avoir fait bâtir la nouvelle Jérusalem (c’est le terme par lequel il désigne l'église de la Résurrection), fit construire à Bethléhem, sur la grotte de l'Incarnation du Christ, une seconde église qui n'était pas inférieure à la première ? »
Sozomène mentionne également le temple élevé à Bethléhem sur la grotte de la Nativité par l'impératrice.
Le rapprochement de ces témoignages et de l'édifice que nous possédons encore, dont les caractères constantiniens sont si évidents, ne permettent guère de mettre en doute le fait de la construction, entre les années 327 et 333 après Jésus-Christ, de l'église actuelle de la Nativité.
fiée à Bethléhem, tandis qu'on y lit la description détaillée de l’église de la Vierge à Jérusalem et l’énumération minutieuse de plus de vingt sanctuaires, couvents ou hôpitaux fondés en Terre-Sainte et jusqu'aux réfections exécutées aux murs de la ville de Bethléhem. Tous les témoignages postérieurs à cette date, et qui sont en grand nombre, nous en relèverons deux seuls qui ont un rapport plus particulier avec l'édifice tel que nous l'avons décrit et fait entrevoir. En 1102, le Saewulf visite la Terre-Sainte et arrive à Bethléhem : « Là, dit-il, comme dans tous les saints lieux des murs de Jérusalem, tout a été dévasté par les Sarrasins, excepté le monastère de la bienheureuse Vierge Marie, grand et superbe édifice. Près du milieu de cette église, sous le chœur, est une crypte, dans laquelle se voit le lieu de la nativité de Notre-Seigneur, l'autel et la crèche située à droite un peu plus bas », Enfin la relation de la première croisade (104) écrite sous forme de lettre par un croisé français, Tudebove (Tuebæuf), raconte de visu la prise de la ville et décrit ainsi l'église de Bethléhem : Ecclesia marmoreis columnis ædificata. Dans le bas-côté méridional, près de la porte qui mène au couvent grec, se trouve un baptistère taillé dans une pierre rouge, semblable aux fûts des colonnes de la nef (fig. 1550). Sa hauteur est de 95 centimètres et la largeur de chacune des faces de l'octogone est de 5 centimètres. La cuve forme une croix à branches arrondies. Sur une des faces extérieures on lit : « Très priunc ext avaradgens Kai apemeuc apaptunv dv 6 Kôptios ynvéqu : rx évépara » « Pour la mémoire, le repos et la rémission des péchés dont le Seigneur sait les noms ». Cette formule rapprochée de celle d'une inscription dédicatoire lue à Néapolis de Syrie permet d'attribuer le baptistère à la période antérieure à l'invasion arabe. Nous ne dirons rien de la décoration mosaïque de la Nativité, cette décoration n'étant pas antérieure au XIIe.
Nous en avons donné deux exemples.
BETHPHANIA, BETHPHANAZ. Voir ÉPIPHANIE.
BETHSAÏDE (MIRACLE DE). Voir AVEUGLES, LES.
À Vérone en 1662, vint à Rome en 1684, fut bibliothécaire du cardinal Ottoboni, devenu plus tard Alexandre VIII, puis choisi comme secrétaire de la commission pour la réforme du calendrier, il fit des travaux importants sur cette question, entre autres sur le cycle de Juillet César, et sur le canon pascal de Dion. Président de la commission, il travailla à former un musée, et prépara une histoire de l'Église d'après les monuments qui fut éditée par son neveu. Il donna aussi une édition monumentale du Liber pontificalis dont nous parlerons tout à l'heure. Il mourut à Rome en 1729.
Joseph, neveu du précédent, né à Vérone comme son oncle, vint de bonne heure à Rome, et entra à l'Oratoire. Nous n'avons pas à parler de ses travaux historiques, comme continuateur de Baronius, ou comme secrétaire de l'Académie historique sous Benoît XIV, ni de ses travaux sur la Vulgate et sur la version italienne, qui ont une grande valeur pour les études bibliques. Mais nous devons mentionner son histoire ecclésiastique d'après les monuments, dont les matériaux avaient été préparés par son oncle, tentative intéressante mais malheureusement incomplète, pour l'archéologie chrétienne et qui mériterait d'être reprise. Il tient une des premières places parmi les liturgistes du XVIIIe.
‘Strabon, 1. XVI, — ? Philostrate, L I. CE O. Seermann, De brimis sex biblicthecæ Alexandrinæ custodibus, in-8 », Essen, 1859 ; W.Busch, De bibliothecariis Ale. qui feruntu r primis, in« , Schwerin, 1884, — # Corp. inscr., lat., L vi, n. 2182 : cf. Le vE, part 2, n. 4234, 5199, 5191, 5884, — ‘ Ovide, Tréstes, I, l, 63. — SOrelli, Inseript. lat. select, in-8*, Turici, 1827, n. 4, — °H. Greppo, Notice sur un monument funèbre d'un esclave librarius, dans la Hevue du Lyonnais, 1841, € xurr : 1542, 1. XIV, Cf. Corp. inscr, lat, t vi, part, %, n. 8883, — 7 Cod. théodosien, 1. XIV, tit. IX, 1.2, — #Ch. Cahier, dans Noubliothecaë. Ces personnages appartenaient à 1 des esclaves ou à celle des affranchis et à la cat des librarii 6, À ce personnel appartenaient dans cerlaine mesure les copistes que l'on entretenai nombre, La bibliothè que de Constantinople, fondée g Constantin, comptait au Ve 120 000 volumes e véillait à accroitre sans cesse le fonds, car un ét Valentinien, Gratien et Valens, daté de 972, m l'existence de quatre antiquarii grecs et trois « rii latins ad bibliothecæ codi ces componen des vetustate reparandos 7. | 10 On réunirait sans peine un certain nombre de té moignages relalifs aux bibliothèques privées dont k possesseur se trouvait être par le fait le bibliott À mesure que nous nous éloignons de la pé Haut-Empire, nous voyons les dénominations s plier : bibliothecarius, chartigraphus, chart notarius, chartophylax, scrinarius, scriniarius crinius, et même scevophylaz, vasorum custos, sacrarii, custos, sacrista, armarius, secrelarius, larcha, cimiliarcha. Cette apparente confusion charge de bibliothécaire et celle de sacristain s’ par la réunion des deux charges en une set beaucoup d'églises et de monastères. Le même nage recevait la charge du trésor et de la bibliot La charge de chantre appelait souvent à soi la ch de bibliothécaire. Dans la règle de Tarnate, lu char de cellérier et celle de bibliothécaire sont en apparent réunies, nous croyons cependant qu'il n'en es et que le vel qui se trouve dans la phrase est tifs, Dans les monastères byzantins, le chartopl gardien des archives ; ce moine, ordinairement di avait sous ses ordres un ou plusieurs chartulaires gés de souscrire ou de conserver les chartes ?, 4 triarcat était attaché un dépôt d'archives qui co des piè ces origina les de nature très diverse : co : tions impéria les, ordonnan ces patriarca les, verb aux et décisions des syno des, professions d'évèques, actes d'abjuration, permissions de des mariages, etc. Ces documents étaient transcrils su des registres tenus par les soins du chartophylax, Li nom du patriarche et celui da chartophylax en fi étaient indignés en titre cha que fois qu'un cha avait lieu, Les pié ces étaient authentiquées par gnature du chartophylax et l'apposition de la patriarcale dont le chartophylax avait seul dt sceller les actes ; c'était également lui qui auth les copies. Le chartophylax devint bientôt un f naire très important. Il était l'introdueteur des aux conci les, l'intermédiaire de leur corresp avec le patriarche. 11 présidait les élections pa les au nom du patriarche et les élections pat au nom de l'empereur. Nul ne pouvait étre sans une enquête faite par lui. C'était lui qui l'autorisation de célébrer les mariages, Il pré tribunal patriarcal. En un mot, il était, selon sion de Th. Balsamon, la bouche et la main 4 che ; aussi avait-il le pas même sur les év fonctions se trouvérent ainsi, pendant un le long, à peu près semblab les à cel les du biblic dans l'Église romaine 10, mais dans cette dernière bliothécaire ne possédait pas tous ces mêémesarantag caire subisse comme une éclipse à l'épo que que nous étudions. L'état troublé de l'Occident, les invasions, les pilleries ne permettaient guëre de réunir de vastes “iuer un bibliothécaire pour surveiller un nombre trés restreint de volumes, L'église de Constantinople avait son chartophylax, l'église de Rome son bibliothécaire, “et on ne lit rien de semblable des autres églises. A la fin du vor siécle ou au début du siècle suivant, appapait ln cura bibliothecæ. Sous le pape Serge Ier, cette cure fut d'abord remise au primicier des notaires, mais comme on éleva ensuite à celle charge des évêques suburbicaires, le bibliothécaire devint indépendant et contresigna avec le primicier les lettres des papes, enfin u'il reçut le titre de cancellarius il absorba le sp, La cura bibliothecæ donnée par Serge Ier à re le sacellaire n'est distincte de la charge de icier que jusqu'au vire siècle ; la bibliothè que avait son administrateur spécial. pape Grégoire II fut d'abord sous-diacre et sacrisensuite bibliothécaire, enfin diacre, d'où il s'éleva sur le Siège apostoli que !, Le premier titre formel de Pibliothecarius S. Sedis apostolicæ, parait sous le ape Paschal Ir, en 8172, La charge de bibliothécaire que nous voyons exercée mr des évêques, des abbés, des hommes considérab les à l'épo que du moyen âge, avait une importance considé- » qui expli que la nécessité de la confier à des peres de confiance et incorruptib les, Hincmar orte que Félix d'Urgel avait corrompu un je une othécaire de Charlemagne, à Aix-la-Chapelle, afin uvoir avec sa connivence altérer le texte d'un maou du moins la responsabilité des traductions el les, principalement la traduction des actes concilaires, ou encore la collation des copies avec les orifin aux ; le choix se trouvait nécessairement restreint puisqu'il ne pouvait se porter que sur un homme consant parfaitement le latin et le grec, Il devait en » exercer une surveillance contre un danger que aient les livres et qui nous est signalé par le ca68 du concile in Trullo : Nulli ex omnibus ne Veteris et Novi Testamenti librum nec sanctoum sed exiniorum præconum et doctorum corrunvel conscindere vel librorum cauponatoribus onanmaos, vel iis, qui dicitur Ungentarii, vel aliali ex omnibus ad eum perdendum tradere, — Biélioxanthous hic canon, inquit Zonaras, non vocat 08 qui libros vendunt, sed qui eos delent, vel aliter
H. LECLERC.
Lu Iine faut pas étre surpris que la charge du bibliothé » | ues et on n'éprouvait pas la nécessité d'instibuntur libris ad ea, quæ iis continentur perdenda et |
BIBLIOTHÉCAIRE — BIBLIOTHÈQUES 849
BIBLIOTHÈQUES. — I. Différents sens du mot IT. Bibliothèques du monde grec. IL Bibliothèques du monde latin. IV, Origines chrétiennes. V, Au nr siècle. VI. Destruction des bibliothèques sous Dioclétien. VII. Réfection des bibliothèques après la paix de l'Église, VII, La bibliothè que apostoli que. IX. Bibliothè que du Latran : 1° Emplacement, 2 Catalogue, 3% Classement, À. Bibliothèques privées. XI. Bibliothèques d'Espagne. XIE Bibliothè que de Vivarium, XIIL Bibliothèques d'Egypte. XIV. Bibliothèques d'Angleterre et autres, — À V. Aménagement : 1° Bibliothèques paiennes, 2 Bibliothèques chrétiennes. XVI Classement, XVIL Catalogues. XVIII. Bibliographie.
[. DIFFÉRENTS SENS DU MOT. — Les anciens appliquaient, comme de nos jours, le terme de bibliothè que, aussi bien au local dans lequel on conserve les livres qu'à la collection de ces livres mêmes, L'étymologie ne fait auc une difficulté : Biétobren vient de Biéiloy, livre, et de Grxr, collre, boîte. On trouve le mot employé couramment par les auteurs profanes et dans la version dite des Seplante 3, On le rencontre également chez les plus anciens parmi les Pères apostoliques : Justin le | martyr * et Théophile d'Antioche 5, enfin chez les byzantins, Quant aux latins, ils se sont contentés d'emprunter le mot aux grecs et l'ont employé avec une telle fréquence qu'on ne peut songer à entrer dans la voie des citations. Ce qui n'est pas douteux, c'est le sens double attribué au mot bibliotheca puis que, au témoignage de Festus : Bibliothecæ et apud Græcos et apud nos Lam librorum magnus per se numerus, quan lacus ipse, in quo libri collocati sunt, appellanturT, Le terme a même été étendu à l'armoire ou au coffre dans lequel on pose les livrés $ : Bibliothecæ parietibus inhærentes. On ne s'est pas arrêté là et on a donné lé nom de « bibliothè que » à un ouvrage composé de plusieurs livres : Diadorum, græcorum scriptorem, historiam suam £ :- Ghobrunv inscripsisse %. Saint Jérôme confirme cetle observation : Polybius et Diodorus, dit-il, qui bibliothecarum scribunt historias (il a voulu écrire : bibliothecas seribunt historiarum) narrant 1, Et c'est dans le méme sens que le mot bibliotheca fut appliqué, par les écrivains ecclésiastiques, à l'Écriture sainte : Pamphilus, nous dit encore saint Jérôme, tanto bibliothécae divinæ amore flagravit ut mamimam parlem Origenis voluminum sua manu descripserit M ; et ailleurs : et quoniam, largiente Domino, sacræ bibliothecæ codicibus abundantes, elc. ! ? ; enfin saint Avit, de Vienne, désigne l'Ancien et le Nouveau Testament sous le nom utram que bibliothecam 13, Ce sens s'est conservé pendant toute la période qui fait l'objet de nos recherches. Une charte relative à l'abbaye de SaintMaur-sur-Loire, datée de l'année 843, mentionne : denum autem confirmat bibliotheca Veteris ac Novi Le ———
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| Sérapéum. Enfin une même bibliothè que, telle | celle des Ptolémées, n'était pa Testamenti, tandis que Paul de Mérida dans les très précieux Gesta episcoporunt emerilensium, nous dit : infra paucorunt curricula annorum omme officium ecclesiasticur omnem que bibliothecan scriplturaruna divinarum perfectissima docuit ?.
Ainsi qu'on devait s'y attendre bibliothèque finit par prendre une acception mystique : Committi non potest ! caducis et corruptibilibus instrumentis æternum et cæleste secretum, sed in ipsa arca animæ, in ipsa bibliotheca interni spiritus est locandum, écrit saint Pierre Chrysologue*, et saint Jérôme n'est pas en reste | avec lui puisqu'il mentionne que : lectione assidua et meditatione diuturna pectus suum bibliothecam fecerat Christi, La traduction des homélies d'Origène sur la Genèse, par Rufin, nous fait lire : ædificat et bibliothecam, ut illa dicam, intra se divini conservat verbi ; enfin, c'est du même tour d'idées que relève cette phrase de
Le mot Bibliotheca servait en Orient, et notamment en Égypte, à désigner les dépôts d'archives synthagmatiques et municipales pour lesquels on s'attendrait plutôt à rencontrer apytion, apyeta, Haprotoukerev, YOXLUATIBU— xäuvov. Ces dépôts d'archives fonctionnaient en Égypte à partir du 1er siècle de notre ère. Nous trouvons dans un papyrus une expression digne de remarque : rapéyev tn Bibliobens xabzpxy ; celle expression est employée par le vendeur d'une parcelle de jardin d'oliviers : *Ev & pwvi (mois de Phamenoth) ravæynov rupétar ue cnv Bibliobuns xabuphv al <ù ia Gpyix arébev. La même phrase contient pour désigner le dépôt où sont les pièces nécessaires à la vente, les mots Biblioben et Goya (pour agyeta) d'où sortiront plus tard les mots bibliothèque et archives.
La grande entreprise du cadastre de l'empire commencée sous Auguste et continuée par ses successeurs favorisa et développa l'institution des dépôts d'archives dans les chefs-lieux de circonscription administrative désignés sous les noms de ênuosta Bibliosfer *, nom qui s'appliquait également aux dépôts d'ouvrages littéraires et scientifiques. À mesure que le nom de « bibliothèque » se spécialisa et prévalut exclusivement pour désigner les établissements étrangers à l'administration, le nom d' « archives » s'appliqua plus spécialement aux établissements qui contiennent des documents anciens et modernes en grande partie originaux.
Mais cette distinction est très postérieure à l'époque à laquelle se limitent nos recherches, Ainsi, une même ville pouvait posséder plusieurs bibliothèques, par exemple Alexandrie qui, outre sa | énuogia Butobnen, avait l'établissement du Musée et du | Sérapéum avec des acceptions diverses, Désormais nous [la membrana et près de lui une ciste à deux poignées | d'Euthydème, ce ne sont pas là, à ce qu'il semble, des
bibliothèques, et Smyrne% possédaient la leur ; au siècle suivant une bibliothèque importante que le consul ST it le singulier : £ pesé Brédrobéer 10, on emploie le pluriel ! ce qui marquait non les « bibliothèques de la même ville, mais les témoins distincts d'un unique dépôt !*, | Nous aurons l'occasion d'énumérer, au cours de notre travail, plusieurs textes mentionnant le terme bibliothèque ; nous accorderons notre attention aux bibliothèques publiques et privées, réservant à d'autres dissertations ce qui a trait à la fabrication et à la composition des
livres. C'est d'ailleurs le sens le plus ordinaire du mot bibliotheca que celui de librairie accessible au public. Nous pourrions en donner un grand nombre d'exemples même en nous bornant aux seuls écrivains chrétiens 1%, Dans le manuscrit de la Regula pastoralis de Grégoire, conservé à Sainte-Marie-Majeure (1er siècle) le frontispice représente saint tenant en main un livre | sur laquelle on lit : PIBLIOTHECA (fig. 1551) 14 est la capsa dont les anciens faisaient usage pour les rouleaux de livres.
ture, qu'ils firent traduire en latin 11, enfin Lucullus rapporta de ses guerres d'Asie la bibliothèque qui fit son apparition assez tard. Quand les Romains s'emparèrent de Carthage, ils y trouvèrent des livres qui ne leur semblèrent bons qu'à être partagés entre les chefs des peuples africains ; ils exceptèrent seulement vingt-huit volumes de Magon sur l'agriculture. Au siècle avant notre ère, l'existence des bibliothèques municipales semble certaine, car Polybe écrit que l'on peut se livrer sans péril ni peine aux recherches qui demandent des livres, « à condition qu'on se trouve dans une ville bien pourvue de documents, où qu'on ait une bibliothèque dans son voisinage ». Ce n'étaient pas encore des bibliothèques publiques ; mais il était visible qu'on s'y acheminait. Les grandes collections de livres commençaient à devenir moins rares à Rome. Après Paul-Émile, qui y rapporta la bibliothèque de Persée, ce fut Sylla qui ramena celle d'Apellicon de Téos, enlevée à Athènes, des rois du Pont, dont il orna sa villa de Tusculum, qu'il augmenta sans cesse et dont il ouvrit l'accès aux savants et aux littérateurs. Atticus avait une riche bibliothèque, toujours ouverte à son ami Cicéron, et probablement à bien d'autres. Cicéron hérita de la sienne de Papirius Petus ; son frère Quintus et l'érudit Varron en possédaient de belles, ce n'était plus seulement à Rome, mais dans de petites villes italiennes qu'on était exposé à trouver une bibliothèque. Cicéron avait la sienne à Antium, et il trouvait à Cumæ celle de Sylla, venue des mains du fils de celui-ci.
César forma le projet de fonder à Rome une bibliothèque publique, projet dont il confia l'exécution à Varron ; mais il semble que ce plan n'ait pas été réalisé. Ce n'est que sous le règne d'Auguste qu'apparaissent à Rome les bibliothèques publiques. L'an 39 av. J.-C., Asinius Pollio avait fondé à Rome la première bibliothèque publique, dans l'atrium de la Liberté. Puis furent livrées successivement au public les bibliothèques à la fois grecques et latines du portique d'Octavie et du Palatin, l'une s'appelait Bibliotheca Octaviæ, l'autre Bibliotheca Apollinis ou Palatini. L'emplacement de la bibliothèque du Palatin demeure douteux, parce que l'emplacement du temple d'Apollon n'a pu être déterminé. Tout ce qu'on en peut dire, c'est qu'il était tout proche de la domus Augustana, ce qui rend vraisemblable l'opinion qui le place aujourd'hui dans la partie septentrionale de la villa Mills. L'incendie du temple d'Apollon, sous Commode, entraîna la destruction d'une partie de la bibliothèque ; un autre incendie, au VIe, n'en subsistait nulle trace, ce qui n'a pas empêché Jean de Salisbury, évêque de Chartres, en 1176, de répéter à deux reprises dans Polycraticus, seu de nugis curialium et vestigiis philosophorum, que le pape saint Grégoire le Grand, « pour venir à bout de l'hérésie, fit incendier la bibliothèque palatine ». Cette accusation ne paraît pas vraie, et elle est aujourd'hui généralement abandonnée. La bibliothèque Octavienne eut une durée éphémère. Elle brûla sous le règne de Titus ; elle n'avait pas duré un siècle entier. Lors des fouilles entreprises, en 1860, à proximité de San Angelo in Pescheria, l'archéologue Pellegrini releva les traces d'une salle de cette bibliothèque. Dédiée par Octavie à son neveu Marcellin, cette bibliothèque fut confiée à la direction du grammairien Mélissus, affranchi de Mécène. Il est moins assuré en ce qui concerne la bibliothèque Palatine. Le nom du grammairien Pompéius Lacer a été mis en avant, mais c'est plutôt Hyginus, affranchi d'Auguste, qui, d'après la notice de Suétone, fut directeur de la bibliothèque palatine. Juste-Lipse rapporte des inscriptions qui prouvent que la partie grecque et la partie latine de la bibliothèque avaient leur préposé particulier. L'une est l'épitaphe d'un certain S. Félix, directeur de la bibliothèque grecque palatine ; l'autre est l'épitaphe d'Antiochus, conservateur, sous Tibère, de la bibliothèque latine d'Apollon. Une autre inscription mentionne un Grec nommé Alcibiade qui exerçait les fonctions de conservateur de la bibliothèque pour les lettres latines. Ces bibliothécaires portent les noms de bibliothecarii, libarii, custodes, procuratores bibliothecæ ; ils appartenaient à la classe des esclaves ou des affranchis, à la catégorie des librarii. De Néron à Trajan, un rhéteur alexandrin fut directeur des bibliothèques de Rome. Sous Trajan, nous rencontrons à un certain VLPius Castoras Librarius ; sous Hadrien, C. Julius Vestinus, précepteur, ensuite secrétaire de l'empereur. Les successeurs d'Auguste se piquèrent de limiter à plusieurs détails de son administration. Tibère fondait une bibliothèque dans le palais même ; on a lieu de croire qu'il en fut de même sous Caligula, mais un incendie, survenu en 64, amena la ruine de ce qui existait.
Jusqu'à dire dans ses appartements. C'est du moins ce que rapporte Aulu-Gelle : « Apollinaire et moi, dit-il, nous réposions dans la bibliothèque de l'appartement de Tibère ; » Vopiscus ne s'exprime pas autrement quand il nous avertit qu'« il consulta les livres de la bibliothèque Ulpienne et ceux de l'appartement de Tibère ». La bibliotheca domus Tiberianæ se trouvait probablement sur le Palatin, et l'opinion récente qui cherche à l'identifier avec les scrinia præfecturæ urbanæ est d'autant moins recevable que ces scrinia étaient à bonne distance du Palatin, entre l'église de San Pietro in Vincoli et les Thermes de Trajan. Vespasien fonda une bibliothèque non loin du temple de la Paix, dédié par lui en l'année 75 de notre ère. L'emplacement de ce dépôt devait se trouver à peu de distance de l'église actuelle des Saints-Côme et Damien. Aulu-Gelle nous apprend qu'il avait « cherché, avec beaucoup d'application, le Commentaire de L. lius, qui fut le maître de Varron, et il l'avait trouvé dans la bibliothèque du temple de la Paix ». Galien parle de cette même bibliothèque dans son traité de la composition des médicaments. La bibliothèque Ulpia fut créée par l'empereur Trajan ; un traité un des habitués : « Je lis ces choses, dit-il, de gens dignes de foi, et je les ai lues et relues dans des ouvrages de la bibliothèque Ulpienne... Si vous ne me croyez pas, consultez les ouvrages grecs, ainsi que ceux qui sont écrits sur toile, vous en trouverez quand vous voudrez dans la bibliothèque Ulpienne ». Tandis que Aulu-Gelle désigne cette bibliothèque sous le nom de « bibliothèque du temple de Trajan », Vopiscus, qui en parle en quatre endroits différents, l'appelle toujours « bibliothèque Ulpienne », du nom d'Ulpia qui était celui de la gens de l'empereur. Il est vraisemblable qu'elle se trouvait à l'origine sur la place Trajane, d'où elle fut tirée, probablement sous Dioclétien, qui la logea dans les Thermes qui portaient son nom. Cette bibliothèque était divisée en deux parties, l'une latine, l'autre grecque. Elle s'est conservée mieux et plus longtemps que les autres, car il semble bien qu'elle arriva sans trop d'avaries jusqu'au Ve et même jusqu'au VIe, et, pendant la période du bas-empire, elle avait éclipsé toutes les bibliothèques de Rome.
Enfin, au Capitole, se voyait une importante bibliothèque. Sous Commode, nous apprend Eusèbe, le tonnerre tomba sur le Capitole, le feu prit à l'instant de tous côtés, et la bibliothèque et les maisons voisines furent la proie des flammes. Orose est plus discret : « La ville, dit-il, expie les crimes de l'empereur ; le Capitole est frappé de la foudre ; le feu dévore la bibliothèque qui avait coûté tant de peines et tant de soins aux savants ; les maisons voisines ne sont bientôt plus que des monceaux de cendres ». Qui avait créé cette bibliothèque ? On n'a rien d'assuré sur ce point ; peut-être était-ce Domitien, au sujet duquel nous lisons dans Suétone qu'« il fit, à grands frais, relever les bibliothèques qui avaient été incendiées, et, à cet effet, il envoya de tous côtés des savants pour chercher des livres, et surtout à Alexandrie ; quand on ne put pas se procurer les originaux, on les copia et on les corrigea ». Nous ne compterons pas au nombre des bibliothèques de Rome celle dont quelques auteurs ont pensé découvrir la mention dans les Mirabilia Romæ, et qui se trouvait juxta arcum septem lucernarum. Cet arc n'était autre que l'arc de Titus, sur les bas-reliefs duquel se voyait le chandelier à sept branches. À peu de distance de cet arc de triomphe s'élevait, au moyen âge, la turris cartularia, laquelle renfermait, vers la fin du XIe et au XIIe, les documents administratifs de l'Église romaine. Rien ne permet d'induire, ni même de supposer que l'on se trouvait dans les locaux ou sur l'emplacement d'une ancienne bibliothèque.
Tandis que le nombre des bibliothèques à Rome allait croissant, l'Italie voyait se multiplier les dépôts publics de livres. Aulu-Gelle cite les bibliothèques de Tibur et de Patras. Une lettre de Pline le Jeune et une inscription de Milan constatent qu'il avait créé une bibliothèque dans son municipe de Côme et doté celle qui existait déjà à Milan de 100 000 sesterces (environ). Ces collections publiques excitaient le zèle des particuliers ; les bibliothèques privées devenaient une manie, un agiotage et un ridicule, car les riches Romains avaient désormais des collections de livres dans leurs maisons de campagne. Un certain Épaphrodite de Chéronée possédait 30 000 volumes. Sammonieus Sérénus en eut jusqu'à 62 000. Les illettrés n'étaient pas les moins âpres à accroître leur collection. Sénèque se plaint non « de la passion qu'on montre pour les livres, mais de ce qu'on transforme les bibliothèques en objets de parade ». Il arrive donc que beaucoup d'ignorants ont des livres, non pour s'instruire, mais pour décorer leur salle à manger... On voit chez les oisifs des bibliothèques inutiles, très volumineuses, où se trouve tout ce que l'on peut désirer dans le genre de l'éloquence et de l'histoire. Enfin, une maison manquerait d'un meuble nécessaire si l'on n'y voyait une bibliothèque dans une salle de bains. La bibliothèque était devenue assez importante pour qu'un législateur eût à prévenir les litiges à son propos : « Damnum legati, écrit le jurisconsulte Paul, comprehendit libros et bibliothecas, quæ in eo fundo sunt ». On s'est demandé quelle avait pu être la destination primitive d'une vaste construction antique, dont la partie méridionale touche la petite église ou l'oratoire de Santa Maria Antiqua, au forum. D'après les rapports aux bâtiments du Palatin et voisin d'un édicule décoré d'une statue de Minerve, où étaient suspendues et exposées les tabulæ honestæ missionis accordées aux vétérans, et auparavant sur le Capitole. Jusqu'en l'année 298, les tabulæ furent posées : Romæ in muro post templum divi Augusti et Minervam ; telle était la destination de cette construction retrouvée ; selon toute vraisemblance, c'était la bibliotheca publica, fondée par Livie, à proximité du temple d'Auguste. Cette bibliothèque se composait de trois salles rectangulaires posées sur le même alignement. La salle située le plus au sud et aussi la plus voisine du palais de Caligula devint l'église de Sancta Maria Antiqua, divisée en trois nefs et pourvue d'une abside ; par devant se voyait un grand atrium à portiques, jadis la deuxième salle de la bibliothèque ; enfin venait la salle la plus au nord, celle-ci pourvue d'une piscine. Chacune de ces salles communiquait autrefois avec le temple d'Apollon, et successivement elles devinrent ainsi propriété ecclésiastique. La cession qui en fut faite à l'Église de Rome s'explique aisément par le fait que, dès le règne de Dioclétien, le local dont nous parlons cessa de recevoir les tabulæ honestæ missionis, et qu'à partir du Ve, les bibliothèques publiques de Rome, à l'exception de la bibliothèque Ulpienne, perdirent toute importance ; c'est ce que nous voyons dans le texte d'Ammien Marcellin : « bibliothecis septa et clausa perpetuo ».
A ces bibliothèques romaines païennes ajoutons ce que les fouilles de 1884 ont fait reconnaître l'église San Martino-dei-Monti et peut-être au grande salle découverte sous l'église des Santi Giovanni e Paolo au mont Cœlius. On y voit des peintures sur les parois dans lesquelles on a découvert des apôtres, mais le rouleau que chacun d'eux tient à la main montre assez qu'ils figuraient des philosophes et des écrivains.
Le document intitulé Notitia, Curiosum, et A, contemporain de Constantin, nous donne la description des quatorze régions de Rome, mentionne dans la ville l'existence de vingt-huit bibliothèques.
“H, Grisar, Storia di Roma e de’ papi nel medio evo” BIBLIOTHÈQUES 854 Hbliothecæ (N) XXVIII. Il ne s'agit évidemment que de l'autorité de l'Évangile et des Épîtres, n'acceptant que des collegia. Comme le document que nous donne des renseignements empruntés à des listes anciennes, il faut supposer qu'entre ce nombre 28 et les bibliothèques que nous avons énumérées, s'en trouvent quelques-unes antérieures au 1er siècle.
IV. ORIGINES CHRÉTIENNES. — L'histoire des bibliothèques chrétiennes ne nous est pas connue pour la période primitive du christianisme. Le fait le plus ancien, qui n'était pas légendaire, serait celui que nous a conservé un apocryphe copte contenant le récit des occupations de Denys l'Aréopagite le jour du crucifiement du Christ. Denys se trouvait à Baalbek, « et moi, raconte-t-il, je marquai le jour et la lune et le mois et les heures. Alors, du reste, je quittai Péluse et je vins à Athènes, mais j'apportai avec moi le livre ; je le scellai avec mon anneau et je le déposai à la bibliothèque des Athéniens, le gardant pour les générations à venir. » Sur ces entrefaites, l'apôtre Paul vint à Athènes et il donna le jour et l'heure du séjour. « Et aussitôt j'envoyai Asklépios, mon compagnon, qui m'accompagnait. Il alla et me rapporta de la bibliothèque des Athéniens le livre scellé ! » Saint Paul se montra plusieurs de ceux qui s'étaient adonnés aux rités ; ne s'appliquait qu'à certaines catégories de personnes, puisque l'apôtre recommande la lecture à Timothée, son disciple. Sélection redoutable néanmoins et mal interprétée, deviendra préjudiciable au développement de l'humanité. L'autodafé d'Éphèse justifiera des mesures non moins radicales et peut-être moins justifiées qui priveront le christianisme d'une partie de son propre héritage littéraire condamné à périr sous des prétextes divers et parfois mesquins. - Nous pouvons entrevoir dans une épître de saint Ignace d'Antioche aux Philadelphiens les bibliothèques chrétiennes embryonnaires : « Ilapaxadu dE Uuäs unôss » énllerxv moéoœuv, dk arx yororouabiav. « Ensi GA vivuv Jeyévrwv, bre, Éav pin év toïs &pyelotc tÜpuo, to sdayyehlw, où rigtede #ut héyourés pou aûtotc, Ori at, anexgiünady pot, dre moduerras. 'Euol &E àcéœrv Tnoous Kprorés, tà enra apyeix d araupos laura, dv oc Hélas év TH rposeuyf du@y Graver À, « Je vous supplie de ne pas agir avec jalousie, mais après la doctrine du Christ, Ayant ouï dire par certains : « Si je ne trouve cela dans l'archive, c'est-à-dire dans l'évangile, je ne puis croire, » j'ai répondu que cela est néanmoins écrit. « Voilà, disaient-ils, ce qu'il faudrait démontrer +. Mon archive c'est Jésus-Christ, et la foi en lui... » ’Agystx ne désigne pas seulement les livres, les rouleaux, mais le local dans lequel les conserve Év6x at ruéatut sästar améxeivras. On voit que les adversaires d'Ignace refusaient d'accepter des dépôts publiés ou semi-publiés, c'est-à-dire les livres que nous nommons et transcrivons sans expliquer.
Ivre que j'avais manifesté dans une autre circonstance de sa vie une extrême rigueur pour les livres. Pendant son séjour à Smyrne, les chrétiens apportèrent leurs livres et les brûlèrent devant tout le monde ; et le prix fut supputé, l'on trouva qu'il montait à cinquante mille deniers. Mais celle D mat à favaros aout À dvéorauts aûtoD mat À Rictes À archive intacte c'est sa croix, sa mort, sa résurrection, les livres des Juifs conservés dans les archives des synagogues, archives réduites à un petit nombre de rouleaux, mais auxquelles on appliquait ce nom d'apystov si commun dans les cités grecques. La synagogue d'Hammam-Lif, sur la côte d'Afrique, à peu de distance de Carthage, comprenait un réduit destiné aux livres et auquel nous pouvons donner le nom de bibliothèque.
On peut supposer que les anciennes églises chrétiennes réservèrent d'abord une armoire, ensuite une chambre, pour la conservation des livres liturgiques et des documents relatifs à l'administration des communautés chrétiennes. Malheureusement, nous ne savons rien de précis qui sorte du domaine trop libre de la conjecture. Au Ve, le Liber pontificalis attribue au pape Clément, qui gouverna au 1er siècle, une institution dont le fonctionnement suffirait à prouver l'existence d'une bibliothèque bien organisée, mais si on ne peut tenir compte d'un renseignement anticipé de deux siècles environ, nous le transcrivons néanmoins : Notariis fidelibus ecclesiæ qui gestas martyrum sollicite el curiose unusquisque per regionem suam diligenter perquireret*. Ce que nous pouvons retenir de très bonne heure c'est un goût très général dans l'Église pour la conservation des livres et documents relatifs à chaque fraternité. Le Martyrium Clementis, qui veut se donner pour contemporain du pape martyr, attribue à celui-ci l'établissement d'une liste matricule des pauvres de toutes les régions de Rome : Enetôh roùs a l'Emarrov pÉyebva mévatas xar' Üvopua elyev vevpauuévous. Ici encore on anticipe sur la date probable de la constitution de cette matricule dont l'existence, dans l'Église de Rome, ne paraît pas antérieure au Ve. Un des plus anciens catalogues des Livres saints qui aient pu faire partie de la bibliothèque épiscopale de Rome est assurément le célèbre « canon de Muratori ». Vers le même temps, cette bibliothèque aura dû recevoir un exemplaire du « Pasteur d'Hermas, frère du pape Pie Ier, vers l'an 150. Nous verrons plus loin ce qu'est devenue au IIIe cette bibliothèque romaine qui parait s'être accrue assez rapidement. Nous ne pouvons nous spécialiser dans l'Église de Rome. D'ailleurs, deux indications utiles nous viennent l'une d'Asie, l'autre de Lyon. Le copiste du Martyrium S. Polycarpi nous avertit de l'origine du manuscrit dont il fait usage : Taüra uereypayate pèv l'aios ec v@v Etpnvaios, palncos 70ù Iloïuxdemov ; ce wat auveroiresoaro s@ Elpnvalw. »Eyi ôs Euwxparre 1 Kopivü x rôv F'aiou avrcypäguwv Éypaa. « Caius a transcrit ce qu'on vient de lire d'après le manuscrit d'Irénée, le disciple de Polycarpe, lequel Irénée est connu de Caius et s'est entretenu avec lui. Moi Socrates, j'ai transcrit à Corinthe d'après l'exemplaire de Caius ». La date de cette transcription n'est pas connue, mais ce n'était pas la dernière, car l'exemplaire de Socrate passa aux mains de Pionius qui jugea bon d'en tirer une nouvelle copie, vu l'état de fatigue de celle qu'il avait sous les yeux : éyw à mx Hiévios x rod poyeypaguévou Éypabx avabnrfians UTA auya® vavdv aûra Hôn ayeûov êx To YPÉVUU HERHNEOTES.
Le second fait que nous voulons noter concerne
saint Irénée. Nous savons par Eusèbe que l'évêque de Lyon avait composé sous le titre de Ilepi éyéotôos un écrit contre la doctrine de Valentin. À la fin de ce livre on lisait ceci : “Opxile ce, Toy ueraypadéuevoy tû Btéxtov roûro, tarà 705 Kuplou uv Too Xovrro0 tut xaTà TRE ÉvädEou rapousins arod, Me Épyetat mxpivaxt favras al Ve pode, tva avr ns b ereypabu, aa HATOEGuns auto, rpôs avrfypagor roûro, fev mereypdipu, Émipelde, mat Toy pkov dolwe uereypa ne, ta Oroers dv <@ avreypiout. « J'adjure celui qui transcrira ce livre, par. de collationner son travail et de corriger soigneusement sa copie sur l'original et de transcrire le présent avertissement, » V. Au mi SIÈCLE. — Avec le re siècle, les indications relatives aux bibliothèques deviennent plus nombreuses et surtout plus précises. On entrevoit sans pouvoir distinguer très nettement un ensemble administralif comprenant différents servi ces : bibliothéque, archive, scrinium, ele. Dès l'an 212, l'existence d'une bibliothèque chrétienne, ou, si l'on préfére, d'un dépôt de textes relatifs à l'histoire et à l'administration du christianisme, est attestée clairement à Jérusalem ?. Les Églises d'Afrique ont également de très bonne heure leurs archives constituées, Grâce aux renseignements fournis par Tertullien, nous pouvons nous faire une idée du contenu des archives de l'Église de Carthage. C'est d'abord les registres, census ?, ‘indispensables au bon gouvernement d'une communauté nombreuse, Ce terme s'applique à des catalogues, des inventaires, des statistiques, des livres de compte, Certainement, dans le nombre, se trouvait une liste officielle de tous les membres de l’église locale, liste disposée par classes d'après l'ordre hiérarchique ordines ecclesiastici* : en tête, ceux que leur caractère sépare de la foule, les clercs, dans l'ordre de préséance, orda sacerdotalis, évêques, prêtres, diacres, lecteurs et ministres inférieurs, ensuite les laïques, laici, plebs 6, Une autre liste — que nous rencontrons dans les principales et les plus anciennes églises ? — est l'ordo episcoporum$, c'est-à-dire la liste des évêques qui se sont succédé depuis la fondation du siège. À cette première série s'ajoutait celle des livres indispensables à la célébration du culte et déposés entre les mains des lecteurs. Ces livres saints ne sont pas toujours au complet parce que le canon officiel des églises varie alors beaucoup et, jusqu'à une date tardive, de quo allectio flat in clerum ?.… De ecclesiasticis ordinibus | plète faute de pouvoir se procurer, par ‘achat ou silentium. — ‘#Tertullien, Adversus Marcionem, LV, FA ke on rencontre des églises pourvues d'une Bible re traire puis que, vers le milieu du mr siècle, l'aute : _ De rebaptismate, dont le témoignage ne nous : échange, tous les livres de l'Ancien et du Nouveau Testament. Mais à ces livres de l'écriture sainte ajoute alors arbitrairement quelques écrits non pirés qui, à la faveur du succès dont ils jouissent, prennent place dans le divinuni instru ni Tertullien nous apprend que Le Pasteur d'Hermas à pas obtenu d'être inséré au canon officiel et que tous les conciles l'ont classé parmi les apocryphes ?. | nombreuse que la bibliothèque canonique avoir élé la bibliothèque liturgique dont les attestations sont si rares que d'éminents liturgistes, tels que P. Lebrun, ont enseigné que les formules liturgiques se transmettaient de mémoire. Nous croyons le guère de Carthage, atteste l'existence d'une | baptismale écrite 9, En outre, on possédait une des décisions des anciens conciles : c'est ainsi saint Cyprien peut invoquer l'autorité de canons © déclare fort anciens, par exemple au sujet de la dégation de tutelle à un clerc !! et à propos de la F dure pour le baptême des hérétiques 12, À ces documents venaient se joindre ceux qui concernent l'histoire de l'Église locale. Tandis que la communauté catholique de Carthage conservait la pr ; autographe de l'hérétique Praxéas 1% au temps désavouait l'erreur qu'il préchait maintenant, la communauté montaniste possédait des recueils de p ties, de visions, de prières improvisées nr extatiques 1, Cette collection se grossissait de jour en jour des procès-verbaux, relations, récits, qu'on jugeait à propos d'y joindre t3, Ont également fait partie de l'archive épiscopale, k calendrier ecclésiastique et les documents variés, : usage si délicat, qui relèvent du comput. Le calendrier de Carthage nous a été conservé en f on peut constater qu'il a été-formé d'un fond prétendu par des additions successives 16, Dès le ten persécutions, Carthage avait son calendrier, Fasti 1, tenu à jour avec le plus grand soin. Saint Cyprien s'en servait comme d'une source historique pour y tr l'indication de martyrs presque ignorés, anté d'un demi-siècle 18, Les calendriers avaient deux ee principales conservées également dans la bibliothèque — 1 Anonyme, De rebaptismate, ©, x, P. Le. I est amentia, si qua linguæ interpretatio acesitt etiam mihi mulierem apud se prophetasse éxilits suis 8 oribus feminis magnificam : si hæwc omnia per proferuntur, — Tertullien, De anima, n. 1x, P. L, col, 700 sq. : Forte nescio quid de anima disserueramus, ea soror an spiritu esset. Post transacta solemnia di plebe, quo non solet nobis renuntiare quæ vederit na diligentissime digeruntur ut etiam probentur) : RES inquit, ostensa est mihi anime corporaliter, — « E Acta martyrum sincera, in-4, Amstelædami, 1713, p. GE De Rossi-Duchésne, Martyrologium hierongmiantum, À de l'église : la depositio episcoporum ou lisle des évêques locaux accompagnée de la date de la mort ou de l'inhumation de chacun d'eux ; les depositiones martyrum connues d'après le même type étaccueillant tous les mar- + les Acta martyrum et les Passions, récits ou s-verb aux des souffrances et de la confession des rs, Dès le 16 siècle, on rédige en Afrique des is où homélies martyrologiques, sortes de cata-, dont on prenait grand soin. Saint Cyprien écrit cleres : « Notez sur la liste les jours où meurent confesseurs, pour que nous puissions célébrer leur versaire du milieu des tombeaux des martyrs !, » l'Église de Carthage est incontestablement favorisée entre toutes les Églises chrétiennes du début du III siècle. Pour aucune d'elles nous ne serions en état de reconstituer les divisions principales de l'archive épiscopale telles que nous venons de les indiquer.. [1 semble que certaines ressemblances indéniables existent entre les bibliothèques chrétiennes et les bibliothèques païennes. Celles-ci avoisinaient d'ordinaire les temples, de même les premières étaient souvent établies dans l'atrium des églises, ce qui avait le double avantage de mettre les livres sous la protection de Dieu et des saints et à proximité des habitations des clercs, les seuls qui étudiassent, Pendant les accalmies des persécutions nous voyons la bibliothèque fondée par Alexandre de Jérusalem, 212-251, se développer considérablement grâce aux soins des évêques de celle-ci et devenir le noyau de la bibliothèque du Saint-Siège à l'aide de circonstances qui lui valurent d'être épargnée pendant les destructions méthodiques | pe tion de Dioclétien ?, La bibliothèque de Césarée de Palestine, fondée par Pamphile, comptait 000 rouleaux #, D'autres villes de Palestine n'étaient entièrement dépourvues de livres et Origène, exilé à Alexandrie, trouvait, en passant d'un lieu à un autre, les principaux éléments indispensables à ses études 5, C'est ainsi qu'il consulte la version d'Aquila à Césarée, près d'Actium dans l'Épire ; la version de Theodotion en une autre localité qui n'est pas nommée, Exp rouès rérm ; la version de Symmaque à Jéricho$ ainsi qu'un autre exemplaire de la version d'Aquila ; enfin celle de Théodotion à Nicopolis 7, Ces bibliothèques de Palestine, principalement celle de Césarée, ont fourni à l'historien Eusèbe les principaux matériels de ses ouvrages. Il a fait de longs emprunts aux écrivains les plus anciens dont les œuvres ne nous sont parfois connues que par les fragments qu'il a jugé bon d'en extraire. Le soin avec lequel xGr, col, 1590, — 1 Ehrhardt, Die griechische Patriar + étaient copiés les livres rassemblés par Pamphile est tout à la fois une garantie pour l'historien et un témoignage pour l'archéologue en faveur des bibliothèques dont les matériels étaient réunis et vérifiés avec de si minutieuses précautions #.
Nous connaissons peu et mal la bibliothèque épiscopale de l'Église de Rome au IVe. Le scrinium pontifical est mentionné pour la première fois dans la notice du pape Antéros, du Liber pontificalis : Hic gestas martyrum « nolartiis exquisivit el in ecclesia recondit, propter quodan : Maximino presbytero (qui) martyrio coronatus est %. Quel était ce prêtre Maxime ou Maximin qui lut, sous Antéros, mis à mort et dont le supplice fut l'occasion d'une si importante mesure ? Les faits relatifs à la persécution de Maximin enregistrés par le Liber pontificalis sont empruntés à une source digne de créance ‘et l'auteur attribue le même décret à Fabien, successeur d'Antéros !!, Pour se faire une idée des livres rassemblés et mis à la disposition du clergé romain, nous n'avons d'autre indice que les citations prodiguées à pleines mains par Hippolyte dans ceux de ses ouvrages qui ont été retrouvés et dans les Philosophumena qu'on lui attribue. Mais une telle recherche demanderait une discussion trop étendue pour trouver place ici. Ces mêmes Philosophumena nous apprennent que Praxéas l'hérétique était venu à Rome sous le pontificat de Zéphyrin et il est fort probable qu'on y gardait quel que document faisant foi de son passage ainsi qu'on le faisait à Carthage 1#, Nous savons qu'Origène avait écrit au pape Fabien une lettre d'excuses qui devait être gardée dans l'archive : Origenes in epistola, quam scribit ad Fabianum Romanæ urbis episcopum, pænitentiam agit talia scripserit nous apprend saint Jérôme t* et Rufin dit à peu près dans les mêmes termes : Origenes pro dictis pænituit libello pænitentiæ ad Fabianum t une Urbis Romæ episcopum. dato 15, Un cas analogue pour Bachiarius, philosophe chrétien : Oblato libello de fide satisfecisse pontifici Urbis adversus quærulos et infamatores peregrinationis suæ 15. Un écrivain très sincère a ajouté, vers le milieu du IVe, une rapide chronique aux Fasti romanorum pontificum el il a imaginé de réunir la charge de prendre soin des cimetières à celle des diaconies fondées par Fabien 17, Trois siècles plus tard, le rédacteur du Liber pontificalis a interpolé les paroles de ce chroniqueur en ajoutant la mention, tirée on ne sait d'où, de sous-diacres et de notaires, Quoi qu'il en soit, il ne subsiste rien des actes qui auront été rédigés à Rome depuis Antéros et Fabien 859 jusqu'à la persécution de Dioclétien. Rien non plus des circulaires ou encycliques annonçant la mort des papes, la vacance du siège, l'élection du successeur. sur le modèle du document que nous savons avoir été adressé à Saint Cyprien à l'occasion de la mort du pape Fabien et de celle du pape Xyste IL La seule pièce qui semble avoir échappé au brasier c'est le martyre de Justin l'apologiste. Le reste fut misérablement détruit et les efforts tentés pour reconstituer la bibliothèque, au moins en ce qui concerne les récits martyrologiques, n'offraient guère de garantie, à preuve le discrédit que le décret dit de Gélase jette sur cette littérature ? et la pauvreté du fonds hagiographique romain jusqu'au temps de saint Grégoire Ier®,
VI. DESTRUCTION DES BIBLIOTHÈQUES Sous Dioclétien. — La persécution de Dioclétien marque le début du IVe et l'un des plus irréparables désastres qui pussent atteindre le christianisme. L'édit de persécution portait que les édifices du culte chrétien devaient être abattus, les livres sacrés qu'ils contenaient ou qui étaient en dépôt dans les maisons des clercs et des fidèles devaient être jetés au feu : rxç GE papas dpaveis rupt yevéaas ?. L'édit fut appliqué avec plus ou moins de rigueur suivant les provinces. En Italie, en Afrique, en Espagne, on fut sans pitié. Dans ce dernier pays, nous entendons le poète Prudence qui montre les soldats pillant les livres sacrés, et attribue, à la destruction de documents qui eut lieu alors, l'oubli où tomba la mémoire des anciens martyrs, Les bibliothèques de Jérusalem et de Césarée échappèrent, nous l'avons dit, 11 n'en fut pas ainsi à Rome où l'on est en droit de supposer que la bibliothèque devait être abondamment pourvue ainsi qu'il convenait à une Église opulente et, de tous temps, un peu paperassière. Mais nous manquons de détails sur ce qui s'y passa, ou pour mieux dire, les seuls détails que nous possédons découlent d'une source suspecte, S'il faut en croire un document rédigé un siècle après les événements par des adversaires avérés, les donatistes, pour les besoins de la polémique, il + aurait eu à Rome de nombreux « traditeurs » des Livres saints 6. Deux seulement sont désignés par leurs noms : Stralton et Cassien ?, Quant à l'accusation de tradition des livres saints par le pape Marcellin et ses prêtres Miltiade, Marcel et Silvestre on ne peut l'appuyer d'aucune pièce incontestable, et saint Augustin la repousse comme dénuée de preuves.
Nous avons raconté ailleurs les efforts surhumains des chrétiens de Rome ; car, ainsi que le remarque saint Au- |
BIBLIOTHÈQUES
sépultures vénérées des catacombes, Apparemm | plus complète et plus systématique LLA | 4800, 1, 1v, pe 484485. — »L'expansion | tianienne témoigne dans Rome d'une sorte de timidité, T | qu'en Orient, les églises chrétiennes s'élèvent au centre n | des villes, 4vè sûmms rü ; eine (Eusèbe, Hist. eccl., 1. VI | à Rome presque toutes les églises titulaires tentées par Marcellin pour dérober aux PORN) cs suivant une très juste remarque 9, si la police réelle avait dû recourir à la trahison ou à la faiblesse pour se faire livrer les manuscrits, ce n'aurait été que dans quelques-unes des églises paroissiales ou titulaires, situées pour la plupart dans les quartiers excentriques de la ville ; les plus anciennes n'étant point distinguées par leur architecture comme les somptueuses églises de l'Orient, pouvaient être jusque-là demeurées inconnues à l'autorité civile 11, Mais celle-ci avait entre des rapports officiels avec le chef de la communauté chrétienne : elle connaissait, à n'en pas douter, l'existence des archives et de la bibliothèque pontificale, situées dans un des lieux les plus fréquentés de la ville, près du théâtre de Pompée et des écuries de la faction verte des jeux du cirque‘ ? Sans doute elle n'ut besoin d'aucun délateur pour s'emparer d' à déjà considérable à cette époque 3, et que sa : même n'avait pas dû de Ph he { PE ment. Le petit nombre des Actes, des documents écrits antérieurs au IVe qui nous soient restés d'un siège médiéval comme celui de Rome aux affaires de la chrétienté universelle, prouve que cette saisie eut lieu et montre que nulle part peut-être la destruction ne fut plus complète. En Afrique, les démons des bibliothèques chrétiennes fut poursuivie avec non moins de qu’ Rome. Le breux en Afrique ; les magistrats chargés de l'exécution des édits brûlèrent une multitude de volumes, principalement en Numidie 15. Ceux qui furent assez lâches pour livrer aux gens de police les livres réclamés reçurent ce nom infamant de « traditeurs » qui va se mêler aux troubles de l'église d'Afrique pendant plus d'un quart De. Parmi ces traditeurs, nous connaissons Purpurius, évêque de Limata, d'une moralité douteuse et prétendit trouver une excuse à sa action en disant que l'écriture du volume était, disait-il, presque effacée ; enfin Fundanus, évêque d'Abitène, « dont les livres furent jetés sur le bûcher au moment où, par une coïncidence inattendue, éclatait un orage qui éteignit la flamme$, Le procès-verbal de « tradition » de l'église et du clergé de Cirta (— Constantine) nous a conservé ultérieurement d'utiles renseignements. En voici quelques passages : 1 | on fut arrivé à la maison où s'assemblaient les chrétiens, Félix, flamine perpétuel, curateur, dit à l'évêque : « Apportez les Ecritures de votre loi, et “ra les écrits que vous avez ici, afin d'obéir aux ordres « des empereurs. » Paul, évêque, dit : « Ce sont les lecteurs qui ont les Ecritures : ce que nous avons ici, Dee le donnons, » Félix, flamine perpétuel, curateur, dit : « Montrez les lecteurs, ou les envoyez chercher, » l'évêque dit : « Vous les connaissez tous. » Félix, flamine perpétuel, curateur, dit : « Réservant les lecteurs, que nos officiers produiront, donnez ce que “vous avez. ».… On se rendit ensuite à la bibliothèque f, il été ouvert... Félix, flamine perpétuel, curateur, dit : « Id les Ecritures que vous possédez, afin d'obéir « aux ordres des empereurs, » Catulinus remit un très gros volume, Félix, flamine perpétuel, curateur, dit à Marcuclius et à Silvain : « Pour quoi n'avez-vous qu'un volume Apportez les Écritures que vous “ possédez. » Catulinus et Marcuclius dirent : « Nous « n'en avons pas plus, parce que nous sommes sous-diacres ; mais les lecteurs ont les volumes. » Félix, flamine perpétuel, curateur, dit à Marcuclius et Catulinus : « Montrez-nous les lecteurs. » Marcuclius et Catulinus uel, curateur, dit à celui-ci : « Donne les Écritures que tu possèdes, afin de montrer ton obéissance, » Il apporta quatre volumes. Et quand on fut à la maison de Félix le marbrier, celui-ci réunit cinq volumes. Quand on fut arrivé à celle de Victorin, il réunit huit volumes. Quand on fut arrivé à celle de Projectus, il réunit cinq gros volumes et deux petits. Et quand on fut arrivé à la maison du grammairien Victor, Félix, flamine perpétuel, curateur, lui dit : « Donne les Écritures « que tu as, afin de te montrer obéissant. » Le grammairien Victor offrit deux volumes et quatre cahiers... Quand on fut à la maison de Codéon, sa femme apporta »six volumes ?. Au total vingt-neuf volumes, » Dans d'autres villes le clergé tenta de sauver une partie de la bibliothèque, Marin, évêque d'Aquæ Thibitansæ, livra aux gens de police les archives de son église, mais sauva les livres #. Donat, évêque de Calame, sut profiter de l'ignorance ou de la complicité des enquêteurs pour leur faire emporter des ouvrages de médecine + et, grâce à ce subterfuge, sa bibliothèque fut sauvée. Cette conduite fut imitée par Mensurius, évêque de Carthage %, Celui-ci retira de la bibliothèque tous les livres de religion auxquels il substitua des ouvrages hérétiques. Les agents n'y regardant pas de très près emportèrent ce qu'on leur livrait de si rent de la méprise et la dénoncèrent au proconsul. Celui-ci, convaincu comme tout véritable administrateur, abstulisse at que servasse ; dimisisse anutem in s on trouva les armoires vides... Quand le téiciiaiun | dirent : « Nous ne savons où ils demeurent ».… Quand | F fut arrivé à la maison d'Eugène, Félix, flamine perpétuel, curateur, que l'administration ne se trompe ja mais, refusa de donner suite à cette affaire et d'autoriser des perquisitions dans la propre demeure de Mensurius où, disait-on, les Livres saints étaient cachés, Ainsi fut sauvée la bibliothèque de l'Église de Carthage : qui sait le nombre de documents d'un prix infini dont | nous sommes redevables à l'habileté de Mensurius et à la tolérance du proconsul.
Les procès intentés aux traditeurs après la paix de l'Église nous ont conservé ces détails et quelques autres. Tandis que Secundus, évêque de Tigisi, se tirait d'embarras en livrant des paperasses sans intérêt, chartas ejectas, inutiles, et en donnant aliqua æbola*, nous lisons que Alfius Cæcilianus, duumvir municipalis Autumnitanorum perrexit ad locum ubi (christiani) oraliones célèbrent consueti fuerant, inde cathedram tulit et epistolas salutatorias ?, et encore : epistolas salutatorias de basilica esse prolalass, Peut-être ne s'agit-il ici que de littéræ formatæ., On mentionne ailleurs des codices pretiosi et pretiosissimi.
Nous venons de voir les volumes confiés aux lecteurs. Cette mesure a pu sauver quelques livres, mais combien peu auront, après la paix de l'Église, rejoint la bibliothèque épiscopale ? À cette même époque, en Macédoine, plusieurs fidèles sont traduits à Thessalonique devant le gouverneur Dulcetius. Parmi ces fidèles se trouvaient des femmes, trois sœurs, Agape, Irène et Chionie, qui, l'année précédente, s'étaient enfuies dans les montagnes après avoir caché de nombreux manuscrits des Écritures. On lit dans l’interrogatoire : « N'y a-t-il pas chez vous quelques écrits des impies chrétiens, parchemins ou livres ? — Aucun, ceux qui sont aujourd'hui empereurs nous les ont tous enlevés. » L'interrogatoire d'Irène contient ce précieux passage : « Ton but impie se montre clairement en ce que tu as voulu conserver jusqu'à ce jour tant de parchemins, de livres, de tablettes, de volumes et de pages des Écritures appartenant aux impies chrétiens. Et maintenant qu'on me remette tous les livres cohés dans les coffres et les boîtes d'Irène, à seriniis et arculis. » Quelques exceptions locales ne peuvent empêcher de dire qu'en 303-304 les bibliothèques chrétiennes furent impitoyablement et irrémédiablement supprimées.
VII. RÉFECTION DES BIBLIOTHÈQUES APRÈS LA PAIX DE L'ÉGLISE. — « L'Église, après la tourmente, fit pourvoir à la réfection de ses archives dévastées. » La bibliothèque de Césarée de Palestine, fondée par Pamphile, épargnée on ne sait pour quoi ni comment, allait permettre à Eusèbe d'entreprendre des ouvrages historiques qui sont la seule compensation possible que les cachettes utilisées avaient endommagé certains manuscrits, puis que dans la deuxième moitié du IVe, l'évêque Euzoius dut faire transcrire sur parchemin les rouleaux de papyrus qui tombaient en pourriture. Peut-être une copie d'un des manuscrits ainsi désignés nous est-elle parvenue dans le ms. Vindobon. theol, gr. 29, du Xe. On y lit au fol. 446 : Eï£oros éricxonocs Ev cwpariors avevésaxco. Il est beaucoup plus douteux que nous ayons conservé un seul des cinquante exemplaires des Écritures commandés par Constantin après la paix de l'Église et destinés à réparer le vide des bibliothèques des églises.
En Afrique, la bibliothèque de l'église d'Hippone se reconstitua petit à petit ; l'épiscopat de saint Augustin fut particulièrement favorable. Les bibliothèques privées se formaient avec non moins d'application que les bibliothèques publiques. Hieronymus, quoique à Rome, avait cherché les écrivains ecclésiastiques du monde entier, et saint Jérôme nous parle lui-même avec complaisance de cette bibliothèque qu'il avait confectée à Rome avec un grand soin et un grand travail. Sidoine Apollinaire, de son côté, nous signale les bibliothèques de Ferréol, de Loup, et de Consentius, qui est, dit-il, thesauris bibliothecalibus large refertus.
Les conditions nouvelles de sécurité faites à l'Église par le revirement politique de l'an 313 eurent nécessairement leur retentissement sur les bibliothèques. En temps de paix, les livres furent déposés dans les églises. Les armoires affectées pour les contenir se dressaient de chaque côté du béma.
Il est probable qu'on a fréquemment utilisé les deux petits appartements, — ou l'un des deux — qui dans un grand nombre de basiliques du IVe et du Ve flanquaient l’abside. L'entretien et tout ce qui concerne la bibliothèque et l'archive étaient remis à la vigilance du diacre qui gérait les fonds, soldait les dépenses, entretenait les pauvres pourvus d'une patente officielle ; il était le véritable syndic de cette chère bibliothèque qu'il administrait de son mieux.
VIII. LA BIBLIOTHÈQUE APOSTOLIQUE. — À Rome, dès le IVe, les papes prirent un soin constant de reconstituer et d'enrichir la bibliothèque pontificale. Depuis la paix de l'Église, il nous faut descendre jusqu'au temps du pape Jules Ier (337-352) pour rencontrer la première mention du serinium sanctum. Il semble que, dès le IVe, chaque église de quelque importance possédait une bibliothèque et une archive, pour ne pas dire une et l'autre, sans que la distinction apparaisse bien nette entre l'une et l'autre.
L'archive et la bibliothèque, pendant la première moitié du IVe, et peut-être dès le temps de Constantin, semblent avoir été situées dans le voisinage du théâtre de Pompée, à très peu de distance de l'emplacement sur lequel le pape Damase une basilique dédiée à Saint Laurent. Cependant, dès le pontificat de Silvestre, le Latran, devenu résidence des papes et centre de l'administration ecclésiastique, possédait sa bibliothèque et son archive. Mais la première attestation qu'on rencontre de ce fait est dans le Liber diurnus, qui désigne l'archivum sanctæ Romanæ Ecclesiæ et le sacrum Lateranense scrinium comme un même rouage administratif.
Dès la deuxième moitié du IVe, sous Damase (366-384), nous pouvons admettre l'existence de deux dépôts pour les livres à Rome. Était-ce pour mieux classer ou pour éviter le remplacement, nous ne saurions le dire, pas plus que nous ne savons la véritable raison du choix de San Lorenzo, car la conjecture qui propose d'y voir la maison paternelle de Damase n'est pas même appuyée par l'ombre d'une preuve. Ce qui pourrait expliquer ce choix, c'est le long séjour du père de Damase à San Lorenzo en qualité d'exceptor (notarius), lector, levita, et le fait qu'il ait fait un toit nouveau et diverses décorations à l'extérieur de l'édifice, notamment des colonnes à droite et à gauche, lesquelles font supposer que c'était un portique. En réalité, l'église primitive de Saint-Laurent in Lucina était, par une rareté remarquable, pourvue de portiques de toutes parts, ainsi que le temple de Minerve à Pergame. Ces portiques servaient de bibliothèques, et Damase, en rebâtissant l'église, conserva cette inscription de l'abside qui nous apprend l'antiquité de saint Laurent en ce lieu et nous autorise à supposer que ladite inscription était posée sur la partie antérieure du portique, sur les propylées de la façade, devant l'entrée.
Entre le IVe et le Ve, on rencontre fréquemment des mentions de la bibliothèque pontificale, mais sans détermination de lieu. Tantôt on emploie le mot chartarium, tantôt scrinium, enfin bibliotheca et archivum. Saint Jérôme y renvoie un de ses contradicteurs pour vérifier les pièces douteuses : « Si tu soupçonnes que l'épître est fictive, pourquoi ne la demandes-tu pas dans le chartarium de l'Église romaine ? » Les papes Donat Ier, Célestin Ier, Gélase Ier et Hormisdas font mention du scrinium sedis apostolicæ, tandis que deux livres du pape Gélase Ier, dirigés contre Nestorius et contre Eutychès, parlant des anciens manuscrits de Gennadius, nous apprennent que « hodie in bibliothecæ ecclesiæ archivo reconditi tenentur ». C'est dans ce même scrinium que le pape Vigile déposait l'exemplaire d'Arator sur les Actes des apôtres.
Dans la basilique de Saint-Pierre, entre les manuscrits liturgiques et les manuscrits divers, on gardait les acta et munimenta, tels que les cautiones des évêques et des papes, c'est-à-dire les professiones fidei scriptæ a notariis in scrinio Lateranensi deponebantur in sanctissima confessione beati Petri apostoli ad corpus ejus conservandæ. Les décrets des élections étaient conservés au Latran, les donations importantes au tombeau de Saint-Pierre. La notice du pape Zacharie où Liber pontificalis ajoute que : in prædicta etiam (ecclesia S. Petri) omnes codices domus suæ proprios, qui in circulo anni leguntur ad matutinos, armarii opere ordinavit. Ainsi que nous venons de le voir, quelques indications utiles relativement à la bibliothèque de Rome se rapportent au pontificat de Damase. Nous savons ainsi que Damase profita du séjour de saint Jérôme à Rome pour lui confier la correction de ses manuscrits grecs. Lors du concile, en 369, nous rencontrons ce renseignement : Similiter et alii CXLVI episcopi subscripserunt, quorum subscriptio in authenticum hodie in archivis romanæ Ecclesiæ tenentur. Un autre fait nous montre que, malgré le soin apporté par les papes, les accroissements de la bibliothèque laissaient place à bien des lacunes. Dans un concile tenu à Rome, sous Damase, on fut obligé de recourir à un codex Athanasii, emprunté probablement à la bibliothèque d'un particulier ?, C'est que évidemment on était mieux approvisionné de documents romains que de tous autres, ce qui était nécessaire vu l'importance grandissante du siège de Rome et la portée des lettres pontificales conservées dans ce chartarium Ecclesiæ romanæ unde euilibet requirenti epistolæ pontificum statim exhibebantur.
À partir du Ve, on remplace le chartarium Ecclesiæ romanæ par serinium sedis apostolicæ. Ce changement d'appellation aura-t-il coïncidé ou même consacré le transfert de la bibliothèque de l'æ des damasiana au Latran ? Nous n'avons aucun moyen de nous prononcer. De Rossi pense que ce transfert eut lieu dès assez bonne heure, mature. Ce qui est certain, c'est que la nécessité aura dû se faire sentir sans tarder d'avoir des locaux spacieux, étant donné le rapide accroissement des collections. Presque chaque concile nous révèle l'existence de documents tirés de l'archive pontificale, Sirice, successeur de Damase, inaugure la série des décrétales et on nous apprend à son sujet : lecisse constitutum de omnem ecclesiam servandum, in omnen ecclesiæ archivo, id est in ecclesiarum archivis. Nombre de pièces alors conservées ont disparu depuis ainsi qu'on peut s'en apercevoir par les numéros de classement des regesta dont Maassen a retrouvé les vestiges dans les lettres d'Innocent Ier (403-407). Au concile de 534, on lut certaines lettres du pape Damase au sujet desquelles Boniface II ordonna lidem in Sedis apostolicæ scrinio requiri. C'est donc dès le pontificat de Damase qu'on conservait les écrits pontificaux et l'epistola Anastasii I (400-401) prouve que, dès cette date reculée, on faisait usage d'un mode de classement.
Les lettres papales écrites en un unique exemplaire adressé à différents destinataires étaient rapportées dans les regesta. Le texte transcrit une seule fois était précédé du nom de chacun de ceux qui avaient reçu un exemplaire ; c'est ce que voulait dire la formule a pari qui se lit sur deux lettres de Zosime. Une lettre du pape Célestin sur l'hérésie de Nestorius nous est parvenue en grec dans les actes du concile d'Éphèse d'après l'exemplaire authentique envoyé à Jean d'Antioche, et en latin avec la formule : a pari, qui se retrouve une fois dans la correspondance de saint Léon. Dès la fin du VIe et le début du siècle suivant, on fit bon usage, depuis le vite jusqu'au IXe, ce qui induit de là qu'au VIIe le serinium une a le scrinium apostolique prend soin de compiler les regesta de Grégoire Ier (590-604). P. Ewald a essayé de reconstituer ces libri chartici regestorum au sujet desquels Jean Diacre nous dit : charticos libros epistularum ejusdem patris, quot annos. Ces regesta du pontificat de Grégoire le Grand semblent avoir exercé une influence considérable sur la destinée du serinium et de la bibliotheca. Ce fut une période d'organisation et de grande activité. Le pape étendait cette activité du côté des documents grecs auxquels l'avait initié son séjour à Constantinople. À plusieurs reprises, il s'occupe des actes du concile d'Éphèse et fait collationner les manuscrits romains et ceux de Constantinople. Si Li permet de constater la sincérité des pièces conservées à Rome : quæ ab antiquitate servata in scrinio apostolicæ habebantur. Dans une lettre au Narsés, on rencontre cette attestation : Romani codices multo veriores sunt Græcis, quia nos vestra sicut acumina, ita nec imposturas habentur.
Les regesta du pape, le scrinium conservait le registre des entrées et des aumônes. On sait qu'une copie des homélies sur l'évangile y était déposée : Editæ (homiliæ) in serinio sanctæ Ecclesiæ nostræ retinentur, et nous savons que la bibliothèque asp... bibliothèque, puisque la préface des homélies nous apprend que : editas in hic inveniant unde in his, quæ em data sunt certiores fiant. C'est ainsi que nous savons, au VIIe, entre 642 et 649, le prêtre Faïon, de gosse, chercher dans l'archivum Sedis ap Mora les Morales de saint Grégoire sur Job, mais ce qui est plus intéressant de savoir, c'est qu'il ne put les trouver præ multitudine aliorum librorum. On peut induire que l'ordre ne régnait guère dans cette étude de livres, et que les catalogues y étaient ignorés. Taion découvrit les Morales dans la pot de Saint-Pierre, in scrinio, cujus alior locus cor beatum Augustinum. Les bénédictins de Saint-que se trouvait au Vatican, c'est une erreur. Il est à peu près certain qu'à cette date le scrinium et la bibliothèque, sous la direction du primicierius, étaient au Latran. On lit en effet dans le Liber Archivum sanctæ romanæ Ecclesiæ et sacrum scrinium.
Le Liber pontificalis, les papes Célestin, Léon, Gélase, Boniface II, Grégoire Ier, Léon II, Jean VI, Grégoire II, Hadrien, Étienne portèrent leur attention sur la bibliothèque apostolique. On nous apprend que le pape ante scrinium Lateranense fecit porticum et turris portas æreas atque cancellos… et super curam et cancellos aureos construit ubi pi terrarum descriptionem depinæit atque versiculis ornarvit. Avant d'en finir avec le Liber pontificalis, nous r = es =
On rencontre dans d'autres documents, la plupart de basse époque, les termes suivants pour désigner la bibliothèque : secretarium, chartilogium, chartophydacium, chartarium, chartularium, armarium, tabudarium, tablinum, scrinium, librarium, granimatoah phylacium, agano, periboluna.
X. VESTIGES DE LA BIBLIOTHÈQUE DU LATRAN. — La chapelle actuelle du Sancta sanctorum est l'unique vestige de l'ancien patriarchium du Latran. Cette chapelle, construite sous Nicolas II, est élevée sur une base de maçonnerie qui mesure 9 mètres en largeur sur 13 mètres en longueur et 6 mètres en hauteur. Des fouilles exécutées en 1900 ont eu pour objet de vérifier si cette masse était pleine ou bien évidée à l'intérieur et, dans ce dernier cas, d'étudier la crypte dont elle formait l'enveloppe. Après avoir traversé différents ouvrages de maçonnerie en blocage et en brique, on contra un puits dans lequel se voyaient des restes de fresques et une inscription du Ve ou du VIe. Il semble qu'on soit ici en présence de débris d'une grande salle du palais de Latran, peut-être la bibliothèque (scrinium lateranense) dont, jusqu'à présent, on ignorait l'emplacement. À une profondeur de 5 mètres se voit donc une fresque très bien conservée et que nous reproduisons en couleurs dans le présent travail. Cette fresque était accompagnée d'une inscription dont un large fragment s'est détaché et brisé presque aussitôt après la découverte. Fresque et inscription viennent confirmer ce que nous avons dit au déla décoration des bibliothèques, notamment le de saint Grégoire au Clivus Scauri et celle de saint Isidore de Séville.
À l'angle d'une chambre se développe une fresque représentant un personnage chauve et imberbe, vêtu de la toge avec le clavus sur l'épaule, les pieds nus. Il est assis sur un siège de forme rare, sorte de fauteuil à dossier arrondi ; devant lui un livre ouvert sur un pupitre. Le bras droit est étendu dans la direction du pupitre, la main gauche tient un rouleau. Point de nimbe autour de la tête. Le personnage et l'inscription tracée au-dessous de lui mesurent ensemble 50 cm en hauteur.
L'inscription se compose du distique suivant :
Voilà la restitution du P. H. Grisar :
Diversi diversa patres hic omnia dixit romano eloquio mystica verba sonans.
Voilà la restitution de M. Ph. Lauer :
Diversi diversa Patres s[ed hi]e omnia dirit. Romano eloqu\io] mysticafsisensa lonans.
Au-dessous de l'inscription tracée en lettres blanches on voit un cercle jaune sur fond brun avec du vert au centre. Plus bas une niche dont la conque peinte figure des plumes de paon. Le personnage représenté ne peut être que saint Augustin, le seul entre les Pères latins (romano eloquio) dont l'œuvre littéraire présente le caractère d'universalité visé par le premier vers du distique. En ce cas, la peinture aura été exécutée un peu plus d'un siècle après la mort du saint. Peut-être d'après un portrait authentique. On voit ainsi l'importance considérable de ce débris. Comme la fresque ne présente aucun rapport avec le culte religieux, on est porté à croire qu'elle servait de décoration dans un lieu où étaient conservées les œuvres de saint Augustin, par conséquent, une bibliothèque. Cette conjecture est appuyée par le style de l'inscription qui offre certaines analogies avec l'épigraphie des bibliothèques d'églises ou de monastères. La salle devait être spacieuse, car la peinture est très haute au-dessus du sol et, pour être vue commodément, voulait un recul considérable. Il y a donc lieu d'admettre que les fouilles ont rendu un coin de l'antique bibliothèque de l'église romaine installée dans le palais de Latran avec les archives et les divers services de la chancellerie pontificale. C'était le scrinium sanctum désigné par le primicier des notaires. Le voisinage d'une chapelle dédiée à Saint-Laurent ajoute à la vraisemblance de la présence d'une bibliothèque sur ce point du Latran ; les archives de l'église romaine ayant été contiguës à la basilique Saint-Laurent-in-Damaso, au IVe, il était juste qu'en revenant prendre place au Latran, elles aient conservé le vocable de leur saint patron.
Nous ne pouvons douter que ce transfert était chose faite dès l'année 649, car à cette date se tint un concile au Latran et les livres nécessaires se trouvent tous sous la main des Pères. Ce concile, dirigé contre les monothélites, nous a valu d'utiles détails relativement à la bibliothèque. Nous voyons le primicier des notaires, Théophylacte, donner les livres de son dépôt à mesure que le pape Martin le lui en donne l’ordre. On le voit puiser dans le fonds dont il a la garde de apostolico scrinio, de venerando scrinio, de scrinio sanclæ Ecclesiæ, les ouvrages réclamés : suggestiones supplicum, — relationes, — (epistalas) synodicas, — scripta et capitula novitalis accusata. — chartulas, — ecthesis Heraclii imperatoris, — monumenta et epistolas ad eam ecthesin pertinentia, — acta sanciorum conciliorum Nicæni, Constantinopolitani, Ephesini, Chalcedonensis et quinti. En parcourant les capitula de Gyrille d'Alexandrie, on y trouve la mention cujusdam dictionis beati Dionysii Atheniensis episcopi ; un Père du concile prend la parole et dit : Necesse est ut co des prædicti doctoris aj]eratur 20, Le primicier l'en| voie chercher aussitôt : secundun : jussionenr vestræ beatitudinis (Martini ]) afferens de venerabih bibliotheca sedis vestræ codicem beati Dionysit præ mantbus habes 2. On peut juger par ces paroles de la proximité de la bibliothèque.
CODICES PATRUM ET HAFRETICORUM E BIBLIOTHECA SEDIS APOSTOLICAE EXHIBITI IN CONCILIO ROMANO, A, D. 649, 1. Patres.
- B. Ambrosii, ep. mediolanensis : Sermones tres ad Gratianum imp.t, Interpretatio evangelii secundum Lucam ?. Sermones fidei duo.
8. Amphilochei, ep. Iconii : In eo quod dictum est : « Ex se filium nihil facere posse, » et : « Pater major 51 mé est}. » | | S, Anastasii, ep. Antiochiæ : De satisfactione pro epistola “pates memoriæ Leonis papæ b.
Fi Atari. ep. Alexandriæ : Sermo contra Apollinarium 6, Sermo major contra Apollinarem pro fide 7. Sermo contra Apollinarem factus per interrogalionem et responsionem$. (De eo) quod dicitur : « Nunc anima turbata est®, » Sermo tertius contra arianos 10, Dogmatica epistola ad Antiochenos 11, Sermo de evangelio sec. Matth., quo ait : « Qui dixerit verbum contra filium hominis !, » | S, Augustini, ep. hipponeregiensis : Homilia xx de evangelio secundum Joannem 13, Intzrpretatio psalmi xcin tt, Civitatis Dei, sermo x1v 15. Interprelatio psalmi centesimi 16, Liber de gratia novi testamenti ad Honoraltum 17, S, Basilii, ep. cæsereensis, prov. Cappadociæ : Syllogisticumm contra Eunomium !$, Sermo primus contra Eunomium 1, Sermo ad Amphilochium de Sancto Spiritu 2%, Interpretatio primi psalmi ?t. De Spiritu sancto ??, Epistola ad beatum Amphilochium * ?.
É S. Cyrilli, ep. alexandrini : Interpretatio in evangelium secundum Joannem ?#, Interpretatio in evangelium secundurm Matthæum ?5. Thesauri 5, Sermones dialogici vel cogitaliones ad Hermen 7, Interpretatio epistole ad Hebræos ?$, S, Cyrillii, ep. hierosolymitani : Homilia in evang. ubi Ds aquam in vinum convertit ?#, S. Dionysii Areopagitæ, ep. ctheniensis : Sermo divinorum nominum 10, Epistola quarta ad Gaium ® !, S, Gregorii, ep. nyssanensis : Epist, ad Eustathium de sancta Trinitate #3, Epist. ad Ablavium de sancta Trinilate%, Sermo ubi exponit Pater noster#5. Sermo contra Apollinarem 36, Sermones contra Eunomium secundus ét quartus 7, Contra Eunomium liber tertius volumine x°38, Sermo factus in Pascha ?®, In hoc ubi dicit : a Beati qui esuriunt #0, » S, Gregorii Theologi : Sermo secundus de filio #1.
S. Hilarii, ep. pictaviensis, confessoris : Sermo pro fide #2, S. Hippolvyti, ep. et martyris : Homilia dominicæ Pasch&æ #3, Sermo theologiæ, id est deitatist+, S, Joannis, ep. constantinopolitani : Sermo factus ad 608, qui ad missas non occurrerunt, et de consubstantiali #5, Interpretatio evangelii secundum Lucam #6, Sermo de vidua quæ duo minuta obtulit, cujus initium : « Simplex quidem jejunii appellatio #7, » In Thomam apostolum +, S. Joannis, ep. scythopoleos : Sermo octavus contra Severum hæreticum #4, S, Justini, philosophi [episcopi] et martyris : De Trinitate Liber tertius 5°, Sermo ad paganos ‘1, | suis QUORUMULS pluteis, ut quæwrenti præsio essel q B, Leonis, romani pontificis : Ad Leonem imperato : volumen secundum 6*, [Ejusdem}|, sanctsæ mn præsidis : Sermo ad rs memoriæ Flavianum epi- ; scopum constantinop. + B. Serviani (em. Severiani), ep. gabalensis : In eo quod scripsit : « Pater transfer a me calicem h une®é, » Homilia contra Judæos, paganos et apollinaristas LA S. Theophili, ep. Alexandriæ : Sermo factus propter. mulierem habentem fluxum sanguinis 56,
ER
11. Haretiei 51, Apollinaris : Contra Theodorum. Sermo de divina incarnatione, Sermo, qui superseriptus est in Éppas incarnationis Domini, Colluthi : De satisfactione fact pro tomo Theodosii hæretici. L. Rescripta contra Themestium pro Theodosio. | Juliani quondam halicarnassensis episcopi : Sermo contra Manichæos. r Lucii Ariani episcopi quondam Alexandriæ : Sermo dictus in Pascha. Nestorii : Liber secundus, quem scripsit Epiphanius myeseos. Epistola ad Alexandrum ne D Pauli diaconi Persæ, Nestoriani : Sermo indicii. Pulemonis discipuli Apollinaris : Contradictiones fact : adversus sententias Patrum. Sexta episroln ad Timotheum. Severi : Prosphoneticus sermo factus in Daphné, à martyrio S. Euphemiæ. Epistola ad Eleusium. Ad Sergium grammalicum. Adversus sanclæ memoriæ Joannem episcopum Cæsareæ Palæstinæ, Epist prima ad (cumenium. Ad Joannem an quondam episcopum Alexandriæ. Théemestii hæresiarchæ Agnostarum : Sermones : dus et terlius adversus Collathum, Epistola pus lamitanis. Sermo ad Charisium monachum. Ad ! stantinum episcopum laodicensem. Themistii : Ad eos qui dicunt pro eo quod una est De decibilis operatio. Satisfactio ad generalitem mona chorum. Ad Marcellum presbyterum et Stephastil diaconurm. £. Theodoli Nestoriani : De Consonantia novi et veteris Testamenti liber secundus. Theodosii heretici Alexans driæ : Tomus scriptus Theodoræ Augustæ, | Theodosii Mopsuesteni : Sermo secundus pro miraculis :
Sermo incarnationis.
CLASSEMENT, — Les indications recueillies jusqu'i@ ne nous ont laissé rien entrevoir au sujet du clai ment méthodi que de la bibliothè que pontificale, Voici, à« ce sujet, l'opinion de Cenni que J.-B. De Rossi ac cepte pleinement : Duas in partes percommede ill divisunr esse comperio ; quarum altera spiritualen universæ Ecclesiæ administrationem distinctis dimceseon seu tractatum singulorum nominibus } quid ferrel occasio ; altera vero documenta omnia dos lionem seu palrimoniorum et quæcum que ad ea pei nebant, quæ infinilum esset enumerare, tam moull præceplorum privilegiorum aliarum que chart genus occurrit in pontificis litteris, quibus de eorum administratione agitur®s, Cenni, suivi encore par J.-B. De Rossi propose d'établir un rapport entre a division méthodi que de la bibliothè que et le documen connu sous le nom de Deécretum. Gelasii papæ, ü Te Et | ex ra « + libris recipiendis et non recipiendis. Voici quel les _ auraient été les sections principa les : ;
1. Sacra Biblia.
2. Concilia.
3. Sanctorum Patruni opera.
4. Decreta les epistolæ.
6. Libri apocryphi. 7. Scripta hærcticorum.
J.-B, De Rossi réclame toutefois une modification dans ce classernent, car la section quatrième : Decreta les epistolæ est un rouage distinct de la bibliothè que, c'est l'archivum. Il est vrai de dire que si la distinction s'impose, on ne saurait dire dans quelle mesure exa ctement, car certum est archivum cum bibhotheca sedis apostolicæ hoc tempore coaluisse, qua ratione alterum cum altera conjunctum sit, ignoramus. Une autre distinction doit être rappelée ici. Il était assez a » ordinaire que les églises eussent deux bibliothèques ; l'une, intérieure, consacrée aux ouvrages ascétiques el à la science ecclésiasti que ; l'autre, extérieure, contenant les livres profanes et les écrits des philosophes ?, … Isidore de Séville donne une certaine idée de la distribution des bibliothèques de son temps, lorsqu'il distingue, à propos de celle qu'administrait Claudianus, la bibliothè que romaine, l'atti que et la chrétienne, Les anciens ne connaissaient que le fonds grec et le fonds latin.
… X. BIBLIOTHÈQUES PRIVÉES, — Îl n'est pas douteux qu'un grand nombre de chrétiens aient possédé leur bibliothè que privée, mais néanmoins les attestations qué nous en pouvons recueillir sont en petit nombre, int Jérôme, pendant son séjour à Rome, s'élail comsumimo studio ac labore confeceram. Peut-être en aura-t-il fait transporter une partie à Bethléhem où il semble n'avoir pas été moins bien fourni de livres.
Philomusus à Borde aux ? et Sidoine Apollinaire signale des bibliothèques de Ferréol à Prusiane 5, de Loup, professeur à Périgueux 7, de Consentius $, de Magnus, consul à Narbonne ®, et de Redice, évê que à Limoges 1°,. L'empereur Julien possédait une riche bibliothè que »1. Nous allons voir comment il l'accroissait, Au mois de ier de l'an 9362, l'évê que intrus d'Alexandrie, res de Cappadoce, fut massacré par la populace. tres les oise aux, d'autres encore les bêtes sauvages : moi, dès l'enfance, j'ai eu la passion des livres, Il seMrait donc étrange que je les visse avec indifférence accaparés par les hommes dont l'or ne saurait satisfaire
BIBLIOTHÈQUES
_ 5. Acta martyrum, chronica et codi ces alii caute ‘Ausone nous parle de la bibliothè que que possédait | aux Églises d'Espagne. l'insatiable cupidité, et qui songent sournoisement à | nous les ravir, Rends-moi donc le service personnel de [= = 874 faire retrouver lous les livres de Georges. IL en avait beaucoup sur la philosophie, beaucoup sur la rhétori que, beaucoup sur la doctrine des impies galiléens. Ces derniers livres, je voudrais les faire entiérement disparaîlre ; mais afin qu'avec eux ne périssent pas de plus précieux, fais une recherche exacte de tous. Prends pour guide dans cette recherche le secrétaire de Georges : s'il s'en acquitte avec fidélité, il sera récompensé par l'affranchissement ; mais s'il se montre fourbe dans celte affaire, il subira les tourments de la question. Je connais les livres de Georges, sinon tous, au moins beaucoup, car il me les a communiqués ! pendant que j'étais en Cappadoce, pour en prendre copie, et les a repris ensuite13, » Pour des raisons que nous ignorons les recherches furent d'abord infructueuses. La cachette qui s'était refermée sur la bibliothè que de Georges ne s'ouvrit pas de plusieurs mois, ét Julien im patient écrit à l'un de ses intendants nommé Porphyre : « Georges possédait une abondante et précieuse bibliothè que, composée de philosophes de toutes les éco les, de nombreux historiens et de beaucoup de livres de tous genres écrits pour les galiléens. Fais rechercher toute cette collection et aie soin de me l'expédier à Antioche, Sache que tu seras sévérement puni, si tu ne mets le plus grand soin à la découvrir. Auprès des gens quels qu'ils soient, que tu soupçonnerais de détenir ces livres, use de tous les moyens, emploie tous Îles serments. Ne te lasse pas de mettre les serviteurs à latorture. Si la persuasion ne réussit pas, emploie la force pour faire tout rapporter t#, » Le bibliophile, ici, se double d'un tyran t.
XI. BIBLIOTHÈQUES D'ESPAGNE, — Les deux années !5 pendant lesquel les les barbares s'écoulèrent en Espagne par les passages des Pyrénées ne suflirent pas, malgré bien des destructions, à anéantir la civilisation hispanolatine parvenue à un haut degré de perfection. Sans doute, d'anciennes bibliothèques échappérent alors aux incendies et aux pillages pour devenir le noyau des bibliothèques de l'épo que vwisigothi que, les seu les sur lesquel les nous soyons instruits.
La plus ancienne de celles que nous connaissons est la bibliothèque créée, on du moins largement accrue, par les soins de saint Martin de Braga, dans son monastère de Dume, en Galice. Cet homme si original et si séduisant à travers ce que nous en savons, avait beaucoup voyagé, il avait passé en Orient des années, et c’est à cette circonstance qu'il faut attribuer la part faite par lui à la langue grecque parmi les livres de sa bibliothèque. La correspondance, malheureusement perdue, de saint Martin nous eût vraisemblablement renseigné sur les livres qu'il avait sous la main. Une de ses lettres nous apprend qu'il possédait les Commentaires de saint Jérôme sur l'épître aux Galates, les actes de saint Sylvestre et probablement les actes des conciles relatifs ; il était également muni de divers traités sur le Comput pascal et des écrits de l'Ancien et du Nouveau Testament. Enfin, il possédait la traduction latine du recueil des canons tirés des synodes orientaux, Capitula sive Canones ex orientalium antiquorum Patrum synodis, des sentences des Pères d'Égypte, Aegyptiorum Patrum sententiæ, des Vies des Pères grecs, Vitæ Patrum græcorum.
Licinien de Carthagène usait dans ses écrits de longs extraits non seulement des Écritures — ce qui peut nous apprendre parfois la composition et les versions du fonds bibliothèque — mais aussi des Pères de l'Église tels que saint Augustin, saint Hilaire, saint Grégoire de Nazianze, saint Ambroise, Claudien Mamert. En outre, Licinien possédait les quatre livres du Pastoral de saint Grégoire, les six livres d'Origène sur Job, dans la traduction latine de saint Hilaire ; à ces bibliothèques nous ne pouvons qu'ajouter la mention de celles de Val-clara, que le chroniqueur Jean de Biclar eut à sa disposition ; celle du roi Réceswinthe à qui saint Braulion de Saragosse rendait le service de réviser ses manuscrits ? ; enfin la bibliothèque que l'abbé Donat apporta d'Afrique en Espagne. Une phrase de saint Hildefonse nous apprend qu'elle comptait de nombreux volumes, mais nous ne savons rien de plus.
Au contraire, la bibliothèque de Tolède nous est mieux connue grâce à l'habitude qu'avait saint Julien, évêque de Tolède, d'introduire dans ses propres écrits de longues citations qui ne semblent pas faites de mémoire, mais transcrites sur les textes des traités mis à contribution. C'est ainsi que nous pouvons entrevoir parmi les livres de la bibliothèque épiscopale les écrits de Tertullien, de saint Cyprien, de saint Hilaire, de saint Ambroise, de saint Jérôme, de saint Augustin, de saint Fulgence, de Cassien, de Vigile de Thapse ou plutôt de l'auteur désigné sous son nom, de saint Pierre Chrysologue, de Julianus Pomerius, de saint Grégoire le Grand, de saint Isidore de Séville ; les Pères grecs étaient représentés par Origène, saint Athanase, saint Épiphane, saint Jean Chrysostome, saint Cyrille d'Alexandrie. Théologien avant tout, Julien de Tolède n'a pas fait grand usage des écrivains profanes, il ne les cite guère, sauf Cicéron mentionné deux fois.
À Séville, suivant l'heureuse expression d'un érudit, « saint Isidore nous ouvre à deux battants les portes de sa bibliothèque. » Nous possédons, en effet, de la main de ce docteur, sinon un catalogue complet de la bibliothèque composée par son frère saint Léandre et par lui, du moins les matériaux d'un catalogue à peu près complet, soit dans les inscriptions métriques qui ornaient les murs de sa bibliothèque ou les coffres qui renfermaient ses livres, soit dans les préfaces de plusieurs de ses écrits, notamment dans l'ouvrage : Sur les étymologies.
Ces documents divers prouvent qu'Isidore n'exagérait pas lorsqu'il affirmait que sa bibliothèque renfermait des œuvres nombreuses de littérature sacrée et profane :
Sunt hic plura sacra, sunt et mundalia plura.
Si on choisit dans les compilations de saint Isidore les citations de première ou de seconde main, on constate que la bibliothèque épiscopale de Séville était largement pourvue de livres. La théologie y était représentée par les Livres saints, les ouvrages de Tertullien, de Cyprien, de pseudo-Clément (Recognitiones), de Lactance, de Victorin, d'Athanase, d'Hilaire de Poitiers, de Basile, de Grégoire de Nazianze, d'Ambroise, de Jérôme, de Rufin, de Chrysostome, d'Augustin, de Cyrille d'Alexandrie, de Léon le Grand, de Cassien, de Fulgence, de Cassiodore et de Grégoire le Grand ; la philosophie était représentée par Aristote, Platon, Porphyre (d'après Boèce) ; les sciences par Aratus, Hygin, Solin, Pline, etc. ; les antiquités par Varron et Macrobe ;
Justin, Jules l'Africain, Hégésippe, Eusèbe, Paul Orose, Juvénal, Juvencus, Lucain, Lucrèce, Martial, etc. ; les orateurs par Démosthène (les Olynthiaques) et Cicéron ; le droit par Gaius, Ulpien, Paul, le Code théodosien, etc. ; la médecine par Caelius Aurelianus ; l'histoire par Salluste, Tite-Live, Suétone, etc. ; la poésie par Atta, Cinna, Dracontius, Horace, Nevius (sous le nom d'Ennius), Ovide, Perse, Plaute, Pomponius, Proba Falconia, Térence et Virgile ; l'architecture par Vitruve, etc.
On pourrait continuer cette nomenclature, mais sans y rencontrer, — sinon d'une manière exceptionnelle — les représentants du genre. Une lettre de saint Braulion de Saragosse et la réponse du prêtre Émilien, son correspondant, nous apprennent qu'il existait de leur temps, à Tarragonne probablement, car la ville n'est pas nommée, trois bibliothèques, celle d'Émilien, celle du comte Laurent, celle de Domnus, disciple de Braulion. La première venait d'être dispersée et les deux autres souhaitaient posséder le commentaire d'Apringius sur l'Apocalypse. Jactatus, autre disciple de Braulion, possédait les œuvres de saint Jérôme, saint Augustin, saint Hilaire et de bon nombre d'autres auteurs ecclésiastiques. Braulion, lui-même, possédait une belle bibliothèque, mais dans un parfait désordre, puisqu'on y cherchait vainement un volume pendant des années et qu'on ne le découvrait que par hasard, au moment où on n'y songeait plus. Térence, Horace, Ovide, Appius, dans la bibliothèque de saint Braulion, coudoyaient saint Augustin, saint Jérôme, Théophile et Cyrille d'Alexandrie, saint Eucher, Denys, Protaire, Cassien, Paschasinus, Grégoire le Grand, Isidore de Séville et une multitude d'autres. Cette bibliothèque s'accroissait sans cesse. Les lettres de l'évêque de Saragosse nous le montrent tantôt envoyant à l'abbé de l'un des monastères soumis à sa direction un commentaire des épîtres de saint Paul, dont il désire que les moines lui tirent une copie correcte et soignée, tantôt sollicitant de ses nombreux amis le prêt d'ouvrages qui lui manquent : du prêtre Émilien, les Commentaires sur l'Apocalypse d'Aprius ; de Taïon, dès le retour de Rome de celui-ci, les Morales sur Job de saint Grégoire Ier, que le voyageur en avait rapportées. Celui qu'il importe sans limite, c'est le Livre des Origines ou des Étymologies. Isidore lui envoie ses Synonymes, c'est bien, mais ce n'est pas tout. Aux Synonymes succèdent quatre livres des Règles ou Pastoral de saint Grégoire. C'est très bien, mais ce n'est pas tout, Braulion s'étonne de n'avoir pas reçu les actes du concile de Tolède, celui-ci les attend encore. On le laisse dire ! Après sept années d'attente, il devient intraitable ; corrects, sans passages abrégés ; exécutés et livrés avec la garantie, l'imprimatur dirions-nous, de saint Isidore. Enfin ce dernier cède et envoie à Saragosse « les Étymologies, mais incomplètes. Il est vrai qu'il ne les termina jamais, mais, connaissant son collègue bibliophile, il s'attendait à un orage et, pour le détourner, il ajoutait à l'envoi quelques autres livres. Il serait injuste de qualifier Braulion de bibliophile, il était plus et mieux que cela, et les requêtes dont il poursuivait saint Isidore n'étaient pas plus pressantes que celles qu'on lui adressait à lui-même. Évêques, prêtres, moines, femmes du monde ne lui laissent aucun répit. Isidore demande la sixième décade des Enarrations de saint Augustin sur les Psaumes, saint Fructueux veut compléter son exemplaire des Conférences de Cassien, une certaine dame Apicella réclame en prêt les livres historiques de l'Ancien Testament.
Si de Saragosse nous passons à Barcelone, nous savons qu'un certain Quiricus, évêque de cette ville, réclame de saint Braulion, successeur de Taïon sur le siège de Saragosse, le prêt de son manuscrit récemment terminé du Livre des Sentences, qui renferme, dans un ordre clair et méthodique, toute la doctrine contenue dans les écrits de saint Grégoire. Taïon consent au prêt, mais Quiricus, ayant dépassé les limites fixées, est rappelé à l'ordre et doit renvoyer le manuscrit.
A Tolède, saint Julien écrit tour à tour sa Démonstration du sixième âge à la demande du roi Erwig et son Prognosticon pour l'évêque Idalius de Barcelone qui l'a à peine reçu que son collègue Zunifride, métropolitain de la Gaule narbonnaise, en réclame communication, gracieusement accordée, ainsi que l'autorisation de le faire circuler entre tous les évêques de la province. Signalons, pour finir, la bibliothèque d'un moine nommé Valère retiré à Vierzo, dans une solitude entre Astorga et l'océan, qui, volé par un clerc de ses principaux manuscrits, se remet à la besogne et, à force de travail, recoustitue une bibliothèque.
XII. Bibliothèque de Vivarium. — Les bibliothèques monastiques rivalisèrent de bonne heure en Occident avec les bibliothèques épiscopales ; néanmoins il ne faut pas anticiper la date de leur création. D'après un diplôme de Micv, attribué à Clovis, on mettait à Micy, en 520, la plus ancienne bibliothèque monastique. Mais il est démontré aujourd'hui que le diplôme est faux, il est sorti de l'office de Jérôme Vignier ! Ainsi « tombe la légende d'une bibliothèque de livres d'histoire à Micy dès cette époque. Qu'il y eut une petite collection de manuscrits de piété, de livres d'heures, de commentaires sur les Écritures, d'histoires ecclésiastiques réunis à Micy au moment où Létald écrivait Liber miraculorum, c'est possible, mais ce n'est pas certain. » Mabillon, au cours de sa querelle avec l'abbé de Rancé, donne un chapitre à la démonstration « que les bibliothèques des monastères sont une preuve des études qui s'y faisaient ». Plusieurs des faits qu'il invoque ont été déjà cités dans notre dissertation ; il s'arrête avec plus de complaisance à la bibliothèque du monastère fondé à Vivarium, dans l'Italie septentrionale, en vue d'instruire les moines dans les lettres sacrées et profanes, car pour y parvenir, ses religieux avaient besoin d'autres connaissances. C'est pour cela qu'il ne se contenta pas d'amasser tous les livres qui regardaient l'intelligence de l'Écriture sainte, il crut néanmoins qu'il serait malaisé de faire voir que l'on a pratiqué ailleurs la même chose « dans les monastères les mieux réglés, tant en amassant des livres que des scribes pour les multiplier ».
l'Écriture sainte, mais même il rechercha soigneusement tous ceux qu'il crût pouvoir disposer les esprits à cette sainte lecture. Dans ce dessein, il amassa avec beaucoup de dépense tous les ouvrages des saints Pères, sans parler des Pères grecs, dont il recommande la lecture à ceux qui en savoient la langue. Outre cela, il recueillit tous les historiens qu'il pût trouver qui traitoient des choses du peuple de Dieu et de l'Église. Enfin, il crut qu'il était nécessaire que les religieux lûssent aussi les Cosmographes et les Géographes, et même les Rhéthoriciens et les auteurs qui ont traité de l'orthographe, dont la lecture lui paroissoit utile pour l'intelligence de l'Écriture sainte. En un mot, pour ne rien omettre de toutes sortes de livres, il voulut même y rechercher les principaux auteurs de la médecine : afin que ceux qui avoient soin de l'infirmerie, pussent trouver dans ces livres les moyens de soulager les maux des malades. Après avoir fait un détail de toutes ces sortes de livres dont il avoit enrichi la bibliothèque de son monastère de Viviers, il fait une prière à Dieu, afin qu'il éclaire l'esprit de ses religieux pour les rendre capables de l'intelligence de l'Écriture sainte, et sur la fin de cette prière, il adresse ces paroles à ses disciples pour les exciter à profiter des avantages qu'il leur avoit procurés, afin de les avancer dans l'étude des livres divins : Eia nunc, carissimi fratres, festinate in Scripturis sacris proficere, quando me cognoscitis pro doctrinæ vestræ copia, adjutorio Domtinicæ gratiæ, lanta vobis et talia congregasæ.
AIT. BIBLIOTHÈQUES D'ÉGYPTE. — Parmi les papyrus coptes rapportés du Faijum en 1889 par M. Flinders Petrie et étudiés par M. W. E. Crum, nous trouvons le catalogue (Aovoc) d'une bibliothèque monastique conservé en partie. On y voit mentionnés les livres canoniques du Nouveau Testament transcrits à plusieurs exemplaires tant en grec qu'en copte ; le psautier, également dans ces deux langues, et quelques livres de théologie comme, par exemple : « Les règles de Apa Petros », les « Mystica » de Syrianus (en grec et en copte), et des « livres de lecture », probablement des lectionnaires liturgiques.
Tous ces livres ne sont pas transcrits uniformément ; les uns sont sur parchemin (asepunt sic), d'autres sur papyrus (Saprac). Plusieurs litres de volumes sont suivis de la mention merañoi où arneraÀon dont le sens permet quelque hésitation. D'après Wilcken, ces mots pourraient servir à désigner les livres composés de feuillets cousus des rouleaux de papyrus.
Un ostrakôn sur calcaire trouvé à Louqsor par Urbain Bouriant, en 1888, et publié par lui l'année suivante, contient le catalogue de la bibliothèque d'un couvent. Cet éclat de pierre mesure 24 centimètres dans sa plus grande longueur et sa largeur maximum est de 18 centimètres. Il est opistographe avec cette différence que le recto est divisé au-dessous du titre en deux colonnes, le verso est écrit à longues lignes d'un bout à l'autre de la pierre. Le monastère dont la bibliothèque nous
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La vie d'Amba Pachôme — Amba Pachôme : du but de la communauté, Amba Hémaï et d'autres — pad'Amba Schnoudi — pa2 NU MTàè €EMtbpans Ain ENROOYE NSP CENOTP.
| 53 ovautwate proc mrwpe, Nap HS ÂNION
AU TL PTYP HAT
Aaron xap. 51 oyxowae uaps Un livre (contenant) les | + } TALSPTYPIS fsnasdbse Le martyre d'Amba PhiloTYPIS TE ANS ENS martyres d'Amba EpithvAoococ ap thée — papier. oyaurroc A ons mitos, d'Hélias, d'Amba Sabinos et autres — panier neuf, La fête de l'Épiphanie et autres — papier neuf.
Un livre des commandements d'Arnbha Athanasios — papier ancien.
KkwauonManaaoas d'Amba Athanasios et | 56 ana riAsinoc in Amba Philippos et d'aunacioc EN gens d'autres — papier neuf. DENROOYE NP tres, — papier. KOOTE NAT 1ves 57 nhuoc mens nanas La vie d'Amba Kaparios ( ?) de Tôhé — papier ancien, Histoire de l'Église — papier neuf.
: 1e — — papier HROCTANTIMOTTO # ! Miranwn Hwanocros Les Canons des apôtres — Âesc ap renovp ü _ Aoc xap papier. 61 oyzuwase nhorvoc Un volume des discours ».
À OYÆUMALE RezHTes Un livre d'instructions HTE àMà LUOQBTIHC d'Amba Johannés avec le ; martyre d'Amba Leontios _ Xsp :. pier. Aewmrroc noens et autres — papier neuf. J | enez Htecre ans Instructions d'Amba ROOTE NP CEROTP HJENOYT3 AP. Schnoudi — papier. 62 ro ap Job — papier.
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TASPTYP Mama 1H DSMMAC MRC THC Va P Sante À achprnon | SNR AOACIOC (sic) crbe Hoynnb AUONON N'ap SU ans HCAEIAC METZ H4 UHTHCNSP Has Aaron Dix épitres — papier.
Éloge d'Amba Schnoudi par Amba Constantinos — papier neuf.
Un discours de Cyrille sur la fête de la dissolution (finale ?) — papier.
Item. Le même discours dans un volume contenant un martyre — papier.
Un discours d'Amba Athanasios discutant avec les philosophes — papier.
Vie de Macrina, sœur de Basile et de Grégoire — papier.
Un volume du discours d'Amba Johannès le baptiste — papier.
La découverte des ossements d'Amba Johannèés le baptiste — papier.
Martyre d'Amba Johannès le baptiste — papier.
Martyre d'Amba Petros l'archevêque — papier ancien.
Petit fragment sur les Riches et les Pauvres — papier.
Daniel — papier.
Amba Atha(na)jsios, sur les prêtres et les moines — papier.
Un livre de médecine.
Autre petit livre de discours choisis.
Amba Isaïas l'exégète — papier ancien.
Il. ANCIEN TESTAMENT ne Genèse, las, Exode. Hémaï, | Léviti que. Isaïe 1 exégète, Nombres. S. Jean-Baptiste. Deutéronome, Léontios. Josüé. Macarios. Juges. Macrina. Les 4 livres des Rois. Pachomios, Les Paralipomènes. Paulos. Les livres d'Esdras. Petros. Job. Philippos. Les Psaumes. Sri | Les Proverbes. gerer) Isaïe. Théophilos. Jérémie, Thomas. Daniel, ée es de Sciêt, |, nase, FER PEN PPS Constantin, II. Nouveau TESTAMENT ans Évangile selon S. en begin Chry alone. 1 u jRrc : Pacôme, — Sean. Séçérianos Actes des apôtres. Stephanos.
| Apocalypse.
| Epithymitos.
| diverses espèces de papier, l'un épais, solide et.
Le bibliothécaire a procédé dans le classement de ses livres suivant un procédé identique à celui qui est en usage de nos jours. Il a réparti ses volumes en deux grandes divisions, suivant qu'ils appartenaient à l'ancien fonds (n. 1-58), et au fonds nouveau (n. 59-80), Dans l'ancien fonds, il classe les livres d'Écriture sainte, les apocryphes, la liturgie, le droit canonique, l'hagiographie ; dans le fonds nouveau, il inscrit les acquisitions au fur et à mesure de la date d'entrée, mélant la patristique à l'Écriture sainte et à l'exégèse. Nous pouvons, d'après lui, dresser ainsi un état de sa bibliothèque en catégories d'ouvrages :
IT A : fo Cataméros. AE SPOCRIRRRS EE La vie de sainte Marie. L La vie des apôtres. VI. HISTOIRE ECCLÉSIAS Canons des apôtres. TIQUE | S. Jean-Baptiste, Histoire de l'Église. VII. LIVRES PROFANES. Un livre de médecine, Si nous classons les livres d'après la matière sujet live, nous trouvons :.. 61 vol. dont s ri tel à ;
Amba Djoore, Papier 5 à Parchemin... 14 — Sans indication. 5 — Reliés en ( ?).. 15 — dont 5 en papier neuf.
Il est probable que le mot abrégé venorp (= sa voupyés) a plutôt le sens de « commun », « vulgaire » que celui de « neuf ». Les manuscrits coptes 0 l'autre mince, cassant et se déchirant sous la plume. Le premier était le papier ancien modèle ; le second, papier nouveau modèle ; ces désignations ne prouvent rien quant à la date des manuscrits.
Non semel erternas peregrino tramite terras Jam pergravit ovans, sophiæ ductus amwore ; Si quid forte novi librorum aut studiorum Quod secum ferret, terris reperiret in illis.
En 730, Nothelmus (Britannus) Romam veniens, nonnullos ibi beati Gregorii papæ simul et aliorum pontificum epistolas perscrutalo ejusdem sanctæ EcLiesie romanæ scrimo permissu Gregorii (111) pondificis invenits,
En 757, Paulus écrit à Pépin : Direæimus.… et libros Quantos reperire potuimus, id est Antephonale et hesponsale, insimul artem grammalicam Aristotelis, Dyonisii Arcopagitæ libras, geometricam, orthographiam, grammaticam, omnes græco eloquio scriptores necum ét horologium nocturnum ?.
L'épitaphe de Pacificus, archidiacre de Vérone, mentionne un don de livres à cette Église 10, Hadrien Ier, envoie des manuscrits liturgiques à Charlemagne : 08 sacramentorum editus ex authentico libro biblioMecæ Cubiculi que Lambecius a cru pouvoir identifier avec le ms. de la bibliothè que de Vienne, Theol, lat. ni, 14911, tandis que J.-B. De Rossi en signale un autre la bibliothè que de Heidelberg, n. 940, ex authentico Mbro bibliothecæ Cubiculi.
Nous pouvons rappeler enPreland, ch. xvirr, note 405, ne croit pas que ces vers soient |
BIBLIOTHÈQUES
886 core une collectio canonum ! ?, des epistolæ et regesta 19.
Plusieurs textes nous font voir la rareté des livres en ce temps.
Saint Adhelme la déplore :
Dum demunt diræ librorum lumia Parcæ 16,
Alcuin s'adresse à la bibliothè que d'York pour obtenir les livres nécessaires afin de pourvoir la bibliothè que de Tours.
Une lettre de Cœna, en 787, conservée parmi les Bonifacii epistulæ, sollicite un envoi de livres 11.
XV. AMÉNAGEMENT. — /. HBLIOTHÉQUES PAIENNES. —
On faisait choix pour l'emplacement des bibliothèques de l'exposition du lévant 8 afin d'avoir plus de lumière le matin à l'heure où le corps est plus dispos au travail ;
on évilait ainsi la lourde atmosphère des après-midi, l'humidité et les vers qu'aménent les vents d'ouest et du sud.
Les livres élaient rangés dans des armoires ou dans des casiers qu'on désignait par les noms de armaria 1%, loculamenta 0, foruli1, nidi ??, pegmata, capsæ.
Les armoires destinées aux livres carrés renfermaient des rayons à rebord formant plusieurs étages de plans inclinés, sur lesquels les livres étaient posés à plat à côté les uns des autres, occupant une superficie égale à leur largeur.
Le titre du livre n'étant pas, comme de nos jours, écrit invariablement sur la feuille de garde du livre le dos tourné à gauche, il s'ensuivait que les livres étaient couchés dans les rayons tantôt sur un plat tantôt sur l'autre, de façon à pouvoir lire le titre sans manier le volume *%,
Lors que la mode vint d'emboiter le livre dans une reliure ornée, il arriva que l'on écrivit le titre sur une sorte d'étiquette en peau qui débordait les plats de la reliure,
Peut-être aura-t-on commencé de fort bonne heure à écrire le titre sur le dos du livre, lequel, obligé de rester souple, ne pouvait recevoir de décoration comme les plats.
Les armoires dans lesquel les on enfermait les livres étaient à deux battants.
On les faisait de bois précieux, notamment de bois de cèdre avec des ornements d'ivoire 2#,
Tout ce qu'on savait désormais c'est que l'édifice avait été achevé au moyen de 400 000 sesterces, environ 100 000 francs, à la suite d'un legs de Quintianus Flavius Rogatus. Les fouilles nouvelles en 1904 sur l'emplacement de la basilique constantinienne de Sainte-Restitule, à Naples, inscr., dat., t. x1, n. 2704. — À Dictionn. d'arch. chrétiens, cette découverte d'un nouveau fragment de la même inscription. Les voici rapprochés :
RS TE M IVLII QVINTIANT FLAVI SA AM TESTA|MENTO SVO REIPVBLIC/ Tha|MVGADEN SIVM PATRIAE SVAE LE opus biblil M THECA E|EXIS CCCC MIL : NVMQ PER FEICTVM EST
La restitution : [opus biblilothecæ est très probable et la disposition comme la construction de l'édifice : si prétent bien à une semblable destination. Le monument était voûté, et ce genre de couverture convient bien à une bibliothèque qu'elle garantit contre les infiltrations des eaux pluviales. Les livres étaient rangés dans des armoires ou des casiers qui recevaient les renfoncements rectangulaires ménagés sur le pourtour du périmètre intérieur ; ils pouvaient être les inscrits en rouleaux, les autres reliés et déposés sur les rayons des armoires.
Le cimetière chrétien de Sainte-Christine, à Éa, a donné deux plaques de marbre ayant servi à des loculi. On y lit :
En ce qui concerne la bibliothèque plus ou moins bien fournie de livres liturgiques que possédait chaque église, il est probable que cette partie du fonds était détachée du reste de la bib et conservée dans une absidiole accostée à l'autel ou à la chaire de l'évêque. Cette disposition existait dans la basilique construite par saint Paulin, à Nole, ainsi que dans un oratoire construit à Rome sur le Monte della Giustizia. Voici les paroles de saint Paulin : Cum duabus dextra lævaque conchulis intra spatiosum sui ambulacri apsis sinistralaxetur, una ‘earum immolanti hostias jubilationis parat ; altera - D cerdotem capaci sinu receptaculum orantes… In secreta 18 vero duobus, quæ supra dixi circa apsidem esse, versus indicant officia singulorum.
À dextra apsidis :
| [DITVR ET QVA
A sinistra ejusdem :
À la fin du Ve on lisait les deux distiques suivants sur l'absidiole aux livres de la cathédrale de Séville ( ?)
QVI MEDITARI VIS LAVDES ET CATICA XPI HIC PROMPTOS ANIMOS SVBDE BONIS STVDIIS. HIC TIMOR HIC DOCTRINA DATVR HIC CORE
1 ! F
— Les absidioles sont une disposition exceptionnelle et le rappelle l'appartement réservé aux rouleaux de la petite synagogue d'Hamman-Lif. Quelques monuments figurés nous font connaître le type et la disposition des armoires dans lesquelles on enfermait les livres. Le frontispice du célébre manuscrit connu sous le nom de codex Amiatinus, écrit à Wearmouth à Jarrow, avant 716, nous montre Esdras écrivant la Nu ( 11 & den TT 7 |
JAMLTPAEUE HPOUTE LN
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Ainsi la manière dont les livres étaient groupés dans une même armoire : OCT : LIB : — HIST : LIB : — PAUUSALOMON : — EVANG : III : — ACT : APOSTOL : — SUAREG : — PSALM : LIB- — PROPH : — EPIST : La légende porte ces mots : Codicibus sacris hostili “lclade perustis Esdra Deo fervens hoc reparavit opus AR | Br. 1556).
Le mausolée de l'impératrice Galla Placidia, à Raven-
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| 892 BIBLIOTHÈQUES 894
ne, offre au fond de la chapelle une mosaïque dont l'importance est considérable dans l'histoire de l'art chrétien (lg. 1557). L'interprétation donne lieu à bien des réserves, Ordinairement, on y voit un martyr, tenant d'une main un livre et s'avancant hardiment vers un gril posé sur des charbons enflammés. À gauche, une armoire ouverte contient les quatre évangiles, On voit communément ici saint Laurent auquel une tradition ancienne attribue le supplice de la chaise de fer incandescente ; plus récemment on a pensé y voir un saint jetant au feu un livre hérétique, peut-être saint Paul à Éphèse. Quoi qu'il en soit, nous avons ici une nouvelle représentation de ces armoires à livres dont les anciens ont fait si longtemps usage dans leurs bibliothèques.
On ne saurait étudier les bibliothèques chrétiennes de Rome sans rencontrer ce texte du Liber pontificalis, d'après lequel le pape Hilaire (461-468) fit édifier deux bibliothèques in baptisterio laleranensi !. Il s'agit de bibliothèques privées n'ayant rien de commun avec la bibliothèque publique annexée au scrinium Sedis apostolicæ, dans les dépendances du Latran. Au VIe, le pape Agapet fonda à Rome, à l'instigation de Cassiodore, une bibliothèque distincte de celle du Latran et située à une grande distance. Il y eut là un embryon de bibliothèque dans laquelle nous savons que les ouvrages mystiques des Pères étaient spécialement représentés ordine longo codicibus sanctorum divinæ pulchrit. condidit arte locü ; Gratia par cuncli scs labor ommnib ; unus. Dissona verba quide sed tam una fi des , Le projet de Cassiodore et Agapet fut d'abord contrarié par les troubles et peu après ajourné par la mort du pape (535-536). Mais ce projet avait pu recevoir un commencement d'exécution ; repris par saint Grégoire le Grand on en fit tout l'honneur à ce dernier pape. Cette simplification est d'ailleurs aisée à comprendre, Lette s legis miystica dicta dicentium. C'est ce que prouve l'inscription du manuscrit d'Einsiedeln # :
Scort veneranda cohors sedet ordine, Divine legis, muyslica dicta docens. Hos inter residens agapetus jure sacerdos ; codicilus Agapet était fils de Saints-Jean-et-Paul ad clivum Scauri (— Chitauris saint Grégoire était fils d'un autre Gordien et construisit un monastère dans sa maison paternelle située clivum Scauri. Ainsi tous deux, issus de la même famille, habitérent la même maison. Agapet aménagea une bibliothèque sacrée dont Grégoire fit usage et qu'il engloba dans son monastère.
on pratiquait quelquefois le prêt des livres !, mais certains monastères faisaient un véritable commerce de la copie et de l'exportation des livres, Dans le monastère de Luculla, près de Naples, sous la direction d'Eugippius, ami de Cassiodore, on envoyait des manuscrits dans toute la Campanie et jusqu'en Afrique , Luculla et Vivarium ont approvisionné les bibliothèques de l'Italie pendant le VIe ?, On faisait des cadeaux aux églises pauvres ; quant aux prêts et échanges, certaines Règles s'y opposaient formellement« , La règle de saint Pakhôme nous montre le soin qu'on prenait des livres. L'économe et son auxiliaire veillaient à leur conservation, Le second du monastère les enfermait dans des armoires spéciales prises dans l'épaisseur du mur®, On donnait à ces armoires le nom de « fenêtres » dans les monastères d'Égypte . Le goût des bibliothèques se développait, même chez les solitaires, | au grand scandale des anciens de Scété, ou bien on vit des moines et des fidèles se composer une bibliothèque à l'aide de vols impudents ?, J. Krall a étudié une bibliothèque monastique copte comprenant des papyrus appartenant au même dialecte que les documents de Schmûn. On en peut induire que ces livres sur papyrus appartenaient à une bibliothèque de Schmûn ou des environs. Cette bibliothèque présentait une particularité extraordinaire, On y parquait des moutons. Outre les livres, cette bibliothèque pouvait recevoir des documents de tout genre. Les notaires étant diacres déposaient des pièces de procédure comme le prouve de nombreuses notes de contrats coptes. Parmi les morceaux dans le dialecte faijumite se trouvent des fragments de livres en papyrus, Les textes grecs et arabes présentent quelques morceaux littéraires, mais en petit nombre et mélangés avec la masse des autres qui se composent de lettres dans la proportion de 80 pour 100 : le reste comprend des contrats, des calculs, des inventaires, des pièces officielles 10, XIX. CATALOGUE, — Nous avons dit que Callimaque, un des bibliothécaires d'Alexandrie, avait rédigé un catalogue en 120 tables du dépôt confié à ses soins, Il est tout à fait vraisemblable que cette division répondait à un classement plus ou moins ordonné des connaissances humaines ; passe-temps jadis en faveur auquel Leibnitz, Diderot et Ampère ont consacré une part de leur ingéniosité, Le goût et l'usage des catalogues semblent avoir été assez généraux, Pline le Jeune écrivant à Macer, qui souhaitait lire tous les ouvrages de Pline l'Ancien, lui disait en lui proposant la nomenclature : « Je ferai pour vous l'office d'un catalogue, fungarindicis partibus 11, » Vraisemblablement intitulé : Pinax, et il y écrivait par deux initiales les livres étaient classés suivant cet ordre, déroutant en tous, qu'on nomme l'ordre logique, « Prenez, je vous prie, Sénèque, le catalogue des philosophes, l'aspect seul de tant de travaux suffira pour vous réveiller 12, » Le (Y'A TN mairien Aurelius Opilius, avait composé un ouvrage surnommé Suétone trouvait écrit par une seule dans la plupart des catalogues et des titres de ses livres in pleris que tnulicibus et titulis 13, Enfin Quintilien voulant, sans encourir le reproche d'ignorance, se dispenser de citer un grand nombre de poètes sans valeur, dit qu'« il n'est personne, quel que soit étranger à la poésie, qui ne puisse prendre dans « bibliothèque et insérer dans ses ouvrages le catalogue des poètes. Si j'en passe quelques-uns, ce n'est donc pas qu'ils me soient inconnus 14, » | En ce qui concerne la disposition de ces catalogues nous ignorons tout. Le plus ancien catalogue de bibliothèque occidentale actuellement connu était celui du monastère de Fontenelle en Normandie, au IXe il ne nous semble pas possible à des distances si éloignées et après la ruine d'une civilisation et son remplacement par une civilisation différente, d'induire « l'type d'après un autre type très postérieur. Les catalogues des anciens étaient-ils des inventaires purs et simples sans numéros d'ordre, ou bien chaque ouvrage était-il accompagné d'une cote ; des découvertes futures pourront seules nous l'apprendre. Un usage des anciens catalogues peut toutefois nous rendre encore de réels services. Non seulement ils registraient le nom de l'auteur et celui de l'ouvrage mais encore le nombre des lignes (o+iyo :) qui vant un système fixe, la stichométrie (s-ryouétotx), principalement employé à Alexandrie et qui permet de calculer aujourd'hui encore l'étendue de certains ouvrages perdus ou incomplètement connus. Outre son catalogue, la salle de lecture d'une bibliothèque possédait des répertoires bibliographiques. À l'époque impériale, Philon de Byblos et Bees Pergame composèrent des bibliographies méthodiques pour l'usage des bibliothèques 5, La bibliothèque privée de Cicéron avait son catalogue !7, peut-être aussi celle de Sénèque t$, Rapprochons-en un catalogue d'ouvrages philosophiques sur un manuscrit d'Alexandrie, conservé à Saint-Pétersbourg t#, ! Dans l'antiquité chrétienne nous rencontrons des catalogues qui n'appartiennent pas au type que nous venons de désigner. Un des plus célèbres est le catalogue épigraphique gravé sur la chaire de saint Hippolyte, conservée au musée de Lateran 1, On à supposé librorum mebrum ; designatio veut dire ordo et dispositio librorum. — #Sénèque, De tranquill. animi, 1x, Vol num frontes, titulos et bibliothecarum indices : meminit.” que ce catalogue des écrits du saint mentionnait ceux-là seuls qui appartenaient à la bibliothèque dans laquelle il était placée. Cette explication est pure conjecture. Nous ne comptons plus parmi les catalogues bibliothèques des documents tels que le Canon de Munatori !, l'Index des livres de l'ancien et du nouveau Testament et des ouvrages de saint Cyprien dans le ms. de Cheltenham , également le catalogue des livres saints contenu dans le ms, Paris, Bibl. nation. gr. 107 (= cod. Claromontanus) ?,. Le premier catalogue d'une bibliothèque chrétienne semble avoir été celui qu'Eusèbe inséra au livre IIe de l'histoire ecclésiastique : Ubi cum probare vellenius quan Pamiphili studium erga divinas litteras fuisset, es librorum tum Origenis, tum aliorum Ecclesiæ miplorun quos ille undecim que colligerat exhibui4 JÉCUL ! ait nt | Liga Une inscription, trouvée en 1725, dans l'église Saint-Clément à Rome, mentionne un don de livres fait :
Suscipe hos Die velut minuta viduæ quæso Véteris novi que testamentorum denig. libros »Octateuchun, Regnum, Psalteriun : ac Profetarun Salomonem, Esdram, storiarum illico plenos.
= Où à + LE-Prousehen, Analecta. Kurzere Texte zur Geschichte der | | p. 890 sq. : Disqusitio de bibliothecis. — Îs. Carini, La biblioteca vaticana, proprieta della Sede apostolica, memoria storica, in-4°, Roma ; 1892, — C. Castellani, Le bibliotéche nel l'antichità dai lemipi pit remoti | alla Jine del l'impero romano d'Occidente, Richerche storiche, in-12, Bologna, 1884, — J. M. Chladenius, De lortuna bibliothecæ divi 'Augustini in exeidio hippanensi, in-%°, Lipsiæ, 1742. — J, W. Clark, The care of baoks, in-&, London, 1901 ; Libraries in the medieval and renaissance periods, in-8, Cambridge, 1804. — | thecis Romanorum, in-4°, Helmstadii, 1734, — Daunou, | all epoca romana con un appendice sopra antiche biblioteche di Ninive ed Alessandria, in4%, Milano, 1894. — MH. Géraud, Essai sur les livres dans l'antiquité et particulièrement chez les Romains, in-8v, Paris, 1840. — Th. Gottlieb, Ueber mittelalterlichen Bibliotheken, in-8, Leipzig, 1890 ; — Gräsel, Grundzüge der Bibliothekslehre mit bibliograph. und erläuternden Anmerhkungen, in-&, Leipzig, 1890. — J. Greiner, Bibliothecæ velerum deperditæ, in, Viennæ, 1729, — H. Grisar, Archeologia, Le bibliotheche nel antichità classica e nei primi lempi cristiant, dans Civillà cattolica, 1902, série X VITTE, t. vit, p. 145-799 ; t. van, p. 463-477. — C. Hxberlin, dans Centralblatt für Bibliothekwesen, t. Vi, | p. 481 sq. ; t. vu, p. 1 sq. — À. Harnack, Geschichie der altchristliche Litteratur bis Eusebius, in-&, Leipzig, 1898, À. 1, p. XXIX-XXX, LIX, 397, 905, 543, — M. Harlmann, Zum Bibliothekwesen in dem Islamischen, dans Centralblatt für Bibliothekwesen, 1899, avril, 186-187, — O. Hirschfeld, Untersuchung auf dem Gebiete dl, rüdans J. J. Mader, De biblioth. ai que archivis, 1666 ;
. Zig, 18884, t. XIV. — Marnsnys Diclionn., des antiquités
H.
BIDUANA. C'est le terme qui est donné à certains livres liturgiques au vendredi et au samedi ; on dit quelquefois Triduana en y comprenant le jeudi saint ; le mot est composé d'après Biduwum, 0 duum. Aussi dans le Missale gothicum on lit : fi fpiuntorationes in Biduana ; tem orationes in Biduana | les lettres écrites en février 1212-4713. L'ordre chronologique avait été interverti par l'auteur lui-même dans la publication qu'il en fit dans l'appendice du t, v des Origines, édit. 1720, On lit dans les actes de sainte Cécile, qui, quoi que non authentiques, représentent une assez haute antiquité : Biduanis el triduanis jejuniis orans se commendabat Domino. L'usage de ces jeûnes rigoureux qui consistaient à s'abstenir complètement de nourriture pendant trois jours était assez fréquent dans l'Église primitive. On trouve des témoignages dans saint Augustin, saint Jean Chrysostome *. Or c'était justement pour la cure de Headbourn-Worthy, pauvre paroisse située à un mille environ au-delà de Winchester et rapportant environ £ 100 (— 2500 francs) par an, que Bingham se résigna à sa destinée et se mit à prêcher dans la cathédrale de Winchester et cherchait à effacer l'impression de son malencontreux sermon d'Oxford ; il préchait dans la cathédrale de Winchester et cherchait à effacer l'impression de son malencontreux sermon d'Oxford ; il
LECLERCO.
BINTERIM (Antoine-Joseph). À. J. Binterim, né à Dusseldorf, le 19 septembre 1779, entré dans l'ordre de Saint-François en 1796 ; après la suppression de son couvent il entra dans le clergé séculier et administra la charge le 16 septembre 1697, mais ce fut en 1805 qu'il prit la charge de la paroisse de Bilk (1805-17 mai 1855). L'insignifiance de ses occupations curiales lui permit de s’adonner à l'étude. Il a laissé une œuvre érudite respectable qui a aidé en son temps et dans son pays au développement de la science des antiquités. Son principal ouvrage est intitulé : Origines ecclesiæ christianæ, paru en 1708, le dixième et dernier volume en 1728. Son principal ouvrage intitulé : Origines ecclesiæ christianæ, parut en 1708, le dixième et dernier volume en même année mourait au mois d'août de l'année suivante, 1728. 18H56, Cet ouvrage contient le traité de Pellicia, De christiana Ecclesiæ politia, développé et corrigé. Binterim publia ensuite un ouvrage intitulé : Pragmatische Geschichte der deutschen NationalProvincial und vorzüglichsten Diöcesansynoden von 1V. Jahrh. bis auf das Concilium zu Trient, mit Bezug auf Glaubens-
“Mgtand, 1706, suivi dans les éditions postérieures du | und Sittentehre, Kirchendisciplin und Liturgie, 1 vol, C | Delie volume de The sermons and letters on absolu- | in, Mainz, 1835-1849, une partie contient les actés.. [, les sermons furent préchés les 8 et 92 mai 1715, | des conci les, l'autre l'histoire”. — Die alte und neue li À
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907 BIDUANA Er :diücese Küln, in Decanate eingetheilt oder das Ercb. Kôln mit den Stiften, Decanaten und Vicarien sammt deren Einkommien, ete., ein Beitrag zur Geographie, Statistik und Geschichte des Erzb. Kôlns !, #4 vol., 18281890 : 2e édit., Dusseldorf, 1893. H., LECLERCO.
BIRRUS. Lians cette étude nous ne séparerons pas la lacerna et le birrus dont on verra l'étroite connexion, parfois même l'identité. Le monde romain, au début de notre ère, subissait, quoi qu'il en eût, l'invasion des mo des étrangères, L'empereur Auguste, au dire de Suélone, ne pouvait voir sans impatience l'adoption d'un certain petit manteau, largement ouvert sur le devant, confectionné en grosse laine et qu'on appelait lacerna (uavêvdas, mavôur, xavêç), L'usage de ce manteau, d'abord restreint aux officiers, s'était récir que ; l’étoffe employée élait si légére qu'un simple coup de vent suffisait à la soulever par-dessus les Fépau les. Tour à tour cache-poussière ou manteau dé ré pluie, on s'en servait même avec la toge ; Juvénal lé nomme #iunimenta togæ. La mode dura longtemps car nous lisons au Ve, dans saint Augustin, qu'un amoureux transi consentait, pour plaire à celle qu'il aimait, à en passer par tous ses capri ces, portant ut manteau pesant en été et én hiver une lacerna sous laquelle il grelottait : Nolo habeas talen : byrrum. Not habet. Si per hiemem li dicat : In lacerna te aa, eligit tremere quam displicere”. Les monuments païens sont d'accord avec les mont ments chrétiens dans la représentation de la lacertan L'arc de Trajan, à Bénévent, nous montre sur un de ses bas-reliefs les licteurs portant le petit manteau ; On PE Cr “ } La A _—— ” Tr - à - PA : pen Lg +. + a = | il h pandu parmi les soldats ; réservé primitivement pour la guerre on en était venu à sen servir pour se préserver des intempéries. Jeté sur les épau les, il descendait jusqu'aux cuisses ! ; son extrémité inférieure était efiloquéet, une agrafe ou une palle d'étoffef servait à attacher sur la poitrine les coins de l'extrémité supéricure. Ce vêtement était d'une extrême commodité parce qu'il servait tout ensemble à préserver et à échauffer et que, le cas échéant, il n'entravait en auc une facon les mouvements des bras, à condition de rejeter les pans de la lacerna derrière le dosf, Dés l'épo que impériale, ce vêtement, confectionné avec luxe, était adopté par la haute société qui le portait principalement en assistant aux représentations du voit, sans hésitation auc une, que ce manteau n'était pas pourvu du capuchon, Marc Auréle est représ avec la lacerna sur un bas-relief conservé au pi des Conservateurs, à Rome, son vêtement n'ollreà lument rien de spécial. D'après le type qui ressort voyons la lacerna beaucoup allongée, mais termi comme sur les fonds de coupe, par une frange ebas A. chée par une agrafe ronde. 4 « 4 Les peintures des cimetiéres, contemporaines JESMNSS, période des inhumalions, ne nous offrent aucunexemp à L. perspicue luceant varietate hciorum effiqiatæ in species anime N h Liu multiformes. — — Juvenal, 1,27 : Tyrias huneronen “a arte cristiana, t. nr, pl 182, n. 3-6, rapprocher de de 2 | pe | 4 tain de la lacerna, Une fres que tardive du cimetière Pontien, qui n'est pas antérieure au VIe, rente quatre personnages vêtus du pallium, de la na, de la chlamyde et de la penula (Ag. 1558) !. : fres que orne le mur du fond du tombeau des ls martyrs per sans Abdon et Sennen. Au centre le Christ, sortant d'une nuée, vétu de la tuni que et du pallium, couronne de cha que main les deux martyrs + $CS ABDO placé à sa droite, + $CS SENNE *# à sa gauche. Tous deux sont barbus, vêtus de la e à manches, relevée à la taille, portent la na et le bonnet phrygien. Deux autres saints les tent, ce sont : +5CS MILIX et +5CS BICENTIVS. remier qui est soldat porte la luni que el la chla-, il est imberbe ; le second est vétu de la tuni que ‘et de la penula, il est imberbe et tonsuré. Les nts sont en orants, Abdon et Sennen participent du Christ ; tous sont nimbés et Le Christ a le crucifére. Au haut de la fres que on lit encore une on en partie ellacée : + DE DONIS I ET ABDO ET SENNE GAVDIOSVS.
Le birrus était un manteau de même coupe que la erna, mais il était en outre pourvu d'un capuchon ?. & plus ancien témoignage relatif à ce vétement dans rature chrétienne se lit dans les actes proconsudu martyre de saint Cyprien : Et ita idem Cysin agrum Sexti productus est et ibi se lacerna nepoliauit el genu in terra flexit et in orationent no prostravit. Et cum se dalmatica exspoet diaconibus tradidisset, in Linea stetit®, sion lacerna birrus se comprend sans peine. deux mots avait dû, en manière d'éclaircisseêtre mis en marge ; on l'a fait entrer dans le D'après l'indication du texte on voit que saint en portait le birrus par-dessus tous ses vêtes. D'aprés son nom méme on voit que le birrus primitivement de couleur naturelle de la laine birrus, « roux », et la lacerna était de couleur, Mais quand le luxe adopla ces deux vêtements, fa l'aspect austère, Le changement s'arrêta la lacerna demeura une pélerine légére pour Une loi somptuaire de l'année 382 assigna le aux eschiwes : Servos sane omniun… aut S uti pernritiimus œut cucullis. On remavquera ipprochement des deux vétements qui forment lement des moines de ce temps, Dans les minialures des manuscrits du moyen âge la lacernæ et le birrus constituent avec la coulle la garde-robe monasli que , sauf toutefois dans les pays ou le birrus était enrichi de broderies et d'ornements ® ; mais en ce cas on conservait la coupe et l'étofle grossière, comme it le cas pour les moines d'Égypte. Les chrétiens se bornaient à attacher sur le birrus des croix le différente et tranchant sur le fond’. Le le de Gangres, tenu au 1v° siécle, prescrit dans Canon 12%, à ceux qui pratiquent la vie relie, tos Manu : sopoèvsxc, de repousser les moines du birrus, ce que Zonaras entend des birrus de tx onouxx vpzouarz. Sulpice Sévére parle dans le > sens de certains birros rigentes et fluentes que at Augustin de son côlé qualifie de pretiosos. La birrus resta un manteau lourd et épais pour régle de saint Isidore, e. x111, nous apprend que linteo noi oportel monachum indui, orarium, birros, planélas, non est fas uti.
Le birrus servait non seulement aux moines mais aux cleres. Il semble qu'on en ait fait communément usage en Afri que où nous voyons saint Cyprien s'en servir ainsi que saint Augustin et ses clercs : Nemo det byrrum, vel lineam tunicam, seu aliquid, nisi in comm une... Nolo talia ofjerat Sanctitas vestra, quibus ego solus quasi decentius utar ; offerat mihi, verbo gratia, byrrum pretiosum : forte de cet episcopum, quamvis non deceat Augustinum, id est, hominem pPauperem, ef de pauperibus nalum. Modo dicturi sunt homines, quia inveni preliosas vestes, quar non potuissen habere vel in domo patris mei, vel in illa sæculari professione mea. Non de cet : talem debeo habere, qualen possum, si non habuerit fratri meo dare. Qualem potest habere presbyter, qualem potest habere decenter diaconus et subdiaconus, talem vole accipere, quiæ in comm une accipio. Si quis melioreni | dederit, vendo : quod et facere soleo ; ut quarndo non potes ! veslis esse communis, prelium vestis possil esse comm une. Vendo et erogo pauperibus. La vie de saint Deicole nous le montre détachant son birrus pour avoir moins chaud : 1pse vero ulpote de itinere lassus, antequan sessum pergeret. Birrun : suun, quent Græci amphiballum vocant, deponere voluit causa refrigerandi 10, On trouvera d'autres textes, mais d'une épo que postérieure à la limite de nos recherches dans le Glossaire dé Du Cange. Baronius, Anna les, ad an. 261, estime que la lacerna et le birrus sont l'origine de divers vélements ecclésiastiques, tels que cappa, pluviale cotla, rochet 11, BISCANDENS, BISOMUS, Les deux expressions passablement énigmaliques que nous rapprochons ici ont rapport à deux aspects divers d'un mode uni que d'inhumalion. Selon que les cimetières étaient établis à la surface du so ! où dans le sol, la disposition des tombes différait, Tandis que dans les cimeliéres souterrains, les loculi sont creusés dans la paroi verlicale, les cimetières à ciel ouvert ont des puitsen maconnerie (très peu différents de nos cave aux}, à fermetures horizonta les, dans lesquels on dispose les uns audessus des autres jusqu'à dix corps. Ce nombre toutefois peut passer pour exceptionnel, Nous connaissons une inscription qui mentionne la présence de huit corps superposés L ; généralement on se bornait à beaucoup moins : deux ou trois ; de là les expressions : biscandens, lriscandens analogues aux expressions bisomius, lrisonrus en usage dans les catacombes, où les corps sont rapprochés non plus par superposilion, mais par juxtaposition dans un tombeau à deux, trois, quatre pla ces ou plus.
Dans les catacombes cha que cavité destinée à recevoir un défunt porte le nom de locus, et suivant sa profondeur et les divisions pratiquées : locus bisomus, briso-. mius, quadrisomus, parce que la cavité peut recevoir deux, trois ou quatre corps. Le terme disonitum serait réguliérement emprunté au grec et nous trouvons à Bénévent une inscription : VAS DISOMVM :5, mais cette forme ne se présente ja mais dans l'épigraphie chrétienne. L'exemple cité : LOCVM DVSOMVM vient d'une copie inexacte f.
Les inscriptions ne mentionnent guëre de tombes autres que bisome, trisome, quadrisome. Cependant, l'épigraphie grec que chrétienne nous fait connaître à Saloni que une lombe monosome (fig, 1559) : Kyunrnprov povécwpor. »Evba ire apr co « AcxaproRAARTRE ps ON RE NocC | pre PLONEI HOT : Pe É RE - à ; SJ j + À w Je se - PSS CE. LEE st “4 DE SF À : s à A4 j DRE Ne at 2 2,3, LT pe Hi a) Be ie et A + Host LE : ÉF : a » Ce NT AN HUE + POELE Le D Ç » VA voi 2e Lu : e j 'Ee dr RC LAR Le 4 LA Cu 7 1 ne. nn A À 1 GRANT Ne + (SRE EE EF er Len et à 4 à CRE nt Pl UE eue Lee à dt M Tee te CRE le — D Tnt Le CR PT ete F vavodgos *, Plus fréquemment on rencontre la mention : bisome. En voici quelques specimens ? :
ET : AMPE
L'inscription suivante peut être complétée avec cerEGO TIBEPIVS San
NVS CVMPARABI
PER ANTIVM FOssorem biso MVM DEPOSITA : LI celle-ci également s : vs SGbb(T)ACIVS ET MARcial ?) emerunT SIBI LOCV BlSoniumm ….KAL OCrtobris Le recueil des Inseriptiones christianæ urbis Romæ contient quelques autres exemplaires qui n'offrent auc une particularité 6.
_ conditions particulières. IL nous faut entrer à ce s voyons dans les colombaria païens faire usage de | pelua ad summum, perpelua ab imo, continua & | Sans doute on y à trouvé des chiffres numér aux i Parfois nous rencontrons le locus bisomus ee des dans quelques développements.
Boldetti trouva à l'étage inférieur du cimetière de Domitille une inscription souvent reproduite et qui mentionne une sépulture dans un cimetiére à n face du sol. Cette tombe était destinée à un nc Annibonius et à sa famille, ae hommes seule : | elle contenait huit pla ces, Le libellé de l'inscri nous fait connaitre le nom qu'on donnait à ces caw funéraires : formæ., Voici l'inscription ? :
ANNIBONIVS FECIT SIBI ET SVIS LOCVM HOMIBVS N VII INTRO FORMAS EC TON EMON PANTON TVTO EMON
Annibonius fecit sibi et suis locum hominibus numero VIII intro formas. L'épigraphe couvrait donc un tombeau portant le nom de formæ. L'origine de ce nom semble venir du terme servant à désigner les cases aux, c'est-à-dire des murs de maçonnerie parallèles fréquemment subdivisés en plusieurs et dont la disposition rappelait le système des poches de maçonnerie divisées par des dalles posées à plat. Les places ainsi obtenues recevaient des appellations variées. Les loculi souterrains pouvaient commander soit horizontalement soit verticalement une série de tombes. Pour désigner la distribution verticale des nécropoles, on employait des termes tels que : ab imo ad summum, a solo ad fastigium, dissoni imo, ollat continuas infra, ollas continentes, ab sursunis. Rien de pareil dans les cimetières chrétiens qu'on a pu interpréter du nombre des loculi disposés, mais rien de plus. Sur la face des loculi, on trouve plusieurs fois des chiffres tracés à la main ; Bosio a lu dans des cimetières de la voie Appienne de la voie Ardéatine les nombres 1, X, XX et quelques autres ; dans le cimetière de Sainte-Agnès : I, II, III, IV. Bruni dit de son côté avoir lu des nombres : verbi gratia XXX, LXX in lapidibus pas vel calce. J.-B. De Rossi dit en avoir lu également. Les chiffres peu élevés tels que ceux qu'il a rencontrés au cimetière de Sainte-Agnès ne correspondent toujours au nombre de ceux qui reposent dans la cavité funéraire, où un tombeau bisôme porte le chiffre VIII. Cependant, J.-B. De Rossi a remarqué dans le cimetière que les chiffres ainsi tracés répondent au nombre des loculi ab imo ad summum vel a summo ad imum, mais on ne saurait tirer de là rien de précis.
Cependant, dans le cimetière basilique de Sainte-Agnès, Mariano Armellini a noté à la surface du sol. La série de lignes de l'inscription présente la traduction ainsi : « Det... ; les tombeaux à fleur de terre, forma, on emploie le mot locus pour désigner chacune des subdivisions ou compartiments de la forma. À Ostie, nous avons l'emploi du pluriel loca que l'érudit Jérôme a supposé, un peu inconsidérément, avoir été en usage dans les catacombes !. Les cimetières RS se... Les espaces étaient donc à fleur de terre, et les formæ ne pouvaient avoir que peu de profondeur. Une épitaphe d'Ostie, qu'Amati croyait être enne, nous offre une formule tout à fait remarquable : l'épitaphe qui taille le nom de la défunte nous indique l'existence d'un locus inférieur occupé par elle et d'un locus supérieur réservé à l'un des siens par l'effet d'une concession dont on ne nomme pas l'auteur, peut-être l'administrateur du cimetière. Il s'agit donc ici d'un tombeau bisôme ex loca duobus concessis aliterum. Mais ce tombeau bisôme ne consistait pas en deux places côte à côte mais en une forma à deux étages superposés, c'est-à-dire à deux loca, alterum fratrum. C'est ce que fait connaître la formule épigraphique : ex locis duobus concessis sive mater sive pater ponatur.
Une autre épitaphe d'Ostie offre une formule non moins intéressante :
CAELIDONIVS : HIC DORMIT : QVI + BIXIT + ANNIS : XXV :
MES : VIII : DIES + XVIII : LOCA
Nous savons des conditions du sol et du système de sépultures en formæ, qu'il imposait, nous pouvons... l'expression loca que ipse clusit signifie que c'est le défunt qui est venu remplir le locus VIII de l'ouverture d'une forma et ainsi son reueil a clos les loca. Une troisième épitaphe d'Ostie montre un LOCVS PLENVS (locus plenus) indiquant qu'il ne restait dans la forma aucune place disponible. Une épitaphe de la basilique de Saint-Paul, en 393, donne les noms de deux défunts déjà inhumés et fait remarquer qu'il reste deux places : bisomus vacat.
Étant donnée l'origine ostienne de cette pierre et ce... pie chiffre IL correspond toujours à des tombes
QUAE IPSE CLVSIT |
PETRONIVS IN PACE XVII-KALENDUS NOVEMB. QVI VIXIT ANNVS LXVI-CONSULATU LYBRII ET PROBINO VV CC-HIC REQVIESCIT-IN PACE. quae se biba fecit BISOMVS VACAT | Une pierre dont la forme et les dimensions semblent indiquer qu'elle a dû servir à fermer une tombe du type des formæ, conservée au monastère de Saint-Bernard, aux thermes de Dioclétien, nous offre cette formule :
| LOCVS HCHERI VH BISOMVS VBI POSITA EST FILIA EIVS | : PALATINA VIRGO | QVEIVS SVNT FRATRES ANASTASIVS VEL AQVI LINVS : SE VIVI FECERVNT | | AT CORPORATREA BACANT | Locus (Eucheri( ?) viri honesti bisomus ubi posita est filia ejus Palatina virga (cujus) sunt fratres Anastasius vel Aquilinus (qui) se vivi(s) fecerunt : at corpora tria (vacant). Euchérius a donc déposé sa fille Palatina à la partie inférieure d'une tombe bisôme dont il s'est réservé l'étage supérieur. Les frères de la morte ont acquis deux autres tombes et le fossoyeur chargé de la vente a profité de l'espace libre qui demeurait sur la pierre pour avertir les passants qu'il restait trois places vacantes. Ainsi, nous avons ici un tombeau à sept places. Quoiqu'on rencontre des tombes à trois places dans l'épigraphie, c'est principalement le bisomius et le quadrisonius qui sont employés. Les pierres qui portent ces inscriptions sont de celles qui sont pratiquées dans le pavement des basiliques, des portiques ou des areæ à ciel ouvert. J.-B. De Rossi a rencontré un marbre provenant d'une forma à ciel ouvert du cimetière de Callixte ; elle portait cette inscription... Le locus quadrisomius ne pouvait être en ce cas un espace contenant quatre places sur le même plan, mais une fosse ou forma quadrisoma subdivisée in quatuor loca ab imo ad summum, c'est-à-dire alterum supra alterum.
Les mots bisomus, trisomus, quadrisomus semblent avoir passé de l'usage au Ve et au VIe. On ne les rencontre guère après le VIIe ; voici probablement une des plus récentes, en 390 ou 987 ?
Les tombeaux construits à fleur de terre étaient donc appelés bisome ou trisome, selon qu'ils comportaient les proportions doubles ou triples de ceux d'un simple armoire,
RE AE CAE
locus, pour recevoir des défunts placés à côté les uns des autres. Chaque place était distincte des autres au moyen de grandes dalles posées debout. Les tombeaux ainsi disposés, dans lesquels chaque case était séparée de la case voisine, portaient le nom de locus biscandens, tercandens, termes bizarres, ignorés des lexicographes et qui réclament une explication. L'unique monument qui rende témoignage de l'existence d'un locus tercandens est une épitaphe de la basilique de Saint-Paul, de l'année 547 : LOCVS ANTONINI ARGENT. TERCANDENS ! et la suite, qui nous fait voir qu'il s'agit de ce qu'on appelait plus anciennement locus bisomus. On peut se demander comment candens, qui signifie « étincelant, éblouissant », uni à ter, a pu devenir synonyme de trisomus, tombeau capable de contenir trois corps. Peut-être la triple division obtenue au moyen de dalles d'une éblouissante blancheur est-elle la raison de cet étrange vocable. Ce terme offre un analogue dans biscandens. Nous le rencontrons sur quelques épitaphes, parmi lesquelles :
Lucillus Pelio se vivum comparabit locum vescandente(m) in basilica majori ad dominum Laurentium in meso et situ presbyterii. Le locus vescandens, besocandens, biscandens équivaut à locus bisomus. Le mot biscandens invite à faire un composé de bis et scandens dont le rapprochement aurait amené la suppression d'une s ; ainsi, nous aurions le choix entre candens et scandens, qui, dans le latin rustique, veut dire séparer, diviser. Scandula a divisione vocata, écrit Isidore ; duplex enim est, scanditur que, id est dividitur. Si telle est l'étymologie vraie du mot, on voit que l's sifflante avait dans biscandens une tendance à disparaître ; elle a, en effet, disparu complètement dans tercandens. Entre les deux étymologies candens et scandens, c'est évidemment la deuxième que nous préférons.
H. LECLERCOQ.
I. ORIGINES, — Au début de notre ère, la Bithynie était entièrement pénétrée par la civilisation hellénique. Tandis qu'en Phrygie les habitants parlaient encore l'idiome indigène, en Lycie, en Mysie et en Bithynie on ne parlait plus que le grec. Pendant quelques années, comme pour ménager la transition entre la vieille unité provinciale et la réduction en province romaine, Pergame, le Pont, la Bithynie avaient formé des royaumes artificiels qui avaient peu duré. Au 1er siècle, toute l'Asie-Mineure avait accepté la domination romaine avec reconnaissance. Les conditions de l'évangélisation s'en trouvaient facilitées et pendant le second voyage apostolique de saint Paul, l'apôtre fut un moment indécis s'il ne tournerait pas au nord vers la Bithynie, Mais il survint des incidents dans lesquels il vit une indication de la voie à suivre, il ne poussa pas plus loin. Il est infiniment probable que les disciples de Paul pénétrèrent en Bithynie. La première épître de saint Pierre est adressée aux frères de Bithynie : « δελφοί, ο κατὰ Βιθυνίαν ». Un demi-siècle plus tard environ, le christianisme paraît en Bithynie un culte enraciné, qui a pénétré tous les rangs de la société, envahi les bourgs et les campagnes aussi bien que les villes. La prospérité et la vogue du nouveau culte sont telles que la religion officielle est généralement délaissée et l'autorité romaine voit les habitants s'éloigner des temples, les sacrifices cesser, les victimes devenir invendables. Vers l'an 112, un premier retour offensif du paganisme s'est produit, une persécution locale a déterminé un certain nombre d'apostasies. Alii ab indice nominati, esse se christanos dixerunt, et mox negaverunt ; fuisse quos sed desiisse ; quidam ante triennium, quidam plures annos, non nemo etiam ante viginti.
Depuis lors, malgré des crises périodiques, le christianisme avait reconquis ses positions, Pline le Jeune ayant été nommé légat impérial extraordinaire de Bithynie et du Pont voulut relever le culte officiel de sa déchéance. Le nord de l'Asie-Mineure avait été jusque-là gouverné par des proconsuls annuels, sénateurs tirés au sort, qui l'avaient administré avec la plus grande négligence. À quelques égards, la liberté y avait gagné. Fermés aux hautes questions politiques, ces administrateurs d'un jour s'étaient préoccupés moins qu'ils ne l'auraient dû de l'avenir de l'empire. La dilapidation des deniers publics avait été poussée à l'extrême ; les finances, les travaux publics de la province étaient dans un état pitoyable ; mais parce qu'ils s'occupaient à s'amuser ou à s'enrichir, ces gouverneurs avaient laissé le pays suivre ses moeurs. Le désordre, comme il arrive parfois, a profité à la liberté. La religion officielle, privée du soutien que lui devait l'État, était tombée à rien. Les temples omis à ruines tandis que les corporations religieuses indépendantes, les hétéries, s'étaient développées à l'intérieur. Le noyau chrétien comptait des éléments moins nombreux peut-être qu'énergiques. Autour de ces éléments, la population indécise mais bienveillante, sympathique, à demi convertie, portée à l'imitation, se détachait progressivement de l'idolâtrie.
Pline ne comprenait ni l'horreur des uns ni l'indifférence des autres à l'égard du culte officiel. Pline était un lettré, nullement psychologue. Un désorienté par cette situation à laquelle il n'avait jamais réfléchi, il prit l'habitude de recourir directement à l'empereur dans tous les cas embarrassants. Trajan lui répondait lettre pour lettre. Ainsi ce fut la volonté de l'empereur que tout fut surveillé, même en Bithynie. Il fallait se munir d'autorisation pour les moindres choses. Un édit interdit les hétéries ; aucune corporation ne trouva grâce. Les Églises chrétiennes étaient préoccupées de ces assemblées ; dans les différents stades de sa carrière d'avocat et de magistrat, aucun chrétien n'avait comparu devant lui ni fait appel à son talent. Cependant, les dénonciations déposées contre les gens de cette religion se multipliaient ; en conséquence, le légat ordonna des arrestations.
Dans l'automne de l'année 112, il résidait à Amisus (aujourd'hui Samsoun), sur la mer Noire. D'après son itinéraire administratif qui se laisse reconstituer sans peine, on croit que les incidents qui l'avaient ému s'étaient passés à Amastris (aujourd'hui Amassera), ville qui fut dès le 2e siècle le centre du christianisme dans le Pont. À ces incidents nous devons deux inappréciables documents que nous allons transcrire une fois pour toutes, afin d'y pouvoir renvoyer à l'avenir chaque fois que nous les rencontrerons dans nos études.
Lettre de Pline à l'empereur : « Je me fais un devoir, Sire, d'en référer à vous sur toutes les affaires où j'ai des doutes. Qui, en effet, peut mieux que vous diriger mes hésitations ou instruire mon ignorance ? Je n'ai jamais assisté à aucun procès contre les chrétiens ; aussi ne sais-je ce qu'il faut punir ou rechercher, ni jusqu'à quel point il faut aller. Par exemple, je ne sais s'il faut distinguer les âges ou bien si, en pareille matière, il n'y a pas de différence à faire entre la plus tendre jeunesse et l'âge mûr, s'il faut pardonner au repentir ou si celui qui a été tout à fait chrétien ne doit bénéficier en rien d'avoir cessé de l'être, si c'est le nom lui-même, abstraction faite de tout crime, ou les crimes inséparables du nom que l'on punit. En attendant, voici la règle que j'ai suivie envers ceux qui m'ont été déférés comme chrétiens. Je leur ai posé la question s'ils étaient chrétiens ; ceux qui l'ont avoué, je les ai interrogés une seconde, une troisième fois, en les menaçant du supplice ; ceux qui ont persisté, je les ai fait conduire à la mort ; un point, en effet, hors de doute pour moi, c'est que, quelle que fût la nature délictueuse ou non du fait avoué, cet entêtement, cette inflexible obstination méritaient d’être punis. Il y a eu quelques autres malheureux atteints de la même folie que, vu leur titre de citoyens romains, j'ai marqués pour être renvoyés à Rome. Puis, dans le courant de la procédure, le crime, comme il arrive d'ordinaire, prenant de grandes ramifications, plusieurs espèces se sont présentées.
Le texte à corriger est très long et nécessite une attention particulière pour préserver les lignes vides, les accents, les mots latins et grecs, ainsi que les autres éléments spécifiques demandés. Voici le texte corrigé en totalité :
Le martyr souffrit encore le martyre vers le même temps, Bassus, qui est peut-être un évêque de Nicomédie. Dans une ville de la province souffrirent Thyrse, Lucius et Callinique.
Au début du 4e siècle, Nicomédie était devenue résidence impériale. Dioclétien y faisait de longs séjours. Son gendre, le césar Galère, vint l'y rejoindre et y passa avec lui les derniers mois de l'année 302 et les premiers mois de l'année suivante. L'entourage de Dioclétien comptait alors un très grand nombre de chrétiens.
La persécution commença. Après l'abdication de Dioclétien, Maximin Daïa fut proclamé César à Nicomédie et le rescrit de ce prince nous apprend que Nicomédie et la province de Bithynie comptaient encore un grand nombre de chrétiens : Merà à rara, ôte rageildvrt éviauro egTuys Énéônv elç Tv Ninopräsav. ÉYvoY mhelorous sfe aûrie Dpnanie vôpas Év autoïe Tois MÉpEerv ouest À, à Avant appris qu'il existait encore beaucoup de gens de cette religion dans cette contrée... Laclance, qui avait professé les belles-lettres en Bithynie, nous dit à ce propos : Ego cum in Bithynia oralorias lilteras accilus docerem….. duo exstiterunt ibidem qui jacenti et abjectæ verilati insultarent ?, Dès la paix de l’Église, la Bithynie est appelée à recevoir dans une de ses villes, Nicée, le premier concile œcuménique ?. À cette époque la Bithynie comptait un certain nombre de villes épiscopales : Nicomédie, Nicée, Chalcédoine, Kios, Pruse, Apollonias, une autre Pruse, Hadriani, Césarée. La province comprenait quelques évêchés de campagne puis que, au concile de Nicée, nous constatons la présence de deux chorévêques. Drepanum (— Helenopolis) avait une communauté chrétienne, semble-t-il, Pariethia, ville non identifiée de l'Hellespont, a eu des chrétiens. Enfin la Bithynie a eu des communautés novatiennes à Nicomédie et à Nicée, Il, — Le plus précieux monument de l'épigraphie bithynienne est l'épitaphe d'un jeune homme publiée pour la première fois par M. Georges Perrot qui l'avait découverte sur l'emplacement de la ville de Hadriani ad Olympum, fondée au cours d'un voyage de l'empereur Hadrien et qui fut la patrie du rhéteur Aelius Aristide, lequel, au dire de son biographe, aimait à revenir visiter sa ville natale. Au 1er siècle, Hadriani avait un évêque ; plus tard, la ville sera représentée au IIe concile de Nicée : nédauws « Aëpavos 10.
Voici l'inscription dont nous voulons parler :
TON TIACIN IAION KaAl orne MOATOABOIC ANAPACINSSSS FIOIC AOZAN EDEIAAME NOCNEIKATOPIC TINTTOËE ZENODUNTOC FONETOYEMER EST EIMHN NAEICTHNEKII FAERT ONACI BPOTOICI Nues ESS 0) T E AA GO E O Yes anse MAO YNOIMNEIAT E Pres ; 2 10 YAAMOICTE AFEIOICK a FN GO CMACINITANT ACE SR ENATEIGTETONCGE TES XPEICTOYAXPANTORRE He TOTE ANAKTAZOHCB #2 15 THCAI KAI OANEPIS## RROIC MEAAOPOIC ATH 2222 A CT E AM GO M G)COKT EE KABANTACE Mas AOZ=ANAXR ASE Tov räauv ofrov wai GEliov] rodvdiGors évêsatv [èmi-| ylous. AGiav épeshdule-]vos vemtrogre mivuro[0], Esvopov- | | ce passage l'expression redevient volontairement symétrique. La paléographie est celle en usage en Asie-Mineure dès le second et pendant toute la durée du 1er siècle. Le style est rempli de symbolisme, mais d'un symbolisme moins raffiné que celui que nous trouvons dans la célèbre épitaphe d'Abercius, puis que à côté d'expressions cryptographiques telles que « le troupeau » on voit le nom du « Christ » énoncé clairement, Mais à partir de bolique ; les dernières lignes ne sont pas moins en leur genre, que plusieurs passages des inscriptions de Pectorius d'Autun et d'Abercius le Phrygien. Si nous ne lisions le nom du Christ, une expression aurait pu faire quelque difficulté, c'est la mention du SET Groros. Ces mots nous autorisent à supposer qu'à Hadriani comme dans un très grand nombre d'églises primitives le christianisme avait été précédé par une proseuké juive, En effet, une série d'inscriptions découvertes depuis peu d'années dans la Russie phore !!, L'influence religieuse des juifs y était telle que de rendre un culte exclusif au Dieu Jerez, nom que les juifs donnaient à leur Dieu Jahvé 12, Cette désignation se retrouve sur les dédicaces épigraphiques dans tout l'Orient, dans la péninsule des Balkans et même à Rome, et il n'est pas douteux que le Ge : Sbiaroz ait désigné presque exclusivement le Dieu des juifs, même parmi les groupes réfractaires aux pratiques de la syEos e, L'inscription d'Hadriani ad Olympum présente un intérêt particulier pour les études liturgiques. La lettre de Pline signale l'existence de communautés organisées et prospères, Il pourrait se faire que la persécution de l'an 112 ait troublé pour longtemps plusieurs de ces communautés ; ce serait le cas de celle d'Hadriani qui, un siècle environ plus tard, n'était pas complètement pourvue du personnel indispensable à l'exercice du culte et se trouvait dans le cas de tolérer le cumul des fonctions de chantre, psaltes, et de lecteur, anagnostes. Toutefois, le fait n'est pas sans exemple. Parmi les martyrs de Palestine pendant la dernière persécution se trouvait un vieillard nommé Procope qui cumulait trois charges dans l'Église de Seythopolis : lecteur, interprète, exorciste ! ; dans l'Église de Césarée, Romanus remplissait les fonctions de diacre et celles d'exorciste ?. On s'explique que le fait devint fréquent en temps de persécution. L'auteur des Quæstiones veteris et novi Testamenti fait à ce propos une observation à retenir ? : Quamquam romanæ Ecclesiæ diaconi modice inverecundiores videantur, sedendi tamen dignitatem in Ecclesia non præsumiunt ; ut aulem non omnia ministeria obsequiorum per ordines agant, multitude facit clericorum. Nam uli que et altare portarent el vasa ejus ; et aquam in manus funderent sacerdoli, sicut videnrus, per omnes Ecclesias… Major enim ordo intra se et apud se habet étminorem. Presbyter enim et diaconi agit officium eélexorcistæ el lectoris. Il paraît vraisemblable que les fonctions de psaltes et d'anagnostes auront dû se rencontrer parfois sur le même titulaire, comme ce fut le cas à Hadriani ad Olympum. L'ancienne discipline ne montre pas de répugnance à rapprocher ces degrés hiérarchiques et à confondre leurs fonctions.
Que faut-il entendre par ces paroles de l'épitaphe : « formant tous les fidèles au chant des psaumes sacrés et à la lecture des saints livres ? » S'agit-il d'une classe de chant et de diction professée par l'adolescent ? Ce serait, à notre avis, le sens du mot £5{%wy. On rencontre le verbe é6{w avec le sens de « habituer à quelque chose », c'est, pensons-nous, le sens convenable ici. _ À faut ajouter aux signes non équivoques d'antiquité que nous avons relevés la mention faite au début de l'épitaphe de la filiation. À mesure qu'ils se séparaient plus radicalement de la société païenne, les fidèles affectèrent de briser avec d'anciens usages dans lesquels ils croyaient découvrir une incompatibilité avec les principes de la religion. Les Actes des martyrs contiennent plusieurs récits au cours desquels le fidèle renie tout au monde pour ne conserver que le seul titre de chrétien 5, Mais cette délicatesse spirituelle rencontra longtemps des résistances 6, l'épitaphe d'Hadriani ad Olynipum en offre un nouveau témoignage. On a d'autant moins le droit d'en être surpris, que le père du défunt avait eu son heure de célébrité. Qui fut ce Xénophon ? Nous l'ignorons absolument. Aucun indice ne permet de supposer que la victoire qu'on lui attribue soit celle des martyrs au cours d'une des persécutions dirigées contre les fidèles de Bithynie. A la rigueur véxarog rivurés pourrait s'entendre d'une telle victoire 7, mais l'absence du nom de Xénophon dans le martyrologe hiéronymien et dans le Martyrologe syre de Wright enlève toute vraisemblance à l'hypothèse.
L'épitaphe nous apprend encore que le jeune lecteur fut enterré & » &yelw 7e éme. Nous n'avons rencontré nulle part cette expression servant à désigner un cimetière, c'est donc bien du lieu saint, de l'église d'Hadriani, qu'il est question, Une inscription de Corcyre, dans l'Isaurie, nous parait avoir quelques rapports d'idées avec les préoccupations de l'épitaphe d'Hadriani * :
EÉauro sôv Tégoy rommas, Aragiav roro... xt pl phaons sdrefov. ‘O yap éu[oloséas vai Lov fn rar Tat. dyvas Plwaov ral vov tégov cutiËsrs » olxov Ya Oso Éaurov érékecas« aévaos ge [r@] avetv] éxcroaue.
Nos savons rien d'assuré touchant le répertoire musical dont le jeune psaltes bithynien charmait ses auditeurs. Nous pouvons cependant noter la coïncidence entre ce que l'épître nous apprend de son chant et le passage de la lettre rendant compte des occupations auxquelles les chrétiens se livraient dans leurs assemblées. « Ils affirment, dit-il, que toute leur faute ou toute leur erreur s'était bornée à se réunir habituellement à des jours fixés, avant le lever du soleil, pour chanter entre eux alternativement une hymne à Chrestos, comme à un dieu. » Il est assez probable que hymne a ici un sens générique et qu'il s'agit de toutes les compositions poétiques modulées par l'assemblée, car il semble bien que, dès l'époque apostolique, divers éléments aient été introduits dans la partie chantée de la liturgie : Amhodvtes Exurots Vadmots « at Juvoys “at mate rveunarrexic !, écrit saint Paul, et ailleurs il rapproche les trois mêmes types : dtêdorouvres mai voube- <odvres Éaurobs daimoic, Juvots, wars rveuuariats ?, L'« hymne » à laquelle les chrétiens faisaient allusion dans leurs interrogatoires appartient-elle à la catégorie indiquée par saint Paul, c'est possible et même probable, Juvenatius prétendait identifier, au moins d'une manière générale, l'hymne en question avec une pièce éditée par Muratori dans ses Anecdota latina et attribuée à saint Hilaire de Poitiers , Valois cite ces paroles de l'Anonymus adversus Artemonem : Waïpoi & Got xal œwôa aéchpay anagyñs Oro nurcoy ypugelont, tov Adyow Toù Geo Tor Xpeorov Uuvobor Oegloyoïvzes +. L'anonyme écrivait à Rome, au début du IIIe, mais rien ne prouve qu'il ne visait point les usages de l'Orient ; quant à la composition poétique attribuée à saint Hilaire, on pourrait invoquer en sa faveur l'exil de l'évêque de Poitiers dans des régions peu éloignées de la Bithynie. Ce sont là toutefois des conjectures dépourvues de vraisemblance. Peut-être trouverait-on une attestation plus ferme dans ces paroles de Commodien (vers 250) : hymnijficate choro….. Christo placite. Sans rien préjuger sur le thème et la facture de l'hymne bithynienne au Christ, on peut néanmoins faire un certain cas de la conjecture de James Usher qui inclinait à voir le carmen Christo quasi Deo, dans l'iuvos éwbivus de la liturgie grecque. On peut aujourd'hui préciser un peu plus, grâce à la découverte du texte syriaque de l'Apologie d'Aristide, dans laquelle nous lisons que les chrétiens à Dieu. Ceci nous rapproche un peu du curmen bi se réunissent « tous les matins et à chaque heure, à cause des bienfaits de Dieu, envers eux, ils chantent des louanges et lui rendent gloire 5. » C'est peut-être une allusion aux aivodmes Ge, ri EUAOYOÏLET Ge, 1 Juvodués de, Goéoloyaduéy ce, ce du canti que de l'aurore dans les Constitutions apostoliques 6. Ce canti que aurait alors été quotidien et adressé et à Aktché-Chéhir une colonne avec celle grossière inscription : + OPOI AHAPEPONTEC MONHC T&@N ACTEPIOY + Ogos êsxpénoutes povñns Toy ‘Acrepiou, aux environs d'Isdik, à leni-keui, sur la rive du lac de Nicée, l'aba que d'un chapiteau byzantin servant de base à une poutre donne une formule liturgi que 10 :
+IC ATIOC ICK
| NHWY 9041 44 Fi »Ayos, ? KfSouoc] || l'Insods Nororus ets] [| (élé(E)an | Oe0û [Ulu-lrpos. 'Aprv 4 A Nicée (— Isnik) l'inscription suivante est assurée AYPHAIAXPHITH Aprilia Xpñorn NQAIQNOZAYPHAIQ Ioatwvos Adenile ATTIKOKAIAYPHAIA 'Atru val Adpnhie l TPODIMIAKAIEMAYTA Thogmuix #ai Euaut 5 TOMNHMEIONKATEZ- :ù pvnueïov xaréqueuà [KEY ASETITOMETATOKA deu, Emi +6 uerk sd x FASENNAPNAT rarebivor ua appos - [bo | TEPOYZEINAIAYTOA zépou : sivar œûro = EKYATON El MHTEKoxuhkrov, # un veuvès [NON 10 HMONTITAOHEIAEJUÜV s1 mén ét 8Ë #16 ITIE | comme d'un canti que matutinal, Cet usage peu être rappri ES Je.. a ETE ! POZ ZKYAH AOÉrepos œuuañ, dde kdun [(ZEIAO TON TROE RENHMEoy x Ge à huépx mio | [PAKPIZ [au] x Aurélia Khresté, femme de Polion, j'ai préparé ce monument pour Aurelios Attikos, pour Aurélia Troet pour moi-même. Lors que nous y aurons été s, que nul n'y touche, il en rendra compte au jour du jugement. » porte une croix gravée en haut, à droite.
, dans l'angle aujour d'hui brisé et disparu. Celle e allecte l'ancienne forme chrismale :
* ‘Quelques autres épilaphes chrétiennes apparaissent sard des fouil les !, A Kutchuk-Bakal-Keuï, petit e à l'est de Chalcédoine :
« EVJOAAEKA|- ta]KIe INT H(-ai)N] :- *]J@MAC KAI 4[ ;- +*JHNINOC AAE :-
OI TNHCIO/ :
NICTOI +
”ù Ici reposent Nicomas et Antonin, frères de naissance, fidèles, » Veni-Chehir, importante localité au sud de Nice, itaphe suivante gravée sur une pierre de Ow40 haut Li musée ottoman de Brousse) : VKOCOE KAACNHC TICTVNH HUOTHNOV vrac Mellakac movies yuvn || Pasnvou oîxos ; Oaxdus rioths yuvarxos Doriyoy « Tombeau de Thécla, fidèle, femme de Photin, »
BITHYNIE —
levait même en porter une seconde en face à | large ; hauteur des lignes, 0095 (entrée au | “um particeps || Gollucis insigni stola, | Quam testis | texte d'Isaïe qui représente le Messie triomphant de la mort et de ses ennemis vêtu de rouge comme celui qui sort du pressoir dont les éclaboussures lui ont valu cette couleur 7, Et, en effet, un fragment de verre doré nous fait voir le pasteur entre deux agneaux dont la toison est teinte de sang (Voir t, 1, lig. 213) et cependant, dit saint Cyprien, ne que enim Deus coccineas aut Purpureas oves fecit $, Il y a donc bien une intention, dont Prudence se fait l'interprète quand il représente la foi couronnant de fleurs et revêtant de pourpre les martyrs * : | T une forte socios parta pro laude coronat, Floribus, ardenti que jubet vestirier ostro.
… Mais les poètes ne se tiennent pas toujours à une seule image et le même Prudence rend ailleurs le vêtement blanc aux martyrs 10 :
… Chorus unde surgens. Tendit in cælum nivens togatæ Nobilitatis.
C'est aussi que, peut-être, il était trop romain et trop classique pour imaginer des toges rouges, tandis qu'il conçoit des robes teintes en pourpre #1, Lapsibus nostris veniam precatur, Turba, quam servat procerum creatriæ Purpureorunr, Ce mélange de blanc et de rouge se retrouve dans un texte curieux de saint Pierre Chrysologue (+ 460) dans son sermon xL° : Tali forma præcessil oves pastor, ut occisæ viverent, laniatæ resurgerent, sanguine suo tinctæ fulgerent regali purpura niveo vellere perlucerent.
H. LECLERC,
BLASPHÈME. — I. Étymologie et différents sens. IL. Blasphème des apostats et des lapsi. IL. Blasphème des hérétiques, IV, Blasphème des chrétiens, V. Blasphème contre le Saint-Esprit, VL Législation.
L ETYMOLOGIE ET DIFFÉRENTS SENS. — Hlasphème vient du mot latin blasphemia, qui lui-même dérive du mot grec #iasgng{a. On donne différentes explications de l'étymologie de fBazxagmuix. Les uns le font venir de Bianca « léser, endommager », et de gun, à parole, réputation », mais alors la forme régulière devrait être Biadignuix. D'autres le font dériver de fhaë, « indolent, sot », et de gâun ; d'autres de Bäïjev « frapper à distance en lançant quelque chose » et de gun. ‘O rate ofuars Baklev, holëopos 12, Dans le langage classique Bracgqusty signifie « prononcer des paroles de mauvais augure, ou qui ne doivent pas être prononcées pendant le sacrifice » par opposition à sûgnuetv 11, Il signifie également « médire de quelqu'un, tenir des mauvais propos » t#, [ans ce sens il est surtout employé en parlant des hommes ; ce n'est que par exception qu'il est appliqué aux injures proférées contre une divinité !.1l signifie encore « adresser des prières inconsidérées à un dieu » 16, Dans l'Ancien Testament, ce mot est surtout appliqué aux injures soit par paroles soit par actions proférées contre Dieu. Dans ce sens il traduit cinq mots hébreux 17, doqgiddéf, pihel de gédaf 1 ; 2 ni'ës, pihel de a d'as, d'où mu t'ésdh, » blasphème » 1% ; % qillél, pihel de qalal ?t ;
4 näqab, d'après quelques interprètes ! ; 5 hôkidh, la traduction habituelle contre les chrétiens, mais que le hisphil de yékah ? était particulier, sur lequel Pline tenait à attirer l'attention de l'empereur, toujours une idée de mépris contre Dieu, soit par paroles, soit par actes ; contre Dieu directement, ou indirectement par l'intermédiaire des personnes ou des choses qui lui sont consacrées : son peuple, ses champions, la terre sainte, le temple. Dans le nouveau testament ce mot reprend son sens classique « médisance », « diffamation », « injure contre les hommes » *.
Dans Clément d'Alexandrie « Biaaygrulax » est employé dans un bon sens, pour indiquer une réprimande 19, Saint Augustin donne la définition suivante du blasphème : Est autem blasphemia cum aliqua mala dicuntur de bonis. Ilta que jam vulgo blasphemia non accipitur nisi mala verba de Deo dicere : de hominibus namque dubitari potest : Deus vero sine controversia bonus est 11, Saint Grégoire de Nazianze appelle blasphème toute réprimande injuste : Méphus avedbuvés — tt, À Bhasgnpia 1°, du Christ 20,
Nous ne traitons dans cet article que du blasphème, pris dans son sens ecclésiastique, c'est-à-dire les injures contre Dieu. Le fait eut lieu sous Adrien, pendant la révolte des Juifs. Barchochebas, le chef de la révolte, poursuivait les chrétiens et les forçait à abjurer et à blasphémer le Christ %1, 108 ke
Le blasphème des apostats et des lapsi ; % Le blasphème des hérétiques ; 34 Le blasphème des chrétiens ; % Le blasphème contre le Saint-Esprit.
LIT. BLASPHÈME DES HÉRÉTIQUES. — Les hérétiques sont mis au nombre des blæsphémateurs ?? parce que leurs doctrines portent atteinte à la gloire de Dieu et sont souvent d'ignobles injures. Saint Irénée dans sa préface aux quatre livres contre les hérésies parle en termes des hérétiques : Nunc autem quonian not : a sunt tempora extenditur maluns in home 10 mentem instituit multis machinationibus, id est ; ommnes hæreticos qui præditi sunt. Hi enim omnes quamvis ex differentibus locis egrediantur el differentia doceant, in idem tamen blasphemiæ concum proposilun, lethaliter vulnerantes, docendo blasphemiæ fabricatore :
Le premier exemple de cette coercition nous est rapporté dans les Actes des apôtres, c'est saint Paul qui raconte comment, avant sa conversion, il poursuivait les chrétiens : Et per omnes synagogas frequenter puniens eos, compellebam blasphemare 15, mar in Deum factorem el nutritorem nostrum,
La fameuse lettre de Pline le Jeune à Trajan nous montre comment les chrétiens abjuraient : « Un libelle anonyme a été déposé, contenant beaucoup de noms. Ceux qui ont nié qu'ils fussent ou qu'ils eussent été chrétiens, j'ai cru devoir les faire relâcher, quand ils ont invoqué après moi les dieux, et qu'ils ont supplié par l'encens et le vin votre image, que j'avais pour cela fait apporter avec les statues des divinités, et qu'en outre ils ont blasphémé le Christ. »
Pline semble indiquer qu'il n'a invité les apostats qu'à adorer les images de l'empereur et des dieux et que c'est de leur propre initiative qu'ils ont blasphémé le Christ, Plus loin il continue en parlant de ceux qui disaient qu'ils avaient été chrétiens autrefois ; « Tous ont adoré votre image ainsi que les statues des dieux, et eux aussi ont blasphémé le Christ 15, »
Cette phrase, ainsi que la précédente, laisse percer un certain étonnement et semble indiquer que le blasphème n'entrait pas dans la législation.
VIRE A] Fa, saint Matthieu dit : Scriebat exterius des, fugiendos, negaturus : Sed quia Spiritus blasphemia, nec hic nec in æternum remittitur, melius ne se Deum abnegarent, quent cæsunt el conspulum et crucifigunt essent contemplanturit. Il accuse les Ariens de ce crime parce qu'ils nient la divinité du Christ *.
Saint Athanase donne la même explication.
« Ils (les Juifs et les pharisiens) blasphémaient contre son Esprit, disant que celui qui faisait des miracles n'était pas Dieu, mais Béelzéboul », Dans son traité sur l'Incarnation, il est plus explicite encore. « Les uns s'attaquent à sa chair, c'est-à-dire au Fils de l'homme, le croyant prophète, mais non Dieu, etc. ; mais il y en a d'autres qui s'attaquent au Saint-Esprit, c'est-à-dire qui blasphèment la divinité du Christ ; ils disent : « Il chasse les démons au nom de Béelzéboul, prince des démons », Saint Épiphane et saint Ambroise voient dans ce blasphème la négation de la divinité du Saint-Esprit. Saint Épiphane en accuse les Macédoniens qui, entre autres erreurs, niaient la divinité du Saint-Esprit. Saint Ambroise accuse tous les hérétiques en général de blasphème contre le Saint-Esprit. Eos quo que asserit diabolico uti spiritu, qui separarent Ecclesiam : Dominum ; ul omnium temporum hæreticos et schismaticos comprehenderit, quibus indulgentiam negat. Les derniers mots : Indulgentiam negat ne laissent pas de doute sur la nature du péché dont saint Ambroise accuse les hérétiques, puis que le péché contre le Saint-Esprit était le seul qui fût regardé comme irrémissible. Saint Philastre est du même avis, donne encore une autre explication, Il en accuse ceux qui s'adonnent à la simonie, Origène Théognoste et Novalien enseignaient que toute personne qui, après avoir reçu les dons du Saint-Esprit par le baptême, commettait un péché grave, était. Il écrit à Sérapion : « Des anciens, Origène, et Théognoste, disent qu'il y a blasphème contre le Saint-Esprit, si ceux qui ont reçu les dons du Saint-Esprit au baptême, retombent dans le péché », Dans un de ses sermons, traitant du blasphème, saint Augustin dit : Nonnullis videtur eos tantummodo peccare in Spiritum Sanctum, qui lavacro regenerationis abluti in Ecclesia, et accepta Spiritu Sancto, velut lanta postea dono Salvatoris ingrati, mortifero aliqua peccato se immiserint, Saint Augustin établit une distinction entre les blasphèmes contre le Saint-Esprit, D'après lui le blasphème qui ne sera jamais remis est la résistance à la grâce et l'impénitence finale, Dans le sermon LXXI, il dit : Ipsa impænitentia est Spiritus blasphemia quæ non remittitur neque in hoc sæculo neque in futuro, Dans son commentaire sur l'épître aux Romains, il écrit : Ille peccat in Spiritum Sanctum qui desperans et irridens adque contemptor prædicationem gratiæ per quam peccata diluuntur, et pacis, et cæ. Saint Fulgence se range à l'avis de saint Augustin, Un canon attribué à Saint Damase établit que toute violation des canons constitue un blasphème contre le Saint-Esprit, Un assez grand nombre de Pères enseignent que le péché contre le Saint-Esprit consiste à attribuer les œuvres du Saint-Esprit au démon. C'est l'interprétation la plus naturelle ; elle est universellement adoptée aujourd'hui, Elle est très ancienne car nous la trouvons mentionnée dans saint Ambroise, saint Athanase, saint Basile, saint Jean Chrysostome et saint Béde le Vénérable, VI. Lecisoire. — Les blasphèmes des Lapsi n'entraînaient pas une peine spéciale. Ajouter le blasphème au reniement n'était qu'une forme plus solennelle d'apostasie ; les chrétiens qui y tombaient et qui dans la suite voulaient revenir à l'Église, n'étaient soumis qu'aux lois portées contre les Lapsi *, Les deux crimes n'étaient considérés que comme un seul, Quant aux hérétiques regardés comme blasphémateurs, ils étaient punis en vertu de la législation portée contre les hérétiques, soit par l'autorité civile soit par l'autorité ecclésiastique, Ici également c'est moins comme blasphémateurs que comme fauteurs d'hérésie qu'ils étaient condamnés, Il ne reste donc qu'à chercher quelles étaient les peines infligées par l'Église aux chrétiens qui blasphémaient, La question est assez difficile à cause du manque presque complet de textes.
Il y a lieu de s'étonner, lorsqu'on considère la grande importance que les chrétiens attachaient au blasphème, de ne trouver aucune législation bien arrêtée et déterminée de bonne heure contre les blasphémateurs, Jusqu'à Justinien, aucune loi générale ne semble avoir été promulguée contre eux, Aucun concile, pendant les premiers siècles de l'Église, n’a traité cette question d'une façon proportionnée à l'importance du sujet.
À l'origine les chrétiens, du moins ceux de la Palestine, observaient probablement les lois juives, D'après le Lévitique, les blasphémateurs devaient être conduits hors du camp ou de la ville, les témoins du blasphème devaient poser la main sur la tête du coupable, ensuite tout le peuple le lapidait, Ces prescriptions furent observées jusqu'à la conquête romaine ; mais les Romains, avec la liberté, avaient enlevé au peuple juif le droit de condamner à mort, Alors les Juifs furent obligés de changer leur législation, Cependant lors que la vigilance des Romains se relâchait, ils ne manquaient pas de saisir l'occasion pour reprendre et mettre à mort comme blasphémateur sans attendre que l'autorité romaine eût sanctionné la sentence du Sanhédrin, Puisqu'ils ne pouvaient plus mettre à mort les blasphémateurs, Les juifs se contentaient de déchirer leurs vêtements, lui indiquant par là qu'il portait seul la peine, … la peine capitale n'existant plus, les blasphèmes devinrent si fréquents, qu'après la destruction du temple on leva l'obligation de déchirer ses vêtements, autrement, dit le Rabbin Hivya, nous ne serions plus vêtus que de haillons.
Pendant combien de temps les chrétiens ont-ils gardé les lois juives ? Il est impossible de le dire, Il est probable que pendant les premiers siècles de l'Église chaque évêque punissait comme il l'entendait à ce sujet, les textes qui pourraient éclairer cette question font absolument défaut.
_ Le concile de Carthage, tenu en 564, et présidé par saint Cyprien, eut à se prononcer sur le cas de deux évêques espagnols, Martial et Basilide, accusés d'avoir acheté des certificats d'apostasie ; de plus Basilide, faible … et malade, avait ajouté le blasphème à l'apostasie, il confessa ce crime et se démit spontanément de son siège pour faire pénitence, Mais c'est moins à cause du blasphème qu'en raison de son apostasie qu'il fut obligé de démissionner, La déposition, en effet, était la peine prononcée contre les prêtres apostats par un concile antérieur tenu à Carthage en 251, Un passage de saint Jean Chrysostome semble indiquer qu'à son époque il n'existait encore aucune législation générale contre les blasphémateurs. C'est le passage tiré de sa première homélie au peuple d'Antioche, cité plus haut, Il engage tous les fidèles à corriger les blasphémateurs sur place. Il n'aurait pas conseillé ces mesures s'il existait une loi ecclésiastique qui permettait aux laïcs de faire condamner le blasphémateur, Ce passage indique également d'une façon assez évidente, que la législation civile ne s'occupait pas des blasphémateurs. En effet, saint Jean Chrysostome prévoit le cas où le blasphémateur poursuivrait en justice le chrétien qui l'aurait frappé. Or il est invraisemblable qu'un blasphémateur se serait ainsi exposé à être arrêté, et d'accusant devenir accusé,
Au commencement du VIe, nous avons un exemple d'un blasphémateur excommunié. Andronicus, gouverneur de Ptolémaïs, opprimait injustement les habitants de la ville. L'évêque Synésius patienta pendant longtemps, espérant ramener le gouverneur à de meilleurs sentiments ; mais emporté par la colère, Andronicus proféra un blasphème, et aussitôt Synésius l'excommunia. Voici le fait. Andronicus avait fait afficher aux portes des églises un décret qui annulait le droit de refuge. Il avait fait saisir un homme riche et influent. Il le condamna aux supplices, mais ordonna que la sentence fût exécutée en plein midi pour que la chaleur empêchât le peuple d'y assister et de consoler le malheureux. Synésius s'y rendit néanmoins et prodigua ses soins et ses encouragements au pauvre condamné. Andronicus, furieux, poussé par Thoas, son principal complice, combla l'évêque d'injures et finalement s'écria qu'il était inutile d'attendre son salut de l'Église, que personne ne lui échapperait, même s'il se cramponnait aux pieds du Christ. Synésius vit qu'il n'avait plus rien à espérer et prononça l'excommunication,
C'est la sentence la plus formelle de l'antiquité chrétienne, « Qu'aucun temple de Dieu ne soit ouvert ni à Andronicus ni à sa famille, ni à Thoas et sa famille ; que tout édifice et toute enceinte sacrés leur soient fermés. Le diable n'a pas de part au paradis ; s'il y entre par ruse, il faut le chasser, J'exhorte donc tous les hommes, simples citoyens ou gouverneurs, de ne pas demeurer sous le même toit, ni de s'asseoir à la même table qu'eux. J'engage surtout les évêques de ne pas leur parler pendant leur vie et de ne pas les enterrer après leur mort. Et si quelqu'un, méprisant notre Église, reçoit ceux qu'elle a rejetés sous prétexte qu'il n'est pas nécessaire d'obéir à une petite Église, qu'il sache qu'il a divisé l'Église que le Christ désire une, Une telle personne, qu'elle soit levite, prêtre ou évêque, sera traitée par nous comme Andronicus. Nous ne le prendrons pas par la main, nous ne mangerons pas à la même table que lui. Loin de nous toute participation aux mystères infâmes en compagnie de ceux qui veulent prendre part avec Andronicus et Thoas, »
Le concile de Constantinople, tenu sous Mennas en 6, eut à examiner le cas de Pierre, évêque d'Apamée, dénoncé par le clergé de la Syrie. L'acte d'accusation est assez long et comprend de nombreux chefs d'accusation ; les deux principaux sont la vie scandaleuse de Pierre et ses blasphèmes, On en cite deux. Pendant une cérémonie, il s'emporta contre les lecteurs qui se présentaient aux ordinations et s'écria : « Si vous ne vous taisez pas, je vous ordonnerai sous-diacres et celui qui a été crucifié pour nous, s'il descendait, ne pourrait vous délivrer de mes mains. » Une autre fois, il se mit en colère contre son économe et s'écria : « Que Dieu brûle toutes les églises et tous les autels, » De nombreux témoins prouvèrent la culpabilité de Pierre, qui fut déposé et excommunié. Justinien ratifia la sentence par un décret du 6 août 536. Il défend à Pierre d'entrer dans Constantinople ou toute autre ville considérable de l'Empire,
C'est également à cette époque que la première loi civile contre les blasphémateurs apparaît. Elle se trouve parmi les Novelles de Justinien, composées entre 534 et 565, Elle traite des péchés contre nature et des blasphèmes. Le premier délit sera puni par la torture ; en cas de récidive, la peine de mort sera prononcée, Le châtiment peut paraître excessif aujourd'hui ; il ne l'était pas au VIe, Justinien s'est basé sur l'Écriture sainte et a remis en vigueur la loi que Dieu lui-même avait donnée aux Juifs. En effet, d'après le Lévitique, nous voyons que ceux qui péchaient contre nature, ainsi que les blasphémateurs, étaient lapidés. Cette loi, naturellement, fut en vigueur dans tout l'empire d'Orient. Mais le code Justinien fut peu connu en Occident,
C'est à peine si on en trouve quelques traces dans les auteurs du VIe et du VIIe, tels que saint Grégoire le Grand, saint Isidore de Séville, Marculf, En France, le code Justinien fut presque complètement ignoré jusqu'au XIIe,
On ne trouve aucune mention aux blasphémateurs dans les comptes rendus des conciles ou synodes tenus en Gaule pendant les huit premiers siècles de l'Église. La première loi qui nous soit connue date du IXe, Elle se trouve dans le recueil des lois de Charlemagne et de Louis le Débonnaire, recueil fait par Anségise, probablement abbé de Fontanelle,
Cette loi tient à la fois de la législation civile et de la législation ecclésiastique ; elle laisse également supposer une législation antérieure, En effet, telle quelle, elle est incomplète ; ni la durée de l'emprisonnement, ni celle de la pénitence publique ne sont fixées. Elle semble donc rappeler l'attention sur une autre loi, d'après laquelle les blasphémateurs étaient mis en prison et condamnés à la pénitence publique, et dans laquelle la durée des deux peines était déterminée. On pourrait encore supposer que le législateur laisse à chaque juge toute liberté pour fixer la durée de l'emprisonnement et de la pénitence, suivant la gravité de la faute,
Cette seconde hypothèse détruit la première ; car la loi serait complète et n'aurait besoin d'aucune explication. Si elle est vraie, il faudrait fixer au IXe la promulgation de la première loi générale contre les blasphémateurs en France.
de Un rituel du Xe (Vatican. 5768) contenant (f. 1-96) un Ordo baptismi, un Ordo ad pænitenciam dandam, la Benedictio aquæ, un Ordo infirmorum, les prières agenda mortuorum et un ordo sepeliendi ; la finale (f. 97-195), portant une série de messes vocata apostolorum apocalipsis et epistolæ canonicæ | l | - ibrum (617), homiliarum tres (638-640), nuissalent I | de tempore [quam de] sanclis per circulum anmi } LL (644), lectionarium 1 (645), antiphonarium 1 (646), ho- | (Ehrensberger, Op. cit., p. 40 sq) ;, | miliarum collectarum 1 (650), psalterium 1 (652), 11e L'évangéliaire Ambros. CG. 228 inf., se. x-x1, noté —. evangelium plenariunt (659). | Liber saneti Columbani de Bobio 25 et décrit dans 4 Au contraire l'inventaire de 1461 est systématique. | l'Inventaire : Epistolarium et evangelistarium ma j La dernière section est commandée par cette rubrique : | nasticum anticum per circulum anni, tam de temL à (A |
999 BOBBIO (MANUSCRITS DE) — BOBBIO (MISSEL DE)
pore quam de festivilatibus, incipiens a vigilia nativitatis Domini, in fine continentur evangelia tria cbdomade tertie, quarte, et quinte in quadragesima. Magni voluminis. Asser. Al[bus] ; le P. S. Beissel, Entstehung der Perikopen des römischen Messbuches, 1907, p. 16% sq. (cf. p. 162 et n. 5) a établi la concordance de ses leçons évangéliques (depuis la Pentecôte jusqu'à l'octave de Noël) avec celles des autres évangéliaires du moyen âge ;
12% Les deux passionnaires, Vatican. 3771, sc. IX-X : passionss et vitæ des apôtres, puis des saints, de saint Vital à saint Mennas, à la in Sermo in laude beati Matthie apostoli (Bibl, hagiogr. lat., 5095) — et Vatican. 5772, x1 sc. : passiones el vitæ Petri qui et Bal_ Gottlieb mentionne en outre parmi les manuscrits de Bobbio : à Turin, les n. 7 (Breviarium : monasticum antiquum, sc. X1), 26 (Evangelistariums, sc. x1v), 59 (Psalterium : monasticum), 121 (Passionarium, sc. X) de l'inventaire, ainsi qu'un calendrier et psautier du xs sc. ; et à Milan, le n. 27 (Evangelistarium, se. xt : Ambros. € 74).
Enfin le Bobiensis (Taurin. G. vit, 15, se, 1V-v) de l'ancienne version latine des Évangiles aurait pu être mis en tête de liste, à raison de son antiquité. Il est désigné couramment par la lettre K, comprend Marc., vu, 8-01, 4446 ; vu, 19-xvr, 9 ; Matth., 1, 1-11, 10 ; 1voxrv, 17 : xv, 20-36. et a été édité par Fleck (18937), Tischendor£ (1847), Wordsworth (1886 : Old-latin biblical Texts, x. un) ; il est l’un des témoins du texte africain. On peut voir un fac-similé du f. 40 r. (Marc., xv, 46xw1, 3) dans le Dictionnaire de la Bible, 1895, t,1, en
I. LE NOM. — On est à peu près d'accord aujour d'hui pour désigner sous le nom de Sacramentaire ou (mieux) Missel de Bobbia le recueil liturgique trouvé par Mabillon dans le célèbre monastère des Apennins. Mabillon, constatant l'absence de tout titre traditionnel, s'était arrêté à celui de Sacramentaire gallican ! (Liber sacramentorum Ecclesiæ gallicanæ, Sacramentariuri gallicanum), et il a pris soin d'en donner les raisons ? ; il voulait principalement marquer le caractère gallican du nouveau témoin, et le distinguer en même temps du Velus missale gallicanum de Tommasi, qu'il venait lui-même de rééditer dans le De liturgia gallicana (1685). IL n'a d'ailleurs pas fait opposition à la mention du lieu de provenance, tout en notant que le volume ne représentait certainement pas l'usage des moines de Bobhio ? ; et de fait, la désignation courante est déjà employée par Martène, Le | Brun, Vezzosi, Lesley, Zaccaria. Celle-ci est, somme et de quelques notes explicatives. Ce travail est assu- « | ments en 1724 16, Muratori se contenta de reprendre :
| que c'est au Museum italicum que le texte est em toute, convenable, pourvu qu'on garde dans l'esprit la réserve exprimée par, Mabillon#, — et peut-être la meilleure, tant qu'on n'aura pas démélé les origines de l'étrange document ; tout au plus pourrait-on dire, pour faire écho à la dénomination créée par le premier éditeur, Missel gallican de Bobbio. Les autres. titres ont en effet l'inconvénient d'être trop positifs, plus précis que l'état de nos connaissances ne permet : Missale hibernicum Bobiense (0° Conor 5, à partir d'arguments paléographiques illusoires), Missale Ve sonfionense (Forbes, en donnant une consistance | absolue à une conjecture de Mabillon), Burgundisches Messbuch von Bobbio (Wiegand 7, du même point de - vue que Forbes). Pour la pratique, et en vue de la briéveté, le simple terme Bobiense n'est pas sans avantage %, à la ressemblance des appellatifs reconnus Gelasianum et Gregorianum, LE II. LES Éprrions, — Mabillon n'a accordé qu'une. rapide mention à sa découverte dans l'Iter italicum litterarium, sous la rubrique Ticinum et Bobiumi - (4-9 juin 1686) :...ÆExr eadem bibliotheca mutuati su mus codicem liturgiæ gallicanæ optimæ notæ, litte-- ris Mmaiusculis exaratum...%, L'édition parut l'année suivante — le privilège est du 9 janvier — dans la deuxième partie du tome premier du Museum itali- - cum 19, accompagnée d'une préface sage et discrète, Le Museum ilalicum fut réimprimé sans change-\ prunté, 0 George Hay Forbes n'a ‘pas non plus consulté l'original pour l'établissement du texte de son Missale Ve sontionense, dans The anciént liturgies of the gallican« “4 re t, et on ne s'expli que guère le zèle avec lequel a recueilli les variantes des précédentes éditions, L Mais son œuvre a une valeur littéraire considérable, par constant des formu les parallè les, en par3 s formu les du inissel mozarabi que, et c'est sément à ce sujet que le plus compitent des juges, “a Bishop, écrivait naguére de Forbes : facile d rinceps to my mind among those who hare dealt ré with western liturgy in the last century *. 11 faut cepenn at avouer qu'il n'a pas su identifier les sacramenlaires gélasiens mis en œuvre par Gerbert, Dom Cagin a annoncé, il y a dix ans, qu'il préparait une édition nouvelle du Bobiense avec apparatus raire complet ?.
. DESCRIPTION ANALNTIQUE, — 1. L'ASPECT EXTÉmeun Er L'échirure. — Le Missel de Bobbio (aujourd'hui, B. N., Paris., 13 246, anciennement n. 1488 du “onds de Saint-Germain) comprend 300 feuillets en parchemin (il n'y a pas de 38, mais en revanche un 206 bis) | : a des dimensions fort modiques (Om1£0 x Om092) # ; ‘est bien, comme Ruinart l'a remarqué, un livre prtatif », propre à être emporté en voyage.
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règ les orthographiques a la même portée ° : pareil Missel est donné A au $l° canon du pénitentiel, inclusive-
BOBBIO (MISSEL DE)
mière moitié du vire siècle t#, et l'hypothèse de dom Cagin, tendant à limiter {a rédaétion entre 603 et 61515, man que d'appui de ce côté, On voudrait surtout obtenir de l'écriture quel que indication concernant le lieu d'origine du recueil ; malheureusement l'argument paléographi que, jusqu’ à plus ample informé, est tout négatif : la semionciale du Hobiense est dépourvue de caractère national, aussi bien italienne que fran que à priori, En revanche, il demeure acquis que sa manière n'offre rien du type insulaire 1, si aisément reconnaissable, ou, pour mieux dire, ne laisse pas même pressentir | influence lointaine dés scribes scots de Burgondie, de Rhétie ou de Lombardie 17, Par suite, la composition immédiate dans un centre irlandais, Bobbio — ou Luxeuil, est, pour l'époque, trés improbable : les chan ces sont encore diminuées, si l'on prend garde que les morceaux additionnels, également assignab les au vine siècle et représentant le concours de quatre ou cinq mains, soit en semionciale, soit en cursive et en minuscule, né rappellent pe plus la scriplura scotlica que la rédaction principale.
Mabillon a publié une gravure (assez imparfaile) des cinq premières lignes de la Missa in Assumptione sanctæ Mariæ 48 (fol. 60 ve), et Ruinart ®, Muratori #0, les auteurs du Nouveau traité 21, O Conor 32 l'ont tour à tour reproduite. M. Delisle a donné depuis lors en lithographie six lignes du Post nomina de la Missa Martini 21, el quatre lignes d'une des additions {fol.8 ro) 2. Les Facsimi les of early Mss. of the Creeds ?5, édités par le Dr A. E, Burn, doivent offrir le symbole de l'Epositio (fol.88 ve) 26, Les photographies qui accompagnent la présente notice sont celles des fol, 15 ve-16 ro et 109 ve-110 re 25 (fig. 1560).
HI, LES ADDITIONS., — M, Delisle les a pres que toutes mentionnées ?$, et quelques-unes ont été publiées. El les ne peuvent ètre ici qu'indiquées, malgré leur intérêt :
943 BOBBIO (MISSEL DE)
évangéliques (GCapitulum. Niviad senestera tua quid faciad dixtera tua ut set elemosina tua in abscundeto [Matth. vi, 3-4], etc.) ; 7 ro-8, questions concernant l'histoire sacrée (Quit primius ex Deo processet® Verbumi etc.), publiées à deux reprises, en raison de leur intérêt linguistique, par M, P. Meyer !, qui y trouve des tra ces de parler populaire et ne met pas en doute l'origine française du manuscrit ; æ Fol. 251-253 re, la messe Regem regum, comprise par exception dans l'édition du Museum italicum ?, sous le titre Missa pra principe ; le Liber ordinum montre bien aujour d'hui, contre Muratori surtout ?, que la désignation princeps n'avait pas de valeur exclusive. On peut noter que la Contestatio de cette messe, tout entière composée dans le meilleur style gallican #, avait été déjà admise dans la série dominicale de la rédaction première ; c'est d'ailleurs cette circonstance qui a motivé l'addition ;
& Fol. 253 vo-254 re, triple formule de conjuration (Domiine deus meus ficisti illios carne et anima etc.}, d'un tour populaire très prononcé, publiée avec traduction et commentaire par M. A. Boucherie , qui, comme tout à l'heure M, Mever, retrouve sous le bus-latin des formes purement romanes ; la troisième partie du morceau met en cause les saints Anatolius, Severus, Aridius et Donalus, qui pourraient être, respectivement, Anatole de Scodinga (Salins dans le Jura, 3 février), Sévère d'Agde (25 août), Yriez de Limoges (j 591, 25 août, — sinon Arey de Gap, 1er mai, ou Arige de Lyon, 10 août), Donat de Besançon (+ vers 660, 7 août) ; seplem gradibus in eclesiam, etc.) : recension meilleure que celle du Dr, Weyman $ ; — 293 vo, sur les causes de perdition et de salut (Tria sunt qui docun hontenes ad profundo infernuni etc.) ; — 294 r°, dates cardinales de ln carrière du Christ (/ncepet de tempore | nalivitalis Christi. Undecemo diæ ante kalendas abrilis etc.) ; — 294 ve-295 re, deux formu les pour la réconciliation des pénitents : Deus iusturum gloriam mi (per) ; — même sans les doublets de Goth., xxvImu, Benedictio panis novi inédite (Benedie Domine 0 _ trois piè ces de premiére main qui achèvent la colle | siasticorum, C'est une composition de mème nat É | voisinage — mais bien indüment — pour un syml |A rapprocher plutôt le fragment irlandais sur les heures © sericordia peccalurum etc, Deus qui mortem ; vis peccaturum nec delectares in perdicionem d rum etc. ; la premiére est bien connue, et figure particulier dans l'Ordo final (gallican) du Géla QU, Gr, col. 764) *, l'autre parait inédite ; — 295 vo tura ista panñes novi elc.), qui serait à peu près indéchiffrable sans les parallè les plus ou moins écourtés Gélasien de Rheinau 19 et du Supplément Grégorien nous avons ici sans doute la teneur TS de cette priére gallicane ; | 70 Enfin fol. 299 ve-300 re, quatre oraisons inédi ! d'un grand prix : les deux premières sont une Con : malio missæ (Gracias tibi agemus omnipotens ete d$ qui refe ces nos isca elernitates etc.) et une F fatio post eucharistian (Preceptis ff ki domin monere sacramenti setficat ete.) qui rappellent divé formu les de ce nom du (rothicum et du Gallicsnal | les autres (fol. SN) re) méritent d'être publiées dès maintenant : Dom sacris c. r. p.. ff kini dun tralamus omini) 10 : tenti dû concesa oracione placiamus agnuscat filiæ suæ verba ad que ad aures clemeciæ suæ unil prece concor des popoli clamor adtolat et dicat ; Libera nos ab ommni malo ab omni pecato autur 0 ! 1e niom bonorum dé et quia tibi soli hoc prstandi potes= las es tribuæ ut sulemne sacrificion tuum sêsfi corda nostra dum credetur delea peccata dun sum
III. LE SUPPLÉMENT. — On peut désigner ainsi les
tion originale 14, El les couvrent les feuillets 206 : 20Dre palimpseste 14 ; le texte inférieur pourrait être un & mon sur l'Évangile. que les piè ces additionnel les concernant l'heure 4 A messe et les ordres !#, de l'office 16, est apparenté pour le cadre tant au Scara sus de saint Pirmin qu'au sermon Ps. Aug. CCXLI, FA cuments contemporains : le fondateur de Reiche pu s'approvisionner à la même source que le rédacteur du Bobiense, et sans doute en Gaule. Quant au texte
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IV, LE PÉNITENTIEL. — Gette partie du Bobiense, qui précède immédiatement (fol. 286 vo-295) le supplément, reçoit son sens des deux oraisons qui la terminent ; el les-ci sont donc, dans le présent contexte, autre chose qu'un pur équivalent de la réconciliation romaine du jeudi-saint 1, 1, et c'est plutôt tout le pénitentiel qui joue ce rôle, conformément à | la discipline qu'on trouve ‘en vigueur, depuis le septième siècle, dans les pays francs, sous l'influence spéciale des missionnaires irlandais *. Lies oraisons, que les formu les addilionnel les permet- | de varier, sont connues par ailleurs : la preEu est encore dans l'Ordo du Gélasien V (I, cvr, für Lun 8, et les deux ensemble dans le Pontilical de Prudence 7.
… Les canons, au nombre de 47 et sous le titre rare ludicius pænitentialis, reparaissent tous, sauf l'ordre, au fond des pénitentiels francs similaires, et plus ou moins contemporainss ; mais le document le plus “proche est, sans conteste, le P, Burgunidense®., Il résulte de l'analyse : que les canons 1-3, 6, 9-12, 14, 16-18, 24, sont dérivés du P. Columbani 1% ; que les au- “tres jusqu’à 38 11 figurent parmi les iudicia canonica des Pénitentiels tripartites ! ?, toutes règ les de droit franchement indigènes, se ramenant soit aux prescriptions des conci les mérovingiens soit à cel les des collections cünoniques généra les en cours dans la Gaule fran que ; enfin que les 8 derniers canons constiluent un appenice particulier dont les divers éléments sont empruntés plus ou moins littéralement d'une part au P, Cumsneani 13, et de l'autre à la Regula cœnobialis de saint MColomban !+. Le pônitentiel du Bobiense dépend donc, au total, de documents celtiques ou de documents gauHois, et d'ailleurs le compilateur du Missel a dû le “trouver tout formé dans la région où il vivait : il est
BOBBIO (MISSEL DE)
946 difficile, si l'on tient compte des transformations historiques de la littérature pénitentielle, d'admettre qu'un recueil de canons tel que celui-ci ait été, à cette épo que, dans l'usage d'une église d'outremont, füt-ce au voisinage de Bobbio. C'est aussi, je crois, l'avis de M. P. Fournier.
V. LE RITUEL, — L'intérét de cette petite section (fol. 273-286), qu'on pourrait aussi bien dénommer Pontilical, tient à ce qu'elle n'a pas encore de pendant, pour l'épo que, dans le formulaire liturgi que.
1° Les six piè ces relatives à l'eau bénite sont déjà documentées, mais nulle part on ne les trouve ainsi groupées : À et # sont des formu les romaines 15, 3 dérive également d'un original romain 16, par contre 2 et 5 paraissent bien gallicanes 7, et de même 615, 2 Les trois formu les pour la consécration des vierges, complétées par une pour les veuves, pourraient signifier que l'église — ou la région — pour laquelle le Hobiense [ut compilé possédait un couvent de monia les 1%, El les sont le reste d'un ordo évidemment gallican ; la troisième a été conservée dans son intégrité par le Liber ordinun, 1, xxn1, 67 sq.
Jo Les trois oraisons pour la bénédiction nuptiale sont de même appuvyées désor mais par le Supplément du Liber ordinum (col, 437 sq. 441 sq., 4H), et pourraient avoir une origine mozarahi que ; le rédacteur du Bobiense a écourté sensiblement les deux dernières, & Des dix bénédictions qui suivent, la plupart ont encore l'attestation du Liber ordinum, à savoir 15 et 720, maïs cha que cas voudrait être examiné à part et en détail, avant de décider la question de provenance ; habituellement le Bobiense abrége, parfois cependant son texte est préférable, Pour 6 on a la surprise d'une répli que excellente dans le Pontifical de Narbonne { ; 8 ramène sûrement à la pure littérature gallicane © Qet 10 pourraient être originellement romaines ?, Ge Comme la formule additionnelle signalée plus haut, les deux piè ces pour la bénédiction de l'huile semblent, tel les quel les, isolées ; CEpor nl l'exorcisme est banal pour sa première partie 27 :
Si incomplète qu'elle soit, celle petite collection de bénédictions et de prières peut être regardée comme un 947 exemplaire du rituel usité en pays franc au tournant du vus siècle : le fond demeure proprement gallican ; il est accru de compositions mozarabiques ; l'apport romain est relalivement peu considérable,
VI, LES SERVICES COMPLÉMENTAIRES, — Le Missel de Bobbio comprend quelques formu les répondant à des circonstan ces liturgiques extraordinaires.
1° La messe du dimanche des Rame aux est précédée de la double tradition des Évangi les et du Symbole. La première cérémonie emprunte son texte au rit romain : il est démontré que le Gallicanunm : velus (x11) et le Bobiense représentent ensemble une récension dérivée par rapport aux témoins gélasiens, et que la rédaction du Bobiense lui-même est un abrégement visä-vis de l'autre !, L'autre tradition est un meilleur exemple de la prati que gallicane. L'exorde est partie adventice ; l'instruction est connue, indépendamment, par le sermon Ps, Aug. cexuut ; les deux symbo les surtout méritent attention, posant le probléme même du l'extus receptus dont ils sont des témoins de premier rang. La vérilé est qu ‘ils résolvent ce problème sans difficulté, dès lors qu'on consent à replacer le Missel à sa date et dans son milieu littéraire, et à considérer le symbole de tête, auquel celui de l'Exposihio se ramène, sans parti-pris. Le Bobiense reste pour l'ensemble, et malgré ses particularités, un document gallican, au sens précis du mot, Le symbole principal, à la différence de ceux du supplément et de l'ordo baptismi, n'oûre pas trace d'influence irlandaise ; au contraire il est incontestablement apparenté au symbole du Gallicanum vetus (XI, fol. 20 ve) par la seule lecon où il diverge réellement de T (unigenitum senipiternum au lieu de unicum). La conclusion est obvie que le Missel de Bobbio, dans la circonstance présente, | ne peut servir à baser la théorie de la provenance romaine du Textus receptus et de sa conservalion par les Irlandais, et qu'il fonde l'hypothèse adverse , C{[HRIISTI) qui doit marquer sa destination, on sera | sans doute induit à admettre que le Bobiense a reçu d'Espagne ses Pre ces. Il n'est aucunement nécessaire de supposer un intermédiaire irlandais , Je Il n'y a pas de lien entre les Pre ces el les OUrationes solennel les qui suivent, Cel les-ci, réduites, sauf une fois, à la partie invitatoire, se classent de prime
BOBBIO (MISSEL DE)
l'hypothèse d'une retouche irlandaise expliquerait | _ immédiate, | Cerne, n. 45, p. %48) ; le cas de l'exorcisme gélasien, u | ètre. On n'a donc le droit, semble-t-il, de Re al Irlandais que comme agents intermédiaires, et cela en vert ti | contexte seul.
Les formu les de l'ordo sont en effet de plus d'une sorte. À l'authenti que littérature gallicane paraissent revenir : la prière eucharisti que pour la bénédietic de l'eau baptismale 10, la formule pour l'infusion « chrème conservée d'autre part par le Guthéeum, & + l'oraison suivante, probablement écourtée tt : de tr vraisemblablement, l'exorcisme qui précède l'Ef encore que le contexte donne à supposer que le rédi teur du Bobiense l'a tenu d'un intermédiaire ik dais t ; puis la renonciation, dont les termes sont voisins de celle du Gallicanumt, la formule baptismale, de même teneur que dans les autres documents gallis, celle de la vestition, appuyée spécialement par | iliuns3, les paro les qui accompagnent le man- [ ls, où l'on perçoit encore un écho du Gothicum ; fin les deux oraisons propres post baptisnium s. etle nuration est d'ailleurs trop succinte pour être rfi faitement exacte : tel détail, par exemple, des prières diquées pourrait livrer la trace d'une main irlanou du moins signilier que les Irlandais ont été ée de textes pareils aux nôtres. Où l'intervention ce facteur est du moins manifeste, quel que soit le ile qu'on lui attribue, c'est dans le cas de l'extraordiiré formule de l'Effeta® el de la priére de l'onction ji suit, l'une et l'autre attestées par Slowe, et dans lui des interrogationes de fide, dont les viriantes r 1 à T concordent avec les parlicularilés du land : dais l'insertion même de toute la cérémonie de 7 Le, dont seule la formule centrale rappelle l'oriDone. Mais la liturgie romaine est encore rese ntée d'une manière directe par les prières pour ction de l'eauf, la dernière exceplée, et par e de la chrismation « , encore que de part et d'autre “onstate un arrangement gallican 1°, ni ire baptismii du Bobiense est un exemple sti que des modifications qu'à une certaine ns un cercle où les Irlandais avaient accès. licane.
À po en règle, de la double ou triple lecon qui “ait prendre place dans la suite des prières de l'avant” mb hole de Bangor’, On imputera donc au facteur
Le lectionnaire du Bobiense se range aussi parmi les représentants de la grande famille gallicane par l'emploi habituel de Dominus lesus. Mais si on compare la série de ses péricopes avec les séries parallèles, on ne peut échapper à cette conclusion qu'il doit prendre place non loin du Luxoviense, document mérovingien qui parait témoigner pour l'usage parisien du vi siècle. Ceci ressort à tout le moins de deux rencontres particulières notables : l'évangile de l'Épiphanie est composé de part et d'autre des mêmes versets bien triés (Matth., 11, 13-17 ; Luc., 2, 9-14 ; Jo. 1, 1-11) ; pareillement la lecture extraordinaire assignée à tierce et à sexte du vendredi-saint est un récit synoptique de la Passion où le Missel ne se distingue que par le souci d'abréger et quelques variantes textuelles. Les conditions dans lesquelles se présente le Bobiense ne permettent pas de retirer dés maintenant de l'étude de son texte biblique tout l'avantage qu'on en pourrait attendre ; et rien ne prouve non plus que la collection des lectures soit tout à fait homogène. Cependant, certains résultats d'une portée générale sont encore assez instructifs. En regard des témoins de la pes hiéronymienne, rassemblés par MM. Wordsworth et White pour leur édition des Évangiles et des Actes, on constate que le texte courant du lectionnaire s'accorde habituellement avec celui des manuscrits de la seconde et de la troisième classe, rarement avec celui des représentants de la première. En d'autres termes, et très certainement, le Bobiense doit être adjoint au groupe hiberno-gallican comme un auxiliaire appréciable. S'il fallait, après cela, désigner les manuscrits desquels il se rapproche davantage, ce seraient, parmi les témoins de la famille celtique (D, E, L, Q, R, tous du vi ou du vii siècle), l'Egertonensis, le seul qui ait été écrit en Gaule (sec. vi-vii), et des trois manuscrits gaulois (B, F3, G) le Bigotianus, attestant un texte mixte (sec. viii-ix) — qui devraient, semble-t-il, recevoir la préférence. À ce compile, les renseignements fournis par le lectionnaire ne contredisent pas les autres données de l'enquête, et on peut prévoir que si le lieu d'origine du Bobiense est mieux déterminé quel que jour, ce sera surtout grâce aux indications de son texte biblique.
VIII, LA MISSA ROMENSIS COTTIDIANA. — Cette messe, qui se présente la première, commande la série totale. Avec ses trois lectures bibliques, elle ne possède en propre pas plus d'embolismes que les messes suivantes ; mais elle leur fournit les prières du canon, deux formules d'actions de grâces, et même les pièces de l'avant-messe. Le lien qui rattache ces dernières au reste n'en est pas moins tout artificiel, et la convenance du titre général ne s'étend pas au delà de la Consommatio missæ. Maines que le canon ; et deux d'entre eux sont particulièrement vides de sens, ceux qui annoncent les oraisons normales de la messe gallicane en rapport avec la récitation des diptyques et la communication du baiser de paix, et qui sont suivis en réalité de banales formules d'offrande, de « secrètes à romaines » sans relation avec l'une ou l'autre de ces cérémonies. Par sa messe typique, le Bobiense demeure donc extérieurement et par manque de souvenir dans l'économie gallicane, mais se place en fait et volontairement sous l'hégémonie romaine : il appartient à la Gaule franque, mais à une époque où la liturgie de Rome, entrée depuis longtemps dans la voie des conquêtes, est loin de déposséder la vieille liturgie autochtone. Le Missale Francorum est, pour la même église, un autre exemple très clair de l'adaptation des éléments liturgiques, mais se place en fait et volontairement sous l'hégémonie romaine : il appartient à la Gaule franque, mais à une époque où la liturgie de Rome, entrée depuis longtemps dans la voie des conquêtes, est loin de déposséder la vieille liturgie autochtone. Le Missel de Bobbio est, pour la même église, un autre exemple très clair de l'adaptation des éléments liturgiques.
La missa romensis cottidiana se présente encore avec des parallèles qui, si nombreux soient-ils, permettent en même temps de mesurer les progrès de la liturgie romaine et de fixer précisément les attaches du Bobiense. Le Gothicum (p. 300) s'interrompt après une collecte identique aux formules de notre missel, et couverte par le titre général « missa cottidiana romensis » ; la seconde partie du Liber ordinum mozarabe (227-292) a conservé la fin du canon romain de la messe dont l'un des breves a heureusement son nom : « missa sancti Petri apostoli romensis ». En partie, le Missel de Stowe (sec. viii-ix) offre un rite missæ qui concorde presque d'un bout à l'autre avec la série du Bobiense. De ces faits, il résulte évidemment qu'une messe semblable à la première du Bobiense, y compris le canon, était en cours d'usage dans le rit gallican au vi siècle, et même dès la moitié du vi. Il en résulte aussi, plus particulièrement, que le Missel de Bobbio est, en tout ensemble avec le Missel irlandais de Stowe, un document mérovingien comme le Gothicum, représentant une situation intermédiaire qui le maintient sans doute une fois de plus, en Gaule et dans une région fréquentée par les Scotti ; mais assurément sa missa romensis ne saurait prétendre à une haute antiquité.
Le canon, plus encore que les oraisons, a dû déterminer l'appellation ainsi. Il est l'un des plus anciens plaires du canon romain, ou plus exactement du canon réformé de saint Grégoire. M. E. Bishop a précemment une étude élaborée « On the early texts of the Roman Canon » (la section du Pater comprise). Si le Bobiense occupe la place importante à laquelle il avait droit, et les principales conclusions de la comparaison littéraire seront acceptées sans difficulté. Le Missel de Bobbio, celui de Stowe, et le Missale corum représentent une récension particulière du canon romain en face du texte attesté par les sacramentaires gélasiens et grégoriens, dont le G du Vatican est le type le plus ancien (vie-vii siècle). Les trois témoins sont bien indépendants les uns par rapport aux autres, dans leur réalité textuelle, fois Stowe tient compagnie, plus habituellement, au Missale, et quant au Bobiense, qui a quelques communs avec Stowe, il est surtout remarquable pour les parallèles (gallicans) du prologue et de la place du Pie nomie complexe. Enfin, si l'on fait entrer en ligne de compte cette recension (qu'on pourrait appeler hiberno-gallicane), il est apparenté. M. Bishop propose aussi des dates : cette recension serait un peu plus ancienne que la révision, à savoir du commencement du vii siècle ; c'est à condition d'admettre avec dom Bühler que le Missel de Stowe a été composé ca. 630. Aussi je ne sais si l'on ne s'agit que du Bobiense, et le texte du canon qu'il nous livre ne peut avoir d'autre âge que le sien, en ce me quoi qu'il en soit de la récension primitive.
Le Comunicantes, après les saints attitrés, fait valoir Hilarii, Martini, Ambrosii, Augustini, Gregorii, Hieronymii, Benedicti. C'est à peu près la liste des sacramentaires rédigés en France ; les deux premiers noms surtout sont significatifs à cet égard. La mention de saint Ambroise est moins commune ; mais ce n'est pas une raison suffisante pour placer le missel dans la mouvance de la liturgie ambrosienne : on pensera simplement que l'évêque de Milan figure ici, à son rang, en qualité de pontife et de docteur. L'invocation de sainte Eugénie au Nobis quoe peccatoribus au lieu de sainte Anastasie est aussi une particularité, et peut-être un archaïsme, mais, semble-t-il, sans base. La série de retouches gélasiennes, qui lui donnent une teinte le canon du missel ambrosien, c'est à la préma specialium sanctorum du sacramentaire de Saint-Denis.
Le lectionnaire du Bobiense se divise en quatre parties : Licciones de Adventu Domini (2-9), Leciones cottidianas (10-50), Leciones dominicales (51-55), Legendas cottidianis (56-61). Il apparaît dès lors que le rédacteur a procédé à un rangement formel, et véritablement à un triage. Ses intentions sont plus manifestes encore à l'analyse, les mêmes relativement qui l'ont dirigé dans la formation de chacune des parties de sa collection. Il a prévu les principales circonstances du culte, et voulu couvrir dans son petit livre, de la manière la plus économique, l'étendue de l'année ecclésiastique, voire satisfaire sans trop de frais aux exigences particulières les plus normales. C'est en ce sens que l'état du Missel de Bobbio peut être dit rudimentaire. La première section des messes correspond à peu près à notre propre du temps, de l'Avent à la Pentecôte, mais en embrassant les fêtes du sanctoral qui appartiennent à cette période : trois messes in adventum Domini (24) ; le Natale Domini et sa vigile (56) ; puis les fêtes dépendantes de Noël, dans l'ordre : saint Étienne, saints Innocents, saints Jacques et Jean, Circoncision, Épiphanie (7-14), suivies de trois autres fêtes pour le mois de janvier : la Chaire de saint Pierre, la « solennité de sainte Marie » (17), l'Assomption (12-14) ; alors le Carême avec une messe quadragésimale et quatre messes ieiunii (15-19), les messes in symboli traditione (dimanche des Rameaux) et in cena Domini (20-21), Pâques avec sa vigile et deux messes pascales (22-25) ; enfin (26-29), l'Invention de la Croix, les Rogations (in Rogationibus), l'Ascension, la Pentecôte (in quinquagesimo). La seconde section, un peu moins nombreuse, donne d'abord le sanctoral (30-38), c'est-à-dire le reste du propre et le commun, dans une suite précisément didactique : les deux fêtes de saint Jean-Baptiste, le natale Petri et Pauli, la messe de saint Sigismond « roi » (pour les fièvres), les communs sanctorum martyrum et unius martyris, celui de uno confessore et la messe de saint Martin « évêque » (avec la mention in depositio), le commun unius virginis, et ensuite une série de formulaires appropriés à des circonstances plus ou moins spéciales : pro ægrotis, in dedicatione et in honore sancti Michael (simple messe de dédicace), pro iter agentibus, quomodo sacerdos pro se orare debet (39-43), une messe omnimoda et quatre messes « votives » (44-48), pro vivis et defunctis (49), in domo cuiuslibet (50). Les cinq messes « dominicales » (51-55) représentent ce qu'on pourrait appeler le commun du temps. Le dernier groupe forme une sorte de supplément ou d'appendice : quatre messes « quotidiennes » (56-59) et deux messes des défunts (60-61 : sacerdotis defuncti et pro defunctis). Tout cet ensemble, comme on en peut juger, est trop sommaire et général pour qu'on en obtienne les indications de temps et de lieu qui résultent ordinairement de la composition du calendrier. Du moins les traits les plus significatifs désignent nettement la Gaule : la fête du 28 (27) décembre, la Chaire de saint Pierre et l'Assomption en janvier, les fêtes de l'Invention de la Croix et des Rogations, la messe de saint Martin, celle de saint Sigismond pour la guérison de la fièvre. Cette dernière donnée en particulier est à retenir, même si l'on n'ose y voir avec Mabillon un indice en faveur d'une localisation en Séquanaise ou en Bourgogne : elle reste la trace positive la plus ancienne d'une pratique attestée en 590 par Grégoire de Tours. Dom Cagin a pensé aussi que la messe in honore sancti Michael pouvait marquer l'appartenance du Missel à une église dédiée à l'Archange, mais rien n'autorise à croire que cette messe ait été écrite, ni même compilée pour la dédicace même de l'église où le Missel a pu être en usage, si tant est qu'il n'a été composé en vue d'une église déterminée.
La distribution des missæ, si régulière qu'elle soit, ne va pas sans une impression de disparate. Celle-ci est confirmée par la considération des titres particuliers. Le même tableau général de l'Avant-propos, où tous les titres sont soigneusement émargés, fait ressortir au mieux l'étrangeté de la composition du Bobiense et son caractère de compilation ; il parait même un moment en révéler le secret, en permettant de distinguer aisément les parties intégrantes. On voit en effet, du premier coup d'œil, que le rédacteur donne à chacune des soixante messes pour début une formule anonyme, et pour conclusion une contestatio, renvoyant à la missa romensis pour la suite invariable ; et, en même temps, qu'entre ces termes extrêmes il attribue à une partie des messes, la plus considérable, trois formules variées, intitulées Collectio, Post nomina, Ad pacem, mais une seule, dénommée Secreta, aux autres messes. Le phénomène est assurément intéressant : les soixante messes propres du Missel de Bobbio se présentent en deux séries entremêlées, comprenant l'une 19 messes et l'autre 41, celles-ci caractérisées par l'emploi du titre romain secreta et celles-là demeurant liées au type gallican de la missa romensis. Ne pourrait-on alors conclure que le Bobiense est formé de deux couches superposées, et s'efforcer d'établir lesquelles ; et à celle fin, il a tâché d'apprécier les relations, de mesurer leur épaisseur, d'éprouver leur qualité ? Dom Cagin, qui a le mérite d'avoir reconnu plus exactement qu'on ne l'avait jamais fait celle économie des litres, a pensé même que le problème central de l'euchologie latine y était immédiatement résolu, le Bobiense confondant dans son unité les deux formes, gallicane et romaine, des liturgies des deux documents dont le Missel lui est composé. Cette étude à été à tout le moins l'occasion de nombre de remarques instructives ; mais il faut avouer simplement que la base même lui manque, et qu'elle prend appui sur les litres du formulaire et leur diversité ; et ces litres, malheureusement, ne sont qu'une apparence, le plus fragile des secours pour déterminer les sources du Bobiense. Ceux de la missa romensis sont évidemment factices, retenus ou apposés par le rédacteur par un reste de fidélité au rituel gallican, ce qui peut déjà mettre en garde à l'endroit de la série gallique qui reproduit le même schéme, et sans doute à la même intention de maintenir l'aspect de la traditionnel. D'autre part, il est aisé d'observer qu'une seule rubrique secreta entre une oraison et une contestatio ne suffit pas pour établir dans le domaine de l'euchologie romaine, et naturellement de supposer plus qu'il en soit des formules elles-mêmes, pour que le rédacteur dépende pour ces messes de documents déjà réduits aux proportions romaines. Une autre explication, presque aussi naturelle, de cette série présumée romaine, ou romanisée, serait d'imputer au rédacteur lui-même l'application du litre secreta, dans les cas où le répertoire qui l'approvisionnait ne pouvait lui fournir qu'une seule formule intermédiaire au lieu des trois régulières, et régulièrement étiquetées lectio, Post nomina, Ad pacem. Mais, de quelque manière qu'on veuille interpréter ou légitimer ces faits, ils sont dans le fait, et par rapport aux formules qu'ils recouvrent, trop fréquemment erronés pour avoir quelque sens par eux-mêmes, y compris ceux qui comportent les contestationes, y compris, pourrait-on dire, ceux qui font défaut. Les titres gallicans introduisent des prières romaines, et à plus forte raison des prières aussi étrangères que celles de la missa romensis aux cérémonies des diptyques et du baiser de paix ; et de même, ce qui est plus déconcertant, c'est souvent une oraison gallicane qui répond à l'endroit du titre romain secreta, voire une Præfatio ou un Kyrie authentiques. Dans ces conditions, il est inutile d'insister sur l’importance du dualisme des rubriques, inutile aussi de discuter les arguments variés de Dom Cagin en faveur d'un document primordial du commencement du VIe, antérieur à l'institution de la fête de l'Ascension et postérieur à la mort de saint Martin. Ces considérations peuvent offrir de l'intérêt, mais leur valeur probante est entièrement subordonnée à l'autorité du régime des titres, et celle-ci, quel que soit le jugement qu'on en porte, n'existe pas. Le Bobiense, sous l'apparence de ses rubriques, reste fondamentalement une compilation, où chaque messe, chaque formule ne vaut que pour elle-même, et doit être examinée séparément, sans attention pour les noms dont le rédacteur les a pourvues.
Cette analyse de détail des soixante missæ n'est pas entreprise dans ces colonnes. Seule cependant la méthode philologique serait susceptible de faire voir et de porter des jugements de certaines pièces sans parallèle du de Bobbio et la place qu'on lui peut marquer parmi les livres liturgiques latins ; elle fixerait son individualité et ses attaches, et ferait entrer pour la même somme le secret de sa composition ; elle permettrait, en répétant, d'apprécier, par une comparaison minutieuse des textes, les habitudes littéraires du compilateur, ses maladresses, ses insouciances, sa préoccupation de faire court, la liberté dont il use à l'égard des textes traditionnels. Divers faits ont été mentionnés en quelques exemples bien choisis d'accidents cloniaux ont été présentés par Dom Cabrol et Dom Havard ; à propos du Te Deum, Dom Cagin a procédé à un utile classement des 72 Contestationes, après le protocole final. Les éditeurs des documents liturgiques qui entretiennent des relations plus ou moins étroites avec le Bobiense n'ont pas manqué non plus de prendre connaissance de son témoignage, non pas toutefois d'une manière constante : Lesley pour le Missel breton (1755), Gerbert pour les sacramentaires de Rheinau et de Saint-Gall (1777), Warren pour le Missel de Stowe (1881), Wilson pour le sacramentaire gélasien du Vatican (1894), Feltoe pour le Léominc (1896), E. Bishop pour le Book of Cerne, D. Férotin pour le Liber ordinum (1904). Les alliés des missels gallicans doivent être toujours cherchés dans la publication de Forbes ; mais celle-ci n'est pas moins profitable pour la comparaison des textes du missel mozarabe et des livres romains ; la seule réserve à faire, comme il a été dit, concerne les références aux Monumenta de Gerbert, dont la clef appartient à Forbes, comme à bien d'autres.
BOBBIO (MISSEL DE)
Tout donne à croire que la mise au jour des différents types gélasiens renouvellera les conditions de l'enquête. En attendant, on peut indiquer ici, brièvement, les directions littéraires les plus importantes.
L'enquête sur le Missel de Bobbio est une question complexe qui nécessite une analyse approfondie. La circonstance, il est notable que les deux manuscrits sont rejoints par un troisième compétiteur, le Missel irlandais de Stowe ; mais rien n'oblige à penser que ce dernier soit un représentant original des traditions celtiques insulaires. Quant au fragment de Plaisance, publié naguère par le Rev. Bannister, l'écriture en est trop récente pour nous renseigner sur sa qualité originale ; et les détails que M. E. Bishop a relevés dans le Book of Cerne sont, à leur tour, trop faibles pour autoriser une conclusion. Somme toute, l'élément celtique est moins apparent dans la série des missæ que dans les parties précédemment étudiées. Peut-être consiste-t-il surtout dans l'arrangement. Peut-être encore faut-il le chercher dans les compositions isolées ; mais alors seule la critique interne, si difficilement maniable en ces matières, est d'emploi ; et c'est elle seule qui pourrait permettre de désigner, par exemple, comme l'œuvre de mains irlandaises, à raison du style à la fois biblique et énumératif, les principales pièces des messes 51 et 53 et les Contestationes des messes 99 et 61. La 4e Contestatio de la messe 59 a du moins l'avantage d'une garantie extérieure : le mot Landoglado, qui est le nom de la troisième ville maudite par le Seigneur dieu sancto dominico, porte avec lui la marque indiscutable de son origine galloise, ou à tout le moins « britannique » ; il n'oblige pas d'ailleurs à aller quérir au-delà des mers tout le morceau dans lequel il se présente.
IV. LES HYPOTHÈSES. — L'exposé qui précède dispense d'entrer dans de longues explications et discussions. La question qu'on se pose au sujet du Missel de Bobbio porte à la fois sur son caractère intrinsèque et sur le fait de sa présence au monastère de saint Colomban. Mais il convient de remarquer, quant au premier point, que l'attention s'est concentrée presque exclusivement sur les formules euchologiques.
Mabillon exprima son opinion dans des termes très mesurés, mais qui font nettement la part de la certitude : haud dubie pertinet ad liturgiarm gallicanam. Le livre à Bobbio par l'intermédiaire de ce futur moine à Luxeuil, Le Brun a une ton un peu différente : « Ce pourrait être une trace d'un semblable livre porté par S. Colomban de l'Irlande à Bobbio, où il alla se retirer et finir ses jours... » Il parait s'en être tenu simplement au sentiment de Mabillon ; mais sa connaissance du Missale mixtum permit de faire remarquer les emprunts du Bohiense à la liturgie wisigothique. Déjà les auteurs du Nouveau traité de diplomatique avaient commencé de travestir la pensée du premier éditeur et de faire passer le missel pour un document proprement irlandais : « Le savant Bénédictin conjecture que ce Sacramentaire y fut apporté (à Bobbio) de Luxeuil par S. Colomban. On peut, avec autant de fondement, supposer que ce saint l'aura apporté de la Grande-Bretagne en Franche-Comté », Charles O'Conor fonça dans cette voie, pareillement convaincu que l'écriture était insulaire : le Bobiense représente le fond du rite authentique de saint Patrice et de saint Gall, et il y faut voir précisément le missel que les missionnaires scots, contemporains de saint Colomban, emportaient dans leurs courses en Bourgogne et en Lombardie. Il fut dès lors admis parmi les deux traditions celtiques que le Missel de Bobbio avait été l'ancienne liturgie irlandaise. Forbes de nouveau remit en cours l'appréciation de Mabillon, au point de modifier le titre du recueil dans le sens de la conjecture : Missale Vesontionense, et Dr Warren, en rassemblant les Reliquiæ celticæ liturgicæ, ne tint compte du document que pour le proclamer délibérément sous le même nom. Il semble qu'aujourd'hui la thèse du Museum italicum est généralement acceptée dans les larges cercles de l'érudition. Cependant, la renaissance des études liturgiques à la fin du siècle dernier détermina les spécialistes à considérer plus attentivement l'important et étrange témoignage. Duchesne proposa une solution nouvelle, quelque peu inattendue, mais qui rejoint une conception spéciale de l'origine des liturgies alexandries. Le Missel de Bobbio vaudrait désormais pour un représentant de la liturgie de la Haute-Italie, il en est même le seul représentant antérieur au xi siècle. « Le rit romain est combiné ici avec le rit gallique d'une façon particulière... Ce n'est pas tout à fait la liturgie ambrosienne, mais c'est quelque chose d'analogue ». L'Avant-propos à l'Antiphonaire ambrosien, dont l'auteur responsable est dom Cagin, reprend toute la question à partir des litres particuliers des missæ, ainsi qu'on l'a vu. Dom Cagin estime, d'accord en cela avec Mur Duchesne, que le Missel de Bobbio a été rédigé dans les environs de Bobbio ; il croit pouvoir fixer la date de la composition : entre les années 608 et 615, et le lieu d'appartenance : la petite île de Saint-Michel de la Grotte, à trois milles du monastère ; le rédacteur serait saint Colomban en personne. L'effort de l'intrépide archéologue va d'ailleurs bien au-delà de ces petites précisions, et on lui sait gré d'avoir lui-même condensé sa thèse, en cours d'exposé, dans les six assertions suivantes : « 1. Le Missel de Bobbio a le caractère non seulement d'un aîné, mais encore d'un prototype vis-à-vis des monuments avec lesquels il est apparenté ; 2. Il représente, dans sa partie A [les messes à titres gallicans], l'état liturgique romain tout à fait au commencement du vi siècle ; 3. Son original est passé, précisément à cette époque, de Rome en Irlande ; d'une première évolution du rit romain, sous la forme de S [messes à titres romains], mais s'est arrêté de bonne heure aussi, semble-t-il, dans ce développement ; Colomban, qui lui a donné ses dernières additions en l'enrichissant, à Bobbio, de la messe pour la dédicace de saint Michel entre autres, peut-être aussi de la messe nouvelle en l'honneur de saint Jean-Baptiste, de la messe de saint Sigismond, etc. ». D'autre part, le caractère irlandais pur et simple du Bobiense a trouvé des partisans non moins résolus que circonspects, dom Bäumer, le Dr Probst, M. E. Bishop : ces liturgistes sont surtout sensibles à l'aspect composite du document, et ils se contentent d'en attribuer la formation aux cercles irlandais du continent ; mais on ne voit pas exactement la place qu'ils y font à l'élément proprement insulaire, ni s'ils ont Bobbio comme un point d'arrivée accidentel.
V. CONCLUSIONS. — L'enquête qui a été tentée ici même n'autorise pas à émettre un jugement définitif au sujet du Missel de Bobbio. Elle a cependant porté successivement sur tous les points du recueil, et c'est peut-être son plus utile résultat d'avoir passé en revue les éléments du cas, sans en négliger un seul qui soit d'intérêt. Il en ressort aussi que le Missel de Bobbio, pris dans son entier, est essentiellement un recueil : une collection de textes liturgiques, riche et variée, brève et maniable, permettant de subvenir aisément aux besoins ordinaires du culte, qu'il se présente comme un recueil dépourvu d'attaches locales déterminées, et tel qu'un missionnaire pouvait en user au vi siècle dans ses pérégrinations en pays franc. Le vi siècle est désigné par l'écriture tout autant que par l'état des rites et des textes. Le milieu franc est également désigné par les données les plus certaines, et en particulier, quant aux messes, par la remarquable parenté littéraire avec le Missale Gothicum et le Sacramentaire gélasien de Rheinau ; c'est en ce sens qu'il faut donner pleinement raison à Mabillon : le « gallicanisme » s'y est développé de bonne heure, dans le sens où il a été ramené en Italie par saint Colomban. Mais en outre, on peut dire, sans hésitation, que le Missel de Bobbio est un témoin gallican. Un autre fait est que les traditions irlandaises, mais la difficulté est de savoir quelle portée il lui faut donner. Le plus simple est sans doute d'estimer que le compilateur a accompli son œuvre dans une région où les traditions irlandaises avaient cours, et qu'il était lui-même un clerc franc en contact avec les moines scots, sinon élevé à leur école : sur ce point, le pénitentiel ou le rituel du baptême sont des exemples assez frappants de la complexité particulière du document. Mais alors on est bien obligé d'en revenir encore à la conjecture de Mabillon : c'est en Bourgogne, à proximité d'un centre irlandais comme Luxeuil, qu'on imagine au mieux la composition, et par suite la circulation d'un livre comme celui-ci ; et c'est aussi de ces parages qu'un jour, aux approches du ix siècle — lors que Charlemagne s'employait à établir l'uniformité liturgique dans son empire — le hasard final l'aura fait chercher refuge dans la bibliothèque du monastère de Bobbio : il n'y était qu'à moitié déplacé.
VI. BIBLIOGRAPHIE. — Toutes les indications utiles ont été données ci-dessus, au fur et à mesure. Voici, de nouveau, rassemblées les plus indispensables : E. Bishop, The Book of Cerne, 1902, Liturgical note (1901), p. 290, 244, 247, 276. — D. Cagin, Paléographie du Missel de Bobbio. Nous avons déjà étudié le sigle AQ et constaté la fréquence et les variantes de ce symbole. Une observation superficielle pourrait donner lieu de penser que c'est le même sigle, combiné d'une façon nouvelle, que nous lisons sur une plaque de plomb provenant de Narni et entrée dans les collections du Campo santo tedesco, à Rome. La forme du monogramme permet de faire remonter ce petit monument vers le milieu du v siècle. Son premier éditeur avait d'abord hésité sur l'interprétation des lettres qu'on pouvait lire, semble-t-il, 3A ou bien BA (fig. 1561). Il est assez fréquent de rencontrer le sigle aw retourné pour que l'idée dût se présenter ici, mais il était bien clair que cet « w » était fermé et que c'était la lettre B. En ce cas, on n'avait plus que l'embarras du choix : Bloc, Anrberx se justifiait par saint Jean (xiv, 6) ; Bxo :- dede Alwvay se recommandait de saint Paul (Tim. 1,17). L'explication la plus vraisemblable est celle qui lit ici les deux lettres extrêmes du mot B(or0 ::)A. Ce mot est, en effet, assez fréquent dans les anciens textes chrétiens. Saint Justin nomme le Sauveur : foros ai Lurperns !, les Constitutions apostoliques disent : 8onûès. L' pus ln ! Ph LIT IL » RL 11. Fe | h « | : FI HOT [A Fi L k vus 1h A ALES - Se ES Ve LL | Len he | (| L = 1 nil TP il r'EUIRA EURE xat avrshmatws ; la Liturgie dite de Saint-Marc s'adresse à Dieu et lui dit qu'il est : #% Éires ruiv àmeimiapévov Bofleux sv afontérus. Saint Éphrem nous fait peut-être toucher l'explication vraie d'un peu plus près. Il pose la question de savoir pour quoi on accompagne la lettre P des sigles AG ; il répond que ces deux lettres représentent le commencement et la fin et que cette lettre posée au-dessus de la croix P signifie Borderx. Car P exprime le nombre 100 et les lettres du mot Sorûax, si l’on additionne leur valeur respective, donnent également le nombre 100$. On pourrait malaisément aller plus loin. Heureusement, notre petit monument n'est pas tout à fait isolé. Bottari a publié une gemme gravée portant une ancre flanquée de XB% | deux lettres BO 6 (fig. 1563), Tandis que Bottari interprète son sigle : Xprarh : Bios, Muenz propose pour le sien soit : Benedictus Omnipotens soit Bios, »Ode. Mais dans les deux cas, nous proposerons simplement les lectures X(pioru)s Borbos) et BO(n06c). Cette interprétation, parce qu'elle laisse moins de place à l'imagination et aux explications raffinées, offrirait déjà une garantie de sécurité, laquelle ne suffira pas cependant à l'imposer. Mais il faut faire remarquer ici que l'emploi du mot forfôs, Bors :, Borüerx est fréquent dans les anciens monuments chrétiens. Sur une lampe : K(sgu)[s], Borbraov +02 ésvalalengios Nixniou. Sur une épitaphe : XMJ. K(jgu) Boñlr +5 80316. Sur un anneau : AFIOI - KOCMA : KAI : AAMHAN BOHOE. Sur un carreau : + MARIA AIVBA NOS +. Sur une monnaie : GCOTOKE BOHOEI TOIC BACIAECI. Sur un sceau : XPE ADIVVA HLOTHARIVM AVG. Sur un encolpium : O(soré)KE BO(rh :). Sur un anneau nuptial : + KYPIE BOHOI TOYC. ABABC COY NETPÉC OEOAOTIC. Sur une amulette : KE BOIOH TON EPONTA (205)TON. Sur un plomb : XP BOHG. Sur un calice d'agate : + KE BOHOEI CICINNIG NATPIKIGD. Sur une balle de plomb : KYPIE BOHOEI T&, AOYAU) COY CTEBANG MATPIKIG KAI AOYKE POMHEC. Sur un marbre : BOH. Enfin, la collection du Campo santo tedesco possède un fragment de carreau en terre cuite portant la légende OE€EOC BOHOOC (fig. 1564).
L'invocation grecque, véritable acclamation, a son équivalent latin dans la formule citée plus haut : Adjuva nos. Lors du premier voyage à Rome de Charlemagne, ce prince fut acclamé par la foule qui chantait une sorte de litanie dont le refrain était : Tu lo juva (c'est-à-dire : Tu illum adjuva) !. Ce n'est pas toutefois en Occident, croyons-nous, qu'il faut chercher l'état le plus ancien de cette acclamation ; comme pour tant de formules et de conceptions de tous genres, c'est vers l'Orient qu'il faut se tourner, et la formule Gs0< 80r00< se développe et, par sa précision dogmatique, se rapproche, semble-t-il, de ses origines. Le musée chrétien du Vatican (salle égyptienne) possède un fragment de cippe en grés, haut de 0m50 et large de 0m20 (fig. 1569). Le style ne s'écarte pas de celui que nous observons sur un nombre considérable de monuments similaires de provenance égyptienne, mais l'inscription que porte le cippe complète et précise heureusement la formule raccourcie que nous sommes habitués à rencontrer sur un certain nombre de minuscules objets. Sur le cippe égyptien on lit : En formule st : eds 6 Borbos reparait si fréquemment dans l'épigraphie égyptienne du v siècle et des siècles suivants qu'on peut voir — étant donné le
066 trouble profond du pays par suite des altercations théologiques — une sorte de profession de foi. C'est précisément à cette date approximative du Ve que se place le cippe décrit ici ?.
Les stèles coptes publiées par M. Crum nous font lire la même formule un très grand nombre de fois et témoignent de sa persistance en Égypte, ce qui pourrait favoriser la supposition qu'elle y avait pris naissance 3,
H. LECLERCO.
BUF. — I. Textes. II. Monuments. III. Épigraphie. IV. Bibliographie.
I. TEXTES, — L'Évangile de saint Luc ne fait aucune mention d'animaux présents dans l'étable de Bethléhem à l'instant où la Vierge déposa Jésus dans la crèche, à savoir. Les deux premiers siècles se passent sans que personne — à en juger par les écrits qui nous restent — songe à introduire le bœuf et l'âne dans la grotte, où cependant on trouvait une mangeoire, preuve suffisante qu'on y enfermait parfois les bestiaux. C'est dans les homélies d'Origène sur saint Luc que nous voyons poindre le récit qui a fini par s'attacher d'une manière si étroite au souvenir évangélique : Quia festinantes venerant, et non pedetentim, dit Origène, neque festo gradu, ideo invenerunt Joséph dispensatorem : drtus Dominici, et Mariam quæ Jesuni fudit in partum, el ipsum Salvatorem jacentem in præsepio. {llud erat, de quo propheta vaticinalus est dicens : Cognavit bos possessorem suum el asinus præsepe domini sui. Fos animal mundum est, asinus animal inmundum. Cagnovit asinus præsepe domani sui, Non populus Israel cognovil præsepe domini sui, sed inmundum animal ex gentibus. Israel vero me non cognovit et populus meus non intelleget. Intelligentes hoc præsepe, nilamur cognoscere Dominum et digni fieri scientia ejus #, Cette donnée ne peut manquer d'être accueillie et développée par les auteurs d'apocryphes. Pseudo-Matthieu n'y manque pas : Tertia autem die nativitatis Domini egressa est Maria de spelunca et ingressa est stabulum et posuit puerum in præsepio, et bos et asinus adoraverunt eum… Ipsa aulem animalia bos el asinus in medio eum habentes incessanter adorabant eum 5,
Vers la même époque apparaît le premier bas-relief chrétien portant la représentation de la légende ; il est daté de l'année 44356, Quelques années plus tard, en 80), dans un sermon préché à Constantinople, saint Grégoire de Nazianze s'exprime ainsi : Try yévvaciv cebxabnn, Su« Nv SAONE so Gespuv This veiaews mai sv Briheëu zipnauv Thu perpav, À ge mobs Toy rapabsiroy ÉRAVNYAYE » gai sv géronv moocxdvmaov, à : My Ahoyos dv, érodons deu 09 Adyou. Troll, og Bos, rév xrrnmapevov, ‘Haras Bea une deal cor, mat, ds DOS, Thv Gatvny To mupiou œÙ= 0%, « Célèbre la Nativité par laquelle tu es délivré de tes liens et rends hommage à cette modeste bourgade de Bethléhem, qui t'a rouvert le paradis. Adore la crèche grâce à laquelle tu te nourris du Verbe. Reconnais, comme le bœuf, ton maître, ainsi qu'Isaïe l'en avertit, et comme l'âne, reconnais la crèche de ton Seigneur *. »
Il n'est pas téméraire d'établir un rapprochement entre les paroles de Grégoire de Nazianze et celles d'Origène pour lequel il professait une vive admiration et dont il colligea des extraits pour en composer La « Philocalie ». paverunt. Hic est Dominus, hoc præsepe, que nobis divinum mysterium revelatum est : irrationabiles gentes, pecudum intra præsepia more viventes alimio14 ({) 967 BUF | cælis est, non vi des :infantis audis vagitus, non audis | Mutis et ipsis credila, AN bours « Dominum agnoscentis mugilus : Agnovit enim | Adorat hæc brutum pecus, | || bos possessorem suum et asina præsepe Domini sui. | Indocta turba scili cet | Il | Deni que asinam illan irrationabilem non fuco deliciaAdorat excors natio.
{ rum, sed succo naturalis alimoniæ præsepta sancta Vis cujus in pastu sila est 5.
Deux sermons de saint Pierre Chrysologue, qui occupa le siège épiscopal de Ravenne de 433 à 454, contiennent Est 0
EE
= : } L L F de + E LT | He. | 7 AT | et L L 2 + } = CE | = = = 2 Cr. 7 : F | les passages suivants : Receperunt jumenta in præsepe quem in domo sua recipere vos sprevislis., Agnovit, sicut scriptum est, bos possessorem suunt et asimus præsepe Domini sui 5. Et ailleurs : {bi regem Chri stum opposilum ante duo prophetica illa jumenta, niæ sacræ uberlalte pascendas. Agnovit ergo asina, species scili cet et forma gentilium, præsepe Domini sui. Et ideo dicit : Dominus pascit me et nihil muihi décrit 1,
Ne faut-il pas ici encore voir l'influence d'Origène ? Rien assurément n'est plus justifié si on se rappelle le mot de saint Jérôme : Ambrosium cujus pene omnes libri hujus (Origenis) sermonibus pleni sunt. Mais désormais l'influence de saint Ambroise se substituera, « en Occident, avec plus d'autorité que n'en aurait pu jamais avoir Origène ; aussi saint Paulin de Nole dira-t-il très uniment : In Bethlehem quo que ubi agnoverat bas possessorem suum et asinus præsepe Domini sui, ibi principes hominem :
Mais saint Jérôme lui-même | subit le courant qui entraîne ses contemporains dans cette gracieuse légende, et faute, sans doute, de songer | qu'elle pourrait être de provenance origéniste, il l'adopte et la propage. En 404, il écrit à Eustochium : Perrexit (Paula) Bethlehem..… at que…. ingressa, et in specum Salvatoris introiens, postquam vidit sacrum virginis diversorium et stabulum in quo agnovit bos possessorem suum et asinus præsepe Domini sui, ut ilucd impleretur quod in eodem propheta scriptum est : Bealus qui seminal super aguas, ubi bos et asinus calcunt me audiente jurabat, cérnere se oculis fidei infantem pannis involulum, vagientem in præsepi Dominum, magos adorantes, stellan fulgentem desuper, matrem | virginem nutricium sedulum,pastores noctevenientes…. | parvulos interfectos. Herodem sævientem. Joseph et | Mariam fugientes in gyptum ?.
Je hoisseau, non que les femmes pussent faire partie ‘de l'administration de l'annone, mais parce que, ici probablement, nous avons affaire à une boulangère $ (fig. 1574), On peut le conjecturer avec d'autant plus de raison que le boisseau, celui-ci absolument cylindrique — se voit sur l'épitaphe du boulanger Nitalis et par contre on ne le voit pas sur l'épitaphe du préfet de l'annone Sabinus. Enfin, on le retrouve avec un oiseau qui s'apprête à becqueter les épis demeurant sur l'épitaphe d'Ampelia, conservée dans la Chapelle de la Trinité, à Velletri ? (fig. 1573). Peut-être n'en pouvons-nous rien savoir. Bosio, et quelques archéologues à sa suite, ont confondu parfois le boisseau couronné d'une touffe d'épis avec un brasier ardent qu'ils ont dénommé : vaso ardente, caldaia accesa ; cette erreur a été signalée par le père Garrucci, H. LECLERC.
BOLDETTI (Marco Antonio), Boldetti naquit à Rome le 19 novembre 1663, fut instruit au collège Ghislieri, y obtint des succès de collège et le surnom de Plutarque. Il effleura beaucoup de sciences et n'y pénétra point, sauf dans la connaissance de l'hébreu qu'il approfondit assez pour être nommé Scriptor Hebraicæ linguæ à la Bibliothèque vaticane sous Innocent XII. La place de custode de sacri cœmeteri étant venue à vaquer, il fallait un archéologue, ce fut un hébraïsant qui l'obtint. Pendant une trentaine d'années, et de la meilleure foi du monde, monsignor Boldetti pilla les catacombes pour mieux servir la religion. De regrettables dégâts avaient été faits dans les souterrains, mais à l'heure où Boldetti en prit la surintendance, les fresques intactes, les loculi inviolés, les épitaphes entières, les fonds de coupe, les menus objets de toute sorte se rencontraient dans des galeries et des cubicules, en nombre infini. Boldetti partit de ce principe qu'il fallait déménager tout le mobilier funéraire des premiers fidèles. Les squelettes, les épitaphes, les ornements de toute nature furent retirés, arrachés — et souvent brisés, pulvérisés — mais remontés au jour. L'exploration se faisait méthodiquement en ce sens qu'une galerie visitée était une galerie vidée ; on n'y laissait que ce qu'on dédaignait, ce qu'on ignorait et ce qu'on oubliait. Si encore le custode avait tenu un journal des fouilles, notant quotidiennement et topographiquement le dégât qu'il faisait, ce mal serait moindre ; loin de là, les religieuses ne sont pas même décrites, encore moins inventoriées. Elles sortent des cimetières pour s'empiler dans les armoires de la custodie jusqu'aux jours de générosité. Alors on les disperse avec une indication vague, à supposer qu'elle soit exacte. Tel fut le régime en vigueur sous la direction de Boldetti, régime pour lequel ses concitoyens ne se tenaient plus d'admiration. « Il fut, écrit Mazzuchelli, chanoine de Sainte-Marie au Transtévère pendant plus de quarante ans ; aussi orna-t-il le porche et la sacristie d'une multitude d'inscriptions et d'autres monuments chrétiens trouvés de son temps dans les catacombes ». Clément XI lui proposa l'épiscopat, mais en vain, car ce pieux antiquaire était un prêtre humble et désintéressé.
Son administration des catacombes souleva cependant quelques objections. Plusieurs remarquèrent que parmi les inscriptions placées sous le porche de Sainte-Marie du Transtévère, il s'en trouvait de païennes. Leurs scrupules devinrent assez bruyants pour que Marangoni crut devoir les apaiser. Il écrivit, pour justifier son ami, un livre excellent, demeuré classique et intitulé : Delle cose gentilesche e profane trasportate ad uso e ad ornamento delle Chiese, in-4°, Roma, 1744. C'était un maître livre que Boldetti, alors âgé de 81 ans, n'eût plus été en état d'écrire. Il n'eût jamais été en état, pour mieux dire, car cet homme instruit qui avait eu sous les yeux et entre les mains tant de merveilles en avait tiré le sujet d'un livre, qui est de lui tout seul malheureusement, et dont la place est si considérable dans l'histoire de l'archéologie chrétienne qu'il nous faut, à son sujet, entrer dans quelques détails.
Les richesses archéologiques que Boldetti a eues sous les yeux et entre les mains furent telles qu'un inventaire, même peu soigné, même légèrement incomplet, eût suffi à éclipser le livre génial de Bosio. Mais ce livre n'est pas un inventaire bon ou mauvais, c'est un ouvrage d'apologétique. L'auteur reste sincère, mais la négligence qu'il apporte jusqu'à dans l'exposition de faits matériels a pu aller parfois si loin qu'elle a fait, à tort, soupçonner leur véracité. On ne saurait cependant mettre en doute la haute probité de Boldetti, bien qu'il ait contribué à laisser planer sur l'Église de Rome, à propos de la garde et de la distribution des reliques, les plus graves soupçons d'imposture. La célèbre lettre de Mabillon intitulée De cultu sanctorum ignotorum avait relevé des faits accablants d'incurie et de mauvaise foi. Les arguments présentés par le bénédictin furent repris, développés, aiguisés par quelques érudits appartenant à la religion prétendue réformée, tels que Misson et plusieurs autres. Ce fut pour leur imposer silence que la cour romaine ordonna à Boldetti de rendre publiques les observations qu'il avait été amené à faire et la règle dont ses prédécesseurs et lui s'étaient inspirés dans l'exploration des catacombes. Boldetti sut éviter dans son livre le ton de la polémique et sollicita quelques conseils du sénateur Buonarroti. Pour la topographie dont il s'occupe peu, il suivit Bosio et recourut dans plusieurs circonstances à la science de Marangoni. En ce qui concerne l'épigraphie, l'incurie de Boldetti dépasse la mesure. Voici en quels termes J.-B. De Rossi le juge : Boldetti volumen cæteros libros omnium et christianorum inscriptionum copia et insigni apographorum negligentia vincit : cœmeteria vero, unde singulos lapides et flosculos Boldettus testatur, memoriter, opinor, ab co sunt indicata ; qua in re tot tantosque ejus errores detexi, adeo ignavam incuriam, ut quamquam mortuis obloqui non sit æquum, haud sit, ei me iratissimum esse profitear.
Le livre de Boldetti parut sous ce titre : Marc. Ant. Boldetti, Osservazioni sopra i cimiteri de’ santi martiri ed antichi cristiani di Roma, aggiuntavi la serie dei martiri e delle chiese di Roma, Roma, 1720. Boldetti mourut le 6 décembre 1749, sa dépouille fut inhumée à Sainte-Marie-du-Transtévère. Marangoni a écrit la vie, restée inédite, de son ami ; elle est conservée dans le ms. Marucelliano A 31, à Florence. H. LECLERCQ, BOLOGNE (MANUSCRITS LITURGIQUES DE LA BIBLIOTHÈQUE DE L'UNIVERSITÉ DE).
No 4084, parchemin, 189 feuillets (20,5 x 19,5) xI° siècle. Au fol. 18% on lit : Hoc missale, quod ego mecum altuli, pretii est auri largorum… Fata mihi Francisci Sassatti, Thomæ fili, civis rentini. Ebner croit l'écriture allemande et que le ms. pourrait avoir été écrit à Ratisbonne ; il ne propose aucun rapprochement paléographique qui justifie cette conjecture, il se fonde sur la décoration. Fol. 1. Sacramentaire : In nomine Domini à liber Sacramentorum de circulo anni expositus sancto Gregorio papa romano editus, ex culto libro bibliothecæ cubili scriptus, qualiter missa mo mana celebretur. Hoc est inprimis introitus, qualis fuerit statutis temporibus.
Fol. 2 vo, Préface commune. On a ajouté au xi° siècle la prière Aperi Domine os meum pour que le prêtre récitait pendant le chant du Sanctus. À la même époque, on a transcrit sur le fol. 3 verso, diverses prières : L'on Benedictio ad legendum evangelium : Domine sit, etc. Quando accepit oblationem : Suscipe S. Trinitas, etc. Super hostiam : Sanctifica, quæsumus Domine Amen. Super calicem : Sanctifica, quæsumus Domine, ut nobis unigeniti tui el Amen.
Super virum que : In nomine Patris et Filii et Spiritus Sancti sit benedictum et consecratum et ordinatum sanctum sacrificium. Amen. Daturus pacem : Domine Jesu Christe qui dei apostolis tuis : Pacem relinquam, ele.
Fol. 4. Te igitur elementissime pater sert de p texte à l'enluminure de la page entière. Re est mentionné dans l'oraison Te igitur ; au xi° on a ajouté en marge : rege, antistite et orthodoxe… culloribus. Les noms insérés au Memento des vivants ont été effacés ; le Memento des morts était omis, on l'a ajouté au xii° siècle, mais en marge seulement. À la fin du canon, on ajouta : Fiat !
Fol. 7 vo. Le canon finit au fol. 7 verso.
Fol. 8 re. Propre du temps et propre des saints.
Fol. 29 v°-64 r°. Propre du temps.
Fol. 113 r°. Messe de la dédicace.
Fol. 118 vo. Dominica 1 mense decembri de ad Domini.
Fol. 42-41 vo. — Dominica I post Pentecosten jusqu'au v° dimanche.
Fol. 131 vo. Messe de saint Benoit.
Fol. 132 vo. Missa pro papa.
Fol. 133r°. Messes votives avec épîtres et évangiles.
No 4519, parchemin, 4%4 feuillets (0,17 x 0,13) xiii° siècle. Missale. Seul exemplaire connu d'un supplément complet pour un sacramentaire ordinaire, il contient les parties de la messe que l'on chantait, ainsi que les épîtres et évangiles. Les oraisons et le canon se trouvaient dans le sacramentaire.
No 2246 (olim S. Salvatoris, 669), parchemin (25 x 9 cm.) xi°-xii° siècle. Sacramentaire provenant de l'île de Gorgona, près de l'île d'Elbe, contenant les oraisons, les évangiles. Les premiers feuillets manquent. Le début actuel tombe au milieu de la passion du vendredi saint. Après le samedi saint commence l'Ordo missæ : Ordo, quando ingreditur Sacerdos ad altare, dicat c orationem Or s te Domine, etc.
Om 2. sempiternus Deus, etc. tes) En oibiue eslo mihi peccatori, ele. à gloria inexcelsis Deo cantatur, dicat sacerdos : orationem s qui non mortem, sed penitentiam desiderat.
Nec. a : Gloria. Symbolum. apostolorum.
Quando ponit oblationem (sic) super altare : Suscipe : - Pater, etc. : la même prière que celle qui se trouve au missel romain.
Quando miscuit aquam cum vino, dicat : Deus qui e, etc.
Fol. 104%, Ordo missæ. Duni intrat ad altare. Introibo : Judica, Oratio : Omnipotens sempiterne Deus, etc., Confiteor, Misereatur nostri, Preces : Delictum meum, etc., et d'autres versets. Oratio. Omnipotens sempiterne Deus, qui me peccatorem, etc. Aufer a nobis. Hymnus Angelorum : Gloria. Symbolum apostolorum : Credo, Fol. 105. Des Præfationes : in quadragesima, in natale unius apostoli, in natale plurimorum apostolorum, in honore S. Trinitatis et de S. Cruce. La préface de la sainte Vierge fait défaut.
Fol, 107, Præfatio Communionis. Sanctus, Ce feuillet est orné d'assez belles enluminures.
Fol. 108, Le canon avec beaucoup d'additions, Dans le Te igitur, après culloribus luis on a ajouté et me servunt luum indignum réminiscere digneris. Dans le Memento des vivants on fait mention des bienfaiteurs et des confrères. Aux saints du Communicantes on a ajouté Ymiliani et Tyrsi et dans la prière, Nobis quoqué peccatoribus, on à intercalé le nom de sainte Euphémie. Avant le Memento des morts on lit cette rubrique : Hic recilentur nomina defunctorum. Après le Fiat comimixtio il y a la prière Domine Sancte pater, omnipotens æterne Deus, da mihi hoc corpus, etc. Corpus D. N. I. C. prosit mihi in remissionem peccatorum et conserve me ad vitam perpetuam. Amen.
Ad calicem : Communicatio et confirmatio sancti sanguinis tui, Domine 1. C., prosit mihi in remissionem peccatorum et conserve me ad vitam perpetuam. Amen.
Post acceptam eucharistiam : Gratias tibi ago, Domine Deus qui me peccatorem sociare dignatus es, etc.
Finita missa benedicat presbyter populum et dicat : Benedictio Dei Patris + et Filii + et Spiritus + Sancti descendat super vos.
Fol. 115-4192. Propre des saints.
Fol. 192, Commun des saints : les Missæ diversæ : les messes votives parmi lesquelles la Missa pro defunctis desiderantibus ( ?) penitentiam et minime consequentibus.
Fol. 279-282. Offices de la semaine-sainte, ajoutés plus tard,
Fol. 283. Autres additions postérieures, parmi lesquelles la Missam ad sponsam benedicendam. découpées, Missale plenum.
Fol. 1. Messe du Saint-Sacrement (addition du XVIe).
Fol. 3. Calendrier, très riche en saints anglais, et notices nécrologiques. Les mois de janvier, février, novembre, décembre, manquent. Vient ensuite la bénédiction de l'eau.
Le Missel commence par le propre du temps, depuis le premier dimanche de l'Avent jusqu'au vingt-cinquième dimanche avant l'Avent. A remarquer la reconciliatio pænitentium, le jeudi-saint,
Fol, 240, Prières avant la messe, l'Ordo missæ, les préfaces, le canon. Le canon est très abimé.
saints anglais.
979 BOLOGNE (MSS. LITURG. Fol. 499, Le commun et les Missæ diversæ.
Fol. 587. Les Kyrie et Gloria avec notes.
Fol. GO), Seize séquences.
Fol. 618. Les Sanctus et Agnus Dei avec notes, cf. Paléographie musicale, 1. n, pl. 208, où est reproduit le feuillet 50,
Fol. 693, Laudes b. Mariæ V. (addition postérieure).
N° 2679 (S. Salvatoris 686), parchemin in-8e, 242 feuillets (Om %< Omi4}, XIe, ce volume vient des environs de Venise, Missale plennum,
Il contient en effet les parties essentielles de la messe, cependant il ne comprend pas toute l'année liturgique,
Fol. 1-3. Additions postérieures.
Fol. 3 vw. Le commencement de l'Évangile de saint Jean, ajouté au XIe.
Fol. 4-10. Calendrier. Ce calendrier a été publié par Stephanus Borgia, Kalendarium Venetum, ex cod. mbr, bibliothecæ S. Salvatoris Bononiæ... n une primum in lucem editum. Rom, 1773, in-8,
Il porte de nombreuses retouches,
Fol. 11 ro, Tableau pascal.
Fol. 11 vo, Formules pour annoncer solennellement la fête de Pâques, le Carême et l'Avent. Plebs sancta Deo deserviens hoc cupit audire, etc.
Ces formules furent ajoutées au XIe,
Fol. 12 r, Commencement du missel. In die sanctissimium (sic) pasche.
Fol. 13 re. Missa in S. Sepulchri.
Fol, 13 vo. Missa in S. Nicolai.
Fol. 14-415. Messes des morts, intercalées au XIe.
Fol, 16 re, Ordo ad catecuminum faciendum.
Fol. 22 ro. Ordo ad benedicendam aquam.
Fol. 26 re. Ordo missæ.
Incipit confessio ante altare : Ante conspectum majestatis tuae, etc. Deus propitius esto, etc. Aufer a nobis, etc,
Cum ad osculandum altare accesserit, dicat : Oramus te, Domine, etc,
Quando evangelium osculatur, dicat : Per Christi, quam nobis per evangelium suum tradidit, confirmet et conservet corda et corpora nostra in vitam æternam. Amen.
Deinde inclinanti diacono signum crucis faciendo, dicat. Dominus vobiscum, etc,
Episcopus vel presbyter oblatam accipiens dicat : Suscipe S. Trinitas hanc oblationem, quam tibi offert famulus tuus et præsta, ut in conspectu tuo tibi placens ascendat, Per D,
Pro pluribus defunctis, plusieurs prières.
Quando calicem offert, dicat : Offerimus tibi, etc., la même prière qu'aujourd'hui.
Tuncelevata manu benedicat utrasque et dicat : In nomine Domini 1. C. sit sacrificium istud immolatum et a te Deo vivo et vero adunatum et benedictum.
Hostia incensum accipiens el ponat (sic) in turribulum dicit : Incensum istud, Dirigatur,
Tunc sacerdos humillime convertat se ad circumstantes et dicat : Oremus pro me peccatore.
Fol, 28 vo, La préface.
L'ambulacre qui s'amorce à droite de l'apside est plus développé et comporte des ambulacres secondaires, malheureusement encombrés de terre et de débris. Les loculi qui se trouvent à la partie supérieure étaient violés, ceux qui sont à la partie inférieure étaient en grande partie intacts, en 1880. Le travail d'excavation est grossier et irrégulier, Les loculi sont fermés, comme dans les cimetières romains, avec des tuiles liées par de la chaux. Le plus fréquemment les tuiles sont entièrement recouvertes de chaux et l'inscription se lit sur cet enduit, Les inscriptions sont peintes en rouge et disposées dans un cartel. Quelquefois on a fermé les loculi avec une plaque de marbre.
L'ambulacre principal est très élevé, ses parois ont permis de creuser 9, 10 et même 11 rangées de loculi superposés ; la plus grande hauteur est 7 mètres. Les parois sont perpendiculaires dans la partie la plus élevée, ils vont en se rétrécissant à tel point que la largeur de l'ambulacre qui est de 1,50 ou 2 mètres dans la partie supérieure, ne mesure plus sur certains points, à la partie inférieure, que 0,50. L'ambulacre qui vient déboucher dans l'abside avait été, lors de la construction de l'oratoire, entièrement aveuglé sur ce point, sans toutefois qu'on renonçât à établir une communication ; on ménagea donc une petite fenêtre dans toute l'épaisseur du mur. Cette fenêtre était à un niveau inférieur au pavement et se terminait par un conduit aboutissant sous l'autel. La disposition est, dès lors, facile à concevoir : c'était ici un dytov Hapruprov pourvu d'une fenestella confessionis. L'atrium avait une communication distincte avec les galeries. L'abside et un des murs latéraux possédaient d'autres fenestellæ s'ouvrant sur les galeries cémétériales ; il est possible qu'elles n'y donnassent pas accès, mais simplement la possibilité d'y plonger le regard,
La construction de l'oratoire dans la partie centrale de l'hypogée entraîna de nombreuses ruines dans la disposition primitive de celui-ci, Une première remarque qui s'impose est celle du changement de niveau entre l'oratoire et les galeries, Stevenson en a induit avec beaucoup de perspicacité que le pavement actuel de l’oratoire cachait les traces des anciens ambulacres et quelques sondages ont vérifié la justesse de ses observations. Cette création d'un oratoire souterrain est digne d'attention puis que, avec moins de peine, on eût pu édifier à sainte Christine un mémorial à ciel ouvert, Il est clair qu'on aura voulu éviter de troubler les reliques par une translation et que, d'autre part, on n'a pu se résoudre à les laisser dans un souterrain ; on a donc creusé l'oratoire et, ici encore, la préoccupation de respecter le saint tombeau est manifeste. L'abside, pour des raisons qui nous échappent, n'ayant pu être tracée au centre de la paroi du fond de l'oratoire, on s'est résolu à la rejeter un peu sur le côté gauche, dût la symétrie en souffrir, plutôt que de déplacer la tombe de la martyre éponyme.
En 1884, Enrico Stevenson proposa de démolir l'autel moderne et de soulever le dallage composé de fragments de plaques de marbre juxtaposés. Quelques tituli païens ou chrétiens qui avaient été déchiffrés autrefois demeuraient en place, on constata que plusieurs d'entre eux étaient opistographes, Ce dallage de la basilique avait, très vraisemblablement, été exécuté au moyen des inscriptions servant de fermeture aux loculi que les travaux d'aménagement bouleversaient ; faute de matériaux on avait utilisé des marbres provenant des ruines de la ville antique.
Le but principal des fouilles n'était pas épigraphique, mais topographique, On souhaitait découvrir les derniers prolongements souterrains des galeries et des cubicules éventrés afin de saisir le rapport des uns et des autres avec les autres données fournies par l'hypogée et, grâce au plan ainsi reconstitué, ressaisir la relation qui avait existé entre la tombe de sainte Christine et les autres régions du cimetière. Alors, grâce à cette donnée fondamentale, on pourrait expliquer l'origine, le développement des divers niveaux et réseaux d'ambulacres et faire coïncider les données tant épigraphiques que topographiques pour rétablir la chronologie du cimetière
L'ambulacre qui s'étend à droite du mur latéral de l'abside est le plus spacieux de tous ceux de l'hypogée. Sur toute sa longueur, plusieurs corridors, sur lesquels s'ouvrent des chambres, viennent y aboutir ; les tombes creusées à la partie supérieure ont toutes été violées, celles que les éboulements et les décombres dissimulaient proposent GERASINIA et GERMANA ; pour le denier qui devait être accolé de deux visages de profil.
Les tombes sont défoncées avec peu de soin et nulle régularité. Elles sont fermées au moyen de tuiles maçonnées à la chaux ; le plus souvent la badigeonne recouvre entièrement les tuiles. Un cartel à décor renferme d'ordinaire l'inscription tracée en couleur rouge. Parfois l'inscription a été d'abord tracée à la pointe dans la chaux humide, on a ensuite rempli le sillon de couleur. Les loculi fermés par une plaque de marbre sont tout à fait rares et exceptionnels.
Sion examine attentivement l'inscription, on constate que la première ligne est composée, d'après le système des sigles syllabiques qui posséda longtemps la faveur, et d'après lequel chaque syllabe est représentée par sa voyelle unique ou par la consonne initiale. On peut donc lire sans aucune chance d'erreur : hlc-Re-QuiE-Scit. Nous retrouvons ces mêmes divisions dans l'inscription de saint Médicus, à Otricoli : ….Qui-EScen-Ti-Bus... Nous n'avons pas de raison de supposer que le système employé à la première ligne a été abandonné à la ligne suivante ; nous avons des raisons de ne pas le supposer, puis que nous retrouvons l'application du système : Cor-Pus-Be-A-Tæ. Ce système a été, faute de place, abandonné pour les deux derniers mots qu'on a réduits à leurs initiales : Xristinæ Martyris. L'emploi des points entre chaque membre de l'abréviation remonte principalement au 11e siècle de notre ère. Cependant, l'état matériel de l'urne ne permet pas de supposer, ne fût-ce qu'un instant, qu'elle remonte à l'époque des persécutions, pas même à l'époque de la déposition solennelle des reliques après la Paix de l'Église. Cette inscription est postérieure au vol d'une partie considérable du squelette de la martyre, elle ne peut se classer que parmi les épitaphes de la troisième période des sépultures de martyrs, c'est-à-dire vers le milieu du VIe, quand commencèrent les pérégrinations et les divisions des corps saints, stables et intacts jusqu'alors. À cette même date, on rencontre sur les urnes contenant des corps saints transférés, des formules analogues à la nôtre. Quant à la graphie Xristina, elle se justifie par de nombreux exemples, dont les plus anciens remontent à une époque assez éloignée. Le vocable Christus, dont Christina est le féminin, est représenté en grec sous ces diverses formes : XPS, XPI, XPO. D'après Settele, cette graphie ne se rencontre qu'exceptionnellement avant le moyen âge ; ce qui est plus certain, c'est que l'emploi du sigle fut réservé à Christus ; on n'en fit pas usage pour christianus et encore moins pour christina, qui étaient écrits en toutes lettres. Le plus ancien exemplaire connu d'un dérivé de Christus écrit en abrégé avec les lettres latines XP est la légende d'une monnaie battue à Milan à la fin du IVe. Après cette date, les exemples se multiplient, et on en rencontre dans l'épigraphie lapidaire et dans les manuscrits. Cette circonstance chronologique est en parfait accord avec d'autres traits de l'inscription de l'urne de sainte Christine.
Le petit mur construit près du sarcophage, du côté qui regarde le fond de l'oratoire, semble avoir été jadis orné de peintures jusque sous le niveau du sol actuel de l'abside. L'autel du XVIe placé à l'opposite de l'autel ancien a laissé voir la partie centrale de la face antérieure du sarcophage et de son couvercle rudement dégrossis, sans ornements ni inscriptions. Au même niveau et adossée au sarcophage se trouvait une plaque de marbre portant une inscription usée par le frottement et devenue illisible. Cette plaque correspond à l'emplacement où s'arrêtaient les pèlerins qui ont usé l'inscription avec leurs souliers et leurs genoux. Un fragment lisible subsiste qui a dû recouvrir une fosse creusée régulièrement et alignée au sarcophage-autel de façon à faire toucher le côté de la tête à la tombe sainte. L'inscription est très incomplète. On peut constater toutefois qu'elle se composait de neuf hexamètres et se terminait par trois lignes en prose contenant les indications chronologiques relatives à l'âge du défunt et à la date de sa mort ; enfin, le sigle courant à Bolsène : Pax Tibi Cum Sanctis. Voici cette inscription :
Hi E BEATA MENTO A PRAECARIS |ARTIBVS LVCEM REDDIT A VII
TRC2SX
en plus deux fragments dont on ne peut déterminer la place : | SA | NC : | CV > br LA La date est certaine, dd. nn. flavio valexriiniano :
AUG. III et flavio valente aug. II conss., c'est l'année 373. L'avant-dernière ligne devait indiquer le jour de la déposition du défunt, c'est le chiffre vin de la ligne 10. Comme la ligne 3 nous donne le nom du défunt SAHINUS Qu probinus, nous ne pouvons à la ligne 10e lire deposita, mieux vaudrait donc quelque chose comme die dominica. Les suppléments à proposer aux autres lignes laissent fort perplexe. On remarquera les finales des lignes 5-8 donnent une qui semblent appartenir à une formule … beata...memento...precaris (in cæli) contemporaine de l'épigraphie damasienne.
La deuxième inscription métrique est encore pleine de réminiscences classiques rapprochées de la mention très formelle de la réception par le défunt du sacrement de confirmation ; en outre, l'inscription mentionne l'existence de l'usage des parrains. Gravée sur une plaque de marbre, l'inscription est incomplète d'importance +, NVPER PRAECLARO : SIGNATVS MVNERE | M [CRHISTI L QVI QVONDAM DVRA CENITORVM MORTE : DI1 #0 (REPTVS s SVSCEPI GRATOS MEISIORI : SORTE : PARENLe (TES.
SED TRAXIT FORTVNA :DIEM NEC-DISTVLSIT-
NAM GENIALI : SOLO PRAECLVS EMPORA VI-
NOMEN ALEXANDER PATRIAM GENVS PIS [HIC EST :
RP ec té CR ra « LE À + » A ? Er Fr 2 un 7 - n ” Severiana. Si le christianisme de l'inscription ne s'impose pas avec évidence, il faut bien reconnaître cependant qu'il peut être soutenu avec de grandes probabilités.
ET NVNC DOCTE PVER STVDIIS ET IVRE PE ; |
n commencement ; ce qui manque à la fin a moins |
BOLSÈNE 990
Nuper praeclaro signatus munere Christi qui quondam dura genitorum morte direptus suscepi gratos meliori sorte parentes.
Sed traxit fortuna diem nec distulit horam.
Nam gemiali solo præclus[it tlempora vitæ.
Nomen Alecander, patrian genus [si culpis, hic est. Hic vixit ann[as.…., nienses] vrrr, diels… Depos]it(io) 4e, Septenib.…., ltdus
VIN DIE IT :INDVS.
Une inscription à date consulaire, de l'année 401, est accompagnée de deux chrismes et de la formule PAS TIBI5, déformation rare mais qui n'est pas sans exemple à Bolsena où nous retrouverons sur une tombe : PAS TIBI CVM SANCTIS6. Nous lisons ailleurs DIPOSITIO et la formule, rare à Holsena +” HIC reQVIEScit5. Une seule inscription mentionne une INNOCENS NEOFITA $ ; une autre, plus curieuse, si l'on admet le supplément proposé par De Rossi, serait celle d'un évêque d'Orvieto : + IN NVMINE DNI NOSTRI IHC REQVIESCED IN PACEM QVI BIXID IN SECVLO ISTO TVM ANNOS QVADRA ginta 5 ANNOS :XI : IN PACE PRI NONAS FEBRVARIA s« lig. 4 : ante episcapaltun : annos quadralginta et im episconalu sedit] annos XI. Sur une tombe se trouve une inscription dont nous avons rencontré d'autres exemples, c'est l'alphabet 1 ! :
+ + + x + PAX A
ABCDECK+LMN © ABCDETE
Les fouilles de 1884 ont fait rencontrer deux inscriptions païennes du Ier et du IIe ! ? qui ne nous retiendront pas. Leur date ancienne laisse supposer qu'elles ont été transportées dans l'hypogée à une époque postérieure ; on ne saurait rien tirer de précis ni de concluant de cette circonstance. Par contre, la récolte d'inscriptions chrétiennes est très nombreuse et très précieuse. Un groupe de chambres fouillées en 1881 11 se compose d'un cubicule avec des loculi et des arcosolia flanqué de deux chambres dont l'une dépourvue de sépultures, l'autre, simple grotte sans loculi. Le sol de cette grotte avait été creusé pour recevoir, semble-t-il, plusieurs corps, au moins deux. Le cubicule principal communiquait, nous l'avons dit, avec l'abside de l'oratoire par une fenêtre. À peu de distance de l'abside se trouvait une porte donnant entrée dans le cubicule dont les parois présentaient trois arcosolia, dont l’un porte cette inscription tracée sur la chaux encore fraîche :
Depositio Heper comiltis) viiri) i(Hustris) diacuni, ete.
Frère _——— M ER ES sa hs ‘ ( A né | j É' | 1 La paléographie est du ve siécle. Le corps n'avait sans doute pas été inhumé dans l'arcosoliumi mais dans le sol, Une tombe trouvée également dans le sol portait une pla que de marbre datée de l'année 976 mentionnant le curator (i}stius civitalis ?.
METTIAE-NAVIGIAE :VXORIBONE FILIE‘DVLCISSIME-NORVI OBSEQVENTIS SIME :-CVIVS :FIDIS-PVDOR :‘ET PIETAS :VINCI POTVIT-NVMQVAM-QVE :VIXIT-AN-XXX10-M Hit-&-Vin ET CVM VIRGINIO :SVO-FECIT AN :XX M-I-S&-X Xl MARITVS :CVRATOR :R.P :
STIVS : CIVITATIS : STITVIT : DEP : EIVS PRIDIE + IDVS :SETB - DDNN : VALENTES - V : ET VALENTINIANO CON -P :T :c :5s Mettiae Navigiae uxori bon(ale, filita)e, dulcissimla)e, nujrui obsequentissim(a)e, cujus fid(els pudor et pietas vinci poluit nunquam ; quiaje virit an(nos) XXXIHTI, milenses) 1111, diies) Virt et cumi virginio suo fecit an(nos) Xx, milenses) 111, diies) XXII, maritus curator r(ei) p'ublicae) (ilstius civitatis (i)stituit. Deplositio) eius pridie idus Se(plt(em)b(res) diominisin(ostris) Valentie v et Valentiniano con(sulibus). P(ax) H{ibi) e(um) s(anctis). La formule finale, que nous trouvons ici réduite à ses initia les, était probablement développée sur une autre épitaphe ?, c'est du moins ce qu'on peut conclure d'autres tituli s, Une tombe fermée avec des tui les auxquel les était superposée une pla que de marbre portait cette formule nouvelle dans l'épigraphie chrétienne 5 : nn usse. conilVX CASTISSIMA FAVGI : IN Et ec nr NCTA RECEPTA DOMO A de TO quAF VIXIT ANNIS XXX III mensibus.. diebVS XXV On peut compléter le début de la manière suivante : (conjiuzr castissina frugiin(ter spirila saïncla recepta domo. Ces suppléments peuvent être justifiés par des formu les analogues tel les que : Leopardun : in pacem cum spirila sancta (sic) acceptuni pusuer. parentes 6, et encore : accepta est ad spirita sancta ?, À la fin de | la 2 ligne on peut proposer : domo (@ierna depasita) formule qui se rencontre à Rome et en Afri que “. Mais les meilleurs suppléments n'en excluent pas d'excellents ét on peut préférer à ces lectures celle-ci : in (hac religiosa el saïncta recepta domo.
En 1889. le Père Cozza-Luzzi fit connaître la découverte d'un second cimetière situé à un kilomètre de celui qui vient d'être décrit. Ge nouveau cimetière est situé au nord de la ville. Les galeries sont en grande partie obstruées par des éboulements, Les rares parties abordab les qui ont pu tre visitées ne contenaient pas de monuments, mais seulement quelques inscriptions tracées à la couleur rouge et des débris de verre 9,
H,. LECLERC.
son intelligence que sa piété et la droiture de toute.
| le titre d'abbé de ce monastère et obtient d ‘être envc BONA (Jean), — |. Biographie. LE Ouvrages lit giques. IIT. Bibliographie, conduite qui le distinguëérent désor mais, Moine profé le 2 août 1626, il est envoyé à Monte-Grosso près d'As pour % étudier pendant une année la philos Empêché par une épidémie d'aller suivre à Roue 1 k cours de théologie, il profite du loisir de deux 4 pour lire les Péres etcompléter son éducation littéraire On peut juger de l'application qu'il apportait ä : é lectures par un Recueil de priéres et de senten ces dé Pères qu'il composa à cette épo que sous le titre d'A rologium asceticum ; cet ouvrage ne parut qu'ap mort. Ilva ensuite à Rome. De sa préparation au sacer doce devait naître le traité ascéti que De sacrifici miss publié seulement en 1668. En 1696, il professe la théologie à Mondovi, déclis dans la retraite, à Turin, où il passe cinq ans ; c'est d qu'il recueille les matéri aux de ses deux écrits : #4 ) monia psallentis Ecclesiæ et Via compendii ad De Successivement il devient prieur d'Asti, abbé de Mon il dovi et, en 1651, général de son ordre. Bona ont Rome de la protection et de l'amitié du cardinal Chigi Malgré les instan ces de ce dernier pour le g de lui, il fait en sorte, après les trois ans de son £ ralat, de n'être pas réélu et-revient à Mondovi, où | ‘ei seignement de la théologie lui est à nouveau confié n'était pas pour lui sans mérite de reprendre charge, car son naturel tranquille, ami de la con je : plation et peu enclin aux subtilités, ne trouvait aueui goût aux séches discussions dialectiques alors tant 4 honneur, Delinent nie lectiones theologicæ, qu de quotidie immoror ac fere immorior, écrit-il de dovi le 4 septembre 1655 19, Il ne devait pas oceu longtemps cette chaire, Le 7 avril de la même ann le cardinal Chigi avait été élu pape sous le. a. d'Alexandre VII ; appelé par une circonstance see |_à désigner lui-même l'abbé général de l'ordre des feu lants, il porta aussitôt son choix sur Bona qui r ainsi à Rome. A partir de cette épo que, les honm ecclésiastiques le poursuivirent en dépit des dén tions énergiques de son humilité. Consulteur des 6 # grégations romaines de l'Index, des Ri les, de la F op gande et du Saint-Office, il trouvait encore, dans le loisirs que lui laissaient ces fonctions et l'exercice ee | sa charge d'abbé général, conservée quatre anné temps nécessaire pour publier son De sacrificio sa Manuduectio ad cælum, et surtout pour ed son grand traité des Choses liturgiques t. Le 29 novembre 1669, le successeur d'Alexandre VII, Clément IX, le créait cardinal du titre de San Salvatore in Lauro, qu'il échangea dans la suite contre celui de San Bernardo alle Terme di Diocleziano, A la mort de Clément IX (9 décembre 1669), le bruit de l'élection éventuelle de Bona au souverain pontificat courut un Dés lors, Bona consacre plus que ja mais son temps à l'étude ; c'est à cette épo que que paraissent les Rerum diturgicarum libri duo (1671), son chef-d'œuvre, et les deux traités : De discretione spirituun (1671), et Principia et documenta vitæ chistianæ (1674).
Bona mourut le 28 octobre 1674, Il laissait après lui le souvenir d'un de ces hommes d'Église de grande B, Tommasi devaient continuer à illustrer le type. Parmi les nombreux savants qui s'honorérent de son amitié et demeurèrent en relations épistolaires avec lui, on peut citer Ph, Labbe, P. de Goussainville, Chr. Lupus 3. de Voisin, Luc d'Achery, Mabillon, le cardinal Noris, Papebroch, Baluze, Thiers. Cette correspondance fut Done publiée par Sala, mais il reste encore beaucoup de lettres inédites ?, La biographie de Bona a été brièvement écrite par Bertolotti, un de ses discip les, par Tardito, contemporain de Sala, et par Mazzuchelli *. La notice de ce dernier est la plus exacte. IT. OUVRAGES LITURGIQUES, — 1. Le DE DIVINA PSALMODIA. — Bona fit paraitre ce traité à Rome en 1653 + sous le titre : Psallentis Ecclesiæ Harmonia. Tractatus historicus, symbolicus, asceticus de divina psal- -modia ejus que causis, mysteriis et disciplina, de que varits ritibus omnium Ecclesiarum in psallendis :divinis officiis. Il l'avait composé pendant son séjour à Turin, Dès 1642, il en communiquait le manuscrit à un ami ; l'ouvrage devait alors porter le titre de Horæ canonicæ 5, Dans une lettre au supérieur général de la congrégation de Saint-Maur, du 12 juin 1662 ?, Bona parle d'un exemplaire de ce traité, corrigé et augmenté de sa main, qu'il inlitule simplement De divina psalmodia. Ce titre devait finir par prévaloir ; c'est celui que porte l'édition de Paris donnée chez le libraire Billaine, en 1663, par les soins des bénédictins de Saint-Maur et principalement de dom d'Achery $.
Le traité De la psalmadie est la première œuvre imprimée de Bona. Elle révèle des qualités éminentes -d'érudit et de savant, mais n'est pas exempte de défauts de forme, qui tiennent sans douté à sa condition acquise par l'auteur dans le domaine de l'antiquité profane y tient une place assez encombrante ; c'est à profusion qu'on y trouve cités des témoignages d'écrivains païens souvent fort obscurs, à tout le moins d'aulorité trés douteuse. L'ouvrage man que en général de concision et de netteté : les considérationssymboliques empiètent trop facilement sur le terrain réservé à l'histoire. Enfin une cinquantaine de poésies latines de Bona insérées par lui au travers de ce traité ajoutent encore à son caractère insolite. On peut regrette : que Bona n'ait pas fait pour l'office ce qu'il ft plus tard pour la messe : d'une part un traité ascéti que d'où le d'ouvrage de début, La connaissance fraichement | instant à Rome, mais son nom réunit peu de suffrages. érudition et d'éminente piété dont Mabillon et le
BONA
se tr, 994 symbolisme était écarté, et d'autre part une étude proprement histori que, Il est vrai que l'ouvrage eût ainsi perdu de ce charme littéraire qui ravissait les contemporains *, et Bona humaniste nous eût en partie échappé, Mais en dépit de ces défauts extérieurs l'œuvre était solide et originale. Sans fausse modestie l’auteur pouvait écrire dans sa préface : Confer si pla cet h une librunr cum cœæteris, qui hactenus de eodem arquiento prodierunt, fateberis procul dubio neminem reperiri, qui omnes divinæ psalmodiæ partes, mysteria, et disciplinam hac ratione erplicarit. C'était l'avis de dom Martène : le De divina psalmodia qu'il qualifie de singularis et aureus tractatus, est, selon lui, le premier ouvrage sur le sujet où l’on ne se contente pas de raisons mora les et mystiques 10, Ensuite, il est vrai, Martène parait regretter qu'il n'y soit question ni des | rites particuliers aux divers temps de l’année, ni de l'histoire des fêtes : le reproche serait fondé si ces questions n'avaient été intentionnellement exclues par l'auteur. Conformément au titre de son ouvrage, Bona a dessein de s’en tenir au cadre uniforme de la récitation du psautier,c'est-à-dire aux seu les lignes essentiel les de l'office, Après trois chapitres d'introduction sur l'antiquité et l'excellence de la psalmodie, le motif du choix des heures de l'office et les divisions du jour et de la nuit, Bona étudie successivement, en autant de chapitres, l'office de nuit, les Lau des, Prime, Tierce, Sexte, None, Vèpres, Complies, le Petit Office de la sainte Viergp, l'Office des morts, les Psaumes pénitentiels et les Litanies, les Psaumes graduels, le détail de l'office (Pater, Ave Maria, Symbole des apôtres, prélude des heures, signe de la croix, Gloria Palri, Alleluia, invitatoire, hymnes, antiennes, psaumes, cantiques, versels, lécons, répons, capitu les, collectes, symbole de saint Athanase, lecture du martyrologe, suffrages, conclusions des heures}, le chant ecclésiasti que, les divers rites usités dans l'Église pour la récitation des heures. enfin, en manière de conclusion prati que, les conditions personnel les de la participation à l'oflice et les exemp les donnés par les saints en le célébrant, — Pour établir historiquement ces divers points, Bona a accumulé les preuves ; son érudilion ecclésiasti que, plus étendue encore que sa science des choses profanes, est de premier mérite,car Bona n'a pas eu de devanciers sérieux dans cette tâche, Il a fourni à ceux qui devaient continuer son œuvre un arsenal de textes présentés un peu confusément sans doute, mais d'une réelle richesse ; et de fait on y puisera souvent, sans y référer toujours. Le De antiqua Ecclesiæ disciplina in divinis celebrandis officiis de D. Martène, avec ses piè ces inédites et le jugement plus mûri et plus sûr dont il témoigne, n'est au fond qu'un complément de l'œuvre de Bona. C'est sur les données recueillies par Fona et Martène que l'on travaillera jusqu'à nos jours ; et avant d'arriver aux étu des des modernes historiens du bréviaire, il ne paraitra pas d'ouvrage d'ensemble sur le même sujet qui puisse être comparé à ceux de ces deux auteurs 11, | 368... Les poésies latines de Bona n'ont pas non plus été éditées,
IE, — 2
995 Sa composition avait été longuement interrompue, à deux reprises, une fois par la maladie de l’auteur, une autre fois par son élévation au cardinalat. L'exemplaire manuscrit présenté à Pallavicini avait pour titre : De sacrosancto Missæ sacrificio disquisitiones historicæ !. C'était un énoncé très précis du sujet qu'on peut regretter de n'avoir pas vu prévaloir. L'ouvrage avait coûté à son auteur une somme extraordinaire de travail ?, de ce travail consciencieux jusqu'à la minutie ‘qui est la plus sûre garantie de la valeur de l'œuvre.
Les Rerum liturgicarum libri duo sont une œuvre d. 248-253 (et dans les appendices du tome nm, p. cn-cvt), Le
Bona d'insister auprès de l'inquisiteur pour que sa disserli
L' »À
de pure exposition historique d'où le schème et l'argumentation scolastique sont décidément | bannis. In eo conscribendo, dit-il dans sa préface, 1 roi liniites prætergressus non sum... S1 ymboliea erplie a pluribus haberi potest, qui de illa copiosissime sc serunt. Scholasticis disputationibus plena sunt à tia theologorum volumina. Polemica illis Missam vindicant a calumniis hæreticorumt. — peu de distance de la Réforme, en un temps où la méthode historique commençait seulement à prendre possession définitive des esprits, il y avait grand : né à pouvoir ainsi dominer un sujet propice aux polémiques, en s'abstrayant des préoccupations apologétiques de l'heure présente et en demeurant rate dans le domaine des faits. Au milieu du siècle suivant, l’annotateur de Bona, le cistercien Robert Sala, ne saurait point échapper à cet entrainement, Il fallait aussi beaucoup de courage et de persévérance à aller mener à bien ce travail, car tout à peu près était à faire dans le sens de la synthèse, Les devanciers de Bona, Pamelius, Cassandre, Schulting, Gavanti, Ménard Allatius, Goar, Morin, et d’autres, avaient publié des documents avec ou sans notes, soit des dissertations, souvent polémiques, sur des points de détail. Il n'existant pas de traité d'ensemble sur l'histoire de la messe et de ses différentes parties. C'est ce traité que Bona offrait au public studieux sous le titre modeste de Rerum liturgicarum libri duo 1*.
Rien de plus simple que le plan de l'ouvrage : le premier livre contient les notions générales indispensables à l'explication des différentes parties de la messe qui fait l'objet du second livre. Voici les principales divisions du premier : la signification du mot « Messe », ses équivalents dans les diverses liturgies (ch. F5) les origines de la messe : son institution, sa première célébration, ses différents rites, ses parties principales et accessoires (ch. 1v-v1) ; les diverses liturgies : la liturgie des apôtres, de saint Basile et de saint Jean Chrysostome, autres liturgies orientales ; messe ambrosienne, mozarabe, gallicane (ch. vin-x1r) ; les différentes espèces de messe : publique et solennelle, privée et solitaire, de tempore et de sanctorum, votive, des présanctifiés, sèche, des catéchumènes et des fidèles (ch. xiu-xvir} les jours liturgiques, aliturgiques et polyliturgiques : {ch. xvim) ; les temples et les autels (ch. xix et xx) ; le jeûne eucharistique, l'heure de la messe, les moyens employés pour convoquer les fidèles, et particulièrement les cloches (ch. xxr et xx11) ; la matière du sacrifice : la question de l'azyme (ch. xx) ; les vêtements liturgiques (ch. xxiv) ; les vases sacrés et autres objets nécessaires à la messe, puis en façon d'appendice : 1. les ministres inférieurs de l'autel, 2. le chant ecclésiastique et les chantres (ch. xxv). — Les vingt chapitres du deuxième livre suivent l'ordre des parties de la messe. A propos de l'Introït (ch, m1), il est question des di soit publiée, L'Arymus eucharisticus de Macedo avait à mis à l'index par un décret du 2 octobre 1673, d une cor - gatur. Ille corrigea et l'édita à Vérone à la fin de la même année.— 10ÆEpist., COCXXXVE, p, 263-264, — M Sala donne s ivement, et en leur entier, le texte des deux éditions, parentes versions latines du psautier ; à propos du Ayrie éleison (ch. 1v), de l'origine du chant alterné ; à propos de la Collecte (ch. v), des laudes papales : ; l'évangile (ch. vu) amène l'auteur à dire quelques mots de l'homélie et de l'absolution des pénitents qui le suivaient. Au ch. xvi, il est parlé des bénédictions épiscopales et des annonces qui prenaient place autrefois entre la fraction et la communion. Les ch. xwir, XvuT et xx sont entièrement consacrés à la communion. Un appendice contient : 4e le texte de la Missa Flacci Ilyrici, d'après un manuscrit de la bibliothèque impériale de Vienne !, % un fragment de messe inédite, du même genre que la précédente, tiré de la bibliothèque du cardinal Chigi *.
Pour toute cette exposition, Bona s'est servi des sources les plus variées : on peut dire qu'il n'ignore rien de la littérature de son sujet et la liste serait longue des auteurs qu'il a consultés, Sa connaissance des manuscrits liturgiques est moins étendue : les devoirs de sa vie religieuse, sa charge d'abbé général et de consulteur de diverses congrégations, son cardinalat, en lui interdisant les voyages, ne lui permirent guère d'utiliser d'autres manuscrits que ceux des bibliothèques romaines ; pour le reste, il s'en tient surtout aux renseignements que lui fournissent les travaux de Schulting, de Ménard et de d'Achery. A Rome, ses constatations portent principalement sur les manuscrits des bibliothèques de la reine Christine de Suède+, du Vatican et du cardinal Barberini. Dans la première Bona a vu de près le Missale gothicum (olim 626, nunc #17) auquel il est un des premiers, sinon le premier, à attribuer une origine gallicane ; par voie de comparaison il établit que le Missale 493 du fonds Palatin à la Vaticane est de même provenance 5, Ces deux manuscrits ne devaient être édités pour la première fois qu'en 1680 par Tommasi, six ans après la mort de Bona ; le second porte dans cette édition le titre qui a depuis prévalu : Missale gallicanum vetus. Du Missale gothicum Bona a publié dans son traité la messe de saint Martin, qu'il compare pour l'ordre des pièces avec la même messe du Missel mozarabe, et la messe de saint Étienne ; du Gallicanum vetus, la messe de saint Germain, [l a utilisé aussi le sacramentaire gélasien de la bibliothèque de la reine Christine (Var. Reg. 416). L'oratorien Jean Morin qui tint un instant ce manuscrit de son précédent possesseur le sénateur Paul Petau, à Paris, y avait déjà reconnu un texte de type gélasien. Bona est du même avis : Suspicalus sum, dcril-il, ordinen S, Gelasit in eo contineri, adeo mullæ habet diversa a Gregoriano, nisi forte ex ubro que mirium sit« , Ce sacramentaire fut aussi édité par Tommasi en 1680, En outre du Missale gallicanum vetus Bona cite encore particulièrement les manuscrits liturgiques suivants de la Bibliothèque vaticane Cod. 499 (Palat.) 10, 501 (Palat.) 1, 9807 12, 474913 4770 daté exactement du xy° siècle 14, 4772 15 ; et parmi ceux de la bibliothèque du cardinal Barberini Cod, 1858 16, 186117, 186615, 2865 19.
À cette connaissance des sources s'alliaient chez Bona un véritable sens critique et un grand esprit de sobriété et de mesure. Peu d'auteurs ont évité plus que lui les digressions, les conjectures oiseuses et le vain appareil d'une érudition de surface. Son œuvre est personnelle et approfondie ; elle vise éminemment à être utile, et si elle atteint un réel degré de clarté et de simplicité, c'est au prix d'une discipline sévère, exclusive de tout paradoxe et de toute aventure dans l'hypothèse 21, On est parfois tenté de reprocher à Bona une excessive réserve ; cependant en un temps où les moyens de recherche scientifique étaient assez limités, où la chronologie des œuvres littéraires commençait seulement à se fixer, cette réserve doit être considérée comme une méritoire prudence, C'est grâce à ce tempérament scientifique que l'œuvre de Bona a peu vieilli et qu'on la consulte encore avec fruit.
Les chapitres du premier livre relatifs aux origines de la messe et aux diverses liturgies sont, au point de vue historique, les plus faibles de l'ouvrage. Bona d'ailleurs écrit à une époque où nombre de textes liturgiques importants restent encore à publier. À ce point de vue, sa connaissance des liturgies orientales laisse surtout à désirer ; la revue rapide qu'il en donne (ch. vir et 1x), les considérations qu'elles lui suggèrent ne sauraient plus retenir longtemps notre attention. D'après lui, les liturgies dites des apôtres remontent à une très haute antiquité ; bien qu'interpolées elles demeurent authentiques dans le fond ?1, Il en serait ainsi pour la liturgie de saint Jacques et pour celle de saint Clément. Les Constitutions apostoliques, d'où celle dernière est tirée, sont attribuées à un auteur du ue siècle compilant d'anciens documents, [l'autre part, on voit avec intérêt que Bona est porté à considérer les écrits de Denys l'Aréopagite comme apocryphes et à en faire l'œuvre d'un alexandrin de la fin du IVe ou du commencement du ve, Bona est aussi l'un des premiers à mettre en doute l'authenticité du de Sacramentis attribué à saint Ambroise® ? et à se rendre compte du caractère fictif de la messe éditée en 1547 par Flacius Ilyricusit, Son étude sur la messe ambrosienne et la messe mozarabe ?° ne repose que sur les textes artificiels des missels modernes, Pour la Liturgie gallicane, au contraire, nous avons vu que Bona avait eu recours aux anciennes sources. Il convient encore de ne pas oublier qu'à son époque le procès des décrétales du pseudo-Isidore a été définitivement jugé et qu'il ne s'appuie pas sur leur témoignage ?f, En somme sa critique des sources est en progrès sur celle de ses devanciers, Si néanmoins il a quelquefois l'air de recourir à la tradition apostolique pour les institutions anciennes dont il ignore au juste l'origine !, il faut y voir non pas un moyen d'éluder les questions embarrassantes, mais une façon de les résoudre au mieux des vraisemblances de la tradition ecclésiastique alors connue. Ces cas du reste sont rares.
Il ne faut pas chercher chez Bona, nous l'avons déjà laissé entendre, de ces hypothèses ingénieuses qui orientent soudainement dans des directions nouvelles. Il est avant tout didactique et n'a guère d'autre souci | que de mettre de l'ordre et de la clarté dans les questions liturgiques jusqu'alors mal élucidées. On trouve chez lui pourtant quelques théories assez personnelles qui méritent d'être signalées. Sa distinction des parties du sacrifice eucharistique dans toutes les liturgies est restée classique. Il note des parties essentielles (Panis et Vini præparatio, oblatio, consecratio, consumimalio, et ipsius Sacramenti communicare volentibus distributio), des parties principales [ou intégrantes] (Psalmorum modulatio, lectio sacræ scripturæ, ministrorum apparatus, thurificatio, catechumenorum et aliorum profanorum exclusio, precatio pacis, preces diversæ, graliarum actio) et des parties accessoires (modus et ritus, quibus hwc ominia peraguntur, verba quibus preces concipiuntur, ordo ceremoniarum...) ?, Les dernières seules différencient les liturgies de la messe et sont sujettes à variation et à développement. C'est dire que Bona admet l'unité primitive de toutes les liturgies et la tradition qui fait remonter au prince des apôtres l'ordo fondamental de la messe romaine #.
L'origine des liturgies ambrosienne, mozarabe et gallicane est prudemment laissée dans le vague ; Bona insiste cependant sur la connexion des deux dernières et penche pour la provenance africaine de la liturgie d'Espagne #,
La question de l'azyme a été tranchée par lui, nous l'avons vu, d'une façon originale et, il faut l'avouer en dépit de l'autorité de Mabillon, sa théorie a chance, à défaut d'une évidence qui n'existe pas encore, d'être aujourd'hui regardée comme la plus vraisemblable. « Relativement au pain de l'eucharistie, dit un liturgiste orientaliste moderne 5, il n'y avait pas dans les premiers siècles, et même jusqu'au temps du schisme, de règle absolument fixe prescrivant l'emploi : soit des azymes, soit du pain fermenté.. Peu à peu, cependant, l'usage des azymes prévalut en Occident, et y devint exclusif vers le 1x* siècle ; celui du pain fermenté prévalut au contraire en Orient, et ne devint exclusif, même dans l'Église grecque, à Jérusalem et à Alexandrie, qu'au x1e siècle, époque où la question des azymes acquit une importance considérable. » C'est au fond l'opinion même de Bona. —
L'explication des diverses prières de la messe, au second livre du traité, ne contient pas de théories saillantes : le Per quemi hæc omnia du canon est appliqué non aux éléments consacrés mais aux fruits nouveaux et autres offrandes que l'on faisait bénir à ce moment de la messef,
La translation du Pater avant la fraction, accomplie par saint Grégoire, est considérée comme le retour à un usage plus ancien, —
Mais ce qui nous intéresse le plus dans l'œuvre de Bona, ce sont les monographies que l'on en peut détacher. Citons en particulier, parmi les meilleures, celles qui concernent la messe privée (livre E, ch. xiv) et les différentes espèces de messe (ch. xxu) et toute la suite de chapitres (livre I, ch. Xvi-x1X) sur la communion. Ces études très consciencieuses sont toujours à consulter.
On est frappé en les lisant du sens historique dont elles témoignent. Veteris ecclesiæ moresex præsentibus estimandas non esse est un principe sur lequel il se plait à insister ; il y ajoute, à l'adresse de certains scolastiques qui élevaient des difficultés au sujet de la concélébration antique, ces réflexions caractéristiques : Jos nimrirumr in varia absurda præcipi les egit anti qui ritus desuetudo, et ex desuetudine ignorantia… Desiit fateor ille mos,non quia acumini dispulantium Ecclesia cesserit, sed quia rilus ac ceremoniæ non in æternun pernienent, tolli que possunt ac mutari sine fidei ac unitatis dispendio ». —
Bref, Bona demeure avant tout pour nous un initiateur : l'ampleur de ses recherches, l'impartialité et la rigueur de sa méthode, la clarté de son exposition lui assurent, à défaut du mérite de la découverte, une place de premier rang parmi les fondateurs de la science liturgique. Grancolas, Claude de Vert, et surtout Lebrun, avec tous les modernes, s'inspireront de ses principes, continueront à édifier sur le terrain si habilement déblavé par lui et ne feront des travaux plus exacts et plus complets que grâce aux nouveaux moyens d'informations dont ils disposeront,
Le malheur de Bona, si l'on peut dire, est d'être mort avant les importantes publications des textes liturgiques de Mabillon, de Martène, de Renaudot et des Assemani : il était condamné par là à produire et à laisser une œuvre qui repose sur une documentation imparfaite.
Conscient de cette infériorité, un cistercien de la première moitié du xvinr siècle, Robert Sala, entreprit de remettre au courant des récents travaux 10 l'œuvre du cardinal. Son édition en trois volumes in-folio des Rerum liturgicarum libri duo parut à Turin de 1747 à 1793.
Les notes, les observations, le commentaire “« historique, critique et dogmatique », les appendices, les réfutations à l'adresse des misoliturgici et pseudocritici font presque disparaitre sous leur extraordinaire abondance le texte qu'ils ont dessein d'illustrer,
Le plan primitif 1 comportait un quatrième volume où Sala devait insérer les deux appendices donnés par Bona (cf. supra), quelques documents inédits sur les rites des Églises de Verceil et d'Aoste, de Genève et de Tarentaise, des dissertations apologétiques et d'autres addenda.
Les appendices de Bona figurent en fin du tome 11, les dissertations apologétiques sont en nombre suffisant dans les trois volumes que nous possédons, pour que nous n'ayons pas à en désirer de supplémentaires, mais les documents et autres addenda promis n'ont pas été publiés.
Deux paons couchés semblent garder l'épitaphe et rappellent la disposition que nous avons rencontrée dans la masse de la colline ; d'où il résulte que chacun avait son entrée particulière qui le mettait en rapports avec l'extérieur. Les cubicules étaient pourvus chacun d'arcosolia (quelques-uns d'entre eux étaient bisomes) destinés à recevoir les restes de personnages plus considérables, car la plupart des défunts n'occupaient qu'un simple loculus taillé à coups de pic dans la roche calcaire et fermé d'une dalle de pierre ou de terre cuite. Au tombeau d'Amplialus ?
Au-dessus de ces paons on lit : PAX TECVM TVIS
SIT CVM
La voûte est parsemée de festons et d'un semis de roses qui font clairement allusion à l'antique symbolisme du jardin fleuri du paradis *. Outre les trois loculi creusés dans l'arcosolium, dix autres loculi ont été pratiqués dans la même cavité, parmi lesquels deux se trouvent aux côtés opposés de l'entrée qui conduit au cubicule. Onze des loculi de ce cubicule contenaient des cadavres ensevelis dans des linceuls, recouverts d'une couche de chaux ; dans un loculus on a trouvé une petite monnaie de bronze à l'effigie de Dioclétien, dans un second, un bronze de petit module de Galère Maximien.
À quelques mètres de distance de ce cubicule, au centre même de la colline, là où il a été nécessaire d'entamer le roc pour prévenir les éboulements, on a découvert une autre sépulture ornée de fresques occupant presque entièrement la superficie de deux des quatre parois ; les deux autres parois et la voûte, qui étaient probablement décorées, elles aussi, ont péri. Les fresques qui subsistent sont assez peu détériorées : malgré la morsure du salpêtre, on a pu en retrouver le dessin assez net en les frottant avec de l'alcool (fig. 1579).
Les peintures offrent trois sujets distincts : la nef mystique rappelant la parole de Jésus à ses apôtres : faciam vos fieri piscatores hominum ; la scène de Jonas jeté à la mer et sous le cucurbite ; le bon pasteur.
La nef mystique consiste en un bateau de pêche pourvu de son gréement. Ce sujet est tout à fait rare ; nous l'avons rencontré dans la glyptique ? et sur la lampe de Valerius Severus conservée à Florence ? où le Christ est, comme ici, assis au gouvernail. L'équipage s'agite et jette un filet à la mer. Un pont jeté du rivage rejoint le bateau et l'agneau le traverse pour se rendre dans la nacelle. Il semble que l'interprétation de cette scène soit assez claire. On jette le filet à la mer et les pisciculi que l'on ramène deviennent les agneaux du troupeau du Christ.
La deuxième scène nous montre Jonas jeté à la mer, dans laquelle il tombe la tête la première ; un monstre marin prend ses ébats auprès de lui, il le recueille et plus loin il le rend ; à quelque distance de là, Jonas est représenté à genoux en orant, sous le cucurbite.
La troisième scène représente le Bon Pasteur (fig. 1580). Dans une campagne couverte d'herbes et de fleurs, où quelques arbres sont disséminés, une maisonnette dont le sommet est arrondi est ombragée d'un olivier sur lequel perche une colombe portant un rameau dans le bec. Le Bon Pasteur est debout, une brebis sur l'épaule, une autre brebis à ses côtés.
H. LECLERCO,
BON PASTEUR. Voir PASTEUR.
BONORVA. Il s'agit d'un simple hypogée chrétien situé dans la commune de Bonorva, proche de Rebecca, en Sicile*. Une colline isolée est littéralement trouée de columbaria païens. Parmi ces excavations, il s'en trouve une qui a servi au culte chrétien. L'entrée consiste en un degré de quelques marches disposées en éventail, A, et qui conduisent à une porte carrée donnant accès à un vestibule semi-circulaire, B, dont la voûte est ornée de sculptures prises dans le roc. De ce vestibule, on passe dans une grande salle rectangulaire, C, soutenue par deux colonnes. Les murs à droite et à gauche donnent accès dans de petits cubicules. En face de l'entrée principale de C, une sorte de niche percée d'une porte conduit dans une deuxième salle, D, de même dimensions que G, soutenue également par deux colonnes et éclairée d'une large lucernaire, E. Nul trace d'autel, sans doute on faisait usage d'un autel portatif. La paroi du fond donne entrée dans une petite niche qui a pu servir à poser la table d'autel-portatif.
Cette excavation a pu être un tombeau romain adapté au culte chrétien ; on connaît d'autres exemples de ces adaptations, notamment à Rome. Les peintures qui ornaient primitivement le tombeau sont indéchiffrables ; elles ont péri presque partout ou bien elles ont été tellement enfumées qu'il n'en subsiste rien, car les bergers font leur feu dans cet abri depuis des siècles. Au IXe ou Xe, le tombeau reçut une destination nouvelle ; il fut recouvert intérieurement d'une couche de stuc que l'on orna de fresques. En 1855, M. J... a vu dans la chambre D les figures des douze apôtres, la Vierge allaitant son Fils, la crèche, l'adoration des Mages et d'autres scènes du Nouveau Testament.
H. Rég...
BONTÉ CHRÉTIENNE.* — I. La bonté chez les Gentils ; 1° La bonté chez les chrétiens : 4° Affectus conjugum ; 2° Affectus parentum erga liberos ;
L. Bonté chez Les GENTILS.* — Avant que le Christ et ses disciples eussent entrepris d'annoncer la vraie morale, des âmes d'une exquise beauté morale vivaient parmi les Gentils. En Palestine, on rencontre quelques-unes des créatures les plus nobles au début de son évangile. On rencontre chez les Gentils des hommes d'une droiture admirable. Germanicus, Thraséas, et parmi ceux dont les historiens ne s'occupent guère, ce centurion de Césarée qui avait nom Corneille. « C'était un homme religieux qui faisait beaucoup d'aumônes au peuple et priait Dieu continuellement », Mais peut-être faut-il les considérer comme des prosélytes, tous les affiliés de près ou de loin à la religion du vrai Dieu. Prenons un inconnu, un chrétien ignoré. Son épitaphe le proclame : bonus, misericors, amans pauperum. À Lyon, nous trouvons l'éloge d'une femme : rarissima, castitalis, femina ; en nous trouvons ce magnifique éloge :
D. M.
Il s'est trouvé des esprits excessifs pour enseigner que les œuvres de ceux qui n'appartenaient pas à l'Église étaient toutes mauvaises sans exception, mais l'Église elle-même a repoussé ces amis compromettants, et il n'est pas douteux, théologiquement parlant, que des hommes, destitués de toute lumière évangélique, peuvent pratiquer certaines vertus auxquelles le christianisme donnera une consécration et une fécondité qu'il n'est pas au pouvoir de la religion naturelle de répandre. Si nous étudions les documents antérieurs à la prédication de l'Évangile, nous devons nous rendre à l'évidence que certains païens ont connu et essayé de pratiquer une morale excellente, Ce qu'on peut mettre sur le compte d'une nature délicate, honnête, sensible, a produit des œuvres dont le souvenir nous a été conservé, Nous exceptons ce qui appartient aux institutions sociales fondées par l'État, car des considérations purement politiques ont pu souvent inspirer des résolutions bienfaisantes auxquelles on s'est plu à donner l'aspect d'œuvres philanthropiques. Mais quand il s'agit des particuliers, bien qu'on puisse s'étonner de les voir faire parade de leur générosité et qu'on soit tenté de rapprocher les sentiments dont elle s'inspirait de ceux qui animaient le pharisien de l’évangile, il est bon de considérer toutefois que si quelques hommes, tels que Sénèque, enseignaient la modestie dans le bien, leur voix était peu entendue et leur recommandation ne dépassait pas les limites d'un cercle d'auditeurs plus ou moins restreint ; enfin, ceux qui proclamaient sur leur propre tombe les œuvres bonnes qui avaient signalé leur vie ou leur sortie de ce monde n'avaient pas entendu la parole du Christ prescrivant à la main gauche d'ignorer le bien qu'avait fait la main droite. Il va sans dire que les textes relatant une donation, un bienfait quelconque mais n'ayant pas un caractère funéraire, ne tombent pas sous notre remarque. Ceux-ci sont des documents analogues aux pièces en si grand nombre qui composent les cartulaires ; ce sont des actes publics dans lesquels parfois un peu d'éloge s'est glissé du fait de la flatterie ou de la reconnaissance, Une inscription trouvée sur la voie Appienne entre Rome et Albano, à peu de distance de l'endroit nommé Roma vecchia, appartient par sa paléographie à l'époque d'Auguste. Elle est ainsi libellée « , Les épithètes de « miséricordieux » et « d'ami des pauvres » données à Evhodus sont assez insolites parmi les éloges que l'antiquité profane prodiguait aux défunts. La Miséricorde avait été élevée par les anciens au rang de déesse ! mais c'était trop souvent affaire de politesse, Si le particulier se laissait aller à un bon mouvement, les philosophes l'avertissaient de se défier de lui-même ; la miséricorde avait pour effet d'amollir l'âme et de troubler le calme d'une vie sage. Cicéron, qui a résumé tant d'observations psychologiques dans ses écrits et à qui son métier interdisait d'ailleurs de braver trop ouvertement les idées reçues de son temps, considérait la pitié comme une émotion nuisible à l'homme dont elle déchire le cœur et pour qui elle est une sorte de maladie morale ?, Dans les Géorgiques Virgile trace le portrait de l'homme accompli et décrit ainsi sa température morale que rien ne trouble plus : Nec doluit miserans inopem, aut invidit habenti. Sénèque, en qui on s'est plu à voir un précurseur du christianisme, ne se montre pas moins éloigné de son principe de charité universelle : Clemus cordiniam autem vitabunt. Est enim vitium : pusilli animi ad speciem alienorum majorumti succidentis*, Le philosophe ne s'en tient pas là, mais à ses œuvres de bienveillance à l'égard du prochain souffrant ou malheureux il manquera ce quelque chose qui est la façon qu'on met à se donner soi-même avec ce qu'on donne et à se donner tout entier. Il continue donc à énoncer les articles de son code philanthropique : Succurret alienis lacrimis, non accedet : dabit manum naufrago, eruli hospitium, egenti stipem, non hanc contumeliosam, qua pars major horum qui se miserordes videri volunt, abjicit et fastidit quos adjuvat, contingit que ab his timet : sed ut homo homini ex communi dabit. Ce n'est donc pas chez les dilettanti qu'il faut chercher alors ces solides et modestes vertus que les inscriptions de quelques inconnus nous permettent d'entrevoir, et les se trouvaient répandues parmi les âmes naturellement bonnes et compatissantes que la nature humaine ne parvient pas toujours à rendre égoistes et parmi lesquelles nous devons faire une place à Evhodus, Sans doute la tendresse pour ceux qui souffrent était plus ancienne que lui, quelques-uns des grands mythes de l'antiquité qui rappellent des idées si hautes ont fait une part à l'amour du prochain, Une épitaphe gravée sur l'hypogée d'un affranchi d'Hadrien à Ostie, rappelle quelque chose de la miséricorde d'Evhodus. On y lit cette formule : SIBI ET LIBERTIS …ÆT MISERICORDIAE par laquelle, d'après l'interprétation aussi ingénieuse que juste d'Amati, le défunt autorise l'ensevelissement par miséricorde dans son hypogée, des pauvres et des voyageurs. Peut-être une précision et les plus nombreux. Quelques-uns parmi témoignent de vertus si délicates et si excellentes que plusieurs ont cru pouvoir classer ces défunts parmi les membres de l'Église naissante ; celle-ci est assez riche en héros de la charité et nous pouvons maintenir l'attribution païenne de ces épitaphes. À Lyon, on lit la suivante : 4 Cette formule est plus développée que celle d'Evhodus et les mots : adfectionis plenae erga omnes homines ont, semble-t-il, une saveur toute chrétienne de charité universelle, Ce mot omnes en particulier n'est pas sans exemple dans l'épigraphie païenne comme on peut s'en convaincre par la formule suivante :
Et par celle-ci, D « + M AVE SALVINIA OMNIVM : AMANTISSIMA :ET VALE Une autre nous parle de la douceur à l'égard de tous, sans exception : OB EGREGIAM AD OMNES HOMINES MANSVETUDINEM. Enfin, une petite plaque de verre bleu publiée par E. Le Blant et acquise par lui à Rome porte un seul mot, jadis doré (fig. 1582), Ne croyons pas non plus que le christianisme soit resté sans influence sur ceux qui lui résistèrent, Les entouraient pour la plupart l'esprit assez ouvert et il en voyait les traces de vertus non pas oubliées, mais ignorées, reparaître à mesure que les années s'écoulent, que le contact s'établit en un ange continuel d'idées, amené par les exilés, fait le paganisme de moins en moins tout ce qui n'est pas lui. On sait combien le culte de la durée de la vie entière importait aux rés, un frottement prolongé avec le christianisme allaient voir le plus minus introduit devant défunts absolument comme nous le voyons tiens !. Ce n'est pas le seul exemple. Une païenne de l'année 4 est toute pénétrée de né, plusieurs inscriptions concernant des s contiennent un éloge de la virginité aussi beau que les plus belles pensées chrétiennes * ; nous avons une épitaphe trouvée à Alba, dans l'île de Thasos, qui peut être datée du IIe ou du IIIe de
AIX
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Ert n° aéunrnv, krakdscoux, pote ériy|nec], gta xai yauins ra[sralèos éoripe ces fau [uv]nuns rivéos ni[noiuela.
E : poiges pour uotgnv, iotacisme ; lig. 6 : 206. Perrot, züévEoua : Conze ; lig. 8 : haïïv pour Jig. 10 : parie pour prrne ; lig. 14 : raorièo : tanièos Conze ; lig. 15 : +üv60v pour riuos. alila et ton illustre père et la sœur Démétria labli ta sépulture en ce lieu. La loi de la vie a eu pour toi. à tombe enferme mon beau corps, mon âme tolée vers la voûte céleste, je le déclare haut et la divinité accorde aux vierges ce privilège, JE auf Lesbos, in-4*, Hannover, 1865, pl. vint, n. 2. — péum de Memphis, il existait une caisse pour les pauvres, byrus de Turin, de Londres, de Paris, groupés par Brules, Mémoire sur le Sérapéum de Memphis, in-%, après que la mort les a frappées, dé parler, comme si elles étaient encore vivantes, à tous ceux qui habitent la terre.
« Je ne me suis point, avec les autres filles, mêlée aux plaisirs des larges danses, car ma mère a eu de bonne heure à pleurer mon triste trépas. Mon illustre père ne m'a point conduite à un jeune époux dans la chambre nuptiale ; mais j'étais dans un âge tendre et encore ignorant de l'hymen quand la Parque m'a rencontrée sur son chemin, et a privé sans retour Chrysis des joies du lit conjugal, “ Nous lui avons élevé une tombe pour conserver sa mémoire à jamais, » Ce ne serait pas une des moindres curiosités de l'histoire de la vie morale dans l'antiquité que la recherche des vertus païennes ou, si l'on veut, l'analyse érudite de l'atmosphère ambiante dans les milieux étrangers ou réfractaires au christianisme, Nous venons d'y voir l'amour et la bienfaisance à l'égard du prochain, la notion des privilèges mystiques de la virginité, nous y trouvons encore l'ascèse et la mortification. Une inscription romaine de Syrie, relevée à Nika, prés de Zahlé, nous montre une vierge païenne consacrée à un dieu, s'engageant par vœu à l'abstinence du pain pendant vingt années * :
Nous n'avons pas le loisir de prolonger cette partie de nos recherches, il semble toutefois que les faits rapportés autorisent un commencement de conclusion et cette conclusion sera que l'antiquité ne nous est pas représentée dans sa vérité intégrale par les écrits qui ont la prétention ou le privilège de nous la faire connaître. Ces écrits classiques dont la perfection fait pardonner et accepter beaucoup d'erreurs et de licences ne nous paraissent pas, tant s'en faut, des documents recevables indistinctement par la critique historique. Les philosophes préoccupés de couler leur théorie dans une forme séduisante, les poètes non moins préoccupés de conquérir le succès ont sacrifié à des règles d'école et des ambitions personnelles le souci de l'observation sincère, méthodique, minutieuse. Les larges partis-pris philosophiques et littéraires ne laissent qu'une place restreinte à l'exactitude et l'humanité a pu ressembler assez peu à celle que nous ont décrite les satiriques et les moralistes. Peut-être l'auditoire des cyniques et des stoïciens dillérait-il assez peu alors de ce qu'il pourrait être de nos jours. Le cynisme dut son succès à son alliance avec l'opposition politique ; de l'humanité il ne s'occupait guère ou même pas du tout, mais il attirait l'attention sur l'inégalité des classes et par ce côté il touchait à la morale. Le stoïcisme était une exaspération chez les hommes bruyants, pour un grand nombre d'autres il n'était qu'une heureuse contrainte des passions, À ce point de vue, c'était une culture de l'âme et la vie morale s'en ressentait, mais avec quelque chose de tendu, de sombre, d'inexorable pour soi-même, ce qui n'est pas mauvais, et quelque chose d'inexorable pour les autres, ce qui n'est pas bon. Il y eut néanmoins bien des choses nouvelles et des choses heureuses qui sortirent de là, mais la formule de la doctrine révèle son erreur : Homo sum et nihil humani a me alienum puto. Il faudrait donc aimer l'homme par cela seul qu'il est homme, c'est la philanthropie, et le plus long, le plus noble et le plus sincère essai qui fut fait de cette religion laïque, commencé avec Cléanthe, fini avec Marc-Aurèle, échoua. Le christianisme aborda le problème et le résolut suivant une autre formule : &yahas toy rAndlov cou mg saaurév !. & Tu aimeras ton prochain comme toi-même, » c'est la charité et l'essai qu'on en a fait a consacré le principe lui-même pour toujours.
IT. LA CHARITÉ CHEZ LES CHRÉTIENS. — Nous avons voulu rappeler en peu de mots et par des exemples
décisifs que la notion et la pratique des vertus morales les plus hautes existaient au début de l'ère chrétienne, | Si on veut se donner la peine de lire ce qui nous est demeuré de la littérature classique, et particulièrement l'admirable traité De amicitia de Cicéron, qu'on rapproche des théories qu'il expose ce que nous apprennent les histoires et les inscriptions, on sera convaincu de la délicatesse de l'âme antique, de sa faculté, demeurée intacte chez un grand nombre, de s'ouvrir toute grande à toute souffrance qui lui échoit et de compatir sans mesure à l'angoisse d'une âme endolorie.
Un usage qui s'est transmis jusqu'à nos jours, la laudatio funebris, nous laisse voir sous une forme quoi que trop parée quel que chose des sentiments véritables que la séparation faisait naître et des vertus dont la perte était le plus ressentie ?. Les inscriptions, malgré la déliance qu'il faut garder à l'égard de leurs formules composées longtemps à l'avance, ont néanmoins — ne fût-ce que par le choix entre plusieurs formules différemment élogieuses — quel que chose de plus personnel. Après avoir parcouru les classes d'affectus que les anciens collecteurs d'inscriptions ne manquaient pas de composer dans leurs recueils, on demeure perplexe en comparant ces formules d'une tendresse sans bornes, avec les conseils, les prescriptions austères de quelques docteurs du christianisme. Les affectus parentum erga filios et filias renferment des cris de détresse. Nous avons déjà eu plusieurs fois l'occasion de remarquer que parmi les chrétiens, la théorie et la pratique ne marchaient pas toujours d'un pas égal, c'est encore à l'épigraphie que nous demanderons le contrôle des idées répandues parmi les fidèles. C'est sous ce titre classique d'affectus que nous allons donc grouper quelques exemples décisifs de la profondeur des sentiments naturels parmi les chrétiens des premiers âges. Il est toujours avantageux de s'efforcer de connaître les individus avant de porter un jugement sur la société dont ils firent partie. Les limites trop restreintes de la présente communauté chrétienne, Les conditions ordinaires ne nous traitons la question de l'amour du prochain, l'épigraphie et dans les strictes limites de l'archéologie et des écrivains ecclésiastiques. — E. Le Blant, Des sentiments d'affection exprimés dans quelques inscriptions.
La dissertation ne nous permettra pas de citer tous les textes qui y ont rapport, mais ceux qu'on y réunis devront suffire à donner une idée de l'étendue du sujet et à formuler des conclusions sur la morphologie psychologique du christianisme. Un témoignage auquel il faut accorder plus qu'une importance ordinaire, parce qu'il révèle tout un état d'âme avec exactitude, est celui que nous fournissent les documents antiques dans lesquels les premiers fidèles s'interpellent en se donnant le nom de « frères ». Ce nom était, au début du moins, tout autre chose qu'un mot de passe comme en feraient usage les affiliés d'une secte religieuse. La première église de Jérusalem avoir ses rêveurs, ses utopistes, elle n'en a pas marqué dans l'histoire l'inauguration d'une époque où l'idéal se fondit dans la réalité. Dans chaque jour accru dans des proportions qui auraient pu compromettre la pureté et la durée de l'œuvre en altérant son esprit, forma comme un enclos, un espace réservé à l'esprit, dans lequel vécut quelque temps et une confrérie d'intimes désirant écarter, du monde, certaines heures, tous les soucis de la terre, et vivre tout en Dieu. Dans le premier élan de ferveur, tous les associés s'étaient dépouillés sans se rien refuser ; mais cette période semble n'avoir guère duré. Bientôt on signala des fraudes, des abus d'autant plus blâmables que l'on pouvait faire partie de la communauté chrétienne tout en conservant son bien, Ceux qui agissaient autrement étaient l'élite, ceux dont on disait qu'ils n'avaient tous qu'un cœur et qu'une âme ; le souvenir de ces deux ou trois premières années chrétiennes restera dans son histoire comme un paradis terrestre. L'essai de vie cénobitique tenté ne pouvait ni ne devait être durable pour toute la société. L'existence ne pouvant admettre la communauté de biens à cause des besoins très différents de chaque famille et à raison de son établissement et de ses membres, il était de toute impossibilité à médier comme on y parvint plus tard dans les grands monastères par l'obligation du célibat qui réduisit les confrères à une règle commune et à des dispositions économiques identiques. De bonne heure nous voyons les infractions à l'idéal entrevu se produire dans la société des frères. Les uns fraudaient le trésor, se laissaient aller à de mesquines tracasseries à l'égard de confrères d'origine judéo-hellénique. Les heurs qui assaillirent coup sur coup la jeune Jérusalem et la réduisirent finalement à ne jouer aucun rôle parmi les grands centres du christianisme, entraînèrent la disparition sinon de l'idéal, qui reparut quelques siècles plus tard, du moins de sa réalisation dans la vie pratique. Malgré tout, pour quoi nous nous abstenons de citer d'autres écrits des Pères de l'Église, la semence qu'on ne put détruire. Les frères se portaient l'un pour l'autre un amour qui parut tombé : moins élevé, il subsista assez vif pour procurer la surprise des païens. On a tant de fois rappelé le célèbre mot que Tertullien avait entendu sur les lèvres des païens : « Voyez ces chrétiens, comme ils s'aiment ! » plus retentissant que beaucoup de faits qui montrent sur le vif ce mutuel amour, Nous aurons l'occasion de présenter les plus concluants parmi ces faits, que nous étudierons les formes diverses de la charité chrétienne. Il nous suffira ici de montrer les sentiments très vifs que les fidèles se portaient les uns aux autres, et de ressaisir l'expression même qu'ils leur donnaient. Détails bien modestes mais qui n'en sont pas moins nécessaires à connaître pour se faire une idée exacte de la vie antique. Parmi les éloges que nous ont laissés les inscriptions, il s'en trouve plusieurs qui révèlent des détails peu connus de la société chrétienne primitive, comme l'insistance que mettent les survivants à rappeler l'amour qu'ils portaient à leurs proches, et les soins qu'ils leur avaient donnés.
Un exemple nous est fourni par une inscription qui montre une mère tenant son enfant entre les genoux, le sein de celle-ci est découvert, ainsi l'intention ne peut être méconnue, Ce n'est pas sans dessein que l'artiste a découvert la mamelle gauche, car il parait que l'allaitement des enfants commençait alors par cette mamelle, ensuite on donnait la mamelle droite : Lactorum fœminam levioris uberis primum alimenta præstare (fig. 1583).
Ainsi faut-il savoir entendre les textes ; au temps de l'empire et de la décadence, les enfants étaient élevés par les serviteurs, leurs mères ne songeaient guère à les allaiter et telles vertus, on peut pressentir à quel point ces vertus étaient rares. Donnons-en un exemple. Beaucoup d'épitaphes font à des mères de famille un éloge d'avoir allaité elles-mêmes leurs enfants : c'était un titre de gloire. Fuerat enim unius viri, Miufuani vicen parentibus reddiderat, donium at. Nutrierat filios, toties eos parturiens, quoties le deviare cernebat ?. Parmi les vertus conjugales, le survivant garde le souvenir : un mari se montre tendrement touché de la véracité de sa femme : mia, communis fidelibus amicis, familiæ grata, L ou el nunquam amara marito. Cette épitaphe est de l'année 509 et on retrouvera l'éloge dédié à une femme du rang de clarissime d'avoir allaité ses enfants, éloge qui se lisait probablement sur une épitaphe de l'année 558 sur laquelle la cassure vient immédiatement après les mots Hic requies [CIT IN = NORICA NVTRIX !].....5, 6, Sainte Monique appartenait à la classe bourgeoise, cependant elle jouissait d'une certaine aisance qui lui eût permis de prendre des nourrices pour ses enfants, elle n'en fit rien et saint Augustin nous dit à son sujet nutrierat filios.
Un édifice du musée Olivieri de Pesaro représente une scène dans laquelle une jeune femme tient un enfant blotti contre elle, Le tractaverat, in operibus bonis testimonium | sujétion ne paraissait donc pouvoir être mieux louée que par le souvenir des soins qu'elle leur avait donnés personnellement.
Avant d'aborder les catégories que nous avons dressées, citons quelques formules qui témoignent du goût et de la pratique de l'amour du prochain dans les premiers siècles de l'église :
« DA : CABEINOC -KAl-. « - TITIANH AAEADOI :
BORVM VERA [loquuta] ? ; un autre rappelle la | DS Vos da din Muse Cltuleri de Pesaro. cMmarlyrum obsequiis devota,…. unius viri + gi : à réio. de sdhunen +. org eux que pour la toilette qu'elles leur feraient porter, Une : ue M ci ÉD Horus femme qui entendait ses devoirs d'une manière si difficile
Peut-être même les inscriptions suivantes, quoi que postérieures, sont-elles dans le même cas :
CHYLO IN PACE VALE : FRATRES !
Un warbre publié pour la première fois par Maranconi offre une formule particulièrement intéressante * :
EPMOTENH XAIPE ETH BIWCAC ME KA
AGIC TIPAZAC MHAE NA AYTHCAC MHAE
»Eguoyéen yalge, Muuaxs mé, malus madôus, unôéva | lunnras, pmôevl roomxpouda :. « Adieu, Hermogènes, tu as vécu 45 ans faisant le bien, ne contristant personne, n'offensant personne, » Cette formule finale se lit dans l'Apologétique de Tertullien *.
L'amitié en elle-même, disait Cicéron, n'est autre chose qu'un accord parfait de sentiments sur toutes les choses divines et humaines, joint à une bienveillance et une tendresse mutuelle, » Et il ajoute : « Parmi les nombreux et solides avantages de l'amitié, le plus précieux à mon avis, est de nous donner confiance en l'avenir et de ne point laisser les esprits se décourager et s'abattre, Avoir un ami, c'est avoir un autre soi-même. Grâce à l'amitié, les absents sont près de nous, les pauvres sont comblés, les faibles sont forts, et ce qui est le chef-d'œuvre, les morts vivent : ils vivent dans la piété, les regrets, le souvenir de leurs amis » Le christianisme n'a pas eu le privilège des amitiés profondes, mais il les a favorisées et sanctifiées, La place que tient le culte des morts dans les premiers monuments montre l'importance et le respect qu'il accordait à l'amitié ; les fidèles ont même poussé la bienfaisance à un degré plus élevé, ils se sont fait des amis des pauvres », CINNAMIVS... AMICVS PAVPERVM 1, et nous trouvons l'application, bien qu'assez rarement,
rien à désirer pour témoigner des sentiments qu'ils portaient entre époux. A lire le chapitre que les graphistes consacraient jadis dans leurs recueils affectus conjugum on pourrait prendre une idée relevée de la vie conjugale des païens ; il s'en faut heureusement de beaucoup que les éloges soient toujours sincères, La formule si éloquente : DE Q LVM DOLOREM NISI ACERBISSIMAE. EIVS ACCEPERAT !5, était devenue tellement commune que pour gagner de la place les lapicides des pouvaient la supprimer :
réduire à ses initia les, sûrs d'être bien compris del DE QVA N D A N MOR 15, C'est là un critère d chrétiens qui ont fait usage, eux aussi, des form : loue sa chasteté, sa pudeur, son innocence. aux membres des collegia chrétiens, collegia dans les que la faveur desquels les fidè les purent trouver quelques far dans les temps ditfci les et célébrer la liturgie avec une st sécurité, On voit par cet exemple que tout se tient et : ah à er RENTE RE w .t A bd Es n° ? % 5 LIIS INNOCENTIA PERPETVA BENE MERENTE VIRGINIO SVO 11. QUIESCIT IN PACE QVIXIT Le souvenir de la beauté physi que est parfois rappelé ANN : XVII M :XI D XXI sur les épitaphes chrétiennes qui s'attachent plutôt aux VARIVS VICTOR COIVGI B-M perfections mora les, au nombre desquel les l'innocence D XIf : KAL : AVG et la pureté reviennent fréquemment, on trouve aussi + re CR., | la mention d'une vertu que la doctrine chrétienne reD D nd os se : RE ae : comimandait à la femme, la subordination a son mari À, <.
ECVNDAE PVDICAE | À [XXXI
Dave INTEGRITATIS FEMINAE 5 MENSES XI-DIES VI-QVUIESCIT IN PACE QVE FE/RELIAE GEMINIAE CONIVGI [CIT here Ps [curm]MARITO SVO HETERIO ANNOS XVIII CON 2 | (bene]MERENTI FECIT [PARI ( Une des formu les les plus origina les qu'on puisse citer dans cet ordre d'idées est la suivante, dans laquelle On retrouve cet éloge sous une forme plus vive dans le survivant rappelle que la fidélité et la modestie de | l'inscription de la je une Urbica, douce épouse qui par sa femme peuvent être garanties par tous les voisins. | sa docilité a toujours êlé d'accord avec (son mari depuis 4 | En effet, pendant une absence de son mari, absence qui | leur) mariage 1 ?, 4 “roses cut années, elle demeura d'une chasteté D #2 irréprochable 7 (fig. 1584). Fe LR À L'importante épitaphe consacrée par Sévére, diacre ie 4 44 1 il DVECI pe du pape Marcellin ( 303), à la louange de la vierge | X SEMPER NOBIS CONVENIT X 4 Severa lui fait honneur d'avoir été toujours « chaste, | IN MATRIMONIO QVAE VIXIT ANNOS æ pudi que et immaculée 2%, S'il y a là matière à éloge XX ie \ p vo à PO ne P.M. XXX. DECESSIT DIE XIII KAL. IVL, QUIESX pour une je une fille, on ne s'étonne plus de l'insistance IN PACE ETIN NOMINE P gare 1% avec laquelle les épitaphes rappellent que la défunte | d [ 2 était vierge lorsqu'on l'a épousée : Ex virginitate tua, Ces éloges font place quelquefois à un seul mot plus 4 lisons-nous souvent, virginie mea : EX VIRGINIO TVO | discret, soit que la tendresse ait été moins vive ou simoi BENE MECO VIXSISTI 9, Il est possible qu'il y ait là | plement moins exubérante, soit que celui qui survivait 7 autre chose qu'une indiscrétion, mais un souvenir des | n'ait pas eu les moyens de faire inscrire une formule : préventions répandues par le montanisme contre les | plus longue et il s'en excuse alors avec ingénuité : DE NV : pr secon des no ces. C'est à l'influence de ces idées que | PARBVLA MEDIOCRITATEM NOSTRAM FECI. En Ce El nous serions disposés à attribuer l'épitaphe suivante pareil cas, l'expression la plus fréquemment employée e ' dans liquelle l'épouse d'un seul mari se vante de l'avoir | est celle qui rappelle la douceur t# : dulcissinus, dulcisbe possédé vierge : AVRELIA LEGITIMA VNIVIRA | QUE | sima, car il semble que, jusqu'au souvenir des plus 4 : LA. né
LE
1023 Une formule un peu triviale s'était introduite dans l'épigraphie païenne pour rappeler ce parfait et durable accord des époux : Sine ulla querella, sine lesione aninii, Celte attestation se retrouve chez les chrétiens !.
DIGNAE BENEMERENTI COMPARI MERCVRIAE QVAE VIXIT ANNIS P - M « XL - SINE ALIQVA QVERELA DEP : XVII 5 KAL ‘- NOV -HEROS FECIT SIBI ET COMPARI SVAE cn C'est à un point de vue semblable que se place un autre éloge aussi prosaï que : nous nous convenions très bient (fig. 1585).
C'était du reste une expression usitée alors comme de nos jours. Nous lisons dans Suétone que Tibère fut contraint avant son avénement à l'empire à répudier sa femme, quoiqu'ils se convinssent : Agrippinam...quanquam bene convenientem rursus que gravidam dimittere ac Juliam Augusti jiliam confestim coactus est ducere 1, Parmi toutes les épitaphes destinées à rappeler l'affection des époux chrétiens, nous n'en connaissons pas de plus naïvement attristée que celle qui provient du cimetière de Saint-Saturnin dans laquelle un je une homme marié depuis deux ans déplore les voyages qui l'ont constamment éloigné de sa je une femme dont il n'a guëre joui que durant six mois ; car personne au alors # :
| pierre qui sollicite les prières d'une mère pour« monde n ‘xime fainale, div comme nous nous à DOMNINAE | CR INNOCENTISSINAE ET DVLCISSIMAE COIVGI QUAE VIXIT ANN : XVI : M Hi : ET FVIT 4 MARITATA : ANN :DVOBVS-M-{il :8 : MI 5 CVM QVA NON LICVIT FVISSE PROPTER CAVSAS PEREGRINATIONIS NISI MENSIB : VI QVO TEMPORE : VT EGO SENSI ET EXIB ! AMOREM MEVM 1ù NVLLIS VALII - SIC DILEXERVNT DEPOSIT : XV : KAL : IVN Un autre veuf “appelle que du moins la morte lu laissé une petite fille, LVPERCIANVS ALEXANDRE CONIVGI BENEMERENTI ANIME DVLCISSIME PO SVIT HANC TABVLAM : CVM QVEM M. ANN ‘1 MESES VIII : DIES :V :EX QVEM ‘4 Une épitaphe que Fabretti assigne au cimetière Sainte-Agnès, mais que nous ne trouvons pas ! ré avé dans la monographie consacrée par Mariano \Armell à ce cimetière, contient une mention très détaill contrairement à cel les qui se rencontrent le ! plus gi néralement dans l'épigraphie chrétienne 5 : | MERCVRIVS IVSTAE CO IVGI BENEMERENTI PO SVIT QVAE VIXIT MECVM ANNIS XIII MATER FILIORVM | 5 VIIEX QVIBVS RELIQUIT-II :TVP-ET TV PE PRO EOS Les lignes 5 et 6 nous offrent un exemple d’un &re pentir » de lapicide qu'il faut lire évidemment : pro eos. Une pensée analogne se retrouve : qu'elle a laissé : TV DVLCIS FILI MEMOR Lu ADSPICE NOSTRI', Il faut se borner, mais nous” pouvons omettre cette dernière épitaphe #
TOTIVS CASTITATIS RARI EXEN
PLI FEMIN(a)E CAST(a)E BON(a)E BIT(« )E ET _ 5 PIETOS{a)E IN OMNIBVS GLORIO S(ajE BRATTI(a)E DIGNITATI QV{a)E
VIXIT ANNOS XXXIII QVU{« )E SINE
LESIONE ANIMI MEI VIXI(t) ME 10 PROCREAVIT VII EX QUIBVS SECV(m) (h)ABET AD DOMINvm III Citons encore quelques textes : TRIVM+SVBOLVMMATER ! :', VXOR CASTA MATER PIIA GENVIT FLILIOS 111 ET FILIAS 12, por épitaphe ayant appartenu au couvercle d'un rcophage rappelle les années uniformément agréab les p s ensemble :...FIRMINA IN PACE FECIT QVI VIXIT I MECVM ANNOS DVLCES || XIIET MENSES VII. Mais parfois la vie entière de la défunte a été si rapide qu'on ne sait que dire de bien précis sur son our > Nous aurons à traiter ailleurs la question d e l'âge auquel les chrétiens contractaient mariage ; il mble qu'ils aient été d'une grande précocité. C'était d'ailleurs le conseil que donnaient les moralistes chrétiens : « Rien, dit saint Jean Chrysostome, n'orne l'adolescence comme la couronne de la pureté ; rien “ap plus beau que de pouvoir arriver pur au mariage. a femme qu'il épouse est charmante pour celui qui | point péché. Un amour plus ardent, une hienveila ice plus sincère, une autorité plus forte, telle est la a ompense du je une homme qui s'est ainsi préparé à s no ces it, » Quelques inscriptions nous montrent Fer du sentiment qui consacrait ces jeunes TIAC ts €KAM ESoxix dre : Enoaloa) | sonoc@s at cepva 2m 1 ro Élartov e, ive-[maisero tf ÉoprA th rvlpinc # Aovxfac, els nv || oùx rte Evronsrov | eiretv tonc » mio-rf, sélios oùax, sûya-lotaroüaa T@ eidée ; s JB Roddas euyagre-lrins Yt...) - « Euschia, irrépréhensible, bonne, pure, elle a vécu
DICT, D'ARCH + CHRÉT.
quinze ans, elle mourut le jour de la fête de sainte Lucie, Il n'y a d'éloge qui légale chrétienne, líderle, parfaite, infiniment agréable à son mari. » Une des plus touchantes épitaphes que nous ayons rencontré est celle d'une je une femme de 17 ans qui l'a dictée avant de mourir, après trois mois de mariage 6 :
PAABIA TFEMEAAA KYMI
OICA ETON 1Z EN NOA
AYC EYXAPICT& MOY
MHNEC CHF
« Flavia Cremella, morte à dix-sept ans. — Je remercie infiniment mon mari, car pendant notre union il s'est beaucoup dépensé pour moi, — Elle a vécu avec lui 3 mois et 3 jours, » Une épitaphe du cimetière de Saint-Valentin sur la voie flaminienne nous fait assister à un dialogue entre déux époux ? : Gallonia et Marc.
D œ M M. Laœnoutzæs nôr » Zovov à ur Dêges oùre rt biz ah Gars ain ie TE sic +Éh06 %[A0ev] axpov. G. qou nargs E Av, uw DRE at Gays. au te thôneswv ÉAde pe noonyayes Es côûe, Mäüpxs “ Marc. — Gallonia, ce n'est pas une parole ou une action condamnée par Théimis, mais plutôt une sentence de l'enfer qui t'ont conduite à ta derniére deméure, « Gallonia. — Marc, mon ami, ce sont les exemp les et les enseignements de ton père et le désir de l'imiter qui m'y ont amenée, » Les épitaphes composées par les époux sont incontestablement une des sour ces les plus autorisées de l'histoire du sentiment moral dans l'antiquité. Les paiens ont prodigué les formu les les plus tendres et il serait impossible de trouver rien de plus éloquent, de plus poignant que tel les formu les destmées à rappeler la beauté et les vertus d'une épouse, mais c'est là un domaine sur lequel nous n'avons pas à empiéter et l'épigraphie chrétienne va nous donner quelques inscriptions qui n'ont rien à envier à auc une littérature funéraire & :
QVE VIXIT ANNIS XLV MEN V DIES XIII
EL. — 33
1027 « Ici sera pour moi l' éternelle douleur. Qu'il me soit permis de revoir ton visage vénérable dans mes rêves, 6 mon Albana, ma femme ! qui fus toujours pour moi chaste et pudi que. Je gémis d'être séparé de tes bras, | car le Créateur t'avait donnée à moi comme un don sacré, Laissant les tiens, tu gis dans la paix du sommeil. Épouse bien méritante, tu ressusciteras ; ce repos qu'on l'accorde n'aura qu'un temps. » Une autre ! : u lei se trouve la demeure éternelle de ton repos assuré, car ton âme se séparant de ton corps est associée aux saints à raison de tes méri les et de tes œuvres, et toi qui craignais Dieu tu reposes pour toujours en sécurité, Tu as remis ton corps à la terre en gage de résurrection. [Ton esprit ?] est reçu dans les splendeurs de la lumière... » Une autre nous donne une description du paradis qu'il est intéressant de rapprocher de cel les que nous | trouvons dans l'ancienne littérature chrétienne, on verra que l'idée que s'en faisaient les fidè les était peu différente en 483, date de notre inscription, de ce qu'elle était au 1e et au rit siècle ? :
_ # Théodora qui vécut 3 ans, 7 mois, 3 jours, repose en paix dans ce tombeau à deux pla ces, tandis qu'Aphrodite poursuit chastement le cours d'une vie plus longue, Elle s'en est allée aux astres et, aujourd'hui, elle habite joyeuse dans la cour du Christ. Elle résisla au monde, recherchant les biens du eiel. Observatrice parfailé de la loi et de la foi, elle donnait l'exemple, Elle a remis aux saints pour les sièc les sa noble intelligence. Aussi règne-t-elle parmi les senteurs exquises du paradis, là où un perpétuel printemps entretient le gazon des rives et elle attend le Dieu qui la conduira aux régions supérieures. Elle a livré son corps au tombeau, laissant les choses passagères et la place a été assurée par Evagrius son mari impatient de la rejoindre. » Celle-ci, dont l'incorrection rend l'intelligence un peu laborieuse, n'est pas moins atlendrie * :
EMERITA-SANCTIFICO : SEMPER : SOCIATA :PV- [DORE
BIS DVODENOS : ET FIDA DEO QVE PERTVLIT |
La promesse d'une étérnité bienheureuse que nous venons de voir faite à la défunte est l'équivalent d'une formule 1rès brève mais trés claire # :
‘ Que dirai-je ou ne dirai-je pas ? La douleur m'empêche de m'exprimer, Ce tombeau contient mes larmes, apprenez la famille de Projecta. À peine avait-elle été unie à son mari, radieuse de beauté, heureuse de sa seule pudeur, Hélas ! Elle tant aimée de sa malheureuse mère ! C'est ainsi ! Ver à la lumière éthérée du ciel.
qu'il autorise par le seul fait qu'il les exprime.
SANCTIMONIVMQVE GERIT :DOMINO.TRIBVEN- |
mières étreintes du lit nuptial elle est enlevée ! Ravi aux regards de Florus, son père. Elle bush à e Voilà ce que Damase offre à tous comme tion à leurs larmes. » EL. Ce petit poëme, un des moins guindés du pa poète Damase, malgré la confusion qui y est parait précieux à cause de la vivacité des sentiments. De ces longues lamentations il faut ra éloges rapi des de ceux qui avaient l'esprit porté w une douleur plus discrète : « Je me suis souvenu di sa sagesse envers moi et lui ai élevé ce tombeau ; » » DVLCISSIMA APTA ASTVTA SEMPLIX MODESTA : SANCTA AC RELIGIOSA *. Parfois c'est une indi tion rapide du bonheur conjugal dans une waion L assortie que l'on rappelle sur la tombe d'un € Cette épitaphe n'est pas moins curieuse par dés à surnoms qu'elle impose au père et à la mère du m le beau Ju les et la bonne Junie. Il voit à probable quel que appellation familiére dont les époux u entre eux et comme il s'en glisse très souvent dans. dl vie intime 10 : | « Le beau Ju les et la bonne Junie à Ju les T Ceux qui furent unis pour leur bonheur élevérent (os en mémoire de leur propre fils bien-aimé qui 17 ans, 7 mois. » Deux épitaphes témoignent d'une délicate pensi 5, Dans l'une le père nous apprend que sa je une femme mourut ainsi que son fils qu'il n'a ja mais vutt, Une épitaphe parait avoir réuni le souvenir de deux jeunes femmes mortes l'une à vingt ans, l'autre à vi ct quatre, et réunies par leur commun mari dans 1 le même tornbeau. Ici, on ne trouve qu'une mention brève des années de bonheur passées successivement avec ces compagnes enlevées à quelques années de distance, le nom même de la derniére a été omis 1 ? LE
SANCTAE CONIVGI CAELESTINAE QVAE VIXI [ANN « XX : MEN
MARITO ANNI<
ANNIS V :D [CO
Nous avons déjà eu l'occasion de signaler (voir t, 1, ‘aol. 298-299) l'emploi d'un nom d'alfectueux respect des … parents à l'égard de leurs enfants qu'ils interpellaient est Domina ; nous trouvons le mème usage à. l'égard de l'épouse que l'on qualifie : TH KYPIA KAI AIMNHCTG CYMBIG) MAPKIA 1, _ À ma dame et à mon inoubliable épouse Marcia. Cette expression reparait ailleurs ? :
TEvfaës xc[ï-a :] | « Aprepetaia, sir délororval] || Éroxcx tr mupoiruw, E[er] || 16 ; où8è ueorä arél une(3] || Adxnv dèshe® [x] movélmas ?]|| so Svôoa.
« Ici repose Artémise, la chère maitresse de maison ? _ qui a vécu dans la paroisse # dix-huit années non révolues. [Sa mort] laisse son frère aflligé et son mari 1 désolé, Li Une expression fréquente dans l'épigraphie funéraire est celle dans laquelle le survivant déclare qu'il céde à la nécessité ; CONTRA VOTVM5, contre mon souhait, contre mon gré. En voici un exemple ;
BONAE MORIAE HOMI
NI BONO IRENEO RARI
RABILI “ET : IRENEVS :PA
TAI CONTRA :-VOTVM FE
Nous ne pouvons que signaler à la curiosité des antiquaires quelques bel les formu les ; QUE FIIVS-SVS ACERBOS REMISET (— quæ fletus suis acerbos reniisit)7 ; INFELIX ET MISER POST OBITVM TVVM VIVOS ; une épitaphe énumére tout ce que la mort a emporté : fecit [maritus] DOMINAE COIVGI Suæ EIVS ASPECIES ET[pud]OR (ou bien [decjor) ANlfm]|l plus hautes : TIMENS DEVM :INTEGRE.FIDE-PRIME : PVDICITIES :OPSERVANS :- VICTORINA :IN PACE 10, sion uni que se lit sur une inscription romaine datée de l'année 362 :
VISCILIVS NICENI :COSTAE : SVAE QVAE FVIT-ANNOR :P-M-XXXI'EX QVIBVS DVRABIT-MECVM ANNOS XV :FECI IN SE
UE sT ET BENIIG]NITAS IN PACE® ; une autre épitaphe | … dont l'auteur n'est pas désigné s'attache à des vertus Citons encore : COIVGI LAVDATISSIME 11. Une expresCette inscription a grandement exercé la sagacité de ses différents éditeurs ?, L'épithète costa sua ne peut s'entendre que si l’on se rappelle le récit de la créalion de la prémière femme dans la Genèse : Inimisit ergo Dominus Deus soporen in Adam :cum que obdorMaisset lulit unam de costis ejus et replevit carnent pro ea 3, Ce mot ne se rencontre nulle part dans la littérature latine chrétienne avec le sens que nous lui lrouvons ici, mais saint Grégoire de Nazianze l'emploie deux fois avec ce sens 1, Les lignes 4 et #* ne sont pas moins insolites, On peut rapprocher feci in se d’une inscription païenne viréruntin se annis quadraginta 15 cela revient à fecerunt inter se ; le mot sini paraît pouvoir être suppléé par fuerim,et en supposant dignus sous-entendu on aurait alors : feci in se : c'està-diré, nous vécûmes qüinte années ensemble, si tanien es dono dignus fuerini.
Un mari déplore ainsi la rupture du lien conjugal : IVGVS :BONVS »MALE :FRACTVS 16 ; un autre parle de sa femme CVIVS INDVSTRIA VEL CONSERVANTIA DIFFICILE INVENIRE (= inveniri) POTERIT 11, Il semble que les épouses aient été ordinairement moins prodigues d'éloges envers leurs maris que ceuxcine se sont montrés à l'égard de leurs femmes ; il ne faut donc pas omettre de mentionner celui d'un vicaire d'Afri que, personnage consulaire : MIRE PIETATIS SAPIENTIA HVIVS ET INNOCENTIHE TOTIVS 1, Il n'est pas rare de trouver l'époux survivant et les enfants s'unir pour élever un tombeau ou une épitaphe 11 :
DONATA NVNO SVO TERTVLLO CVM FILIA IN PACE
Un certain Aurelius Symphorus est qualifié par sa femme HOMINI DVLCISSIMO et par ses lils PATRI ET INCOMPARABILI 2 ; une épitaphe curieuse à bien des litres mentionne la veuve et probablement le frère d'un défunt, car le peu de durée du mariage ne permettrait pas à leur fils d'exercer la charge de concierge du bassin de carénage * ! :
IN PACE Ke tion palronymi que : un tel fils d'un tel. Cet usage ainsi que plusieurs autres consistant à désigner la patrie, la profession, la condition sociale du défunt, nous ont procuré sur le monde anti que des détails d'une précision et d'une importance que ne soupconnaient pas les chrétiens lors que, sous l'influence de préoccupations mystiques, ils décidérent de supprimer systématiquement toute mention qui, à leurs yeux, rappelait trop les choses du siècle, Ce n'est toutefois que peu à peu, pendant les pério des de ferveur très vive, que l'on fit ces suppressions, Quelques pierres ont échappé qui nous donnent le précieux témoignage de. l'existence, parmi les fidè les, d'esprits trop attachés aux anciens usages pour les délaisser, Ils ne se doutérent pas de l'utilité que leur conduite aurait pour l'histoire des temps où ils vécurent, Une inscription opistographe porte le vieux système romain des tria nomina et l'in dication de celui qui a élevé le tombeau t : ‘4 Il serait intéressant d'entreprendre à l'aide des inscriptions, si réduit que soit leur nombre proportionnellement à ce qu'il a été, des statistiques concernant la discipline ecclésiasti que à différentes époques. Vers le rve siècle, lors que la politi que impériale favorisa le christianisme, un grand nombre de paiens comprirent les avantages que pouvait procurer à un moment donné une attitude sympathi que au nouveau culte, Ce fut alors une entrée en masse de catéchumènes. Ces hommes crovaient déjà assez pour se réserver la perspective d'une conversion sincère sur leur lit de mort, mais ils ne voulaient pas devancer ce moment pour s'obliger à des observan ces pénib les et rigoureuses et peut-être s’exposer à des tracas dans l'accomplissement des charges de l'ancien culte. Ils demeuraient donc catéchuménes malgré les objurgations de l'Église et les instan ces du foyer domesti que où d'ordinaire l'épouse plus généreuse, plus fervente, moins soucieuse de ménagements, poussait à la conversion immédiate, Aussi trouve-t-on comme un cri de joie sur l'épitaphe de | ceux qui ont pu jouir quel que temps de leur profession Une autre inscription mentionne le fait que la défunte (Concord(i)a(n)a a obtenu le répit suffisant pour être baptisée, mais elle est morte peu aprés * :
IIGNA SI BIBO INMERVM LOCVM P ORDLAA DP STOLIS SVIS
Enfin une inscription réclame les prières des fidè les pour l'âme de la défunté qui laissa à son mari un souvenir aussi doux que douloureux ?, D P LVCIFERE COin)IVGI DVLCISSIME OMMEN DVLCITVDINEM CVM LVCTV MAXIME MARITO RELIQVIT.... ET MERVIT TITVLVM 5 INSCRIBI VT QVUISQVE DE FAATRIBVS LEGE- [RIT ROGET DEV(m) VT SANCTO ET INNOCENTI SPIRITV AD DEVM QV(@)E VIXIT AN [SVSCIPIATVR NOS XXII M{ens)ES VIII DIES VI Il, AFFECTUS PARENTUM ERGA LIBEROS, — Parmi les inscriptions chrétiennes il ne s'en trouve qu'un très pelit nombre qui ne soit pas conforme aux règ les adoptées de bonne heure pour la rédaction des tituli funéraires. Les paiens ne manquaient guère de men- | tionner le nom des ascendants du défunt par l'indicaUne inscription provenant du cimetière Ostrien # c us montre les parents, le frère et la sœur de la défunte, associés pour l'érection du tombeau 5 : “1 Une inscription antérieure à la fin du n° siècle a été luë sur un sarcophage en terre cuite placé au fond de. l'ambulacre dé Domitille ; elle est ainsi conçueñ :
TH FAYKYTATH @YTATPI EOPTH à FPANIC KAI MIKKA + 10 « À leur très douce fille Aorte, Granius et Micea. » Une tombe nous montre une je une mère réunie 4 son enfant ? : | LATINIAE -ISCOLATICENI :B M :CVM :FILIVM. SVVM-VRSVM :Q :VISIT-ANN-XXV :ET INFAS ANN :II :M :V-SIMVL :HIC-SVNT :IN :P :FELIX MARITVS : VIRGINIAE : BENEMERENTIBVS DEP. 5 VII-IDVS-DECEMB : p Une autre a réuni deux petits garçons d'un an €t leur gran d'mère nonagénaire & :
ET FRATRE IPSIVS PASCASV ANNI
CLY ET DIERO XXX BENEMEREN 5 TES CVM ABA SVA AN XC
filiæ dulcissimæ qui viril annis Îduobus mense uno liecenteno console. Eugeia 18 annos habens juventutis torems arnisit duræ vielentin mortis…. 4 mentionne également ! :
MODANIVS AN NORVM XVIII © AVIA EIVS VIATO RINA ANNORVM 5 LX QVIEVERVANT IN PACE AN P + CCCLXVII.
Une épitaphe publiée par Fabretti avec cette mention : € cœmeterio Callisti cuni vase sanguinis, porte une mention que l'on n'a guère remarquée ? :
TATACENTIAE ANIME INNOCENTI QUE VIXIT ANNIS QVINQVE MENSES X DORMIT IN PACE VI KAL IEN
qu'en effet il n'existe pas, la petite fille mentionnée ici s'appelait Centia ou Sentia et il faut lire le début » de l'épitaphe : Tata Sentiæ. Varron, cité par les lexicographes, nous apprend que fafa était le nom familier que l'on donnait au père de famille, non en vertu d'une dérivation ou d'une étymologie mais par suite de l'harmonie imitative de la langue des petits enfants qui commencent à bégayer, Nonins s'exprime ainsi au cimot buas : Varro, Cato, vel de liber, educ. cum Cibum ac potionen : buas ac papas docent, et matrenr mamman, patrem tata ?, Martial écrit ce qui suit :
Mammas at que tatas habent Afra, sed ipsa tatarum Dici et mammarum marima mamima potest +.
Les inscriptions païennes nous offrent des exemples de ce nom : DIOCLES FECIT..Q.MARCIO ARISTONICO TATAE, d'autres nous apprennent que le mutritor, c'est-à-dire, le père par adoption des alumini prenait parfois ce titre de tata, ainsi qu'on le voit sur deux marbres ou le père naturel et le père adoptif se sont unis pour faire l'épitaphe du petit défunt : VIXSE22IV-M-VI. FLEBSMHODVS PATER :ET-PHOEBVS TATA-FECERVNT ; MARINVS ‘PATER PIISSIMO-FILIO*FECIT-ET.ANTHVS :TATA. Nous n'avons pas rencontré d'autre emploi de ce terme familier dans l'épigraphie et la littérature chrétiennes, Il faut lire ici une formule analogue à celle-ci : « Papa (à sa fille) Sentia.… » Un autre nom d'amitié se lit sur une épitaphe de Ravenne dont l'origine romaine n'est pas douteuse : locum e|]VM PARAlrerunt SE VIVI :IVSTINVS ET FELlilcitas DEP PITZINNINA IN PACE R[...., QVE VIXIT ANN XXVI ET[..... ARCADIO AVG-II-ET RVFIN/o conss … À Sétif, en Maurétanie, une épitaphe de l'année 406 Si le vocable Tatacentia ne se rencontre guére, c'est eur dit alors : « Bénissez, bénissez-moi, priez pour moi et pour | 1034. Ce terme Pitzinnina se retrouve dans la langue italienne : piccinina el piztinina et son emploi n'est pas rare dans l'épigraphie chrétienne. La pélerine Égéria, qui visita les Saints-Lieux au 1v° siècle, donne ce nom de pisinni aux enfants de chœur et elle détermine un des sens du mot par cette phrase : Nam a pisinno in Monasterio nulrilus est, dit-elle au sujet d'un moine élevé depuis son enfance dans un monastére ?, Ces vies de petits enfants avaient été si courtes qu'on n'y trouvait pas matière à de copieux éloges. Le père de Sentia ne pouvait rappeler que le bégaiement de son enfant ; sur une autre épitaphe, celle d'un petit garcon adopté 10, la mère a simplement rappelé qu'il commençait quand il mourut à épeler l'alphabet : bebeee 11, Lors que les enfants sont morts en bas âge, on établit tout naturellement un contraste entre l'espoir qu'ils avaient fait naître et le peu de temps où ils ont satisfait à la tendresse d'une attente quelquefois plus longue que leur vie ne l'a été. Parmi les expressions les plus attendries citons celle-ci : parentes desiderantes 1 ? :
BENEROSA BENEMERENT :| :PAR ENTIB : DESIDERANTIS : ANVCLATA ETRIVM :
En Craule nous lisons : FILIAE KARISSIMAE ET OMNI TEMPORE VITAE SVAE DESIDERANTISSIMAE 15, Les souvenirs qui s'attachent à ces jeunes vies sitôt brisées sont empreints quelquefois d'une mélancolie particulière. Un père nous dit qu'il cherche ce fils auquel il avait servi tout ensemble de père et de mère !# :
La même image se retrouve sur une pierre que nous citerons plus loin ; le vide causé par la mort est rendu par ces mots : « Tous ses compagnons le cherchent 15 ; » et une autre fois on assure qu'il ne sera pas oublié t6 : ATETENETO ABPOAICIS ZHCAS ETH Ill MHNAC @ WAR 1 Us fl L- | \Û 1035 « Aphrodise a vécu 3 ans, 9 mois, 20 jours et il s'en est allé. Ne t'aflliges pas, enfant, es as été, on ne t'oubliera plus. » On trouve encore : BIRGINIVS-« PARVM STETIT || AP :N (apud nos) et à un enfant de 12 ans : CITO DE SECVLO DISCESSET à, Un des témoignages les plus explicites de la tendresse portée à un enfant est celui qui nous apprend que le je une Aproni : anus, gé d'un an, neuf mois et cinq jours, fut baptisé in ertremis : quécum soldu amalus fuisset a maiore sua et vidil June morti conslitutumr esse petivit de æclesia ut fidelis de sæwculo recessissel %, ce que nous pouvons traduire ainsi : « comme il était grandement aimé de son aïeule, celle-ci le voyant prés de mourir demanda qu'il sortit fidèle du siècle. » Cette sollicitude expliqne comment les fidè les pouvaient envisager d'un œil sec, suivant la prescriplion de Commodien, la mort des enfants à qui leur innocence promeltait la possession immédiate de Dieu * :
MAGVS PVER INNOCENS ESSE IAM INTER INNOCENTIS COEPISTI QVAM STAVILES TIVI HAEC VITA EST
(DEOC
GEMITVS-STRVATVRFLETVSOCVLORVM sé” « Magus, innocent enfant, Désor mais tu vis parmi les innocents (les élus), Pour toi, quelle existence 4 l'abri des vicissitu des ! Pour toi, quel. bonheur d'être reçu par notre mère Étouffons les gémissements de nos cœurs, Retenons dans nos veux les larmes. » Cette inscription emprunte deux formu les à saint Cyprien : Quam vos laeta excipit mater ecclesia de prælio revertentes, et : comprimalur péclorum geniilus, struatur fletus oculorurm 6, Un grand nombre de marbres portent des formu les très brèves, simp les acclamations funéraires empruntées probablement aux liturgies du temps. L'acclamation IN PACE est fréquente, comme dans toute l'épigraphie chrétienne, mais le bonheur de ces petits innocents était si assuré que l'adieu qu'on leur adressait n'avait rien d'oplatif : [Euse]hius infans per ælaltem sene (= sine) pecca|to || accledens ad sanctorum locunt in palce quilescit $, In paceni te suscipiant ominmia ispirila sanclorum®. Une inscription trouvée à Vienne (dans l'Isère) et qui n'est pas antérieure à la deuxième moitié du rv° siécle offre les mêmes motifs surnaturels de consolation !® :
| DICINA MESTIS 13, D'autres encore : Fornica, :
| repos de son âme 1° : | SECVNDVS : ET RVFINA : FILIAE : DVLCISSIME : | C-F
ANNORVM TRIV FVIT MENSIBVSQE QVEM INTER ASTRA 11 —ENET ALMA QVIE :
OST (M PACE Vi 10 OCTOB no xuni Une épitaphe romaine d'une petite fille de 5 ans s termine par ces mots : DIGNA INTER SANCTOS pr JS IVSSIT IN PACE ! ?, Une autre inscription à C 1e témoigne la confiance dans lé salut d'une je une fi f le le quatorze ans, Fabea Scerniola, qu'elle qualifie ainsi : NOBIS SEMPER AMATA LETITIA SENJib]VS ETNE 20 ans : AD SVPEROS MVNOA TRANSIIT 15 ; Corné ilia Nikè, âgée de 20 ans : CRISSANA REDDE(4]IT 15, c ‘est le souvenir du baplème in extremis que nous avon s déjà rencontré ; Alticus du salut duquel on est si bien assuré qu'on 8 adresse À à lui en disant : DE TVA INCOO- LVMITATE SECVRVS ET PRO NOSTRIS PECCARS PETE SOLLICITVS 16, Enfin, l'on rencontre des p rents qui donnent la liberté à quelques esclaves en mémoire de leur fille morte et pour l'amour d'elle et 1 Il faut suppléer ainsi : non merilus tam p mortem, vilam reddidit, ete. Parfois ce sont les su vivants qui déclarent qu'une telle douleur devrait leur être épargnée ! :
ODVLCISSIMO FILIO |
IOVIANO OVI VIXIT ANN : VII ©
Parmi ces expressions dont la briéveté cache peut_ nous avons rencontrées, nous devons mentionner le simple mot dolens : POEMENIA MATER DOLENS 2. Une tombe qui renferma les deux sœurs mortes l'une à onze ans, l'autre à cinq ans ne porte pas d'autre pe
ANNIS -XI :MESES :X :DIE XXVIIII :
5 XVI -B : M :IN PACE
Enfin une épitaphe remarquable par ses symbo les est ainsi conçue À :
D M
La formule suivante parait pres que trop violente, mais « elle est trop rare pour qu'on puisse en donner une explication certaine. Lupi 6 a vu dans le qui oduit une expression analogue à contra votum et contra mentent qui sont fréquentes dans l'épigraphie païenne comme lans la chrétienne ; nous ne trouvons aucun texte qui favorise son sentiment. Voici le fitulus 6 :
DEPOSSO : EIVS : VIKAL :
FECIT : PAX :TECV :
Nous relevons encore une expression d'une extrème vivacité à l'égard des enfants morts en bas âge : Tu as trompé tes parents ; deceptor parentum ? :
Sintropian(us) in pace qui virit ue X, mrenses ser » dies Xvi1° dece{[pl(tor) paren(tum). Flaria Victoria). ejus avia, ex omnia subventrir ea fecil. Qui valet Même formule à l'égard d'un fils mort à la fleur de l'âge ® : : ALLIVS MEGETHIVS PaAlter DECEPTVS AB ALLIO AQVIL[a jilio QV AN XXXV-M :VIIlir. … L Un né saurait trouver au contraire, rien de plus sainement résigné que l'épitaphe du je une Anatole, « notre F « dmier-né qui ne nous fut donné que pour peu de temps. Anatole prie pour nous 9, »
ANATOAIC HMGN TP TO TOKON TEKNON OCTIC H MEINE AOGHC TPOC OAITON XPONON YEYXOY YTTEP HMGN
étre autant de tristesse que les pério des métriques que 1 ‘Avatots, nov FPUTÉTOLOY TÉAVOY, 073 MILELVE Coûre moûs Giiyov ypôvos. Eôyos dnes Audi.
Suivant le goût du temps on donne quelquefois la parole au défunt ; c'est ainsi qu'une tombe d'enfant porte des consolations en style poéti que adressées à ceux qui le pleurent 10 :
Ve tristes lac{rimas ne plectora fundite v[estra] O pater et mater nan : reglna celestia tango L Non tristis erebus n[on plallida martis imagl[o] Sed requies secura te[net] ludo que choreas Inter feli ces animas etlam]oena piorum Priænuial......,... odiam decorant Malgré le peu d'importance que nous accordons aux | formu les poétiques dans cette recherche sur le senti ment moral chez les chrétiens, nous ne pouvons omettre d'en faire mention, La forme métri que, bien qu'elle nous paraisse peu compatible avec l'expression sponlanée dés sentiments et surtout de la douleur, parce qu'elle impose l'observation de règ les prosodiques peu en rapport avec l'explosion d'une âme atteinte au plus profond d'elle-même, cette forme métri que, disonsnous, peut garder intactes les vibrations provoquées par une émotion subite sur un tempérament vraiment poéti que. L'ode de Malherbe à Nu Perrier, et Le Paucæ meæ de Victor Hugo suffisent à convaincre ceux qui songeraient à en douter, que l'eflort Ivri que n'est pas incompatible avec l'émotion véritable ressentie dans le même instant, Un vieil antiquaire a observé que l'inscription que nous allons transcrire recéle une source de profonde émotion : barbare et incondite scriptum est, dit-il, sed lamen aliquid est, quod legentem nioveat urgeat que 11, Voici l'inscriplion !2 :
Quod dulcis nati quod cara pignora præstant 1 Continet hic tumulus membra qui parva retentat Dolorem sine fine dedit felicitas isto Clauditur infelix falso cognonine dicta Nan cui prima dies in luceni protulit annus + Qualtuor et male cum quintuni surnierel ortum Abstulit atra dies et funere mersit acervo Hæc maler el genilor conscribunt carmina busto Quo legenti simul redeat sub corde fiqura Et siccalo sæpe madescant luniina fletu Sic medicalur amor nec curant Carine Hianes Nous ne pouvons oméltré de signaler un usage anti que dont témoignent un grand nombre de textes épigraphiques de la Ir Belgi que et principalement les t1tuli de Trèves, L'ofrande d'une épitaphe constituait, dans les idées du temps, une expression particulière de la fidélité du souvenir gardé au défunt 15 :
CVI AVGVRINA SOR :
Voici d'autres formu les analogues : Titulum cum ælernilaté vinclurum conitre semper amantissiniæ 1059 sui ad que obsequentissima didicarit ! ; Lea... vinculo carilatis et studio religionis litulum posuit * ; : Téteclum posuerunt pro dilectione® ; Uxor nobilis pro amore tetolum fielri) jussit ; Pater pro caritalthenr filiæ suæ titulu(m phosuit + ; même formule dâns la Viennoise : pro antoré posuerunt®.
Ces épitaphes collectiv es d'enfants ne sont pas très rares, Ce qui s'expli que par la mortalité considérable | qui régnait à celte épo que où la civilisation était plus raflinée qu'hygiéni que et les épidémies fréquentes et terrib les, Une inscriplion métri que nous montre trois jeunes garçons enlevés soudain à leurs parents 5.
HJEV QVANTIS IMPEDIMVR LACRIMIS MEMO- [RARE SEPVLCRVM clVM SVBITO NOBIS CARORVM TRIVM PROLIS [AVFERTVR AGATON a]MABILIS TEQVE DEFLEAM YPPOLITE DVLCIS INEC NON ET TV OMNI BIVS ISTIS CARIOR PETRONALIS © ATRA DIES [A QVA TVMVLVS SVS 5 EJEPIT FVNVS GERMANVM HIC REQVIESCENT [IN PACE AGATO YPPO
LITVS ET PETRONALIS GGG FFF
Un titulus de Phrygie énumère cinq enfants : Eugénie, Marcelle, Alexandre, Macedonius et Norma, morts en mème térups : dro Eva xaipév et vraisemblablement en bas-âge 7. Un autre, à Rome, montre trois petit-fils élevant un tombeau à leur aïeul ; l'un d'eux rappelle que dans le courant du même mois il a perdu en outre son père, sa fille ét un cousin :
IOANES LVCILLiianu)S ET PROCLVS :NEPOTES- : [MAXIMIANO AO VN-M :IN PACE
PATER :ET :EILIA‘ET COGNATVS IPSO MESE VII KAL-MAI
Une inscription dont les suppléments nous paraissent fort incertains, mais dans laquelle il est question de trois enfants morts l'un à trois ans, l'autre à sept, et le dernier à dix se termine par ces mots : VNOMES. TOTITRES. VN. M. IN PACE, c'est-à-dire : uno mense toti tres benemerentibus. Une même pierre, à Rome, réunit deux petits enfants, le frère et la sœur, morts à deux jours de distance. On trouve une mention analogue sur une pierre ayant élé retournée de bas en haut afin de servir à une nouvelle épitaphe :
+ HIC REQUIESCENT IN PACE SACRAÏS virgines GERMANAS VNIVS VTERE NATAS RVFlna.....
BONIFATIA DP VINI KAL IAN PE CONS Sleveri- [mi( ?) vw. €
Le style barbare de ‘cette inscription nous montre la tardive survivance d'un mot du latin vulgaire : uter au lieu de uferus. Cet emploi se lit sur une autre épilaphe chrétienne du cimetière de Saint Hermés, dans lequel l'époux survivant, Eunomius, fait l'éloge de sa femme et ‘avoue qu'il l'a instamment suppliée de son vivant ui unum ex ulere ejus similem sibi tenere.
Nous rappellerons l'épitaphe de Remo et Arcontia qui natione Galla, germani fratres, ad[ul]lti una die mortui et pariter lumulati sunt ; on peut rapprocher de | Lyonnais, le frère et la sœur quorum amabilitas m _ conjungi sanctæ habitalionis moru ‘+,
À Sainte-Co à
_ CRESCENTI | ONI.
var ’ NES LE TS PERS
ee l'épitaphe de ces deux Gaulois celle de deux je unes dans la Viennoise, un pére et une mère ont perdu trois enfants dans l'espace de vingt-sept jours : S dus âgé de sept ans, Rustica âgée de quatre ans, et Rusticula âgée de trois ans.
Une épitaphe exprime la douleur inconsolable | parents : QVI DVM VIVENT HABENT DOLORE.
Une autre parait d'un naturel irréprochable : : Inn : recessit, innocentium misericors fuit. Quis non « (a)etati tuæ pias que lacrimas fudit® in te spes futu expectabatur per te, per te gloria perennis, Celerine filé ; fidelis quiescis in pace.
Qui (vjixit ann. 1,m. 1E 1
Nous n'essayerons pas de classer à tout prix quel formu les que nous ne pouvons cependant omelire : Hic jacit Artemia, dulcis, optissimus infans et v grata et verbis dulcissima cunctis.
À Aquilée
# 14 VALENTIANO :- INN{ocentissi MO INFANTI QViem cuncti DILIGEBANT Fllde les QVI VIXT ANNOSipl. m.....mes V DIES : XR22% ValentiuNVS * ET TER{tulla parentes DOLENTES CONltra votum
On remar que aisément que tous ces éloges d'enfants ont entre eux une étroite ressemblance ient à l'impossibilité de trouver matière à individualité ces vies trop courtes.
Nous pouvons cependant quelques éloges avant trait aux promesses que l'intelligence où le cœur des jeunes morts semblaient faire à leurs parents :
AE PVERO QVEM PLENIS SEPTEM AN NIS PERFRVI PATRI INFELICI NON [LICV
Un autre enfant du même âge a laissé le souvenir de sa bonté et de sa sagesse.
DOMINO FILIO INNO CENTISSIMO ET
DVLCISSIMO BO
HVIIIL : SOCRATIANVS : ET : HYRENE : PARENTES :B : QVES IN PAC :
On leur prodigue les titres les plus sinabees INN.{ocenti) || Q.{ui) V.(æ + 1 :
A.(nnos) II. M.(enses) || VIII. D{ies) XX. P — MERCVRIAE. ANIMAE. IN | NOCENTISSIME.
UNO MENS. VII, | D. XVIII. DORMIT IN PACE 3.
Sur l'épitaphe d'un enfant mort à 5 ans, # mois, 42 jours, 10 heures, on lit : AMENNTA. äpeuntu, irréprochable#.
A plusieurs reprises nous trouvons un renir donné à la beauté : HIC POSITA EST ANIDVLCES INNOCA SAPIENS ET PVLCRAïet we : à Tu as péri trop vite, Conslantia, étonnante beauté et de grûce, qui as vécu 18 ans, 6 mois, jours 5. »
Le célèbre Hermas ayant vu sa maitresse se, ner dans Je Tibre se montre fort appréciateur de d
Une formule également très fréquente et comm une à l'épigraphie païenne et à la chrétienne se retrouve | sur un grand nombre de tituli d'enfants : anima duleiss,.
Ces tituli n'ollrent d'ailleurs rien de remarqua et. mé À isage et l'abus des diminutifs perdit de très bonne heure sa CL destination, qu'il avait encore parmi les classiques, de désigner Fo es enfants, comme pucerule, infantule qui marquaient le pre-
Q. VIXIT || AN. DVOZ. — MIRAE INNOCENTIAE ANIMA || DVLCIS EMILIANVS QVI | VIXIT ANNO |
Deux épitaphes d'enfants nous rapportent qu'ils | moururent victimes de quel que imprudence, la petite fille fut probablement empoisonnée !°, le petit garçon t grâce à l'imprudence de ses parents se lua de sa
1042 TATE ALTS HVMANETATE LARGISSIMVS. OMNES PIE DILEGENS ODIO HABENS NEMENEM ! ?.
C'est un développement des formu les de la Viennoise que nous venons de transcrire, mais il n'est pas isolé sous célte forme nouvelle.
Hséolog (à la mémoire) de Nestoriana, hiénheu-, bien aimée, » IV, AFFECTUS DOMINQORUM ENGA-SERVOS ET SECUS, — A quelques enfants abandonnés le crime de leurs parents assura une famille meilleure que celle dans laquelle la nature les destinait à vivre : ALVMNO QVEM SEMPER VICE Fil{ii) DILEXIT ; QVAM LOCO FILIÆ DILIGOS. Mais nous avons déjà eu l'occasion de traiter de la situation de ces enfants recueillis (voir ALUMNI), nous ne nous y arrêterons pas, Quelques inscriptions mentionnent le souvenir gardé au nutrilor où à la nutrir, Ces indications devenues trés rares par la suite l'étaient beaucoup moins alors par une conséquence logique du système d'éducation au temps de l'empire. Dans un grand nombre de familles le rôle de la mère à l'égard de ses enfants prenait fin dès le jour de leur naissance. On les confiait, ou on les abandonnait à une nourrice qui, si elle n'était pas trop maladroite, tenait de sa fonction les meilleures chances d'un futur affranchissement. L'immoralité qui régnait si généralement n'épargnait pas cette catégorie de femmes, et l'influence qu'elles prenaient sur leurs nourrissons était souvent non moins corruptrice que le lait dont elles les nourrissaient., Mais là comme partout il y avait des exemples de modestie et de dévouement, Nous pouvons citer une inscription témoignant du souvenir reconnaissant gardé à la nourrice :
AGAPE NERAIDI :NVTRICISS#DE
ET PRIBATVS :SVE-IN PACE
DVLCISSIMAE FILIAE PVBLICIAE) MAXIMINVS PATER ET SYLLECTI[a] EVNOEA NVTRITORES à | Et celle-ci est inspirée également à des parents adoptifs à l'égard de leur enfant Sotére 15,
IN PACE
On voit que ceux qui avaient élevé l'enfant ne l'oubliaient pas. Il en était de même à l'égard du pædagogus. Le titre de magister que nous lisons sur les deux épitaphes suivantes, bien qu'il y ait été employé en plusieurs sens, ne nous semble pas pouvoir signifier ici | autre chose que pædagogus. L'une d'elles porte un volumen, et une main différente a ajouté le mot primo dans lequel nous ne pensons pas qu'on puisse entendre autre chose sinon : le premier de ceux qui servirent de maître à Januaria ! :
UOUMIOA
L'autre inscription montre le pédagogue associé à la mère du jeune Florentin, son élève, qu'il aimait plus que s'il eût été son propre fils ?, Il ne nous est pas possible de passer sous silence une inscription célébre par le grand nombre de commentaires et de conjectures dont elle a été l'objet, Elle fut trouvée en 1787 dans une vigne située sur la via Salaria nova, à un mille de Rome, près des ruines d'une construction chrétienne. Une lecture fautive promptement rectifiée par Marini avait donné lieu de croire un instant qu'il s'agissait d'un pape, papam ; | tandis que le mot papatem, qui était la véritable lecture, s'appliquait à un nutritor ou à un pædagogus, absolu- | ment inconnu d'ailleurs et qui eut nom Antimio.
PERPETVAM + SEDEM NVTRITOR POSSIDES : (IPSE |
HIC MERITVS FINEM MAGNIS DEFVNCTE PE- | [AICLIS |
HIC REQVIEM FELIX SVMIS COGENTIBVS AN- [NIS
HIC POSITVS PAPASANTIMIO QVI VIXIT AN-
__ [NIS LXX
Nous avons déjà eu l'occasion de rappeler les affranchis ; nous trouvons sur une inscription de la Viennoise ces mots E6%1BVS CARA PAVPEREBVS PIA MANCIPIIS BENIGNA #,
V. AFFECTUS AMICORUM. — L'expansion que prirent vers les débuts du régime impérial les associations ou collegia, répondait à une situation sociale très par-
| autres t :
| défunts se plaisaient à invoquer comme son plus solit | éloge, mais cette facon de faire parler les amis en leu | faut entendre le mot miagister au sens que nous Oderici, Lettera al barone Venazza sopra un' antico epitaffo, | n°, Torino, 17% ; et Tiraboschi, Continuartone del nuovo gior. ticulière. Nous ne rappellerons ici que ce qui co les relations qui existaient entre les membres même collège. Une inscription nous donne la me sur de l'affection que les associés se portaient les uns at
=Æ
C'est ce témoignage des amis que les parents dl absence comme ils l'eussent fait en notre présence peut-être pas tout ce qu'on peut souhaiter de plus sit cére. Voici donc cette inscription © :
PER OMNIA LAV(da)TVS INTER AMICOS AVRELIVS TEODOLVS QVI VIXIT ANNIS XXX DIEBVS XX HORA VII Méme mention du jugement des amis sur un inscription romaine : Félix, appelé à la sainte foi, s'e est allé en paix : son grand amour et sa charité rest dans le souvenir de ses amis de ce monde. Pendant s vie il fut consolateur, secourable au su de tout | monde : Felix sanctæ fidei vocitus til in pace, cuit tantus amor el caritas relinetur ab amicis in ætt qui cum esset, fuit solacius, misericors, omnibus mi tus. Agrippina fecit duleissimo suo marito cum quen vixit sine lesione animi‘. 7 Une des plus anciennes inscriptions chrétiennes trouvée à la Cappella Greca, mentionne une de ce lointaines amitiés de jeunesse qui se forment à l'école* “ Obrimus à la mémoire de son tendre cousin € condisciple Palladius. » Les enfants n'ont pas été seuls à former des liens et à en garder le souvenir, on ren : contre quelques pierres qui témoignent de l'ami durable entre les maîtres et les élèves, si toutefois | donnons aujour d'hui, mais rien ne nous parait moir prouvé, aussi utiliserons-nous ces tiluli en traitant di affectus liberlorum erga domiinos où nous croyol bas 1 « Le 7 pd - % DL … :.. d —. 2 ' x 7 Vs
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ir Jeur véritable place. Bornons-nous donc à énuméDie formu les qui nous montrent les vertus 1e l'on pratiquait et que l'on appréciait le mieux armi les fidé les, A deux kilomètres de Prato ! on e une ancienne basili que dite de l'Annunziatu, e d'une catacombe creusée dans le tuf ?, Sur le ur du fond de la grotte on lit cette inscription, datée | Rien 459, tracée en lettres blanches sur fond HIC LVCIANVS CVM BONA PACE MITES LETVS CVM AMICIS AMICVS VIXIT ANNIS PL :M :L :NVLLA MANENTE 5 QUERELLA DEPOSITVS EST IN PACE DIE KL SEPTEMBRES FLABIO _ MARCIANO ET ZENONE VV [cc. cons.] Nous ne pouvons songer à transcrire toutes les fortr se rencontrent, tel les que : AMICVS KARIS+ ; CARVS AMICIS 5 et surtout l'acclamation si te sur les fonds de coupe : DIGNITAS AMI5 qu'on peut traduire : « Au plus digne des ou mieux encore : « L'orgueil de ses amis, » et rencontre le plus souvent accompagné d'un juhait tel que : Vis ; boist ; vis heureusement mi les tiens ; vis dans la paix de Dieu t®, bois et ne épitaphe trouvée à Dijon serait déjà remarquable D. du D M à une basse épo que 13, si nous s à y relever une formule uni que ! :
| HIC IACET TVRPERICVS MONAC : DO (ET HOMI NIB - AMABILIS OBIIT III NON IVLII IN
> amabilité à l'égard de tous se retrouve sur l'épid'un cappadocien qui est ainsi libellée 15 :
A +
& très ancienne épilaphe (as-rers siècle) du cimede Priscille montre cette grâce souriante dès les temps du christianisme !# :
| RVTA OMNIBVS SVBDITA ET ATFABI LIS BIBET IN NOMINE PETRI IN PACE
‘ous croyons pouvoir faire entrer dans la catégorie 8 occupe l’épitaphe d'un chevalier romain, qui Ma la profession d'avocat et se montra aussi cultivé Do il mourut âgé de %2 ans comblé de Est-ce un de ses admirateurs, un disciple, un ol et D. Leclercq, Monum. Eccl. Hturg., in, Parisiis, 0 2859, — ® Boldetti, Osservazioni sopra À cimiteri, ieuirende diu tu miserande ja ces |eucharistiano simple auditeur qui fit graver la tombe, c'est ce que nous induirait à croire la derniére ligne !* :
MEMORIAE L TVRPILI VICTORINI MA RIANIT EQ. R. ADVOCATI OM NIVM LITTERARVM ET VIATV TVM VIRI QVI FVIT IN REBVS HVMANIS ANNIS XXXII CVM MAGNA LAVDE ACTVS ET DS (sic) CIPLINAE SVAE
AVDENTI |
Rien n'est plus clair que l'épitaphe de Sabinus etrien de plus chrétien et de plus philosophi que que l'amitié universelle, puis que la véritable amitié paraît avoir son principe plutôt dans la nature que dans notre faiblesse, plutôt dans une impulsion de notre âme, douée d'une sorte de sens pour aimer, que dans un calcul sur les avantages que l'amitié peut rapporter 8, Nulle raison d'exclure l'un ou l'autre désor mais, tous ayant le même droit initial a notre bienveillance, encore que souvent l'amitié universelle ne soit pas destinée à aller bien au delà de l’indulgence universelle. Sabinus l'a peut-être entendu ainsi 1 :
HIC POSITVS EST SA BINVS.P AMI CVS OM akco NIVM Et nous retrouvons cette même formule sur la tombe de Maximinus ?®, tandis que eur celle de Gorgonius nous lisons qu'il ne fut l'ennemi de personne : ogéevi Eybgds “1, Nous classons parmi les affectus anricorum quelques | épitaphes dont il est impossible de savoir les donateurs, Deux d'entre el les présentent une formule identi que, sorte de rapide coup d'œil sur une vie et une mort irré| prochab les ? :
D : M L :FABIO : IANVARIO QVI »ET : 5 DERISORI FRVCTVOSA BENE VIXSISTI QVI :VIXIT VENE CONSVMASTI BENE : ET CONSVM MAVIT BENE Une autre, au contraire, est due à un ami qui n'a pas voulu donner son nom afin de n'être rien de plus ni autre chose qu'ami :
XV KAL :FEB Au 8 SATVRNIS DEPOSITVS IVLIVS IN PAC 5 E AMICVS FECI de me = à + re ‘ nm x s.
Une épitaphe que nous avons étudiée avec plus de délails (voir ANGILLA Dei} parle de la douleur des amies de la défunte : Quam anucæ deflent, solacium que requirunt ! ; une autre mentionne un nommé Quodvul- | deus honeste recordationes vir ? ; une autre pourrait peut-être donner cette lecture : homo apinionis bont *. Une formule, qu'on rencontre plusieurs fois à Rome, rappelle la réciprocité de l'affection : AMICVS AMICORVM +, une autre rappelle cel les que nous avons lues sur les tombes élevées par les parents à leurs enfants : LAVRENTIVS AMICVS DOLIS ISCRIBET 5. Une épitaphe dont la date deméure douteuse entre 484 et 07 rappelle un nommé Tunnonius (un)IC(a)E FIDEIAMICITIAE CVSTOS$6, Parfois cette amitié et cette reconnaissance prennent une extension singulière, comme sur un marbre de Trèves où on lit FVIT IN PVPVLO GRATVST ; ou bien elle nous est montrée comme l'ornement de la vie sacerdotale du prêtre Carusus : Qui fuit ad Dei officio paralus, umanctas in eo sa les laudanda, amicus omnebus®. Une inscription de Vienne mentionne la mémoiredu vieillard Epiphane : Morebus optinius, natal(i)b(u)s suis mansuetus, fede precepua civebus carus pauperebus pius ?.
Peut-être est-ce dans un sens plus absolu que cette parole reparait dans les épitaphes chrétiennes dans lesquel les on peut lire : OMNIBVS IDONEO 11 ; À OMNIBVS MERITA !I, OMNIBVS SVBDITA ET AFFABILIS11 : ; FOPTONIC TTACI DIAOC 12 ; AMICVS OMNIVM : : ;
À Rome nous trouvons !* :
Dans la Viennoise, deux textes nous montrent l'expression « ami de tous » devenue une formule ou en train de le devenir 16, + HIC REQVISCIT BONE MEMORIE : EVNANDVS AMICVS OMNEVOS VMANE TAS LAVDANDA NEMIS MI RANDA VOLVNTAS QI VIXIT IN PACE - AN : Lx :
O8 ‘II : KL :FIBRAVARIAS 8 : VI :
Chez les chrétiens il y avait outre la charité naturelle une inspiration plus haute et que le paganisme, avec ses religions municipales, n'avait jamais entrevue. Si nous revenons aux textes de l'époque des persécutions, nous entendons saint Polycarpe de Smyrne, saint Félix de Tarragone, saint Cyprien de Carthage unir tous les hommes dans leur prière vraiment catholique. Nous trouvons même cette formule chez les Juifs dans une inscription du IVe, à Rome : OMNIO RVM AMICVS. Il est assurément peu de pays dont l'archéologie chrétienne ait paru se désintéresser aussi complètement que de l'Égypte. Les dissertations sur Akhmin, Alexandrie, Antinoë (voir ces mots) montrent quelque chose des résultats qu'on doit légitimement attendre des fouilles et des explorations. Un trait remarquable, c'est le caractère presque exclusivement funéraire de tout ce que nous possédons de monuments archéologiques égyptiens. On ne saurait en être surpris, car l'Égypte a été pendant toute l'antiquité comme le sanctuaire de la mort, il l'était encore ainsi à l'époque chrétienne ; mais on ne le comprendrait pas si on ne se reportait à une classe nombreuse de documents qui éclairent d'un jour très vif la mentalité des fidèles dont nous rencontrons les catacombes à Alexandrie, les industries textiles adaptées aux rites funéraires à Akhmin, les cercueils fournis de mobilier à Antinoë. L'épigraphie nous montre à n'en pas douter à quel point les chrétiens d'Égypte « aimaient la vie et détestaient la mort ». Une stèle du British Museum est ainsi conçue :
RE OTAU ARALIME IE MEHMUD PP. W SIMÈWR ENHJALMO € OV HOT HÀPS MCON THPOT. L IN MAES ECHAUT EMET EMERPO 5 who NPA ETCAUSE OM TTà HPO HOTON HILL, ME TEUIUOT ebo. nernwpx escenerore ENETUHPE SU DEN MMPE € HEVEIOTE. O VONT HILL ETO 22 10 ALOIPIRLE ER RENMTATALOT M TOOTOY ALAPOTEI ETÉIALA M CERU) HOYTOEIT EOYOOTE € AU TALNTERIHN MTSLENTUIMPE UFHAR, ANOR HODAINMAC HBIRRO 15 rar er EROÂORTOOTC Hramaar HNCHPS. BIÈRE ERUIC THOÂIC. BIAROY Ont TLttà ETAT. NT) RAT QE HEITAPOC, API MAMEETE MAMLEPATE TE HHOTTE Kid Mas ERON, 20 MTAIALTON RE ALAROT ALTOO ALHMOC bacbs ve (es 5) « Quelle séparation est celle-ci ! Quel départ plus lointain que tous les autres ! O dure navigation pour aller au rivage ! O mort ! — mot amer dans toutes les âges ! Moi, Jean, diacre, j'ai quitté ma mère, veuve, suis venu dans la ville de KGC. J'y suis mort. On m'a déposé dans ce tombeau. Souvenez-vous de moi, chers amis, afin que Dieu me pardonne. Je me suis endormi aujourd'hui, treize du mois de Paophi, indiction treizième. »
Une inscription non moins éplorée est conservée à la Bibliothèque nationale, en voici le libellé ; on remarquera quelques détails sur lesquels nous reviendrons : l'église tandis qu'elle faisait l'offrande dont la nature, qui n'est malheureusement pas précisée, nous est connue par d'autres documents. Lo à MOPACIC HS TE L PSITEI ALALOC AV MAT huwA cho. a T W ETCU) HER AANOOV DE D tour, ATUTARR ETECTA PO ETALOTUAL LS ENES AUTES CAP ENEPNES AL Ha uhecp of ovine CET EOPAI ERUN MFT TARA 10 HH ANAOY à HETCOOMT at Mor Thpor eprawbug. HTai | Hnork ovn ot nraboc SNOR ASP TETE PEUFHAR mehr AENOOP AHMOC Ha 0 Lt)
« O décret inflexible, impacable ! Celle qui mangeait et buvait hier encore, aujourd'hui sa bouche est fermée pour ne plus rien manger jamais ! J'ai fait offrande au temple avec mes compagnes. Tout à coup est venue sur moi la nécessité de la mort. Tous ceux qui me connaissaient m'ont oubliée. Je me suis donc endormie.
L'analyse morphologique du langage que l'on arrivera à restreindre de plus en plus le champ dans lequel une œuvre liturgique, anonyme, impersonnelle, non datée, a eu le plus de chances de se produire. Notre inscription nous montre la pratique de l'oblation dans la Haute-Égypte, conforme à ce qui se pratiquait dans le monde romain. Les fidèles se rendaient à l'offrande par catégories, ce qui implique des séparations dans l'église, groupant ci les hommes, là les vierges, là les veuves, etc. Maria a présenté son offrande entourée de ses compagnes. Notons au passage la demande faite de pratiquer des jeûnes pour l'assistance de l'âme.
Du point de vue des superstitions antiques, nous pouvons remarquer que la croyance à la vie des âmes dans le sépulcre, à la nécessité où elles se trouvent de manger, a complètement disparu.
BONUSA (ÉPITAPHE DE). L'église de Sainte-Agathe in Subura, dont nous avons eu l'occasion de parler, posséda longtemps dans le pavement de la nef centrale une inscription entrée depuis au musée lapidaire du Vatican. Publiée, étudiée et commentée un grand nombre de fois, les formules qu'elle présente, la langue dans laquelle elles sont exprimées, la paléographie de l'inscription ne laissent guère d'hésitation sur la date de cette épitaphe, laquelle doit remonter au début du Ve. La préoccupation dont s'inspire l'épitaphe est celle que nous avons déjà signalée bien souvent : le souci de reposer en paix dans la tombe sans courir le risque qu'un autre cadavre soit enterré par-dessus le sien.
Cette préoccupation restait assez générale chez les fidèles inquiets de ne pas jouir des privilèges de la résurrection si on leur superposait quelque impie ; état d'esprit qui accusait une conception bien matérielle de la vie future mais persévéra d'autant plus longtemps qu'il pouvait se réclamer de textes bibliques mal entendus, tel que celui du psaume 1, 6 : Idea non resurgent impii in judicio neque peccatores in concilio justorum. C'est à une semblable aberration qu'il faut attribuer la persistance de certaines formules niant la résurrection jusque sur des tombes chrétiennes ; tel le groupe d'épitaphes de Tlemcen désignant le tombeau par le terme : DOMVS AETERNAY.
Voici le texte de l'inscription :
& ICREQUIESCIT INPACE SAQUFANN FFFEFEGOOMN GMENNA MN Ed BéaT EMà à IUDÀ SIDOISALTERSG MOMINES Ug À EMQDBE 4 Sod TRI | tir oPd TRidRChe AUICHANONCSES P SU Puà TUOREU4UAN ElId
Ce texte incorrect comme à plaisir a été lu de façons assez différentes. Ces lectures n'offrent guère d'intérêt, sauf celle de Jacuzio qui a lu dommnomenna. Voici celle de Léon Rénier : Hlic requiescit in pace domna Bonu- | sa, Qui) wiæ(it) annios) et domina Menna, qui) wir(it) (a)nnos [...in pacle. Abeat anatema a Judu, si quis alterum omine(m) super me posuer(it).
€ RUN da STa XP [Alnathema abeas da tricenti dece[m et acllo patriarche, qui chanones esposuerun(t), et da sancik Christi quatuor eugquanelia.
L'épigraphie chrétienne nous offre plusieurs formules qui montrent que celle de Bonusa n'est pas isolée. Une inscription bien connue porte ces mots : MALE : PEREAT : INSEPVLTVS IACEAT : NON : RESVRGAT CVM :IVDA - PARTEM : HABEAT St : QVIS - SEPVLCHRVM :HVNC 5 VIOLAVERIT |
La mention des 318 Pères du concile de Nicée n'est pas plus insolite. Nous avons dit dans un autre travail l'origine et la valeur de la légende des 318 Pères ; ce n'est donc pas ce nombre qui doit nous arrêter. Quant à la formule elle-même, elle se retrouve sur une importante série épigraphique. À Rimini : CREDO QVIA REDEMTOR MS VI VIT ET IN NOVISSIMO DIE SVSCITA G VIT ME : HIC REQUVIESCIT IN PA
CE VENERIVS - PRB : QVI VIXI
rm : superimposita corpora, de eisdem umulis reectentu Mômeés dispositions dans les Statuta de saint Bonif Mayence, €. xx, et dans les Capitulaires de Charlemagne, Ce. GXCV. — 3% A. Audollent, Sur un groupe d'éris w sn PA be ?
À Aphrodisias en Phrygie, nous rencontrons la formule : à pérruy Late v To File yet +o avañeux arû tv Ten * marépov dé Éyfpès rod Ozoù +1. À Sparte, en 057, on fait appel aux HS Pères et à Judas contre ceux qui voudraient modifier les conditions d'une fondation : … peus BE oùx axoûer nat avarpeb rù nap'Euoi Gtoppgnahésmu. lux ys ré àvañiua ro ty
Selon toute vraisemblance, Bordeaux doit son origine historique aux Aquitains. La ville ne porta jamais que ce nom de Burdigala, forme latinisée d'un nom celtique, peut-être. L'orthographe primitive est Furdigala que les auteurs grecs transcrivent Bospèiyaix et qu'à l'époque de la chute de l'empire et après, on déforme en Burdegala, qui semble couramment employé au début des ve et vi siècles, et désormais sur les monnaies carolingiennes et féodales.
Les Romains pressentirent la destinée de Bordeaux dont ils firent la métropole commerciale du Sud-Ouest. Quant à l'intervention positive des empereurs ou du sénat, il est malaisé d'en rien dire de précis, et cette question, d'ailleurs, n'appartient pas à nos études. Pendant cette période, les débris archéologiques nous font voir divers témoignages de l'activité commerciale et artistique des habitants. De vie intellectuelle, on lit constamment sur les monnaies :
DE) — BORDEAUX 1058. Les vestiges sont si rares qu'il semble que Bordeaux occupa longtemps un rang très modeste. Vers la première moitié du iv siècle, Bordeaux fut à son apogée. La population pouvait alors s'élever à 60 000 âmes. Jusqu'à l'époque des invasions en Gaule au IVe, Bordeaux s'était développé sans interruption. Le petit emporium situé sur les bords de la Devèze avait donné naissance à une ville libre, riche, épanouie le long des larges voies de communication qui l'unissaient au monde.
Vers la fin du iii siècle, en 276 probablement, la Gaule entière fut accablée par un désastre inouï, sans précédent. À Bordeaux, le sol sur lequel la ville est bâtie a gardé la trace de cet effroyable malheur. Presque toutes les ruines portent la trace de calcination d'un immense incendie. Bois carbonisés, métaux fondus, pierres éfritées gardent le souvenir que corroborent les inscriptions et les fragments trouvés, non dans le sol, mais dans la muraille de la ville. Les matériaux jetés pour faire corps et pris n'im-
LE. — 34
De texte le plus ancien relatif à la communauté de Bordeaux nous apprend qu'en l'année 314, l'évêque de Bordeaux, Orientalis, siégea au concile d'Arles. On prospérité de la fraternité chrétienne dans cette ville. Le premier indice que nous rencontrons des fidèles de Bordeaux c'est un groupe de pèlerins partis de Bordeaux, en 386, se rendant à Jérusalem. Malheureusement, ce que ces gens nous apprennent de leur ville est fort peu de chose et bien connu déjà. Ils nous disent qu'elle est baignée par la Garonne et que la marée s'y fait sentir « à 100 lieues » (— 222 kilomètres). L'inscription ne nous apprend rien sur les églises de Bordeaux, mais, à son défaut, l'épigraphie nous vient en aide. « Les églises élevées à Bordeaux, écrit M. Camille Jullian, sous le Bas Empire et sous la domination des barbares peuvent se répartir en deux groupes : les églises « urbaines » construites à l'intérieur de l'enceinte murale, et les églises « suburbaines », élevées en dehors des remparts. Les premières, quoiqu'elles ne soient pas les plus célèbres, paraissent généralement plus anciennes ; mais il est pourtant difficile de dire, même à peu près, la date à laquelle elles furent construites. La première de toutes doit être Saint-André, adossée à l'angle sud-ouest des murs romains : le cimetière qui l'entourait a livré le plus ancien tombeau chrétien de Bordeaux et des inscriptions du Ve. Près de l'église on a trouvé un grand nombre de poteries du Ve et du VIe ; peut-être est-ce à cet endroit de la ville que se tenaient les agapes des premiers fidèles. Je n'hésite pas à regarder Saint-André, ou du moins la basilique élevée en cet endroit après 1300, comme la cathédrale primitive de Bordeaux, car rien ne peut se soutenir un seul instant.
Des autres basiliques urbaines nous ne connaissons : le Saint-Pierre dont parle Grégoire de Tours. Ce peut être l'église connue actuellement sous ce nom ; elle se trouvait située à la fois sur l'emplacement du mur de l'an 300 et du port intérieur. On a songé avec quelque vraisemblance à Saint-Rémi. Sous l'autel ouvrait une sorte de crypte peu profonde et peu élevée, renfermant elle-même un autel et des reliques. D'autres basiliques devaient exister au centre de la cité. Toutes les anciennes églises comprises dans l'enceinte et qui sont parallèles aux remparts et orientées comme eux — de l'est à l'ouest — peuvent avoir une origine romaine ou mérovingienne ; ce sont, n'en peut rien induire pour l'importance ou pour l'Église de Bordeaux. Les prétentions élevées à ce titre par Saint-Seurin, outre les deux que nous venons de nommer : Saint-Siméon, Saint-Maixent, Saint-Projet, Saint-Christols, Notre-Dame de Puy-Paulin, Saint-Paul et Notre-Dame de la Place (en face de l'abside de la cathédrale). Ces dix sanctuaires sont, sans doute, les basiliques primitives de Bordeaux.
« En dehors des murs, d'autres églises s'élevèrent au Ve et au VIe, ce qui prouve que la sécurité commençait à renaître et que Bordeaux s'aventurait au-delà de ses remparts sans crainte des barbares. La plus ancienne des basiliques suburbaines est celle de Saint-Étienne de Bordeaux, la seule basilique avec la cathédrale qui offre cette particularité. Cela prouve l'importance de l'Église aux temps mérovingiens : peut-être était-elle alors la plus riche et la plus célébre de la cité, comme, je pense, la plus antique après Saint-André. Puis venait Saint-Seurin qui doit dater du milieu du Ve. Autour de ces deux basiliques consacrées, l'une au plus ancien martyr du christianisme, l'autre au plus vénérable évêque de Bordeaux, se forma la fameuse nécropole de Saint-Seurin, déjà célèbre au VIe si on en juge par la quantité des tombes qu'elle a renfermées ! Elle devait conserver jusqu'au XXe son éclatante renommée. Non loin de Saint-Martin ! Etienne, Martin, Seurin étaient, à des titres divers, les bienheureux les plus illustres pour un chrétien de Bordeaux. Avec ses trois basiliques et sa nécropole sainte, ce quartier était dès lors le quartier religieux par excellence, ce qu'il est resté jusqu'à nos jours. Il devait y avoir un cimetière chrétien à Saint-Michel !, un autre à Sainte-Croix, ce dernier a livré une inscription du VIIe. Grégoire de Tours nous fait connaître, un siècle plus tôt, un couvent d'hommes, mais nous ne pouvons rien supposer de certain ni sur son nom ni sur sa situation, quoi que l'emplacement de Sainte-Croix paraisse lui convenir assez. Ce fut là que dut s'élever la grande abbaye bordelaise du moyen âge et il est admissible que le lieu ait conservé son ancienne destination. Il y avait également, au temps des derniers Mérovingiens, un monastère de femmes qui paraît avoir été peuplé et célèbre et il ne serait pas impossible qu'il faille le placer à Sainte-Eulalie. Cependant, somme toute, cette région du sud de Bordeaux ne devait avoir de la vogue et jouer un rôle dans notre histoire religieuse qu'au moyen Âge carolingien ou féodal. Jusqu'à la fin du XIXe, c'est le quartier de Saint-Seurin qui est, à Bordeaux, le foyer de la religion populaire, de la foi et des moines. Saint-André est le centre du culte officiel.
Tout le Ve à Bordeaux aura dû être rempli par le progrès du christianisme et le recul du paganisme. Entre l'évêque Orientalis et l'évêque Delphin, on peut supposer un travail plus ou moins actif de conversion. Le prestige de l'évêque Delphin semble avoir été grand. Nous avons exposé ailleurs son rôle après avoir corrompu l'Aquitaine. En 384, Delphin réunit à Bordeaux un concile contre les hérétiques. Les passions religieuses semblent avoir été alors très excitées dans la ville car on y signale de sanglantes émeutes. La priscillaniste Urbica fut lapidée un jour à Bordeaux par la foule. Dans quelle mesure les hautes classes participaient-elles à cette ferveur ? Le christianisme d'Ausone reste vraisemblable ; son entourage ne paraît guère chrétien. Deux de ses tantes sont restées vierges, mais il ne s'agit aucunement de virginité vouée au Christ, aussi serait-il plus exact de dire qu'elles sont devenues vieilles filles par antipathie pour le mariage. L'une d'elles, Cataphronia, avait étudié la médecine, ce qui lui avait inspiré un parfait dégoût pour les penchants du sexe féminin ; l'autre, Hilaria, économisait avec passion de façon à laisser un bel héritage à son brillant neveu Ausone. La conversion la plus retentissante de cette fin du IVe fut celle de Paulin de Nole, Aquitain, Bordelais peut-être, et en tous cas attaché étroitement à l'Église de Bordeaux.
À partir de l'année 400, le christianisme triomphe. À cette date, les inscriptions et les monuments repaissent après une lacune de plus d'un siècle, tous portent désormais un insigne, une formule qui accuse la croyance chrétienne. Bordeaux ne touchait pas au terme de ses désastres, cependant la ville évita, en 407, grâce à ses murailles, l'invasion qui ravagea la campagne voisine. Quelques années plus tard, en 414, Bordeaux fut pillé par les Wisigoths. On avait commis l'insigne imprudence de les introduire dans la ville non comme vainqueurs, mais comme amis et alliés. Avant de s'éloigner, et par manière d'adieux, ils saccagèrent tout.
Paulin de Pella, petit-fils d'Ausone, nous a raconté cet épisode :
« Mon esprit s'abandonnait au charme de l'habitude du repos, des loisirs familiers du logis, du bien-être particulier de cette demeure, remplie, hélas ! de trop grands et de trop flatteuses délices : car elle était comblée de tous les biens, malgré la dureté des temps, et, seule, elle fut dispensée alors de loger un Goth. Ce qui pour moi ne tarda pas à produire un résultat funeste : car nul n'étant plus là pour s'arroger le droit de la défendre, elle fut abandonnée au pillage et livrée à la foule au moment du départ. Or, je sais que quelques Goths, par grande humanité, prirent à cœur de veiller à la défense de leurs hôtes...
« Je m'attachai, je l'avoue, à l'espoir de rester en paix avec les Goths ; et cette paix, consentie et désirée par les Goths eux-mêmes, fut obtenue peu de temps après par d'autres qui l'achetèrent à prix d'or, et qui n'eurent point à s'en repentir, Car il en est plusieurs en notre république que nous voyons aujourd'hui dans un état florissant, grâce à la faveur des Goths. Et cependant beaucoup avaient enduré auparavant toutes les misères dont j'ai une si grande part, moi qui survis aujourd'hui à la ruine de tous mes biens et de ma patrie. En effet, le roi Ataulphe avait donné l'ordre ; ainsi, traités en amis, ils nous traitèrent, selon les lois de la guerre, en peuple conquis, et après avoir cruellement désolé la ville, ils la brûlèrent. Je m'y trouvais : ils me dépouillèrent de tous mes biens, ainsi que ma mère, forcée de subir mon sort ; et ils crurent nous faire une grâce, pouvant nous retenir captifs, de nous permettre, sans aucun châtiment, de quitter la ville avec toutes les compagnes et les servantes qui avaient suivi notre fortune.
L'un d'eux s'appelait Eufrone, il était de nation et appartenait à la colonie... Nous voyons qu'on fait encore à Bordeaux le commerce de poisson, d'huile, de transit.
En 418, les Wisigoths s'établirent définitivement dans la Seconde Aquitaine ; cependant la province continua à faire partie de l'empire romain et à relever de sa suzeraineté. L'établissement des barbares changea peu de chose en apparence à la vie de Bordeaux qui se leva de ses ruines, avec moins de splendeur qu'après l'invasion de 276. D'ailleurs, les grands propriétaires gaulois témoignent peu de goût pour la ville, qu'ils préférent à leurs villas des environs ; ils donnent l'intérieur des murailles aux soldats. Sidoine Apollinaire, qui vint à Bordeaux en 476, admet l'aspect de la ville qui continue à s'occuper de littérature, de commerce, moins toutefois qu'autrefois, de négoce. Au point de vue religieux, l'Église n'était qu'une paix boiteuse, car les envahisseurs ariens et sectaires. Pendant tout le cours du Ve, on sent ébranler la paix conclue en apparence entre Rome et les rois Wisigoths, sauf quelques années calmes sous Théodoric (453-466). Euric (466-484) et Alaric ne dissimulent pas leur pathie à l'égard de Rome. Bordeaux devient alors, pendant quelques années, une sorte de capitale barbare ; ce changement coïncide avec une persécution religieuse. Bordeaux demeura longtemps sans évêque ; ou bien elle voyait arriver à la cour d'Euric ou d'Alaric, en suppliants, les prélats de l'Aquitaine ou de la Provence exilés de leurs sièges. En 476, Sidoine Apollinaire séjourne ; en 485, Ruric de Limoges s'y rencontre avec Césaire d'Arles. Mais cette persécution plus sournoise que sanglante irrite profondément contre les vainqueurs la population indigène ; elle se groupe autour des évêques et ceux-ci ne pouvant mettre désormais leur confiance dans l'empire romain, s'accommodent du fait des Francs qui sont catholiques ; aussi la victoire de Vouillé n'est-elle pas seulement la victoire de Clovis, mais celle de l'aristocratie gauloise et de l'épiscopat catholique.
Le vi siècle ouvre à Bordeaux une période de déchéance misérable à tous les points de vue. On en peut juger à l'aide de Grégoire de Tours et de quels monuments. La vie politique, l'éloquence, le paraissent abolis pour jamais. Nulle mention de ni de poètes ; il semble bien que l'école n'existe. On rencontre à grand'peine quelques traînements et syriens, qui semblent avoir été dés lors en p : 688 du commerce de la ville. Eufrone était si riche que son bien fit envie à l'évêque Berlram, lequel le surer afin de s'emparer de celle fort une. Cet E possédait des reliques de saint Serge. Au vie les juifs apparaissent à Bordeaux dans les te dans les inscriptions f ; on en pourrait induire commerce n'était pas entièrement ruiné ; en Tandis que des groupes d'un génie mercapt contesté s'attachent à galvaniser la prospérité rielle de Bordeaux, sans y réussir — car chaque semble ajouter, si c'est possible, quel que déchéance toujours plus profonde, tandis que : elle-même semble se détourner de ce élé d'autres désastres surviennent. En 505, un brasement faillit consumer la ville. En 580, on « un incendie envoyé du ciel : tout s'enflamma provenir d'une volonté divine, » La même année, rémblement de terre qui faillit renverser le mur d'enceinte de la ville ?, Ensuite toute la série des misères, ‘incendies, affolements, que le moyen âge traine partout | iére lui, Les princes mérovingiens, entre les mains penes la ville a passé en sortant de celles des Wisigoths, semblent avoir pris peu de soin d'une cité qu'ils Door à peine, puisqu ‘en trois quarts De, > a op au moins quinze fois de maître. Si on ijoute à ces vicissitudes et à ces sièges continuels les D ndios ét les tremblements de terre, on devine à ‘quel état de misère Bordeaux pouvait être réduit vers Le fin du vi siècle. Mais, malgré tout, il y a dans la vie de Bordeaux, en cestemps-là, quel que chose d'étrannent intéressant, pres que de grandiose et qui lui LL e une physionomie singuliérement expressive et vivante, Le vi siècle est, dans l'histoire de notre i, Le religieux par excellence. Pour le contre, l'archéologie nous aidera au moins autant que Grégoire de Tours et que Fortunal *.
Tout d'abord il faut signaler une grave lacune. Le vi siècle, à Bordeaux, n'est représenté par aucune inscription, tandis que nous en rencontrons au v et au vi siècle, La mode sans doute était alors aux tombes anonymes ; quoiqu'il en soit, nous n'avons rien. Mais ce dé éticit est largement compensé par diverses séries archéologiques. Ce sont d'abord les sarcophages dont nous parlerons ailleurs en détail. A la même épo que se pl : cent de menus objets empreints du signe de la 5 oix ou des symbo les chrétiens t et notamment les bitärres poteries de la rue Sainte-Hélène dans lesbe on retrouve, avec surprise, certains caractères wchaïques. L'orfévrerie est représentée par la bague uive d'Aster5, qui nous montre une barbarie moins p« onde que le laisseraient supposer certains récits contemporains. « Au milieu de la misère envahissante 7 » Esavait encore se servir du burinet manier le ciseau, aver l'or et sculpter le marbre. Les arts plastiques se fendaient mieux _ les lettres du découragement et le la décadence.
Nous avons vu Le grands seigneurs fuir l'enceinte lé la ville et se réfugier dans les vastes domaines des ha mps ; s'il s'en lrouve dont la richesse ou les circonsn ces favorisent toutes les fantaisies, même celle de se tire enterrer dans leurs propriétés au pied des reliques à saints 8, tous ne peuvent alors se permettre cette itisfaction ; c'est pour quoi on voit la tombe des saints le prétexte et le noyau d'agglomérations imI s. Comme Arles possède alors les Aliscamps, or aux possède le cimetière de Saint-Seurin, qui nd, de jour en jour, au pied des remparts,une nouelle à extension ?, | partir du vis siècle, le prestige de Saint-Seurin se 0 ve, non éclipsé, mais amoindri par l'importance 0 sante de Saint-Martin, dont l'influence est si bien D ue une basili que dominant la ville. pures saints se recommandent par des prodiges, s aucun ne peut désor mais à Bordeaux rivaliser de rité avec Martin et Seurin. Ce dernier était en pos-. « rs à d'une popularité universelle et durable. Il est hlaisé de déterminer exactement la situation qui fut bsienne à Bordeaux, peut-être une sorte d'évê que coad- (juteui plus considéré que l'évê que titulaire qu'il éclipsa endant ses années de coadjutorerie, en sorte que le ie que l'évê que Léonce lui élevera sur le sommet | titulaire sembla avoir abdiqué et parut remonter effectivement sur son siège à la mort de Seurin. Quoi qu'il en soit, nous savons que le prestige de Seurin fit de lui le patron de la cité. « Le peuple, écrit Grégoire de Tours, le prit comme patron, et, si la ville est en proie à la peste ou à quel que sédition, la multitude accourt à la basili que du saint, s'impose des jJeûnes, célébre des veil les, se livre à de dévotes oraisons, et bientôt la ville est sauvée du malheur 0, » Plus influent que Seurin sur les destinées de la cité, mais à un point de vue trés différent, l'évê que Léonce, issu d'une vieille famille aristocrati que, fut l'arbitre des rois, le bienfaiteur de l'Église, la gloire de Bordeaux. Ses immenses richesses lui permirent de construire un grand nombre d'églises : Saint-Martin de Bordeaux, Saint-Denys de Pi les, etc, « Tout va nous manquer à la fois au vue siécle et dans ceux qui suivront, La derniére inscription antérieure au xi siècle est de 64211, Les monuments deviennent de plus en plus rares ; je ne crois pas qu'il y ait un sarcophage de Saint-Seurin postérieur à l'an 700, Le nom de Bordeaux n'apparait plus que de loin en loin dans de sèches chroniques ou dans d'insipi des vies de saints, Une seule catégorie monumentale ne s'interrompt à peu près ja mais dans cette triste et longue série d'années : ce sont les monnaies de Bordeaux !, » Les premiéres sont du vi siècle. On pourrait espérer qu'el les vont suppléer au silence de l'épigraphie, mais il n'en est rien, malgré leur série ininterrompue du vi au xi* siècle, el les ne comblent en auc une façon la lac une histori que dont el les jalonnent les dates principa les. El les nous apprennent si peu que rien relativement à l'histoire religieuse ; par el les nous voyons que l'on battait monnaie, vers le milieu du VIe, sous la rubri que de l'église-cathédrale. de Bordeaux et de la basili que Saint-Étienne.
L'indigence des documents est peut-être plus grande encore. On ose à peine faire fond sur des vies de saints de la fin du vi siècle ; le testament de Bertram du Mans (en 615) et le géographe anonyme de Ravenne nous donnent quelques renseignements à peu près inutilisab les, Citons cependant le concile dit de Bordeaux, qui s'est en réalité tenu (en 662) dans un cas/rum des bords de la Garonne, sans doute à Langoiran !. De ce document on doit conclure qu'on reconnaissait encore ici la souveraineté des Mérovingiens. in da |
IN. CIMETIÈRE DE SAINT-SEURIN. — Le cimetiére qui
entourait l'église de Saint-Seurin doit étre contemporain de l'église et remonter à la fin du v siécle. Le cimetière de Saint-Seurin se développa rapidement et son renom s'étendit dans toute la Gaule ; après l'an mil et jusqu'au xii siècle, la célébrité de la nécropole ne connut plus de bornes. lei, comme aux Aliscamps d'Arles, on imagina de faire fonder le cimetière par le Christ lui-même. Dans la suite on chanta les illustres sépulcres qu'il contenait et parmi lesquels se trouvaient les douze preux de Charlemagne.
Ce cimetière occupait l'emplacement qui est devenu depuis les allées Damour et s'étendait jusqu'à la rue Judaï que. L'encombrement des tombes avait fini par le rendre insuffisant. « En 1650, dit M. Cirot de la Ville, l'église même était toute dépavée par suite du grand nombre de corps qu'elle avait reçus. » En 1756, le Chapitre donna « au chanoine-ouvrier la permission de faire tirer du cimetière loutes les tombes qui s'y trouveront, » En « 1770, il était devenu impossible d'ensenr porte Le NÈ— -ge
1, A (“| 4
1067 velir à plus de trois pieds à cause des tombe aux, En 1774, le chapitre autorisa la vente d'un certain nombre de tombe aux en marbre !. » En 1804, dit Millin, « on arrive à la collégiale de Saint-Seurin par un petit cours dont les bancs sont formés avec des sarcophages où reposaient les restes des premiers chrétiens, IV. CIMETIÈRE DE — Le cimetière placé sous ce vocable n'a livré auc une inscription de Fépo que mérovingienne. M. Jullian croit qu'il y a eu en ce lieu, dés cette épo que, peut-être une basili que, cerlainement une nécropo les. On a signalé® un couvercle de tombeau qui a servi de table d'autel dans le cimetière de Saint-Michel. Ce cimetière a pu être abundonné et rétabli en même temps et de la même mamère que celui de Saint-André dont nous allons parler à l'instant. Il aura pu succéder à un anti que cimetière gallo-romain 7.
V. CIMETIÈRE DE SAINT-ANDRÉ. — Un archéologue à qui la passion des antiquités loca les a parfois obscurei le jugement lorsqu'il s'est agi des origines du christianisme à Bordeaux, M. Sansas, a pu, gräce à son attention toujours éveillée, être mis au courant de fouil les assez importantes dont il a laissé une description détaillée. Une lettre adressée par lui à M. Edm. Le Blant, lé 7 janvier 1872, est relative au cimetière et aux sépultures antiques de l'église Saint-André de Bordeaux.
“ Dans ces derniers temps, écrit-il$, lorsqu'on a creusé les fondations de ce qui doit étre, je crois, la sacrislie, pour établir la façade correspondante à l'église, il a été ouvert une tranchée au milieu de construclions très anciennes, qui devaient appartenir à l'épo que gallo-romaine, Ces constructions étaient à petit appareil régulier avec zone en briques et à peu prés au même niveau où partout nous trouvons des ruines pareil les, Cette découverte n'avait rien d'étonnant, el nous crümes d'abord être tombé sur les restes d'une maison détruite, seulement nous n'avons pas remarqué, comme cela se présente ordinairement, des lra ces d'incendie.
|ai se un fragment d'inscription par | côté, » | *E,. Le Blant, Sarcophayes chrétiens de la Gaule, 4 représenté des | une partie de cet enduit d'un seul morceau, d'environ | Musée. Mais pendant mon absence, soit que les cou « Avec celte pensée, il nous était difficile d'expli que certaines parlicularités qui furent notées, sauf à e de s'en rendre compte plus tard. Voici les faits : :
« Jo La construction à définir se or 1 vant au couchant parallélement au mur de l'ég occupait toute la largeur de la fouille ; | « 2 Elle offrait deux murs parallè les distants de à 60 centimètres ; ;
« de L'espace qui, à l'ouest, séparait les deux > était fermé par un mur semblable, lié aux f « 4 Sur la face intérieure de ce mur, da e l'ouest, se trouvait un enduit colorié et rép LUE état de conservation sur un espace de 60 cer en carré environ ; la partie upneure) ébréchée. L'humidité du terrain avait cons couleurs leur éclat et il fut possible d'enlever l d'enduit sans la briser. Le sujet représentait | avec des oise aux sur les arbres ?.
« Les fouil les n'ont pas été poussées re tranchée ; quelques autres fragments de encore été rencontrés sur le parcours de | tion et ont été démolis. On a trouvé notar partie de voûte à petit appareil qui était enc élat, ete. Comme vous le dites, ce doit être une sépl ture chrétienne gallo-romaine ; auc une autre expli tion n'est possible.. Ti “ Au surplus, ce qui n'a pas élé démoli pour nécessités de la construction existe encore sc et l'on pourrait facilement le retrouver, m. frais insigniliants.
… Pour revenir au cimetière de Saint-André, qui doit appartenir au IVe et où se trouve, je suppose, la trace du christianisme ; un autre fragment de marbre de Turismond (roi wisigoth) ; des auges : sans inscriptions, mais avec des signes patels tels que ronds concentriques, des hachures formant une sorte de gril et quelques autres signes. Le même archéologue a donné une description méthodique de la sépulture gallo-romaine du cloître Saint-André ; nous y empruntons des détails complémentaires de ce qui englobe environ 2 mètres, s'offrit une fosse avec un rang de briques entre des pierres. Les pieds-droits étaient de longueur. Comme cette sorte de caveau très remarquable et fort peu dans la fouille, on n'en détacha ce qui gênait et aucune recherche ne fut faite. Il est très vraisemblable que l’église Saint-André ait possédé un cimetière dès son origine. Ce pourrait être abandonné au VIIe devant la sainteté de Saint-Seurin ; mais au premier âge du christianisme à Bordeaux, il existait certainement un cimetière aux abords de ce qui est aujourd'hui la place de Saint-André. Sa situation paraît avoir été à l'abside actuelle de l'église et le long du côté nord, sur l'emplacement où devait s'élever plus tard Saint-André. L'une des raisons que nous ignorons qui détourna du cimetière Saint-André : soit pour toute autre cause, je ne l'ai plus retrouvé quinze heures après. » de Saint-Seurin qui transforma la mode en un durable privilège. C'est ainsi qu'en 1081, le chapitre de Saint-André ayant fait enterrer un laïc dans son église, le chapitre de Saint-Seurin se plaignait qu'on portait atteinte à son privilège : ad destruendum Sanctissimi Confessoris atque Pontificis Severini cœmeterium : ab initio primitivæ Ecclesiæ celebratum. Condamné par l'archevêque, le chapitre de Saint-André fut rétabli dans ses droits, en 1099, par une bulle du pape Urbain II : Cimiterium quod requirebatis ad sepulturam fidelium, Ecclesiæ statim vestræ restituimus.
De l'existence du cimetière nous pouvons conclure à l'existence d'une basilique, aussi ancienne peut-être que celle de Saint-Martin, bien qu'elle n'apparaisse dans les textes qu'à l'époque carolingienne. Elle a dû exister entre 451-453, date d'une inscription chrétienne trouvée dans le cimetière chrétien du Ve qui semble avoir eu la même disposition que celui du Saint-Martin, presque entièrement autour de l'église.
VI. CIMETIÈRE DE SAINTE-CROIX. — L'ancienneté du cimetière de Sainte-Croix est attestée par la présence aux abords de l'église d'un « grand nombre de cercueils en pierre », avec le couvercle. « Le premier document qui fasse positivement mention de Sainte-Croix est l'acte de restauration de l’église par Guillaume le Bon, au XIe. L'authenticité de cet acte n'étant pas à l'abri de tout soupçon, il est peut-être plus sage de s'en tenir au XIe ». Une épitaphe que nous allons étudier avec les autres monuments d'épigraphie bordelaise va nous montrer qu'il y avait à Sainte-Croix, dès le VIe, une église chrétienne et un cimetière.
VII. ÉPIGRAPHIE. — Il faut peut-être laisser le premier rang dans l'épigraphie bordelaise à une inscription dont il est malaisé de fixer la date, bien qu'elle paraisse ancienne. La paléographie ne nous apprend pas grand-chose parce que cette inscription a disparu depuis plus d'un siècle et que l'unique reproduction qu'on en possède ne semble pas offrir les caractères d'une minutieuse exactitude. Le marbre provenait du cimetière de Saint-Seurin et on le signalait comme perdu dès 1734. M. Le Blant se montrait disposé à lui attribuer une haute antiquité à cause de la simplicité de la formule, de l'acclamation finale, de la forme de la lettre A et de l'absence d'une mention relative au jour de la mort.
À Sainte-Croix, on découvrit une quantité considérable de tombes ou cercueils en pierre munis chacun de son couvercle et renfermant des restes humains. Ces tombes ne portaient aucune inscription ni aucun symbole ; un seul était orné d'une croix à branches épatées, sculptée sur le fronton qui formait le XVe, s'étendant également du côté septentrional et méridional.
Lorsqu'en 1847, rapporte Sansas, on abaissa le niveau du cimetière de Saint-André, on trouva un fragment de marbre conservé au « Musée d'armes » (n° 1588). On remarquera que la forme de la lettre A est celle de l'épitaphe précédente. La plaque devait mesurer 0,45 m de chaque côté, l'épaisseur est de 0,099 m. La partie de l'inscription renfermant les noms et l'âge du défunt formait une ou deux lignes circulaires au milieu de la plaque : au centre même, se trouvait sans doute le monogramme du Christ dont on aperçoit peut-être l'amorce sur la ligne de cassure supérieure. La date était écrite en bas sur deux lignes. Sansas a sagement interprété trois lettres qui nous apprennent que la pierre fait mention du roi des Wisigoths, Turismond, qui gouverna l'Aquitaine, une partie de la Narbonnaise et de l'Espagne de 451 à 455. C'est le plus ancien monument gaulois daté du règne d'un roi barbare.
Voici le développement de l'inscription : … biris aninos) XXII, mensies) tir. difes)…, v kallendas)… [r{egno)] dom(ini) nlostri) Turlismiundi],.
Une autre plaque de marbre, dont il ne nous reste qu'un fragment, ressemble assez à l'inscription précédente, quoique la paléographie invite à la faire remonter une cinquantaine d'années plus haut. L'original est conservé au « Musée d'armes ». La partie centrale de la plaque était occupée par un chrisme, à droite et à gauche duquel on lisait deux lettres encadrées dans un filet circulaire. L'inscription pourrait être : [B(ona)] mlemaoriæ) ( ?). — [et] Vinius ( ?)... feceru[nt].
L'inscription la plus complète et la plus importante de l'épigraphie bordelaise est mentionnée explicitement pour la première fois dans la première édition de la Chronique de Bordeaux, en 1589, sans aucun commentaire. En 1618, Darnal donne le texte avec cette notice : « Épitaphe gravée en un marbre poli, attaché ou enchassé en la muraille, à côté du sépulchre de nostre saint Mommolin, au derrière de la petite porte, devers le Septentrion entrant sous ce théâtre. C'est épitaphe est gravée par quelque rude sculpteur, les caractères sont divers et meslangés des lettres Grecques, et antiques romaines, avec des pointes et des égratignures entre ligne et à côté. »
En 1648, l'épitaphe n'avait pas changé de place, puis que Liabeuf la vit au même endroit « écrite en un vieux marbre qui estoit proche son sépulchre [de saint Mommolin] avant qu'il fut translaté en l'année 1646 ». En 1754, Venuti la dit « gravée sur une table de marbre qui est appliquée à un des piliers de l’église ». Vers 1774, on tire une copie d'après l'original, « Elle a disparu depuis, écrit M. C. Jullian, mais j'ai la conviction intime qu'elle se trouve aujourd'hui encastrée dans un des piliers de l'église et dissimulée par la maçonnerie extérieure ». D'après ce savant, l'inscription devait être connue dès 1309, date de la plus ancienne mention du culte rendu à Bordeaux à saint Mommolin.
L'inscription semble être celle d'un monument postérieur. « Il y a des tignures entre ligne et à côté. » Dom Devienne note que les jambages de la première lettre S avaient été gravés en petites marques hors des lignes, et en façon de glosse qui ressemblaient à trois L qu'on a pris pour trois CCC. Il est hasardeux de rien relever au point de vue paléographique dans un dessin qui pourrait s'écarter de l'original. « La paléographie des lettres, écrit M. Jullian, par exemple des O en losange, des E en C, des D en forme de 4, des A à traverse brisée, est celle du VIe ».
Toutefois, l'aspect général, remarquons, après Le Blant, les abréviations vi et v° : or elles ne se retrouvent qu'une seule sur les marbres de la Gaule, et précisément sur l'inscription recopiée au XIVe. Nous croyons donc fort possible que l'inscription vue par Darnal, Liabe et Venuti ne soit pas exactement l'épitaphe originale, mais une épitaphe recopiée sur un modèle antique ; le copiste aura imité avec soin la forme des lettres du VIe, ou plutôt restaurée ou retouchée moins.
VIII. Porente. — Des fouilles exécutées sur le parcours de la rue Sainte-Hélène, le long de l'église Saint-André, c'est-à-dire à l'endroit où ont dû se trouver une des premières basiliques et un des plus anciens cimetières chrétiens de Bordeaux, ont fait retirer du sol des débris du plus grand intérêt, Si on veut bien remarquer que l'emplacement de la rue Sainte-Hélène n'est pas éloigné de celui où dut exister l'antique église Saint-André, on sera disposé à admettre que les débris architecturaux rencontrés çà et là parmi les débris de poterie, peuvent nous mettre sur la voie d'un lieu de réunion des chrétiens qui y célébraient leurs repas en commun ou agapes. On a trouvé en effet dans les fouilles des murs de fondations en petit appareil avec rangs de briques, faisant partie de salles longues, des fragments d'architecture pouvant se rapporter à un monument du IV° au V° siècle, ainsi que plusieurs chapiteaux très remarquables ayant des rapports avec nos poteries. « Ces poteries noires, dit M. Girault, ont généralement une assez grande épaisseur, variant de 6 à 12 millimètres, Formées d'une argile gris-clair cendré, bleuâtre, verdâtre, quelquefois jaunâtre, rappelant les couleurs de la pierre lithographique, plus rarement gris foncé ou noir d'ardoise, d'une pâte fine et serrée, bien homogène avec quelques paillettes de mica, elles ont une grande sonorité et présentent une cassure rectiligne à arêtes vives, Quelquefois, cependant, la terre moins cuite a sa surface altérée par le séjour dans le sol. Toutes ces poteries sont revêtues d'un vernis noir, lustré plus ou moins, qui est parfois assez translucide pour laisser apercevoir la couleur de la terre et lui donner alors une nuance noir gris comme bronzé et quelquefois marbré (je suppose par l'altération subie dans le sol) ; mais l'aspect général est plutôt noir, M, Ch. Braquehaye donnerait à cette couleur le nom de noir corné ou aspect couleur de corne, Ce vernis a dû être posé au pinceau en une ou deux fois, comme l'indique une répartition inégale laissant des taches à où il est plus épais et où il a coulé ; il a été attaqué sur quelques pièces peu cuites. La forme est ronde, un fond plat sur lequel s'élève un bord curviligne méplat de 90 à 65 millimètres de la base à l'extérieur, le diamètre variant de 17 à 90 centimètres au moins pour les assiettes et les plats. » Chaque vase présente entassés les uns sur les autres divers symboles chrétiens parmi lesquels les symboles les plus archaïques, tels que le poisson, l'agneau, l'ancre, la colombe. D'autres, moins anciens, comme la croix, le monogramme flanqué de + et ω, la palme, le soleil, les étoiles, le paon, le serpent, le cerf passant. Ces symboles et les ornements sans prétention symbolique se trouvent à l'intérieur et dans le fond des poteries, disposés en trois zones concentriques l° Le centre du fond est occupé par un ou quelquefois par plusieurs médaillons circulaires, dont on peut ramener toutes les variétés à deux types : a : la colombe avec le chrisme, les étoiles et la palme (ce motif sur un seul vase) : b. le cerf et le chien, avec la palme, les étoiles, le soleil (avec ou sans rayons), la croix, le chrisme (lig. 1590).
Une seconde zone circulaire à la circonférence même du fond du vase, offre des ornements sans importance, points, écailles, stries ou hachures. « Les feuilles, les rosaces, le médaillon sont faits par application d'une empreinte gravée en creux comme serait un coin servant à frapper des médailles, sur un cachet donnant de légers reliefs ; ce sont de véritables empreintes sigillaires, Ces reliefs épargnés dans les fonds n'en dépassent pas la surface générale. » Ces empreintes sont peu nettes, peu distinctes, une partie du sceau à souvent été seule reproduite, soit manque de soin, soit pour toute autre raison.
Si les symboles qui ornent les poteries sont au nombre des plus anciens du christianisme, ce n'est là qu'un nouveau cas de survivance à noter, car la date à laquelle les objets eux-mêmes ont été manufacturés ne peut laisser place au moindre doute ; ils appartiennent, sans contestation possible, à la période mérovingienne,
Le tombeau de Mommolenus reposait sur quatre colonnettes à la mode des beaux tombeaux mérovingiens.
L'ornementation offre les plus grands rapports avec celle des monuments architecturaux mérovingiens. La date ne parait pouvoir être relevée jusqu'au IV° ou V° siècle, il faut l'abaisser jusqu'au VI°, peut-être même jusqu'au VII° siècle. Certains détails, tels que la plume de paon ancrée ou la croisette rappellent les monnaies bordelaises du VII° siècle.
Les inscriptions qui se lisent sur ces vases sont en relief très peu saillant. Les lettres ont été gravées sur le moule en creux, quelquefois de gauche à droite. Une seule de ces inscriptions présente un sens clair, on lit le nom propre : Eustachius.
- Des poteries semblables à celles que nous venons de décrire, mais sans inscriptions ont été trouvées sur divers points, rue Ravez, rue Saint-Sernin, rue Esprit-des-Lois et à Loupiac-de-Cadillac,
IX. Sarcophages. — Bordeaux et la région du Sud-Ouest ont possédé au VI° siècle une école de sculpture dont les ouvrages nous sont parvenus en assez grand nombre, Bien déchue des anciennes écoles établies dans le pays et qui abordaient encore l'effle du modèle vivant, cette école ne produit désormais que du bas-relief de la dernière qualité, c'est-à-dire le bas-relief ornemental, Même dans ce genre inférieur l'école dont nous parlons cède au mauvais goût général de l'époque. renferment de bons croquis dans lesquels se retrouve l'antique tradition des écoles païennes. « C'est donc encore grâce à la religion qu'il est possible de parler ici de l'art du VI° siècle. Elle a eu le mérite de faire vivre la sculpture à Bordeaux plus longtemps que la poésie, que la rhétorique et que le haut enseignement, Le goût public se porte alors vers les grands sarcophages anonymes à symboles chrétiens, Pour qu'on trouve aux environs et dans les limites du département actuel ?, on en rencontre onze à Bordeaux, venant des cryptes de Saint-Seurin *. Tous ces sarcophages sont en marbre, anépigraphes et remontent au V° ou au VI° siècle, La plupart, tous peut-être, ont été extraits du sous-sol de l'église actuelle, au-dessous de la crypte de Saint-Fort, D'autres sont demeurés enfouis dans le sol #,.
Tous ces lombes, étant vraisemblablement aussi ceux que l'avenir nous fera connaître, ont le même caractère 5, spécial à la région du Sud-Ouest pendant la période mérovingienne. M. Edm, Le Blant le « ainsié : « Le type adopté dans le bassin du Rhône procède des modèles romains ; des rapports faciles et fréquents avec d'autres tombes. + Dans une lettre de M. Sanras à M. Ed. L Blant, on lit : « Le sous-sol de l'église Saint-Seurin est p quents par la voie de la mer et du fleuve ont effacé presque toute différence ; à peine en reconnait-on quelqu'une entre les marbres chrétiens d'Arles et ceux de... appartenant au sud-ouest de la Gaule. À la réserve d'un trait dont je vais parler, l'influence de la métropole ne s'y fait que rarement sentir, et l'on pourrait se demander si le petit nombre de ceux qui en portent l'empreinte, n'y sont pas venus des bords du Rhône. _ L'âge aussi bien que la distance ont amené la dissemblance si nettement marquée entre les monuments des deux parties de notre sol. La plupart de ceux du Sud-Ouest en date, comme le démontre évidemment le style des rares personnages qui s'y rencontrent, Ce qui distingue tout d'abord les œuvres de cette contrée, c'est la forme particulière des cuves sépulcrales, étroites par la base, s'évasant par le haut ; un système de décoration de simples ornements ou les associant aux figures, l'absence d'un grand nombre de sujets adoptés en Provence et parmi lesquels il faut compter certains traits de l'histoire biblique : le frappement du rocher, le passage de la mer Rouge, les tables de la loi, la chute des cailles dans le désert, David et Goliath ; puis la Nativité, le baptême du Christ, saint Pierre recevant les clefs célestes, le Seigneur lui lavant les pieds, lui prédisant la renonciation, la montagne aux quatre fleuves avec le Christ qui la domine, les cerfs qui s'y abreuvent ; le martyre de saint Paul, la résurrection symbolisée par la croix s'élevant triomphante au-dessus des soldats endormis. Indépendante par tant de côtés du type romain, la décoration de ces sarcophages s'y rattache d'ailleurs, comme je viens de le dire, par un trait assez inattendu, c'est l'emploi répété de motifs très antiques et dont les derniers même appartiennent en propre à l'imagerie païenne : les génies vendangeant et foulant le raisin, ceux qui tiennent en signe de deuil une torche renversée et l'image des Dioscures, Rien ne saurait mieux attester la vitalité de ces traditions d'ateliers dont j'ai tenté de faire ressortir les marques. » La distribution de la cuve varie peu. Des colonnes ou des pilastres forment un certain nombre de compartiments rectangulaires que viennent souvent subdiviser des frises horizontales. Un sarcophage se distingue par la présence de sept arceaux cintrés posés sur des colonnes ; un sarcophage de Pujols est simplement décoré de strigiles, L'ornement préféré est le monogramme du Christ flanqué de l'x et « ω. On le trouve tantôt sur la cuve, tantôt sur le couvercle, tantôt sur les deux pièces, mais il occupe dans tous les cas le centre du monument, Les autres ornements ont non seulement une intention décorative, mais encore une portée symbolique. Sur un sarcophage le monogramme est abrité sous une draperie qu'une main traverse tenant une couronne qui encadre le monogramme, c'est l'image du Père couronnant son Fils bien-aimé ; ou bien ce sont des pampres becquetés par les colombes, image de l'Église ; c'est encore le vase à anses d’où sortent les pampres et qui peut être l'image du Christ en qui l'Église prend sa source. On voit employer la lance, les étoiles auxquelles pouvait s'attacher un symbolisme qu'il serait malaisé de préciser avec une trop rigoureuse exactitude, …— Les faces latérales des cuves et du couvercle sont ornées avec moins de profusion et moins de recherche, ce sont presque uniquement des feuilles de lierre et des palmes décoratives. La face postérieure n'offre que des imbrications ou des écailles de poisson qui em-
Rome. Il en est autrement pour le style des tombes à l'Ouest, œuvre d'un travail barbare, sont à coup sûr les 1078 piétent parfois sur les faces latérales et une fois même sur la face principale. Une seule fois la face postérieure est entièrement lisse.
« Mais comment expliquer cette différence entre les sculptures du Sud-Ouest et celles de la Provence, se demande M. C. Jullian ? C'est une question que l'on ne saurait résoudre encore et dont la solution dépend peut-être de l'étude approfondie de l'état politique et moral des deux pays. Il est probable que les sujets des Bourguignons, les habitants de la vallée du Rhône — les anciens provinciaux de cette Narbonnaise qu'on appelait le prolongement de l'Italie — se sont constamment inspirés des souvenirs, des coutumes et des moeurs des Romains : les rois affectent une extrême déférence envers les empereurs ; les épitaphes sont datées des années consulaires, les sculptures des tombes sont empruntées aux modèles des artistes de Rome. Dans le Sud-Ouest, au contraire, les inscriptions sont datées des années des rois barbares, les Goths et les Francs affirment leur autonomie, les relations avec l'Italie sont difficiles, les artistes locaux ne peuvent se former à l'étude des maîtres d'au-delà des Alpes. Livrés à eux-mêmes, ils se bornent à décorer leurs sarcophages à l'aide de motifs ornementaux, ils évitent les figures et les grandes scènes, Et ces motifs ornementaux, il les tirent précisément des plus anciens symboles de leur foi. La tradition de l'art chrétien primitif se conserve plus longtemps ici. Les écoles de sculpture du Sud-Ouest vivent uniquement des types de décorations empruntés aux signes mystérieux d'autrefois : palmes, couronnes, pampres, colombes ; elles ont conservé tous les motifs qui se rattachaient au premier âge de leur croyance, se bornant à leur faire subir les transformations nécessitées par la sculpture funéraire, Séparées et, pour ainsi dire, coupées du centre de la civilisation chrétienne, elles se sont développées avec les ressources que leur fournissaient leurs plus anciens souverains. C'est ainsi encore que l'on peut expliquer pour quoi les poteries du VIe de notre ère sont ornées précisément des symboles primitifs du christianisme. En somme, nous retrouvons en Gaule dans la sculpture chrétienne les mêmes différences que dans la sculpture païenne : les tombes gallo-romains du musée de Bordeaux rappellent aussi peu que possible ceux des musées de Narbonne ou d'Arles, entièrement semblables à ceux de Rome. La même distinction existe pour les tombes chrétiens, Seulement, nos sarcophages chrétiens se distinguent des autres par l'absence de figures, nos monuments païens, au contraire, par la présence de figures, de scènes ou de portraits, choses qui manquent entièrement aux monuments contemporains du Sud-Est et de Rome. Tous ces tombes sont en marbre blanc, gris ou bleu des Pyrénées et ont à peu près les mêmes dimensions, 2005 à 2015 en longueur, 85 centimètres en hauteur, couvercle compris. » Le plus soigné au point de vue de la technique des sarcophages de Bordeaux et du Sud-Ouest provient de la crypte de Saint-Fort !. Sur la face principale de la cuve, au centre, entre deux pilastres, le monogramme de Christ flanqué de deux alpha, entouré d'une couronne que tient une main sortant de draperies, À droite et à gauche, des pampres de vigne sortant d'un vase et becquetés par deux colombes, Aux angles, des colonnettes. Sur le couvercle, des feuilles de lierre, Un autre sarcophage extrait du sol de la crypte en même temps que le précédent présente sur la face principale une lance entourée de pampres ; à gauche et à droite, deux compartiments horizontaux, des pampres ; aux angles, des pilastres cannelés ; sur le couvercle, dans un panneau central le monogramme encadré d'une couronne qu'entourent des feuilles de lierre. Dans les panneaux latéraux, des feuilles de lierre !. Le motif central est une lance courte à trois pointes fortes.
En février 1873, Manuel d'archéologie chrétienne, nous avons fait observer que nos pères ne craignaient pas, pour satisfaire leurs goûts ou leurs fantaisies, de faire voyager au loin ces objets d'un transport cependant malaisé, C'est ainsi qu'en étudiant ici les ouvrages de l’école de sculpteurs de Bordeaux et du sud-ouest nous devons maintenir l'extrémité d'un tronc de vigne, M. C. Jullian y voit une allusion à la lance qui perça le flanc de Jésus crucifié. Nous préférerions y voir la croix en forme de trident étroitement apparentée à l'ancre comme on l'a montré en étudiant ce symbole ?, Les autres sarcophages présentent moins d'intérêt 5, Nous laissons de côté les grandes tombes en marbre sortir des limites de cette région. La ville de Soissons possédait un sarcophage aujourd'hui enlevé au musée du Louvre + et qui a contenu pendant des siècles le corps de saint Drausin (fig. 15), Son couvercle ne lui appartient pas.
À Clermont, une tombe de la fin du VIe représente, dans sept compartiments divisés par des colonnes unies ou en pierre qui ont été rencontrées en même temps qui semblent bien contemporaines des sarcophages chrétiens à ornements, Dans l'étude consacrée aux sarcophages dans notre tome, le Christ et les douze apôtres. Nous aurons l'occasion de revenir sur ce monument. La représentation du modèle humain pour être exceptionnelle sur les sarcophages du sud-ouest n'est donc pas sans exemple. On remarquera la mode des rideaux ou corniches (fig. 1599) ?, La décoration ramène les trois figures placées sous les rideaux relevés. Au centre le Christ enseignant et tenant à la main gauche un long volume ; des deux côtés sont des apôtres. Le couvercle, en forme de toit, est décoré de simples imbrications ; sur les lignes relevées figurant le paradis, ad interiora vela- | munis. Sur le beau sarcophage de la crypte Saint-Fort | à Bordeaux, le monogramme est ainsi abrité sous une tenture. La Christ et les six couples d'apôtres du sarcophage de Clermont sont également placés devant des CP » A tes 41 de véritables rideaux aux pans relevés, Un sarcophage de la Chartreuse de Valbonne {Gard} appartenant à la même école de sculpture est divisé par des pilastres en sept compartiments (fig. 1592). Au centre est le Christ tenant la loi nouvelle ; deux personnages vêtus du pallium dont l'un porte un long volume occupent les extrémités ;
Le versant de face est sculpté entre les rinceaux le monogramme du Christ. La cuve est à peine évasée. On peut rapprocher ces monuments d'un sarcophage de Saint-Guilhem-du-Désert dont le couvercle présente de frappantes analogies décoratives avec les précédents monuments ; mais comme d'après E. Le Blant, ce sarcophage est postérieur au IVe.
Nous citerons plus loin un sarcophage de Toulouse représentant les Dioscures protégeant une chasse au sanglier !, Ce ne sera pas le seul sarcophage que nous étudierons à Toulouse et à Narbonne. Nous en rencontrerons d'autres, notamment à Rodez, etc. ?. L'église de Pujols possède un sarcophage sans couvercle. La face principale est ornée du monogramme inscrit dans une couronne et encadré, suivant la mode antique, de strigiles. Deux colonnes occupent les extrémités. Autres spécimens au Mas d'Agenais, à La Grèsse 6, à Montpezat5, à Bellegarde® bel exemplaire d'un type | qui se rattache aux grandes compositions murales romaines du Ve ; à Moissac (lig. 1594), à Lavaur, à Maguelonne !® au Mas-Saint-Antonin 1, à Elne 14, etc, : « Curiosités. — Signalons parmi les curiosités et les souvenirs chrétiens :
1 : Dans le sarcophage de la crypte de Saint-Fort (Jullian n. 851) on trouva entre les doigts croisés de l'un des squelettes une petite croix latine d'argent massif noircie par une épaisse couche de terre (fig. 1545).
« Elle a présenté à nos regards, disait Cirot de la Ville, deux doubles rainures croisées, conduites dans le milieu des deux parties de la croix et terminées dans le haut par un P ; en bas, et sur les côtés, par des lettres difficiles à déchiffrer... Cette croix était émaillée de couleurs diverses 11, ° » Ailleurs, le même écrivain reconnait que la croix était « marquée de lettres P au sommet, T au bas, NC à l'extrémité du croisillon gauche 1+ ». Cette croix paraît aujourd'hui perdue !*,
BOSIO (Antoine). On sait le lieu de naissance plus simplement, Italien. Un contemporain, affirme que Bosio naquit à Malte et fut amené : dès sa première enfance ; son affirmation est digne de créance. Quoi qu'il en soit : Bosio naquit vers 1576. Élève des jésuites, il étudia à Rome à Saint-Apôtre et ne témoignait pas ; cependant l'origine romaine à la Sapience. Son oncle Jacques Bosio, secrétaire ou gentilhomme de l'ordre de Malte, historien érudit et disert de cet ordre, l'avait adopté comme son fils et lui céda sa charge. Il semble que de très bonne heure, Antoine Bosio se tourna vers l'étude qu'il devait créer. Philippe de Winghe étant mort dans l'été de 1592 légua à Bosio, âgé de seulement de dix-sept ans, la copie des fresques découvertes dans la catacombe de la vigna Sanchez. Moutefois ce ne fut qu'après la mort de De Winghe que Bosio fit ses premières reconnaissances dans les catacombes. Jean L'Heureux (= Macarius) rapporte dans l'un de son Hagioglypta la fin prématurée de son compatriote, et il ajoute : successit deinde Antonius Bosius ‘et nobilis et doctus juvenis romanus, egregiis bus, mihi amicissimus ; qui imaginum sacrarum Wineari curavit, et idem : in sarcophagis, quoscumque ab antiquis, inter quos et ego fui, poluit scire esse, stitit, et qua licuit diligentia fideque singula conait in librum depicta !. En effet, Bosio a pris soin de signer fréquemment dans son livre la date de naissance et du jour de ses explorations ; aucune date n'est antérieure à l'année 1595. Le 10 décembre de cette année, Bosio s'introduisait pour la première fois dans le dédale d'une catacombe ; un instant il se crut perdu, condamné à mourir dans ces souterrains et — sont ses propres paroles — à souiller de son cadavre l'habitation des martyrs. Il explorait alors la voie latine, au lieu appelé Tor Marancia. La même année il commença l'exploration de la voie Tiburtine ; l'année suivante on le vit sur les voies Appienne, Labicane, Nomentane, les deux voies Salarie et la Flaminiène. En 1596, sur la voie d'Ostie ; en 1596, sur la voie Latine ; ce n'est qu'en 1600 qu'il entreprit ses premières recherches sur la voie de Porto. Réclamé par Bosio, il fit entre ces deux activités le partage de sa vie entière. D'après un de ses biographes, Giano Nicio Éritreo, Bosio aurait dû beaucoup à un chevalier de Malte bien instruit des catacombes, Giovanni Andrea ; C'est possible, mais on n'en doit rien pour soustraire à Bosio de son mérite et de son travail. La première grande exploration de Bosio eut lieu le 10 décembre 1593 ; elle fut entreprise en compagnie de Pompeo Ugonio et de quelques autres gentilshommes à un demi-mille de Saint-Sébastien. Avant ces explorations, les souterrains n'avaient guère été fréquentés par ces gens sans aveu qui vivent d'expédients et d'aventures sans y trouver la fortune et se réfugient, à leur venue, dans des taudis et des caves abandonnées. Ces gens n'ont laissé d'autres traces que des déprédations, des signatures ; mais ils ne s'aventuraient guère dans les galeries. Aussi n'y a-t-on rencontré aucune date plus ancienne que celle de l'exploration de Bosio, 1593, 1594. La voûte d'un cubicule présenta ces mots : 1489 G. Vossus, date fausse, car le même nom par la même main se retrouve à quelque endroit : Medicus G. Vossus 1593, Henricus Corvinus aromatarius 1593. Ce dernier personnage avait une passion particulière d'inscrire son nom qu'il fait suivre du titre d'aromatarius. La date de 1596 invite à supposer que ces deux personnages faisaient partie de l'expédition de Bosio. Peut-être avait-on jugé prudent de ne pas s'aventurer sans un médecin et un apothicaire. Le nom de Bosio se lit fréquemment dans ce cimetière ; souvent il est accompagné de celui de Joannes Andreas Hubeus, ou de Rubeis, écrit tantôt en entier, tantôt en abrégé. C'est ce chevalier De Rossi qui aurait guidé Bosio, au dire de Giano Nicio Eritreo, nous pouvons croire ce que nous en dira le véridique Bosio lui-même. Ayant à raconter, en l'année 1596, la découverte d'un cimetière sur la voie Latine, il s'exprime ainsi à propos des inscriptions qui y furent relevées : la maggior parte & appresso di noi per dono fattocene da Giovanni Andrea De Rossi cavaliere Gerosolimitano e curioso investigatore di queste antichità cimiteriali ; col quale abbiamo più volte fatte diverse peregrinazioni sotterranee e particolarmente in questo cimiterio della via Latina per l'intrinseca amicizia, che egli aveva col padrone della vigna. D'après cela, on doit croire que si le chevalier avait servi d'introducteur à Bosio dans le vaste labyrinthe de Tar Marancia, il n'en eût pas fait mystère. Au reste, les signatures de Joannes Andrea de Rubeis ne sont pas accompagnées de la date 1593, mais des millésimes suivants. On voit ainsi à quoi se réduisent les assertions de G. N. Eritreo. Dans le volume des peintures cimetières conservé à la bibliothèque Vaticane, un grand nombre d'entre elles ont été copiées dans la grande nécropole dont nous parlons ; le manuscrit Cr, 6, de la bibliothèque Vallicellane est dans le même cas pour les planches annotées par la même main qui a annoté les manuscrits de Ciacconio. Ce n'est pas cependant une raison de penser que Ciacconio avait prévenu la découverte de Bosio. Dans les manuscrits que nous venons de mentionner, le cimetière dont nous parlons est toujours appelé cœmeterium Zéphirini, qui est le nom imposé dès le début par Bosio à la partie la plus spacieuse et la plus ancienne du cimetière ; il a en effet écrit de sa main : ANTONIVS BOSIVS CYMITERIVM ZEPHYRINI. Ciacconio, dans la vie des papes, croyait à l'existence du cimetière de Zéphyrin. Ce qu'il désignait de ce nom n'était autre que le cimetière de Callixte. Ce nom était passé en usage pour tous les hypogées chrétiens situés des deux côtés des voies Appienne et Ardéatine, cependant il est devenu comme spécial à la région située sur la droite de la voie Ardéatine. Les explorations de Bosio au cimetière de Callixte (à droite de la voie Appienne) et au cimetière de Prétextat (à gauche de la même voie) ne furent pas heureuses au même degré que celles de Tor Marancia.
Bosio ne laissa pas de découvrir beaucoup de vastes cimetières souterrains ornés de fresques, de stucs et d'inscriptions, le long des voies Latine, Labicane, Tiburtine et Nomentane. Il faut accorder un souvenir spécial au vaste cimetière des Saints-Marcellin-et-Pierre sur la voie Labicane, visité jadis par Pomponius Lætus, oublié et abandonné depuis, et dans lequel Bosio reconnut la sépulture d'Hélène, mère de Constantin. Une première exploration dans le cimetière de Cyriaque, sur la voie Tiburtine, se trouve également décrite dans le Diario de Pompeio Ugonio. Sur la voie Salarie neuve, Bosio fit deux découvertes importantes : celle de deux églises souterraines qui lui parurent être celles de Sainte-Félicité et de Saint-Silvain, et la découverte du cimetière de Saint-Salurnin avec sa basilique.
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Pré et un magnifique escalier. Avant Bosio, le nom de la voie Salarie vieille n'était plus guère qu'un souvenir et encore presque oblitéré ; il lui rendit ce nom, son histoire, retrouva le cimetière de Saint-Hermès et quelques tombes chrétiennes,
Sur la voie Flaminienne, Bosio vit la catacombe de Saint-Valentin avec ses peintures de date tardive qu'avaient vu jadis Ciacconio et Ugonio. Le cimetière du Vatican, bouleversé et détruit pour l'établissement de la fameuse basilique, fournit un grand nombre de pièces d'une décoration un peu surchargée et d'un goût contestable. Les voies Aurélienne et Cornélie ne fournirent que peu de chose.
Les recherches entreprises sur la voie de Porto furent longtemps infructueuses, enfin Bosio découvrit le cimetière de Pontien avec ses peintures représentant les saints qui y reposaient et son baptistère souterrain. Puis il découvrit encore un cimetière juif.
Passant de l'autre côté du Tibre, avant de rejoindre sur la voie Ardéatine l'immense nécropole qui fut le point de départ de sa vie de labeur, Bosio rencontra les cimetières de la voie d'Ostie, mais dans un tel état de ruine qu'il n'y put faire aucune découverte,
plans qui ne fut jamais fait. Dés 1615, on avait commencé la gravure des planches, en 1629, année de la mort de Bosio, la gravure était presque entièrement terminée. Bosio avait institué l'Ordre de Malte son légataire universel, c'est à celui-ci que passa donc la propriété du manuscrit. Le cardinal François Barberini, Mécène célèbre de la première moitié du XVIIe, s'employa à ce que ce précieux ouvrage fût donné au public. L'Ordre de Malte prit les frais d'impression à sa charge ; le P. Giovanni Severano, prêtre de l'Oratoire de saint Philippe Néri, s'occupa de la révision du texte, Ottavio Pico da Borgo S. Sepulcro, jurisconsulte, contrôla tous les monuments avec les planches et surveilla l'impression, Gaspare Berti (ou Alberti), mathématicien, et Francesco Contini, architecte, furent chargés de dresser le plan des cimetières. Cette active collaboration, sans cesse stimulée par Barberini, aboutit en cinq ans à donner l'ouvrage de Bosio, en un superbe in-folio, de dimensions et d'un poids aussi majestueux qu'incommodes, dédié au pape Urbain VIII par le commandeur Carlo Aldobrandini, représentant de l'Ordre de Malte. La dédicace porte la date du 22 mars 1621, et cette même date se lit au bas du frontispice ; mais après la table des chapitres se lit un bref du pape, expédié le 6 octobre 1634. L'impression du volume avait donc duré un peu plus de deux ans et demi. Ottavio Pico qui en avait accepté la surveillance n'avait pas ménagé son temps ni sa peine pour vérifier la partie monumentale. On a lu de nos jours son nom en cent endroits des catacombes, et même, dans un cubicule du cimetière de Domitille, un curieux cartouche nous montre que, comme Bosio lui-même, il y passait ses jours et même ses nuits :
OTTAVIO PICO BITVRGIENSIS TVSCIAE 1633 HORA 2 : NO
CTIS s Au même endroit on a lu ceci : Cesar Papinus 1633 die 21 Oris hora ? noctis G&. Berti 1633, Ce dernier était le mathématicien chargé de la planimétrie du volume ; Cesare Papino, un des amis, l'accompagnait.
Quelle part revenait à Severano dans ce volume dont le texte lui avait été abandonné avec d'autant plus de confiance qu'il pouvait fournir les preuves de la confiance et de l'estime de Bosio envers lui ! ? Dans une lettre adressée au commandeur Aldobrandini et imprimée en tête du volume, Severano affirme avoir écrit le premier livre relatif aux cimetières en général, de plus il revendique que la révision, la disposition et l'ordonnance du reste du volume, enfin il se déclare l'auteur du dernier livre. On peut vérifier avec la dernière minutie la part de vérité que contiennent ces assertions, grâce au cod. Vallicell, G. 31, dont nous avons parlé, C'est le manuscrit original qui a servi à l'impression. La part de Bosio et celle de Severano sont faciles à distinguer, La révision du texte et les corrections de style consistent en si peu de chose qu'on peut les passer sous silence, Les suppressions de pages entières sont fréquentes. Bosio avait, de lui-même, quelques mois avant sa mort, | d'autres n‘y ont pas mis plus de facons. Apostolo Ze | Antoine Bosio n'y pouvait prendre part puisqu'il est 1.
| dans un Discorso sulle cristiane antichità donné à | Rome au début du XIXe et conservé en manuscrit / de Bacchus lui-même, les cavernes des martyrs, n | livra en vue de son grand travail et l'état d'avancement *ou plutôt une erreur de fait facilement explicable consenti à des retranchements assez sou son ouvrage, par égard pour un travail du père Severano relatif aux sept églises de Rome, travail avec lequel ses chapitres eussent fait double emploi. Severano, mi en goût, a taillé un peu plus et a fait disparaître ce qui avait trait au cimetière de Calepodius, à celui des Juifs et à l’église de Sainte-Pudentienne, Ce qui est spécia à Severano n'a donc pas une réelle importance : ce qui lui appartient à peu près en propre, c'est l'explication des symboles. Mais ici encore, ainsi qu'il le reconnut lui-même, il a eu à sa disposition une foule de notes préparées par Bosio, auxquelles il a ajouté les siennes propres qui sont très sérieuses et abondantes ai x qu'on en peut juger par le contenu des mss. Vallicell, G.13, G. 20. En définitive son principal mérite consiste à avoir respecté l'œuvre de Bosio et à avoir su, on ? a laissant sous son nom, rendre amplement justice à son mérite. aggrave même l'accusation de substitution d'au portée par Rossotti ; d'après lui, la Roma sotterranea fut composée de 1567 à 1600, période pendant laquelle il en 1576 : Cette date erronée a passé de Moreri ch Leno et chez Boltari. Un plumitif du nom de Napione peut être l'auteur d'un livre si savant, si ét et plein de piété. Napione a emprunté ces traits à ( Nicio Eritreo, écrivain dont la légèreté est bien connue De semblables racontars pourraient être méprisés né mériteraient pas un autre traitement, J.-B, De a bien voulu prendre la peine de les réfuter, C'est un premier point considérable que le 1 ot d'Antoine Bosio ait été mis non par lui-même, mais par ses héritiers qui l'avaient tous connu, sur un livre posthume et que cette attribution n'ait été suspectée 1 même discutée par un seul contemporain. En outre l'existence des volumes de notes compilés par An in Bosio, ses cartes et lous les préparatifs auxquels il ment des planches à la date de sa mort est une preuve nouvelle et plus indubitable encore. Quant à la date avancée par Moreri elle est une simple faute d'impression Moreri a vu que la date la plus ancienne mentionnée dans la Roma sotterranea était l'année 1567, il a conclu que la préparation du livre avait commencé cette année même, et sachant qu'elle avait duré t ans, il a fixé l'achèvement de l'ouvrage vers 1600. lume relié en parchemin, de 014 sur 008, édité à Harlet Frédérie Hagius, en 1671. Il contient 630 pages, plus un non paginé de 19 pages. Les 50 planches gravées hors texte la réduction à moins d'un dixième des planches de l'ouvrage original. Dans le texte sont intercalés tous les bois du v
BOSIO —
Tandis que le nom d'Antoine Bosio se voit partout ‘dans les catacombes, celui de son oncle Jacques ne se lit nulle part, et ce dernier avoue d'ailleurs qu'il ne connaît la peinture cémétériale, que par le rapport de son neveu !, Eritreo a enfin imaginé de représenter Bosio séjournant trois ou quatre jours de suite dans les catacombes : ul minimum triduum vel quatriduumt . | fantaisie dépasse ici toutes les bornes, car J.-B. De sssi atteste qu'on ne saurait prolonger un séjour au delà de vingt-quatre heures sans courir péril de la vie. _ Nous ne savons rien sur les circonstances de la mort “de Bosio. Les notices de Mazzuchelli et de De Rossi demeurent les sources les plus considérables d'information sur la vie du grand archéologue. Il y a peu d'années M. À. Valeri a repris la biographie et la défense de Bosio. Il a été assez heureux pour retrouver le catalogue de sa bibliothèque privée et quelques détails sur sa sépulture dans l'église San Biagio, là où s'élève aujourd'hui le palais de Montecitorio. H. LECLERC. BOSTRA. Dès le IIIe, la province d'Arabie, comme perdue entre le Jourdain et le désert, vit s'affermir le christianisme dont l'établissement dans cette contrée ne nous est pas connu avec détails. Aux premiers temps de Caracalla (vers 214), Origène visita ce pays. Un peu plus tard l'évêque de Bostra, Bérylle, se révéla par ses livres et par ses lettres, Ses opinions théologiques se rapportaient à la christologie modaliste, c'est du moins ce qu'on peut induire des courts fragments conservés par Eusèbe +, Les erreurs de Bérylle soulèvent une opposition très vive et provoquèrent la réunion d'un concile dans lequel Origène réavainquit Bérylle et le ramena dans le droit chemin 5. Il ne subsiste rien des constructions primitives de la chrétienté de Bostra. Le seul monument religieux conservé jusqu'à nos jours est daté. Sur le linteau de la porte principale, à l'occident, se trouve une inscription grecque qui nous apprend que l'église, dédiée aux saints martyrs Sergius, Bacchus et Leontius, a été achevée sous l'archevêque Julien, en l'an 407 de l'ère de Bostra (511-512 après Jésus-Christ)$. Le monument est donc presque contemporain du baptistère de Saint-Georges d'Ezra”, il est construit dans le même esprit, mais sur de plus vastes proportions. Les murs seuls restent debout et ils ont été dessinés par la mission de Vogüé (1865), L'église comportait une coupole centrale qui, malheureusement, s'écroula peu d'années après son achèvement, entraînant dans sa chute les piliers qui la supportaient. Soit faute de ressources #8 +73) soit pour toute autre raison, on renonça à la relever ou même à la remplacer par un toit et on préféra déblayer l'intérieur de l’église transformé en une sorte de cour au centre de laquelle on hâtit une petite asile adossée au chœur de l'église primitive. Cet édifice existe encore ; il est figuré en M sur le plan Un : 1597). La construction est tout à fait grossière, elle se compose de tracés parallèles dont les arcs, appuyés des colonnes, supportent une terrasse de dalles, Le diamètre du grand cercle qui forme la base de la coupole de la cathédrale primitive complète 37 », inscrit dans un carré de 38m environ de côté, augmenté du côté de l'orient d'un appendice servant de chœur mesurant 11« 95 de longueur totale dans l'œuvre. Ce chœur est flanqué de sacristies et de chapelles latérales, Ici, même dans beaucoup de monuments chrétiens de Syrie, on constate chez les architectes la préoccupation de régler les dimensions d'après le multiple d'un chiffre pris pour base. À Bostra, c'est le chiffre 3 dont les multiples se reconnaissent dans la numération par pieds (le pied égale environ 31 cent.). Au centre, je suppose, écrit M. de Vogüé$, une coupole de 66 pieds de diamètre supportée par 8 piliers de 5 pieds d'épaisseur et entourée par un bas côté annulaire de 22 pieds de largeur. Un cercle de 66 pieds de diamètre a une circonférence sensiblement égale à 208 pieds, donc en supposant à chaque pilier une largeur de 5 pieds, cette circonférence se décompose en 8 piliers de 5 pieds — 40 pieds et 8 arcs de 21 pieds — 168 pieds, en tout 208 pieds. Le nombre qui exprime l'ouverture des arcs se trouve être ainsi un multiple de 3 comme tous les nombres déjà cités qui désignent les principaux éléments du plan, il en est de même des lignes qui complètent la physionomie générale et dont voici les longueurs :
A _
de restauration en tenant compte des analogies présentées par les monuments contemporains, Les voûtes du chœur et des chapelles sont presque entièrement conservées, elles sont en berceau, construites sur des pieds-droits dont j'ai pu approximativement fixer la hauteur à 8% ou 26 pieds ; le chœur ayant 9% 20 ou 30 pieds de large, le rayon de l'arc est un peu inférieur à 15 pieds, à cause de la petite saillie des pieds-droits — construits en blocage avec cordons de briques ; les absides et exèdres sont voûtées en cul-de-four, L'appareil extérieur est soigné, principalement à l’abside centrale, DM offre des décrochements et des enchevêtrements ingénieux où compliqués. Une niche est voûtée suivant un système de joints polygonaux que les Arabes développeront dans la suite (fig. 1599, cette niche extérieure est marquée n sur le plan).
L'ornementation sculptée est rare et maigre ; outre la petite niche dont nous venons de parler, l'archivolte du grand arc et la corniche de l'abside ont été seules sculptées. Le dessin ne diffère que très peu de celui qu'on relève sur les monuments de l'époque du bas empire romain. Les murs offrent à l'intérieur et à l'extérieur un grand nombre de niches qui ont pu contenir des statues. La véritable décoration de l'édifice était la peinture ; on voit encore au fond de l’abside les restes d'une Vierge, les mains étendues.
BOTTARI (Giovanni Gaetano). Giovanni Gaetano Bottari naquit à Florence, le 15 janvier 1689. Sa carrière n'offre rien qui mérite l'attention. Mazzuchelli a fait un éloge en règle du personnage uno de” pit ragguardevoli e pit dotti prelati viventi nella comte di Roma !. Il fut de toutes les académies et de toutes les congrégations.
On n'avait pas oublié à Rome le succès avec lequel avait été accueilli la Roma sotterranea de Bosio, et l'on crut que le succès plus grand encore de la Roma subterranea de nous donnerait en outre 30 pieds pour la hauteur de la façade rectangulaire. » M. de Vogüé a donné un projet qui donne 14 p. et demi ; la hauteur totale de l'arc sous clef est de 40 p. et demi ; ajoutant 5 p. et demi pour l'épaisseur des voussoirs et de la corniche, on trouve 45 p. pour la hauteur totale de l'abside et du la publication déjà séculaire de Bosio. Le pape Clément XI ayant conclu l'achat des planches gravées de la Roma sotterranea chargea le prélat Bottari, dont l'érudition classique et chrétienne était connue, d'en diriger la réimpression. L'éditeur conserva à l'ouvrage son titre : Roma sotterranea et ce fut tout ; du texte de Bosio il ne garda pas une syllabe. On n'en saurait être surpris quand on voit que la partie du livre de Bosio due à Severano, dont l'infériorité est notoire, recoit de Bottari cette appréciation élogieuse e per aventura il migliore ! ; il semble que ce soit une gare, car, à quelques lignes de là, il décerne à l'ouvrage de Spondano sur les cimetières et à celui de Marangoni (voir ce mot) la plus haute approbation. Ces éloges ne laissent rien à désirer, aussi la réimpression du texte de Bosio e delle molle cose superflue ? qu'il tient serait peine perdue. De tels jugements nous autorisent à en porter un à notre tour sur celui qui en est l'auteur. L'après cela on doit s'attendre à ce que le livre de Bottari sera très différent de celui de Bosio ; Bottari appartient à la classe des géographes en chambre du XVIIIe. Ignorant les catacombes, ne prenant pas la peine d'y descendre, il vit que les notions topographiques et historiques agréaient peu à ses contemporains, il imagina en conséquence de s'engager dans l'interprétation des monuments sans se préoccuper de leur provenance qui lui semblait sans importance et d'ailleurs malaisée à établir. Bottari s'est donc contenté d'un commentaire des planches de Bosio, commentaire dont l'intention symbolique saute aux yeux. À défaut de topographie qu'il dédaigne, Bottari n'entreprend pas de dater les peintures d'après la chronologie qui lui échappe à peu près complètement et pour l'établir il manque des études nécessaires. De l'art artistique il n'est pas plus question, les monuments se suivent dans un parfait désordre ; enfin, il restait un classement empirique, par sujets, s'éclairant et se complétant les uns les autres : ce n'est pas encore celui que Bottari adopte puisqu'il n'en adopte aucun. On va à l'aventure et on patauge dans un déluge d'érudition. Les monuments sont ceux que Bosio a découverts ; depuis un siècle écoulé le nombre en a plus que triplé, cependant Bottari n'en tient pas compte. Il y avait quelques vignettes dispersées dans le texte, entre les en-têtes et culs-de-lampe, on ne soupçonnerait pas qu'un siècle entier de déprédations a vu le pillage des catacombes. Aucune des erreurs du dessinateur de Bosio n'a été rectifiée ; on rencontre parmi les monuments chrétiens, donné et commenté comme tel, le tombeau de Vibia et de Vincent, prêtre du dieu Sabalus. Quant à l'interprétation symbolique où se complait Bottari, c'est une érudition de l'aloi le plus douteux et ne manque que de critique ordinaire et comme systématique, Bottari entendait bien ne pas se départir de son plan qui était de commenter les seuls monuments publiés par Bosio. Le tombeau de Vibia est une unique exception, et nous savons qu'ayant pu joindre à son ouvrage les découvertes récentes de Boldetti et de Marangoni, Bottari s'y refusa. Marangoni nous apprend qu'il lui avait communiqué les dessins de mosaïques qui décoraient un tombeau, Bottari les écarta. D'après ce qui précède, on peut porter un jugement certain sur le déssein de l'auteur et l'on voit que De Rossi l'a dit brièvement et excellemment : In somma il Bottari non volle dare una nuova Roma sotterranea, ma volle soltanto commentare ognuna da sè le tavole del Bosio, ch'erano Vi aste senza un degno commento.
Voici la liste des ouvrages de Bottari et de ceux auxquels il a collaboré ou qu'il a traduits :
3. De plumbeis antiquorum numismatibus tam sacris quam profanis. Dissertatio Francisci Ficoroni, in-4, Romæ, 1750 ; la trad. latine était faite par le chanoine Domenico Cantagalli, cf. Novelle letterarie di Firenze, 1740, col. 370.
4. De imperatorum Constantinopolitanorum seu inferioris ævi vel Imperii, ut vocant, numismatibus. Dissertatio Caroli Dufresne D. du Cange, in-4, Romæ, typis S. M. Salvioni, 1755 ; cf. Memorie per servire all'ist. letter., A. v, giugno, 1755, p. 48 ; giugno, p. 47 ; Giorn. de' letter, di Roma, 1755, p. 314 ; Novelle letter. di Firente, 1755, p. 410 ; Novelle letter. di Venezia, 1756, p. 94.
H. LECLERCO.
BOUCHE. Les formes de la justice chez les anciens étaient loin de présenter la dignité et la gravité qu'elles ont de nos jours, L'audience était fréquemment troublée par des interruptions et des agressions. L'accusé était à la merci de la brutalité du juge, des assesseurs, des gardes et de la foule. Dans la passion de Jésus nous assistons à ce dialogue terminé par des voies de fait : « J'ai parlé en public, j'ai toujours enseigné dans la synagogue et dans le temple, je n'ai pas instruit en cachette. Qu'avez-vous à m'interroger ? Interrogez mes auditeurs, ils savent ce que j'ai dit. À ces mots, un des assesseurs donna un soufflet à Jésus et lui dit : Est-ce ainsi que tu réponds au grand-prêtre ? » Lors de l'interrogatoire de saint Paul devant le sanhédrin, l'apôtre prend la parole : « Mes frères, je me suis comporté suivant ma conscience en présence de Dieu jusqu'à ce jour, » Le prince des prêtres, Ananias, ordonna à ceux qui se trouvaient debout à ses côtés de frapper l'accusé sur la bouche. Saint Paul lui cria : « Dieu te frappera, sépulcre blanchi ». Les actes des martyrs offrent de nouveaux exemples de cette violence. Dans les actes de Didyme et Théodora, la chrétienne menacée d'être violée ayant répondu au juge : « Fais ce que tu voudras de mon corps ; mon âme appartient à Dieu seul, » le juge dit à ses appariteurs : « Souffletez-la rudement et criez-lui : « Ne fais pas l'insensée, mais approche et sacrifie aux dieux ». » Dans les actes, moins graves assurément, de sainte Devota, la chrétienne sommée de sacrifier répond par un refus. Alors le juge fait frapper la bouche avec une pierre : « Ne blasphème pas, dit-il, les dieux et les déesses ». Cette aggravation dans la brutalité reparaît fréquemment dans les actes dont la rédaction offre le moins de garanties et ils se prêtent ainsi, par leur nombre même, un crédit qui, isolément, leur fait trop souvent défaut. Voici les textes relatifs à ce détail des procédures. le Commotus iis quæ a martyre dicebantur, Domitianus dixit : Per deos, cupidum victoriæ animal est homo ! Os igitur illi et genas converberate, Omnino enim sola pars ea corporis hactenus supplicio caruit, ideo quæ insolebat… Statim ex lictoribus qui erant quidem paulo humaniores, alii quidem eum solis manibus verberabant, quotquot vero audaciores erant et crudeliores, lapidibus quoque in eum intuebantur, et is illud veridicum martyris os pulsabant.
Il. At illi (Præsidi Martyres} responderunt : Noli nos verbis illudere ; præpara quod vis ; parati sumus suslinere pœnas quam sacrificare idolis tuis. Præses hœc audiens jussit digitos de corpore abscindere et eorum marillas lapide contundi, Ille Tori Ouwwbsis »Populos, évére Aornov dv taïs AËEEqiv aûtns nrinmévos Éyeyéver, éxeheugev era Milwv tas cayavas auths cuvbhactrvor t.
H. LECLERCO.
BOUCLES. Voir FIBULES, BOUCLES D'OREILLES. Voir PENDANTS D'OREILLES.
BOUGEOIR. — I. Étymologie et définition. Il. Usage.
Quant à l'instrument dont nous parlons, G. Moroni estime que sa dénomination est d'origine française : « Fien d'étonnant, dit-il, qu'une expression française ait passé ainsi dans le langage liturgique de l'Église, quand on réfléchit au long espace de temps pendant lequel la cour pontificale résida en France sous sept papes consécutifs ». Cette citation donne à penser que le bougeoir, comme insigne de la dignité épiscopale, ne fut guère connu avant le XIVe : de fait, on n’en trouve aucune trace dans les anciens liturgistes.
Le bougeoir appelé aussi scotula (du grec σκότουλα, tenebras expello, je chasse les ténèbres) ou palmatoria (palma, qui se porte à la main) est un instrument d'argent ou d'autre métal, destiné à soutenir la chandelle allumée et tenue par un clerc à côté du prélat pendant que celui-ci accomplit les fonctions liturgiques. Ainsi s'exprime Zaccaria : Bugia, dicta ehiam scotula, est instrumentum ut plurimum argenteum pro sustinenda candela accensa, et adhiberi solet aliquo prælato sacra operante. Catalani, Prolegomena in Pontificale Romanum, s'exprime à peu près dans les mêmes termes.
Il, Usage. — Cet instrument paraît avoir été réservé à la dignité épiscopale. Macri, chanoine théologal de Viterbe, qui a essayé au XVIe de faire une encyclopédie liturgique, dit que le Pape n'en fait point usage et il en donne cette raison mystique que la lumière dont le souverain pontife est éclairé n’a pas besoin d'être appuyée sur quelque support humain tandis que l'évêque doit s'appuyer sur le témoignage du pape, chef visible de l'Église. Quoi qu'il en soit de cette interprétation, il parait certain que le privilège de se servir du bougeoir ne fut pas compris dans les concessions qu'un décret d'Alexandre VII, en date 27 septembre 1659, faisait aux prélats inférieurs : on y lit en effet cette réserve : a simplici sacerdote non discrepent… duas tantum candelas super altare adhibeant. Un autre décret rendu par la S. C, de Rites le 11 juillet 1699 sous le Pontificat d'Innocent XII interdit aux chanoines l'usage du bougeoir : Non pa sunt canonici in celebratione missæ uti Palmatoria vulgo Bugia.
J. BAUDOT.
Ainsi qu'on pouvait et qu'on devait s'y attendre à Pompéi, on a fourni plusieurs indications utiles pour l'aménagement des boulangeries à l'époque impériale. Ces sortes de métiers manuels, quand ils ne sont pas bouleversés par une grande innovation, s'insèrent volontiers dans leurs systèmes, aussi pouvons-nous voir dans les souvenirs de boulangeries campaniennes au 1er siècle ce qu'ont été les boulangeries dans la plus grande partie de l'empire pendant la période que nous étudions. La panification se faisait par le pétrissage à bras dans des conditions à peine différentes de celles qui ont été pratiquées jusqu'à nos jours. Elle constituait pour les esclaves une des peines les plus redoutées. Dans une pièce de la maison du four publié à Pompéi, on a découvert le squelette d'un âne et sur la muraille un graffite représentait l'âne tournant la meule avec cette inscription : LABORA ASELLE MODO LABORAVI ET PRODERIT TIBI, « Travail, petit âne, comme j'ai travaillé ; cela te servira ». Et les esclaves étaient, en effet, attachés quelquefois à la meule, châtiment terrible auquel des chrétiens auraient souvent dû être condamnés par des maîtres féroces.
Entre autres découvertes faites à Pompéi, on a découvert une maison portant le nom de four public, voisine d'une autre appelée la boulangerie. On pourra croire que la profession imposait à celui qui la suivait la jovialité, car tandis que nous lisons sur la façade : HIC HABITAT FELICITAS, on se ressouvient du boulanger ou employé de l'annone, Maximinus, qui pouvait se dire : AMICVS OMNIVM !!. À Pompéi, on entre chez le boulanger par le pistrinum où se trouvent encore en place les moulins et le pétrin ; dans le fond du magasin se trouve le four qui possédait un tuyau de maçonnerie pour activer le tirage. Les moulins placés sur une seule ligne se composent d’un massif en maçonnerie de moellons sur lequel s'élève une meule fixe en tuf, de forme conique, que coiffe une meule mobile dont la partie supérieure évasée reçoit le grain qui, moulu, retombait sur la base ronde. Dans les trous carrés creusés à la partie étranglée de la meule, on engageait une traverse de bois à laquelle s'attelait un âne, ou un homme ou même une femme : le malheureux marchait sur le pourtour dallé du massif circulaire (fig. 1600).
Une loi insérile au Code théodosien (l. IX, t. xx, —l'annone). Le texte suivant semblerait l'interdire, Cod. théod., l. IX, tit. x1, l. 9 : Ne quis pro coercitione delicti vel pistoribus, vel cuicunque alteri corpori, si vallerius sit corporis, addicatur, mais évidemment cette loi est moins faite par égard pour les autres corporations que pour celle à laquelle appartenait le coupable.
Les pains devaient être cuits au four et enfournés à l'aide de pelles. On a retrouvé des pains carbonisés, leur forme est celle qui se pratiquera invariablement jusqu'au XVe (fig. 1601). Sur quelques-uns, on lit le nom du fabricant. Julius Polybius a signé des affiches promettant des distributions de boulangerie fine, et une peinture nous montre le boulanger Paquius Proculus distribuant à ses clients des pains, du haut de son siège dans sa boutique. Il est vêtu de blanc et assis à un comptoir élevé (fig. 1602). Dès le temps de l'empire, dans les villes provinciales, on renonçait généralement à la fabrication du pain dans chaque ménage. Fort peu de maisons particulières possédaient un pétrin, chacun apportait son grain qui était conservé dans des amphores dont plusieurs ont été retrouvées pleines de farine et de blé, avec des étiquettes : Siligo granii. Les boulangers se servaient de balances, ainsi que nous l'avons vu par l'épitaphe de Mercurius qui faisait accompagner la mention de pistor de l'emblème d'une balance et d'un poids (t. 11, fig. 1220). Le boulanger Vitalis a préféré un boisseau (fig. 1603). Son épitaphe présente un certain intérêt. Gravée sur une large dalle de marbre, elle a été tirée en 1807 du pavement de la basilique de Saint-Paul sur la voie d'Ostie. Elle est datée de l'année 401 et fourmille de fautes.
Voici la lecture qu'en donne J.-B. De Rossi :
Hic est positus Vitalis pistor malg(narius), hic est (— ex ?) rie)g(ione duodecima), [glui bicsit an nus pltus) minus numéro quadraginta quinque, depo « £ » à = k : Da 1103. Situs in paci natale d\omnes Sitiretis(= Soteridis) | celui qui l'employait sachant assez à quoi il s'exposait : tertium idus Feb|r{(uarias)] consula|tum Flavi) Vincenti vo. cc.| cons( ulum).
Dans le pavement de la même basilique, on a relevé divers fragments qui appartiennent vraisemblablement à des épitaphes chrétiennes :
[eæ pistorum HIC RE !QUIESCIT INimA CE L À Virentius REGIOÏNE SECVNDE ! ;QVI VIXIT ANN\/2 PeM [XL RV2TICIO VC CON Les trois premiers fragments sont seuls conservés aujourd'hui, quant aux deux autres, la restitution proposée par les anciens éditeurs : laurentius patronus n'a aucun sens, car il n'existait pas de patrones regionum, et la leçon proposée par Rossi est pleinement acceptable. L'épigraphe est datée de l'année 520. Une autre inscription, simple fragment trouvé au même lieu, porte :
Socrate rapporte un fait bien extraordinaire et qui ne laisse rien à envier au passé des aventures contemporaines les plus romanesques. Au commencement du règne de Théodose (379), les boulangers de Rome, devenus très nombreux et défiant les investigations de la police, avaient converti leurs boutiques en cabarets et en maisons de prostitution. Ils y attiraient les étrangers de bonne mine, leur procuraient une chambre ; ensuite, au moyen d'une trappe mécanique (Ex tivos pryavñs), le plancher cédait et la victime était soudain entraînée dans les caves de la maison, renfermant le pétrin ; là, il n'y avait ni police, ni hurlements qui tinssent, c'était l'esclavage, et ce moyen atroce de recruter des esclaves pour le pistrinum était tel que ne rendait jamais la liberté à son prisonnier.
Nous croyons intéressant de citer une lettre faite partie de la très curieuse correspondance de Pésunthius, évêque de Coptos, qui vivait au temps de l'invasion de l'Égypte par les Arabes. Lettre envoyée à saint Pésunthius sur le renvoi d'un boulanger du monastère et son remplacement par un autre, +. + SAË RATS HOYEOCAOME MTERALIET +. « + + AN ETOREOOT AMUNS MPAIT AUIRE à ETUIS HTOOT, AJES OVH TEMOY + + NAMOEIC MENUT EF EMSTPEME MAR SMS À NEIPUALE ETALOOUNE Miatatarf TER.
Un ostrakon conservé au British Museum est relatif à un nommé Seth, également boulanger : Éd SNOR CHE MEPPUTOI. + + + à + + + + « + « ANOK CHS HENPUTOI,. :.. + + + + « + + « ENTSIEP HATA CALOT + « 4 se + + TA RATS CAROT IA ET ! AMOYE AL | MOPAITHE MUHPE MREPO + à à + + + + + + EROX AANMOVTE HYATETIE, à 4 4 + 4 ee « + k FSNSHHTEC ENETOYAOTTE E(poy € MÂHIM) HROX HUE PCTHPION AM, + + - - + MOATPH ETHATUS MAT OI. - + + + + + +._ Lu « MH HETMACU) MARARREE. - « + - - D...) qyihoù.. -. :. nnomoc..
C'est moi, Seth, le premier boulanger, qui ai fait mon métier en toute bonne manière, ainsi que Jean, fils de Kéro…. (avec l'aide) de Dieu, jusqu'à ce que vous ayez (réussi) à le faire confier à celui qu'on nomme (Plein), qui est étranger aux mystères du métier de boulanger et qui fera le pain, étant ivre, ainsi que celui qui boira avec lui !
Avant de quitter l'Égypte, citons encore une épitaphe monastique du musée du Caire provenant de El-Doukhei, à l'ouest d'Alexandrie, à une demi-heure du Mex. Il est fait mention d'un ἀποροσάττης, mot inconnu, qui pourrait bien avoir le même sens que βουκόλος, boulanger. Cette stèle est de l'année 533.
+ EKOIMHHENXGO ABBAMHNACOTOY ABBAGEONATOYAP TOKONAAIOYMHNI 5 DAGDIHINIAAIOKAH CMO Mouurôn v (catho à 466% Mnväc à <09 466% Oesovarou téroxomaëiou pnvé Dao n ivéliucrvos) 1x Atowr(rixoù) cut' ?, A Jérusalem * : | + OHKHAIA BEPSCATEUWP TIÉZ LCAN NE APTO Pie N Ofn écapéoouca l'eayriou (at) Iuivvoy pro zonüv. z. Tombeau particulier de Georges et de Jean, boulan
À ces documents nous allons joindre une note peu connue relative à « la manière dont il faut agir dans boulangerie » d'après une règle monastique égyptienne qui réglemente les devoirs de la boulangerie, — … Non seulement pour mettre le levain, mais pour toute œuvre de la boulangerie, que chacun de nous fasse l'œuvre qui lui a été commandée avec obéissance, qu'il travaille sans beaucoup parler et sans crier, Que personne n'ose rire le moins du monde, afin que l'accusation de l'Écriture ne s'applique pas à nous : « Ils ont fait leur pain en hâte. » S'il est nécessaire que quelqu'un interroge son voisin pour une parole, il faut qu'il l'interroge avec calme sans crier. Que personne ne mange, grand ou petit, avant que l'on n'ait sonné pour manger. Le petit, s'il lui plaît de manger, qu'il ne mange pas ; mais qu'on lui donne du pain, qu'il soit dans un endroit solitaire et qu'il mange. Et lorsqu'on aura élevé le pain à l'heure du repas, à midi, il ne faut pas manger avant qu'on ait congédié la réunion à midi, Lorsqu'on aura congédié la réunion et que l'homme [chargé] des morceaux de pain aura jeté dans une corbeille le [nombre] suffisant de pains qu'il la place dans un lieu tranquille avec un peu de sel pur, dans lequel il n'y ait rien de mélangé, Qu'il place le [sel] avec la corbeille des morceaux de pain, afin que celui qui désire manger s'y rende et mange. Que ceux qui mangent ne choisissent pas le pain, mais prennent ce qui se présente à leur main, qu'ils le mangent soit dans la corbeille, soit sur le sable au temps où les morceaux de pain sont mous [et trempés]. Que l'homme [chargé] des morceaux de pain, avec une charité parfaite, choisisse les morceaux de pain qu'il mettra dans la corbeille, cuits et bons, comme un seul pain qu'il choisirait pour le manger lui-même, Qu'il ne laisse personne de la boulangerie, grand ou petit, même un malade, désirer de faire du pain en dehors de [celui] que les frères mangent, même un gâteau ; que personne ne le mange seul, mais que l'homme du couvent y veille, ou que celui qui prend soin des malades l'en informe ; [qu'on] leur en prépare à tous afin que [tous] en mangent également, S'il y a des gâteaux, que l'homme [chargé] des morceaux de pain les garde, qu'il les mette à l'infirmerie. S'il est possible de faire quelques petits pains avec soin et de leur donner quelque assaisonnement en dehors de la portion, faisons-en bellement la valeur de cinq corbeilles. Que l'homme [chargé] des morceaux de pain les garde en dehors de la portion, qu'il les mette à l'infirmerie au su de l'homme du couvent. Faisons-les selon ce qui plaît au malade : seulement que cette chose, à savoir le pain beurré, ne soit pas concupiscence, car le pain cuit et pur est meilleur au goût que celui pour lequel on coupe la pâte, le pain beurré, car celui-ci est trop lourd pour l'estomac. Que celui qui veille à la meule et à la farine exhorte les [frères] à faire ce qu'ils font avec soin et dans la crainte de Dieu. Ne méprisons rien, sachant qu'aucune des bonnes œuvres que l'homme aura faites pour Dieu ne sera perdue, et qu'elles nous seront toutes un [sujet de] repos au jour du grand jugement. Ceux qui fournissent l'eau se hâtent de l'apporter sans parler. Qu'eux aussi méditent et prennent garde de ne pas répandre l'eau à côté, sur les pieds des hommes qui pétrissent, Que ceux qui pétrissent mettent la farine dans le pétrin sans trouble, afin que la poussière de la farine ne s'envole pas, ou que le bord de la corbeille ne descende pas dans l'eau. Qu'ils aient soin en toute hâte, en mettant la farine de n'en laisser rien tomber aux pieds du pétrin, de ne pas laisser de pâte adhérer au pétrin, de ne pas verser trop d'eau pour rendre la pâte trop molle. S'ils relèvent la tête au-dessus du pétrin, qu'ils l'écartent un peu et méditent en se tenant debout, Qu'ils pétrissent ensuite de nouveau jusqu'à ce que le boulanger [en chef] fasse le tour pour leur donner du levain. Lorsqu'ils ont fini de pétrir, que chacun lave bien son pétrin, qu'il verse l’eau dans le lieu où on doit la verser afin que le porcher l'emporte. Ensuite qu'ils prient dès le commencement selon la règle, qu'ils aillent vers leurs demeures en méditant, Que personne ne parle dans la boulangerie, et que chacun accomplisse avec actions de grâces les ordres [donnés]. Tel est le pétrissage dans la boulangerie. Qu'il n'y ait point de nourriture différente pour quiconque travaille à la boulangerie, mais que la nourriture soit la même pour tous. Tels sont les prescriptions et les règlements pour tout le travail comme l'a ordonné depuis le commencement le père du cénobitisme apa [N.....] auquel a été confiée par Dieu cette grande vocation. Mais si d'autres pères, venus après lui, ont donné des règles pour une nourriture différente des boulangers, ils ont fait comme Moïse ainsi que nous l'avons entendu dire à l'Évangile … H. LECLERCQ. BOURDON DE CHANTRE. Voir Bronx.
BOURREAU. Lors des premiers mois de l'année 1868, plusieurs séances de l'Académie des inscriptions furent remplies par une vive controverse touchant la condition des bourreaux du Christ et des agents chargés des exécutions capitales chez les Romains !. E. Le Blant soutenait que les soldats nommés dans les Évangiles comme exécuteurs du crucifiement de Jésus-Christ n'étaient pas véritablement des soldats, mais des gens du service administratif, et que le nom de cohorte chez l'évangéliste saint Jean, était synonyme de apparitio, le corps des appariteurs, tels que les cohortales, les officiales, que l'on voit dans le Code Théodosien, dans les Actes des martyrs et dans les auteurs ecclésiastiques du IVe et du Ve, Les textes ne sont pas favorables à cette conjecture, S'il est raisonnable de croire que l'organisation de l’armée romaine était une chose fort compliquée surtout au regard des provinciaux occupés à toute autre chose qu'à l'étudier en détail, on n'en est pas moins fondé à penser qu'après un contact de près d'un siècle avec les Romains, tenant en Judée une situation analogue à celle qu'aurait de nos jours un attaché, XXVI, 26, 27-29, 35 ; Marce., XV, 11, 15-20, 24. D'après Luc., XXI, 25-33, on pourrait croire que ce sont les juifs qui ont conduit Jésus au supplice et l'ont attaché à la croix ; mais il n'y a pas lieu d'en tirer parti, A s'en tenir aux textes les plus à une cohorte qui auraient conduit Jésus-Christ « corps d'occupation » dans une colonie, les indigènes si rétifs qu'ils fussent à admettre le fait accompagneraient, malgré eux, avoir des notions suffisamment exactes sur les choses civiles et militaires de Rome qu'il leur était plus facile de haïr que de comprendre. Il semble donc difficile d'admettre chez les évangélistes une ignorance si profonde du milieu où ils vivaient, qu'ils n'aient pas distingué entre une cohorte d'hommes de conduite par un apôtre renégat et les soldats commandés par un centurion. Cette distinction l'ont faite, d'ailleurs, en désignant cette foule d'épées et de bâtons, dyh0ç.….perà poyarnov at E qui procède à l'arrestation du Christ et dont cesse lors que, après la flagellation, Jésus est remis aux mains des soldats ?, Saint Jean ajoute que celui qui commandait la cohorte était tribun et il est fait mention d'un soldat armé d'une lance — le type des légionnaires — qui perça le côté de Jésus 16 qui se trouvent ainsi désignés étaient-ils soldats ou appariteurs ? Si on cherche la solution de ce problème dans les termes empruntés à des écrits postérieurs parfois de plusieurs siècles, il n'est pas douteux qu'on puisse la résoudre à l'honneur de l'armée romaine ; mais lorsqu'il s'agit d'institutions, il faut se garder contre la tendance à expliquer un texte par un autre texte très postérieur sous couleur de l'immobilité dont il s'agirait de faire la preuve. Les textes contemporains, ou peu s'en faut, des institutions en vigueur sous Auguste et Tibère, on ne voit pas qui autorise la confusion entre la cohorte militaire et le personnel judiciaire, les militaires et les « officiaux » et c'est un fait daté que nous avons à étudier, D'ailleurs les termes employés par les évangélistes rapportent les uns aux autres semblent ne laisser aucune équivoque ; ces mots de στρίπτυξ, πηρέτης, ἐξάρχων ne peuvent, semble-t-il, signifier autre chose que les soldats romains, « pas à conclure, écrivait Naudet, et j'affirme que les évangélistes ont bien su ce qu'ils disaient, et ce qu'ils voulaient dire : Ce sont bien des soldats, non pas des appariteurs qui ont crucifié Jésus. Mais on va m'accuser de porter atteinte à la tradition de l'armée romaine, C'est bien mon intention, en effet, de ne pas séparer sa cause en général de celle des soldats de Ponce Pilate ?. »
Sous le nom d'apparitio, officium, ministerium, on groupait un collège de fonctionnaires qui composait la cohorte du proconsul dont l'emploi et le rôle se trouvent dans les actes divers qui se succèdent depuis l'arrestation jusqu'au supplice.
La longue durée du fonctionnement de cette institution explique la rareté des changements qui y furent apportés, changements qui portaient presque exclusivement sur la désignation des fonctionnaires plutôt que sur leurs attributions. Au 1er siècle comme au 4e, nous voyons l'apparitio du gouverneur accompagner celui-ci dans ses tournées judiciaires.
Mais là ne se bornent pas ses aptitudes. Les auteurs les plus différents, tels que : César, Cicéron, Dion Cassius, Lactance et Ammien Marcellin, nous montrent l'apparitio percevant les impôts, citant les accusés et les plaideurs à comparaître, prenant des gages pour assurer l'obéissance au magistrat, pourvoyant à l'exécution des jugements civils. Tite-Live et Cicéron d'une part, Ammien Marcellin et le Code théodosien d'autre part, témoignent que c'est à l'apparitio qu'incombe le soin de faire procéder aux arrestations des malfaiteurs.
Les empereurs avaient fait des exécutions publiques assez fréquemment. Un tribun ou un centurion suivi d'une troupe plus ou moins nombreuse se présentait ; les condamnés s'ouvraient les veines eux-mêmes ; d'autres se faisaient couper la gorge par un soldat ; au retour de la troupe, on faisait un rapport comme d'une expédition régulière : « Au Général, l'ordre est exécuté ». C'était un titre à la faveur de certains empereurs, et peut-être à l'avancement. Caligula témoignait sa prédilection pour un soldat d'une habileté remarquable à couper les têtes, les décolloandi artifex. « Mais le centurion ne sait pas toujours laisser au patient le temps de s'offrir dans l'attitude convenable ». Rubellius Plautus, surpris au milieu d'un exercice de gymnastique dans sa villa, fut massacré. Un consul désigné, Plautius Lateranus, de même saisi par le tribun Statius, qui, sans le mettre au cachot des esclaves, l'assassina. Cependant, ceux qu'on destinait à périr de la sorte ne faisaient pas toujours le marché de leur vie. Le fils posthume d'Agrippa, petit-fils d'Auguste, quoique attaqué à l'improviste sans armes dans son exil, se défendit vigoureusement, et le centurion n'en vint à bout qu'à grand'peine. En pareille circonstance, Silenus, soutenu par les forces que doublait la colère, fit bonne résistance au centurion et à sa troupe, et ne tomba qu'à la fin. On cilait, sous le règne de Didius Julianus, des centurions fameux par des meurtres de sénateurs. L'histoire des empereurs est remplie de pareils récits.
1117 Naient-ils ne part active dans les suppliques dans les Mémoires de l'Acad. des inscr., 1870, t. xxvi, 2e partie, p. 191-188 ; Mémoire sur la cohorte du préteur et le personnel administratif, dans les provinces romaines, dans les Mém. de l'Acad. des inscr., 1870, t. xxvi, 2e partie, p. 499-555 ; Lettre à M. Le Blant au sujet de la brochure intitulée : Recherches sur Les bourreaux du Christ, in-8, Paris, 1874. H. LECLERCO.
BOUTISTES, de Bouriort :, littéralement celui qui plonge, le plongeur, en donnant à ce mot la signification active, prêtre chargé, à la cérémonie du baptême, d'immerger le sujet dans la piscine. Suivant l'antique usage, le baptôme exigeait, dans les cathédrales du moins, le concours de trois ministres différents : l'évêque, à qui était réservée la bénédiction de l'eau ; le prêtre chargé de la partie rituelle de la cérémonie, récitation des prières, audition de la confession des catéchumènes, achèvement de leur instruction catéchétique ; et enfin le baptiseur proprement dit, autre prêtre qui avait pour fonction d'immerger le sujet ou de lui répandre l'eau sur la tête. L'usage romain a gardé quelque chose de l'antique tradition dans l'administration solennelle du baptême des adultes : la catéchèse préliminaire incombe à un prêtre, tandis que la consécration de l'eau et le baptême proprement dit sont attribués à l'évêque.
Comme il arrive souvent pour les fonctionnaires d'ordre inférieur, les notices ne sont point unanimes à mentionner les boutistes. Les plus anciennes définissent ainsi sa fonction : Bourrorns, brav etnn 6 lsosic Mas sûyuz The Banricems, laubaves ro mario xat Bareicer œutél. La rédaction de l'Eucologe officiel ne présente avec la précédente qu'une insignifiante variante : « Ofourirrns mea sinels tüv lempéa tucetyas the farriceus, xpéäve, elc. ?. D'origine postérieure, le second groupe de notices est néanmoins plus explicite, comme il est facile d'en juger : »O Bourisrns Torarar eù tt &yix xodvuLU mal à lepeds héyer sas eÛyde 0 GE oytspeus grauMpuiver co Us 4 ù Bourreashs Barrie rov méirovre Barrtofvart. Le rôle respectif des trois ministres est ici nettement déterminé. Quant au rang hiérarchique des boutistes, il était, d'après l'ensemble des notices, le septième dans le chœur de gauche. L'une d'elles a d'ailleurs bien soin de faire remarquer que le titre désigne une fonction ou une charge, mais nullement une dignité honorifique ; aussi n'est-il point surprenant que ce titre, à la différence de tant d'autres encore en usage, ait disparu avec la fonction elle-même. L. PETIT.
BRACELETS. Les bracelets sont des anneaux de modèle plus grand que celui dont nous avons recueilli un très grand nombre d'exemples et qui étaient destinés à être enfilés sur les doigts. Les bracelets se portaient soit aux bras, soit aux jambes, et leur usage est constaté dès l'antiquité la plus reculée. Leur forme, qui a été imposée par leur destination, est toujours plus ou moins voisine du cylindre, lorsqu'on cherche à s'en écarter. Toutes les matières ont été employées à la fabrication des bracelets ; cependant, à l'époque chrétienne, nous ne rencontrons qu'un nombre restreint de ces bijoux.
On avait des bracelets pour le poignet, recixaonua *, armillas, spatalia 7, et pour le haut du bras spintert, brachiale ; tantôt aux deux bras, tantôt à un seul, par exemple le spinter au bras gauche et le dextrocheriun au bras droit. Dès le temps de Pline, on avait adopté la coutume grecque des anneaux à la cheville, bracelets, des colliers, des épingles destinés à retenir les deux, negtoehiêes 1. La mode s'attache très longtemps à hausser l'éclat des défuntes. Une de celles-ci, représentée au type dit ôgerc, le serpent énlacant le bras ou le contournant en spirale ?, On peut rapporter à ce type ce que saint Cyprien écrit au sujet des bracelets : 8 Nec brachia includat aut colla de armillis et monili, bus calena pretiosa %, Clément d'Alexandrie, contre | N° 702% No 7025 | | | | | | | ä | N° 7028 | 1600. — Bracelet chrétien. ; c D'après L. Jacobi, Das Hümerkastell Saalburg, fg. 84. 2 « | 2 son habitude, est moins âpre qu'on pourrait s'y attendre, bras !. Un bracelet de bronze massif trouvé à Saalburg portant la crux ininiissa pourrait, d'après C. M. Kaufimann, remonter au Ve ou au VIe 4606)2. On a trouvé dans les cimetières des bracelets d'or, d'argent, de fer, de verre, ou ornés de verre, un bracelet chrétien le plus original qui nous soit parvenu fait partie de la collection du British Museum, depuis 4897 ; il avait fait partie plus anciennement du Cabinet Tysskiewiez (fig. 1607). Son origine est douteuse, on présume qu'il a été trouvé en Syrie. Il se compose d'un large bandeau en or formant fer à cheval que vient fermer un médaillon circulaire flanqué de deux appendices rectangulaires servant au jeu de la bière et du verrou de fermeture. La décoration du bandeau peut être rapprochée de certaines frises sculptées de la Syrie centrale, Au centre un vase d'où sort une double tige dans les enroulements de laquelle sont venus se loger des volatiles qui se font face coupar couple : deux faucons, deux fois deux cygnes et deux faucons. Le diamètre est de 0,0712 5, W. Frochner a publié un autre exemplaire de bracelet dans son recueil consacré à l'Orfèvrerie parmi les Collections du château de Goluchow », L'art copte ne pouvait manquer d'être représenté, malheureusement il l'est d'une manière peu intéressante par des bracelets d'un modèle et d'une décoration peu artistiques. Le musée du Caire en possède un en or, d'autres sont en argent, en bronze, en fer ?. Ils se composent d'un cercle ou jonc sur lequel sont méagés des médaillons de module variable, décorés de figures de saints ou d'orantes, Quatre bracelets d'argent pour enfants trouvés à Medinet-Abou (Thébes) n'offrent pas de décoration. L'un d'eux se termine par des têtes de serpents. C'est peut-être une allusion à la maxime :
Hole prudentes sicut serpentes 5, re H. LECLERCO. x DICT. D'ARCH. CHRÉT.
1129 BRACHIALE, D'après l'étymologie, ce mot, dérivé de brachium, semble désigner un ornement porté sur le bras : il parait cependant assez difficile d'identifier cet ornement liturgique avec ceux qui furent en usage dans les temps anciens, les Églises grecques et l'Église latine ne lui donnent pas la même destination.
1. Dans L'ÉGLISE GRECQUE. — Goar dit que le brachiale parait avoir été le manipule. Voici comment il s'exprime dans ses notes sur la messe de saint Jean Chrysostome : Tr érimuvieex, Éminaveme clan dicuntur quæ Meursius supermanicalia, ego brachala vel manipulos interpretor quæ nimirum brachiaHa manus carpo ad cubitum ferme tegant ét ornent ; et lunicæ manicis superposita, mixvto vocabulo ex Græco siniul et latino idiomate iripgavirea dicuntur. Soluta illa gerunt Græci el f une serico per illorum oras transversin acto, brachiis strictius alligant, ut Christi vincula ministri tolerantiam,ejus que aninium vigilém signijicent, Cette interprétation, dit Goar, est donnée par Siméon de Thessalonique et par un certain Balsamon dans sa réponse aux questions du moine Marcus ; ce qui me surprend c'est que Meursius attribue cet ornement aux seuls évêques, car l'usage reçu et la liturgie de saint Jean Chrysostome l'attribuent aux prêtres, et même des décisions plus récentes l'ont concédé aux diacres. Il est vrai que les seuls évêques pouvaient faire peindre ou broder sur ce manipule l'image du Sauveur ; les prêtres devaient le porter sans aucune image ou représentation. La liturgie de saint Jean Chrysostome dit que le prêtre portait cet ornement à chaque bras et donne la prière qu'on récitait en le prenant. Et sacerdos accipit supermanicalia, et in déxtra quidem manu, sic dicit : Dextera tua Domine glorificata est in virtute : dextera tua, Domine confregit inimicos ; et multitudine gloriæ tuæ adversarios contrivisii. At, in sinistre manu, dicit sie : Manus luæ, Domine, j'ecerunt mie él plasmaverunt mie *. | Catalani signale ce même ornement et invoque les mêmes autorités que Goar, à l'endroit où il parle de la bénédiction des ornements sacerdotaux #, Il.
Dans L'ÉGLISE LATINE, — Le mot brachiale reçoit une signification et une destination différentes de celles que lui attribue l'Église grecque. Sous ce nom, on désignait moins un ornement qu'un vêtement destiné à préserver les ornements du Souverain Pontife pendant qu'il administrait le baptême le samedi-saint, Brachiale, dit Zaccaria, sunt manicæ ceralæ quas induebat Papa in Sabbato Sancto, quando baptizabal ne sacra paramenta madefacerel ». Cette définition est formulée d'après la rubrique de l'Ordo Romanus XII auctore Cencio. Suivant Onufre qui lui a donné une nouvelle forme, ce document appartient au commencement du XIe et reproduit avec exactitude les anciennes pratiques de l'Église romaine : Est omnium velustissimus Ritualis sive cæremeanialis Liber in quo sanctæ illius et venerandæ veluslatis puritas et sinceritas, at que Romanæ Ecclesiæ in tractandis sacris et re divina celebranda summa cura et obserrantia inspicitur, Mabillon en a donné une édition annotée par lui 19, 9 Voici donc ce qu'on lit à propos des brachialia : Hoe facto, Pontifex revertitur ad eamdem Ecclesiam | 1 RSC à La 11923 BRACHIALE — BRADSHAW SOCIETY ibi que exuit se pallio et induit brachialia (seu braca- | an amended text with liturgical introduction, and-an lia) cerata, et revertitur ad fontes et baptizat trés pueros (seu parvulos). Comme on le voit, l'expression désigne tout autre chose que le manipule, dont il est parlé dans la liturgie de saint Jean Chrysostome.
J. BAUDOT,
BRADSHAW SOCIETY. But de la société et liste de ses publications.
Cette société, dont le titre exact est : Henry Bradshaw liturgical text Society, a été fondée en 1890, sous le nom de Henry Bradshaw, bibliothécaire de l'Université de Cambridge, qui s'était fait connaître durant sa vie comme une autorité de premier ordre dans les questions concernant les livres liturgiques du moyen âge ?. L'objet de la société est d'éditer les manuscrits liturgiques ou les livres liturgiques rares, et de préférence ceux qui appartiennent à l'Angleterre.
La Surtees Society (voyez ce mot) avait déjà édité plusieurs de ces livres liturgiques anciens, mais les règles de cette société exigent qu'on s'en tienne seulement aux provinces au nord de l'Humber, La Bradshaw Society n'est donc pas, à proprement parler, une rivale de la Surtees Society. On verra du reste par le catalogue que nous donnons quels livres liturgiques ont fait l'objet de son choix.
La première réunion fut tenue en novembre 1890, sous la présidence de l'évêque anglican de Salisbury, John Wordsworth ; le nombre des membres atteignit, presque dès l'origine, trois cent dix, et s'est maintenu à peu près à ce chiffre. Parmi les présidents d'honneur (vice-présidents), on comptait M. Léopold Delisle, sir Thomas Brooke, M, Whitley Stokes, sir Ed. Thompson, Parmi les membres les plus actifs, il faut signaler le docteur Wickham Legg, bien connu par ses publications sur la Liturgiologie, St. John Hope, et le Rev, Christopher Wordsworth, frère du président.
Nommons encore les Révérends H, A, Wilson, W.C. Bishop, Brightman, Howard Frere, F, E. Warren, et M. M, Cuthhert Atchlev, G. Birkbeck, dont les noms sont connus de tous les liturgistes.
Voici la liste des ouvrages déjà publiés :
Il. The Manner of the coronation of king Charles the First, 1626. Édité par le Rev. Chr. Wordsworth, M. A. in-8, déc. 1892.
VII. Tracts of Clement Maydestone, vit, defensorium directorii and crede michi. Édité par le Rev. Chr. Wordsworth, in-8°, oct. 1894.
VIII. The Winchester troper. Édité par le Rev. W. Howard Frere, in-8o, nov. 1894.
IX. The martyrology of Gorman. Édité par Whitley Stokes, membre correspondant de l'Institut, in-8, juillet 1895.
X. The Bangor antiphonarium, Part. II, containing | M. 3. Lawlor, in-8e, avril 1899. à | Dr. 3. Wickham Legg, in-8e, fév. 1904, usum Eveshamensis monasterii. Édité par le Rev. | Century missal formerly in the possession of the k | appendix containing an edition of Harleïan ms. Édité par le Rev. F, E. Warren, in-8, nov. 1895.
XI. The missal of Robert of Junrièges, Bi London, A. D, 1044-1051, and archbishop of Can in A. D. 1051. Edité d'après un ms. de la bibliothèque de Rouen, par le Rev. H. A, Wilson, in-8, juillet
XII. Missale ad usum Ecclesiæ Westmonasteriensis fase. 3, containing an appendix giving certain Office from Westminster mss, in the Bodleian Library and the British Museum, together with full indices, notes and a liturgical introduction. Édité par Dr, 3, Wickhan Legg, in-8&, nov, 1897.
XIII. The Irish Liber hyminorum, edited from mss. in the Libraries of Trinity College, and the Franciscan Convent at Dublin by the Rev. John H, Bernard, and Robert Atkinson, vol, 1, Text and glossary.
XIV. Vol. n, Notes and translations of the Irish Prefaces and Hymnes, in-8°, juillet 1898.
XV. The Rosslyn missal. An Irish manuscript in the Advocates Library, Edinburgh. Édité par le Rev.
XXVII. Traets on the Mass, Édités par le Dr. J. Wickham Legg, containing : | Ordinarium Missæ Sarum. From an early Mr. William Morris (with two collotype plates).
Langforde's Meditatyons for Goosly Exercyse in the tyme of the Masse. (Bodleian ms., W'aod 17.) Alphabetum seu Instructio sacerdotum. (Bodleran Douce 14.) Collated with four other editions. s) Dominican Directions for High Mass, from a XII century ms. (Brit. Mus, Add, 23.955), with an appendix on Low Mass from a Dominican missal printed at Missæ of John Burckard, Rome 1502, collated with a shorter recension from a Roman missal of 1501.
XXVIII. Customary of the benedictine monasteries of St. Augustine, Canterbury, and St, Peter, Westdinster. Édité par Sir Edward Maunde Thompson, vol. 1. Containing text of Cottonian Ms. Otho C, x1, and of part of Gonville and Caius College ms. 211, in-8° déc. 1904.
XXIX. The martyrology of ngus the culdee, Édité l'après une collation du ms. par Whitley Stokes, nov. 1905.
XXX. l'he mozarubic psalter (Brit, Mus. 4 dd.30 851). Édité par J. P. Gilson, du département des mss. du British Museum, nov. 1905.
XXXI, The Store missal, a manuscript belonging to the Royal Irish Academy, Édité par Dr, G. F. Warner, conservateur des manuscrits au British Museum, in-8v, vol. 1. Facsimile of the ms., nov. 1906.
XXXII, The Stowe mrissal, vol, 11, printed text with notes, introduction, and six collotype reproductions of the metal case in which the ms. is enclosed, in-8° (en préparation).
XXXIV, The order of the communion, printed by Richard Grafton, 1548. Edition facsimile par le Rev. M. A. Wilson, M. 4. (en préparation).
Voici la liste des livres qui seront édités plus tard :. The ordinale of Exeter, édité par le Rev. 1, N. Dalon, chanoine de Windsor, in-8e, _ Facsimilés of early miss. of the creeds, including an early copy of Quicun que vuli, from an Irish ms. in the Ambrosian Library at Milan (0. 212, sup.), Édité par le Rev. A. E. Burn, in-#s, … The liturgy of St. James, édilé par le Rev. F. E, Brightman.
The Hereford breviary, édité par le Rev, W, Howard Frere, and Langton E. G, Brown, vol, 11. Sanctorale, » The pontifical in the library of Magdalen college, Oxford (Ms. 226), an English manuscript of the twelfth century. Édilé par le Rev. H. A. Wilson.
. The second recension of Quigno n's breviary, édité par le Dr, J. Wickham Legg.
- Cranmer’s early projects for reform of the divine service, a complete edition of British Museum ms. Royal 7 ? B. iv. Édité par le Dr. 3. Wickham Legg.
. The Leofric collectar, an English manuscript of the eleventh century (Harl. ms. 2961). Édité par le Rev. &, S. Dewick,.
Pontificale Lanaletense, an English Ms. of the xith ntury, now in the Publie Library at Rouen. Édité par Léopold G. W, Wickham Legg.
The Colbertine breviary.
AMissale Gothicum, (Vatican ms. Reginæ 317.) Missale Francorum, et autres fragments des liturgies allicanes.
The Brigittine breviary of the nuns of Sion, with English rubrics. From a Ms. at Magdalen College, Cambridge, The monastie breviary of the church 6f Durhanr. (Harl. Ms, 4664.) Seventeenth century forms for consecrating churches in England, édité par le Dr, J. Wickham Legg.
Il s'est fait, principalement vers le haut moyen âge, qui s'enveloppaient les jambes dans de riches tissus. On a découvert des braies, il y a quelques années, dans les tourbières de Thorshjerg en Jutland. J. Quicherat y voit une pièce du costume celtique auquel les Cimbres de la péninsule danoise seraient restés fidèles jusqu'à leur extinction. M. Lindenschmit est disposé à dériver ces braies et d'autres parties de vêtement ouvragées dans le même endroit comme le produit de l'art celtique, car on rencontre dans certains cantons des bords de la mer du Nord l'usage de braies que leur ampleur fait ressembler à une jupe : en Angleterre, il n'est guère d'ouvrier travaillant la terre qui ne fasse usage d'une jarretière relevant le pantalon pour une confusion regrettable entre divers termes, notamment « braies » et « chausses ». On donne dés lors le nom de braies à des chausses alors que, d'après nos usages modernes et pour se faire comprendre en deux mots, il suffit de dire que les chausses sont ce que nous appelons « bas », tandis que les braies sont ce que nous nommons « caleçon » et « pantalon ». La confusion a pu venir de ce fait que, parfois, les chausses étaient assez longues pour composer le vêtement que nous appelons « maillot » et, ainsi, ne former qu'un avec les braies, En ce cas, le terme qui leur conviendrait serait celui de « braies à pied » ou « braies chaussées ». Les chausses étaient souvent d'une autre couleur et d'une autre étoffe que les braies, on en faisait de drap, de laine, de soie, brodées, passementées, et garnies de perles à la mode orientale, Chez les populations des Gaules, les chausses remontaient jusque aux genoux, et étaient maintenues, non pas seulement par des jarretières, mais par des lanières qui, partant de la cheville, s'enroulaient autour de la jambe pour venir s'attacher au-dessous du genou. Les braies amples tombaient à peu près à la même hauteur sous la tunique. Le coffre d'ivoire, conservé dans le trésor de la cathédrale de Troyes, et qui date du vii siècle, montre deux empereurs ainsi chaussés, Une autre confusion a failli être faite entre les bracæ et les hosæ. Les hosæ étaient non des braies liées à la cheville mais de hautes guêtres ou, si l'on préfère, des jambières, portées par-dessus les chausses, Le nom de hosa ou osa, qui est devenu heuse, hose et houseau, se rencontre pour la première fois à la fin du vi siècle ou au commencement du siècle suivant. Isidore de Séville nomme, sans les décrire, les ossæ ! dans lesquelles n'a justement reconnu les osæ ?, Vers le même temps (vi-vii siècle), l'empereur Maurice désigne les hosæ comme un vêtement gothique (Swordpex yotürxz*), Un siècle plus tard, Paul Diacre parlant des Lombards, ses compatriotes, compare leur costume au vêtement ample des Anglo-Saxons, Leur chaussure, dit-il ensuite, était ouverte presque jusqu'au bout de l'orteil (c'est le soulier découvert des peuples du Nord, très différent de celui des Romains) et il ajoute : Postea cæperunt hosis uli, super quos equitantes tubrugos | alors que ‘sont les hosæ dont le nom parait ir quelquefois plus bas, ce sont les bracæ, Paul | grand distingue ces de leur lieu d'origine après l | fait toucher quel que objet vénéré. Adrenit qui nobis pallulam holosericam valde vetua tal buit, dicens, ab hac Hierosolymis crucem Don | volutam f'uisse, rapportait en son temps Grég | Tours qui témoigne en outre du respect que l'on & birreos mittebant ; sed hoc de ramanorum consi dine trareruntt. « Après cela ils commencèrent à servir de hoses, par dessus lesquelles, pour monter à cheval, ils mettaient des tubruques de buré ; là un emprunt qu'ils firent aux usages romains. Qu'est-ce au juste que les Lombards empruntèrent aux Romains ? demande M. Saglio. Il est clair ” les hosæ, ce ne sont pas les tabruques ou (tubrugi), Pour ce dernier mot il n'y a aucune explication qu'en donne un contemporain, Is la signification qu'il a gardée aux siècles suivants, surtout l'emploi ici indiqué par Paul. bien comprendre qu'il s'agit de bas ou de bûches en laine épaisse, tirés par-dessus les hoses, de véritables houseaux ; on les mettait pour monter à cheval : plus précisément encore la botte ou la grande guêtre qui s'est toujours appelée heuze ou houzeau ? À J | renté manifeste entre les termes, ou, pour mieux dire, c'est le même mot qui s'est perpétué depuis l’a avec la même signification. Chez les peuples niques et scandinaves, hose a toujours dénoté de longs bas montant jusqu'au genou, brodés, un caleçon ou un haut-de-chausse | nous apprend que, dés avant leur établissement en Italie, au VIe, les Lombards enveloppaient leurs jambes jusqu'à la hauteur du genou de chausses bas de couleur blanche ou laissaient le bas des jambes nus comme les Anglo-Saxons, les Burgondes et les tribus franques. Dès lors aussi, sans doute, ils portaient comme ces peuples des caleçons ou des braies ; mais ces braies étaient trop courtes puisqu'elles laissaient les genoux à nu. Braie a donc été toujours le nom d'un vêtement dont les dimensions, l'ampleur et le mode d'attache ont beaucoup varié, Tantôt long, tantôt court, tantôt étranglant, tantôt flottant, s'arrêtant au-dessus ou au-dessous du genou ou tombant jusqu'à la cheville, Hose a anciennement, comme il a encore dans les langues germaniques, la même signification ; mais il a, dès les premiers temps où on le rencontre et il a tout à fait gardé une autre acception : c'est une chausse étroite, haute ou basse, puis la botte ou la guêtre qu'on nommée heusa ou houseau, recouvrant le bas de la chausse.
H. LECLERCQ.
BRANDEUM.
Les brandea appartiennent à | p des eulogies dans laquelle ils forment une catégorie distincte. Une autre catégorie représentée d'une manière bien plus complète par l'archéologie est celle des encolpia ou récipients destinés à contenir quelque chose qui venait d'un pèlerinage, d'un sanctuaire, d'un « beau, elc. Nous avons mentionné déjà plusieurs de ces monuments en étudiant les ampoules 5, On comprend sans peine que les ampoules en bois, en métal ou en terre cuite aient offert plus de résistance aux innombrables destructions qui se sont exercées contre elles, que les brandea, simples laines d'étoffe, que les fidèles transportaient parfois LL) | à : pour ces éléments : corrigias texti les faciunt eani que cirvcumdant, quas rursum pro benedictione recipiunt !. _ {ne semble pas possible d'établir avec précision où et dans quelles circonstances ces coutumes ont pris naissance la cou- “tume des brandea. Ce qui parait le plus vraisemblable ?, bien qu'on ne puisse citer aucun texte à l'appui, c'est que les corps des martyrs ayant été brisés, déchirés, fragmentés, on subit la nécessité de réunir les “membres épars sur le sol dans un suaire afin de les transporter au lieu de l'inhumation. Là le cadavre était préparé, enveloppé souvent de riches vêtements
et la toile qui avait hâtivement servi à recueillir et à transporter les restes devenait sans doute la propriété de quelques fidèles ou de celui qui avait prêté ce premier linceul*. Les plus anciens témoignages en faveur #2 de l'usage des brandea semblent inviter à y voir une s’ dévotion d'origine romaine, En 520, nous trouvons dans une requête adressée au pape Hormisdas, ces Paro les : Sancturia beatorum Apostolorun Petri et Pauli, secundum morem ei largiri præcipite, et, si po+ DEPANNOSUAVR :z0 TICIPAVUIKE-FERGI> BPM VEIV À ROMVLE- ?R : NAZA RICE L :
1134 test, ad secundam calaraclam ipsa sancluaria deponere*, Ces sanctuaria ne sont autres que les brandea. Grégoire de Tours nous apprend au sujet d'un pèlerin ad liniina apostolorum : Quod si beata auferre desidérat pignora, palliolum aliquod.., facit intrinsecus v. Saint Grégoire Ier, dans sa lettre à l'impératrice Conslantina, s'exprimé ainsi : /n pyride Grandeur mrittitur at que ad sacratissima Corpora Sanctorum poniur, Quod levaluni in eécclesia, quæ est dedicanda, debila cum véneralione reconditur®, Un Res ponsum de dedicanda basilica in honorer Apostolorum cité par Borgia contient en effet ces mots : In qua etiam benedictionen : de sanctuariis aposlolicis, id est palliola de ecrum confessionibus, tradidinrus collocanda, On peut donc supposer que la Paix de l'Eglise supprimant la source des brandea-sudaria, on voulut suppléer à cette disparition par l'adoption d'une coutume consistant à faire toucher la tombe des martyrs par des linges qui étaient censés avoir touché les corps eux-mêmes.
Sans doute la substitution avait provoqué quelque résistance. On s'était refusé à attribuer la même dignité et les mêmes vertus aux brandea qu'on était habitué à concéder aux brandea-sudaria, Des Grecs, paraît-il, s'étaient montrés incrédules et il n'avait pas fallu moins qu'un beau miracle pour les réduire au silence, Ceci s'était passé vers le temps du pontificat de Léon ler, Dum quidan græci de talibus reliquiis dubitarent prædictus Pontifex hoc ipsum brandeum allatis forfi- | cibus incidit, et ex ipst incinione sanguis effluxil 1, Ce texte tendrait en outre à confirmer l'origine occidentale de cet usage à l'égard duquel les Orientaux avaient des doutes. Remarquons encore que ces bran- | ea portent, dans le texte rapporté par Borgia, la désignation déjà plus claire de palliola. Toutefois les dimensions de ces lambeaux de lissus ne doivent pas être exagérées, On peut se faire une certaine idée d'un volume qu'ils ne dépassaient guère d'aprés les dimensions des récipients qui les contenaient. Nous avons PAU à 7 — TS x … _. me ra ENT qu qui donné la figure et les dimensions d'un de ces coffrets en étudiant l'archéologie de l'Afri que ?. Le texte cité plus haut d'après $. Borgia nous apprend que les brandea étaient parfois enfermés parmi d'autres reliques dans l'étroite cavité désignée sous le nom de « tombeau de l'autel » ; enfin le précieux coffret d'argent trouvé dans l'église Saint-Nazaire, à Milan #, contenait quelques débris, à demi consumés par le temps, de brandea *. Un autre récipient, sorte de petite ampoule en terre cuite recouverte d'une feuille de plomb a servi de sepulcrum altaris à une époque bien postérieure dans une église à Rome. Les dimensions nous montrent que, même au moyen âge, on s'est contenté de reliques minuscules et une série de coffrets ayant reçu une destination identique pendant la période intermédiaire entre les deux monuments que nous avons rappelés 5, nous montre que, quelle qu'en fût la matière première, l'argent comme à Milan, à Grado et à AïnLizara, le bois comme à Fiano, la terre cuite comme à Rome, les brandea enfermés dans ces vases ont dû être peu volumineux. Le vase en terre cuite de Rome est, nous l'avons dit, pourvu d'un couvercle de plomb sur lequel on lit, dans une‘écriture du xii siècle, la mention de la présence de brandea parmi les reliques, ou peut-être constituant les seules reliques 7 : + DE PANNO S LAVRentii ZOTICI PAVLINE SERGli et Bachi. PRIMITIVI VELVM AGATHE ROMVLE « ï Redemptæ NAZARII et CElsi (fig. 1617).
On conserve à Saint-Maximin, en Provence, un couvercle de sarcophage dont les sculptures n'offrent rien | d'étoffe que a d'abord pesé ; puis il jetés, il veille :
anti que, d'une large dalle sur le devant de lac | dans un espace libre de tous côtés, Elle s'explique f | lement, au contraire, si l'on se reporte aux textes anciens de particulièrement digne d'attention, ce sont : la résurrection de la fille de Jairus, la remise des clefs à saint Pierre et la multiplication des pains et le sacrifice d'ouverture ou de géance à « réar » tombes saintes, objet de la vénération publique, Grégoire de Tours va nous commenter, si la requête est résolue. Celui qui veut ériger une relique introduit de même quelque merveille ! si sa foi est suffisante, l'étoile est tellement imprégnée de la vertu divine que le poids en a de beau coup augmenté. Le suppliant apprend ainsi que sa demande est exaucée. On racontait des faits du même genre dans tous les pèlerinages un peu célèbres, si Martin à Tours, saint Étienne à Uti que révélaient d'ailleurs les brandea la vertu que contenait leurs tombes ti Evodius rapporte qu'affligé d'une paralysie de la langue, un habitant d'Uti que vint implorer le secours il passa une étoffe qu'il tendit avec la main jusqu'à l'endroit qui contenait les reliques ; puis, la retirant, il la porta à sa bouche et en loucha sa langue. Ce fut ainsi que sa foi lui permit de recouvrer l'usage de la langue.
Le couvercle de Saint-Maximin est formé, selon les descriptions, à angle droit, l'étroite bande sculptée dans laquelle s'ouvre la fenestella ; il n'a que deux ces sa coupe présente la forme indiquée ci-contre (fig. 161) de telle sorte qu'à l'heure actuelle on ne peut prendre la raison d'être d'une entaille qui donne accès aux prières et aux brandea qui nous montrent les tombes saintes ornées d'une grille ou de quelque ornement qui en voilait le sommet et rendait dés lors nécessaire une fenestella ouverte aux brandea et aux prières !
Peut-être l'expression nomen martyris nous donne-t-elle un équivalent de brandea. La mensa de Tixter présente l'énumération d'un certain nombre de reliques, on lit ensuite : Nomina martyrum Datiani, Donatiani, Cypriani, Nemesiani, Citini et Victoris. D'après M. A. Audollent, il ne s'agit pas ici d'une sépulture. « Il est plus simple, dit-il, de rapprocher cette formule d'une autre bien connue : memoria ou memoriae suivi du génitif. La construction est identique. Aussi proposerions-nous de traduire nomen et nomina par reliques, tout comme memoria et memoriae. » Sa re A'Youks nous apprendrait que les reliques du martyr Calendion étaient vénérées dans le pays.
S AIVTE : S : QVI BOT VM CONPLE BERV
T À Aïn Regada nous trouvons deux formules analogues :
O NOMINA O
ROV NIVAL :S
FORTVNATV
NOMI
Entin à Henchir-Guessés fleuves, avec les brebis au bas (fig. 1620). Une phrase du sacramentaire grégorien s'applique bien à notre sarcophage : In ovium tibi placitarum benedictionem æter-
DEV N
| Fenguperes cure pour les fidèles. Sur plusieurs cuves funéraires nous voyons, en effet, la substitution des brebis aux défunts et réciproquement.
IL
1139 Une mosaïque trouvée dans la basilique de Damousel-Karita, à Carthage, est entrée parmi les collections du musée Lavigerie. Elle consiste dans l'angle supérieur de droite d'une mosaïque funéraire. Au-dessus d'un paon de profil, tourné à gauche, se voit une brebis à large queue, de la race commune en Tunisie, et une fleur avec une partie de sa tige. L'encadrement est formé de rectangles et de losanges alternés. Les couleurs de la mosaïque sont vives et variées ! (fig. 1621).
H. LECLERCO.
BREFS. Voir BULLE.
|. BASILIQUE SAINT-SAUVEUR. — Au premier rang des antiquités chrétiennes de Brescia doivent prendre place la basilique du Saint-Sauveur et la Rotonde.
La basilique du Saint-Sauveur, quoique éclipsée par l'église de Sainte-Julie, mérite seule cependant de retenir l'attention de l'archéologue. Malgré des mutilations nombreuses, ce qui subsiste conserve encore un intérêt d'ensemble. Tout ce qui reste de la construction primitive consiste dans les murs d'enceinte du levant, du nord et du midi, dans les colonnes avec les arcs en plein cintre qui les réunissent, et dans la confession. Comme l'église moderne de Sainte-Julie et la basilique du Saint-Sauveur sont construites l'une au bout de l'autre, la façade du Saint-Sauveur a été démolie pour faire place au chevet de Sainte-Julie. On a remplacé la toiture primitive en charpente par une voûte en berceau sur la nef principale et des voûtes d'arêtes sur les bas-côtés. L'abside ancienne a été rasée au niveau du pavé, cependant la disposition de la confession montre qu'elle était unique et qu'elle avait une profondeur notablement plus grande que le rayon de son demi-cercle. À l'époque où fut construite la basilique, on ne doit pas être surpris d'y voir faire usage de matériaux de remploi. Les douze colonnes de marbre ou de granit de la nef actuelle proviennent d'édifices détruits, quatre d'entre elles paraissent avoir été retaillées sur la plus grande partie de leur longueur, soit pour mieux proportionner leur diamètre avec leur nouvelle hauteur, soit afin de les raccorder avec le chapiteau qui leur était destiné. Ces chapiteaux appartiennent à trois types distincts dont les profils donnent lieu de penser que plusieurs d'entre eux au moins proviennent de monuments plus anciens.
Les bases diffèrent les unes des autres par le profil, par le diamètre, par la hauteur au-dessus du pavé ; ce sont également des matériaux de remploi.
La confession s'étend sur toute la largeur des trois nefs, c'est une crypte ayant trois accès et située sous les deux dernières travées des nefs et l'ancien chœur. La partie antérieure est divisée longitudinalement en neuf nefs et transversalement en quatre par vingt-huit supports isolés, très rapprochés entre eux et que relient de petites voûtes d'arêtes. Cette confession n'a pas reçu de modification notable dans la suite des siècles ; elle a conservé les dimensions primitives. Les chapiteaux sont en calcaire blanc, quelques-uns en marbre blanc, leur décoration feuillagée est assez délicate pour mériter une mention ; quelques-uns portaient des figures humaines ; dont voici l'indication sommaire : Martyre de sainte Julie, — Sa glorification — Martyre de saint Hippolyte, — Conversion par le sceptre dans la main et un vase sous les pieds, — Lutte de Jacob avec l'ange, — Saint Michel Archange tenant d'une main une croix et de l'autre une lance avec laquelle il terrasse le démon. — Symboles des quatre évangélistes. — Cerf poursuivi par un chien, — Combat d'un homme contre un lion, — Figures hybrides terminées par des queues de poissons.
« L'abside, écrit M. De Dartein, correspond par sa largeur aux trois nefs du milieu de cette partie antérieure. La nef centrale s'y continue entre quatre piliers carrés, réunis dans le sens longitudinal par des arcs en plein cintre : ces piliers, ainsi que les arcs qu'ils supportent, sont construits en briques. L'abside souterraine n'est pas voûtée, mais recouverte par des dalles en marbre longues et minces, qui s'appuient sur les arcs décrits ci-dessus et sur des pièces transversales en marbre, disposées comme des poutres, dans les intervalles des arcs et du mur d'enceinte. Les plus longues de ces traverses, situées au droit des premiers piliers, sont soutenues en leur milieu par de légères colonnettes carrées en pierre calcaire. Le dessus des dalles qui forment le plafond de l'abside souterraine et qui a :
parc | | an à
(ARCHÉOLOGIE)
1142 formés d'un sluc rosé très résistant : le caractère de ces moulures n'est pas assez nettement déterminé pour permettre de hasarder une date. La date du monastère du Saint-Sauveur est attestée par des documents explicites qui fixent la construction à l'année 760. Toutefois, on peut hésiter un peu à faire remonter à cette époque les parties les plus anciennes de la basilique. Les preuves positives se trouvent toutes dans le caractère de l'architecture. Or, il est de toute impossibilité de faire dater la basilique du Saint-Sauveur du ix ou du Xe, elle ne peut être postérieure au VIe comme le prouvent surabondamment la simplicité des dispositions, le peu de relèvement du pavé de l'abside au-dessus de celui des nefs. Lx de US se Fe servaient en même temps de pavé à l'abside supérieure, se trouve élevé de 0m au-dessus du sol de la nef, de sorte qu'il y avait deux ou trois marches à gravir pour passer de celle-ci dans la tribune. L'abside souterraine recevait le jour par cinq fenêtres à présent bouchées, dont la hauteur au-dessus du pavé prouve que, dès l'époque de sa construction, la confession était profondément enterrée. La disposition du plafond que nous venons de décrire est assurément très curieuse et très originale : elle rappelle le système de fermeture des monuments antiques, antérieurement à l'usage des voûtes, et on ne les retrouve dans aucun autre des édifices construits au nord de l'Italie pendant le moyen Âge. On remarquera la longueur excessive et inutile de la tablette interposée, en guise de sommier, entre la traverse de marbre et le chapiteau de la colonnette : ce détail trahit la barbarie des constructeurs. La colonnette ressemble beaucoup, quant aux proportions et au caractère du chapiteau, à celle du jubé de Sainte-Marie-en-Val, de Cividale. Un autre détail intéressant consiste dans les moulures du bandeau de couronnement et de l'archivolte des arcs longitudinaux, qui sont dé la profondeur à laquelle la confession est enterrée, et même de l'abondance des matériaux précieux entrés dans la construction et dans la décoration. Ce sont là des caractères d'antiquité qu'on rencontre avant le VIIe et qui autorisent à se demander si la basilique ne serait pas antérieure à cette époque. L'examen détaillé du monument n'autorise pas cette induction. « Les chapiteaux byzantins qui surmontent les deux premières colonnes de la file gauche dans la nef principale sont évidemment plus anciens que les autres : il est aussi à remarquer qu'ils se raccordent mal avec les fûts qui les portent. Les deux observations permettent de conclure qu'ils n'ont pas été faits pour la basilique et qu'ils proviennent d'un monument plus ancien. Comme le profil de ces chapiteaux, ainsi que le caractère de leurs sculptures, ne comportent pas une date plus ancienne que la dernière moitié du VIe, il s'ensuit que la basilique du Saint-Sauveur ne peut avoir été construite que postérieurement à cette époque, c'est-à-dire sous la domination des Longobards.
1143 Dés lors, il est naturel d'admettre qu'elle a été bâtie en même temps que le monastère. L'examen des autres chapiteaux de la nef vient à l'appui de cette conclusion : car les sculptures qui les décorent paraissent dater d'une époque intermédiaire entre celle de la décadence romaine et celle des premiers monuments du style lombard. Tout bien considéré, la basilique du Saint-Sauveur peut passer à juste titre pour un édifice du milieu du vii siècle, » M. De Dartein ajoute ces considérations que nous nous reprocherions de ne pas reproduire comme pour mieux y souscrire : « Il peut paraître singulier qu'au milieu du vi siècle, à une époque où l'architecture religieuse devait être en voie d'éprouver des changements considérables, puisque moins d'un siècle plus tard, on commençait la construction de Saint-Ambroise de Milan, il ait été élevé au nord de l'Italie, une véritable basilique romaine, comme celle du Saint-Sauveur, Un pareil fait, qui d'ailleurs peut trouver son explication dans la persistance du type basilical à Rome et dans les environs, voire même jusqu'à Lucques, prouve combien il faut se garder des principes absolus, si l'on prétend faire l'étude consciencieuse de l'architecture d'une contrée. Il montre que la transformation progressive de l'art, comme celle de toutes les choses humaines, n'est pas exempte de ces retours vers le passé, dont il est si difficile plus tard de donner la cause certaine, ou même une raison probable , » Tandis que, dans l'Italie du nord, un nouveau style commençait à se développer, les anciens types restaient en usage. Presque toutes les églises bâties en Italie pendant les règnes de Luitprand et de ses successeurs ressemblaient à la basilique du Saint-Sauveur, aussi, comme l'a reconnu tout le premier M. De Dartein, n'y a-t-il pas lieu de s'étonner qu'on eût bâti, au vii siècle, l'église Saint-Sauveur en forme de basilique latine, attendu qu'on a continué d'élever, dans la Lombardie même, pendant toute la durée de la période lombarde, des basiliques à files de colonnes ,
II, La RotoNDE. — La Rotonde de Brescia, longtemps attribuée à la reine Théodelinde, est un édifice contemporain de Charlemagne# ; elle fut fondée par le comte Raimond et servit de cathédrale lors que, vers l'année 800, la basilique Saint-Pierre, bâtie par l'évêque Anastase, fut brûlée, Celle-ci était une basilique à trois nefs couverte par des toitures en charpente. Ayant été réparée à la suite de l'incendie de 800, elle continua à servir de cathédrale en même temps que la Rotonde, Brescia eut alors deux cathédrales (l'une dédiée à saint Pierre pour l'été, mater ecclesia æstiva, l'autre dédiée à la Vierge, pour l'hiver, mater ecclesia hiemalis. Cette dernière est la Rotonde. Elle appartient au type des rotondes annulaires que nous avons rencontrées à Sainte-Agnès, à Rome. Elle se compose d'une salle ronde de 19m60 de diamètre, entourée par une galerie de circulation de 5m50 de largeur. La voûte repose sur un tambour hémisphérique porté par huit piliers reliés par des arcs en plein cintre. Le sommet de la voûte est à 25m68 au-dessus du pavé. Elle supporte directement la couverture en tuiles et les tympans sont évidés par une petite galerie annulaire voûtée, Le tambour a eu à subir des changements regrettables. Les anciennes fenêtres, étroites et nombreuses 5 ont été remplacées par cinq ouvertures, La galerie annulaire présente une disposition remarquable, De chaque pilier partent deux arcs en berceau qui vont rejoindre le mur d'enceinte, de manière à dessiner des rectangles correspondant aux intervalles des piliers, et des trapèzes correspondant à leurs
BRESCIA (ARCHÉOLOGIE)
| assez grandes pour qu'on s'ingéniât à les éviter, | sont motivés probablement par les escaliers conduisant | dans la tour, | Ce pavement de la Rotonde doit être resté, à l'origine, irrégulier. L'intérieur est couvert d'une épaisse niche du couronnement, divisent la surface circulaire en pleins. Les trapèzes sont recouverts par des voûtes en berceau et les rectangles par des voûtes d'arête, Cette diversité, que ne justifie point l'épaisseur uniforme du mur d'enceinte, tiendrait, d'après M. De Dartein, au motif suivant : si les compartiments rectangulaires avaient reçu une voûte en berceau, il aurait fallu placer les naissances des voûtes au-dessus des arcs qui réunissaient les piliers ; on se serait trouvé conduit à relever notablement la toiture de la galerie annulaire et, par suite, les fenêtres percées dans le tambour de la voûte centrale, ainsi que la voûte elle-même, ce qui eût entraîné des dépenses et engagé dans des difficultés.
Quelques modifications ont été apportées à l'aspect du monument primitif qui comportait, à l'entrée, une tour carrée (qui s'écroula le 5 mai 1708). Dans l'entrée se trouvait une tribune, qui s'étendait probablement sur l'emplacement occupé par le crypte Saint-Phélastre, et dont les dimensions en largeur et profondeur étaient considérables, De part et d'autre de l'entrée, le mur d'enceinte offre des renflements. Chacun des compartiments de la galerie annulaire comptait deux fenêtres. On a bouché ces anciennes fenêtres et on les a remplacées par d'autres de dimensions différentes. Les anciennes fenêtres avaient environ 2m50 d'ouverture sur 2m95 de hauteur. À la Rotonde comme au Saint-Sauveur, la détermination qu'un relèvement insignifiant du pavé, à peu de chose près, au même niveau que l'ancien, Par l'exhaussement continuel du sol, le pavé est maintenant à plus de trois mètres au-dessous du niveau de la place voisine. Une différence de niveau de quatre hauteurs de marche existe entre le pavé de la galerie annulaire et celui de la salle centrale. Les muraillons de la Rotonde sont en petits moellons de crépi et de badigeon. Les piliers reposent à base et jusqu'à une hauteur d'environ deux mètres sur de gros blocs de pierre de taille. Le tambour eût été, dès le principe, entièrement isolé. La Rotonde est encore couverte, en majeure partie, par de grandes tuiles plates à rebords, dont les couvre-joints sont à section semi-circulaire, La largeur de ces tuiles varie de 0m40 à 0m50, et leur longueur de 0m40 à 0m50. La Rotonde est donc un édifice purement romain quant à la disposition et au système de construction ; seule la décoration témoigne que l'influence byzantine a trouvé à s'exercer sur cet édifice, Contemporaine de Charlemagne, la Rotonde de Brescia semble avoir, dans une certaine mesure, difficile à déterminer, subi dans sa disposition quelque réminiscence de la rotonde d'Aix-la-Chapelle. Toutefois, cette dernière n'était qu'une reproduction servile d'un plan byzantin, ser-
BRESCIA (ARCHÉOLOGIE)
1146 Chrétien dont on a relevé la trace lors que, au milieu de la muraille opposée aux absides et à deux mètres environ au-dessus du pavé, on découvrit une ouverture cintrée au fond de laquelle se trouvaient cinq cercueils rangés parallèlement. Les extrémités de ces tombes avaient été taillées pour faire place aux fondements de la Rotonde, il en résulte qu'ils sont antérieurs à la construction de cet édifice. Ils sont également antérieurs à la crypte, attendu que les maçonneries de celle-ci contiennent des morceaux de terre cuite pareils à ceux qui supportent les dalles des tombes.
La crypte offre des colonnettes et des chapiteaux dont il est difficile de rien dire, Ces chapiteaux sont des ouvrages de l'extrême décadence romaine, des ouvrages à peine vilis qui peuvent expliquer le désir d'utiliser une décoration byzantine dérobée à un édifice de Ravenne. La Rotonde lombarde témoignait au contraire de tendances artistiques neuves et fécondes. L'adoption d'une décoration byzantine suffirait à elle seule à montrer combien profondément l'influence grecque avait modifié le goût artistique des populations du nord de l'Italie. Par un véritable tour de force, il s'agissait maintenant d'appliquer cette décoration byzantine sur un édifice complètement romain.
Le crypte de Saint-Philastre, située en dehors de la Rotonde et dans son axe longitudinal est profondément enterrée dans le sol. La crypte est divisée en cinq nefs sur la moitié de sa longueur ; pour la seconde moitié, seules les trois nefs du milieu se continuent jusqu'aux petites absides du chevet. Ces nefs sont séparées par seize colonnettes sur lesquelles posent les retombées des arcs en plein cintre et des voûtes d'arêtes dont se compose le plafond, Sur l'emplacement de la crypte de Saint-Philastre devait se trouver quelque cimetière barbare dont il semble impossible de tirer aucune indication. Le témoignage le plus ancien que l'on ait de l'existence de la crypte de Saint-Philastre se rapporte à l'année 838. Il semble naturel de regarder cette construction comme une confession bâtie pour la Rotonde et en même temps que cet édifice, d'autant plus qu'elle est disposée sous l'emplacement que devait occuper la tribune. Cette crypte ressemble d'ailleurs à celles que l'on construisit depuis sous la plupart des églises lombardes.
Un diptyque consulaire de Boëce (487), n'offre rien de particulièrement intéressant, Sur le der feuillet on voit le consul debout sous un fronton supporté par deux colonnes, tenant de la main gauche le sceptre surmonté d'un aigle et de la droite la mappa ; à ses pieds des sacs d'argent. L'inscription de la partie supérieure porte : NAR ( ?) MANL(ius) BOETHIVS Viur) Cilarissimius) ET INL{ustris) Au tempan, dans une couronne de laurier, un monogramme, Sur le 2° feuillet, reproduit ici (fig 1622) le consul, dans le même costume que sur le premier feuillet, est représenté assis, À la partie supérieure on lit : EX P{ræfecto) Pirætorio) P(ræfectus) Virbi) SEC(unduni) CONS(ul) ORD(inarius) ET PATRIC(ius), Même monogramme que dans le feuillet précédent, Hauteur 0m34, largeur 0m195 t, Le diptyque de Boëce vient d'être l'objet d'une étude qui ajoute grandement à la valeur artistique de ce précieux ivoire, Au revers de ce diptyque se trouvaient deux peintures qui avaient jusqu'à l'année dernière échappé à l'attention des antiquaires, Odorici et Garrucci leur avaient accordé une mention insuffisante ., M. Antonio Muñoz vient d'appeler l'attention sur ces peintures et Ci | 1 nt PP | | AI trop négligées. Comme un grand nombre d'autres diptyques profanes, celui de Boëce passa à l'usage ecclésiastique. Les diptyques en usage à la messe se rapporaient soit aux vivants soit aux défunts ; celui de Boëce fut appliqué aux défunts ainsi qu'en témoignent les peintures qui représentent la résurrection de Lazare et les trois docteurs, Jérôme, Augustin et Grégoire. Audessous on lit ces mots : QVOS DEO OFFERIMVS séparés par une sorte de cordelière les noms des défunts qui furent grossièrement effacés lorsqu'on voulut changer le diptyque des défunts en diptyque des vivants ; mais quand se fit cette substitution le sens des règles anciennes pour les diptyques était fort oublié et
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on ne se préoccupa pas le moins du monde des peintures spéciales aux défunts. Garrucei a essayé de déchiffrer les noms effacés, il a cru lire ceux de Philastre et d'Anatalonte, anciens évêques de Brescia, ce qui permettrait de croire que le diptyque est en possession de cette église depuis un temps très reculé, L'inscription relative aux vivants est ainsi rédigée :.
NRA
1149 diptyque y ait été peint. M. Muñoz a insisté, avec raison, sur les points de contact assez frappants entre la scène de Lazare sur l'ivoire de Brescia et les représentations d'inspiration orientale de cette scène. La figure que nous en donnons est assez claire pour qu'il doive suffire d'indiquer les teintes de l'original, La miniature se détache sur fond vert tendre tirant sur l'azur, Lazare, à droite, sort d'un édicule de couleur cendrée, surmonté d'un tympan triangulaire et d'un toit à écailles. La momie de Lazare est debout, dressée dans son sarcophage. Un serviteur, vêtu de rose clair, tient le couvercle du sarcophage et se bouche le nez de la main droite ; à droite deux juifs en tunique blanche et pénula marron ; le premier fait un geste de surprise, Le Christ debout, en face du monument, porte la tunique blanche, le manteau brun, les sandales, il a la barbe noire et « de longs cheveux noirs. Dans la main gauche il tient un rouleau, et lève la droite. Marie, dans un manteau ri violet, est agenouillée aux pieds du Christ ; elle tend les mains vers le maître. Enfin derrière Jésus se tient un apôtre en tunique et pallium blanc, sandales, cheveux noirs, il se bouche le nez de la main gauche. Toutes les couleurs sont fort affaiblies, Les trois Docteurs sont également sur fond verdâtre.
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1150 de brodequins, tient une lance de la main droite et de la gauche des tablettes ouvertes ; à droite, une femme drapée, la main droite relevée à hauteur de l'épaule. Entre ces personnages un amour et un chien, % feuillet : Même architecture avec deux rideaux courant sur une tringle. A droite, une femme la main appuyée sur la hanche caressant de la main droite le menton d'un adolescent imberbe, debout auprès d'elle, chaussé de brodequins, coiffé du bonnet phrygien, appuyé sur une lance et sur un bouclier. Ces personnages paraissent représenter Hippolyte et Phèdre, Diane et Endymion. Hauteur 0,25, largeur 0,14, Le musée de Brescia possède un diptyque consulaire de Lampadius, sur lequel est représenté un quadrige dépassant la meta du cirque. Cette meta est figurée par trois cônes, Le second stade nous fait voir la spina du cirque sur laquelle se dressa l'obélisque orné de hiéroglyphes ; les cochers sont munis de la sirpicula ?. Le musée de Brescia (musée Quiriniano) possède enfin un coffret d'ivoire, véritable merveille que l'archéologie chrétienne ne saurait trop étudier et commenter, La cassette de Brescia (appelée aussi Lipsanothèque de Brescia) est le plus beau des ivoires chrétiens. Elle a perdu sa forme primitive et les panneaux sont agencés en forme de croix ; mais, malgré cette disposition arbitraire, il est facile de la reconstituer, L'ensemble constitue un vrai chef-d'œuvre, au sens le plus rigoureux de ce mot, Le coffret de Brescia nous fait saisir sous leur aspect le plus vif les qualités de délicatesse et d'imagination de la Renaissance constantinienne,
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« noblesse de la figure et des gestes, souplesse des draperies, précision et sobriété du décor, technique digne de la meilleure antiquité !, » C'est tout un poème fait d'épisodes de la Bible, sans intention mystique d'ailleurs et sans unité rigoureuse . Les réminiscences d'œuvres classiques apparaissent dans plusieurs groupes et sujets isolés ; une des moins discutables est la mort d'Ananie copiée sur les représentations païennes de la mort de Méléagre. Les réminiscences des types ornementaux des catacombes ne sont pas moins évidentes, les colombes affrontées, le buste du Christ imberbe ne laissent à ce sujet aucun doute. On remarquera que, dans un seul cas, les scènes sont séparées par un motif d'architecture, des pilastres ; nulle part on ne voit l'emploi des arcades qui deviendra peu après si fréquent sur les sarcophages, Ici les épisodes bibliques rappellent par leur disposition l’enchevêtrement des scènes sur le sarcophage de Velletri, Dans la série de médaillons contenant les bustes du Christ et des apôtres, Jésus ne porte pas encore le nimbe, que nous verrons adopté dans la décoration de la cassette est un Les Fax Lu La ' de PT Tr apôtres, Jésus ne porte pas encore le nimbe, que nous verrons adopté dans les bas-reliefs et les mosaïques du v* siècle. Le symbolisme primitif n'est plus le symbolisme primitif, mais c'est l'époque de transition, et déjà on remarque la tendance de cette époque à substituer au pur symbole les scènes historiques. Par exemple, le Bon Pasteur garde entouré de son troupeau, mais la scène se complique d'un tiers, Plusieurs sujets peuvent avoir été intentionnellement rapprochés ; c'est le cas pour Judas pendu et Ananie mourant, victimes tous deux d'une sordide avarice, Les bustes du Christ et des apôtres remplissent quatorze médaillons : Jésus et les douze, avec Marie remplacant Judas, et saint Paul. _ 0 Une partie des scènes bibliques figurées sur la cassette semble n'avoir jamais été traitée ailleurs par les artistes chrétiens, La raison est aisée à comprendre. Ce précieux coffret était un objet de luxe que son prix élevé devait faire conserver avec grand soin dans quelque riche demeure où il restait ignoré de tous. Si on peut expliquer ainsi qu'il n'ait, malgré sa perfection et la profusion des scènes, exercé aucune influence sur l'art postérieur, on peut néanmoins se demander dans quelle mesure il procède de l'art chrétien du iv siècle. Si on rapproche diverses scènes des épisodes analogues trouvés sur les fresques des catacombes, on constate tout de suite que le tabletier s'en est visiblement inspiré. Par exemple, on ne peut garder l'ombre d'un doute à ce sujet pour les trois scènes de Jonas : jeté au monstre, rendu sur le rivage, couché sous le cucurbit ; — la résurrection de Lazare : — la guérison d'un aveugle ; — Daniel entre les lions ; — et même le Bon Pasteur. Mais les autres scènes sont trop neuves et n'offrent dans le passé aucun point de comparaison, en sorte qu'on ne peut dire avec certitude si elles sont inspirées de modèles anciens, Les meubles et les vêtements témoignent d'un certain souci d'exactitude, Le costume de Pilate, avec la vestis picta (vêtement de cérémonie des consuls romains orné de callia culés, de croisettes et d'étoiles d'or) avec le manteau lui-même sur l'épaule droite, commence à se rapprocher des somptueux habits à la mode orientale que portent les consuls figurés au Ve sur les diptyques. Le lit de parade sur lequel repose la fille de Jairus est sculpté avec soin. Le profil du dossier est dessiné par le corps d'un dauphin, l'oreiller porte une broderie. Tous ces traits sont d'une rigoureuse exactitude archéologique. 0] Cou Le siège (bisellium) sur lequel est assis Pilate rappelle un meuble à peine différent trouvé à Pompéi ; il a la belle forme du siège des décurions et des augustales. Ce sont là autant de traits qui confirment la date constantinienne du coffret. Nous allons maintenant énumérer les différentes scènes. Le couvercle, en forme de rectangle allongé, est à deux registres et représente une suite d'épisodes de l'histoire de la passion (fig. 1624). Ce sont : 1° Jésus au Jardin des Oliviers attendant la troupe qui doit l'arrêter ; 2° L'arrestation de Jésus ; 3° Le reniement de saint Pierre à l'instant où le coq chante ; 4° Jésus traduit devant Caïphe ; 5° Jésus devant Pilate qui se lave les mains. L'artiste n'ose encore aborder la représentation des scènes sanglantes du couronnement d'épines, qu'on rencontre une fois au iv siècle, dans les catacombes, et du crucifiement que nous rencontrerons un siècle plus tard sur les bas-reliefs de la porte de Sainte-Sabine.
Les parois sont ornées de larges panneaux encadrés par des bandes étroites et dominés immédiatement au-dessous du couvercle par une frise contenant les quinze médaillons.
Les deux grandes faces de la cassette offrent chacune trois scènes dans leur panneau central, Au milieu, le Christ, dans la synagogue, lit aux Juifs le rouleau contenant la prophétie d'Isaïe relative à sa personne (Luc., iv, 16-22 et à sa mission, D'un côté, on voit la guérison de l'hémorroïsse ; de l'autre, le Bon Pasteur qui, ainsi que dans les plus anciennes représentations pastorales, a auprès de lui un chien qui bondit vers son maître en aboyant jovialement (fig. 16%, En bordure, nous voyons une série de petites scènes piquantes dans le goût de l'ancien symbolisme : Jonas, Suzanne, Daniel ; tandis que le coq du reniement de saint Pierre et le Poisson mystique encadrent les extrémités latérales du panneau central.
A la face postérieure, le tableau central offre encore trois scènes, Un groupe de trois hommes avec une main divine sortant des nuages à été interprété de la vocation des apôtres Pierre et André : nous serions, pour notre part, plus disposé à y voir la Transfiguration, Puis viennent deux scènes en une seule : Saphire
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’ 1 _ ven £ « = TEA pile E* h 4 nn, L >. + 1155 en présence de saint Pierre à l'instant où l'on emporte le corps d'Ananie frappé de mort (fig, 1626). Cette dernière est, on l'a justement dit, « merveilleuse de puissance dramatique, » Parmi les petits sujets bibliques, nommons encore Suzanne, Daniel, Jonas, Moïse découvert par la fille du Pharaon, Moïse meurtrier d'un Égyptien, les Hébreux mangeant dans le désert, A droite et à gauche, Judas pendu et un campanile, Une de ces faces latérales nous fait voir la résurrection de la fille de Jaïre, Parmi les tableautins qui ornent la frise : David avec la fronde et le bâton pastoral et Goliath tombant tout armé. Ensuite Jéroboam dont la main se dessèche sur l'autel (Reg., xiii, 4) et le prophète désobéissant frappé de mort (II Reg., xiii, 24). Dans la zone inférieure, les Israélites mangent et dansent en l'honneur du veau d'or (fig. 1682). Enfin, dans le demi-panneau Jésus guérit un aveugle et ressuscite Lazare. Au-dessus, Moïse dénouant ses sandales sur le rocher d'Horeb, les yeux fixés vers la main divine ; les sept frères Machabées en prières parmi les flammes ; enfin Moïse ( ?) debout, parlant à une tête imberbe qui lui apparaît dans la nue ; à ses pieds un livre ouvert. Cette scène est d'une identification douteuse ; il semble qu'elle pourrait s'entendre de saint Paul sur le chemin de Damas disant au Christ : « Que voulez-vous que je fasse” ? Le livre figurerait les épîtres paulines. Au-dessous : rencontre de Jacob avec Rachel ; la lutte avec l'ange, le songe de l'échelle (fig. 1627), IV. VERRE PEINT, — Dans notre Manuel d'archéologie chrétienne, nous avons reproduit un monument précieux du musée chrétien de Brescia. C'est un disque en verre peint sur lequel Odorici et Sala ont cru reconnaître les traits de Galla Placidia et de ses enfants Valentinien II et Honoria ? tandis que d'autres y voient Ausa avec le jeune Aderchius et Angilsperga. Si on adopte la première opinion, on se trouve amené à reporter le verre à une date antérieure à l'année 425, date à laquelle Théodose II donna les insignes impériaux au jeune Valentinien qui ne porte encore sur ce portrait que la tunique et la robe prétexte, La mère des deux jeunes princes présente un type de beauté fine et délicate qu'on ne retrouve pas chez ses enfants. De grands yeux noirs très doux et une bouche minuscule donnent à la physionomie un caractère oriental bien marqué, Le visage est encadré par une abondante chevelure en natte épaisse sans frisures ni ondulations. Un ruban de velours noir rehausse l'éclat mat du cou et le corps est négligemment drapé dans une large écharpe dont les extrémités sont ramenées sur la poitrine et nouées de la manière la plus simple du monde, La jeune princesse Honoria porte le manteau impérial, la chevelure apprêtée, les pendants d'oreille, Son frère au visage lourd et peu intelligent ne porte aucun insigne. En légende on lit ces mots :
BOYNNEPI KEPAMI. Garrucci a supposé que cet épigraphe à désinence latine prouvait la fausseté du médaillon. C'est un jugement que rien n'autorise et l'argument tiré de la rareté presque inusitée d'un groupe de ce genre n'a guère plus de valeur. Le médaillon orne la croix gemmée qui fait partie, depuis 1437, du trésor du monastère de Santa-Giulia.
Le musée de Brescia possède une croix gemmée qui
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a dû être transformée au XVIe, en sorte qu'on ne sait dire de sa forme et de sa décoration primitive. V. ÉPIGRAPHE, — L'épigraphie chrétienne de Fol. 59 ve. Secundum Johannem.
Fol. 62, Præfatio communis. Canon. Dans le Communicantes on relève les noms de Hellari, Martini, Augustini, Gregori, Hieronimi, Benedicti, Faustini el 2. Le canon finit avec Pax Domini. Suit une pièce d'un grand intérêt écritée par la première main, par conun aux environs de l'an 850, C'est la prière Hanc igitur composée par Paulin d'Aquilée, mort en 802. Hance Dominus Paulinus in canone addidit, Hanc igitur oblationem servitutis nostræ sed et cunclae familiæ tuæ, quæsumus Domine, ut placatus accipias, quam tibi offerimus pro pace et unitate s. ecclesiæ, pro pace et caritate et unitate omnium christianorum, pro fide catholica, ut eam inviolatam in meo pectore peccatori et in omnium fidelium tuorum jubeas conservare ; pro sancta tua scriptura, ut am nobis per illuminationem sancti Spiritus et eius dona gratiæ facias recte intelligere vel docere ; pro sacerdotibus tuis et omnibus gradu ecclesiæ ; pro regibus et ducibus et omnibus qui in sublimi sunt constituti ; pro pauperibus, orfanis, viduis, captivis, penitentibus, itinerantibus, languidis, defunctis, qui de hac luce in recta fide et in tuo nomine confidentes migraverunt el pro omni populo catholico ; pro dissidentibus et discordantibus, ut ad caritatem et concordiam omnes revocentur, — Deus omnipotens, aufer cor lapideum de carne mea et de carne populi tui, ut sciamus, velimus et possimus te amare, te diligere, te quærere et ne dies nostros ante finire jubeas, quam peccata dimittas.
Fogamus te et pro spirilibus omnium virorum et bus sit salus et sanitas, gaudium et refrigerium ob magnum pietalis sacramentum. Deus noster sil illis hodie hoc magnum pietalis sacramentum, magnum convivium de illo pane vivo, qui de cœlo descendit et dat vita mundo, de ia carne sancta et benedicta agni inimaculati, qui tollit peccata mundi, qui de sancto et benedicto et glorioso utero est virginis Dei genetricis Mariæ adsumpta et de Spiritu s. concepta, de illo pietatis fonte, qui per lanceam est apertus in sancto et dulci et desiderato latere Salvatoris, ut erinde satiati, refecti el consolati exultent in laude et gloria et te Deum Patrem et Filium et S. Spiritum benedicant, quæ est S. Trinitas, unus et omnipotens Deus ; dies que, ete.
… Et pro huius quo que negotii qualitate, de qua in præsenti disputationis actione ventilatur, suppliciter deprecamus, quatenus non humano sed tuo sancto consilio æquo que judicio misericorditer dirimala, justitiæ veritatis que termino finiatur at que secundum tuam voluntatem modis omnibus ordinetur el compleatur ; dies que nostros, etc. - Fol, 66, Conim une sanctorum et Lectiones.
Fol. 70, Missa in dedicatione templi (plena).
Fol. 72. Missa pro congregatione cuiuslibet sancti. Fol, 73, Missa pro salute vivorum et mortuorum ; missa pro salute vivorum vel agenda mortuorum ; missa voliwa pro amico ; missa pro uno defuncto ; missa in depositione defuncli ; missa in die depositionis defuncti 11, Vii et XXX ; missa in anniversario ; Mmissa plurimorum defunctorum ; missa pro fratribus nostris defunetis ; missa pro infirmo qui provimus est morlis.
Fol, 83 ve. Or, reconciliatio animæ ad mortem ; or. super defuncto vel commendatio animiæ, avec Îles. priéres pour l'inhumation.
Fol. 87 (main postérieure). Benedicto veti. Fol. 89 (main postérieure). Lilania. MH. LECLERCO.
UCatalogus codicum græcorum qui in Bibliotheea urbica defunctorum et pro peccatrice mea anima, ul oniniÉe 4157 BRESCIA (MANUSCRIT LITURGIQUE DE)— BRETAGNE (GRANDE-) 14158 BRESLAU ! (MANUSCRIT LITURGIQUE DE). 242. Ce manuscrit contient les écrits attribués en | grande partie à George Codinus, xvr siècle, fol. 54 re 29, fol. 59 r° 34, Des patriarches de Constantinople sipi Tüy lEapyle, HATEUIDYUY TS RUThs MOVITAUTIVOU RÉÜLEUS :
— inc, :éni roûrov yéyove % 4&yia, uni olxouueviur. % quvééos : — Goyniens nowremtost Év nmédel peyas. dotatos av lepés y unrpogivns : — El vi ahéEavégos. des, : vuv &e écovtatos 6 hexxbas » dpÜoôoltas arûhos Ôv GUARTTE ele LE LEES anetpnrous Jôye nalaié« mavréval avtéapétap à — Suit le catalogue depuis les mots apunbiens FRTIGTOE, jusqu'au fol. 155 ro 6 riv aOauxdiüs, Ë ouytas : en vers iambiques, édité d'après le cod. Par, 1637, par Philippus Labbe dans le Corpus Biyzant. historiæe, Parisiis, 1648, Delineatione prima, p. 46 sq. Du fol. ref, végov d'aentés » xuËleou mro 4oTpégos : jus que au fol. 55r°%% sont catalogués les patriarches de Constantinople depuis Niphone, 1313, jus que Denis de Nicomédie métropolitain (mil. du XVIe), Cf. Fr. Fischer, De patriarcharum Constantinopolitanorum catalogis, Lipsie, 1884, p. 270 sq.
[H. LECLERCO,
I. BRETAGNE (GRANDE-). ARCHÉOLOGIE. — FL. Origines. IL. Textes, IIL. Remarques générales. IV. Basili que bretonne. V. Basiliques saxonnes. VI. Oratoires de la Cornouaille, VIL. Églises saxonnes. VIIL Tours, IX. Fenètres, X. Porche. XI. Technique. XII. Cryptes saxonnes. XIIL Inhumations. XIV. Sculpture.
Les conditions d'évangélisation n'ont pas dû différer dans l'ile de Bretagne de ce qu'elles ont été dans la plupart des autres provinces du monde romain. Des missionnaires improvisés ont précédé les missionnaires officiels et leur ont ouvert les voies. Les légionnaires et les marchands ont arpenté le pays en tout sens et y ont jeté la semence dont nous relèverons, au hasard des fouilles et des lambeaux de tradition, les traces plus ou moins effacées. La conquête romaine n'a laissé sur le sol breton que des souvenirs clairsemés, entourés d’incertitude ; on doit s'attendre à ce que l'évangélisation chrétienne soit encore moins favorisée. Toute la région protégée par les murs de Sévère et d'Antonin connut cependant une large prospérité, mais les établissements du christianisme, soumis plus que d'autres aux vicissitudes des persécutions, avaient peu de chances de durée. Pour suppléer à tout ce qu'ils ignoraient, les chroniqueurs et les hagiographes se sont efforcés de bonne heure à torturer les textes, à les forger au besoin, pour rattacher à l'histoire des origines du christianisme breton des événements et des personnages qui paraissent devoir lui demeurer étrangers, Dés le 1er siècle, on réclame cette Claudia, mentionnée par saint Paul avec Pudens ?, qu'on identifie avec Claudia peregrina et edita Britannis mariée à Pudens et dont parle Martial *. Ensuite c'est Pomponia Græcina, femme d'Aulus Plautius qui ovans se de Brilanniis reltulit d'une eæterna superstitio+ ; enfin — et en pareille matière, il faut savoir ne plus s'étonner — il s'agit d'un nommé Bran, père de Caradog ou Caractacus, converti à Rome vers l'an 51 et rapportant à cette date l'Évangile dans sa patrie.
On ne pourrait guère souhaiter plus haute antiquité, mais il faut y joindre maintenant l'illustration. La première des gloires dont se réclame le christianisme breton, c'est saint Paul, dont Clément Romain disait qu'il avait prêché v + dvarokn xat y sf ôsoe et encore : qu'il avait enseigné boy tov xdauoy tal ênt rd Tépea T%5 Ôugtws 1. Basile de Séleucie disait non moins vaguement | en parlant de Paul qu'il a préché par toute la terre habitée ravrago) ris oixoupévn : xnp0£ut %. Saint Jérôme est tout aussi imprécis quand il écrit que us que ad Hispanias tenderet (Paulus), et mari rubra, imo ab | Oceano us que ad Oceanum curreret®, tandis que saint Jean Chrysostome dit que Paul alla de l'Illyricum sis auras cf yhs ésyarixs t et qu'Eusébe 5 et Théodoret 5 mentionnent il est vrai la Bretagne, mais seulement comme ayant reçu le christianisme sans spécifier par quel intermédiaire. Dans un autre passage, Théodoret semble plus précis : Jorspoy wévrar ual ris frais xéôn (à [adhos) mat etc Tus Emavias dofuero wat sai Ev sù mélayec Graxssmévars véoots vhv dpehelav monanveyuee 7. Les îles dont il est ici question sont simplement l'ile de Crète, Venance Fortunat fait un pas de plus quand il assure que la doctrine de Paul, stylus ille, est allée du | nord au sud et partout, Mais le même Fortunat limite les voyages de saint Paul aux contrées de l'Illyricum ©, On voit que l'apostolat personnel de l'apôtre en Bretagne repose sur de pures imaginations, Les Centuriateurs de Magdebourg, suivis de confiance par quelques historiens ont attribué à Sophrone de Jérusalem l'assertion que Paul était venu lui-même chez les Bretons. Malheureusement, ni le Sermo de Natali SS, Petri et Pauli invoqué par les Centuriateurs, ni aucun autre des écrits aujourd'hui connus de Sophrone ne contient cette affirmation !t, Saint Paul n'était pas le seul apôtre dont on voulût orner le frontispice de l'église bretonne, On réclama saint Pierre en personne !*, en dépit du texte célèbre d'une lettre du pape Innocent 1, attribuant aux missionnaires envoyés par Pierre ou par le siège de Rome la conversion au christianisme de l'Italie, la Gaule. l'Espagne, l'Afrique, la Sicile insulas que interjacentes. Après Pierre, c'est au tour de Simon le Zélote 13 et de saint Jacques t# d'être réquisitionnés.
On fut moins exigeant pour l'apôtre Philippe. On racontait qu'il avait évangélisé la Gaule, d'où il avait envoyé des missionnaires aux nations barbares établies le long des côtes de l'Océan 15, La légende en était là au VIIe ; Guillaume de Malmesbury s'en empara _ Anonyme, Comment. de SS. Petro et Paulo, dans Acta sanct.. 7 Juin, jun, t. v, col. M6 ; ouvrage attribué au Métaphraste. — Synopsis Dorothei, du VIe ; Nicéphore Callixte, Hist.
d'un message envoyé au pape par le roi de Br _ Lucius ; mais on est d'accord pour reconnaître | | lüigdunaise. Quelques années plus tard, vers l'an au x siècle, aussitôt il imagina une mission d pour la Bretagne 16, On ne se contenta pas d'i saint Jean la coutume pascale en vigueur en Bre on voulut mettre dés Bretons en rapport avec | qui les convertit !8 ; bien plus, on réva d'identifier l'insula dans laquelle l'apôtre fut relégué sous Domitien non plus avec Patmos, mais avec l'Angleterre., Citons encore Aristobule dont parle l'épitre aux Romains (xvi, 10) et Joseph d'Arimathie ; on pourrait | longer cette liste sans profit, Le Liber pontific voulu contribuer à développer le côté légendaire | trop touffu de cette histoire, Dans la notice du pape s Eleuthére on lit : Hie [Eleuther] accepit epistu a Lucio Brittanio rege, ut chrishanus efficeretur ejus mandatum. On a interprété ce texte dans le sens de cette assertion. M. À. Harnack pro explication aussi ingénieuse que satisfaisante, nous éloigne fort de la Bretagne. Le roi Lucius ni anglais ni breton, il n'est autre que le roi.
d'Édesse, dont le nom complet est Lucius Aelius Sepimus Megas Abgarus IX et la forme Brittanio est teresse de Birtha qui n'est autre que la ville d'Édesse. Si nous laissons la légende, nous rencontrons des affirmations de bon aloi à l'aide desquelles nous pouvons constater l'existence de communautés dans l'île de Bretagne, dès le début du IIe. Un d'Irénée, vers l'an 196, mentionne des Églises répandues en Occident chez les Germains, chez les Ibères, chez les Celtes : à l'ouest de l'Europe. Les Celtes dont il est question ici, sont les habitants de la Gaule. Eusèbe et Sozomène nous apprennent que Constance Chlore, père de Constantin, dont le gouvernement s'étendait sur les Gaules, la Bretagne et l'Espagne, ne persécuta pas les chrétiens répandus dans ces provinces, mais ne leur imposa pas le changement de religion. Lactance, dont le témoignage offre une importance d'autant plus grande qu'il écrit dès les premiers jours de la paix de l'Église et qu'il deviendra précepteur de Crispus, fils de Constantin, Lactance nous apprend que Constance Chlore ne pensa pas pouvoir faire plus que d'épargner les individus ; aussi sacrifia-t-il les établissements de la communauté chrétienne. Constantius, ne voulant pas paraître en désaccord avec les précépts de son père, laissa subsister les petites réunions, c'est-à-dire les paroisses, qui pouvaient se rétablir ; mais il sauva, inchangé, le temple de Dieu, qui est dans les hommes. La persécution ne laissa pas cependant de faire quelques martyrs. Les plus connus, et les seuls à vrai dire dont l'existence soit vraisemblable, sont Alban de Verulam, Aaron et Julius.
Dès le lendemain de la paix de l'Église, nous constatons l'existence d'un épiscopat breton. En 314, au concile d'Arles, nous relevons les noms des évêques d'York, de la cité d'Eboracense, province de Bretagne — Restitulus, évêque de la cité de Londres, province susdite. — Adelphius, évêque de la cité de Colonia Londinensium (= Legionensium). Erine, prêtre ; Arminius, diacre. Nous ignorons la part prise aux délibérations et aux décisions du concile par ces représentants de l'Église bretonne. Le dernier éditeur du recueil conciliaire de Spelman et Wilkins conjecture très heureusement que les trois évêques bretons auront dû s'associer à trois canons principalement, le 4e, le 10e et le 20e, relatifs à l'observance pascale, au non-remariage de ceux qui ont surpris leur femme en adultère, à l'usurpation des fonctions épiscopales. Gildas nous apprend que la Bretagne, à l'époque romaine, comptait un grand nombre d'églises, mais il ne nous dit pas si elles étaient répandues dans les campagnes ou bien confinées dans les villes. Après la paix de l'Église, on dut vraisemblablement reconstruire quelques-unes de celles qui avaient été jetées à bas. Bède nous apprend ainsi que les compagnons de saint Augustin trouvèrent à Cantorbéry un édicule servant d'oratoire, dédié à saint Martin et récemment restauré. Les rares indications relatives à la chrétienté bretonne sont en partie explicables peut-être par les progrès restreints du christianisme dans l'île de Bretagne, mais, à coup sûr, il faut tenir compte du désastre du Ve et de la fureur de destruction des envahisseurs. Ceux-ci se montraient fréquemment tantôt sur un point, tantôt sur un autre des côtes de la Bretagne ; souvent ils prenaient pied et poussaient leur pointe assez avant dans l'intérieur des terres. L'affaiblissement croissant de l'empire amenant le dégarnissement de ses frontières les plus éloignées, on avait vu les légions romaines se retirer et, presque derrière elles, les tribus germaines et les pirates scandinaves s'emparer du pays évacué. Honorius envoya une légion qui refoula les envahisseurs, trop empressés, et maintint les Pictes et les Scots quelque temps ; mais ce fut le dernier effort.
BRETAGNE (GRANDE-)
1162
effort, Jutes, Saxons, Angles, Frisons, Scandinaves — et sous ces noms génériques, il faut en comprendre beaucoup d'autres qui s'appliquaient à des peuples moins connus — tous se lançaient sur les côtes de la Bretagne.
Les premiers en date sont les Jutes qui possédèrent d'abord un établissement dans le Kent, venus de la Chersonèse Cimbrique, ils sortaient du Jutland auquel ils avaient imposé leur nom. Ils se fixèrent dans le Kent, en 449, et, intimement liés avec les Saxons, ils appartenaient à la même confédération. Venus, eux aussi, de la Chersonèse Cimbrique, jusqu'à l'embouchure de l'Elbe (le Schleswig-Holstein actuel), ils se fixèrent, après deux tentatives, dans la Grande-Bretagne, en 477, à la pointe du Canticum : ou pays de Kent. Ils redevenaient voisins des Jutes avec lesquels ils étaient confédérés, ainsi qu'avec les Angles habitant les mêmes parages du Schleswig-Holstein et qui suivaient le mouvement entraînant ces peuples vers l'île de Bretagne.
Bien que subjugués par les Saxons, les Angles eurent cette étrange fortune de donner leur nom à la nation conquise. Il est possible que le titre de l'histoire de Bède ait contribué à ce résultat ; il porte en effet ces mots : Historia ecclesiastica gentis Anglorum. Dans la suite, un édit d'Egbert imposa cette dénomination aux habitants de la Bretagne : Egbhertus coronalus rex totius Britanniæ apud Wentoniam faciens edictum, ut omnes Sarones Angli dicantur et Britannia Anglia. L'établissement des Angles était cependant postérieur de près d’un siècle à celui des Jutes. C'est en 547 que, sous la conduite d'Ida, ils descendirent dans la Bernicie.
À ces éléments vint se joindre l'élément frison issu du pays appelé actuellement la Frise et entre le Rhin et l'Ems. Bède ne les cite pas parmi les nations qui s'emparèrent de la Grande-Bretagne et la Mercie, qu'il tient pour un royaume anglique, qui, paraît-il, à Pinkerton, est un état frison.
IL. TEXTES. — Là où les ruines mêmes ont péri, un nom nous indique parfois l'existence d'une communauté dès l'époque romaine. On sait que les Saxons, comme tous les peuples de race teutonique, attachent une idée d'assemblée aux termes church ou kirk, tandis que les peuples d'origine greco-latine attachent cette même idée au terme église. Or nous rencontrons, parmi les localités anciennes, des appellations nettement caractérisées telles que : Ecleston, Eclesfelt, etc. Dans le Kent nous rencontrons : gelesthrep et peut-être gelesford devenu Avylesford près de Maidstone. On voit que l'apport de l'onomastique est loin d'être négligeable. La Vita Wilfridi, composée par Eddius, rapporte qu'à l'occasion de la dédicace de l'église de Ripon, vers 675, Wilfrid prit la parole en public. Il énuméra les donations en terres faites à l'église et ajouta : ea loca sancta in diversis regionibus, quæ clerus Britannus acient gladii hostilis manu gentis nostræ fugiens deseruit. Les loca sancta dont parle Wilfrid ne peuvent, selon nous, qu'indiquer des édifices sacrés — plus ou moins ruinés sans doute — remontant à la période romaine. On a épilogué sans fin sur ces deux mots, le sens le plus naturel nous paraît être celui qui y voit des oratoires, entourés ou non de cimetières. On peut donc admettre que les plus anciennes églises de campagne de l'époque saxonne ont dû, dans certains cas, fixer l'emplacement de communautés primitives.
Ce que nous apprennent les textes sur les antiquités monumentales du christianisme avant l'invasion saxonne est assez peu de chose.
Gildas confirme le renseignement donné par Lactance au sujet des destructions d'églises sous Constance Chlore : Renovant (Britones) ecclesias ad solum usque destructas ; basilicas sanctorum martyrum fundant, construunt, perficiunt, ac velut victoricia signa passionis propalant !. Il est certain qu'il ne fallait pas toujours un grand effort pour détruire ces églises primitives dont beaucoup étaient en bois : Ecclesiam, more Scottorum non de lapide sed de robore secto tolam composuit ? ; …ecclesiam de lapide insolita Brittonibus more, fecit Nynia ; ….quandam capellam, inferius per circuitum L virgis torquatis muros perficientes, consummaverunt +.
Parmi les attestations monumentales de quelque valeur nous pouvons relever les suivantes :
Cantorbéry, Saint-Martin : Erat autem prope ipsam civitatem ad orientem ecclesiam in honorem Sancti Martini antiquitus factam, dum adhuc Romani Brittaniam incolerent.
Cantorbéry, Saint-Sauveur, aujourd'hui la cathédrale, Fecuperavit (Augustinus) in ea (regia civitate Doruverni) ecclesiam, quam inibi antiquo Romanorum fidelium opere factam fuisse didicerat, et eam in nomine Sancti Salvatoris Dei et Domini nostri Jesu Christi sacravit.
Près de Vérulam, au tombeau de saint Alban : Postea redeunte temporum christianorum serenitate ecclesia est mirandi aperis atque ejus martyris condigna constructa.
Caerleon-on-Usk, deux églises dédiées respectivement à Julius et à Aaron, et une troisième appelée metropolitana totius Cambriæ. Geoftroy de Mommouth identifie cette dernière avec l'église d'Aaron. Leur existence est tout à fait incertaine.
Bangor Yscoed, près de Chéster : Sunt certe adhuc (XIIe) ibi tot semiruti parietes ecclesiarum, tantæ turbæ ruinarum, quantæ vix alibi. Cette mention de Guillaume de Malmesbury pourrait bien confondre les ruines de la cité romaine de Bovium avec celles du monastère britanno-romain, et certainement Bangor près de Chester avec la cité épiscopale de Bangor.
Kirkdale (Yorkshire) ; %æ Église de {lo Tour de l'église de Earls Barton se shire) ; 49 Une petite partie de l'église de On a prétendu rattacher à la période romano-bre la nef de l'église Saint-Martin à Cantorbéry, O texte formel de Bède qui semblait favoriser nion ®, on invoquait la disposition des fenêtres à l'ouest et le plâtre rose dont les murs sont mais cette imagination ne supporte pas l'ex effet, il faudrait adméttre alors que le cancel, tablement plus ancien que le reste, est francher main. Il en serait de même pour l'église Saint : à Cantorbéry, laquelle présente des points incontestab les, mais dont le plan et la dispe peuvent cependant être tenus pour romains ; moins encore, tout au plus peut-on y voir m e. facon barbare. Saint-Pancrace fait d'ailleurs partie d' groupe nellerment saxon.
Cu III. REMARQUES GÉNÉRALES. — Le terme d'a ture saronne sous lequel on désigne les ouvrag avant la conquête normande n'est guére plus la dénomimation de gothi que dont on fait u désigner les constructions de l'épo que p cette conquête ; mais, tel les quel les, ces expre commo des, entendues généralement, et leur gagner du temps. Celte division un peu grec tous les édili ces du moyen âge anglais suis appartiennent ou non au type AR n'est pas 2 En 1833, un antiquaire anglais dressait la vingt édifi ces, dispersés dans tout le pays. qu'i pour les représentants des pério des romaine € saxonne tŸ, Voici cette liste : 1e Église de Whitting (Northumberland) ; 2% Extrémité ouest de Morthen (Yorkshire) ; 4 Tour de Saint-Pierre à B on-Humber (Lincolnshire) ; 3% Partie de l'e : occidentale de Ropsley-Church (Lincolnshire) : mité orientale de l'église de me (De T Tour de l'église de Barnack (Northampto | S& Extrémité orientale de Whittering-Church (Nor : thamplonshire) ; % L'église de Brigstock (Northam} tonshire) ; 10e L'église de Brixworth (Northamp shire) ; 1% Tour de l'église de Clapham (Bedfc 13% Tour de l'église de Saint-Benet (Cam 14° Tour de l'église de Saint-Michel (Oxford) ; 1 de la tour de Trinity-Church (Colchester) ; 16° € petites parties de l'église de Stoke d'Abernor 47 L'extrémité orientale de l'église de North (Wiltshire) ; 18 Les portails de Britfo :
Cambridge ; celle de Clapham prés Bedford ; celle de la Trinité de Colchester ; l'église de Corbridge {Northumberland) ; celle de Corhampton (Hampshire), petit monument rectangulaire qui peut dater du x° siècle ; celle de Déerhurst (Gloucestershire), dont les pilastres cannelés et les fronlons rappellent la facade carolingienne de Lorsch ; celle de Diddlebury (Salop) ; Sainte, dans le château de Douvres, monument du x siècle ; l'église de Dunham-Magna (Norfolk), avec un curieux portail en milre ; celle d'Ear l's Barton (Northamptonshire), avec sa tour bizarrement décorée ; celle d'Escomb (Durham), qui passe pour une des plus anciennes ; à Hexham, une crypte qui remonte authentiquement à Saint Wilfrid ; à Jarrow- -on-Tyne, des parties d'églises qui peuvent être fort anciennes ; à l'église de Kirkdale (Yorkshire) ; celle de Laughton-en- le-Morthen (Yorkshire), dont le portail peut passer pour un chef d'œuvre de barbarie ; celle de Monkwearmouth, avec sa tour montée sur un porche plus ancien, couvert d'une voûte en berceau, orné de fûts annelés et de sculptures étranges et surmonté primitivement d'un fronton qui encadrait une statue en demi-relief ; l'église de North-Burcombe (Wilts) ; celle de Norton (Durham) ; la tour Saint-Michel d'Oxford ; les fondations de l'ancienne cathédrale de Peterborough ; le sanctuaire de l'église de Repton (Derbyshire) surmontant une crypte romane ; la crypte de Ripon bâtie par l'évêque Wilfrid ; l'église de Ropsley (Lincolnshire) ; De re une chapelle ruinée ; l'église de mphing (Sussex), avec des pignons décoratifs semblables à ceux des clochers germaniques ; celle de Stenton-Lacy ; celle de Stow (Lincolnshire) fondée en 700, brûlée par les Danois en 870 et qui montre encore des traces d'incendie ; les fondations d'une petite église trés ancienne à Stone près Faversham ; les églises de Warden et Whittingham (Northumberland) : > tour de Wickham (Berkshire) avec sa crypte : l'église on (Sussex) ; celle de Wittering (Northamptonre) : qui est une des moins anciennes ; celle de Worth, mais curieuse par la disposition de son clocher planté au milieu du sanctuaire même { »,
Sauf Londres et York qui conservent leurs évêques, les importantes villes romaines n'en ont plus, car nous ne saurions admettre que parmi les vingt-quatre suffragants dont nous avons parlé aucun d'eux n'appartînt à quelqu'une des villes suivantes : Camolodunum (Colchester), Verulamium (S. Alban), Lindum (Lincoln), Deva (Chester), Isca Silurum (Caerleon-on-Usk), Calleva Atrebatum (Silchester), Glevum (Gloucester), Uriconium (Wroxeter), Tandis que nous trouvons des évêques dans les villes de médiocre importance telles que Durovernum (Cantorbéry), Durobriva (Rochester), Venta Belgarum (Winchester), Ratae (Leicester), Worcester, Dorchester ; et même de simples bourgades comme Hexham, Crediton, Ramsbury, Selsey, ou enfin des agglomérations n'ayant aucun caractère de villes : Lindisfarne, par exemple, et Abercorn.
L'énorme bouleversement des invasions saxonnes dans l'île de Bretagne, décrit d'une manière trop emphatique par Gildas, ne fut pas l'unique cause de ce que les Églises bretonnes se sentaient contraires à la puissance romaine, ville importante comme Exeter, de Caerleon, de Gloucester, ont perdu l'Église saxonne, On s'est même récemment fondé sur des recherches archéologiques et monumentales pour prouver que des types étrangers s'ils fussent venus d'Italie ou de Gaule.
Il faudrait entrer pour chaque siège épiscopal dans une étude distincte et alors, on rencontrerait, croyons-nous, parmi les causes de ces anomalies. Il faudrait entrer pour chaque siège épiscopal dans une étude distincte et alors, on rencontrerait, croyons-nous, parmi les causes de ces anomalies, l'antagonisme féroce qui régna si longtemps entre l'Église bretonne, ou ce qui en restait, et l'Église saxonne. À mesure que cette dernière venait à bout de ces résistances obstinées, elle prenait à tâche d'en abolir la mémoire, comme d'en détruire les moindres vestiges pour l'empêcher plus sûrement de renaître. À mesure, les Bretons se repliaient devant l'envahissement méthodique, soit de le soumettre aux Saxons, elles se retiraient de ville en ville, de bourgade en bourgade. C'est ainsi qu'on peut expliquer qu'une place de l'importance d'Exeter, parait avoir été conquise d'une façon pacifique par les Saxons, n'ait pas de siège épiscopal. L'évêque — la cité romaine n'en pouvait pas ne pas avoir — se sera retiré au moment de l'évacuation, il aura transporté son siège n'importe où, plutôt que de reconnaître l'Église saxonne, Celle-ci, trouvant la place sans doute peu pourvue de fidèles, n'a pas fondé un nouveau siège ni établi un nouveau titulaire, et c'est ainsi que des Églises de l'importance qu'ont dû avoir les villes de Caerleon, Exeter, Gloucester, viennent et les titres de leur antique succession et de translation. Dans quelques villes, les envahisseurs saxons maintinrent ou rétablirent les sièges, par exemple à Cantorbéry, à York, à Londres, à Winchester.
L'Église bretonne ne paraît pas avoir eu avec l'Église romaine des relations beaucoup plus cordiales, en ce qui concerne la question de savoir si l'Église bretonne, acculée comme elle le fut à la disparition, n'emporta pas avec elle des éléments morbides que l'Église saxonne et celtique, très indépendantes à l'égard de Rome, ne possédaient pas au même degré. C'est là une question rigoureusement historique que nous ne pouvons pas traiter ici, mais elle se rapporte à notre étude principale. Les missions chrétiennes entreprises en vue de convertir les îles britanniques sont pour la plupart conduites par des indigènes jusqu'au temps de saint Grégoire le Grand, et il en est presque de même après la grande mission romaine de saint Augustin.
Ces premiers missionnaires ont été aussi les premiers constructeurs d'églises, Ils ont appliqué et fait adopter des types indigènes, au lieu d'introduire des types de Gaule. C'est un point sur lequel nous croyons devoir insister un peu. Afin de le bien mettre en lumière, nous transcrivons ci-contre l'utile tableau dressé par M. G. Baldwin Brown.
Le concile de Whitby, en 664, marque le terme des missions celtiques indépendantes. Vers 670, organisation et étroite liaison de l'Église anglaise avec Rome par l'archevêque Théodore.
La mission de saint Ninian n'a laissé que des traces bien frustes et assez douteuses. Bède nous apprend que ce missionnaire tourna son activité vers les plaines des Pictes du Sud. Il fonda une éternel en Galloway. Il est clair qu'on ne peut en rien retrouver. La localité de Whithern est plus qu'une excavation creusée sur le bord d'un vallon, et dont les parois portent entaillées des croix d'une forme ancienne.
Peut-être faut-il rapporter à une fantaisie qui a longtemps fait bonne fortune historique, les Gallo-romains.
Breton. Breton.
Patrick. Kentigern.
Recçoit Colomb. Irlandais.
Liudhard. Franc.
Saint Augustin. Romain.
Romain.
Félix. Burgonde.
Cedd. Chudd, peut-être très proche de cette mission, sinon à la mission même, des pierres levées en forme de mémorial du type classique du Chi-Rho (X P) monogrammatique.
Dans le district de Cumberland, en particulier dans la péninsule de Galloway, on relève d'autres stigmates. Dans l'enceinte du cimetière de l'ancienne église de Brampton (Cumberland) il y avait un puits que nous trouvons ainsi désigné en 1704 : « niœin called the Nine wells alias Priest-well ». Jusqu'à ce jour encore, l'église de Saint-Ninian, à Brougham (Westmoreland), est connue par la tradition sous le nom de Nine Kirks. Le rapport d'analogie entre « Ninian's Church » (— Nine Kirks) et Nine Wells (— Ninop) saute aux yeux. Autre indice : Auprès de l'église de Brampton se voit un arbre appelé S. Marn's Er, ou l'église de Brampton est dédiée au même saint dont Ninian introduisit le culte dans ces régions septentrionales.
La mission de saint Germain d'Auxerre et de saint Lupus en Bretagne, en 429, prend place entre la fin de l'occupation romaine et le commencement de l'invasion saxonne. Cette mission concernait beaucoup l'apostolat du pays, mais une controverse théologique nous y fait noter cependant ce détail qui a de l'importance pour l'archéologie. Cum quotidie irruente emtia spiritus divinus sermo non solum in urbes verum etiam per trivia, per rura, per devia mdebatur. D'où l'on peut induire, de cette nécessité, que le christianisme breton était bien loin d'être localisé dans les cités romaines.
La mission de Kentigern est typique. Dans la seconde moitié du VIe, il arpente avec succès les régions de Strathclyde et de Galles. La vie du missionnaire a été écrite par Jocelin de Furness, au XIIe, à l’aide de matériaux très anciens que l'auteur a su respecter à peu près. Au cours de ses pérégrinations, Kentigern dut se rendre de Strathclyde dans le pays de Galles. Il traversa la région montagneuse de Carlisle dont il évangélisa les habitants et, en un certain lieu, nous dit la Vie, il dressa une croix de pierre, là même où, au XIXe, s'élevait une église. Il s'agit de l'église bien connue de Saint-Kentigern, à Crosthwaite, par Derwentwater. Ce qui n'est pas moins important à retenir que le fait lui-même, c'est l'usage de lever une croix pour marquer un lieu de prédication et peut-être aussi d'établir un cimetière, avant d'entreprendre, au lieu même, la construction d'une église.
Jocelin nous apprend que Kentigern avait l'habitude de dresser « le triomphant étendard de la croix » dans les localités où il avait fait un séjour un peu prolongé, ou bien lorsqu'il y avait obtenu de grands succès de conversions ; c'est ce qu'il fit en particulier à Glasgow. Cette simple indication suffit à faire entrevoir l'importance de cette question archéologique des croix de pierre dans l'histoire des itinéraires des missionnaires.
1471 BRETAGNE (GRANDE-)
Construction d'une église (candida casa) à Whithern, dans le Galloway. Mission chez les Pictes méridionaux et dans le diocèse de Tours.
Mission en Irlande.
Fonde un siège à Glasgow. Mission dans le Strathclyde et le pays de Galles. Fonde l'une. Mission chez les Pictes septentrionaux.
Chapelain de la reine Berthe à Cantorbéry. Inactif.
et de l'évangélisation des peuples bretons, celtes et saxons, la mission de saint Augustin envoyé de Rome par le pape saint Grégoire eut une longue et profonde influence sur le développement ultérieur du christianisme dans l'île de Bretagne. Cantobéry demeurera pendant des siècles une porte toujours ouverte à l'influence romaine. Mais toutefois, il importe d'en faire la remarque, longtemps avant l'archevêque Théodore et en contradiction avec le projet du pape Grégoire, saint Augustin renonce à faire choix de la civitas Londinensis, métropole civile à laquelle un romain, avec ses habitudes d'esprit, semblait devoir attribuer le siège épiscopal du primat plutôt qu'à la très infime capitale du royaume du Kent. La protection très appréciable d'Ethelberth justifiait surabondamment le choix, mais le fait n'en demeurait pas moins évident d'une sorte de disjonction entre la cité administrative et la cité épiscopale, c'était un démenti donné à l'usage romain qui avait, semble-t-il, prévalu à peu près sans contestation pendant la première évangélisation de l'île, au temps de l'église bretonne. On se donna raison sans doute et on ne manqua pas de faire valoir que la capitale du Kent était l'ancienne Durovernum ; on dut rappeler l'existence d'un antique oratoire dédié à saint Martin et restauré par les soins de la reine Berthe. Cependant, l'esprit régnant à Cantorbéry était trop profondément romain pour renoncer aux idées favorites, aussi voit-on Augustin faire un établissement à Rochester, ce qui parait n'avoir dû être dans sa pensée qu'un acheminement vers Londres, située alors à proximité de plusieurs royaumes saxons. Mais on était loin de compte, ainsi qu'on le vit lors de la réaction qui suivit la mort d'Ethelberth et un peu plus tard, quand les habitants de Londres fermèrent à l'évêque Mellitus les portes de sa ville épiscopale.
Dans le Nord, Paulin appliqua et développa le plan du pape Grégoire Ier pour rétablir le siège métropolitain d'York et ses suffragants. En 627, le siège d'York était relevé. On construisit d'abord une église de bois à laquelle succéda une église en pierre ; mais York, si elle garda ses murailles, sa population et son importance municipale, ne fut plus bientôt que la capitale nominale du roi Edwin de Northumbrie. C'était jouer de malheur. Paulin convertit un nommé Blæcca, præfectus de Lincoln. L'église qui porte à Lincoln le vocable de saint Paul, située presque au centre de l'enceinte romaine, parait bien être un souvenir de l'apostolat de saint Paulin à qui elle fut dédiée et non à saint Paul. C'est d'ailleurs le cas à Saint-Paul de Cray dans le Kent. Partout ailleurs, une église comme Saint-Paulin de Lincoln eût pris l'importance d'un siège épiscopal. La ville gardait une certaine importance ; pendant la période danoise, elle fut un des cinq boroughs, ce qui prouve une incontestable habileté que l'on a pu dire avec raison, mais Aidan qui avait été le véritable apôtre de l'Angleterre. L'esprit d'indépendance et d'originalité que l'on s'attend à trouver chez Théodore, qui avait reçu toute son éducation à Rome, est contesté. Son principal lieutenant, Hadrien, qui fut évêque de Canterbury de 668 à 690, puis de 691 à 709, avait été formé à l'école de l'archevêque Théodore.
Les autres missions dont nous avons indiqué les chefs et la tendance eurent une influence moins considérable que celles dont nous venons de parler, et moins elles contribuèrent à diversifier les idées, les préoccupations et à compliquer l'histoire de la civilisation et des œuvres de toute nature dont elles procédèrent la réalisation. Au temps où l'archevêque Théodore entreprit la restauration du christianisme en Angleterre, on pouvait s'attendre à voir prévaloir la conception de l'Église de l'Orient, où cette conception régnait. Théodore, qui vint abbé de Canterbury, était Africain, c'est-à-dire originaire d'un pays où la tradition de ce qu'on pourrait appeler un « épiscopat municipal » n'était pas moins répandue. On savait d'ailleurs, sans n'en douter, les idées régnantes à Rome, puisqu'une lettre du pape Zacharie à l'apôtre de la Germanie, Boniface, lui rappelait l'interdiction portée par les canons de l'érection de sièges épiscopaux dans les villes itinérantes, et cela ne valait pas nomen episcopi. En dépit de cela, Théodore se montra favorable à la disjonction des sièges épiscopaux et des cités importantes. Il procéda à une répartition nouvelle des sièges et les villes suivantes : Abercorn (681-685), Lindisfarne, Whitby (730), Hexham (678), Chester-le-Street (900), Durham (990), York (664), Stow (678), Hereford (669), Dunwich (630), Dorchester (670), Ramsbury (909), Londres (604), Wells (909), Chester (604), Canterbury (597), Crediton (909), Borne (705), Winchester (662), Saint-Germains (929), Selsey (709).
Dans cette répartition, Théodore avait eu à compter avec le caractère monastique très prononcé des missions d'Augustin et d'Aidan, qui avaient donné à l'Église saxonne un rayonnement du christianisme principalement autour des monastères qui servaient de point d'attache aux missionnaires. Ce caractère monastique s'étendait aux nouvelles Églises dans lesquelles tinrent étroitement le presbyterium et le chapitre canonial par la communauté monastique. Celle-ci était naturellement étrangère à la vie municipale, et cette circonstance inattendue venait renforcer la tendance déjà signalée à la disjonction.
Une conséquence toute naturelle de cette situation fut le caractère des édifices épiscopaux destinés à être les sièges des évêques. Les églises cathédrales étaient desservies par des prêtres séculiers, aussi on comprend que dans presque tous les cas, nous devons nous attendre à rencontrer la cathédrale flanquée des bâtiments monastiques indispensables à l'observance régulière. C'est d'abord le cloître qui s'impose sans discussion. L'atrium est non moins indispensable avec sa ceinture d'officines. Les anciens édifices, tels que Saint-Ambroise de Milan, Sainte-Cécile du Trastevere, Tébessa et Rusguniæ en Afrique, Kalat Sem'an près d'Antioche, présentent des dispositions de ce type. Le procès-verbal de l'église de Constantine nous montre la proximité des éléments d'habitation et de l'église. En Gaule, même situation. À Toulouse, un évêque donne l'hospitalité à un prince mérovingien in domo ecclesiæ. Grégoire de Tours le reçoit le roi à Orléans, dans sa demeure voisine de la basilique de Saint-Avit, mêmes façons à Tours et à Lyon. En 573, le successeur de Nicetius (+ 573) fait, dans ce but, ædificium domus ecclesiasticæ exaltari. On s'explique dès lors sans peine que les cathédrales monastiques aient été pourvues d'un cloître, d'un atrium, et, en général, de tout ce qu'exige la vie régulière de leurs desservants. Les cathédrales qui n'étaient pas desservies par des moines le furent souvent, à partir du XIe, par des chanoines réguliers dont la vie entraînait à peu près toutes les mêmes exigences et imposait la même organisation que l'institution monastique.
L'influence celtique s'accommoda plus ou moins à ces usages et aux types qu'ils imposaient. Les traces d'édifices anglo-saxons se trouvent localisées en Angleterre ; l'Écosse parait jusqu'ici n'en posséder aucun spécimen, on y relève plutôt des indices d'influence celtique, comme sur la tour de Restennet Priory, Forfarshire, la chapelle de Saint-Regulus à Saint-Andrews, l'étage supérieur de la tour de Abernethy (Perthshire). Dans le pays de Galles, c'est bien à tort que M. H. Bloxam a cru découvrir une origine anglo-saxonne à la tour de Priestholm ou Puffin Island. Aucune trace monumentale des Anglo-saxons dans la Cornouaille, car on ne saurait rien induire de certain d'après quelques indices discutables de l'église de Tintagel. Dans ces diverses régions, toutes les constructions religieuses appartiennent au type qualifié généralement de celtique. Les indices de travail saxon dans l'église priorale de Howth (Dublin Bay) ne sauraient prévaloir contre les traces celtiques bien évidentes.
Il n'en faudrait pas conclure que l'architecture saxonne est demeurée confinée dans l'Angleterre proprement dite. Les exemples sont rares mais non inconnus, dans la partie occidentale qui s'étend du Cumberland à la Mersey, dans le Staffordshire et le Cheshire. Ils deviennent moins rares dans la partie méridionale, comtés de Monmouth, Somerset, Dorset et Devon. Il faut faire remarquer dans le Shropshire, au plein cœur de la tradition et de l'influence celtiques, un bon exemple d'architecture saxonne. Les hésitations que nous constatons relativement à l'attribution de tel ou tel monument à l'époque saxonne tiennent à des idées préconçues qu'une étude très méthodique et des comparaisons multiples peuvent seules corriger. C'est ainsi qu'il faut aujourd'hui renoncer à l'opinion d'après laquelle les églises saxonnes se distingueraient par leur longueur excessive et disproportionnée à la largeur. Pour quelques exemples tels que Escomb (13,99 x 4,95), Monkwearmouth (19,76 x 5,77) et Jarrow (22,49 x 5,04) dont l'aspect rappelle plutôt celui d'un corridor que d'une nef d'église, nous rencontrons un grand nombre d'édifices dont les proportions n'offrent rien d'anormal : Kirk Hammerton (6,93 x 4,10), Whitfield (6,38 x 8,95), Warcham (4,44 x 5,00), Bradford-on-Avon (7,60 x 3,65), Deerhurst Chapel (7,75 x 4,86), Bessingham (8,20 x 4,00), Bracebridge (9,27 x 6,07), Lyminge (10,72 x 5,60), Rockland (10,33 x 5,77), Woolbeding (10,48 x 5,77), Avebury (11,10 x 5,16), Greens Norton (11,40 x 5,47), Saint-Martin, Canterbury (14,70 x 7,99), Ropsley (12,16 x 4,70), Brigestock (12,30 x 4,56), Rochester (12,76 x 5,30), Saint-Pancrace, Canterbury (12,90 x 5,05), Corbridge (14,59 x 5,16), Coln Rogers (16,27 x 5,47), Saint-Mildred, Canterbury (16,94 x 7,29). Plusieurs particularités dans lesquelles on avait pensé longtemps posséder des critères certains de la maçonnerie saxonne sont aujourd'hui abandonnées. La construction par rang de matériaux inclinés de façon à former une figure dite « arête de poisson » est spéciale aux constructeurs normands. L'épaisseur des murailles n'est pas beaucoup plus démonstrative aujourd'hui, après avoir été jadis un argument irrésistible. Le profil des plinthes des murs anglo-saxons n'offre rien non plus de rigoureusement spécifique.
IV. BASILIQUE BRETONNE. — La plus grande incertitude règne dès qu'il s'agit de déterminer la date des églises que leur style invite à classer parmi les édifices de la période saxonne, Les indices sont si vagues et parfois si contradictoires qu'on se trouve en présence de traits positifs complètement insuffisants pour déterminer si, comme c'est le cas pour l’église de Dover Castle, nous nous trouvons en présence d'un ouvrage contemporain du roi Ethelberth de Kent ou d'Édouard le Confesseur, et ces deux règnes sont séparés par un intervalle de quatre siècles et demi. Si les moindres modifications de technique et de style à l’époque gothique ont été relevées avec tant de minutie qu'elles permettent aujourd'hui de fixer avec une quasi-certitude la date d'une cathédrale, il n'en est pas de même à l'époque saxonne. À cette époque, il faut procéder par groupes et délimiter une progression sans prétendre lui appliquer une trop rigoureuse chronologie. Cela tient en partie à ce fait que l'architecture saxonne, ou ce qu'on appelle de ce nom, n'est pas une conception originale, mais une imitation de plus en plus dégénérée de l'architecture romaine des basiliques. Les ruines plus ou moins informes des églises construites à l'époque romaine ont inspiré et instruit les rudes artisans bretons, On peut d'après cela présumer qu'à mesure que le temps s'écoulait la barbarie se faisait plus forte, allongé, élargi, sectionné, etc., ce qui laisse peu de modifications apportées au plan primitif. Car un fait que nous aurons, à plusieurs reprises, l'occasion de constater ; on s'attacha à l'emplacement primitif des églises et on les reconstruisit à l'époque saxonne, à l'époque normande, et même depuis, lieu même où les chrétiens de l'époque bretonne avaient élevé leurs basiliques ou leurs oratoires, Heureusement la seule église d'Angleterre qui peut être raisonnablement reportée à l'époque romaine n'a pas eu à subir ces retouches successives ; c'est la petite basilique de Silchester qui offre bien des points de ressemblance avec les églises de Reculver, Brixworth et Hexham. Silchester (Hampshire) était vraisemblablement une civitas du type des cités gauloises (fig. 1690) : pendant qu'elle était très romanisée et elle présente aujourd'hui le type le plus achevé, pour l'Angleterre, de civilisation romaine. L'enceinte mesure un mille et demi, elle contient une basilique et les divers édifices civils voisins du forum. C'est près de ce forum qu'on a relevé le plan d'une petite église chrétienne de murs anglo-saxons : Dunham Magna (Norfolk), Hainton (Lincolnshire), St. Martin, Wareham (Dorset), Cleow Narch (Lincolnshire), Stow, south transept (Lincolnshire). La ruine de la cité de Silchester a eu ce résultat de nous conserver l'enceinte et ses principales constructions. À l'époque médiévale une église a été bâtie proche du mur d'enceinte, Les procédés de construction ont leur grand intérêt pour l'histoire de l'architecture religieuse anglo-saxonne, peut-être le tracé du plan est-il plus instructif encore. Si on n'en a pas fait la remarque depuis longtemps, c'est peut-être parce que les fouilles étant généralement conduites avec peu de méthode on lirait des conclusions insuffisantes et écourtées. Le détail architectural des édifices restés debout se prêtait mieux aux dissertations et aux croquis.
Entre tous les édifices religieux relevés sur le sol de l'Angleterre, le seul qui appartienne à l'époque romano-bretonne est, sans contestation possible, celui que les fouilles de 1892 ont fait découvrir à Silchester. Le plan de l'édifice la forme d'une petite basilique rappelant les plus anciennes basiliques de Rome et présente des particularités que nous retrouverons à Reculver, à Brixworth et à Hexham, d'où elles passeront dans la tradition monumentale de l'Angleterre. La cité entière de Silchester était divisée en larges espaces encadrés de rues et portant le nom classique d'insulæ. La petite basilique chrétienne faisait partie d'une insula située au sud du forum et de la basilique civile, elle occupait le centre de l'insula. Elle se compose d'une nef centrale et de deux bas-côtés ; un porche s'étendait sur toute la largeur de la façade ; ce porche mesurait 7,80 en longueur et 1,8 en profondeur, La longueur totale de l'édifice, prise à l'extérieur, était de 12,76 ; les murs mesuraient deux pieds d'épaisseur, ils se composaient de matériaux de remploi avec les coins marqués par des tuiles. La nef centrale conserve une partie notable de son ancien pavement de mosaïque, À une distance de 3 mètres environ dans la direction de l'Orient, en avant du porche et dans l'axe de l'église, se voit une excavation mesurant 1,18 en carré, dont la partie intérieure est revêtue de tuiles ; à l'est de ce puits se trouve un trou de peu de profondeur tapissé de silex, À 3 mètres à l'est, des jambages n'ont été retrouvés. À l'intérieur, les parois étaient enduites de plâtre peint dont on a refait des fragments ; quelques-uns de ceux-ci ont permis d'induire que, suivant la mode du temps, ces lambris de plâtre représentaient du marbre. L'autel était certainement dressé sur le panneau de mosaïque situé devant l'abside, Nous ignorons sur quels vestiges M. W. H. St John Hope s'appuie pour soutenir que l'autel de bois primitif fut remplacé par un autel plus solide en pierre ou en marbre dont la présence a laissé quelques traces, des débris de ciment. Les dimensions par trop restreintes entre l'emplacement de l'autel et l'ouest de la basilique et dans son axe se voit un puits dont la partie inférieure est encore lapissée de bois, Le puits était rempli de silex et de quelques pavés, restes d'un édifice dont il ne subsiste aucune trace. À quelle distance du puits on recueillit trois monnaies à l'effigie de Victorinus et presque au fond du puits et deux petits vases d'étain de forme conique.
Les fondations seules de l'église subsistent encore ; on en est donc réduit à des conjectures pour tout ce qui concerne l'aménagement intérieur. Il est vraisemblable que les bas-côtés communiquaient avec la nef centrale au moyen de baies divisées par des colonnes ou par des pilastres. Toutefois les deux chambres formant narthex ne communiquaient probablement avec le sanctuaire que par une simple porte. Même incertitude pour le porche où il semble que trois portes, correspondant à la nef centrale et aux bas-côtés, devaient être percées, en outre une colonnade tracait probablement la façade du porche. L'éclairage de la basilique n'est indiqué par aucun vestige, il est clair qu'on devait avoir des fenêtres, mais ni linteaux, ni que l'évêque et son clergé y prenaient place ; cela a été matériellément impossible. La conservation des incrustations inviterait même à croire qu'elles murs dû être foulées aux pieds qu'exceptionnellement, à dire que la partie de ces incrustations, située à l'est, est très détériorée. Il serait quelque peu arbitraire de tirer de ces indices des conclusions trop arrêtées ; rien ne laisse simplement supposer que le parement n'ait été refait à l'époque qui précéda immédiatement une narte ou par un lapis. { La petite excavation devant le porche, qui a été mentionnée plus haut, doit être certainement identifiée à la fontaine à laquelle les fidèles se lavaient les mains et les pieds avant de pénétrer dans l'église. L'abri qui précédait le porche a disparu sans laisser le moindre vestige, mais cet atrium a-t-il existé ? une question qu'il nous paraît hasardeux de résoudre par des conjectures. Ce qu'on peut faire observer, c'est que la basilique s'élevait au centre de l'insula, d'où on pourrait inférer que les dispositions offraient quelque analogie avec celles de telle basilique de la Syrie centrale placée au centre d'un mur de clôture réservé, A Silchester, l'area limitée par des rues sur trois de ses faces mesure 90,47 en largeur sur 61 en longueur. Cette area, sauf à l'entour de la “fontaine, était entièrement couverte de gravier et une dépression profonde a été remarquée le long des faces sud et est.
Nous avons parlé d'une mosaïque servant de pavement à la nef centrale, Les incrustations sont assez rosâtres et se composent de cubes en tuileau rouge mesurant 0,05 de côté, Au centre et au niveau de l'abside on a réservé un panneau de 1,50 en carré, d'une mosaïque un peu plus délicate puisque les incrustations ne mesurent que 0,017, Le dessin est des plus simples et purement géométrique (fig. 1632). Un carré intérieur représente une sorte de damier aux cases noires et blanches. Une large bordure l'entoure, faite d'hexagones alternativement rouges et verts se détachant sur fond blanc, le tout enfermé par un filet noir qui sert de bandeau blanc. Les incrustations de couleur verte sont en marbre, celles de couleur rouge en tuileau, celles de couleur noire en pierre calcaire, mais plusieurs semblent ne présenter qu'une sorte de recouvrage ou de placage, enfin celles de couleur blanche sont faites de liais blanc et de clunch.
La tonalité douce des tuiles qui couvraient la plus grande partie du sol de la basilique devait donner à celle-ci quelque chose d'opulent et de chaud, un peu à la façon d'un immense tapis de moquette rouge unie.
La date de la mosaïque ne saurait être abaissée au-dessous du début du IVe, elle peut être un peu plus ancienne. L'omission de tout symbole chrétien dans cette mosaïque ne saurait être invoquée contre la destination liturgique de l'édifice auquel elle servait de pavement, Cette omission pourrait n'être qu'une preuve de haute antiquité puisque sur une mosaïque dont nous allons parler on a inséré un monogramme du Christ à une date postérieure à celle de la mosaïque et du règne de Constantin.
La mosaïque à laquelle nous venons de faire allusion servait de pavement à une vaste salle dont un des côtés offrait une petite niche également pavée de mosaïque. La décoration est géométrique avec quelques médaillons représentant des épisodes mythologiques tels que Paris et Vénus. Le pavement de la petite niche présente, comme décoration, un cratère parmi des entrelacs, des torsades, des dents de scie, des macarons (fig. 16%). C'est à la partie inférieure qu'on a inséré, à une date qui ne saurait être antérieure au milieu du IVe, un chrismon *, Sion s'en rapporte à la reproduction en couleurs donnée par Samuel Lysons, celle mosaïque aurait été encore éclatante de fraîcheur à l'époque où elle fut découverte, Mais toutes les planches de l'ouvrage de Lysons rivalisent ainsi de ces tonalités crues qui font la joie des coloristes de l'Angleterre contemporaine ; on peut croire qu'en réalité les tons étaient beaucoup plus amortis. Cette mosaïque a été trouvée à Frampton, dans le Dorsetshire.
Un autre pavement de mosaïque découvert à Horkstow, dans le Lincolnshire, fut également publié avec un brillant coloris par S. Lysons (lig. 1643). Cette mosaïque a passé inaperçue auprès de tous les archéologues chrétiens ; nous ne doutons pas cependant de son origine chrétienne. Ce qui subsiste nous laisse voir dans un médaillon central Orphée jouant de la lyre. Autour de ce médaillon rayonnent huit compartiments inscrits dans un cercle dont le diamètre mesure 5m62. Chaque compartiment contient un animal de grandes dimensions et un sujet composé d'animaux plus petits ou de volatiles. Dans les compartiments conservés on voit un éléphant, un ours, un sanglier. Au-dessus des colombes, dans les angles les têtes (des Saisons ?) et des Croix.
À, V, BASILIQUES SAXONNES. — La période des invasions barbares, depuis l'an 449 jusqu'à l'arrivée de saint Augustin de Cantorbéry et de ses Compagnons, n'est marquée par aucune construction. En ce qui concerne la nef de Saint-Martin de Cantorbéry, en dépit de tout ce qu'on en a pu dire, il reste impossible de faire la preuve qu'elle remonte, fût-ce en partie, à l'époque romaine. Quant à la cathédrale élevée par saint Augustin, elle aura dû recevoir bien des modifications et des agrandissements jusqu'à l'époque du grand incendie de 1067. Eadmer nous en a laissé une description aux termes de laquelle on voit que cette cathédrale était bâtie Romanorum opere et ex quadam parte ad imitationem ecclesiæ beati apostolorum principis Petri. L'église comportait une abside et un autel à ses deux extrémités. L'autel de l'est était considéré comme l'autel majeur et le chœur des moines se trouvait en avant, formant une sorte d'enclos. L'abside de l'ouest, qui était vraiment primitive, possédait jadis la chaire épiscopale par devant laquelle se dressait l'autel ; quand on agrandit l'édifice on se détourna de cette abside de l'ouest et on se tourna à l'extrémité opposée. Étant donnée la stérilité avérée des Celtes en fait de constructions monumentales, on est fondé à supposer que la mission de saint Augustin contribua au maintien du type architectural romain qu'avaient reproduit jadis les chrétientés bretonnes. La réminiscence de la basilique est évidente, quoi que toutes les parties n'offrent pas les dimensions classiques, et même parfois diverses parties de la basilique ont été supprimées ou gravement altérées. La confessio était quelquefois oubliée, l'édifice coupé et dénaturé, réduit à un seul portique.
Un des plans les mieux caractérisés de cette catégorie d'édifices est celui d'une petite église construite vers 670 à Reculver, dans le Kent, et détruite au début du XIXe. Cette église se trouve doublement rapprochée, par sa date et sa situation, du centre de l'influence latine : Cantorbéry. Quelques ruines et le tracé des fondations nous permettent de nous en faire une idée assez approchante de l'état primitif. Ainsi qu'on peut se rendre compte sur le plan (fig. 1635) l'édifice se composait d'une nef longue de 15m93 sur une largeur de 7m31. Cette nef est tracée par trois rangées de deux piliers formant quatre arches. À l’est s'ouvre une abside de toute la largeur de la nef, tandis que ce qui se voyait à l'ouest semble avoir été détruit et remplacé par des constructions postérieures. Une particularité à noter à l'entrée de l'abside, c'est l'aveu d'incapacité des maçons à jeter un arc de la largeur de la nef : ils s'en sont dispensés en subdivisant cette arche en deux arcs supportés par deux petits piliers de aujourd'hui conservés dans le Close de la cathédrale de Cantorbéry (fig. 1636). Ce sont des colonnettes travaillées bien frustes et dans lesquelles néanmoins on retient clairement la trace de l'influence corinthienne.
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PTT LIT LS CT TITI PTIT TITI V TT PTT TP 163€. — Colonnettes de l'église de Reculver. D'après C. Roach Smith, Collectanea antiqua, 1868, t. vi, pl. XLY. Il est évident que l'église de Reculver n'est pas antérieure à l'an 670. Nous venons de dire que la façade ouest a pu subir des remaniements, un texte relatif à l'église de l'abbaye d'Abingdon, fondée en 675, est précieux à noter. La description qu'il contient, il est dit : Habebat giludine et XX pedes et erat rotundum tam in parte occidentali quam in parte orientali. Trois siècles plus tard l'église était restaurée sur le même plan : Canonicus rotundus erat, ecclesia est rotunda, duplicent M bens longitudinem quam cancellus ; turris quoque rotunda est. Il est clair que ces rotundes s'appliquaient aux extrémités, c'étaient des absides.
L'église de Brixworth (Northamptonshire) est, en son genre, la plus complète que nous possédions, bien qu'elle ait perdu ses has-côtés. La nef mesure environ 18m20 en longueur sur 9m10 en largeur ; elle est beaucoup plus large que la nef de Reculver, bien qu'elle compte le même nombre d'arcs ouvrant jadis sur les bas-côtés. L'arc principal, comme à Reculver, est divisé par trois piliers, mais au lieu de s'ouvrir sur l'abside, il donne accès dans un appartement de 9m50 carré qui semble tenir ici la place du transept dans le type ordinaire des basiliques. À l'est de cette chambre une arche de dimensions restreintes donne accès dans l'abside. De cette abside deux traits qui marquent l'emplacement de deux petits escaliers donnant accès à un corridor qui circule extérieurement autour de l'abside et qui devait servir à l'époque où il y avait à cette place une confession. D'après les dimensions et la disposition des deux petits escaliers conduisant à la crypte, on peut se convaincre que le transept — ou ce que nous appelons de ce nom — n'a pas été rétréci. Devant l'entrée de l'abside, une sorte de carrée dont les quatre parois sont percées d'une baie. Tandis que la baie située à l'est donne entrée sur l'église, la baie située à l'ouest s'ouvre sur une petite tourelle dans laquelle on a cru voir, sans raisons bien convaincantes, l'emplacement du baptistère primitif. En avant de la tour saxonne à pu se trouver une sorte de cloître ou d'atrium ressemblant à ce qui est figuré sur le plan (fig. 1638).
VI. ORATOIRES DE LA CORNOUAILLE. — Pour modeste qu'elle soit, la basilique de Silchester offrait encore quelque pensée architecturale ; il n'en va plus ainsi dès que nous abordons l'étude des édifices saxons. L'idée même de la disposition basilicale semble abolie. Les vestiges les plus anciens tiennent moins des souvenirs de l'époque romaine que des traditions rudimentaires importées par les apôtres celtes. Les oratoires rectangulaires de Skellig Michael, au sud de l'Irlande, avec leur propension à s'étendre démesurément en longueur aux dépens de la largeur, vont inspirer un grand nombre de constructions dans lesquelles l'idée des proportions de la basilique s'oblitère progressivement. Les édifices et les productions de l'art celtique sont étudiés à leur place dans le Dictionnaire d'archéologie chrétienne ; avant d'aborder les édifices saxons, il faut dire quelques mots des édifices de la Cornouaille. En 1835, on découvrit dans cette contrée l'oratoire de Saint-Piran, enseveli dans le sable depuis des siècles. Les conditions politiques et religieuses de la Cornouaille ne furent pas les mêmes que celles du reste du pays. Après le départ des Romains, les indigènes retrouvèrent leur autonomie, et, libres des Saxons qui ne poussèrent pas jusque-là leurs expéditions, ils revinrent en grand nombre au druidisme qui ne cessa de gagner du terrain. Depuis le Ve jusqu'au VIIe, le druidisme alla en décroissant devant l'effort des missionnaires irlandais qui sillonnaient le pays. C'est ce qui explique comment la plupart des églises et des oratoires de la Cornouaille sont dédiés à des saints irlandais que les Normands et les Réformés ne s'aventurèrent pas à déposséder jamais : ces édifices sont extrêmement modestes, on ne saurait l'être plus ; on les désigne sous le nom de stone churches qui est le nom qu'on donne en Irlande aux édifices contemporains dus parfois aux mêmes personnages.
L'oratoire de Saint-Piran ou Kyeran remonte au VIe, et est situé dans une région de sables mouvants. The oratory of St. Piran in the sands, London, 1844 ; Ano. Ont tor. of Cornwall, dans The arch. Journ., 1846, t. 11, pp. 228-2m. Sa découverte excita à l'époque où elle eut lieu le plus vif intérêt (fig. 1639). L'édifice était demeuré dans sa condition primitive malgré quelques altérations. La porte et les ouvertures de la muraille ont été bouchées et le toit enlevé. Trois jours après la découverte, la porte s'écroula et le sable sembla menacer de nouveau la chapelle d'enlisement. Les dimensions sont à l'intérieur, 7m06 x 5m08, à l'extérieur, 8m81 x 5m01. Le pignon du côté de l'ouest était encore debout et mesurait 9m77 en hauteur, les murs latéraux 4m95 environ. La porte et la fenêtre nous sont heureusement connues par de bons croquis. L'autel, les bancs et les murailles à l'intérieur de l'église étaient recouverts d'une sorte de plâtre blanc. Le sol est fait de la même substance mélangée de sable grossier. Chaque porte donne accès dans l'église à condition de descendre trois marches, usage exceptionnel en Angleterre où le pavement de l'église n'est généralement pas au-dessous du sol extérieur ; au contraire, cette coutume était fréquente dans les habitations privées. La porte d'entrée, aujourd'hui détruite, était agréablement décorée de trois masques et d'une moulure ; ces objets sont entrés au musée de Truro (fig. 1640). Une porte décorée de façon analogue se voyait dans l'ancienne chapelle de Clonmacnoise, près de Sear Kyeran (King's County), Irlande, qu'on croit fondée par saint Piran (lig. 1641).
De Saint-Piran, passons à Saint-Gwvthian que l'ensablement a également bien conservé (Mg. 1642). Peu de temps après la découverte, en 1846, les murailles mesuraient huit pieds de haut dans la nef et trois pieds dans le chancel. Dans le mur du sud on vit la trace d'un trou ou d'une fenêtre assez semblable à une meurtrière. Comme à Saint-Piran, il existe une porte dans la nef et une autre dans le coin nord-est du chancel. Le sol est ici encore au-dessous du niveau du sol extérieur. Les caractères généraux des deux oratoires diffèrent à peine entre eux. Entre le chancel et la nef un petit passage de 0m92 sert de communication. Voici les dimensions de l'oratoire. Nef, à l'intérieur, en longueur 10m57, en largeur 4m68. Chancel, en longueur 4m35, en largeur 3m84. Épaisseur des murs de la nef : 0m92 ; épaisseur des murs du chancel : 0m75. Contrairement à ce que nous avons vu à Saint-Piran, il n'y a pas à Saint-Gwvthian de bancs de pierres pour l'assistance, mais il est probable qu'on y faisait usage des banquettes en bois. Le chancel est seul pourvu d'un banc en pierre qui entoure l'autel ; ce banc mesure 0m45 en hauteur et 1m5 en largeur. Le mode de construction est le même qu'à Saint-Piran : des pierres de toutes formes engagées les unes dans les autres sans emploi de la chaux. L'autel est en pierre ; ses dimensions sont : en longueur 1m46, il est probable qu'il ne mesurait pas plus de 0m758 en largeur. Sa hauteur est de trois pieds (0m91).
BRETAGNE (GRANDE-) 1190
Nous décrirons encore un de ces petits monuments. Penzance possède un oratoire dédié à Saint-Maddern (Hg. 1643). Cette chapelle mesure à l'intérieur 6« 08 en longueur et 3m04 en largeur ; les murs ont 0m60 d'épaisseur et environ 2m76 en hauteur. Le sol est au-dessous du niveau du sol extérieur. La nef et le sanctuaire sont séparés, en sorte que la nef mesure 3m04 en longueur et le sanctuaire 1m52 seulement. Un banc de pierre règne tout autour de la chapelle dont l'autel est également en pierre. Le mur du sud présente une fenêtre mesurant 0m37 en largeur et dont la voûte a été détruite. En face de la fenêtre, une porte de 0m5 en largeur et dont la voûte s'est également effondrée. L'oratoire est construit près d'un ruisseau qui coule sous l'angle sud-ouest ; en cet endroit, on a creusé un puits (fig. 1644). Ce puits est enfermé dans une maçonnerie grossière. L'ouverture prend sur la nef ; cette ouverture
Tous ces oratoires présentent de l'un à l’autre des ressemblances qui nous invitent à voir les applications peu variées d'un archétype. L'autel de Maddern, comme celui de Gwythian, avaient la même disposition ; nord-sud. Celui de Maddern se composait d'une large dalle de granit mesurant 1m52 en longueur, 0m75 en largeur.
Présentent une particularité extrêmement rare dans les édifices saxons. La partie intérieure présente une coupure à angle droit qui donne deux arêtes vives, portail de Diddeburg (Shropshire) nous montre une disposition semblable, les crochets de fer en scellés au mur et qui servaient de gonds à la porte, mesure 0m9 et 0m95 en épaisseur ; il était placé sur une maçonnerie et sa hauteur au-dessus du sol était de 0m90. Près du centre, une cavité était creusée, disposée en carré et mesurant 0m24 en profondeur ; nulle décoration, ni croix, ni moulures (fig. 1645).
Deux autres oratoires sont situés au nord de Saint-Maddern, dans la paroisse de Zennor. L'un d'eux offre des ressemblances avec l'oratoire qui vient d'être décrit : longueur 4m86, largeur 2m70 ; épaisseur des murs 0m60, hauteur des murs 1m80 à 2 mètres ; sol au-dessous du niveau du sol extérieur de 1m22 à 1m50. La pierre d'autel ressemble à celle de Maddern, mais elle est plus petite ; elle ne mesure que 1m5 en longueur, 0m80 en largeur, 0m175 en épaisseur. Elle ne se trouve plus aujourd'hui à sa place primitive, car elle n'a pu être transportée à l’ouest de la ruine qu'au mépris de sa première destination.
Autre oratoire à Tregominion, paroisse de Morvah, à l'ouest de Zennor.
ÉGLISES SAXONNES. — Après l'étude de la basilique de Silchester et des oratoires de la Cornouaille, nous pouvons aborder les églises saxonnes. Il semble que le type le plus ancien soit aussi le plus simplifié. C'est un rectangle sans plus. Nous en rencontrons deux exemples bien caractérisés pour l'un, disposition à Brixworth, à Saint-Pancrace de Cantorbéry, à Barnack, à Earls Barton et à Barton-on-Humber, à Monkwearmouth (porche du nord et porche du sud) ; à Escomb, la porte du nord de la nef et probablement les deux autres présentent cette échancrure (fig. 1649).
Les oratoires de la Cornouaille nous ont montré un type moins simplifié que celui d'Heysham. Nous retrouvons ce type de l'oratoire rectangulaire pourvu d'arêtes, desquels l'influence celtique semble survivre dans le vocable de « St. Patrick's Chapel », situé à Heysham sur la côte du Lancashire (fig. 1646). Cet oratoire est élevé sur le roc à l'ouest de l'église paroissiale de Heysham, qui est elle-même, en partie du moins, d'époque saxonne.
L'autre oratoire, dont il ne reste que des traces à peine reconnaissables, est situé près d'Aber (North Wales) : (Hig. 1647). Les dimensions de la chapelle de Saint-Patrick, sanctuaire rectangulaire à l'une de ses extrémités, dans le sens de la longueur, à Whitfield, près de Douvres (Kent), et dans un grand nombre d'autres constructions d'époque saxonne. Le type est fréquent aussi bien en Irlande qu'en Écosse et en Bretagne. Le sanctuaire est séparé de la nef par une arche posée sur deux piédroits empiétant sur la largeur de la nef et du sanctuaire, de manière à bien marquer leur séparation.
Une des églises saxonnes les mieux caractérisées de ce type est celle de Boarhunt (Hampshire) dont nous donnons le plan et une vue de l'extérieur (fig. 1650-1651). Ce plan présente une particularité notable, c'est la présence d'un mur de refend dans la nef, suivant une disposition que nous retrouvons à Duglingworth (Gloucestershire). Les deux portes latérales ont été murées, celle de l'ouest est seule restée en usage. Dans le sanctuaire, où le chancel était percée une fenêtre ornée d'une torsade. On voit encore les attaches du volet de bois qui servait primitivement de fermeture. Un pilastre engagé monte jusqu'au point central du pignon du côté est. Ce fait est suffisamment caractéristique pour laisser supposer que tous les autres exemples qu'on en rencontre doivent dater environ du même temps.
On le relève sur le pignon ouest de l'église de Kirkdale, près de Kirby Moorside (Yorkshire) dont une inscription fixe la construction vers l'an 1060. Ces pilastres engagés nous reportent donc aux derniers temps de la période saxonne ; ils sont d'un usage fréquent dans les églises de cette période construites dans le Hampshire, le Sussex et le Surrey, environ jusqu'à la hauteur de Brighton, par contre on ne les retrouve pas dans le Kent. Nombreux dans les districts du centre, ils sont rares dans les districts du nord.
Le type que nous venons de décrire se diversifie assez peu d'un exemple à l'autre. L'église de Saint-Martin à Warlham (Dorset) se distingue de Boarhunt, de Wolbeding et du groupe qui avoisine Winchester par la hauteur de ses murs. Le chancel et deux angles de la nef de Wittering (Northamptonshire) présentent des encoignures qui rappellent celles de la tour d'Earls Barton ; en dehors de là, le plan ne présente rien d'original.
Les angles de l'édifice présentent des exemples soignés de long and short work. L'entrée du sanctuaire offre une baie de 2m47 de hauteur, l'écartement entre les jambages qui en supportent l'arc est de 2m10. Ces jambages sont d'un demi-colonnes rassemblées sur un pilier carré dont deux angles apparaissent pour séparer les colonnes, sont un thème favori de l'architecture saxonne (fig. 1692).
Après le type de sanctuaire rectangulaire nous abordons le sanctuaire sur plan absidal dont on ne connaît jusqu'ici de spécimens que dans le Kent. Un premier exemple se rencontre à Bradwell (Essex), il est désigné sous le nom de Saint-Peter-on-the-Wall et se trouve sur l'emplacement de la porte principale de la forteresse romaine d'Othona. Le plan montre une cella de forme oblongue mesurant 15,09 sur 6,58 et terminée par une abside aujourd'hui détruite et qui appartient à la tradition des constructeurs romains, bien plus qu'à celle des Celtes, ainsi qu'on pourrait s'y attendre en un lieu marqué par une mission de Cedd, en 653. Autre abside circulaire à Lyminge (Kent) à Rochester et à Saint-Martin de Cantorbéry. Cette dernière église est la plus intéressante de l'Angleterre par l'ancienneté des souvenirs qui s'y rattachent, puisqu'ils se confondent avec les traditions relatives à l'introduction du christianisme à l'époque saxonne.
La nef et la partie occidentale de la chambre susdite sont certainement saxonnes et représentent l'emplacement primitif. [D'autres additions sont postérieures.] Le mur du sud, épais de 0,65 m, est entièrement composé de briques romaines disposées d'une façon régulière.
Saint-Pancrace de Cantorbéry nous offre un autre exemple d'abside. Saint-Pancrace de Cantorbéry nous montre une disposition appelée en Angleterre à un large et durable succès, c'est le porche. La construction, parfois minuscule, qui porte ce nom diffère complètement du porche ou porticus des basiliques. Au lieu d'une colonnade ou d'une entrée solennelle, le porche se réduit à n'être souvent qu'une sorte de petite guérite plaquée contre le mur devant la porte d'entrée. À peine mérite-t-elle le nom de vestibule, tant ses dimensions sont exiguës. À Saint-Pancrace, les chapelles latérales étaient appelées porticus, tandis que l'entrée avec le petit édicule qui la précède portait le nom de porticus ingressus.
Cet terme de porticus est employé d'une manière assez large, puisqu'on lui fait signifier les bas-côtés, alias porticus, ou bien encore le pourtour concentrique à un cercle ou à un octogone : enfin Bède semble ne désigner qu'une chapelle latérale quand il mentionne la cérémonie funéraire du roi Ethelberth accomplie in portione Sti Martini. Richard de Hexham nous parle de Wilfrid et de son église de Sainte-Marie à quatuor partibus totidem porticus habens.
Le porche se montre contre une petite annexe dans les églises saxonnes, principalement à la partie occidentale (Saint-Pancrace, Monkwearmouth, Corbridge) quelquefois au sud (cathédrale de Cantorbéry, Bishopstone) et plus rarement encore au nord (Bradford-on-Avon) (fig. 1655-56). À Saint-Pancrace, le porche mesurait en hauteur 9,33 m et en largeur 1,97 m. Il ne subsiste aucun vestige d'une porte. À Monkwearmouth, quand on a élevé par-dessus des tours d'une hauteur et à Corbridge, les porches ont perdu leur caractère considérable.
La plupart des porches des églises saxonnes ont disparu, mais on les a remplacés par d'autres, par exemple à Breamore (Hampshire), à Daglingworth (Gloucestershire). Un type de porche latéral bien conservé se voit à Bishopstone, près de Seaford (Sussex) ; à l'époque normande, on y appliqua un avant-porche minuscule !
L'église de Bradford-on-Avon (Wiltshire) offre deux porches latéraux. C'est un remarquable monument, un de ceux dont l'aspect extérieur donne l'idée la plus avantageuse de l'art saxon. Une restauration intelligente lui a rendu son cachet, quoique sur bien des points les surfaces aient été si complètement rajeunies que la bâtisse originale disparaisse presque entièrement.
La maçonnerie est en larges pierres mesurant environ 0,60 m en hauteur et 0,93 m en épaisseur, d'un grain serré et fin qui a servi à toutes les autres constructions de la localité. Ces pierres sont taillées sans grand soin, les jointures ne sont ni verticales ni horizontales, mais souvent obliques. Les murs ont une épaisseur de 0,72 m sans compter les plinthes et pilastres.
Le coinage n'offre rien de particulier, mais on constate qu'on a calculé de manière à ce que la décoration en pilastres et arcatures fasse à chaque coin une sorte d'encadrement. Cette décoration, qu'il serait superflu de décrire, donne à l'église un aspect d'élégance sobre qui contraste avec l'apparence fruste et presque délabrée de la plupart des églises saxonnes.
On avait imaginé que cette décoration était très postérieure à l'édifice, il est prouvé qu'elle lui est contemporaine. À quelques églises saxonnes ont des bas-côtés et des arcs sur piliers, c'est le cas à Reculver (Kent), Brixworth (Northamptonshire) ; plus nombreuses sont celles qui présentent le vaisseau simple, généralement très étroit et très haut ; nous avons vu à Brixworth une chambre carrée occupant l'emplacement et pourrant rendre le service du transept.
Les églises qui composent cette disposition du transept nous le font voir comme une saillie accentuée, par exemple à Worth (Sussex), à Sainte-Marie dans le château de Douvres, Repton (Derbyshire), Stow (Lincolnshire), No (Durham), Stanton-Lacy (Shropshire), Deerhurst (Gloucestershire).
Les églises de Grande-Bretagne présentent cette particularité que l'abside circulaire est généralement remplacée par un chevet rectangulaire, ainsi qu'on le voit à Escomb (Durham), Wittering (Northamptonshire), Boarhunt (Hampshire), Arlington (Sussex).
L'extérieure est composée de pilastres de faible relief et d'une partie continue d'arcatures sur pilastres cannelés dans le haut des murs ; la partie sculpturale est de style carolingien, mais l'appareil parfaitement dressé et les joints fins font hésiter à assigner à l'édifice la date reculée dont témoignent les caractères précis.
L'acuité des toits ne prouve rien, car elle a existé très tôt en Angleterre, même dans de grandes églises comme Peterborough et Repton. Parfois l'abside s'amorce sur un transept qui, comme à Reculver et à Brixworth, n'a que la largeur d'une travée ordinaire de la nef.
ration saxonne. Chacun des bas-côtés. L'un de ces porches, celui du sud, mis sous l'invocation de saint Grégoire, servait d'entrée principale, C'était, ainsi qu'on peut le dire avec le plus de vraisemblance, un porche qu'on coiffa ensuite d'une tour. La présence des tours à côté des basiliques romaines n'était pas tellement exceptionnelle qu'on soit obligé d'en retarder la construction assez tard pour la refuser à la première période. Outre les tours sur porche, les Saxons ont construit des tours qui se retrouvent en grand nombre aujourd'hui dans plusieurs régions, principalement dans Lincolnshire, tellement qu'on a pu donner à ces tours le nom de Lincolnshire bell-towers. On en rencontre ailleurs cependant, dans les districts de l'est et même ailleurs, par exemple à Wickham (Berkshire), Bosham et à Sompting (Sussex). Ces tours, principalement celles du Lincolnshire, possèdent un beffroi avec des meurtrières dans l'épaisseur de la muraille ; où ce beffroi a été reconstruit, l'existence de ces meurtrières ne peut être inférée que par analogie, car ces beffrois sont ordinairement dépourvus des caractères les plus usuels de la période antérieure à la conquête, tels que long and short quoins, pilastres à large chapiteau et fenêtre à double dormant. Doubtait-on que ces beffrois ne fussent antérieurs à la conquête, il faudrait remarquer néanmoins que certains d'entre eux, qui ressemblent aux autres, possèdent pendant ces caractères : par exemple à Brixworth, Saint-Martin à Wercham (Dorset), Worth (Sussex), Wing (Bucks). Les églises anglo-saxonnes nous offrent un exemple de l'emploi des tours. Celles-ci prennent parfois des dimensions égales à celles de la nef et semblent n'être que le prolongement. Un exemple caractéristique de ce type est celui de Barnack. Les impostes sont d'un modèle rare, ils semblent figurer des briques romaines superposées ; on rencontre ces impostes à Saint-Pancrace de Cantorbéry, à ton qui a pu servir de siège ; lors de la restauration de la tour, en 1854-1855, on releva des traces de 2s qui entouraient à gauche et à droite le siège central. On sait que les églises anglo-saxonnes servaient également aux transactions légales. Le porche du sud de la cathédrale de Cantorbéry avait cette destination de cour de justice, les vastes dimensions de la tour de Barnack ont pu lui valoir un semblable usage. Barton-on-Humber la tour est située au centre de l'édifice, et à deux de ses côtés s'amorcent deux bâtiments formant le sanctuaire. Ce type est destiné à une grande église à mesure qu'on le complétera et qu'on lui donnera sa caractéristique avec la tour centrale. Ce n'est que peu à peu qu'on y viendra. Le type de tower conservera longtemps des parties sans et le retrouverons à South Elmham (Suffolk), à North Elmham, à Dunham Magna (Suffolk) ; il sera en faveur à l'époque normande. Quand la tour centrale sera passée dans la pratique, elle aboutira très souvent au plan crucial. Nous constatons cet acheminement.
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orth et à Wings (Bucks). On remarquera la niche.
Ces tours, principalement celles du Lincolnshire, possèdent un beffroi avec des meurtrières dans l'épaisseur de la muraille ; où ce beffroi a été reconstruit, l'existence de ces meurtrières ne peut être inférée que par analogie, car ces beffrois sont ordinairement dépourvus des caractères les plus usuels de la période antérieure à la conquête, tels que long and short quoins, pilastres à large chapiteau et fenêtre à double dormant. Doubtait-on que ces beffrois ne fussent antérieurs à la conquête, il faudrait remarquer néanmoins que certains d'entre eux, qui ressemblent aux autres, possèdent pendant ces caractères : par exemple à Brixworth, Saint-Martin à Wercham (Dorset), Worth (Sussex), Wing (Bucks). Les églises anglo-saxonnes nous offrent un exemple de l'emploi des tours. Celles-ci prennent parfois des dimensions égales à celles de la nef et semblent n'être que le prolongement. Un exemple caractéristique de ce type est celui de Barnack. Les impostes sont d'un modèle rare, ils semblent figurer des briques romaines superposées ; on rencontre ces impostes à Saint-Pancrace de Cantorbéry, à ton qui a pu servir de siège ; lors de la restauration de la tour, en 1854-1855, on releva des traces de 2s qui entouraient à gauche et à droite le siège central. On sait que les églises anglo-saxonnes servaient également aux transactions légales. Le porche du sud de la cathédrale de Cantorbéry avait cette destination de cour de justice, les vastes dimensions de la tour de Barnack ont pu lui valoir un semblable usage. Barton-on-Humber la tour est située au centre de l'édifice, et à deux de ses côtés s'amorcent deux bâtiments formant le sanctuaire. Ce type est destiné à une grande église à mesure qu'on le complétera et qu'on lui donnera sa caractéristique avec la tour centrale. Ce n'est que peu à peu qu'on y viendra. Le type de tower conservera longtemps des parties sans et le retrouverons à South Elmham (Suffolk), à North Elmham, à Dunham Magna (Suffolk) ; il sera en faveur à l'époque normande. Quand la tour centrale sera passée dans la pratique, elle aboutira très souvent au plan crucial. Nous constatons cet acheminement.
IX. FENÊTRES. — Dans les églises anglo-saxonnes les fenêtres présentent quelques particularités. L'ouverture est tantôt unique, tantôt dédoublée, passant du type le plus rudimentaire à un profil assez orné. Dans la tour de Brigstock (Northants) l'ouverture est étroite et surmontée de deux pierres rapprochées à angle aigu. L'église de Brigstock nous offre une fenêtre cintrée et dont les montants sont faits de deux jambages de pierre. Mais ce sont là des types d'une grande simplicité. A Diddleburg (Shropshire) (fig. 1669), nous voyons une fenêtre à doubles dormants percée dans l'épaisseur du mur, ce qui lui donne un aspect de meurtrière. Plus originales sont les fenêtres à double ouverture dont la description sera utilement remplacée par les croquis de deux types de fenêtres à balustre. L'une se voit dans la tour de Barton-on-Humber (Lincolnshire) (fig. 1670), l'autre dans le mur du nord de la nef de Worth (Sussex) (fig. 1671). La partie vraiment originale de ces fenêtres est la balustre avec la dalle qui la coiffe et déborde de tous côtés. La balustre est parfois remplacée par une colonnette un peu renflée dans sa partie centrale ou bien également cylindrique sur toute sa hauteur. On rencontre quelquefois un petit pilier de forme octogonale ou carrée avec des coins arrondis. Le chapiteau est souvent réduit à sa plus simple expression, tantôt un cube, tantôt une simple dalle. Un autre caractère notable des églises saxonnes, ce sont les entrées. Celles-ci se trouvent situées au nord et au sud. Le plus souvent elles sont opposées l'une à l’autre à l'extrémité occidentale de la nef. Une de ces entrées fut, dans la suite, jugée inutile, aussi dans un grand nombre d'églises l'entrée du nord est murée.
A l'intérieur de l'édifice, si c'est une église pourvue d'ais, on relève souvent des traces d'arcades jadis percées dans des murs compacts d'origine saxonne ; en pareil cas, l'époque à laquelle le mur a été construit doit être discutée indépendamment des présomptions que donnent les arcades, car il n'est pas sans exemple que les Normands aient ainsi percé des murs normands.
L'art du constructeur saxon nous apparaît, dans ses œuvres et dans leurs particularités, bien que rudimentaire. La maçonnerie rappelle celle en usage à l'époque romaine pour la construction des archivoltes. La pierre pleine est souvent remplacée par des cordons engagés dans des concrétions de terre avec blocage. Nous revoyons dans la tour de Market Overton (Rutland) le système de « coinage » d'une époque certainement saxonne et peut-être romaine (fig. 1672). A Stainton-by-Tickhill (Yorks), c'est une construction en blocage et le long and short work (fig. 1673) :
X. PORCHE. — L'église de Laughton-en-le-Morthen (Yorkshire) (fig. 1674) va nous montrer un type excellent de porte saxonne ! Trois églises se sont succédé en ce lieu et chacune fut construite avec des matériaux différents. La première était saxonne, bâtie en bonne pierre de grain rougeâtre probablement de Wickersley. Il n'en subsiste que l'extrémité ouest et une partie du mur du nord, les parties inférieures des murs du chancel et la piscine dans le mur sud du sanctuaire. Sa longueur était la même que celle de l'église actuelle. La porte de Laughton-en-le-Morthen (fig. 1675) est considérée comme un monument de l'époque de transition entre les constructions en bois et les édifices de pierre. Les murs saxons de l'extrémité nord-est de l'église ont été bâtis sans fondations préalables, au ras du sol. M. G. Baldwin Brown considère ce portail comme un échantillon tardif du style saxon et un des plus remarquables dans toute l'Angleterre. Les réparations modernes, jambages et moulures, ont cependant altéré le caractère du monument. L'encadrement actuel et la porte sont de date récente, ayant été insérées dans le cadre de la porte primitive retaillé en vue de recevoir ces matériaux postérieurs. La maçonnerie est soignée et les joints rapprochés, mais l'appareil est d'aspect irrégulier. Vue de l'intérieur, on constate des dispositions considérables. L'encadrement primitif se compose de deux pilastres en saillie posés sur des dés de pierre et supportant des impostes sur lesquelles affleure l'arc. Le fût de la colonne à l'ouest est fait de deux morceaux dont l'inférieur est beaucoup plus long que la pierre supérieure. La colonne à l'est se compose de trois fragments, dont deux très petits. Les membres en saillie sont assez fréquents dans le style saxon, ils existent sur les piliers formant encoignure à Wittering (Northants) et sur l'arche de l'entrée méridionale de Heysham (Lancashire) et ailleurs. Ajoutons que les pierres inférieures de l'arc du côté est sont primitives.
XI. TECHNIQUE. — L'architecture religieuse anglo-saxonne, quoi que représentée par un nombre respectable d'édifices, n'offre qu'un intérêt assez mince par rapport à l'histoire monumentale du christianisme. Ses types et ses méthodes n'apportent presque rien de nouveau. Les influences qui semblent s'être exercées sur l'architecture saxonne, telles que l'influence celtique et l'influence continentale, ne sont, à tout prendre, autre chose que l'application plus ou moins variée de procédés généralement adoptés. La rencontre de détails qui se retrouvent identiques en Gaule, en Afrique, ou à Rome, n'est pas à elle seule une démonstration d'emprunts faits à l'étranger. Si la crypte de Saint-Wilfrid rappelle la disposition des cubicules des catacombes romaines, on n'en doit pas conclure à une imitation directe. Les chambres voûtées étaient connues depuis longtemps. On rattacherait avec autant de raison la crypte de Wilfrid à celle du cimetière Saint-Matthias à Trèves, ou bien à celles de Saint-Savinien de Sens, de Saint-Louand par Chinon, de Werden sur la Ruhr dans la Prusse rhénane. Sans être particulièrement remarquable en Bretagne, l'occupation romaine avait dû élever des monuments suffisants pour instruire les architectes et les maçons anglo-saxons. Pendant une durée de 450 années environ qu'il fut en usage, leur style aura pu subir les influences étrangères, mais nous ne saurions préciser dans quelle mesure. Les bouleversements périodiques et les destructions innombrables infligées par les invasions qui se succédèrent sur le sol anglais laissèrent, jusqu'à l'époque de la conquête normande, des ruines à réparer beaucoup plus que des innovations à introduire.
Les Anglo-Saxons ont fait usage des constructions en bois (fig. 1676). Si Bède désigne fréquemment ce mode de construction par l'expression mos Scottorum, il ne s'ensuit pas que les Celtes eussent l'invention ou le monopole des édifices en bois. Les tribus germaines qui s'établirent dans l'île de Bretagne, après elles, les Danois apportèrent une technique probablement très peu différente de celle des Irlandais. Cette technique était représentée par trois types caractéristiques : la hutte de claies, la maison faite de blocs ou de billes de bois, enfin la charpente encadrée. Les deux derniers types permettaient seuls l'adoption d'un parti architectural. La construction par blocs expose à de gros déchets d'équarrissage et n’est praticable que dans les pays où le bois abonde. C'est à proprement parler une muraille d'épaisseur considérable qu'il s'agit de construire dans le sens vertical ou horizontal. La construction en charpente encadrée laisse entre les poutres dressées des intervalles variables qu'on remplit de matériaux plus ou moins communs et résistants. C'est ce dernier type que les Anglo-Saxons ont employé le plus ordinairement. Les Romains leur en avaient donné l'exemple à Silchester et ailleurs. Une construction en bois remontant à l'époque saxonne s'est conservée dans la nef de l’église de Greenstead (Essex). Celle nef mesure 7,99 sur 5,17, elle est pourvue d'une tour dans sa partie occidentale. Les murs de la nef se composent de poutres debout, faites de troncs de chêne coupés par le milieu dans le sens de la longueur, dépourvus de leur écorce et polis à la doloire sur leur étain. Entre les poutres sont recouverts d'espèces de baguettes mesurant environ deux pouces en largeur. À l'origine, les bûches qui étaient
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nelle de trois cent cinquante monuments qui lui capella. Deux exemples de capellæ se sont conservées en deux reposaient dans une rainure de chêne dans le haut et elles étaient fixées par des chevilles en bois sur un madrier horizontal ; mais la partie inférieure avait pourri par l'effet de l'humidité du sol ; en 1845 on démolit l'édifice, on examina les matériaux, on scia la partie inférieure des bûches et on les remit dans l'état actuel. La technique est des plus simples. Les murs ne sont guère que des palissades d'énormes. Quant à la relle sur laquelle les poutres sont posées, elle ne représente pas la disposition primitive mais un remaniement postérieur. Comme on peut facilement le constater sur le plan, l'angle est formé d'une poutre dont un quart environ a été évidé. Ainsi qu'on peut le supposer, la conservation d'édifices en bois est tout à fait exceptionnelle. Le spécimen que nous venons de rencontrer n'en est que plus précieux, mais c'est un spécimen probablement unique. Parmi les édifices en maçonnerie, les églises sont à peu près seules représentées aujourd'hui. Quelques pans de murs ou quelques pierres que nous pourrions relever dans les vieux remparts d'Exeter, de Chester ou de Porchester ne présentent pas les conditions nécessaires et suffisantes à une étude quelconque. C'est même le nombre d'églises conservées qui autorise des rapprochements et des confrontations, à l'aide desquels on peut préciser de plus en plus la place exacte d'un monument dans une série. Dès lors, des fragments de moulures, des pièces de maçonnerie, des morceaux de sculpture peuvent venir former un anneau utile dans la chaîne des témoignages. C'est ainsi que des débris par trop informes ou fragmentaires conservent leur utilité, bien plus, prennent un rang et parfois marquent un instant de transition. C'est ainsi que l'église de Wing (Bucks) semble se placer au vii siècle, tout naturellement entre les églises de Brixworth et de Reculver. Isolée, l'église de Bradford-on-Avon présenterait des caractères qui feraient attribuer une haute antiquité. Mais si l'on compare à ce que nous font voir d'autres édifices certains détails de celui-ci, ses fenêtres à doubles ébrasements, ses pilastres à chapiteaux en plate-bande ; si on relève la curieuse ressemblance qui existe entre son arcature extérieure et l'arcature intérieure de la très ancienne église saxonne de Dunham Magna (Norfolk), on s'éloigne un peu de l'idée qu'on s'était faite tout d'abord d'une très haute antiquité. Et de même, l'aspect général du porche de Monkwearmouth (Durham) invite à chercher son origine à la période d'apostolat romain ; cependant, une inspection plus attentive des détails ne permet pas de lui attribuer une date différente de celle qui lui est constamment attribuée. M. G. Baldwin Brown a fait une étude personnelle de monuments qui ont été signalés comme offrant des traces de façons anciennes saxonne, et ce nombre pourra être accru à mesure que les études d'archéologie locales révéleront l'existence de nouvelles traces demeurées jusqu'ici inaperçues. Le Domesday Book contient des détails utiles sur les églises. On constate que vers l'époque normande, leur nombre est considérable : 96 % dans le Suffolk, 22 % dans le Lincolnshire, 186 dans le Kent, 192 dans le Hampshire ; 24 localités dans le comté de Norfolk et 16 dans le Kent possèdent plus d'une église. À Norwich, on en possède 54, Folkestone 8, Hoo 6, Dar 4. Les termes dont font usage les documents pour désigner les édifices du culte sont ecclesia, ecclesiae ; jusqu'à nos jours, à Heysham (Lancashire) et à Deerhurst (Gloucestershire), William de Malmesbury donne le nom d'écclesiola à l'église de Bradford-on-Avon (Wiltshire). D'une province à l'autre, on peut constater de notables différences dans l'appareil des églises saxonnes. Un des exemples les plus remarquables pour la régularité est l'église de Bradford-on-Avon, et cependant, il n'approche pas de ce qu'on rencontre sur le continent.
Fréquemment, on se trouve en présence de dispositions qui témoignent de réminiscences de l'époque romaine. Les plus anciennes églises, comme Saint-Pancrace de Cantorbéry, sont construites en briques romaines ou bien pourvues d'arases en brique, comme à Stone, près de Faversham, et dans la tour de Swanscombe (Kent) où ils sont réguliers, de même qu'à Britford (Wiltshire). Mais ces réminiscences n'auront qu'un temps. Déjà à Brixworth, les arases sont très irréguliers et la brique est surtout employée dans les cintres ; même emploi dans les fenêtres de Saint-Nicolas (Leicester) et d'Arlington (Sussex) ainsi que dans les arcs qui s'ouvrent à l'est de la nef de Britford (Salisbury). On voit par divers exemples que l'appareillage des claveaux n'a pas été tout à fait familier aux maçons saxons, ainsi qu'on peut le voir à Stow (Sussex) : ils ont parfois esquivé la difficulté en substituant le linteau celtique à l'arc romain, comme c'est le cas pour une fenêtre et un portail de l'église d'Escomb ; un autre trait celtique est l'inclinaison donnée aux piédroits, à Escomb, à Brigstock, à Boarhunt. On trouve aussi des arcs en mitre formés de deux piliers inclinés à Barton-on-Humber, Deerhurst, Dunham-Magna. Les briques, écrit M. C. Enlart, peuvent être empruntées à des ruines romaines, et il semble bien que ce soit le cas à Britford ; il en est de même de certains chainages d'angles en pierre de taille, comme à Stow (Lincolnshire) et à Saint-Mildred de Cantorbéry.
Le mortier est mélangé de brique pilée suivant l'usage romain. Mais ce qui caractérise le mieux cette variété d'architecture est un système de chainage employé surtout aux angles et qui semble avoir apparu tout d'abord dans les piédroits des baies ; il se compose de longues pierres étroites posées alternativement debout pour former un état rigide et sur leur lit pour former tenon (long and short work). Les dernières étaient en partie cachées par l'enduit qui s'appliquait sur l'appareil irrégulier ; les pièces verticales, au contraire, n'étaient pas enduites ; et elles forment même souvent une légère saillie, et ces chaînages prenaient, en conséquence, l'aspect d'une sorte de liséré sur les angles des édifices et de leurs ouvertures. Le procédé dérive des constructions romaines et semble n'avoir pas été limité à la Grande-Bretagne, car on le trouve jusqu'à la fin du Moyen Âge dans l'île de Gotland. Ce qui est spécial aux architectes saxons est d'en avoir tiré un parti décoratif, en accentuant la saillie de ces chainages, en les multipliant comme les bandes verticales du style roman germanique, enfin en les reliant par des pièces en forme d'arcatures cintrées, comme à Barton-on-Humber, ou en mitre, comme dans le même exemple et à Deerhurst, ou prenant l'aspect de décharges obliques et donnant à l'édifice l'allure d'une construction en pans de bois, comme à Earl's Barton (fig. 1678). Malgré cet aspect, il semble bien que l'imitation du bois ne soit pour rien dans ce style, ou ne s'y soit introduite que tout à fait après coup. En effet, non seulement l'origine est romaine, mais la construction primitive en bois de la Grande-Bretagne que Bède appelle mos Scottorum, n'était pas en pans de bois, mais faite de madriers juxtaposés ; l'église de Greenstead.
slead (Essex) en témoigne encore. Les parois se composent de demi-troncs de chènes rapprochés la face plane au de dans et assemblés dans deux sablières en haut et en bas. Un autre caractère de l'architecture saxonne est l'emploi dans les portails et sur les jambages des fenêtres (Monkwearmouth, Worth, Brixworth} et plus encore dans les baies de clochers (Barton-on-Humber, Earls Barton, Brixworth, Wickham, Worth), de fûts sans chapiteaux, mais ornés dans toute leur hauteur d'une décoration annelée faite au tour, qui leur donne souvent le galbe de balustres (Barton-on-Humber, Earls Barton ; fûts employés dans les tribunes romanes de Saint-Alban), Dans les monuments français, les fûts décorés au tour se rencontrent plus tard, de l'an 1000 à 1130 environ. Enfin les pilastres et piédroits sont généralement couronnés d'impostes brutes sans aucune moulure, les cordons horizontaux et parfois aussi les chapiteaux des pilastres (Bradford) affectent la même rudesse, La sculpture est liée à celle des édifices carolingiens des autres pars : à Bradford-on-Avon, une face de pilastre est divisée en deux panneaux sortis d'un motif courant d'entrelacs : au centre ces panneaux sont occupés par des dessins géométriques. À Brilford (Wilts) une face de pilier a ses angles formés de deux longues pièces ornées de pampres d'un style encore antique, tandis qu'au centre, deux panneaux de chancel carolingien alternent avec d'autres pièces rectangulaires plus foncées ; au porche de Monkwearmouth, le haut soubassement qui porte les doubles fûts sur lesquels retombe l'arcade est décoré de deux serpents enlacés et de deux têtes d'oiseaux à long bec, les becs entrecroisés, très analogues à la décoration de certains manuscrits irlandais de l'époque carolingienne.
XII. CRYPTES SAXONNES, — Les cryptes saxonnes sont en petit nombre et sans véritable importance, L'abside de Brixworth semblait témoigner de l'existence d’une crypte. En 18H, M. Walkins nia l'existence de cette crypte ; cependant les deux petits escaliers dont nous avons signalé l'existence de chaque côté de l'abside et qui conduisaient à un corridor circulaire contemporain de l'époque où une confessio était établie sous l'autel, invitent à admettre son existence ou le projet d'en creuser une, sans que ce projet ait été mis à exécution, La construction d'une crypte n'était pas nécessairement le premier travail quand il s'agissait de construire une église, ainsi qu'on devrait cependant s'y attendre. À Repton, par exemple, la crypte fut creusée dans des murs déjà existants ! et il en fut de même à Wing. En pareil cas, l'existence d'une crypte était prévue dans le plan primitif, mais sans doute les maçons ne savaient pas construire de voûtes, on se contentait alors de leur faire élever les murs indispensables à cette future crypte qu'on achèverait lorsqu'on aurait à portée les ouvriers capables de l'entreprendre. Mais le temps passait et, finalement, les lieux demeuraient en l'état où ils se trouvaient lors de la construction.
Vers 990, Elphège de Winchester fit construire une crypte dans l'église consacrée dix ans auparavant par son prédécesseur Ethelwold, Il consacra l'église de nouveau, peut-être parce qu'il avait dû changer l'autel de place, Malheureusement nous ne savons rien de plus sur cette crypte de Winchester, Quant aux cryptes de
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1216 Repton (lig. 1680), de Wing (fig. 1679) et ce qui reste à Brixworth (lig. 1681), elles différent assez les unes des autres, néanmoins elles ne laissent pas d'avoir entre elles des points de contact. Elles semblent contemporaines et guère postérieures au VIIe, Ces trois cryptes ont leur chambre centrale entourée d'un corridor communiquant par ses deux extrémités avec l'église supérieure. À Wing, les murs de la chambre supérieure ne sont plus que des trameaux séparés par des ouvertures, À Repton, la chambre centrale n'est marquée que par quatre colonnes. Chaque crypte avait des arcs solides pris dans le mur extérieur du corridor, À Repton et à Wing, on en compte trois, à l'est, au nord et au sud ; à Brixworth deux, au nord-est et au sud-est. 2 Ripon et à Hexham les cryptes avaient place pour une tombe, simple trou étroit se dirigeant à l'ouest, et juste assez large pour recevoir un cercueil, A Ripon (fig.1682)% au moyen âge, la place destinée à l'inhumation était transformée en corridor conduisant à la crypte. Il faut admettre que saint Wilfrid y a été inhumé, Mais avec le temps le souvenir s'en effaça et le clergé lui-même perdit le souvenir de ce qu'avait été dans le passé ce corridor * ?.
XIII. INHUMATIONS, — L'histoire de l'inhumation des défunts est une des plus révélatrices des sociétés anciennes. Nous connaissons avec un grand détail tout ce qui a trait à la sépulture dans le monde égyptien et monde gréco-romain. Il n'en est plus de même dès qu'il s'agit des peuples barbares. Cette question est cependant du nombre de celles qui peuvent faire le plus avancer l'histoire d'une époque et d'une nation. Pendant la période d'occupation romaine correspondant à l'Église bretonne, on peut supposer que les communautés chrétiennes ont possédé des cimetières, bien qu'on n'en ait relevé ni la trace, ni le témoignage. La mission romaine amenée par saint Augustin se préoccupe de préparer un cimetière à l'évêque de Cantorbéry et à ses successeurs !. Le cimetière irlandais de Clonmacnoise, sur le Shannon, et celui d'Ilona sont tenus pour sacrés et le respect religieux qui s'y attache rappelle celui dont les fidèles de la primitive Église entouraient les galeries de leurs nécropoles. Toutes les fondations monastiques de l'Église celtique sont pourvues d'un cimetière, le monastère des îles Skellig ne fait pas exception à la règle. Dans la partie ouest de l'Angleterre, nous rencontrons vers la fin du VIe un certain saint Gwynllyw qui prend soin de fixer lui-même l'emplacement du cimetière au milieu duquel il se réserve une place qu'il fait entourer de planches et de claies ?, Nous avons eu déjà à plusieurs reprises l'occasion de faire remarquer l'influence celtique dans l'Église saxonne, notons encore que dans chacun des monastères celtos-saxons d'Angleterre on a relevé l'existence d'un cimetière ou lictum *, Il y a trois quarts De on découvrit à Hartlepool l'emplacement d'un monastère fondé vers le milieu du VIIe, par la première nonne northumbrienne +, On remarqua plusieurs squelettes de femmes dont la tête reposait sur une petite pierre plate faisant office de coussinet. Des dalles formaient les tombes, elles portaient des croix et des inscriptions. Le cimetière pouvait mesurer environ cent vingt-huit mètres de long.
Les exemples que nous avons rapportés prouvent l'existence de cimetières dans les monastères, nous sommes également fournis de textes et de monuments pour soutenir l'existence de cimetières paroissiaux et ruraux.
BRETAGNE (GRANDE-)
1218 Il se pourrait, ainsi que l'a dit Kemble d'une façon un peu trop romanesque, que beaucoup d'Anglo-Saxons aient préféré se faire enterrer loin de ces agglomérations qu'ils fuyaient après leur mort comme durant leur vie. Épris de la nature, ils avaient choisi leur tombe sur quelque butte, dans une terre bien verte, devant la mer ou même dans le sable de cette mer',. Mais d'autres, qui préféraient le cimetière ou bien s'y résignaient, auront pu alors recevoir l'hospitalité d'un cimetière monastique. Ces cimetières étaient loin d'être exclusivement réservés aux moines, pas plus que l'église qu'ils environnaient, Saint Adhelm's Abbey, à Malmesbury, ouvrait ses portes aux gens du pays qui voulaient s'acquitter de leurs devoirs religieux ?, Il a pu en être de même pour les cimetières. L'enclos du monastère en renfermait probablement un, réservé aux seuls moines D'après G, Baldwin Brown, The Arts in early England, L 11, Mg. 92, 43, 44. et un autre destiné aux serviteurs, aux tenanciers, aux serfs de la contrée. Au lendemain d'une bataille, les cimetières se creusaient dans les monastères, Nous voyons que la tête du roi Oswald, vaincu à Maserfeld, fut enterrée dans le cimetière de Lindisfarne et son corps dans le cimetière de Bardney », Nous devons écarter ici un texte étranger à notre étude et qu'on y a trop souvent introduit. Un capitulaire de Charlemagne, daté de Paderborn, en 785, relatif aux intérêts de la Saxe, s'exprime ainsi : Jubenius wi corpora christianorum Saronorum ad cimiteria ecelesie deferantur et non œd tumulos paganorum 19, D'or # - mir Du Ca ea Bt : 1919 __ BRETAGNE 3 x l'on a induit que jusqu'à cette époque, fin du VIIIe, les Anglo-Saxons ne possédaient pas de cimetières et se faisaient inhumer parmi les païens. Nous ne pouvons que redire que ce texte a son application à la Saxe toute seule et ne concerne en rien la Bretagne. Il semait presque excessif d'étendre à ce pays une affirmation exposée sous une forme trop générale et qui attire les monuments, Quelques rares épitaphes et des croix dont la destination peut avoir été funéraire, ne se présentent avec quelle abondance que dans la région de l'ancienne Northumbrie, Quant aux objets trouvés dans les tombes, on doit reconnaître que, presque universellement, ils sont hors d'état de rien nous apprendre sur la foi religieuse des défunts, Épitaphes et souvenirs nous sont d'ailleurs parvenus dans les conditions les plus déplorables. Le lieu de la trouvaille, quand il est indiqué, laquelle le cimetiére rural anglo-saxon se confondait avec un om
GRANDE-)
49221 BRETAGNE l chrétienne comme d'un usage ordinaire dans les édifices romains et orientaux. Les briques sont d'une longueur et d'une épaisseur qui les font distinguer au premier coup d'œil des briques d'époque moderne, et les font donner plutôt l'impression d'une tuile ou d'une petite dalle. Ces briques sont engagées dans des constructions triées en matériau concassé, et elles forment des cordons, ou bien parfois elles s'y trouvent perdues et peut-être dans ce dernier cas n'auront-elles été employées que parce qu'on jetait dans la muraille tout ce qui tombait sous la main. Ces briques sont parfois forées d'un trou ou bien elles portent l'empreinte d'un pouce, ce qui permet de les saisir avec moins d'effort et de les retenir avec moins de chance de les laisser glisser. Quoi que les constructions saxonnes appartiennent communément au type appelé « petit appareil », les matériaux présentent un volume qui varie de l'un à l’autre dans une proportion considérable.
Les angles des murailles sont marqués et renforcés par un système de moellons contrariés formant « coi », ou bien ce qui est plus caractéristique encore, par des moellons alternativement debout et posés en délit, ce que l'archéologie locale nomme long and short work. À Saint-Mildred de Cantorbéry (fig. 1682) nous voyons un coin tracé au moyen de blocs empilés forme ou de leurs dimensions. Les dimensions de la pierre posée au ras du sol : hauteur 120, largeur m0, épaisseur 042.
L'église de Stowe (fig. 1683), dans le Lincolnshire, offre dans sa partie sud-ouest un coin d'une combinaison plus rigulière. La hauteur des pierres varie entre OmGf) et Omi5. Le long and short work est le mieux connu et le plus incontestable, le seul incontestable peut-être, des caractères de la technique saxonne. Nous en rencontrons un exemple caractéristique dans l'angle sud-est de la nef de Wittering (Northants) (fig. 1684).
Un autre indice également digne d'attention dans la technique saxonne, c'est le pilastre engagé, pilaster strip, très distinct de l'arc-boutant. En général, les murs saxons ne possèdent pas d'arcs-boutants, sauf dans trois exemples bien connus : Saint-Martin et Saint-Pancrace de Cantorbéry et Reculver, enfin, dans l'église de Saint-Peter-onthe-Wall (Essex), et autour de l'abside de Brixworth. Le pilastre engagé paraît n'être qu'un ornement et non une aide. Son étroitesse et son application à la muraille dont il se détache à peine ne lui donnent aucun moyen de fortifier la construction ainsi qu'on peut s'en rendre compte facilement par le plan d'une des faces de la tour saxonne d'Earl's Barton (fig. 1655). L'espacement de ces pilastres n'a dès lors qu'une mince importance. Dans l'église de Woolbeding, près de Midhurst (Sussex), cet espacement n'offre rien de régulier, les pilastres ont 7 pouces (0w17) de large à Beamore (Hampshire) leur largeur est de 11 pouces (0w27) (fig. 1686).
1993 BRETAGNE (GRANDE-) 1994
NIV. — Pendant la période que nous étudions, l'art ornemental n'existe pour ainsi dire pas. Quelques sculptures en bas-relief du plus grossier ne suffisent pas à représenter un art, même dégénéré ; ce ne sont plus que des martelages à l'aspect le plus misérable dans lesquels le corps humain est parfois à peine reconnaissable, tandis que le dessin géométral et l'entrelacs se réduisent à des lignes informes. Les fouilles pratiquées en 15% dans la petite église de Bedale ont fait apparaître, parmi d'autres débris, une pierre sur laquelle on a essayé de figurer la tentation d'Adam et d'Ève, un lion, deux serpents enlacés et un lion couché (fig. 1688 et 1689).
La cuve est décorée d'une bande qui l'entoure entièrement ; cette bande est elle-même divisée en un double registre. Sur le registre supérieur, une scène de baptême avec deux parrains et deux marraines, un évêque ; le Christ remettant les clefs à saint Pierre. Dans le registre inférieur : un aspic, une colombe, un chat croquant une souris, un serpent, un loup et un agneau debout (fig. 1690). L'autre croix est ornée. Sur sa face placée à l'est, on a représenté trois personnages debout et une crucifixion. Le Christ y est représenté au moment où on l'abreuve de fiel et de vinaigre. Dans les nuages sont figurés le soleil et la lune. Sur la face placée au sud se voit le crucifiement de saint Pierre et des entrelacs ; sur la face ouest des motifs ornementaux (fig. 1691). Les dimensions sont environ 150 en hauteur sur 0m38 ou 0m40 en largeur.
L'église de Deerhurst appartiennent à la période même de la construction. Le socle et la cuve présentent la même décoration et une belle garniture de pampres (fig. 1691). Ces exemples n'offrent pas l'originalité de certaines sculptures parfaitement adaptées à un art purement barbare, comme le porche de Monkwearmouth que nous avons eu l'occasion de mentionner plusieurs fois déjà. Le dessin que nous donnons ici d'un détail de ce porche montre l'emploi des colonnettes fabriquées au tour et qui forment un des motifs décoratifs préférés de l'art saxon (fig. 1695).
La Grande-Bretagne est d'une insigne pauvreté en ce qui concerne les souvenirs et les traces de la vie des anciennes communautés chrétiennes. Dans notre étude sur les bénitiers, nous avons donné un monument trouvé aux environs de la cathédrale de Wells, un autre vase, qui a pu recevoir une destination éventuelle, celle de fonts baptismaux, est conservé dans l'église de Kirkburn (Yorkshire). La forme n'offre rien de particulièrement intéressant, mais c'est sa décoration qui mérite quelques instants d'attention. Malgré l'état très fruste du monument, le travail peut être reporté jusqu'à l'époque saxonne.
1997 BRETAGNE (GRANDE-)
Un sarcophage découvert en 1869 dans le North Green de Westminster Abbey renfermait un squelette entier couché sur le ventre, avec la tête à l'extrémité inférieure du sarcophage (fig. 1696-1697). L'inscription remonte, par sa paléographie, au XIe au plus tard ; cette inscription gravée entre deux pellæ n'offre aucun signe de christianisme, tandis que le couvercle est orné d'une croix !. On s'est demandé si ce couvercle était contemporain de la cuve, et on a constaté que l'un et l'autre étaient taillés dans une pierre identique (Oxfordshire oolite). Il est vrai que la croix est sculptée d'une manière beaucoup plus rude que l'inscription.
La partie inférieure de la croix est asymétrique. Joyce l’a ingénieusement rapprochée de figures très anciennes en usage dans la symbolique chrétienne et figurant une ancre. Un rapprochement curieux est celui qu'offre une épitaphe des catacombes sur laquelle on voit la pelta et une ancre ciforme dont le pied reproduit presque exactement le modèle adopté sur notre couvercle de Westminster. Voici le libellé de l'inscription : « A la mémoire de Valerius Armandinus Valerius Superventor. Valerius Marcellus ont fait (ce tombeau) à (leur) père ».
Les tombes saxonnes présentent dans leur décoration une singulière monotonie. Le recueil de Hübner ne contient qu'un très petit nombre de formules sans cesse répétées !. Une petite stèle, ancienne et assez bien conservée, a droit à une mention spéciale. Elle a été trouvée, en 1834, lors de la démolition du chœur de la petite église de Saint-Just de Penwith, de Lands End. C'est la stèle funéraire d'un certain Ius ; elle mesure 106 en hauteur sur 0w35 de largeur et 0w22 d'épaisseur. Cette stèle peut remonter à l'époque romaine, et ce qui confirmerait cette conjecture c'est la trouvaille d'un grand nombre de monnaies romaines au même lieu (fig. 1698).
À St. Helens Chapel, au cap de Cornouailles, on a trouvé dans le cimetière une petite croix portant un monogramme tracé à la pointe. Ce petit monument qui mesure 0m275 sur 0m225 pourrait remonter également à l'époque romaine ? (fig. 1699).
À Land's End, Athlestan acheva la défaite des Bretons du pays de Galles et de la Cornouaille. Près de ce lieu, on éleva un monticule qui recouvrit les corps d’un grand nombre de Bretons tués dans le combat. Une croix latine fut plantée sur ce tumulus (fig. 1700) ; non loin de là, on voit une autre croix latine portant une épée profondément gravée.
Une belle tombe en pierre calcaire trouvée à Westminster Abbey a dû servir à l'ensevelissement de quelque officier romain au Ve. Son nom se lit sur la marge du demi-cylindre qui figure peut-être un bouclier : SYVNNOVIRA, sur le couvercle on a gravé une croix pattée (fig. 1701). Moins importants encore sont quelques débris. Deux fragments ayant pu servir dans une inhumation à Barming (Kent) et portant des almes dont le caractère chrétien est loin d'être assuré. Deux petits cônes pyramidaux et une plaque de pierre portant deux chrismes ont été trouvés sur l'emplacement d'une villa romaine au vi mille de Cirencester (fig. 1702).
Le monogramme du Christ se rencontre parfois en Bretagne, mais sans particularités notables. À Cirencester, nous trouvons deux tuiles portant le sigle IHS.
H. LECLERC.
En tout cas, pour lui-même et ses missionnaires, Augustin resta strictement romain, se servant pour la liturgie des ornements, des vêtements et des livres que saint Grégoire leur envoyait : Papa Gregorius Augustino episcopo misit, dit Bède, quæ ad cultum erant ac ministerium ecclesiæ necessaria, vasa videlicet sacra et vestimenta altarium, ornamenta quoque ecclesiarum, et sacerdotalia vel clericalia indumenta, sanctorum etiam apostolorum ac martyrum reliquias, necnon et codices plurimos. Bède, Hist. eccl., 1 I, c. XXIX,
Dans le conflit avec les Bretons, il se contenta d'exiger que ceux-ci adoptassent la date romaine de la Pâque, et qu'ils abandonnassent leurs coutumes particulières dans l'administration du baptême, pour suivre le rituel romain. Il se montrait tolérant pour les autres pratiques.
Dicebat autem (sc. Augustinus) eis (sc. episcopis ex Britannis), quia in multis quidem nostra consuetudini, immo universalis ecclesiæ, contraria geritis : et tamen si in tribus his mihi oboedire vultis ; ut Pascha suo tempore celebretis ; ut ministerium baptizandi quo Deo renascimur, iusta morem sanctæ Romanæ et Apostolicæ Ecclesiæ compleatis ; et genti Anglorum una nobiscum : verbum Domini prædicetis ; cætera quæ agitis, quamvis moribus nostris contraria, æquanimiter cum tolerantia tolerabimus*, la bibliothèque de Corpus Christi College à Cambridge.
Ce serait, d'après l'auteur, une recension postérieure du sacramentaire grégorien par saint Grégoire lui-même #, Cependant 11 faut bien tenir compte aussi en Angleterre, à côté de l'usage grégorien, certainement prédominant, d'un autre courant liturgique romain, le gélasien, déjà signalé par Lebrun, et par Maskell5, Le missel de Léofric a gardé de nombreuses traces du gélasien.
Les ordines romani ou livres liturgiques dans lesquels se trouvent décrits les rites de la messe romaine sont bien connus en Angleterre. Alcuin écrit à l'archevêque d'York, Eanbald II, en 796, « que votre clergé ne manque pas d'étudier l'ordo romanus, afin qu'imitant la tête des Églises du Christ, il recoive la bénédiction de Pierre, le prince des apôtres, que N.-S, Jésus-Christ a donné comme chef à son troupeau choisi ®, » Il dit L'hypothèse du Dr, Simmons que saint Augustin aurait combiné | une liturgie romano-bretonne-gallicane, est sans fondement. Lay | se réduisent à la bénédiction que l'évêque donne avant les plus remarquables de l'Église anglo-saxonne, fuk ie) Li encore : « N'avez-vous pas en abondance les livres écrits selon l'usage romain, romano more ordinatos libellos sacratorios T. » É Les usages gallicans retenus par l'Église d'Angleterre la communion$, Plusieurs collections trés précieuses nous en ont été conservées dans les pontificaux anglais, Quelques-uns de ces livres, par suite même de la présence de ces bénédictions, ont gardé le titre de Bénédictionnaires « . À signaler encore parmi les particularités saxonnes les noms de saint George, de saint Benoît, de saint Martin, de saint Grégoire, insérés au canon et peut-être la coutume des rogations *, L'évêque Egbert (733-7661, dans le prologue de son pénitentiel, exige que chaque prêtre ait sa petite bibliothèque liturgique qui se compose du psautier, du lectionnaire, de l'antiphonaire, du missel, du baptismal, du martyrologe et du calendrier, enfin du pénitentiel. É III, MONUMENTS DE LA LITURGIE ANGLO-SAXONNE, — Pendant longtemps les Anglo-Saxons n'eurent de relations qu'avec des missionnaires romains, Les royaumes de l'heptarchie furent tour à tour convertis par eux ; les chrétiens bretons se tinrent dans un farouche isolement, refusant de prêcher l'évangile à leurs vainqueurs. Ce sont donc les coutumes et la liturgie : l'Église romaine qui furent adoptées par les populations anglo-saxonnes. Quand après l'un 6953, les Celtes du pays de Galles et d'Irlande consentirent enfin à joindre” leurs efforts à ceux des missionnaires romains, les. rites celtiques avaient déjà perdu beaucoup de terrain les Celtes eux-mêmes adoptaient les pratiques romaines et leur liturgie eut fort peu d'influence sur les Ang-Saxons. C'est à peine si, dans quelques monastères, ils essayèrent de les implanter ; en tout cas, ces rites vé- » curent peu ct durent céder la place aux usages purement romains. Les livres liturgiques anglo-saxons sont en effet romains et même d'ordinaire strictement grégoriens. Sur ce fonds commun s'élablirent dans la période, suivante quelques usages particuliers que l'on a aps pelés les usages de Sarum (Salisbury) d'Hereford, d'York, de Lincoln, d'Aberdeen. Nous allons étudier rapidement quelques-uns des monuments principaux de cette liturgie anglo-saxonne À. PONTIFICAL D'EGBERT, — Egbert, un des hommes
Ecclesiæ ritibus, ed. 1736-4738. — ‘Dans les Monumenta ritualia, 1882. — 1 The Publications of the Surtees Society vol. XxvI1, London and Edinburgh, 1853, un vol, in-$,
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‘ reux où Martène le vit encore. La description en _ été donnée par E. Miller. Cf. Surtees Society, 172.
L'écriture parait du x°-x1 siècle, d'après le témoi » des paléographes, mais le corps même du pontifical, sauf quelques additions, est bien du temps d'Egbert. On suppose assez généralement qu'Alcuin se fit | Le pontifical d'Egbert est un des plus anciens livres de ce genre que nous possédions. Maskell dit qu'il n'est pas seulement le plus ancien ordo anglais, mais probablement le plus ancien dans le monde , On peut le diviser en trois parties : la première contient les ordinations, les prières de la dédicace des églises, de la ce mot) ; mais la première et la troisième partie doivent bien le faire regarder comme un pontifical. Ce n'est pas le lieu d'en étudier plus à fond ici les particularités. Pour le détail voir plus loin coronatio regis, et les mots DÉDICACE D'ÉGLISES, ORDINATION, ete., el l'art. PONTIFICAL .
B. MISSEL DE LÉOFRIC. — Le Missel de Léofric* est, préc le Missel de Robert de es ur le seul missel représentant l'usage liturgique de l'Église anglosaxonne, Un troisième exemplaire de ce groupe « Rede boke of Darbve » est encore manuscrit, Il fut donné par Léofrie, évêque d'Exeter, à sa cathédrale (+ 1072). Encore faut-il dire que ce missel est d'origine Shine. m ris il recut des additions anglaises, Il resta la propriété du chapitre d'Exeter jusqu'en 1602 ; Thomas Bodley le transporta à Oxford, dans la bibliothèque qui porta son nom (Bodléienne) où il est encore.
Îl se compose de trois parties désignées ainsi : ofric À, un sacramentaire grégorien écrit en Loraine, au commencement du x° siècle ; Leofric 15. caadriér anglo-saxon avec tables pascales et dates ( lobits, écrit vers 970 ; Leofric C, collection de messes, avec des lettres et autres additions historiques écrites en Angleterre aux x° et xx siècles. Le Leofric A contient un grand nombre de bénédictions épiscopales, qui dans Furgie mozarube et la liturgie gallicane, étaient lonnées par l'évêque entre le Pater et la communion. ; est une importation gallicane. Voir aussi les béné-àThe Leofrie missal as used in the cathedral of Exreter L° 591072), edited by F. E. Warren, in-4°, Oxford, 4883, Clarenn Press. — *Biblioth. de Corpus Christi College à Cambridge, ose Cp” AL TE IE. XXVI, p. XI. Le manuscrit original va du fol. 4 au donner une copie de l'exemplaire original, et c'est de bénédiction d'un cimetière, de la réconciliation de | quelquefois considérer com une un bénédictional (voir !
Je + dictions dont il est question plus loin, Mais à cause de son origine, nous n'avons pas ici à nous occuper autrement de celle partie.
La fête de pascha annolina (octave de Pâques) est une antiquité liturgique, abandonnée dans les missels plus récents, et qui était célébrée comme un anniversaire par les baptisés de l'année précédente. Le grand nombre des préfaces est aussi un souvenir ancien. Le missel de Leofric en contient plusieurs centaines « MISSEL DE ROBERT DE JUMIÈGES, — Le sacramentaire connu sous ce nom à été publié pour la première fois par H. A. Wilson, par la Bradshaw Society 7. I fut donné par Robert de Jumièges pendant qu'il était évêque de Londres, 1044-1050, à l'abbaye de Jumièges en Normandie, dont il avait été abbé, Le manuscrit y fut conservé jusqu'en 1794 où il passa à la bibliothèque de Rouen qui le conserve encore. Le manuscrit, un des plus beaux exemplaires de la calligraphie et de l'enluminure anglo-saxonne, a été souvent décrit $, II comprend %2%8 feuillets dont on trouvera la description détaillée dans Wilson, loc, cit, p. xx sq. En dehors de toute autre indication, les signes paléographiques lui assignent comme date la fin du x° siècle ou le commencement du x1°. On peut même d'après certaines données liturgiques que nous ne pouvons détailler ici, affirmer qu'il a été écrit entre 1013 et 1017. Wilson, loc. cit. Pe XXIV, Quant au lieu d'origine, les caractères calligraphiques nous ramènent à l'école d'enluminures de Winchester, où deux monastères, Old Minster et New Minster, rivalisaient dans cet art, Westwood qui a décrit minutieusement les enluminures, tout en reconnaissant qu'il est inférieur, comme exécution, au bénédictional de saint thelwold, reconnait qu'il fut exécuté à peu près en même temps et dans le même atelier que ce dernier. M, André Pottier, au contraire, l'attribue aux ateliers de Old Minster et croit en outre qu'il avait été écrit pour le fameux monastère d'Els10, M, Wilson semble préférer l'opinion de Westwood au sujet de l'origine, et à la suite d'une étude minutieuse du calendrier, conclut que le missel écrit à Winchester, au moins pour quelques-unes de ses parties, fut copié sur un exemplaire de Peterborough 11, Pour le contenu. la description liturgique, et les comparaisons avec les autres sacramentaires, nous ne saurions mieux faire que de renvoyer à Wilson qui a analysé le missel avec beaucoup de soin, loc. cit., p. XL-LXX (fig, 1703). tenterons donc de faire remarquer que c’est le type le plus pur des recueils de bénédictions épiscopales.
1935 BRETAGNE (GRANDE-).
Il a, à ce point de vue, une haute valeur liturgique !.
FE. BÉNÉDICTIONAL DE L'ARCHEVÊQUE ROBERT. — Ce manuscrit, autrefois à la bibliothèque de la cathédrale de Rouen, maintenant à la bibliothèque publique de cette ville, est, comme le Missel de Robert de Jumiñges, un des types les plus curieux de l'art calligraphique et de la liturgie des Saxons *. Il a été écrit, comme ce dernier, au x° siècle, et au monastère de Winchester New Minster®. On l’a rapproché pour les enluminures du Bénédictional d'Æthelwold, auquel il semble apparenté de plus près qu'au Missel de Robert de Jumièges.
Nous avons dit que le nom de l'archevêque Robert qu'il porte semble désigner l'archevêque de Cantorbéry, mort en exil à Jumièges en 1070 et non l'archevêque de Rouen, du même nom, mort en 1087. Cette question qui reste encore indécise a donné lieu au xviirr siècle à de longues discussions entre les érudits, notamment dom Tassin et l'abbé Saas, le bénédictin accusant celui-ci d'avoir suppléé de sa propre autorité le mot de Cantuariensis après Robert. Il serait oiseux pour nous d'entrer dans cette discussion (résumée par Wilson, p. XIV-XV, d'autant que, quelle que soit la solution adoptée, la seule question qui nous intéresse ici, c'est que le bénédictional est bien d'origine anglo-saxonne, et donc représente l'usage liturgique de cette Église. Quelques additions indiquent qu’il a été de bonne heure en usage dans une église normande, ainsi l'ordo pour un concile provincial est certainement pour la province de Rouen ; il en est de même de l'ordo ad ducem constituendum, qui doit avoir été composé pour un duc de Normandie, et qui est combiné avec les prières de la consecratio regis qui fait partie du corps du volume. Voir plus loin la Coronatio regis. L'édition très soigneusement faite par John Gage, The Benedictional of St. thelwold, bishop de Winchester, nous a fourni les matériaux nécessaires pour établir ce fait.
Parmi les manuscrits liturgiques anglo-saxons, Robert. » Il y a un missel anglo-saxon, de la première moitié du xiir siècle, Ms. ; de W. H. Frère, Alcuin club collections, t. nt, ebHet Omont, Catal. des Mss. de la bibliothèque de Rouen, n° ; celle de L. Delisle, Mém. sur d'anciens sacramentaires, aux frais de l'Université de Cambridge, The soignée de Wilson relève les analogies et les différences de ce manuscrit avec les autres pontificaux (fig. 1704). RSS. Le contenu même du bénédictional ne diffère de l'ensemble des livres de ce groupe que dans des détails : Ainsi on peut remarquer qu'il ne contient pas de formule pour les jugements (ordeal) comme la plupart des livres de ce genre.
LE LIVRE DE CERNE, — Le manuscrit connu sous le titre de Livre de Cerne, une abbaye dans le Shropshire, a été écrit sous thelwold, évêque de Lichfield de 813 à 830, Très intéressant au point de vue rituel et paléographique, il l'est moins au point liturgique que les autres livres dont nous avons à nous occuper jusqu'ici, parce qu'il est en sorte extra-liturgique. C'est un livre de dévotion, témoin de la dévotion des Anglo-Saxons au ixir siècle, au vin et au vue, car le manuscrit, édité par dom Kuypers, semble copié sur un exemplaire beaucoup plus ancien, Il contient des prières de toute nature ; le fond parait cependant celtique. On a publié aussi le psautier à l'usage de l'Église anglo-saxonne, et l'hymnaire de cette Église, et un tropaire anglo-saxon.
SACRAMENTAIRES ET AUTRES MONUMENTS, inédits, il faut citer un sacramentaire de la première moitié du xiir siècle à la Bibliothèque d'Orléans (No 105) provenant de l'abbaye de Fleuri-sur-Loire, à laquelle ce précieux missel avait été envoyé par le moine Wincheomhe, au comté de Gloucester. C'est un témoignage des relations étroites que le monastère de Saint-Benoît ou Fleury-sur-Loire entretenait avec les abbayes anglo-saxonnes. C'est aussi un exemple de l'art calligraphique anglo-saxon à raison des bénédictionnaires d'Æthelwold et de Robert, de l'art anglo-saxon de la fin du xiir siècle, dont la miniature et les ornements rappellent tout à fait les bénédictionnaires de saint thelwold et de l'archevêque Robert. Le chapitre de Worcester possède les fragments du — “Ge livre a été édité très soigneusement par dom A : of dehwald the Bishop, commonty called Bock in-4, 1902, Cf. Notre article sur ce livre dans nos E |l | d'ouvrages de ce genre !, La bibliothèque du Havre possède un autre missel de la même église de Winchester, du xiir siècle, très remarquable aussi par ses enluminures.
Le Pontificale lanaletense ou pontifical de saint Dunstan, encore inédit, contemporain du bénédictional de Robert, avec lequel du reste il concorde pour la plupart des offices. Cf. Wilson, Benedictional of Robert, p.xvii %. Ce Pontificale lanaletense, ainsi que le Pontifical d'Egbert, contient un ordo pour le couronnement des rois qui semble plus ancien que l'ordo contenu dans la plupart des pontificaux anglo-saxons. Wilson, t, xvir.
IV. PÉRIODE ANGLO-NORMANDE, — L'histoire de la liturgie de la Grande-Bretagne après la conquête normande (1066) se confond avec l'histoire générale de la liturgie romaine et grégorienne, car sa liturgie ne présente plus que des particularités insignifiantes, Il nous suffira donc d'en donner un résumé et de rappeler les livres liturgiques qui caractérisent l'histoire de cette période ; c'est-à-dire les usages de Sarum, d'York et d'Hereford, de Bangor, de Lincoln. L'usage de Sarum, soit par suite de l'importance de l'Église de Salisbury, soit par suite de la valeur de son clergé ou du soin mis à la révision de ses livres liturgiques, fut adopté dans le sud de l'Angleterre, dans d'autres provinces de cette contrée et même du continent, Il a donc joui d'une supériorité incontestée, et actuellement encore dans l'Église anglicane son excellence paraît reconnue. Les usages d'York, de Bangor, d'Hereford, de Lincoln, pour ces diverses provinces essayèrent de lutter contre cette prépondérance, mais sans grand succès, Moins de deux cents ans après la révision, un des successeurs d'Osmond pouvait même dire, non sans quelque hyperbole, que l'Église de Salisbury, « comme le soleil dans le ciel, est remarquable au milieu de toutes les autres Églises du monde, répandant son éclat partout ».
La révision des livres de Sarum fut inaugurée par Osmond, évêque de Salisbury en 1085. Il fit corriger le missel ; ce missel est conforme au missel grégorien. Les seules variantes portent sur la place de l'Agnus Dei (avant le mélange du pain et du vin), sur la prière de la paix, sur les formules qui suivent la communion.
Quant aux usages d'York, de Bangor, d'Hereford, de Lincoln, dont le rayon d'action fut beaucoup moins étendu, il serait difficile de nommer leurs auteurs. Maskell, dans son ouvrage souvent cité, donne en colonnes parallèles les usages de Sarum, de Bangor, d'York, d'Hereford, comparés au romain. On n'y peut relever que des différences peu importantes au point de vue de la liturgie générale ; ils sont du reste pour l'ensemble en conformité avec la liturgie grégorienne. Nous donnons dans notre bibliographie les travaux et les éditions dont ces usages ont été l'objet.
V. APRÈS LA RÉFORME, — Nous n'avons pas à suivre l'histoire de cette liturgie au delà de la Réforme. On sait qu'une des conséquences du schisme de Henri VIII fut d'introduire sous ses successeurs (surtout sous Édouard VI) l'idée d'une réforme des livres liturgiques. Cette réforme fut radicale, comme toutes celles du protestantisme ; elle eut pour effet de substituer aux anciennes liturgies un seul livre, le Common Prayer book, qui sacrifiait en réalité la liturgie antique pour n'en garder que quelques bribes. L'histoire des diverses tentatives faites pour établir le texte du Common Prayer book, pour le corriger et l'améliorer, surtout les efforts des liturgistes anglicans, pour ramener leurs communautés à des usages plus en conformité avec la liturgie catholique (ritualisme, Haute Église), sort du cadre de ce Dictionnaire ; nous nous contenterons de renvoyer aux auteurs chez lesquels on trouvera cette histoire exposée.
VI. LE SACRE DES ROIS. — Chez les Anglo-Saxons la cérémonie du couronnement des rois semble avoir eu une importance particulière. Sur l’origine du sacre des rois cf. COURONNEMENT DES ROIS. L'un des plus anciens exemples d'un sacre est celui d'Aidan, roi d'Écosse, par saint Colomba à Tona en 574. La cérémonie dut être fort simple, car l'historien de Colomba la décrit ainsi : In regem (eum) ordinavit inrponens que manu super caput jus ordinans benediæit. Gildas nous parle à son tour du sacre des rois en Grande-Bretagne : Ungebantur reges et paulo post ab unctoribus trucidabantur. S'il faut voir autre chose ici qu'une figure oratoire, comme dans plus d'un passage de Gildas, un nouvel élément de la cérémonie, l'onction, nous est ici donné. Le 12° canon du concile de Cealevth, 787, mentionne aussi l'onction : nec Cunisrus (oint) Domini esse valet nec rex l'otius regni qui ex legitimio non fuerit connubio generalus. À ce même concile, Egferth, fils d'Ofa, fut couronné et oint, comme le rapporte la chronique anglo-saxonne (anglo-saæ, chron., 799). C'est même d'Angleterre que la coutume de l'onction semble avoir passé en France, où elle aurait été importée par saint Boniface, un Saxon, comme on sait.
Le Pontifical d'Egbert contient un ordo coronationis régis qui est sans doute le plus ancien qui existe. Il diffère de l'ordo donné par le bénédictional de l'archevêque Robert, et par la plupart des autres pontificaux anglo-saxons. La cérémonie a lieu pendant la messe qui est propre (épitre : lecture du lévité, xxvi, 6-9 ; Évangile : Math., xx, 15 sq. ; introït, graduel, alleluia, offertoire, communion, sont lus de l'Écriture ; les oraisons sont également adaptées à la circonstance). Elle se place après l'évangile, et se compose de trois oraisons sur la dignité royale, et les devoirs des rois.
L'onction a lieu ensuite, Le prélat consécrateur verse sur la tête du roi l'huile, les autres évêques l'oignent pendant que l'un d'entre eux dit l'oraison : Deus, eleclorum fortitudo et hunriliunr celsiludo, qui in primordio per eflusionem diluvii crimina mundi castigare voluisti, et per columbam, ramunt olivæ portan tem, pacern terris redditam demonstrasti, ilerum que Aaron famuluni luum per unctionem olei sacerdotem sanristi, et postea per hujus unguenlti infusionem ad regendun populurm Israheliticum sacerdotes, ac reges et prophetas perlecisti, vullum que ecclesiæ in oleo exhilarandun per propheticam faniuli tui vocem David esse predixisti : ila quæsumus, oninipotens Pater, ut per hujus crealuræ pinguedinem hunc serrumi tuun : sanctificare tua benedichione digneris, cum que in simdiludinen columbe pacen siniplicitatis populo sibi subdito prestare, et exemplo Aaron in Dei serviho diligenter imilari, regni que fastigia in consiliis scientiæ el æqualitate “judieii semper asse qui, vull uneque hilaritatis per hujus olei unclionert tuari que benedictionem, te adjuvante, toti plebi paratum habere facias, Per.
Tous les évêques avec les princes donnent ensuite le sceptre à l'élu avec des prières du genre des acclamations :
Lenedie, Domine, hunce presulem principem, qui régna requm ommium à seculo moderaris, Amen...
Da ei a tu spiramine cum mansueludine ila regere populum, sicut Salomonem f J'ecisti regnum oblinere paci/icum. Amen.
On chante alors l'offertoire, et la messe se poursuit à la façon accoutumée. A la fin de la messe et pour terminer la cérémonie, on lit le premier Mandatum du roi au peuple : Hec titudo regis est noviter ordinati, et in solium sublimati, hac tria præcepta populo christiano sibi subdito precipere : in primis ut ecclesia Dei et omnis populus christianus, veram pacem servant in omni tempore. Amen. Nisi quisque fideliter firmiterque crediderit salvus esse non.
Sacré du roi Edgar, où Dunstan était le prélat consécrateur, docteurs comme Alcuin, qui par ses origines apporta. Aliud est, ut rapacitates et omnes iniquitates omnibus gradibus interdicat, Amen. Tertium est, ut in omnibus judiciis æqualem et misericordiam precipiat, ut per hoc nobis indulgeat Pret à suam clemens et misericors Deus.
D'après Waitz, dont Robertson et Wilson semblent adopter la conjecture, le nouvel ordo coronationis que l'on trouve dans l'autre groupe des pontificaux ou bénédictionnaires anglo-saxons, aurait pour auteur saint Dunstan et aurait été adopté à Bath, en 973 pour la cérémonie. Une recension spéciale en a été faite par le Dr. Wickham Legg *.
VII. L'EUCHARISTIE ET LA MESSE. — Un auteur catholique anglais, Bridgett, a recueilli avec beaucoup de patience dans un gros ouvrage tous les faits de l'histoire de la messe et de l'eucharistie en Grande-Bretagne, depuis les origines %. Cette longue histoire prouve que sur ce point la Grande-Bretagne suivit pour le service liturgique les coutumes et les traditions générales de l'Église latine occidentale au moyen âge. Si la liturgie en usage chez les Bretons avant la conquête comporte certains rites particuliers et certaines formules voir CELTIQUES (LITURGIES), les Anglo-Saxons adoptèrent sans difficulté les usages romains importés par saint Augustin et par ses compagnons, et l'on a vu dans les pages qui précédent qu'ils cherchèrent à s'y conformer dans ses moindres détails (sauf le rite de la bénédiction épiscopale à la messe comme nous avons dit).
Cérémonies de la messe, usages des autels et des églises, messes pour les morts, dévotions, communion fréquente, réserve du saint sacrement, tous les exemples cités nous amènent à cette conclusion que l'Église d'Angleterre est restée depuis les temps les plus anciens de son histoire en union avec l'Église romaine, et avec l'Église latine, et a professé sur l'eucharistie les mêmes doctrines 5. La transsubstantiation se trouve enseignée par des auteurs de cette Église ou par Aimoin, son disciple.
C'est du reste en Angleterre que Bérenger trouva quelques-uns de ses principaux adversaires dans la personne de Lanfranc et d'Anselme %. L'eucharistie, à la dédicace des églises, était placée avec les reliques dans la pierre de l'autel 7. Le pain dont on se sert pour l'eucharistie est le pain sans levain, comme dans les autres églises d'Occident # ; les autels portatifs étaient faits parfois de matériau précieux comme le jaspe, et couverts de plaques d'or ou d'argent ®.
Certains prêtres célébraient la messe plusieurs fois par jour. Les canons de saint Dunstan et de saint Oswald défendent de la dire plus de trois fois par jour 1. Pour la communion sous une seule espèce, la Grande-Bretagne suivit aussi l'usage commun des autres pays d'Occident tt.
VIII. UNITÉ DU CALENDRIER ET USAGE DE ROME. — L'Église de Bretagne voulait unifier sa liturgie d'après l'usage de Rome. Le concile de Cloveshoe en 747 promulgue ce canon (can. 14) qu'il est important de citer : Ut uno codemque tempore ubi que festivitates dominicæ seu martyrum natalitia peragantur. Tertio decimo definitur decreto : Ut uno eodemque modo dominicæ dispensationis in carne sacrosanctæ festivitates, in omnibus ad eas rite competentibus rebus, id est, in baptismi officio, in missarum celebratione, in cantilenæ modo, celebrentur, juxta exemplar videlicet quod scriptum de Romana habemus ecclesia. Itemque ut per quorum totius anni natalitia sanctorum uno eodemque die, juxta martyrologium ejusdem Romanæ ecclesiæ, cum sua sila convententi psalmodia seu cantilena venerentur !.
En voici du reste la formule : Forma dandi palliuma Johanni archevêque Cantuariensi anno MCCCXXXIV, Ad honorem Dei omnipotentis et B. Virginis, et SS. Petri et Pauli, et D. Papæ Johannis XXII, et S. K, E, necnon et Cantuariensis Ecclesiæ tibi commissæ, tradimus tibi pallium : de corpore B. Petri sumptum, plenitudinem videlicet pontificalis officii ; ut ularis eo infra ecclesiam tuam certis diebus, qui exprimuntur in privilegiis ei ab apostolicæ Sede concessis 11, 1243 de 40 édit, du brév. de Salisbury ; Weale, Catalogus suetudinariurn Eccl. Lincoln, 1880 ; Ordinale secundum missalium situs latinorum ab anno MCCCLXXV impressorum, Londini, 1886, in-fol., Cf, notre Introd, aux études liturgiques, p. 83. Cf, aussi Ed. Frère, Les livres de liturgie des Églises d'Angleterre (Salisbury, York, Hereford), imprimés à Rouen, dans les XVe et XVIes, étude suivie du catalogue de ces impressions de 1492 à 1557, avec des notes bibliographiques, Rouen, 1867, in-8°, — John Julian, A Dictionary of Hymnology, setting forth the origin and history of Christian Hymns of all ages and nations, in-8, London, 1892, — H. B. Swete, Church service and service Books before the Reformation, London, 1896. — Wordsworth et Littlehales, The old service books of the English Church, London, in-8°, 1904. — Wordsworth, Pontificale Ecclesiæ Sancti Andreæ, Edinburgh, 1488, in-8e, — Pontifical of Christopher Bainbridye, ed. by Henderson (Surtees Society), Durham, 1873. — Ralph Barnes, Liber pontificalis of Edmund Lacy, bishop of Exeter (1420-1455) ; A manuscript of the XVth century, Exeter, 1847, in-8. — Pontifical services illustrated from miniatures of the XV and XVIth centuries, with introduction and
SUR LES USAGES DE SARUM, YORK, ETC, — Will. Maskell, The ancient liturgy of the Church of England according to the uses of Sarum, York, Hereford, and Bangor, and the Roman liturgy arranged in parallel columns, with preface and notes, Oxford, 1882, 3e éd, — Monumenta ritualia Ecclesiæ anglicanæ, occasional offices of the Church of England according to the ancient use of Salisbury, the prymer in English, and other prayers and formes, with dissertation and notes, Oxford, 1882, 2 vol. — John Wordsworth, The Missal
Usage de Sarum : Missale ad us. Ecclesiæ Sarumi, 1861, publié par la Surtees Society. — Antiphonale Sarisburiense, a reproduction in fac-simile of a manuscript of the XIII century with a dissertation, by W. Howard Frère, Plainsong and mediæval music Society, London,
Usage d'York : York missals ; on n'en connaissait que cinq exemplaires avant l'édition de Maskell, Ancient liturgy, p. LXVII, qui donne son édition d'après l'édition de Paris, MCCCCXXXI, in-fol. — Il a été édité aussi par la Surtees Society, The York missal, 1872 : ainsi que le pontifical : The York pontifical, 1873-1875 : le processional : Manuale et processionale ad usum Ecl. Eborac. [et Sarum], 1872, et le Breviarium ad usum Eboracensis Ecclesiæ, Durham, 1880-1884, 2 vol. in-8°. — L'usage de Bangor n'est représenté par aucun exemplaire connu (Maskell, Ancient liturgy, p. LXXIX). — The Vedast missal, or missale parvum Vedastinum, XVe cent. mss. probably flemish, but containing the germ of the subsequent English uses,
remplace tous les livres liturgiques anciens, a d
Our Prayer book, its history, literature
le pontifical ms. (Corpus Christi College, Cambridge)
Si Nantes n'a que peu de chose, Rennes n'a rien du tout et, en dehors de ces deux villes, on ne trouve, avant le Ve, dans toute la péninsule armoricaine, nous sommes arrivés à la limite où la Bretagne chrétienne va faire son entrée dans l'histoire.
L'épiscopat de saint Martin (372-397) marque, pour une partie considérable de la Gaule, l'heure de la rénovation religieuse. Dès l'an 380 au moins, toute la région nord-ouest forma une province qui, sous le nom de Lyonnaise IIe, fut soumise à la métropole de Tours ; cette région fut naturellement le théâtre des travaux apostoliques de l'évêque de Tours. Tout y était à faire. Le passage cité de la vie de saint Beatus montre l'abandon auquel les chrétientés étaient laissées ; une phrase du biographe de saint Martin, Sulpice Sévère, confirme dans ces contrées que fort peu de chrétiens ou, pour mieux dire, presque aucun. Ce qui suit peut également s'y appliquer dans une certaine mesure : « Grâce à lui (Martin), grâce à son exemple et à ses vertus, on y trouve aujourd'hui de toutes cités églises et monastères, car là où il détruisait un temple païen, il s'empressait de construire soit un monastère, soit une église ». Sans doute, à supposer que l'action de saint Martin se fît sentir, quoi que ses voyages multipliés l'aient conduit plusieurs fois au moins sur tous les points de son immense diocèse, d'une certaine façon on peut dire que les territoires qui composaient la Bretagne armoricaine étaient privilégiés, car l'impulsion de saint Martin s'y faisait sentir directement et sans intermédiaire. En effet, les parties de la Lyonnaise IIe où il n'existait pas d'évêchés organisés relevaient non seulement de la métropole, mais de l'évêque de Tours lui-même. Beaucoup plus tard, alors que la IIe Lyonnaise était entièrement sous la dépendance de Tours, ce dernier avec ses suffragants, les évêques Félix de Nantes, Domitien d'Angers, Victorius de Rennes, et saint Martin, quand le souvenir de l'évangélisation des peuples de l'Armorique était encore vivant.
Un pareil laps de temps ne
BRETAGNE (MINEURE)
tions, ses enseignements, relevaient leur courage. Il con- | | dans ce pays un gain égal à celui que lui procurait d'identifier avec le sacerdos de la Passio Donatiani et | à devoir retenir l'attention. Le premier nom appartenait à un évêque, ni souvenir, ni trace du christianisme. Cependant _ ne trouve dans la péninsule armoricaine que cette situation : « Avant Martin, écrit-il, il n'y avait, pour mieux dire, à peu près aucun ». Ces paroles ne visent pas directement la péninsule armoricaine, mais ne laissent pas de mesure qu'on s'éloigne de la ville de Tours, on peut répartie en diocèses, nous voyons les métropolitains de lequel cent cinquante années recouvrent un événement faute qu'il est écrit « un siècle et demi environ après la mort de | de Rennes, Domnole du Mans, attester, en 567, qu « au début de la religion catholique, lors que les gens de la vraie foi avaient commencé à circuler dans les lors que les ineffables mystères de la Trinité n'étaient encore parvenus à la connaissance que de petit nombre, le divin Maître des choses, voulant faire dans le reste du monde, les prédications des daigna par sa miséricorde envoyer le bienheureux Martin, né d'une race étrangère, porter la lumière dans cette région ». Nul doute, d'après ce document, que les missions de saint Martin ou de ses auxiliaires ne paraissent pas discutables, en s'appuyant sur le nombre des paroisses placées sous le patronage de saint Martin, c'est que la fondation régulière de l'évêché de Rennes et l'organisation définitive de l'évêché de Nantes vers la fin du IVe, ne soient l'œuvre des missionnaires martiniennes.
Quant à l'ouest de la presqu'île armoricaine nul indice d'établissement stable, de hiérarchie ou, plus simplement, de communauté chrétienne. L'essai tenté pour découvrir des évêques des Osismes et des Curio ne repose sur rien de solide, l'attribution à ces derniers de tel ou tel nom épiscopal est pure conjecture. En ce qui concerne l'évêché de Vannes, il ne fut fondé qu'après 461, vers l'an 465. En somme, avant l'arrivée des émigrés bretons, seuls les évêchés de Nantes, Rennes et Vannes. S'ils en établirent d'autres — ce qu'on ne peut ni nier ni affirmer — ils furent balayés par les invasions du Ve et il n'en reste pas trace.
La période dite des invasions amène sur la péninsule armoricaine bien des ruines. L'empire, dans le but de se protéger contre la menace des barbares, avait divisé les provinces par la tyrannie fiscale qu'il faisait peser sur elles. Ce sujet a été traité souvent, nous ne l'aborderons pas car il est étranger à nos études. Tout ce que nous devons dire, c'est que, au point de vue logique, les passages d'armées, les incendies, les tueries, le va-et-vient des envahisseurs et des défenseurs accumulèrent les destructions. Les Alains parcoururent en tous sens la péninsule qu'Aëtius leur avait abandonnée, tandis que les Saxons y firent de continuelles descentes. Entre les années 406 et 416, les catastrophes se succédèrent et laissent des traces encore reconnaisables aujourd'hui ; car dans toutes les ruines gallo-romaines de la péninsule, partout on trouve des traces d'incendie, partout d'épaisses couches de cendre couvrent des masses de charbons, de pierres calcinées, rougies par la flamme, prouvent que ces établissements ont péri par le feu. Nul doute que parmi ces ruines ne s'en trouve d'édifices affectés au culte religieux et à ses divers services, mais nulle possibilité d'identifier quoi que ce soit, parmi des lits de cendre et des débris de charbon. Par endroits, des pierres éclatées sont la preuve de l'action du feu et toujours la couleur que l'incendie leur a donnée.
Ne # RE rime à toutes ses destructions ! Ainsi donc, l'archéologie de cette période présente un caractère uniforme, partout les ruines sont couvertes comme d'un linceul, par une épaisse couche de cendre et de matières carbonisées, et il paraît hors de doute que l'incendie, allumé par les barbares envahisseurs de notre pays, auquel leur fureur sauvage détruisait les habitants et faisait de l'Armorique une immense solitude couverte de sang et de débris.
III, L'ÉMIGRATION BRETONNE. — Sur cette terre vidée d'habitants où ils viennent s'établir, les Bretons insulaires apportent leur langue qui remplace plus qu'elle n'évince la langue des indigènes armoricains, Celle-ci, le gaulois, présentait, dès le 1er siècle de notre ère, de notables différences avec la langue des Bretons insulaires. Entre le 1er et le Ve la langue gauloise avait été progressivement expulsée et on peut dire avec certitude que, vers 460, la langue parlée dans la péninsule armoricaine était un latin plus ou moins altéré qu'on désigne couramment sous le nom de latin rustique. L'immigration bretonne a donc eu pour résultat non une substitution de dialecte, mais une substitution d'idiome à un autre idiome qui n'était pas de la même famille, de la langue celto-bretonne à la langue latine ou néo-latine.
Deux changements d'une importance si considérable n'ont pu s'opérer sans des conditions très spéciales d'établissement. Ce n'est ni une conquête, ni une immigration quelconque qui eussent amené de pareils résultats. Seule l'introduction d'une population numériquement hors de proportion avec la population indigène qu'elle absorbe et annihile peut expliquer des faits aussi exceptionnels. Le souvenir s'en était conservé assez clair jusqu'au x° siècle, Eginhard, dans ses Annales (à l'année 786), sait que la Britannia cismarina avait pour population les descendants des émigrants de la Grande-Bretagne, magna pars incolarum, chassés de leur île par l'invasion saxonne. Au ix° siècle, Wridsten, abbé de Landevenec, écrit : « Selon l'opinion générale, notre race tire son origine de l'île de Bretagne. Elle est la fille, la progéniture chérie de la race insulaire ; elle fut jadis amenée dans des barques sur nos bords à travers l'océan britannique, au temps même où le territoire de sa mère tomba en la possession de la race saxonne, connue par sa barbarie, redoutable par ses exploits et ses mœurs farouches. Venue ici accablée de fatigue, cette fille chérie s'enferma dans cet asile, où se voyant en sûreté elle s'établit tranquillement, sans guerre, sur le rivage ! » Nous avons vu dans le texte cité de Gildas que les migrations commencèrent aussitôt que les Saxons commencèrent à ravager l'île de Bretagne. Les premiers succès notables de ces forbans remontent à l'année 457 (victoire de Craiford) ; or, dès 461, nous voyons siéger au concile de Tours un évêque des Bretons nommé Mansuetus. « Donc il existait alors dans la région lyonnaise un groupe de Bretons assez nombreux pour former une Église et pour avoir un évêque. Une telle correspondance entre les événements de l'île et ceux du continent ne peut être l'effet du hasard ; ces Bretons de Mansuet sont le premier ban d'émigrés chassés de l’île par l'invasion saxonne, le premier germe, ou mieux, la première assise de la nation bretonne du continent * ».
Une fois le mouvement donné l'émigration bretonne déverse sur les Gaules une population assez nombreuse pour que, dès 468, on songe à l'appoint que leur loyalisme peut procurer à l'empire sur la frontière du pays « au-dessus de la Loire, » c'est-à-dire probablement vers l'ouest de la péninsule armoricaine. ! Et en effet, dès 469, l'empereur fait appel à leur dévouement, solatia Britonum postulavit, et en tire un corps d'armée de 12 000 hommes #.
Les premières migrations ayant commencé dans le dernier tiers du Ve (460-470) ont eu donc une importance numérique réelle. Cette émigration fut successive et se prolongea sur une durée au moins égale à celle de l'invasion anglo-saxonne, c'est-à-dire cent cinquante à deux cents ans, de l'année 460 à la fin du Ve.
Le caractère de ces migrations a été délicatement saisi par un des anciens historiens de la Bretagne. « Ce ne fut point, écrit dom Le Gallois, par une délibération générale de la nation entière, ni par une résolution concertée dans un conseil commun de tous les cantons de la Grande Bretagne, que les peuples quittèrent ainsi leur île pour passer dans les Gaules, Contraints par les cruels ennemis qui ravageaient leur pays, et qui en désolaient successivement les différentes contrées, les habitants des lieux les plus exposés à leur furie et à leur cruauté ; il n'est rien de plus naturel que de voir des moines et leurs cours né prenaient conseil que de leur péril, de leur crainte ; ils s'embarquaient tumultuairement sous la conduite de leurs principaux seigneurs, les uns plus tôt, les autres plus tard, selon qu'ils étaient plus ou moins pressés ou épouvantés ». Le dernier en date parmi les historiens de la Bretagne ajoute un trait fort important. « Les diverses bandes d'émigrants ne prirent pas toujours pour chefs des guerriers et des princes, mais souvent aussi des moines et des évêques. L'Église bretonne s'était associée énergiquement à la résistance des indigènes contre les envahisseurs ;..,€ prêtres pris pour chefs d'émigration. Et, en presque tous les saints qui vinrent de l'île de Bretagne en Armorique, aux ve et vi siècles, étaient accompagnés de bandes nombreuses, non seulement de moines et de clercs, mais de laïques, d'hommes et de femmes de nobles et d'esclaves. Nous avons le premier si ce fait, il y a longtemps. Nous en avons acquis cette conséquence aujourd'hui généralement admise : quand un saint parti de la Grande-Bretagne débarque en Armorique, c'est presque toujours une nouvelle bande d'émigrés bretons qui débarque avec lui à L. L'immigration bretonne, antérieurement au ix siècle, commence à l'ouest de Vannes et s'étend sur tout le reste de la péninsule proprement dite, Au x siècle, plus tard, la domination bretonne atteint les limites actuelles de la Bretagne. Si on veut se faire une idée du pays vers la fin du Ve, il faut recourir à des documents de valeur souvent discutable mais à l'égard desquels on semble ne pouvoir garder de mesure « l'éloge ou dans le dénigrement : les vies de saints, description de la péninsule, d'après les sources hagiographiques, a été faite d'une manière excellente en détail ; nous y relevons cette caractéristique : « Dans les documents relatifs à l'histoire de la Bretagne armoricaine vers la fin du Ve et le commencement du vi siècle, il est fort peu question de laboureurs, mais coup de bergers, de porchers, de troupeaux. La culture de la terre n'est pas encore rétablie, l'industrie pastorale est la principale ressource, Les porchers semblent avoir joué un rôle important. Dans ces forêts infinies, sombres, inextricables, ce sont les bergers qui menant leurs troupeaux à la glandée par ces chênaies immenses, inépuisables, eux seuls en « naissent les routes et en savent les nouvelles *, étendues immenses sont inhabitées, transformées en désert, c'est le mot qu'emploie la vie de saint Samson de Dol ; ou bien ce sont les bêtes sauvages qui remplacent l'homme. Saint Paul Aurélien rencontre sur son chemin un oppidum entouré de hauts remparts : De cette forteresse gallo-romaine les hommes ont disparu ; on n'y trouve plus qu'une laie et ses petits, un ours, un essaim d'abeilles. Nantes, Rennes et Vannes, toutes les villes de la péninsule armoricaine étaient ruinées ; Corseul et Carhaix réduites au rang de simples bourgades, Mannalias et Gésocribate réduites à quelques tours ébréchées, quelques murailles, à Locmariaker quelques assemblages de briques ; ailleurs on ne trouve plus rien, ni maisons ni habitants. L'intérieur n'est pas plus peuplé que le littoral. Des espaces considérables appartiennent à des propriétaires plongés dans une profonde misère.
À ce point, les témoignages sont nombreux et formels.
1” LE M7 ae à. A ère 7 PER : ne manquent pas d'importance pour l'histoire des fondations ni expropriations mais la cession bénévole d'un territoire étendu et généralement désert, La vie de saint Samson, celle de saint Méen nous en offrent de frappants exemples. Vers 590, Méen traverse la péninsule du Vannes. Il trouve parmi les forêts sur les bords du Meu un Breton établi dans ces solitudes qui fait de grandes instances pour le retenir. « J'ai ici, lui dit-il, un vaste territoire entièrement désert, tu l'habiteras avec moi pendant ma vie et tu en hériteras après ma mort. » Le saint accepte, cherche un site commode pour bâtir son monastère et n'a que l'embarras du choix, « car, dit sa vie, le pays était désert et n'avait pour habitants que les bêtes sauvages ! » plus expressif que le fait suivant ? : Dans la paroisse de Ploufragan, près Saint-Brieuc, les traces de l'époque gallo-romaine sont rares ; on trouve cependant non loin du bourg, à proximité de la ligne que devait suivre la voie romaine de Corseul à Carhaix, un gisement de tuiles à crochet, débris de quelque villa détruite par les invasions barbares. Puis, outre plusieurs autres monuments mégalithiques, près du village de la Couette, situé environ à un kilomètre sud-sud-est du bourg paroissial, on découvrit en 1854, une « grotte aux fées » de 15 mètres de long sur 2,50 de large, enveloppée en partie d'une couche de terre chargée d'arbres et de halliers, c'est-à-dire un grand dolmen, une allée couverte encore à demi ensevelie sous son tumulus primitif. Les blocs de pierre formaient un caveau partagé en trois chambres à l'intérieur, La cellule la plus voisine du chevet (c'est-à-dire de l'est) paraissait n'avoir jamais été ouverte ; on y trouva un vase fabriqué à la main d'une terre séchée au soleil et contenant des os calcinés ; autour étaient rangés quelques petites haches en silex, quelques instruments en arêtes de poisson, des débris de colliers en os et en pierres opaques. Dans la chambre du milieu, sur un dallage en briques, on reconnut les restes d'un foyer, avec de la cendre, du charbon et des débris de poterie fine, Un Gallo-Romain s'était glissé là, dérangeant une des pierres de la couverture, en partie brisée ; il s'était construit une chambre de 5 mètres carrés environ et y avait porté quelques ustensiles d'un mobilier assez riche. Sous le dallage (œuvre du gallo-romain) on remarqua des terres rapportées, dans lesquelles on trouva un fragment de lance en bronze, des pierres de diverses couleurs qui avaient été taillées pour ornements et des tessons moins fins d'un travail moins fini que ceux de la couche supérieure : le Gallo-Romain s'était donc installé sur les restes celtiques du second âge. On voit, d'après cette fouille, à quel excès de misère étaient réduits les indigènes, obligés de s'enfermer dans une sorte de tanière. L'homme qui s'y était installé avait gardé quelques goûts de luxe et de bien-être, il avait voulu s'entourer des débris de son mobilier brûlé ou brisé, ce n'était donc pas un maniaque ou un grossier, mais un homme accablé par les calamités et qui a dû avoir beaucoup d'imitateurs parmi les indigènes gallo-romains, sur la fin du Ve, la condition n'est guère moins pitoyable que celle que nous
dations monastiques. Cel les-ci ne comportent ni ac quinord au sud pour porter un message dans le pays de | Au point de vue de la civilisation matérielle rien de Au point de vue de l'organisation religieuse la situaPH Lé 1471 venons de décrire. D'abord, dans les limites de l'occupation bretonne, en dehors de l'évêché de Vannes, au commencement du vi siècle, avant la venue des Bretons, pas trace d'évéêché ni d'Église organisée, Le paganisme est très puissant et universellement répandu. Vers 525, saint Léon débar que à Ouessant et passe de là dans le Léon, et son biographe ajoute que, grâce à lui, « en ce pays et dans toute la Bretagne les temp les des ido les furent détruits 5. » Il n'est pres que pas de vie de saint qui ne fasse allusion à la présence du paganisme, Tantôt c'est une voix divine qui commande aux saints d'aller porter l'évangile et tirer les peup les de la nuit du paganisme #, tantôt c'est un biographe qui atteste la conversion « d'une innombrable quantité de païens *, » Dans certaines parties de la péninsule, particuliérement dans le nord-est, le christianisme était une chose nouvelle, Un biographe de saint Samson (venu en Armori que vers 948) nous apprend que « Dieu avait envoyé des docteurs apostoliques répandre en divers lieux et en divers sièc les les semen ces de la vie éternelle. Mais aucun d'eux, nous l’avouons, n'avait encore porté ses pas vers nous, quand par l'ordre du Seigneur, Samson vint enfin nous visiter. La savante Gaule n'avait point cherché à nous instruire et à dissiper notre ignorance : c'est l'arrivée de Samson qui fit briller la lumière sur notre pays. » Cette situation est à peu prés celle de toute la péninsule, sauf les pays de Rennes et de Nantes. Ailleurs il n'y a guère que le degré d'endurcissement et de férocité qui varie, Dans la grande forêt qui occupe le centre de la péninsule, les indigènes se sont réfugiés, fuyant les barbares ravageurs des vil les et des villas de la côte. Ils y ont transporté leur religion et, depuis lors, rien ni personne ne leur a donné l'occasion de s'en déprendre. Les chréliens isolés, moines ou laïques, qui tombent entre leurs mains, y perdent le plus souvent la vie. Cette cruauté va de pair avec l’obstination. Malgré les mirac les et les procédés charitab les des missionnaires et des ermites les conversions sont rares, Vers la fin du v* ou le commencement du vit siécle, l'auteur de la vie de saint Mélaine nous apprend que « les Venètes étaient encore pres que tous païens ?, »
IV. COLONISATION. — Dans ce désert les émigrants bretons n'ont que l'embarras du choix entre les terrains à coloniser et leurs colonies portent les noms de lann, colonie ecclésiasti que, et de plou, colonie civile. Voir aux mots Laxx, PLou, Le plou est le trait vraiment original des établissements bretons sur le continent. Il représente la petite colonie formée dés sa première installation sur le sol armoricain par la bande d'émigrants, Aussi ce mot se retrouve encore aujour d'hui fixé, incorporé dans le nom d'environ deux cents pa roisses bretonnes qui remontent aux premiers temps de la colonisation. On en peut dire autant des lann, monastères improvisés, « Les moines arrivaient souvent par troupes avec leur amis, leurs clients, leurs serviteurs. À peine débarqués en Armori que, ils édifiaient un lann, c'est-à-dire un monastére, Ce n'était pas bien long à installer, Cha que moine fabriquait à son usage personnel une cellule ou logette en gazon et clavonnage ou en planches légères si l'on était en forêt ; en pierre sèche si le bois manquait et si le granit abondait, comme c'élait le cas sur plus d'un point de la péninsule. Au milieu du terrain où étaient sernées les
_ cellu les, on construisait de la même facon une cha U e : > 1255 BRETAGNE De” pelle, un bâtiment pour le réfectoire et la cuisine el K c'était tout. On remparait souvent ee campement mo1 nasti que d'un vallum, c'est-à-dire d'un fossé profond el L : d'un rempart de terre pour se mettre à l'abri de toute Rx, surprise ; quand on Y manquait on avait souvent affaire L£, aux bêtes de la forêti, » #4 Jus que vers la fin du v* siècle, le sol de la péninsule x armoricaine appartenant au premier occupant, les coloPre nies bretonnes y durent être bien à l'aise avec la br faculté de se développer librement, sans se géner, sans se toucher, dans une complète indépendance. CepenPa dant, peu à peu, les espa ces abandonnés se réduisirent, 1 les colonies se multipliérent, eurent entre el les des é rapports de voisinage, formérent des associations, mirent à leur tête des chefs et se parlagérent en trois | principautés : Cornouaillé, Domnonée, Vannetais bre- “ oin : et deux subdivisions : le Poher se rattachanz à la Cornouaille, le Léon à la Domnonée. Le Ces dénominations répondaient à des groupes d'éta- £ blissements bien distincts jusqu'au VIe, À cette | date la grande forêt centrale restait pres que intacte, 1h Elle jetait entre le nord et le sud de la péninsule, la Domnonée et le pays de Vannes, une formidable barrière de quinze lieues d'épaisseur, Au vi siècle, la partie comprise entre l'Out et le pays de Rennes commence à être dépécée, défrichée, coupée de routes, sillonnée de châte aux, de monastères et même on y voit quelques plou.
Parmi les émigrants bretons on trouvait des évêques, comme ce Mansuetus, « évê que des Bretons », que nous avons rencontré dès l'année 461. « Tant que ces pasteurs émigrés vécurent, il ne dut pas être question de diocèses à limites fixes ; chacun de ces évêques ink sulaires continua à régir dans l'exil les hommes de | sa tribu ou ses compagnons d'émigralion partout où. ils se portaient, sans que nul songeût à tracer à ces | juridictions épiscopa les des limites fixes, sur un sol que l'on ne connaissait même pas ?. » Ces évêques furent, après leur mort, remplacés par des personnages plus spécialement atlitrés à une colonie ; ainsi l'organisation tendait à s'établir et à se fixer. L'exemple voisin de la Gaule, où les diocèses à limites fixes | : étaient en faveur, poussa les brelons dans ce sens. La 7 question commencait à se brouiller dès qu'il s'agissait de déterminer ces limites, On ne pouvait songer à cel les des anciennes cilés gallo-romaines disparues, ellacées, oubliées, La seule chose possible était de superposer les nouvel les fonctions des diocèses aux récentes délimitations des principautés bretonnes. Ce qui eut lieu. « Les bretons du Vannetais reconnurent l'autorité des évêques de Vannes, dont le siège d'origine gallo-romaine était un peu antérieur à l'émigralion ou au moins tout à fait contemporain. Il y eut pour le comté de Cornouaille un évêché breton, un autre pour le Léon qui, lors de cette fondation, n'était pas encore absorbé par la Domnonée. Quant à la Domnonée proprement dite, en dehors du pays de Léon, c'était le pays des grands monastéres comme le champ : du Rouvre (Saint-Brieuc), Trécor, Dol, Gaël, Aleth. Chac une de ces maisons avait autour d'elle de nombreuses dépendan ces formant comme un petit diocèse, nistrail ; la Domnonée resta longtemps sous ce régime, Quelques années après 550 seulement, elle fut consliluée en évêché, ayant pour siège le monastére de Lol, mais le régime malgré cela ne changea guère, le pouvoir des abbés-évêques, dans l'arrondissement où e chacun d'eux l'exercait, se maintint et tendit plutôt à : se consolider jusqu'au moment où (1xe siècle) ces cirdiocèses à limites fixes ?, » À partir de ce moment nous ne pouvons songer à suivre les progrès des établissements colonisateurs, que l'abbé souvent revètu du caractère épiscopal admi- |
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plou et lann se multiplient et voici que dés ruines, des vestiges viennent témoigner de l'activité civilisatrice des immigrants. Nous allons énumérer les princip aux parmi ces souvenirs renvoyant pour plus de délails et l'exposé d'ensemble à l'Histoire de Bretagne de M. A. de la Borderie et aux monographies parues dans les périodiques loc aux dont quelques-unes sont très distinguées. | V, LE LANN DE LavRË Er LE Fons Monr£z. — Le plus ancien monastère de la Bretagne armori que fut fondé avant #70 par un immigrant, le breton Budoc, sur un ilot qui touche l'ile de Bréhat. Les ruines subsistent. encore « très reconnaissab les et très caractérisées », | sur l'ile Lavret (insula Lavwrea, l'isle Lavré) située à 250 mètres de la côte est de Bréhat, « espace qui. assèche à toutes les marées pendant plusieurs heures, sauf deux jours par mois dans la morte-eaut, » Cette colonie mo 1asti que peut être considérée comme. el MAP TTE 2 LI EU « C'était une rude et inexpugnable clôture monasti que que la ceinture de roches abruptes hérissant tous les abords de Lavré, petite Trinacrie d'environ 400 mètres de long sur 300 de large, contenant 8 à 10 hectares, découpée en trois pointes dont la plus élevée el la plus sauvage (Bec Ernot) aspecte le nord, les deux autres formant la base du triangle rega l'une le sud-ouest (Pen ar Hoadic), l'autre le s « Vers le milieu de cet ilot, en tournant vers le sud= ouest, prés de la côte opposée à celle de Bréhat sont, les ruines de l'église de Saint-Budoc, bâtiment rectan= gulaire long de 12 mètres environ, large de 6, dont le grand axe est dirigé de l'est à l'ouest, et dont il reste encore deux be aux pans de mur de petit appareil gallo-romain à assises régulières en moëllons carrès, mélangées de quelques assises en arèle de poissé chacun de ces pans haut d'environ 2 métres el 1 de 3 à 4. La base des murail les subsiste encore à | près partout à un ou deux pieds de hauteur au-des de terre (fig. 1705). Cette ruine est évidemment € d'un bâtiment avant d'abord fait partie d'une x gallo-romaine ; nous avons méme la dale de sa cons struction, car dans les fondations du pignon est, # un mètre environ au-dessous de l'aire primitive de
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l'édifice, au fond d'une sorte d'enlonnoir lormé de _ briques romaines unies avec du ciment on à trouvé, placé avec soin entre deux tui les romaines bien intactes, trois médail les romaines : un petit bronze de Crispus (317-326), un moyen et un petit bronze de Constant Ier (337-361). Cette villa fut donc construite dans la première moilié du rve siécle.
« Mais les fouil les à l'intérieur de l'édifice, particulièrement au pied des fondations, ont montré que : sur plusieurs points la construction primitive a été réparée, remanide, au moyen d'une maçonnerie en appareil assez barbare, fort ancien, mais beaucoup moins régulier que celui des Gallo-Romains. Mélange ! de sty les et d'époques qui se révèle encore dans celui des tui les romaines (tegulæ) de la loiture du principal hâtiment avec des ardoises fort épaisses provenant de 1258 chrétiennes), superposés par endroits en deux ou trois couches, tombant pour la plupart en poussière dès qu'ils voyaient le jour, dont quelques-uns pourtant ont pu être reconslilués, un entre autres de la taille de 1085, Sépullures modestes comme il convenait à des moines : point de sarcophages, mais seulement de gran des pierres plates dressées sur le champ, séparant cha que mort de ses voisins. Très peu d'indi ces de sépultures guerrières : pourtant un ou deux squelettes ayant la boite cranienne perforée, les os maxillaires | brisés.
« On à retiré, entre autres objets, de ces sépultures un fer de lance de forme fuselée ; un couteau ou un poignard en fer monté dans un manche d'os ou de corne de cerf et de plusieurs autres manches semblab les ; un peigne en os, dont le dos est formé par une la couverture d'une sorte d'appentis appliqué contre la muraille nord et formant l'exedra (ou sacristie) de l'église de Budoc.
« Il est donc évident que ce pieux moine, débarquant à Lavré vers 460, y trouva cette villa gallo-romaine ruinée en partie par les barbares du v' siècle, la releva et y installa son monastère, Car au delà du pignon est (contre lequel on a trouvé les médailles) les substructions antiques de style mêlé se prolongent pendant une quinzaine de mètres.
« C'est aussi de ce côté — c'est-à-dire à l'est de l'église — qu'était le cimetière, dans un terrain qui porte encore aujourd'hui, non officiellement mais lairement, le nom breton Beret ar Chapel, cimetière de la Chapelle — quoi que, Lavret étant inhabité depuis un temps immémorial, les générations de notre siècle n'aient aucun souvenir d'y avoir vu aucune inhumation. Sans pousser très loin les fouilles, on y a relevé une soixantaine de squelettes tous inhumés tête à l'ouest, pieds à l'est (indice certain de sépultures chrétiennes) ; une garniture d'aumônière aussi en os composée de quatre baguettes semi-cylindriques accolées deux à deux. La forme, le style de tous ces objets accusent nettement l'époque mérovingienne, particulièrement l'ornementation du peigne et de la garniture d'aumônière, figurant des X et de nombreux losanges gravés en creux sur les baguettes, « On a découvert aussi, dans le Beret ar Chapel, deux croix de granit dont le fût et les croisillons sont de forme carrée ; le développement des bras de croix est de 68 centimètres, le fût est brisé un peu au-dessous des croisillons, Enfin, au milieu du Heret, les fouilles ont révélé l'existence d'un beau puits large d'environ 2 mètres sur 8 au moins de profondeur, tout rempli de terre, de tessons de poterie samienne, et surtout de débris de grands vases beaucoup plus grossiers, dont la décoration quadrillée dénote encore l'époque mérovingienne !. Ce puits une fois nettoyé de la terre et des débris divers qu'il contenait, l'eau de source a paru au fond, excellente et sans aucun goût saumâtre. Il parait bien que c'était là le puits principal de l'établissement, quoiqu'on ait constaté l'existence d'un autre, mais moins important, au bout d'un sentier qui va vers le nord, du Beret ar Chapel à la falaise. Tout confirme donc la prise de possession, la réparation et le remaniement, par les émigrés bretons du Ve, des ruines d'une villa gallo-romaine appropriée par eux à une nouvelle destination. « Mais ce n'est pas tout.
« Quand on se promène vers la fin de septembre dans l'ile Lavré aux environs de Beret ar Chapel, entre les ruines et la côte qui regarde l'est, on voit se dessiner sur le gazon des lignes formant des circonférences circulaires (ou à peu près) sur lesquelles l'herbe est déjà presque sèche, quand en dehors de ces cercles le gazon est encore vert. La conclusion, c'est que ces lignes circulaires marquées par ces herbes sèches indiquent l'existence de substructions lapidaires recouvertes d'une couche de terre superficielle trop peu profonde pour conserver au gazon, en cette fin d'automne, la fraîcheur de son teint et la force de sa végétation.
“ Ces conclusions ont été, il y a quelques années, vérifiées et justifiées par des fouilles faites sur ces emplacements circulaires, et qui ont mis à nu les fondations de huit cellules ou loges rangées en ligne à assez faible distance de l'édifice gallo-romain (église de Saint-Budoc) et du Beret ar Chapel. Ces fondations sont assez grossières et indiquent des constructions rapidement faites, Quelques-unes ont déjà été exploitées, on en a enlevé des pierres pour bâtir des maisons à Bréhat, enlèvement qui a altéré l'état primitif et la forme circulaire des substructions. Pourtant elle est évidente, cette forme, dans la plupart des cas : on a même pu constater que le diamètre intérieur de ces cellules ou loges est le plus souvent d'environ 3 mètres, mais va quelquefois jusqu'à 5.
« Ces cellules sont disposées sur une ligne qui se développe du nord-est au sud-ouest, à 40 mètres environ dans l’est de Beret ar Chapel. Trois d’entre elles se touchent presque ; les autres sont séparées par des distances de 4, de 5, ou de 10 mètres, La dernière de toutes, dans la direction du nord-est, est à près de 40 mètres des autres. Mais dans cet intervalle, et même dans d'autres parties de l'ile, il a existé d'autres cellules qui, par suite de l'exploitation ou dévastation signalée plus haut, ont disparu.
« En tous les cas, par les faits bien constatés que l'on vient d'exposer, nous connaissons maintenant la véritable physionomie de nos monastères bretons primitifs du ve au vii siècle, Une série de cellules ou loges monastiques groupées autour d'une église, d'un cimetière et de quelques autres bâtiments d'utilité générale (réfectoire, cuisine, grange), voilà ce qu'on voit à Lavré et ce qui date de Budoc, c’est-à-dire des premiers temps de l'émigration bretonne ; c'est exactement ce qu'on voyait au VIe à lona et dans tous les monastères scoto-bretons. Donc, le régime monastique importé en Armorique par les Bretons émigrés reproduisait dans son organisation matérielle et morale, dans tous ses traits essentiels, cette vie cénobitique si curieuse, si bien connue par la précieuse Vie de saint Columba, régime dont nous pouvons voir, toucher de près quatorze siècles, dans cet humble coin de Lavré, Une relique vénérable, un souvenir et un débris matériel toujours subsistant. * Feu saint Gwennolé, appelé à tenir un grand rôle
(MINEURE)
ler les noms évocateurs de tant de travaux. Vers l'an 485, des moines, abordant à l'embouchure du Gouët, fondèrent un monastère fut fondé d'après les règles bretonnes : cellules qui subsistent les fondations d'une seconde montant dans l'histoire de la civilisation de la terre bretonne Une série de saints moines et de saints évêques collaborent, sur divers points de la péninsule, à cette œuvre capitale, Nous ne pouvons faire plus ici que de rappeler saint Brieuc qui vient, avec une colonie de cent soixante établissement monastique au lieu appelé le Champ du Rouvre. Saint Ronan, autre insulaire, aborde à la côte occidentale du Léon et, après diverses pérégrinations, s'installe à Porz-Coet (— Porzai), Saint Gwennolé, un indigène, né vers 461 ou 462, élevé à Lavré, fonde un lann destiné à une longue et glorieuse carrière, le lann Tevenec (— Landevenec), qui subsistera jusqu'à la Révolution. Le rôle des évêques n'est ni moins ardu ni moins glorieux que celui des abbés : saint Corentin, dans la Cornouaille, saint Mélaine à Rennes, saint Paul Aurélien à Léon et une foule d'autres — le mot est ici strictement historique. Mais nous devons nous borner à l'archéologie et éviter d'empiéter sur le domaine de l'histoire. = Nous venons de dire que le lann de Lavré typifie des autres fondations monastiques bretonnes. L'histoire de saint Efflam et de sainte Enora apprend qu'Efflam trouva dans la forêt, au bord d'un ruisseau, au lieu appelé Donguel une loge mortuaire dont il fit le centre d'un lann nouveau, légende ajoute un détail qui rappelle ce que nous avons vu à Lavré, Les compagnons d'Efflam « pour jouir plus librement de la solitude et de la vie contemplative, voulurent avoir chacun leur retraite séparée. Laissant donc Efflam seul en sa demeure ils se dispersèrent autour de lui et construisirent leurs cellules (habitacula) à peu de distance de la sienne, de façon à se réunir à lui pour prier les jours de fête et prendre leur réfection ». Une autre disposition à noter dans le monachisme breton du vi siècle, c'est l'interdiction absolue pour les femmes de pénétrer dans les monastères d'hommes. Efflam était marié ; or sa femme Énora construisit une cellule et un oratoire dans la forêt proche de la demeure de son mari « elle venait chaque jour prendre les instructions. À la porte ne s'ouvrait pas devant elle, mais les deux époux se parlaient à travers la muraille, Finalement, Efflam envoya Énora fonder un couvent de son sexe en Cornouaille.
« Les murs de cette tourelle sont en granit et en appareil irrégulier, Le diamètre intérieur mesure environ 3 mètres ; l'épaisseur de la muraille, prise au jambage de la porte, est de 0,50 m, soit, pour diamètre total de dehors en dehors, 3,50 m. À la hauteur de la porte existe un plancher (en assez mauvais état) séparant la tourelle en deux étages. L'étage inférieur, placé sous ce plancher, n'est nullement une crypte, comme on l'a dit, car il ne descend pas au-dessous du sol ; il a des ossements trouvés sur divers points de l'île. L'étage supérieur de la tourelle a 2 mètres de hauteur depuis le plancher jusqu'à la naissance de la calotte ou voûte de pierre qui recouvre la tourelle. En face de la porte, contre la paroi ouest de la tourelle et ayant sa base sur le plancher, est un petit autel dont la table est faite d'une dalle de schiste mal dégrossi sans aucun style et portant cinq croix de consécration (une au centre et les autres aux quatre angles) d'une forme lettrée et d'une gravure très ordinaire, peu profonde et même assez négligée* ; cet autel absolument insignifiant ne remonte certainement pas au delà du XVIe et 3 mètres, ce qui donne à ce petit édifice une hauteur totale au-dessus de terre d'un peu plus de 6 mètres. À 1,50 m de hauteur, on y a déposé depuis assez longtemps, sans doute il n'en remplace pas un plus ancien ; il n'y avait point lieu d'en mettre là, le Forn-Modez n'étant ni chapelle, ni oratoire, mais simplement la cellule de l'un des moines, « La voûte qui surmonte la tourelle et couvre l'édifice est faite de pierres noyées en tous sens dans un mortier de chaux et de sable, Elle a la forme d'un cône tronqué terminé en calotte ; sa hauteur verticale à l'intérieur ne dépasse guère 2m 90, soit, avec l'épaisseur de la maçonnerie qui forme cette calotte, environ 3 mètres. Cette voûte est portée sur deux arcs doubles se coupant à angle droit au sommet de ladite voûte et formés par des plates-bandes larges de 25 à 26 centimètres, d’une saillie d'environ 4 centimètres, relombant sur quatre corbelets simples en forme de console. Les lignes de ces corbelets et de ces plates-bandes sont très pures, très simples, mais nullement grossières. Il est admis qu'on n'a pas fait de voûtes sur arcs doubles avant le XIIe ; on aurait donc à cette époque rétabli cette voûte dans la forme actuelle ; mais le reste du Forn-Modez (la tourelle, la porte, l'escalier) est de l'époque primitive, c'est-à-dire du VIe, Cela ressemble bien d'ailleurs aux cellules monastiques de même époque des environs de l'île d'Iona, dessinées par le Dr Reeves dans son édition de la « Vie de saint Columba, » « À quelques pas au nord-est du Forn-Modez, à droite de l'escalier intérieur, on voit l'enceinte circulaire d'une autre cellule, dessinée en partie par des substructions assez apparentes, en partie par des ruines de muraille montant à deux pieds environ au-dessus du sol. Cet édifice ressemblait sans doute beaucoup au Forn-Modez, le diamètre est à peu près de même dimension, 3,50 m pour la cellule encore entière et 5 mètres pour celle-ci, Mêmes dimensions dans les cellules de Lavré. x Je regarderais volontiers le Forn-Modez comme ayant été la cellule de l'abbé, non seulement à cause du nom de Modez attaché à cet édifice, mais parce que, d'après la Vie si curieuse de saint Columba, la cellule de l'abbé était toujours, autant que possible, placée dans une situation dominante afin de lui faciliter la surveillance de son troupeau. Le Forn-Modez est placé au point culminant de l'île, ce qui en assure aujourd'hui la conservation parce qu'il sert de signal pour les marins. De ce point l'œil embrasse presque toute l'île, surtout il domine en plein la pente douce mais très caractérisée qui s'étend de ce sommet jusqu'au portail encore subsistant d'une église romane, construite au Xe à l'usage d'un prieuré remplacant le monastère primitif, Et, quand on connaît l'esprit du moyen âge, le respect professé pour les traditions locales, impossible de douter que l'on ait mis l'église du Xe exactement sur les ruines de l'oratoire antique fondé par saint Maudez. D'après cela, la plupart des cellules des moines de Enés-Modez devaient s'étager sur cette pente descendant du Forn-Modez à l'église romane. Mettant le nez à sa porte, debout sur la petite plate-forme placée devant cette porte au sommet de l'escalier extérieur, Maudez pouvait inspecter d'un regard tout son troupeau, puis, se tournant vers le sud, surveiller aussi très facilement les cellules des quelques moines isolés dispersées de ce côté.
H, LECLERCO.
BRÉVIAIRE. — I. Le mot « bréviaire », II Origines juives. III, Adaptation apostolique. IV, Origines chrétiennes. V. L'office canonial. VI, Sa signification. VII Son contenu. 1° Précès feriales ; 2° Psalmodia ; 3° Lectiones : 4° Cantica ; 5° Hymni. VIIL Heures de la prière, 1° Avant la paix de l'Église : Création ; 2° Après la paix de l'Église : Expansion en Orient ; 3e Expansion en Occident ; 4e Développement en Occident ; 5° Réglementation ; 6° Pénétration dans tout l'Occident. IX. La contexture de l'office au IXe. X. Bibliographie.
I. LE MOT « BRÉVIAIRE ». — Le mot bréviaire, auquel s'attache de nos jours un sens déterminé et exclusif, est cependant un des termes les plus insuffisants parmi ceux qui servent à désigner les divers livres liturgiques. Tandis que missale, pontificale, rituale expriment avec exactitude le contenu des recueils qu'ils indiquent, le mot breviarium ou breviarius, qui veut dire « abrégé », « résumé », s'applique en opposition avec le mot plenarium, marquant non plus des extraits mais l'ouvrage intégral. Pendant les premiers siècles du christianisme, breviarium est susceptible de recevoir des applications très différentes. Les Pères de l'Église en font fréquemment usage dans le sens d'« extraits », d'« abrégé ». On rencontre parmi leurs écrits les termes suivants : Breviarium fidei, breviarium in psalmos, breviarium canonum, breviarium regularum. Dans la langue juridique on donne le nom de Breviarium Alarici à une compilation qui n'a aucun rapport avec la liturgie ; on peut en dire de même pour le Breviarium imperii qui est un véritable inventaire. Dans la langue liturgique le bréviaire est, à proprement parler, un catalogue ou, si l'on veut, un aide-mémoire de prières à réciter, un directorium.
Primitivement, le breviarium était bien loin des dimensions qu'il a prises depuis, C'était un mince fascicule, parfois un simple feuillet, sur lequel étaient indiquées, pour l'année entière ou pour une partie seulement de l'année, les règles de la prière chorale et de la célébration de la messe, la plupart du temps avec addition des répliques du texte, Quelques exemples nous en sont parvenus ; on rencontre dans les manuscrits on bien les collections des indications telles que celles-ci : Breviarium ecclesiastici ordinis *, ou bien : Explicit breviarium Ecclesiæ romanae (— romanæ) ?, C'étaient de véritables Ordos, auxquels commençait à s'appliquer le mot Breviatura. Du Cange cite une charte de Louis le Débonnaire, conservée dans la Vita Aldrici, évêque du Mans, n. 11 : Sicut in plenariis et breviariis ejusdem Ecclesiæ continentur #, Alcuin, au début du IXe, fait usage du mot breviarium pour désigner un livre contenant l'office abrégé qu'il composa pour les Heures canoniales des laïques 5. Dans ces conditions, on s'explique comment un terme si peu déterminé a pu être appliqué indifféremment à tel ou tel livre liturgique ; nous rencontrons, en effet, dans l'inventaire de l'église d'Agilcourt ou de Courtifolsf, un livre désigné sous le nom de Breviarium Antiphonari et qui désigne un extrait de l'Antiphonaire. On rencontre de même Breviarium evangelicum 7 pour mentionner un catalogue des péripées évangéliques, | répliques du texte sous le titre : Incipit Br | serve Grdo officiorum per totam anni decursic | écrit ceci : Sicut et in antiquis Breviariis ordinatum re | fonde que dans la Judée proprement dite. » Nous 1 ou lectures liturgiques, avec les premiers mots PF chacune d'elles. Cependant, c'est principalement le recueil des psaumes qui, formant le fond de l'office, reçut les règles servant à leur récitation et nom de bréviaire, De nombreux psautiers du XIVe, donnent le sommaire des règles « = à régle
IL. ORIGINES JUIVES. — Les plus lointaines origines de la prière publique dans l'Église chrétienne font assister à une sorte de glissement d'une partie du culte judaïque dans le christianisme. Outre l'impossibilité pour un groupe religieux quelconque, aux débuts, d'improviser de toutes pièces ses fonctions euchologiques et ses rites sans être par quelque tributaire de la société dont il se détache, les chrétiens répugnaient à l'idée d'une brusque rupture avec la communauté juive. Il n'était pas de mérite qu'ils ne fussent disposés à conserver dans la tradition chrétienne les attitudes attirerait, tôt ou tard, les esprits les meilleurs et les plus sensés du judaïsme *. « Il est difficile d'admettre, a dit avec une exquise justesse D, S. Bäumer, que les chrétiens aient abandonné tranquillement le culte juif, ou aient souffert que des chrétiens en fussent exclus (ce qui se produisit de bonne heure), sans y apporter une compensation., Mais comme les chrétiens se servaient de la prière vocale dans une plus large mesure que les juifs, et comme ils étaient des hommes d'apôtres durent, au moment de la scission, adapter et faire aux mœurs chrétiennes les pratiques cultuelles qu'ils avaient jusque-là remplies avec zèle dans les synagogues et au temple 10.
Une rapide exposition de l'usage hébraïque nous aide à saisir les points de contact existants entre le culte juif et le culte chrétien. Les heures de prière observées par les apôtres et Jean correspondent aux heures des sacrifices dans les temples et dans les synagogues ; quant à la récitation par les disciples à la troisième heure, salle de la Cène, le jour de la Pentecôte, elle correspond à l'heure de la prière au temple. La journée juive était, en effet, sanctifiée par trois moments destinés à la prière. C'étaient celui du sacrifice quotidien du matin, entre le lever du soleil et la troisième heure, à la fin de laquelle on chantait des psaumes, on récitait des prières solennelles et on bénissait les assistants.
Le deuxième moment était celui du sacrifice de l'oblation qui avait lieu un peu après midi, spécialement les jours de fête, lors que les rites et les chants du sacrifice du matin se prolongeaient toute la matinée. Le troisième moment, ou sacrifice du soir, ne commençait pas avant la neuvième heure et se prolongeait jusqu'à la douzième, au coucher du soleil. Plus tard, on imagina de réunir le sacrifice du matin au sacrifice du soir. Les Israélites attachés à la religion suppléaient à l'absence de ces sacrifices par la récitation privée de prières déterminées.
Après le retour de la captivité, une habitude avait été prise et consacrée dont on ne se départit plus. Le sacrifice quotidien avait été remplacé par deux prières quotidiennes composées de passages de l'Écriture et de morceaux d'origine différente. Les juifs en faisaient remonter l'ordonnance à Esdras ; la prière en usage au temps des apôtres et après eux semble avoir eu Gamaliel pour auteur. En dehors de Jérusalem, dans les synagogues et les proseuques, et à Jérusalem, lors que la célébration du sacrifice fut devenue impossible, la prière remplaça le triple sacrifice. Il paraît probable qu'on y adjoignit quelques autres.
Outre le Shema et les formules d'impétration ou d'action de grâces, un psaume était affecté à chaque jour de la semaine. À la prière du matin, on ajoutait trois autres psaumes et plus tard trois autres encore. Le jour du sabbat, on ajoutait de nouvelles psaumes et les cantiques de Moïse. Ce jour-là, on lisait des passages déterminés de la Loi et des Prophètes, que suivait une espèce d'homélie. L'office du soir était copié sur celui du matin et comportait un certain nombre de psaumes. Pour le sacrifice de l'oblation, le rite semble avoir été peu réglé, mais nous savons qu'on y chantait des psaumes. Ainsi donc, trois moments de prière : le matin, à midi et le soir.
TT. ADAPTATION APOSTOLIQUE. — Non seulement les exégètes et les liturgistes ont pensé reconnaître dans les trois moments de la prière des Juifs les offices de matines, de none et de vêpres, mais encore ils ont poussé plus loin l'identification. Les prières et bénédictions du temple et des synagogues portaient les dénominations de Zirith, Pakasol, Tephilol et Tachnun, qui correspondent, en effet, aux quatre expressions dont saint Paul fait mention dans un texte célèbre : εὐχ, προσευχ, ντευξις, εὐχαριστία, c'est-à-dire : obsecrationes, orationes, supplicationes, gratiarum actiones.
Nous éluderons bientôt ce texte de saint Paul, dans lequel on a vu, avec raison selon nous, la preuve classique de la prescription de prières liturgiques dès l'époque des apôtres. Saint Clément le romain reconnaît, en effet, la promulgation d'ordonnances apostoliques sur les heures et la réglementation du culte. Il est évident, d'après ce qu'il dit, qu'il ne faut pas faire d'autres offices. D'après ses paroles, on ne peut douter qu'il n'y eut dès lors, en dehors du sacrifice, un autre acte déterminé pour la prière. L'indication donnée par Pline des doubles réunions, cœtus antelucani et vespertini, corrobore celle de Clément. Si peu précis qu'ils puissent paraître, ces indices conservent les prières en usage dans le temple, auxquelles ils n'en sont pas moins précieux, car il ne faut pas oublier qu'ils nous sont fournis par des auteurs qui n'ont nulle préoccupation de nous renseigner sur cette matière spéciale, et que ce qu'ils nous en font connaître doit être incomplet, étant donné qu'ils n'ont aucune prétention de disserter sur l'ordonnance primitive des heures canoniques. Cette ordonnance n'en a pas moins existé très vraisemblablement.
La Didaché nous apprend qu'une prière déterminée devait être récitée trois fois par jour par tous les fidèles : τρεῖς φορὰς τῆς μέρας. Cette triple prière correspond bien certainement à la triple prière des Juifs et non aux trois heures de tierce, sexte et none, ainsi qu'on l'a supposé. En effet, l'ensemble du passage que nous venons de citer contient une série de prescriptions parallèles aux prescriptions juives : jeûne, texte de la prière, heure de sa récitation. Les fidèles devaient, d'après la prescription susdite, réciter l'Oraison dominicale en particulier trois fois par jour. Cette réglementation n'était pas limitative.
Un nouveau trait de ressemblance mérite d'être relevé. Nous avons dit que chez les Juifs, le sacrifice du milieu du jour et celui du soir avaient fini par se rapprocher tellement qu'on n'avait plus fait que deux réunions par jour, une le matin et une autre le soir. De même, pour des raisons de commodité, on était arrivé à une disposition analogue chez les chrétiens, ce sont les cœtus antelucani et vespertini. Ces deux réunions, qui avaient, outre le Pater, des chants d'hymnes et de psaumes, sont clairement indiquées dans plusieurs textes de saint Ignace d'Antioche. On ne peut tirer de là que des indications générales en faveur des heures canoniques, et aucune conclusion trop précise ; nous ne rencontrerons pas de témoignages authentiques de la récitation de semblables prières avant le IIe.
Malgré l'arbitraire avec lequel, dès le commencement du IIe, les grands évêques accommodèrent la forme et l'ordonnance de la prière publique aux besoins locaux de leurs Églises, on ne laissa pas de vouloir laisser l'office canonial, le cursus, bénéficier du prestige de la plus lointaine antiquité. Un fragment édité sous ce titre : Cantuum et cursuum ecclesiasticorum origo ex codice ms. velustissimo, présente les Pères des Ier, IIe et IIIes comme les rédacteurs de l'office : si sedulo inspiciahius cursus auctores... Si sujette à caution que soit la première partie de ce document, nous ne pouvons cependant omettre de la résumer.
Ce furent Trophime d'Arles et Pothin de Lyon, disciple de saint Pierre, qui donnèrent à la Gaule le Cursus Romanus. Suit un paragraphe plein de confusion ; on lit ensuite : Johannes evangelista, primum cursum Gallorum decantavit. Inde postea beatus Polycarpus discipulus sancti Johannis. Inde postea Hiereneus, qui fuit episcopus Lugdunensis, tertius, ipse cursum decantavit in Galliis. Inde et modulationibus, series Scripturarum novi ac veteris Testamenti, diversorum prudencium virorum paginis, non de propriis, sed de sacris Scripturis reciperent antiphonias et responsoria, seu sonus, et alleluias composuerunt, et per universum orbem terrarum ordo cursus est. Vient alors une énumération qui n'est pas sans intérêt ni sans importance, malgré les confusions qui foisonnent dans ces quelques lignes. Le but est de montrer l'expansion du chant et du cursus romains. Marc l'évangéliste les a implantés en Égypte, Grégoire de Nazianze et Basile dans leurs Églises, Jean Cassien à Lérins, Honorat et Césaire à Arles, ainsi que l'abbé Porchaire, qui compta parmi ses moines Loup de Troyes et Germain d'Auxerre. Ceux-ci, après avoir introduit le cursus dans leurs Églises, le transportèrent chez les Bretons et les Scots à l'occasion de la mission qu'ils remplirent parmi eux en 429. Ils l'enseignèrent à Patrice, lequel vécut cent cinquante-trois ans et le transmit au vieillard Wandiloch et à Gomogill, abbés d'un monastère de trois mille religieux. Par Wandiloch et Colomban, le cursus pénétra en Bourgogne, à Luxeuil.
Mais il y a d'autres cursus, au nombre de trois, que le vieil auteur énumère : Est alius cursus Orientalis a sancto Cromacio et Eliodoro, et beato Paulino, seu et Athanasio episcopo editus, quæ in Gallorum consuetudinem non habetur, quæ sanctus Macharius decantavit, hoc est, per duodenas, hoc est, unaquæque ora. Est et alius cursus quem refert beatus Augustinus episcopus, quod beatus Ambrosius propter hæreticorum ordinem dissimilem composuit, quem in Italia ante decantabatur. Est et alius cursus beati Benedicti, qui ipsum singulariter paucum discordante a curso Romano, quem in sua regula repperis scriptum : sed tamen beatus Gregorius urbis Romæ Pontifex, quasi privilegium monachis ipsum sua authoritate in vita S. Benedicti in libro Dialogorum adfirmavit, ubi dicit : Non aliter sanctus vir docere, nisi sicut ipse beatus Benedictus dicit.
et à la récitation des psaumes, des hymnes, des cantiques et des lectures se terminaient ordinairement, comme nous l'avons dit en étudiant l'agape (voir ce mot) par la Célébration, au petit jour, de l'eucharistie. Commencée dans la nuit ou dès la veille au crépuscule, la réunion se prolongeait ainsi pendant de longues heures depuis le samedi soir jusqu'au dimanche à l'aurore. Suivant les exigences de temps et de lieu, l'heure de la réunion différait, ou bien on scindait la réunion propre dite de la synaxe eucharistique ; mais, en prélude à la vigile dominicale, comme la vigile pascale, à durer la nuit entière. Pour remplir cette séance, réagir contre la somnolence et in fidèles, on consacrait ce temps à la prière. Cepeut-être, comme on ne pouvait songer à réunir les chrétiens toutes les nuits et que la réunion hebdomadaire ne satisfaisait pas aux exigences des âmes pieuses, cor d'autre part la vigile dominicale pouvait dépasser la mesure d'endurance et de tolérance dont les chrétiens, et surtout les chrétiennes, jouissaient, on s'habituait à retarder le commencement de cette vigile jusqu'au milieu de la nuit. Toutefois, le souci de demeurer fidèle à l'esprit de l'institution primitive fit instaurer une réunion au commencement de la nuit, vers l'heure où le soleil se couche et où l'on allume les lumières. Cette réunion en reçut son nom de lucernaire ou vêpres. Ainsi scindées, les deux réunions n'en prélenaient pas moins reproduire dans son intégrité la longue vigile des temps primitifs. Un dernier point reste à indiquer. Toute réunion chrétienne n'était pas nécessairement suivie de la célébration de l'eucharistie, c'était alors une réunion ou synaxe liturgique, en d'autres termes la vigile. On a pu remarquer très ingénieusement que, « de bonne heure, elle a été rattachée à la messe, elle lui a servi de préface et a fini par s'y souder de telle sorte qu'elle ne fait plus qu'un avec le sacrifice, mais le point de soudure reste apparent ; entre la prédication sur l'Évangile, qui est le dernier acte de l'avant-messe, et l'histoire qui est le premier acte du sacrifice proprement dit, il n'y a pas de connexion ». C'est ce point de soudure qui, mieux marqué, va nous donner une première série d'indications précises sur la synaxe aliturgique et les occupations qui la remplissent. Les textes des Actes des Apôtres et des Épîtres nous permettent de distinguer : 1° une réunion où l'on prie, où l'on chante des psaumes et des hymnes, où l'on fait des prédications et des collectes pour les églises, où il n'y a pas question d'eucharistie ; 2° une réunion où il y a la fractio panis. Parfois, mais non pas régulièrement, cette action eucharistique vient à la suite de la réunion précédente, cependant elle ne lui est pas indissolublement unie. La lettre de Pline à Trajan montre les chrétiens réunis avant l'aurore pour chanter un hymne au Christ, se séparant, puis se réunissant nouveau, ad capiendum cibum. Socrate nous apprend qu'à Alexandrie l'assemblée des fidèles a lieu le mercredi et le vendredi, on fait des lectures, on les commente, on accomplit toutes les cérémonies des synaxes, mais on ne célébre pas les mystères. À Jérusalem, la séparation des deux rites est clairement indiquée par le fait que l'avant-messe se célébre dans l'église du Golgotha et la messe des fidèles dans l'église de l'Anastase. Les faits liturgiques témoignent pour leur part en faveur de l'existence voisine mais séparée de la catechumenorum. Nous trouvons, en effet, dans les cérémonies du vendredi-saint et du samedi-saint, dans les messes des Quatre-Temps et celles de certaines vigiles, le type des synaxes aliturgiques. Primitive, ces jours-là n'avaient pas de messe, la synaxe se remplissait par des lectures, la psalmodie et des oraisons. La célébration des vigiles dans les rites ambrosien et mozarabe nous offre un fait identique : cette synaxe présente un certain nombre d'éléments qui se retrouvent dans l'Avant-messe et, en conséquence, ne sont pas primitivement ordonnés à la fin spéciale de celle-ci, d'où l'on peut inférer que la vigile avait une existence indépendante. À quelle date la vigile a-t-elle été rattachée à la messe ? C'est ce qu'on ne saurait dire, mais on peut faire remonter celle disposition à une très haute antiquité. Quoi qu'il en soit, « la vigile était la partie la plus variée qui donnait, si j'ose dire, à l'assemblée la note d'actualité. On lisait non seulement l'Ancien Testament et les Évangiles, mais encore les lettres des apôtres, des évêques étrangers et des Églises, les actes des martyrs. Denys de Corinthe écrit à l'Église de Rome qu'on lit le dimanche les lettres de Soter et celles de Clément, évêque de Rome. Les lettres de saint Polycarpe et de saint Ignace, celles de saint Cyprien et de saint Corneille étaient lues aussi durant les synaxes. On devine aisément les sentiments que devaient soulever dans une réunion de frères la lecture d'une lettre dans laquelle les martyrs de Lyon, écrivant du fond de leur prison, racontaient leurs supplices et l'héroïsme de leurs frères. Parfois même des églises éloignées et ignorantes se laissaient séduire et lisaient des récits apocryphes ou peu orthodoxes, comme l'évangile de Pierre ou les apocryphes clémentins. Enfin, il y avait une prédication, qui permettait au président de donner des avis qui convenaient à chacun. L'assistance même est moins choisie ; on admet à cette vigile les catéchumènes, les énergumènes, les pénitents, parfois les gentils.
3 d VI. Sa signification, — L'obligation faite aux clercs de prier quotidiennement remonte aux origines de l'Église. Dès le temps des apôtres, on assiste à la réduction pratique de l'invitation faite par Jésus aux chrétiens de prier sans cesse. Ce qu'il y avait d'imprécis et, en un certain sens, d'inexécutable dans cette invitation, se trouve ramené à une codification qui, pour embryonnaire qu'elle soit encore, n'en est pas moins le germe de l'office public dans l'Église. L'emprunt à la synagogue est si évident, qu'il suffit de le rappeler d’un mot, et dès lors nous constatons la tendance à imposer au peuple chrétien la prière comme une obligation, en même temps que le souci de lui en faciliter l'accomplissement par la recherche d'une diversité qui exclut la monotonie et aide à l'édification. Saint Paul recommande aux fidèles des Églises fondées par lui le chant des psaumes, des hymnes et des cantiques spirituels. On a avancé sans preuves que ces expressions sont synonymes, nous hésitons à l'admettre. Avec le Nouveau Testament reparaissent les prophètes et les psalmistes. Le modèle des psaumes chrétiens nous est sans doute offert par les cantiques de l'Ancien Testament. C'est comme un écho rajeuni des dernières productions de la lyre sacrée d'Israël. Dès le début du 1er siècle, la lettre de Pline à Trajan nous fait voir les communautés de Bithynie chantant des hymnes au Christ. Tels sont les éléments de la prière officielle dans l'Église primitive. Il y aurait une véritable outrecuidance à soutenir que, dès ces premiers jours du christianisme, l
Tandis que la règle du Mont-Cassin nous reporte vers 590-544, la règle de saint Colomban (+ 610), dont la rédaction délinilive peut nous conduire jusqu'aux environs de 650, nous montre la persistance des prières dans l'office canonial : Sed quia horarum canonicarum noscendus est modus... psalmii staluii sunt a senioribus nostris cum versiculorum augmento intervenienlium pro peccalis primum nostris, deinde pro onini populo christianoe, pro sacerdotibus et reliquis Deo con-- secralis sacræ plebisgradibus ; postremo pro eleemosynas facientibus, postea pro pace requm, novissinie pro imimicis !+. Un demi-siécle plus tard, vers 690, l'an4 tiphonaire de Bangor donne les prières sous cette : rubri que : Oratio communis fratrum15, Le deuxième concile de Cloveshoe, en Anglelerre 16, le missel de ê Stowe 11 et le Cod. À. 24 inf. bis de la bibliothè que Ambrosienne témoignent pour le VIe. « Plus lard, écrit dom Bäüumer, nous avons, pour la persistance de l'usage, le témoignage d'Amalaire 1#, les Consuetudines des monastères du 1x° au XIVe et les témoignages des liturgistes jusqu'à Raoul de Tongres (+ 1401) !. Du reste, les manuscrits des psautiers, collectaires, antiphonaires et bréviaires de cette épo que, qui se trouvent dans toutes les gran des bibliothèques, nous fournissent la preuve la plus convaincante de cet usage. Puis le texte de ces prières, aprés qu'Innocent III les eut désor mais restreintes à l'Avent ou au Carême, passa, sans changement essentiel, des Breviaria secundun usum romanæ curiæ manuscrits et imprimés du xve siécle, dans le Bréviaire de Pie V, et il se trouve encore actuellement au Bréviaire romain, dans les parties d'hiver et de printemps, à la fin des Lau des et des Vépres du lundi ?. On trouvera dans la monographie de dom S. Bäumer sur l'Histoire du Bréviaire cinq formulaires qui marquent quatre des sta des par lesquels sont passées les Pre ces feria les, ce sont la prière du pape saint Clément, la « Prière des fidè les »(rpomgwvnsts dréo sv riorov) dans les Constitutions apostoliques, ce qui reporte au 1 et au 1e siècle ; ensuite une recension du v ou du vit siècle tirée du missel de Stowe et qui est spécifiquement occidentale ; enfin deux formu les remontant au 1x* siècle mais représentant une épo que plus ancienne : la lefania de la liturgie milanaise d'aprés le missel de Biasca et les orationes maiores seu pre ces du ms. 272 du Corpus Christi College dans des condilions particulières, eu égard au petit | nombre de ceux qui savaient lire, De ceux-ci on pouvail réclamer ce qu'il était impossible de demander à à foule ; or c'était de la foule que se composait l'assemblée chrétienne, et il fallait compter avec elle pour l'organisation de l'office. De tous temps les illettrés semblent mieux doués de mémoire que les hommes cultivés et il n'est pas impossible de leur faire apprendre et retenir des récitatifs ou des mélopées très étendus.
‘Saint Ulrich de Ulrichazell, en Bade (+ 1086), l'auteur des Consuetudines cluniacenses, dit qu'on résumait ces Pre ces en _ par celui de saint Basile qui nous app | Alexandrie ? et à Milan # nous voyons le peuple | de Paris qui faisait psalmodier ensemble les | peuple et jusqu'aux enfants, clerus, plebs | infans 11 ; saint Césaire d'Arles, nous apprer | line prosas antiphonas que cantarent 1, Dans | psaumes fournissaient pres que à eux seuls chrétienne : « Quand les fidè les font la vigile :
Dés la paix de l'Église le goût de la | pandit dans le monde. Eusèbe de Césarée rapporte | “« le précepte de chanter des psaumes au Seigneur était observé en tous lieux ; car ce dement de psalmodier est en vigueur dans Églises existant parmi les peup les, non seule les Grecs, mais encore pour les Barbares loin : « Dans le monde entier, dans les vi villages comme dans les champs, en un mot di l'Église, les peup les du Christ recrutés dans t nations chantent à haute voix des hymne psaumes au Dieu uni que annoncé par les pi en sorte que la voix des psalmodiants est ent ceux qui sont au dehors, » Ce témoignage est psalmodie était en grand honneur chez les Thébains, en Palestine, en Arabie, en Ph Syrie, de mème que sur les bords de l'Eu] des psaumes dans la basili que. Les femmes pas exclues puis que saint Ambroise dit qu'« e chantent bien leur psaume, doux à tout âge : nable à tout sexe. et c'est un grand lien d'uni toute la foule nombreuse élève la voix dans chœur »%. Ailleurs il compare les on des & chant des hommes, des femmes, des vier enfants qui emplissent l'église, au balance lueux des vagues de l'Océan”, Saint Natiante et saint Jean Chrysostome corra témoignages. Saint Jean Chrysostome dit tous les fidè les savaient le psaume €xL de tr le chantaient quotidiennement à l'assemblée Au v* siècle, on voit se répandre en Occident modié populaire. Venance Fortunat loue saint graphe, adjecit etiañr at que compulit, ut popularitas psalmos et hymnos oraret, à modulata voce, instar clericorum alit græce, Églises on tente d'exclure les femmes de la mais cette rigueur toute locale importe as principe de la psalmodie populaire très ment en faveur. |.
Dés le rv° siècle, dans les monastères, la psalmo forme également le fond et comme la trame det l'office canonial. Saint Pakhôme t#, saint Épi saint Jérôme ‘5 nous apprennent que moines doivent savoir le psautier de mémoire. Cass fait connaître que certains moines orient aux ( cha que nuit, vingt ou trente psaumes ou m tage 11, Il n'en pouvait guëre aller autrem dit saint Jean Chrysostome, David est au co ci ment, au milieu et à la fin. Si à l'aurore on chanter des hymnes, c'est encore David qui débute, continue et termine. Dans les cortèges funébres et aux tunérail les, c'est David le premier et le dernier !. Lectiones. — Avec les Pre ces feria les et la ! psalmodie nous avons deux parties intégrantes de l'office Canonial primitif, la troisième partie se composait de lectures. Sur ce dernier point la plus grande variété parait avoir régné d'une Église à une autre, sinon quant au choix des livres du moins quant à la détermination des péricopes. L'Ancien et le Nouveau Testament, les sermons, les homélies, les commentaires des Pères de rires les Actes des martyrs lournissent la matière “des lectures, Nous avons mentionné le parallélisme qui existe éntre les lectures de l'office nocturne et cel les de la messe : néanmoins, avec le temps, l'équilibre se trouva rompu lorsqu'on imagina de multiplier les lectures de l'office de nuit. Cassien mentionne trois leçons, térnas 'adiiciunt lectiones, et si saint Basile passe sous silence cette partie de l'oflice dans sa réponse au clergé de Néo-Césarée, on n'en saurait pas conclure le moins du monde que dans son Église on omettait les lectures. Un passage de l'homélie du même saint sur le « psaume CXIV ? fournirait une grave présomption en faeur des lectures, car la prédication dont il est parlé dans ce passage se rattachait toujours à la lecture récente de l'Écrilure ou des Actes d'un martyr. D'ailleurs dans son homélie de la vigile de Paques, l'évê que de -Césarée du Pont mentionne la lecture de péricopes prophétiques, apostoliques et évangéliques*. Enfin, dans l'explication du psaume L1x, il indi que les lectures faites pendant l'oftice de la vigile#, fait d'André de Crète (+ 724) ; dont les ouvrages présentent quelques réminiscen ces pour le texte et la forme avec les neuf cantiques.
Au v® siècle on supprima quelques cantiques, tels que a prière d'Azarias, le vœu d'Ézéchias, et le Nunc diposition particulière, Cette innovation semble être le | mittis servit d'arohkurixcov pour l'office du soir. D'après un passage de Sophrone (de Jérusalem ?} au vris siècle, | dans sa Conimentatio Hilurgica %, on récitait alors aux ofli ces du soir et du matin (vêpres et lau des) avec les * psaumes de l'Ancien Testament, les Cantiques du Nouvéau ({ouara tis véas yapiros). Aujour d'hui les Odes sont fréquemment insirécs entre ces cantiques, et tout est dit le méme jour.
Au VIe, en Occident, le cursus officii, tel qu'il est réglé par saint Benoît, se distingue de l'usage que | nous voyons élabli dans les règ les des Gau les et de l'Irlande. Cel les-ci ne mentionnent que deux, au plus trois où quatre cantiques, tandis que la règle du Cassin prescrit la récitation à cha que jour de la semaine d'un canti que différent de celui que l'Église romaine indi que pour les sept jours. De là on pourrait conclure non sans raison, qu'en Gaule et en Italie (à l'exception de Rome) l'usage d'autant de cantiques n'élait pas général et que l'Eglise romaine avait adopté l’ancienne prati que orientale plus complétement que les autres Eglises de l'Occident, Il est possible, fait observer dom $S. Bäumer, qu'à Milan, à celte épo que, un grand nombre de cantiques aient été adoptés dans l'office. Cependant cette prati que, quoi que adoptée à Rome et à Milan, peut-être aussi ailleurs n'était pas générale, et son introduction par saint Benoit était, du moins chez | les moines, quel que chose de nouveau.
OS Hymani. — La présence des hymnes parmi les | éléments constitutifs de l'office public est si anti que et si générale qu'elle doit nous retenir quelques instants. L'altestation la plus ancienne est celle de Pline, su | dire de qui les chrétiens ante lucem convenire hymnumi que Christo quasi Deo canere….. quibus peractis moram discedendi®, Il faut se garder de donner, comme on a voulu le fairet® une interprétation trop littérale à ces mots d'un païèn qui, de son propre aveu, ne voyait plus clair dans cette cause des sectaires de Chrestos. Quelques fragments poétiques et des indications peu précises dispersés dans les plus anciens écrits chrétiens !! ne nous apprennent malheureusement pas s'ils étaient employés dans Ja liturgie, et spécialement dans les Heures, Ce qui né parait pas douteux, c'est la faveur accordée par les chefs de l'Église à cette forme poéti que de la prière comm une ; forme qui mettait l'inspiration chrétienne au diapason de l'inspiration prophéti que en Israël, Il se pourrait que la préaccupation de montrer que la veine de l'Ancien Testament n'était point larie ait été pour quel que chose dans l'accueil fait aux nouvel les piè ces et à la place qui leur fut attribuée vraisemblablement dans l'office. Bardesane, Harmonius son fils, Paul de Samosate, dans la suite les ariens et les donatistes composérent et firent | chanter dans l'Église, par les fidè les, des psaumes et des hymnes qu'ils substituaient de leur propre autorité aux piè ces dont se composait l'oflice public, C'est là un témoignage important en faveur de la place que les hymnes tenaient dans l'office ; nous en avons un autre. Saint Basile mentionne comme preuve de la tradition dogmati que sur le Saimt-Esprit, une hymne que ses prédécesseurs avaient, dit-il, insérée depuis longtemps 1279 à l'office de Vèpres où elle est restée dans la liturgie des Grecs, c'est le bis Dagov 1, Au 1ve siècle, plusieurs évêques composent des hympe Au témoignage de saint Jérôme ?et de saint Isidore ?, l'évê que de Poitiers, saint Hilaire, avait composé des hymnes ou un livre d'hymnes qui a été retrouvé, semble-t-il, en partie *, Quoi qu'il en soit de la question d'authenticité des compositions qui nous sont parvenues, ce qui importe plus à notre recherche, c'est ce fait que le canon 13° du rve concile de Tolède (5 décembre 643) atteste que plusieurs de ces hymnes se chanaient encore dans l'office au vit siècle ©, Saint Ambroise, qui introduisit en Occident la psalmodie antiphonée, la fit allerner avec le chant d'hymnes qu'il avait composées. Dans une hymne qu'on lui attribue il s'exprime ainsi t :
Nos ergo nunc confamull Frophetæ dicti memores, Solvamus ora in canticis Prece mixta Davidicis, UE septies diem vere Orantes cum psalterio Laudes que cantantes Deo, Laeti solvamus debitum.
Les hymnes étaient intercalées parmi les psaumes, avant une mélodie syllabi que qui se tronve encore aujour d'hui dans les hymnes ambrosiennes des féries du choral liturgi que 7.
On voit par un discours de pape Célestin Ier et par une lettre de Fauste de Riez que le chant des hymnes se répandit bientôt dans toute l'Italie et peut-être à Rome même.
Au 5e siècle, les hymnes de Prudence apportent un contingent notable à la poésie liturgique. Son recueil intitulé Cathemerinon contient des poèmes lyriques pour les différentes heures du jour. C'est une série de douze hymnes en neuf mètres différents. On a ainsi des hymnes pour toutes les circonstances, pour le chant du coq et l'aube du jour, pour les repas et pour le jeûne, pour l'heure où l'on allume les lampes et pour celle où l'on se met au lit, pour les funérailles, pour Noël, pour l'Épiphanie. Quelques-uns des titres inscrits en tête des hymnes ont trait à leur récitation dans l'office canonial ; toutefois plusieurs d'entre eux sont assez vagues pour laisser supposer qu'ils sont simplement suggérés à la dévotion privée. C'est le cas pour l'Hymnus ad Gallicinium dont une partie a été depuis insérée à l'office de laudes de la férie du Bréviaire romain. L'Hymnus matutinus, malgré la variante ad matutinum, qui semble avoir été transportée des bréviaires dans les manuscrits, devrait, pour être bien distinguée de la précédente, s'intituler ad gallorum cantum. Elle aussi a été partiellement introduite à l'office de laudes de la férie du bréviaire romain et une autre partie à laudes de la 3e férie. Ces adaptations ne sont vraisemblablement pas de Prudence, malgré ses relations à Rome qui accueillit ses poésies. L'hymne cinquième du recueil est intitulé : Hymnus de novo lumine paschali. Plusieurs manuscrits donnent pour titre : ad incensum lucernæ et divers érudits se sont inscrits en faux contre le titre ad accensionem cerei, arguant que le rite en question date du pontificat de Zosime, près d'un demi-siècle après l'époque de Prudence. Arevalo a réfuté cet argument. Contrairement à l'opinion de Risco, il n'admet pas que l'hymne fût quotidiennement employée à vêpres, et dans l'Ordo Romanus elle est ainsi désignée : Ordo de sabbato sancto in die. Alii tamen hic tantum hymnium Prudentii : Inventor rutili, dux luminis. Arevalo se rend aux raisons invoquées par Bianchini pour prouver que l'hymne fut composée pour la bénédiction du cierge pascal. L'hymne est intitulée : Hymnus ante lucem ; ses sept strophes sont entrées au bréviaire mozarabe dans les hymnes de Completorium. L'hymnus Iesu est destiné, d'après Arevalo qui n'en donne aucune raison, aux fériés de carême. L'hymnus omni est intitulé de façons différentes dans les manuscrits : ad omnines horas, omnibus horis, omni hora, et quomni horat. Le rite mozarabe fait usage de l'hymne le jour de Pâques et pour les fêtes suivantes. Enfin, viennent une hymne pour les funérailles, pour la Nativité de Jésus, une pour l'Épiphanie. À ces compositions, nous pouvons ajouter dans le bréviaire mozarabe l'hymne à saint Vincent tirée de l'hymne de Prudence et, malgré des graves altérations, l'hymne de saint Félix de Girone.
L'étude des manuscrits de Prudence porte, en tête d'une coupure de vingt-huit vers dans l'hymne Soninium, la mention suivante : Ante hymnes ad Completorium.
HEURES DE LA PRIÈRE. —
Avant la M. de l'Église : Création. —
Pendant la période qui va des origines au milieu du 2e siècle, les textes ne nous permettent pas de constater une progression régulière, pour ainsi parler, une stratification des institutions eucologiques primitives. Les heures de la prière ont subi des changements parfois notables. Un des plus importants, et dont l'influence se fera sentir d'une façon durable sur l'organisation ultérieure des heures ecclésiastiques, consiste dans l'abandon des réunions quotidiennes en usage dans la première Église de Jérusalem. Soit amoindrissement de ferveur, soit difficultés de distance, soit entraves apportées par l'autorité, les réunions pour la prière publique avaient lieu, mais à jour fixe, statuto die. La Didaché, qui représente la situation vers la fin du 1er siècle, laisse entendre que durant le temps qui a suivi celui des apôtres, on ne se réunissait pour la prière commune que le dimanche seulement. C'est, en effet, à ce seul jour que s'applique la prescription suivante : κατὰ κυριακὴν δὲ συναχθέντες κλάσайте άρτον καὶ εὐχαριστήσατε, die dominica autem convenientes frangite panem et gratias agite. Aux autres jours s'appliquait la prescription de la récitation privée de trois Pater noster. Ainsi, une fois par semaine, et pour les principaux anniversaires, statulo die, les frères s'assemblaient dans la nuit, ante lucem. Cette réunion peut être considérée comme l'origine de la Vigiles ou de l'office nocturne.
La fréquence est seule en question, l'heure de la réunion, avant le lever du soleil, n'a pas dû varier, que la réunion fût ou non une synaxe liturgique, Les heures diurnes, ici comme chez Tertullien, sont de dévotion privée, sauf pour le cas où il y avait des réunions particulières à l'église — mercredi et vendredi et peut-être aussi le dimanche. — En ces jours on récitait Tierce, Sexte et None entièrement ou en partie, en commun et publiquement, et, suivant le cas, on les unissait à l'office divin. Les vêpres sont prescrites comme completio diei et prière privée ; elles n'étaient donc pas un office public et quotidien, À certains jours cependant, le dimanche en particulier, le canon 32 nous apprend que les vêpres se célébraient en commun et se joignaient aux agapes. Les Canones Hippolyti confirment ce que les écrits de Tertullien nous ont appris avec cette unique exception que la prière commune du matin, gallicinium, est ici prescrite pour tous les jours.
Le traité de saint Cyprien intitulé : De dominica oratione ajoute peu de choses à nos connaissances. Il recommande la prière nocturne faite en commun et semble parler de la Statio et du saint sacrifice qui la suit du soir ; la prière du jour et une prière nocturne, serait très plausible ; car plus tard encore, par le profit des indications aussi contestables. Dans publiquement et probablement tous les jours 17, suivait 7, Avec ses habitués d'esprit tournées vers L civilisation latine on s'explique sans peine comment, avec Tertullien, il interprétait la triple prière de la synagogue non au sens de prières faites le soir et à l'heure de la Michnah, mais d'une prière distribuée d'après la division du jour chez les il en fait donc tierce, sexte et none qu'il fait ainsi faire remonter jusqu'à l'Ancien Testament. Cela venaient s'ajouter la prière du matin et la prière c'étaient donc cinq moments fixés pour la journée. Nous ne pouvons pas savoir si tierce, sexte et none célébrées publiquement, quoi que cela soit : possible. Quant à l'office de la vigile, nous le trouvons attesté par le biographe de Cyprien qui nous dit qu'on le célébrait d'ordinaire après la mort des martyrs et au jour de leur anniversaire ?, La littérature martyrologique n'ajoute rien à ces enseignements relatifs aux heures canoniques 10 ; ! avant d'interrompre cette recherche nous devons encore mentionner deux sources antérieures à la paix de l'Église. Les canons du concile d'Elvire, tenu l'an 300, ne nous apprennent rien sur la réglementation de l'office liturgique ; par contre : saint Méthode, martyrisé en 311, nous fournit une comparaison utile. Dans son « Banquet » il compare la vie de la vierge chrétienne à une veille subdivisée en trois parties : le soir ou Aὐξίω (lucernare), qui forme la première puis la seconde et la troisième veille. Les 11. Ce texte : « supposer que le soir (vesper), les vêpres étaient le prélude de l'office nocturne, et que les deux veilles formaient la suite de la prière, soit que toutes deux correspondissent à nos matines ou que la deuxième correspondît à nos laudes. Cette dernière supposition est confirmée dans Cassien, on trouve le premier office ou 0/ gallicinium uni aux vêpres, désigné comme office de nuit 1 ?, » Eusèbe de Césarée nous a conservé le bien de l'existence des thérapeutes !%, dans lesquels on voit, non sans de bonnes raisons, des ascètes chrétiens. Néanmoins nous ne pensons pas devoir Commentaire sur les Psaumes !* le même auteur à plusieurs reprises du chant des psaumes dans 1 liturgie. Nous apprenons ainsi que, pour Pâques, on récite des prières, on chante et on lit les Écritures, et qu'on fait une prédication 5, Le dimanche, on chante 1 ps. XCI durant l'office 16. Eusèbe distingue, en outre, entre la célébration de l'eucharistie et une célébration liturgique dont la psalmodie et quelques autres parties faisaient le fond. Laudes et Vêpres étaient célébrées de manière publique et probablement tous les jours 17, suivait 7,
Après la paix de l'Église : Expansion en Orient.
Controns un document qui, attribué à tort ou à raison à Eusèbe de Césarée, nous décrit le canon psalmorum - pour la dévotion privée et pour l'office public. Pour la dévotion privée du jour et de la nuit douze psaumes, un à chaque heure, en tout vingt-quatre ; en plus, et indépendamment de cette indication, on récite pour l'office du jour (laudes) trois psaumes, les LXVe, CXe et CXIIe ; pour l'office de nuit trois psaumes encore (les psalmi lucernarii), les CXIXe, CXLIXe et CXVe (ou CXVIe). Avec la paix de l'Église le cycle festal se développe rapidement, Constantin se préoccupe non seulement d'ajouter à la pompe de la solennité pascale dont la vigile nocturne se trouve transformée par l'éclat des lampes en un jour éclatant ; mais encore il transmet à tous les præses des provinciarum l'ordre de veiller avec soin à la célébration des fêtes des martyrs (τῶν μαρτύρων μέραι) et des époques saintes parmi lesquelles on comptait l'Épiphanie, l'Ascension, peut-être la Pentecôte, les jours de la Passion et de la Résurrection, une semaine avant et une semaine après Pâques ?, En ce qui le concernait personnellement, Constantin s'enfermait chaque jour dans un cabinet de son palais à des heures déterminées “(ξαίρους χοντας τὰς ρας) pour y réciter des prières privées.
En résumé, dans la première moitié du IVe, laudes et vêpres étaient célébrées quotidiennement en public ; de plus, pour Pâques, il y avait une vigile nocturne, πασχαλινὴ ἀγρυπνία ; cette vigile existait vraisemblablement aussi pour les fêtes de martyrs, Les autres heures étaient laissées à la dévotion privée. Des lectures, des psaumes, des hymnes et de courtes prières constituaient la substance de ces heures, Nous ne savons rien de plus précis ; cependant, avec assez de certitude nous pourrions supposer que quelques-uns des chants et des prières que nous voyons en usage dans l'Église un demi-siècle plus tard étaient récités ou chantés dès cette époque, au IIIe et au commencement du IVe.
La règle de saint Pakhôme nous retient dans la première moitié du IVe. Elle contient, avec la vie de ce saint moine, des mentions précises relatives à la prière en commun pour laquelle il est prescrit de se réunir au moins deux ou souvent trois fois. La première réunion nocturne dans l'église se passe en psalmodies, lectures, oraisons. On répond aux psaumes par Alleluia, par la répétition d'un verset ou d'un refrain. Le nombre des psaumes était chaque fois de douze, divers passages colligés et comparés ne laissent aucun doute sur les moments de la prière : nocturne, méridiana, vespertina collecta. Et ce ne sont pas seulement les moines d'Égypte qui adoptent cet horaire, nous le voyons recommandé instamment par saint Éphrem d'Édesse. Sans doute la réunion ne se séparait qu'après des prières assez prolongées, néanmoins on peut, et on doit même y voir l'influence durable des prescriptions de la Didaché relativement à la triple récitation de l'Oraison dominicale, influence évidente dans les Constitutions apostoliques, récitation du Pater avec une doxologie. Cette pratique était entrée si profondément et si généralement dans le siège de la basilique épiscopale pendant les fêtes, que les moines n'auraient pu, deux nuits par les troupes impériales, se songer à s'y soustraire, eux qui n'étaient, somme toute, qu'une innovation liturgique capitale : l'introduction des fidèles les plus fervents et mieux disciplinés que les autres.
Le texte continue ainsi, décrivant les pratiques liturgiques dans différentes régions et époques, en mentionnant les contributions de saints et d'ecclésiastiques à l'évolution de l'office divin. Il aborde également les variations dans les célébrations des vigiles, des vêpres, et des autres offices, soulignant l'importance de la prière nocturne et de la célébration en commun. Les témoignages de saints tels que saint Ambroise, saint Augustin, et saint Jérôme sont invoqués pour éclairer les pratiques liturgiques de leur temps et de leur région. Le texte se termine par une discussion sur l'évolution de l'office canonial à Rome, en mentionnant le rôle du pape saint Damase et la révision du Psautier par saint Jérôme.
Pour Antioche et la région avoisinante nous avons deux sources exceptionnellement abondantes, les écrits de saint Jean Chrysostome et les Constitutions apostoliques. Leur témoignage peut valoir pour le milieu du IVe. Dans le VIe livre des Constitutions apostoliques nous trouvons des prescriptions relatives à la célébration du dimanche qui précède la fête du samedi commémorative de l'achèvement de la création, sauf au samedi saint, jour de deuil. Le dimanche commémore par un office public la résurrection du Christ. Dans les livres II à V du même recueil on trouve des prescriptions relatives à la laudes et à vêpres, ainsi qu'à la célébration de Pâques. L'évêque doit persuader au peuple l'assistance quotidienne à la laudes et à vêpres, avec plus d'instance encore pour le samedi et le dimanche. On récitera des psaumes. Le livre VI parle entre autres choses de la célébration d'une seule vigile, celle de Pâques, qui occupera la nuit. À la fin, il y aura une allocution au peuple sur des raisons relatives au salut, une prière pour les juifs, la messe, et la fin du jeûne. Le livre VII contient des prescriptions plus précises. Tout chrétien et toute chrétienne priera après son réveil ; si ce jour-là il y a instruction, ils se rendront à l'église, de même que les jours chômés pour les esclaves ; puis encore pendant la semaine sainte et la semaine de Pâques ; pour l'Ascension, la Pentecôte, la Noël et l'Épiphanie, les fêtes des apôtres, de saint Étienne et des autres saints martyrs. Le chapitre XXXIV dit en propres termes : « Faites des prières le matin à la troisième heure, à la sixième, à la neuvième, à l'heure de vêpres et du gallicinium ». Au chapitre suivant nous apprenons la structure de l'office de vêpres. Après le psaume lucernaire, le diacre récite les grandes prières pour les catéchumènes, pour les énergumènes, les compétents et les pénitents, comme à la messe : après le renvoi de tous, la prière pour les fidèles, comme à la messe des fidèles. Le diacre termine les litanies par la prière lucernale ; l'évêque récite l'action de grâces lucernale. Alors le diacre dit « Humiliate capita vestra » pour l'imposition des mains et l'évêque donne la bénédiction. Puis, le diacre congédie l'assemblée. Même dispositif pour l'office des laudes.
Les renseignements qui nous sont donnés par saint Jean Chrysostome, pour n'avoir rien de didactique, n'en sont pas moins précieux. Par bribes et par morceaux nous sommes instruits qu'à Antioche on célèbre trois heures canoniques journalièrement dans l'église et que ceux qui ne peuvent s'y rendre récitent quelques prières à ces mêmes moments au lieu où ils se trouvent. Quelles sont ces trois heures : laudes, le milieu du jour et vêpres, ou bien tierce, sexte et none ? Cette dernière explication semble plus acceptable puisque, dans un autre endroit, l'évêque parle d'un intervalle de deux à trois heures. En tous cas, on célèbre journalièrement laudes et vêpres et nous savons qu'on y prescrit les Constitutions apostoliques. Dès qu'il fut à Constantinople, Jean tenta de faire revivre le zèle pour l'office de nuit. Les femmes viendraient à l'office du jour, les hommes à celui de la nuit, celui qui ne pourrait venir à l'église prierait chez lui, mais il ne fallait pas passer la nuit entière dans le sommeil. Le peuple de Constantinople recommença à fréquenter avec zèle les offices de la nuit et du matin ; les vigiles avaient lieu de temps en temps, peut-être le dimanche, et elles se terminaient par les laudes. Tous les jours il y avait laudes et vêpres. Diverses homélies marquent, avec toute la clarté désirable, l'office de nuit, laudes, tierce, sexte, none comme offices monastiques ; nous ne saurions en dire de même pour prime et complies. Autour de ce noyau liturgique, nous pouvons maintenant grouper les indications provenant des milieux plus exclusivement monastiques.
Saint Basile a écrit une règle pour les moines, règle dont les prescriptions ont été suivies dans la plupart des monastères de l'Orient et aux termes de laquelle il doit y avoir chaque jour des moments fixés pour la prière. On pratiquait les réunions des sept heures canoniques : au milieu de la nuit, au matin, à la troisième, à la sixième et à la neuvième heure, à la chute du jour ; enfin pour obtenir le nombre sept suggéré par l'Écriture ; septies in die laudem Dei tibi, la prière de la sixième heure (midi) était scindée en deux tronçons disposés l'un avant, l'autre après le repas. Toutes ces réunions sont justifiées par des passages de l'Écriture qui recommandent la sanctification de ces divers moments. Au milieu de la nuit récitaient les mêmes prières et les mêmes psaumes que les Égyptiens, les habitants des deux Libyes, ceux de Jérusalem, les habitants de la Cilicie, les Arméniens, les Pontiques, les Galates, les Bithyniens, les Cappadociens, les Phrygiens, les Lydiens, les Pamphyliens, les Lyciens, les Pisidiens, les Cariens, les Ioniciens, les Doriens, les Achéens, les Macédoniens, les Épirotes, les Thessaliens, les Grecs, les Illyriens, les Liburniens, les Dalmates, les Celtibères, les Hispaniens, les Bretons, les Gaules, les Germains, les Scythes, les Sarmates, les Médiques, les Perses, les Éthiopiens, les Arabes, les Babyloniens, les Syriens, les Phéniciens, les Judéens, les Samaritains, les Nabatéens, les Ituréens, les Tyréniens, les Sidoniens, les Géraséniens, les Philistins, les Moabites, les Ammonites, les Amoréens, les Hébreux, les Galiléens, les Samaritains, les Iduméens, les Chananéens, les Phéniciens, les Syriens, les Assyriens, les Chaldéens, les Mèdes, les Élamites, les Parthes, les Babylonniens, les Égyptiens, les Ciliciens, les Pamphyliens, les Lyciens, les Pisidiens, les Lycaoniens, les Isauriens, les Cappadociens, les Galates, les Bithyniens, les Pontiques, les Mysiens, les Paphlagoniens, les Phrygiens, les Mysiens, les Caries, les Lyciens, les Cariens, les Ioniciens, les Éoliens, les Béotiens, les Locriens, les Étoliens, les Acarnaniens, les Méthoniens, les Thessaliens, les Perrhèbes, les Magnètes, les Dolopes, les Aenianes, les Athéniens, les Corinthiens, les Mégalopolitains, les Argiens, les Éginètes, les Éléens, les Lacédémoniens, les Messéniens, les Arcadiens, les Achéens, les Éléens, les Sicyoniens, les Trézéniens, les Hermionéens, les Epidauriens, les Corcyréens, les Leucadiens, les Céphalléniens, les Ithacésiens, les Nériens, les Zacyntiens, les Cnidiens, les Cœiens, les Rhodiens, les Byzantins, les Chypriotes, les Soliens, les Salamiiniens, les Ténédosiens, les Lesbosiens, les Chiosiens, les Samiens, les Clazoméniens, les Erythréens, les Cythnosiens, les Meliens, les Carystiens, les Érétriens, les Oitéens, les Malies, les Phthiotes, les Dryopes, les Locriens, les Phocidiens, les Béotiens, les Thessaliens, les Perrhèbes, les Dolopes, les Aenianes, les Athéniens, les Corinthiens, les Sicyoniens, les Trézéniens, les Hermionéens, les Epidauriens, les Corcyréens, les Leucadiens, les Céphalléniens, les Ithacésiens, les Nériens, les Zacyntiens, les Cnidiens, les Cœiens, les Rhodiens, les Byzantins, les Chypriotes, les Soliens, les Salamiiniens, les Ténédosiens, les Lesbosiens, les Chiosiens, les Samiens, les Clazoméniens, les Erythréens, les Cythnosiens, les Meliens, les Carystiens, les Érétriens, les Oitéens, les Malies, les Phthiotes, les Dryopes, les Locriens, les Phocidiens, les Béotiens, les Thessaliens, les Perrhèbes, les Dolopes, les Aenianes, les Athéniens, les Corinthiens, les Sicyoniens, les Trézéniens, les Hermionéens, les Epidauriens, les Corcyréens, les Leucadiens, les Céphalléniens, les Ithacésiens, les 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les Byzantins, les Chypriotes, les Soliens, les Salamiiniens, les Ténédosiens, les Lesbosiens, les Chiosiens, les Samiens, les Clazoméniens, les Erythréens, les Cythnosiens, les Meliens, les Carystiens, les Érétriens, les Oitéens, les Malies, les Phthiotes, les Dryopes, les Locriens, les Phocidiens, les Béotiens, les Thessaliens, les Perrhèbes, les Dolopes, les Aenianes, les Athéniens, les Corinthiens, les Sicyoniens, les Trézéniens, les Hermionéens, les Epidauriens, les Corcyréens, les Leucadiens, les Céphalléniens, les Ithacésiens, les Nériens, les Zacyntiens, les Cnidiens, les Cœiens, les Rhodiens, les Byzantins, les Chypriotes, les Soliens, les Salamiiniens, les Ténédosiens, les Lesbosiens, les Chiosiens, les Samiens, les Clazoméniens, les Erythréens, les Cythnosiens, les Meliens, les Carystiens, les Érétriens, les Oitéens, les Malies, les Phthiotes, les Dryopes, les Locriens, les Phocidiens, les Béotiens, les Thessaliens, les Perrhèbes, les Dolopes, les Aenianes, les Athéniens, 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les Zacyntiens, les Cnidiens, les Cœiens, les Rhodiens, les Byzantins, les Chypriotes, les Soliens, les Salamiiniens, les Ténédosiens, les Lesbosiens, les Chiosiens, les Samiens, les Clazoméniens, les Erythréens, les Cythnosiens, les Meliens, les Carystiens, les Érétriens, les Oitéens, les Malies, les Phthiotes, les Dryopes, les Locriens, les Phocidiens, les Béotiens, les Thessaliens, les Perrhèbes, les Dolopes, les Aenianes, les Athéniens, les Corinthiens, les Sicyoniens, les Trézéniens, les Hermionéens, les Epidauriens, les Corcyréens, les Leucadiens, les Céphalléniens, les Ithacésiens, les Nériens, les Zacyntiens, les Cnidiens, les Cœiens, les Rhodiens, les Byzantins, les Chypriotes, les Soliens, les Salamiiniens, les Ténédosiens, les Lesbosiens, les Chiosiens, les Samiens, les Clazoméniens, les Erythréens, les Cythnosiens, les Meliens, les Carystiens, les Érétriens, les Oitéens, les Malies, les Phthiotes, les Dryopes, les Locriens, les Phocidiens, les Béotiens, les Thessaliens, les Perrhèbes, les Dolopes, les Aenianes, les Athéniens, les Corinthiens, les Sicyoniens, les Trézéniens, les Hermionéens, les Epidauriens, les Corcyréens, les Leucadiens, les Céphalléniens, les Ithacésiens, les Nériens, les Zacyntiens, les Cnidiens, les Cœiens, les Rhodiens, les Byzantins, les Chypriotes, les Soliens, les Salamiiniens, les Ténédosiens, les Lesbosiens, les Chiosiens, les Samiens, les Clazoméniens, les Erythréens, les Cythnosiens, les Meliens, les Carystiens, les Érétriens, les Oitéens, les Malies, les Phthiotes, les Dryopes, les Locriens, les Phocidiens, les Béotiens, les Thessaliens, les Perrhèbes, les Dolopes, les Aenianes, les Athéniens, les Corinthiens, les Sicyoniens, les Trézéniens, les Hermionéens, les Epidauriens, les Corcyréens, les Leucadiens, les Céphalléniens, les Ithacésiens, les Nériens, les Zacyntiens, les Cnidiens, les Cœiens, les Rhodiens, les Byzantins, les Chypriotes, les Soliens, les Salamiiniens, les Ténédosiens, les Lesbosiens, les Chiosiens, les Samiens, les Clazoméniens, les Erythréens, les Cythnosiens, les Meliens, les Carystiens, les Érétriens, les Oitéens, les Malies, les Phthiotes, les Dryopes, les Locriens, les Phocidiens, les Béotiens, les Thessaliens, les Perrhèbes, les Dolopes, les Aenianes, les Athéniens, les Corinthiens, les Sicyoniens, les Trézéniens, les Hermionéens, les Epidauriens, les Corcyréens, les Leucadiens, les Céphalléniens, les Ithacésiens, les Nériens, les Zacyntiens, les Cnidiens, les Cœiens, les Rhodiens, les Byzantins, les Chypriotes, les Soliens, les Salamiiniens, les Ténédosiens, les Lesbosiens, les Chiosiens, les Samiens, les Clazoméniens, les Erythréens, les Cythnosiens, les Meliens, les Carystiens, les Érétriens, les Oitéens, les Malies, les Phthiotes, les Dryopes, les Locriens, les Phocidiens, les Béotiens, les Thessaliens, les Perrhèbes, les Dolopes, les Aenianes, les Athéniens, les Corinthiens, les Sicyoniens, les Trézéniens, les Hermionéens, les Epidauriens, les Corcyréens, les Leucadiens, 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les Phocidiens, les Béotiens, les Thessaliens, les Perrhèbes, les Dolopes, les Aenianes, les Athéniens, les Corinthiens, les S
Cassien, élevé dans le monastère de Bethléhem, a visité les monastères de Palestine, de Syrie, de Mésopotamie et d'Égypte avant l'année 402. Plus tard, devenu abbé, il a consigné par écrit et mis en pratique les coutumes observées en Orient et son ouvrage a contribué pour une large part à naturaliser en Occident les usages orientaux. En 415-417, à l'heure où écrit Cassien, il nous apprend que les rites égyptiens et orientaux se sont introduits, avec certaines modifications parfois, dans les monastères d'Occident. Quoi que palestinien par son éducation, Cassien éprouve une prédilection marquée pour les Égyptiens et pour cette raison l'influence et les réminiscences égyptiennes prédominent dans les Consuetudines qu'il rédige et qu'il applique. Il faut tenir compte de cet indice dans les origines de la liturgie monastique en Occident de même qu'on a pu remarquer une influence palestinienne mieux marquée dans la liturgie romaine et séculière.
Tous les monastères d'Égypte étaient d'accord entre eux sur le rite de la prière. Les moines égyptiens avaient deux réunions quotidiennes : vêpres et l'office de nuit. Dans chacun de ces offices on chantait douze psaumes et on lisait deux leçons empruntées l'une à l'Ancien, l'autre au Nouveau Testament. Le samedi, le dimanche et pendant le temps pascal les deux leçons étaient tirées du Nouveau Testament, la première des actes ou des épîtres, la seconde de l'évangile. Après chaque psaume (ou chaque division des longs psaumes) qu'un des frères chante, tous se lèvent et méditent mentalement, s'agenouillent, prient un instant, se relèvent et, les bras étendus, écoutent la prière ou la collecte que récite le prêtre. Tandis qu'en Occident le psaume se termine par le Gloria Patri, en Orient cette doxologie ne prend place qu'après l'antienne. Le psaume douzième et dernier est toujours un de ceux qui, dans le psautier, sont pourvus de l'Alleluia. Les moines égyptiens récitaient en particulier la partie de l'office correspondant à laudes, tierce, sexte et none.
Dans les monastères de Palestine, de Mésopotamie et de tout le reste de l'Orient on paraît, tout en différant de la coutume d'Égypte, n'avoir guère connu, d'une province à l'autre, l'uniformité dans la psalmodie. Suivant les lieux on récitait dix-huit, vingt, trente psaumes prolongés accompagnés d'autres modulations musicales. Les vigiles étaient célébrées le vendredi soir pour le samedi et dans la nuit du samedi pour le dimanche. Voici la description de l'office de nuit :
« Les vigiles sont célébrées dans les monastères d'Orient toutes les semaines depuis les premières vêpres du samedi, c'est-à-dire depuis l'entrée de nuit du vendredi jusqu'au quatrième chant du coq. Et cela doit se faire de façon qu'on divise tout l'office des vigiles en trois parties. On chante d'abord trois psaumes antiphonés, les assistants étant debout, et à ce qu'il semble chantant les antiennes ou de petites sentences. Puis on s'assied sur des sièges ou des bancs, ou même à terre, et on répond aux trois psaumes, qu'un seul récite debout. Suivent trois leçons qu'on écoute assis ! »
Les rapprochements se présentent d'eux-mêmes avec les usages que nous avons déjà rencontrés, notamment ceux des Égyptiens et de l'Église de Césarée. Ces vigiles n'étaient pas seulement célébrées par des moines, mais par les clercs et les fidèles ; mais, d'après une très juste observation de dom S. Büumer, « il est peu croyable que les longs et fatigants offices de nuit du dimanche aient été plus fréquentés que les Égyptiens, vantés par Cassien pour leur modération, ne le faisaient aux vêpres et aux vigiles moins solennelles des jours de la semaine ». Cassien a voulu dire par là que, pour éviter la monotonie et la lassitude, on avait partagé le tout en trois offices, dont chacun, divisé à son tour en trois parties, se composait de six psaumes (trois antiennes et trois répons) et de trois leçons. Cela paraît d'autant plus vraisemblable, que saint Basile, décrivant le même office, dit : Post æquam, in psalmodiæ varietale noctent tradurere intermiaclis precibus…. Cassien veut simplement appuyer sur la variété et il fait abstraction du nombre de prières, qui variaient suivant la longueur des nuits d'hiver et d'été. On pourrait penser qu'ainsi la série de six psaumes et de trois leçons se répétait trois fois ou plus souvent même. Cette hypothèse répondrait à la remarque de Cassien qu'en plusieurs endroits on disait dix-huit psaumes aux vigiles. En admettant que la série se répétait plus souvent on aurait ce nombre de dix-huit, vingt et jusqu'à trente psaumes. Il ne paraîtrait pas trop hardi de supposer qu'en Palestine, en Mésopotamie, dans l'Asie Mineure, les matines ou vigiles du dimanche se composaient, à la fin du IVe, de dix-huit psaumes et de neuf leçons. De ces dernières, trois étaient empruntées peut-être à l'Ancien Testament, trois aux Épîtres ou Actes des apôtres, trois à l'Évangile, mais il n'est pas invraisemblable que la leçon de l'Évangile, selon ce qui se passait à Jérusalem, formât une seule leçon. Puis il y avait des antiennes et des répons, de courtes prières intercalées entre les psaumes et d'autres à la fin.
Nous terminerons cette revue de l'office canonial dans les églises et les monastères par un document relatif qui en comporte cinquante, suivis du Pater noster et de l'épître catholique de saint Jacques, et on aborde les cinquante psaumes du second nocturne que suit une lecture (l'épître catholique de saint Pierre). On récite, on célébrait tierce. Les psaumes étaient chantés avec antiphones (psalmi responsorii) et d'autres hymnes ; on fait « Kyrie eleison ». On écoute assis une lecture (celle-ci est lors le troisième nocturne de cinquante psaumes).
Le Pater noster et Kyrie eleison suivis de la lecture (l'épître catholique de saint Jean). On lit debout neuf hymnes qui se trouvent à la fin de la psalmodie, mais sans tropaires et en omettant le mesodion après la 8e, la 9e et la 10e hymnes, ensuite le Pater noster et Kyrie eleison. À la fin des laudes, on récite les psaumes CXLVIII, CXLIX, CL, sans tropaires.
On commence alors la grande doxologie (Gloria in excelsis Deo), le symbole (des apôtres ou de Nicée), le Pater noster et douze ou trente ou trois cents fois Kyrie eleison. L'abbé Nil, qui préside, conclut par cette prière : « Fils et Verbe de Dieu, Jésus-Christ, notre Dieu, ayez pitié de nous, envoyez-nous le secours de votre grâce et sauvez nos âmes ». Tous répondent : Amen.
Un des deux pèlerins se trouvant assis à côté de l'abbé Nil lui demanda : « Comment se fait-il qu'à l'office des vêpres du dimanche, vous ne chantiez pas ou ne récitiez pas des tropaires au psaume CXL, ni à l'hymne Dis Liasov ? D'où vient que, au Canon, vous n'chantiez pas le Ozès Kôügto :, à la division des psaumes la Kabiauara avanaiouux (prières intercalaires en forme de répons et plus grandes antiennes ou strophes d'hymnes), au cantique des trois jeunes gens, Benedicité, aucun tropaire et au Magnificat (qui est récité à laudes) vous ne chantiez pas la [läsa rvo* et que vous ne lisiez pas, au Gloria in excelsis, le récit de la résurrection » L'abbé Nil expliqua dans un long discours que le devoir des moines différait de celui du clergé séculier, aussi bien en ce qui concerne le sacrifice qu'en ce qui a trait à l'office des vêpres et des matines. À cause du peuple, il y avait des chantres, des lecteurs, des sous-diacres, des diacres et des prêtres appliqués à lire, à psalmodier et à chanter d'une façon particulièrement solennelle, de concert avec le peuple, des hymnes, des antiennes, des tropaires de toutes sortes et de riches mélodies. Il n'en pouvait être de même pour les moines qui menaient une vie de pénitence et de mortification. Mais il est permis aux moines, une fois la prière terminée, de lire de concert avec les laïques, les livres de Moïse, de Josué, des Juges et des Rois, le livre de Job, les livres de Salomon, les Prophètes et les écrits du Nouveau Testament, réunis dans un livre unique, et on devait recourir simultanément pendant la durée d'un seul office à une série de livres spéciaux tels que : le lectionnaire, l'hymnaire, le psautier, etc. Il existait toutefois, parmi ces livres, un cahier relatif à la récitation des pièces liturgiques conformément aux prescriptions de l'évêque, à la coutume en vigueur au mont Sinaï. Les abbés, dans le vieux cadre de l'office canonial, et qui introduisent en « 11e Jean et Sophrone, pèlerins au monastère, racontent ce qu'ils ont vu. C'est d'abord l'office des vêpres. L'abbé Nil commence par le Gloria Patri et la doxologie qui relèguent au second plan la psalmodie et les lectures. Ensuite les psaumes Beatus vir (ps. 1 ou Ex1), Domine clamavi ad te (ps. CXL) sans les tropaires, à l'hymne d'Os Diapéu, la prière Kauratioecs, le Nunce diu noctis avec les prières qui lui font suite.
Un siècle après Cassien, un moine de Lérins, devenu évêque d'Arles, écrivit, vers 500 ou 505, une règle pour les moines de son monastère. Les ordonnances qu'elle contient relativement à l'office, concurremment avec les renseignements de Cassien et les prescriptions de saint Aurélien d'Arles (+585) nous aident à comprendre les progrès de l'office monastique et de celui du clergé séculier au Ve et au VIe dans une grande partie de l'Occident. Le samedi, le dimanche et les jours de fête, la vigile aura douze psaumes, trois antiennes et trois leçons empruntées l’une aux Prophètes, l'autre à l'apôtre, la troisième à l'Évangile. Cette ordonnance accuse déjà suffisamment l'influence égyptienne. Les autres jours de la semaine, depuis le mois d'octobre jusqu'à la fête de Pâques, on récite deux nocturnes et trois leçons. Les psaumes sont récités d'après l'ordre du psautier et en alternant d'une façon antiphonée. Le dimanche, on récite six leçons (trois pour chaque nocturne) dont la première est toujours le récit de la Résurrection ; ce qui accuse l'influence orientale ou de Jérusalem. L'office de laudes trahit également l'influence gréco-orientale. Le dimanche, on commence par un psalmus : directaneus, le psaume CXLIX : Ewaltabo te, Deus meus et Rex meus ; puis viennent le psaume Confitemini, le cantique Cantemus Domino (Exode, XV), le psaume Lauda anima mea Dominum (Ps. CXLV), les Laudate Dominum de cælis (Ps. CXLVII, CXLVIII, CL), le Te Deum laudamus, le Gloria in excelsis, et le Capitellum. La règle d'Aurélien mentionne en outre le PS. LXVIII : Deus, Deus meus, le ps. XLI : Judica me Deus, et, au lieu du Te Deum, on disait le Magnificat. L'évêque Aurélien parle en outre, à Arles, dans l'église Saint-Étienne, de la nécessité de recommander l'exécution scrupuleuse de l'ordinem Ecclesiæ ab omnibus observé partout. L'évêque donne sa bénédiction et la règle de saint Césaire pour les moines ne contient aucune disposition relative aux petites heures et à vêpres ; cette lacune semble devoir être comblée par ce que nous trouvons dans la règle des nonnes et dans la règle de saint Aurélien, où nous trouvons à tierce, à sexte et à none, pendant le carême, la récitation de douze psaumes et des hymnes, et les Capitella. À Vêpres, on chante, d'après l'usage égyptien, douze psaumes, deux leçons, des hymnes, et fréquemment on allait jusqu'à dire douze psaumes. Pour les vigiles, en été, dix-huit psaumes ; en hiver, pas moins de trente-six pour chaque nocturne, avec les psalmi directanei et deux hymnes, enfin des oraisons. Chaque jour, douze psaumes, une hymne, des leçons tirées l'une de l'Ancien, l'autre du Nouveau Testament, récitées de nuit, dans le dortoir, et dont le psaume faisait partie.
Grâce à l'influence de saint Césaire, la prière des Heures canoniques se répandit dans le clergé et même parmi les laïques. On célébrait qu'à solennels de tierce, de sexte et de none ; l'office public de prime fut réservé pour le dimanche et les jours de grande fête. Les fidèles assistaient au chant des psaumes et des hymnes, qui se faisait en latin et en grec. Les homélies de saint Césaire nous apprennent que les offices de vêpres étaient fréquentés par le peuple, c'est-à-dire que l'évêque s'efforçait d'obtenir l'assistance aux offices de nuit, au moins durant le carême.
La discipline canonique ne nous apprend pas tout ce que nous souhaiterions savoir. D'après un concile de Vannes (465) et une ordonnance d'Agde (506), on peut conclure à une tendance vers une observation rigoureuse de l'office. Le concile d'Agde, présidé et influencé par Caesarius, ordonne que : « Chaque jour, on chantera vêpres ; chaque psaume sera encadré par des antiennes ; entre les antiennes, l'évêque ou le prêtre dira des collectes ». À la fin des laudes et des vêpres, après la psalmodie (ou après l'hymne), on dira des invocations tirées des versets des psaumes, comme les anciennes prières pour les fidèles, le peuple.
Pendant le cours du VIe, une série de conciles tenus en Gaule et en Espagne prend des mesures qui tendent à établir l'office dans toutes les Églises. À Tarragone (516), on prescrit aux prêtres, diacres et clercs des diocèses de se succéder pour le service de l'Église, chaque semaine, et de célébrer chaque jour solennellement matines et vêpres ; sauf le samedi, où tout le clergé doit prendre part à l'office du dimanche. À Épaone et à Girone (517), on ordonne à la province ecclésiastique de se conformer au rite de la métropole ; en outre, à Girone, on prescrit la récitation chaque jour à laudes … après vêpres du Pater noster. À Agaune (522), on inaugure la laus perennis, dont l'exécution, confiée à neuf groupes qui se relayaient pour le chant des heures canoniques, ne modifiait pas le cursus officii. À Maçon (529), on fait ajouter Sicut erat au Gloria Patri, et nous constatons le souci de remplacer, au besoin, la prédication par une homélie, non solum in civitatibus, sed etiam in omnibus parochiis. À matines et à vêpres, on dit le Kyrie eleison.
On hésite de nos jours à attribuer à saint Colomban la règle mise sous son nom. À quelle que solution qu'on finisse par s'arrêter, nous pouvons considérer les prescriptions relatives à l'office contenues dans cette règle comme l'expression des idées et des observances en faveur dans les milieux monastiques irlandais au VIe.
Voici les dispositions qu'édicte la règle irlandaise relativement à l'office : pour l'office de nuit, en été, lors que les nuits sont courtes, on chantera douze psaumes ; à mesure que les nuits s'allongent, les samedis et dimanche, au moins dix-huit psaumes, et la plupart du temps trente-six. En hiver, aux jours de semaine, trente-six psaumes pour les vigiles, mais aux jours du samedi et du dimanche, soixante-quinze. À laudes, pas de règle fixe, peut-être se conformait-on à une pratique généralement répandue et qu'on jugeait superflu de noter.
Aux petites heures, trois psaumes à tierce, à sexte et à none ; à vêpres, douze psaumes. À la fin de l'office, on priait pour la paix, pour la rémission des péchés et pour tous les besoins de la chrétienté, à l'aide de versets ajoutés, cum versiculorum augmento. Ces versets et leurs répons étaient empruntés aux psaumes, de même que les prières fériales actuelles du bréviaire romain à laudes et à vêpres ; le terme officiel par lequel on les désignait était supplicatio.
Quelques documents d'origine irlandaise achèvent de nous instruire sur quelques particularités de la liturgie celtique. La Vita sancti Brendani nous apprend qu'on chantait tous les jours à Vêpres le ps. ex, le ps. CHE et un certain nombre de psaumes graduels à partir du CXIX, douze au total ; ce qui est la coutume d'Égypte et d'Arles.
L'Antiphonaire de Bangor, écrit en Irlande à la fin du VIIe, représente l'ordo des moines irlandais contemporains de saint Colomban. Il contient, comme Cantiques des Écritures : Audite cæli, que loquor (Deut., XXX) ; Cantemus Domino (Exod., XV) ; Benedicite (Dan., III), ces deux derniers marqués à laudes avec les psaumes LX, LXXVIII-ct. Le Te Deum et le Gloria in excelsis à laudes, ainsi que le Benedicimus.
L'Antiphonaire de Bangor contient différentes suites de prières dont il est malaisé de déterminer le rang et la destination parmi les heures canoniques. Nous rencontrons (fol. 19) des prières ad initium noctis auxquelles venaient se joindre un confessio, le symbole des apôtres et le Pater noster. Cet ensemble paraît avoir pu servir à l'office de complies.
Puis viennent les prières ad horam unioni, et des prières ad secundam, scil, matutinam dont le début (fol. 18) : Exaudi, Domine, supplices tuos, qui in hac hora prima diei referamus libi, etc., pourrait inviter à voir ici l'office de prime. D'autres indices viennent corroborer ce fait : une collectio ad secundam renferme des pensées analogues à celles de l'Oratio ad primam du bréviaire romain.
L'office de complies dont on a longtemps attribué la paternité à saint Benoît lui est antérieur de près d'un siècle au moins. À Constantinople, pendant la première moitié du Ve, au monastère de Rufinien, on célébrait une heure canonique intermédiaire entre la prière des lampes et la prière de la nuit, Cette heure appelée ici apodeipnon, parce qu'elle précède le premier sommeil, porte aujourd'hui chez les Grecs le nom d'apodipnon. C'est cette heure, à laquelle font allusion deux textes de saint Jean Chrysostome et de saint Basile, que saint Benoît introduisit dans le cursus officii, en sorte que l'office divin réalisa le nombre huit, objet de la prédilection des Pères : in octava perfectio. Les heures du jour : laudes, prime, tierce, sexte, none, vêpres et complies, satisfaisaient à la prescription : septies in die laudem ditebit ; aux vigiles s'appliquait cette autre parole : media nocte surgebant ad confitendum tibi. Dès le milieu du VIe, les huit heures canoniques étaient pratiquées chez les moines d'Italie, notamment à Vivarium, le monastère fondé par Cassiodore. Les écrits de ce grand homme nous donnent quelques détails touchant la pratique de l'office bénédictin. Un événement qui semblait compromettre, ruiner peut-être, pour jamais la création bénédictine, eut pour résultat d'en consacrer définitivement l'influence. Après la destruction du Mont-Cassin par les Lombards, les moines réfugiés à Rome obtinrent, croit-on, du pape Pélage II, une habitation près de son palais de Latran. Ils y bâtirent plusieurs monastères et y célébrèrent l'office, et pendant les Ve, VIe et IXes, les monastères bénédictins se multiplièrent autour des principales basiliques de Rome, dans lesquelles les moines venaient chanter les heures canoniques.
Suivant une remarque fort juste de D. Bäumer, nous avons dans la règle de saint Benoît le premier et le plus ancien schéma complet des heures canoniques que nous rencontrions dans l'Église chrétienne. Et, chose digne de remarque, il nous vient de l'Italie centrale, d'une région sur laquelle jusqu'ici nous avons à peine dit un mot, car les documents à son sujet nous font défaut pour une époque antérieure. Bien plus, ce schéma très ancien d'un office ecclésiastique nous vient du voisinage le plus immédiat de Rome : de Subiaco, de Terracine et du Mont-Cassin. Et nous avons ici, dans le voisinage de Rome, en 590, la première ordonnance de l'office du jour et de la nuit fixée jusque dans le moindre détail. Saint Benoît a-t-il créé de toutes pièces cette ordonnance de la prière, ou s'est-il appuyé, du moins dans la substance, sur un usage déjà existant, connu de lui et des gens de la contrée ? Une chose est certaine : dans les premières années du VIe, peut-être même dès le milieu du VIe, un témoin contemporain, sinon oculaire, remarque, dans un traité sur les divers cursus ou ordonnances réglant l'office existants à cette époque, que le cursus de saint Benoît avait la plus grande analogie avec le cursus romain. Est et alius cursus beati Benedicti qui ipsum singulariter paucum discordante a cursu romano ; in sua regula reperies scriptum.
… Après la paix de l'Église. Pénétration dans tout l'Occident. — Saint Grégoire l'avait entreprise, par l'envoi de moines bénédictins des monastères de Rome, la conversion des Anglo-Saxons. En étudiant l'histoire des bibliothèques, nous avons vu un argument négatif, parce que nous n'avons pas l'ombre pour rafraîchir la tradition et puiser à la source même. Beaucoup de fêtes de toute l'année ecclésiastique, le chant et la célébration des heures du jour et de l'office de nuit. Il est clair que les rapports entre Rome et Cantorbéry s'étaient affermis par de fréquents voyages et des échanges ou des présents pendant les temps qui suivirent l'établissement de saint Augustin. Au concile de Whitby, en 664, l'influence romaine triomphait, grâce à saint Wilfrid, sur la question très délicate de la fixation de la date de la Pâque. Saint Benoît Biscop travailla à introduire à Wearmouth, comme saint Wilfrid à Ripon, la liturgie bénédictine inséparable de la cantilène romaine, telle qu'on les pratiquait à Cantorbéry. Pour cela, Biscop ramena de Rome, avec l'autorisation du pape Agathon (678-682), l'archichantre de Saint-Pierre de Rome. Celui-ci enseigna « la façon canonique du chant et de l'office divin d'après le rite de l'Église romaine et apostolique ». Jean, l'archichantre, séjourna environ deux années à Wearmouth (678-680), multiplia les étapes au cours de son voyage à l'aller et au retour, et, en quittant Wearmouth, y laissa un ordo écrit pour le cursus enseigné dans cet ordo. Longtemps conservés et copiés par les monastères du voisinage, étaient sans nul doute ceux qui étaient employés alors à Rome. Ce furent également ce chant et cet ordo que des envoyés de Rome, Théodore et Hadrien, durent donner à Cantorbéry vers le même temps. À Jarrow, nous savons par une anecdote que l'office se chantait avec psaumes et antiennes, notamment à laudes et à vêpres. Et, en 747, le concile de Cloveshoe décide qu'aux grandes fêtes de l'année et dominicæ dispensationis, le chant se ferait à la façon romaine : Cantilenæ modus, juxta exemplar videlicet quod scriptum de Romana habemus Ecclesia. Item que ut per gyrum totius anni natalitia sanctorum uno eodemque die juxta Martyrologium eiusdem Romanæ Ecclesiæ cum sua sibi convenienti psalmodia seu cantilena venerentur. On ne voit pas clairement, par le texte du décret conciliaire, s'il indique que d'autres modifications ont été faites à Rome et si l'on a essayé, par le moyen du concile, d'obtenir une concordance avec la nouvelle révision de l'office opérée à Rome sur ces entrefaites, et qu'on venait justement de recevoir, juxta exemplar quod scriptum de romana habemus Ecclesia.
Le tempérament nomade et le zèle religieux se combinant dans les Anglo-Saxons suscitèrent un grand nombre de missionnaires parmi lesquels quelques-uns dépensèrent leur activité et exercèrent leur influence sur le continent, d'abord en Germanie et plus tard dans l'empire franc. Ils se firent tout naturellement les propagateurs du rite et du chant romains qui étaient la règle prédominante — on pourrait même dire exclusive — dans leur patrie. Ce n'est pas qu'en tous lieux ils ne rencontrassent des usages liturgiques établis. Des essais avaient été tentés isolément sur différents points pour introduire le rite romain, notamment dans l'Allemagne du Sud-Ouest. En 716, le pape Grégoire II donnait ordre à ses légats, l'évêque Martinien et le prêtre Georges, de veiller à ce que toute Église de cette région possédât les serviteurs nécessaires pour la célébration de l'office divin. Il existait dans l'Église romaine, comme le texte de cette instruction le montre, une ancienne ordonnance concernant la messe, l'office diurne et l'office nocturne, les leçons et la prédication.
Le mouvement liturgique ultramontain favorisé, sinon créé, par le roi Pépin le Bref et ses successeurs nous apparaît parfois sous l'aspect spécial du chant romain. Il ne faut pas se dissimuler que, dans bien des cas, l'adoption du chant entraînait la substitution des textes qui lui servaient de support ou de prétexte et l'abandon des pièces gallicanes inaptes à une adaptation qu'on ne semble pas d'ailleurs s'être beaucoup préoccupé d'essayer.
Saint Chrodegand, de Metz, au retour d'une ambassade à Rome, introduisit dans son Église la cantilène romaine et, sous ce couvert, quelque chose du rite romain lui-même : morem atque ordinem Romanæ Ecclesiæ. Divers autres témoignages relatifs à l'étroite union qui s'établit entre les diocèses francs et Rome concernent plus évidemment le chant que l'office canonial ; mais l'invasion des méthodes n'allait pas sans l'invasion des rites. Les papes accueillaient toute demande d'envoi d'un chantre romain et celui-ci, comme nous l'avons vu en Angleterre, avait toujours dans ses bagages quelque livre liturgique qu'il laissait en présent d'adieu. Tandis que Paul Ier adressait à Remedius de Rouen, le directeur en second de l'école romaine de chant, il faisait remettre à Pépin un antiphonaire et un responsorial.
Dans les dernières années du VIIIe, Charlemagne constatera que, grâce au soin et au zèle de son père Pépin, le chant romain se trouvait établi dans toutes les églises des Gaules. Le chant aura ainsi servi de véhicule au cursus et les vénérables antiquités gallicanes, ces formules bénies tombées des lèvres de nos vieux martyrs et de nos grands évêques, d'un Irénée de Lyon, d'un Rémi de Reims, d'un Avit de Vienne, d'un Éloi de Noyon, ces formules trois fois sacrées furent sacrifiées au calcul d'une dynastie que son intérêt du moment amenait à favoriser les vues du parti impatient d'abolir tout un passé pour lui substituer purement et simplement la liturgie romaine. Les documents du temps nous permettent d'assister à cette submersion progressive de la liturgie de la Gaule.
L. Allacci, De libris et rebus ecclesiasticis Græcorum, in-12, Parisiis, 1646. — Allioli, Ueber die inneren Motive der canonischen Horen und ihren Zusammensetzung, in-12, Augsbourg, 1841, — J. A. Assémani, Codex liturgicus Ecclesiæ universalis, 13 vol. in-4, Romæ, 1749-1766. — J. S. Assémani, Bibliotheca orientalis, 1,
Sickel, Prolegomena, fait dater cette formule de l'an 966. Friedrich, Enstehung des Liber diurnus, dans Sitzungsberichte der bayerischen Akademie der Wissenschaften ; auch Denkwürdigkeiten aus der christlichen Archäologie, 12 vol., in-12, Leipzig, 1817-1831 ; Handbuch der christlichen Archäologie, 4 vol., in-12, Leipzig, 1836-1897. — Bacuez, Du saint Office, considéré au point de vue de la piété, in-12, Paris, 1872, trad. allemand : Das Brevier vom Standpunkte der Frömmigkeit betrachtet, in-12, Mainz, 1878, — P. Batiffol, Histoire du bréviaire, in-8, Paris, 1893, — S. Häumer, Histoire du bréviaire, trad. Biron, 7 vol, in-8, Paris, 1905, cf. Dictionnaire au mot Brevier, — J. Baudot, Le bréviaire romain, in-12, Paris, 1907, — F. H. Bebel, Historia horarum canon., de præsens tempus, 5 vol. in-4°, San Blasii, 1774 ; Scriptores ecclesiastici de musica sacra, in-4, San Blasii, 1774-1775 : Vetus liturgia alemannica, 9 vol., in-4, San Blasii, 1776 ; Monumenta veteris liturgiæ alemannicæ, 2 vol. in-4, San Blasii, 1779, — Giorgi, De liturgia Romani pontificis, 3 vol, in-4, Romæ, 1731.
J. Goar, Euchologion Græcorum, in-fol., Parisiis, 1645 : in-fol., Venetiis, 1790. — J. Graucolas, Commentaire historique sur Le bréviaire romain, in-4, Paris, 1727 : in-4, Venetiis, 1735 ; Traité de la messe et de l'office divin, in-12, Paris, 1713. — P. Guéranger, Institutions liturgiques, 3 vol. in-8, Paris, 1840 — Guyet, Heortologia, in-4, Lugduni, 1657 ; Urbino, 1787. — Th. Harnack, Der christliche Gemeindegottesdienst im apostolischen Zeitalter, in-8, Dorpat, 1852. — M. Hittorp, De catholicæ Ecclesiæ divinis officiis ac ministeriis varii veluslorum fere omnium Ecclesiæ patrum ac scriptorum libri, in-fol., Coloniæ, 1568 ; in-fol., Romæ, 1579 ; in-fol., Parisiis, 1610, — Hoeynck, Geschichte der kirchlichen Liturgie des Bisthums Augsburg, in-8, Augsburg, 1889, — F. K. Hospinien, De origine et progressu rituum et cærimoniarum ecclesiasticarum, in-fol., Tiguri, 1555, 1599 : De festis Judæorum et gentium h. e. De origine et progressu cærimoniarum fest. christ, réimprimé sous le titre :
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d ghaimb, Ueber das Brevier mit Berücksichtigung der Liturgie : de Paris citée par Du Cange ! et reproduite par sonade ? : : Bpéérov héye car h tar 'ÉRITOUNY GUVTOUNS : PEU yag xari Aarlvous th répvo »héyerar wa fpeiso suvropia. Pris dans ce sens étymologique, le mot d dans celle de billets, de reçus 1. Ces diverses significations, pour intéressantes qu'elles soient en elles-mêmes, sont étrangères à notre domaine.
Le mot se rencontre également chez les canonistes, mais dans une acception toute différente, Si les commentateurs du 97 canon de Carthage l'entendent encore d'un résumé ou d'une récapitulation ?, ces mêmes commentateurs, ayant à expliquer le 36 canon du recueil précité, emploient le mot dans le sens de registre officiel, de rôle, où sont inscrits les biens meubles et immeubles d'une église : £v rats Exxinotagruxoïs Bpsblote, fiyouv Év th parpuu, Toûr'igriv Eu vf Aro ypagf +oû Emeinoraortned Tyous déhiou à, Cette acception, fort ancienne, on le voit, finit par devenir prépondérante, exclusive, et, durant le moyen âge byzantin, on désigne communément par breviunt l'inventaire, le dénombrement par articles des biens d'une église, d'un monastère, d'un établissement religieux quelconque. Anne Comnène en fait formellement mention au début du xii siècle : Ta frôhix (Boire taüte À œuvfberx dlés mædeïv), év of< dvaysypigara va v Éxdocu tepévet necuhsx *. Six siècles auparavant, le mot se rencontre avec ce sens spécial dans une lettre d'Étienne de Larissa au pape Boniface II : Factus est brevis de sacris vasis at que rebus ecclesiasticis ®.
Tout fondateur de monastère ou d'établissement religieux devait, au moment de la fondation, consigner sur un registre à déposer ensuite aux archives de l'évêché le détail des biens meubles et immeubles destinés à assurer l'entretien de cet établissement ou de ce monastère. Ainsi l'ordonnent, dans leur premier canon, les Pères du concile de Constantinople en 861, et dans ce registre, ils l'appellent brévion : bien qu'ailleurs il soit simplement désigné par l'expression plus vague d'énumération. Les donations ultérieures provenant des religieux eux-mêmes, au moment de leur profession, ou de bienfaiteurs étrangers, devaient également figurer sur le brévium, dit une novelle d'Alexis Comnène. Dans ces conditions, tout article susceptible de donation ou de consécration, pouvait figurer sur ce registre ; et, par le fait, il en est bien ainsi dans plus d'un monument de ce genre. Mais, le plus souvent, on n'inscrivait sur le brevium que les biens meubles, et spécialement les objets d'art, icônes, vases sacrés, éléments liturgiques, livres religieux ou profanes ; en deux mots, inventaire du trésor et catalogue de la librairie, voilà à quoi se bornent la plupart des brevia. Même de ces registres leur donne un prix inestimable pour l'histoire des lettres et des arts. Aussi J. Labarte déplorait-il, voici un demi-siècle bientôt, leur totale disparition. Le consciencieux auteur de l'Histoire des arts industriels au moyen âge pourrait, s'il vivait encore, atténuer l'expression de ses regrets ; on a, en effet, publié, depuis Labarte, un bon nombre de ces curieux monuments. On nous saura gré sans doute d'en donner ici une bibliographie aussi complète que possible ; et les sont étrangement possibles en prenant pour base la date même où chacun d'eux a été composé.
Le premier en date est celui que Michel Attaleiates rédigea en 1077 pour le monastère qu'il venait de fonder à Rhodosto. Publié pour la première fois par C. G. Sathas, il a été reproduit avec de légers amendements dans le texte par F. Miklosich et J. Müller dans leurs Acta et Diplomata græca medii ævi, et étudié à fond par M. Nissen dans une excellente dissertation qui épuise véritablement le sujet. Nous y renvoyons le lecteur.
Inventaire de Manuel, évêque de Strumnitza, en Macédoine, pour le monastère de Notre-Dame-de-Pilié, fondé par lui en 1080 au village moderne de Véloucha. Publié incomplètement et imparfaitement par M. Omont, il a été republié avec tous les documents connus se rapportant au monastère en question par l'auteur du présent article, qui l'a fait suivre d'un abondant commentaire.
C'est encore nous qui avons publié dans le texte original l'intéressant brévion de Grégoire Pacourianos, grand domestique d'Occident, pour le monastère fondé par lui en 1083, à Batchkovo, en Bulgarie. On n'en connaissait auparavant qu'une métaphrase néo-grecque très incomplète.
Le testament de saint Christodule de Patmos de 1095 contient la liste d'un certain nombre d'icônes, mais le catalogue des livres dont il y est fait mention ne s'est pas conservé.
Outre son rôle capital dans la construction, dont elle renouvelle en partie les méthodes, la brique a reçu dans l'architecture byzantine un rôle décoratif. A l'aide de figures géométriques combinées avec autant d'adresse que de goût, on a donné, principalement aux revêtements, un aspect où la variété et la fantaisie produisent des combinaisons de lignes aussi gracieuses que savantes. Nous trouvons quelques exemples de ce genre d'ornementation dans les églises de Thessalonique et sur les tours des murailles de Nicée. Quoi que nous ne nous occupions pas des édifices civils et militaires, nous ne pouvions passer sous silence l'unité de procédé adoptés pour ceux-ci et pour les constructions ecclésiastiques, La brique fait désormais le fond des ouvrages de maçonnerie tant romains que byzantins. Les architectes la considérèrent comme plus résistante aussi bien à l'action du temps qu'à l'effort des machines de guerre. Ordinairement, le cœur de la muraille est en béton.
Les briqueteries romaines étaient renommées pour le soin et la qualité de leurs produits. A l'ouest de Rome, parmi le groupe de collines désigné à l'époque primitive sous le nom de montes Vaticani, se trouvait un bassin artificiel, Valle dell’inferno, séparant ces collines, Il s'y rencontrait beaucoup de sablières et on y extrayait les matériaux nécessaires à la fabrication des briques pour les constructions de la ville et des environs, La se trouvaient les briqueteries de Domitia, dans les jardins du même nom, dont les produits se répandaient dans les diverses contrées de l'Italie et jusqu'en Afrique, comme en font foi les marques de l'officine de Domitia que l'on y a trouvées. Le portus Licini, entrepôt sur le Tibre, et les autres portus attenants étaient au V siècle des officines de briqueterie. On trouve dans les pas de peine à distinguer, des travaux pleins de lourde charge de fabrication annuelle, pour le compte de l'État, de 25 000 briques destinées aux monuments de Rome, Les briques estampées sont encore en grand nombre aujourd'hui, et il n'est pas douteux que les maçonneries d'édifices anciens n'en contiennent dans une proportion qu'il est impossible d'évaluer, Il faudrait bien se garder toutefois de croire que la présence de briques estampées dans un monument constitue pour celui-ci une date irréfragable, En 1874, on trouva à peu de distance de l'église des Saints-Pierre-et-Marcellin, des bains construits sous le règne de Dioclétien, comme le montrent les marques de briques, Souvent la précipitation apportée par Constantin à ériger ses grandes basiliques causa de graves dommages à de nombreux bâtiments dont on emprunta les matériaux, créant ainsi d'inextricables confusions dont l'archéologie la plus avertie ne parvient pas toujours à ressaisir le fil directeur, Sur l'arc de triomphe de Constantin on n'a découvert que des sculptures exécutées sous cet empereur, les excellentes sculptures empruntées, au moment de la construction, à un arc de Trajan. Dans les fondations des Thermes de Constantin, les fouilles des années 1870 et suivantes amenèrent la découverte d'un toit de marbre, avec tuiles et rigoles, appartenant à un monument inconnu. L'impulsion extraordinaire donnée par Constantin aux constructions monumentales, tant en Occident qu'en Orient, dut nécessiter la confection de briques en nombre presque infini, La démolition de l'ancienne abside la basilique primitive de Saint-Pierre à Rome a amené la découverte, en 1552, dans l'épaisseur des murs, un nombre assez considérable de briques estampées au nom de Constantin. Jusqu'ici on n'a pas rencontré ces cachets ailleurs qu'à Saint-Pierre et il semble bien qu'ils aient été faits tout exprès pour ce monument.
La poterie d'Afrique nous offre quelques spécimens frappants de l'emploi de briques sigillées pour le potier. Celui-ci a tracé sur l'argile fraîche avec ses doigts des lignes dont la disposition forme divers emblèmes. Certains sont douteux, Le X et l'I se croisent sans qu'on soit pleinement autorisé à y voir le chrisme, mais une brique porte évidemment le monogramme du Christ. Le P. A.-L. Delattre, qui a publié les briques portant le XI croisés, fait remarquer qu'on a trouvé avec ces briques une troisième dont le sens est assez clair, car les lettres tracées à la main y sont complétées par un C tracé au doigt comme pour figurer les deux initiales et la dernière lettre du mot IXOYC. Quelques fragments de briques chrétiennes ont été trouvés à Orléansville ; une brique d'époque byzantine a été trouvée à Tlemcen, quelques autres encore méritent d'être rappelées.
La broderie ne doit pas être confondue avec la tapisserie et le lissage, L'extrême difficulté d'interprétation qu'on rencontre pour les quelques textes relatifs à la broderie, au brochage, à l'impression des étoffes, tient à la disparition des monuments, L'Ancien Testament célèbre les couvertures et tapis de Babylone aux couleurs variées et les anciens opposent les produits, en tant qu'ouvrages de broderie, aux étoffes d'Alexandrie qui produisent un effet semblable, La distinction pour eux, qui ont les ouvrages sous les yeux, est très claire. Non ego prætulerim Babylonos picia superbæ Terta, Semiramia que variant acu tt, écrit Martial, tandis que Pline : Colores diversos picturæ in texere Babylon maxime celebravil et nomén imposuiti ?, Enfin Tertullien, qui semble avoir eu des connaissances très variées, écrit : Si ab initio reruri et Milesit loves tonderentet Tyrii tingerent et Phryges insuerent et Babylonii intererent.
Les brodeurs portaient le nom de phrygiones qui leur venait, dit-on, des Phrygiens, dont les vases peints représentent souvent les habits brodés. Ainsi donc l'ojus plumiarium, les vela plumata, les vestes plumalæ sont des lissus brodés. Dans la célèbre Charta Cornutiana, document daté de l'année 471 et contenant l'énumération des dons faits à l'église de Tivoli, on trouve un pallium holoserieunr.…. vela tramoserica…. vela Linea plumata. La Chronique de Farfa porte ces mots : wbi fuit antiquitus congregalio ancillarun, quæ opere plumario ornamenta ecclesiæ laborahant.
Ce qui semble indiscutable, c'est que plusieurs auteurs n'ont pas distingué ni peut-être connu la distinction entre tissage et broderie, C'est le cas pour saint Jérôme, pour Prudence, pour Théodoret, pour Adhelm ; mais en regard on peut opposer outre le témoignage de l'Édit de Dioclétien déjà cité, celui de Nonius, de Julius Firmicus, de l'auteur de la version Vulgate, pour lesquels il n'y a aucune confusion possible entre le plumaris et le tértor, le plumarius.
Le diptyque du consul Basilius nous offre un exemple de broderie dont le dessin est ainsi formé de plumes symétriquement superposées en manière d'écailles. Après Constantin le Grand, Constantinople devint la métropole de la broderie, et cet art, inférieur sans doute, mais délicat, s'y conserva pendant tout le moyen âge. Les types jadis adoptés subirent peu de modifications : sans doute les brodeurs trouvaient moins de difficultés dans la reproduction de modèles compliqués, mais connus que dans l'interprétation de types décoratifs nouveaux. Aussi trouve-t-on, comme autrefois, scènes, portraits, médaillons, figures isolées.
Nous donnons ici une figure représentant un brodeur devant son métier, Il a l'aiguille en main et vient de tracer le début de son travail, Ce dessin appartient à une épitaphe chrétienne de Rome. C'est le seul monument qui, à notre connaissance, se rapporte à la corporation des brodeurs. Voir BRODERIE.
BRUGES : (MANUSCRITS LITURGIQUES DE).
gs 1ste liber est ecclesie beate Marie de Dunis, Si quis F4 eur abstulert anathema sit. sauf d'insignifiantes variantes. Cf. nn. 14, 15, 96, 30, 39, 47, 48, 65, 71, etc. Du x au xv siècle. Dictionn. d’'arch, chrét. et de liturgie, À. 1, au mot : Anathème ; xi siècle (olini abbaye des Dunes ou de Hosan près Bruges en flamand : ter Doest). | # bibliothécaire, ‘Bruges, 4259, in-8, 552 p. — 4D. Ceillier, fist.
15930
BRUNON (5.) DE SEGNI. Drunon, né à Solera en Lombardie, vers 1049, fut évêque de Segni, moine et abbé du Mont-Cassin, retourna à son Église de Segni où il mourut en 1135 ou 1125. Le pape Lucius III la mit au catalogue des saints en 1183, — Par ses écrits, il appartient avant tout à l'Écriture sainte et à la théologie. Cependant, D. Guéranger le signale comme un des grands liturgistes du xi siècle, et, d'après Faccaria, cite de lui les trois opuscules : De ornamentis Ecclesiæ, De sacrificio azymi, De sacramentis Ecclesiæ, mysticis atque cæclesiasticis ritibus, — Le premier de ces opuscules est plutôt un traité des vertus, le second se rattache davantage à la liturgie, mais est très court, et remplit à peine cinq colonnes de la Patrologie latine ; tout en considérant la question comme purement disciplinaire, Brunon, avec les auteurs du xx siècle, donne ses préférences à la consécration avec le pain azyme. Reste le troisième traité dont il faut dire ici quelques mots, faisant connaître son origine, ses diverses éditions, son contenu.
1. Origine. — De ce petit traité, dit Bruno Bruni dans ses Prolégomènes aux œuvres de notre saint, il existe un certain nombre de manuscrits qui ne donnent pas tous le même titre : ainsi, deux manuscrits de la Bibliothèque ambrosienne à Milan, l'un du xii siècle, l'autre du x siècle, portent en suscription : Drunonis episcopi de sacramentis ; un autre, le Codex parisiensis de la Bibliothèque nationale, porte De sacramentis Ecclesiæ ; enfin quatre autres, dont un à la Bibliothèque de Saint-Marc à Florence, deux à la Bibliothèque Vaticane, n. 994 et n. 1554, un à la Bibliothèque de Turin, portent le titre donné plus haut, sous lequel on désigne communément le traité. Combefis a voulu attribuer cet opuscule, avec tout le Liber sententiarum, à saint Bruno, fondateur des chartreux, mais il n'a apporté aucune raison solide en faveur de sa thèse : on peut s'en convaincre en lisant la dissertation que D. Marchesi, moine du Mont-Cassin, a placée en tête de son édition des œuvres de saint Brunon.
3. Contenu. — Le De Sacramentis Ecclesiæ est précédé d'une lettre à Gautier ou Géraud, évêque de Maguelone. On voit qu'un passage de l'Exode a fourni l'occasion des explications qui vont suivre. Ces explications se ramènent à trois points :
— A. le rite de la consécration des Églises : l'auteur y marque en détail ce que signifient l'eau, le sel, l'hysope, les lettres de l'alphabet écrites sur le pavé de l'église, la cendre, l'huile, le baume, les douze cierges, l'autel ;
— B, les rites du baptême et de la confirmation : nous trouvons là un résumé de ce que doivent savoir ceux qui administrent et ceux qui reçoivent ces sacrements.
— C. la signification des ornements pontificaux, l'amict, l'éphod, l'étole, la tunique, la dalmatique, la chasuble, le pallium, la mitre, etc. L'auteur finit par les cérémonies de la consécration d'un évêque. Le manque de critique, explicable à son époque, lui fait rapporter à la donation de Constantin l'usage que l'on avait de revêtir de pourpre le souverain pontife. Ce qui domine dans ce petit traité, c'est le recours aux raisons mystiques connues sous la triple dénomination d'allégoriques, tropologiques et anagogiques : on sait que les auteurs du moyen âge sont exercés avec complaisance sur ce sujet ; saint Brunon peut être considéré comme un de leurs précurseurs et rangé à côté d'Honorius d'Autun.
J. Baudor,
BRUNSWICK : (MSS. LITURGIQUES DE).
IL Antiphonæ et hymni cum notis musicis inde a fera quarta ante paschen usque ad adventum, xv siècle, CGVIL. Antiphonæ cum responsoriis et notis musicis, xv siècle.
CLAVIT. Rituale et Pontificale, xv siècle.
H. LECLERCO.
BULGARES (LITURGIE DES). Voir BULGARIE (LITURGIE DE).
BULLE (BIJOU)
ayant la forme d'une capsule composée de deux plaques concaves rapprochées sur leurs bords par un lien élastique d'or ; ordinairement ronde ou lenticulaire, parfois découpée en forme de cœur ou de croissant, la bulle était munie d'une bélière dans laquelle on passait un cordon permettant de la suspendre au cou. Emprunté aux Étrusques, l'usage de la bulle fut limité à une seule catégorie d'individus : les jeunes garçons. La préservation surnaturelle qu'y attachaient les Étrusques ne fut pas complètement rejetée puisque nous voyons les triomphateurs romains porter une bulle au cou. Cependant les adultes recouraient à des amulettes d'or ; le bijou était alors offert à Hercule ou bien aux lares domestiques. Des jeunes filles portaient la bulle, et les aussi, mais on ignore à qui elles en faisaient offrande à Junon. Les fils de sénateurs et de chevaliers avaient seuls droit à la bulle d'or ; les ingénus portaient la bulle de bulla scortea ; les pauvres faisaient un nœud à un cor et se le passaient autour du col. Les bulles étaient tantôt unies, tantôt grillées ; l'usage s'en conserva parmi les chrétiens qui le rendirent un des symboles adoptés par eux. Ficoroni a publié une bulle en argent portant sur une face un buste, sur l'autre un monogramme dans une couronne dont, par une disposition singulière, les lemnisques, au lieu de flotter, sont enroulés sur la couronne même (fig. 11). Quant au verre doré publié par le même érudit, c'est l'ouvrage d'un faussaire. Tombant dans une erreur d'un autre genre, Raoul Rochette, à la suite de nombreux érudits italiens, qu'il suivait parfois un peu trop aveuglément, a tenu pour une bulle un bijou que nous voyons suspendu au cou d'Ève sur un verre doré ; un autre verre représentant Vénus présente le même objet. C'est bien le nom de bulle qui convient en effet à ce bijou, mais à la condition d'y mettre ce correctif de saint Jérôme : Habent mulieres in similitudinem lunæ bullas dependentes, et la glose de Papia : Lunulæ sunt ornamenta mulierum, in similitudinem lunæ bullas dependentes. Les bulles de métal pouvaient être ouvragées et leur type se diversifiait par conséquent un peu d'un exemplaire à l'autre. Une bulle d'or trouvée près de Prætorium, à Overborough, dans le Lancashire, est un globe de la plus absolue simplicité. Par contre, une bulle d'or trouvée à Manchester, en 1772, sur les bords de l'Irwell, est une sorte de demi-lune ornée de trois rangs de dentelures. Parfois les bulles portent le nom de leur jeune propriétaire. La bulle Chigi laisse lire : CATVLVS ; la bulle Rogers : HOST HOS (Hostus Hostilius ou bien Hostilius Hostilianus). Une bulle d'argent a été trouvée en 1886, dans la Gilberstrasse, à Trèves. Dans l'intérieur, un petit débris provient peut-être de quelque relique. Une bulle de bronze — l'unique exemplaire en cette matière portant des symboles chrétiens qui soit connu jusqu'à ce jour — a été découverte à Orvieto. Elle est de forme ronde et très oxydée. La décoration consiste en une croix monogrammatique + sur une face et sur l'autre.
H. LECLERCO,
BULLE (SCEAU). — I. Caractère général. II. Chronologie. III. Les légendes. IV. Les types. V. Les bulles des papes. VI. Les bulles latines non pontificales. VII. Les bulles grecques.
I. CARACTÈRE GÉNÉRAL. — L'usage de bulles ou sceaux en métal, c'est-à-dire de reproductions en métal d'un objet propre à celui qui s'en sert, attachées à une lettre ou à un acte pour en garantir le secret
la face opposée la croix un peu déguisée et pour l'authentiquer, remonte à l'époque romaine. Les chrétiens ont continué l'usage de sceller leurs correspondances officielles ou privées de bulles de plomb. Nous rencontrons cet usage tant en Occident, principalement en Italie, que dans l'empire byzantin de l'Orient. On a cru longtemps qu'en Occident les papes seuls se seraient servis pendant un certain temps de sceaux de plomb et que, peu à peu, les autres évêques et les princes auraient adopté cet usage d'authentiquer leurs actes officiels. Cette manière de voir est erronée. Nous trouvons des bulles d'évêques, de prêtres, de diacres, de notaires, de princes, de fonctionnaires de tout genre, d'hommes privés en même temps que des bulles de papes. La plupart des sceaux en métal sont en plomb. Dans un certain nombre d'occasions solennelles seulement, les empereurs byzantins, plus tard aussi les papes et les princes de l'Occident, se servirent de bulles d'or ou dorées. Nous ne possédons pas de bulles d'or remontant à l'époque de l'antiquité chrétienne, de sorte que nous pouvons négliger ici ces sceaux en métal précieux. Les sceaux de plomb sont régulièrement de forme circulaire. Nous n'avons pas de renseignement précis sur les procédés au moyen desquels on les confectionnait à l'époque de l'antiquité chrétienne. L'examen des bulles conservées nous apprend que, à l'état brut, elles consistaient soit en une petite boule de plomb percée d'un trou dans lequel on introduisait les attaches, soit en deux plaques de plomb arrondies, appliquées l'une contre l'autre et munies chacune, dans le sens de leur diamètre, sur la face interne d'une rainure de façon que l'union des deux rainures formât un canal pour le passage du fil. Après avoir fermé les tablettes de cire ou bien le parchemin, on passait un fil à travers des trous, on introduisait les lacs du document dans le canal du plomb, et on pressait la boule ou les plaques entre deux matrices en métal dur, fixées aux deux branches d'une pince. De cette façon, le sceau était attaché aux lacs du document à sceller. Les deux matrices portaient gravés les légendes et les types de la face et du revers en creux, de sorte que les bulles étaient revêtues de représentations ou de légendes aux deux faces ; elles ont un droit et un revers, tout comme les monnaies. C'est ce mode d'emploi qui permet de reconnaître les bulles ou sceaux de plomb et de les distinguer d'autres objets semblables du même métal. Ce qu'il y a de plus caractéristique, abstraction faite des particularités des types et des légendes, c'est le canal dans le sens du diamètre, par lequel passait l'attache. Cependant, il y a une espèce de plombs en usage dans l'Empire byzantin, qui ressemblent complètement aux sceaux et qui avaient néanmoins une autre destination. Ce sont les plombs dits commerciaux, qui servaient à sceller les sacs, coffrets et ballots de marchandises en douane ou dans les entrepôts du gouvernement. Ces plombs étaient aussi attachés à des lacs et fixés de la même manière ; leurs types et leurs légendes présentent également beaucoup de ressemblance avec des sceaux. M. Schlumberger fait rentrer ces plombs commerciaux dans la classe des bulles ou sceaux de plomb ; ils servaient à sceller, non pas des actes mais des colis. Par contre, on peut distinguer nettement les logiques de l'Algérie et de la Tunisie.
Napoli, t. II ; Salinas, Sugelli siciliani et les sceaux à légendes latines, les bulles des papes ont centrale. Les bulles pontificales jusqu'au xii° siècle publication ; Pantchenko, Catalogue des plombs de We et les bulles des lessères en plomb, lesquelles ont une autre destination. Voir l’art. TESSÈRES.
Les bulles de plomb antérieures au vii° siècle ne sont plus attachées aux actes auxquels elles avaient été fixées à l'origine. Ces actes ont péri, nous ne connaissons seulement les sceaux, Plusieurs collections d'ent des bulles, quelques-unes même en nombre considérable. Parmi les collections publiques en Occident, il faut mentionner surtout le cabinet numismatique de la bibliothèque du Vatican, le musée de Naples, les musées des villes de la Sicile, les collections de la Bibliothèque nationale et des Archives nationales de Paris, le cabinet de numismatique de Vienne (Autriche), les Archives de Berlin, le British Museum de Londres ; en Afrique, le musée Saint-Louis de Carthage, le musée municipal de Sousse et la collection Farges ; en Orient, les musées de Constantinople et d'Athènes, ainsi que des collections privées !, Peu ont été étudiées d'une façon approfondie dans les dernières années ; les bulles byzantines au contraire ont été l'objet de recherches et de publications vastes, de sorte que celles-ci nous sont bien mieux connues que les autres. Puis que nous nous occupons seulement des bulles antérieures au ix° siècle, il faut avant tout chercher une base chronologique pour déterminer les pièces antérieures à cette date.
Pour établir des règles chronologiques, nous n'avons que très peu d'indications précises. L'armée des sceaux latins, les bulles des papes et de quelques évêques, et parmi les sceaux grecs, ceux des empereurs, de quelques fonctionnaires et de quelques évêques sont les seuls, dont l'époque est indiquée par le nom même de ces personnages. Pour tout le reste, c'est l'étude comparative des caractères qui permet de fixer l'âge des sceaux. Cette étude est fort complexe et ne peut donner que des résultats approximatifs. Cependant, en prenant comme points de départ les particularités caractéristiques des bulles à date connue et les comparant aux sceaux certainement postérieurs au ix° siècle, nous arrivons à un résultat général :
1. Les bulles les plus anciennes des papes sont de dimensions restreintes assez uniformes ; elles ont entre 3 millimètres de diamètre. De même, quelques-unes d'évêques à date fixe présentent un diamètre semblable ; elles sont généralement aussi plus épais que ceux d'époques postérieures. Pour les sceaux byzantins, on fait la même observation ; ceux de l'époque de Justinien et de ses premiers successeurs sont également de dimensions restreintes. Or, nous trouvons tout un groupe considérable de bulles, se rattachant immédiatement à celles de l'époque parente, qui présentent la même particularité. Si nous constatons que, à partir du début du vii° siècle, les bulles à date déterminée présentent toutes des proportions beaucoup plus considérables, nous gagnons un premier élément chronologique d'une grande importance.
2. Les légendes de ces bulles de dimensions restreintes sont régulièrement écrites en lignes droites ; par exception, nous y trouvons l'inscription écrite en cercle autour d'une représentation. Inclusivement, présentent toutes cette particularité ; la légende est disposée de la même façon sur les sceaux de l'Institut archéologique russe à Constantinople (en russe), dans le tome de l'Institut archéologique russe à Constantinople, 1908.
3. Les légendes sont fort brèves : elles indiquent le nom du propriétaire ordinairement au génitif (à sous-entendre « sigillum ») souvent avec la désignation de sa fonction, parfois un qualificatif, comme : « Servus S. (N.) ; » ou bien, sur une face le nom au génitif, sur l'autre, l'image du Christ, de la sainte Vierge ou une autre figure ; les sceaux grecs portent très souvent de simples monogrammes avec les variations suivantes ! : un monogramme de chaque face, d'ordinaire sur une face celui du prénom, sur l'autre celui du titre ou de la fonction ; monogramme du titulaire sur une face, sur l'autre une effigie d'ordinaire assez grossièrement exécutée ; un groupe spécial de cette variété présente régulièrement un aigle dont les ailes tendent à se réunir à leur extrémité supérieure, au-dessus de lui un astre ; monogramme du titulaire sur une face, sur l'autre, d'abord en toutes lettres, plus tard aussi en monogramme, la légende : KYPIE BOHOEI ou GEOTOKE BOHOGEÏ ; si cette invocation est en monogramme, on ajoute, à partir du vi° siècle, dans les coins TU) CG) AK-AGD,.
Nous nous occuperons seulement des types religieux qu'on rencontre sur les bulles de l'époque plus ancienne. Les figures que nous relevons sur ces bulles sont les suivantes :
Le Christ. — Rarement, non seulement sur des sceaux anciens, mais encore plus tard, on voit figurer l'image du Christ sur les bulles, Le musée de Naples en possède un exemplaire. Le buste de Notre-Seigneur y est représenté de face, la tête entourée du nimbe coupé de la croix (fig. 1732) 4, 1343 BULLE soit portant l'enfant Jésus dans les bras. C'est ainsi “ que le sceau d'un Euthymios montre sur le droit une orante, très probablement la sainte Vierge, sur le revers le nom du titulaire seul au génitif. Deux bulles d'évêques très intéressantes ont comme type la Mère de Dieu en pied portant son enfant dans les bras. | bien présenter non la figure d'une martyre, comme le pense Ficoroni, mais Marie avec l'enfant Jésus. L'autre du milieu du vi siècle. La même figure L - occupe encore l'une des faces du sceau d'un consul Jean (+ IGANNH YAATO). Sur la reproduction de | = Ficoroni #, les signes placés dans le champ aux deux côtés de la Vierge, au-dessous des pelles croix, me || semblent être des monogrammes de l'invocation fréquente : QEOTOKE BOHOEI TO CG AOYAG.
Les apôtres. — Après la figure de la sainte Vierge, le type qu'on trouve le plus fréquemment #st celui des apôtres saint Pierre et saint Paul, C'étaient surtout des clercs de l'Église romaine qui choisissaient de préférence cette figure pour leurs sceaux. Ordinairement 2 les deux bustes des Apôtres sont représentés de profil, | rarement de face, et une croix, portée le plus souvent par une colonne, se trouve dans le centre du champ entre les deux têtes, Un autre apôtre encore figure sur une bulle de l'époque ancienne : saint Thomas, dont le buste, vu de trois quarts, est représenté sur le droit, avec son nom disposé en monogramme ; sur le revers, le nom du titulaire précédé de la croix : + OU MA 6. l &
Saints divers. — Les saints les plus vénérés par | le peuple et, sur les bulles des évêques, le saint titulaire de la cité épiscopale se trouvent parfois représentés sur le droit des sceaux. Voici les saints qu'on peut relever sur les bulles antérieures au 1x siècle : saint Janvier, sur les bulles des évêques de Naples , saint Nicolas $ ; un saint portant une croix, peut-être | saint Laurent ® ; saint Ambroise, en buste, sur un sceau + de l'église de Milan 1° ; deux saints, dont l'un dans l'attitude de la prière 11 : saint Étienne, debout, de face, orant !, J'ajoute d'une manière générale que la collection | larges 11 possède plusieurs bulles avec des figures de saints ; mais la plupart ne sont que décrites sommairement, sans reproduction, de sorte que je n'ose pas en déterminer l'âge el les faire entrer sur ces indications sommaires dans le groupe des sceaux anciens.
ü° Scènes religieuses. — Parfois des scènes historiques chrétiennes figurent sur les bulles. Sur le sceau [l d'un diacre Jean, on voit sur le droit Daniel, orant, debout entre deux lions !. Un sceau trouvé à Carthage 15 représente la résurrection : au centre se trouve l'édicule | du Saint-Sépulcre, à droite un ange, à gauche une des saintes femmes, en conversation avec l'ange ; le revers porte le monogramme cruciforme du nom. Le baptême L'une d'un évêque Gaudiosus, me parait | — * Publiée par Ficoroni, | t #- 2 V7. s s À 0] - 2 LE TE v PE a Fr Ken Fos et Ps” Ts ie) 1e _ « à. = et) - ES LE ONE ON PT ®. n v : “ L'eptpa !| Tu. 7 ;
_ de Notre-Seigneur, représenté sur une bulle ancienne conservée au Campo santo teutonico de Rome
Figures allégoriques. — Parmi les bulles p des figures allégoriques sur l'une des faces il faut rationner en premier lieu celle du pape Deusdedit 618) conservée au cabinet de numismatique au Vatican On y voit le Bon Pasteur, entre les lettres À et ü&, el plaçant les mains sur la tête de deux brebis à ses côtés. Sur le sceau d'un évêque Narsos, l'une des en occupée par la figure de la Sagesse divine ; elle est présentée debout, de face. nimbée, portant sur la poitrine un disque avec une croix, Dans le champ on 1à H ATIA COIA 15,
Images symboliques. — Le symbolisme de l'art chrétien primitif a encore fourni des représentations pour les bulles. À noter surtout quelques bulles anciennes avec le monogramme constantinien, s flanqué des lettres À et @ 1%. 1 figure égalemen bulle que Pflagk-Harttung place en tête des bul _ pontificales, en l'attribuant à Jean HT (560-573) avec point d'interrogation. Je crois que ce n'est pas une bulle ne mais celle sas autre Lee F2 miers sièciéée RE : lui aussi, sur de AA ‘ sur celle d'un Johannes ?9 et sur une autre, où le est indiqué en monogramme ? !, Le phénix, que nous voyons sur la bulle d'un Siricius (c'est ainsi qu'il faul lire le monogramme), appartient au symbolisme de I seconde période de l'antiquité ??, Il en est de même croix, laquelle à partir du v' siècle remplace peu à peu les différentes formes du monogramme : usage aussi sur les sceaux de plomb, non visé côte d'autres figures, mais encore comme type f pal d'une des faces *, On la trouve presque régulièrement au commencement, souvent aussi à la fin d gen des. La figure de la Victoire, qui RE sous le revers de bulles impériales #+, est parfois représentant une grande croix 29, | 8e Un groupe spécial de bulles porte régulièrement comme type un aigle, occupant ordinairement tout le champ d'une face, Une variété de ce montre l' les ailes levées et tendant à se rejoindre en haut ; fois, dans ce cas, un monogramme est placé au-de de la tête de l'aigle, entre les ailes, Ce type de | est très fréquent lant sur des bulles latines que s des sceaux grecs 5, Relevons encore la particularité que certaines bulles anciennes sont anonymes ; el les n'ont pas de légendes, les deux faces sont occupées par des types du genre d ceux que nous venons de décrire #7.
Nous connaissons quatre bulles, sur lesquelles le propriétaire est indiqué comme servus sancti Apollinaris ; un exemplaire de la bulle de l'évêque Damianus fut acheté par Schlumberger, Elles portent les noms : Damianus, Felix, Sergius et Valerius. Or, nous trouvons dans la liste des évêques de Ravenne ces quatre noms entre 681 et 810 ; il ne sera pas imprudent, surtout très fréquemment celle de noter de reconnaître dans les propriétaires de ces sceaux les évêques de Ravenne de ces noms, Comme la bulle de l'évêque Paul, une autre d'un évêque Laurentius présente sur l'autre face l'image de saint Janvier ; ce sera l'évêque de Naples qui dirigea cette église de 701 à 715 ; à la même page, il y a le sceau d'Athanase, désigné comme EPISCS NEAP ; il fut évêque de 850 à 882. Le sceau de l'évêque Victor de Carthage publié par Münter a été décrit plus haut, Plusieurs bulles d'autres membres du clergé : de prêtres, de diacres (fig. 1741-1742) appartiennent également à ce groupe ancien antérieur au XIe environ. Nous trouvons mentionné sur d'autres bulles anciennes les fonctions de « primicerius », de « defensorius » 11, Certains plombs ne contiennent que le nom du titulaire ; un sceau du musée de Naples indique la patrie : + FORTVNATI + MEDIOLANENSIS ! ?, Enfin, nous connaissons quelques bulles d'églises dont on se servait pour la correspondance officielle de celles-ci, Une bulle avec la légende : + SCAE ECCLS+ : fi. :+ CARA= LITA + 13, une autre : Dr. : Buste de saint Ambroise avec la légende en cercle : + SCS AMBROSIVS + EPS + ; à. : + ECLS+MEDTOLS 14 appartenaient aux cathédrales de Cagliari et de Milan.
VII, LES BULLES GRECQUES, — Dans l'empire romain d'Orient on a fait usage de sceaux de plomb pour la correspondance publique et privée depuis l'origine de l'empire jusqu'à sa chute, Ce ne fut que par exception qu'on employait un autre moyen de sceller des lettres. Les bulles de dignitaires ecclésiastiques qu'on peut faire remonter aux premiers siècles de l'empire byzantin sont moins nombreuses. La bulle d'un archevêque de Thessalonique du nom de Paul : AAYAOY APXIENICKONX. à. : OECCAAONIKHC :%, doit être très probablement attribuée au prélat de ce nom du milieu du VIe, Le sceau d'Antoine, métropolite de Catane *, sera en tout cas antérieur à l'invasion arabe au XIe. Il en sera de même du sceau de Léon, évêque de Taormina $#, Nous avons mentionné le sceau d'un évêque Narsos (plus haut, p. 1344). M. Schlumberger a publié dans sa Sigillographie les sceaux d'un évêque Jean d'Athènes (p.172), d'un archevêque d'Aenos (p. 118 sq.) attribués par lui au VIe, d'un métropolitain Georges, da VIe (p. 400). Le sceau suivant d'un évêque Georges, dont la résidence est écrite en monogramme, est conservé au musée de Naples : FEG@PTIOV ENICKONOV ; à. monogramme (fig, 174%). Quelques bulles d'higoumènes et de moines nous sont connues également, Un sceau très curieux du VIe porte sur une face la figure de la sainte Vierge, debout, de face, avec l'enfant Jésus, et, dans le champ, la légende : HPHKAIAC MONTS, sur le revers : + MAPINOV HTSMENS 5. Une mène du nom de Michel : MIXAHAIOY. à. : HTOYMENOY 5. Je dois à l'obligeance du défunt abbé Cozza-Luxi, sous-bibliothécaire du Saint-Siège, le dessin d'une bulle d'un higoumêne Jean, trouvée près de Reggio en Calabre : KYPIE BOHOEIÏ (en monogramme) T&@ CU BBA, &. : IOANNH HTOYMENG, que j'attribue au VIe ; des bulles de prêtres de l'époque ancienne ne me sont pas connues ; par contre, quelques sceaux de diacres présentent des particularités intéressantes. La bulle d'un diacre Jean porte sur le droit La Paul était en même temps banquier 7. La bulle de Ja « Diaconie » du monastère de Dexicrate à Constantinople a sur le droit le buste de la sainte Vierge, avec l'enfant Jésus, Les bulles byzantines trouvées en Afrique ne montrent très souvent que des monogrammes, tant pour les noms que pour les titres ; particularité caractéristique pour les sceaux byzantins des plus anciens, comme nous l'avons vu. Parmi les sceaux publiés j'ai trouvé une seule bulle d'un membre du clergé : celle d'un ETTICKOTIOY dont le nom était illisible ?. Dans l'empire byzantin, les sceaux des fonctionnaires et des personnes privées présentent ordinairement un type pieux ou bien une invocation religieuse. L'usage s'est maintenu pendant toute la durée de l'empire d'Orient.
Bibliographie. — Ficoroni, I piombi antichi, Roma,
F2]
bulle plus ancienne encore appartenait à un higou- | scène de Daniel entre les lions. Un diacré du nom de | 1350 1740, (Les bulles sont décrites dans la première partie) : — Sabatier, Iconographie d'une collection choisie de cinq mille médailles romaines, bysantines et celtibériennes, Saint-Pétersbourg, 1847-1860, — San-Clementius, Musei San-Clementini numismata selecta, Roma, 1809, — Schlumberger, Sigillographie de l'Empire byzantin, Paris, 1884 (6. 2-3, la bibliographie) ; le même, Mélanges d'archéologie byzantine, 1re série, Paris, 1805. — Kirsch, Altchristliche Bleisiegel des Museo nazionale di Neapel, dans Römische Quartalschrift, 1893, p. 310-38 ; le même, Ein altes Bleisiegel mit der Darstellung der Taufe Christi, ibid., 1887, p. 118 sq. — De Rossi, Bullettino di archeologia cristiana, 1877, p. 56-56, 71 ; 1881, p. 115 ; 1882, p. 92 sq : 1884, p. 44. — Manno, Sopra alcuni piombi sardi, dans Atti dell Accademia delle scienze di Torino, t, x, 1878 ; cf. 1876, p. 102 sq, — Carini, Sopra un sigello siciliano inedito del Museo britannico, estr. de Nuove effemeridi siciliane,
Il vint à Rome où il fut promu à la charge de maître des cérémonies pontificales (11 décembre 1483), la dernière année du pontificat d'Innocent VIII, remplit cette charge sous Alexandre VI (1484-1492), fut ensuite évêque de Città del Castello, où il mourut en 1503, Nous n'avons à nous occuper ici que de son œuvre liturgique !f, De concert avec Augustin Patricius qui avait été maître des cérémonies sous Innocent VIII, Burchard édita en 1483 un Pontifical avec les rubriques imprimées pour la première fois, puis en 1487 donna une seconde édition de ce livre avec la collaboration de Jacques de Luciis 4, Mais son œuvre principale est le Recueil des rubriques de la messe, qui parut en 1502 sous ce titre : Ordo servandus per sacerdotes in celebratione missæ, C'était la première fois que pareille œuvre était mise au jour. Jusqu'alors les cérémonies et les règles, désignées sous le nom de Rubriques, avaient été consignées avec un développement sans cesse grandissant dans la série des Ordines romani, sortes de Directoires qu'on devait suivre dans les offices pontificaux !#, A ces documents écrits devaient s'ajouter beaucoup de particularités transmises uniquement par la tradition orale. Jean Burchard entreprit d'en faire un recueil à l'usage de tous les prêtres. L'œuvre, essentiellement traditionnelle, devait, dans la suite, servir de base au Cérémonial romain adapté aux cathédrales et collégiales du monde catholique.
Cette œuvre, dit Zaccaria t%, eut plusieurs éditions. Après celle de 1502, qui fut publiée à Rome par les soins de Jean de Becsicken, une autre parut à Venise, en 1524 avec un titre différent : Liber sacerdotalis, nuperrime ex libris S. R. E, collectus atque compositus, ex auctoritate SS. D. N. Leonis X approbatus. S'il faut en croire Bona, on commença à l'imprimer en tête des missels à partir de 1534. Une autre édition fut donnée à Louvain en 1554 ; une traduction en fut donnée à Rome en 1558. L'édition de Rome de 1559 donna la distribution en titres et chapitres, etc... On trouve dans D, Guéranger un éloge de l'œuvre de Burchard !, J. Baupor.
BURETTES. L'usage liturgique a dû consacrer de très bonne heure l'emploi de petits flacons contenant l'eau et le vin nécessaires à la célébration du sacrifice. Le plus ancien témoignage à date certaine est le procès-verbal de « tradition » de l'église de Cirta (— Constantine) (19 mai 308), On y lit que le flamine perpétuel étant arrivé à la maison où s'assemblaient les chrétiens fit rédiger l'inventaire du mobilier liturgique qui s'y trouvait et entre autres choses : « Deux calices d'or, six calices d'argent, six burettes d'argent. ». Chez les écrivains de l'époque classique on rencontre l'usage d'un terme qui servira dans la suite à désigner les burettes, c'est le mot Lama qui désigne un récipient de dimensions assez considérables servant à contenir soit de l’eau, soit du vin, Dès le IVe, le sens qui s'attache dans la langue ecclésiastique au mot hama est bien celui que nous trouvons dans le lexique de Papias : Amæ, vasa sunt, in quibus sacra oblatio continetur ut vinum. La notice du pape Silvestre (314-535) dans le Liber pontificalis conserve le très précieux et très ancien inventaire des dons faits par Constantin aux églises de Rome. Le mobilier liturgique s'y trouve énuméré avec un minutieux détail, On voit mentionner pour la basilique du Latran :
_Amas ex auro purissimo duas, pensantes sing. libras quinquaginta portantes sing. medemneos tres ; amas argenteas viginti, quæ pensant singulæ libras decem, portantes singulæ medemnos singulos t.
Pour la basilique de Saint-Pierre : amas aureas duas pens. sing, lib, tres5, | duas pensantes libras X7. | Pour la basilique de Saint-Paul : omnia vasa sacralæ aurea, argentea aut aerea ila posuit, sicut et in licam sancti Petri apastolié.
Pour la basilique de Saint-Laurent : anas argent
Vers la même époque (premier quart du XI° siècle), se rapporte l'inventaire sur papyrus d'une église égyptienne, l'église d'Ipion dont le prêtre se nommait Psoios. Les lignes 29-30 mentionnent les burettes totales. — Rien ne nous met sur la voie de ce que pouvaient être ces burettes, nous croyons toutefois pouvoir rapprocher, comme suggestion, une fiole en bronze vert ornée de feuilles lancéolées gravées sur la panse et de provenance égyptienne (hauteur, 0,17, pied, 0,09, panse, 0,10). L'époque peut être le XIe ou le XIIe (Big. 1744) 12. Ana et amula sont employés sans distinction par les documents liturgiques et ecclésiastiques pour désigner les burettes. L'Ordo romanus s'exprime ainsi : Tunc venit subdiaconus, ferens in brachio dextro patenam et in sinistra calicem, in quo recipiuntur amulæ populi ; et plus loin : pontifice oblationes populorum suscipiente, archidiaconus suscipit post eum et refundit in calicem majorem tenente eum sto quem sequitur cum scypho super planellum, in quem calix impletus refunditur. Et encore Ordo vero altari, tunc archidiaconus sumit anulam pontifici de subdiacono oblationario, et refundit super columnam in calicem. Papias définit l'amula : Vas vinarium. Anulæ dicuntur, quibus offertur devotio, sive oblatia, simile orceolis. Les divers témoignages ne font que confirmer ce sens. Les gloses manuscrites disent : amulæ, vas offertorium. La Charta Cornutiana éditée par Suarès : Hamula oblatoria. L'Ordo romanus dit : Amulæ argentæ ad vina fundenda paratæ. Dans le Liber pontificalis, la notice du pape Hadrien mentionne : Calicem unum, hamulam unam argenteam.
L'art burgonde présente des particularités qui permettent de le distinguer parmi les autres productions de l'art barbare. Nous avons exposé ailleurs les étapes diverses de ses migrations et les influences qui se sont exercées sur lui. Du reste, le plus grand nombre des fibules, bagues, bracelets, armes quelconques produits par l'industrie burgonde demeurent étrangers à nos études par leur caractère païen ou l'absence complète de symboles chrétiens. Ce n'est que peu à peu, lentement, que ces symboles se montrent sur les bijoux burgondes et refoulent les types de la décoration barbare traditionnelle à laquelle ils se substitueront complètement un jour.
L'époque de l'apparition des premiers symboles chrétiens parait coïncider avec la seconde moitié du V siècle pour arriver, au VI, à son épanouissement complet. La technique demeure la même, c'est généralement une plaque de fer recouverte d'une feuille d'argent décorée au repoussé ou au trait. Mais on voit bientôt faire usage du bronze et un usage qui devient de plus en plus commun. Le musée de Fribourg conserve quelques intéressantes agrafes chrétiennes provenant du cimetière de Fétigny. L'une de ces agrafes présente plusieurs croix pattées dont l'une semble plantée sur un petit piédestal. Peut-être a-t-on simplement voulu représenter un poisson, car c'est un fait notable que ces nations barbares ont passé par les principaux degrés de la symbolique dont avaient usé les premiers fidèles et qui étaient depuis très longtemps déjà abandonnés par les peuples chrétiens.
Sur d'autres agrafes on a trouvé la croix ancrée, la croix herminée à branches égales logée dans un triangle, à Fiez, la croix entourée de rosettes ; à Rubingen, la croix de Saint-André s'élevant au-dessus d'un fouillis de tronçons de serpents. Il est remarquable que, dès l'apparition d'emblèmes chrétiens sur les bijoux burgondes, les régions de la Savoie, le Jura et Saône-et-Loire ont été, sans raison aucune, spécialement attribuées aux prêtres. Nous ne pouvons que nous associer à cette opinion. La rudesse du travail est parfois si grande que le type se déforme jusqu'à des monstruosités inimaginables. Le sont des contorsions ou des simplifications telles qu'on croit toujours, d'un exemplaire à l'exemplaire suivant, ne pouvoir aller au-delà. Parfois l'artisan se sauve par une simple fantaisie. Les légendes valent la peine d'être lues. On lit : DANFEX PROFETAXX et ABBACV PROFETAXS.
Il existe deux variétés principales du type ne différant que par l'attitude des animaux, tantôt debout, menaçant le prophète, tantôt rampant. Pour se faire une idée de la laideur à laquelle atteignent quelques plaques, il faut se reporter aux deux boucles de fer plaquées d'argent recueillies à Bonnières (Doubs) et au Cras-Chalet, près Bonfol (canton de Berne), qui est « la première manifestation de la religion chrétienne dans la région du Jura — V siècle — après l'invasion des Barbares ».
Des plaques offrent l'image d'un cavalier dans lequel on avait pensé à tort reconnaître saint Martin ; ce pendant on le trouve sur quelques plaques, notamment sur celle de Cruseilles. Peut-être a-t-on représenté également saint Georges. Ou bien encore ce sont de nouveaux convertis tournant le dos et faisant face à la croix ; de nouveaux fidèles s'abreuvant au vase de la nouvelle alliance ; des griffons en grand nombre. Une rouelle provenant d'une trousse au cimetière de Velléchevreux est en bronze et mesure 0,075 de diamètre. Le centre est bombé, quatre croix sont gravées dans le champ des rayons, écrit M. A. Vaissier, deux d'entre elles, en opposition, portent au sommet de la tige centrale l'image de la colombe. Ce qui donne de toute évidence le signe du chrétien qui admet la doctrine de la consubstantialité, à savoir l'union des deux personnes, divine et humaine, dans le Verbe ou le Christ. C'est précisément l'emblème que repoussaient les Wisigoths ariens, ennemis des Burgondes.
En Bavière on a trouvé une croix de fer battu surmontée d'une image d'oiseau.
H. LECLERCO.
BUSTES. Nous remettons ce que nous avons à dire des bustes dans l'art chrétien, au mot portrait. Toutefois il n'est pas possible de ranger sous cette dernière détermination une série d'ouvrages qui ne sont pas encore arrivés à la perfection du portrait. Nous voulons parler de ces bustes à peine dégrossis qui se voient sur quelques sarcophages. La fabrication des sarcophages était, nous avons eu occasion de le dire déjà, beaucoup moins un art qu'une industrie. De même que les marchands de monuments funéraires traçaient à l'avance les sigles DM ou l'ascia ou quellequ'autre mention conventionnelle, de même, à l'époque chrétienne, le sculpteur qui taillait un sarcophage décoré d'épisodes bibliques réservait un ou deux bustes dans le médaillon central imaginaire. L'acheteur fera connaître en faisant l'emplette du sarcophage les traits du défunt et c'est alors seulement qu'on sculpterait l'effigie laissée informe. Mais il arrivera pour des motifs quelconques, impérilie, indifférence, etc., que les images ne seront jamais taillées. Une telle négligence nous surprend, cependant elle est fréquente chez les anciens. On a trouvé des épitaphes rédigées du vivant du défunt, dans lesquelles tout était prévu, quant à l'âge, il suffirait de tracer le nombre d'années, de jours, de mois ; les héritiers ne s'en sont pas préoccupés et l'épitaphe, avec ses lacunes, a été mise en place. De même pour les sarcophages. Un célébre sarcophage trouvé à Rome, à Saint-Paul-hors-les-murs, présente cette particularité qui se retrouve d'ailleurs sur les monuments païens. À Arles, on trouve un fait semblable dont la généralisation nous intéresse d'autant plus qu'on peut conclure de là à la valeur iconique des portraits sculptés sur les sarcophages terminés.
H. LECLERCO.
BUTTA, BUTTO ou BUTRO. Ce nom est donné dans le Liber pontificalis à une lampe suspendue deBe di
ET =
D -
La splendeur la plus inouïe ne peut répandre sur une ville la dignité mystérieuse et sacrée que le temps seul confère aux choses qu'il marque de son inexpliquée séduction. Constantinople étincelante de richesse lointaine, Rome, en matière d'antiquité chrétienne, n'avait cependant sur elle qu'un avantage de quelques siècles à peine, mais Constantinople ne s’y résigna jamais. Le saint nom est un hérétique antitrinitaire nommé Théodote le Corroyeur. Il vient, sous le pontificat de Victor Ier, vers l'an 160, de Byzance, sa patrie, à Rome d'où il se fit chasser. Saint Hippolyte, ou l'auteur, quel qu'il soit, de la « Philosophoumena », presque un contemporain de Théodote, par conséquent, nous rapporte ce fait ! et saint Épiphane de Chypre nous a conservé d'abondants détails sur la vie et les idées de l'hérésiarque dont l'origine byzantine permet, dans une certaine mesure, d'induire l'existence d'une communauté chrétienne à Byzance aux environs de l'année 180. Sur cette communauté, nous ignorons tout, et c'est à quoi n'a pu se résigner l'imagination des uns et la jalousie des autres qui sont tombés d'accord pour composer la pré-histoire de l'Église de Constantinople.
Trois opinions sont en conflit. La première, inspirée par des préoccupations purement confessionnelles — la rivalité avec l'origine apostolique de l'Église de Rome — fait remonter à un apôtre la source de l'épiscopat à Byzance. Saint André aurait eu pour successeur Stachys et une longue série d'autres évêques dont l'existence relève de la fantaisie pure. La principale autorité invoquée en faveur de cette thèse ne saurait être prise en considération. Catalogues patriarcaux et chroniqueurs byzantins réquisitionnés pour faire nombre appartiennent tous à des époques tardives et ne peuvent se réclamer d'aucune garantie érudite. Les catalogues ne s'entendent plus entre eux dès qu'il s'agit de donner l'ordre et de dresser la chronologie de la pseudo-liste épiscopale qui, sauf quelques remaniements, se présente à peu près dans la disposition suivante : 1. Stachys ; 2. Onésime ; 3. Poly-carpe Ier ; 4. Plutarque ; 5. Lycaon ; 6. Athénodore ou Athénogène ; 7. Euzoius ; 8. Laurent ; 9. Alypius ou Olympius ; 10. Pertinax ; 11. Olympianus ; 12. Mare ; 13. Cyrillien ou Cyriaque ; 14. Constantin ou Castinus ; 15. Titus ; 20. Démétrius ; 21. Probus.
La source à laquelle les catalogues patriarcaux ont puisé est aujourd'hui connue ; c'est l'ouvrage apocryphe du pseudo-Dorothée de Tyr. Cet ouvrage, malgré l'attention critique qu'il continue à attirer sur lui, n'est pas encore parvenu au degré d'éclaircissement souhaitable et ce qu'on en peut dire aujourd'hui n'est pas absolument définitif. L'ouvrage apocryphe de Dorothée de Tyr a été composé par le prêtre Procope, en l'année 527. D'où Procope a-t-il tiré son récit ? Est-ce de son propre fonds ou bien a-t-il mis à profit des pièces apocryphes un peu antérieures et sur la valeur desquelles lui-même n'était pas bien fixé ? Les deux opinions sont soutenables. L'opuscule, dans sa forme actuelle, a été composé au plus tôt dès le premier tiers du VIe, aux environs de l'année 595. Cette date, 1366, tardive serait à elle seule une mince recommandation ; or il se trouve que Procope commet un certain nombre de bévues qui justifient pleinement la défiance qu'inspire son information. Il paraît malaisé de pousser l'ignorance au point de faire de Néron un des soixante-dix disciples. Aussi, dans le voisinage de pareilles insanités, on doit s'attendre à tout, et dès qu'il ne s'agit que de chronologie, on est, dès l'abord, sur ses gardes. L'auteur insère les vingt-et-un successeurs de saint André, prédécesseurs de Métrophane, dans un laps de temps de 296 années. Or, en faisant venir saint André à Byzance dès l'an 38 et à condition de n'admettre jamais un intervalle dans cette succession épiscopale de trois siècles, Métrophane n'a pu monter sur le siège de Byzance qu'en 429. Or, nous savons à n'en pas douter que ce personnage historique était mort à l'époque du concile de Nicée, par conséquent avant le milieu de l'année 325. Après cela, il devient presque superflu de relever l'anachronisme de la construction au Pétrion de Byzance, entre 257 et 292, d'une église dédiée à Sainte-Euphémie, laquelle ne mourut que le 16 septembre 307.
Contre l'affirmation d'un auteur ignorant à ce point, nous avons une série de faits positifs et d'arguments qui s'opposent à l'adoption de la liste épiscopale présentée par Procope et dont les anciens historiens et chroniqueurs ecclésiastiques n'ont jamais parlé. Pour eux tous, c'est l'évêque Métrophane qui inaugure, au seuil du IVe, la série des évêques de Byzance. Socrate, le premier en date et qui est né à Constantinople, ne connaît aucun évêque avant Métrophane. La Chronique pascale, rédigée sous Héraclius (610-641), Théophane le chroniqueur, Photius, Nicétas Choniate, et d'autres, tributaires pour la plupart des auteurs que nous venons de nommer, confirment l'assertion de la Chronique pascale et l'opinion de Socrate. C'est à tort qu'on a pensé découvrir dans Eusèbe de Césarée une assertion qui contredise celle que nous venons de rappeler. Eusèbe mentionne la présence au concile de Nicée de « l'évêque de la capitale » par où il entend désigner l'évêque de Rome, non celui de Constantinople. L'ambiguïté de ses paroles fournissait aux Compilateurs byzantins une veine trop féconde pour qu'ils s'abstinssent de l'exploiter ; ils ne s'en sont pas fait faute. La liste authentique des Pères de Nicée leur a apporté un formel et définitif démenti.
En regard de l'élucubration du prêtre Procope contredite par les témoignages que nous venons de citer, mentionnons encore le « Xgovoypagetov cûveouos », attribué sans ombre de fondement à Eusèbe de Césarée et qui a été composé en l'an 854, d'après divers documents, dont quelques-uns fort anciens, alors mis à la disposition du patriarche byzantin Épiphane (520-595) : « Epiphanio siquidem, vigesimo regiæ urbis episcopo, vita functo, et à propos de Ménas (536-552) : Episcopatum adeptus est solus que, vigesimus primus Ecclesiæ suæ episcopus, a romanæ urbis anlistite meruit ordinari ». En conséquence, en tenant compte des évêques rayés des diptyques, on voit que l'anonyme faisait commencer sa liste avec Métrophane et la composait de la manière suivante : Métrophane, Alexandre, Paul, Évagre, Grégoire de Nazianze, Nectaire, Jean Chrysostome, Arsace, Atticus, Sisinnius, Maximien, Proclus, Flavien, Anatole, Gennade, Fravitas, Euphémius, Macedonius III, Jean II, Épiphane, Ménas, et ces deux derniers occupent bien, on le voit, le vingtième et le vingt et unième rang à eux assignés par l'anonyme.
D'autres témoignages viennent corroborer ceux que nous venons d'énumérer. Le 3e canon du IIe concile œcuménique qualifie Constantinople de « νέα ώμη », « nouvelle Rome », et le 28e canon du concile de Chalcédoine affirme de nouveau la préséance honorifique instituée par le canon de 381, parce que Constantinople est « la capitale de l'Empire, la résidence habituelle du Sénat et du Basileus, tout comme la vieille Rome ». Ce fameux 28e canon provoqua une correspondance entre le pape Léon le Grand et l'empereur Marcien. Le pape y proteste à l'avance contre la légende de l'apostolicité prête à éclore. C'est un grand honneur, convient-il, d'être évêque de la capitale de l'empire oriental ; mais que le titulaire prenne garde de ne pas trouver cet honneur à sa mesure et de tenter de donner à son Église un apôtre pour fondateur. Il ne le peut pas : « Non dedignetur regiam civitatem, quam apostolicam non potest facere sedem ». Nous pouvons, utilisant les données fournies par les documents, établir le schéma de l'apostolicité légendaire de l'Église de Constantinople. Jusqu'à la moitié du Ve, il n'en est pas question. À la fin du VIe, saint Syméon du mont Admirable semble favorable à la légende que l'empereur Héraclius et l'hagiographe Arcadius n'hésitent pas, au VIIe, à croire d'origine apostolique. Ce n'est plus qu'à une façon exceptionnelle qu'on en doute au IXe. Si on cherche à resserrer la date de l'apparition de la légende, on constate que la supercherie a dû se produire à l'époque où elle servait les intérêts du siège qui la mettait en circulation, c'est-à-dire au moment où la rivalité pour la préséance religieuse entre Rome et Constantinople commençait.
La raison donnée est que les catalogues et les chroniqueurs byzantins régnent en tout trente-sept années. Nous ne parvenons, terminus à quo passablement obscur. Sa chronologie laisse beaucoup à désirer, car l'autorité des textes qu'on invoque avec leur nombre ; vagues et tardifs, trop souvent contradictoires, ils nous apprennent peu de chose de précis et rien de certain. Ce qu'une étude minutieuse en peut conclure, sans trop insister toutefois, c'est que l'épiscopat de Métrophane prend place depuis l'année 306 ou 307 jusqu'au 4 juin 314, date de la mort de l'évêque de Byzance.
La troisième tradition, « laissée trop souvent dans l'ombre », tient le juste milieu entre les deux précédentes. Cette tradition est représentée par deux sources grecques tardives, Syméon le Logothète et Cedrenus, qui ont conservé les noms de trois prédécesseurs de Métrophane, les évêques Philadelphe, Eugène et Rufin. La Chronique de Syméon nous fait connaître un nommé Philadelphe qui gouverna l'Église de Byzance pendant trois ans sous le règne de Caracalla (211-217). Ce Philadelphe succédait, avec le titre de « premier évêque », à un simple prêtre qui avait gouverné pendant huit années la communauté byzantine. Jusqu'au temps de l'épiscopat de Métrophane, la même Chronique nous a conservé les noms de deux successeurs de Philadelphe, ce sont Eugène, qui monta sur le siège de Byzance pendant le règne de l'empereur Gordien (234-244), et qui l'occupa pendant vingt-cinq années, il eut pour successeur, sous Numérien, en 284, l'évêque Rufin qui siégea neuf années. À raison de Syméon le Logothète, on devrait s'attendre à retrouver dont il s'inspire ; cependant, Philadelphe et Eugène sont seuls conservés ; mais cette omission est un simple oubli, puis que Métrophane occupe ici, comme chez Syméon, le quatrième rang. Cette tradition a été repoussée sans explication par le P. Cuypers et les historiens. Les historiens plus anciens ne remontent pas au-delà de Métrophane et que les listes de Syméon et de Cedrenus supposent des vacances de sièges trop fréquentes et trop prolongées. Entre l'avénement de Philadelphe, sous Caracalla, et celui de Métrophane, on compte un siècle environ, pendant la durée duquel trois évêques. On ne peut entrevoir l'impossibilité, encore moins l'improbabilité d'une telle situation. On peut, si on y tient absolument, supposer des périodes d'interrègne plus ou moins longues.
“L'histoire des évêques de Byzance est peu connue avant le règne de Métrophane, sous Caracalla. Les listes de Syméon et de Cedrenus supposent des vacances de sièges trop fréquentes et trop prolongées. Entre l'avénement de Philadelphe et celui de Métrophane, on compte un siècle environ, pendant la durée duquel trois évêques sont mentionnés. On ne peut entrevoir l'impossibilité, encore moins l'improbabilité d'une telle situation. On peut, si on y tient absolument, supposer des périodes d'interrègne plus ou moins longues.
Il est important de noter que les historiens plus anciens ne remontent pas au-delà de Métrophane et que les listes de Syméon et de Cedrenus supposent des vacances de sièges trop fréquentes et trop prolongées. De ce qu'on avait pris l'habitude de commencer à Métrophane il ne s'ensuit pas en rigueur d'histoire que celui-ci n'ait eu aucun prédécesseur. Ces noms ont pu être ignorés d'Eusèbe ; quant à Socrate, il n'en dit rien et ne cite pas d'évêque antérieur à Métrophane, mais ne nie pas qu'il y en ait eu. Syméon et Cedrenus ont donné des noms étrangers à ceux de la liste légendaire qui circulait de leur temps, on s'expliquerait difficilement qu'ils les aient imaginés de toutes pièces. Si on a négligé généralement ces trois, c'est probablement faute d'avoir su à quelle place les insérer dans la liste légendaire.
Le site de Constantinople est exactement la pointe sud-ouest du Bosphore, formant promontoire, qui s'élance de la côte d'Europe dans la direction de l'Asie-Mineure dont un étroit canal, creusé par la nature, la sépare, mettant en communication la mer Noire avec la mer de Marmara. Au nord, l'étroite baie de la Corne-d'Or s'enfonce profondément dans le promontoire et forme un des plus beaux ports du monde. À travers des rochers sans nombre et deux étroits défilés, les Dardanelles et le Bosphore, les eaux de la Méditerranée allaient rejoindre celles du Pont-Euxin. À l'entrée d'un des passages qui servent d'écoulement et de communication aux deux mers, s'élevait Byzance. Un canal d'un peu plus de cinq lieues de long et d'une demi-lieue de large, incessamment traversé par un courant rapide, la séparait du Pont-Euxin.
Le promontoire qui présente l'aspect d'un trapèze est généralement regardé et décrit sous l'aspect d'un triangle, à cause de la faible dimension de son côté oriental. Le point culminant ne dépasse pas la hauteur de 36 mètres. L'aspect du promontoire est celui d'une colline isolée formant l'extrémité sud-ouest et un long ressaut de terrain coupé, à des profondeurs différentes, par cinq vallées formant six monticules distincts. À ce point de vue, le sol offrait avec les sept collines, la même caractéristique que l'emplacement de l'ancienne Rome. Toutefois les collines byzantines n'étaient pas destinées à une semblable notoriété, leurs noms sont à peine connus et elles sont généralement désignées par des numéros d'ordre.
Voici l'énumération et la topographie sommaire de ces collines : Colline n° 1, la plus proche de l'extrémité du promontoire, — Colline n° 2, séparée de Coll. 1 par la vallée qui descend de Sainte-Sophie vers la Corne-d'Or ; elle porte, sur son point culminant, la colonne de porphyre de Constantin, — Colline n° 3, isolée de Coll. 2 par la vallée du Grand-Bazar, — Colline n° 4, séparée de Coll. 3 par la vallée qui descend de l'aqueduc de Valens vers le port, — Colline n° 5, n'est guère que l'éperon de la Coll. 4 tourné vers le golfe de la Corne-d'Or. Entre la Coll. 4 et la Coll. 5 s'étend une large plaine fermée par la Coll. 4 au sud et la Corne-d'Or au nord.
@ home énervée et pervertie répugnait comme d'instinct à ces vertus politiques fondamentales au moment même où, par une contradiction trop fréquente, elle résidence impériale, Constantinople fut bien autre chose pour celui d'évêque que du dehors *, Rome devenait : l'infuser dans la société de son temps, c'était avant tout se montrer impuissante à engendrer les vertus civiques, qui les suppléent. De cette anarchie morale naissait l'anarchie gouvernementale, l'instabilité du pouvoir et sa transmission irrégulière. L'extension inouïe des frontières avait amené un autre inconvénient, La capitale semblait perdue au fond d'une province à une incommensurable distance des armées. Pour ces raisons, Dioclétien avait délaissé Rome pour se porter de sa personne à proximité du corps d'armée qui gardait la frontière nord-est de l'empire, la plus menacée en tout temps. Constantin comprit la leçon et transforma un calcul en une conception géniale. C'est que sa fierté répugnait à diviser cet empire que la fortune avait mis tout entier dans sa main ; son dessein se haussa au niveau de son orgueil ; un souverain d'Asie-Mineure ou d'Italie pouvait s'accommoder de Nicomédie ou de Milan, l'empereur du monde dans sa majesté indivisible réclamait un trône unique dont le site précieux dominât l'Asie et l'Europe. Ce ne fut pas du premier coup d'œil que le regard de Constantin découvrit le promontoire de Byzance. Il erra un moment, hanté peut-être par des souvenirs classiques, dans les environs de la ville de Troie et s'essaya à jeter quelques murailles entre cette ville et Pergame. On l'entendit dire encore : « Ma Rome est à Sardes » mais ces projets manquaient de suite et ne l'occupèrent que peu de temps. On ignore la circonstance qui attira l’attention de l'empereur sur le site du Bosphore, hasard d'un voyage, insinuation d'un conseiller ou description d'un poète, Quoi qu'il en soit, sur la trouvaille merveilleuse Constantin répandit le merveilleux à pleines mains. Il raconta ou il laissa croire qu'il avait été guidé dans son choix par l'intervention divine, On fit courir le bruit que l'empereur avait été averti, par une confidence miraculeuse, qu'à Rome l'Empire n'était pas en sûreté, Tantôt il était question d'un songe, tantôt c'était le vol d'un aigle qui, sous ses yeux, avait traversé le détroit de Chalcédoine, portant une pierre dans ses serres pour la laisser tomber sur Byzance. Philostorge raconte que Constantin, une pique à la main, traça lui-même la nouvelle enceinte de la ville dont les proportions parurent démesurées, Comme on le lui faisait respectueusement observer, lui demandant jusqu'où donc il comptait aller, il répondit : « J'irai jusqu'à ce que celui qui est devant moi s'arrête, » Le site de Byzance était bien choisi pour frapper l'imagination populaire, car les avantages naturels et politiques de la situation avaient valu à cette contrée une ancienne et illustre renommée. La poésie, la fable, la légende et l'histoire s'en étaient emparées, parsemant ces parages de toutes les séductions enfantées par l'imagination fertile des Orientaux et exprimées dans la langue divine des Grecs, Toi, fuyant d'Europe en Asie, la colère de Junon avait franchi le Bosphore, évitant les écueils que le navire Argo éviterait à son tour dans son expédition au pays de Médée. Les géographes « dont l'imagination dans l'antiquité n'était guère moins aventureuse que celle des poètes », expliquaient la formation des deux détroits du Bosphore et de l'Hellespont par une rupture amenée sur les rives du Pont-Euxin lorsque ses eaux grossies par le déluge de Deucalion cherchaient à toute force une issue dans leurs parois devenues trop étroites, L'Hellespont voisinait avec la plaine de Troie, le mont Ida, le tombeau d'Achille, et recevait les eaux du Scamandre, l'arrière de l'Hellespont Xerxès avait jeté ses multitudes sur la Grèce et non loin de là, Alexandre avait pour toujours anéanti les armées du roi des Perses sur les bords du Granique.
L'importance stratégique de Byzance était une considération plus capable encore d'impressionner Constantin et de fixer son choix, De la rade de Byzance, des flottes et des troupes pouvaient, en deux jours, se porter sur les eaux du Pont-Euxin jusqu'aux extrêmes frontières de l'Empire, « aux embouchures du Danube, du Borysthène ou du Tanaïs, inépuisable pépinière de tribus barbares, C'était, en effet, dans le bassin formé par ces trois fleuves que s'écoulait régulièrement, depuis l'origine du monde, le courant d'émigration qui poussait les hommes d'Orient en Occident. Par là les Scythes, les Goths, les Sarmates avaient déjà passé avant de s'échelonner à des hauteurs diverses le long du Danube, ou à des latitudes différentes dans le continent germanique. Par là, les Huns devaient s'avancer à leur tour. C'était là le point de jonction entre les Barbares de l'Orient et ceux de l'Occident, et tout l'intérêt d'un défenseur de l'Empire était de porter ses coups directement à cette jointure, Dans un temps où la marine régulière était encore le privilège de la civilisation romaine, l'admirable rade et l'excellent port de Byzance étaient des biens inappréciés. Le souverain qui les possédait, très voisin par mer, très éloigné par terre, des contrées habitées par les Barbares, pouvait porter des attaques rapides qu'on ne lui rendait qu'avec peine et lenteur, C'est ainsi que la situation incomparable de Byzance résolvait le problème de marquer en même temps, à peu de chose près, le milieu géométrique de l'Empire, tout en restant à proximité d'une des frontières les plus importantes et les plus difficiles à garder !, » Là, enfin, et « là seulement, le maître pouvait se flatter de rester en contact avec les deux sociétés grecque et latine, artificiellement unies par l'administration romaine, mais chez qui la diversité des langues avait conservé le souvenir de la diversité des origines, et qui, à la faveur du relâchement des liens sociaux, retournaient chaque jour plus visiblement à leur opposition naturelle. Pour demeurer le maître de tout l'Empire, il fallait rester à portée d'entendre parler à la fois les langues d'Homère et de Virgile.
IV. LA VILLE DE CONSTANTIN. — La nouvelle enceinte tracée de la main même de l'empereur embrassait la plus grande partie de l'isthme qu'enserrent la Propontide d'un côté et la Corne-d'Or de l'autre : cette enceinte s'étendait suivant une ligne polygonale prise à une faible distance à l'est de la citerne Mokius (Colline n. VII) et de la citerne d'Aspar (entre les Collines n. IV et n. VI). Les deux extrémités se rabattaient brusquement pour tomber, sur la mer de Marmara, à peu de distance de Psamata Kapoussi, sur la Corne-d'Or, dans le voisinage de Stamboul. Les murailles élevées le long du rivage furent prolongées depuis le point terminus de l'enceinte de Sévère jusqu'au point d'affleurement de la muraille de Constantin avec la mer, et cette nouvelle enceinte comprenait quinze stades de plus que l'ancienne (près de trois quarts de lieue). Le travail nécessaire à la construction de la muraille du côté de la terre fut considérable ; il fallut jeter dans la mer des rocs entiers pour rompre l'impétuosité du courant, La plus ancienne description de Constantinople remonte au règne de Théodose II et nous donne en largeur et en longueur les dimensions de la capitale, mais il y aurait lieu de supposer que c'est en tenant compte de l'extension reçue par la cité.
À la pointe la plus avancée du promontoire, la ville chrétienne, garde l'attache topographique dans depuis l'avénement de ce prince. Ce n'est pas le toutefois ; les limites de Constantinople au Ve sont repérées et ne coïncident pas aux renseignements fournis par la Notitia qu'il faut nécessairement tenir à l'enceinte constantinienne. La longueur, mesurée depuis la Porta aurea à l'ouest jusqu'à la porte de Platée à l'est, donne 14075 pieds romains (une lieue environ) ; la largeur, qui est de 6150 pieds romains (environ 2500), se compte d'après une ligne tirée de Saint-Émilien (Daoud Pasha Kapoussi) jusqu'à la porte de Platée (Oun.Kapan Kapoussi), Le Constantin, pour aller de l'Hellespont à la Corne, escaladait les Collines n. VII, n. IV et n. V. Mordtmann a proposé d'étendre à toute la longueur du côté extérieur de l'enceinte constantinienne la désignation d'Exokionion (ξωκίωv) par corruption Hexalion (ξάλιον) ; Petrus Gyllius le reportait sur la Colline n. V où se trouvait de son temps une église à un mille et demi au nord-ouest de la mosquée Sultan Mehemet. A. Van Millingen a très judicieusement ramené l'Exokionion sur la Colline n. V, autre point de repère certain pour l'enceinte constantinienne est la « Porte-Vieille du Précurseur » ( πύλη τοῦ Προδρόμου), souvent désignée simplement sous le nom de Porte-Vieille ( παλαιὰ πύλη). Cette porte demeura debout quand la muraille fut et dut son nom à une église dédiée à Saint-Jean Baptiste adjacente à la muraille, laquelle église lui emprunta en retour son épithète de la manière suivante : Église du Précurseur à la Porte-Vieille. Cette double détermination est en topographie bonne fortune qui a toujours son prix ; en effet, elle nous permet de fixer avec certitude une partie du tracé de l'enceinte constantinienne, En effet, M. Chrysoloras place l'entrée de la Porte-Vieille à la hauteur du Forum d'Arcadius et en fait un des plus magnifiques monuments de la cité. Buondelmonte la vit en 1422 et il la qualifie sur son plan de « Anti qui Pulchra Porta », Elle traversa la conquête turque : le nom de 1sa Kapoussi (Porte du monastère du Jardin) mais s'écroula lors du tremblement de terre de 1766 ; le sol fut nivelé, Une petite mosquée, ancienne dépendance de 1sa Kapoussi Mesdjidi et la rue adjacente Kapoussi Sokaki. Il est donc évident que l'enceinte constantinienne en passant sur la Colline n. V se trouvait à peu de distance de 1sa Kapoussi Mesdidi de l'Exokionion.
Puis que nous jalonnons l'enceinte constantinienne, citons encore les Portiques des Troyens (+πυλαὶ Τρωαδίωv) qu'on appelait parfois le mur des Troyens (τὸ Τρωαδίωv τείχους), à cause de sa proximité de la muraille. Ces portiques étaient situés dans la 5e région, ils garnissaient probablement la rue qui joignait la Porta Aurea à la cité. Rien à induire des emplacements douteux du monastère de Saint-Dion et du Couvent d'Icasia sur la Colline n. VII. La citerne d'Aspar (Τχουκορ Βοστάν) était, selon Hesychius Milesius, Fragm. hist, græc., t. IV, p. 317, Novogorod l'associe à l'église de Saint-Mokius et au couvent Saint-Luc, B. de Khitrovo, Itinéraires russes en Orient, p. 123.
La citerne de Bonus, construite par le général qui dirigea la défense de Constantinople en 627, n'a pas un emplacement universellement accepté. Pierre Gyllius l'identifie avec une citerne comblée et transformée en jardin non loin de l'église ruinée de Saint-Jean de Petra, sur la Colline n. VI. Quoi que cette citerne ait disparu depuis l'époque où la vit ce voyageur, on peut écarter son explication car il est certain que l'enceinte constantinienne ne s'étendit pas si loin. Mordtmann fait d'un réservoir situé au sud-ouest de la mosquée de Sultan Selim, sur la Colline n. V, la citerne de Bonus et cette opinion a pour elle de sérieux arguments à faire valoir. A. Van Millingen admet que la citerne en question était située à peu de distance de l'église des Saints-Apôtres, mausolée de Constantin : or, entre le palais de Bonus et l'église se trouvait une ancienne citerne changée en jardin qui pourrait avoir été le réservoir voisin de la mosquée de Sultan Selim, ce qui s'accorderait bien avec le fait que le mur de Constantin entre la citerne d'Aspar et la Corne-d'Or passait proche du site actuel de Sultan Selim et de la citerne avoisinante. Il y a toutefois une difficulté considérable à cette identification, la citerne de Bonus était couverte ? et le réservoir de Sultan Selim semble bien ne l'avoir jamais été. J. Strzygowski suggère de placer la citerne de Bonus près d'Eski Al Pasha Djamissi, dans la partie nord de la vallée du Lycus et au sud-ouest de la mosquée de Sultan Mehemet. Quoiqu'il ne subsiste sur ce point aucune trace de citerne, la conjecture ne laisse pas de présenter des côtés satisfaisants.
L'église dédiée aux Saints-Manuel-Sabel-et-Ismael située sur la Colline n. V marquait le point d'où la muraille se dirigeait vers la Corne-d'Or (axengyero). Le Synaxaire dit, en effet, qu'elle était proche de l'enceinte constantinienne, sur une pente très rapide, près de l'église de Saint-Élie au Pétrion.
La muraille descendait de la plaine de Platea (Tissu) de la Colline n. V au nord-est vers la Corne-d'Or. Le mur de Constantin était percé d'un certain nombre de portes, qui correspondront pour la plupart avec les portes de l'enceinte théodosienne. Ces portes étaient ainsi nommées : Porte du Cimetière (Uégrx Iloïuavésiou) prés de l'église des Saints-Apôtres ; ce nom sera un de ceux qu'on donnera à la porte d'Andrinople. — Porte d'Atale (Iégra « Aräiou) décorée des statues de Constantin et d'Atale et ruinée par le tremblement de terre de 740 ; cette porte était située sur la Colline n. VII. — Porte Palaia (— Iza 1978 Kapoussi prés de /sa Kapou Mesdjidi), est-elle la même que la Porta Aurea mentionnée, on s'en souvient, par la Notitia comme le point extrême de la cité dans le sens de la longueur ? Le témoignage de la Notitia ne peut être invoqué ici puisqu'à l'époque où elle fut rédigée la Porta Aurea de l'enceinte théodosienne existait déjà (= Yedi Koulé Kapoussi) et qu'on serait assez fondé à supposer que c'est cette dernière qui est visée dans la Notitia, si la distance entre Yedi Koulé et le phare du Sérail n'était beaucoup plus considérable que la distance donnée par la Notilia. Celle raison, encore qu'on l'ait discutée, nous paraît convaincante et nous admettons donc que la mention faite par la Notitia se rapporte à l'enceinte constantinienne ; pour l'auteur de la Notitia cette dernière l'intéressait seule et il était porté à considérer la Porta Aurea de l'enceinte théodosienne comme une sorte de vestibule correspondant à la véritable Porta Aurea, celle de Constantin. Ce point établi et admis, l'identification de la Porta Aurea avec la Palaia Porta n'offre plus guère de difficulté. La Porta Aurea, ou Palaia (ou Antiquissima, ainsi que nous lisons sur le plan de Buondelmonte), était située sur la Colline n. VII entre l'Exokionion et le Forum d'Arcadius, sur la Voie Triomphale. La Notitia rend témoignage de sa splendeur : quam (regionem scil, XIT) manu sublinior decorat ornaltus.
Sur le bord de la mer de Marmara la seule porte constantinienne qui nous soit connue avec certitude est la Porte de Saint-Emilien (— Daoud Pasha Kapoussi) près de l'église de Sainte-Marie Rabdou. — A-t-il existé une Basiliké Porta à la Corne d'Or sur l'emplacement actuel de Ayasmia Kapoussi ? C'est fort douteux.
Voilà ce qu'à l'heure actuelle on peut dire d'à peu près certain sur la muraille constantinienne, laquelle justifia pendant quatre-vingts ans les peines qu'avait imposées sa construction par le service qu'elle rendit à la nouvelle capitale. Après le désastre des armes impériales sous Andrinople, en 478, les Goths marchèrent sur Constantinople, mais la vue de l'enceinte formidable calma leur convoitise et leur suggéra de battre en retraite. Alaric, malgré son audace, n'osa jamais entreprendre une attaque de vive force et Gaïnas, renonçant à tenter un coup de surprise, leva son camp de l'Hebdomon et recula jusqu'en Thrace. C'est une erreur de croire que la construction de l'enceinte théodosienne entraîna sans délai la destruction de l'enceinte constantinienne ; ce fut le contraire qui se produisit. La muraille de Constantin devint pendant longtemps un boulevard intérieur et comme une seconde ligne de défense. Elle était encore debout, au moins partiellement et sur une longue étendue, à l'époque de Justinien quand on nous rapporte qu'un tremblement de terre ne fut pas moins désastreux pour une des enceintes que pour l'autre. L'auteur de la Chronique pascale a encore vu le mur de Constantin faisant bonne figure. En 740, lors du tremblement de terre, on note l'écroulement de la Porte d'Atale, d'où il faut induire qu'il subsistait alors des vestiges importants, puis que la Porta Aurea existait elle aussi au début du XVe.
À partir du VIe avancé, on ne relève plus aucun témoignage de l'existence de l'enceinte constantinienne, ce qui permet de supposer avec toute vraisemblance que sa destruction était alors commencée. Pendant que l'enceinte sortait de terre, la ville commençait à laisser entrevoir ses grandes lignes et ses édifices principaux, tant publics que privés. Nous avons dit ailleurs à quels besoins se heurta la volonté de Constantin ; on manquait d'architectes, de chefs de chantiers, d'ouvriers d'art. Pour compenser cette infériorité, on recruta des hommes de peine qui furent improvisés maçons, charpentiers, etc. ; dans le nombre se trouvaient quarante mille Goths qui furent désignés sous le nom de fœderati. Si, à ce prix, la dédicace de Constantinople put se faire à jour dit, le 11 mai 330, ce fut aux dépens de la solidité ; on sacrifia les vieilles méthodes lentes mais sûres qui avaient fait leurs preuves.
Il arrive souvent, a-t-on dit, aux hommes accoutumés au commandement, de perdre toute patience en avançant dans la vie. Ils sentent que le temps les gagne et que c'est le seul ennemi dont ils ne puissent venir à bout, ni par force, ni par génie. Ne serait-ce pas aussi qu'à force de vivre, ils se sont rendu compte qu'eux seuls pourront exécuter les plans de leur vaste génie et qu'ils ne savent se résoudre à en admettre l'avortement ou l'ajournement définitif ? Outre le désir de jouir vite, il fallait compter avec l'ordre de travailler économiquement sans que la grandeur et la splendeur s'en ressentent. On fut satisfait, Constantin prit livraison de sa capitale et put satisfaire son impatience, mais il ne songea pas que cette malencontreuse précipitation transformait son grand dessein en un simple caprice. Ces édifices élevés en si grand nombre comme par enchantement périrent en peu de temps et durent être remplacés. Un autre effet non moins fâcheux fut d'élever les monuments nouveaux avec la dépouille des temples anciens. Ceux-ci, généralement très exigus, ne pouvaient suffire à la construction des églises chrétiennes, presque toutes très vastes. Il arriva donc qu'une même église offrit dans sa décoration et jusque dans son gros œuvre les dépouilles disparates de plusieurs temples. Colonnes, frises, architraves de dimensions et de styles divers se trouvèrent rapprochées et associées tant bien que mal ; on se contenta de les ajuster tant bien que mal, parfois même on n'y prit pas garde.
La configuration topographique et la hantise de Rome exercèrent une grande influence sur la disposition d'ensemble de la ville. Les deux points principaux, ou si l'on veut les noyaux de tout le développement, furent le Forum Augusteum et le Forum Constantin. Le Forum de Constantin était situé devant la porte principale de l'enceinte de Sévère. C'était une vaste place, de forme elliptique, pavée de larges dalles, enveloppée d'un double portique ; à chaque extrémité, dans le sens de la longueur, s'élevait une haute voûte formant entrée monumentale ; au centre, sur une colonne de porphyre, on voyait la statue d'Apollon portant la couronne radiée et figurant Constantin répandant la lumière et la vie sur sa création. Au nord du Forum s'élevait le palais du Sénat.
Le Tetrapylon agrandi et décoré prit le nom d'Augusteon en l'honneur de la mère de l'empereur, qui avait reçu le titre d'Augusta et dont on voyait en ce lieu la statue sur une colonne de porphyre.
L'hippodrome avait été agrandi et parmi d’autres œuvres célèbres on venait d'y introduire le Serpent de Delphes. Les thermes de Zeuxippe, tout voisins, furent achevés. Du côté de l'hippodrome, en vue de la mer, fut construit le palais impérial. Ce palais, qui devait servir, pendant des siècles, de théâtre à toutes les tragédies domestiques et à toutes les révolutions du nouvel empire, n'était, dit Zosime, guère moins grand que celui de Rome. Il était composé de plusieurs bâtiments réunis, contenant des bibliothèques, des salles de gardes et des salles de fêtes sans nombre. Joignant la mer d'un côté, le bâtiment s'élargissait pourtant assez pour que, par une autre issue, il communiquât avec le centre de la ville sur le forum.
À cette splendide habitation de ville, Constantin d'ajouta une demeure de plaisance que les écrivains désignent sous le nom de Magnaure. Elle était située à l'angle de l'isthme, sur les bords de la Corne-d'Or. Le palais du Sénat situé à l'ouest du Forum Augusteon offrait une entrée somptueuse. Son porche était fait de six énormes colonnes de marbre et l'édifice avait reçu la décoration la plus variée et la plus rare ; on y voyait par exemple le fameux groupe des Muses de l'Hélicon, la statue du Jupiter de Dodone et la Pallas de Lindos.
Eusèbe nous a appris que Constantin avait fait construire dans sa capitale un grand nombre d’églises, parmi lesquelles les plus remarquables furent l'église de Sainte-Irène et l'église des Apôtres, situées, la première au nord et à peu de distance de l'Augusteon (elle fut restaurée par Justinien et par Léon III et se trouve aujourd'hui dans l'enclos de l'arsenal), la seconde couverte de plaques de bronze, s'élevait au sommet de la Colline n° IV (elle est devenue la mosquée de Mahomet II). Dans l'église des Saints-Apôtres, l'empereur avait préparé son mausolée, au centre de douze piliers rappelant le nombre des Apôtres. Après lui, un nombre d'empereurs, d'impératrices et de patriarches choisirent dans cette église leur sépulture.
En ce qui concerne Sainte-Sophie, la part de Constantin est fort contestable dans la première église qui porta ce vocable, destiné à tant de célébrité ; en tous cas, il n'a pu avoir qu'une initiative et faire, tout au plus, creuser les fondations. Eusèbe ne parle pas de Sainte-Sophie au nombre des constructions religieuses de son héros et Socrate en reporte l'honneur à Constance.
Parmi les autres églises attribuées au fondateur de Constantinople, on compte celles de Saint-Mokius, de Saint-Acace, de Saint-Agathonicus, de Saint-Michel à Anaplos, sur le Bosphore. Quelques grandes rues, larges et d'un parcours étendu, facilitaient les communications dans la ville entière. L'une d'elles partant de l'extrémité sud-ouest du palais impérial côtoyait la mer de Marmara jusqu'à l'église Saint-Émilien et rendait le port artificiel d'Éleuthère (Flanga Bostan) d'un accès facile.
Fr 1385 constructions ne laissait pas aux architecres le temps et la liberté d'esprit de chercher et de combiner des formes nouvelles, Cependant, comme l'a dit avec un rare bonheur d'expression M. de Broglie !, les édifices religieux formaient un contraste frappant dans la ville nouvelle avec la masse mal ordonnée des bâtiments de genre divers qui s'élevaient par enchantement à la voix de Constantin, Autant qu'on en peut juger par les monuments qui nous restent de cette époque, l'architecture de la ville devait se ressentir grandement de la décadence générale du goût, La recherche d'une grandeur lourde et sans grâce, la combinaison hasardée des styles divers, la préférence donnée à l'éclat des matériaux sur la perfection de la forme sont des traits qu'on relève généralement dans les ruines de cet âge, dans les thermes de Dioclétien, par exemple, dans les débris de son palais à Spalato, dans l'arc de triomphe de Constantin à Rome, Mais au milieu de cet amas confus de colonnes et de pierres, les églises chrétiennes conservaient un caractère particulier et touchant. Presque toutes construites sur un modèle semblable, elles présentaient le symbole de l'ordre renaissant au milieu de la dissolution générale. Il n'est point indifférent pour l'histoire, d'étudier à son berceau cette architecture chrétienne toute pénétrée de l'esprit d'une religion qui exerçait une telle influence sur les faits et sur les mœurs. Le style auquel Byzance donnera son nom n'est pas né sur le sol de cette ville, mais il y a trouvé, dès la première moitié du IVe, des facilités inespérées de réaliser l'évolution des puissances qu'il contenait en germe et, par l'effet d'un rapprochement où l'antiquité eut reconnu la volonté d'une divinité propice, c'est à Byzance que cet art, à l'apogée de ses moyens, viendra réaliser l'incomparable merveille que nous éludierons : Sainte-Sophie.
Eusèbe nous a conservé deux ou trois descriptions différentes des églises élevées par Constantin. Elles concordent toutes entre elles et se rapportent aux autres indications données par les écrivains contemporains *, Le vaisseau de ces églises n'est autre chose que la grande salle d'un bâtiment ordinaire légèrement modifiée par les besoins du culte et l'esprit symbolique des premiers chrétiens, Sa forme est encore celle d'un carré long, pourvu à son extrémité d'une petite rotonde étroite et courte, disproportionnée en apparence au reste de l'édifice. C'était néanmoins le lien le plus auguste qui se trouvait dans cet hémicycle qui conservait le nom de Exedra en souvenir des tribunaux civils où était placé le siège du juge.
La basilique avec ses dépendances et ses bâtiments accessoires, atrium, narthex, baptistère, vestiaire, sacristie, archives, maison de l'évêque et demeures des clercs, formait toute une agglomération. Les petites constructions adjacentes à la basilique, ordinairement de forme ronde, ont les contours gracieux des temples grecs. Dans les portiques nombreux qu'on prit bientôt l'habitude d'appuyer contre les murailles de l'église, la voûte romaine dessina ses arcs d'une fermeté majestueuse. Mais le faîte de l'église elle-même conserva longtemps, même à Constantinople, la forme d'un toit ordinaire. Au-dessus de la rangée de fenêtres cintrées qui surmontent les colonnes intérieures, s'élevait la charpente tout unie formant comme la carène d'un vaisseau dont les solives demeuraient saillantes. Même quand ces solives étaient, comme dans l'église des Saints-Apôtres, disposées en lambris dorés, même quand la couverture extérieure, au lieu d'être faite de tuiles, était d'un airain resplendissant au soleil, la contexture même du dôme rappelait toujours l'origine de la foi nouvelle, Un toit d'apparence rustique dominant les monuments de l'art grec et de la puissance romaine, c'était l'image de la révolution chrétienne tout entière, :
« Tel est, en effet, le caractère de la basilique sous Constantin. Malgré les trésors qu'y apportaient de nouveaux et opulents prosélytes, malgré les fûts de colonnes de divers marbres et de divers ordres qui en soutiennent les arcs, malgré les sarcophages antiques chargés de sculptures païennes, les blocs de porphyre ou de basalte qui s'y pressent un peu confusément, malgré tout ce luxe d'une civilisation convertie, entassé souvent avec plus de piété que de goût, elle conserve toujours dans ses linéaments principaux l'apparence champêtre d'une vaste grange, On dirait l'étable de Bethléem enrichie des présents des mages. Plus tard le génie oriental a pu la couronner de coupoles élégantes, ou bien le toit s'est effilé et s'est élancé vers le ciel comme une flèche ; mais rien n'a surpassé la simplicité sévère et la grandeur gracieuse des premiers types. Seul de tous les monuments de cet âge la basilique a su trouver une originalité véritable. La pureté, la vivacité des sentiments qu'on y respire font oublier l’imperfection de l'art et la corruption du goût, » ;
La dédicace avait eu lieu le 11 mai 330, vingt-cinquième année du règne de l'empereur, on ne peut supposer que la ville fût achevée, mais probablement les constructions étaient assez avancées pour que la cité eût quelque apparence d'une capitale et qu'on ne parût pas faire la dédicace des échafaudages. D'après plusieurs auteurs, Constantinople aurait été recouronnée à la protection divine sous l'invocation de la Vierge, Mère de Dieu. D'après Eusèbe, en position d'être bien informé, la ville fut consacrée au nom des martyrs. “ Aux cérémonies religieuses se joignirent les fêtes profanes dont certains détails auraient pu scandaliser des chrétiens délicats. On fit au peuple d'abondantes distributions de vivres, et on célébra de grands jeux du cirque dans l'hippodrome, Pendant une de ces représentations, un cortège de soldats revêtus de longues chlamydes, et qui tenaient des cierges à la main, alla chercher la statue de Constantin qu'on fit entrer dans l'arène. Tout le peuple à genoux la salua de ses acclamations, Puis on la reporta sur la colonne de porphyre, un prêtre précédant le cortège et répétant Kyrie eleison, La fête ne dura pas moins de quarante jours. Elle dut se reproduire, bien qu'avec moins d'éclat, sans doute, tous les ans. Le 11 mai fut pendant des siècles un jour férié dans tout l'Empire, qui porta le nom de « Natalité de Constantinople ». Désormais, Byzance n'était plus, elle avait fait place à Constantinople.
Et malgré tout, le souvenir de l'antique Rome hantait la pensée de Constantin. Pour en chasser l'importun prestige il descendit à des puérilités destinées, dans cet esprit où le gigantesque et le mesquin avaient leur place tour à tour et parfois simultanément, destinées à égaler — car il désespérait d'éclipser — la Rome nouvelle à l'ancienne. Outre le droit italique, emportant l'exemption d'impôt foncier et de capitation, qu'on étendit à la province dont Constantinople était la capitale, on divisa la ville en quatorze régions, le même nombre qu'à Rome, et on pourvut à sa subsistance par des institutions identiques, notamment l'annone chargée des distributions gratuites et de l'approvisionnement de pain, de viande, d'huile et de toutes sortes de denrées. Constantin introduisit à Constantinople la même machine administrative dont Rome avait fait un long usage. Ce furent les mêmes corporations privilégiées de marins, de voituriers, de boulangers, de charretiers, de marchands de vin qu'on vit surgir, en un mot les fournisseurs de toute espèce, dont les charges étaient obligatoires et héréditaires. L'empereur organisa avec un soin particulier la Corporation des marins. Il imagina même une confrérie d'un caractère alors nouveau et original ; c'était un corps de neuf cent cinquante personnes choisies dans les divers métiers qu'il attacha spécialement à la plus grande église en les déchargeant de toute sorte d'impositions, mais en les astreignant à s'acquitter envers les morts des derniers devoirs de l'humanité, et à réciter pour eux les dernières prières de l'Église ? L'administration de la ville fut calquée sur celle de Rome. Il ne pouvait convenir que la nouvelle Rome fût soumise à la suprématie d'une métropole telle qu'Héraclée, on l'en détacha donc et Constantinople posséda désormais son préfet du prétoire et son préfet urbain particuliers *, Le Sénat — car un corps reçut ce nom fameux qui semblait l'exclusif apanage du Sénat romain — le Sénat jouit du même titre, des mêmes honneurs, connut des mêmes affaires, A vrai dire l'assemblée jadis la plus illustre du monde était si profondément déchue de sa gloire et de sa puissance qu'on ne pouvait trouver d'inconvénient à dédoubler ce corps destiné à devenir synonyme de décrépitude ou d'avilissement, Il y eut cependant une chose que Constantin ne put conférer à son Sénat, ce fut ce prestige de reflet qui s'attachait à l'ombre d'une grandeur évanouie et provoquait d'une façon presque automatique la confiance et le respect populaires aux heures de crises et de périls publics. Le Sénat de Constantinople, comblé de richesses et de titres, ne parvint jamais à s'élever au-dessus du niveau d'une assemblée de second ordre. Cette posture un peu humiliée avait pu être voulue par Constantin qui n'était pas d'humeur à se mettre sur les bras une deuxième assemblée capable d'entraver à l'occasion sa politique. La monarchie régulière en vue de laquelle on le voit organiser ses provinces et composer ses lois à partir de cette époque de son règne était destinée dans sa pensée à succéder alors et définitivement à la dictature militaire sous laquelle vivait l'Empire depuis les jours de Dioclétien. Si l'on ne se faisait une idée de cette révolution politique, on apprécierait mal l'importance de la fondation de Constantinople, qui n'en fut que l'indispensable complément, « En attribuant à Constantin toute l'organisation de la monarchie byzantine, nous suivons l'usage consacré dans tous les historiens qui ont raconté cette époque. Mais nous ignorons nullement que Constantin n'eut point la première initiative de cette révolution et n'y mit pas la dernière main, Dioclétien fut le véritable inventeur : les successeurs de Constantin achevèrent et complétèrent l'œuvre, On est convenu cependant de faire dater de Constantin l'origine de la monarchie nouvelle, parce qu'il n'est pas douteux que la fondation de Constantinople fit faire un pas immense dans la voie de la monarchie théodosienne, 1, XIV, tit. X, L 4. — “Code justinien, l'influence, quoiqu'il soit parfois difficile d'en assurer la constance, Constantin hanté par les souvenirs de Rome même des régions ne fut pas étendu au territoire pris entre l'enceinte constantinienne et l'enceinte théodosienne, jusqu'à la conquête musulmane ne l'est pas moins. Sur ce point les témoignages sont formels et exacts ; retrécissant après avoir dépassé la façade de l'Aqueduc, Aux thermes de Zeuxippe les régions I, II et III se rencontrent. Le voyageur juif Ibn-Batouta, qui visita la ville au temps de déjà ouverte et que Constantin lui-même, dont l'activité était extrême, prit à la transformation de l'œuvre une part personnelle dont on ne peut méconnaître les limites. » ; VI, LES QUATORZE RÉGIONS, — Nous avons dit que Constantin divisa la ville en quatorze régions ou arrondissements. Ce nombre ne fut pas augmenté dans la suite et le système annexe considérable portèrent des noms divers, que l'erokionion, dont nous avons parlé, d'abord par les campements des corps auxiliaires thématiques ils ne furent enfermés dans la dernière enceinte que sous Théodose II, Les corps gothiques, au nombre de sept, campaient en sept quartiers ; quatre seulement nous sont connus : Deuteron, Triton, Pempton, Hébdomon. À l'époque des Croisades on n'y distinguait que les quartiers de Psamathia, Deuteron, Pempton, Hébdomon et Blaquernes ; certains, comme Hébdomon, sont parfaitement repérés, le nom de celui-ci est dérivé du 7° milliaire,
Ire région. — Située en plaine sur le rivage de l'isthme entre le port de Boucoléon et le palais de Mangana, résidence d'été, À la base, entre Boucoléon et l'hippodrome se trouvait le palais impérial : à mesure qu'on se dirigeait vers Mangana la région allait s'éteindre. De ce point, le tracé passant au sud du palais du Sénat, se dirigeait vers la mer par une des rues encore reconnaissable aujourd'hui et que les topographes byzantins nomment xarafaoior eic rüv Aäapav.
IIe région. — Sa base, très étroite, est le chalcidique de l'hippodrome. En touchant l'enceinte septentrionale du palais impérial, le tracé suit celui de la Ire région jusqu'au point où celui-ci touche au rivage, près du palais de Mangana et de l'église Saint-Georges du même nom. La IIe région comprend alors toute la pointe du Sérail et le plateau de l'acropole, Suivant la pointe extrême du promontoire et un peu avant d'arriver à la Porte d'Eugène le tracé reprend et se dirige avec des détours vers l'angle nord du chalcidique de l'hippodrome., Dans cette région, outre l'acropole, se trouvaient Sainte-Sophie, Sainte-Irène, les thermes de Zeuxippe, le Forum Augusteon.
IIIe région. — Son tracé est des plus irréguliers ; il part de la Porte d'Eugène, rencontre la limite de la IIe région, De là, passant devant le chalcidique de l'hippodrome, le tracé de la IIe région va toucher la grande rue du Centre, Meor, 2emwgégos (— Divan yolou) et la suit jusqu'au Forum Constantini. Arrivé au Tres — Les témoignages d'une importance vraiment capitale sont ceux de Constantin Porphyrogénète, Liber de cerimoniis, théologues. — Notamment Banduri qui comprend à tort l'erés kionion dans les régions constantiniennes. — L'église Saint-Lazare est située un peu au-dessous de Mangana,
Kapan Kapoussi. Celle rue portait, à l'époque byzantine, le nom de Maxpôv Épéolos (= Ouroun Tcharchi, le « marché long »). Elle se trouvait être l'itinéraire officiel lors que l'empereur se rendait du palais impérial à l'église de Notre-Dame des Blachernes.
IX région. — C'est un parallélogramme régulier occupant la déclivité méridionale de la Colline n. 11 jusqu'au bord de la mer de Marmara, où elle s'étend entre le port de Kontoscalion et le port de Théodose (— Vlanga Bostan). Au sommet la rue Centrale sépare la IXe et la Xe région.
Xe région. — Sur la Corne-d'Or, depuis la porte de Drungarios jusqu'au point de jonction de l'enceinte constantinienne avec la muraille bordant le rivage, et, un peu au-dessus de ce point, le tracé remonte presque directement pour rejoindre l'angle nord-ouest de la IXe région. C'est tout le versant occidental de la Colline n. III,
Dans cette région se trouve l'Ayasma Kapoussi qui pourrait être une réminiscence du naos Acacii, distinct de l'église de ce nom, située dans la VIIe région,
La Xe région comprenait en outre les Thernæ Constantinianæ, près du quartier Constantiniana S, Theodosiana 5, le Nympheum majus ou « Château d'eau » (= Takrint), situé à l'ouest et aux alentours du Forum Taœuri, le palais de Placidiæ, qui était situé entre les Thermæ Nymphæum,
XIe région. — Elle ne touche nulle part à la mer et occupe le plateau de la Colline n. IV, puis descend au sud jusqu'au Forum Bovis, qui devient ainsi le point de contact des XIe, XIIe et IXe régions.
La limite de la XIe région au sud on fixe sans peine la position du Forum à Bovis à Ak Seraï. Autrefois, comme de nos jours, vu les conditions topographiques, toutes les rues venant du Xerolophus et des portes de la ville devaient converger sur ce point,
XIIe région. — Elle correspond à la Colline n. VI, le Xerolophus,
Limitée à l'ouest par l'enceinte constantinienne, au nord-est par le Lycus, au sud par cette région comprenait le grand port d'Éleuthère le port de Théodose (— Vianga Bostan).
Presque au centre de cette région, la rue droite conduisant du Forum Bovis à la Porta Aurea, se trouvait le Forum Arcadii avec la colonne d'Arcadius, encore debout à l'époque où Pierre Gyllius visita Constantinople,
XIIIe région. — Sur la côte opposée de la Corne-d'Or, le quartier actuel de Galata, alors Sycæ.
XIVe région. — Comprenait le quartier des Blachernes et formait une ville à part, dont les murs prirent place à un système de fortifications compliqué,
A travers bien des vicissitudes, l'union effective entre les Églises d'Occident et d'Orient se maintint, sauf de passagères ruptures, jusqu'au déchirement définitif au XIe. Les troubles et le malaise profond qui précédèrent ce déchirement, les conséquences lamentables qui en résultèrent sont liés trop étroitement à l'histoire de Constantinople pour ne pas être étudiés à cette place. Les Grecs ont une tendance marquée à mesurer l'importance religieuse d'un siège épiscopal d'après la situation qu'occupe, dans l'ordre civil, la ville où est placé ce siège. Avant d'être, par un coup de force inespéré, devenue Constantinople, la ville de Byzance avait pour évêque un simple suffragant de l'exarque d'Héraclée en Thrace. Devenue résidence impériale et capitale de l'empire, Constantinople prit une importance considérable et son évêque s'éleva rapidement par-dessus tous ses collègues à raison de l'influence que lui donnait la facilité avec laquelle, grâce à son titre, il approchait de la personne sacrée de l'empereur et l'entretenait de ce qu'il lui semblait bon, sous prétexte d'affaires ecclésiastiques. Intermédiaire officieux et négociateur obligé entre l'empereur et l'épiscopat, l'évêque de Constantinople ne pouvait se dissimuler ce que cette haute situation avait de précaire, le pas aux métropolitains. Une telle infériorité parut bientôt insupportable aux évêques de la capitale qui, dès lors, ne cessèrent de travailler par tous moyens en vue d'arriver à une suprématie, d'abord honorifique, ensuite effective. La cour ne se montrait pas moins Constantinople, et leur aide constante, souvent inavouée, parfois incorrecte, donnée aux entreprises envahissantes du siège, peu scrupuleux en fait de moyens, conduira à une attitude d'indépendance tellement caractérisée qu'elle aboutira naturellement à la séparation, au lieu d'une désunion ordonnée et impatiente qui aboutit à des actes d'une incurrection manifeste, tels que le canon 28 du concile de 451. On peut dire que le patriarcat de Constantinople, inauguré en 381, s'est séparé de l'Église de Rome. L'identité n'effrayait plus depuis longtemps. On en avait fait l'essai à plusieurs reprises, Entre les années 2% et 787, date du VIIe concile œcuménique, on avait rompu cinq fois ; tantôt l'Orient tout entier, y compris l'Égypte et l'Ilyricum, tantôt la seule Église impériale, régions de Constantinople et d'Antioche. De 343 à 08 = 35 ans ; de 404 à 415 — 11 ans ; de 484 à 519 — 35 ans ; de 640 à 681 = 41 ans ; de 726 à 787 — 61 ans : désireuse que les évêques d'élever le rang du siège de Schisme, Celui-ci n'eut pas d'autre origine que l'ambition et, plus tard, s'est démembré par l'effet du vice constitutionnel de sa naissance. Cette séparation avec Rome, puis que dans toute cérémonie publique, il devait céder, cest-à-dire 203 années de rupture sur un total de 497 années, Ainsi pendant les cinq siècles qui suivirent la fin des persécutions, l'Église grecque a passé presque la moitié du temps en dehors de la communion romaine, Dès l'épiscopat d'Alexandre (314-337), successeur de Métrophane, dont nous avons parlé au début de cette dissertation, l'Église de Constantinople commença à expérimenter le trouble et la confusion avec les débuts de l'hérésie arienne, En 495, un concile s'y réunit en faveur d'Arius dont on voulut imposer la réconciliation à l'évêque Alexandre. Celui-ci refusa et la mort soudaine d'Arius résolut la difficulté menaçante, Le successeur d'Alexandre fut Paul, déporté à Singara, en Mésopotamie (339), pour faire place à un intrigant célèbre, Eusèbe de Nicomédie, qui ne fit que passer (CMS). Après lui commencèrent les douleurs. Paul fut rappelé en même temps le parti arien choisit un prélat nommé Macédonius, Exilé de nouveau à la suite d'une émeute, Paul remonta sur son siège une troisième fois, de 416 à 551 ; exilé une fois de plus, on l'étrangla dans le lieu de son exil, Macédonius l'arien demeura seul et inaugura une persécution sanglante que sa déposition interrompit, Après lui se succédèrent deux ariens, Eudoxe et Démophile, dont l'épiscopat fut marqué par des épreuves et des martyres : enfin, en 419, Grégoire de Nazianze entreprit la restauration de l'orthodoxie, mais sa présence sur le siège de Constantinople fut trop rapide, 579-381, et d'ailleurs on peut se demander si ce moine métaphysicien et poète avait les qualités indispensables pour réparer les ruines causées par quarante années de domination arienne. Voici la suite des mutations épiscopales pendant cette période troublée : | Métrophane 1er, 306 ou 307 au 26 juin 314, Alexandre, 314-août 337.
Eusèbe de Nicomédie, 339 à la fin de 341.
Paul Ier (2e fois), fin 341 au début de 342, Paul Ier (3e fois), début 346 à la fin de 351.
Macédonius Ier (2 fois), fin de 351 au 27 janvier 360.
Euxode d'Antioche, 27 janvier 360-début de 370.
Démophile, début de 370 au 25 novembre 380.
Evagre, en 370.
Grégoire Ier de Nazianze, 379 à juin 381, Maxime Ier le Cynique, 380, Pendant cette première période, de 490 à 581, un premier travail d'isolement s'opère mystérieusement, il s'esquisse sous la forme du détachement de Constantinople par rapport à Antioche, Avant la fondation de Constantinople la dénomination d'Église grecque ne répondait à aucune réalité objective. Un sentiment très vif de solidarité tenait attaché l'Orient à l'Occident, le mouvement, ou pour mieux dire, la simple pensée sécessionniste n'existait pas. Sous la réserve de ce fait indiscutable trois groupes ecclésiastiques s'étaient organisés dans les provinces situées à l'est du patriarcat romain et avaient pu, sans préjudice de l'union, arriver à posséder une réelle individualité, Ces groupes étaient constitués par l'Asie proconsulaire dont l'originalité s'alléra rapidement, par l'Égypte où on aurait pu signaler des germes séparatistes dans l'excès de la tendance particulariste, par le cercle d'Antioche comprenant l'épiscopat syrien et asialique (pour la partie orientale qui formera le diocèse du Levant-Antioche) attirait dans son orbite d'immenses provinces et une multitude d'évêques, Cependant, on avait pu pressentir un rival de très bonne heure dans la personne de l'évêque de la résidence impériale à qui revenait le rôle de conseiller des princes et de l'empereur, Eusèbe de Nicomédie, au temps où Licinius et Constantin avaient résidé dans sa ville épiscopale, avait sur-le-champ pris une influence qui balançait celle de l'évêque d'Antioche. Pendant le règne de Constance, le séjour prolongé de la cour à Antioche rendait à l'évêque de cette ville son prestige entamé, mais le règne de Julien rompit la tradition et dès que l'empire, avec Théodose, se fut installé définitivement à Constantinople, Antioche ne cessa de décliner.
Dès le temps de Constantin, un glissement se fait vers la capitale nouvelle, manifestement un groupement se prépare, d'où sortira l'Église grecque, et qui doit son centre attractif à l'empereur, à la cour, Autour de l'évêque de Constantinople et à son appel on voit fréquemment se réunir une assemblée épiscopale composée de prélats de passage dans la capitale, en visite à la cour ou attachés au service impérial, la synode sévit à l'état endémique, présidée par l'évêque de Constantinople auquel elle confère une dignité et une autorité mal définies mais réelles. Cet épiscopat discipliné à merveille, on pourrait même dire domestiqué, se détache de plus en plus de l'évêque d'Antioche, son chef naturel. Si celui-ci conserve parfois, dans les pièces officielles, la préséance, cette concession n'empêche pour lui aucune supériorité de fait. L'épiscopat d'Asie, de Thrace, du Pont et de Cappadoce ne lui rend qu'une subordination de pure politesse, dont il se dispense parfois, Tout ce monde gravite désormais autour de l'empereur et c'est l'évêque de Constantinople qui bénéficie de cette évolution. Périodiquement, on voit s'affirmer la prétention encore sournoise de composer un groupement nouveau, indépendant, égal et supérieur aux anciens groupements ecclésiastiques, L'arianisme, formidable contradiction théologique, sera le véhicule puissant de cette combinaison antitraditionnelle, purement politique et administrative, qui, en 359, sanctionne l'abandon de la tradition et du concile de Nicée. Brusquement et violemment, la volonté impériale amène une réaction orthodoxe. « La crise dogmatique se termina, ou à peu près, en 381 ; alors les éléments orthodoxes que renfermait l'épiscopat d'Orient prirent définitivement le dessus ; le reste, sauf quelques fanatiques, qui se laissèrent destituer et persécuter, s'aligna sur la cour impériale, Quant à la crise ecclésiastique, elle continua comme de plus belle. Les cadres avaient trop servi pour être abandonnés ; ils furent maintenus. Du bas Danube au désert de Syrie, l'épiscopat continua de se considérer comme un seul corps dont l'empereur était moralement le chef. Constantinople, fondée un demi-siècle plus tôt, avait été pourvue de privilèges hors ligne ; ce n'était pas une grande ville quelconque que l'on avait créée sur le Bosphore, c'était une nouvelle Rome. Et justement, depuis la mort de Constantin, il y avait presque toujours eu deux empires, l'un d'Occident, l'autre d'Orient, La nouvelle Rome orientale supplanta Antioche dans la situation de capitale et dans celle de métropole ecclésiastique, Déjà le concile de 31 réclame pour son évêque les mêmes honneurs que pour celui de l'ancienne Rome, » IX. LE PATRIARCAT., — Les évêques du concile de 1, héritiers de ceux qui avaient fondé l'Église impériale, entendaient bien que cette Église eût pour centre la capitale constantinienne. Ils confièrent la cause à un personnage nommé Nectaire, préteur de Constantinople, catéchumène et « muet comme un poisson », qu'on appela à la succession de Grégoire de Nazianze, Ici s'ouvre une nouvelle période qui dure soixante-dix | raissent au grand jour avec un esprit de suite | de la ville dans l'ordre civil, C'est un premier p |_acquis dont les conséquences fort graves me se fe novæ Romæ, post sanctissimam apostolicam sedem l eans, de 381 à 451, pendant laquelle se succédent dix évêques. 3f Nectaire, juin 381 au 27 septembre 397. | - Jean 1er, Chrysostome, 26 février 398 au 9 juin Arsace, 27 juin 404 au 11 novembre 405. Atticus, mars 406 au 10 octobre 425. Sisinnius Ier, 28 février 426 au 24 décembre Nestorius, 10 avril 428 au 22 juin 431. Maximien, 25 octobre 431 au 12 avril 434, Proclus, 12 avril 434 au 12 juillet 446. Flavien, juillet 446 au 11 août 449. Anatole, décembre 449 au 3 juillet 458.
117 »à J2 dE = eo Tous ces prélats, de mérites fort divers *, travaillérent sans trêve, avec une persévérance louable au développement du prestige et des privilèges du siège épiscopal et à l'accroissement de leur propre juridiction. C'est fait remarquer que « c'est dans ce laps de temps restreint que les empiètements de Constantinople en MORT ténacité remarquable. » Il est malaisé de dire quelles étaient les intentions qui, chez plusieurs des évêques, n'ont pas dû être pures de tout sentiment d'ambitionnelle ; mais les faits nous montrent les évêques de Constantinople, âpres, plus qu'on ne le souhaite, procurer à leur siège des privilèges exorbitants. Allons en suivre le développement.
Fr Le 6° canon de Nicée (325), d'une rédaction pas très obscure, semblait, d'un accord unanime, garantir à l'évêque d'Antioche sur le diocèse d' les droits garantis aux sièges de Rome et d'Alexandrie sur les provinces d'Occident et d'Égypte : enfin, les éparchies d'Héraclée, d'Éphèse et de Césarée exercèrent les mêmes droits sur les diocèses de Thrace, d'Asie et de Pont. Le concile de Constantinople (381) donna dans son canon l'interprétation officielle qu'on vient de lire. On le voit, il n'est pas encore question de pat cat, le nom lui-même n'est pas employé mais les conscriptions patriarcales existent en fait, Gepe Constantinople fait effort pour se soustraire à de sa métropole Héraclée de Thrace et parvient à libeller par le concile un 3 canon, ainsi conçu : « que de Constantinople doit avoir la prééminence neur après l'évêque de Rome, car cette ville est la nouvelle Rome, » Ce canon consacre la prétention de régler l'importance du siège épiscopal d'après le connaitre qu'après le concile de Chalcédoine ; mais lors, les évêques de Constantinople semblent avoir commencé à tirer parti de la concession faite, Da Socrate, ils exercèrent à partir de ce moment autorité sur la Thrace, mais cette remarque est fort discutable et il semble d'après le contexte que Phislé rien « ne se rendait pas bien compte de la situation car il ajoute que Helladius de Césarée, Grégoin Nysse et Ostréius de Mélitène en Arménie se partagèrent la juridiction sur le Pont, pendant qu'Amphi d'Iconium gouvernait l'Asie, de concert avec Of d'Antioche de Pisidie. Il n'y a donc pas à faire paro les aussi vagues et aussi contradictoires qui, prises à la lettre, excluraient Éphèse du gouvernement de l'Asie. De même, le passage de Théodoret, auquel on se réfère pour attribuer à Constantinople le gouvernement de la Thrace, n'avance rien de semblable, puisqu'il se contente de parler de la division en diocèses, mais sans rien préciser. »
A défaut d'un texte juridique formel, l'évêque de Constantinople ne laissa pas d'exercer en pratique, dés cet époque, sa juridiction sur la Thrace et les diocèses de Pont et d'Asie, comprenant respectivement six, onze et onze provinces * ?. Mis en goût par ces envahissements aux dépens des exarques d'Héraclée, d'Éphèse et de Césarée, on imagina d'empiéter sur le territoire de l'évêque de Rome. Le 1er juillet 421, une loi de Théodose II fit passer les provinces du diocèse d'Illyricum sous la juridiction de l'évêque de Constantinople. Mais le pape Boniface s'y opposa avec tant d'énergie que la loi fut inappliquée ; cette fois le coup était manqué, I n'en fut pas de même avec Antioche, où la résistance des évêques était énervée par les conditions lamentables d'une Église affaiblie par un schisme local de quatre-vingts ans. Une série d'usurpations perpétrée depuis le concile de 381 montrait à tous Antioche livrée aux mains de sa rivale et hors d'état de disputer la prééminence,
Avec Alexandrie la situation était très différente. Le conflit était arrivé à l'état aigu. « Il s'agissait de savoir lequel des deux (du SP Lu byzantin ou de l'alexandrin), commanderait au nouveau corps ecclésiastique de l'empire oriental. » Si les évêques de Constantinople étaient entreprenants, le patriarche égyptien assis devant le concile au banc des accusés et déposé par le pape de Rome.
Constantinople vit ses efforts couronnés de succès par le fameux 3% canon de Chalcédoine qui consacrait la longue série d'empiétements en affirmant la préséance honorifique de l'évèque de Constantinople dont la juridiction effective s'étendait sur les trois diocèses de Thrace, d'Asie et du Pont avec droit d'ordonner les métropolitains ainsi que les évêques des pays barbares soumis à ces mêmes provinces ; et ces avantages étaient concédés, d'après le concile même, parce que Constantinople était la capitale de l'empire, la résidence habituelle du basileus et du sénat, tout comme l'ancienne Rome,
Les accroissements et les transformations ultérieures du patriarchat seront étudiés dans des travaux aux différens.
X. ASPECT MONUMENTAL. — Depuis le temps de Constantin, malgré l'exode passager de Constant et de Julien, Constantinople, demeurée capitale indiscutée de l'empire, n'avait cessé de prospérer. Au temps de Justinien la cité comptait près d'un million d'habitants parmi lesquels, au dire de Procope, soixante-dix mille barbares *. A côté des merveilles de l'architecture et du luxe le plus désordonné grouillait une ville sordide et puante réfugiée dans les coins et les ruelles d'accès difficile. Les historiens ont décrit l'aspect hétéroclite de la capitale, les crises qui la secouaient, mais ces détails n'appartiennent pas à notre sujet # ; l'archéologie est moins bien partagée.
Les descriptions des anciens voyageurs comme Buondelmonte, Pierre Gyllius et quelques autres sont loin de valoir la reproduction des édifices. Nous devons nous satisfaire avec quelques dessins tels que le plan, que nous avons fait reproduire, de Buondelmonte, ou bien le croquis de la colonne de Théodose attribué à Gentile Bellini, une basilique représentée sur un ivoire de Trèves, et quelques autres pièces précieuses sans doute, mais manifestement insuffisantes.
Les bas-reliefs de la colonne de Théodose publiés par Banduri représentent l'entrée triomphale de l'empereur le long de la Voie Sacrée, en 586. On y distingue le Forum Tauri avec ses basiliques et ses portiques à deux étages, les thermes d'Eudoxie et ceux d'Arcadius, Ce document, malgré son imperfection évidente, est d'autant plus précieux qu'il ne subsiste plus rien des bas-reliefs (fig. 1760). Les édifices que nous entrevoyons sous un disgracieux profil ne peuvent nous donner une idée
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Eudexia Aigusts read /mperatoris, uxore n Régrone quinlt ertructes. ut Habolur in veleri Urbis Constonts ropollanæ Deserjplione $Dianc sacerdotissa, cui scythæ venationi dedti sacrificabant, ducét cervum eidem Dex sacrum de Phidias que Périclès avait consacré dans le qu'une citerne spéciale alimentait. On y voyait l'Athén : de Lindos, une statue d'émeraude haute de « coudées, œuvre de Skyllès et de Dipoinos : ; l'Ap de Cnide en marbre blanc, une Vénus se cachant ses mains, œuvre de Praxitèle ; l'Héra de & œuvre de Lysippe et de Boupalos de Chios ; un ailé tenant l'arc apporté de Mindos ; le Zeus d’ d'Olympie, et l'image du Temps, œuvre de Ly : chauve par derrière et chevelu par devant ; des licor des tigres, des vautours, des girafes, des antilopes, des centaures et des paons. »
dans le goût de la maison syrienne et ne différant de celle-ci que par les matériaux employés, le nombre des étages et quelques modifications aux dispositions intérieures imposées par les mœurs et les habitudes de la capitale, »
XI. QUELQUES ÉDIFICES. — Deux causes de ruine ont contribué activement à faire disparaître la ville de Constantin, de Théodose et de Justinien, en sorte que les monuments qui ont subsisté appartiennent, pour la plupart, à une époque moins ancienne. Ces causes sont la condition défectueuse des constructions constantiniennes et les désastres, incendies, tremblements de terre, sacs et pillages qui ébranlèrent les murailles et anéantirent les œuvres d'art. Ajoutons la persécution iconoclaste qui ruina systématiquement ce qui avait échappé aux éléments. Une cause plus efficace encore pour tant de destructions fut la volonté et le moyen de substituer une ville nouvelle à l'ancienne. Aux xie, xe et XIes, grâce aux victoires et à la bonne administration des empereurs de la famille macédonienne, Byzance atteignit l'apogée de sa puissance et de son influence. Les revenus de l'empire atteignirent, à cette époque, à milliards de notre monnaie et ceux de la seule
A, atrium ;
4 Sainte-Sophie : C, narthex ; B, exonarthex ;
E, naos : F, solea : G, bêma ; H, bas-côtés ; I, vestibule du narthex ; J, passage etcour ; K, horologion ; L, puits sacré : M, mélaton : N, triclinium Thomaïtès ; O, baptistère ; P, didascalios et escalier à descendant des bas-côtés supérieurs méridionaux et conduisant dans le vestibule du narthex. 2 Forum Augusteon. 4 Milliaire. | 4 Statue équestre de Justinien. 5 Colonne de Constantin portant une croix.
6 Oratoire de Saint-Jean l'Évangéliste. 7 Colonne portant une ancienne statue d'Apollon à laquelle on donnait le nom de Constantin.
thex : D, nef inférieure : | te 8 Chapelle de Saint-Constantin. | 27 Triclinium des Excubiteurs,
2 Triclinium des Candidats.
2) Les courtines, longue cour divisée en deux parties marquées A et B.
30 Porte de bronze séparant les courtines en deux parties.
41 Macron des Candidats.
52 Grand Consistorion s'ouvrant sur le Macron des Candidats par trois portes d'ivoire correspondant aux trois escaliers devant les portes de bronze : A, estrade du trône ; B, porte de communication avec la salle à manger (n. 34).
3 Degrés et porte de l'Héliacôme de la Magnaure.
44 Grande salle à manger communiquant avec le grand Consistorion : A, et avec la Thermastra, étage du rez-de-chaussée au-dessous de la terrasse de 3 L'église du gneur A, sacristie ou Le : B, oulos, pièce à coupole : C, petit po M Première cour du palais de Daphné.
> Église Saint-Étienne, a atrium du palais | 102 aacré G2 Courcelle au midi du mur hémicirculaire de l'abside. 63 Les bains de Theoctistos. à Triclinium Pyxités. 65 Naos de Jenn. 66 Porte du Spatharicion 67 Courcelle au nord du mur hémicirculaire de l'abside. 63 Bassin de la Phiale du TriGa Ercalite de marbre pour monter de la Phiale an si LI ii Porche où tropice donnant nien. entrée à l'étage de rez-de- | 110 Vestibule des Seyla. chaussée du Sigma, - |111 Escalier conduisant 71 Gt péristyle du palais | 12 Styras Tax, pres - ed r el on cendait dans le Sigma +. {nféreur.
73 Triconque.
14 Galeries du Triconque. | 75 Porte de l'ancien trésor, | intérieure au niveau du rez-de-chaussée ; C, Buré aux. dont la voûte était portée par seize colonnes, 10 vestibule de la y h Deiiies d ann pour k F : service. à 104 Ne sn ne chram 105 Héllacon d NT K De 106 Église de Sainte-Marie 107 Naos de Saint-D 08 Phare, 100 Grand triclinium de. rasse de 115 facon ou eour 4 devant la faça nr tee à oi ‘HSE ‘she ‘adourueneton ap potter ppp ep ‘opaequy ‘rspade q ‘teraodunr seed np ajquosue p uv — -191}
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[fe titre Th ju | | | = Ha] AIN | | n Il ! | (Hi [NII {14 | | D | pi À capitale 550 millions. Un conçoit sans peine que les arts de toutes sortes se soient singulièrement développés au sein d'une telle prospérité permettant de satisfaire les plus audacieuses et les plus coûteuses fantaisies (Ag. 1761).
4 Le palais impérial. — Commencé par Constantin, | reconstruit en partie avec des agrandissements notables sous Justinien, remanié à nouveau au x° siècle. le palais impérial présentait pendant la dernière période de son existence un aspect passablement hétéroclite. Il a fait l'objet d'une monographie, restée classique, de Labarte !, bien qu'elle ait reçu depuis son apparition quelques rectifications de détail, les seules possibles jusqu'au jour où l'on pourra entreprendre des fouilles sur les lieux mêmes.
Le palais, dont nous ne donnerons ici qu'une description très sommaire, présentait à la vue l’ensemble un peu incohérent de sept péristyles ou vestibules, huit cours intérieures, quatre grandes églises, neuf grandes chapelles, neuf oratoires ou baptistères, quatre salles de gardes, trois grandes galeries, cinq salles d'audience et de réception, dix appartements réservés à l'habitation personnelle de l'empereur et de la maison impériale, trois salles à manger, sept galeries et trois allées destinées à mettre en communication les diverses parties du palais, une bibliothèque, une galerie d'armes, une salle de trophées, trois terrasses à ciel ouvert, un manège, deux bains, huit palais particuliers, des jardins, un fort. Abandonné dans la seconde moitié du XIe par les empereurs, le palais impérial tomba en ruines, fut exploité pour d'autres constructions. En 1423, le voyageur Buondelmonte n'en trouva plus aucune trace, La superficie du palais et de ses jardins formait un triangle de 2000 mètres de base sur 500 mètres de hauteur environ ; le grand côté était situé au bord de la mer, par Sulpice Sévère et remaniés sous Constantin. Ils ont | Bélisaire, Justinien et Théodora y étaient 1 | de vastes dimensions ne faisant partie ni de Cl à peu près celles de la place Vendôme à re “La E i.
| porte la cassette contenant les reliques. C'est RP Pt CSN Re +10 disparu complètement, brûlés et détruits ee sédition de la Nika ; mais Texier et M. de E r mettent que les bains de Mahomet IE (= T : Hammam) ont été construits à peu de distance des bains Zeuxippe et sur un plan analogue. Gant à décoration, il n'en reste que le souvenir d'une grande profusion de marbres de couleur, de mosaïques et de statues, 2% 4 Chalcé, — Ce nom s'applique à un groupe d'édifices construits par Constantin. Il SCOPESRRS salles de gardes, une enfilade, une salle de justice, une grande salle de réception, une salle à manger : rat et plusieurs édifices religieux, mais ne comprenant aucun appartement particulier. Ces bâtiments étaient précédés, du côté du Forum de l'Augusteon par vestibule couvert de tuiles en bronze doré, appelé vestibule de Chalcé, lequel donna son nom à tout le semblant des bâtiments auxquels il ouvrait accès, C'était la seule entrée du palais impérial du côté de l'Augusteon ; elle était fermée par une porte de fer. Le vestibule se composait d'une cour à hémicycle surmontée d'une voûte en cul-de-four faisant face à l'entrée d'un bâtiment carré, à coupole centrale, terminé par une abside, Nous nous trouvons donc immédiatement en présence d'un édifice purement civil, pour le plan d'un édifice religieux, Ce fait se rencontre fréquemment, La coupole aurait été élevée après la sédition de Nika, par Justinien, à cette époque le palais de Chalcé. Elle aurait été décorée de mosaïques représentant les victoires de Justinien au milieu des sénateurs célébrant leurs triomphes. Les autres salles que nous avons sostonet toutes la forme des basiliques à abside et étaient généralement accompagnées d'oratoires et d'emblèmes religieux $, » Un ivoire conservé dans le trésor de la cathédrale de Trèves et qui a été l'objet de ke discussions représente une translation de reliques dans une église en construction. D'après une conjecture très vraisemblable de M. J. Strz s'agirait de la translation de reliques faite de l'église de Sainte-Sophie à l'église Sainte-Irène #axt :, dont Théophane fait mention. Le palais du foi d'où part le cortège est précisément le palais impérial voisin de Sainte-Sophie ® (fig. 1762). 00 50 Triclinium des dix-neuf lits. — C'était une salle de Daphné et néanmoins décorée avec une grande magnificence. Elle tirait son nom de sa disposition, de son étendue, cette salle à manger pouvait contenir trois cents convives répartis entre dix-neuf lits. La salle était divisée en deux, l'une réservée aux fonctionnaires et aux invités, l'autre, surélevée, réservée à l'empereur. Cette salle servait, à l'occasion, de salle du trône. On y accédait par un escalier au sommet duquel deux grandes colonnes d'argent soutenaient une plateforme que l'on abaissait pendant que l'empereur mettait le costume impérial, D'après M, de Beylié, la salle était éclairée par le haut, probablement par des trages, et le plafond voûté était divisé en
5 DEL LE
A salle, La coupole était percée de seize fenêtres vitrées, un lustre pendait au centre. Le trône de l'empereur se trouvait
comprenant les appartements particuliers de l'empereur-
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octogones dorés, enrichis de branches d'arbustes et de | ; Porphyrogénète, La salle à manger était décorée de feuillages de vignes, merveilleusement sculptés le long | seize colonnes de marbre de couleur sculpté, Les sculptures représentaient des ceps de vigne parmi lesquels folâtraient des animaux de toute espèce. Dans la salle à manger, la frise et les voûtes représentaient des batailles et les triomphes de Basile. On peut supposer que l'éclairage devait être défectueux puis que le jour venait d'en haut. « Après la salle à manger, on rencontra un vestibule à coupole dont les murs étaient couverts de mosaïques. Au centre de ce vestibule se trouvait une fontaine de porphyre surmontée d'un aigle d'argent étreignant un serpent. Ce vestibule précédait la chambre à coucher de Basile, Le sol était couvert d'une mosaïque. Au centre de celle-ci était représenté un paon ; des aigles prêts à s'envoler étaient représentés aux angles, La mosaïque du bas des murs représentait des fleurs. Les murs, jusqu'au plafond, étaient couverts d'une mosaïque à fond d'or représentant
Be Chrusotriclinos. — La salle du trône était séparée du reste du Palais sacré par une immense galerie dite Lausiacos, Le chrysotriclinos était un bâtiment octogonal dont chaque pan se creusait pour recevoir une abside à démi-coupole ; tandis que l'octogone était couvert au moyen d'une coupole centrale à pendentifs. Chaque abside était fermée par une courtine suspendue à une tringle d'argent. Au-dessus de l'arc de chaque abside, à la naissance de la coupole, circulait une large corniche pourvue d'une balustrade — un balcon pour parler plus rigoureusement — faisant le tour de la salle, où la famille impériale se tenait dans des poses hiératiques. Le plafond carré était couvert de mosaïques d'or avec une croix au centre et des étoiles, puis encore la famille impériale en prières !.
1. Le Palais de la Magnaure. — Le Triclinium de ce nom était situé au nord du palais et au-dehors de l'enceinte. Il remontait au règne de Constantin, mais il est probable qu'on avait dû lui prodiguer les réparations. Quoi qu'il en soit, au début du XIe, c'était une belle basilique à nef centrale avec deux bas-côtés, précédée d'un portique ouvert. Deux rangées de six colonnes soutenaient le plafond ; au fond de la salle une estrade en occupait toute la largeur. Comme d'ordinaire, en cet endroit le sol était relevé de plusieurs marches, un escalier conduisait au plan supérieur sur lequel posait le trône impérial placé dans un hémicycle qui se trouvait dans l'abside du fond que fermaient des portes revêtues de plaques d'argent.
Cenourgion, — Situé au sud du chrysotriclinos et bâti par Basile le Macédonien et ses successeurs, le Cenourgion a été décrit en grand détail par Constantin [1 D dt de RE. Le TR er ds 1 1 cvele voté en con que. Deux colonnes à droite et deux autres à gauche de l'hémicycle soutenaient de grands rideaux formant la décoration du fond de la salle. Au premier étage, au-dessus des bas-côtés, des galeries étaient destinées à recevoir les dames de la cour.
Justinien, grand bâtisseur, n'avait pas fait élever, dans Constantinople et dans ses faubourgs, moins de trente basiliques, toutes différentes les unes des autres tant pour le plan que pour la décoration, éblouissantes de richesses autant qu'ingénieuses de structure. Le panorama de la ville, au temps de Justinien, néanmoins, dans la ville même, on était plus frappé encore de stupeur et d'admiration. Sur la place de l'Augustéon, toute bordée de somptueux édifices, tout brillait d'une fraîche et splendide nouveauté ; de là des portiques magnifiques conduisaient au Forum de Constantin ; ailleurs, c'étaient des hôtelleries pour les voyageurs pauvres que leurs affaires obligeaient à séjourner dans la capitale, charitable fondation de Justinien et de Théodora ; c'étaient de grands hôpitaux où pour la première fois peut-être dans l'histoire apparaît un système régulier d'assistance publique ; c'étaient de vastes citernes destinées à fournir la ville d'eau potable et des palais, et des églises encore, et partout des vues admirables ménagées sur la mer. La plus belle vue n'était ni moins merveilleuse ni moins charmante que de nos jours. Au bord de l'eau, c'étaient des églises innombrables, dont la mer battait doucement les terrasses, où un caprice impérial avait, pour forcer la nature, construites sur pilotis au milieu même des flots ; plus loin, au fond de la Corne-d'Or, dans ce faubourg d'Eyoub, qui est aujourd'hui un des sanctuaires de l'Islam, on voyait l'église des saints Cosme-et-Damien, où les pieux byzantins transportaient dévotement ceux de leurs proches dont la science humaine était impuissante à soulager les maux. Plus haut, sur les collines, là où la colline de Mahomet II dresse aujourd'hui ses coupoles surmontées du croissant, s'élevait l'église des Saints-Apôtres, le Saint-Denis de la monarchie ; puis, c'était un fourmillement de basiliques, de palais, de maisons, de colonnes, par-dessus lesquelles, alors comme aujourd'hui, l'aqueduc de Valens tendait la longue ligne de ses arches et que dominait de sa masse démesurée la cathédrale de Sainte-Sophie. Tel est l'aspect général de Constantinople, comme Justinien l'avait faite : mais, si l'on pénètre dans l'œuvre unique en qui se résume la splendeur monumentale de Constantinople, on découvre l'avènement d'un style nouveau, elle en marque égale-ment l'apogée : du premier coup elle a atteint à des proportions telles que jamais plus depuis, en Orient, on ne s'est risqué à les dépasser !
Le titre de Sainte-Sophie — la Sagesse divine — s'est identifié avec Constantinople dès la fondation de la nouvelle capitale. Théophanes, Cedrenus, Glycas, Paul Diacre, Nicéphore Calliste et d'autres historiens postérieurs s'accordent à attribuer à Constantin la fondation de la première église dédiée à la deuxième personne de la sainte Trinité, sous le nom de « Sagesse divine ». Georges Codinus, qui écrit au XVe, est seul à avancer que cette église remplaça un temple païen. Eusèbe, qui rapporte la construction de l'église des Saints-Apôtres, ne mentionne pas Sainte-Sophie. Au Ve, la Notitia qualifie Sainte-Irène de Vetus ecclesia et Sainte-Sophie de Magna ecclesia. L'historien Socrates, dont l'autorité est considérable en pareille matière, attribue à Constantin « la construction de deux églises appelées Sainte-Irène et les Saints-Apôtres » ; d'après lui, Sainte-Sophie serait entièrement l'œuvre de l'empereur Constance. « Ce prince, dit-il, bâtit la grande église appelée Sainte-Sophie et attenante à Sainte-Irène que son père avait jadis agrandie et ornée ; aujourd'hui les deux églises sont encloses dans la même enceinte et sous le même vocable. » La dédicace en fut faite le 15 février 360, par le patriarche Eudoxe, « en la trente-quatrième année de la fondation », ce qui reporterait celle-ci à l'année 326 sous Constantin, qui ne mourut qu'en 337. Cedrenus nous donne probablement le fruit de son imagination lorsqu'il écrit qu'« Eudoxe consacra une deuxième fois l’église de Sainte-Sophie qui s'était écroulée après sa construction et sa dédicace par Eusèbe et avait nécessité une restauration sous Constance ». Eusèbe était trop préoccupé d'entretenir la postérité de ses faits et gestes pour omettre de lui faire connaître un événement aussi important que la dédicace faite par lui d'une église à Constantinople. Nous nous en tenons donc au récit d'Idace. « En cette année 360, au mois de Peritius, la grande église de Constantinople fut dédiée, trente-quatre ans après que Constantin en eût jeté les fondements. Pour cette inauguration, Constance offrit de nombreux présents en or et une grande quantité d'argent, des tissus brochés d'or et constellés de pierreries pour l'usage du sanctuaire, des rideaux d'or pour suspendre aux portes (amphituriai) et pour les portes extérieures (pulcones) d'autres rideaux tramés d'or. » Un ancien écrivain anonyme nous apprend que sous le règne de Théodose le Grand et le patriarcat de Nectaire — par conséquent entre 381-395 —, soixante-quatorze ans après la construction de l’église, le plafond fut détruit par un incendie. En 404, sous Arcadius, nous savons que l’église fut brûlée ; nouvel incendie suivi d'une restauration sous Théodose II et d'une nouvelle dédicace en 415. Ensuite, jusqu'à la sédition de Nika (janvier 532), nous ne voyons pas que Sainte-Sophie ait reçu une nouvelle avarie. L'emplacement primitif est resté celui des édifices qui se sont succédé ; quant à savoir si un temple païen s'était élevé jadis à cette place, c'est une simple conjecture. Il ne reste aucune trace monumentale des états de l'église antérieurs à la construction de Justinien. L'orientation était probablement conforme à celle de l'édifice, qui était en forme de basilique avec un plafond de bois ; Codinus ajoute qu'on peut conclure à l'existence d'un atrium, d'un bêma, et de gisements abondants et d'une exploitation aisée.
La Chronique pascale fait mention d'énormes et magnifiques voutes ; une variante du texte laisse dans le doute si les piliers étaient carrés, ou disposés en carré, ou s'ils formaient quatre baies. Glycas et Codinus nous disent que, lors des réparations exécutées sous Théodose, l'église reçut une voûte cylindrique. D'après quelques indications contenues dans les ouvrages de saint Jean Chrysostome, qui d'ailleurs ne faisaient jamais défaut aux églises de ce temps, nous connaissons également l'existence d'un baptistère dans lequel se tint le concile de Constantinople de 394 ; ce baptistère était situé à l'est.
De même qu'à Rome le Panthéon marque l'avènement de l'architecture purement romaine, de même à Constantinople Sainte-Sophie constitue le type définitif de l'architecture byzantine. Des conditions géologiques accidentelles ont pu décider de la destinée artistique de la capitale nouvelle. Constantinople est située à la rentrée des terrains tertiaires et dévoniens qui s'étendent, le premier du côté de l'ouest, vers la mer de Marmara et les Dardanelles, le second du côté de l'est, vers le Bosphore et la mer Noire. Le terrain tertiaire fournit de bonnes pierres à bâtir, notamment dans les carrières de Makri-Keui ; mais le terrain dévonien ne fournit des moellons calcaires et des marbres de prix qu'en quantité insuffisante ; les uns des collines qui longent le Bosphore, les autres des carrières de Panderma, ou de celles de Marmara. Ces matériaux de formation dévonienne sont très durs, très compacts, et d'une exploitation difficile. En somme, le sol de la ville et des environs n'offre guère de ressources en pierres de taille : on n'y trouve pas, comme dans la plupart des grandes villes devenues célèbres par leurs monuments, des carrières de pierres de taille ; en revanche, les argiles propres à la fabrication des briques sont abondantes et de bonne qualité. On en trouve dans les terrains tertiaires, sur les rives du Bosphore, et dans les terrains d'alluvion des vallées dévoniennes, à Constantinople même, au fond du port de la Corne-d'Or. Ces conditions suffiraient, à elles seules, à expliquer comment, vu l'immense quantité de matériaux exigée par la construction de la ville nouvelle, on se vit conduit à employer des maçonneries de petits matériaux, mieux appropriées aux ressources locales, maniement plus facile et d'un emploi plus rapide. Il y eut d'autres raisons. La détresse et l'inertie étaient devenues telles dans l'empire qu'on ne pouvait qu'avec les plus grandes difficultés suffire aux transports de matériaux. L'exploitation des carrières était à ce point délaissée qu'on édifiait les nouvelles constructions avec des matériaux de remploi. Même pour cela, l'idée de transporter par mer à Constantinople des colonnes et des marbres précieux était difficile à réaliser. Tout concourut donc à donner la préférence aux petits matériaux.
Ce n'était pas d'ailleurs une nouveauté, puisqu'au siècle auparavant on avait construit en petits matériaux les thermes de Caracalla, bâtisse colossale exécutée dans une époque d'extrême opulence. L'exemple donné par l'église et ses archives furent, en 532, complètement détruites. Sauf l'extension de l'église justinienne qui déborde de toutes parts le plan de la basilique constantinienne, ce qui mit dans la nécessité de faire poser l'édifice sur des fonds d'inégale résistance. Aujourd'hui la coupole de Sainte-Sophie repose sur des terrains de formations diverses : de l'autel à la coupole, 18,68 mètres sont pierreux, de la coupole au parvis, les fondements ont été jetés sur un terrain marécageux, ce qui a produit dans la suite des siècles plusiéures conséquences fâcheuses. Les architectes romains pouvaient être repris avec toutes ses conséquences ; la réalisation la plus complète fut Sainte-Sophie, où tout est grand, tout est parfait, où l'architecture byzantine s'est manifestée de la manière la plus grandiose. Comme entente de la mise en scène architecturale, Sainte-Sophie est un chef-d'œuvre : la science des effets, l'art des oppositions, la puissance décorative ne sauraient aller plus loin.
Considérée en détail, la disposition de Sainte-Sophie paraît fort compliquée, et cependant elle produit un effet d'ensemble d’une saisissante unité. « Au seuil, un double portique sombre fait valoir par contraste les splendeurs lumineuses de l'immense vaisseau. Dès l'entrée, grâce à la disposition de la conque qui précède le grand dôme, l'œil découvre le dôme dans son ensemble, la surface entière des voûtes de la nef centrale se développe sans arrêt, sans obstacle. Le long de cette nef, partout les détails s'encadrent dans de très larges divisions : les lignes maîtresses produisent une impression simple ; les détails multipliés avec mesure font ressortir la grandeur. Supprimez les colonnes latérales, rien n'accusera l'extraordinaire ouverture des formerets de la coupole, il les faut, pour donner l'échelle et épargner à Sainte-Sophie ce singulier éloge qu'on a fait de Saint-Pierre, que rien n'y indique qu'il est grand ! ». Malgré les absides, les galeries du premier et du deuxième étage, et par-dessus tout malgré la coupole, la forme basilicale reste nettement marquée. Le plan lui appartient sans contestation possible. L'aspect, au contraire, semble complètement étranger à la conception basilicale, L'abside a perdu sa dignité et sa distinction. Ni sa richesse ni ses dimensions n'attirent vers elle comme vers le noyau liturgique de l'édifice. À peine la remarque-t-on un peu plus que les quatre niches qui flanquent les hémicycles, L'abside ne fait guère que servir de pendant à la cavité de l'entrée principale. Dans les basiliques latines, tout converge vers le sanctuaire, tout entraîne dans ce sens, les nefs parallèles, l'arc triomphal, l'éclat décoratif du sanctuaire. À Sainte-Sophie, l'expression morale est très différente, il faut l'attribuer au changement radical apporté dans la structure de l'édifice, à la coupole centrale, à l'amplitude des divisions établies dans la nef, à la vaste étendue des voûtes qui correspondent à ces divisions, en un mot, à la substitution de l'organisme des grandes salles voûtées des thermes à celui de la basilique à colonnes. Ce dernier type s'était imposé dans la période de début, mais on revint à l'emploi des grandes voûtes quand les ressources le permirent. Les Grecs aimaient le luxe et la pompe. Une ordonnance aussi simple que celle des basiliques latines ne leur eût guère convenu - pour un édifice dont la beauté et la magnificence devaient être sans égales ?.
Tout le gros œuvre de l'édifice paraît être en briques, exception faite pour quelques parties telles que la portion des piliers de la coupole qui porte directement la voûte, une assise générale de soubassement et une autre assise à la naissance de la coupole.
Les voûtes consistent surtout en voûtes sphériques de diverses sortes : coupole sur pendentifs, demi-voûtes à sphériques ou culs-de-four, calottes sphériques sur pendentifs et en voûte d'arête dites dômicales, surhaussées et arrondies au sommet. Dans ces dernières, les arêtes, bien marquées aux naissances, s'effacent peu à peu de manière à se perdre au sommet, Telles sont les voûtes collatérales du rez-de-chaussée, celles du premier étage.
Nous empruntons cette exposition technique à M. de Dartein. Bien différentes des voûtes romaines, quant aux conditions de stabilité, celles de Sainte-Sophie, bâties en briques avec une faible épaisseur, ne se maintiennent point en équilibre à la façon d'un bloc de forme invariable, simplement posé sur un appui. Faute d'une épaisseur suffisante, elles tendent à s'effondrer en renversant au dehors leurs appuis ; et ceux-ci, soumis à l’action d'une poussée oblique, remplissent la double fonction de porter la voûte et de la contre-buter. Cette dernière sujétion complique singulièrement la détermination de la forme et des dimensions des piliers. Le problème de l'équilibre des voûtes se pose alors avec toutes ses difficultés ; et la voûte moderne, légère, appareillée, poussant au vide, formant en quelque sorte, avec son support, un système articulé, supplante à jamais, depuis l'avènement du style byzantin, les massives concrétions monolithes de l'architecture romaine.
Excepté dans la galerie supérieure du narthex, les berceaux ne jouent guère, à Sainte-Sophie, qu'un rôle auxiliaire : ils accompagnent par côtés les voûtes sphériques à pendentifs et les voûtes d'arêtes dômicales. Par suite de leur surhaussement et de leur forme, ces deux espèces de voûtes exercent des poussées dans toutes les directions ; et c'est pour résister à ces actions rayonnantes, qu'on les a cantonnées de berceaux qui les maintiennent latéralement, ceux-ci reportent les pressions qu'ils reçoivent, sur les supports angulaires, auxquels en définitive s'applique forcément toute la poussée.
Les contemporains étaient blasés sur les exhibitions de marbres, de mosaïques, de dorures et l'exhibition de toutes les ressources ornementales de la palette byzantine les frappa moins dans Sainte-Sophie que la prodigieuse légèreté de structure de l'édifice. La coupole surtout provoquait une admiration sincère dont l'expression peut nous faire sourire, mais dont nous devons rechercher la raison. Il est aisé de se rendre compte de cette merveille architecturale si on jette les yeux sur la vue générale et la coupe horizontale dressées par M. A. Choisy (fig. 1765, 1766, 1767) dont nous allons suivre le commentaire.
Sainte-Sophie consiste essentiellement en une coupole sur pendentifs de dimensions colossales ; deux faces contrebutées par des voûtes en forme d'absides ; les deux autres, maintenues par des arcs formerets épais, et épaulées par des contreforts. C'est, on le voit, une combinaison ingénieuse des deux procédés généraux de butée associés l'un à l'autre, combinaison qui n'est pas d'ailleurs sans de graves inconvénients, parce que les deux procédés employés sont loin d'offrir des garanties égales. Du côté des grandes niches ou absides, l'équilibre est assuré ; il n'en est plus de même pour les deux arcs formerets correspondant aux deux faces latérales. Leur stabilité restreinte les rend incapables de maintenir à eux seuls l'effort de poussée qui se développe dans leur direction.
La coupole repose sur quatre immenses pendentifs. Lous ensemble, coupole et pendentifs s'appuient au nord et au midi sur des arcs de plein cintre, à l’est et à l'ouest sur les têtes de grandes demi-voûtes sphériques. Ce vaste système est étagé par quatre gros piliers disposés deux par deux de chaque côté de l'abside et du passage qui conduit aux portes. Ainsi huit piliers portent à eux seuls toute la couverture maçonnée de la maîtresse nef. Pour y remédier, l'architecte se vit contraint d'adopter une disposition qui, à l'extérieur, donne à l'édifice son aspect anguleux et pesant. Il a donc associé aux arcs A de vigoureux contreforts EF dont la fig. 1764 nous permet de reconnaître les détails. « Sans doute, ces contreforts, suivant la coutume byzantine, ne présentent aucune saillie sur la surface extérieure de l'édifice : le mur d'enceinte les relève, ils sont pour ainsi dire les murs de refend qui s'élèvent au-dessus de la terrasse des collatéraux pour éperonner F est adossé au pendentif lui-même et le largeur, La naissance de la coupole se place immédiatement au-dessus de l'idée dominante », Qu'il s'agisse des voûtes des « maintenir la coupole. Chacun d'eux est double : chacun se compose de deux éperons E et F, solidaires et également épais. L'éperon le plus épais E bute directement contre l'arc doubleau D : et cela est fort entendu, car cet arc doubleau D est le principal par où le poids de la voûte se résout en poussées ; il lit contre tout effet de recul ? » Malheureusement, les contreforts très élégants étaient trop faibles, pour contre-buter la coupole sur les faces latérales, insuffisants : il fallut prendre un parti héroïque, combler les niches décoratives qui élargissaient ces contreforts, rétrécir ou même supprimer les escaliers qui y étaient pratiqués. C'est en cet état, renforcé, alourdi, que l'édifice a pu durer et qu'il est arrivé intact jusqu'à nous.
Les collatéraux comportent deux étages superposés de même largeur et de hauteurs un peu différentes. Le premier étage présente une élévation à peine égale à la moitié de celle du deuxième étage. « Gagner de la hauteur de manière à faire agir la poussée du dôme central le plus bas possible, telle est évidemment l'idée qui a présidé à la disposition des latéraux ou des voûles mêmes de la partie centrale, le système d'épaulement reste tout intérieur et les massifs de butée prennent leur point d'appui dans l'enceinte même de l'édifice.
Les supports des collatéraux comprennent chaque fois deux parties : 1° une colonne placée à l'angle sur laquelle porte le poids du quart de la voûte ; 2° une portion de mur située à quelque distance, faisant office de contrefort et résistant à la poussée. La colonne est reliée à la muraille par deux arcs de plein cintre, arcs-boutants, qui font pénétration dans les naissances des berceaux. Et ces derniers sont eux-mêmes boutés aux encoignures par les mêmes moyens que la voûte centrale.
L'église de Constantin fut incendiée le 15 janvier 593, premier jour de la sédition de Nika. Les premiers travaux de reconstruction furent inaugurés le 23 février. D'après Théophane, la durée totale depuis ce jour jusqu'à l'achèvement complet fut de cinq ans, dix mois, dix jours. Ce qui n'est pas moins fait pour surprendre que dans un espace de temps aussi court — 15 janvier au 23 février — l'architecte ait conçu le projet grandiose et compliqué qu'une circonstance fortuite allait lui permettre d'exécuter. Ce que l'incendie avait laissé debout de l'ancienne basilique fut rasé et Justinien, qui sentait sa gloire et sa puissance intéressées par la révolte qu'il venait de réprimer à grand-peine, résolut d'entreprendre une œuvre colossale qui lui et des moyens dont il disposait une idée extraordinaire. Suivant l'expression de l'historien, il entreprit d'élever « une église telle qu'il n'y en eut jamais et qu'il n'y en aura jamais plus ». On commença par exproprier le terrain nécessaire en le payant au poids de l'or et on se mit à rassembler les matériaux. Dans ce but, une circulaire impériale invita les gouverneurs de provinces à diriger sur Constantinople les colonnes, les architraves, les marbres les plus somptueux des monuments antiques situés dans leurs gouvernements. À ces réquisitions se joignirent les dons volontaires. Une patricienne expédia de Rome huit colonnes de porphyre, enlevées à un temple du Soleil. D'Éphèse vinrent huit colonnes de marbre vert ; Chios, Troade, Athènes ne souffrirent pas de rester en retard. Une activité rappelant les grandes exploitations de l'époque augustale ramena des multitudes de mineurs dans les célèbres carrières de marbre de Proconnèse ; d'autres moins illustres ne furent pas pour cette raison négligées, par exemple : Carystos en Eubée, Jasos en Carie, Hiérapolis en Phrygie, Chemtou en Numidie. On fit tirer du porphyre d'Égypte, des brèches de vert antique de la Thessalie et de la Laconie. Dans cette profusion commençait à dominer une note vraiment originale, la polychromie. L'Orient avec ses symphonies colorées avait déjà marqué son influence sur le palais de Dioclétien à Salone, dans les basiliques constantiniennes lapissées de marbres aux tons chatoyants ; mais jamais on n'avait encore élevé à la hauteur d'une expression esthétique voulue et cherchée la construction polychromée. Le luxe pesant et indigeste des Perses avec ses fulgurations et ses irradiations de couleurs vives était laissé loin en arrière par ces combinaisons de teintes complémentaires, estompées, amorties, rehaussées les unes par les autres, soulignées discrètement par des ors, des ivoires, piquées du scintillement des pierres précieuses. Ce luxe inouï allait de pair avec un goût délicat et ce n'est pas la moindre merveille de l'œuvre totale que sa captivante beauté opérant sur les hommes les plus divers par l'origine et par l'éducation et cela depuis quinze siècles. Afin que l'empereur pût s'en servir. Une preuve de l'existence de hommes capables de réaliser ses desseins, nous sommes obligés d'admirer la sagesse de l'empereur, capable de faire le choix de l'instrument le plus à même d'exécuter ce qu'il avait conçu.
Par uné coïncidence digne d'être remarquée, la région occidentale d'Asie-Mineure, d'où était sortie la méthode de construction dont l'art byzantin fut la manifestation dernière, fournit à Justinien les seuls architectes capables de mener à bien son vaste dessein. Anthemius de Tralles et Isidore de Milet, deux Ioniens, construisirent Sainte-Sophie. Anthemius et Isidore eurent sous leurs ordres cent chefs de chantier, dont chacun commandait à cent ouvriers. Ceux-ci, au nombre de 10 000, recevaient leur paye chaque soir exactement. L'opération préliminaire fut le déblaiement et le nivellement du terrain que le patriarche vint bénir solennellement, et sur lequel l'empereur posa la première pierre. Non moins passionné que Constantin, mais contenu vraisemblablement par le caractère qu'on peut supposer aux architectes de génie entre les mains desquels l'œuvre était remise, Justinien, malgré son impatience, ne put apporter aux travaux une hâte préjudiciable. Chaque jour on le voyait, oubliant l'heure de sa sieste, venir se rendre compte des progrès accomplis, exciter les ouvriers, stimuler les maîtres d'œuvre, conseiller les architectes. Des récits contemporains nous représentent l'un d'eux, Anthemius, pétillant de verve, et ce n'est pas lui faire tort que de lui imputer la jolie impertinence qui lui faisait accueillir comme des traits de génie les conseils, bons ou mauvais, que lui prodiguait l'incompétence de Justinien.
Avec des maîtres de génie, un empereur qui dépensait sans compter, des matériaux à pied d'œuvre, on s'explique sans trop de peine que la construction de Sainte-Sophie ait marché avec une extrême rapidité. On ne peut guère calculer qu'avec une large approximation ce qu'elle coûta, car une partie considérable des matériaux avait été fournie gratuitement. Réserve faite de l'aménagement liturgique, on complète la dépense en main-d'œuvre, matériaux, échafaudages, etc., s'élevait à 961 millions. Tous les revenus de l'empire furent employés à la construction de Sainte-Sophie sans y suffire. La légende a gardé le souvenir des difficultés financières qu'entraîna cette fabuleuse profusion. Elle fit intervenir le ministère des anges chargeant les fourgons du trésor de 80 quintaux d'or. La réalité fut moins poétique et beaucoup plus poignante. L'achat du terrain avait coûté des sommes énormes. Lorsque les murs eurent atteint un mètre au-dessus du sol, on avait déjà dépensé 45 % de quintaux d'or ; l'ambon et la solea seuls coûtèrent les revenus de l'Égypte pendant une année. Pour compenser dans une certaine mesure cet épuisement du trésor, on multiplia les impôts, on rogna les appointements des fonctionnaires ou bien on les supprima tout à fait ; un malaise général pesa sur toutes les classes.
Trois portes conduisent dans la grande nef. Celle-ci forme un immense quadrilatère de 77 mètres de long sur 11,70 de large, dans lequel tout converge et tout est ordonné en vue d'une nef centrale que domine une coupole de 41 mètres de diamètre. Cette coupole, dont les proportions et le poids sont faits pour confondre l'imagination, est posée sur quatre arcs dressés eux-mêmes sur quatre piliers de proportions colossales. Deux de ces arcs, pour offrir plus de résistance, sont fermés par un mur plein que soutiennent deux étages de colonnes. L'arc oriental et l'arc occidental sont évidés, mais à condition de servir d'appui à deux vastes demi-coupoles qui viennent contre-buter et soutenir la coupole centrale. Par une disposition ingénieuse, le fond de l'hémicycle de la demi-coupole de l'est est découpé par trois absides latérales s'ouvrant sur les bas-côtés. Ceux-ci ne participent plus à la majestueuse ordonnance de nef centrale, ils sont divisés en deux élages ; les galeries supérieures étaient réservées aux femmes. L'empereur prenait place dans une loge mélangée sur la limite de la nef centrale et du bas-côté méridional. À droite et à gauche, la nef est séparée des bas-côtés par quatre magnifiques colonnes, hautes de 11 mètres, taillées dans des blocs de marbre vert et provenant du temple de Diane à Éphèse. Cinq arcs retombent sur leurs chapiteaux et supportent six colonnes semblables mais de moindre dimension, posées à la hauteur des hautes-œuvres et reliées par sept arceaux. En arrière des cinq arcades du rez-de-chaussée, se dressent deux grandes colonnes à trois arcs, en porphyre rouge, provenant du temple du Soleil, à Baalbeck. Au-dessus se voient six colonnes plus petites, reliées par sept arcades. Vingt-quatre autres colonnes de granit égyptien, servant d'appui aux galeries des deux côtés, sont réparties par quatre dans chacune des six subdivisions des nefs latérales. On en retrouve le même nombre dans les hautes-œuvres, toutes de granit ou de marbre multicolore. Le chiffre total de toutes les colonnes de Sainte-Sophie se monte à cent sept. Les colonnes du rez-de-chaussée sont au nombre de quarante. Les Byzantins donnaient à leurs plus belles colonnes des noms de patriarches, par exemple : Grégoire le Thaumaturge, Basile, etc.
« La coupole de Sainte-Sophie, écrit M. Barth, est sans contredit un chef-d'œuvre de l'art architectural. Du sol de l'église à la clé de voûte, sa hauteur verticale est de 56 mètres. Il est vrai que la coupole du Panthéon d'Agrippa a 43,50 de diamètre, mais elle se trouve appuyée de toutes parts de solides murs d'appui et ses murs extérieurs reposent sur le sol, tandis que la coupole de Sainte-Sophie plane sur des piliers et repose sur le point vertical d'arcs à grand circuit ; de même, la courbe de la coupole n'est pas exactement semi-circulaire, comme au Panthéon, car la hauteur n'atteint qu'un sixième du diamètre et encore semble-t-elle avoir été sensiblement plus aplatie dans le plan primitif. La coupole de l'église Saint-Pierre, sur 4,50 de moins de diamètre que celle du Panthéon, a une hauteur de 125 mètres, mais ce n'est que de très près qu'il nous est possible de nous rendre compte de ces dimensions extraordinaires ; celle de Sainte-Sophie, au contraire, est visible dans presque toute sa totalité dès la porte d'entrée. »
Nous avons étudié en grand détail, dans notre Manuel d'archéologie chrétienne, les origines de l'architecture byzantine. Nous avons montré que, venu de l'Orient, de la Perse principalement, le type de l'édifice à coupole s'est introduit par l'Asie-Mineure à Constantinople. L'Asie-Mineure et la Syrie contribuèrent à faire connaître des types nouveaux pour la réalisation desquels l'adaptation de la brique donnait des procédés ingénieux et suggérait des méthodes de construction ignorées jusque-là. S'aidant de ces moyens, les architectes, dominant au point de leur faire rendre plus que ce qu'on avait supposé et calculé jusqu'alors, Anthémius et Isidore ont osé concevoir et entreprendre la colossale coupole qui donne à l'édifice son caractère. Ils ont associé le génie de Rome et le génie de l'Orient pour lui faire produire une œuvre unique non seulement par l'audace et la hardiesse des masses, mais par la pureté des lignes et l'éclat des couleurs. Sainte-Sophie n'a pas fondé les principes de l'art byzantin, mais elle les a appliqués et combinés avec une maîtrise tellement incontestable qu'elle a donné la formule générale et le principe original de cet art pour toujours.
On trouvera dans notre Manuel d'archéologie chrétienne l'exposition minutieuse de la technique adoptée par les Byzantins pour leurs constructions et, au début du présent paragraphe, quelques détails indispensables relativement à Sainte-Sophie. Nous ne reviendrons pas ici sur ces détails, mais nous présenterons, d'après M. Ch. Diehl, le résumé des dispositions grâce auxquelles on obtint ces admirables résultats. Ce n'était point un mince problème de construction de réaliser les proportions énormes que l'architecte voulait assigner à la coupole. On commença donc par lui donner pour supports quatre massifs piliers, dont les pierres, appareillées avec un soin extrême, furent scellées avec du ciment et liées par des crampons de fer ; pour prévenir l'éclatement des colonnes, on cercla les fûts de frettes métalliques ; pour rendre plus uniforme la répartition des charges, on assit les lits de pierres sur des feuilles de plomb laminé ; et malgré ces précautions, plus d'une fois les points d'appui manquèrent de fléchir sous le poids des grands arcs qu'ils soutenaient, et l'on put craindre de voir tout s'écrouler. Pour la coupole même, la difficulté était plus grande encore. Pour en diminuer le poids, on employa à sa construction des matériaux particuliers, des tuiles d'une terre blanche et spongieuse, extrêmement légères, que l'on fabriquait spécialement à Rhodes ; et sur chacune d'elles, dit-on, on fit, avec ce tour d'esprit dévot et mystique qui est ordinaire en ce temps, frapper une inscription ainsi conçue : « Dieu est au milieu d'elle, et elle ne sera point ébranlée, Dieu lui viendra en aide chaque jour. » Durant tout le temps que dura la construction, journellement les prêtres priaient pour la réussite de l'œuvre ; et dans l'édifice même, dans le corps de la latisse, on placa des fragments de reliques. Enfin, on aboutit, et à plus de 55 mètres au-dessus du sol, la coupole de Sainte-Sophie s'éleva, « ouvrage admirable et terrifiant tout ensemble » selon le mot de Procope, et qui semble « moins reposer sur la maçonnerie qu'être suspendue par une chaîne d'or du haut du ciel ! » Depuis sa reconstruction, l'église a bravé, mais non pas impunément, les tremblements de terre qui, du début du vi siècle jusqu'au milieu du xve, ont été au nombre d'environ vingt-trois ; celui de l'an 1093 dura d'une façon intermittente pendant cent quarante jours. De 1500 à 1765, on compte dix tremblements de terre ; enfin, jusqu'à nos jours, ils se sont représentés périodiquement. Les restaurations et réparations ont en partie altéré le caractère extérieur de l'édifice. En 865, on éleva une tour au centre du porche des empereurs ; les Grecs ont appris la construction de trois minarets. Il fit appeler le célèbre Italien Fossati. Celui-ci détruisit les vandales. Qui saurait nous dire combien cet édifice dut y être enterré ? Moustafa 1er, à l'ouest. Vers le même temps, pendant la seconde moitié du ix siècle, sous le règne de Basile le Macédonien, on entreprit la restauration méthodique. L'arc de l'ouest menaçait ruine, on s'y prit à temps pour le consolider. Le Liber de cærimoniis permet de faire remonter à la même époque, sous Michel ou sous Basile, les deux porches du nord et du sud avec leurs grands escaliers latéraux. Le tremblement de terre de l'année 925 ébranla et renversa l'abside de l'ouest, qui fut reconstruite en six ans. Le moment de l'empire latin n'amena des changements dans l'aménagement intérieur ; avec les Byzantins, la mention de travaux exécutés pour tenir. Dans la première moitié du XIVe, Andronic Paléologue l'ancien eut à faire réparer le nord et l'est de l'édifice ; il fit donc de forts monuments à l'est. Dans les dernières années de la chute de l'empire byzantin, la mosquée fut assez négligée. Clavijo, en 1403, et en 1422, donnent de l'église l'idée sans doute d'une ruine. Peu après la conquête, la topographie de Constantinople de la quête avait respecté l'église, sauf quelques dégâts de « métal » (de mosaïque ?). Depuis, les voyageurs ont mentionné divers détails trop peu sidérables pour trouver ici leur place. En 1847, « l'immense édifice menaçant ruine », Méhémet-Ali ordonna de le restaurer ; d'abord, tous les contreforts superflus et chercha à parer un peu l'ancien extérieur ; puis les murs de la mosquée furent recrépis et agrémentés de raies tracées avec un rouge de garance. L'intérieur, après quatre cents ans d'attente, retrouva en partie ses anciennes couleurs, sa magnificence d'autrefois ; les mosaïques furent découvertes ; la madone et les saints furent réellement passées à la chaux. Il est vrai que, pendant que les saints furent brisés à coups de pied, pendant qu'une femme publique chantait des chansons obscènes sur le trône triarchique, des profanations monstrueuses. Ils ouvrirent les tombeaux des empereurs pour s'en approprier les trésors qu'on y avait fermés. C'est ainsi que les restes de Justinien, qui, depuis sept cents ans, dans les caveaux de l'église des Saints-Apôtres, furent dépouillés des bijoux avec lesquels on l'avait inhumé. Les plus grands monuments de l'art ancien et moderne, qui faisaient la gloire de la ville, ne trouvèrent pas grâce devant ces rites musulmans, qui entraînèrent de profondes modifications. Un badigeonnage à la chaux recouvrit toutes les surfaces pour cacher les représentations d'êtres vivants. Les ornements furent remplacés par des cartels couverts de sentences du Coran en écriture géante. À l'intérieur, l'aspect architectural fut respecté, sauf les souillures que nous venons de dire. À peu près rien ne fut épargné. Les annexes groupées autour de l'édifice furent détruites ou dénaturées par d'autres constructions. Le Skeuophylakion, sacristie située au coin nord-est de l'église, a été transformé en garde-manger pour la cuisine des pauvres. L'ancien baptistère, qui était à l'extérieur, gagna à l'intérieur, devint un magasin à huile jusqu'au jour où, en 1437, on prit toutes les mesures de précautions nécessaires ; on recouvrit d'abord les figures d'une toile, puis une légère couche de couleur fut passée par-dessus. Toutes les têtes eurent le même sort ; cependant, quelques-unes percent encore le badigeonnage. Fossati, ainsi que Salzenberg, envoyé par Frédéric-Guillaume IV à cette occasion unique, ont tiré quelques copies précieuses et complètes des détails de ce monument remarquable ! La décoration n'est pas, ainsi qu'on pourrait être tenté de le croire, une profusion sans règle et sans mesure. Une distinction très nette existe entre les parties qui supportent et les parties supportées. Dans la nef principale, une corniche de marbre courant à la hauteur des voûtes délimite nettement les deux régions. Au-dessous, le marbre ; au-dessus, la mosaïque.
La décoration et l'ordonnance intérieure de Sainte-Sophie, ainsi que l'ameublement liturgique, ont éludé et éluderont encore à mesure que la nomenclature du Dictionnaire d'archéologie chrétienne nous donnera l'occasion d'aborder séparément chaque sujet, tels que l'Ambon, l'Autel, etc.
Ici nous nous bornerons à quelques remarques d'ensemble et de détail sur la décoration intérieure de Sainte-Sophie, simple et régulier. Rinceaux et figures sont traités sans la moindre apparence de relief, habileté suprême qui fait ressortir davantage la forme des voûtes. La même pensée dirige la décoration en placages de marbres, soit qu'il s'agisse des grandes dalles noires ou veinées sur les parements des supports et des mosaïques en marbre de couleur sur les tympans des arcs et dans les frises. Ici encore, le parti de la décoration se rapporte parfaitement à celui de la construction. Les mosaïques en marbre représentent d'élégantes arabesques et des enroulements de feuillages finement découpés : elles sont encadrées dans les tympans par des archivoltes à moulures très fines ou des bordures en mosaïques qui se détachent peu du motif central. Il en résulte, suivant une gracieuse comparaison de M. de Dartein, une apparence comparable à celle d'un riche et simple vêtement qui indiquerait seulement, sans les accuser, les formes qu'il enveloppe. Toute la décoration de Sainte-Sophie offre ce même caractère. Partout les lignes sont réduites presque à des contours pour ne rien ôter à l'effet des surfaces.
Les mosaïstes de Sainte-Sophie ne sont pas tombés dans l'erreur commune depuis le moyen âge. Loin de viser aux tons fondus de la fresque, ils s'attachent aux couleurs tranchées et en petit nombre. À distance, la dureté de ces oppositions s'atténue et le sujet se détache en vigueur dans tout son éclat sur le fond bleu ou or. Le dessin est parfois accusé par un filet continu de teinte sombre destiné à rehausser le contour du corps ou les traits du visage. Les ornements sont empruntés au règne végétal ou aux figures géométriques.
Le modèle humain est rarement employé et, en ce cas, les figures sont immobiles. « Les mosaïques de Sainte-Sophie forment un incomparable décor. L'imagination peut sans peine suppléer aux parties que le vandalisme des Turcs a cachées ou détruites. Dès son entrée, le visiteur apercevra, à l'archivolte ouest de la coupole, la sainte Vierge entre saint Pierre et saint Paul ; à l'est, sur la table d'or, le livre de l'Évangile avec saint Jean et la sainte Vierge : au-dessous, le portrait de Jean Paléologue qui, vers le milieu du XIVe, restaura l'église et y fit également exécuter des travaux de mosaïque. Les tableaux en mosaïque qui couvrent le grand mur des arches sud et nord s'étalent avec une majestueuse ampleur, c'est là que se trouvaient, dans des niches à fond d'or, les plus anciens prélats et martyrs de l'Église, plus haut les seize prophètes ayant les parties inférieures. Leurs robes sont d'un blanc éclatant, leurs étoles blanches sont semées de croix de différentes couleurs. La main droite est levée en signe de bénédiction, ou placée sur la poitrine, la main gauche tient le livre ; un nimbe coloré encadre les visages barbus d'une expression sévère et triste. Dans les compartiments, des deux côtés, s'étalent les noms de Grégoire le Théologien, Denys, Nicolas. Les voûtes supérieures semblent avoir été ornées de scènes tirées du Nouveau Testament. Le tableau du milieu de la coupole représentait Jésus-Christ trônant sur un arc-en-ciel au titre de juge du monde. Aux quatre angles, on aperçoit encore quatre séraphins gigantesques à six ailes.
Toutes les mosaïques de l'église ne remontent pas, comme on pourrait le croire, à l'époque de Justinien. Nous n'insisterons pas sur les lacunes irréparables que présente l'ensemble de cette décoration et surtout sur la disparition des mosaïques de la coupole et du chœur. Celles des nefs latérales et des galeries supérieures sont, par endroits, assez bien conservées. On peut distinguer encore, sous les arcades, des saints et des prophètes, bien pauvres restes, il est vrai. Aux lieux et places des ornements en mosaïque, on contemple aujourd'hui d'énormes cartouches ronds, modèles géants de calligraphie turque où se lisent les noms d'Allah, de Mahomet et de ses compagnons, des premiers califes, entourés de formules de bénédiction.
Le modèle humain est rarement employé et, en ce cas, les figures sont immobiles. Jadis, le style était plein de naturel, de grâce, sans gemmes, au milieu d'une cour d'anges, au-dessus, mais dont on ne voit plus que ces calmes et immobiles figures, symétriquement disposées, qui fondent l'impression de grandeur.
Sur les porphyres ou sur le vert antique, des chapiteaux, des combinaisons qui semblent nuancées par la main de l'artiste, tout jonché de fleurs de pourpre semées dans l'épaisseur, sur fond vert, en caractères d'or, les noms d'Allah, de Mahomet et de ses compagnons, des premiers califes, entourés de formules de bénédiction.
Dans ses traits généraux, l'architecture de Sainte-Sophie n'est pas moins novatrice que son ornementation. Jusqu'alors, l'art byzantin avait appliqué avec une certaine timidité les principes depuis longtemps connus de la décoration de son édifice de prédilection, une profusion disproportionnée à tout ce qui s'était vu jusqu'alors, que les combinaisons de la polychromie n'avaient pas encore trouvées élargies au point d'être renouvelées. L'imagination fastueuse de l'empereur s'enivra de sa propre conception. Depuis que Dioclétien avait, dans son palais de Salone, inauguré en Occident les rutilantes décorations dans le goût de l'Orient, le goût public avait prodigué dans l'art et jusque dans le costume le faste le plus désordonné. De cette orgie de la couleur et de ce ruissellement des matières les plus précieuses était résulté une sorte de fatigue, une recherche maladive de l'éclat et du faste. L'art byzantin se trouve contraint de suivre le goût public, même dans ce qu'il a de décadent. Il dédaigne la simplicité et la grâce pour s'attacher à créer la difficulté et à la vaincre.
sont de style byzantin. Les inscriptions font allusion à Théodora, épouse de Théophile et à son fils Michel, avant qu'il prit le trône dans la seconde moitié du ix° siècle (fig. 1773). Sainte-Sophie elle offre, en effet, une frappante analogie. L'éclairage était prestigieux. On trouve dans le poème de Paul le Silentiaire la description des lampes, des candélabres, des lanternes qui, à la nuit, remplissaient Sainte-Sophie d’une multitude de flammes odorantes, méritant la coupole ne portant la croix. Les points angulaires sont fortement marquées au rez-de-chaussée. Justinien fut satisfait de son œuvre. Le 27 décembre 597, jour de la dédicace, comme il pénétrait dans l'église, saisi d'enthousiasme à la vue de la merveille de son règne, il courut, bravant les règles et la perte de son décorum, jusqu'à l'ambon placé sous la grande coupole et là, les bras étendus, il s'écria : « Gloire à Dieu qui m'a jugé digne d'accomplir une telle œuvre. O Salomon, je t'ai vaincu ! »
Pour fêter les noms de ceux qui reposèrent pendant des siècles dans l'église des Saints-Apôtres : Constantin, Constance, Théodose, Arcadius, Marcien, Pulchérie !, l'Anastasie, — Voisine de l'ancien hippodrome, parmi les arbres, devenue la mosquée de Mehmed Pacha, c'est l'ancienne Anastasie dans laquelle saint Grégoire de Nazianze commença à réunir quelques fidèles lorsqu'il fut élevé sur le siège de Constantinople, au temps de la toute-puissance des ariens dans la ville ?
M Sainte-Marie des Blachernes. — Bâtie en 474, par Pulchérie, brûlée en 1434 et en grande partie disparue.
Les Saints-Apôtres. — Construite entre 536 et 546, par Anthemius de Tralles et Isidore le Jeune. Son plan était un carré sur les quatre faces duquel sont prises des extensions qui donnent à l'ensemble la forme d'une croix. Nous avons de cet édifice une description par Procope et une autre par Constantin le Rhodien ; en outre, d'après les meilleures chroniques, l'église Saint-Marc, à Venise, aurait été copiée sur l'église des Saints-Apôtres, L'édifice portait cinq dômes : sur chacun des bras, une calotte aveugle dans le style du mausolée de Galla Placidia et, au centre, au croisement, une coupole percée de multiples fenêtres. Les quatre calottes étaient sans doute contre-boutées par des berceaux dans l'axe des nefs et par de simples formerets sur les côtés. Berceaux et formerets recouvraient et enveloppaient, comme à Sainte-Sophie, la double colonnade des collatéraux. Le sanctuaire occupait le centre de l'église, ce qui, sans doute, avait fait supprimer l'abside, Les architectes avaient, disait-on, copié une église d'Éphèse, et, par une curieuse concordance avec cette tradition, le ménologe de Basile II figure à Éphèse une église de même structure.
XIV. Quelques Monastères. — Le monachisme a pris à Constantinople, sous les empereurs, un développement considérable et on sait à quel point cette institution exerce son influence sur le progrès ou la décadence de l'art monumental. Nous ne pouvons donc nous absenter d'entrer à ce sujet dans quelques détails *,
La fondation d'un monastère préconstantinien par l'évêque Castinus, vers l'année 240, n'a aucun fondement historique et doit être abandonnée, Ce monastère s'élevait, a-t-on dit, sur la colline du Pétrion. Le plus qu'on puisse admettre c'est qu'il existait sur ce point un oratoire sous le règne de Théodose le Grand (379-395) +. Cet oratoire dédié à sainte Euphémie subsista jusqu'au x° siècle t.
A Constantin on attribue la fondation, en moins de sept années, de quinze monastères %, Les quatorze monastères auxquels on attribue cette origine seraient l'œuvre de l'empereur, de sa mère sainte Hélène et de quelques particuliers. Une étude approfondie de leurs titres permet de mettre en doute ces attributions T, Voici les conclusions fondées auxquelles on aboutit pour chacun des groupes : 1° Des quatre couvents attribués à la munificence de Constantin, il n'en reste pas un qui puisse présenter un titre sérieux à une aussi respectable antiquité, % Des six couvents héléniens ou soi-disant tels, il en est deux qui n'ont peut-être jamais cessé d'être de simples églises, et trois qui n'ont rien, en dehors de la triade (opuscule dénué de toute valeur), pour appuyer leur prétention.Quant au dernier, on en jeta les fondements cinq cent soixante ans après la mort de sainte Hélène $, 3 Des quatre couvents dus à la munificence des particuliers il n'est aucun qui puisse justifier une origine constantinienne, Ainsi « les fondations monastiques de Constantinople attribuées aux sept dernières années de Constantin doivent être reportées à une date beaucoup plus tardive. Parmi les monastères en question, deux seulement, celui des Abrahamites et celui de Saint-Diomède, peuvent revendiquer en toute justice une origine antérieure à 918, et encore faut-il pour cela qu'on accepte leur identification avec les maisons Saint-Abraham et Jérusalem . » Ces conclusions ne visent que les monastères d'hommes, ceux de femmes nous sont moins bien connus.
À l'époque de l'empereur Héraclius, on commença à désaffecter quelques citernes, on les remplit :
A, Bélin, Histoire de la latinité de Constantinople, in-8°, Paris, 1894. — C. de la Berge, De rebus Byzantinorum ante Constantinum, in-8°, Paris, 1877. — L. de Beylié, L'habitation byzantine, in-4, Paris, 1902, — A. de Broglie, L'Église et l'empire romain au IVe. — De Dartein, Étude sur l'architecture lombarde, in-8°, Paris, 1882, — Descriptio urbis Constantinopolitanæ, lon des œuvres d'art et de l'église des Saints-Apôtres de Constantinople, poème en vers iambiques pan imperialorum Constantinopolitano-
LR Le Constantin le Rhodien, dans la Revue des Études grecques, 1896, p. 32-65. — Didron, Le palais impérial de Constantinople, dans les Annales archéologiques, 1861, t. XXI, p. 261-276, 309-328, — Ch. Diehl, Études byzantines, in-8°, Paris, 1905 : Justinien et la civilisation byzantine au VIe, in-8, Paris, 1904, — Explicatio officiorum sanctæ ac magnæ Ecclesiæ,
BYZANCE — BYZANTIN (ART)
juxta corum ordinem, auctore incerto, Bern. Medo- | Byrantinische Kaiserpaläste, dans Sybel's Historische | 1454 BYZANTIN (ART). — I. L' « art byzantin ». II. La « question byzantine », III. Origines asiatiques de l'art byzantin, IV, Rôle de Constantinople dans la formation de l'art byzantin. 1° Architecture civile. 2° Architecture religieuse : a) La basilique ; b) L'église octogonale et circulaire ; c) L'église à trompes d'angles ; d) La coupole sur pendentifs ; e) La basilique à coupoles ; f) L'église à croix grecque ; g) L'église sur plan cruciforme ; h) Particularités. V. Caractères comparés du type architectural. VI. Décoration. VII. Polychromie. VIII. Mosaïques. IX. Miniature. X. Arts industriels. XI. Bibliographie, I. L'ART BYZANTIN ». — On donne improprement, paraît-il, le nom d'art byzantin à une période plusieurs fois séculaire au cours de laquelle le goût, les procédés et la conception artistiques se sont plusieurs fois renouvelés et plus ou moins radicalement modifiés, De même que la dénomination d'art gothique devrait faire place à celle d'art ogival, de même celle d'art byzantin gagnerait, a-t-on dit, à être remplacée par celle d'art néo-hellénique ou d'art grec du moyen âge ! ; mais il ne servirait de rien d'introduire une expression dont le sens ne serait pas clair pour tous : encore que ces mots : art byzantin, soient loin d'exprimer avec netteté et précision une formule d'art pour la plupart de ceux qui en font usage, En effet, deux groupes, également excessifs dans la louange et dans le dénigrement, attachent à ce mot de byzantin l'idée la plus fâcheuse ou la plus respectable, Heureusement, tout excès finit par se détruire lui-même et les déclamations les plus virulentes semblent aujourd'hui aussi définitivement oubliées que les apologies les plus passionnées.
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nées. 1. L'étude attentive et impartiale des monuments a autorisé des recherches suivant des directions nouvelles et vraiment originales. Des conclusions moins hâtives et mieux assurées ont infirmé presque toutes les considérations fantaisistes, qui avaient tenu lieu de démonstrations scientifiques, C'est ainsi qu'on a, d'une part, restitué à l'art byzantin ses dons d'originalité, tandis que, d'autre part, on lui a retiré le prestige immérité d'avoir inspiré souverainement et exclusivement les manifestations artistiques de l'Occident, Nous ne ferons usage dans le présent travail que des monuments de l'art byzantin et des travaux qui, dans ces dernières années, en ont donné le sens et déterminé la place parmi un si grand nombre d'œuvres qui remplissent les collections publiques et privées. 1. En France, où les études byzantines ont enfin pris faveur, nous rencontrons des ouvrages d'une science consommée sur le sujet particulier de cette dissertation, Nous suivrons et nous citerons les études de M. Ch. Bayet et de Gabriel Millet sur l'art byzantin ; si notre travail présente quelque utilité, le mérite en devra remonter à eux seuls.
Dans l'histoire de l'art chrétien, l'Orient et l'Occident exercent pendant de longs siècles une étroite collaboration dans laquelle l'initiative semble venir de l'Orient et la sanction de l'Occident, Ici on crée les types et les symboles, là on les accepte et on en détermine le sens. Quand, avec la paix de l'Église, la représentation historique remplace le symbolisme de l'âge des persécutions, c'est encore l'Orient qui donne le branle, imagine un style et des sujets nouveaux. Les limites chronologiques de ce Dictionnaire d'archéologie ne nous autorisent pas à poursuivre la comparaison au-delà du Xe, Or, l'art byzantin a connu trois renaissances, au Ve-VIe, au Xe-XIe et au XIVe ; nous ne traiterons pas de ces deux dernières renaissances malgré l'extraordinaire perfection des œuvres qui s'y rattachent ; la première période nous retiendra seule, elle nous permettra de reconnaître que si « l'imagination orientale est plus brillante et plus riche, l'Occident l'emporte par l'esprit d'ordre et de règle ; moins créateur, il se défend mieux contre les exagérations. C'est ainsi qu'à la fin de l'époque qui nous occupe, lorsque éclate la querelle des iconoclastes, Rome ne se laisse point gagner ; elle reste fidèle à la tradition et défend l'art religieux menacé ? » La période chronologique à laquelle s'attache le nom d'art byzantin ne s'inaugure pas brusquement avec les destinées nouvelles de Byzance et de l'Orient pendant le second quart du IVe, Auparavant se place une longue période d'incubation au cours de laquelle l'art chrétien se prépare, lourd à tour hardi et timide, à prendre la succession de la civilisation grecque. Nous présentons l'homme qu'assis ou debout ; les autres attitudes sont symboliques des vérités de la foi. Et cependant, désormais, nous avons exposé dans un autre travail l'histoire des tentatives et des tâtonnements qui de l'art presque exclusivement symbolique ont abouti à l'art nouveau dont l'apparition coïncide avec les aspirations, les préoccupations et les ambitions qu'autorise et promet de satisfaire l'avènement de l'empereur chrétien Constantin. Le cycle allégorique est très étroitement lié avec les premiers essais de compositions dans lesquels on introduit le modèle vivant ; dans toutes ces interprétations il ne s'agit que d'éveiller l'idée du Christ ou l'idée de la vie nouvelle. La fresque, le bas-relief, la sculpture, l'épigraphie n'ont d'autre but que la traduction d'un germe qui était né et commençait à poindre, En Occident, de même qu'en Orient, on ne s'affranchissait pas des traditions de l'art païen, mais on les modifiait insensiblement ; on les adaptait à des inspirations nouvelles et, quitte à les maltraiter un peu, on les savait servir à produire des œuvres originales. Ce résultat était d'autant plus méritoire qu'au début de l'ère chrétienne, dans les provinces orientales où dominait la civilisation grecque, l'art était en pleine décadence. La conquête de ces provinces par les Romains fut le signal d'une émigration importante. Rome fit porter en Italie les chefs-d'œuvre conquis et une multitude d'artistes prirent le même chemin, Officiellement protégés, gâtés par le goût trop peu formé des conquérants, ces derniers représentants de la culture grecque formèrent des élèves plus avides de succès que soucieux de leur art. Ils se livrèrent à des élucubrations d'où sortit un style nouveau appelé à jouir d'une longue vogue et à couvrir de ses produits l'immense étendue de l'empire, c'est le style qu'on a désigné sous le nom de « gréco-romain ». Le christianisme puisa dans cette source encore abondante, mais déjà troublée, les éléments d'inspiration d'où sortit l'art chrétien. C'est surtout par le style que l'art chrétien primitif procède de l'art antique. Qu'on place, a-t-on dit, devant les monuments qui nous en restent un artiste fort sensible au style, mais peu versé dans l'interprétation des sujets, souvent rien dans l'exécution ne le distinguera qu'il est en présence d'un art nouveau : les procédés ne diffèrent point de ceux que montrent les monuments profanes de cette époque. Tous ces artistes païens ou chrétiens, appartenant à une même école ; ils changeaient de croyance non de style.
À partir du règne de Constantin commence la seconde période de l'art chrétien, qui se confond dès lors avec l'art byzantin. L'activité artistique provoquée en Occident par le triomphe de l'Église et les conditions qui en furent le résultat ne peut être comparée à ce qui se vit en Orient par l'effet de la même circonstance, Nous avons essayé de montrer (voir Byzance) que le choix de la nouvelle capitale de l'empire par Constantin était un événement d'une importance unique ; ce choix consacrait la dépossession de la suprématie du monde par l'Occident au profit de l'Orient, Au strict point de vue architectural, la construction de Constantinople fut trop hâtive pour permettre autre chose que l'emploi des vieilles formules et des vieilles méthodes ; lors que, la ville nouvelle sortant de terre, l'impatience de son fondateur commença à se modérer, un événement fortuit procura à l'art chrétien l'occasion d'entamer une phase nouvelle de sa destinée, L'invention de la Croix, la reprise de possession des Lieux-Saints donnèrent le branle à des constructions de basiliques, de sanctuaires de tous genres. De Palestine l'impulsion se fit sentir de proche en proche, tout l'Orient se couvrit d'édifices religieux. Les pèlerins emportaient de leur séjour aux lieux glorifiés par ces constructions somptueuses des idées dont l'expression se retrouve un peu partout malgré l'indigence des moyens d'exécution.
Fait plus grave, « l'art nouveau fut, en Orient plus encore qu'à Rome, le serviteur du culte officiel. Il n'était plus l'expression de la piété et de l'espérance chrétiennes ; il ne devint pas seulement la catéchèse raillée et le symbole du dogme. L'Église, jusqu'alors confinée dans les catacombes, les maisons ou de modestes chapelles, ne créa pas avec ses seules ressources son outillage de liberté ; à la liberté vint se joindre aussitôt la faveur impériale, qui donna à ses édifices sacrés une ampleur et une magnificence hors de proportion avec ses forces et ses besoins. L'art chrétien devint ainsi un des modes de l'action gouvernementale. En Palestine, Constantin lui-même excitait le zèle du clergé en le faisant aider par ses gouverneurs. Dès lors, l'art chrétien fut toujours alimenté par les souverains, leurs familles ou les grands.
L'art chrétien de la période des catacombes avec sa naïveté, son ingénuité, sa spontanéité exprime à merveille une société jeune, ardente, qui prend connaissance d'elle-même. L'art chrétien du IVe, somptueux et théâtral, n'est pas un témoin moins expressif d'une société forte, omnipotente, consciente d'elle-même. C'est une question infiniment délicate de décider si cette société chrétienne, traquée et persécutée pendant trois siècles, après avoir, par un retournement de fortune soudain et inouï, triomphé de la société païenne, s'est laissé absorber finalement par elle en subissant la séduction des formes et des usages de cette même société que l'Église prétendait diriger. Le prestige de la majesté impériale a exercé incontestablement son influence sur les institutions hiérarchiques et liturgiques du christianisme. L'imagination chrétienne s'est accoutumée très vite à établir des ressemblances entre les grandes charges de cour, les vêtements éclatants, les cérémonies du sacré palais et les choses, les êtres et les conditions de la vie céleste. Jusqu'où s'est-on engagé dans cette voie ? La théologie grecque a-t-elle suivi l'entraînement de l'imagination populaire ? A-t-elle institué un parallélisme, une parité, une concordance quelconque entre Dieu, ses anges, ses saints et l'Empereur, ses officiers, son entourage ? Il ne saurait être question d'entreprendre ici une discussion au point de vue de la théologie ; mais ce que nous en pouvons dire, c'est que ce parallélisme, évident lorsqu'il s'agit de l'art et de l'imagination, nous paraît être demeuré plus vague, moins poussé et, pour tout dire, n'offrir, lorsqu'il s'agit de la théologie et de la doctrine, que des rapprochements insuffisants.
Depuis ses débuts jusqu'au IVe, l'art chrétien avait été principalement, sinon exclusivement, un catéchisme figuré ; depuis le IVe jusqu'au Ve, n'aurait-il donc été qu'une illustration et, pour dire le mot, une sorte d'« almanach de la cour » ? Non, car il a été
BYZANTIN (ART)
cule d'un mouvement.
Ce mouvement, encore latent et inconscient chez le plus grand nombre, pressenti par l'esprit intuitif de Dioclétien, fut pénétré, saisi et dirigé par Constantin. La création de Constantinople fut un des deux aspects de sa politique ; l'exaltation du christianisme et sa substitution au paganisme d'État fut l'autre ; mais cette politique elle-même ne tendait au déplacement de la capitale et au remplacement de la religion nationale que pour procurer le triomphe de l'hellénisme et la résurrection de l'ancien Orient. Ce n'était pas une médiocre entreprise que de constituer au monde une capitale intellectuelle, au sens rigoureux de ces mots ; aussi ne fallut-il pas moins d'un siècle pour que fût définitivement contractée l'habitude de prendre l'inspiration à Constantinople, celle tard-venue, étrangère à toute l'histoire de l'hellénisme. La résistance fut longue, mais au Ve, elle était épuisée. Le sénat impérial, le patriarcat orthodoxe, l'administration de l'empire étaient solidement établis à Constantinople : après quelques infidélités sous Constance et Julien, peu enclins à fixer leur résidence dans la ville du Bosphore, les empereurs s'y étaient finalement installés ; ainsi, Constantinople s'était rehaussée de toute sa propre grandeur et de l'amoindrissement de ses rivaux, Antioche et Alexandrie. Vers le temps du concile de Chalcédoine, les destinées promises à Constantinople étaient accomplies ; elle était devenue, pour des siècles, le centre de l'hellénisme, de l'orthodoxie grecque et de l'art.
« Ce déplacement du centre artistique eut de très graves conséquences. Antioche et Alexandrie nourrissaient de très vieilles traditions, les traditions hellénistiques qui avaient alimenté l'art romain et, nous le verrons, se maintenaient vives et fécondes. Mais ces traditions séculaires étaient leur œuvre ; elles les avaient créées autrefois en modifiant, dans son essence, au contact de l'Orient, l'héritage de la Grèce libre, parce qu'elles étaient alors des cités neuves, nées de la conquête macédonienne, par la volonté des successeurs du conquérant. À leur exemple, Byzance, cité neuve, en prenant à son tour la direction de l'art grec, devait l'orienter dans des voies encore inconnues. Nous nous convaincrons, en effet, surtout par l'étude des monuments profanes, qu'elle offrit un terrain commun où les artistes de Rome, de la Grèce, de la Syrie et de l'Égypte se rencontrèrent, et, une fois dépaysés, transformèrent leurs procédés jusqu'à les fondre en un style nouveau. En sorte qu'au VIe, toutes les forces chrétiennes refluant vers Constantinople, Justinien put y fixer sans retour le centre de l'art oriental. Les architectes Anthémius de Tralles et les deux Isidore de Milet s'étaient formés en Asie. Mais ce fut à Constantinople et par la volonté de Justinien qu'ils développèrent avec un éclat incomparable les méthodes asiatiques, qu'ils créèrent les monuments dont l'influence rayonna par tout l'empire. L'immense travail de construction et de restauration dont Procope nous a tracé le tableau fut dirigé par des fonctionnaires et des architectes de la cour. C'est ainsi, par exemple, que Jean de Byzance et Isidore le Jeune reconstruisirent la cité de Zenobie en Mésopotamie, avec ses fortifications, ses églises, ses bains et ses portiques ; que l'architecte Théodore éleva de nouvelles églises en Palestine. Désormais, ce fut Constantinople qui donna l'impulsion.
Sans anticiper sur l'exposition qui va suivre, nous pouvons dire que Constantinople apparaît comme le confluent des courants artistiques orientaux et hellénistiques. L'art nouveau qui sort de cette fusion un peu chaotique devra se reprendre à plusieurs coups avant de parvenir à l'harmonie. Il s'agit de rien moins, en effet, que d'accorder la ligne et la couleur, la tradition classique du style et l'éblouissante féerie de l'architecture et du vêtement constellés de pierreries. Un apport tout neuf et alors ignoré du style gréco-romain vient de la Perse ; la culture grecque à Antioche et à Alexandrie n'ayant pas complètement étouffé l'esprit indigène, on le voit renaître et prendre sa revanche sur l'hellénisme. Ces éléments viennent concourir à la formation de l'art byzantin qui semble sonner le réveil des plus antiques traditions artistiques de l'Asie-Mineure, de la Syrie et de l'Égypte. Là se trouvent les sources de cet art qui exprime moins la correction traditionnelle de l'hellénisme que la spontanéité un peu calculée de l'esprit oriental. De leur rapprochement sort un produit légèrement hybride, plus somptueux que correct, plus chatoyant que déhanché, plus savant qu'harmonieux, où la rivalité des deux esprits s'affirme moins dans les œuvres elles-mêmes que dans la contradiction qu'elles révèlent et qui forme le fond de tout l'art byzantin : fantaisie et immobilité.
preuves tirées des textes et des monuments, ils ne
lesquels sous son règne, à Byzance, s'exécutera le
d'œuvre et se réalisera l'âge d’or de l'art byzantin.
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par suite d'une étrange ignorance on s’est hab
indigéne en Asie-Mineure, lei nous rencontrons un pas découvert ; il importe de le rappeler, La péné
tion d'esprit dé Viollet-le-Due, de A. Choisy, Courajod
les avait amenés chacun ‘pour leur
€ formuler des idées qui ne différent des conclu :
M. J. Strzygowski et de M. Ajnalov que par le précision et ce quel que chose de tranché et d'ab
L'Asie-Mineure a été, dès les plus anciens âges, une des routes préférées des vastes migrations qui se sont dirigées des plateaux de l'Asie vers l'Europe. Toutes ces migrations n'ont pas connu la même destinée, Tandis que les unes, emportées par leur vitesse et par la multitude qui poussait les colonnes de toute, ne faisaient que traverser la presqu'île anatolique, les autres s'arrêtèrent et se fixèrent dans ce pays. En s'y implantant, ils établirent les arts et les usages qu'ils apportaient de leurs lointaines patries. Aussi est-ce aux plus anciennes civilisations et aux peuples les plus reculés de l'Orient que l'art byzantin, tel que nous le verrons se constituer en Asie-Mineure, a emprunté ses rudiments, Les Assyriens connaissaient la coupole dans ses deux variétés principales : la coupole surhaussée et la coupole sphérique. Les Perses qui conservaient la tradition et les méthodes d'une très ancienne architecture nationale, connaissaient la construction par tranches. Ce même système de construction par tranches a été également pratiqué en Assyrie et en Égypte, dès la XIXe dynastie. Mais les Byzantins n'appliquèrent cette méthode caractéristique de leur architecture d'une façon plus raisonnée, Ainsi, quand ils l'adoptèrent, elle comptait dix-huit siècles de durée. La Perse, l'Assyrie, l'Égypte, la pratiquaient et c'est vraisemblablement à la Perse qu'il faut remonter l'origine. Grâce à l'usage de la brique cuite, l'Asie-Mineure ne se trouva pas moins heureusement pourvue de matériaux que les plaines de l'Élam où l'on faisait usage de la brique de terre séchée.
Il nous reste à déterminer la région de l'Asie-Mineure où s'accomplit le travail qui donna naissance à l'art byzantin. Cet art représente des éléments asiatiques combinés avec des éléments romains sous l'influence grecque. Nulle part, ces éléments n'ont pu prendre contact avec plus de fécondité qu'aux lieux où l'hellénisme, l'Asie et Rome se rencontraient avec une originalité et une vigueur encore suffisantes pour ne pas s'épuiser, s'altérer ou se dénaturer complètement dans l'œuvre de leur compénétration réciproque, Or, la ligne de communication entre l'Asie et l'Europe traversait des régions pénétrées de l'esprit hellénistique situées à la limite même où s'échangeaient les idées et les produits de l'Europe et de l'Asie, c'est-à-dire vers la côte d'Ionie. Éphèse, située à la jonction des deux courants, formait le confluent des idées et des richesses des deux mondes, La vraie fonction historique des peuples de l'Asie-Mineure a été de servir d'intermédiaires entre l'Assyrie et la Grèce qui lui empruntait sa décoration architecturale et les dessins de ses étoffes ; car les types artistiques paraissent avoir été portés en Grèce bien moins par les Phéniciens que par les peuples de l'Asie-Mineure, maîtres de routes commerciales qui passaient par Comane et Tarse pour atteindre Ninive et Babylone. À Éphèse, nous retrouvons les témoignages les plus anciens de la fusion entre les procédés de Rome et de l'Asie, L'église de la Trinité offre un exemple précieux de la transition entre les dispositions d'ensemble encore romaines et la structure déjà byzantine, L'église des Sept-Dormants n'est pas moins intéressante pour l'histoire des origines de l'art byzantin ; ce monument, romain de date, est entièrement byzantin de structure : berceaux, pénétrations, tout est exécuté par tranches et sans cintrage. À Magnésie du Méandre, à Ala Shehr (ancienne Philadelphie) et à Sardes, des constatations identiques de la tendance vers une fusion entre les plans romains et les plans orientaux.
L'art byzantin a également admis une part d'influence syrienne dans sa formation, influence qui s'est exercée principalement et presque exclusivement sur le côté décoratif de l'art, La sculpture gréco-syrienne a eu une importance réelle sur la formation des écoles byzantines, tandis que dans la construction des édifices et notamment dans le système des voûtes on ne voit pas la part que peut revendiquer l'art syrien des rives de l'Oronte, Une question technique suffit à l'expliquer. L'art byzantin a pour point de départ la voûte sans cintrage, laquelle implique nécessairement l'emploi de la brique, or la brique est demeurée presque étrangère aux constructeurs syriens.
Nous savons dans quelle exagération on est tombé en représentant l'art gréco-romain conquérant l'Orient, remplaçant l'antique culture hellénistique et y devenant la base et le germe de l'art byzantin. La part indéniable qui revient à Rome dans la réalisation et le perfectionnement du nouveau style est déjà bien grande, puisqu'elle a procuré le moyen d'exécuter les types nouveaux en révélant à l'Asie-Mineure les gigantesques combinaisons auxquelles se prêtait la brique cuite. La part ainsi faite à Rome, il faut reconnaître que pendant les trois premiers siècles de notre ère, toute la fermentation artistique se concentre dans les trois grandes capitales du monde hellénistique : Alexandrie, Antioche et Éphèse ; mais c'est que dans la région occidentale de l'Asie-Mineure qu'on constate avant le Bas-Empire la construction voûtée sans cintrage d'où sort l'art byzantin complet : partout ailleurs on le trouve constitué de toutes pièces comme un art importé : là seulement on le saisit dans son germe et son essor, C'est de là que viennent Anthémius (de Tralles) et Isidore (de Milet), tous deux d'Ionie, rencontre singulière qui reporte la plus achevée des applications de l'art byzantin au pays même où cet art s'est élaboré.
D'une manière générale, les édifices chrétiens d'Asie-Mineure peuvent être ramenés à quatre types principaux au sujet desquels il importe de faire une observation technique fort importante, Les basiliques de ce pays sont construites d'après deux modèles différents et, en un certain sens, opposés. Sur les côtes de l'ouest et du sud, on fait usage de brique et de charpente, dans les provinces de l'intérieur, on emploie la pierre de taille et la voûte en berceau : soutenue par des arcs doubles. Vers la côte occidentale et méridionale, les basiliques rappellent par certains aspects la disposition adoptée dans la Syrie du nord, notamment par l'atrium et le couvrage en charpente, tandis que dans l'intérieur, et c'est le cas à Bin-bir-Kilisse, on fait exclusivement usage de la pierre de taille et, en avant de la porte, un étroit vestibule ou plutôt un simple porche prolonge la grande nef affectant l'apparence d'une double ou triple arcade flanquée de deux tours d'angle qui ne sont que les deux pièces closes dressées aux extrémités des bas-côtés et auxquelles on s'est efforcé de donner un aspect plus monumental.
D'autres particularités, étrangères à l'art grec, caractérisent les basiliques de l'intérieur, très nombreuses en Lycaonie. D'après M. Strzygowski, ce qui donne à ces basiliques leur caractéristique, c'est l'emploi de la voûte, l'existence d'une abside isolée à l'extrémité de l'église et l'emploi fréquent de l'arc en fer à cheval dans le profil des arcades ou le tracé de la grande abside ; ajoutons avec M. Millet un trait non moins typique : les piliers trapus, oblongs, terminés vers les nefs par des demi-colonnes émergeant d'un bloc massif, sans chapiteau, sous la saillie d'une simple imposte. Il s'en faut que tous ces traits soient tellement caractéristiques qu'ils permettent de constituer un type original. On en retrouve plusieurs dans les basiliques de l'Afrique du Nord, notamment l'abside isolée à l'extrémité de l'église, les piliers cantonnés de colonnes engagées, la rareté de l'atrium, la façade flanquée de tours ; l'Afrique proconsulaire a même possédé des églises voûtées. De ces simples rapprochements, on peut induire que les basiliques d'Anatolie n'offrent pas un type qui se soit nécessairement constitué et exclusivement pratiqué en Asie-Mineure.
Autre point à noter. Le porche et les tours de la façade se retrouvent dans la Syrie centrale ainsi que l'usage de la pierre de taille. D'après M. Puchstein, ce type de façade s'inspire de l'ancien château hittite, d'où l'on peut inférer que Syrie et Anatolie, dissemblables sous tant de rapports, se rapprochent ici et puisent chacune de leur côté à une source commune. C'est donc l'art des peuples du même sang établis dans la portion orientale de l'Asie-Mineure, dans l'Arménie et dans la Syrie du Nord. « Cet art a pu se perpétuer, parce que la culture grecque, si intense le long des côtes, n'a pénétré dans l'intérieur qu'assez tard, vers le début de l'empire, et sans atteindre les couches profondes, laissant à la propagande chrétienne, avant Constantin, le sol presque vierge. Plus vigoureuse qu'en Syrie et en Égypte, elle a pu éliminer les langues indigènes et mieux conserver sa propre originalité ; mais comme en Syrie et en Égypte, loin de la mer, l'Orient est resté lui-même. Au 1er siècle, il parle à sa manière la langue de l'art chrétien. La basilique orientale ne doit rien à la basilique hellénistique. »
Les textes, les récits des voyageurs et les explorations mentionnent l'existence en Asie-Mineure, en Syrie et en Mésopotamie de nombreuses églises octogones surmontées d'une coupole, laquelle, dans certains cas assez rares, est de forme conique, évidemment inspirée des édifices persans ou arméniens. La plupart des églises octogones sont construites en pierre de taille ; nous sommes exceptionnellement bien renseignés à leur sujet grâce à la description contenue dans une lettre adressée à la fin du IVe par Grégoire de Nysse à son collègue Amphiloque d'Iconium et aux monuments existants en Anatolie ou en Syrie, tels que l'octogone de Bin-bir-Kilisse et celui de Wiranschet, qui nous montrent comme très répandue la forme cruciale sur plan octogonal avec coupole élevée sur tambour.
Le type octogonal est-il spécifiquement asiatique ? Il est certain qu'il se montre très fréquemment en Arménie et qu'on le retrouve dans l'art seljoukide, ce qui nous invite à en chercher les origines en Orient, où, suivant les régions, on le construisit en pierres de taille ou en briques avec assez d'habileté pour que Constantin n'ait pas hésité à l'adopter dans plusieurs de ses constructions. D'ailleurs, le type octogonal n'était plus une innovation ; depuis quelques années, il existait une application illustre de l'octogone dans le mausolée bâti au début du IVe par Dioclétien, dans son palais de Salone. Le plan rappelle l'octogone de Grégoire de Nysse, l'origine en est certainement orientale et vraisemblablement syrienne. En tous cas, elle n'a absolument aucune attache avec Rome, à qui elle n'a même pas emprunté la brique, mais seulement, comme nous l'avons dit plus haut, le vaisseau principal. Les constructions de ce type ne sont pas rares en Anatolie et sont presque toutes garnies de tribunes au-dessus des bas-côtés. La basilique n. 11 de Bin-bir-Kilisse nous montre un exemple soigné, dont la construction a été conduite en vue de ménager le plus de place possible aux fidèles ; elle a des tribunes, ainsi que beaucoup de basiliques hellénistiques, et, en place de porche, un narthex qui a repoussé les deux tours de la façade au-delà des murs latéraux. Du côté de l'abside, on remarquera une disposition fréquente en Syrie, deux piliers plus forts délimitant l'extrémité du prêtres. Le type est plus complètement réalisé, et encore en pierres de taille, avec l'arc en fer à cheval, dans l'église de Kodscha (1 Kalessi, dans le Taurus, sur les confins de la Lycaonie et de la Cilicie, c'est-à-dire au point de rencontre de l'influence orientale et de la conception hellénistique).
“ Là, sur deux travées de la grande nef, la voûte en berceau est coupée par une coupole que soutenaient, au Couvent-Rouge, des trompes d'angles encadrées de colonnettes. Cette coupole donnait du jour à la grande nef, sans qu'on risquât d'affaiblir la voûte en y perçant des fenêtres au-dessus des tribunes. Kodscha-Kalessi, par sa décoration, remonterait au deuxième quart du XIe. Comme elle dérive des basiliques voûtées de Bin-bir-Kilisse, il faut prêter à ces basiliques quelque cinquante ans de plus, imaginer qu'avant la paix de l'Église, entre deux persécutions, les fidèles priaient sous des voûtes. La position n'offre d'ailleurs, en ces contrées, rien d'extraordinaire, rien de local non plus. Nous la rencontrons le long de la côte à Adalia, Myra, Éphèse ; mais il franchit la mer Égée, fait son chemin au loin puisque
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Constantin et Justinien et en un temps bien plus proche probablement, ainsi qu'en Thébaïde, au Couvent-Blanc, sur plan octogonal ? sont acceptables, il ne semble plus toutes pareilles ?. » Cette disposition, saint Basile visita les monastères d'Égypte, de Syrie, de M… souscrit Ch. Diehl., — # Choricii Gasæ orgh nous le retrouvons dans la curieuse basilique en briques de Kasr-ibn-Wardan dans la Syrie du Nord, et jusqu'en Europe à Sainte-Sophie de Salonique, bien pers Sainte-Sophie de Constantinople qui, malgré son incontestable originalité, se ramène, somme toute, à ce type aussi a-t-on pu dire que ce type constitue la couche hellénistique au-dessus de laquelle l'art byzantin a poussé. Mais la question brûlante ne laisse pas de se poser. Est-ce dans l'Asie-Mineure ou, du moins, dans l'Orient hellénistique que nous devons chercher l'origine de cette disposition ? M. Strzygowski n'en doute pas. Il place à Antioche le point d'élaboration du type - et à Éphèse son point d'exportation dans la direction de Salonique et fait remonter, nous l'avons dit, Kodscha-Kalessi vers le milieu du Ve. À cette date attribuée aux basiliques à coupole d'Anatolie ne laisse pas de soulever bien des objections et on pressent bien que, suivant le parti qu'on prend, on se trouve amené à adopter des conclusions très différentes. Si les édifices chrétiens d'Asie-Mineure sont incontestablement à la période intermédiaire entre Constantin et Justinien, ils doivent avoir, dans l'histoire des origines de l'art byzantin, une importance capitale ; sinon, ils n'ont qu'une médiocre signification. Or, si l'on ramène la question à une affaire de chronologie, on doit reconnaître qu'à l'exception des basiliques cappadociennes (sur lesquelles ont des inscriptions du VIe) et de la basilique ibn-Wardan (qu'une inscription date de tantôt 564), aucun des édifices anatoliens ne porte de date certaine ; on est donc réduit à invoquer les caractères intrinsèques de la construction si l'on entreprend d'en déterminer l'époque, c'est là un genre de démonstration où l'on risque à tout instant de côtoyer l'arbitraire et d'y verser. M. Strzygowski semble n'avoir pas toujours échappé à ce contre-temps. D'après lui, tous les monuments étudiés dans son livre ont été construits entre le IVe et le VIe. Malheureusement, cette conviction est fondée non sur la vue et l'étude des édifices eux-mêmes, mais sur la comparaison de photographies et de plans qui, parfois, sur des points essentiels, sont contradictoires. Il y a dans ce fait une présomption peu favorable, surtout lors que les relations des voyageurs qui ont étudié sur place, généralement avec impartialité et sans théorie préconçue, concluent à une date moins reculée. Si les dates revendiquées pour les basiliques de Bin-bir-Kilisse et pour la plupart des édifices en sont de même lorsqu'on s'efforce de faire remonter jusqu'au Ier siècle l'origine de la basilique à coupole, Et à ce sujet M. Millet a introduit dans la discussion un élément nouveau. C'est un texte négligé par Strzygowski et contenant la description par Choricius d'une église construite à Gaza au VIe, en l'honneur de saint Serge. Le texte est obscur et diffus, corrompu de la tradition monastique. (On doit se souvenir qu'en 357-358, Potamie et en rapporta les règles de la vie monastique.) La maturité du type, au IVe, est attestée par la parenté du thème décoratif à Kodscha-Kalessi et à Adalia. Si la basilique à coupole est sortie de la basilique voûtée à tribunes, celle-ci est, en 18 / Vs | A d
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1473 probablement par places. Nous y lisons que des propylées, puis un atrium carré mènent directement à l'église dépourvue de narthex, « Du portique, dressé à l'ouest devant l'église, deux autres se détachent, l'un au sud, l'autre au nord, perpendiculairement à la façade et égaux entre eux !. Leurs parois sont revêtues de plaques ; leurs colonnes, toutes de même style, atteignent, à l'aide d'arcs, la hauteur des colonnes qui soutiennent l'église ?, Le milieu est ainsi formé : quatre arcs sont opposés deux à deux ; quatre autres, se faisant face aussi, viennent buter contre elles, Huit en tout, elles enferment entre chacun de ces couples un toit concave .., Tout s'oppose en des formes égales et symétriques, sauf que le côté de l'est se creuse au milieu à une hauteur qu'aucune autre ne pourrait dépasser 6. » On peut suivre cette description, conclut M. Millet, sur les églises de Kodscha-Kalessi et du Couvent-Rouge, à Sohag (Égypte) (fig. 1789), Les très hautes colonnes, celles « qui soutiennent l'église, » c'est-à-dire qui portent les quatre grandes arcs au milieu de la nef centrale, étaient adossées aux larges piliers dessinant les angles du carré, On passait du carré à l'octogone par des trompes décorées de colonnettes, Les colonnades des bas-côtés se développaient au nord et au sud un peu en arrière des grandes arcs. Choricius ne dit pas expressément qu'elles eussent deux élages, mais le cycle évangélique qu'il a observé sur le toit, devait se développer, ainsi qu'à Sainte-Sophie de Conlieu en forme de conque pour la place du prêtre. En termes techniques, une portion du cylindre dressée sur le sol porte un quart de sphère. Deux autres figures analogues ornent de chaque côté le même mur, égales entre elles, moins grandes que celles du centre... Les quatre arcs intérieures, dont je parlais tantôt, sont chacune prolongées des deux côtés par des murs aussi hauts qu'elles, qui portent des murs angulaires et des colonnes atteignant l'assemblage sur lequel s'élève le toit#... À l'intérieur d'un prisme quadrangulaire est adapté un prisme octogone renfermant un cercle qui porte très haut le toit., Il faut avoir le cou assoupli pour le regarder : à une telle distance du sol, il imite sans doute le ciel visible : les colonnes atteignent. N'oublions pas qu'avec Choricius de Gaza nous sommes au VIe, ce qui tendrait à confirmer l'opinion de M. O. Wulff d'après lequel toutes les basiliques à coupoles dériveraient de Sainte-Sophie de Constantinople $. La basilique de Kasr-ibn-Wardan qui appartient au groupe en question remonte incontestablement au VIe et, quant à Kodscha-Kalessi, Headlam n'admet pas qu'on puisse la faire remonter plus haut que le Ve. Nous sommes loin de compte, on le voit, avec ces anciennetés presque fabuleuses, qui nous conduisaient jusqu'en pleine époque des persécutions. Il faut donc en rabattre beaucoup, et certains édifices, telle la basilique à coupole d'Utchavak, loin d’être concédés au Ve devraient descendre jusqu'à la période du moyen âge byzantin. Il n'est pas jusqu'à Kodscha-Kalessi qui n'appelle également de formelles réserves. Ici, comme à Adalia, la décoration ne saurait rien prouver, il faut recourir à la structure dont l'élément essentiel est le support de la coupole. À Kodscha-Kalessi, à Gaza, à Sohag, à Ancyre, ce sont des trompes d'angles ; à Myra, à Salonique, à Nicée, des pendentifs. | | La trompe d'angle, écrit M. G.-Millet dont je me reprocherais d'abréger ici l'exposition ?, la trompe d'angle, étrangère à l'Égypte antique, est persane. Elle s'est perpétuée aux IVe et Ves en Arménie , au Xe en Géorgie +, dans les basiliques à croix grecque, issues de Kodscha-Kalessi, Si l'on raisonne, à l'égard de la trompe d'angle, comme a fait M. Strzygowski à l'égard de l'octogone, on doit conclure qu'elle appartient à la tradition de l'Asie-Mineure centrale et orientale, qu'elle a émigré du plateau vers la côte, puisqu'elle a pris la mer pour aborder à la fin du Ve à Naples (Baptistère) au VIe à Ravenne (Saint-Vital). Le même raisonnement vaut aussi pour la basilique à coupole : elle aussi a passé la mer puisqu'à Palerme, au XIIe (chapelle Palatine), une triple nef basilicale, il est vrai couverte en charpente, se soude à une coupole portée par quatre trompes et par quatre colonnes, entre deux berceaux longitudinaux. Les trompes de Kodscha-Kalessi ne seraient donc pas, comme le suppose M. Strzygowski, un emprunt fortuit à la Thébaïde, un présent du monachisme égyptien. Saint-Serge de Gaza était une église séculière. Je croirais que, plus d'un siècle avant la construction de Saint-Serge de Gaza, les disciples de Schnoudi ont trouvé ce procédé acclimaté sur la côte et déjà combiné avec les colonnes décoratives.
Le pendentif, au contraire, paraît être hellénistique. Pourquoi M. Strzygowski n'a-t-il pas retenu les observations de M. Choisy, qui a suivi son application progressive à Salonique, Magnésie du Méandre, Sardes, Philadelphie ? Bien qu'on en ait signalé de vieux exemples jusque dans l'est de la Palestine, M. Choisy n'a-t-il pas raison de conclure qu'il a été imaginé pour la construction en briques et ensuite adapté à la pierre ? La trompe d'angle est empirique, le pendentif ne représente-t-il pas une solution rationnelle dont il faille faire honneur au génie grec ?
Or le pendentif s'adapte mal à la basilique à coupole, parce qu'il exerce des poussées trop fortes pour les simples parois d'une grande nef basilicale. Pour les contre-bouter, à Myra, on a surélevé les collatéraux ; à Éphèse, à Nicée, à Salonique, on a intercalé des arcs de plus en plus profonds, qui sont devenus, à DéréAghzv, à Sainte-Irène, à Philippes, de véritables berceaux prolongés jusqu'aux murs extérieurs, et ont coupé les collatéraux et transformé la basilique à coupole en croix grecque. M. Strzygowski a discerné dans la structure de Sainte-Sophie de Salonique une contamination. Qui, mais c'est la contamination non de deux types d'église, mais d'un type d'église et d'un mode de _ TRES 20 æ Era 7 | 4 Le, 2 $ c « TNT, - > L À Ye be, 4, SR RE Der‘ a re, AE 4 Hs PL Re LES) CLP RS ENORME SET eu OF NUE KI NL. ?
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plan d'Orient tracé par des mains grecques, h | créer la basilique à coupole. L'un des éléments l'octogone et la basilique à charpente. Il sert de réfectoire, structure étrangère, contraire à ce type, vrai parasite qui a fini par l’absorber, Ainsi, ce fut d'abord la trompe d'angle, procédé oriental, qui attacha la coupole aux parois de la basilique voûtée à tribunes ; puis, le pendentif, procédé hellénistique, transforma la basilique à coupole en église à croix grecque. Le type ne s'est donc pas éteint comme une création hellénistique négligée par Constantin ; il s'est transformé comme un
Reste à voir si les Grecs, qui ont conservé la trompe à Gaza, ne l'auraient pas appliquée eux-mêmes, pour, rateurs leur appartient : les tribunes forment un trails saillants de leurs basiliques aux 1v*-vie si parce qu'elles répondent au développement du « dans les grands centres, après la paix de l'Église, au goût de magnificence inspiré par la Cour. C'est assurément aux Cilés de la côte que les architectes de Binbir-Kilisse les ont empruntées. Mais la voûte en berceau, soutenue par des arcs doubles aux au-dessus d'une longue nef, forme caractéristique de la construction en pierre, procédé commun aux régions intérieures de l'Égypte et de l'Asie-Mineure, très répandu ensuite en Géorgie et en Arménie, n'est-elle pas purement orientale ? On peut d'ailleurs, ajoute M. Millet, que je ne me lasse pas de citer, retracer le chemin qu'elle a suivi. Je croirais que quelques étapes en sont indiquées par des miniatures célèbres, celles du Ménologe de Basile I.
Ces miniatures reproduisent souvent, à ce qu'il semble de très vieilles icônes où étaient figurés, avec grande exactitude, les édifices consacrés à la mémoire du saint dans le lieu où il avait souffert ? On y rencontre plusieurs fois une nef unique voûtée en berceau et couverte de lames de métal, le plus souvent percée de fenêtres sur les longs côtés. Dans la capitale de la Perse ou chez les Sarrasins, la porte s'ouvre sur la façade, au-dessous de deux fenêtres. Partout ailleurs elle monte jusqu'au tympan vitré entre deux ou quatre colonnes, sous un berceau largement ouvert qui prolonge celui de la nef. À Césarée de Cappadoce, où cet édifice revient trois fois avec des variantes, mais toujours à gauche, au milieu d'arbres, les parements sont en pierre de taille. À Antioche, à droite, au milieu de la ville, les pierres de taille ne sont pas dessinées. On le retrouve à Nicomédie. C'est toujours un édifice civil, sans la croix. Dans les groupes monastiques en Palestine et à Constantinople, il voisine avec la rotonde ou la tour : tel nous le retrouvons au xi* siècle avec de nombreux arcs doubles aux, parmi les ruines de Daphné, ainsi d'un côté, l'Orient ; de l'autre, Césarée, puis Nicomédie-Antioche, puis les monastères. De cette simple nef sont sorties les basiliques de Bin-bir-kilisse. Sur son propre sol, l'Orient l'a développée et articulée, tandis que les côtés hellénistiques et les monastères byzantins l'adoptaient sans y toucher, avec indifférence, comme une pièce de second plan. M. Choisy a observé à Sardes que, sur les îles oblongues, la voûte d'arêtes, avec le temps, fit place à la calotte sur pendentifs. D'autre part, M. Strzygowski soutient volontiers que Rome ne fit qu'imiter la magnificence des structures hellénistiques. En induisant du petit au grand, on peut admettre que les salles somptueuses d'Alexandrie, d'Antioche ou d'Éphèse devaient ressembler à celles des Thermes de Caracalla ou de la basilique de Maxence. Or, les voûtes d'arêtes de ces deux grandes salles étaient contreboutées par des voûtes en berceau perpendiculaires à l'axe et s'éclairaient aisément au-dessus de ces sortes de collatéraux. Le problème qui fit concevoir en Orient la basilique à coupole était déjà résolu. Autre part, en substituant dans une telle structure la coupole sur pendentifs à la voûte d'arêtes, on obtenait l'église à croix grecque avec la basilique à coupole. Mieux vaut donc, conclut M. G. Millet, écarter l'hypothèse d'un prototype hellénique et reconnaître que la basilique à coupole est sortie du type de Bin-bir-kilisse, sous l'influence hellénistique, après Constantin, sur les confins du domaine oriental. D'après M. Ch. Diehl, à cette forme hellénistique de la basilique s'oppose le type byzantin, l'église en forme de croix grecque inscrite dans un rectangle, où une coupole couronne la croisée. M. G. Millet estime au contraire que « l'église à croix grecque n'est sortie de la basilique à coupole ».
L'Asie-Mineure ne manque pas d'édifices dans lesquels ce type peut être étudié, depuis les chapelles creusées dans le roc en Phrygie et en Cappadoce jusque dans des constructions telles que la mosquée de Fırsandyn, ancienne église chrétienne, ou les ruines de Tschaulykilisse. Ces églises, à dire vrai, semblent d'époque relativement récente ; à toutes néanmoins peut s'appliquer la distinction entre le plan cruciforme et la coupole sur pendentifs. Le plan cruciforme qui peut être réalisé par divers modes de structure et la coupole sur pendentifs entre quatre arcs est applicable à divers plans. Cette distinction entre le plan et la structure est très clairement notée par Constantin le Rhodien à propos de l’église des Saints-Apôtres, édifiée par Justinien. « L'architecte, dit-il en substance, trace d'abord sur le sol un carré à chaque angle duquel il pose une base portant un pilier ; les quatre piliers portent les arcs et la coupole ; de chaque côté le système se répète formant un édifice quintuple en forme de croix ; enfin l'architecte juxtapose et lie les arcs deux à deux de façon à former avec chaque couple une voûte en berceau ; il lie aussi les piliers deux à deux et, par ce système, lie les coupoles deux à deux ». Le plan cruciforme diffère de la croix grecque d'une manière frappante à condition de comparer les édifices. Par exemple, le mausolée de Galla Placidia, à Ravenne, ne comporte pas de bas-côtés, ou bien ces bas-côtés viennent de l'extérieur, ils sont plaqués entre les bras de la croix et remplissent les coins vides ; au contraire l'église byzantine à croix grecque les exige comme un ressort essentiel de son équilibre, pour transmettre aux murs extérieurs les poussées de la coupole et dresser la coupole, non sur des murs ou sur de forts piliers, mais sur de simples colonnes. Ces bas-côtés, elle les a retenus de son prototype, la basilique à coupole.
Un fait est indiscutable, entre le iv et le vi siècle, une fermentation artistique intense a agi sur l'Orient ; elle a produit une floraison abondante et multiforme : basilique voûtée, église octogone, basilique à coupole, basilique sur plan cruciforme à coupole centrale, églises tréflées. L'Asie-Mineure, on l'ignorait jusqu'en 1902, a tenu une place importante dans le mouvement, sous des aspects créateurs ; cette importance ne saurait désormais lui être contestée.
S'ensuit-il, comme le veut M. Strzygowski, que l'Asie-Mineure ait une part exclusive, essentielle dans la création de types architecturaux dont elle nous montre la réalisation ?
Mais remarquons tout d'abord que les édifices du groupe de Bin-bir-kilisse et du haut plateau anatolien ne paraissent pas avoir eu une influence prépondérante sur le développement de l'art byzantin. La part d'invention de l'Asie-Mineure dans les nouveaux types architecturaux qui achèvent de se constituer à l'époque de Constantin paraît devoir être moins large qu'on avait, tout d'abord, été disposé à l'admettre et Constantinople gagne tout ce qu'on retire à l'Anatolie.
IV. RÔLE DE CONSTANTINOPLE DANS LA FORMATION DE L'ART BYZANTIN. — Nous avons jusqu'ici fait la part de l'Orient hellénistique et il est presque superflu de redire que la fougue avec laquelle on procéda à la construction de Constantinople mit, au début, dans la nécessité de se modeler sur les traditions et les méthodes architecturales de l'Orient hellénistique. Mais la profusion et le luxe effréné de la cour impériale, impatients de trouver leur emploi, provoquèrent des recherches nouvelles de bien-être et fournirent le moyen d'y satisfaire. La capitale dressée en quelques années comme par enchantement fut reprise et renouvelée de proche en proche. La fièvre monumentale constantinienne une fois apaisée, il se trouva que les provinces dotées d'édifices et grevées d'emprunts pour les payer, laissèrent volontiers à Constantinople le privilège de donner le ton au mouvement artistique. Celle-ci n'y manqua pas, encore que les constructions, entre Constantin et Justinien, aient connu une période d'accalmie et, pour ainsi dire, une « morte-saison ». Néanmoins l'influence dirigeante de Constantinople peut se constater en 401 lors que l'impératrice Eudoxie fournit à l'évêque Porphyre de Gaza l'argent nécessaire pour construire une grande église dont elle prescrit le plan dans lequel l'évêque reconnut la marque d'une révélation divine, » car « le cœur des rois est dans la main de Dieu ». Après Constance et Julien, Constantinople étant devenue définitivement capitale de l'empire, c'est là que doivent recourir prêtres et évêques désireux d'obtenir un large subside pour leurs constructions projetées ou inachevées ; car, dès le v* siècle, la surenchère de magnificence d'une église à l'autre met le clergé dans la nécessité de se faire aider par le trésor impérial ou par les fortunes colossales de la capitale. De là à subir avec plus ou moins de docilité l'influence des monuments et du luxe officiels, il y a un pas tout de suite franchi.
Sans retrancher aux villes hellénistiques d'Orient le grand rôle qu'elles ont exercé en matière d'art byzantin, en accordant même à leurs revendications la création du type d'église à coupole, il convient de ne rien soustraire à Constantinople de ce qui lui appartient légitimement. Sans doute l'Asie-Mineure ne se présente pas à nous avec tous ses monuments, mais Constantinople a eu assez à souffrir des hommes et du temps pour que l'on puisse dire que, faisant usage des mêmes procédés, des mêmes formes, faisant appel aux mêmes ornements, elle a marché de pair dans la voie du progrès dont nous saisissons nettement le point de départ au temps de la fondation de Byzance.
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IV. RÔLE DE CONSTANTINOPLE DANS LA FORMATION DE L'ART BYZANTIN. — Nous avons jusqu'ici fait la part de l'Orient hellénistique et il est presque superflu de redire que la fougue avec laquelle on procéda à la construction de Constantinople mit, au début, dans la nécessité de se modeler sur les traditions et les méthodes architecturales de l'Orient hellénistique. Mais la profusion et le luxe effréné de la cour impériale, impatients de trouver leur emploi, provoquèrent des recherches nouvelles de bien-être et fournirent le moyen d'y satisfaire. La capitale dressée en quelques années comme par enchantement fut reprise et renouvelée de proche en proche. La fièvre monumentale constantinienne une fois apaisée, il se trouva que les provinces dotées d'édifices et grevées d'emprunts pour les payer, laissèrent volontiers à Constantinople le privilège de donner le ton au mouvement artistique. Celle-ci n'y manqua pas, encore que les constructions, entre Constantin et Justinien, aient connu une période d'accalmie et, pour ainsi dire, une « morte-saison ». Néanmoins l'influence dirigeante de Constantinople peut se constater en 401 lors que l'impératrice Eudoxie fournit à l'évêque Porphyre de Gaza l'argent nécessaire pour construire une grande église dont elle prescrit le plan dans lequel l'évêque reconnut la marque d'une révélation divine, » car « le cœur des rois est dans la main de Dieu ». Après Constance et Julien, Constantinople étant devenue définitivement capitale de l'empire, c'est là que doivent recourir prêtres et évêques désireux d'obtenir un large subside pour leurs constructions projetées ou inachevées ; car, dès le v* siècle, la surenchère de magnificence d'une église à l'autre met le clergé dans la nécessité de se faire aider par le trésor impérial ou par les fortunes colossales de la capitale. De là à subir avec plus ou moins de docilité l'influence des monuments et du luxe officiels, il y a un pas tout de suite franchi.
d'architecture particuliers à l'Égypte, à la Syrie et à
l'Asie-Mineure, se rencontrent à Constantinople, se combinent
et produisent dans Sainte-Sophie l'incomparable résultat de
cette réciproque pénétration. Sainte-Sophie n'est qu'un
aboutissement, Dès le second quart du IVe les grands
travaux commencent à couvrir l'empire. La piété des
générations a mieux conservé les édifices religieux que les
édifices profanes dont il nous est très difficile de parler
aujourd'hui, cependant nous savons qu'ils n'étaient pas en
point où il était aux derniers temps de la République romaine, Le procédé de la construction voûtée parait trop coûteux et trop lent pour répondre à l'impatience de l'empereur et à la gêne du trésor ; on remplace donc systématiquement la voûte par la simple charpente, on sacrifie l'aspect monumental, la solidité et la durée de l'édifice au calcul politique qui exige l'improvisation d'une capitale et on revient sans arrière-pensée et sans réserve au type de la basilique primitive. Sainte-Sophie, qui peut avoir été commencée sous le règne de Constantin, l'église des Saints-Apôtres, Saint-Irène, qui sont certainement construites par lui, sont de simples basiliques !, Les grandes basiliques d'Asie-Mineure, telles que Philadelphie ou Sardes n'ont pu être construites qu'entre 313 et 330, L'art demi-romain, demi-asiatique de Philadelphie et d'Éphèse ne pouvait survivre à cette crise sans se modifier et la transformation qu'il subit le dégagea de plus en plus de l'élément romain. Jusqu'alors les constructeurs avaient compté sur la simple cohésion des massifs de leurs voûtes : ils cessèrent peu à peu de regarder ces ouvrages comme des monolithes artificiels et cherchèrent dans le jeu des poussées un principe nouveau d'équilibre, Ils s'attachèrent, par une innovation opposée aux habitudes romaines, à réduire la masse des voûtes, Renonçant au tracé géométrique des pénétrations de berceaux, ils adoptèrent le profil rehaussé, si favorable à la stabilité et si bien en harmonie avec les procédés d'exécution par tranches ; ils inaugurèrent des plans d'édifices inconnus à l'antiquité ; ils devinrent eux-mêmes et l'art byzantin acheva de se constituer en leurs mains, Les circonstances de cet acheminement de l'art byzantin vers son expression finale nous demeurent obscures parce que la série des monuments qui pourrait nous aider à suivre les phases du progrès est interrompue par d'importantes lacunes ; ce qui est assuré, C'est qu'au VIe, l'évolution est accomplie.
Malgré les conditions défavorables dans lesquelles ils travaillent, les architectes chrétiens d'Asie commencent, dès l'époque constantinienne, à se montrer créateurs. Les églises circulaires paraissent dès lors d'une conception plus hardie en Orient qu'en Occident ; celle d'Antioche en particulier étonne les contemporains, De ce type d'édifices, il ne subsiste qu'un seul exemplaire bien conservé, c'est l'église de Saint-Georges, à Salonique ?, Cette vaste rotonde mesure, hors œuvre, 24 mètres de diamètre ?, là encore on se contente de la coupole appuyée sur un mur circulaire, telle que l'avaient employée les architectes de Rome ; mais, en Asie, les architectes et les constructeurs se préoccupaient déjà de la combiner avec le plan polygonal.
Les photographies rapportées par la mission Chantre pour les pays entre la Syrie et le Caucase ont permis de constater que le système d'architecture syrienne s'est propagé fort au nord-est, jusqu'à Diarbekir (fig. 174), à Medja-Farkin.
Dans cette poussée de sève qui, de tous côtés à la fois, fait lever les germes de l'art byzantin, on ne peut s'arrêter partout et on court le risque d'omeler quelque œuvre capitale. C'est ainsi qu'en Syrie il faut aller surprendre dans la coupole d'Omm-es-Zeitoun, datée de 282, la trace des premiers essais qui aboutissent à l'emploi des pendentifs pour recevoir la coupole ; à Chagqä, au IVe, même tendance et enfin, au VIe, à Saint-Georges d'Esra et dans la grande église de Hosira le problème se trouvera résolu, Saint-Démétrius de Salonique nous montre à la frontière de l'Asie et de l'Europe l'esprit d'innovation s'étendant de proche en proche. Le plan général est celui d'une basilique avec atrium, narthex, bas-côtés doubles, mais à l'intérieur deux étages sont superposés et l'étage supérieur fait le tour de l'église même au-dessus du narthex. Ce n'est pas la plate-bande, mais l'arcade qui est employée, Les chapiteaux affectent des formes nouvelles et tout en ne se dégageant qu'incomplètement des formes anciennes, ils les altèrent : on le voit en quelque sorte se dédoubler, ce n'est pas la partie principale qui reçoit la retombée des arcs, elle pèse sur des dosserets qui forment comme un chapiteau supérieur. On tend à la superposition de deux véritables chapiteaux, En outre, sur deux points on saisit des formes plus originales encore : les types classiques sont nettement délaissés pour des chapiteaux en corbeille, sculptés à jour, c'est-à-dire comme une sorte de masse cubique sur laquelle serpentent des ornements qui simulent une application.
De toutes parts, on le voit, l'effort se fait sentir pour réaliser des aspirations nouvelles, Avant l'entreprise radicale de Constantinople, on s'était essayé en Palestine où Constantin et sa mère, l'impératrice Hélène, glorifient les lieux les plus célébres du christianisme par des constructions sensationnelles, principalement à Jérusalem, sur l'emplacement du Saint-Sépulcre et de la Résurrection. Ce qui subsiste des constructions constantiniennes et même des édifices qui leur succédèrent ne peut généralement rivaliser avec ces basiliques dont il nous est resté des descriptions merveilleuses, Cependant plusieurs provinces ont gardé des ruines considérables ou même des édifices encore habitables. En Égypte, le désert de la Thébaïde conserve le « Couvent-Blanc » et le « Couvent-Rouge » (VIe) ; et le désert de Nitrie possède Saint-Macaire, Amba-Beschaï, Souriani, Baramous (VIe). Dans la Syrie centrale, nous avons eu déjà l'occasion de décrire Kalat Se m'an ! et il faudrait énumérer à la suite un bon nombre de bourgades enrichies de maisons, d'églises, d'édifices quelconques que la mission de Vogüé et la mission américaine nous ont fait connaître *. En Asie-Mineure, le groupe de Bin-bir-kilisse (VIIe-VIIIes), Nous avons eu l'occasion de cataloguer et de décrire l'évolution monumentale de l'architecture religieuse à Byzance 1, L'Occident suivit le mouvement, mais avec quelque retard et se laissa remorquer ; aussi pourrions-nous le négliger ici, s'il n'était utile de mettre en regard des ouvrages les plus pompeux de l'Orient des œuvres qui doivent être considérées comme l'expression la plus délicate de l'art byzantin. Au Ve et au VIe, la Voie de l'Adriatique nous conduit vers le sol de l'Italie, tandis que Salone, Parenzo, Ravenne jalonnent la route. Cette dernière ville devient comme une châsse merveilleuse servant à abriter des monuments parfaits auxquels s'attachent les noms de Galla Placidia, de Théodoric et de Justinien lui-même. Enfin, l'Afrique du nord n'est pas déshéritée de monuments byzantins #. Au VIIe toutes les méthodes de construction se sont fixées, tous les types d'édifices se sont produits et tous sont appliqués à la fois, sans exclusion, sans parti-pris, sans confusion. Le plan polygonal entrevu dans les indications et les descriptions d'Eusèbe et de saint Grégoire de Nazianze se renouvelle à Saints-Serge-et-Bacchus de Constantinople et à Saint-Vital de Ravenne. Le plan basilical reparait dans l'église de la Théotokos à Jérusalem ; le plan cruciforme à cinq coupoles se montre dans la reconstruction de l'église des Saints-Apôtres ; l'église à coupoles centrales se révèle, avec Sainte-Sophie de Salonique ; mais l'art ne s'est montré plus libre, plus varié, plus fécond.
Mais cette fécondité dura peu. Le grand essor pris sous le règne de Justinien a donné à l'art un domaine presque trop étendu, que, coup sur coup, la conquête arabe au VIe, la persécution iconoclaste, aux VIIIe et IXes, vont restreindre, Épuisé par le grand effort fourni sous Justinien, entravé par les désastres que nous venons de rappeler, l'art byzantin s'assoupit et s'appauvrit, À l'époque où nous interrompons notre étude, à la fin du IXe, un réveil momentané se produit grâce à la prospérité intérieure due à l'avènement de la dynastie macédonienne. Celle vigoureuse impulsion, dont il faut faire honneur à Basile Ier, suscita, au Xe, une brillante renaissance ; alors s'élève la magnifique église du palais décrite par Pholius, Au reste ce moment d'éclat ne fut lui-même marqué par aucune idée neuve ; à peine la forme des édifices s'était-elle modifiée du VIe au IXe, où on était parvenu par une pratique plus longue et peut-être aussi par l'application de changements mieux entendus, à donner aux coupoles plus de légèreté en soulevant le tambour ajouré qui les porte : simple différence de détail qui laissait à la période antérieure tout le mérite de la conception et de l'application du système. Puis l'immobilité reparut et, si complète, qu'un examen très attentif et une science très approfondie peuvent seuls aider à discerner un édifice contemporain de Saint-Bardias de Salonique (Xe-XIe) et les églises du Mont-Athos postérieures de plusieurs siècles et même nos contemporaines. Toutefois, avant de se cristalliser de la sorte, l'art byzantin avait pris dans chaque province une physionomie distincte ; il était devenu local et, dans l'histoire sans chronologie de sa dernière période, on trouve, à défaut d'une succession de types, une diversité d'écoles qui ne doit pas être entièrement passée sous silence. Subis par le type romain qui nous est le plus familier et qui est beaucoup moins spécifiquement occidental qu'on est généralement enclin à l'admettre, On y a pu reconnaître avec une grande vraisemblance comme une dernière floraison de l'art hellénistique dans lequel, du IVe au VIe, les architectes, en Orient et en Occident, ne cessent de s'exercer à introduire des combinaisons nouvelles, L'adaptation des voûtes aux formes basilicales conduira sous Justinien à la caractéristique du type byzantin : Mais avant d'en venir à cette hardiesse de la coupole de Sainte-Sophie de Constantinople, que de tâtonnements ! Pour suivre la chronologie de ces essais nous devrions ici transcrire à nouveau ce que nous avons écrit (col. 556-565) sur le type oriental et la basilique byzantine voûtée ; on nous permettra d'y renvoyer en ajoutant ces observations complémentaires. « La basilique de l'Orient hellénistique ne se distingue pas des édifices occidentaux par des traits essentiels, L'Orient remplaça peut-être plus vite que Rome, au-dessus des colonnes, la plate-bande par des arcades, sa création originale, que Dioclétien lui avait empruntée pour le palais de Spalato ; pourtant la plate-bande subsiste encore à Bethléhem, au Stoudion et même, au VIe, aux Saints-Serge-et-Bacchus, Il a marqué aussi sa préférence pour les galeries au-dessus des bas-côtés. En effet, la grande majorité des basiliques qui subsistent ou que les textes décrivent clairement en étaient pourvues. La vogue des tribunes ne tient pas, comme on l'a cru, au développement du monachisme. On voulait avoir plus de place. C'était, comme l'explique Choricius, par esprit de magnificence. Le transept, à Saint-Démétrius de Salonique, forme un péristyle de chaque côté de la grande nef ; à Bethléhem, il dessine une véritable croix longue, dont les bras se terminent en hémicycles, En Égypte, il ne manque pas devant les trois sanctuaires, réservant ainsi sur toute la largeur de l'édifice la place des chœurs et de l'ambon. Les basiliques syriennes présentent un caractère très spécial qui lient aux procédés mêmes de la construction, à la pierre de taille, d'un basalte très dur, qui remplace partout la brique et le moellon. Elles n'ont jamais ni tribunes ni transepts. À défaut de bois, des arcs de pierre portent quelquefois la charpente la coupole sur pendentifs.
& voient les que soutiennent jar Fi arce aux en saillie, et qui reposent sur des piliers rectangulaires, finissant en demi-colonnes (Bin-bir-kilisse). Souvent le plein cintre fait place en Asie à l'arc outrepassé, en Égypte à l'arc brisé. Ce sont là autant de traits orientaux, que Byzance, fidèle à l'esprit grec, a repoussés. Toutefois la basilique votée ne lui fut pas étrangère. Basile Ier, d'origine arménienne, en fit construire une à Scripon, en Béotie, en 874, avec un transept saillant sur les côtés et une coupole au croisement.
L'église octogonale et circulaire. — Ces deux types sont moins étroitement apparentés que leurs plans par terre tendraient à le faire croire. Dans la construction circulaire, qui appelle le couvrage en coupole, l'architecte a le choix de poser les bords de la culotte sur le mur de pourtour ou bien de ménager à l'intérieur de la rotonde une colonnade intérieure autour de laquelle tournera à l'intérieur de la coupole une voûte annulaire. Ce procédé, qui a très heureusement permis de comparer la rotonde à une basilique à nef et à bas-côtés circulaires, a été également appliqué aux constructions octogonales. Par contre, la rotonde évoque l'idée de l'octogone quand nous voyons son mur de pourtour plus ou moins déformé et boursouflé par des niches qui sont comme un essai timide de rompre la ligne courbe pour lui imprimer un infléchissement qui la rapproche du polygone, ainsi que nous le voyons à Saint-Georges de Salonique. Notons une autre déformation, l'octogone légèrement ovale de Wiranschehr, en Mésopotamie. Le plan octogonal avec ses pans coupés et leur raideur cassante provoquait l'architecte à pratiquer des évidements, niches ou berceaux, sur les faces de l'octogone. Dès le Ve, saint Grégoire de Nysse fait creuser quatre niches de manière à modifier l'octogone et à lui donner à l'extérieur comme à l'intérieur l'aspect d'une croix ; nous rencontrons la même disposition dans l'octogone de Bin-bir-kilisse. Dans un certain nombre d'édifices, tels que le baptistère des Orthodoxes à Ravenne, le baptistère de Novare, les églises syriennes de Bostra et d'Ezra, les niches prises dans le pourtour de l'édifice n'en modifient guère la structure et l'aspect, qui reste nettement octogonal. Au contraire, à Saint-Vital de Ravenne, l'octogone devient une rosace (voir fig. 1795), aux Saints-Serge-et-Bacchus, l'octogone se rapproche du carré dont les angles seraient arrondis. Pour compléter la déformation, on imagina de dégager une des parois et d'y pratiquer une sorte de petite nef terminée par une abside. À Saint-Vital, il faut remarquer le portique d'entrée qui peut être rapproché — nous ne disons rien de plus — du portique du mausolée de Sainte-Constance, sur la voie Nomentane à Rome.
L'église à trompes d'angles. — De la Perse, le type ainsi nommé passe en Égypte. Au IVe, nous l'y voyons appliquer au « Couvent Blanc » et au « Couvent Rouge ». Dans ces deux édifices, « la coupole recouvre, derrière le transept, un vaste sanctuaire analogue aux cellæ trichoræ ; elle n'a que quatre points d'appui, les trompes, logées comme un encorbellement évidé, aux angles d'un tambour carré, qui supporte les quatre larges arcades ». Ce procédé s'introduit à Byzance, et il y est appliqué d'une manière plus rationnelle dès le temps de Justinien, mais c'est surtout à une époque postérieure qu'il obtient la plus large expansion.
d. La coupole sur pendentifs. — La voûte en berceau, exécutée sans cintrage et sans briques, a donné naissance à la voûte d'arête byzantine. Dans les voûtes des basiliques païennes, les architectes procédaient par concrétion, au moyen de moules rigides. La voûte se composait d'une série d'assises rayonnantes superposées, qui surplombent progressivement dans le vide. Ce procédé, doublement coûteux — par le cintrage plein et par la quantité de matériaux —, fut abandonné dès le début des grandes constructions constantiniennes. « Toutefois, les écoles asiatiques ne renoncèrent pas tout à fait à voûter les basiliques. Elles y parvinrent en développant les procédés persans de la construction sans cintrage, qui s'étaient perpétués, à l'état d'exceptions, sous la domination des maîtres romains. De l'élaboration de ces méthodes sortit l'architecture byzantine. Aux types persans de la voûte en berceau et de la coupole surhaussée, sur trompes d'angle, l'école byzantine ajouta la voûte d'arêtes et la coupole sur pendentifs en triangles sphériques. » Suivant la méthode nouvelle, la voûte en berceau se développa en longueur par tranches verticales, ou ce qui facilitait mieux l'adhérence, par tranches inclinées, courbées ou même coniques, soudées à mesure par la cohésion du mortier ; la voûte d'arêtes se construit par tranches se chevauchant.
La calotte sur pendentifs est parfois une simple voûte d'arêtes dont le sommet s'élève et dont les saillies s'effacent. Mais c'est un autre procédé qui a créé la vraie coupole : c'est la construction par assises annulaires qui se pratique aussi sans cintrage. Comme la voûte d'arêtes, la calotte sur pendentifs est portée par quatre arcades ouvertes sur les quatre côtés d'un carré et maintenues aux angles du carré par quatre appuis. Les quatre arcades la pénètrent, en échancrant ses bords, en découpant des sortes de coins concaves entre leurs propres courbes. Tel est l'aspect que présente le mausolée de Galla Placidia, à Ravenne : la calotte est plate, mais on peut la couper en deux sur un plan horizontal au-dessus du sommet des arcades. On détermine ainsi un anneau sur lequel on posera une autre calotte de plus court rayon, donc plus concave, plus haute, une pleine demi-sphère, que l'on pourra percer de fenêtres et dresser sur un tambour. Ainsi fut créée la vraie coupole destinée à une haute fortune.
e. La basilique à coupoles. — Ce type est d'origine orientale. Il consiste à couper par un dôme le berceau de la grande nef. Ce dôme porte, tantôt sur quatre trompes d'angles — à Kodscha Kalessi en Isaurie, à Saint-Clément d'Ancyre, et en Thébaïde —, tantôt sur des pendentifs — à Cassaba et à Myra, en Lycie. Dans toutes ces églises, écrit M. G. Millet, les deux formerets, sur les côtés, au nord et au sud, enveloppent un mur divisé en trois étages par deux corniches ; l'étage supérieur est percé de fenêtres ; dans chacun des deux autres, suivant un procédé antique dont les Thermes de Caracalla offrent un bel exemple, s'ouvre une triple baie faisant communiquer la nef centrale avec les deux étages de collatéraux. Les formerets ainsi dégagés au-dessus des collatéraux présentent l'inconvénient de ne pas épauler assez solidement la coupole, de rendre nécessaires des contreforts extérieurs. Mais l'art byzantin répugne aux contreforts extérieurs et c'est là un de ses traits essentiels. Aussi chercha-t-on un équilibre plus stable. À Myra, les formerets sont maintenus par les collatéraux eux-mêmes surélevés ; ailleurs, deux berceaux intercalés entre la coupole et les parois amortissent les poussées. Ce parti, à peine indiqué à Ancyre, et probablement aussi à la Trinité d'Éphèse, apparaît franchement à Nicée et surtout à Sainte-Sophie de Salonique, où les deux berceaux ont fait reporter les collatéraux par delà l'alignement des absidioles, donnant ainsi au monument l'aspect d'une masse cubique, trop large piédestal pour la coupole (fig. 1796-1797). Mais c'était là une double anomalie et l'on ne pouvait s'y tenir. La solution décisive consistait à prolonger ces berceaux à travers les collatéraux jusqu'au mur d'enceinte. Elle est réalisée à Sainte-Irène : les petites arcades qui séparent la grande nef des bas-côtés ne se répètent pas à l'étage supérieur, largement ouvert sous les berceaux. Tel fut l'aboutissant logique de la basilique voûtée. Ces berceaux dessinent, avec ceux de la nef, une croix, que la coupole voulut à branches égales. Ainsi se constitua le plan byzantin à croix grecque. Mais, à Sainte-Irène, cette structure porte pour ainsi dire sa marque d'origine, car le prolongement de la nef centrale, à l'ouest, sous une seconde coupole, basse et aveugle, rappelle encore le plan basilical.
La parenté de tous ces monuments se marque aussi dans la structure de la coupole. Ce n'est pas une véritable demi-sphère, mais une calotte posée sur un tambour dont une corniche la sépare. Une seconde corniche se profile entre le tambour et les pendentifs. Les fenêtres s'ouvrent, soit dans la calotte, soit à travers le tambour, qui est lourdement enchâssé à Sainte-Sophie dans une gaine cubique. À Sainte-Irène, la coupole basse ne diffère des autres que par la suppression du tambour ; la grande appartient à un autre type créé à Constantinople, par Anthémius de Tralles pour Sainte-Sophie et les Saints-Apôtres (fig. 1798).
D'après la décoration des façades et des portes, M. Strzygowski placerait au Ve l'église de Kodscha Kalessi et la Dschoumanin-Djamissi d'Adalia, qui appartient au même type. Sainte-Sophie de Salonique serait aussi antérieure au règne de Justinien. Enfin, Sainte-Irène, qui termine la série, fut refaite en même temps que Sainte-Sophie, après la sédition de Nika de 532. D'ailleurs, la forme même des coupoles, apparentée aux coupoles aveugles du IVe et du Ve, parait classer toutes ces basiliques ayant cette date. On peut donc chercher en elles, non pas une imitation étroite de la grande église, mais les modèles mêmes qui ont inspiré Anthémius et Isidore.
f. L'église à croix grecque. — Il faut établir ici une distinction importante. Au premier abord, on est disposé à croire que le terme d'église à croix grecque désigne la disposition du pourtour de l'édifice dessinant un carré sur chaque face duquel on a bâti un compartiment ; en réalité, le terme ne s'applique qu'aux églises dont le faîte des façades, à hauteur de la base de la coupole, offre l'aspect d'une croix. Les coupoles secondaires se logent au-dessus des bas-côtés entre les berceaux des bras, pour les contre-bouter. Ce modèle, qui apparaît tout constitué, dès la première moitié du Xe, à Constantinople, a pris dès lors beaucoup d'importance, mais à une époque postérieure à la limite de nos recherches.
g. L'église sur plan cruciforme. — Nous en possédons dans Saint-Maurice de Venise un exemple mémorable (fig. 1799). D'après les Chroniques les plus sûres, cette église fut copiée exactement sur le plan de l'église des Saints-Apôtres, bâtie sous Justinien, entre 536 et 546, à Constantinople, par Anthémius de Tralles et Isidore le Jeune. Le plan cruciforme par développement de chacune des faces d'un carré se rencontre en Syrie, en Asie-Mineure (à Bin-bir-kilisse), à Ravenne (mausolée de Galla Placidia) pour des sépultures et même pour des églises comme celles que nous venons de mentionner. Qu'on imagine le croisement de deux nefs basilicales, voûtées à triple travée et bordées de collatéraux ; chaque bras porte une calotte aveugle et au croisement s'élève une coupole éclairée par de multiples fenêtres.
h. Particularités. — La maison grecque, la maison —
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romaine. La basilique constantinienne sont pourvues d'un atrium : que nous retrouvons parfois, notamment à Sainte-Sophie, devant le portique monumental de l'entrée. Sorte de vestibule clos étendu sur toute la largeur de l'édifice et qui porte le nom de narthex. Dans le nord de la Syrie et à l'est de l'Asie-Mineure il était de tradition de donner au narthex l'aspect de porches profonds et cela dès une époque fort ancienne. Le véritable narthex se montre d'abord dans l'Asie antérieure et l'Égypte. Dans l'Afrique du nord il est communément employé dès le vi siècle dans toutes les églises byzantines et se rapproche toujours plus ou moins du type exemple. Mais à l'époque où Sainte-Sophie fut reconstruite par Justinien, il y avait longtemps que l'abside centrale était assez régulièrement flanquée de deux édicules qui pouvaient être considérés comme des massifs de maçonnerie plutôt que comme des absidioles. C'étaient en réalité moins des pensées architecturales que des préoccupations utilitaires qui faisaient adapter au fond de l'église deux locaux pouvant servir de sacristies et répondant aux besoins réclamés par les Constitutions apostoliques. Cette disposition se rencontre généralement à peu près partout, en Afrique, en Syrie, en Asie-Mineure, jusqu'en Istrie. Parfois les absides sont trois niches prises dans l'épaisseur de la muraille du fond de l'édifice, sans aucun relief sur le pourtour extérieur pour les deux absides moindres, parfois même pour l'abside principale. Dans l'usage byzantin l'abside principale contient seule un autel ; les absidioles sont destinées à servir de diaconicon et de prothèse. Les absidioles sont fréquentes au VIe, en Syrie, à Gaza, au Sinaï, dans les basiliques voûtées d'Asie-Mineure, à Salone, à Parenzo, à Ravenne, etc.
Un des procédés qui contribuent le plus à donner l'élégance aux églises byzantines est le tambour cylindrique sur lequel repose la coupole. Faute d'employer cet artifice la perspective semble écrasée, c'est le cas pour Sainte-Sophie de Constantinople où la coupole pose directement sur les pendentifs. Dans les églises à trompes d'angle, un tambour de faible hauteur, environ le tiers du rayon, corrige ce que la coupole pose chevée. Le tambour est une des plus habiles trouvailles qui soient. M. Strzygowski a montré qu'il a été employé par les premiers architectes chrétiens. Sa hauteur est en rapport direct avec les proportions de l'édifice et le diamètre de la coupole, qui gagne en hauteur ce qu'elle perd en étendue. Il est, en général, polygonal, percé de fenêtres sur toutes ses faces, tandis qu'aux angles des colonnettes portent des arcades. Il enchaîne la coupole qui parfois est tout entière dissimulée sous un toit conique.
V. CARACTÈRES COMPARÉS DU TYPE ARCHITECTURAL. — Dans l'évolution de l'architecture religieuse byzantine on retrouve constamment les éléments principaux : narthex, naos, bema, qui forment le fond commun d'une série de types successifs, dépendant, dans une certaine mesure, les uns des autres et tendant à une unité de plus en plus parfaite. Cette évolution s'accomplit sous la préoccupation de plus en plus absorbante de l'emploi de la voûte et la neutralisation de la poussée latérale. Cette préoccupation conduit à l'adoption d'un système de renforcement des murs d'enceinte aux points de poussée non, comme en Occident, par des contreforts extérieurs mais par des contreforts intérieurs, et par l'égalisation de tous les arcs à l'intérieur.
Le rapport de la coupole principale avec le reste de l'édifice devient la raison des dispositions monumentales de chaque édifice en particulier. C'est donc le centre, ou si l'on veut le noyau de l'édifice qui détermine la construction de l'ensemble dans une église byzantine. La coupole est portée sur des piliers massifs à profil carré ou oblong, généralement liés aux murs latéraux du sanctuaire et non pas isolés comme le seront plus tard les colonnes qui seront appelées à rendre le même service. Dans la plupart des églises, cette masse murale présente une liaison si forte que l'aspect qui s'en dégage est celui d'une solidité à toute épreuve, malgré l'effort lent pour introduire un peu de légèreté par le percement de deux étages d'arcades étroites et surbaissées, sur les pendentifs peut offrir de disgracieux « où d'ina- | | blent présenter nulle part une sensibl Sainte-Sophie de Salone nous nous trouvons en Malgré l'em l'et Mobil NE Les coupoles ne semblent élévation. À présence d'un cas particulier, mais les autres églises présentent généralement une coupole avec tambour extérieur fictif. Un trait qui demande à être relevé c'est fe l'ouverture relativement considérable de la coupole | malgré son peu d'élévation. À Sainte-Sophie de Salone le diamètre de la coupole est de 12 »90 ; l'église détruite d'Éphèse avait 12 mètres. Saint-Nicolas de Myra a 8,80 et Deré-Aghsy 8,60 ; la Koimésis de Nicée 7 mètres et Saint-Clément d'Ancyre 5 mètres. Sauf dans les églises du type de Sainte-Sophie qui a deux coupoles, dont une basse et aveugle, et des Saints-Apôtres qui a cinq coupoles, dont quatre basses et aveugles, nous ne trouvons pas d'exemples de l'emploi d'une coupole secondaire, car on ne saurait donner ce nom à la couverture hémisphérique du Diaconikon de quelques églises. La caractéristique véritable de chaque type architectural byzantin doit se chercher dans le mode de liaison du noyau et des parties latérales de l'édifice. Et dans ce cas le contraste est frappant entre les types anciens de l'architecture byzantine et les types d'époque plus récente dans lesquels on part de ce principe que les arcs principaux, développés en de larges voûtes en berceau, doivent couvrir presque tout l'espace du naos non compris sous la coupole. Ce principe n'a été appliqué dans les anciennes églises byzantines que dans l'axe longitudinal. À Nicée, à Ancyre, à Myra on ne constate aucun élargissement notable des arcs de charge. À Sainte-Sophie de Salone et à Deré Aghsy on constate par contre un élargissement considérable du naos proprement dit et des arcs latéraux de la coupole.
Proportionnellement à l'ensemble, les dépendances du bema semblent presque des annexes ; à Sainte-Sophie de Salone, à Saint-Nicolas de Myra et à la Koimésis de Nicée, elles n'atteignent pas l'élévation du sanctuaire. La forme carrée, adoptée à Salone et à Myra a reçu dans d'autres églises du même type une extension soit au moyen de niches absidales, par exemple à Ancyre et à Deré-Aghsy, soit au moyen de larges voûtes en berceau, comme à Nicée. La croisée centrale ne porte une voûte en arêtes qu'à Deré-Aghsy et ailleurs, c'est toujours une coupole.
L'éclairage était donné par les fenêtres des absides secondaires et les baies ménagées dans les murs latéraux ; le lait est constaté à Salone, à Deré-Aghsy et à Nicée.
Le narthex présente partout, en proportion de la grande largeur du bâtiment, le caractère d'une longue galerie ; c'est le cas, malgré des proportions plus grandes, à Sainte-Sophie de Constantinople. À Sainte-Sophie de Salone et à Saint-Clément d'Ancyre le narthex s'ouvre sur les collatéraux dans toute leur largeur, sans même qu'elle soit diminuée par les pilastres, en sorte qu'au rez-de-chaussée, tout autour de la coupole, règne une galerie de trois côtés. Là où le narthex se divise en plusieurs sections il ne fait que continuer la triple séparation, et la section intermédiaire — la plus large — paraît avoir porté une seule voûte.
VI. DÉCORATION. — La distinction capitale entre la décoration des édifices antiques et celle des édifices byzantins tient à la structure même. Dans les constructions grecques ou romaines en grand appareil, l'ornement faisait partie de la structure et produisait son effet décoratif par le relief et les jeux d'ombre et de lumière qui en sont le résultat. Dans la construction byzantine en briques, les immenses surfaces planes reçoivent à défaut du décor plastique un décor plaqué auquel, pour compenser l'absence de relief, on donne l'éclat artificiel de la polychromie.
La décoration extérieure des églises byzantines des premiers temps se réduit à assez peu de chose. La décoration intérieure consiste en revêtement de diverses natures, placages en marbre, mosaïques, tables de métal, appliqués sur les piliers, sur les murailles, sur les voûtes. Les archivoltes et les arcs, appareillés en petits matériaux, sont souvent décorés de la même manière, en sorte que le rôle de la sculpture se réduit à orner les parties de la construction qu'une destination spéciale oblige à exécuter en blocs de pierre isolés ou saillants, tels que les bases, chapiteaux et sommiers des colonnes, les linteaux des portes et les meneaux des fenêtres, les bandeaux et les corniches, enfin les chapiteaux. L'architecture n'est pas un art nomade. À l'Orient la couleur, à l'Occident la forme : voilà la division fondamentale et le tréfond de l'architecture byzantine.
La tradition grecque, maintenue vaille que vaille par les Alexandrins et les Romains, consistait dans l'application plus ou moins justifiée de ressauts destinés à égayer la façade tout unie. C'était un simple expédient dont le résultat le plus clair était de rompre l'effet des masses architecturales par des jeux factices d'ombre et de lumière. Déjà, à la fin du IVe, la porte d'Or révèle chez les artistes byzantins un sens plus profond de la vérité et de la grandeur. Le rôle de la sculpture se trouve ainsi réduit à fort peu de chose et approprié au caractère superficiel de l'ensemble de la décoration. En outre, son mode d'expression répond bien à ce caractère. C'est ainsi que le chapiteau, offrant habituellement la forme d’une corbeille, fut couvert en général d'un réseau d'ornements capricieux et délicats, qui paraissent envelopper ses massives parois de la même façon dont les placages et les mosaïques lapissent et compriment les murailles et les voûtes. Cette décoration, admirablement adaptée aux conditions architectoniques des édifices, convient à l'ornement de vastes surfaces entièrement lisses, mais n'exprime en rien le but utile des masses. En négligeant la forme pour s'emparer de la couleur, cette décoration obéit à une loi profonde et à une éternelle vérité :
Les premiers indices de la déformation des motifs antiques coïncident avec la renaissance constantinienne. Nous avons déjà rappelé la place éminente qui appartient au palais de Dioclétien à Salone dans l'histoire de l'évolution artistique et de la compénétration des styles au début du IVe. Et, en effet, nous voyons à Salone l'adoption de formes sinueuses qui marquent un commencement de rupture avec les formes rigides de l'art classique et un acheminement vers les types nouveaux d'ornementation. L'arcade sur les colonnes et la corniche cintrée égyptienne apparaissent en même temps et presque aussitôt se font remarquer par la fantaisie de l'exécution.
“ Cette fantaisie, écrit M. G. Millet, a bien vite rompu la tradition classique ; elle intervertit les motifs, modifie leurs proportions, place les ovés démesurément au-dessus des consoles, les pylônes de la porte attachés au bout de ses volutes, sont logés dans ses méandres ; ou bien, sur des fragments d'Olympie, de l'Acropole d'Athènes, fleurons et chapiteaux de la porte d'Or, l'acanthe molle romaine, qui a perdu son relief, ses nombreuses et fines nervures, un maigre feuillage ; enfin les volutes rejoignant la tige, les feuilles, plus gaies et élégantes, les feuilles, plus sévères, se découpent en un contour plus sec. Ainsi, les cercles langents, dans lesquels tournent les pointes,
L'adoption de l'acanthe molle et le chapiteau à corbeille sont des innovations à coup sûr, mais moins originales et moins frappantes que l'introduction, entre le chapiteau et la retombée des arcs, d'une pièce nouvelle, sorte de pyramide tronquée et renversée, qui n'est, somme toute, que l'imposte superposée, sans lien, au chapiteau. Au VIe, sauf exception, à Ravenne, à Parenzo, on abandonne l'imposte pour la transformer généralement en un nouveau pièce qu'on a nommé le chapiteau-imposte, qui apparaît pour la première fois dans sa forme pure, sans décoration, en 527, dans la citerne Bin-bir-direk. Après 592, il reçoit à Sainte-Sophie son application la plus brillante et obtient un très large succès, On le voit à Trébizonde, à Alexandrie, en Grèce, à Salone, à Parenzo, à Ravenne ; il était encore en faveur à l'époque macédonienne.
L'aspect de ce chapiteau est très différent de celui des anciens chapiteaux de la Grèce classique ; presque point de saillies, on dirait une pelote recouverte de broderie, La végétation souple et caressante se ploie et enveloppe la forme qu'elle embellit sans l'alourdir, Avec une liberté charmante, le chapiteau-imposte s'essaie à rivaliser avec la broderie et avec la mosaïque : cercles ou losanges liés (Sainte-Sophie), zigrags (Tchini-Kiosk), lys stylisés (Trébizonde, Alexandrie, Parenzo, Saint-Vital), rinceaux de vignes (citerne de Bible-House et Saint-Marc), entrelacs géométriques (Kazan-djilar-Djami), figures (Trébizonde). La composition du chapiteau-imposte diffère en Syrie — où le chapiteau théodosien est inconnu — du type adopté à Sainte-Sophie. C'est Constantinople qui a élaboré l'évolution du chapiteau au Ve et au VIe (fig. 1803-1808).
VII. POLYCHROMIE. — L'usage de la polychromie était ancien en Orient. Tandis que l'Égypte pharaonique recouvrait toutes les surfaces libres de peintures symboliques ou de teintes plates, la Perse montrait plus de goût et plus d'entente de l'art ornemental par l'emploi des revêtements métalliques, des mosaïques et des tapisseries. Dans cette voie, l'Égypte ptolémaïque suivit et introduisit les incrustations délicates d'ivoire, de verre et de marbres précieux. L'exemple ne sera pas perdu ; au Ier siècle, cette décoration est introduite à Rome, où elle embellit le Palatin ; au IVe, la basilique de Junius Bassus est décorée d'incrustations, et au VIe, on arrache à un édifice antique les matériaux nécessaires pour procéder à la décoration par incrustations de la basilique de Parenzo. Une autre décoration non moins précieuse était la mosaïque, dont on a retrouvé des traces, en 1899, lors des réparations exécutées à la rotonde de Spalato.
Grâce à l'opulence qui suivit la paix accordée à l'Église, on n'hésita pas à donner aux édifices du culte la même splendeur qu'on blâmait dans les palais et les maisons des particuliers ; aussi peut-on appliquer aux basiliques, sans grande chance d'erreur, les descriptions pompeuses qui nous ont été conservées du faste des riches demeures au IVe. C'est la même profusion, le même luxe. Choricius s'extasie devant la splendeur de la basilique Saint-Étienne, à Gaza, où pas un pouce de muraille n'est resté sans son revêtement de marbre ou de mosaïque à fond d'or. Le même Choricius ne trouve pas assez de louanges pour célébrer la beauté des églises de Gaza, l'éclat et la richesse de leur décoration. Si, parfois, faute de ressources, on ne peut décorer l'église entière, du moins le sanctuaire n'est jamais oublié.
Ce ne fut pas du premier coup et sans transition que la polychromie se montra telle que nous la voyons. M. G. Millet a mentionné plusieurs exemples d'après lesquels il n'est pas douteux qu'au début, l'ornement polychrome n'excluait pas absolument le relief et même s'accommodait avec lui. Au mausolée de Sainte-Constance
Néanmoins, on voit que cette mode tend à disparaitre. Dès le VIe, les reliefs polychromés deviennent de plus en plus rares : on les rencontre exceptionnellement
La décoration en marbres incrustés s'arrête au niveau de la naissance des arcs et des voûtes, dans les absides et les églises à voûtes et à coupoles ; au niveau de la corniche couronnant les arcades dans les basiliques. Suivant que l'église possède ou non des tribunes, le champ de la mosaïque diffère considérablement. Il y avait tout autre chose que la pensée d'un contraste ou d'un effet complémentaire pour substituer les fresques en trompe-l'œil. En Égypte, au VIe, comme au XIe, dans le cubicule d'Ampliatus, on simule les veines du marbre et on brosse des fresques sur de vastes espaces couverts d'enduit. Dès cette époque, on constate la tendance de l'ornement à envahir le champ du placage. À mesure que la pénurie s'aggrave, on imagine des peintures qui, à elles seules, révèlent la profondeur ; parfois, dans les provinces besogneuses, aux époques de calamités, tandis qu'on bâtit encore, on manque d'argent pour décorer les édifices. Marbres et mosaïques étant trop coûteux, on imagine de leur donner l'apparence de l'indigence ; c'est ainsi que les colonnes mêmes sont coloriées à l'imitation des temples égyptiens, et l'on voit parfois le cheval d'un saint guerrier les contourner de sa croupe flexible. À Byzance, la fresque ne fait son apparition qu'au temps des Paléologues. C'est le marbre avec la mosaïque qui caractérise vraiment à nos yeux la polychromie byzantine.
Il est impossible de se faire une idée du charme de la décoration polychrome sur de larges espaces par les reproductions en noir et les photographies ; aussi la figure 1810 n'a d'autre but que d'indiquer la technique, sans aucune prétention à évoquer le charme délicat des teintes harmonisées sous l'éclat tour à tour vif et tempéré de la lumière de l'Orient. La tonalité de l'ensemble se laisse cependant saisir.
dans la Vue de Sainte-Sophie (voir BVZANGE) dont nous
ne pouvons tenter de donner un meilleur commentaire
l que celui de M. (x, Millet. “ La décoration de Sainte-
Sophie formait un ensemble harmonieux exactement combiné
dans les moindres détails. C'est ainsi que l’acanthe des
chapiteaux et des écoinçons refoulée dans le marbre blanc
de Proconnèse et s'enlevant en vive lumière sur un champ
d'ombre soutenait la vigueur de la mosaïque. Le marbre de
Proconnèse, qui pavait aussi le sol, ne prêtait pas à tous
les membres de l'architecture son éclat trop uniforme,
Ravenne est la reine des villes byzantines grâce à ses mosaïques intactes et variées. Ici, on rencontre un édifice dont le plan crucial n'est pas moins précieux que la décoration aux tonalités amorties. On ne s'en étonne pas si on songe que c'est un tombeau, le mausolée de Galla Placidia. Il ne faut pas s'attendre à rencontrer le spectateur par une voie lumineuse jusqu'au sanctuaire plus radieux, plus étincelant que le chemin qui y conduit. Au mausolée de l'impératrice, les ors sont rares, on leur a préféré les fonds bleus. Après un instant d'incertitude, on voit que, comme dans les catacombes romaines, le centre de la conception décorative est au plafond, une coupole, au centre de laquelle fulgure une croix d'or sur un semis d'étoiles et cantonnée par le tétramorphe. Des apôtres debout sur les parois montrent ce trophée, tandis que des sujets décoratifs ornent les extrémités du transept. Au-dessus de l'entrée et en face de l'entrée, deux tableaux d'une perfection exquise complètent cet ensemble.
Passant de l'église cruciforme dans l'église octogonale de Saint-Vital, la décoration diffère aussi radicalement que le plan des édifices. Ce sont maintenant les splendeurs hiératiques de la cour byzantine. Justinien et Théodora, chacun entouré de son service d'honneur, font leur entrée dans l'église consacrée sous leur règne. Dans la conque, le Christ est représenté assis sur la sphère céleste entre deux anges ; tandis qu'il reçoit l'hommage de l'église, il donne au titulaire la couronne du martyre. Le sanctuaire entier est décoré. La mosaïque de la conque nous offre un type de « donateur » destiné à obtenir un long succès ; à Parenzo, ce n'est plus seulement le fondateur ou le « donateur » de l'église qui apparaît, mais il amène avec lui son archidiacre et le fils de celui-ci.
Nous ne nous arrêtons pas plus longuement, car tous ces édifices seront étudiés et décrits dans le Dictionnaire d'archéologie à mesure que leur nom se présentera. La décoration en mosaïque est inégalement répartie sur la surface des basiliques. Au Ve et au VIe, il n'est guère d'exemple d'une basilique dépourvue de tout ornement ; si on ne peut tout orner, au moins l'abside sera-t-elle recouverte de mosaïques. Mais l'art ornemental est alors atteint d'une décadence générale. De même que nous constations en Afrique le progrès de la décadence par la disparition progressive de la décoration pittoresque, de même, dans l'empire byzantin, nous assistons au recul du modèle vivant devant l'envahissement du style monumental. L'ornement végétal et surtout l'ornement géométrique gagne toute la place jusqu'alors réservée aux figures animées.
Il couvre des berceaux, des voûtes d'arêtes, des tympans, des absides, remplit la prothèse et le diaconicon de Saint-Serge, la chapelle entière d'El-Bagaouat au-dessus de la coupole ; ou bien, dans les absides, les arcs triomphaux, le long des grandes nefs, il se déploie en larges frises, en multiples encadrements ; il isole les architectures à Saint-Georges, au baptistère orthodoxe, à Bethléhem, les scènes évangéliques à Saint-Apollinaire Neuf, et dans les chapelles funéraires de Baouit, au bas des parois, il remplace et souvent imite les appliques et les incrustations. Il présente aussi une extrême variété : guirlandes de fruits et de fleurs sur fond noir, rinceaux de vigne et d'acanthe, plantes stylisées à larges feuilles, grecques, rubans enroulés, cercles, losanges étoilés, fleurons, cornes d'abondance et bien d'autres motifs d'une libre fantaisie. Le bandeau semé de gemmes constitue l'encadrement normal, à Ravenne et à Parenzo. Les oiseaux les plus divers se mélangent aux rinceaux et aux guirlandes, aux dessins géométriques, aux semis d'étoiles et de fleurons. Dans ce trésor, Rome et l'Orient ont confondu leurs richesses.
Heureusement, on rencontre encore quelques ouvrages dignes d'attention, bien qu'ils ne soient, à vrai dire, que des copies ou des adaptations plus ou moins heureuses et fidèles de peintures antiques. Le charmant défilé d'amours ailés et nus, chevauchant des oiseaux aquatiques, que nous avons rencontré à la voûte de la rotonde de Sainte-Constance, est un motif fréquent dans les pavements romains. On aime également à rencontrer, comme une protestation contre la vulgarité des semis et des combinaisons géométriques, des représentations de chasse, ou des animaux isolés.
Tandis que la maladresse et l'ignorance croissante des artistes font trembler la main qui dessine et rétrécir la pensée qui conçoit, il se produit un mouvement inspiré par la survivance de la culture classique, mouvement dont l'ambitieuse aspiration ne rencontrera pas les artistes indispensables à son exécution. Au lendemain de la renaissance constantinienne et des innovations introduites dans le domaine de la peinture, les esprits cultivés s'orientent vers les idées nouvelles. L'art symbolique des catacombes a pris fin. Devenu trop exigu pour les vastes surfaces des basiliques, trop terne pour le grand jour des coupoles et des parois, d'une intelligence trop compliquée pour des multitudes instruites vaillamment de leur foi religieuse, cet art fait place à un style historique de grande allure et de grandes prétentions.
Ce style s'accuse par l'ampleur toute nouvelle dans la composition des scènes bibliques et évangéliques, par l'introduction du luxe des vêtements et du mobilier. L'influence des cérémonies et des mœurs de la cour impériale s'accuse si évidemment qu'on ne peut songer à la mettre en doute. La théologie reste sauve, mais l'art est contaminé.
C'est maintenant la personne de l'empereur et son entourage qui deviennent les sujets d'inspiration des artistes chrétiens chargés de représenter Dieu et la cour céleste. Dès le temps de Justinien et de Basile, la peinture d'histoire a gagné de cause. Voir PEINTURE, ICONOCLASME.
À la mosaïque murale se rattachent par un lien étroit les pavements historiés que nous rencontrons dans un bon nombre de basiliques. On y a tour à tour représenté des rinceaux, des fleurs, des fruits, des animaux, des bustes, et même des cartes de géographie. Voir PAVEMENT.
IX. Miniature. — Sans être un art byzantin d'origine, la miniature doit à la civilisation byzantine une telle expansion et un si vif éclat qu'on ne peut omettre d'en dire quelques mots. Les manuscrits byzantins à miniatures sont nombreux ; quelques-uns sont de pures merveilles : nous ne pouvons ici les décrire ni les énumérer, ce serait empiéter sur la suite du Dictionnaire. Voir MINIATURES.
La miniature doit une bonne part de son importance à ce fait qu'elle emprunte encore plus qu'elle ne s'inspire, c'est-à-dire qu'elle copie sans se donner la licence d'interpréter. Grâce à cela, elle nous a transmis la représentation d'un grand nombre de morceaux importants de l'iconographie monumentale. Le Ménologe de Basile, en particulier, paraît nous avoir conservé un grand nombre d'édifices appartenant au cycle hagiographique créé par l'Asie-Mineure au temps de saint Basile, de saint Grégoire de Nysse et d'Astère d'Amasée.
La miniature et l'iconographie monumentale ont d'ailleurs suivi des directions parallèles. Ce n'est d'abord que des motifs de décoration servant à encadrer un texte à l'occasion duquel on se permet quelques vignettes mises en vedette. La mode des canons, appelée à un si large succès, n'est que la systématisation.
Les livres illustrés, avec plus de bonne volonté et d'ingéniosité que d'habileté, ce sont principalement des octateuques et des évangiles qui nous ont été conservés. À mesure que l'instruction se fait plus sommaire et plus rare, à mesure aussi que l'Église étend son apostolat, les masses incultes ont besoin, pour entendre la parole divine, du secours précieux de l'image. De même que l'on ouvre les livres saints pour laisser lire le fidèle lettré, de même on expose au rustre illettré la série de tableaux qui donne la suite des événements qu'il sera facile d'expliquer au moyen d'un commentaire. Manuscrits et rouleaux rendent ainsi le même service que les fresques et mosaïques étendues sur les parois ou à la voûte des basiliques. Tantôt on disperse les miniatures dans tout le cours du volume, tantôt on les groupe au début, quelquefois on fait choix des images qui peuvent s'appliquer à des fêtes liturgiques.
La persécution iconoclaste amena la destruction d'un grand nombre de vignettes à figures et une recrudescence dans la production des encadrements à motifs d'architecture, de fleurs et de fantaisie.
X. Arts industriels. — Les tissus employés pour les vêtements des particuliers et pour les parures liturgiques, ainsi que les autres industries, ont subi l'influence de l'art byzantin ; mais nous ne pouvons songer à entrer à leur sujet dans une exposition détaillée qui doit, sous peine de bouleverser l'économie de ce Dictionnaire, trouver leur place aux mots qui correspondent aux divers arts industriels.